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	<title>Archives des Peinture - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Peinture - La Sketchothèque</title>
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		<title>Tiens, voilà du Boudin !</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tiens-voila-du-boudin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 12:37:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Musée]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tiens, voilà du Boudin, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple, admirant contre un mur invisible quelque chose qu’on ne voit pas.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est Bonnard, hein ?<br><strong>Elle</strong> – Non, c’est…<br><em>Elle s’approche et, se penchant, lit le nom du peintre sous le tableau.</em><br><strong>Elle</strong> – Picasso.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><em>Ils admirent longuement le tableau, puis passent à un autre.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>joueuse</em>) – Tu essaies de deviner ?<br><strong>Lui</strong> – Si tu veux…<br><em>Il regarde le tableau attentivement.</em><br><strong>Lui</strong> – Miró ?<br><strong>Elle</strong> – C’est toi qui deviens miro. Faudrait penser au double foyer…<br><strong>Lui</strong> – Milo ?<br><strong>Elle</strong> – Milo ! Tu veux dire Millet ?<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui ! Je confonds toujours. L’Angélus de Millet, et la Vénus de Milo.<br><em>Ils passent à un autre tableau.</em><br><strong>Lui</strong> – À toi !<br><em>Elle regarde avec attention.</em><br><strong>Elle</strong> – Manet… ?<br><em>Il regarde le nom sous le tableau.</em><br><strong>Lui</strong> (<em>corrigeant</em>) – Monet !<br><strong>Elle</strong> – Oh…! C’est un peu pareil, non ?<br><em>Ils passent à un autre tableau.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>très sérieusement</em>) – Tiens, voilà du Boudin…<br><em>Il la regarde, interloqué, puis ils regardent tous les deux le tableau.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bien, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, c’est…<br><strong>Elle</strong> – C’est du Boudin.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> (<em>pensive</em>) – Je me demande toujours…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Si je ne savais pas que c’était du Boudin, est-ce que je trouverais ça aussi bon.<br><em>Il la regarde sans comprendre.</em><br><strong>Elle</strong> – Si j’ignorais que ces tableaux valent des milliards ! Franchement, imagine que tu n’aies jamais entendu parler de La Joconde. Tu tombes dessus dans une brocante. À vendre. Cinq cents balles. Est-ce que tu peux affirmer, sincèrement, que tu l’accrocherais au-dessus de ta cheminée ? Cette gourde avec son sourire idiot ?<br><em>Il réfléchit.</em><br><strong>Lui</strong> – On n’a pas de cheminée, de toute façon…<br><strong>Elle</strong> – Non, il faut être honnête, on a beau avoir visité des dizaines de musées et des centaines d’expositions, est-ce qu’on ferait vraiment la différence entre une croûte et un chef-d’œuvre… ?<br><strong>Lui</strong> – On ne saura jamais. On ne voit que des chefs-d’œuvre, dans les musées. C’est un tort, d’ailleurs. Dans chaque musée, ils devraient réserver une salle pour exposer exclusivement des croûtes. Le principe du test placebo, tu vois ? Histoire de vérifier si les autres tableaux sont vraiment beaux, ou si on les trouve beaux seulement parce qu’on nous a dit qu’ils l’étaient.<br><strong>Elle</strong> – Oh… De toute façon, les musées, c’est comme les églises, hein ? On y va surtout pour l’ambiance.<br><strong>Lui</strong> – On n’a pas besoin d’être croyant pour être pratiquant, heureusement… C’est comme pour l’amour…<br><em>Elle le regarde, pas sûre de bien comprendre.</em><br><strong>Lui</strong> – Non, je veux dire, c’est comme pour le mariage… Regarde-nous… On s’est bien mariés à l’église… Et pourtant on ne croit pas vraiment en Dieu…<br><em>Silence.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu te souviens de notre premier rendez-vous ? Tu m’avais emmenée au musée Picasso…<br><strong>Lui</strong> (<em>nostalgique</em>) – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – On était tellement émus… Ce n’est qu’à mi-parcours qu’on s’est rendu compte que c’était le musée Carnavalet…<br><strong>Lui</strong> – Eh oui… Ils sont tous les deux dans le Marais…<br><strong>Elle</strong> (<em>amusée</em>) – Je commençais à me demander pourquoi les préliminaires duraient si longtemps…<br><strong>Lui</strong> – Les préliminaires… ?<br><strong>Elle</strong> – Enfin, je veux dire, euh… Picasso… Sa première période…<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><em>Silence. Ils commencent à s’éloigner.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu as entendu parler de cet artiste qui peint sous la mer ?<br><em>Il ne comprend pas bien.</em><br><strong>Elle</strong> – Il a une combinaison d’homme-grenouille, il plante son chevalet sur les fonds marins et il peint des coraux.<br><strong><em>Lui</em></strong> – Des Corot ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Elle et Lui</a><br><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="629" height="379" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Elle et Lui" class="wp-image-493" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp 629w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil-300x181.webp 300w" sizes="(max-width: 629px) 100vw, 629px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contrechamp</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrechamp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrechamp, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception dʼun tableau dont on ne voit que le dos, appuyé contre le mur du fond. Le premier gendarme est là, examinant ses notes. Le deuxième gendarme arrive. Les deux gendarmes peuvent indifféremment être des hommes ou des femmes.