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	<title>Archives des Inégalités sociales - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Inégalités sociales - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Le ménage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:50:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ménage, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Faire le ménage, ce n’est pas que ça m’amuse. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un de ces vieux garçons maniérés, adeptes de l’encaustique, qui s’adonnent dans l’intimité de leur chez-soi aux plaisirs du patin sur parquet. Il me semble, néanmoins, qu’il y a une certaine grandeur discrète à balayer devant sa porte. À tenir fermement le manche à balai, on reste bien arrimé à la réalité. Poussières nous sommes et nous retournerons faire les poussières. Récurer soi-même la cuvette de ses chiottes, ça oblige à une certaine humilité. Une certaine modestie. J’ose le dire, même, faire son propre ménage relève d’une bonne hygiène mentale, et préserve de bien des folies. Je ne parle pas des petites manies individuelles. Le Docteur Petiot était plutôt un homme d’intérieur, Monsieur Landru du genre homme au foyer. Ça ne les a pas empêchés de se laisser aller à quelques excès. Mais dans un cadre strictement privé ! Non, je parle de la défense de la démocratie. La serpillière, c’est le dernier rempart contre la tyrannie. Hitler aurait-il envahi la Pologne s’il avait dû passer un coup d’aspirateur avant&nbsp;? Pol Pot aurait-il exterminé son propre peuple avec autant d’entrain s’il avait pu chez lui s’employer à chasser les moutons au plafond ? Non, on n’a jamais vu un dictateur faire la popote lui-même. Prendre un employé de maison, c’est se rêver déjà en tyran domestique. C’est le premier pas vers la mégalomanie. C’est l’annexion symbolique du Portugal ! Le génie, en revanche, n’est pas l’ennemi des arts ménagers. On imagine très bien Archimède ayant l’idée de son théorème debout devant son évier avec ses gants en caoutchouc&nbsp;: toute main plongée dans l’eau subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids de l’eau de vaisselle déplacée. Et s’il y a autant de plats à fruits, d’épluchures de légumes et autres steaks saignants parmi les natures mortes qu’on voit dans les musées, c’est que les grands maîtres de la peinture passaient pas mal de temps dans leur cuisine. Embaucher une femme de ménage, croyez-moi, c’est une paresse intellectuelle. Que dis-je&nbsp;? C’est le péché originel&nbsp;! Le premier renoncement à ses responsabilités d’homme ouvrant la porte à toutes les démissions futures. Le petit arrangement avec sa conscience autorisant toutes les compromissions à venir. C’est l’origine du capitalisme ! Le début de l’exploitation de l’homme par l’homme. Enfin de la femme de ménage par l’homme, ou par l’executive woman, qui vous en conviendrez, n’est déjà plus tout à fait une femme. Car il faut au moins avoir l’honnêteté de contempler la vérité en face : le grand ménage que vous refusez de faire chez vous par crainte de vous salir les mains, il faudra bien qu’un autre le fasse à votre place. La pierre ponce que vous rechignez à saisir de crainte de vous abîmer l’épiderme, un autre Pilate devra la manier pour vous. Un autre que vous mépriserez pour sa servilité, ou pour le moins que vous regarderez avec condescendance, afin de lui faire payer votre propre lâcheté. Pourquoi, à votre avis, paye-t-on toujours sa femme de ménage au noir&nbsp;? Et sans aucun scrupule, de surcroît. Parce qu’on ne peut pas envisager sérieusement que de faire le ménage chez les autres soit un véritable métier. Encore moins un travail méritant salaire et ouvrant à des droits sociaux. Alors on cherche un alibi. On se dit que si on n’avait pas mieux à faire, sûr qu’on s’y collerait soi-même, à laver les carreaux de la salle à manger et à briquer la lunette des toilettes. Que si on préfère laisser ça à une tierce personne, ce n’est pas par fainéantise, au contraire. C’est par dévouement. Presque par abnégation&nbsp;! Pour ne pas léser le reste de l’humanité des nombreux bienfaits qu’on ne pourrait pas lui apporter si on était obligé de faire le ménage à la place. Vous voyez où je voulais en venir quand je parlais d’humilité… D’accord, on ne peut pas aller contre la nature, non plus. Il est évident qu’un homme, normalement constitué, n’est pas génétiquement équipé pour manier le fer à repasser à vapeur. Mais bon… C’est bien pour ça que la société a inventé le mariage. Se répartir les tâches ménagères, oui. Mais que chacun conserve sa dignité. Alors, dans cette noble servitude domestique partagée, le couple pourra redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un ménage. Voltaire n’a-t-il pas dit qu’il fallait cultiver son jardin? Il n’a pas cru bon d’ajouter qu’il fallait aussi éplucher ses légumes, se servir la soupe, et nettoyer les bols après, mais c’était sous-entendu. En vérité je vous le dis, la femme de ménage n’est pas du tout l’avenir de l’homme. Et quand les grands de ce monde seront contraints par la constitution à faire eux-mêmes leurs petites lessives, c’est l’humanité toute entière qui sentira bon la lavande.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Richophobie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/richophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 14:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
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		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richophobie, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Pardon, mais avant de commencer, je voudrais vous poser une petite question. Non mais rassurez-vous, ce n’est pas pour un sondage. Parce que j’en connais des comédiens comme moi, qui profitent du système. On le connaît tous, le truc. Ils prétendent faire un one man show, ils rameutent leurs amis dans un théâtre en leur vendant des places sur billetreduc. En réalité, ils travaillent pour un institut de sondage, et ils en profitent pour vous administrer un questionnaire interminable. Il faut bien dire que le système entretient la confusion, aussi&nbsp;: maintenant tous ceux qui font des petits boulots sont payés comme intermittents. Il paraît que ça coûte moins cher à la société. Ça doit être ça qu’on appelle la société du spectacle. Bref, je vous rassure, ma question est parfaitement gratuite et tout à fait désintéressée. Alors voilà. Est-ce qu’il y a des riches dans cette salle&nbsp;? Personne&nbsp;? Non, mais rassurez-vous, je ne suis pas non plus payé pour dénoncer au Trésor Public ceux qui auraient oublié de payer leur ISF. Non, vraiment&nbsp;? Aucun riche&nbsp;? Bon. Dans ce cas, je vais pouvoir vous exposer mon petit problème sans choquer personne. Alors voilà. Parfois, je me demande si je suis tout à fait normal. Tout le monde est supposé envier les riches, non&nbsp;? Vous aussi, j’imagine. Eh bien pour moi, je ne sais pas pourquoi, la