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	<title>Archives des Lutte des classes - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Lutte des classes - La Sketchothèque</title>
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		<title>Les saltimbanques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 09:46:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
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		<category><![CDATA[Couple]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les saltimbanques, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-saltimbanques/">Les saltimbanques</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Notre fille vient de m’annoncer qu’elle voulait être comédienne.<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Si.<br><strong>Deux</strong> – Elle t’a dit ça comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’était pas après une dispute ? Juste pour te contrarier…<br><strong>Un</strong> – C’était ce matin au petit-déjeuner. Elle était en train de bouffer ses corn flakes. Elle me regarde et elle me dit : « Maman, quand je serai grande, je serai comédienne ».<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Donc c’est sérieux.<br><strong>Un</strong> – Elle n’a que cinq ans, mais bon… Tu la connais, elle est plutôt du genre à avoir de la suite dans les idées.<br><strong>Deux</strong> – Bon sang… Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour mériter ça ?<br><strong>Un</strong> – J’en suis restée sans voix.<br><strong>Deux</strong> – Mais après, tu as essayé de la raisonner, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui, évidemment. Je lui ai dit que ce n’était pas un vrai métier, qu’aucune banque n’accepterait de lui consentir un prêt immobilier, qu’elle n’aurait jamais de complémentaire santé, qu’elle toucherait une misère quand elle serait à la retraite…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle a dit ?<br><strong>Un</strong> – Rien… Elle s’est remise à bouffer ses corn flakes.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’il faut la punir ?<br><strong>Un</strong> – Tu la connais, ça ne ferait que renforcer sa détermination.<br><strong>Deux</strong> – Bon, enfin… Elle n’a que cinq ans, elle a encore le temps de changer d’avis.<br><em>L’autre regarde son portable.</em><br><strong>Un</strong> – Tiens, elle vient de m’envoyer un message.<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être pour s’excuser.<br><strong>Un</strong> – Elle me demande de l’inscrire dans une agence de casting.<br><strong>Deux</strong> – Non ? Une agence de casting ? Elle ne sait même pas ce que c’est !<br><strong>Un</strong> – Il faut croire que si. Elle me joint une liste d’agences, classées par ordre de préférence.<br><em>L’autre semble abasourdi.</em><br><strong>Deux</strong> – On a engendré un monstre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – En même temps… les chiens ne font pas des chats.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire avec cette expression à la con ?<br><strong>Un</strong> – Ben… on est comédiens tous les deux, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… Nous ce n’est pas pareil. On n’a pas choisi. On ne savait rien faire d’autre.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais… elle voit bien qu’on ne fout rien de la journée, qu’on a une grande maison avec une piscine, une grosse voiture, une bonne…<br><strong>Deux</strong> – On ne dit plus une bonne, aujourd’hui, tu sais ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas politiquement correct.<br><strong>Un </strong>– Qu’est-ce qu’on dit, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Une auxiliaire de vie, je crois.<br><strong>Un</strong> – Mais ça reste une bonne, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas plutôt pour les personnes dépendantes, une auxiliaire de vie ?<br><strong>Deux</strong> – On ne sait rien faire dans la maison… On peut dire qu’on est des personnes dépendantes, non ?<br><strong>Un</strong> – Je crois que pour les gens comme nous, on dit plutôt une employée de maison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis merde, on va continuer à dire la bonne.<br><strong>Un</strong> – Bon quoi qu’il en soit, quand elle voit qu’on ne sait rien faire dans la vie, et qu’on nous demande des autographes dans la rue, elle se dit que comédienne, ce n’est pas un si mauvais plan.<br><strong>Deux</strong> – Tous les comédiens ne roulent pas sur l’or, hein ? Ça, je ne suis pas sûr qu’elle le sache.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, on devrait la mettre en pension chez un couple d’intermittents en galère pour lui montrer ce que c’est vraiment que le métier de comédien.<br><strong>Deux</strong> – Tu en connais, toi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Des intermittents en galère.<br><strong>Un</strong> – Pas personnellement, mais bon… Je peux me renseigner…<br><strong>Deux</strong> – Bon, il faut j’y aille. Je joue au golf avec un producteur danois qui veut absolument que je joue dans son prochain film.<br><strong>Un</strong> – Et moi j’ai rendez-vous avec mon psy à dix heures.<br><strong>Deux</strong> – Je te jure… La journée commence bien…<br><strong>Un</strong> – On va la foutre en pension, oui.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il faudra aussi licencier la gouvernante.