<br></em><strong>Gendarme 2</strong> – Drôle de temps, pour un mois de juillet, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>(<em>la tête ailleurs</em>) – Oui… Un temps à se suicider…<br><em>Lʼautre lui lance un regard étonné.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – On est en plein jour et on a lʼimpression quʼil fait nuit…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un peu comme dans cette ténébreuse affaire. Tout a lʼair simple, mais rien nʼest clair.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Bon, alors, quʼest-ce qui sʼest passé, ici ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un suicide, apparemment. Un malheureux qui se serait tiré une balle dans le cœur.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et donc il est mort.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… mais pas sur le coup.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Tiens donc…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Il nʼétait que blessé. Il a eu le temps de regagner la mansarde quʼil louait dans cette auberge, et il nʼest mort que le lendemain. Cʼest-à-dire aujourdʼhui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez pu recueillir son témoignage ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je lui ai posé quelques questions, mais il était déjà plus ou moins inconscient. Ou alors il nʼavait pas envie de se confier à un gendarme.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous auriez dû vous faire passer pour un prêtre, et le recevoir en confession avant de lui accorder lʼextrême-onction. Je plaisante… Vous avez quand même réussi à en tirer quelque chose ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je lui ai demandé sʼil avait essayé de se suicider. Il mʼa répondu… « je le crois ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Je le crois ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je le crois.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest tout ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Non, il a ajouté : « nʼaccusez personne dʼautre ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest étrange, en effet. Mais bon. Il a confirmé quʼil sʼagissait dʼun suicide.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dans ce cas… on nʼa plus rien à faire ici.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je suppose que non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous nʼavez pas lʼair convaincu. Si ce pauvre type a dit quʼil sʼétait suicidé, nous nʼavons pas de raison de mettre sa parole en doute.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non, bien sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi aurait-il dit quʼil sʼétait suicidé si ce nʼétait pas le cas.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Pour protéger quelquʼun, peut-être…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous voulez dire… son assassin ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je ne sais pas. Mais je me méfie des apparences.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Là il ne sʼagit pas de simples apparences, mais dʼun aveu… Lʼaveu de la victime. Ou du coupable, si vous préférez. Il est tout de même très rare quʼun suicidé soit en mesure de confirmer quʼil est bien lʼauteur de son propre meurtre.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui, vous avez sans doute raison.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– On a retrouvé lʼarme du crime ? Enfin, je veux dire lʼarme qui aurait servi à…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Il sʼagirait dʼun revolver, quʼil aurait volé à quelquʼun. Une arme assez rudimentaire.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pas étonnant quʼil se soit raté.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest curieux… Vous savez quelles ont été ses dernières paroles ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Décidément, il était plutôt bavard, pour un suicidé… Et donc, quʼest-ce quʼil a dit ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – « Encore raté ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Encore raté ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest ce quʼil a dit à son frère, venu de Paris pour lʼaccompagner dans ses derniers instants. Jʼimagine quʼil voulait dire que dans sa vie, il avait vraiment tout raté. Même son suicide.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous dites quʼil est rentré à sa chambre après ce coup de feu. Alors où est-ce quʼil a eu lieu, ce présumé suicide ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Dans un champ.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Un champ ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Un champ de blé, oui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous pensez que ce détail pourrait avoir son importance ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel détail ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez dʼabord dit un champ. Puis vous avez précisé un champ de blé.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Ah oui… Euh, non… Jʼai dit ça comme ça.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dʼailleurs, comment savez-vous quʼil sʼagit dʼun champ de blé, et pas dʼun champ de patates, par exemple.