richesse c’est un peu comme une maladie honteuse. Une maladie socialement transmissible, si vous préférez. Une saloperie qu’on attrape par des rapports non protégés avec de pauvres gens déjà atteints de cette affection. Je ne sais pas, la richesse, ça me dégoûte un peu. Oui. Les riches m’inspirent une sorte de mépris apitoyé. C’est ça qu’on appelle la condescendance, je crois. Oui, c’est ça. Je porte sur les gens riches un regard condescendant. Non mais j’ai bien conscience que c’est absolument déplacé. Ce sont les riches qui devraient me regarder de haut. Puisque je n’ai pas réussi à devenir comme eux. Tout le monde a envie de devenir riche, non&nbsp;? À part ceux qui le sont déjà, évidemment. Et encore. Ceux-là ont sûrement envie d’être encore plus riches. C’est addictif, l’argent, vous savez&nbsp;? Et on est toujours le pauvre de quelqu’un. Regardez, à chaque fois qu’un Président de la République est élu en France, il commence par relever le seuil de l’ISF juste au-dessus du montant supposé de son propre patrimoine. Histoire qu’on ne l’accuse pas de faire partie des gens riches, justement. La preuve que ce n’est pas si glorieux que ça. Mais j’en reviens aux riches, les vrais. Pas ceux qui ont juste atteint le seuil de la richesse, comme d’autres s’enfoncent sous le seuil de la pauvreté. Non, ceux pour lesquels il n’y a pas photo. Les millionnaires, comme on disait autrefois, du temps des anciens francs. Eh oui, à cette époque-là, c’était beaucoup plus facile d’être millionnaire, évidemment. Cent fois plus facile qu’avec les nouveaux francs. Donc presque sept cents fois plus facile que depuis le passage à l’euro. Vous vous rendez compte&nbsp;? À cette époque là, on était millionnaire pour à peine plus de 150.000 euros. Vous êtes toujours sûrs qu’il n’y a aucun millionnaire dans la salle&nbsp;? Même en anciens francs&nbsp;? Même à crédit&nbsp;? Dans ce cas, c’est que vous êtes locataires et que vous habitez dans un HLM. Parce que maintenant, si vous êtes propriétaire d’une chambre de bonne à Paris, vous êtes forcément millionnaire en anciens francs. Au prix où est le mètre carré dans la capitale. Ce n’est pas formidable, ça&nbsp;? On n’a peut-être pas réussi à inverser la courbe du chômage, mais aujourd’hui, une simple bonne, propriétaire de sa chambre mansardée au septième étage sans ascenseur est virtuellement millionnaire. À condition de la revendre à un autre millionnaire pour aller prendre sa place sous les ponts, bien sûr… C’est pour ça que les millionnaires, c’est fini. Pour être riche, aujourd’hui, il faut être milliardaire. En ancien francs en tout cas. C’est l’inflation. La bulle immobilière, comme on dit. Mais les bulles, on sait bien à qui ça profite. Pendant que les pauvres se contentent d’une aspirine effervescente non remboursée par la Sécu pour faire passer leur gueule de bois, les riches s’enfilent des magnums de champagne duty free pour faire passer leur caviar. La bulle immobilière, c’est surtout le rétablissement de l’esclavage, oui. Au temps d’Autant en emporte le vent, les esclaves, au moins, ils étaient en CDI. Les Noirs travaillaient gratuitement pour un vaste domaine colonial. Les esclaves d’aujourd’hui travaillent au noir pour rembourser le crédit de leur minuscule appartement. Et pour espérer être affranchis, ils doivent payer leur vie durant deux SMIC par mois à leur banque… alors qu’ils n’en gagnent qu’un seul. Bon, mais où je voulais en venir, avec tout ça&nbsp;? Ah oui, les riches&nbsp;? Non mais franchement. Vous les enviez vraiment, vous, ces pauvres gens&nbsp;? Après un déjeuner à la Tour d’Argent, pour rentrer à Neuilly, devoir remonter toute la rue du Faubourg Saint-Honoré en Ferrari, alors qu’on a déjà du mal à circuler en Vélib&nbsp;? Merci, très peu pour moi. Non, et puis il y a un gros inconvénient à être riche, c’est qu’on ne peut plus fréquenter que des gens riches. Ben oui, quand vous êtes milliardaire, vous ne pouvez pas partir en vacances avec un pote smicard. Ça fausse les rapports, forcément. D’accord, quand vous êtes pauvres, c’est pareil. Vous êtes condamnés à rester entre vous. Mais moi je dis que les pauvres sont beaucoup plus marrants. Il y en a même de très sympas, j’en connais. Pas prétentieux, ni rien. OK, tous les riches ne sont pas pareils, c’est vrai. Il y en a qui sont pires que les autres. Le nouveau riche, surtout, qui n’a pas encore l’habitude. La richesse, c’est un mode de vie, vous comprenez. Ça s’apprend. Alors le nouveau riche, lui, il ne sait pas. Il commet des impairs évidemment, et les autres ne se gênent pas pour le lui faire sentir. Vous vous voyez, vous, dîner à la Tour d’Argent&nbsp;? On ne saurait pas comment se comporter. Vous arrivez, vous descendez de votre Ferrari, un voiturier vous tend la main pour prendre vos clefs de bagnole et aller la mettre au garage pendant que vous vous tapez la cloche avec un top model. Vous vous imaginez donner les clefs de votre Twingo à un inconnu avant d’aller vous taper le boudin à l’ardoise au bistrot du coin&nbsp;? Vous auriez trop peur qu’il ne revienne jamais avec votre caisse pourrie dont vous n’avez même pas fini de payer les traites. Alors une Ferrari, vous pensez bien… Non, la richesse, ça ne s’improvise pas. Ça nécessite un apprentissage. Tandis que la pauvreté, c’est naturel. Personne n’a jamais reproché à un nouveau pauvre de manquer de tact en fréquentant pour la première fois les Restos du Cœur. On sait tout de suite quelle cuillère on doit prendre pour la soupe ou pour le Flamby, il n’y en a qu’une. Et puis les nouveaux pauvres, ça n’existe pas trop, en fait. Quand on est pauvre de naissance, on le reste toute sa vie, et pour les riches, c’est pareil. Il y a des riches qui font faillite, bien sûr. Mais un riche une fois ruiné, c’est encore un type qui a beaucoup plus d’argent que vous. Ce qui m’amène d’ailleurs à vous poser une deuxième question… Est-ce qu’il y a des pauvres dans cette salle&nbsp;? Oui, je sais, si vous êtes là, c’est que vous avez pu vous payer une place de théâtre sans empiéter sur votre budget coquillettes, mais bon. Il pourrait aussi y avoir quelques invités. Non, parce que les pauvres, entre nous, il y en a des cons aussi… Pourquoi croyez-vous que les gens se traitent de pauvre con à longueur de journée&nbsp;? Le pire, il me semble, c’est le pauvre militant. Le prolétaire encarté, vous voyez&nbsp;? Celui qui est pauvre, fier de l’être, et qui voudrait que tout le monde le soit avec lui, par solidarité. Non parce qu’il n’y a pas de raison d’avoir honte d’être pauvre, d’accord, mais il n’y a pas non plus de quoi se vanter. On ne leur reproche pas d’être pauvres, ils n’ont rien fait pour mériter ça. Mais alors il faut être juste. Il ne faut pas reprocher aux riches d’être riches. La plupart d’entre eux n’ont rien fait non plus pour le devenir. L’idéal, évidemment, ce serait qu’il n’y ait ni pauvres ni riches. Que des gens comme nous, quoi. À l’aise, sans plus. Juste un million en dessous du seuil de l’ISF. Mais ça n’arrivera pas, si&nbsp;? On a déjà essayé. En Russie ou en Chine. Ça finit toujours par quelques millions de morts, et à la fin les pauvres sont encore plus pauvres et les riches encore plus riches. Et puis surtout, ce ne serait pas juste. Les pauvres n’ont pas besoin des riches pour savoir qu’ils sont pauvres, c’est un fait. Mais les riches, eux, ils ont besoin de sentir qu’il y a des pauvres pour profiter pleinement de leur richesse. Non, vous avez raison, je devrais être plus tolérant avec les riches. Et puis on ne sait jamais. Le xénophobe, il s’en fout. Il ne risque pas de devenir étranger du jour au lendemain. À condition de ne pas trop s’éloigner de chez lui. Mais le richophobe, allez savoir. Personne n’est complètement à l’abri de devenir riche. Même les comédiens… Même quand ils se font payer au chapeau. (Il tend son chapeau.) Alors&nbsp;? Vous me la montrez, la couleur de votre argent&nbsp;?