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	<title>Archives des Existentialisme - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Existentialisme - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Le secret de l’univers</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-secret-de-lunivers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 08:48:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
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		<category><![CDATA[Jeu vidéo]]></category>
		<category><![CDATA[Métaphysique]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le secret de l’univers, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ils viennent de l’annoncer sur Facebook. Des scientifiques chinois ont enfin découvert le secret ultime de l’univers.<br><strong>Deux</strong> – Le secret ultime de l’univers ?<br><strong>Un</strong> – Tu sais bien ! D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Le Big Bang, les trous noirs, l’anti-matière…!<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien tout ça, en réalité, ça n’existe pas.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Nous sommes les personnages fictifs d’un gigantesque jeu vidéo, conçu par une intelligence artificielle pour distraire les enfants d’une civilisation très avancée.<br><strong>Deux</strong> – Des scientifiques chinois…?<br><strong>Un</strong> – Chinois, oui.<br><strong>Deux</strong> – Sur Facebook ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – Et c’est tout ce que ça te fait ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ça ! Qu’on soit des personnages de fiction dans un jeu vidéo. Ça n’a pas l’air de te surprendre<br><strong>Deux</strong> – Je m’en suis toujours douté.<br><strong>Un</strong> – Tu t’en es toujours douté ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, je le savais… Pas toi ?<br><strong>Un</strong> – Non… Et si tu le savais… pourquoi tu ne m’as rien dit ?<br><strong>Deux</strong> – Je pensais que tu le savais aussi.<br><strong>Un</strong> – Ben non, tu vois, je ne le savais pas.<br><strong>Deux</strong> – Bon ben… maintenant, tu le sais. Alors qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai les crocs, moi, pas toi ?<br><strong>Un</strong> – Au moins, ça ne te coupe pas l’appétit.<br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Un</strong> – Avec tout ça, je n’ai pas le courage de faire la cuisine. Je vais commander chinois.<br><strong>Deux</strong> – Bon…<br><strong>Un</strong> – Mais si on est des personnages de fiction, comment est-ce qu’on peut avoir faim ?<br><strong>Deux</strong> – Les jeux sont très bien faits, maintenant, tu sais. Les personnages sont très réalistes. On arrive même à leur faire ressentir tout un tas d’émotions.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Regarde les hommes préhistoriques. Il y a quelques dizaines de milliers d’années, ça restait encore assez rustique. Tu avais faim, tu tuais un mammouth et tu le bouffais tout cru. Tu voulais un peu de compagnie pour le dîner, tu assommais une femme et tu la ramenais dans ta caverne en la tirant par les cheveux. Maintenant…<br><strong>Un</strong> – Tu te maries, tu appelles Uber Eats et tu commandes chinois.<br><strong>Deux</strong> – On est mis à jour régulièrement. Au fur et à mesure que la technologie et que le jeu évoluent.<br><strong>Un</strong> – Je ne m’étais jamais douté de tout ça.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant, c’est quand même assez évident.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et comment ils ont découvert ça, les Chinois ?<br><strong>Un</strong> – Ils se sont aperçus qu’il y avait un bug dans le jeu.<br><strong>Deux</strong> – Un bug ? Quel bug ?<br><strong>Un</strong> – Ben ça. À un moment du jeu, les personnages se rendent compte qu’ils sont les personnages d’un jeu vidéo.<br><strong>Deux</strong> – D’accord. Donc je ne suis pas le premier à m’en rendre compte.<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Et ce bug, ils vont le corriger ?<br><strong>Un </strong>– On ne sait pas…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant… est-ce que c’est vraiment un bug ?<br><strong>Un</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fait peut-être partie du jeu.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Les personnages eux-mêmes accèdent à une forme de conscience d’eux-mêmes, et ils se rendent compte qu’ils ont été créés par une puissance supérieure.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Et Dieu, dans tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Einstein a dit que Dieu ne joue pas aux dés. Il n’a pas dit qu’il ne jouait pas aux jeux vidéos.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’Opéra de Manaus</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lopera-de-manaus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:19:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Bateau]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Forêt]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Manaus, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/lopera-de-manaus/">L’Opéra de Manaus</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Manaus est une île, perdue au milieu d’un océan de forêt. On n’y accède que par avion, ou par bateau, en suivant cette route maritime qu’est l’Amazone, plus longue que la plupart des océans, et si large que depuis l’une de ses rives, on ne peut apercevoir l’autre à l’œil nu. Au fil du temps et des courants, de tempêtes en naufrages, nombre de navigateurs solitaires, venus de la forêt environnante ou de l’autre bout du monde, ont échoué sur cette île déserte désormais surpeuplée, sans avoir jamais pu retrouver le chemin du retour. Condamnés à vivre ensemble, ils partagent sur la Terre ce destin insulaire. Marins novices embarqués sur un bateau ivre, ils sont d’abord venus dans l’espoir d’une vie facile et d’un enrichissement rapide. Pour attirer le chaland, comme des mouches sur un papier collant, Manaus a été déclarée zone franche. Une sorte de paradis fiscal, en somme. Un mirage, surtout. Un gigantesque magasin discount où tout se vend, en détaxe et bien sûr à crédit. Une vie pour une télé et un frigo. Quand on n’a pas de quoi se payer l’électricité. La mort pour un rêve de pépite. La sinistre réalité d’une vie de mineur. Après avoir cédé à l’appel des sirènes, ces marins d’eau douce sombrent tous lentement dans l’alcool. Comme tous les chercheurs d’or qui transitent par cette ville, avant d’aller fouiller les entrailles de la terre au plus profond de la forêt, je savais bien inconsciemment que jamais je ne trouverais ce que j’étais venu chercher là en plein jour, au cœur des ténèbres. Mais il est des voyages qu’on ne peut éviter, sauf à manquer un rendez-vous avec soi-même. Lorsqu’un Européen arrive dans une ville du nouveau monde, il cherche souvent d’instinct, comme les marins un phare, le monument le plus ancien du coin. Même en ruine. Quelques vieilles pierres posées l’une sur l’autre comme un cairn rassurant à l’attention du randonneur trop intrépide qui se serait perdu dans la brume. Je savais qu’il existe à Manaus un opéra. Je ne m’attendais pas, bien sûr, à me retrouver soudain Boulevard des Italiens, au milieu de l’Amazonie, mais la perspective de prendre un café en admirant la façade d’un monument historique me rassurait. Je ne suis pas amateur d’art lyrique. Je ne vais jamais au Palais Garnier. Mais si des bâtisseurs d’opéras avaient vécu ici, il y restait peut-être encore d’autres traces de leur passage civilisateur. De quoi mieux supporter la barbarie de cette oasis tentaculaire aux allures de cloaque, perdue au milieu d’un désert de plus en plus peuplé, recouvert d’une forêt de moins en moins vierge. Dans les eaux irisées de gasoil du port de Manaus, entre les bateaux qui déversent chaque jour leurs cargaisons d’électroménager duty free et de vêtements made in China, des enfants se baignent nus parmi toutes sortes de détritus. Ils rient, comme tous les enfants du monde. Ou presque. Même la vie ne vaut pas cher dans les paradis fiscaux. Aux naissances non déclarées, l’existence ne s’impose pas. Il y avait bien un café, en face de l’opéra. Mais la façade du monument, en ravalement, était entièrement cachée derrière une bâche. Comme un immense écran de projection masquant la principale curiosité de la ville, afin d’empêcher que le touriste de passage en emporte le souvenir avec la photo. Je suis allé à Manaus, je n’ai jamais vu l’opéra. La vie est un voyage. Son terme un rendez-vous manqué.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Death Valley</title>
		<link>https://sketchotheque.net/death-valley/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Death Valley, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Derrière nous, infiniment, la route se perd. Le bus s’immobilise sur le bas-côté et nous en descendons en titubant, aveuglés par le grand soleil, et engourdis par cette éternité passée à regarder droit devant nous jusqu’au terminus qu’est ce nouveau départ. Sans un mot, nous avançons dans le paysage lunaire. Nous n’avons plus devant nous que le désert. Nous nous baissons pour ramasser quelques cailloux, que nous lançons vers d’autres cailloux tous semblables, tous différents. Nous évitons de nous regarder. Nous avons tant parlé déjà auparavant. Nous étions ivres de paroles. Et maintenant, nous avons mal au cœur. Nous restons là un long moment silencieux, la gorge serrée, puis peu à peu nous réapprenons à parler. À faire des projets. À rêver notre vie encore une fois comme un rébus.<br>Mon premier ira à Sofia. Pour y être un poète raté. Y a-t-il des poètes réussis&nbsp;? Vaguement alcoolique. Mon premier n’est jamais allé à Sofia. Personne ne va là-bas. On n’a pas de raison d’y aller. C’est pour ça qu’il ira. Dans des arrière-salles de cafés enfumés, devant des tables couvertes de cadavres de bouteilles, il poursuivra sans fin les mots d’une langue étrangère pour en faire de mauvais vers. Il ne passera pas à la postérité. Même pas à la postérité bulgare. Il sera poète, c’est tout. Parce qu’on n’est pas poète. Parce qu’un poète, ça n’existe pas, dans la réalité. Encore moins à Sofia. Et puis un jour, trop imbibé d’alcool et de nicotine, il s’affalera sur sa table au milieu d’un long poème inachevé. Mais il sera resté fidèle à sa parole. Jusqu’au bout.<br>Mon deuxième ira à Paris. Il ouvrira une épicerie rue Alexandre Dumas. Une épicerie semblable à celles tenues par les Arabes ou les Chinois. Toujours ouverte. La nuit, le samedi, le dimanche. Mon deuxième ne sortira jamais de son magasin. Il servira les clients en leur faisant la conversation et en plaisantant. Toujours la même conversation. Les mêmes plaisanteries. Chaque fois plus insensées. Et puis un jour, les mots qu’il emploiera, toujours les mêmes pourtant, ne voudront plus rien dire du tout, seront comme une langue morte inconnue de tous et de lui-même. Alors il fermera l’épicerie : Fermé pour cause d’aphasie. Il ira à la gare de l’Est. Il prendra le train pour Bucarest. Au matin, après une nuit sans rêve, il s’éveillera sur un quai crasseux mais ensoleillé, peuplé de gens pressés et de vendeurs de sodas made in Romania.<br>C’est alors que dans le flot des voyageurs en mouvement, mon deuxième apercevra mon premier immobile, miraculeusement ressuscité, en fait jamais mort, tout bronzé, en short et en espadrilles. Alors mon premier aura retrouvé mon deuxième. Nos mots de nouveau auront un sens, et seront comme un long poème toujours recommencé, jamais fixé sur le papier. Alors je sortirai de cette gare et m’assoirai à une terrasse. Je commanderai du café à la turque, et le temps que le marc se dépose, je verrai mon destin en face. Je veillerai tard dans une nuit qui n’aura plus qu’un lendemain. Et quand le jour se lèvera, ce sera le matin. Devant moi infiniment la route se perdra.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ici ou là</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ici-ou-la/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:07:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ici ou là, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>J’aime bien venir ici… On est à l’ombre. Il n’y a aucun bruit. En général, il n’y a pas grand monde. Et quand on y croise quelqu’un par hasard, on n’a pas besoin de faire la conversation. Et ce silence… À la campagne, il y a les oiseaux. Et les avions. Les aéroports, c’est toujours en dehors des villes, au milieu des champs, et pour aller d’une ville à l’autre, les avions sont bien obligés de survoler la campagne. Les avions c’est encore plus bruyants que les oiseaux. Sans parler des chasseurs. Pas les chasseurs de perdreaux. Ceux-là, au moins, c’est saisonnier. Je veux dire, les avions de chasse. Les chasseurs-bombardiers. Pour eux, la chasse est ouverte toute l’année. Ce n’est pas au-dessus de Paris, qu’ils font leurs acrobaties, hein ? Ou alors juste une fois par an, pour le quatorze juillet, au-dessus des Champs-Élysées. Le restant de l’année, les Parisiens, on leur fout la paix. Non, le reste du temps, c’est au-dessus des champs de blé qu’ils s’entraînent, les chasseurs. Au milieu des corbeaux. Pour la prochaine guerre. Ben oui, la guerre, ça se fait plutôt à la campagne, hein ? C’est une activité de plein air. Déjà, il y a plus de place pour manœuvrer. Et puis la guerre, c’est comme le camping, ça fait quand même moins de saletés à la campagne. Verdun, c’est une toute petite ville, avec beaucoup de champs autour. Et un terrain de camping. La guerre, en pleine nature, ça ne laisse presque pas de traces. La Croix-Rouge ramasse les morts, et les enterre au champ d’honneur. Il y pousse des croix blanches. Bien alignées, ça fait très propre, sur du gazon anglais. La guerre à la campagne, il n’y a presque pas de dégâts. Très vite, ça n’est plus qu’un mauvais souvenir. Et puis ça devient un vague souvenir. Après une bonne campagne militaire, les champs de bataille sont labourés. Il n’y a plus qu’à replanter derrière. Éventuellement, on rappelle l’aviation juste avant la moisson pour larguer de l’insecticide sur les derniers parasites, ou des bombes à eau sur les feux de maquis. Non, remettre un peu d’ordre dans le paysage, c’est tout de même beaucoup plus facile que d’avoir à reconstruire à chaque fois à l’identique les villes qu’on vient de raser. D’ailleurs, vous avez remarqué ? Quand une ville est rasée, pendant une guerre, s’il y a un seul bâtiment qui reste debout, c’est une église. On appelle ça un miracle. Moi, je veux bien. Mais c’est le seul truc qui ne sert à rien. On ferait mieux de bombarder seulement les lieux de culte, en dehors des offices. Ça ferait moins de victimes. Ou se contenter de faire la guerre en rase campagne. Non, la nature, c’est beaucoup moins paisible que le croient les gens des villes. Alors moi, pour trouver un peu de sérénité, je préfère venir ici. Prêcher pour ma chapelle. Ici… Vous vous rendez compte&nbsp;? C’est dingue, non ? C’est ici, à cet endroit exact, que nous a conduit, à cet instant précis, toute la vie qu’on a vécu jusqu’à aujourd’hui. Notre parcours du combattant. Tous les trains qu’on a pris, et ceux qu’on a ratés. Toutes les morts qui nous ont frôlés, et tous les risques qu’on n’a pas pris. Toutes les femmes qu’on n’a pas eues, et celles qui nous ont quittés. Dix ans, vingt, quarante, quatre-vingts ans… Tout ça pour en arriver là. À bout de souffle. Notre curriculum vitae. Une vie à courir. On peut bien prendre le temps de s’asseoir pour y penser cinq minutes. Dans une heure on sera déjà loin, ailleurs. De nouveau en mouvement. Repris dans le tourbillon. Le siphon de la vie qui nous entraîne irrémédiablement vers le fond de la piscine avec l’eau de vidange. Le temps passe. On n’y peut rien. Il nous passe au travers du corps quand bien même, de guerre lasse, on déciderait de rester immobile, les bras croisés, à essayer la résistance passive. Alors on passe sa vie à se déplacer d’un point à un autre, pour passer le temps. À voyager, parfois. Mais le plus souvent à faire les cent pas. À aller et venir. Ici ou là. À faire des allers-retours. À tourner en rond. Imaginez qu’on puisse revoir d’un coup à la fin de sa vie tous les déplacements qu’on a effectués ici-bas depuis qu’on est né. Comme sur la pellicule de ces films en accéléré. Voilà ce que nous sommes. La somme de nos déplacements en pointillés. De nos routes et de nos déroutes. De nos parallèles qui jamais ne se rencontrent. Cette arabesque lumineuse que l’on dessine avec son propre souffle du point de départ, jusqu’au point d’arrivée. Nulle part. Jusqu’à ce que la lumière s’éteigne. J’aime bien venir ici, apprivoiser l’obscurité.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Notre père qui êtes en nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/notre-pere-qui-etes-en-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:44:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1581</guid>

