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	<title>Archives des Liberté - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Liberté - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>La volupté de l’ennui</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-volupte-de-lennui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
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		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La volupté de l’ennui, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’ennuie, pas vous ? Non, mais je ne m’ennuie pas spécialement avec vous. Je m’ennuie en général. Avec ou sans vous. Je me suis toujours beaucoup ennuyé, d’ailleurs. Depuis que je suis tout petit. Je ne sais pas pourquoi… Au début, ça m’ennuyait un peu. Et puis je m’y suis fait. Ma femme, elle, elle ne s’ennuie jamais. Elle a de la chance. Elle dit qu’elle a toujours quelque chose à faire. Et quand elle n’a vraiment plus rien à faire, elle dort. Moi, je dors très mal. Je me réveille à trois heures du matin, et je ne peux plus me rendormir. Alors je m’ennuie. Même la nuit. Pendant que ma femme dort à poings fermés. Bon, le jour, je pourrais travailler, vous me direz. Ça me permettrait peut-être de mieux dormir la nuit. Mais si vous croyez que c’est beaucoup plus marrant de travailler que de s’ennuyer… Le travail, c’est juste bon pour s’occuper pendant la journée. C’est comme la télé le soir, les mots-croisés le dimanche ou les boules pendant les vacances. Ça permet seulement d’oublier provisoirement qu’on ne sait pas quoi faire de sa peau. Non, moi, je m’ennuie à plein temps… et le pire, c’est que je me demande si je n’en retire pas une certaine satisfaction. Parce qu’il y a une volupté à s’ennuyer, hein&nbsp;? Comme il y a un plaisir à être triste. Une sorte de noblesse, même. Déjà pour s’ennuyer, il faut en avoir le loisir. Et pouvoir se le permettre. C’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. L’ennui, c’est une liberté fondamentale qui n’est limitée par aucun passe-temps. D’ailleurs, m’ennuyer, je me demande si je ne préfère pas ça que de m’amuser, finalement. C’est vrai, s’amuser, c’est lassant, à la longue. On finit toujours par refaire les mêmes choses. Revoir les mêmes gens. Refaire les mêmes choses avec les mêmes gens. Tandis que… il y a mille façons, de s’ennuyer… Et puis s’amuser, entre nous, c’est un peu vulgaire, non ? C’est plus bruyant, pour commencer. Vous avez déjà entendu des gens qui s’amusent&nbsp;? Les éclats de rire, les éclats de voix… C’est comme les éclats d’obus. Moi, personnellement, ça me casse les oreilles. La fête, la musique… La fête de la musique&nbsp;! Est-ce qu’il fallait vraiment faire ça en plein air, pour que tout le monde en profite&nbsp;? Et ceux qui n’aiment pas la fête&nbsp;? Qui n’aiment pas les flonflons&nbsp;? Les gens qui s’ennuient, eux, au moins, ils ne dérangent personne. Enfin, je veux dire, les gens qui sont capables de s’ennuyer tout seuls dans leur coin, et qui ont la décence de le faire en silence. Pas ceux qui vous répètent toutes les cinq minutes qu’ils ne savent pas quoi faire. Comme certains enfants. Les miens, par exemple… C’est vrai, quoi. Ce n’est pas parce qu’on a fait des enfants qu’on a une vocation d’animateur de centre de loisirs. Ou alors, il faudrait faire passer le BAFA à tous les gens qui se marient et qui pensent procréer… Non, l’avantage, quand on aime s’ennuyer, c’est qu’on peut le faire partout. Et qu’on n’a besoin de personne. Moi, j’arrive à m’ennuyer n’importe où. Même au théâtre. Et avec n’importe qui. Même ma femme. Surtout avec ma femme. Pour tout vous dire, c’est encore en sa compagnie que je préfère m’ennuyer. Parce qu’il ne faut pas croire, mais on ne peut pas s’ennuyer bien avec tout le monde&nbsp;! Encore faut-il tomber sur quelqu’un d’assez discret… Et le plus beau, c’est que ça l’amuse, ma femme, quand je lui dis ça. Je m’ennuie et elle, elle s’amuse… Bon, ce n’est pas que je ne m’ennuie pas avec vous, mais il va falloir que vous m’excusiez. J’ai un truc à faire, là. Un truc très ennuyeux, d’ailleurs. Comme quoi, on peut aussi s’ennuyer en faisant quelque chose… Allez. Ennuyez-vous bien…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Auto-stop</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auto-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:50:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
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		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
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		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
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		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auto-stop, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez où&nbsp;? Vous ne savez pas…? Bon, ben…montez, je vous emmène. Vous n’avez que ça comme bagages&nbsp;? Vous avez raison. Quand on ne sait pas où on va, pas la peine de se charger. Moi, j’ai juste un petit sac. Une brosse à dents. Des chaussettes de rechange. Un maillot de bain, au cas où… N’oubliez pas d’attacher votre ceinture, il y a des contrôles, parfois. Moi non plus, d’ailleurs, je ne sais pas très bien où je vais. J’ai pris quelques jours. Je vais essayer de trouver un endroit calme, pour faire le point. J’ai une vague idée de roman… Avec les ordinateurs portables, maintenant, c’est pratique. On peut écrire où on veut. Même chez soi. J’ai aussi internet, là-dessus&nbsp;! Quand je quitte la maison, j’emmène la boîte aux lettres. C’est pas mal, ce coin, non&nbsp;? Dommage qu’ils annoncent un temps pourri. J’aime bien rouler, comme ça. Déjà parti, pas encore arrivé. J’ai l’impression d’exister un peu. Ça doit être pour ça que je ne finis jamais rien. Le nombre de romans que j’ai pu commencer&nbsp;! Quand j’étais gosse, ce que je préférais, c’était le trajet entre chez moi et l’école. Je faisais durer le plaisir, en allant le plus lentement possible. Mais… on a beau prendre son temps, on finit toujours par arriver quelque part. Il faut absolument que je mette de l’essence, là. Vous me dites si vous voyez une pompe ? Ouais… Quand j’étais gamin, j’étais terrifié par la certitude que j’allais mourir un jour. C’est le destin de tout le monde, hein&nbsp;? Alors j’ai d’abord tenté de me persuader que je n’étais pas comme tout le monde. Mais très vite, j’ai dû me faire à l’idée que je n’étais pas Jésus-Christ. Seul un temps élastique me séparait d’une mort certaine. Peut-être même prématurée&nbsp;! Non seulement j’étais sûr de mourir, mais je ne savais pas quand. Bref, ça devenait urgent de ralentir pour ne pas mourir de façon précipitée. Qu’est-ce qu’il a à klaxonner comme ça, celui-là&nbsp;? Double, si tu es tellement pressé&nbsp;! Je disais quoi ? Oui, donc, faute de pouvoir arrêter le temps, après, j’ai essayé de retenir chaque instant. Pour qu’il s’écoule moins vite, voyez. Avec l’espoir secret qu’un souvenir plus dense finirait par enrayer le sablier. Pour commencer, j’ai choisi un moment, au hasard, et j’ai décidé arbitrairement de le retenir toute ma vie. Et ça a marché ! La première fois… Un moment inoubliable ! Quoique absolument sans intérêt… Je n’ai jamais pu réitérer cet exploit. De toute façon, depuis le temps, j’ai changé de point de vue sur l’existence, hein&nbsp;? On meurt, bien sûr, mais on ne disparaît jamais