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’or et l’argent</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lor-et-largent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:35:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Or]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1354</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’or et l’argent, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, visiblement désœuvrés.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on disait, déjà ?<br><strong>Deux</strong> – Rien…<br><strong>Un</strong> – Ah oui… (<em>Nouveau silence</em>) Sinon, toi, ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Et toi ? Tu as l’air soucieux…<br><strong>Un</strong> – Non, non, c’est juste que…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais plus quoi faire de mon fric.<br><strong>Deux</strong> – Tu en as tant que ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, tu es riche.<br><strong>Un</strong> – À partir de combien on est riche ?<br><strong>Deux</strong> – À partir du moment où on ne sait plus quoi faire de son fric, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Alors il faut croire que je suis riche.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as vraiment plus besoin de rien ?<br><strong>Un</strong> – J’ai déjà tout ce qu’il me faut. Je suis à l’abri du besoin, comme on dit.<br><strong>Deux</strong> – Et il n’y a plus rien qui te fasse envie ?<br><strong>Un</strong> – Malheureusement, avec l’âge, on a de plus en plus d’argent et de moins en moins d’envies.<br><strong>Deux</strong> – Achète quelque chose de beau.<br><strong>Un</strong> – Quelque chose de beau ?<br><strong>Deux</strong> – Des œuvres d’art. En plus, c’est défiscalisé.<br><strong>Un</strong> – Quoi par exemple ?<br><strong>Deux</strong> – Les tableaux, c’est ce qui prend le moins de place…<br><strong>Un</strong> – C’est fragile, les tableaux, non ?<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr. Tu n’as qu’à acheter des sculptures, alors. Le marbre, ça ne vieillit pas.<br><strong>Un</strong> – Je me demande si je ne vais pas acheter des lingots, plutôt.<br><strong>Deux</strong> – Des lingots ?<br><strong>Un</strong> – Des lingots d’or.<br><strong>Deux</strong> – Tu ne sais plus quoi faire de ton argent, alors avec ton argent, tu vas acheter de l’or ?<br><strong>Un</strong> – C’est plus solide que les tableaux, non ? Ou même que le marbre. L’or, c’est indestructible.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais les tableaux ou les sculptures, tu peux les regarder.<br><strong>Un</strong> – Les lingots aussi, tu peux les regarder.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Je n’en ai jamais vu en vrai, des lingots d’or. Si j’en avais, je suis sûr que j’aimerais bien les regarder.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Si tu avais des lingots, tu n’aimerais pas les regarder, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si, sûrement…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Des lingots, pourquoi pas…<br><strong>Deux</strong> – Sinon… tu pourrais en donner un peu, de ton argent.<br><strong>Un</strong> – En donner ? À qui ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas, moi… À ceux qui en ont moins que toi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu as moins d’argent que moi, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – Je crois que je vais acheter des lingots.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Si tu veux, tu pourras les regarder avec moi.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pauvres de nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Monaco]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1258</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pauvres de nous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, un riche et un pauvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Bonjour.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air surpris.<br><strong>Deux</strong> – Non, c’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – C’est la première fois qu’un clochard vous dit bonjour ?<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, c’est la première fois que je réponds. Ce n’est pas vraiment l’habitude, ici, de dire bonjour aux gens dans la rue. Surtout aux clochards…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les gens se méfient.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, il n’y a que des milliardaires, ici, non ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne faut pas exagérer… Il y a quelques multimillionnaires, aussi.<br><strong>Un</strong> – Les pauvres…<br><strong>Deux</strong> – On est toujours le pauvre de quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Moi je suis le pauvre de tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Justement, à ce propos…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que je suis venu faire ici, à Monaco ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je vous préviens, ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on est plus généreux avec les pauvres.<br><strong>Un</strong> – Oui, j’ai remarqué. Le café est à cinq euros au Yacht Club. Je pensais que les aumônes seraient à proportion. Mais pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Plus les gens sont riches, plus la pauvreté leur fait peur. Ils vous considèrent comme une sorte de pestiféré. Ils ont peur que ce soit contagieux.<br><strong>Un</strong> – Et pourtant, vous êtes riche, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Immensément riche.<br><strong>Un</strong> – Et vous m’avez dit bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Mais je ne vous ai encore rien donné.<br><strong>Un</strong> – On a échangé, c’est déjà un début.<br><strong>Deux</strong> – Échangé ?<br><strong>Un</strong> – On a échangé quelques mots.<br><strong>Deux</strong> – Un petit commerce, en somme.<br><strong>Un</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><strong>Deux</strong> – On peut dire ça…<br><strong>Un</strong> – Je peux vous aider ?