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Vous allez voir…<br><em>Il retourne la toile, dont on ne voyait jusque là que le dos. Il sʼagit du Champ de blé aux corbeaux, dernier tableau de Vincent Van Gogh. Au choix du metteur en scène, le premier gendarme peut se contenter de montrer le tableau au deuxième, sans que le public puisse voir le côté peint de la toile.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Quʼest-ce que cʼest que cette horreur ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Son dernier tableau.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors ce vagabond peignait des tableaux ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… Il était connu comme peintre.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼétait pas un peintre connu ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Je veux dire quʼil était connu pour être peintre. Cʼétait son métier. Mais je ne pense pas que cʼétait un peintre connu. Sinon il nʼaurait pas fini ses jours dans une telle misère.<br><em>Lʼautre examine le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez raison, il sʼagit bien dʼun champ de blé. Vous avez noté dʼautres indices sur ce tableau qui pourraient nous aider dans notre enquête ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel genre dʼindices pourrait-on voir sur un tableau ?<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Je ne sais pas… Il aurait pu peindre son meurtrier. Tandis quʼil arrivait vers lui depuis lʼautre bout du champ.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Visiblement, il nʼa pas eu le temps.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Pourtant, il a eu le temps de peindre les corbeaux.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Il faudrait pouvoir interroger les corbeaux, alors. Ils ont sûrement tout vu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Il y a eu une autopsie ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest son médecin qui a examiné le corps.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Son médecin ? Je vois… Une autopsie à la bonne franquette, en quelque sorte. Et que dit ce légiste amateur ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Dʼaprès lui, cʼest bien le cœur qui a été visé, mais la balle a été déviée par une côte, et elle a terminé sa course dans l’abdomen. <br><strong>Gendarme 2</strong> – Un tir à bout portant ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest un médecin homéopathe, vous savez. Pas un expert en balistique. On ne peut rien conclure de définitif à partir de ses déclarations…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Une affaire assez ténébreuse, en effet. Aussi ténébreuse que le ciel quʼil a représenté sur ce tableau juste avant de recevoir cette balle.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À vrai dire, on nʼest même pas sûr que ce soit vraiment dans ce champ de blé que le drame a eu lieu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Aucun témoin direct, donc.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À part les corbeaux ? Non, pas de témoins. Seulement des rumeurs.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Quel genre de rumeurs ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Au sujet de deux garnements. Deux frères. Des fils de bonne famille qui passent leurs vacances ici. Ils auraient pris ce type comme souffre-douleur, et ils auraient pu le tuer accidentellement, en voulant récupérer l’arme qu’il leur avait volée.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Mais lui, il a affirmé sʼêtre suicidé. Pourquoi aurait-il cherché à innocenter ses bourreaux ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je ne sais pas… Par charité chrétienne, peut-être.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Ouais…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Alors quʼest-ce quʼon fait ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Si je résume, on a un clochard qui meurt dʼune balle dans la poitrine deux jours après lʼavoir reçue, on ne sait pas exactement où et quand. Et on ne sait pas non plus par qui et avec quelle arme cette balle a été tirée. Il pourrait donc sʼagir dʼun suicide, mais aussi dʼun meurtre ou dʼun accident.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui, cʼest à peu près ça.<br><em>Lʼautre réfléchit une seconde en examinant le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Le type qui a peint ça était quand même sacrément dépressif, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi ne pas valider lʼhypothèse du suicide, qui semble arranger tout le monde ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Et puis un artiste maudit qui se suicide, cʼest romantique. Ça aidera peut-être à construire sa légende.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Croyez-moi, dans une semaine, tout le monde aura oublié jusquʼau nom de ce vagabond. Il sʼappelait comment, dʼailleurs.<br><em>Lʼautre regarde sur un papier.</em><br><strong>Gendarme 1</strong> – Van Gogh.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Van Gogh ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Vincent Van Gogh. Il était hollandais.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Ce qui est sûr, cʼest quʼon ne verra jamais ses tableaux dans un musée.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Allez savoir…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous accrocheriez ça au dessus du buffet dans votre salle à manger, vous ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors allons-y. On a assez perdu de temps comme ça.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir corbeau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-corbeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Coiffeur]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