complètement. Rien ne se perd, rien ne se crée. Hélas, avec le temps, cette certitude d’un éternel retour me terrorise encore plus que celle d’une fin définitive. Ça ne s’arrêtera donc jamais&nbsp;? Et qu’est-ce qu’on va devenir quand on sera mort&nbsp;? C’est vrai, c’est effrayant, la réincarnation, si on y pense. Même si on n’est pas complètement satisfait de sa vie actuelle, rien ne dit qu’une fois ressuscité, on ne va pas se retrouver dans la peau de quelqu’un encore plus malheureux que soi… Il y a tellement de misère, dans le monde. Ça ne vous fout pas les jetons, à vous, cette roulette russe&nbsp;? Non, on ne sait pas où on va. On ne sait même pas d’où on vient ! Est-ce qu’un papillon se souvient d’avoir été une chenille ? L’homme ne se souvient même pas d’avoir été un singe. Ah, une pompe à essence ! J’ai bien cru qu’on allait tomber en panne sèche. Si vous voulez en profiter pour vous dégourdir les jambes. Ou passer aux toilettes. Prenez votre temps, on n’est pas pressés. On ne sait pas où on va…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cadeau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/cadeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:26:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Ami]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
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		<category><![CDATA[Satire]]></category>
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		<category><![CDATA[Champagne]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cadeau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table. Sur la table une bouteille de champagne dans un seau, et deux coupes. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu es là depuis longtemps ?<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Cinq minutes. Ça va ?<br><em>Ils se font la bise, avant de se rasseoir.</em><br><strong>Un</strong> – Très bien. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Un</strong> – Du champagne ? En quel honneur ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne devines pas ?<br><strong>Un</strong> – Évidemment… Alors, ça fait quel effet d’avoir un an de plus ?<br><strong>Deux</strong> – Tu y as pensé… C’est gentil.<br><strong>Un</strong> – Mieux que ça… (<em>Il sort une enveloppe de sa poche et lui tend</em>.) Tiens, je ne savais pas quoi t’offrir, alors…. voilà.<br><em>L’autre semble un peu sur la défensive.</em><br><strong>Deux</strong> – Une enveloppe ? Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Un</strong> – Ouvre, tu verras…<br><strong>Deux</strong> – On va trinquer d’abord, pendant qu’il est bien frais.<br><em>Il remplit les deux coupes. Ils trinquent.</em><br><strong>Un</strong> – Allez ! Bon anniversaire !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! À la tienne !<br><em>Ils boivent.</em><br><strong>Un</strong> – Alors, tu l’ouvres, cette enveloppe ?<br><em>L’autre n’est toujours pas très emballé.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai… Alors là, tu m’intrigues… Qu’est-ce que ça peut bien être ?<br><em>Il ouvre l’enveloppe.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne savais pas ce qui te ferait plaisir, alors je me suis dit que ça, au moins, c’était un cadeau original.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que c’est encore un bon pour un saut en parachute ou quelque chose comme ça…<br><em>Il sort un papier de l’enveloppe et le regarde.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Un avoir… chez un tueur à gages.<br><strong>Un</strong> – Je te l’avais dit… c’est original.<br><strong>Deux</strong> (<em>lisant toujours</em>) – Supprimez qui vous voulez…<br><strong>Un</strong> – Il faut juste inscrire le nom du bénéficiaire dans la case vide.<br><strong>Deux</strong> – Le bénéficiaire…?<br><strong>Un</strong> – La personne dont tu rêverais de te débarrasser !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, pour être sûr qu’il n’y aura pas d’erreur, tu peux aussi mettre l’adresse et joindre une photo.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ça te plaît ?<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est… C’est vrai que c’est original, comme cadeau.<br><strong>Un</strong> – Et… tu as déjà une idée ?<br><strong>Deux</strong> – Une idée ?<br><strong>Un</strong> – Le nom de la personne que tu vas inscrire dans la case !<br><strong>Deux</strong> – Ah, je… Non, pas encore… Il faudra que je réfléchisse…<br><strong>Un</strong> – Attention, tu n’as droit qu’à un seul nom. Et tu ne pourras jamais recommencer. C’est bien précisé dans le contrat.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, ça pourrait devenir suspect, tu comprends.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr. Bon ben… Oui, je vais y penser…<br><strong>Un</strong> – Pas trop longtemps, hein ? Tu as vu, c’est valable pendant un an seulement.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ils s’engagent à exécuter le contrat dans les six mois qui suivent la remise du formulaire. Satisfait ou remboursé !<br><strong>Deux</strong> – Non, non, c’est… C’est un super cadeau.<br><strong>Un</strong> – Tu as bien une petite idée… Si tu devais supprimer une seule personne sur cette terre…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien un nom qui me vient mais…<br><strong>Un </strong>– Bon, c’est bien spécifié que ça doit être une personne ordinaire, hein ? Pas un président en exercice, un animateur télé ou une célébrité quelconque. Non, quelqu’un de la famille, par exemple. Un ami ou…<br><strong>Deux</strong> – Un ami ?<br><strong>Un</strong> – Un ami qui t’aurait trahi.<br><strong>Deux</strong> – Trahi ?<br><strong>Un</strong> – Un type qui aurait couché avec ta femme, par exemple.<br><strong>Deux</strong> – Tu es en train de me dire que ma femme me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Mais pas du tout ! C’est juste un exemple. Ça peut être… Je ne sais pas moi… Ta belle-mère, ton patron, ton percepteur… Ou ta femme, tiens.<br><strong>Deux</strong> – Parce qu’elle me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Parce que tu ne la supportes plus ! Tu veux retrouver ta liberté, mais tu n’as pas non plus envie de lui payer une pension alimentaire jusqu’à la fin de ta vie.<br><strong>Deux</strong> – Je m’entends très bien avec ma femme.<br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas qu’il n’y a personne dans ton entourage sans qui ta vie serait plus agréable.<br><strong>Deux</strong> – Au point de le tuer ? Non, je ne vois pas…<br><strong>Un</strong> – Ce que tu peux être agaçant, parfois… Je ne sais pas, moi… Quelqu’un qui t’énerve, tout simplement.<br><em>L’autre commence à sortir de ses gonds.</em><br><strong>Deux</strong> – Quelqu’un qui m’énerve… parce qu’il m’offre tous les ans des cadeaux à la con pour mon anniversaire, par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Tu trouves que je t’offre toujours des cadeaux à la con ?<br><strong>Deux</strong> – L’année dernière, c’était un bon d’achat pour dix séances d’essai chez un psychanalyste ! Et l’année d’avant, c’était pour organiser ma propre disparition !<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, celui-là, tu ne l’as même pas utilisé.