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	<title>Archives des Séduction - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Séduction - La Sketchothèque</title>
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		<title>Taxi</title>
		<link>https://sketchotheque.net/taxi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:58:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Taxi, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/taxi/">Taxi</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alice est là, semblant attendre quelque chose. Tom arrive. Il se met à attendre aussi. Il la regarde à la dérobée. Elle évite son regard.</em><br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi, vous attendez un taxi ?<br><strong>Alice</strong> – Oui…<br><strong>Tom</strong> – Non mais rassurez-vous, ce n’est pas… juste pour engager la conversation.<br><strong>Alice</strong> – La conversation ?<br><strong>Tom</strong> – Je veux dire, ce n’est pas pour vous draguer. Je vous demandais vraiment si vous attendiez un taxi.<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><strong>Tom</strong> – Vous auriez très bien pu attendre autre chose.<br><strong>Alice</strong> – Qu’est-ce qu’on peut bien attendre à une station de taxis ? Un bus ?<br><strong>Tom</strong> – Donc vous attendez un taxi…<br><strong>Alice</strong> – Et…?<br><strong>Tom</strong> – Et comme vous étiez la première, le prochain taxi sera pour vous, voilà. D’où le sens de ma question. Je sais maintenant que je devrai attendre le suivant.<br><strong>Alice</strong> – Désolée pour vous.<br><strong>Tom</strong> – Non, non, ne vous excusez pas… Ce n’est pas grave.<br><strong>Alice</strong> – Je n’étais pas en train de m’excuser.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Je suis pris d’un doute, tout d’un coup…<br><strong>Alice</strong> – Encore ?<br><strong>Tom</strong> – Vous êtes sûre que c’est bien une station de taxis ?<br><strong>Alice</strong> – Il y a un panneau. C’est marqué taxi.<br><strong>Tom</strong> – Ouais, mais ça ne veut rien dire.<br><strong>Alice</strong> – Ah non ?<br><strong>Tom</strong> – Dans un trou pareil… Ce n’est pas certain qu’il y ait une station de taxis.<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi ce serait marqué taxi, alors ?<br><strong>Tom</strong> – C’est peut-être juste un lieu de rendez-vous.<br><strong>Alice</strong> – Un lieu de rendez-vous ?<br><strong>Tom</strong> – Non, je veux dire, un point de rencontre. Dans les petites gares de campagne, c’est souvent comme ça.<br><strong>Alice</strong> – Ce n’est pas vraiment une petite gare de campagne…<br><strong>Tom</strong> – Les petites villes de province, si vous préférez. Les gens commandent un taxi, la veille, pour aller à l’hôpital, ou je ne sais où, et le lendemain, le taxi les attend à cet endroit. À une heure précise. Devant le panneau marqué taxi.<br><strong>Alice</strong> – Ah oui…?<br><strong>Tom</strong> – Vous avez commandé un taxi, vous ?<br><strong>Alice</strong> – Non.<br><strong>Tom</strong> – Il n’y a plus qu’à espérer que ce soit une vraie station de taxis…<br><em>Silence un peu plus long, le temps que le doute s’installe</em><br><strong>Alice</strong> – Alors vous croyez qu’on attend pour rien ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – Et si on appelait une compagnie de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – Ça, c’est seulement à Paris. Dans quelques grandes villes de province, peut-être. Certainement pas ici…<br><strong>Alice</strong> – Bon… alors on va attendre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Vous avez l’heure, s’il vous plaît. (<em>Alice lui lance un regard étonné.</em>) Non, mais je ne dis pas ça pour…<br><strong>Alice</strong> – Engager la conversation…?<br><strong>Tom</strong> – Je n’ai pas de montre… (<em>Alice remarque la montre à son poignet</em>.) Enfin si, j’en ai une mais… la pile est morte.<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi vous continuez à la mettre, alors ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas… Il faut croire que je m’étais attaché…<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><strong>Tom</strong> – Non, je déconne. La pile vient de me lâcher. Là, tout à l’heure.<br><strong>Alice</strong> – Pas de bol.<br><strong>Tom</strong> – Et donc ?<br><strong>Alice</strong> – Donc ?<br><strong>Tom</strong> – Vous avez l’heure ?<br><strong>Alice</strong> – Ah pardon… (<em>Elle regarde sa montre</em>.) Il est presque minuit…<br><strong>Tom</strong> – Minuit…<br><strong>Alice</strong> – Oui… Il y a peu de chances que quelqu’un ait commandé un taxi pour aller à l’hôpital à cette heure-ci.<br><strong>Tom</strong> – À moins d’une urgence… Mais en cas d’infarctus ou d’AVC, on ne commande pas le taxi la veille au soir, si ?<br><strong>Alice</strong> – Non… probablement pas.<br><strong>Tom</strong> – Après, je ne sais pas… C’est peut-être vraiment une station de taxis…<br><strong>Alice</strong> – On va attendre encore un peu.<br><strong>Tom</strong> – Enfin, même si c’est une station de taxis, ça ne veut pas forcément dire qu’un taxi va vraiment venir. Un dimanche soir, à minuit, dans cette ville de merde…<br><strong>Alice</strong> – Vous n’êtes pas du genre optimiste, vous, hein ? Je ne sais pas si j’ai bien fait d’accepter d’engager la conversation, finalement.<br><strong>Tom</strong> – Désolé… Non, mais je peux être très drôle parfois, vous savez ?<br><strong>Alice</strong> – Plutôt sans le faire exprès, j’imagine.<br><strong>Tom</strong> – Je peux vous demander où vous allez ?<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi faire ?