<br><strong>Un</strong> – Aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Tu as dit « il faudra aussi licencier la gouvernante ». On va quand même garder la bonne, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais oui, on va garder la bonne, ne panique pas.<br><strong>Un</strong> – Tu m’as fait peur…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un bon coup de balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:18:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un bon coup de balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria est en train de passer un coup de balai. Édouard arrive en costume trois pièces.<br></em><strong>Édouard</strong> – Ah Maria… Je voulais vous dire un mot, justement…<br><strong>Maria</strong> (<em>arrêtant de balayer</em>) – Oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Il y a combien d’années que vous balayez pour nous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Je ne sais pas, monsieur. Je n’ai pas compté. Vous n’êtes pas content de mon travail ?<br><strong>Édouard</strong> – Si, si, Maria, au contraire. Je tenais d’ailleurs à vous féliciter. Vous connaissez la devise de notre banque ?<br><strong>Maria</strong> – Il faut savoir balayer devant sa porte ?<br><strong>Édouard</strong> – Bien, Maria, exactement ! Grâce à vous, la devanture du Crédit Solidaire est toujours impeccable. Et la devanture d’une banque, c’est sa vitrine, n’est-ce pas ? Si la vitrine d’une banque n’est pas impeccablement tenue, les clients pourraient se dire que…<br><strong>Maria</strong> – Le banquier n’est sûrement pas très net non plus…<br><strong>Édouard</strong> – Voilà ! Vous avez tout compris, Maria.<br><strong>Maria</strong> – Je peux continuer mon travail, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Pas tout à fait, Maria… Bon… (<em>Il s’éclaircit la gorge.</em>) Comme vous le savez, ma chère Maria… Ma très chère Maria… Je dirais même ma trop chère Maria… C’est la crise.<br><strong>Maria</strong> – Ah oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – La crise, Maria ! Même si vous ne lisez pas la presse économique tous les jours, vous en avez entendu parler, tout de même ? Mais oui, suis-je bête ! Vous êtes bien espagnole, Maria, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Portugaise, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Mais c’est encore mieux ! Enfin, je veux dire encore pire… Le Portugal est le pays le plus endetté de la zone euro ! Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Bref, c’est la récession, et le monde de la finance, bien entendu, est le premier affecté par la baisse générale des valeurs…<br><strong>Maria</strong> – Les valeurs…<br><strong>Édouard</strong> – Je parle des valeurs boursières, évidemment, mais soyez-en persuadée, Maria, de la dépression économique à la dépression tout court, il n’y a souvent qu’un pas. Quand la Bourse est à la baisse, le moral l’est aussi. Et quand le moral est dans les chaussettes, la crise morale n’est pas loin non plus.<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Vous-même, Maria, ne me dites pas que vous n’êtes pas un peu déprimée ?<br><strong>Maria</strong> – Ça va, monsieur, je ne me plains pas…<br><strong>Édouard</strong> – Excusez-moi, Maria, mais quand on vous voit, comme ça, avec votre balai… On n’a pas l’impression que vous respirez la joie de vivre, je vous assure !<br><strong>Maria</strong> – Je suis peut-être un peu fatiguée, en ce moment… À force de balayer devant votre porte…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela pour vous dire, Maria, que notre banque, évidemment, n’est pas non plus épargnée par la tourmente… et que nous devons faire nous aussi des économies. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Pour votre bien, Maria, le Crédit Solidaire a donc dû prendre des mesures drastiques et néanmoins douloureuses afin de préserver votre emploi. Emploi dont la pérennité, je peux vous le dire maintenant, était gravement menacée.<br><strong>Maria</strong> – Merci monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’ai donc le plaisir de vous annoncer, Maria, que vous n’êtes pas licenciée.<br><strong>Maria</strong> – Je travaille au noir, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Quoi qu’il en soit, vous pourrez continuer à balayer devant notre porte jusqu’à nouvel ordre. Et qui sait ? Un jour peut-être, je vous laisserai balayer aussi le bureau du directeur.<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Évidemment, le Crédit Solidaire attend de vous que vous fassiez aussi un petit effort pour nous aider à préserver l’emploi dans ce pays. Car sans emploi, pas de pouvoir d’achat, sans achat pas de confiance, et sans confiance, pas d’emploi. C’est le cercle vicieux de la stagflation, vous me suivez ?<br><strong>Maria</strong> – J’essaie, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela vous dépasse, bien sûr, ma pauvre Maria, mais vous pouvez me faire confiance… Je vais d’ailleurs essayer d’être plus clair… En contrepartie de la préservation de votre emploi, le Crédit Solidaire vous propose une baisse de rémunération de trente pour cent. J’imagine que cette proposition vous semble raisonnable, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Trente pour cent ?<br><strong>Édouard</strong> – Un petit tiers, si vous préférez.<br><strong>Maria</strong> – Un tiers en moins ?