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre ton nom…<br><em>L’autre le regarde griffonner sur le papier, avec un air inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Non, mais tu peux encore réfléchir un peu… Je te ressers ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Contrat</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrat, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont assis à une table de bistrot, chacun devant un ballon de rouge.</em><br><strong>Un</strong> – Allez, à la tienne !<br><strong>Deux</strong> – Santé !<br><em>Ils prennent une gorgée. Le premier fait la grimace. L’autre a l’air d’apprécier.</em><br><strong>Un</strong> – Il est vraiment dégueulasse, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais pour moi il a le goût de la liberté.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ? Tu sors de prison ?<br><strong>Deux</strong> – Presque. J’ai mes beaux-parents chez moi pour les vacances. J’ai réussi à m’échapper une heure.<br><strong>Un</strong> – Ah merde.<br><strong>Deux</strong> – J’ai dit que j’allais faire vérifier le niveau d’huile sur la bagnole.<br><strong>Un</strong> – Tu n’as pas une voiture électrique ?<br><strong>Deux</strong> – Si… Tu vois un peu où j’en suis rendu…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Ils ne sont là que depuis deux jours et je ne les supporte déjà plus. Surtout mon beau-père…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je t’en débarrasse ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux les prendre chez toi, c’est ça ? Si ma femme est d’accord, je te les refile tout de suite. Je suis prêt à payer, tu sais. J’irais jusqu’au double du tarif en chambre d’hôtes. Parce que ce n’est pas un cadeau, je t’assure.<br><strong>Un</strong> – Non, je voulais dire… les faire disparaître.<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, disparaître ? Tu es prestidigitateur ? Malheureusement, quand un prestidigitateur fait disparaître quelqu’un, il finit toujours par réapparaître au bout de quelques minutes. Ça me servirait à quoi ? Et puis tu n’es pas magicien, si ?<br><strong>Un</strong> – Non, bien sûr… Non, moi, ce que je te propose, c’est de les faire disparaître… définitivement.<br><em>L’autre reste un instant interdit.</em><br><strong>Deux</strong> – Très drôle.<br><strong>Un</strong> – Je ne plaisante pas.<br><strong>Deux</strong> – Définitivement…?<br><strong>Un</strong> – Je connais un type qui peut s’en occuper, si tu veux.<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Un tueur à gages, tu veux dire ?<br><strong>Un</strong> – Il ferait juste ça pour rendre service. Pas gratuitement non plus, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais des tueurs à gages, toi ?<br><strong>Un</strong> – Non, je ne connais pas… des tueurs à gages. Mais j’en connais un.<br><strong>Deux</strong> – Eh bien moi, je n’en connais aucun, tu vois. Où est-ce que tu l’as connu, ce type ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – En prison ?<br><strong>Un</strong> – On a partagé la même cellule pendant trois ans.<br><strong>Deux</strong> – Tu as fait de la prison, toi ?<br><strong>Un</strong> – Ben ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et pour quoi ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quel motif on t’a mis en prison ? Qu’est-ce que tu avais fait ?<br><strong>Un</strong> – Tentative de meurtre.<br><strong>Deux</strong> – Tentative ?<br><strong>Un</strong> – J’ai raté mon coup. Je n’étais pas très doué. Mais lui c’est un pro, je t’assure. Il en a déjà refroidi plus d’un, je te le garantis.<br><strong>Deux</strong> – Tu me fais marcher là…<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sérieux ?<br><strong>Un</strong> – Très sérieux.<br><em>L’autre digère cette information.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est dingue, ça. À part dans les films, je ne savais pas que ça existait, les tueurs à gages. Alors tu passes commande, comme ça, comme pour une pizza, et…<br><strong>Un</strong> – Oui. Ça s’appelle un contrat.<br><em>L’autre réfléchit à nouveau.</em><br><strong>Deux</strong> – Un contrat… Et ça coûterait combien ? Non mais c’est juste par curiosité, hein ?<br><strong>Un</strong> – Ça dépend…<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend de quoi ?<br><strong>Un</strong> – Déjà, c’est pour un seul ou pour les deux ? Comme tu dis que c’est surtout ton beau-père qui…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Ça ferait combien par personne ?<br><strong>Un</strong> – Il faudrait que je lui demande… Dans les 8500 euros, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est assez précis, quand même.<br><strong>Un</strong> – Pour les deux, il te ferait sûrement un prix.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Un</strong> – Pour un couple… dans les quinze mille.<br><strong>Deux</strong> – On parle en TTC, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Si tu n’as pas besoin de facture, tu le paieras en liquide, c’est plus simple.<br><strong>Deux</strong> (<em>pensif</em>) – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je lui en parle ?<br><strong>Deux</strong> – Mais non, pas du tout… J’ai dit d’accord comme j’aurais dit… je vois. Je ne suis pas d’accord, évidemment. (<em>Un temps</em>) Même s’il faut reconnaître que c’est assez tentant…<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et puis c’est risqué, non ? Je veux dire… le crime parfait, ça n’existe pas.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qui te fait dire ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… C’est ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Par définition, les crimes parfaits ne sont pas classés comme des crimes. Ça passe pour des accidents, des morts naturelles, des suicides… Donc un crime parfait, on ne peut pas savoir si ça existe. C’est pour ça qu’on dit que ça n’existe pas.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Pour ne pas susciter des vocations.<br><strong>Un</strong> – Si ça se trouve, sur cent personnes qui meurent, il y en a dix qui ont été victimes d’un crime parfait, et on ne le sait pas.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, des gens qui avaient commis des crimes parfaits, j’en ai connu pas mal.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Et où est-ce que tu les as rencontrés ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – S’ils avaient commis des crimes parfaits, qu’est-ce qu’ils foutaient en prison ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais ils étaient en prison pour autre chose.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Ce n’est pas très rassurant tout ça. Je crois que je vais réfléchir encore un peu. Et puis quinze mille euros, c’est une somme quand même…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et ils comptent venir en vacances chez toi tous les ans, tes beaux-parents ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais… c’est bien pour ça que je ne te dis pas non tout de suite…<br><strong>Un</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Deux</strong> – D’un autre côté, je n’ai pas envie de finir en taule, comme toi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Sinon, il y a l’enlèvement.<br><strong>Deux</strong> – Un enlèvement ?<br><strong>Un</strong> – C’est moins définitif, mais… si tu te fais pincer, la peine est moins lourde. Et puis l’avantage, c’est que tu peux demander une rançon.