<br><strong>Tom</strong> – Ah non, mais je ne dis pas ça pour…<br><strong>Alice</strong> – Pour me draguer.<br><strong>Tom</strong> – C’est juste que… ce serait déjà miraculeux qu’un seul taxi arrive dans moins d’une heure, alors un deuxième… Je me disais que si on va plus ou moins dans la même direction, on pourrait partager. Je veux dire, prendre le même taxi.<br><strong>Alice</strong> – Oui, je ne sais pas…<br><strong>Tom</strong> – Vous allez par où ?<br><strong>Alice</strong> (<em>montrant une direction</em>) – Je vais par là…<br><strong>Tom</strong> (<em>un peu décontenancé</em>) – Ah oui…<br><strong>Alice</strong> – Et vous ?<br><strong>Tom</strong> – Moi aussi… Plus ou moins…<br><strong>Alice</strong> – Il faudrait déjà qu’un taxi arrive.<br><strong>Tom</strong> – Je vous assure que je ne dis pas ça pour vous draguer, mais…<br><strong>Alice</strong> – Si vous arrêtiez de commencer toutes vos phrases par « je ne dis pas ça pour vous draguer », je vous assure que ce serait un peu plus crédible.<br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – Bon ben allez-y, maintenant.<br><strong>Tom</strong> – Non, non, c’est juste que… j’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part.<br><em>Alice reste un instant décontenancée.</em><br><strong>Alice</strong> – Attendez… « Vous avez l’heure ? » « J’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part ? » « Vous habitez chez vos parents », c’est presque déjà fait aussi. C’est quoi la prochaine question ? « Vous n’auriez pas du feu s’il vous plaît ? » C’est bon là, on a déjà engagé la conversation.<br><strong>Tom</strong> – OK.<br><strong>Alice</strong> – Si vous avez des choses intéressantes à me dire, vous pouvez y aller, je vous écoute. Ne vous fatiguez pas avec les préliminaires, parce que je vous assure, les préliminaires, ce n’est pas votre truc…<br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi, c’est juste que… j’avais vraiment l’impression de vous avoir déjà vue quelque part.<br><strong>Alice</strong> – Pardon, je suis un peu sur les nerfs…<br><em>Un temps. Il sort une cigarette, et cherche dans ses poches quelque chose pour l’allumer. En vain.</em><br><strong>Tom</strong> – Du coup, je n’ose pas vous demander si vous avez du feu…<br><strong>Alice</strong> – Je n’en ai pas. Je ne fume pas.<br><em>Il range sa cigarette.</em><br><strong>Tom</strong> – Tant pis… Enfin, je veux dire tant pis pour moi… Tant mieux pour vous si vous ne fumez pas.<br><strong>Alice</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – J’attends le taxi…<br><strong>Alice</strong> – Oui, j’avais compris.<br><strong>Tom</strong> – Non, c’est… C’est le titre d’une chanson que j’avais écrite il y a très longtemps.<br><strong>Alice</strong> – Vous écrivez des chansons ?<br><strong>Tom</strong> – Oui… Enfin non, plus maintenant, mais… Pourquoi, je n’ai pas la tête de quelqu’un qui écrit des chansons ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas. Je ne connais personne qui écrit des chansons. Enfin pas personnellement. Et ça parlait de quoi, cette chanson ?<br><strong>Tom</strong> – C’est l’histoire d’un type qui… qui attend le taxi.<br><strong>Alice</strong> – Oui, d’après le titre, je m’en doutais un peu. C’est tout ?<br><strong>Tom</strong> – C’était il y a longtemps. Je ne me souviens plus très bien. La première phrase c’était… il est près de minuit sous les néons blafards, et depuis plus d’une heure seul devant cette gare… Et le refrain, c’était j’attends le taxi, taxi, taxi…<br><strong>Alice</strong> – J’attends le taxi, taxi, taxi…?<br><strong>Tom</strong> – Oui. C’est ce dont je me souviens…<br><strong>Alice</strong> – D’accord… Et il a fini par arriver, votre taxi ?<br><strong>Tom</strong> – Non… Vous voyez… je l’attends toujours…<br><strong>Alice</strong> – Ce n’est pas très encourageant.<br><strong>Tom</strong> – Enfin, cette histoire de taxi, c’était symbolique, évidemment. Le type qui attend le taxi… qui l’emmènera quelque part. C’était un peu moi quand j’étais plus jeune, vous voyez. Moi ou quelqu’un d’autre. À dix-huit ans, on attend tous que quelque chose se passe, non ? Que la vie nous prenne dans ses bras. Que quelqu’un vienne…<br><strong>Alice</strong> – Je vois. Et dans votre cas, donc, personne n’est venu.<br><strong>Tom</strong> – Non… Enfin si… Depuis, j’ai pris pas mal de taxis évidemment. Mais pas celui qui m’aurait emmené là où je voulais vraiment aller.<br><strong>Alice</strong> – Et vous vouliez aller où, exactement ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Alice</strong> – Oui, ben moi pour l’instant, j’aimerais bien rentrer chez moi.<br><strong>Tom</strong> – Donc, vous n’habitez pas chez vos parents.<br><strong>Alice</strong> – Non. Pourquoi ? Vous habitez chez vos parents, vous ?<br><strong>Tom</strong> – Non… Enfin ça dépend.<br><strong>Alice</strong> – Ça dépend ?<br><strong>Tom</strong> – Ça dépend des jours.<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Ça y est, ça me revient maintenant !<br><strong>Alice</strong> – Quoi ?<br><strong>Tom</strong> – Où on s’est déjà vus.<br><strong>Alice</strong> – Et alors ?<br><strong>Tom</strong> – Vous aussi, vous étiez à cette fête, chez Vincent, ce soir.<br><strong>Alice</strong> – Oui, en effet… Désolée, je ne me souviens pas de vous.<br><strong>Tom</strong> – Je vous ai invitée à danser. Vous avez refusé d’ailleurs…<br><strong>Alice</strong> – Ça ne vous a pas beaucoup marqué, vous ne vous souveniez plus de moi, tout à l’heure…<br><strong>Tom</strong> – Là-bas, il y avait une lumière d’ambiance, vous aviez l’air plus… Là avec les néons…<br><strong>Alice</strong> – Merci.