					<description><![CDATA[<p>Notre père qui êtes en nous, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Si on se croisait dans la rue tel qu’on sera dans trente ans, vous croyez qu’on se reconnaîtrait ? Pas sûr… Non mais je ne parle pas de vous et moi. On se connaît à peine. Il y a peu de chance que je me souvienne de vous. Surtout que dans trente ans, vous aurez pris un sacré coup de vieux. Vous serez méconnaissables. Si vous êtes encore là… Non, je veux dire moi, si demain je tombais par hasard sur moi-même tel que je serai avec trente ans de plus… Est-ce que ma tête me dirait quelque chose ? Il y a trente ans, j’avais les cheveux longs, je faisais de la moto, et je lisais Rock &amp; Folk. Si je me croisais aujourd’hui dans le métro le crâne dégarni en train de lire la Vie Financière, est-ce que je ferais le rapprochement ? Est-ce qu’au moins je me dirais&nbsp;:&nbsp;tiens, c’est marrant, sa tête m’est familière à ce vieux con. Il ressemble un peu à mon père. Là, je n’aurais plus du tout envie de m’adresser la parole… On change quand même pas mal en trente ans. Pour le pire, en général. Est-ce qu’on est encore tout à fait le même… ou est-ce qu’irrémédiablement on a tendance à devenir son propre père ? On a tous peur de mourir un jour, mais on a bien tort de s’en faire. On ne meurt pas en un jour. Ou alors seulement par accident. Quand on meurt de vieillesse, on décède un peu tous les jours. Et on finit même par s’oublier. On est tous appelés à devenir des soldats inconnus. Si vous avez la chance de vivre encore une trentaine d’années, ce n’est pas vous qu’on enterrera, c’est un autre. Un autre que vous ne connaissez pas, que vous n’avez jamais rencontré, et que vous ne rencontrerez jamais. Un étranger qui ne vous serait peut-être même pas sympathique. Parce qu’il faut voir les choses en face : on s’arrange rarement en vieillissant. Dites-vous bien que si vous ne vous aimez déjà pas beaucoup aujourd’hui, dans trente ans vous détesterez sûrement celui que vous serez devenu. Peut-être même que vous souhaiterez sa mort. On désire tous plus ou moins la mort de son père, non ? Vous lui reprocherez de ne pas vous avoir chéri comme un fils. Et il vous en voudra de ne pas avoir su réaliser ses rêves. Notre père, pour le comprendre, il faudrait l’avoir connu enfant. Et encore… Le matin, je me regarde dans la glace, j’ai déjà du mal à me reconnaître et je ne trouve rien d’intéressant à me dire. Alors si j’avais en face un type comme moi avec trente ans de plus… Un type qui n’existera peut-être jamais, d’ailleurs. Si on connaissait en naissant la date de sa mort, on saurait quand on a vécu la moitié de sa vie… Non, la communication inter-générationnelle, même avec soi-même, ce n’est pas évident. Mais je vous donne un conseil&nbsp;: si vous vous croisez demain tel que vous serez dans trente, quarante, cinquante ans, adressez-vous cette prière&nbsp;: Notre père qui êtes en nous, que notre nom vous reste familier, que votre fin de règne soit paisible, que votre manque de volonté ne condamne pas nos rêves, donnez-nous chaque jour une raison de vivre jusqu’à votre âge, pardonnez nos errances comme nous devrons pardonner aussi votre démission, laissez-nous succomber à la tentation et délivrez-vous des remords.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Parler du beau temps</title>
		<link>https://sketchotheque.net/parler-du-beau-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Ciel]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Météo]]></category>
		<category><![CDATA[Pluie]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parler du beau temps, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Drôle de temps, non ? On ne sait pas comment s’habiller. Est-ce qu’on va vers le mieux, ou est-ce que le pire est déjà sûr ? Est-ce que ça vaut même encore le coup de s’habiller&nbsp;? Un temps de saison, comme on dit. Est-ce que ça vaut la peine d’en parler&nbsp;? Mais il faut bien sortir, non ? Il faut bien parler. Par tous les temps. Ne serait-ce que pour vider la poubelle, et remplir le frigo. Si on s’écoutait, des fois. On resterait bien chez soi. On resterait bien au lit. À se parler du beau temps et à se parler de la pluie. Mais il paraît que dans la vie, on passe déjà trente ans à dormir. Alors imaginez un peu. Si on faisait la grasse matinée. En tout cas, dans une vie, on passe pas mal d’années à se parler à soi-même. Et à parler tout seul. Quand on est enfant, et qu’on parle à des gens qui auraient dû exister. Quand on est vieux, et qu’on parle à des gens qui n’existent plus. Entre les deux, adulte, on s’écouterait plutôt parler. L’autre n’est là que pour renvoyer l’écho. On parle à des murs qui n’ont pas d’oreilles. On parle à des chiens qui n’ont pas la parole. On braille à la face des sourds, et on parle aux aveugles en langage des signes. Tout le monde parle en même temps. Et quand il n’y a plus rien à dire, tout le monde s’écoute en même temps. On parle tout seul, parce qu’on a peur du noir. On parle aussi dans le vide, pour essayer de le remplir. Si on a la chance d’avoir quelque chose à se dire, on peut aussi se parler à soi-même. Se prêter une oreille attentive. Écouter ce qu’on a à se dire, c’est aussi important que d’écouter ce que les autres ont à se dire. Alors on se parle, et on s’écoute parler. Mais on ne se dit pas tout, on se ment à soi-même. Et quand on est très convaincant, on finit même par se croire quelqu’un… Trente ans à dormir. La vie est un songe, en tout cas la moitié. L’autre moitié un mensonge. Avec quelques moments de vérité pas toujours bonne à dire. On dirait que ça s’éclaircit, non ? Il va faire beau cette nuit. Regardez, on voit les étoiles. On dirait qu’elles nous parlent. Je suis sûr qu’il y a quelqu’un, là-haut. Avec des oreilles, mais pas Dieu. Des gens qui se parlent entre eux, ou qui ne se parlent pas. Des gens qui se parlent à eux-mêmes, ou qui ne se parlent plus. Des gens qui se racontent des histoires, et qui finissent par les croire. Des gens qui parlent aussi dans le vide. La nuit, parfois, je tends l’oreille vers ces habitants du ciel. Vous croyez qu’un jour on pourra leur parler&nbsp;? Leur parler du beau temps, et leur parler de la pluie ?</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>La volupté de l’ennui</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-volupte-de-lennui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1569</guid>

					<description><![CDATA[<p>La volupté de l’ennui, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’ennuie, pas vous ? Non, mais je ne m’ennuie pas spécialement avec vous. Je m’ennuie en général. Avec ou sans vous. Je me suis toujours beaucoup ennuyé, d’ailleurs. Depuis que je suis tout petit. Je ne sais pas pourquoi… Au début, ça m’ennuyait un peu. Et puis je m’y suis fait. Ma femme, elle, elle ne s’ennuie jamais. Elle a de la chance. Elle dit qu’elle a toujours quelque chose à faire. Et quand elle n’a vraiment plus rien à faire, elle dort. Moi, je dors très mal. Je me réveille à trois heures du matin, et je ne peux plus me rendormir. Alors je m’ennuie. Même la nuit. Pendant que ma femme dort à poings fermés. Bon, le jour, je pourrais travailler, vous me direz. Ça me permettrait peut-être de mieux dormir la nuit. Mais si vous croyez que c’est beaucoup plus marrant de travailler que de s’ennuyer… Le travail, c’est juste bon pour s’occuper pendant la journée. C’est comme la télé le soir, les mots-croisés le dimanche ou les boules pendant les vacances. Ça permet seulement d’oublier provisoirement qu’on ne sait pas quoi faire de sa peau. Non, moi, je m’ennuie à plein temps… et le pire, c’est que je me demande si je n’en retire pas une certaine satisfaction. Parce qu’il y a une volupté à s’ennuyer, hein&nbsp;? Comme il y a un plaisir à être triste. Une sorte de noblesse, même. Déjà pour s’ennuyer, il faut en avoir le loisir. Et pouvoir se le permettre. C’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. L’ennui, c’est une liberté fondamentale qui n’est limitée par aucun passe-temps. D’ailleurs, m’ennuyer, je me demande si je ne préfère pas ça que de m’amuser, finalement. C’est vrai, s’amuser, c’est lassant, à la longue. On finit toujours par refaire les mêmes choses. Revoir les mêmes gens. Refaire les mêmes choses avec les mêmes gens. Tandis que… il y a mille façons, de s’ennuyer… Et puis s’amuser, entre nous, c’est un peu vulgaire, non ? C’est plus bruyant, pour commencer. Vous avez déjà entendu des gens qui s’amusent&nbsp;? Les éclats de rire, les éclats de voix… C’est comme les éclats d’obus. Moi, personnellement, ça me casse les oreilles. La fête, la musique… La fête de la musique&nbsp;! Est-ce qu’il fallait vraiment faire ça en plein air, pour que tout le monde en profite&nbsp;? Et ceux qui n’aiment pas la fête&nbsp;? Qui n’aiment pas les flonflons&nbsp;? Les gens qui s’ennuient, eux, au moins, ils ne dérangent personne. Enfin, je veux dire, les gens qui sont capables de s’ennuyer tout seuls dans leur coin, et qui ont la décence de le faire en silence. Pas ceux qui vous répètent toutes les cinq minutes qu’ils ne savent pas quoi faire. Comme certains enfants. Les miens, par exemple… C’est vrai, quoi. Ce n’est pas parce qu’on a fait des enfants qu’on a une vocation d’animateur de centre de loisirs. Ou alors, il faudrait faire passer le BAFA à tous les gens qui se marient et qui pensent procréer… Non, l’avantage, quand on aime s’ennuyer, c’est qu’on peut le faire partout. Et qu’on n’a besoin de personne. Moi, j’arrive à m’ennuyer n’importe où. Même au théâtre. Et avec n’importe qui. Même ma femme. Surtout avec ma femme. Pour tout vous dire, c’est encore en sa compagnie que je préfère m’ennuyer. Parce qu’il ne faut pas croire, mais on ne peut pas s’ennuyer bien avec tout le monde&nbsp;! Encore faut-il tomber sur quelqu’un d’assez discret… Et le plus beau, c’est que ça l’amuse, ma femme, quand je lui dis ça. Je m’ennuie et elle, elle s’amuse… Bon, ce n’est pas que je ne m’ennuie pas avec vous, mais il va falloir que vous m’excusiez. J’ai un truc à faire, là. Un truc très ennuyeux, d’ailleurs. Comme quoi, on peut aussi s’ennuyer en faisant quelque chose… Allez. Ennuyez-vous bien…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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		<title>Il était une dernière fois</title>
		<link>https://sketchotheque.net/il-etait-une-derniere-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 15:11:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une dernière fois, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Il faut s’attendre à tout, dans la vie. Se tenir prêt. Le matin, on se lève. Comme tous les jours. On ne sait jamais si ce ne sera pas le dernier matin du dernier jour de sa vie. Bon, il y a des fois où on peut s’en douter un peu, hein…? Quand on ne se lève même plus, par exemple. Qu’on est atteint d’une longue maladie, une longue maladie qui tire plutôt vers sa fin, voyez, et que l’aumônier de l’hôpital est passé à tout hasard pour vous demander si vous n’aviez vraiment besoin de rien. Là, on se dit que si ce n’est pas pour aujourd’hui, en tout cas, ça ne va pas tarder. Quand on s’apprête à sauter de l’avion en plein vol, en regardant vers le ciel pour ne pas voir en bas, et qu’on imagine ce qui se passerait si le parachute ne s’ouvrait pas. Alors on vérifie une dernière fois que l’anneau n’est pas coincé. Que la toile n’est pas déchirée. Que par mégarde, on ne s’apprête pas à se jeter dans le vide avec son sac de couchage. Même si on n’est pas croyant, on fait son signe de croix au cas où. Ça ne mange pas de pain. Et puis, toute honte bue, on peut toujours décider de ne pas sauter. Rester dans l’avion, sonner l’hôtesse, et commander un whisky. En attendant que l’avion se pose en douceur. Ou qu’on s’écrase. Mais tous ensemble. Quand on est matador, et qu’on s’apprête à tuer six taureaux d’affilée, de cinq à sept. Et si l’un d’eux ne l’entendait pas de cette oreille ? Ni une ni deux, le bœuf qu’il a failli être pourrait se rebiffer. Combien de temps survivra-t-on encore à cette boucherie à ciel ouvert&nbsp;? Depuis la nuit des temps, tuer pour vivre, c’est un métier à risque. Dans le couloir de la mort, quand on entend des bruits de pas derrière la porte, aux petites heures, et que le room service vous apporte sur un plateau le petit déjeuner continental, servi dans de la vaisselle fine, au lieu du jus de chaussette habituel dans un quart en fer blanc. Alors là, on sait qu’il faudra libérer la chambre avant midi, que l’addition ne va pas tarder, et qu’on n’y coupera pas. Quand on saute à l’élastique, et qu’on sait qu’il peut craquer. Quand on craque et qu’on saute sans élastique. Quand on saute avec un préservatif et qu’il craque. Quand on craque et qu’on saute sans préservatif, parce que le pape a dit que non. Que celui qui a déjà péché lui lance la première capote usagée. Quand on se lève le matin, et qu’on ne sait plus pourquoi. Quand on pense qu’à vivre, on n’y survivrait pas. Quand on préfère mourir pour quelque chose, plutôt que de vivre pour rien. Quand on meurt de faim, qu’on ne pèse déjà plus rien, et qu’on ne peut pas faire autrement. Quand on nous a trop souvent dit d’aller nous faire pendre. Oui. Il y a des fois où on peut se douter qu’il n’y aura pas de prochaine fois. Et puis il y a les fois où on ne voit rien venir. Les fois où on s’en va comme on est venu. Par accident. Où on meurt comme on a vécu. Bêtement. Les fois où on décède par hasard. Sans préavis. Où on meurt par erreur. Sans faire-part. Un jour on se lève le matin, et il n’y en aura pas d’autres. Et on ne le sait pas. Il y a des fois où on meurt sans prévenir.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<title>Les petites heures</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-petites-heures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 08:05:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Insomnie]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les petites heures, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Les petites heures, vous connaissez ? Un, deux, trois, quatre… À cinq, on serait déjà tiré d’affaire. Il suffirait de patienter un peu en écoutant la radio. Mais on se réveille, et on regarde par la fenêtre. Pas une lueur. On tend l’oreille. Pas un chant d’oiseau. Les diurnes dorment encore, les nocturnes sont déjà couchés. Aucun espoir de lendemain proche. On est au plus profond de l’obscurité, dans la contrée d’aucun homme, la nuit des dormeurs éveillés. Bien sûr, un effort suffirait pour se lever, et marcher. Mais ce serait prématuré. Presque contre nature. Voir la nuit avant d’avoir vu le jour… Alors on doit rebrousser chemin. Repasser la frontière. Revenir là où rien ne peut encore nous atteindre. Où rien ne peut nous attendre. Où personne ne peut nous entendre. L’au-delà est l’en-deçà d’un éternel réversible. Je compte jusqu’à cent. À l’envers. Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit… Espérant qu’avant la fin de ce compte à rebours, j’aurai cessé de compter. Les nuits de grande insomnie, je commence à sept milliards. Six milliards neuf cent quatre-vingt dix neuf millions neuf cent quatre-vingt dix neuf mille neuf cent quatre-vingt dix neuf autres, avant que mon tour vienne dans cette vaste salle d’attente à ciel ouvert qu’est le monde des vivants. Combien de temps pour effeuiller une à une toutes ces existences qui ne sont pas la mienne, pour me reconnaître dans cette foule et trouver mon sommeil ? Une nuit pour savoir qui on est. Ce qui nous distingue des autres. Une vie pour découvrir tout ce qui n’est pas nous. Mourir. Se fondre à nouveau dans l’indistinct. Dormir. Lâcher prise. Avec la peur de se réveiller un autre. Dans une obscurité qui serait un cauchemar sans espoir de matin. Ce qui me tient en vie, qui me tient en éveil, c’est la peur de sombrer par une mauvaise nuit, dans le mauvais sommeil, la fatigue éternelle. L’insomnie est une course immobile contre le temps. Une victoire provisoire. Quatre, trois, deux, un… Suspendues entre la torpeur de la nuit et la brutalité du réveil, les petites heures égrènent le temps compté des insomniaques.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Divan</title>
		<link>https://sketchotheque.net/divan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:58:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Oeuf]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1546</guid>