<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, non.<br><strong>Un</strong> – Si c’est une question d’argent, en effet.<br><strong>Deux</strong> – J’ai un cancer. En phase terminale. Je n’en ai plus pour très longtemps. Je peux mourir demain. Ou après demain.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez pas de famille ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais fils unique. Mes parents sont morts. Quelques cousins très éloignés se sont manifestés, de temps en temps, mais j’ai vite compris que leur préoccupation n’était pas principalement généalogique.<br><strong>Un</strong> – Pas d’amis ?<br><strong>Deux</strong> – Les amis, vous savez, dans ma position… Quand on est milliardaire, le genre humain se divise en trois catégories : les concurrents, les employés et les clients.<br><strong>Un</strong> – Alors vous êtes un homme seul, comme moi. Parce que vous savez, la pauvreté, ce n’est pas terrible non plus pour se faire des relations.<br><strong>Deux</strong> – Les extrêmes se rejoignent… Nous étions faits pour nous rencontrer.<br><strong>Un</strong> – Qu’allez-vous faire de votre immense fortune ? Si vous n’avez ni famille, ni ami…<br><strong>Deux</strong> – Je pourrais tout vous léguer ?<br><strong>Un</strong> – Votre solitude, aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous resterez seul, mais vous aurez beaucoup de compagnie…<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne pourrais pas en profiter très longtemps.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – J’ai un cancer, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Deux</strong> – Je le suis.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – On n’est que des papillons, tous les deux, on n’a que quelques jours à vivre.<br><strong>Un</strong> – Et on ne peut même pas se reproduire.<br><strong>Deux</strong> – Laissez-moi au moins vous offrir un café.<br><strong>Un</strong> – Ce sera le café le plus cher de ma vie.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Échange standard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/echange-standard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Uchronie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/uchronie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:53:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Bateau]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Colomb]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Uchronie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1034</guid>

					<description><![CDATA[<p>Uchronie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme et une femme sont assis côte à côte. Il regarde distraitement son portable. Elle lit un livre avec un air très concentré. Elle tourne la dernière page, et met le livre de côté, songeuse. Elle reste un instant perdue dans ses pensées.<br></em><strong>Femme</strong> – Tu savais ? Christophe Colomb nʼa jamais su quʼil avait découvert lʼAmérique ?<br><strong>Homme</strong> – Comment ça…?<br><strong>Femme</strong> – Jusquʼà la date de sa mort, quatorze ans après avoir posé le pied en Amérique, et après quatre voyages là-bas, il nʼavait toujours pas compris quʼil sʼagissait d’un nouveau continent. Il croyait avoir seulement découvert une nouvelle route maritime pour aller aux Indes…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest dingue, si on y pense…<br><strong>Homme</strong> – Penser à quoi ?<br><strong>Femme</strong> – À quoi ressemblerait le monde aujourdʼhui si Christophe Colomb nʼavait pas découvert lʼAmérique…<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Imagine… La reine dʼEspagne refuse de financer cette expédition hasardeuse, comme ont refusé avant elle le roi du Portugal et celui dʼAngleterre.<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><strong>Femme</strong> – Ou alors il fait naufrage, tout simplement.<br><strong>Homme</strong> – Et donc…?<br><strong>Femme</strong> – Donc il ne découvre pas lʼAmérique ! Et on continue à sʼignorer comme ça jusquʼà aujourdʼhui, les Amérindiens dʼun côté de lʼAtlantique et les Européens de lʼautre.<br><strong>Homme</strong> – Euh… ouais.<br><strong>Femme</strong> – Non mais tu vois un peu les conséquences ?<br><strong>Homme</strong> – Quelles conséquences ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas moi… Pas de Coca dans le frigo, pas de séries américaines à la télé, pas de Mac Do au coin de la rue…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et de lʼautre côté, pareil. Les civilisations précolombiennes continuent de prospérer. Lʼîle de Manhattan est couverte de pyramides à la place de gratte-ciels.<br><strong>Homme</strong> – Les pyramides, ce nʼest pas plutôt au Mexique ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, bon… de tipis, si tu préfères.<br><strong>Homme</strong> – Non, mais si Colomb nʼavait pas découvert lʼAmérique en 1492, quelquʼun dʼautre lʼaurait fait un peu plus tard, non ?<br><strong>Femme</strong> – Beaucoup plus tard, peut-être. En attendant, les Indiens dʼAmérique accèdent à la modernité. Ils se mettent à construire des bateaux, eux aussi et… ce nʼest pas fini…<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Cʼest eux qui traversent lʼAtlantique et qui découvrent lʼEurope. Cʼest eux qui nous colonisent. Ils déciment une bonne partie de la population et ils parquent les autres dans des réserves…<br><strong>Homme</strong> – Ah ouais…<br><strong>Femme</strong> – Le Président de la République est aztèque, le premier ministre est inca et ses ministres mayas. La langue officielle de la France est le Quechua.<br><strong>Homme</strong> – Dis donc, tu en connais un rayon.<br><strong>Femme</strong> – Je viens de lire un bouquin là-dessus… Tu imagines la situation dans laquelle on serait ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼessaie…<br><em>Moment de réflexion intense.</em><br><strong>Femme</strong> – Et cʼest la même chose pour les Africains…<br><strong>Homme</strong> – Les Africains ?<br><strong>Femme</strong> – Imagine quʼils se soient développés un peu plus vite que nous. Pas dʼesclavage. Ou alors cʼest nous les esclaves. Cʼest eux qui viennent nous coloniser. Le Président est black. La moitié de ses ministres maghrébins. Pareil pour les flics. Cʼest nous qui habitons dans des HLM en banlieue, et cʼest eux qui nous demandent nos papiers à tous les coins de rue sous prétexte quʼon a le teint blafard.<br><em>Elle a lʼair passablement exaltée. Il la regarde un peu inquiet.</em><br><strong>Homme</strong> – Tu es sûre que ça va…<br><em>Elle semble revenir à la réalité, et désireuse de se reprendre.</em><br><strong>Femme</strong> – Tu as raison, je ne sais pas ce qui mʼa pris.<br><strong>Homme</strong> – On va plutôt remettre la télé…<br><strong>Femme</strong> – Oui, ce sera mieux.<br><em>Il la rassure dʼun sourire. Il prend une télécommande, la pointe vers la salle et appuie sur un bouton.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Import export</title>