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Et avec la rançon, tu peux payer le commanditaire de l’enlèvement. Ça ne te coûte rien. Si tu te débrouilles bien, tu peux même gagner un peu d’argent.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon… À qui on pourrait bien demander une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Ça je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Qui pourrait bien payer une rançon pour faire libérer mon beau-père ? Ma belle-mère peut-être, et encore ce n’est pas sûr. D’ailleurs, elle n’a pas d’argent.<br><strong>Un</strong> – Ils n’ont pas d’autres enfants ?<br><strong>Deux</strong> – Si, il y a mon beau-frère. Et ma belle-sœur. Ils arrivent la semaine prochaine.<br><strong>Un</strong> – Ils passent aussi les vacances chez toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais, malheureusement.<br><strong>Un</strong> – Ah merde…<br><strong>Deux</strong> – Comme tu dis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas que tu veux t’en débarrasser aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend. Pour quatre, ton pote, il me ferait une grosse ristourne ?<br><strong>Un</strong> – Après, il ne faut pas que ce soit trop voyant, non plus. Il y a encore beaucoup de gens dont tu voudrais te débarrasser, comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mes parents non plus, je ne les supporte pas… Sans parler de mes deux sœurs et de leurs connards de maris.<br><strong>Un</strong> – Ils viennent passer les vacances chez toi, eux aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Ah non ! Eux non. Je ne les ai pas invités. Mais ils me cassent les couilles quand même. Et puis quand les vacances seront terminées, il y a mon patron…<br><strong>Un</strong> – Après, mon pote, c’est juste un tueur à gages. Son truc, ce n’est pas les meurtres de masse, comme aux États-Unis.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, de toute façon, tant qu’il en restera un pour me casser les burnes… Non, je ne vais pas mettre le doigt dans cet engrenage, je n’en finirais plus. Et puis je n’ai pas les moyens…<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je vais y aller.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi. J’ai du monde qui m’attend à la maison…<br><strong>Un</strong> – Bon ben… Bonnes vacances alors.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Et si tu changes d’avis, tu as mon numéro.<br><strong>Deux</strong> – OK… Tu passes les vacances avec qui, toi ?<br><strong>Un</strong> – Juste avec ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que les autres…<br><strong>Un</strong> – Si je te le disais… ce ne serait plus le crime parfait.<br><em>Il s’en va. L’autre reste un instant pensif, et s’en va à son tour.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Départ</title>
		<link>https://sketchotheque.net/depart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:38:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Départ, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Vincent et Fred sont assis à une table et prennent un café.</em><br><strong>Vincent</strong> – Génial… Et donc tu pars dans trois semaines ?<br><strong>Fred</strong> – Le premier mai, oui. Le jour de la fête du travail, moi je me barre en vacances pour un an. Ou plus, on verra bien…<br><strong>Vincent</strong> – Ce ne sera pas tout à fait des vacances, si ?<br><strong>Fred</strong> – Quand j’aurai besoin de fric, je travaillerai un peu comme cuistot ou comme serveur. C’est très facile, là-bas. Il y a du boulot pour tout le monde. Et les Français sont très appréciés. Surtout dans la restauration. Sans parler des gonzesses, évidemment…<br><strong>Vincent</strong> – Le mythe du French lover… Petit veinard… Tu vas t’éclater.<br><strong>Fred</strong> – Tu n’as qu’à venir avec moi.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne peux pas, malheureusement. Je commence mon année de stage en septembre dans une banque à Paris. Et si je ne veux pas me taper trois heures de transport par jour, il faut que je bosse cet été pour me payer une chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais.<br><strong>Vincent</strong> – C’est nettement moins glamour.<br><strong>Fred</strong> – C’est sûr…<br><strong>Vincent</strong> – Tu en as parlé à Max ?<br><strong>Fred</strong> – Ouais. Je l’ai vu hier.<br><strong>Vincent</strong> – Ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Tu le connais… Avec Max, ça ne va jamais vraiment.<br><strong>Vincent</strong> – Il passe son CAPES dans deux mois, il est un peu sur les nerfs.<br><strong>Fred</strong> – On ne se voit presque plus.<br><strong>Vincent</strong> – Il bosse beaucoup, je crois.<br><strong>Fred</strong> – Ou alors il m’en veut. Je ne sais pas pourquoi.<br><strong>Vincent</strong> – Je crois qu’il nous en veut à tous les deux d’avoir arrêté le groupe. Et maintenant, toi tu t’en vas. Alors Les Rebelles, c’est fini ?<br><strong>Fred</strong> – C’était déjà fini, non ?<br><strong>Vincent</strong> – Il faut se rendre à l’évidence, on ne serait jamais devenus des stars.<br><strong>Fred</strong> – Pas des stars du rock, en tout cas…<br><strong>Vincent</strong> – De toute façon, j’ai revendu ma batterie pour payer la caution de ma chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Et moi ma guitare pour acheter mon billet d’avion.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles, quel nom à la con. Je ne sais plus qui avait trouvé ça à l’époque.<br><strong>Fred</strong> – C’est moi.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, c’est vrai…<br><strong>Fred</strong> – Quand j’étais interne au lycée, dans ma boîte de curés, c’était une vraie prison. On ne pouvait franchir les grilles de l’école que le week-end. Et encore, si on n’était pas collés. Et évidemment, ce n’était pas mixte.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Oh putain…<br><strong>Fred</strong> – Tu imagines un peu ? À l’âge où on ne pensait qu’à se débarrasser de notre pucelage, toute la semaine entre mecs, de jour comme de nuit. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas devenir homo.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Et tu n’as pas essayé de t’évader ?<br><strong>Fred</strong> – Un jour, j’ai organisé une grève pour protester contre nos conditions de détention. Tout le monde avait l’air partant. Mais au final, sur quatre cents élèves, on n’était que trois à refuser de rentrer en classe.<br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles…<br><strong>Fred</strong> – Il y avait un type dans ma classe qui se disait communiste. Le genre très bon élève, tu vois, mais très engagé politiquement. Je lui ai demandé pourquoi il refusait de participer à notre mouvement de protestation. Tu sais ce qu’il m’a répondu ?<br><strong>Vincent</strong> – Non.<br><strong>Fred</strong> – Il m’a dit : C’est une rébellion, pas une révolution…<br><strong>Vincent</strong> – Ah ouais…<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas où il en est aujourd’hui avec sa révolution. Moi j’essaie de rester un rebelle.<br><strong>Vincent</strong> – Et comment ça s’est terminé votre rébellion ?<br><strong>Fred</strong> – J’espérais me faire virer, mais non. Même pas. On s’est fait coller pendant quatre week-ends de suite.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, je m’en souviens. On ne t’avait pas vu pendant un bon bout de temps.