					<description><![CDATA[<p>Divan, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’allonge ou…? OK… Je ne sais pas très bien par où commencer… J’ai trouvé vos coordonnées dans l’annuaire… On peut demander à un ami si il connaît un bon dentiste pas trop cher et qui ne fait pas mal, mais… quelqu’un comme vous. Alors, j’ai consulté les pages jaunes… Et puis j’ai choisi votre nom au hasard dans la liste… Plutôt longue, la liste, hein ? Un job payé en liquide, par les temps qui courent… Il paraît qu’on n’a pas besoin de diplôme pour faire votre métier. Qu’il suffit d’avoir été client pour se mettre à son compte… C’est vrai ? Alors moi aussi, après, si je veux… Je vais considérer que je suis en formation alors. Mais ça ne vous fout pas un peu les boules que tous vos clients deviennent des concurrents potentiels ? Vous imaginez ? Je vais voir mon boucher, je prends une tête de veau, et en sortant j’ouvre une boucherie juste en face… Ça ne risque pas d’arriver, remarquez, j’ai horreur de la viande… Même avec les œufs, j’ai du mal. Bon, j’en mange de temps en temps, mais… Il paraît que les oiseaux sont les descendants des dinosaures… Alors un œuf, c’est un peu un fœtus de dinosaure, non ? En fait, je n’ai pas choisi votre nom tout à fait par hasard… Vous étiez le dernier sur la liste… Comme votre patronyme commence par un Z… J’ai sûrement voulu réparer une injustice… C’est mon côté Zorro. Oui, j’imagine que les autres choisissent toujours le premier de la liste… Monsieur Aa, Madame Ab, ou Monsieur Bb… Je me doute de ce que vous avez dû endurer pendant vos études… Si vous en avez fait… Toujours le dernier à passer à la casserole… Moi, ça va. Je suis dans les M… Plutôt dans le peloton de queue, mais bon… Tiens, c’est marrant, moi c’est à la fin de mon nom qu’il est le Z… Mon père était espagnol… Je ne sais pas pourquoi je dis «&nbsp;était&nbsp;», parce qu’il l’est toujours… Je veux dire, vivant. Enfin, je crois… Mais est-ce qu’on peut dire qu’il est encore espagnol ? Il a été naturalisé… Naturalisé français, je veux dire… Pas empaillé… Ou congelé… C’est dingue, toutes ces bonnes femmes qui mettent leurs marmots au congélateur, non ? Entre le poisson pané et les esquimaux… Si seulement les enfants pouvaient faire la même chose avec leurs parents… Les conserver comme ça au congélo en attendant de savoir quoi en faire… Pourquoi je vous raconte tout ça, moi…? Ah, oui, le Z ! Alors il faut que je vous raconte tout depuis le début, c’est ça ? De A à Z. Ou plutôt de M à Z… Puisque pour moi ça commence à M… Je n’ai jamais aimé mon prénom… Vous avez remarqué, à la télé, dans les films ? L’abruti de service s’appelle toujours Jean-Pierre… Comme dans Ma Sorcière bien aimée, par exemple. Vous connaissez ? Mais si, le mari de Samantha ! Eh ben le con, dans l’affaire, c’est lui. Elle, elle rame toute la journée pour lui éviter la honte de passer pour le con qu’il est vraiment. Et elle n’a pas trop de tous ses pouvoirs magiques pour empêcher ça. Bon, elle l’aime, son Jean-Pierre, parce qu’il est gentil. Gentil, mais con. C’est l’idée qu’on se fait des Jean-Pierre, en général. Moi aussi, j’ai une fille. J’aurais dû l’appeler Tabatha. Je ne veux pas dire par là que ma femme est une sorcière. Ce serait plutôt une fée… Pour arriver à me supporter… C’est ce que ma mère lui dit toujours, d’ailleurs : Comment vous faites pour le supporter ? Elle est normande, ma mère. Comme les vaches. Alors le lait, le beurre, la crème… Qu’est-ce qu’on a pu en bouffer… Je ne digère pas, moi, le beurre. Je dois tenir ça de mon père. En Espagne, c’est plutôt l’huile d’olive. Il lui disait toujours : Pourquoi tu mets autant de crème dans la soupe ? Il aurait mieux fait de lui demander pourquoi elle ne mettait pas plus de soupe dans sa crème… C’était plus fort qu’elle, apparemment… L’atavisme… Finalement, mon père a trouvé quelqu’un d’autre pour lui servir la soupe… À la maison, maintenant, c’est moi qui cuisine. Comme ça, au moins, je sais ce que je mange. Vous ne dites rien, hein ? Mais vous n’en pensez pas moins. Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis venu vous voir. Si je le savais, je ne serais pas venu, j’imagine. Enfin si, il y a quand même quelque chose. Comment vous dire ça ? Plus ça va… plus je me sens proche du minéral. Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez la formule : plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ? Moi, plus le temps passe, plus les gens m’ennuient. Les chiens aussi, d’ailleurs. C’est avec les pierres que je me sens vraiment à l’aise… Une vie d’homme… C’est trop court, non ? Alors une vie de chien… Tandis qu’une pierre, ça ne vieillit pas… Même les arbres, ça ne me dit plus rien. Pourtant, il y en a qui ont plus de mille ans. Mais un arbre aussi ça finit par mourir. Ça peut même avoir des maladies. Et puis c’est bouffé par les vers, comme le reste. Ça finit par réintégrer la chaîne alimentaire. Une pierre, non. Personne ne mange de cailloux ! Sauf les poules, c’est vrai… Pour fabriquer la coquille de leurs œufs. Vous avez raison, on ne peut pas dire non plus que les pierres soient vraiment éternelles… Vous croyez que les dinosaures aussi bouffaient des cailloux pour fabriquer leurs œufs&nbsp;? Dans ce cas, à quoi bon être une pierre ? Si c’est pour finir en coquilles vides après une omelette… Alors pourquoi j’aime les pierres, docteur ? Je veux dire Monsieur Z. Vous croyez que ça a quelque chose à voir avec mon nom ? Jean Pierre M.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Auto-stop</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auto-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:50:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Route]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auto-stop, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez où&nbsp;? Vous ne savez pas…? Bon, ben…montez, je vous emmène. Vous n’avez que ça comme bagages&nbsp;? Vous avez raison. Quand on ne sait pas où on va, pas la peine de se charger. Moi, j’ai juste un petit sac. Une brosse à dents. Des chaussettes de rechange. Un maillot de bain, au cas où… N’oubliez pas d’attacher votre ceinture, il y a des contrôles, parfois. Moi non plus, d’ailleurs, je ne sais pas très bien où je vais. J’ai pris quelques jours. Je vais essayer de trouver un endroit calme, pour faire le point. J’ai une vague idée de roman… Avec les ordinateurs portables, maintenant, c’est pratique. On peut écrire où on veut. Même chez soi. J’ai aussi internet, là-dessus&nbsp;! Quand je quitte la maison, j’emmène la boîte aux lettres. C’est pas mal, ce coin, non&nbsp;? Dommage qu’ils annoncent un temps pourri. J’aime bien rouler, comme ça. Déjà parti, pas encore arrivé. J’ai l’impression d’exister un peu. Ça doit être pour ça que je ne finis jamais rien. Le nombre de romans que j’ai pu commencer&nbsp;! Quand j’étais gosse, ce que je préférais, c’était le trajet entre chez moi et l’école. Je faisais durer le plaisir, en allant le plus lentement possible. Mais… on a beau prendre son temps, on finit toujours par arriver quelque part. Il faut absolument que je mette de l’essence, là. Vous me dites si vous voyez une pompe ? Ouais… Quand j’étais gamin, j’étais terrifié par la certitude que j’allais mourir un jour. C’est le destin de tout le monde, hein&nbsp;? Alors j’ai d’abord tenté de me persuader que je n’étais pas comme tout le monde. Mais très vite, j’ai dû me faire à l’idée que je n’étais pas Jésus-Christ. Seul un temps élastique me séparait d’une mort certaine. Peut-être même prématurée&nbsp;! Non seulement j’étais sûr de mourir, mais je ne savais pas quand. Bref, ça devenait urgent de ralentir pour ne pas mourir de façon précipitée. Qu’est-ce qu’il a à klaxonner comme ça, celui-là&nbsp;? Double, si tu es tellement pressé&nbsp;! Je disais quoi ? Oui, donc, faute de pouvoir arrêter le temps, après, j’ai essayé de retenir chaque instant. Pour qu’il s’écoule moins vite, voyez. Avec l’espoir secret qu’un souvenir plus dense finirait par enrayer le sablier. Pour commencer, j’ai choisi un moment, au hasard, et j’ai décidé arbitrairement de le retenir toute ma vie. Et ça a marché ! La première fois… Un moment inoubliable ! Quoique absolument sans intérêt… Je n’ai jamais pu réitérer cet exploit. De toute façon, depuis le temps, j’ai changé de point de vue sur l’existence, hein&nbsp;? On meurt, bien sûr, mais on ne disparaît jamais complètement. Rien ne se perd, rien ne se crée. Hélas, avec le temps, cette certitude d’un éternel retour me terrorise encore plus que celle d’une fin définitive. Ça ne s’arrêtera donc jamais&nbsp;? Et qu’est-ce qu’on va devenir quand on sera mort&nbsp;? C’est vrai, c’est effrayant, la réincarnation, si on y pense. Même si on n’est pas complètement satisfait de sa vie actuelle, rien ne dit qu’une fois ressuscité, on ne va pas se retrouver dans la peau de quelqu’un encore plus malheureux que soi… Il y a tellement de misère, dans le monde. Ça ne vous fout pas les jetons, à vous, cette roulette russe&nbsp;? Non, on ne sait pas où on va. On ne sait même pas d’où on vient ! Est-ce qu’un papillon se souvient d’avoir été une chenille ? L’homme ne se souvient même pas d’avoir été un singe. Ah, une pompe à essence ! J’ai bien cru qu’on allait tomber en panne sèche. Si vous voulez en profiter pour vous dégourdir les jambes. Ou passer aux toilettes. Prenez votre temps, on n’est pas pressés. On ne sait pas où on va…</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Sans titre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sans-titre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:45:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans titre, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Il y a quelqu’un ? Non… Alors vous êtes comme moi. Vous non plus, vous n’avez pas vraiment réussi à devenir quelqu’un. Être le fils de personne, ça va encore. Certains sont même devenus très célèbres. Il y a des précédents. Mais qui se souvient encore des parents du fils de personne ? Personne. Moi, depuis que je suis arrivé au monde, on m’a toujours dit : si tu veux devenir quelqu’un, dans la vie, il ne faut pas faire n’importe quoi. Et croyez-moi, tous ceux qui m’ont dit ça, ça n’était pas n’importe qui. Alors j’ai essayé de faire quelque chose de moi. Pour devenir quelqu’un, comme eux. Mais je ne suis arrivé à rien, je le sais bien. Je n’ai jamais su quoi faire de ma peau. Je ne suis qu’un numéro, comme on dit. Un drôle de numéro, même, à ce que disent certains. Je n’ai pas dû faire ce qu’il faut. Alors je fais ce que je peux. Je fais mon numéro, justement. Je suis un comique, comme ils disent : Oh, celui-là, c’est un comique ! Est-ce qu’un comique peut vraiment devenir quelqu’un ? Pour ça, il faudrait qu’on le prenne au sérieux… Mais même moi, je n’arrive pas à me prendre au sérieux. Mon médecin, quand je vais le voir pour un arrêt maladie, il me répète toujours : Arrêtez de jouer la comédie ! Sans parler de mon banquier qui me prend pour un clown. Est-ce que vous prêteriez de l’argent à un clown, vous ? qu’il me dit tout le temps. Surtout à taux zéro… Quand on prête à rire, on n’est pas sûr d’être remboursé, c’est sûr… C’est pour ça que les comiques finissent rarement propriétaires de leur dernière demeure. Moi non plus, je n’ai pas de chez moi. Il paraît même que j’ai l’air de ne pas savoir où j’habite. Si encore j’avais rencontré quelqu’un dans la vie. Tu devrais essayer de rencontrer quelqu’un, comme ils disent. Mais si vous croyez que c’est facile de nouer une relation sérieuse avec une personne qui ne sait même pas où elle habite. Je ne demandais pourtant pas grand-chose. Pas forcément quelqu’un de… Si au moins j’avais tiré le bon numéro. Mais non. Je n’ai tiré que de sacrés numéros, croyez-moi. Aucune relation stable. Quelques intermittentes parfois. Beaucoup de faux numéros. Mais jamais le numéro complémentaire. Alors le numéro gagnant… Et maintenant, c’est trop tard, hein ? Je n’en ai plus pour longtemps, je le sais. Et je sais bien qu’après ma disparition, personne ne dira : celui-là, c’était quelqu’un. Est-ce qu’on peut même parler de disparition s’agissant d’une personne qui n’a jamais réussi à devenir quelqu’un ? Non, à mon enterrement, on dira : celui-là, c’était un comique. S’il y a quelqu’un à mon enterrement, bien sûr. Vous avez remarqué, à l’enterrement des gens célèbres, il y a toujours une foule d’anonymes, comme ils disent dans les journaux. La foule des anonymes… Mais sur la tombe des inconnus, il n’y a jamais personne. Et surtout pas des célébrités. Ou alors, il faut être soldat sans papier, mourir au champ d’honneur, et avoir beaucoup de chance à titre posthume. Non, en temps de paix, il ne faut pas rêver. Personne ne ranimera jamais la flamme de tous les morts qui n’ont jamais réussi à devenir quelqu’un de leur vivant…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trop longtemps</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-longtemps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 08:20:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Ami]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Colomb]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1469</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop longtemps, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on se souviendra de nous après notre mort ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire… les gens qui nous ont connus quand on était vivants ? La famille, les amis…?<br><strong>Un</strong> – Non, je veux dire… après. Quand tous les gens qui nous ont connus seront morts eux aussi.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Est-ce qu’on passera à la postérité ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Deux</strong> – Il faudrait qu’on ait fait quelque chose de vraiment significatif, non ?<br><strong>Un</strong> – Admettons qu’on ait fait quelque chose de vraiment de significatif.<br>Deux – D’accord… Genre… Libérer la France, comme le Général De Gaulle.<br><strong>Un</strong> – De Gaulle, c’était il n’y a pas si longtemps que ça. Et il y a encore des gens qui l’ont connu personnellement… Rien ne dit que dans une centaine d’années…<br><strong>Deux</strong> – OK… Alors là on parle plutôt de rester à jamais dans la mémoire collective.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’il faut faire pour accéder à l’immortalité, à ton avis…?<br><strong>Deux</strong> – Exterminer des millions de personnes, comme Hitler ou Pol Pot ?<br><strong>Un</strong> – Disons en laissant plutôt un bon souvenir, tant qu’à faire.<br><strong>Deux</strong> – Découvrir l’Amérique, comme Christophe Colomb…?<br>Un – Je ne suis pas sûr que les Indiens en gardent un si bon souvenir… Mais c’est vrai. C’était il y a cinq cents ans, et tout le monde s’en souvient encore.<br><strong>Deux</strong> – Fonder une religion, comme Jésus-Christ…<br><strong>Un</strong> – C’était il y a 2000 ans.<br><strong>Deux</strong> – Et on risque de s’en souvenir encore pendant pas mal de temps.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais certains sont connus depuis encore plus longtemps.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Tu sais qui est l’être humain le plus ancien dont on se souvient encore aujourd’hui ?<br><strong>Deux</strong> – Lucie ?<br><strong>Un</strong> – Lucie, ce n’est qu’un tas d’os. Le squelette n’est même pas complet. Et on ne sait rien d’elle.<br><strong>Deux</strong> – On sait que c’était une femme.<br><strong>Un</strong> – C’est un peu mince pour passer à la postérité. Surtout qu’elle ne s’appelait sûrement pas Lucie de son vivant.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Qui alors ?<br><strong>Un</strong> – Le pharaon Narmer. Il vivait il y a cinq mille ans. C’est le personnage historique le plus ancien dont on se souvienne encore de nos jours, pour avoir unifié la Haute et la Basse Égypte.<br><strong>Deux</strong> – Moi je ne m’en souviens pas.<br><strong>Un</strong> – Les égyptologues, eux, s’en souviennent.<br><strong>Deux</strong> – Et quand il n’y aura plus d’égyptologues ?<br><strong>Un</strong> – Il y aura toujours des égyptologues, non ?<br><strong>Deux</strong> – Toujours, tu crois ? Et quand la Terre aura été détruite par la folie des hommes ?<br><strong>Un</strong> – Il restera bien encore quelques égyptologues parmi les survivants.<br><strong>Deux</strong> – Et quand le Soleil aura absorbé la Terre, dans cinq milliards d’années ?<br><strong>Un</strong> – D’ici là, les hommes auront peut-être trouvé le moyen d’aller coloniser une autre planète.<br><strong>Deux</strong> – En emmenant avec eux un égyptologue ? Je ne suis pas sûr qu’on choisira de sauver ceux-là en premier…<br><strong>Un</strong> – Ça restera quand même dans les livres d’égyptologie.