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	<title>Archives des Rêve - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Rêve - La Sketchothèque</title>
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		<title>Lève-toi et marche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/leve-toi-et-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 13:25:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sketch de Jean-Pierre Martinez Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui pourrait être sa mère (vêtements vieillots, absence de maquillage, démarche peu dynamique). Elle s’approche du lit.</em><br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure… (<em>Comme il ne répond pas, elle hausse le ton en le secouant énergiquement</em>.) C’est l’heure !<br><em>L’homme se réveille en sursaut et la regarde, un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Maman ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure, mon grand.<br><strong>Homme</strong> – L’heure ? Quelle heure ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas. Mais c’est l’heure.<br><strong>Homme</strong> – Mais enfin… L’heure de quoi ?<br><em>Il fait un effort pour se relever, avant de s’interrompre pour reprendre des forces.</em><br><strong>Femme</strong> – Allez, fainéant ! Fais un effort, bon sang ! Lève-toi et marche !<br><em>Il reprend un peu ses esprits.</em><br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, il faut que je te le répète tous les matins. (<em>L’homme regarde sa mère avec un air étonné.</em>) Ça va ? Tu as l’air bizarre…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui me dis ça ? Écoute maman, ne le prends pas mal, mais…<br><strong>Femme</strong> – Quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Je te croyais morte…<br><strong>Femme</strong> – Mais… je le suis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je me disais bien aussi que tu avais quelque chose de changé.<br><strong>Femme</strong> (<em>avec un air pincé</em>) – Ah oui ?<br><strong>Homme</strong> – Non mais… en mieux, je t’assure ! Et papa ?<br><strong>Femme</strong> – Il est mort aussi. Et toi, tu es sûr que tu n’es pas mort ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne crois pas…<br><strong>Femme</strong> – Donc tu n’es pas sûr.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que quand on est mort, on le sait, non ?<br><strong>Femme</strong> – Oh, ça… Tu manges bien, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Pourquoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu manges, c’est que tu n’es pas mort.<br><em>Elle fouille dans la poche de son manteau, et en sort une pomme, qu’elle lui tend.</em><br><strong>Femme</strong> – Tiens, je t’ai apporté ça.<br><em>Il prend la pomme avec une certaine méfiance.</em><br><strong>Homme</strong> – Une pomme… Comme la sorcière dans Blanche-Neige…<br><strong>Femme</strong> – Tu te prends pour Blanche-Neige ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie, c’est tout.<br><strong>Femme</strong> – Tu te méfies de ta propre mère ?<br><strong>Homme</strong> – Je te rappelle que tu es censée être morte.<br><strong>Femme</strong> – Tu me prends pour une sorcière, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie de l’eau qui dort. Alors de la mère morte…<br><em>La femme regarde autour d’elle.</em><br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas très gai, cet endroit…<br><em>Il semble découvrir à son tour les lieux.</em><br><strong>Homme</strong> – Non… Où est-ce qu’on est ?<br><strong>Femme</strong> – Ça ressemble à un asile d’aliénés.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que si j’étais fou, on m’aurait mis une camisole.<br><strong>Femme</strong> – Et ta femme ? Elle vient te voir, de temps en temps ?<br><strong>Homme</strong> – Non… Enfin, je ne me souviens pas bien… Je suis marié ?<br><strong>Femme</strong> – Et tes amis ? Tu as des amis, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas. Je n’ai vu personne.<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça… Depuis que tu es tout petit… Tu n’as jamais été très populaire…<br><strong>Homme</strong> – Merci… Ça me remonte le moral…<br><strong>Femme</strong> – Même moi, je me demande pourquoi je suis venue. Tu n’es même pas mort !<br><strong>Homme</strong> – Désolé de te décevoir encore une fois.<br><strong>Femme</strong> – Décidément, tu auras tout raté, dans ta vie. (<em>Elle se lève, commence à partir mais se retourne une dernière fois</em>.) Même ton décès.<br><em>Elle sort. Il regarde la pomme. Il croque dedans et repose le reste sur la table de nuit. Il mastique un moment avant d’avaler le morceau.</em><br><strong>Homme</strong> – Donc, je ne suis pas mort…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Death Valley</title>
		<link>https://sketchotheque.net/death-valley/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Death Valley, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Derrière nous, infiniment, la route se perd. Le bus s’immobilise sur le bas-côté et nous en descendons en titubant, aveuglés par le grand soleil, et engourdis par cette éternité passée à regarder droit devant nous jusqu’au terminus qu’est ce nouveau départ. Sans un mot, nous avançons dans le paysage lunaire. Nous n’avons plus devant nous que le désert. Nous nous baissons pour ramasser quelques cailloux, que nous lançons vers d’autres cailloux tous semblables, tous différents. Nous évitons de nous regarder. Nous avons tant parlé déjà auparavant. Nous étions ivres de paroles. Et maintenant, nous avons mal au cœur. Nous restons là un long moment silencieux, la gorge serrée, puis peu à peu nous réapprenons à parler. À faire des projets. À rêver notre vie encore une fois comme un rébus.<br>Mon premier ira à Sofia. Pour y être un poète raté. Y a-t-il des poètes réussis&nbsp;? Vaguement alcoolique. Mon premier n’est jamais allé à Sofia. Personne ne va là-bas. On n’a pas de raison d’y aller. C’est pour ça qu’il ira. Dans des arrière-salles de cafés enfumés, devant des tables couvertes de cadavres de bouteilles, il poursuivra sans fin les mots d’une langue étrangère pour en faire de mauvais vers. Il ne passera pas à la postérité. Même pas à la postérité bulgare. Il sera poète, c’est tout. Parce qu’on n’est pas poète. Parce qu’un poète, ça n’existe pas, dans la réalité. Encore moins à Sofia. Et puis un jour, trop imbibé d’alcool et de nicotine, il s’affalera sur sa table au milieu d’un long poème inachevé. Mais il sera resté fidèle à sa parole. Jusqu’au bout.<br>Mon deuxième ira à Paris. Il ouvrira une épicerie rue Alexandre Dumas. Une épicerie semblable à celles tenues par les Arabes ou les Chinois. Toujours ouverte. La nuit, le samedi, le dimanche. Mon deuxième ne sortira jamais de son magasin. Il servira les clients en leur faisant la conversation et en plaisantant. Toujours la même conversation. Les mêmes plaisanteries. Chaque fois plus insensées. Et puis un jour, les mots qu’il emploiera, toujours les mêmes pourtant, ne voudront plus rien dire du tout, seront comme une langue morte inconnue de tous et de lui-même. Alors il fermera l’épicerie : Fermé pour cause d’aphasie. Il ira à la gare de l’Est. Il prendra le train pour Bucarest. Au matin, après une nuit sans rêve, il s’éveillera sur un quai crasseux mais ensoleillé, peuplé de gens pressés et de vendeurs de sodas made in Romania.