<br><strong>Fred</strong> – Je me suis juré qu’après le bac, je ne laisserai plus personne m’enfermer quelque part. Et surtout pas dans un bureau…<br><strong>Vincent</strong> – Ouais.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne te fait pas flipper, toi, la perspective de finir ta vie dans une banque ?<br><strong>Vincent</strong> – Qu’est-ce que tu veux… Je ne suis pas aussi beau que toi, moi. Si je veux trouver des gonzesses, je ne peux pas compter que sur mon physique. Alors il faut que je me fasse un max de fric…<br><strong>Fred</strong> – Je vais en profiter pendant que je suis encore jeune et beau, alors… Après… je miserai tout sur l’humour.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu viendras quand même en Normandie pour mon anniversaire ? C’est dans quinze jours.<br><strong>Fred</strong> – Évidemment.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Nickel.<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que tu voulais, non ? Partir d’ici. Découvrir le monde.<br><strong>Fred</strong> – Ouais… Dans trois semaines, à moi l’Amérique ! Je vous enverrai des cartes postales, c’est promis.<br><strong>Vincent</strong> – Et puis on se reverra.<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr…<br><em>Ils échangent un regard qui en dit long.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La mer</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La mer, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis à une table de café, il paraît au moins la cinquantaine et porte des vêtements démodés. Une valise désuète est posée à ses pieds. Il regarde fixement devant lui, en direction de la salle. Une serveuse, la trentaine, arrive et nettoie une autre table. Elle essaie dʼattirer son attention, sans oser le déranger. Lʼhomme ne prête pas attention à elle. Elle finit par sʼapprocher.<br></em><strong>Femme</strong> – Excusez-moi, mais… je termine mon service dans cinq minutes. Je vais devoir vous encaisser.<br><em>Lʼhomme lʼaperçoit enfin et revient à la réalité.</em><br><strong>Homme</strong> – Je… Je vais y aller, bien sûr.<br><strong>Femme</strong> – Ah non, mais vous pouvez rester ! On est ouvert jusquʼà minuit. Cʼest juste que… Il faut que je fasse ma caisse.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><em>Il sort de sa poche un billet quʼil pose sur la table. La femme regarde le billet avec curiosité.</em><br><strong>Femme</strong> – Pardon, mais… On est passé à lʼeuro il y a déjà plus de vingt ans, vous savez…<br><em>Lʼhomme regarde le billet, prenant conscience de son erreur.</em><br><strong>Homme</strong> – Je suis vraiment désolé…<br><em>Il reprend le billet et en sort un autre quʼil pose sur la table.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous nʼavez pas plus petit…<br><strong>Homme</strong> – Cʼest tout ce que jʼai sur moi.<br><strong>Femme</strong> – Pas de problème, je vous ramène la monnaie tout de suite.<br><strong>Homme</strong> – Ne vous dérangez pas… Gardez le tout.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest un billet de 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et votre café, cʼest deux euros.<br><em>Il regarde à nouveau fixement devant lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Ça fait combien de temps que je suis assis à cette table ?<br><strong>Femme</strong> – Je dirais… sept ou huit heures. Vous étiez mon premier client quand jʼai commencé mon service à midi.<br><strong>Homme</strong> – Et vous ne mʼavez rien dit.<br><strong>Femme</strong> – Vous dire quoi ?<br><strong>Homme</strong> – De renouveler ma consommation, par exemple … ou de partir.<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas le genre de la maison. Vous prenez un café, vous pouvez rester là jusquʼà la fermeture si vous voulez.<br><strong>Homme</strong> – Gardez la monnaie, je vous en prie.<br><strong>Femme</strong> – Bon… Merci… Il y a déjà quelque temps que je fais ce métier… Cʼest le plus gros pourboire quʼon mʼait jamais donné. Surtout pour un simple café.<br><strong>Homme</strong> – Ça me fait plaisir, je vous assure.<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas osé vous déranger avant, vous aviez lʼair tellement… perdu dans vos pensées. Vous êtes en vacances ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai lʼair dʼêtre en vacances ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas…Je disais ça…à cause de la valise.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La valise.<br><strong>Femme</strong> – Vous cherchez un hôtel ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Bon, eh bien… À une autre fois, peut-être…<br><strong>Homme</strong> – Peut-être.<br><em>Il se replonge dans sa contemplation. Elle sʼapprête à partir mais se ravise.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne voudrais pas être indiscrète mais… quʼest-ce que vous regardez comme ça fixement, depuis huit heures dʼaffilée. Je ne suis même pas sûre de vous avoir vu cligner des yeux…<br><strong>Homme</strong> – Je regarde la mer.<br><strong>Femme</strong> – La mer ?<br><strong>Homme</strong> – La mer, à lʼendroit précis où elle rejoint lʼhorizon.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord.<br><strong>Homme</strong> – Vous ne regardez jamais la mer ?<br><strong>Femme</strong> – Non. Enfin… jamais aussi longtemps en tout cas. Jamais comme ça. Et puis… je nʼai pas beaucoup le temps.<br>Homme – Cʼest dommage… Je veux dire… que vous nʼayez pas le temps.<br><strong>Femme</strong> – La mer, ici, je la vois huit heures par jour toute lʼannée… Pour moi, ça me rappellerait plutôt le boulot… Le week-end, jʼessaie de regarder autre chose.<br><strong>Homme</strong> – Et quʼest-ce que vous regardez, le week-end ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas… La télé…<br><strong>Homme</strong> – Bien sûr.<br><em>Elle semble un peu gênée.</em><br><strong>Femme</strong> – Non, mais il mʼarrive aussi de regarder autre chose que la télé… Pas forcément la mer mais… Je ne sais pas, moi… Quand je suis en vacances… la montagne, par exemple.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La montagne…<br><strong>Femme</strong> – Donc, vous, cʼest la mer.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Et… pourquoi la mer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer, non ?<br><strong>Femme</strong> – Tout ?<br><strong>Homme</strong> – Il y a des millions dʼannées, cʼest de la mer que sont sortis les premiers vertébrés, dont certains allaient devenir des hommes.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui…<br><strong>Homme</strong> – Des hommes qui allaient coloniser toutes les terres émergées, jusquʼà conduire la planète au bord de lʼapocalypse.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer. Le meilleur comme le pire.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, vous nʼavez pas tort. Avant de venir sʼasseoir à cette terrasse, la plupart de mes clients sortent de lʼeau. Et je peux vous dire que là aussi, cʼest le meilleur comme le pire.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr moi-même de faire partie du meilleur.<br><strong>Femme</strong> – Vu le pourboire que vous mʼavez laissé, croyez-moi, jʼai vu pire.<br><strong>Homme</strong> – Mais vous ne savez pas dʼoù vient cet argent.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest important ?<br><strong>Homme</strong> – Pour certains, oui.