<br><strong>Deux</strong> – Et quand l’univers s’autodétruira, par le big crunch ou le big freeze, selon la théorie qui se vérifiera à ce moment-là ?<br><strong>Un</strong> – Ouais… À ce moment-là, il n’y aura plus personne pour se souvenir de nous, c’est sûr.<br><strong>Deux</strong> – En même temps… Il y a déjà beaucoup de gens qui nous ont oubliés, alors qu’on n’est même pas encore morts.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… À quoi bon s’emmerder à essayer de faire quelque chose de significatif pour accéder à l’immortalité. Si de toute façon, à long terme, on est tous condamnés à tomber dans l’oubli.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – On va reprendre un verre pour oublier cette triste réalité…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trop courte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-courte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 08:02:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop courte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Ils restent silencieux un instant.<br></em><strong>Un</strong> – Comme le temps passe vite…<br><strong>Deux</strong> – Il est quelle heure ?<br><strong>Un</strong> – Non, je disais… en général.<br><strong>Deux</strong> – En général ?<br><strong>Un</strong> – Comme le temps passe vite… en général.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…!<br><strong>Un</strong> – Comme disait Aznavour… Hier encore, j’avais vingt ans…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Si les jeunes savaient combien la vie est courte…<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’ils ne le savent pas ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne les empêche pas de penser que les vieux sont une race à part.<br><strong>Deux</strong> – Il faut dire que les vieux ne font pas toujours beaucoup d’efforts pour rester jeunes.<br><strong>Un</strong> – Traite-nous de vieux cons, aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas ce qu’on est ?<br><strong>Un</strong> – Il y a aussi des jeunes cons.<br><strong>Deux</strong> – Au moins ils ont l’excuse de la jeunesse.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Si les jeunes savaient combien la vie est courte…<br><strong>Deux</strong> – Ce serait déjà des vieux.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trop riche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-riche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop riche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive, affichant un large sourire.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour Monsieur, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !<br><strong>Un</strong> – Bon, commencez par la mauvaise.<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, je n’ai pas dit j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Juste une bonne nouvelle.<br><strong>Un</strong> – Ah, pardon. Quand on n’est pas habitué… Et… c’est quoi, cette mauvaise nouvelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez bien validé une grille de loto il y a une semaine ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vous annonce que vous avez gagné.<br><strong>Un</strong> – Gagné ? Moi ? Combien ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions d’euros.<br><strong>Un</strong> – 233 millions ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, ça fait une somme.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça n’a pas l’air de vous faire plaisir.<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr, mais…<br><strong>Deux</strong> – Mais ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Deux</strong> – Trop ?<br><strong>Un </strong>– C’est-à-dire que… un million, ça va. J’achète une maison et…<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Disons 10 millions, alors. J’achète une maison, et j’arrête de travailler. Mais 233 millions !<br><strong>Deux</strong> – Je comprends qu’il vous faille un peu de temps pour vous faire à cette idée.<br><strong>Un</strong> – Ça ne pourrait pas être un peu moins ?<br><strong>Deux</strong> – Moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi… Disons 33 millions d’euros. Je vous assure, je ne peux vraiment pas faire plus…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais c’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, réfléchissez. Mais pas trop longtemps. Parce qu’il y a un délai, quand même. Pour retirer son gain, je veux dire…<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que c’est, avec plusieurs centaines de millions d’euros, je n’aurais plus de famille. Plus d’amis.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, avec une telle fortune, vous allez retrouver la trace de cousins très éloignés que vous pensiez avoir perdu de vue. Et vous allez découvrir que vous aviez beaucoup plus d’amis que vous ne le supposiez.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais c’est précisément ça qui me fait peur. Je ne serai plus entouré que de gens intéressés.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler de ma femme…<br><strong>Deux</strong> – Votre femme ?<br><strong>Un</strong> – Elle est communiste, ma femme ! Déjà qu’elle me reprochait de ne pas être assez à gauche… Alors quand je vais lui annoncer que j’ai gagné 233 millions d’euros.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, l’expérience montre qu’avec 233 millions d’euros, une femme ne reste pas très longtemps communiste…<br><strong>Un</strong> – Non, vous ne vous rendez pas compte… Les relations avec tout mon entourage vont être complètement faussées…<br><strong>Deux</strong> – Vous connaîtrez d’autres gens… Des gens aussi fortunés que vous.<br><strong>Un</strong> – Je ne me fais pas d’illusions, vous savez. Je sais que les vrais riches, ceux qui sont nés comme ça, ne voudront jamais de moi. Pour eux je serai toujours le type qui a gagné sa fortune au loto.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et si ma femme me quitte ? Comment en retrouver une autre ?<br><strong>Deux</strong> – Avec 233 millions d’euros ?<br><strong>Un</strong> – Je penserai toujours qu’elles veulent m’épouser pour mon argent !<br><strong>Deux</strong> – Évidemment…<br><strong>Un</strong> – Non, je crois que je vais plutôt vous reprendre un billet.<br><strong>Deux</strong> – Un billet ?<br><strong>Un</strong> – Un ticket de loto !<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Vous avez déjà gagné !<br><strong>Un</strong> – Peut-être que cette fois, j’aurai la chance de gagner un peu moins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Trompe-l’œil</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trompe-loeil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:22:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fenêtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1424</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trompe-l’œil, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Debout face au public, ils regardent vers le mur du fond.<br></em><strong>Lui</strong> – Il fait beau, hein ?<br><strong>Elle</strong> – Mais il y a beaucoup de vent.<br><strong>Lui</strong> – Oui. C’est le vent qui a chassé les nuages…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu vois la fenêtre d’en face ?<br><strong>Lui</strong> – Quelle fenêtre ?<br><strong>Elle</strong> – Là-bas, légèrement cachée par le feuillage de cet arbre.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, celle-là… C’est curieux, on ne voit jamais de lumière la nuit.<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas qui peut bien habiter là.<br><strong>Lui</strong> – Personne, peut-être. Le logement doit être inoccupé. Ça arrive…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Pendant la journée, il me semble apercevoir des silhouettes derrière ces vitres. À travers ces branches.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui ?<br><strong>Elle</strong> – Un homme et une femme, je crois.<br><strong>Lui</strong> – Ça me rappelle un film…<br><strong>Elle</strong> – Quel film ?<br><strong>Lui</strong> – Fenêtre sur cour ! Ne me dis pas qu’en plus, tu as cru voir cet homme assassiner sa femme…<br><strong>Elle</strong> – Non, mais tout de même… J’ai l’impression qu’il se passe quelque chose de bizarre derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’as rien d’autre à faire que d’épier ce qui se passe dans l’immeuble d’en face ?<br><em>Elle sourit et regarde à nouveau avec plus d’attention.</em><br><strong>Elle</strong> – Attends un peu… C’est dingue. On dirait que…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Il y a un vent terrible aujourd’hui, et les feuilles de cet arbre ne bougent absolument pas.<br><em>Il regarde lui aussi.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est curieux en effet…<br><strong>Elle</strong> – Tu vas rire mais…<br><strong>Lui</strong> – Oui ?<br><strong>Elle</strong> – L’arbre… C’est un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Je t’assure. Regarde.<br><em>Il regarde plus attentivement.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah oui. Je n’avais jamais remarqué.<br><strong>Elle</strong> – Je me disais aussi…<br><strong>Lui</strong> – Mais alors… si l’arbre est un trompe-l’oeil, c’est que la fenêtre en est un aussi.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – Comment veux-tu qu’un faux arbre puisse cacher une vraie fenêtre ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, ce n’est pas faux.<br><strong>Lui</strong> – Si l’arbre est un trompe-l’œil peint sur le mur d’en face, c’est que la fenêtre aussi est peinte sur le mur.<br><strong>Elle</strong> – Un arbre qui n’existe pas, cachant une fenêtre qui n’existe pas.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que ça que l’illusion marche aussi bien. On se dit que quelque chose qui est caché, c’est forcément quelque chose de réel. Pourquoi cacher quelque chose qui n’existe pas ?<br><strong>Elle</strong> – Un peu comme Dieu, finalement. Les gens y croient d’autant plus qu’on ne le voit jamais.<br><strong>Lui</strong> – Si Dieu se trimbalait dans les supermarchés avec une fausse barbe et un costume élimé, comme le Père Noël au moment des fêtes, c’est sûr que les gens n’y croiraient pas longtemps.<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Et si on était des trompe-l’œil, nous aussi ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Peut-être que les gens qui nous regardent nous voient comme des illusions d’optique. Des peintures ou des photos de nous-mêmes.<br><strong>Lui</strong> – Mais nous on est là, on bouge, on parle.<br><strong>Elle</strong> – Les vidéos, ça bouge aussi.<br><strong>Lui</strong> – On est en trois dimensions.<br><strong>Elle</strong> – Les hologrammes, c’est aussi en relief. On est peut-être des trompe-l’œil en trois D.<br><strong>Lui</strong> – Il faudrait demander à ceux d’en face.<br><strong>Elle</strong> – En même temps, quel crédit accorder aux voisins… si ce ne sont que des trompe-l’œil eux-aussi…<br><strong>Lui</strong> – Je crois qu’on commence à devenir fous.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison, je vais refermer la fenêtre.<br><em>Elle hésite.</em><br><strong>Lui</strong> – Ne me dis pas qu’elle est peinte contre le mur…<br>Ils échangent un regard inquiet.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
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		<title>Virgule</title>
		<link>https://sketchotheque.net/virgule/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Plombier]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Strip-teaseuse]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Virgule, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont tendrement enlacés. Ils relâchent leur étreinte, en gardant un sourire béat sur les lèvres.<br></em><strong>Lui</strong> – On est bien ensemble, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Mais tu veux dire… « On est bien ensemble ? » Ou « On est bien, ensemble ? »<br><strong>Lui</strong> – Euh… Je ne sais pas… C’est quoi la différence ?<br><strong>Elle</strong> – Ben… la virgule.<br><strong>Lui</strong> – La virgule ?<br><strong>Elle</strong> – Avec la virgule, ça veut dire « Est-ce qu’ensemble on est bien ? ». Sans la virgule, ça veut dire… « Est-ce qu’on est vraiment ensemble ? »<br><strong>Lui</strong> – Ah oui.<br><strong>Elle</strong> – Ben oui.<br><em>Moment d’inquiétude. Nouvelle étreinte pour se rassurer. Et nouvelle séparation. Ils ont à nouveau un sourire épanoui.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens comment on s’est rencontrés ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Enfin… non. Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Non, moi non plus. Je pensais que toi tu le savais…<br><strong>Elle</strong> – Où est-ce qu’on aurait bien pu se rencontrer ?<br><strong>Lui</strong> – Si on est ensemble, c’est bien qu’on s’est rencontrés quelque part.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr…<br><strong>Lui</strong> – Mais où ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Où est-ce que les gens se rencontrent, en général ? Je veux dire… un homme et une femme.<br><strong>Lui</strong> – Chez des amis ?<br><strong>Elle</strong> – On a des amis en commun ?<br><em>Il jette un coup d’œil à son portable.</em><br><strong>Lui</strong> – Pas d’après Facebook, en tout cas.<br><strong>Elle</strong> – Il paraît qu’un couple sur quatre s’est rencontré sur son lieu de travail.<br><strong>Lui</strong> – Tu travailles où ?<br><strong>Elle</strong> – Je suis… Je suis strip-teaseuse… Enfin, je crois… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Plombier…<br><strong>Elle</strong> – Plombier ?<br><strong>Lui</strong> – Ils ont refait la plomberie récemment, dans ton club de strip-tease ?<br><strong>Elle</strong> – Ah non, mais je ne travaille pas dans un club. Je fais ça en amateur. À la maison…<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Non, non, moi je… Je suis plombier professionnel. Je veux dire… Je fais ça chez les autres. Enfin, je crois…<br><strong>Elle</strong> – Je vois.<br><strong>Lui</strong> – Et donc… tu as fait venir un plombier chez toi, récemment ?<br><strong>Elle</strong> – Non… mais il me semble avoir eu un dégât… des eaux il n’y a pas très longtemps.<br><strong>Lui</strong> – Un des gars des eaux… Tu veux dire un employé de la compagnie des eaux ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Un dégât des eaux. Une fuite.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, pardon, je… Une fuite, évidemment, un délit de fuite… Enfin, je veux dire… Je vais peut-être y aller, non…?<br><strong>Elle</strong> – Y aller ? Où ça?<br><strong>Lui</strong> – Je… Je ne sais pas… Chez moi ?<br><strong>Elle</strong> – Tu n’habites pas ici ?<br><strong>Lui</strong> – Tu crois que j’habite ici ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. Tu habites ailleurs ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ne me revient pas, non. Et toi, tu es sûre d’habiter ici ?<br><em>Elle regarde autour d’elle.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça ne me dit rien non plus.<br><em>Il regarde également autour de lui, et ramasse un carton, par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Tiens…<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Lui</strong> – Un carton.<br><strong>Elle</strong> – Il y a marqué quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Ne pas déranger.<br><strong>Elle</strong> – Et de l’autre côté ?<br><strong>Lui</strong> – Merci de faire la chambre.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui.<br><em>Elle se met en mouvement comme pour faire quelque chose.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu fais ?<br><strong>Elle</strong> – Ben je vais faire la chambre. Ce n’est pas ce que tu viens de me dire ?<br><strong>Lui</strong> – Si… Enfin, oui, mais… C’est ce qu’il y a marqué sur le carton.<br><strong>Elle</strong> – Tout ça est vraiment très bizarre.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Je me demande si on ne ferait pas mieux de se recoucher.<br><strong>Elle</strong> – Se recoucher ? Tu veux dire… ensemble.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Non ?<br><strong>Elle</strong> – Si, si…<br><strong>Lui</strong> – On y verra peut-être plus clair en se réveillant.<br><strong>Elle</strong> – Oui, j’espère…<br><strong>Lui</strong> – Je vais mettre le carton ne pas déranger.<br><strong>Elle</strong> – Oui, je crois que c’est mieux.<br><em>Noir.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Vaguement</title>