		<link>https://sketchotheque.net/import-export/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=898</guid>

					<description><![CDATA[<p>Import export, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, hommes ou femmes, arrivent. Ils commencent à fumer.<br></em><strong>Kim</strong> – Vous bossez à quel étage ?<br><strong>Sam</strong> – Cinquième…<br><strong>Kim</strong> – C’est quoi comme boîte au cinquième ?<br><strong>Sam</strong> – La même chose qu’au quatrième.<br><strong>Kim</strong> – Ah ouais. Import export.<br><strong>Sam</strong> – En ce moment, c’est surtout import.<br><strong>Kim</strong> – Eh oui. Qu’est-ce qu’on pourrait bien encore exporter ?<br><strong>Sam</strong> – Ouais.<br><strong>Kim</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Sam</strong> – Nos sénateurs et nos conseillers généraux, peut-être.<br><strong>Kim</strong> – C’est vrai que ça, contrairement au pétrole, on n’en manque pas.<br><strong>Sam</strong> – Les sénateurs, c’est la seule énergie qui soit à la fois fossile et renouvelable par tiers.<br><strong>Kim</strong> – Mais en France, les élus, c’est comme le gaz de schiste. On a de gros gisements, mais on n’a pas le droit d’y toucher. Je ne sais même pas à quoi ça sert, un conseiller général.<br><strong>Sam</strong> – À élire un sénateur, je crois.<br><strong>Kim</strong> – Trop d’élus tue la démocratie… Et qu’est-ce que vous importez comme produits ?<br><strong>Sam</strong> – Un peu de tout. Mais on est spécialisé dans les produits financiers.<br><strong>Kim</strong> – Les produits financiers ?<br><strong>Sam</strong> – On importe des capitaux.<br><strong>Kim</strong> – Pour quoi faire ?<br><strong>Sam</strong> – Pour payer les autres produits qu’on importe.<br><strong>Kim</strong> – Ah d’accord… Mais on les paie avec quoi, ces capitaux qu’on importe ?<br><strong>Sam</strong> – Autrefois on appelait ça des Bons de la Semeuse. Maintenant, il y a des mots plus savants pour désigner ce genre de produits dans le charabia de la finance, mais en gros, on peut appeler ça des reconnaissances de dettes.<br><strong>Kim</strong> – Donc, en fait, on importe tout ce qu’on consomme et la seule chose qu’on exporte, c’est nos dettes.<br><strong>Sam</strong> – Voilà.<br><strong>Kim</strong> – Mais pourquoi est-ce que tous ces pays qui nous entretiennent achètent nos dettes ?<br><strong>Sam</strong> – Pour qu’on ait de quoi les payer. Sinon, ils ne pourraient plus exporter. Ce serait l’effondrement du système.<br><strong>Kim</strong> – Je vois… Mais alors pourquoi tous ces pays pauvres ne consomment ce qu’ils produisent, au lieu de l’exporter vers des pays riches qui n’ont pas d’argent pour les payer.<br><strong>Sam</strong> – Mais parce que ce sont des pays pauvres, justement. Le niveau de vie est très bas, et les inégalités très importantes. Pas de classes moyennes, donc pas de marché intérieur. Et bien sûr, les ouvriers n’ont pas les moyens d’acheter ce qu’ils produisent.<br><strong>Kim</strong> – C’est un peu paradoxal, non ?<br><strong>Sam</strong> – C’est comme ça… Tous les économistes vous le diront.<br><strong>Kim</strong> – Je me demande comment on n’a pas encore eu l’idée d’en guillotiner quelques-uns…<br><strong>Sam</strong> – Ouh la… Vous êtes un altermondialiste, vous, non ?<br><strong>Kim</strong> – C’est mon côté Che Guevara…<br><strong>Sam</strong> – Et vous, vous travaillez à quel étage ?<br><strong>Kim</strong> – Treizième. Je travaille pour une ONG.<br><strong>Sam</strong> – Je pensais que cet immeuble n’avait que douze étages.<br><strong>Kim</strong> – Oui, oui, c’est bien le cas. Mais je travaille dans une ONG fictive.<br><strong>Sam</strong> – Ah d’accord…<br><strong>Kim</strong> – D’ailleurs, il faut que j’y retourne.<br><em>Une vieille arrive qui ressemble beaucoup à la mort.</em><br><strong>Sam</strong> – C’est qui celle-là ?<br><strong>Kim</strong> – La propriétaire. On ne la voit pas souvent rôder par là…<br><strong>Sam</strong> – La propriétaire de cette tour ?<br><strong>Kim</strong> – De la tour, oui. Et de toutes les sociétés qu’elle abrite.<br><strong>Sam</strong> – Même les sociétés fictives…<br><strong>Kim</strong> – Elle est actionnaire majoritaire dans la holding à qui appartient tout ça. Avant on était possédé par les fonds de pension, mais maintenant qu’ils ont supprimé les retraites…<br><strong>Sam</strong> – Alors c’est pour elle qu’on bosse tous ?<br><strong>Kim</strong> – Ouais.<br><strong>Sam</strong> – J’espère qu’elle le vaut bien…<br><em>Il s’en va. L’autre le suit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Un bon coup de balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:18:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=732</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un bon coup de balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria est en train de passer un coup de balai. Édouard arrive en costume trois pièces.<br></em><strong>Édouard</strong> – Ah Maria… Je voulais vous dire un mot, justement…<br><strong>Maria</strong> (<em>arrêtant de balayer</em>) – Oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Il y a combien d’années que vous balayez pour nous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Je ne sais pas, monsieur. Je n’ai pas compté. Vous n’êtes pas content de mon travail ?<br><strong>Édouard</strong> – Si, si, Maria, au contraire. Je tenais d’ailleurs à vous féliciter. Vous connaissez la devise de notre banque ?<br><strong>Maria</strong> – Il faut savoir balayer devant sa porte ?<br><strong>Édouard</strong> – Bien, Maria, exactement ! Grâce à vous, la devanture du Crédit Solidaire est toujours impeccable. Et la devanture d’une banque, c’est sa vitrine, n’est-ce pas ? Si la vitrine d’une banque n’est pas impeccablement tenue, les clients pourraient se dire que…<br><strong>Maria</strong> – Le banquier n’est sûrement pas très net non plus…<br><strong>Édouard</strong> – Voilà ! Vous avez tout compris, Maria.<br><strong>Maria</strong> – Je peux continuer mon travail, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Pas tout à fait, Maria… Bon… (<em>Il s’éclaircit la gorge.</em>) Comme vous le savez, ma chère Maria… Ma très chère Maria… Je dirais même ma trop chère Maria… C’est la crise.<br><strong>Maria</strong> – Ah oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – La crise, Maria ! Même si vous ne lisez pas la presse économique tous les jours, vous en avez entendu parler, tout de même ? Mais oui, suis-je bête ! Vous êtes bien espagnole, Maria, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Portugaise, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Mais c’est encore mieux ! Enfin, je veux dire encore pire… Le Portugal est le pays le plus endetté de la zone euro ! Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Bref, c’est la récession, et le monde de la finance, bien entendu, est le premier affecté par la baisse générale des valeurs…<br><strong>Maria</strong> – Les valeurs…<br><strong>Édouard</strong> – Je parle des valeurs boursières, évidemment, mais soyez-en persuadée, Maria, de la dépression économique à la dépression tout court, il n’y a souvent qu’un pas. Quand la Bourse est à la baisse, le moral l’est aussi. Et quand le moral est dans les chaussettes, la crise morale n’est pas loin non plus.<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Vous-même, Maria, ne me dites pas que vous n’êtes pas un peu déprimée ?<br><strong>Maria</strong> – Ça va, monsieur, je ne me plains pas…<br><strong>Édouard</strong> – Excusez-moi, Maria, mais quand on vous voit, comme ça, avec votre balai… On n’a pas l’impression que vous respirez la joie de vivre, je vous assure !<br><strong>Maria</strong> – Je suis peut-être un peu fatiguée, en ce moment… À force de balayer devant votre porte…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela pour vous dire, Maria, que notre banque, évidemment, n’est pas non plus épargnée par la tourmente… et que nous devons faire nous aussi des économies. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Pour votre bien, Maria, le Crédit Solidaire a donc dû prendre des mesures drastiques et néanmoins douloureuses afin de préserver votre emploi. Emploi dont la pérennité, je peux vous le dire maintenant, était gravement menacée.<br><strong>Maria</strong> – Merci monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’ai donc le plaisir de vous annoncer, Maria, que vous n’êtes pas licenciée.<br><strong>Maria</strong> – Je travaille au noir, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Quoi qu’il en soit, vous pourrez continuer à balayer devant notre porte jusqu’à nouvel ordre. Et qui sait ? Un jour peut-être, je vous laisserai balayer aussi le bureau du directeur.<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Évidemment, le Crédit Solidaire attend de vous que vous fassiez aussi un petit effort pour nous aider à préserver l’emploi dans ce pays. Car sans emploi, pas de pouvoir d’achat, sans achat pas de confiance, et sans confiance, pas d’emploi. C’est le cercle vicieux de la stagflation, vous me suivez ?<br><strong>Maria</strong> – J’essaie, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela vous dépasse, bien sûr, ma pauvre Maria, mais vous pouvez me faire confiance… Je vais d’ailleurs essayer d’être plus clair… En contrepartie de la préservation de votre emploi, le Crédit Solidaire vous propose une baisse de rémunération de trente pour cent. J’imagine que cette proposition vous semble raisonnable, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Trente pour cent ?<br><strong>Édouard</strong> – Un petit tiers, si vous préférez.<br><strong>Maria</strong> – Un tiers en moins ?<br><strong>Édouard</strong> – Ben oui, pas en plus, hein ? Vous savez que par les temps qui courent, même les emplois de balayeur ne courent pas les rues, Maria. Bientôt pour balayer dans une banque, même au black, il faudra au moins bac plus trois ! Plus éventuellement un bon coup de piston et une promotion canapé… Vous avez le bac, vous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Non monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’imagine que vous n’avez pas davantage de relations haut placées ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Et pour la promotion canapé, ma chère Maria, sans vouloir vous vexer, je ne suis pas sûr non plus que tous les atouts soient vraiment de votre côté… Que voulez-vous, c’est comme ça… C’est la grande loterie de la vie… Et même le Crédit Solidaire n’y pourra rien changer… Certains naissent en Suisse avec un nom à rallonge et un physique avantageux, et d’autres… Bref, vous conviendrez donc que notre proposition est plus que généreuse… Qu’en pensez-vous ?<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Oui, Maria… Ce n’est pas absolument nécessaire que vous en pensiez quelque chose, mais je vous écoute néanmoins. Nous sommes toujours en démocratie, quand même…<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense…<br><strong>Édouard</strong> – Vous devez bien en penser quelque chose…<br><strong>Maria</strong> – Mais je pense bien que j’en pense quelque chose, monsieur… (<em>Maria lève son balai pour le frapper.</em>) Voilà ce que j’en pense, monsieur !<br><strong>Édouard</strong> – Maria ? Mais vous êtes devenue folle ? (<em>Elle le poursuit avec son balai</em>.) Mais enfin, Maria, calmez-vous ! Et puis ce n’est qu’une proposition ! Nous sommes pour le dialogue social, nous aussi… (<em>Elle lui assène quelques coups.</em>) Aïe… Ouille… Vingt pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Vous voulez encore tâter de mon balai ?<br><strong>Édouard</strong> – Dix pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Dix pour cent d’augmentation ?<br><strong>Édouard</strong> – C’est-à-dire que… (<em>Maria est prête à frapper à nouveau.</em>) Très bien, Maria… Il faut savoir terminer une négociation, et j’ai bien compris que votre proposition justement n’était pas négociable… Marché conclu… Le Crédit Solidaire vous augmente de dix pour cent…<br><strong>Maria</strong> – Très bien, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Mais dites-moi, Maria, vous êtes dure en affaires… Nous savons aussi apprécier chez nos employés les qualités qui sont les leurs… Et on peut dire que vous ne manquez pas de caractère…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Ça vous dirait un petit stage de formation, entièrement payé, bien sûr, pour intégrer notre service de recouvrement ? Comme je vous le disais, c’est la crise, et les mauvais payeurs sont de plus en plus nombreux…<br><strong>Maria</strong> – Encore un coup de balai, monsieur ?<br><em>Il s’éloigne prudemment.</em><br><strong>Édouard</strong> – N’en parlons plus, Maria. Je vous laisse travailler…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Un bon coup de balai » est une satire sociale sur les rapports de pouvoir entre les élites économiques et les travailleurs précaires. Le comique naît ici de l’hypocrisie managériale, des discours creux justifiant l’injustifiable (une baisse de salaire pour préserver un emploi au noir…), et surtout du renversement brutal des rôles. Maria, faussement soumise, incarne la revanche du bon sens populaire contre l’arrogance cynique de la caste dominante.<br>Le personnage d’Édouard est une caricature jouissive du cadre supérieur déconnecté : il parle beaucoup, mais ne comprend rien. Il tente de masquer une violence sociale derrière un langage feutré et abscons. Maria, elle, ne parle pas autant — mais agit. Le balai devient ici une arme symbolique et comique, un outil de révolte autant que de nettoyage — au propre comme au figuré.<br>Un sketch féroce, à la fois hilarant et d’une acuité mordante, sur le monde du travail, les inégalités et la résistance face à l’humiliation. Le Crédit Solidaire, au nom cynique, devient un décor idéal pour une leçon d’humanité… et de négociation.</p>
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		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