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		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
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		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Gauguin]]></category>
		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Picasso]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=930</guid>

					<description><![CDATA[<p>Noir corbeau, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.<br></em><strong>Vincent</strong> – Tu sais pourquoi Van Gogh s’est coupé l’oreille ?<br><strong>Paul</strong> – Qui ?<br><strong>Vincent</strong> – Van Gogh !<br><strong>Paul</strong> – Le peintre ?<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi? Tu connais un Van Gogh qui serait coiffeur, charcutier ou coureur cycliste ?<br><strong>Paul</strong> – Non…<br><strong>Vincent</strong> – Bizarre, quand même…<br><strong>Paul</strong> – Qu’il n’y ait aucun charcutier qui s’appelle Van Gogh ?<br><strong>Vincent</strong> – De se couper l’oreille !<br><strong>Paul</strong> – Pourquoi il a fait ça ?<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que je viens de te demander…<br><strong>Paul</strong> – Et comment je le saurais ?<br><strong>Vincent</strong> – Il paraît qu’il l’a offerte à Gauguin, emballée dans du papier journal.<br><strong>Paul</strong> – Il aurait mieux fait de l’offrir à Beethoven.<br><strong>Vincent</strong> – Beethoven n’était pas peintre.<br><strong>Paul</strong> – Non. Mais il était sourd. Tu n’as pas lu les pièces de Roland Dubillard ?<br><strong>Vincent</strong> – Non…<br><strong>Paul</strong> – Remarque, il n’a pas vendu une toile de son vivant.<br><strong>Vincent</strong> – S’il écrivait des pièces de théâtre.<br><strong>Paul</strong> – Van Gogh ! C’est peut-être pour ça qu’il s’est coupé l’oreille.<br><strong>Vincent</strong> – Par dépit ?<br><strong>Paul</strong> – C’est vrai que je ne connais personne qui ait tenté de se suicider en se tranchant l’oreille…<br><strong>Vincent</strong> – Il a peut-être essayé de se trancher la gorge, il a raté son coup, et c’est l’oreille qui a tout pris. Il y a des gens maladroits.<br><strong>Paul</strong> – Et il aurait inventé tout ça pour éviter de passer pour un manchot ? Un peu tiré par les cheveux, non ?<br><strong>Vincent</strong> – D’ailleurs Van Gogh n’était pas encore né quand Beethoven est mort. Je ne vois pas comment il aurait pu lui donner son oreille…<br><strong>Paul</strong> – Ou alors il s’est coupé en se rasant. Et après on en a fait tout un fromage, parce que c’était Van Gogh.<br><strong>Vincent</strong> – Moi, quand je me coupe l’oreille, personne n’en parle…<br><strong>Paul</strong> – C’est pas mal, ses tableaux, mais bon… Est-ce que ça vaut vraiment ce que ça coûte ?<br><strong>Vincent</strong> – Si personne ne lui achetait de toiles de son vivant, ce n’est peut-être pas par hasard.<br><strong>Paul</strong> – C’est sûrement eux qui avaient raison. Van Gogh, ça ne vaut pas un clou. Le clou pour accrocher le tableau…<br><strong>Vincent</strong> – Ni la corde pour le pendre.<br><strong>Paul</strong> – Il s’est pendu ?<br><strong>Vincent</strong> – Qui ?<br><strong>Paul</strong> – Van Gogh !<br><strong>Vincent</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Paul</strong> – Laisse tomber…<br><strong>Vincent</strong> – Et Beethoven ? Les gens lui achetaient sa musique, de son vivant?<br><strong>Paul</strong> – Ouais, mais bon, Beethoven… Il faisait plutôt de la musique classique…<br><strong>Vincent</strong> – Ça se vend toujours, la musique classique.<br><strong>Paul</strong> – C’est jamais très à la mode, mais du coup ça vieillit moins vite.<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que je dis toujours à ma femme. Le classique, c’est indémodable.<br><strong>Paul</strong> – Mais Van Gogh…<br><strong>Vincent</strong> – Ça vieillit mal.<br><strong>Paul</strong> – Comme Picasso.<br><strong>Vincent</strong> – Qui adorait la corrida…<br><strong>Paul</strong> – C’est normal, il était espagnol.<br><strong>Vincent</strong> – On dit que finalement, c’est peut-être Gauguin qui lui aurait coupé l’oreille, à Van Gogh. D’un coup d’épée… C’est même pour ça qu’il se serait taillé, à Tahiti.<br><strong>Paul</strong> – Gauguin aussi aimait la corrida ?<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi ? Il y a des corridas, à Tahiti ?<br><strong>Paul</strong> – À cause de l’oreille ! Et de l’épée…<br><strong>Vincent</strong> – Tu crois que dans un moment de folie, Gauguin, se prenant pour Picasso, aurait pu confondre Van Gogh avec un taureau…?<br><strong>Paul</strong> – Gauguin n’était pas fou. C’est Van Gogh, qui l’était.<br><strong>Vincent</strong> – La preuve, il s’est suicidé…<br><strong>Paul</strong> – On peut se suicider sans être fou…<br><strong>Vincent</strong> – Il s’est tiré une balle dans les champs.<br><strong>Paul</strong> – Il ne s’est pas tiré une balle dans le cœur ?<br><strong>Vincent</strong> – Si, dans les champs. Avec les corbeaux. C’est même le dernier tableau qu’il a peint.<br><strong>Paul</strong> – Et sur le tableau, on voit Van Gogh se suicider ?<br><strong>Vincent</strong> – On voit juste les corbeaux qui lui tournent autour.<br><strong>Paul</strong> – Comme des vautours…<br><strong>Vincent</strong> – Ils sentent ces choses-là… C’est l’instinct… Tu sais que ça vit très longtemps…<br><strong>Paul</strong> – Les vautours ?