		<link>https://sketchotheque.net/vaguement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 16:12:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Tsunami]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vaguement, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont debout l’un à côté de l’autre, et ils échangent un regard tendre.<br></em><strong>Lui</strong> – Ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va. (<em>Un temps</em>) On est morts, non ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… La dernière chose dont je me souviens, c’est une vague de trente mètres de haut s’apprêtant à déferler sur la piscine au bord de laquelle on venait de s’allonger pour faire une sieste.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Pas toi ?<br><strong>Elle</strong> – Si.<br><strong>Lui</strong> – Donc, on est morts.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est que cette vague nous a entraînés tous les deux à des kilomètres de là, pour nous déposer délicatement, sans nous réveiller, au bord de la piscine d’un autre hôtel…<br><strong>Lui</strong> – Qui s’appellerait aussi le Paradise Hotel.<br><strong>Elle</strong> – Absolument indemnes et même pas mouillés.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas le plus probable, non ?<br><strong>Elle</strong> – Alors c’est qu’on est morts.<br><strong>Lui</strong> – Enfin morts…<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. Je ne vois pas trop la différence avec quand on était vivants.<br><strong>Lui</strong> – Sauf que dans ce monde-ci, apparemment, on n’est pas encore mariés.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Lui</strong> – On n’a pas d’alliances.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois qu’on n’a pas encore d’enfants non plus ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, je ne vois pas leurs serviettes au bord de la piscine.<br><strong>Elle</strong> – Ni leurs bouées.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Peut-être qu’on ne s’est même pas encore rencontrés…<br><strong>Elle</strong> – Tu veux dire… qu’on ne se connaît pas ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. On se connaît ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne crois pas.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ce serait ça ce qu’on appelle la mort.<br><strong>Elle</strong> – Un monde parallèle dans lequel l’heure de notre mort n’a pas encore sonné.<br><strong>Lui</strong> – Un paradis sur lequel ce tsunami n’aurait pas encore déferlé.<br><strong>Elle</strong> – Pourtant on l’a bien vue, cette vague. Tous les deux.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – J’imagine que si ça marche comme ça, on n’est pas supposés se souvenir de notre ancienne vie ? Tu t’en souviens, toi ?<br><strong>Lui</strong> – Vaguement.<br><strong>Elle</strong> – Moi aussi. Je me souviens juste de cette vague… De toi et des enfants. Enfin surtout des enfants… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Surtout de la vague.<br><strong>Elle</strong> – Tout ça est vraiment très bizarre.<br><strong>Lui</strong> – Ça doit être un bug dans le système. On n’est pas supposés se souvenir de quoi que ce soit.<br><strong>Elle</strong> – Sinon, les gens sauraient qu’ils sont déjà morts.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’on doit leur dire ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’ils sont morts.<br><em>Elle regarde en direction du public.</em><br><strong>Elle</strong> – Regarde les… Ils ont l’air heureux… Ils ne nous croiraient pas…<br><strong>Lui</strong> – Ils nous prendraient pour des fous, et c’est nous qu’on enfermerait dans un asile.<br><strong>Elle</strong> – Il vaut mieux garder ça pour nous.<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison.<br><strong>Elle</strong> – Ce sera notre secret.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon, on y va ?<br><strong>Elle</strong> – Où ça ?<br><strong>Lui</strong> – Découvrir ce qu’il y a de différent dans ce monde parallèle, où aucun tsunami n’a submergé le Paradise Hotel…<br><strong>Elle</strong> – Et où on ne s’est pas encore rencontrés.<br><strong>Lui</strong> – Je suis curieux de voir ça.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Et en même temps, ça me fait un peu peur.<br><strong>Lui</strong> – Il faudrait déjà savoir dans quelle chambre on est.<br><strong>Elle</strong> – Puisqu’on ne se connaissait pas encore, on n’était sûrement pas dans la même chambre.<br><strong>Lui</strong> – On n’a qu’à demander à la réception.<br><strong>Elle</strong> – On va faire comme ça.<br><strong>Lui</strong> – Allons-y.<br><em>Ils commencent à s’en aller.</em><br><strong>Elle</strong> – C’était pourtant une belle journée, non ?<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Comment on aurait pu deviner…<br><strong>Lui</strong> – Qu’on allait se rencontrer aujourd’hui.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Malchance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/malchance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 15:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1404</guid>

					<description><![CDATA[<p>Malchance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table devant un verre plein et un autre vide. À côté un seau à champagne avec une bouteille de Blanquette de Limoux. Un autre personnage arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Comment est votre Blanquette de Limoux ?<br><strong>Deux</strong> – Ma blanquette est bonne.<br><strong>Un</strong> – C’est un mot de passe pour cinéphile…<br><strong>Deux</strong> – <em>Le Caire, Nid d’espions</em>, mon préféré. Je vous en sers un peu.<br><strong>Un</strong> – Volontiers.<br><em>L’autre le sert. Ils trinquent.</em><br><strong>Deux</strong> – À notre contrat.<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas encore dit oui. De quoi s’agit-il exactement ?<br><strong>Deux</strong> – De tuer quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Je suis tueur à gages. En général, c’est pour ça qu’on me sollicite. Mais de qui voulez-vous vous débarrasser ?<br><strong>Deux</strong> – De moi-même.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, je sais, c’est sans doute inhabituel, mais après tout, pour vous qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Un</strong> – Rien, c’est vrai.<br><strong>Deux</strong> – Ça n’a même que des avantages. La victime est consentante, personne ne viendra jamais se plaindre, et donc vous êtes sûr de ne pas être inquiété.<br><strong>Un</strong> – Dans notre métier, on n’est jamais sûr de rien, vous savez. La question, ce serait plutôt… pourquoi ne pas le faire vous-même ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je n’ai pas le courage, tout simplement.<br><strong>Un</strong> – Je comprends. Tuer quelqu’un, c’est une chose. Se tuer soi-même, c’en est une autre. Moi-même si je voulais en finir un jour, je pense que je ferais appel à un collègue.<br><strong>Deux</strong> – Et puis je ne veux pas faire de peine à mes proches, vous comprenez. Un suicide, c’est toujours très lourd à porter pour ceux qui restent. Et pourquoi est-ce que je n’ai rien vu venir ? Et si j’avais su, est-ce que j’aurais pu l’empêcher ?<br><strong>Un</strong> – Bien sûr.<br><strong>Deux</strong> – Un accident, ou même un meurtre, ça passe beaucoup mieux.<br><strong>Un</strong> – Je dois avouer que nous avons de plus en plus de demandes comme la vôtre. Au début, j’avais un peu de mal, et puis… Quand on peut rendre service…<br><strong>Deux</strong> – Je vous assure que vous me rendrez un grand service.<br><strong>Un</strong> – Mais si je peux me permettre… Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – La lassitude, tout simplement… L’impression que ce que j’avais à faire sur cette terre est déjà derrière moi.<br><strong>Un</strong> – Et si vous changiez d’avis ?<br><strong>Deux</strong> – Hélas. Chaque jour qui passe me conforte dans cette décision.<br><strong>Un</strong> – Quoi qu’il en soit, si vous changiez d’avis, vous avez juste à me passer un SMS.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><em>Il sort une enveloppe de sa poche et la pousse sur la table vers l’autre.</em><br><strong>Deux</strong> – Voilà, comme convenu.<br><strong>Un</strong> – Très bien.<br><strong>Deux</strong> – Vous ne recomptez pas ?<br><strong>Un</strong> – Là où vous allez, qu’est-ce vous pourriez bien faire de quelques euros que vous ne m’auriez pas donnés ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sympa. Ça me fera de la peine de…<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi, vous m’êtes plutôt sympathique. Et tant qu’à faire, je suis content que ce soit vous qui vous vous en occupiez…<br><strong>Un</strong> – Comme je vous l’ai dit, je me donne un mois pour exécuter ce contrat. Donc ça peut-être demain comme le mois prochain. Vous ne saurez ni le jour, ni l’heure, ni l’endroit…<br><strong>Deux</strong> – Et s’il vous arrive quelque chose d’ici là ?<br><strong>Un</strong> – Quelque chose ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est vous qui mourez avant moi.<br><strong>Un</strong> – Il y a peu de chances que ça arrive mais dans ce cas, je crains que vous ne deviez continuer à vivre encore un peu<br><strong>Deux</strong> – Alors prenez bien soin de vous.<br><em>L’autre se lève, fait un signe d’adieu, et s’en va. Celui qui reste finit son verre. On entend un crissement de pneus suivi d’un bruit de collision.</em><br><strong>Deux</strong> – Et merde. Ça fait le troisième cette semaine…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Les primevères</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-primeveres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 16:17:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fleur]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1371</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les primevères, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-primeveres/">Les primevères</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, un autre arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous savez quel jour on est ?<br><strong>Deux</strong> – On est aujourd’hui, je crois.<br><strong>Un</strong> – Aujourd’hui ?<br><strong>Deux</strong> – Juste entre hier et demain.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais… on est le 20, le 21 ou le 22 ? Je ne sais plus.<br><strong>Deux</strong> – Le 21… quoi ?<br><strong>Un</strong> – Le 21 mars.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Un</strong> – Ça change que si on est le 21, c’est aujourd’hui le printemps. Alors que si nous sommes le 20, c’est demain. Et si nous sommes le 22 c’était hier.<br><strong>Deux</strong> – Vous pensez vraiment que le printemps arrive comme ça, un jour précis ? En l’occurrence le 21 mars ?<br><strong>Un</strong> – Ben oui… Non ?<br><strong>Deux</strong> – Alors si nous sommes le 20, c’est encore l’hiver, et si nous sommes le 22 c’est déjà le printemps ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Je ne sais pas quel jour on est.<br><strong>Deux</strong> – Moi non plus.<br><strong>Un</strong> – Bon…<br><strong>Deux</strong> – Il fait beau, aujourd’hui, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Il fait un temps… printanier.<br><strong>Deux</strong> – Regardez ces primevères… elles n’ont pas attendu de savoir si on était le 20 ou le 21 pour fleurir.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai.<br><strong>Deux</strong> – Alors on n’a qu’à dire que c’est déjà le printemps.<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><strong>Deux</strong> – Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais à partir de deux, on a déjà quelques raisons d’espérer.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p></p>
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		<item>
		<title>La carte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-carte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 16:13:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Carte]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1369</guid>

					<description><![CDATA[<p>La carte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/la-carte/">La carte</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, regardant avec perplexité la carte qu’il tient à la main. Un autre personnage arrive. Le premier l’interpelle.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi… Vous êtes du coin ?<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend. De quel coin ?<br><strong>Un</strong> – Non je voulais dire… je ne sais pas si vous êtes d’ici.<br><strong>Deux</strong> – Oui…?<br><strong>Un</strong> – Non parce que moi, je ne suis pas du coin et… je suis un peu désorienté.<br><strong>Deux</strong> – Désorienté…<br><strong>Un</strong> – Un peu perdu, si vous préférez.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien… je voudrais savoir où je me trouve, tout simplement. Vous savez où on est ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et vous pouvez me dire où je suis ?<br><strong>Deux</strong> – D’accord… (<em>Il jette un regard autour de lui.</em>) Alors vous êtes à peu de choses près… entre cet arbre, là, et moi.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ou si vous préférez, vous êtes… sous le soleil, exactement, puisqu’il est midi, et puisqu’on est au printemps, sur ces primevères, que vous êtes en train de piétiner.<br><strong>Un</strong> – Oui, je vois bien mais… ce que j’aimerais savoir c’est où je suis… sur cette carte.<br><strong>Deux</strong> – Ah pardon, excusez-moi. Votre carte, bien sûr… Faites voir…<br><em>L’autre lui tend la carte, un peu méfiant. Le deuxième examine la carte attentivement.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne vois rien… Non, vous n’êtes pas sur cette carte…<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><em>L’autre jette un nouveau regard sur la carte.</em><br><strong>Deux</strong> – Non, je vous assure. (<em>Lui montrant la carte</em>) Regardez, vous n’y êtes pas. Les primevères non plus, d’ailleurs. Si vous étiez sur cette carte, on le verrait, non ?<br><strong>Un</strong> – Mais ce n’est pas possible. Je n’ai pas pu aller aussi loin. Au point de ne plus être sur cette carte.<br><strong>Deux</strong> – Il arrive qu’on dépasse les bornes, sans s’en rendre compte.<br><strong>Un</strong> – Mais alors… où est-ce que je peux me trouver ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Donc vous êtes quelqu’un qui se cherche encore.<br><strong>Un </strong>– Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Quand on se demande où on se trouve, c’est qu’on se cherche, non ?<br><strong>Un</strong> – Je vous remercie beaucoup pour votre aide. Je crois que je suis encore plus perdu que je ne l’étais avant de vous rencontrer.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes perdu parce que vous vous cherchez sur une carte, au lieu de vous chercher là où vous vous trouvez vraiment.<br><strong>Un</strong> – Ah oui  ? Et où est-ce que je me trouve exactement ?<br><strong>Deux</strong> – Vous vous trouvez là où vous êtes, tout simplement. Ici.<br><strong>Un</strong> – Le problème, ce n’est pas de savoir où je suis, c’est de savoir dans quelle direction je dois aller pour trouver ce que je cherche ?<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous cherchez  ?<br><strong>Un</strong> – Ma voiture.<br><strong>Deux</strong> – Pour aller où ?<br><strong>Un</strong> – Pour rentrer chez moi.<br><strong>Deux</strong> – Je vous conseille plutôt de camper ici.<br><strong>Un</strong> – Camper ? Mais je n’ai pas de tente ! Et puis j’ai des choses à faire…<br><strong>Deux</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Il faut que j’aille travailler.<br><strong>Deux</strong> – Travailler ? Pour quoi faire ? Pour payer le crédit de votre voiture ?<br><em>L’autre semble un peu abattu.</em><br><strong>Un</strong> – Ou pour en acheter une autre, si je n’arrive pas à retrouver la mienne… Vous avez raison, finalement, je vais peut-être devoir dormir ici, à la belle étoile.<br><strong>Deux</strong> – Les nuits sont douces en cette saison…<br><strong>Un</strong> – Alors vous êtes perdu, vous aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Si on veut… J’étais d’ailleurs, moi aussi. Comme vous. Je suis venu me perdre ici. Dans ce trou perdu… J’ai fini par m’y retrouver. Et maintenant, je suis du coin, comme on dit.<br><strong>Un</strong> – Oui, et ben moi j’aimerais bien ne pas y prendre racine…<br><em>L’autre lui lance un regard perplexe.</em><br><strong>Deux</strong> – Votre voiture, c’est bien une Peugeot 107 de couleur rouge.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Elle est juste derrière vous, sur le parking en contrebas, de l’autre côté du chemin.<br><strong>Un</strong> – Non ? Merci beaucoup, vous me sauvez la vie !<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Un</strong> – Mais entre nous, vous auriez pu me le dire plus tôt…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant au moins, vous savez où vous en êtes… Tenez, je vous rends votre carte.<br><em>Noir.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Authentification</title>