<br><strong>Tom</strong> – Non mais vous êtes très jolie aussi.<br><strong>Alice</strong> – Et là, vous êtes sûr que vous n’êtes pas en train de me draguer ?<br><strong>Tom</strong> – Là, peut-être un peu, oui.<br><strong>Alice</strong> – J’avais prévu de rentrer avec une copine qui a une voiture, mais elle s’est trouvé un mec là-bas, alors du coup…<br><strong>Tom</strong> – Ah oui, pas de bol. Enfin, je veux dire, pour vous.<br><strong>Alice</strong> – Je pensais que je pourrais trouver un taxi. Et vous ?<br><strong>Tom</strong> – En fait… je n’étais pas vraiment invité à cette fête. Enfin, si mais… J’étais invité par une copine qui au dernier moment n’a pas pu venir, et donc…<br><strong>Alice</strong> – Donc, vous ne connaissiez personne.<br><strong>Tom</strong> – Du coup, je me voyais mal rester dormir là-bas.<br><strong>Alice</strong> – Cette délicatesse vous honore.<br><strong>Tom</strong> – J’étais venu en train. Mais j’ai raté le dernier. Le prochain est à 7h32 demain matin, j’ai vérifié.<br><strong>Alice</strong> – Et en attendant, la gare est fermée.<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas si ça vaut le coup d’attendre.<br><strong>Alice</strong> – Pour le taxi, vous voulez dire ?<br><strong>Tom</strong> – Il faut se rendre à l’évidence, aucun taxi ne viendra ici ce soir.<br><strong>Alice</strong> – J’habite à trente kilomètres, je ne peux pas rentrer à pied.<br><strong>Tom</strong> – À part le train de 7h32, je ne vois pas.<br><strong>Alice</strong> (<em>regardant sa montre</em>) – Il n’est même pas encore minuit et demie. On ne va pas attendre ici pendant sept heures !<br><strong>Tom</strong> – Surtout qu’il ne fait pas très chaud.<br><strong>Alice</strong> – On pourrait retourner là-bas, évidemment, mais…<br><strong>Tom</strong> – À cette fête, vous voulez dire ?<br><strong>Alice</strong> – Chez Vincent, oui.<br><strong>Tom</strong> – Honnêtement, je ne suis pas sûr de vouloir y retourner.<br><strong>Alice</strong> – Ah oui ?<br><strong>Tom</strong> – En fait, c’est Vincent qui m’a viré.<br><strong>Alice</strong> – Viré ? Pourquoi ça ?<br><strong>Tom</strong> – Une sombre histoire d’argent qui aurait disparu dans un sac. Comme j’étais le seul que personne ne connaissait, évidemment, j’étais le coupable idéal. Je vous jure que ce n’est pas moi.<br><strong>Alice</strong> – Je sais.<br><strong>Tom</strong> – Merci. Donc, je n’ai pas une tête à voler dans les sacs des invitées à des soirées où je ne suis pas invité ?<br><strong>Alice</strong> – Si. En fait, vous auriez un peu cette tête-là.<br><strong>Tom</strong> – Alors comment vous savez que ce n’est pas moi qui ai volé cet argent ?<br><strong>Alice</strong> – Parce que cet argent, c’est le mien. Je croyais qu’il avait disparu. J’en ai parlé à ma copine, Cécile, qui en a parlé à Vincent. Mais je viens de retrouver mon fric dans la doublure de mon sac.<br><strong>Tom</strong> – D’accord. Alors en somme, c’est grâce à vous si on m’a jeté dehors comme un voleur.<br><strong>Alice</strong> – Je ne savais pas que ma copine en parlerait à Vincent. Et que ça ferait toute une histoire. C’est un peu pour ça que je suis partie, d’ailleurs. J’étais très mal à l’aise…<br><strong>Tom</strong> – Et moi donc.<br><strong>Alice</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Tom</strong> – Ouais.<br><strong>Alice</strong> – Tenez, si un taxi finit par arriver, je vous invite à le prendre avec moi. Je vous déposerai, et c’est moi qui paierai la course.<br><strong>Tom</strong> – Vous ne prenez pas beaucoup de risques. Jamais aucun taxi ne viendra ici ce soir.<br><strong>Alice</strong> – Alors qu’est-ce que je peux faire pour que vous me pardonniez ? Même si tout ça, ce n’est pas vraiment de ma faute…<br><strong>Tom</strong> – Crier au voleur parce que vous ne retrouvez pas votre argent… et laisser accuser un innocent.<br><strong>Alice</strong> – Bon, ce n’est pas l’affaire Dreyfus, non plus. Je n’ai accusé personne, c’est ma copine qui…<br><strong>Tom</strong> – J’ai vu la haine dans leurs regards, je vous assure. Ils auraient pu me lyncher…<br><strong>Alice</strong> – Vous êtes sûr que vous n’en faites pas un peu trop, là ?<br><strong>Tom</strong> – OK, il y a une chose que vous pourriez faire pour que je vous pardonne.<br><strong>Alice</strong> – Dites toujours…<br><strong>Tom</strong> – Accordez-moi cette danse.<br><strong>Alice</strong> – Pardon ?<br><strong>Tom</strong> – Tout à l’heure, je vous ai invitée à danser, et vous avez refusé. Accordez-moi cette danse.<br><strong>Alice</strong> – Ici ? À une station de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – On n’a rien de très urgent à faire, non ?<br><strong>Alice</strong> – Il n’y a même pas de musique !<br><strong>Tom</strong> – J’en ai, sur mon téléphone portable. Vous me devez bien ça, non ?<br><em>Alice hésite.</em><br><strong>Alice</strong> – OK, mais on ne parle que de danser, on est bien d’accord.<br><strong>Tom</strong> – D’accord.<br><em>Il sort son portable, met un slow très classique, pose le téléphone par terre et il ouvre les bras.</em><br><strong>Alice</strong> – Vous êtes toujours prêt à dégainer un slow, comme ça, dès que vous rencontrez une fille à une station de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – Si vous préférez un autre morceau…<br><strong>Alice</strong> – Allons-y. Après tout qu’est-ce que je risque, puisque vous n’essayez absolument pas de me draguer…<br><em>Elle accepte qu’il l’enlace et ils se mettent à danser.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dernière cigarette</title>
		<link>https://sketchotheque.net/derniere-cigarette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