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		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
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		<item>
		<title>Plans de carrière</title>
		<link>https://sketchotheque.net/plans-de-carriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 07:55:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=705</guid>

					<description><![CDATA[<p>Brèves de trottoirs, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketchs de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux collégiennes (pouvant être jouées par des adultes habillées comme des ados) arrivent l’une après l’autre, sortant visiblement du collège.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez eu les bulletins&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – T’as combien de moyenne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et toi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais… C’est exactement la moitié.<br><strong>Un</strong> – La moitié de quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Huit et demi. La moitié de dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><em>L’autre la regarde étonnée et renonce à répondre. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux faire, toi, quand tu seras grande&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… (<em>Un temps</em>) J’hésite entre kinésithérapeute et péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Silence</em>) C’est quoi, exactement, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Un type qui a une crampe, par exemple. Il appelle la kinésithérapeute, elle lui fait un massage…<br><strong>Un</strong> – Pour retirer sa crampe…?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) C’est une masseuse, quoi…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais maintenant, ça s’appelle une kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – C’est cool…<br><strong>Deux</strong> – Ça vient du grec: «&nbsp;kinésie&nbsp;», le mouvement, et «&nbsp;thérapeute&nbsp;», qui soigne. Parce qu’il faut faire des études, quand même, pour être kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – Des études de grec&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – De latin, plutôt. Pour savoir ce que c’est que le radius, le cubitus, le strato-nimbus, le romulus et rémus…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Nan… C’est ça le problème… C’est pour ça que j’hésite avec péripatéticienne…<br><strong>Un</strong> – Mmm… (<em>Un temps</em>) Péripatéticienne, c’est un peu comme esthéticienne, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – C’est ça… C’est une esthéticienne, mais qui pratique sous le périphérique. C’est pour ça qu’on appelle ça une péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma grande sœur, elle est péripatéticienne, et ma mère dit qu’elle gagne dix fois plus qu’elle.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’elle fait, ta mère&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – Rien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Pôle Emploi.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… Ça craint… Et ta sœur, ça lui plaît, comme métier, péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Mon beau-père l’a foutue dehors juste après le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est pas cool…<br><strong>Deux</strong> – Non, ça craint.<br><strong>Un</strong> – Et ton beau-père, qu’est-ce qu’il fait&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien…<br><strong>Un</strong> – Pôle Emploi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Décédé.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, quand même… Mais décédé, euh&nbsp;? (<em>Devant le silence de son interlocutrice</em>) Ouah…<br><strong>Deux</strong> – Et toi, qu’est-ce que tu veux faire quand t’auras ton bac&nbsp;? Si tu l’as un jour…<br><strong>Un</strong> – J’hésite…<br><strong>Deux</strong> – Entre quoi et quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’ils font, tes vieux&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Mon père est prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Et ta mère&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Génial…<br><strong>Un</strong> – Ils veulent que je sois prof de latin.<br><strong>Deux</strong> – De latin&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ils disent que prof de grec, j’aurai jamais le niveau.<br><strong>Deux</strong> – Cool…<br>Un – Il n’y a pas de chômage. C’est la fonction publique.<br><strong>Deux</strong> – Et ça gagne bien, prof de grec&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Plus que péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Peut-être un peu moins, quand même.<br><strong>Deux</strong> – Et il faut faire des études…<br><strong>Un</strong> – Il y a un concours… Il n’y a pas de concours pour être péripatéticien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma sœur, elle a commencé avec le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est cool ça…<br><em>Elles restent un moment silencieuses.</em><br><strong>Un</strong> – Oh, putain…<br><strong>Deux</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi… Mes parents vont me tuer, c’est clair…<br><strong>Deux</strong> – T’as qu’à leur dire ça.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – À tes vieux. En rentrant, tu leur dis que tu veux être péripatéticienne. Comme ça ils te foutront la paix.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Il faut juste le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ouais, c’est pas con… (<em>Elle regarde sa montre.</em>) Bon, il faut que j’y aille, sinon ils vont vraiment me tuer…<br><strong>Deux</strong> – OK. Tu me raconteras.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Tes vieux&nbsp;! Pour ton projet professionnel. Ce qu’ils en pensent…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… C’est cool… Merci du tuyau, en tout cas…<br><em>Elle s’éloigne. L’autre soupire.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors elle, elle est vraiment trop con.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong><em>Analyse</em></strong></p>



<p>« Plans de carrière » illustre avec brio la rencontre entre l’absurde, la satire et une réalité sociale glaçante. Le comique repose en grande partie sur l&rsquo;inconscience et la naïveté des jeunes filles, à la fois touchantes et d’une drôlerie brutale, dans leur façon de parler d’orientation, de métiers, de familles brisées ou d&rsquo;inégalités économiques comme s&rsquo;il s’agissait d’un banal devoir de SVT.<br>Le dialogue — très finement écrit — montre comment les mots peuvent être mal compris, et pourtant servir à structurer un raisonnement, dans une logique à la fois implacable et absurde. La confusion entre « kinésithérapeute » et « péripatéticienne » est un ressort comique puissant, mais au-delà du rire, elle dit quelque chose de grave sur le rapport à l’éducation, à la culture, au langage et à l’avenir.<br>Le sketch dénonce aussi, par petites touches, la reproduction sociale, l’échec scolaire, et le désespoir tranquille d&rsquo;une jeunesse et donne à entendre la voix d’une génération fragile, oscillant entre résignation et provocation, dans un monde qui offre peu d’alternatives. Une satire sociale aussi drôle que percutante.</p>