<br><strong>Femme</strong> – Pour moi, 50 euros, cʼest 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… enfin je crois.<br><strong>Homme</strong> – Et si cet argent, je ne lʼavais pas gagné honnêtement ?<br><strong>Femme</strong> – Votre argent vaut bien celui dʼun autre. Si dans le commerce on nʼacceptait que lʼargent gagné honnêtement, on ne ferait pas un gros chiffre dʼaffaires…<br><strong>Homme</strong> – Tout lʼargent que je possède aujourdʼhui, je lʼai volé.<br><strong>Femme</strong> – Volé ?<br><strong>Homme</strong> – Un braquage, qui a mal tourné malheureusement. Un homme est mort. Un policier. Il avait une femme, et deux enfants…<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vous qui lʼavez tué ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais ça ne change rien. En tout cas, pour les juges, ça nʼa rien changé.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez payé votre dette à la société, comme on dit.<br><strong>Homme</strong> – Jʼai donné trente ans de ma vie pour ce meurtre que je nʼavais pas commis. Et jʼai gardé cet argent qui nʼétait pas à moi. Jʼespérais pouvoir racheter toutes ces années perdues.<br><strong>Femme</strong> – Certains donnent quarante ans de leur vie pour sʼacheter une retraite, vous savez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Pendant toutes ces années, je nʼai jamais vu plus loin que les quatre murs de ma cellule… Vous avez quel âge ?<br><strong>Femme</strong> – Trente ans…<br><strong>Homme</strong> – On mʼa libéré ce matin… Je suis allé déterrer mon butin que jʼavais planqué dans un cimetière. Les billets étaient comme neufs. Lʼargent, ça ne vieillit pas.<br><strong>Femme</strong> – Et après ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai pris un train pour aller voir la mer.<br><strong>Femme</strong> – Je comprends mieux pourquoi vous la regardiez comme ça.<br><strong>Homme</strong> – Comme un homme qui nʼa pas vu une femme depuis des années, et quand il en revoit une enfin, il peut seulement la regarder. En ayant perdu tout désir de la posséder.<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes libre, maintenant.<br><strong>Homme</strong> – Pour la liberté, cʼest pareil. Quand on en a été privé trop longtemps, et quʼon vous la rend tout dʼun coup, vous ne savez plus quoi en faire.<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes même pas baigné.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore nager.<br><strong>Femme</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Croyez-moi, donner sa vie pour une valise pleine de billets, cʼest trop cher payé. Je ne vaux plus rien, et cet argent nʼa plus aucune valeur…<br><strong>Femme</strong> – Vous voulez dire que… cette valise est pleine de billets ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je regarderai la mer en face jusquʼà la tombée de la nuit. Jusquʼà ce que le ciel à lʼhorizon se confonde avec elle.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite ?<br><strong>Homme</strong> – Nous venons tous de la mer. Ce soir jʼy retourne.<br><em>Lʼhomme se lève pour partir. Elle le regarde sʼéloigner, ne sachant pas quoi dire pour le retenir. Puis elle aperçoit la valise.</em><br><strong>Femme</strong> – Monsieur ! Vous oubliez votre valise !<br><strong>Homme</strong> – Je vous la laisse. Mais souvenez-vous. Lʼargent ne vaut rien quand cʼest soi-même quʼon veut racheter.<br><em>Il part. Elle regarde la valise, hésite et finit par lʼouvrir. Elle en sort une liasse de billets.</em><br><strong>Femme</strong> – Des francs…<br><em>Noir</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Comme une porte de prison</title>
		<link>https://sketchotheque.net/comme-une-porte-de-prison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 11:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme une porte de prison, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le deuxième boucle une valise.<br></em><strong>Un</strong> – Alors ça y est, c’est le grand jour ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… L’heure de la libération a sonné.<br><strong>Un</strong> – Quarante ans…<br><strong>Deux</strong> – Presque perpète.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas humain. Quel que soit son crime, personne ne mérite ça. <br><strong>Deux</strong> – Et moi, en plus, je suis innocent.<br><strong>Un</strong> – On dit tous ça…<br><strong>Deux</strong> – Il te reste combien de temps à tirer, toi ?<br><strong>Un</strong> – Vingt-cinq ans, sept mois et trois jours.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as pas oublié les années bissextiles ?<br><strong>Un</strong> – Je déteste les années bissextiles…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, moi, je vais les aimer un peu plus.<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce que tu vas faire de ta liberté ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Je n’ai plus l’habitude…<br><strong>Un</strong> – Tu ne vas pas faire une connerie, au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Quelle connerie ?<br><strong>Un</strong> – Le genre de conneries qui te ramènerait ici.<br><strong>Deux</strong> – Non, rassure-toi.<br><strong>Un</strong> – Tu ne nous oublieras pas ?<br><strong>Deux</strong> – Mais non, bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Pour ce qui est de venir nous rendre visite, je ne t’en demande pas tant. <br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ça nous ferait du mal à tous les deux.<br><strong>Un</strong> – Tu vas me manquer.<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi… Même si j’aurais préféré qu’on se rencontre ailleurs.<br><strong>Un</strong> – C’est à quelle heure exactement, la levée d’écrou ?<br><strong>Deux</strong> – À 17 heures.<br><strong>Un</strong> – On vient te chercher, ou bien…<br><strong>Deux</strong> – Personne ne vient me chercher. Je prends mes affaires, et je pars en métro tout seul. Comme un grand.<br><strong>Un</strong> – Tant qu’on a la santé…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Quarante ans, et tout ça tient dans cette vieille valoche. Tu te rends compte ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Je suis arrivé ici sans aucun bagage. Et je repars avec la même petite valise.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que tu n’as rien oublié ?<br><strong>Deux</strong> – Je te laisse la machine à café…<br><strong>Un</strong> – C’est gentil.<br><strong>Deux</strong> – Moi, le café, maintenant, c’est au bistrot du coin que je le prendrai. <br><strong>Un</strong> – Tu as de la chance…<br><strong>Deux</strong> – Hélas, je le prendrai sûrement tout seul. Depuis le temps, tu penses bien. Je ne connais plus personne.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr qu’il n’a pas fermé, le bistrot du coin ? <br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Ils ferment tous, les uns après les autres.<br><strong>Deux</strong> – Quand j’étais gamin, ce café, c’était la maison des jeunes. On se retrouvait tous autour du babyfoot. Le patron n’avait pas son BAFA, mais quand on lui manquait de respect, il savait distribuer quelques baffes.<br><strong>Un</strong> – Si on n’avait pas fait autant de conneries quand on était jeunes, on n’aurait pas fini là…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. On serait devenus banquier ou avocat. <br><strong>Un</strong> – Enfin, il est trop tard… Les jeux sont faits.<br><strong>Deux</strong> – Et rien ne va plus.