<br><strong>Édouard</strong> – Ben oui, pas en plus, hein ? Vous savez que par les temps qui courent, même les emplois de balayeur ne courent pas les rues, Maria. Bientôt pour balayer dans une banque, même au black, il faudra au moins bac plus trois ! Plus éventuellement un bon coup de piston et une promotion canapé… Vous avez le bac, vous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Non monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’imagine que vous n’avez pas davantage de relations haut placées ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Et pour la promotion canapé, ma chère Maria, sans vouloir vous vexer, je ne suis pas sûr non plus que tous les atouts soient vraiment de votre côté… Que voulez-vous, c’est comme ça… C’est la grande loterie de la vie… Et même le Crédit Solidaire n’y pourra rien changer… Certains naissent en Suisse avec un nom à rallonge et un physique avantageux, et d’autres… Bref, vous conviendrez donc que notre proposition est plus que généreuse… Qu’en pensez-vous ?<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Oui, Maria… Ce n’est pas absolument nécessaire que vous en pensiez quelque chose, mais je vous écoute néanmoins. Nous sommes toujours en démocratie, quand même…<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense…<br><strong>Édouard</strong> – Vous devez bien en penser quelque chose…<br><strong>Maria</strong> – Mais je pense bien que j’en pense quelque chose, monsieur… (<em>Maria lève son balai pour le frapper.</em>) Voilà ce que j’en pense, monsieur !<br><strong>Édouard</strong> – Maria ? Mais vous êtes devenue folle ? (<em>Elle le poursuit avec son balai</em>.) Mais enfin, Maria, calmez-vous ! Et puis ce n’est qu’une proposition ! Nous sommes pour le dialogue social, nous aussi… (<em>Elle lui assène quelques coups.</em>) Aïe… Ouille… Vingt pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Vous voulez encore tâter de mon balai ?<br><strong>Édouard</strong> – Dix pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Dix pour cent d’augmentation ?<br><strong>Édouard</strong> – C’est-à-dire que… (<em>Maria est prête à frapper à nouveau.</em>) Très bien, Maria… Il faut savoir terminer une négociation, et j’ai bien compris que votre proposition justement n’était pas négociable… Marché conclu… Le Crédit Solidaire vous augmente de dix pour cent…<br><strong>Maria</strong> – Très bien, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Mais dites-moi, Maria, vous êtes dure en affaires… Nous savons aussi apprécier chez nos employés les qualités qui sont les leurs… Et on peut dire que vous ne manquez pas de caractère…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Ça vous dirait un petit stage de formation, entièrement payé, bien sûr, pour intégrer notre service de recouvrement ? Comme je vous le disais, c’est la crise, et les mauvais payeurs sont de plus en plus nombreux…<br><strong>Maria</strong> – Encore un coup de balai, monsieur ?<br><em>Il s’éloigne prudemment.</em><br><strong>Édouard</strong> – N’en parlons plus, Maria. Je vous laisse travailler…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Un bon coup de balai » est une satire sociale sur les rapports de pouvoir entre les élites économiques et les travailleurs précaires. Le comique naît ici de l’hypocrisie managériale, des discours creux justifiant l’injustifiable (une baisse de salaire pour préserver un emploi au noir…), et surtout du renversement brutal des rôles. Maria, faussement soumise, incarne la revanche du bon sens populaire contre l’arrogance cynique de la caste dominante.<br>Le personnage d’Édouard est une caricature jouissive du cadre supérieur déconnecté : il parle beaucoup, mais ne comprend rien. Il tente de masquer une violence sociale derrière un langage feutré et abscons. Maria, elle, ne parle pas autant — mais agit. Le balai devient ici une arme symbolique et comique, un outil de révolte autant que de nettoyage — au propre comme au figuré.<br>Un sketch féroce, à la fois hilarant et d’une acuité mordante, sur le monde du travail, les inégalités et la résistance face à l’humiliation. Le Crédit Solidaire, au nom cynique, devient un décor idéal pour une leçon d’humanité… et de négociation.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les gens</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-gens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:09:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gens, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, très bien habillé, avec un haut-de-forme, suivi d’un autre en costume de chauffeur, avec une casquette.<br></em><strong>Chauffeur</strong> – Que monsieur ne s’inquiète pas, le dépanneur va venir pour la Rolls, et une voiture est en route pour nous ramener au château.<br><strong>Milliardaire</strong> – Merci mon brave.<br><em>Le chauffeur nettoie le banc avec un mouchoir.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur veut bien s’asseoir.<br><em>Le milliardaire s’assied et jette un regard autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Tout ça est très pittoresque… Mais où sommes-nous, exactement ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Très exactement… nous sommes à l’angle de la rue de la Paix et de la rue…<br><strong>Milliardaire</strong> – Non, je veux dire, cet endroit, c’est quoi ?