<br>C’est alors que dans le flot des voyageurs en mouvement, mon deuxième apercevra mon premier immobile, miraculeusement ressuscité, en fait jamais mort, tout bronzé, en short et en espadrilles. Alors mon premier aura retrouvé mon deuxième. Nos mots de nouveau auront un sens, et seront comme un long poème toujours recommencé, jamais fixé sur le papier. Alors je sortirai de cette gare et m’assoirai à une terrasse. Je commanderai du café à la turque, et le temps que le marc se dépose, je verrai mon destin en face. Je veillerai tard dans une nuit qui n’aura plus qu’un lendemain. Et quand le jour se lèvera, ce sera le matin. Devant moi infiniment la route se perdra.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Parler du beau temps</title>
		<link>https://sketchotheque.net/parler-du-beau-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Ciel]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Météo]]></category>
		<category><![CDATA[Pluie]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parler du beau temps, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Drôle de temps, non ? On ne sait pas comment s’habiller. Est-ce qu’on va vers le mieux, ou est-ce que le pire est déjà sûr ? Est-ce que ça vaut même encore le coup de s’habiller&nbsp;? Un temps de saison, comme on dit. Est-ce que ça vaut la peine d’en parler&nbsp;? Mais il faut bien sortir, non ? Il faut bien parler. Par tous les temps. Ne serait-ce que pour vider la poubelle, et remplir le frigo. Si on s’écoutait, des fois. On resterait bien chez soi. On resterait bien au lit. À se parler du beau temps et à se parler de la pluie. Mais il paraît que dans la vie, on passe déjà trente ans à dormir. Alors imaginez un peu. Si on faisait la grasse matinée. En tout cas, dans une vie, on passe pas mal d’années à se parler à soi-même. Et à parler tout seul. Quand on est enfant, et qu’on parle à des gens qui auraient dû exister. Quand on est vieux, et qu’on parle à des gens qui n’existent plus. Entre les deux, adulte, on s’écouterait plutôt parler. L’autre n’est là que pour renvoyer l’écho. On parle à des murs qui n’ont pas d’oreilles. On parle à des chiens qui n’ont pas la parole. On braille à la face des sourds, et on parle aux aveugles en langage des signes. Tout le monde parle en même temps. Et quand il n’y a plus rien à dire, tout le monde s’écoute en même temps. On parle tout seul, parce qu’on a peur du noir. On parle aussi dans le vide, pour essayer de le remplir. Si on a la chance d’avoir quelque chose à se dire, on peut aussi se parler à soi-même. Se prêter une oreille attentive. Écouter ce qu’on a à se dire, c’est aussi important que d’écouter ce que les autres ont à se dire. Alors on se parle, et on s’écoute parler. Mais on ne se dit pas tout, on se ment à soi-même. Et quand on est très convaincant, on finit même par se croire quelqu’un… Trente ans à dormir. La vie est un songe, en tout cas la moitié. L’autre moitié un mensonge. Avec quelques moments de vérité pas toujours bonne à dire. On dirait que ça s’éclaircit, non ? Il va faire beau cette nuit. Regardez, on voit les étoiles. On dirait qu’elles nous parlent. Je suis sûr qu’il y a quelqu’un, là-haut. Avec des oreilles, mais pas Dieu. Des gens qui se parlent entre eux, ou qui ne se parlent pas. Des gens qui se parlent à eux-mêmes, ou qui ne se parlent plus. Des gens qui se racontent des histoires, et qui finissent par les croire. Des gens qui parlent aussi dans le vide. La nuit, parfois, je tends l’oreille vers ces habitants du ciel. Vous croyez qu’un jour on pourra leur parler&nbsp;? Leur parler du beau temps, et leur parler de la pluie ?</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Les petites heures</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-petites-heures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 08:05:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
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		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les petites heures, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Les petites heures, vous connaissez ? Un, deux, trois, quatre… À cinq, on serait déjà tiré d’affaire. Il suffirait de patienter un peu en écoutant la radio. Mais on se réveille, et on regarde par la fenêtre. Pas une lueur. On tend l’oreille. Pas un chant d’oiseau. Les diurnes dorment encore, les nocturnes sont déjà couchés. Aucun espoir de lendemain proche. On est au plus profond de l’obscurité, dans la contrée d’aucun homme, la nuit des dormeurs éveillés. Bien sûr, un effort suffirait pour se lever, et marcher. Mais ce serait prématuré. Presque contre nature. Voir la nuit avant d’avoir vu le jour… Alors on doit rebrousser chemin. Repasser la frontière. Revenir là où rien ne peut encore nous atteindre. Où rien ne peut nous attendre. Où personne ne peut nous entendre. L’au-delà est l’en-deçà d’un éternel réversible. Je compte jusqu’à cent. À l’envers. Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit… Espérant qu’avant la fin de ce compte à rebours, j’aurai cessé de compter. Les nuits de grande insomnie, je commence à sept milliards. Six milliards neuf cent quatre-vingt dix neuf millions neuf cent quatre-vingt dix neuf mille neuf cent quatre-vingt dix neuf autres, avant que mon tour vienne dans cette vaste salle d’attente à ciel ouvert qu’est le monde des vivants. Combien de temps pour effeuiller une à une toutes ces existences qui ne sont pas la mienne, pour me reconnaître dans cette foule et trouver mon sommeil ? Une nuit pour savoir qui on est. Ce qui nous distingue des autres. Une vie pour découvrir tout ce qui n’est pas nous. Mourir. Se fondre à nouveau dans l’indistinct. Dormir. Lâcher prise. Avec la peur de se réveiller un autre. Dans une obscurité qui serait un cauchemar sans espoir de matin. Ce qui me tient en vie, qui me tient en éveil, c’est la peur de sombrer par une mauvaise nuit, dans le mauvais sommeil, la fatigue éternelle. L’insomnie est une course immobile contre le temps. Une victoire provisoire. Quatre, trois, deux, un… Suspendues entre la torpeur de la nuit et la brutalité du réveil, les petites heures égrènent le temps compté des insomniaques.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Confession</title>