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		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernière cigarette, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Antoine revient. Clara arrive peu après.<br></em><strong>Clara</strong> – Vous êtes encore là ?<br><strong>Antoine</strong> – Personne ne m’attend à la maison. Vous non plus, apparemment.<br><strong>Clara</strong> – Non.<br><strong>Antoine</strong> – Mais c’est la dernière fois que je fais des heures sup. Quelques dossiers à boucler avant de partir.<br><strong>Clara</strong> – Partir ?<br><strong>Antoine</strong> – J’ai donné ma démission aujourd’hui.<br><strong>Clara</strong> – Pas à cause de moi, j’espère.<br><strong>Antoine</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Clara</strong> – Pour éviter qu’on travaille dans la même boîte au cas improbable où nous viendrions à avoir des relations sexuelles ensemble ? Dans ce cas, c’est dommage. Ce n’était vraiment pas la peine.<br><strong>Antoine</strong> – Vous êtes tellement sûre qu’on ne couchera jamais ensemble ?<br><strong>Clara</strong> – Surtout parce que je travaille en intérim. Ma mission ici s’achève ce soir de toute façon…<br><strong>Antoine</strong> – Alors comme ça on est chômeurs tous les deux.<br><strong>Clara</strong> (<em>ironique</em>) – Plus rien ne s’oppose à notre amour…<br><em>Il l’embrasse et elle se laisse faire.</em><br><strong>Antoine</strong> – J’ai actualisé un peu mes méthodes de drague. Et j’ai arrêté les blagues.<br><strong>Clara</strong> – Je vois ça… Ça ne rigole plus.<br><strong>Antoine</strong> – Disons que c’est un peu plus direct.<br><strong>Clara</strong> – Ça ne me déplaît pas.<br><strong>Antoine</strong> – Il commence à faire nuit. On va bientôt voir les étoiles.<br><em>Clara aperçoit quelque chose contre une des parois de la terrasse, qui peut rester invisible.</em><br><strong>Clara</strong> – C’est quoi ces plaques avec ces inscriptions ?<br><strong>Antoine</strong> – Ah vous n’êtes pas au courant ? C’est vrai que vous êtes en intérim. Ce sont des épitaphes.<br><strong>Clara</strong> – Des épitaphes ?<br><strong>Antoine</strong> – Il y a des sociétés qui mettent des crèches à la disposition de leurs salariés. Eh bien les propriétaires de cette tour fournissent aux employés un jardin du souvenir, pour les cendres des défunts.<br><strong>Clara</strong> – Un jardin du souvenir…<br><strong>Antoine</strong> – Enfin, une terrasse du souvenir, si vous préférez. Les proches du disparu peuvent disperser ses cendres du haut de la tour. Ou à défaut, c’est le patron qui s’en charge.<br><strong>Clara</strong> – Et cette terrasse du souvenir fait aussi office d’espace fumeurs…<br><strong>Antoine</strong> – Au prix où est l’immobilier en ville… Et puis comme ça, nos chers défunts fumeurs ont un peu l’impression d’être en pause.<br><strong>Clara</strong> – Une pause définitive.<br><strong>Antoine</strong> – Le tabac a largement contribué au règlement définitif du problème des retraites…<br><strong>Clara</strong> – Et le cimetière est devenu une dépendance du bureau. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit sur ces épitaphes ?<br><em>Antoine s’approche pour en lire quelques-unes.</em><br><strong>Antoine</strong> – Voyons voir… (<em>Lisant</em>) « En ce moment, je suis surbooké, mais on se rappelle très vite »… « Je ne suis pas là, mais vous pouvez me laisser un message »… « Le changement, c’est maintenant »… « Demain j’arrête de fumer »…<br><strong>Clara</strong> – Édifiant…<br><strong>Antoine</strong> – Écoutez ça, on dirait un aphorisme : « Contrairement aux particules, les testicules ne peuvent pas se trouver à deux endroits différents en même temps »…<br><em>Ils échangent un regard.</em><br><strong>Clara</strong> – C’est vrai que c’est très romantique, cet endroit, mais on ne va peut-être pas s’éterniser.<br><strong>Antoine</strong> – Je peux fumer une dernière cigarette ?<br><strong>Clara</strong> (<em>ferme</em>) – Si vous voulez me suivre, c’est maintenant.<br><strong>Antoine</strong> – OK. (<em>Ils se dirigent vers la sortie</em>) Vous habitez où ?<br><strong>Clara</strong> – Juste à côté. Vous voulez boire un verre à la maison ?<br><strong>Antoine</strong> – D’accord. Mais je vous préviens, je ne couche jamais le premier soir.<br><strong>Clara</strong> – Ça y est, vous recommencez avec vos blagues.<br><em>Ils partent ensemble. Un personnage (homme ou une femme) arrive. Il vapote un instant avant de s’adresser au public.</em><br><strong>Personnage</strong> – C’est ma dernière cigarette. C’est fini. Je décroche. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça. En tout cas demain, ce sera sans moi. J’ai longtemps hésité, et puis j’ai fini par me décider. Ce n’est jamais le bon moment, non ? Ce n’est pas tous les jours facile de trouver une bonne raison de continuer. Mais croyez-moi, c’est encore plus difficile de s’arrêter là, sans raison. Je ne sais pas comment ils font, tous ces gens qui laissent un petit mot derrière eux. Une lettre de démission. Qu’est-ce qu’ils espèrent encore ? Un peu de compréhension ? Je pars en silence. Sans lettre T pour la réponse. Qu’est-ce que je pourrais leur dire ? Qu’est-ce qu’ils pourraient comprendre ? Même moi je ne me comprends pas. La vie ne me comprend plus. Et s’ils me répondaient ? Qu’est-ce qu’on peut bien répondre aux abonnés absents ? Je pars sans un mot. Sans préavis. Je libère la place. Parce que je serai remplacé, bien sûr. Vous aussi. Faut pas rêver. Dans la foule, personne n’est irremplaçable. Quand tu n’es plus là, ce sera un autre. Ici ou ailleurs. Un peu plus tard ou juste après. C’est ta vie qui veut ça. La vie des autres… (<em>Il écrase sa cigarette ou range son vapoteur</em>) Non, si je pouvais leur dire quelque chose avant de partir, je leur dirais seulement : ne vous inquiétez pas, je vais me fondre dans la foule. Je ne suis plus là. Je serai la multitude (<em>Un temps</em>) Ce n’est pas la mort. C’est juste une nouvelle vie qui commence…<br><em>Le personnage s’en va.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p>Suite possible de <a href="https://sketchotheque.net/drague-demodee/">Drague Démodée</a></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>Drague démodée</title>