		<link>https://sketchotheque.net/authentification/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 16:01:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Signature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1364</guid>

					<description><![CDATA[<p>Authentification, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/authentification/">Authentification</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à un bureau. Un autre arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour, c’est pour authentifier une signature.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – C’est une procuration pour la vente de notre maison de campagne.<br><strong>Deux</strong> – Très bien.<br><strong>Un</strong> – On n’y allait presque plus de toute façon et… Enfin, je ne vais pas vous raconter ma vie.<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Je ne pourrai pas être présent pour la signature du compromis parce que… Bref, je dois faire une procuration, et le notaire m’a dit que la signature devait être authentifiée en mairie.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Voici le document, et ma carte d’identité.<br><em>L’autre regarde la carte d’identité.</em><br><strong>Deux</strong> – Monsieur Ramirez.<br><strong>Un</strong> – C’est cela.<br><strong>Deux</strong> – Bon… (<em>Il jette aussi un coup d’œil à la procuration</em>) Jean-Claude Ramirez.<br><strong>Un</strong> – Oui, vous voyez, c’est bien le même nom.<br><strong>Deux</strong> – En effet…<br><strong>Un</strong> – Alors je signe ?<br><strong>Deux</strong> – Si vous voulez.<br><strong>Un</strong> – Vous regardez bien, hein ? Parce que je n’ai pas de double. Il ne faut pas me dire après : excusez-moi, je regardais ailleurs, est-ce que vous pouvez recommencer ?<br><strong>Deux</strong> – Je regarde.<br><em>L’autre signe le document.</em><br><strong>Un</strong> – Et voilà, je paraphe chaque page… et je signe.<br><strong>Deux</strong> – Parfait… Je peux faire autre chose pour votre service Monsieur… Ramirez ?<br><strong>Un</strong> – Ben… oui, il me semble !<br><strong>Deux</strong> – Et quoi donc ?<br><strong>Un</strong> – Le tampon ! Vous aussi, vous devez signer. Et mettre le tampon de la mairie.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr ! Où avais-je la tête ? Alors, où est-ce que je l’ai encore mis ce tampon de la mairie…<br><strong>Un</strong> – Il est là, juste à côté de vous.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai… Alors, l’encreur… (<em>Il encre le tampon</em>) Et voilà… J’espère que j’ai mis assez d’encre… Vous savez ce que c’est, avec les tampons. Soit on ne met pas assez d’encre et c’est illisible, soit on en met trop et ça bave. Qu’est-ce que vous préférez ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que je préfère ?<br><strong>Deux</strong> – Vous préférez que ce soit illisible ou que ça bave ?<br><strong>Un</strong> – S’il faut vraiment choisir… je préfère que ça bave un peu.<br><strong>Deux</strong> – Je vais faire de mon mieux… (<em>Il encre à nouveau le tampon et s’apprête à tamponner le document avec un air concentré, mais au dernier moment il arrête son geste</em>) Mais attendez un peu…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Après tout… qu’est-ce qui me prouve que c’est vraiment vous ?<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis là pour authentifier cette signature, n’est-ce pas ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui me prouve que la personne que j’ai devant moi est bien celle qui est mentionnée sur cette procuration.<br><strong>Un</strong> – Je viens de vous donner ma carte d’identité…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Vous avez raison…<br><strong>Un</strong> – OK.<br><em>L’autre s’apprête à mettre le tampon.</em><br><strong>Deux</strong> – Attendez une minute…<br><strong>Un</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui me prouve que la personne que j’ai devant moi est bien celle qui est mentionnée sur cette carte d’identité ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien parce que… c’est moi qui viens de vous la donner.<br><strong>Deux</strong> – Vous pourriez l’avoir volée.<br><strong>Un</strong> – Parce que la signature que je viens d’apposer sur cette procuration est la même que celle qui figure sur ma carte d’identité.<br><strong>Deux</strong> – Vous pourriez l’avoir imitée, cette signature. Surtout qu’entre nous, elle n’a pas l’air bien compliquée à imiter.<br><em>L’autre se met à douter.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez raison… En fait, ça ne prouve rien…<br><strong>Deux</strong> – Ben non.<br><strong>Un</strong> – Mais alors… qu’est-ce que je peux faire pour vous prouver que… je suis bien Jean-Claude Ramirez ?<br><strong>Deux</strong> – Même ça, ça ne prouverait rien.<br><strong>Un</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous pourriez être un homonyme.<br><strong>Un</strong> – Un homonyme ?<br><strong>Deux</strong> – Reconnaissez que des Jean-Claude Ramirez… il ne doit pas y en avoir qu’un. Malheureusement…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Comment savoir si vous êtes le bon ?<br><strong>Un</strong> – Moi-même je commencerais presque à en douter…<br><strong>Deux</strong> – Alors comment on fait ?<br><strong>Un</strong> – Les empreintes digitales ?<br><strong>Deux</strong> – Il peut arriver que deux personnes aient exactement les même empreintes digitales.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – C’est rare, mais c’est possible.<br><strong>Un</strong> – Quelle est la probabilité ?<br><strong>Deux</strong> – Une chance sur 64 milliards.<br><strong>Un</strong> – Nous ne sommes pas 64 milliards sur cette terre.<br><strong>Deux</strong> – Sur cette terre, non, mais s’il y avait d’autres hommes, ailleurs, sur d’autres planètes.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Alors pour ma procuration, c’est foutu…?<br><strong>Deux</strong> – Vous savez quoi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Votre tête m’est sympathique.<br><strong>Un</strong> – Vraiment.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Une bonne tête de Jean-Claude.<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Je vais vous accorder le bénéfice du doute. (<em>Il tamponne le document, le signe, et le tend à l’autre.</em>) Et voilà, Monsieur Ramirez !<br><strong>Un</strong> – Merci de votre confiance ! Je ne sais pas comment vous remercier.<br><em>Il prend le document et y jette un coup d’œil.</em><br><strong>Deux</strong> – Un problème ?<br><strong>Un</strong> – Euh… vous êtes sûr que c’est bien le tampon de la mairie ?<br><strong>Deux</strong> – Vous voulez insinuer que je pourrais… ne pas être celui que je prétends être ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est vous qui doutez de mon identité, maintenant ?<br><strong>Un</strong> – Vous auriez pu vous tromper de tampon.<br><strong>Deux</strong> – De tampon ?<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas le tampon de la mairie.<br><strong>Deux</strong> – Faites voir… (<em>Il reprend le document et y jette un coup d’œil</em>.) Vous avez raison, ce n’est pas le tampon de la mairie.<br><strong>Un</strong> – Vous êtes sûr que vous êtes bien un employé de mairie ?<br><strong>Deux</strong> – Sûr…? Non. À vrai dire… je serais même plutôt sûr du contraire.<br><strong>Un</strong> – Vous n’êtes pas un employé de la mairie ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Mais alors… si je ne suis pas qui je prétend être, et vous non plus, qui sommes-nous ?<br><strong>Deux</strong> – Être ou ne pas être, telle est la question… Mais pour y répondre, je vous conseille de vous adresser juste en face.<br><strong>Un</strong> – En face ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que c’est là que se trouve l’Annexe de la Mairie.<br><strong>Un</strong> – Et ici, c’est quoi, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Ici, c’est une auto-école.<br><strong>Un</strong> – Je vois ce que vous voulez dire…<br><em>Il hésite à partir.</em><br><strong>Deux</strong> – Encore un problème, Monsieur Ramirez ?<br><strong>Un</strong> – Je vous l’ai dit… (<em>Montrant le document</em>) Je n’avais pas de double…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Ça va</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ca-va/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:54:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1362</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ça va, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont là, le deuxième semble perdu dans ses pensées.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Un</strong> – Ça n’a pas l’air d’aller.<br><strong>Deux</strong> – Si, si, ça va… C’est juste que…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu vas me prendre pour un fou…<br><strong>Un</strong> – Dis toujours.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais cette phrase : il ne lui manque plus que la parole.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Eh bien ce matin, mon chien m’a parlé.<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce qu’il t’a dit ?<br><em>L’autre lui lance un regard surpris.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’il m’a dit ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je te dis que mon chien parle, et toi tu me demandes ce qu’il dit ?<br><strong>Un</strong> – Ben oui.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Le scoop, c’est que j’ai un chien qui parle, ce n’est pas ce qu’il dit, non ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu voulais que je te réponde, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas, moi. Tu aurais pu de me dire… non mais c’est une blague, un chien ça ne parle pas.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi.<br><strong>Deux</strong> – Tu es vraiment prêt à croire n’importe quoi, toi.<br><strong>Un</strong> – Donc ce n’est pas vrai.<br><strong>Deux</strong> – Si ! C’est absolument vrai !<br><strong>Un</strong> – Bon… Donc je répète ma question : qu’est-ce qu’il a dit ? Je serais curieux de savoir ce que les chiens pourraient bien avoir à nous dire.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’était pas une déclaration officielle, non plus. C’était juste une… banale conversation entre mon chien et moi.<br><strong>Un</strong> – Une banale conversation ? À propos de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien, j’avais commencé à lui dire que…<br><strong>Un</strong> – Parce que tu parles à ton chien ?<br><strong>Deux</strong> – Évidemment ! Tout le monde parle à son chien. Tu ne parles pas à ton chien, toi ?<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas de chien. Il m’arrive de me parler à moi-même, comme tout le monde, mais… Donc tu parlais à ton chien. Et qu’est-ce que tu lui disais, au juste ?<br><strong>Deux</strong> – Je lui disais… Je ne me souviens plus des mots exacts, mais… c’était à propos de sa pâtée.<br><strong>Un</strong> – Sa pâtée ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, je lui donnais sa pâtée, comme tous les jours, et à un moment donné, j’ai dû lui dire quelque chose comme… alors elle est bonne la pâtée du chienchien ?<br><strong>Un</strong> – « Alors elle est bonne la pâtée du chienchien ? »<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Alors il a répondu… « ça va ».<br><strong>Un</strong> – « Ça va ? »<br><strong>Deux</strong> – « Ça va ». Ça voulait dire j’imagine, ça va, elle n’est pas trop mauvaise.<br><strong>Un</strong> – Et après ?<br><strong>Deux</strong> – Après… il a mangé sa pâtée.<br><strong>Un</strong> – C’est tout ce qu’il a dit ?<br><strong>Deux</strong> – C’est déjà pas mal, non ?<br><strong>Un</strong> – Tout de même. C’est un chien qui n’a pas beaucoup de conversation, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Et tu es sûr d’avoir bien entendu.<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, il a dit « ça va ».<br><strong>Un</strong> – Et depuis il n’a plus rien dit ?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté… si il a dit que ça allait.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Tu devrais peut-être essayer de lui poser une question moins con, pour voir.<br><strong>Deux</strong> – Comme quoi ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi…<br><strong>Deux</strong> – Je pourrais lui dire… il fait beau, aujourd’hui, non ?<br><strong>Un</strong> – J’avais dit une question moins con…<br><strong>Deux</strong> – Je ne vais quand même pas lui demander ce qu’il pense des élections américaines ! Ce n’est qu’un clebs, après tout.<br><strong>Un</strong> – Je me demande si le plus simple, ce ne serait pas d’arrêter de lui parler.<br><strong>Deux</strong> – Ouais, peut-être. Mais ça va me manquer de ne plus parler à mon chien. Jusque là je lui parlais, il ne répondait pas. Ça m’allait très bien comme ça.<br><strong>Un</strong> – L’interlocuteur idéal, quoi.<br><strong>Deux</strong> – Et puis j’avoue que j’ai un peu peur.<br><strong>Un</strong> – Peur ? De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – De ce qu’il pourrait me dire.<br><strong>Un</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un clébard ! Il y a peut-être des choses que les clébards savent et que nous on ne sait pas.<br><strong>Un</strong> – Des choses ? Quoi, par exemple ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas ! Si je le savais, ça ne me foutrait pas les jetons…<br><strong>Un</strong> – Bon ben… oui. Tu n’as qu’à arrêter de lui parler.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… mais il va penser que je lui fais la gueule. Non, franchement, je ne sais plus comment m’en sortir, avec ce chien. Je ferais peut-être mieux de m’en débarrasser.<br><strong>Un</strong> – T’en débarrasser ? Tu veux dire…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, je ne peux pas faire ça. Abandonner un chien sur une aire d’autoroute, c’est déjà une très mauvaise action, mais alors un chien qui parle…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Enfin, ça m’a fait du bien de t’en parler.<br><strong>Un</strong> – Tant mieux…<br><strong>Deux</strong> – À plus tard, alors.<br><strong>Un</strong> – C’est ça.<br><em>Il sort. L’autre reste un instant pensif, avant de s’adresser au public.</em><br><strong>Un</strong> – Ouaf ! Ouaf, ouaf ! Ouaf, ouaf, ouaf<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Tunnel</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tunnel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:19:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tunnel, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux hommes (ou deux femmes), debout côte à côte, regardent droit devant eux.<br></em><strong>Un</strong> – Alors ça y est, c’est la fin.<br><strong>Deux</strong> – On dirait…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’il y a quelque chose, après ?<br><strong>Deux</strong> – Va savoir…<br><strong>Un</strong> – Franchement, je n’y crois pas trop.<br><strong>Deux</strong> – On verra bien…<br><strong>Un</strong> – On n’était pas si mal, ici. Ce n’était pas le paradis, mais bon… Ce n’était pas l’enfer non plus.<br><strong>Deux</strong> – Comme on dit. On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on trouve.<br><strong>Un</strong> – Ça y est, je crois que j’aperçois quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi…<br><strong>Un</strong> – On dirait un tunnel.<br><strong>Deux</strong> – Avec une lumière aveuglante au bout.<br><strong>Un</strong> – Jusque là, ça ressemble à ce qu’on nous avait dit…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas si c’est bon signe.<br><strong>Un</strong> – C’est plutôt étroit. On ne va jamais pouvoir passer à deux…<br><strong>Deux</strong> – Vas-y le premier, je te couvre.<br><strong>Un</strong> – Courageux, mais pas téméraire…<br><strong>Deux</strong> – De toute façon, on ne peut pas rester ici, alors…<br><strong>Un</strong> – Oui, je crois qu’on ne va pas tarder à être expulsés…<br><strong>Deux</strong> – OK, j’y vais…<br><strong>Un</strong> – Tu me racontes ?<br><strong>Deux</strong> – Attends, je suis coincé… Ça y est, je vois la sortie !<br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne vas jamais me croire…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça ressemble à une chambre d’hôpital…<br><strong>Un</strong> – On ne serait pas vraiment mort alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est pire que ça…<br><strong>Un</strong> – Comment, pire ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas vraiment un hôpital…<br><strong>Un</strong> – C’est quoi alors ?<br><strong>Deux</strong> – Il y a un abruti qui me regarde sortir. Avec un sourire idiot… Putain, on est dans une maternité !<br><strong>Un</strong> – Oh, non… Ça ne va pas recommencer…<br><strong>Deux</strong> – Ça me donne envie de pleurer…<br><em>Bruit d’un bébé qui pleure.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Dehors</title>