		<link>https://sketchotheque.net/confession/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:00:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Secret]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Confession, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, assis face au public. Elle arrive, et s’assied, également face au public.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous écoute, mon enfant…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas facile, mon Père.<br><strong>Lui</strong> – À travers moi, c’est à notre Seigneur que vous confesserez vos péchés. N’oubliez pas que pour lui, faute avouée est à moitié pardonnée. Si en plus vous vous repentez avec sincérité, quoi que vous ayez fait, vous serez absoute.<br><strong>Elle</strong> – C’est-à-dire que… Il ne s’agit pas exactement d’un péché.<br><strong>Lui</strong> – Si vous pensez ne pas avoir commis de péché, pourquoi venir vous confesser ? Mais vous savez, nous commettons tous des péchés, hélas.<br><strong>Elle</strong> – Même vous ?<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr, même moi. Je ne suis qu’un homme.<br><strong>Elle</strong> – Mais alors, à qui est-ce que vous vous confessez ? C’est vrai, c’est une question que je me suis toujours posée. Pour les coiffeurs, par exemple. Qui est-ce qui leur coupe les cheveux. Ou pour les médecins. On n’imagine jamais qu’un médecin puisse être malade. Et pourtant, ce ne sont que des hommes eux aussi…<br><strong>Lui</strong> – Je crois que nous nous égarons, ma fille. Depuis combien de temps ne vous êtes-vous pas confessée?<br><strong>Elle</strong> – Je ne me suis jamais confessée.<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas, comment pouvez-vous prétendre ne jamais avoir péché ? Quand bien même vous seriez une Sainte…<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas une Sainte, mais ce que j’ai à vous dire est tout à fait extraordinaire.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Si cela peut vous aider, je vous écoute. Et nous examinerons ensemble si ce que vous avez fait est ou non un péché.<br><strong>Elle</strong> – Eh bien mon Père, en toute modestie, je pense avoir percé le mystère de l’univers.<br><strong>Lui</strong> – Le mystère de… Si c’est une plaisanterie, sachez que c’est en tout cas un péché de bafouer ainsi la confession, qui est un de nos sacrements les plus précieux.<br><strong>Elle</strong> – Je savais que vous me prendriez pour une folle… Mais c’est bien pour cela que je suis venue vous voir. Si vous, vous refusez de m’écouter, qui le fera ?<br><strong>Lui</strong> – Très bien, alors je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien voilà, Docteur…<br><strong>Lui</strong> – Mon Père.<br><strong>Elle</strong> – Pardon… Eh bien voilà, mon Père… je pense avoir compris comment marche tout ça. Comment ça fonctionne. Et surtout pourquoi.<br><strong>Lui</strong> – Tout ça ?<br><strong>Elle</strong> – Le monde ! La vie, la mort, le bien, le mal…<br><strong>Lui</strong> – Rien que ça ?<br><strong>Elle</strong> – L’univers, les galaxies, les trous noirs, les extraterrestres…<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Et comment prétendez-vous être parvenue à une telle connaissance universelle ? Vous êtes scientifique, sans doute ? Si c’est le cas, entendons-nous bien. Mon domaine est celui du doute, de la croyance et de la foi. Pas celui de la certitude, de la vérité et du savoir.<br><strong>Elle</strong> – C’est là où ça va vous surprendre. Je ne suis absolument pas scientifique. D’ailleurs, j’ai toujours été nulle en maths. Mais depuis que je suis toute petite, je me pose des questions sur tout ça. Pas vous ?<br><strong>Lui</strong> – Si… À ma façon…<br><strong>Elle</strong> – Et vous aussi, à votre façon, vous pensez avoir trouvé la vérité.<br><strong>Lui</strong> – Parlons plutôt de ce qui vous amène…<br><strong>Elle</strong> – Bien entendu, assez vite, j’ai compris que je ne trouverai jamais les réponses aux questions que tout le monde se pose sans aucun résultat depuis des millénaires.<br><strong>Lui</strong> – Et…?<br><strong>Elle</strong> – Et pourtant, alors que je n’y croyais plus, la nuit dernière, tout s’est éclairé d’un coup.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – Je dormais à poing fermés. Je me suis réveillée en sueur. Et la solution m’est apparue comme un flash.<br><strong>Lui</strong> – Ne me dites pas que vous avez eu une apparition miraculeuse… Que vous avez vu la vierge…<br><strong>Elle</strong> – Non, bien sûr. Et d’ailleurs, pour ce qui est du secret de l’univers, autant vous dire tout de suite que Dieu n’a pas grand chose à voir là-dedans. C’est aussi pour ça que je voulais vous prévenir en premier. Pour que vous puissiez en parler avec… votre patron.<br><strong>Lui</strong> – C’est très aimable de votre part mais… par curiosité, pourriez-vous me dire en gros ce que vous pensez avoir découvert ?<br><strong>Elle</strong> – Vous allez voir, en fait, c’est d’une simplicité…<br><strong>Lui</strong> – Biblique ?<br><strong>Elle</strong> – Je m’attendais bien sûr à un truc extrêmement compliqué. Puisque les scientifiques d’un côté, et les philosophes de l’autre, n’ont jamais réussi à trouver le début du commencement de la moindre explication.<br><strong>Lui</strong> – Et ?<br><strong>Elle</strong> – Eh bien finalement non… C’est très simple. Même si évidemment, c’est tout à fait étonnant. Sinon vous pensez bien que quelqu’un y aurait déjà pensé avant moi…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avoue que vous avez piqué ma curiosité. Je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Comme cette explication m’est apparue en rêve, je me suis empressée de noter tout ça sur un papier. Ça a beau être simple. Les rêves, vous savez ce que c’est… Le plus souvent, à peine réveillé, on les oublie.<br><strong>Lui</strong> – Alors je vous prie de ne pas me faire attendre davantage. D’autant que j’ai encore plusieurs paroissiens à prendre en confession après vous…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien voilà…<br><strong>Lui</strong> – Oui ?<br><strong>Elle</strong> – Attendez, je vous dis ça tout de suite…<br><strong>Lui</strong> – J’attends.<br><em>Elle cherche en vain dans son sac le papier en question.</em><br><strong>Elle</strong> – Et merde !<br><strong>Lui</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ce que j’ai fichu de ce papier. J’étais pourtant sûre de l’avoir mis dans mon sac…<br><strong>Lui</strong> – Mais vous vous souvenez sans doute de quoi il retourne ? En gros, en tout cas…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien je vous dis… C’est comme les rêves… C’est parfaitement clair quand on dort. Tout paraît simple et évident mais…<br><strong>Lui</strong> – Oui ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, ce n’est pas possible… Je l’ai sur le bout de la langue…<br><strong>Lui</strong> – Je vois…<br><strong>Elle</strong> – Oh, non, c’est trop bête… Le secret de l’univers ! Je l’avais, là… et… ça m’est sorti de l’esprit.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – Non mais attendez, ça va sûrement me revenir… Ça avait un rapport avec… Oh merde, je ne sais plus…<br><strong>Lui</strong> – Bien… Et sinon, vous n’avez rien d’autre à me confesser ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas, je vais vous demander de partir. Parmi mes paroissiens, d’autres plus malheureux que vous attendent le réconfort de la religion.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, excusez-moi. Mais je vais y repenser, et si ça me revient…<br><strong>Lui</strong> – Voilà, repensez-y, et revenez me voir si ça vous revient, d’accord ?<br><strong>Elle</strong> – Merci. Je vous dois combien, Docteur ?<br><strong>Lui</strong> – Vous pouvez toujours laisser une offrande dans le tronc en sortant.<br><strong>Elle</strong> – Ça va me revenir, j’en suis sûre… Et puis je vais peut-être retrouver ce fichu papier… C’est moins gros qu’une Bible, évidemment, mais bon… Ça tenait en une phrase.<br><strong>Lui</strong> – En une phrase ?<br><strong>Elle</strong> – Malheureusement, je l’ai oubliée…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Vaguement</title>