		<link>https://sketchotheque.net/drague-demodee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 07:27:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=884</guid>

					<description><![CDATA[<p>Drague démodée, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/drague-demodee/">Drague démodée</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse. Un homme arrive. Suivi de près par une femme. Leurs regards se croisent, mais ils ne se connaissent visiblement pas et détournent rapidement la tête. L’homme sort une cigarette électronique. La femme en fait autant. L’homme fait mine de chercher quelque chose dans ses poches, puis s’approche de la femme.<br></em><strong>Antoine</strong> – Excusez-moi, vous auriez du feu, s’il vous plaît ?<br><em>La femme semble déstabilisée.</em><br>Clara – Mais, c’est une cigarette électronique, non ?<br><strong>Antoine</strong> – C’est vrai, autant pour moi. Maintenant que j’ai arrêté de fumer, il va falloir que j’actualise un peu mes méthodes de drague.<br><strong>Clara</strong> – Si je peux me permettre, vous auriez dû les actualiser depuis la fin des années 80, non ?<br><strong>Antoine</strong> – Allez, soyez un peu indulgente, vous aussi. On est si fragiles. Être un homme libéré, vous savez, ce n’est pas si facile.<br><strong>Clara</strong> – Ça me rappelle une chanson qu’écoutait ma mère.<br><strong>Antoine</strong> – En fait, j’essayais seulement de vous faire rire. Mais visiblement c’est raté.<br><strong>Clara</strong> – Je vois. Donc le coup du feu, c’était une blague. Dans ce cas bravo, c’est très drôle. Il me manquait juste le mode d’emploi et la posologie… Je ne sais pas, un petit avertissement, genre « Attention blague ».<br><strong>Antoine</strong> – Il m’arrive aussi d’être drôle sans le faire exprès, vous savez. Faire rire, c’est une deuxième nature chez moi. Parfois, je comprends mes propres blagues après celles à qui elles sont destinées. Vous avez arrêté il y a longtemps ?<br><strong>Clara</strong> – De quoi ? De faire des blagues ?<br><strong>Antoine</strong> – De fumer.<br><strong>Clara</strong> – Ah non, mais je n’ai jamais fumé de cigarettes. Pas encore. En fait, je vapote juste pour essayer.<br><strong>Antoine</strong> – Pour essayer ?<br><strong>Clara</strong> – Pour voir si ça me plaît vraiment.<br><strong>Antoine</strong> – Ah oui…<br><strong>Clara</strong> – Et si ça me plaît, je me mettrai à fumer de vraies cigarettes, avec du vrai tabac. Ça vous semble idiot ?<br><strong>Antoine</strong> – Pas du tout.<br><strong>Clara</strong> – Pourtant, c’est complètement idiot.<br><strong>Antoine</strong> – Donc là, c’est vous qui me faites marcher ?<br><strong>Clara</strong> – Voilà. Et dans mon cas, croyez-moi, c’est tout à fait intentionnel. Je ne suis drôle que quand j’ai décidé de l’être.<br><strong>Antoine</strong> – Bon… Alors un partout, on est à égalité… J’apprécie aussi qu’une femme ait le sens de l’humour, vous savez. Et je vous avoue que dans un premier temps, j’ai craint que vous en soyez totalement dépourvu.<br><strong>Clara</strong> – Me voilà rassurée, alors. Moi je craignais de vous avoir déjà déçu. Mais dites-moi, quand vous parlez de sens de l’humour chez une femme, vous voulez parler je suppose de sa capacité à rire de vos propres blagues, volontaires ou non?<br><em>Il reste un instant décontenancé.</em><br><strong>Antoine</strong> – Et si on faisait une pause ?<br><strong>Clara</strong> – J’allais vous le proposer. Après tout on est là pour ça non ?<br><em>Ils vapotent chacun de leur côté.</em><br><strong>Antoine</strong> – Ça n’aurait jamais marché entre nous de toute façon.<br><strong>Clara</strong> – La pause est déjà finie ?<br><strong>Antoine</strong> – On travaille dans la même boîte…<br><strong>Clara</strong> – Il paraît qu’un Français sur trois a rencontré son conjoint sur son lieu de travail.<br><strong>Antoine</strong> – Vous nous imaginez rentrer le soir ensemble dans notre petit appartement de banlieue et nous demander respectivement comment s’est passé notre journée. Alors qu’on travaille dans le même bureau.<br><strong>Clara</strong> – Nous travaillons dans le même bureau ?<br><strong>Antoine</strong> – Je ne vous ai pas tapé dans l’œil, d’accord. Mais si vous ne l’avez pas remarqué, c’est que vous avez besoin de porter des lunettes.<br><strong>Clara</strong> – Je vous fais encore marcher. Vous voyez bien qu’on peut quand même arriver à se surprendre, même quand on travaille toute la journée dans le même bureau depuis trois mois.<br><strong>Antoine</strong> – Vous êtes là depuis trois mois ?<br><strong>Clara</strong> – Je préfère prendre ça pour une de vos plaisanteries involontaires, sinon ce serait vexant. Mais je suis d’accord avec vous, à la longue ce serait intenable.<br><strong>Antoine</strong> – Bon, alors je ne vois qu’une solution.<br><strong>Clara</strong> – Laquelle ?<br><strong>Antoine</strong> – Je démissionne.<br><strong>Clara</strong> – Je ne suis pas sûre de préférer sortir avec un chômeur longue durée plutôt qu’avec un collègue de bureau. Vous n’auriez même plus de quoi payer le loyer de votre petit appartement de banlieue dans lequel vous pensiez m’inviter à couler des jours heureux avec vous.