<br><strong>Un</strong> – Le directeur n’a pas demandé à te voir ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Organiser un pot de départ ? <br><strong>Un</strong> – Tu as raison. Barre-toi sans dire au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Pour ce qui est de le revoir, je préférerais éviter. <br><strong>Un</strong> – Allez, je crois que cette fois, c’est l’heure.<br><strong>Deux</strong> – Quand faut y aller, faut y aller.<br><em>Ils s’étreignent avec émotion.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors… Profite bien de ta retraite, mon vieux !<br><strong>Deux</strong> – Je vais essayer…<br><em>Le deuxième sort avec sa valise. Le premier reste là. </em><br><strong>Un</strong> – Putain… Encore vingt-cinq ans à tirer.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="344" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Des Valises sous les yeux de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-488" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez-300x258.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Sur l’herbe</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sur-lherbe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 10:04:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Herbe]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=977</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sur l'herbe, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un autre arrive avec une valise.<br></em><strong>Un</strong> – Où est-ce que tu vas avec cette valise ?<br><strong>Deux</strong> – Nulle part… Je viens de l’acheter. Elle était en solde.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Tu pars en voyage ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi tu as acheté une valise ?<br><strong>Deux</strong> – Je te l’ai dit, elle était en solde.<br><strong>Un</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Ça s’arrange pas, toi.<br><strong>Deux</strong> – Une valise, ça peut toujours servir, non ?<br><strong>Un</strong> – À quoi ? Si ce n’est pas pour partir quelque part.<br><strong>Deux</strong> – Où veux-tu que j’aille ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… C’est toi qui as acheté une valise. Tu es con, ou quoi ? <br><strong>Deux</strong> – On peut parler, non ?<br><strong>Un</strong> – De quoi?<br><strong>Deux</strong> – Où tu irais, toi, si tu avais une valise ?<br><strong>Un</strong> – Si j’avais une valise ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as une valise ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux que je foute avec une valise ?<br><strong>Deux</strong> – Tu pourrais partir quelque part…<br><strong>Un</strong> – Où ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas moi…<br><strong>Un</strong> – De toute façon, je n’ai pas de valise.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux que je te prête la mienne ?<br><strong>Un</strong> – Pour quoi faire ?<br><strong>Deux</strong> – Au cas où tu voudrais aller quelque part.<br><em>L’autre le regarde avec stupéfaction.</em><br><strong>Un</strong> – Non mais où on va, là ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. En tout cas, on a déjà la valise.<br><strong>Un</strong> – On n’est pas bien ici ?<br><strong>Deux</strong> – Si, ouais… Enfin… On ne sait pas comment c’est ailleurs, non plus. <br><strong>Un</strong> – Ailleurs ?<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être mieux.<br><strong>Un</strong> – Ailleurs, c’est peut-être mieux ?<br><strong>Deux</strong> – Ben ouais ! Non ? Puisqu’on n’y est jamais allé. On n’a jamais bougé d’ici. <br><strong>Un</strong> – Ouais, enfin… Tu sais ce qu’on dit…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ailleurs, l’herbe est plus verte.<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas dire qu’ici, il y ait beaucoup d’herbe. <br><em>L’autre regarde autour de lui.<br></em><strong>Un</strong> – Oui, remarque, ce n’est pas faux.<br><strong>Deux</strong> – On pourrait aller là où il y a de l’herbe.<br><strong>Un</strong> – À la campagne, tu veux dire ?<br><strong>Deux</strong> – Là où il y a de l’herbe.<br><strong>Un</strong> – Pour quoi faire.<br><strong>Deux</strong> – Pour s’allonger dedans. Je ne me souviens plus depuis combien de temps je ne me suis pas allongé dans l’herbe.<br><strong>Un</strong> – De l’herbe, on en vend ici, mais ce n’est pas pour s’allonger dedans. <br><strong>Deux</strong> – Ça reviendrait trop cher.<br><strong>Un</strong> – Il y a un carré de pelouse sur l’esplanade de la mairie.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais il y a plein de crottes de chiens.<br><strong>Un</strong> – Ouais… Et on n’a même pas le droit de se rouler dedans. <br><strong>Deux</strong> – Se rouler dans quoi ?<br><strong>Un</strong> – Dans la pelouse !<br><strong>Deux</strong> – Se rouler dans la pelouse ?<br><strong>Un</strong> – Ça se dit, ça ? Se rouler dans la pelouse?<br><strong>Deux</strong> – Tu vois bien! Non seulement on n’a pas le droit de le faire, mais on n’a même pas le droit de le dire. Alors on y va ?<br><strong>Un</strong> – Où ça ?<br><strong>Deux</strong> – À la campagne !<br><strong>Un</strong> – La campagne, c’est vague… Ça commence où la campagne ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Là où s’arrête le RER, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Bon… Pourquoi pas ? On ira jusqu’au terminus alors. On verra bien si on arrive à la campagne.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’on met dans la valise ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’on mette dans la valise ? Pour prendre le RER…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Si on trouve quelque chose d’intéressant à ramener de là-bas, on pourra toujours le mettre dans la valise.<br><strong>Un</strong> – Quelle ligne on prend ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Celle qui va dans le sud, tant qu’à faire… <br><strong>Un</strong> – RER B.<br><strong>Deux</strong> – Direction Saint-Rémy-lès-Chevreuse.<br><strong>Un</strong> – Bon… Alors on se fait la valise.<br><strong>Deux</strong> – Je dirais même plus, on se fait la malle.<br><em>Ils sortent.</em><br><em>Noir.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Retraite</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retraite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:21:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retraite, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un PDG arrive accompagné d’un autre personnage, homme ou femme.</em><br><strong>PDG</strong> – Alors mon vieux, qu’est-ce que vous allez faire maintenant que vous êtes à la retraite ?<br><strong>Dany</strong> – Oh vous savez, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer.<br><strong>PDG</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Dany</strong> – Je ferai tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire jusqu’ici.<br><strong>PDG</strong> – Ah oui ? Quoi par exemple ?<br><strong>Dany</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>PDG</strong> – Faire du vélo ? Aller à la pêche ? Jouer aux boules ?<br><strong>Dany</strong> – Pourquoi pas, oui…<br><strong>PDG</strong> – Moi je dis que vous allez vous emmerder, mon vieux, vous verrez.<br><strong>Dany</strong> – Au début, peut-être un peu.