		<link>https://sketchotheque.net/vaguement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 16:12:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Tsunami]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vaguement, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont debout l’un à côté de l’autre, et ils échangent un regard tendre.<br></em><strong>Lui</strong> – Ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va. (<em>Un temps</em>) On est morts, non ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… La dernière chose dont je me souviens, c’est une vague de trente mètres de haut s’apprêtant à déferler sur la piscine au bord de laquelle on venait de s’allonger pour faire une sieste.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Pas toi ?<br><strong>Elle</strong> – Si.<br><strong>Lui</strong> – Donc, on est morts.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est que cette vague nous a entraînés tous les deux à des kilomètres de là, pour nous déposer délicatement, sans nous réveiller, au bord de la piscine d’un autre hôtel…<br><strong>Lui</strong> – Qui s’appellerait aussi le Paradise Hotel.<br><strong>Elle</strong> – Absolument indemnes et même pas mouillés.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas le plus probable, non ?<br><strong>Elle</strong> – Alors c’est qu’on est morts.<br><strong>Lui</strong> – Enfin morts…<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. Je ne vois pas trop la différence avec quand on était vivants.<br><strong>Lui</strong> – Sauf que dans ce monde-ci, apparemment, on n’est pas encore mariés.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Lui</strong> – On n’a pas d’alliances.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois qu’on n’a pas encore d’enfants non plus ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, je ne vois pas leurs serviettes au bord de la piscine.<br><strong>Elle</strong> – Ni leurs bouées.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Peut-être qu’on ne s’est même pas encore rencontrés…<br><strong>Elle</strong> – Tu veux dire… qu’on ne se connaît pas ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. On se connaît ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne crois pas.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ce serait ça ce qu’on appelle la mort.<br><strong>Elle</strong> – Un monde parallèle dans lequel l’heure de notre mort n’a pas encore sonné.<br><strong>Lui</strong> – Un paradis sur lequel ce tsunami n’aurait pas encore déferlé.<br><strong>Elle</strong> – Pourtant on l’a bien vue, cette vague. Tous les deux.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – J’imagine que si ça marche comme ça, on n’est pas supposés se souvenir de notre ancienne vie ? Tu t’en souviens, toi ?<br><strong>Lui</strong> – Vaguement.<br><strong>Elle</strong> – Moi aussi. Je me souviens juste de cette vague… De toi et des enfants. Enfin surtout des enfants… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Surtout de la vague.<br><strong>Elle</strong> – Tout ça est vraiment très bizarre.<br><strong>Lui</strong> – Ça doit être un bug dans le système. On n’est pas supposés se souvenir de quoi que ce soit.<br><strong>Elle</strong> – Sinon, les gens sauraient qu’ils sont déjà morts.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’on doit leur dire ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’ils sont morts.<br><em>Elle regarde en direction du public.</em><br><strong>Elle</strong> – Regarde les… Ils ont l’air heureux… Ils ne nous croiraient pas…<br><strong>Lui</strong> – Ils nous prendraient pour des fous, et c’est nous qu’on enfermerait dans un asile.<br><strong>Elle</strong> – Il vaut mieux garder ça pour nous.<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison.<br><strong>Elle</strong> – Ce sera notre secret.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon, on y va ?<br><strong>Elle</strong> – Où ça ?<br><strong>Lui</strong> – Découvrir ce qu’il y a de différent dans ce monde parallèle, où aucun tsunami n’a submergé le Paradise Hotel…<br><strong>Elle</strong> – Et où on ne s’est pas encore rencontrés.<br><strong>Lui</strong> – Je suis curieux de voir ça.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Et en même temps, ça me fait un peu peur.<br><strong>Lui</strong> – Il faudrait déjà savoir dans quelle chambre on est.<br><strong>Elle</strong> – Puisqu’on ne se connaissait pas encore, on n’était sûrement pas dans la même chambre.<br><strong>Lui</strong> – On n’a qu’à demander à la réception.<br><strong>Elle</strong> – On va faire comme ça.<br><strong>Lui</strong> – Allons-y.<br><em>Ils commencent à s’en aller.</em><br><strong>Elle</strong> – C’était pourtant une belle journée, non ?<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Comment on aurait pu deviner…<br><strong>Lui</strong> – Qu’on allait se rencontrer aujourd’hui.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Les amis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-amis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:31:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1202</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les amis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont assis à une table, et prennent un café. Silence embarrassé.<br></em><strong>Fred</strong> – Je ne savais pas qu’il était malade… Enfin… malade du cœur, je veux dire.<br><strong>Max</strong> – Moi non plus.<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr. Sinon tu me l’aurais dit…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Max</strong> – Il n’en avait parlé à personne. Pas même à sa femme, apparemment.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne m’étonne pas. Vincent… il avait un tempérament de vainqueur. Tout lui réussissait.<br><strong>Max</strong> – Le plus gros salaire, la plus grosse voiture… La plus belle femme…<br><strong>Fred</strong> – Ce qu’il aimait, c’était qu’on l’admire. Il n’aurait pas supporté qu’on le plaigne.<br><strong>Max</strong> – Mais il est mort quand même.<br><strong>Fred</strong> – On ne peut pas gagner à tous les coups.<br><strong>Max</strong> – Non… Je dirais même qu’à la fin, on est sûr de perdre. Tous. Même ceux qui ont… un tempérament de vainqueur.