<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est un square, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Un square ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un jardin public.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vraiment ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Je me suis dit que pour attendre la voiture, ce serait mieux que dans la rue ou dans un café. C’est un quartier très populaire, vous savez. Les gens comme eux ne sont pas habitués à voir des gens comme vous.<br><strong>Milliardaire</strong> – Des gens comme moi…?<br><strong>Chauffeur</strong> – Des personnes de votre condition.<br><strong>Milliardaire</strong> – Nous aurions pu rester incognito. Ils ne sont pas supposés savoir que je suis baron, et à la tête de la cinquième plus grosse fortune d’Europe.<br><strong>Chauffeur</strong> – Croyez-moi, monsieur ne serait pas passé inaperçu.<br><em>Le milliardaire regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Un jardin public…<br><strong>Chauffeur</strong> – Comme le jardin du château de monsieur, mais ouvert à tout le monde.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais je ne vois pas de château…<br><strong>Chauffeur</strong> – Le château, c’est… la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – D’accord.<br><strong>Chauffeur</strong> – Les gens viennent là avec leurs enfants pour prendre un peu l’air.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, oui… Les gens…<br><strong>Chauffeur</strong> – Quand ils ne travaillent pas, évidemment.<br><strong>Milliardaire</strong> – Bien sûr. C’est assez propre, quand même. Et… ce sont les gens eux-mêmes qui l’entretiennent, n’est-ce pas ? On appelle ça des jardins ouvriers, je crois.<br><strong>Chauffeur</strong> – Euh… Non monsieur. Les jardins ouvriers, c’est pour faire pousser des légumes. Ici c’est un jardin public. C’est entretenu par les jardiniers de la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois. Et les gens viennent ici pour se reposer.<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est cela. Pour reconstituer leur force de travail, comme dit Marx.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vous demande pardon ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Karl Marx, monsieur. Pour Marx, le travail est une marchandise. Et sa valeur est équivalente à la valeur de l’ensemble des biens matériels et immatériels nécessaires à sa reproduction. C’est-à-dire non seulement le logement et la nourriture, mais aussi les quelques distractions indispensables pour éviter que le prolétaire tombe dans la dépression et se laisse tenter par le suicide.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois… Du pain et des jeux, comme disait Jules César…<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, si monsieur préfère. Mais si monsieur me permet, le phénomène de la lutte des classes, qui conduit inéluctablement à la dictature du prolétariat, est beaucoup mieux analysé dans Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous avez donc lu <em>Le Capital</em> ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Pas vous, monsieur ?<br><strong>Milliardaire</strong> – Ma foi non, je l’avoue…<br><strong>Chauffeur</strong> – J’en ai toujours un exemplaire dans la Rolls. Comme je passe beaucoup de temps à attendre monsieur, j’en profite pour m’instruire. C’est mon livre de chevet, comme on dit. Pour certains c’est la bible, pour moi c’est Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais dites-moi, mon brave… Vous avez lu <em>Le Capital</em> d’accord… mais vous ne seriez pas marxiste tout de même ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous Karim, en plus d’être musulman, vous êtes marxiste ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui monsieur.<br><em>Le milliardaire le regarde avec un air perplexe.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ça ne fait rien, je vous garde quand même.<br><strong>Chauffeur</strong> – Merci, monsieur…<br><em>Le portable du milliardaire sonne et il répond.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, ma chère, c’est vous. Il nous arrive une histoire absolument rocambolesque. La Rolls a pété une durite au beau milieu d’une cité, et nous avons dû nous réfugier dans un square… Un square, ma chère. Un jardin public, si vous préférez. (<em>Plus bas</em>) Mais dites-moi, très chère, vous saviez que notre chauffeur était marxiste ? Non, non, bien sûr, ça ne me dérange pas, mais… vous auriez pu m’en informer tout de même. Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord ?<br><em>Le portable du chauffeur sonne aussi, et il répond.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – OK, merci… (<em>Au milliardaire</em>) Votre voiture vous attend, monsieur.<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Très bien, alors allons-y… Mais finalement, cette aventure aura été très cocasse, n’est-ce pas ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, d’ailleurs, ça me rappelle un film…<br><strong>Milliardaire</strong> – Un film ? Quel film ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un film avec Louis De Funès, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ne me dites pas qu’en plus d’être musulman et communiste, vous êtes aussi cinéphile ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-gens/">Les gens</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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