<br><strong>Antoine</strong> – C’est fou ce que les femmes peuvent être terre à terre.<br><em>Elle lui souffle ostensiblement de la fumée de sa cigarette sur le visage.</em><br>Clara – Les princes charmants ont rarement une carte Navigo et ils ne pointent pas à Pôle Emploi.<br><em>Elle range sa cigarette électronique.</em><br><strong>Antoine</strong> – On pourra toujours vapoter ensemble ?<br><strong>Clara</strong> – Alors à une autre fois peut-être.<br><strong>Antoine</strong> – Je vous rappelle que nous travaillons dans le même bureau. Il y a peu de chance pour qu’on ne se revoit jamais.<br><strong>Clara</strong> – C’est une bonne raison pour ne pas prendre le risque de coucher ensemble.<br><em>Elle s’en va. Il reste un instant perplexe. Il fume encore un peu. Puis s’en va à son tour.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Code d’accès</title>
		<link>https://sketchotheque.net/code-dacces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 14:53:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=617</guid>

					<description><![CDATA[<p>Code d’accès, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/code-dacces/">Code d’accès</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme arrive dans le hall, le traverse et, perplexe, se place devant le digicode de la porte donnant accès à l’escalier. Un homme arrive à son tour et se dirige vers la même porte pour composer le code.</em><br><strong>Femme</strong> – Excusez-moi… Je peux entrer avec vous… Je n’ai pas le code…<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui… Enfin… Vous voulez dire que vous n’avez pas le code ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est ce que je viens de vous dire, non ?<br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que… En principe, on doit avoir le code pour rentrer dans cet immeuble. C’est justement ça le principe…<br><strong>Femme</strong> – Le principe ?<br><strong>Homme</strong> – Ceux qui ont le code ont le droit d’entrer, les autres non. À quoi ça sert d’avoir un code, sinon ?<br><strong>Femme</strong> – Ah, d’accord…<br><strong>Homme</strong> – Ben ouais…<br><strong>Femme</strong> – Donc vous ne voulez pas me laisser entrer ?<br><strong>Homme</strong> – Ben non…<br><strong>Femme</strong> – Vous me prenez pour une voleuse, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas, moi… Si vous habitiez dans cet immeuble, pourquoi est-ce que vous n’auriez pas le code ?<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi ? Le code pourrait avoir changé sans que j’en sois avertie.<br><strong>Homme</strong> – Le code n’a pas changé depuis vingt ans.<br><strong>Femme</strong> – Je pourrais l’avoir oublié !<br><strong>Homme</strong> – C’est le genre de code qu’on n’oublie pas, croyez-moi. Beaucoup de personnes âgées habitent dans cet immeuble, alors on a choisi quelque chose de facile à mémoriser. Même un Alzheimer en stade terminal oublierait sa date de naissance avant d’oublier le code de cet immeuble…<br><strong>Femme</strong> – 1515 ? 14-18 ? 16-64 ?<br><strong>Homme</strong> – 16-64 ?<br><strong>Femme</strong> – 16-64, ça ne vous dit rien ?<br><strong>Homme</strong> – Donc, vous n’habitez pas dans cet immeuble…<br><strong>Femme</strong> – Et votre date de naissance, vous vous en souvenez ?<br><strong>Homme</strong> – Puisque vous n’habitez pas ici, qui venez-vous voir ?<br><strong>Femme</strong> – Mais enfin, ça ne vous regarde pas ! Vous êtes de la police ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais c’est mon immeuble.<br><strong>Femme</strong> – Cet immeuble vous appartient ?<br><strong>Homme</strong> – J’en suis copropriétaire. Je veille sur la sécurité des gens qui l’habitent. Et sur l’intégrité de leurs biens.<br><strong>Femme</strong> – Je vois… Vous êtes une sorte de milicien, en somme. Méfiez-vous. À la Libération, certains pourraient avoir envie de vous tondre.<br><strong>Homme</strong> – Dites-moi seulement ce que vous venez faire ici.<br><strong>Femme</strong> – Je viens pour assassiner quelqu’un, ça vous va ?<br><strong>Homme</strong> – À quel étage ?<br><strong>Femme</strong> – Parce que ça change quelque chose ?<br><strong>Homme</strong> – C’est juste pour vérifier que vous n’êtes pas encore en train de mentir.<br><strong>Femme</strong> – La petite vieille du cinquième.<br><strong>Homme</strong> – Au cinquième, c’est un couple d’homos et une fille-mère.<br><strong>Femme</strong> – Une fille-mère ? Mais vous vivez à quelle époque ? À la fin du 19ème ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, bon, ça va… Je voulais dire une mère célibataire…<br><strong>Femme</strong> – Une mère célibataire… Aujourd’hui, on dit une famille monoparentale, figurez-vous !<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, on ne dit pas la petite vieille du cinquième ! Donc vous mentez !<br><strong>Femme</strong> – Évidemment, que je mens. Si j’étais venue pour assassiner quelqu’un, vous croyez vraiment que je vous préciserais l’étage ?<br><strong>Homme</strong> – Ça ne me dit toujours pas ce que vous venez faire ici.<br><strong>Femme</strong> – Au départ, je n’étais pas venue pour tuer quelqu’un, c’est vrai. Mais je dois avouer qu’après vous avoir rencontré, ça me donne des envies de meurtre…<br><strong>Homme</strong> – Très bien, ironisez tant que vous voudrez. Mais tant que je ne saurai pas ce que vous venez faire ici, pas question de vous laisser entrer.<br><strong>Femme</strong> – OK… Je viens voir quelqu’un, ça vous va ?