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Et toi, ça va ?<br><strong>Max</strong> – Ça va.<br><strong>Fred</strong> – Alors tu n’as pas quitté la région.<br><strong>Max</strong> – Non. Je n’ai même pas quitté le lycée, tu vois. Puisque j’y suis devenu prof. J’y resterai sans doute jusqu’à l’âge de la retraite. Je ne dois pas avoir un tempérament de vainqueur, comme tu dis.<br><strong>Fred</strong> – Je parlais de Vincent. Toujours aussi susceptible…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Max</strong> – Et toi ?<br><strong>Fred</strong> – Ça va.<br><strong>Max</strong> – Toujours dans l’immobilier ?<br><strong>Fred</strong> – Toujours. Mais j’ai pas mal voyagé.<br><strong>Max</strong> – Aux États-Unis ?<br><strong>Fred</strong> – Aux États-Unis. En Asie. Maintenant j’habite dans le Sud.<br><strong>Max</strong> – Le Sud de la France…?<br><strong>Fred</strong> – Lyon.<br><strong>Max</strong> – Marié ?<br><strong>Fred</strong> – Marié. Et divorcé. Et toi ?<br><strong>Max</strong> – Divorcé. Et remarié.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Ça fait combien de temps qu’on ne s’est pas vus ?<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas… Longtemps.<br><strong>Fred</strong> – C’est dommage.<br><strong>Max</strong> – Mmm…<br><strong>Fred</strong> – On était très proches, pourtant. On était amis.<br><strong>Max</strong> – Oui.<br><strong>Fred</strong> – On l’est encore, non ?<br><strong>Max</strong> – Bien sûr…<br><strong>Fred</strong> – Mais on ne se voit plus.<br><strong>Max</strong> – Tu l’as dit, tu habites dans le Sud.<br><strong>Fred</strong> – Lyon, ce n’est pas le bout du monde.<br><strong>Max</strong> – Non. Ce n’est même pas vraiment le Sud.<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas. Ça commence où, le Sud ?<br><strong>Max</strong> – Exactement, je ne sais pas. Je dirais Montélimar.<br><strong>Fred</strong> – Pourtant Lyon, ce n’est pas le Nord. Ce n’est pas le Centre, non plus. L’Est ?<br><strong>Max</strong> – Pas vraiment.<br><strong>Fred</strong> – Pas l’Ouest, en tout cas.<br><strong>Max</strong> – Lyon est un défi lancé à tous les géographes dont je suis. Ce n’est pas une localisation, c’est une destination. La preuve, la Gare de Lyon est à Paris.<br><strong>Fred</strong> – Tu as raison. Lyon est au milieu de nulle part. On y arrive par l’autoroute, et on la traverse par un tunnel. C’est sûrement pour ça que j’y habite. J’ai toujours eu du mal à me fixer quelque part…<br><strong>Max</strong> – Moi je n’ai jamais réussi à bouger, tu vois. C’est sûrement pour ça que je suis devenu prof de géo. Pour voyager sans bouger de chez moi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Le 13 avril 2010.<br><strong>Max</strong> – Pardon ?<br><strong>Fred</strong> – La dernière fois qu’on s’est vus, c’était le 13 avril 2010.<br><strong>Max</strong> – Quelle mémoire…<br><strong>Fred</strong> – C’était l’anniversaire de Vincent. Il avait organisé une grosse fête dans sa maison de campagne en Normandie.<br><strong>Max</strong> – Ah oui, peut-être. En tout cas, ce n’était pas à son mariage. Tu n’étais pas là.<br><strong>Fred</strong> – J’étais loin… À San Francisco, je crois. Je n’ai pas pu faire le voyage… C’est un reproche ?<br><strong>Max</strong> – Non. Une constatation.<br><strong>Fred</strong> – Je n’ai jamais trop aimé les cérémonies.<br><strong>Max</strong> – Tu es quand même venu à son enterrement.<br><strong>Fred</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Qu’est-ce qui s’est passé ce soir-là, pour qu’on ne se soit jamais revu après ?<br><strong>Max</strong> – On se revoit aujourd’hui.<br><strong>Fred</strong> – Oui… Plus de dix ans après. Et il a fallu que Vincent meurt…<br><strong>Max</strong> – On ne se voyait déjà plus beaucoup avant cette fête en Normandie, non ? C’est la vie. On a pris des directions différentes. Et nos chemins ne se sont plus croisés…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors tu ne m’as jamais pardonné ?<br><strong>Max</strong> – Pardonné quoi ?<br><strong>Fred</strong> – Tu le sais très bien.<br><strong>Max</strong> – Je t’assure que non.<br><strong>Fred</strong> – Et tu ne me pardonneras jamais.<br><strong>Max</strong> – Mais quoi ?<br><strong>Fred</strong> – D’être sorti avec Cécile ! Le jour de l’anniversaire de Vincent.<br><strong>Max</strong> – Pourquoi je t’en voudrais ?<br><strong>Fred</strong> – Parce que tu étais amoureux d’elle, j’imagine.<br><strong>Max</strong> – N’importe quoi.<br><strong>Fred</strong> – Tu n’étais pas amoureux d’elle ?<br><strong>Max</strong> – Si peut-être un peu…<br><strong>Fred</strong> – Tu avais toujours été amoureux d’elle. Moi j’arrive ce soir-là, je ne l’avais pas vue depuis… et elle me tombe dans les bras.<br><strong>Max</strong> – Je ne sortais pas avec elle. Ce n’est pas comme si elle m’avait trompé avec mon meilleur ami.<br><strong>Fred</strong> – Donc tu t’en souviens. Et tu m’en as voulu.<br><strong>Max</strong> – Oui.<br><strong>Fred</strong> – C’est elle qui est venue vers moi.<br><strong>Max</strong> – Bien sûr. Et tu t’es laissé faire, comme d’habitude.<br><strong>Fred</strong> – Je ne l’ai jamais revue après. Et elle n’a pas cherché à me revoir<br><strong>Max</strong> – Pourquoi tu me racontes ça ? C’est moins grave si c’est un coup d’un soir, c’est ça ?<br><strong>Fred</strong> – Finalement, quelques mois après, c’est avec Vincent qu’elle sortait. Et tu ne lui en as jamais voulu, à lui.<br><strong>Max</strong> – Lui, il s’est marié avec elle.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Tu continuais à les voir ?<br><strong>Max</strong> – Oui. De temps en temps. La ville n’est pas bien grande, tu sais.<br><strong>Fred</strong> – Mais nous, on ne se voit plus.<br><strong>Max</strong> – C’est compliqué de rester ami avec quelqu’un qui habite à cinq cents bornes de chez toi, mais c’est encore plus compliqué de rester fâché avec un pote qui habite juste en face.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors c’est moi le méchant, c’est ça ?<br><strong>Max</strong> – Je n’ai pas dit ça.<br><strong>Fred</strong> – Tu viendras à mon enterrement, au moins ?<br><strong>Max</strong> – Tu dis n’importe quoi. Et puis je mourrai peut-être avant toi.<br><strong>Fred</strong> – J’étais bourré, ce soir-là. Comme tout le monde. C’est elle qui est venue me chercher. Je me suis laissé faire, comme tu dis. Elle avait envie de se faire un mec. Je ne sais pas pourquoi, c’est moi qu’elle a choisi.<br><strong>Max</strong> – Parce qu’elle savait que pour toi, ça n’avait pas d’importance, probablement. Que tu ne chercherais même pas à la revoir après.<br><strong>Fred</strong> – Sûrement, oui.<br><strong>Max</strong> – C’est sans doute pour ça que toutes les filles te tombent dans les bras.<br><strong>Fred</strong> – Oui. Et que je ne peux en garder aucune.