<br><strong>Vincent</strong> – Les corbeaux !<br><strong>Paul</strong> – Plus longtemps qu’un artiste peintre, en tout cas…<br><strong>Vincent</strong> – Ça dépend. Regarde Picasso. Il a vécu jusqu’à près de cent ans.<br><strong>Paul</strong> – Bon, c’est pas le tout, mais j’ai du boulot. Qu’est-ce que je te fais, aujourd’hui, Vincent…?<br><strong>Vincent</strong> – Comme d’habitude, Paul.<br><strong>Paul</strong> – Bien dégagé derrière les oreilles ?<br><strong>Vincent</strong> – Pas trop quand même…<br><strong>Paul</strong> – Disons que je te laisse les oreilles.<br><strong>Vincent</strong> – Voilà.<br><strong>Paul</strong> – Mais si je dois en couper une, tu préfères que je te laisse laquelle ?<br><strong>Vincent</strong> – Quelle oreille il s’était coupée, Van Gogh ?<br><strong>Paul</strong> – La gauche.<br><strong>Vincent</strong> – Bon ben laisse-moi la droite, alors… Si je veux avoir une chance de passer à la postérité. Tu as le journal ?<br><strong>Paul</strong> – Pour emballer ton oreille ?<br><strong>Vincent</strong> – Pour le lire…<br><strong>Paul</strong> – Si je te coupe une oreille, tu crois que ce sera dans le journal ?<br><strong>Vincent</strong> – Non…<br><strong>Paul</strong> – Et si je te coupe les deux.<br><strong>Vincent</strong> – Pas forcément…<br><strong>Paul</strong> – Et si je te coupe les deux oreilles et la queue ?<br><strong>Vincent</strong> – En Espagne, peut-être…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p><strong>Analyse du sketch</strong><br>Ce sketch est une virtuosité verbale construite autour du mythe de Van Gogh, mêlant références artistiques, détournements absurdes et ping-pong surréaliste entre deux personnages complices. Il commence par une simple question sur la célèbre oreille tranchée, et déroule une série d’associations libres et saugrenues entre Van Gogh, Beethoven, Picasso, Gauguin, les corbeaux, la corrida… jusqu’au salon de coiffure où l’on comprend enfin le contexte.</p>



<p>Le sketch repose sur le comique de répétition, le détournement logique, et le glissement d’un sujet sérieux vers le burlesque, dans la tradition de Dubillard ou des dialogues de Devos. Les deux personnages incarnent l’opposition entre culture savante et culture populaire, mais sans jamais trancher — ils jouent ensemble, dans une forme de complicité rieuse et doucement moqueuse.</p>



<p>La mort de Van Gogh devient ici prétexte à un jeu langagier jubilatoire, où les clichés sur les artistes maudits sont tournés en dérision, et où la question de la valeur artistique est posée de manière provocante : « Est-ce que ça vaut vraiment ce que ça coûte ? ». La question du succès posthume est également tournée en ironie : on ne devient célèbre qu’à condition de mourir dans des conditions suffisamment spectaculaires — et encore, pas toujours !</p>



<p>Le titre « Noir corbeau » renvoie à la dernière œuvre de Van Gogh, <em>Champ de blé aux corbeaux</em>, et constitue une métaphore filée du pressentiment de la mort, que les personnages détournent en blagues noires, jusqu’à évoquer les oreilles coupées dans les arènes espagnoles.</p>



<p>Enfin, le sketch s’achève sur une chute brillante et osée : la boucle est bouclée entre l&rsquo;art, la vie, la mort et… la coiffure, dans une pirouette finale qui donne tout son sel à l’ensemble.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le tableau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le tableau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive avec un tableau, un portrait de jeune femme, tenant apparemment plus de la croûte que du chef d’œuvre, mais doté d’un cadre doré.<br></em><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?<br><strong>Elle</strong> – Il était accroché au-dessus du lit de mon arrière-grand-mère, dans sa maison de retraite. Chaque fois que j’allais la voir, elle me répétait qu’après sa mort, ce tableau serait pour moi…<br><strong>Lui</strong> – C’est très généreux de sa part. Surtout qu’à part cette croûte, elle n’a rien laissé d’autre à personne…<br><strong>Elle</strong> – Ma mère y est allée hier pour débarrasser la chambre. Elle m’a donné le tableau.<br><strong>Lui</strong> – C’est un portrait… C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-arrière-grand-mère, je crois…<br><strong>Lui</strong> – Elle était plutôt pas mal… quand elle était jeune. Tu lui ressembles un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce que tu comptes en faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Je ne peux pas le jeter quand même…<br><strong>Lui</strong> – Non, évidemment… De là à l’accrocher dans le salon…<br><strong>Elle</strong> – On pourrait l’accrocher au-dessus de notre lit…<br><strong>Lui</strong> – Tu plaisantes ?<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Elle avait quel âge, ton arrière-grand-mère exactement ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était née en 1910 à Auvers-sur-Oise.<br><strong>Lui</strong> – À Auvers ? C’est dingue ! Tu te rends compte ? À vingt ans près elle aurait pu croiser Van Gogh.<br><strong>Elle</strong> – Elle racontait toujours que sa mère l’avait bien connu.<br><strong>Lui</strong> – Non…? Van Gogh ?<br><strong>Elle</strong> – Ouais.<br><strong>Lui</strong> – Mais quand tu dis bien connu…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Si ça se trouve tu es l’arrière-arrière-petite-fille de Van Gogh…<br><strong>Elle</strong> – Va savoir…<br><strong>Lui</strong> – Et comme il n’a pas d’autre descendance connue, tu serais l’héritière de sa fortune.<br><strong>Elle</strong> – Sa fortune ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, remarque, tu as raison… Les gens qui ont acheté ses tableaux sont richissimes aujourd’hui, mais lui il est mort dans la misère. Et ce tableau…?