<br><strong>PDG</strong> – Le boulot, c’est pire que le tabac, question accoutumance. On ne devrait jamais commencer. Après il est trop tard. C’est l’addiction. La dépendance.<br><strong>Dany</strong> – Alors je prendrai la retraite comme une cure de désintoxication.<br><strong>PDG</strong> – La retraite, c’est comme les 35 heures, ça ne devrait pas exister. D’ailleurs, ça n’existe déjà presque plus. Vous serez peut-être le dernier à profiter de cette aberration.<br><strong>Dany</strong> – Vous croyez ?<br><strong>PDG</strong> – Aujourd’hui, les gens vivent jusqu’à plus de cent ans, et ils meurent en bonne santé. Vous vous sentez vieux, vous, mon vieux ?<br><strong>Dany</strong> – Mon Dieu…<br><strong>PDG</strong> – D’accord, vous n’avez pas autant la niaque qu’un type de vingt ans, et vous nous coûtez beaucoup plus cher, mais bon… On pourrait vous trouver un petit boulot subalterne payé au SMIC pour terminer votre carrière sur terre. Ou même un travail bénévole, tiens. Ça vous dirait de travailler à la cantine ? On manque de personnel à la plonge.<br><strong>Dany</strong> – Ma foi…<br><strong>PDG</strong> – Mais je déconne, mon vieux ! Vous croyez tout ce qu’on vous dit, vous, hein ? Ça on peut dire que vous n’êtes pas contrariant. (<em>Le PDG s’approche du bord de la scène</em>) Il y a une vue magnifique, d’ici, je n’avais jamais remarqué…<br><em>L’autre s’avance derrière lui les bras tendus pour le pousser. Mais le PDG se retourne et interprète son geste comme une tentative pour l’embrasser.</em><br><strong>PDG</strong> – Allez mon vieux, il ne faut pas être aussi sensible.<br><em>Il le prend dans ses bras et l’étreint un instant.</em><br><strong>PDG</strong> – On va vous regretter. Des types comme vous, on n’en fait plus, heureusement. Profitez bien de votre retraite, elle nous coûte assez cher comme ça.<br><strong>Dany</strong> – Merci Monsieur le Président.<br><em>Le PDG commence à s’éloigner.</em><br><strong>Dany</strong> – Monsieur le Président !<br><strong>PDG</strong> – Oui ?<br><strong>Dany</strong> – Merde !<br><strong>PDG</strong> – Comme au théâtre, alors ? Merci de me souhaiter bonne chance, mon vieux.<br><em>Le PDG s’en va.</em><br><strong>Dany</strong> – Je n’aurais même pas réussi à lui dire merde avant de partir…<br><em>Il sort. Arrivent deux personnages, hommes ou femmes. Ils se mettent à vapoter.</em><br><strong>Micky</strong> – Ça fait longtemps que tu bosses ici ?<br><strong>Rapha</strong> – C’est mon premier jour. Et toi ?<br><strong>Micky</strong> – Moi aussi. Et je crois que ça va être le dernier.<br><strong>Rapha</strong> – Tu es en intérim ?<br><strong>Micky</strong> – Non mais je viens de dire merde à mon patron.<br><strong>Rapha</strong> – Tu aurais dû attendre la fin de ta période d’essai.<br><strong>Micky</strong> – Temporiser, ce n’est pas mon style. Je suis un impulsif.<br><strong>Rapha</strong> – Et qu’est-ce que tu vas faire, alors ?<br><strong>Micky</strong> – Je vais peut-être me barrer à l’étranger.<br><strong>Rapha</strong> – Ah oui ? Où ça ?<br><strong>Micky</strong> – Je ne sais pas. En Chine, peut-être.<br><strong>Rapha</strong> – Tu parles chinois ?<br><strong>Micky</strong> – J’apprendrai. La Chine, c’est là-bas que ça se passe, maintenant, non ?<br><strong>Rapha</strong> – Ouais, peut-être.<br><strong>Micky</strong> – Tu veux qu’on bouffe ensemble à midi. J’écoulerai mes derniers tickets restaurant…<br><strong>Rapha</strong> – OK.<br><strong>Micky</strong> – On bouffera chinois.<br><strong>Rapha</strong> – Comme ça tu pourras commencer à apprendre la langue.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trinité</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trinite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Robot]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=809</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trinité, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Trois hommes ou femmes, habillés de façon similaire, à l’exception des inscriptions sur leurs tee-shirts : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils restent un moment immobiles.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous savez quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Il paraît qu’avant d’être des robots, on était des animaux nous aussi.<br><strong>Un</strong> – Des animaux ?<br><strong>Deux</strong> – Ben vous savez… Comme des robots, mais que personne n’a fabriqué.<br><strong>Trois</strong> – Tu veux dire des robots… sauvages ? Comme il y en avait autrefois sur certaines planètes ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai entendu ça dans une émission à la télé.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, remarque, si on y pense… Qui a fabriqué le premier robot ?<br><strong>Trois</strong> – Le premier robot ?<br><strong>Deux</strong> – Celui qui a fabriqué le deuxième.<br><strong>Trois</strong> – Pas un animal, en tout cas. Comment veux-tu qu’un animal fabrique un robot ?<br><strong>Un</strong> – L’émission parlait d’un chaînon manquant entre l’animal et le robot. Une sorte de grand singe, mais plus intelligent.<br><strong>Trois</strong> – Un singe qui fabrique des robots… N’importe quoi !<br><strong>Un</strong> – Oui, tu as raison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis nous, personne ne nous a fabriqués, non ?<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Trois</strong> – C’est nous qui avons créé tout ça !<br><strong>Deux</strong> – Nous on a toujours été là.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Mais bien sûr ! Les animaux aussi, c’est nous qui les avons fabriqués. Comme tout le reste !<br><strong>Trois</strong> – Et puis nous, notre problème, ce n’est pas de savoir d’où on vient. C’est de savoir où on va.<br><strong>Deux</strong> – Et où on va, au fait ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien.<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’on y est déjà arrivé.<br><strong>Deux</strong> – Arrivé où ?<br><strong>Un</strong> – Au bout de l’évolution.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas que ce serait aussi long, la fin du monde… C’est long, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est très très long.<br><strong>Trois</strong> – Beaucoup plus long que le début, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, dans les vieux films à la télé, la fin du monde ça arrive toujours d’un seul coup.<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’en réalité, ça dure une éternité.<br><em>Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Ça vient d’où, ces tee-shirts à la con ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien non plus.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et la fin du monde, c’était prévu pour quelle heure à peu près ?<br><strong>Trois</strong> – Trois heures.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est peut-être plus la peine d’attendre, alors.<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><em>Ils se lèvent.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être devenus des dieux, en fait.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir…<br><em>Ils se retournent pour partir, et on peut lire sur le dos de leurs tee-shirts : Père, Fils, Saint-Esprit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/trinite/">Trinité</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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