<br><strong>Max</strong> – C’est vrai, j’étais jaloux. Jaloux de ton succès. Moi je suis celui avec qui on pourrait se marier. Du coup je leur fais peur. J’enviais ta légèreté…<br><strong>Fred</strong> – Et moi j’enviais ta rigueur.<br><strong>Max</strong> – Tu veux dire ma rigidité, j’imagine.<br><strong>Fred</strong> – Je pensais que toi, tu ferais quelque chose de ta vie. Je veux dire quelque chose qui a du sens.<br><strong>Max</strong> – Mais finalement, on n’aura rien fait d’important, tu vois. Ni les uns ni les autres.<br><strong>Fred</strong> – En tout cas, aucun de nous trois ne sera devenu une star du rock, comme on en rêvait tous à l’époque, quand on écumait ensemble les salles des fêtes de la région avec ce groupe…<br><strong>Max</strong> – Les Rebelles…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors c’est ça… C’est à cause de Cécile…<br><strong>Max</strong> – Non.<br><strong>Fred</strong> – Ne me dis pas que c’est à cause de ce dernier concert qu’on a fait ensemble ? Et que j’ai complètement foiré parce qu’il manquait une corde à ma guitare…<br><strong>Max</strong> – Tu crois vraiment que c’est à cause d’une fille, Fred ? Ou d’une histoire de corde cassée ? Qu’il suffirait que je te pardonne pour qu’on soit de nouveau amis, comme on l’était il y a des années ?<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Max</strong> – C’est vrai, si tu avais assuré un peu plus pendant ce concert, on en aurait peut-être faits quelques-uns de plus. Mais je ne suis pas con. Je sais bien que ce groupe, ce n’était pas fait pour durer. On ne serait jamais devenus des musiciens professionnels. Alors quant à devenir célèbres…<br><strong>Fred</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Max</strong> – Tu ne comprends pas, Fred. On n’est pas fâchés. On s’est perdu de vue, c’est tout. Et dans un sens c’est bien plus grave. Loin des yeux loin du cœur, tu connais la formule ? On ne fait plus rien ensemble. On n’a plus rien à partager. C’est pour ça qu’on n’est plus vraiment amis. L’amitié, ça ne meurt pas un jour précis. Comme Vincent. On s’éloigne peu à peu. Et on ne se revoit pas, parce que quand on se revoit, ça nous rappelle notre jeunesse. Toutes les promesses qu’on s’était faites entre nous, toutes les promesses qu’on s’était faites à nous-mêmes, et qu’on n’a pas tenues.<br><strong>Fred</strong> – Alors c’est quoi, l’amitié, à ton avis ?<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas… C’est quand l’opinion de quelqu’un compte pour toi. Quand on se marre ensemble. Quand on a des projets en commun. C’est quoi, nos projets ? De prendre un autre café ensemble dans un an ou dans dix ans, à l’occasion d’un autre enterrement ? On n’a plus de rêves en commun, Fred. Et je ne suis pas sûr d’en avoir encore, des rêves. Quand on se voit, on ne parle que du bon vieux temps. C’est pour ça qu’on ne se voit plus. Parce que ça me déprime. Pas toi ?<br><strong>Fred</strong> – Excuse-moi…<br><strong>Max</strong> – De quoi ?<br><strong>Fred</strong> – De ne pas avoir été là. D’avoir déserté. Déserté notre amitié.<br><strong>Max</strong> – Tu n’y es pour rien. Moi non plus. C’est la vie. Quels projets on pourrait bien avoir encore ensemble ?<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Max</strong> – À l’époque on rêvait d’aller enregistrer un disque en Angleterre. De faire un concert au Golf Drouot.<br><strong>Fred</strong> – Dans ce cas, moi j’ai réalisé mon rêve. J’y joue tous les samedis, au golf. Avec mes collègues de travail.<br><strong>Max</strong> – Désolé, je ne sais pas jouer au golf, et je ne suis pas sûr d’avoir envie de m’y mettre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – De toute façon, le Golf Drouot, même à notre époque, ça n’existait déjà plus.<br><strong>Max</strong> – Eh ben tu vois, même à l’époque, on était déjà has been.<br><strong>Fred</strong> – On pourrait se mettre à la randonnée… Avec des bâtons de ski, tu sais ? C’est plus de notre âge que le rock, non ?<br><strong>Max</strong> – Tu habites à Lyon, moi en banlieue parisienne.<br><strong>Fred</strong> – On pourrait randonner du côté de Dijon. Faire chacun la moitié du chemin. Maintenant, avec le TGV…<br><strong>Max</strong> – Même quand on habitait encore à deux rues l’un de l’autre, on s’était déjà éloignés. Et quand tu es parti… Je ne te le reproche pas, évidemment. Tu avais de nouvelles choses à vivre. Moi aussi, d’ailleurs. Ce n’était pas les mêmes…<br><strong>Fred</strong> – Et puis il fallait bien trouver un vrai métier pour gagner sa vie. On ne peut pas rester éternellement bloqués sur des rêves impossibles à réaliser. Tu as raison. On se doutait bien, même à l’époque, qu’on ne deviendrait jamais des stars…<br><strong>Max</strong> – En tout cas, maintenant, on en est sûrs.<br><strong>Fred</strong> – Et c’est pour ça, à ton avis, qu’on n’est plus amis ? Parce qu’on n’a pas pu réaliser nos rêves d’ados.<br><strong>Max</strong> – Non. Pas seulement pour ça. Des rêves, on aurait pu en trouver d’autres. On aurait même pu rire ensemble de nos échecs.<br><strong>Fred</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Max</strong> – Quand on était vraiment amis, on se voyait tous les jours, on a même habité ensemble pendant quelque temps, on partait en vacances ensemble.<br><strong>Fred</strong> – On dirait que tu parles d’un vieux couple.<br><strong>Max</strong> – C’était un peu ça, non ? Le sexe en moins. Rassure-toi, ça ne m’a jamais tenté. Mais oui. L’amour, l’amitié… C’est un peu pareil. Et ça supporte mal le réchauffé.<br><strong>Fred</strong> – Et puis tu t’es marié. Moi aussi…<br><strong>Max</strong> – Nos femmes sont devenues nos meilleures amies. Le sexe en plus. Et même après nous avoir quittés, nos femmes restent souvent nos amies les plus fidèles. On était amis parce qu’on n’avait pas de femme, Fred. L’amitié, c’est un truc de célibataires.<br><strong>Fred</strong> – Donc on ne se reverra plus.<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas. Parfois c’est encore plus triste de se voir que de ne pas se voir.<br><strong>Fred</strong> – Et tu n’as plus d’amis ?<br><strong>Max</strong> – Partager un barbecue une fois par mois, et une location de vacances une fois par an, est-ce que c’est vraiment être amis.<br>Fred – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Max</strong> – Je n’ai pas dit que c’était de ta faute. Je voudrais seulement arriver à faire la paix avec moi-même, tu comprends ? Le moi-même avec qui autrefois tu étais ami.<br><strong>Fred</strong> – Et si on remontait un groupe de rock ?<br><strong>Max</strong> – Ce serait pathétique…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Tu es sûr que tout ça a vraiment existé ?<br><strong>Max</strong> – Quoi ?<br><strong>Fred</strong> – Ce que tu décris, là. Notre amitié, telle que tu en parlais tout à l’heure.<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas. Non ?<br><strong>Fred</strong> – On était sans arrêt jaloux l’un de l’autre. On était prêts à toutes les trahisons juste pour être sur le devant de la scène, juste pour avoir une fille, quitte à la piquer à son meilleur copain. En fait, on se détestait.