		<link>https://sketchotheque.net/dehors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 12:50:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dehors, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont assis. Il lit et elle tricote. Ou l’inverse.<br></em><strong>Elle</strong> – Ça fait du bien d’être un peu tranquille.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Avec toute cette agitation qu’il y a dehors.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – On est bien mieux chez soi.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Je ne me souviens même plus quand c’était…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – La dernière fois que je suis allée dehors !<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui. Dehors…<br><strong>Elle</strong> – Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi ?<br><strong>Elle</strong> – C’était quand ?<br><strong>Lui</strong> – La dernière fois que tu es allée dehors ?<br><strong>Elle</strong> – La dernière fois que tu es allé dehors !<br><strong>Lui</strong> – Ah, moi ! Dehors… Je ne sais pas… Ça devait être… Pour sortir le chien…<br><strong>Elle</strong> – Le chien ? Il est mort.<br><strong>Lui</strong> – Non ?<br><strong>Elle</strong> – Il y a des années de ça.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui… Je me disais, aussi… Ce chien ne pisse pas souvent…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Quand es-tu sorti dehors pour la dernière fois ? Tu te souviens ?<br><strong>Lui</strong> – Ah, moi ! Dehors… Je ne sais pas… Ça devait être… Pour sortir la poubelle…<br><strong>Elle</strong> – La poubelle ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas la poubelle ?<br><strong>Elle</strong> – On a un vide-ordures.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui… Je me disais aussi… Cette poubelle ne se remplit pas très vite. Et le chien, il est enterré où ?<br><strong>Elle</strong> – Dans le jardin.<br><strong>Lui</strong> – Il a bien fallu que je sorte pour enterrer le chien. Le jardin, c’est dehors ?<br><strong>Elle</strong> – Bah, non…<br><strong>Lui</strong> – Ah…<br><strong>Elle</strong> – Tu sais quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Ça va te paraître étrange, mais… Je ne suis pas sûre d’être jamais vraiment sortie dehors… Le chien, il pissait sur la pelouse. Avant qu’on l’enterre en dessous…<br><strong>Lui</strong> – Mmmm… Moi non plus… En tout cas, je ne m’en souviens pas. Je m’en souviendrais, non ?<br><strong>Elle</strong> – Probablement.<br><strong>Lui</strong> – En même temps, qu’est-ce qu’on pourrait bien aller faire dehors.<br><strong>Elle</strong> – On est tellement tranquille ici. (<em>Bruit de sonnette</em>) Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Lui</strong> – La sonnette…<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que ça peut bien être…<br><strong>Lui</strong> – Je vais voir…<br><em>Il s’absente et revient un instant après.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors.<br><strong>Lui</strong> – C’était le facteur.<br><strong>Elle</strong> – Ah… Qu’est-ce qu’il a dit ?<br><strong>Lui</strong> – Rien. Il avait déjà disparu. Mais il a laissé une lettre.<br><strong>Elle</strong> – Les facteurs font souvent ça. Je n’aime pas les lettres. J’ai toujours peur que ce soit une mauvaise nouvelle. C’est une mauvaise nouvelle ?<br><strong>Lui</strong> (<em>regardant la lettre</em>) – C’est un faire-part.<br><strong>Elle</strong> – De…?<br><strong>Lui</strong> – De décès.<br><strong>Elle</strong> – Ah… Qui ?<br><em>Il ouvre la lettre.</em><br><strong>Lui</strong> – Monsieur et Madame Dumortier.<br><strong>Elle</strong> – Tous les deux ?<br><strong>Lui</strong> – Apparemment.<br><strong>Elle</strong> – On les connaissait ?<br><strong>Lui</strong> – Ça me dit quelque chose. (<em>Il sort son portefeuille et en extrait une carte d’identité</em>) Tu vas rire, mais Monsieur Dumortier, c’est moi.<br><strong>Elle</strong> – Alors je suis Madame Dumortier ?<br><strong>Lui</strong> – Probablement.<br><strong>Elle</strong> – On est mariés ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, on est morts.<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait leur écrire pour leur signaler que c’est une erreur.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Mais pour ça, il faudrait sortir dehors.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas si j’aurais le courage.<br><strong>Elle</strong> – On est tellement bien chez soi.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois que c’est une erreur…?<br><em>Elle fait un signe d’ignorance.</em><strong><br><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>The end</title>
		<link>https://sketchotheque.net/the-end/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:11:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The end, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier regarde fixement en direction de la salle. Le deuxième arrive, semblant chercher son chemin.<br></em><strong>Deux</strong> – Excusez-moi. La tombe de Jim Morrison, vous savez où c’est…?<br><strong>Un</strong> (<em>sortant de sa méditation</em>) – Aucune idée.<br><strong>Deux</strong> – La dernière fois que je suis venu, c’était pour l’enterrement, mais j’étais tellement défoncé. Je ne me souviens de rien… Vous le connaissiez ?<br><strong>Un</strong> – Morrison ?<br><strong>Deux</strong> – Non… Le… Le type qu’ils enterrent, là… Il y a beaucoup de monde. C’était quelqu’un d’important ?<br><strong>Un</strong> – Un philosophe… qui écrivait aussi des pièces de théâtre.<br><strong>Deux</strong> – C’était un penseur éclairé, un professeur généreux, un ami fidèle… Blabla… Si ça se trouve, il n’écrivait que des trucs imbitables, il tripotait ses étudiantes, et il devait de l’argent à tout le monde… Les salauds meurent aussi, non ? Souvent plus tard que les autres, d’ailleurs. Mais ils finissent bien par crever quand même. Alors où on les enterre, hein ? Regardez les épitaphes autour de vous. À mon cher époux… À notre père adoré… À notre patron bien-aimé… Et les types qui trompaient leurs femmes, qui battaient leurs enfants et qui exploitaient leurs ouvriers, on les enterre où ? Je ne sais pas d’où ça vient, ce besoin de sanctifier les cons une fois qu’ils sont morts.<br><strong>Un</strong> – La gratitude des vivants d’en être enfin débarrassés, j’imagine…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, rien que pour ça, ça vaudrait le coup d’assister à son propre enterrement. Histoire d’entendre tous ces gens qui ne pouvaient pas vous blairer dire à quel point vous étiez un type formidable…<br><em>L’autre le regarde, intrigué.</em><br><strong>Deux</strong> – Oh, putain. La minute de silence, maintenant… Ils nous auront tout fait. (<em>Silence</em>) Ça doit être chiant des pièces de théâtre écrites par un philosophe, non ?<br><em>Air un peu offusqué du premier. Le deuxième se demande s’il n’a pas gaffé.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez, ce… dramaturge ?<br><strong>Un</strong> – Moi non plus je ne voulais pas rater mon enterrement… (<em>Tendant la main à l’autre pour se présenter</em>) Jean-Paul…<br><strong>Deux</strong> (<em>lui serrant la main</em>) – Jim…<br><strong>Un</strong> – Je ne vous aurais pas reconnu. Vous aviez les cheveux longs, à l’époque, non…?<br><strong>Deux</strong> – Et vous, vous ne louchiez pas un peu ?<br><strong>Un</strong> – D’un œil, seulement. (<em>Amusé</em>) Mais maintenant, je ne suis plus qu’essence…<br><strong>Deux</strong> (<em>sortant une cigarette</em>) – Come on, baby, light my fire.<br><em>Le premier, qui n’a pas l’air de comprendre la blague, allume la cigarette du deuxième.</em><br><strong>Un</strong> – Désolé, je n’ai jamais écouté vos disques…<br><strong>Deux</strong> – J’ai pas lu vos livres non plus… L’existentialisme, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> (<em>ironique</em>) – Être ou ne pas être…<br><em>L’autre ne sait pas trop si Jim se fout de sa gueule ou pas.</em><br><strong>Un</strong> – Non, ça ce n’est pas de moi, hélas… Vous êtes sûr que c’est au Cimetière Montparnasse qu’il est enterré, Morrison ?<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Moi, je dirais plutôt le Père Lachaise….<br><strong>Deux</strong> – Oh, putain, je ne me souviens plus de rien. Je devais vraiment être défoncé… Je m’en voudrai toute ma mort d’avoir raté mon enterrement…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Message in a bottle</title>
		<link>https://sketchotheque.net/message-in-a-bottle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:33:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Colonisation]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Message in a bottle, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, qui restent un instant silencieux.</em><br><strong>Un</strong> – Tu te souviens de cette sonde qu’on a lancée il y a une cinquantaine d’années, pour franchir les limites du système scolaire…<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire solaire. Du système solaire.<br><strong>Un</strong> – C’est ça… Avec un message destiné aux extra-terrestres ?<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Je me demande toujours si c’était une bonne idée.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ?<br><strong>Un</strong> – Imagine que quelqu’un tombe dessus.<br><strong>Deux</strong> – Quelqu’un ?<br><strong>Un</strong> – Des extra-terrestres !<br><strong>Deux</strong> – Il y a quand même peu de chances…<br><strong>Un</strong> – Peut-être, mais si on l’a lancée, c’est qu’il existe une infime possibilité, non ? Les bouteilles à la mer, il arrive que quelqu’un les trouve.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Et ?<br><strong>Un</strong> – Tu lancerais une bouteille à la mer, toi, avec à l’intérieur ton nom, ton adresse, et ton numéro de carte bleue ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi je lancerais une bouteille à la mer ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ! C’est justement la question : pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Pourquoi ?<br><strong>Un</strong> – Parce qu’on a la naïveté de penser que les extra-terrestres nous veulent du bien ! Et nous feront généreusement profiter sans aucune contrepartie des pouvoirs immenses liés à une civilisation plus avancée que la nôtre.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Quand on a découvert l’Amérique, c’est ça qu’on a fait, nous, avec les Indiens ? Oui ou non ?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><strong>Un</strong> – On a commencé par les massacrer avec des armes qu’ils ne connaissaient pas, à baptiser de force les derniers survivants, à leur refiler des tas de maladies et du whisky à gogo. Et les quelques alcooliques qui restaient on les a parqués dans des réserves.<br><strong>Deux</strong> – Vu comme ça, évidemment…<br><strong>Un</strong> – Imagine que ces extra-terrestres tombent sur notre message, et qu’ils nous répondent.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’ils pourraient bien nous répondre ?<br><strong>Un</strong> – Imagine qu’ils nous répondent : On arrive.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui… Ça fout les jetons…<br><strong>Un</strong> – C’était une grosse connerie de leur refiler notre adresse, en leur disant que s’ils n’avaient rien de mieux à faire, qu’ils passent donc boire un verre à la maison.<br><strong>Deux</strong> – Et il n’y a pas moyen de rattraper ça ?<br><strong>Un</strong> – Aucun.<br><strong>Deux</strong> – Et on ne peut pas déménager non plus.<br><strong>Un</strong> – Pas encore.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison… On est vraiment dans la merde.<br><strong>Un</strong> – Bon, mais avec un peu de chance, ils ne trouveront jamais notre message.<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, ils n’existent pas.<br><strong>Un</strong> – En attendant, on ferait mieux de ne pas trop se faire remarquer.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr.<br><strong>Un</strong> – Pour vivre heureux, vivons cachés.<br><strong>Deux</strong> – J’éteins la lumière…<br><strong>Un</strong> – Bonne nuit.<br><strong>Deux</strong> – Fais de beaux rêves. (<em>Un temps</em>) Tu n’as pas prononcé le mot papillon.<br><strong>Un</strong> – Non… Cette fois, je n’ai vraiment pas réussi à le placer…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sans avenir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sans-avenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:25:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1263</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sans avenir, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, regardant droit devant eux.</em><br><strong>Un</strong> – Je me suis toujours demandé ce que je ferais s’il ne me restait qu’un jour à vivre.<br><strong>Deux</strong> – Un jour ?<br><strong>Un</strong> – Ou une heure. Ou un quart d’heure.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu ferais ?<br><strong>Un</strong> – Rien.<br><strong>Deux </strong>– Ah ouais…<br><strong>Un</strong> – Tu ne me demandes pas pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi quoi ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi je ne ferais rien !<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi tu ne ferais rien ?<br><strong>Un</strong> – Parce que je pense qu’on ne peut rien faire si on n’a pas la possibilité de se projeter un minimum dans l’avenir.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais.<br><strong>Un</strong> – Je crois qu’on ne peut rien faire en sachant par avance qu’on le fait pour la dernière fois.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu ferais ?<br><strong>Deux</strong> – S’il me restait un quart d’heure à vivre ?<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Je ferais l’amour.<br><strong>Un</strong> – L’amour ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – En un quart d’heure ?<br><strong>Deux</strong> – Je parle de tirer un coup, là, pas de me projeter dans l’avenir. Genre faire des enfants et fonder une famille.<br><strong>Un</strong> – Ouais… Faire l’amour en sachant que c’est la dernière fois.<br><strong>Deux</strong> – À chaque fois que je fais l’amour, je me demande si ce n’est pas la dernière fois. D’ailleurs, je ne me souviens même plus quand c’était.<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – La dernière fois !<br><strong>Un</strong> – Et tu baiserais avec qui ?<br><strong>Deux</strong> – C’est là où ça se complique.<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Pas avec toi, en tout cas…<br><em>Noir.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dimanche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/dimanche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 13:21:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1246</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dimanche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, désœuvrés, et qui ont l’air de s’ennuyer.<br></em><strong>Un</strong> – Tu as vu ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Les deux papillons, là, sur le bord de la fenêtre.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Ils sont en train de niquer.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Tu sais combien de temps ça vit un papillon ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Une journée.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – La seule raison d’être du papillon, c’est la reproduction. Un papillon, ça ne pense qu’à niquer. Et il n’a qu’une journée pour ça.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<br><em>Un temps. Ils s’ennuient de plus en plus.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure il est ?<br><strong>Deux</strong> – Dix-huit heures cinquante neuf…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, là ?<br><strong>Un</strong> – À cet instant, là ! À dix-huit heures cinquante-neuf. À ce moment précis. À ce… dimanche après-midi de merde qu’on est en train de passer ensemble.