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-grand-mère me disait qu’elle tenait ce tableau de sa mère…<br><strong>Lui</strong> – Mais d’où il venait ? Qui l’a peint, ce tableau ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il n’est pas signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Ou alors la signature n’est plus visible.<br><strong>Lui</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Mais non, ce n’est pas possible…<br><strong>Lui</strong> – Si ton aïeule l’a bien connu… Personne n’en voulait, de ses toiles. Et il n’avait pas un sou. Je suis sûr qu’il aurait pu en donner une contre un repas chaud. Alors pour tirer un coup, tu penses bien…<br><strong>Elle</strong> – Ne te gêne pas, traite mon arrière-arrière-grand-mère de pute !<br><strong>Lui</strong> – Je ne dis pas ça mais… un petit cadeau.<br><strong>Elle</strong> – Non, et puis tu l’as dit, regarde, c’est une croûte !<br><strong>Lui</strong> – Franchement, j’ai vu certains tableaux dans des musées… Si on ne savait pas que c’était signé par de grands maîtres… Qu’est-ce qu’on y connaît en peinture, nous ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… Il faudrait le faire expertiser…<br><strong>Lui</strong> – Imagine un peu. Un Van Gogh. Même si ce n’est pas le meilleur, ça vaudrait des millions.<br><strong>Elle</strong> – Il ne faut pas trop s’emballer quand même…<br><strong>Lui</strong> – Oui… Après tout, il vaut peut-être mieux laisser planer le doute. Rêvons encore un peu, plutôt que de rompre le charme tout de suite.<br><strong>Elle</strong> – Sans compter qu’une expertise, ça ne doit pas être donné. Tout ça pour qu’on nous dise que c’est l’œuvre… d’un peintre du dimanche.<br><strong>Lui</strong> – Mais du coup, j’ai presque envie de l’accrocher au-dessus de notre lit, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Penser que Van Gogh a peint ça pour niquer ton arrière-arrière-grand-mère. Et que maintenant ça vaut des millions. Ce serait le coup le plus cher du monde, non ?<br><em>Il prend le tableau pour le regarder.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi je ne suis pas sûre que ça me motive beaucoup.<br><strong>Lui</strong> – Il pèse une tonne ce tableau, non ?<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai, j’ai remarqué aussi.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de l’accrocher au-dessus du lit. Si on le prend sur la tronche…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi il est aussi lourd, ce tableau ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas la toile, c’est forcément le cadre…<br><strong>Elle</strong> – Habituellement, les cadres, c’est en bois…<br><strong>Lui</strong> – Pour du bois, ça ferait très lourd.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est de la fonte.<br><strong>Lui</strong> – Un cadre en fonte ? Et puis ce n’est pas la couleur de la fonte.<br><strong>Elle</strong> – C’est peut-être de la peinture.<br><em>Il gratte un peu le cadre avec son ongle.</em><br><strong>Lui</strong> – On dirait que non…<br><strong>Elle</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Lui</strong> – Oui… je ne connais qu’un métal qui soit doré.<br><strong>Elle</strong> – Si c’est de l’or, c’est l’équivalent d’au moins un lingot.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, ce tableau a peut-être de la valeur.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on peut rêver…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Le feu sacré</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-feu-sacre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:04:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Météo]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Préhistoire]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le feu sacré, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle arrive, dans le plus simple appareil, un sac de peau en bandoulière. Il arrive à son tour, dans la même tenue, et également porteur d’un sac. On pourrait d’abord croire qu’il s’agit de vacanciers à la plage. Il semble vouloir l’aborder, mais n’ose pas. Il finit par se lancer.</em><br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi, vous avez du feu s’il vous plaît ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, bien sûr…<br><em>Elle fouille dans son sac, et finit par en sortir deux gros cailloux genre silex. Elle se met à les frapper l’un contre l’autre. Sans résultat probant.</em><br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi, je ne suis pas encore tout à fait familiarisée avec les nouvelles technologies…<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas grave, vous savez. Moi non plus, je ne suis pas très…<br><em>Sans l’écouter, elle essaie encore, en vain. Elle s’énerve et frappe les cailloux l’un contre l’autre de plus en plus fort de façon hystérique.</em><br><strong>Elle</strong> – Putain…!<br><strong>Lui</strong> – Non mais je vous assure, laissez tomber ! Je peux très bien faire autrement…<br><em>Elle reprend ses esprits, cesse de frapper les cailloux et les remet dans son sac.</em><br><strong>Elle</strong> – Je suis vraiment désolée…<br><strong>Lui</strong> – Non, c’est moi, je vous en prie… Vous auriez pu vous blesser…<br><em>Moment d’embarras.</em><br><strong>Elle</strong> – Et le feu, c’était pour…?<br><em>Il sort de son sac un petit animal en peluche assez bien imité.</em><br><strong>Lui</strong> – Pour faire cuire ça.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Je sais, ce n’est pas très gros, mais… c’est tout ce que j’ai trouvé.