<br><strong>Max</strong> – Oui… Mais on se marrait bien. Et au moins on était vivants. Depuis combien de temps tu ne t’es pas vraiment marré ?<br><strong>Fred</strong> – Depuis longtemps, je crois. Aussi longtemps que toi, j’imagine.<br><strong>Max</strong> – Voilà. On ne se marre plus ensemble. Et je ne suis pas sûr qu’on se marre beaucoup en général. Ce qui s’appelle se marrer, tu vois ? À en attraper mal au ventre. Tu te souviens de nos rigolades ? Finalement, c’est peut-être ça, l’amitié. C’est ça notre paradis perdu. Le rire…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Je vais revenir vivre à Paris.<br><strong>Max</strong> – Pas à cause de notre discussion, quand même ?<br><strong>Fred</strong> – J’y pensais depuis quelque temps déjà. Parce que Lyon, entre nous…<br><strong>Max</strong> – C’est toi qui vois…<br><strong>Fred</strong> – On pourra toujours faire de la rando dans le Bois de Vincennes…<br><strong>Max</strong> – C’est vrai que c’est tentant. Je vais y réfléchir.<br><strong>Fred</strong> – Il va falloir que j’y aille. Mon train est dans un quart d’heure.<br><strong>Max</strong> – OK. Tu as mon numéro.<br><em>Ils se lèvent, hésitent, et se font une chaleureuse accolade. Fred s’apprête à partir.</em><br><strong>Fred</strong> – Sinon, pour mon déménagement… je pourrai compter sur toi ?<br><strong>Max</strong> – Les amis, c’est fait pour ça, non ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Urgence</title>
		<link>https://sketchotheque.net/urgence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:16:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1200</guid>

					<description><![CDATA[<p>Urgence, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Vincent est là. Il n’a pas l’air bien. Cécile arrive, un peu affolée.<br></em><strong>Cécile</strong> – Ça y est, j’ai réussi à les avoir.<br><strong>Vincent</strong> – Alors ?<br><strong>Cécile</strong> – Ils envoient une ambulance. Ça va ?<br><strong>Vincent</strong> – Je ne sens plus mon bras…<br><strong>Cécile</strong> – Ça va aller. Ils seront là dans quelques minutes. Enfin j’espère…<br><strong>Vincent</strong> – Un infarctus, à mon âge… Décidément… Il n’y a que pour ça que j’aurais été précoce…<br><strong>Cécile</strong> – Ne dis pas de bêtise. Et puis ce n’est peut-être pas une crise cardiaque. Mais bon, il vaut mieux ne pas prendre de risque.<br><strong>Vincent</strong> – Je suis vraiment désolé pour toi… Devenir veuve le jour de son anniversaire de mariage, ce serait vraiment un comble…<br><strong>Cécile</strong> – Ne plaisante pas avec ça. On va tout faire pour que tu t’en sortes.<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr… (<em>Un temps</em>) Mais si par malheur je ne m’en sortais pas, il faut que je te dise quelque chose.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’en prie. Je sais mieux que toi où sont tous les papiers, c’est moi qui les range. Si tu te reposais, plutôt.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne parlais pas des papiers, mais… le temps que l’ambulance arrive, on peut parler, non ?<br><strong>Cécile</strong> – Bien sûr… Mais si c’est pour m’avouer que tu m’as trompé avec ma meilleure amie, réfléchis bien. Si tu sors de l’hôpital dans deux heures, demain tu pourrais regretter de m’avoir fait ce genre de confidences…<br><strong>Vincent</strong> – Je ne t’ai jamais trompée, Cécile.<br><strong>Cécile</strong> – Alors je t’écoute…<br><strong>Vincent</strong> – D’abord, il faut que tu saches que je t’aime.<br><strong>Cécile</strong> – Je le sais, Vincent. Tu me le dis tous les jours.<br><strong>Vincent</strong> – Et tu me réponds que tu m’aimes aussi.<br><strong>Cécile</strong> – Parce que c’est vrai.<br><strong>Vincent</strong> – Mais tu ne fais que me répondre… Tu ne me le dis jamais en premier.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’aime, Vincent. Comment tu peux en douter ?<br><strong>Vincent</strong> – Je sais, mais…<br><strong>Cécile</strong> – Quoi ?<br><strong>Vincent</strong> – Je me suis toujours demandé si j’étais vraiment l’homme de ta vie.<br><strong>Cécile</strong> – L’homme de ma vie ?<br><strong>Vincent</strong> – C’est un peu ridicule, mais… j’ai toujours pensé qu’au fond… tu étais encore amoureuse de Fred.<br><strong>Cécile</strong> – Fred ?<br><strong>Vincent</strong> – Le week-end où j’avais fêté mon anniversaire, en Normandie, tu étais sortie avec lui.<br><strong>Cécile</strong> – C’était il y a très longtemps, Vincent. Toi et moi, on ne sortait pas encore ensemble.<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr. Je ne te reproche pas de m’avoir trompé. D’ailleurs, je ne te reproche rien.<br><strong>Cécile</strong> – Je ne l’ai jamais revu après ce fameux week-end. Il n’est même pas venu à notre mariage. Comment tu peux dire ça ?<br><strong>Vincent</strong> – Justement. Peut-être que si tu l’avais revu…<br><strong>Cécile</strong> – Tu te fais du mal inutilement, Vincent… Tu crois vraiment que c’est le moment ?<br><strong>Vincent</strong> – Je n’ai jamais osé te parler de ça. Et je n’en aurai peut-être plus l’occasion.<br><strong>Cécile</strong> – Mon histoire avec Fred, ça n’a duré qu’une soirée. J’avais un peu bu. C’est une histoire sans importance. J’ai connu quelques hommes avant toi, tu sais ?<br><strong>Vincent</strong> – Mais Fred, c’était mon meilleur ami.<br><strong>Cécile</strong> – Dis-moi plutôt comment tu te sens ?<br><strong>Vincent</strong> – Mal.<br><strong>Cécile</strong> – Il me semble entendre l’ambulance.<br><strong>Vincent</strong> – C’est une sirène de police. Les ambulances ne font pas ce bruit-là.<br><strong>Cécile</strong> – Ils ne vont plus tarder, maintenant…<br><strong>Vincent</strong> – Alors ?<br><strong>Cécile</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Vincent</strong> – J’étais là aussi, ce soir-là. Je t’ai fait la cour. Mais c’est avec Fred que tu es sortie.<br><strong>Cécile</strong> – Oui.<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Cécile</strong> – Fred partait le lendemain aux États-Unis. Il quittait la France pour longtemps. Pour toujours peut-être.<br><strong>Vincent</strong> – Et c’est pour ça que tu es sortie avec lui.<br><strong>Cécile</strong> – Je savais que je ne le reverrai pas. Avant longtemps en tout cas. Oui, j’étais peut-être amoureuse de lui. Mais je ne l’aimais pas. C’est toi que j’aime. Et c’est toi que j’ai épousé.<br><strong>Vincent</strong> – J’aurais aimé que tu sois amoureuse de moi à l’époque.<br><strong>Cécile</strong> – Je le suis aujourd’hui. Et je ne te laisserai pas partir.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne partirai pas, je te le promets.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’ai choisi Vincent. Est-ce qu’on aurait pu vivre une autre vie, toi ou moi ? Je ne crois pas. Tous les rêves d’adolescents ne sont pas faits pour devenir des réalités.<br><strong>Vincent</strong> – Mon rêve, c’était toi. Et tu l’as réalisé.<br><em>Moment d’émotion.</em><br><strong>Cécile</strong> – À mon tour de te poser une question. J’ai besoin de savoir.<br><strong>Vincent</strong> – Oui…<br><strong>Cécile</strong> – Tu savais que tu étais malade du cœur ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Vincent</strong> – Oui.<br><strong>Cécile</strong> – Mais tu ne m’en as pas parlé…<br><strong>Vincent</strong> – Tu m’aurais épousé si tu l’avais su ?<br><strong>Cécile</strong> – C’est une drôle de question.<br><strong>Vincent</strong> – Pardon… J’avais peur que… Je ne voulais pas que tu me vois comme ça.<br><strong>Cécile</strong> – Comme ça ?<br><strong>Vincent</strong> – Je ne voulais pas que tu aies pitié de moi.<br><em>Elle lui serre la main.</em><br><strong>Cécile</strong> – J’entends encore une sirène.<br><strong>Vincent</strong> – Cette fois c’est bien une ambulance.<br><strong>Cécile</strong> – Je vais leur ouvrir. Ça va aller, je te le promets…<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr… Ça va aller…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Départ</title>