<br><strong>Homme</strong> – Ah oui ? Et qui ça ?<br><strong>Femme</strong> – Le dentiste.<br><strong>Homme</strong> – Vous avez mal aux dents ?<br><strong>Femme</strong> – C’est plus compliqué que ça…<br><strong>Homme</strong> – Quel dentiste, d’abord ? Il y en a au moins trois ou quatre, dans l’immeuble.<br><strong>Femme</strong> – Je ne connais pas son nom. Je veux dire son vrai nom.<br><strong>Homme</strong> – C’est commode…<br><strong>Femme</strong> – Non, justement, ce n’est pas commode. C’est quelqu’un que j’ai rencontré sur le net. Je connais seulement son pseudo.<br><strong>Homme</strong> – Un pseudo ?<br><strong>Femme</strong> – Il m’a donné rendez-vous chez lui, mais il a oublié de me donner le code.<br><strong>Homme</strong> – Il vous donne rendez-vous chez lui, mais il ne vous donne pas le code…<br><strong>Femme</strong> – Il a oublié, je vous dis !<br><strong>Homme</strong> – Hun, hun… Vous n’avez qu’à lui téléphoner.<br><strong>Femme</strong> – Je n’ai pas son numéro.<br><strong>Homme</strong> – Ah, il ne vous a pas donné son numéro non plus. Apparemment, c’est quelqu’un qui tient beaucoup à préserver son intimité… Vous êtes vraiment sûre qu’il vous a invitée à venir chez lui ? Je veux dire, il ne vous a pas donné le code…<br><strong>Femme</strong> – Il m’a donné l’adresse, il m’a dit qu’il habitait au troisième et qu’il était dentiste. Je pense que s’il ne voulait pas me voir…<br><strong>Homme</strong> – Dentiste ? Au troisième… Donc c’est l’adresse de son cabinet. Pas de chez lui.<br><strong>Femme</strong> – Et alors ?<br><strong>Homme</strong> – Cela explique le fait qu’il ait oublié de vous donner le code.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Homme</strong> – Parce que dans la journée, il n’y a pas de code.<br><strong>Femme</strong> – Donc il y a bien un dentiste au troisième.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Alors vous voyez bien que je ne mens pas.<br><strong>Homme</strong> – En même temps, c’est indiqué sur la plaque.<br><strong>Femme</strong> – Quelle plaque ?<br><strong>Homme</strong> – La plaque qui se trouve dehors à l’entrée de cet immeuble.<br><strong>Femme</strong> – D’accord… Donc, vous ne voulez toujours pas me laisser entrer ?<br><strong>Homme</strong> – Ça dépend… C’est quoi, votre pseudo, à vous ?<br><strong>Femme</strong> – Pardon ?<br><strong>Homme</strong> – Vous avez dit que vous ne connaissez ce dentiste que sous son pseudo. J’imagine qu’il ne vous connaît vous aussi que sous un nom de code.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi est-ce que je vous donnerais mon numéro de code ? C’est très personnel, non ? Plus que le code d’accès à un immeuble, en tout cas…<br><strong>Homme</strong> – Disons que c’est donnant donnant.<br><strong>Femme</strong> – Alex343.<br><strong>Homme</strong> – Alex343 ?<br><strong>Femme</strong> – Quoi ? Ça ne vous plaît pas non plus ?<br><strong>Homme</strong> – Si, si… Alex343, c’est un très joli nom. (<em>Changeant de ton</em>) Pour une bien jolie personne… Ça donne envie de connaître les 342 autres Alex.<br><strong>Femme</strong> – Vous me draguez, maintenant ? Vous ne manquez pas d’air ?<br>Homme – Nous sommes partis sur un mauvais pied, mais permettez-moi de me présenter : Domi459.<br><strong>Femme</strong> – Domi459 ? Alors c’est vous ?<br><strong>Homme</strong> – J’espère que vous n’êtes pas trop déçue…<br><strong>Femme</strong> – Non, non, mais… Je ne vous imaginais pas comme ça…<br><strong>Homme</strong> – Excusez-moi pour le code, mais comme en journée, il n’y en a pas…<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Homme</strong> – Et puis on ne sait jamais à qui on a affaire.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison. On n’est jamais trop prudent.<br><strong>Homme</strong> – Vous avez trouvé facilement ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, oui… Jusqu’à ce que j’arrive devant cette porte en tout cas…<br><em>Il lui montre la porte.</em><br><strong>Homme</strong> – Mais allez-y, je vous en prie…<br><strong>Femme</strong> – Euh…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, c’est vrai… Vous n’avez pas le code… Attendez, je passe devant vous… 39-45, c’est facile à se rappeler…<br><strong>Femme</strong> – Oui, c’est pratique…<br><strong>Homme</strong> – Mais au fait, j’ai oublié de me présenter… Comme vous ne me connaissez que sous mon pseudo…<br><strong>Femme</strong> – Votre nom est inscrit sur la plaque à l’entrée de l’immeuble.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, c’est vrai ! Et vous, votre vrai nom, c’est quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si vous permettez, j’attendrai de vous connaître un peu mieux avant de vous donner le code d’accès…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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		<title>Repartie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/repartie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:34:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Interactif]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Repartie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ève est là, désœuvrée. Alban arrive, pas très à l’aise.</em><br><strong>Alban</strong> – Salut… Tu habites dans le coin ?<br><strong>Ève</strong> – On peut dire ça… Et toi ?<br><strong>Alban</strong> – Je passais par là.<br><em>Silence.</em><br><strong>Ève</strong> – Et… tu comptes prendre racine… dans le coin ?<br><strong>Alban</strong> – Ça dépend.<br><strong>Ève</strong> – Ça dépend de quoi ?<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas… Ici ou ailleurs.<br><strong>Ève</strong> – Tu fais ce que tu veux. On est en république.