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		<title>Les gens</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-gens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:09:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=692</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les gens, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, très bien habillé, avec un haut-de-forme, suivi d’un autre en costume de chauffeur, avec une casquette.<br></em><strong>Chauffeur</strong> – Que monsieur ne s’inquiète pas, le dépanneur va venir pour la Rolls, et une voiture est en route pour nous ramener au château.<br><strong>Milliardaire</strong> – Merci mon brave.<br><em>Le chauffeur nettoie le banc avec un mouchoir.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur veut bien s’asseoir.<br><em>Le milliardaire s’assied et jette un regard autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Tout ça est très pittoresque… Mais où sommes-nous, exactement ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Très exactement… nous sommes à l’angle de la rue de la Paix et de la rue…<br><strong>Milliardaire</strong> – Non, je veux dire, cet endroit, c’est quoi ?<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est un square, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Un square ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un jardin public.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vraiment ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Je me suis dit que pour attendre la voiture, ce serait mieux que dans la rue ou dans un café. C’est un quartier très populaire, vous savez. Les gens comme eux ne sont pas habitués à voir des gens comme vous.<br><strong>Milliardaire</strong> – Des gens comme moi…?<br><strong>Chauffeur</strong> – Des personnes de votre condition.<br><strong>Milliardaire</strong> – Nous aurions pu rester incognito. Ils ne sont pas supposés savoir que je suis baron, et à la tête de la cinquième plus grosse fortune d’Europe.<br><strong>Chauffeur</strong> – Croyez-moi, monsieur ne serait pas passé inaperçu.<br><em>Le milliardaire regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Un jardin public…<br><strong>Chauffeur</strong> – Comme le jardin du château de monsieur, mais ouvert à tout le monde.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais je ne vois pas de château…<br><strong>Chauffeur</strong> – Le château, c’est… la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – D’accord.<br><strong>Chauffeur</strong> – Les gens viennent là avec leurs enfants pour prendre un peu l’air.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, oui… Les gens…<br><strong>Chauffeur</strong> – Quand ils ne travaillent pas, évidemment.<br><strong>Milliardaire</strong> – Bien sûr. C’est assez propre, quand même. Et… ce sont les gens eux-mêmes qui l’entretiennent, n’est-ce pas ? On appelle ça des jardins ouvriers, je crois.<br><strong>Chauffeur</strong> – Euh… Non monsieur. Les jardins ouvriers, c’est pour faire pousser des légumes. Ici c’est un jardin public. C’est entretenu par les jardiniers de la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois. Et les gens viennent ici pour se reposer.<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est cela. Pour reconstituer leur force de travail, comme dit Marx.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vous demande pardon ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Karl Marx, monsieur. Pour Marx, le travail est une marchandise. Et sa valeur est équivalente à la valeur de l’ensemble des biens matériels et immatériels nécessaires à sa reproduction. C’est-à-dire non seulement le logement et la nourriture, mais aussi les quelques distractions indispensables pour éviter que le prolétaire tombe dans la dépression et se laisse tenter par le suicide.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois… Du pain et des jeux, comme disait Jules César…<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, si monsieur préfère. Mais si monsieur me permet, le phénomène de la lutte des classes, qui conduit inéluctablement à la dictature du prolétariat, est beaucoup mieux analysé dans Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous avez donc lu <em>Le Capital</em> ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Pas vous, monsieur ?<br><strong>Milliardaire</strong> – Ma foi non, je l’avoue…<br><strong>Chauffeur</strong> – J’en ai toujours un exemplaire dans la Rolls. Comme je passe beaucoup de temps à attendre monsieur, j’en profite pour m’instruire. C’est mon livre de chevet, comme on dit. Pour certains c’est la bible, pour moi c’est Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais dites-moi, mon brave… Vous avez lu <em>Le Capital</em> d’accord… mais vous ne seriez pas marxiste tout de même ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous Karim, en plus d’être musulman, vous êtes marxiste ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui monsieur.<br><em>Le milliardaire le regarde avec un air perplexe.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ça ne fait rien, je vous garde quand même.<br><strong>Chauffeur</strong> – Merci, monsieur…<br><em>Le portable du milliardaire sonne et il répond.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, ma chère, c’est vous. Il nous arrive une histoire absolument rocambolesque. La Rolls a pété une durite au beau milieu d’une cité, et nous avons dû nous réfugier dans un square… Un square, ma chère. Un jardin public, si vous préférez. (<em>Plus bas</em>) Mais dites-moi, très chère, vous saviez que notre chauffeur était marxiste ? Non, non, bien sûr, ça ne me dérange pas, mais… vous auriez pu m’en informer tout de même. Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord ?<br><em>Le portable du chauffeur sonne aussi, et il répond.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – OK, merci… (<em>Au milliardaire</em>) Votre voiture vous attend, monsieur.<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Très bien, alors allons-y… Mais finalement, cette aventure aura été très cocasse, n’est-ce pas ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, d’ailleurs, ça me rappelle un film…<br><strong>Milliardaire</strong> – Un film ? Quel film ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un film avec Louis De Funès, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ne me dites pas qu’en plus d’être musulman et communiste, vous êtes aussi cinéphile ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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