		<link>https://sketchotheque.net/depart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:38:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Départ, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Vincent et Fred sont assis à une table et prennent un café.</em><br><strong>Vincent</strong> – Génial… Et donc tu pars dans trois semaines ?<br><strong>Fred</strong> – Le premier mai, oui. Le jour de la fête du travail, moi je me barre en vacances pour un an. Ou plus, on verra bien…<br><strong>Vincent</strong> – Ce ne sera pas tout à fait des vacances, si ?<br><strong>Fred</strong> – Quand j’aurai besoin de fric, je travaillerai un peu comme cuistot ou comme serveur. C’est très facile, là-bas. Il y a du boulot pour tout le monde. Et les Français sont très appréciés. Surtout dans la restauration. Sans parler des gonzesses, évidemment…<br><strong>Vincent</strong> – Le mythe du French lover… Petit veinard… Tu vas t’éclater.<br><strong>Fred</strong> – Tu n’as qu’à venir avec moi.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne peux pas, malheureusement. Je commence mon année de stage en septembre dans une banque à Paris. Et si je ne veux pas me taper trois heures de transport par jour, il faut que je bosse cet été pour me payer une chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais.<br><strong>Vincent</strong> – C’est nettement moins glamour.<br><strong>Fred</strong> – C’est sûr…<br><strong>Vincent</strong> – Tu en as parlé à Max ?<br><strong>Fred</strong> – Ouais. Je l’ai vu hier.<br><strong>Vincent</strong> – Ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Tu le connais… Avec Max, ça ne va jamais vraiment.<br><strong>Vincent</strong> – Il passe son CAPES dans deux mois, il est un peu sur les nerfs.<br><strong>Fred</strong> – On ne se voit presque plus.<br><strong>Vincent</strong> – Il bosse beaucoup, je crois.<br><strong>Fred</strong> – Ou alors il m’en veut. Je ne sais pas pourquoi.<br><strong>Vincent</strong> – Je crois qu’il nous en veut à tous les deux d’avoir arrêté le groupe. Et maintenant, toi tu t’en vas. Alors Les Rebelles, c’est fini ?<br><strong>Fred</strong> – C’était déjà fini, non ?<br><strong>Vincent</strong> – Il faut se rendre à l’évidence, on ne serait jamais devenus des stars.<br><strong>Fred</strong> – Pas des stars du rock, en tout cas…<br><strong>Vincent</strong> – De toute façon, j’ai revendu ma batterie pour payer la caution de ma chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Et moi ma guitare pour acheter mon billet d’avion.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles, quel nom à la con. Je ne sais plus qui avait trouvé ça à l’époque.<br><strong>Fred</strong> – C’est moi.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, c’est vrai…<br><strong>Fred</strong> – Quand j’étais interne au lycée, dans ma boîte de curés, c’était une vraie prison. On ne pouvait franchir les grilles de l’école que le week-end. Et encore, si on n’était pas collés. Et évidemment, ce n’était pas mixte.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Oh putain…<br><strong>Fred</strong> – Tu imagines un peu ? À l’âge où on ne pensait qu’à se débarrasser de notre pucelage, toute la semaine entre mecs, de jour comme de nuit. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas devenir homo.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Et tu n’as pas essayé de t’évader ?<br><strong>Fred</strong> – Un jour, j’ai organisé une grève pour protester contre nos conditions de détention. Tout le monde avait l’air partant. Mais au final, sur quatre cents élèves, on n’était que trois à refuser de rentrer en classe.<br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles…<br><strong>Fred</strong> – Il y avait un type dans ma classe qui se disait communiste. Le genre très bon élève, tu vois, mais très engagé politiquement. Je lui ai demandé pourquoi il refusait de participer à notre mouvement de protestation. Tu sais ce qu’il m’a répondu ?<br><strong>Vincent</strong> – Non.<br><strong>Fred</strong> – Il m’a dit : C’est une rébellion, pas une révolution…<br><strong>Vincent</strong> – Ah ouais…<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas où il en est aujourd’hui avec sa révolution. Moi j’essaie de rester un rebelle.<br><strong>Vincent</strong> – Et comment ça s’est terminé votre rébellion ?<br><strong>Fred</strong> – J’espérais me faire virer, mais non. Même pas. On s’est fait coller pendant quatre week-ends de suite.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, je m’en souviens. On ne t’avait pas vu pendant un bon bout de temps.<br><strong>Fred</strong> – Je me suis juré qu’après le bac, je ne laisserai plus personne m’enfermer quelque part. Et surtout pas dans un bureau…<br><strong>Vincent</strong> – Ouais.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne te fait pas flipper, toi, la perspective de finir ta vie dans une banque ?<br><strong>Vincent</strong> – Qu’est-ce que tu veux… Je ne suis pas aussi beau que toi, moi. Si je veux trouver des gonzesses, je ne peux pas compter que sur mon physique. Alors il faut que je me fasse un max de fric…<br><strong>Fred</strong> – Je vais en profiter pendant que je suis encore jeune et beau, alors… Après… je miserai tout sur l’humour.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu viendras quand même en Normandie pour mon anniversaire ? C’est dans quinze jours.<br><strong>Fred</strong> – Évidemment.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Nickel.<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que tu voulais, non ? Partir d’ici. Découvrir le monde.<br><strong>Fred</strong> – Ouais… Dans trois semaines, à moi l’Amérique ! Je vous enverrai des cartes postales, c’est promis.<br><strong>Vincent</strong> – Et puis on se reverra.<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr…<br><em>Ils échangent un regard qui en dit long.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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