<br><strong>Elle </strong>– Je vois… Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Il paraît que cuit, ça se digère mieux. Enfin c’est ce qu’on dit…<br><strong>Elle</strong> – Remarquez on dit tellement de choses… Jusqu’à maintenant on mangeait la viande crue, et personne n’est jamais mort.<br><strong>Lui</strong> – Personne n’est mort de ça, en tout cas.<br><strong>Elle</strong> – Et donc… vous êtes chasseur-cueilleur.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Enfin… plutôt tendance cueilleur, quand même.<br><strong>Elle</strong> – Oui, je… J’imagine.<br><strong>Lui</strong> – Je suis sûr qu’un jour on y viendra.<br><strong>Elle</strong> – À quoi donc ?<br><strong>Lui</strong> – On ne mangera plus de viande, vous verrez ce que je vous dis. Les fruits et légumes, c’est quand même meilleur pour la santé.<br><strong>Elle</strong> – Personnellement, j’essaie d’en manger au moins cinq par jour.<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, c’est plus facile à attraper que la viande.<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><em>Ils rient tous les deux un peu bêtement.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon, alors je… Je vais vous laisser…<br><strong>Elle</strong> – D’accord, oui… Encore désolée pour le feu.<br><em>Ils semblent ne pas vouloir se quitter. Il tient toujours la bestiole par la queue. Il se lance à nouveau.</em><br><strong>Lui</strong> – Et sinon, je me demandais… Vous faites quoi à midi ?<br><strong>Elle</strong> – Rien de particulier… Je… regardais les nuages, là… pour passer le temps.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, les nuages… Non, parce que je me disais… on pourrait peut-être déjeuner ensemble…<br><strong>Elle</strong> – Vous croyez vraiment qu’il y en a assez pour deux…?<br><em>Il regarde la bestiole, dubitatif.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah non, mais… j’ai des légumes aussi.<br><em>Il sort de son sac un petit poireau et lui montre.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Super… Pour accompagner le…<br><strong>Lui</strong> – Trop manger… ce n’est pas bon pour la santé non plus.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… Bon… alors d’accord.<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste à côté, si ça vous dit…<br><strong>Elle</strong> – Et donc… vous êtes nouveau dans le quartier ? Comme on ne s’était jamais croisés auparavant…<br><strong>Lui</strong> – Oui… J’ai trouvé une petite grotte pas très loin d’ici… Ce n’est pas très lumineux, mais il y a une très belle hauteur sous plafond.<br><strong>Elle</strong> – Et puis c’est très central.<br><strong>Lui</strong> – J’ai fait quelques dessins sur les parois du fond pour égayer un peu.<br><strong>Elle</strong> – Ah, vous êtes aussi artiste ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin, je débute… Ça vous dirait de les voir.<br><strong>Elle</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Lui</strong> – Mes peintures rupestres !<br><strong>Elle</strong> – Ah oui ! Pourquoi pas? Qu’est-ce que ça représente ?<br><strong>Lui</strong> – Moi, en train de me battre avec une salade.<br><em>Ils rient à nouveau.</em><br><strong>Elle</strong> – Et… vous vous appelez comment ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. Je ne m’appelle pas souvent. Et vous ?<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus…<br><strong>Lui</strong> – Bon… Alors on y va ?<br><strong>Elle</strong> – Vous avez raison, on ferait bien de se dépêcher, parce que je crois qu’on ne va pas tarder à avoir une averse.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui ?<br><strong>Elle</strong> – Souvent, quand il y a beaucoup de nuages dans le ciel, après il pleut. Vous n’avez pas remarqué ?<br><strong>Lui</strong> – Non, mais… maintenant que vous me le dites. Alors vous, vous seriez plutôt une scientifique, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin… j’essaie d’observer le monde qui m’entoure. D’être à l’écoute de mon corps, aussi…<br><strong>Lui</strong> – D’accord… Et… vous avez fait d’autres découvertes intéressantes ?<br><strong>Elle</strong> – Vous verrez, je vais vous étonner…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Premier amour</title>
		<link>https://sketchotheque.net/premier-amour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 14:44:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Galerie]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Adolescence]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=795</guid>

					<description><![CDATA[<p>Premier amour, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme déambule dans ce qui s’avérera être une galerie de peinture. Une femme arrive vers lui avec un grand sourire, et semblant sous le coup de l’émotion.<br></em><strong>Elle</strong> – Tu me reconnais ?<br><em>Il semble pris au dépourvu mais, sans trop y croire, tente quelque chose pour ne pas la décevoir.</em><br><strong>Lui</strong> – Paulette ?<br><strong>Elle</strong> – Chantal !<br><strong>Lui</strong> – Chantal !<br><strong>Elle</strong> – Je te regardais depuis tout à l’heure. Ton visage me disait vaguement quelque chose. Et puis ça m’est revenu d’un coup. Un truc dans l’expression du visage…<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue… Ça fait combien de temps ?<br><strong>Elle</strong> – Ouh, là… Tu ne m’avais pas reconnue, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Si, si, enfin… C’est vrai que tout à l’heure… Mais maintenant que tu me le dis… Tout est là… Le menton… Les yeux… La bouche… Même le nez…<br><strong>Elle</strong> – Et oui…<br><strong>Lui</strong> – Non, j’ai dit Paulette, parce que… C’est une copine de ma mère. (<em>Comprenant sa gaffe et s’efforçant de rectifier le tir</em>) Tu n’as presque pas changé, hein ?