<br><strong>Alban</strong> – Qu’est-ce qui pourrait me donner envie de rester ? Dans le coin…<br><strong>Ève</strong> (<em>montrant son front</em>) – Il n’y a pas marqué office de tourisme, là, si ?<br><strong>Alban</strong> – Non.<br><strong>Ève</strong> – Bon. Alors ?<br><strong>Alban</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Ève</strong> – Tu pars, tu restes, mais il va falloir décider. Parce que là, tu commences à être un peu…<br><strong>Alban</strong> – OK, je reste… Pour l’instant…<br><strong>Ève</strong> – Bien, alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Alban</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Ève</strong> – Tu ne vas pas rester planté là à me regarder, si ?<br><strong>Alban</strong> – OK, OK… Alors… Je ne sais pas, moi… On pourrait discuter…<br><strong>Ève</strong> – Je t’écoute.<br><strong>Alban</strong> – Tu fumes ?<br><strong>Ève</strong> – Pourquoi ? Tu as une préférence pour les non-fumeuses ? C’est un entretien d’embauche ?<br><strong>Alban</strong> – Pas du tout ! Au contraire. Je voulais seulement… savoir si tu avais une cigarette.<br><strong>Ève</strong> – On vient à peine de se rencontrer, et tu veux déjà me taxer une cigarette.<br><strong>Alban</strong> – Absolument pas ! D’ailleurs, je ne fume pas.<br><strong>Ève</strong> – Moi non plus. Ça nous fait déjà ça en commun.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Alban</strong> – Tu… Tu as un numéro ?<br><strong>Ève</strong> – Un numéro ? Pourquoi ? Tu diriges un cirque ? Tu veux me faire passer une audition ?<br><strong>Alban</strong> – Un cirque ? Ah oui, un… Un numéro de cirque.<br><strong>Ève</strong> – Je me disais bien aussi que tu avais un petit côté nomade.<br><strong>Alban</strong> – Nomade ?<br><strong>Ève</strong> – Les gens du voyage, tu vois.<br><strong>Alban</strong> – Non, mais je ne pensais pas à un numéro de cirque. Je pensais plutôt… à un numéro de téléphone.<br><strong>Ève</strong> – D’accord…<br><strong>Alban</strong> – Alors ?<br><strong>Ève</strong> – J’ai un numéro, mais je n’ai pas de téléphone.<br><strong>Alban</strong> – À quoi ça sert d’avoir un numéro, si tu n’as pas de téléphone.<br><strong>Ève</strong> – Tu es un petit malin, toi… Ou alors tu es vraiment con, j’hésite encore. Je l’ai perdu, mon téléphone. Voilà pourquoi j’ai un numéro, et pas de téléphone. Mais toi, tu n’as qu’à me le laisser, ton numéro…<br><strong>Alban</strong> – Mon numéro ? C’est-à-dire que…<br><strong>Ève</strong> – Ne me dis pas que toi, tu as un téléphone, mais pas de numéro.<br><strong>Alban</strong> – Non, mais…<br><strong>Ève</strong> – D’accord… Tu n’as pas de téléphone, mais tu me demandes quand même mon numéro. Et tu comptais m’appeler comment ? D’une cabine téléphonique ?<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas… Je… Si, j’ai un téléphone, mais…<br><strong>Ève</strong> – Tu veux un conseil ?<br><strong>Alban</strong> – Non… Enfin si, oui…<br><strong>Ève</strong> – Tu devrais te méfier. L’impro, ce n’est pas ton truc…<br><strong>Alban</strong> – D’accord. Je…<br><strong>Ève</strong> – Prépare un peu ton texte, la prochaine fois.<br><strong>Alban</strong> – C’est ça…<br><strong>Ève</strong> – Un canevas, au moins… Et puis tu brodes autour. Mais là, franchement. Tu ne peux pas te lancer comme ça, sans filet. Tu n’as pas le niveau…<br><strong>Alban</strong> – D’accord… Un… Un canevas… Je vais y penser…<br><strong>Ève</strong> – Et pourquoi tu voulais me téléphoner, au fait ?<br><strong>Alban</strong> – Te téléphoner…? Je ne sais pas… Je…<br><strong>Ève</strong> – Non, parce que comme on est tous les deux là, si tu as quelque chose à me dire… ce n’est pas être pas la peine de me téléphoner.<br><strong>Alban</strong> – Non, bien sûr, mais…<br><strong>Ève</strong> – Tu veux un autre conseil ?<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas… Oui…<br><strong>Ève</strong> – Avec ou sans téléphone, essaie de conclure avant d’avoir bouffé tout ton crédit.<br><strong>Alban</strong> – Mon crédit…?<br><strong>Ève</strong> – Ça fait cinq minutes qu’on discute, et tu n’as encore rien dit. Non mais franchement, tu fais pitié, là !<br><strong>Alban</strong> – D’accord…<br>Ève – Tu sais quoi ? (<em>Elle sort un crayon et griffonne quelque chose sur un papier qu’elle lui tend</em>) Le voilà mon numéro. Quand j’aurai retrouvé mon téléphone, et que tu auras trouvé une cabine, tu m’appelles, et on en parle, OK ?<br><em>Elle s’en va. Il la regarde partir, puis jette un coup d’?il au papier. Il semble hésiter, puis s’adresse à quelqu’un dans la salle.</em><br><strong>Alban</strong> – Vous habitez dans le coin ? Vous ne savez pas où il y a une cabine téléphonique ? Je peux vous emprunter votre téléphone, deux minutes ? (<em>Il prend le téléphone qu’on voudra bien lui donner et fait mine de composer le numéro qui est inscrit sur le papier.</em>) Merci… (<em>Ça sonne dans sa propre poche, et après un instant de surprise, il sort un autre téléphone et répond.</em>) Allô ? Allô ? (<em>Il reste un instant ahuri.</em>) Je crois que je suis en train de me parler à moi-même… <em>(Il rend son téléphone à la spectatrice, et s’adresse à elle.</em>) C’est bien son numéro… Mais c’est moi qui ai son téléphone… (<em>Un temps</em>.) Je n’ai pas pensé à lui dire que je venais d’en trouver un, de téléphone… et que c’était peut-être celui qu’elle avait perdu… Et elle est déjà repartie… (<em>Il reste un instant perplexe.</em>) Je crois qu’elle a raison, je manque un peu de repartie… Repartie… ou répartie…?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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