<br><strong>Elle</strong> – Depuis le temps…<br><strong>Lui</strong> – Non, je veux dire… On te reconnaît très bien… Quand on sait que c’est toi… (<em>Le temps pour lui de mesurer la profondeur à laquelle il s’est déjà enfoncé</em>) Alors tu habites toujours par ici ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Toujours au même endroit… Et toi ? Tu ne reviens pas souvent, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pas très… Ma mère habite encore ici mais bon… C’est un peu compliqué… (<em>Il préfère changer de sujet.</em>) Chantal…! Tu es mariée, j’imagine ?<br><strong>Elle</strong> – J’ai quatre enfants…<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui, quand même…<br><strong>Elle</strong> – Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi… Enfin, moi je n’en ai qu’un, mais bon… (<em>Nouvel embarras</em>) C’est incroyable qu’on se retrouve comme ça ici. Dans cette galerie de peinture. J’allais acheter des cigarettes. Je suis rentré comme ça, par hasard…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Tu ne vas pas me croire, mais je pensais à toi, tout à l’heure. En passant devant chez toi, justement… Mais je n’ai pas pensé que tu pouvais habiter encore là. Alors tu n’as bougé…?<br><strong>Elle</strong> – Ben non, tu vois. Je suis toujours là…<br><strong>Lui</strong> – C’est incroyable…<br><em>Ils ne savent visiblement plus trop quoi dire.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu as eu le temps de voir l’expo…?<br><strong>Lui</strong> – Oui… Enfin pas tout… Il y a des trucs vraiment pas mal, hein ?<br><em>Pour se donner une contenance, pendant un moment, il contemple avec elle le tableau devant lequel il se trouve, cherchant quoi dire d’autre.</em><br><strong>Lui</strong> – Celui-là, en revanche, c’est une horreur, non…? On dirait un dessin d’enfant… Je ne sais pas comment on peut exposer des trucs pareils…<br><strong>Elle</strong> – Il faut encore que je travaille un peu ma technique, je sais…<br><strong>Lui</strong> (<em>liquéfié</em>) – Ah, parce que c’est…? C’est toi qui…?<br>Elle – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Non, mais les autres j’adore, hein ? Je te l’ai dit…<br><strong>Elle</strong> – Enfin, ils ne sont pas tous de moi. C’est une exposition collective. Mais celui-là, c’est moi, oui…<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr ! Ça me revient maintenant… Tu peignais déjà, à l’époque… Sur des boîtes de camembert, non…?<br><strong>Elle</strong> – Des boîtes d’allumettes…<br><strong>Lui</strong> – C’est ça. Les grosses boîtes d’allumettes familiales. Ça n’existe plus, d’ailleurs… C’est dommage… Alors maintenant, tu… Tu as changé de support…<br><em>Il jette un regard nouveau sur le tableau.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah, oui, c’est bien… C’est… C’est un cheval ?<br><strong>Elle</strong> – Un chat…<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr ! Non, on reconnaît bien le… Les oreilles, la bouche, le nez… La moustache… Et puis c’est de la peinture abstraite, non ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Enfin, je veux dire… De la peinture naïve…<br><strong>Elle</strong> – Pas vraiment…<br><strong>Lui</strong> – Enfin, tu sais, moi, la peinture… Et puis cette manie qu’on a de vouloir toujours mettre des étiquettes sur les choses… Surtout quand il s’agit de peinture ! Moi le premier, hein ? C’est beau, et puis c’est tout… (<em>En rajoutant un peu dans l’émotion</em>) Et puis c’est tellement toi…<br><em>Nouveau silence embarrassé.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu sais que j’étais très amoureux de toi…?<br><strong>Elle</strong> – C’était il y a longtemps…<br><strong>Lui</strong> – Je n’aurais jamais osé te le dire, à l’époque… C’est marrant… Ça me fait du bien de pouvoir te le dire maintenant… Je veux dire maintenant que…<br><strong>Elle</strong> – Il y a prescription…<br><strong>Lui</strong> – Oui… (<em>Embarrassé</em>) Écoute, il va falloir que j’y aille, là… Je vais voir ma mère, justement… Tu sais, à son âge… Elle peut mourir d’un instant à l’autre…<br><strong>Elle</strong> – Elle a quel âge ?<br><strong>Lui</strong> – Soixante-deux… Non, mais… Elle a toujours eu une santé fragile, tu sais… Ça m’a vraiment fait plaisir de te revoir… (<em>Cherchant une issue</em>) Je suis sur Facebook… Fais-moi une demande d’amitié… On restera en contact…<br><strong>Elle</strong> – OK…<br><strong>Lui</strong> – Je t’ai cherchée une ou deux fois, tu sais… Sur Facebook… Mais des Chantal, euh… (Cherchant en vain son nom de famille) Il y en a tellement…<br><strong>Elle</strong> – Sur la photo, j’ai un nez rouge… Je veux dire un nez de clown…<br><strong>Lui</strong> – Alors ça ne m’étonne pas que je ne t’aie pas reconnue… Bon, il faut vraiment que je me sauve, sinon… On se fait la bise ?<br><em>Ils se font la bise, un peu gênés. Il s’apprête à s’en aller mais, cherchant encore la phrase définitive qui arrangerait tout, il se retourne une dernière fois vers elle et improvise.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez… (<em>Sentencieux</em>) Au royaume des cieux, les premiers amours seront les derniers…<br><em>Elle acquiesce poliment en faisant mine de comprendre la portée profonde de cette phrase sibylline. Il s’en va en esquissant un sourire mystérieux. Elle reste là pour le moins perplexe.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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