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Non mais ce n’est pas de ta faute. Enfin pas seulement… Je veux dire… tout ça n’a aucun sens, tu ne trouves pas ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – On se fait chier ! Tu ne te fais pas chier, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si…<br><strong>Un</strong> – D’où ma question… Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux me quitter, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas le problème… Mais ça vaut le coup d’y réfléchir, non ?<br><strong>Deux</strong> – À quoi ?<br><strong>Un</strong> – L’univers a 14 milliards d’années. La Terre environ 4 milliards. La vie est apparue il y a 3 milliards d’années à peu près. Il y a eu les dinosaures, la disparition des dinosaures, l’apparition de l’homme, l’âge de pierre, l’âge de fer, la révolution industrielle, la Révolution tout court, trois guerres mondiales, le premier homme à marcher sur la Lune… Et tout ça pour quoi ? Tu te rends compte ? 3 milliards d’années d’évolution pour en arriver là… Au néant absolu de ce dimanche après-midi à dix-huit heures cinquante neuf en banlieue parisienne… À ce trou noir de toutes les grandes espérances de l’humanité qu’est le Jour du Seigneur pour les serfs que nous sommes.<br><strong>Deux</strong> – Les cerfs ?<br><strong>Un</strong> – Les serfs ! Les ser-FES, si tu préfères… Les serfs, le seigneur… C’est un jeu de mots ! Les prolos, quoi !<br><em>Un temps. Il semble se calmer.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu veux qu’on allume la télé ?<br><strong>Un</strong> – Et tout ce que tu me proposes, c’est de regarder Michel Drucker ?<br><em>L’autre actionne une télécommande.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois que même ça, ça ne va pas être possible.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – La télécommande ne marche pas.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai… Fais voir.<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être les piles.<br><strong>Un</strong> – Et on en a pas ?<br><strong>Deux</strong> – Pas de ce modèle-là, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Tu veux que j’aille en acheter ?<br><strong>Deux</strong> – Un dimanche après-midi ?<br><em>Moment d’abattement.</em><br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, c’est vraiment un dimanche de merde.<br><strong>Un</strong> – Allez, plus qu’une heure à tirer.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi une heure ?<br><strong>Un</strong> – Il est dix-neuf heures, maintenant… Après Michel Drucker, on peut dire que le plus gros est fait.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Dans une heure on sera sauvés.<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à dimanche prochain, en tout cas.<br><em>Noir.</em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



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		<item>
		<title>Huis clos</title>
		<link>https://sketchotheque.net/huis-clos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:48:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Huis clos, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple. Quatre chaises. Ils sont assis.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va… Et toi ?<br><strong>Elle</strong> – Ça va… (<em>Un temps</em>) Tu veux boire quelque chose ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Un apéro ? Des cacahuètes ?<br><strong>Lui</strong> – Merci, ça ira.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – On est bien, ici, non ?<br><strong>Lui</strong> – Ici ?<br><strong>Elle</strong> – Dans cette maison.<br><strong>Lui</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Mais on n’est pas chez nous.<br><strong>Elle</strong> – Ah, non ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai.<br><strong>Lui</strong> – C’est une maison, ou un appartement ?<br><strong>Elle</strong> – Un appartement, je crois. Je ne sais pas.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens où c’est, notre maison ?<br><strong>Elle</strong> – Notre maison ?<br><strong>Lui</strong> – Notre vraie maison. Chez nous !<br><strong>Elle</strong> – Non… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus. Je ne sais même plus à quoi ça ressemblait.<br><strong>Elle</strong> – On a tellement déménagé.<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai. On déménage beaucoup.<br><strong>Elle</strong> – Oui. De plus en plus.<br><strong>Lui</strong> – Il faudrait qu’on arrive à se souvenir.<br><strong>Elle</strong> – De quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Où on habite.<br><strong>Elle</strong> – Toutes les maisons se ressemblent un peu.<br><strong>Lui</strong> – Même quand c’est un appartement.<br><strong>Elle</strong> – Il y a des chambres. Une salle à manger. Une cuisine.<br><strong>Lui</strong> – Dans la cuisine, il y a un frigo, une cuisinière, une table, des tiroirs…<br><strong>Elle</strong> – Dans les tiroirs, il y a des fourchettes, des couteaux, des petites cuillères.<br><strong>Lui</strong> – Dans les chambres, il y a des enfants. Parfois…<br><strong>Elle</strong> – Quand il n’y en a pas, c’est qu’ils sont déjà partis. Dans une autre maison.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’ils reviendront un jour ?<br><strong>Elle</strong> – Les enfants ?<br><strong>Lui</strong> – Les propriétaires !<br><strong>Elle</strong> – Va savoir… Ça fait combien de temps qu’on est là ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Pas mal de temps, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – J’ai toujours peur qu’on sonne à la porte, et que ce soit eux.<br><strong>Elle</strong> – Les enfants ?<br><strong>Lui</strong> – Ceux qui habitent ici ! Les vrais propriétaires…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Pas toi ?<br><strong>Elle</strong> – Si. D’ailleurs, je me demande si elle marche.<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – La sonnette ! On ne l’a jamais entendue.<br><strong>Lui</strong> – De toute façon, quand les gens qui habitent ici reviendront, ils ne sonneront pas.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – C’est chez eux ! Ils auront la clef.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr.<br><strong>Lui</strong> – Quand les gens rentrent chez eux, ils ne sonnent pas. Ils n’ont aucune raison de penser qu’il y a quelqu’un à l’intérieur quand ils ne sont pas là.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… On a la clef, nous ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. Tu as la clef, toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus.<br><strong>Elle</strong> – Alors comment on est rentrés ici ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne me souviens plus.<br><strong>Elle</strong> – On nous a peut-être ouvert.<br><strong>Lui</strong> – Qui est-ce qui aurait bien pu nous ouvrir ?<br><strong>Elle</strong> – Les propriétaires ?<br><strong>Lui</strong> – Mais puisqu’on est seuls dans cet appartement.<br><strong>Elle</strong> – Depuis combien de temps ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est sûrement pour ça qu’on ne sort jamais. On ne pourrait plus rentrer.<br><strong>Lui</strong> – Non. Puisqu’on n’a pas la clef.<br><em>On sonne. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu crois que c’est eux ?<br><strong>Lui</strong> – On a dit que si c’était eux, ils ne sonneraient pas.<br><strong>Elle</strong> – Alors qui ça peut bien être ?<br><strong>Lui</strong> – Va savoir…<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Il faut aller ouvrir, non ?<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – Ils ont vu la lumière. Ils savent qu’on est là.<br><strong>Elle</strong> – Cette fois, ça y est… On est foutus…<br><strong>Lui</strong> – On va encore devoir déménager.<br><strong>Elle</strong> – Mais où est-ce qu’on va aller ?<br><strong>Lui</strong> – Je vais faire notre valise.<br><strong>Elle</strong> – On a une valise ?<br><strong>Lui</strong> – Tout le monde a une valise chez lui, non ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais leur ouvrir…<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu vas leur dire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Il va bien falloir leur dire quelque chose, pour expliquer le fait qu’on est là. Chez eux.<br><strong>Elle</strong> – Ils rentrent peut-être de vacances.<br><strong>Lui</strong> – Je vais voir si on a une valise.<br><em>Elle sort. Il sort aussi. Elle revient avec un autre couple. Jean-Marc a une bouteille à la main, et Christelle un bouquet de fleurs. Il revient avec une valise.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est Jean-Marc et Christelle.<br><strong>Lui</strong> – Ah, bonjour…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Salut. Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va, et vous ?<br><strong>Christelle</strong> – Super. Vous partez en vacances ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Comme tu as une valise à la main…<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui, non, c’est… Je m’apprêtais à la ranger. Vous savez ce que c’est, les valises, on ne sait jamais où les mettre.<br><strong>Elle</strong> – Et une valise vide, ça prend autant de place qu’une valise pleine.<br><strong>Christelle</strong> – Oui. Mais c’est moins lourd.<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’est vrai. On devrait partir en vacances avec des valises vides. On voyagerait plus léger.<br><em>Ils rient tous les quatre d’un rire un peu forcé.</em><br><strong>Christelle</strong> – Alors comment ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Tenez, j’ai apporté du champagne, pour fêter ça.<br><strong>Lui</strong> – Fêter quoi ?<br><em>Jean-Marc éclate de rire.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Fêter quoi ? Toujours le mot pour rire, hein ?<br><strong>Christelle</strong> – Il est drôle ! Tenez, moi j’ai apporté des fleurs.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est bien aussi.<br><strong>Lui</strong> – Je vais aller chercher des flûtes.<br><strong>Elle</strong> – Tu veux qu’on leur joue de la flûte ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Des flûtes ! Pour le champagne !<br><strong>Elle</strong> – Ah oui !<br><em>Ils rient à nouveau.</em><br><strong>Christelle</strong> – Elle est drôle !<br><strong>Elle</strong> – Et moi je vais chercher un vase. Pour les fleurs.<br><strong>Christelle</strong> – Vous ne voulez pas qu’on vous aide ?<br><strong>Lui</strong> – Pensez-vous !<br><strong>Elle</strong> – Mais asseyez-vous donc !<br><strong>Lui</strong> – Faites comme chez vous.<br><strong>Elle</strong> – Vous connaissez la maison.<br><em>Ils sortent tous les deux.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> (<em>souriant</em>) – Qu’est-ce qu’ils sont drôles…<br><strong>Christelle</strong> – Oui…<br><strong>Jean-Marc </strong>– Ils n’ont pas changé. Toujours aussi…<br><strong>Christelle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Quoi ?<br><strong>Christelle</strong> – Qu’ils n’ont pas changé.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Maintenant que tu le dis, c’est vrai que…<br><strong>Christelle</strong> – Non, mais ils ne ressemblent pas du tout à…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Si, un peu quand même…<br><strong>Christelle</strong> – Mouais…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Et puis tu sais, les gens… Ils changent…<br><strong>Christelle</strong> – Pas à ce point là… Pas en une semaine…<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’était il y a une semaine ?<br><strong>Christelle</strong> – C’était la semaine dernière. La dernière fois qu’on les a vus.<br><strong>Jean-Marc </strong>– C’est vrai qu’ils ont beaucoup changé.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Christelle</strong> – Ou alors, ce n’est pas eux.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Pas eux ? Mais qu’est-ce qu’ils feraient ici ? Si ce n’est pas chez eux…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Christelle</strong> – Tu crois qu’on aurait pu se tromper de porte ?<br><strong>Jean-Marc </strong>– Je ne pense pas… Et puis eux, ils ont l’air de nous connaître, non ? Si ils nous connaissent, c’est qu’on les connaît aussi.<br><strong>Christelle</strong> – Oui, évidemment…<br><em>L’homme revient.</em><br><strong>Lui</strong> – Je suis vraiment désolé, je n’ai pas trouvé les flûtes.<br><strong>Christelle</strong> – Ah, les hommes…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Tu n’as qu’à demander à ta femme.<br><em>La femme revient aussi.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu sais où sont les flûtes, chérie ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Il n’y en a peut-être pas…<br><strong>Christelle</strong> – Comment ça ? Vous n’avez pas de flûtes ? Tout le monde a des flûtes à champagne, non ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Ce n’est pas grave. On va le boire dans des verres, ce champagne.<br><strong>Christelle</strong> – Vous avez bien des verres à pied ? (Ils n’ont pas l’air sûrs.) Des verres à moutarde ?<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai rien vu…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas trouvé de vase non plus.<br><strong>Christelle</strong> – Des verres, tout de même. Dans une cuisine…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas trouvé la cuisine.<br><em>Moment d’embarras.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Bon… Vous savez quoi ? On le boira à la bouteille, ce champagne. Comme les Russes !<br><strong>Christelle</strong> – Les Russes boivent le champagne à la bouteille ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Les Cosaques, sûrement. Sans même descendre de leur cheval. En sabrant la bouteille avec…<br><strong>Christelle</strong> – Avec leur sabre.<br><strong>Elle</strong> – En attendant, asseyez-vous, je vous en prie.<br><em>Ils s’asseyent tous les quatre. Sourires. Silence embarrassé.</em><br><strong>Lui</strong> – Et les enfants, ça va ? (<em>Jean-Marc et Christelle, qui n’ont visiblement pas d’enfants, échangent un regard perplexe.</em>) Non, je voulais dire, les enfants en général. Pas spécialement les vôtres. Si vous n’en avez pas…<br><strong>Elle</strong> – Ou plus… Je veux dire… Vous pourriez en avoir, et qu’ils soient morts.<br><strong>Lui</strong> – On n’a pas dit que c’était le cas.<br><em>Malaise</em>.<br><strong>Elle</strong> – Je vais voir si je trouve des cacahuètes…<br><em>Elle sort.</em><br><strong>Lui</strong> – En tout cas, c’est sympa d’être passés nous voir.<br><strong>Christelle</strong> – On est amis, non ?<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr.<br><em>Jean-Marc et Christelle échangent un regard embarrassé. Christelle fait signe à Jean-Marc de se lancer.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Ma question va te paraître idiote, mais… vous habitez vraiment ici ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi vous me demandez ça ?<br><strong>Christelle</strong> – Ben… Nos amis qui habitent ici ne vous ressemblent pas du tout.<br><strong>Jean-Marc </strong>– En tout cas, la dernière fois qu’on est venus, ils ne ressemblaient pas du tout à ça…<br><em>Elle revient.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça y est, j’ai trouvé les cacahuètes !<br><strong>Christelle</strong> – Vous avez trouvé la cuisine…?<br><strong>Elle</strong> – J’ai même trouvé des verres.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Alors on peut boire l’apéro !<br><strong>Christelle</strong> – Allez…<br><em>Jean-Marc débouche la bouteille, et remplit les verres. Ils trinquent.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – À votre santé !<br><strong>Lui</strong> – À l’amitié !<br><em>Ils boivent.</em><br><strong>Elle</strong> – Prenez des cacahuètes.<br><em>Ils mangent des cacahuètes.</em><br><strong>Christelle</strong> – Je n’ai jamais osé vous poser la question, mais…<br><strong>Lui</strong> – Oui…?<br><strong>Christelle</strong> – Vous vous êtes rencontrés où, tous les deux ? (<em>Silence embarrassé</em>) Excusez-moi d’avoir été aussi indiscrète. Je ne sais pas ce qui m’a pris…<br><strong>Elle</strong> – Non, non, pas du tout, c’est juste que…<br><strong>Lui</strong> – On ne sait plus très bien.<br><strong>Christelle</strong> – Vous ne savez plus ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Vous ne savez plus où vous vous êtes rencontrés ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Je dirais ici, non ?<br><strong>Christelle</strong> – Ici ?<br><strong>Elle</strong> – Un jour, on s’est rendu compte qu’on habitait le même appartement.<br><strong>Lui</strong> – Oui, c’est curieux… Je crois que ça s’est passé comme ça.<br><strong>Elle</strong> – C’était il y a un certain temps, évidemment.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Une semaine, peut-être.<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est ça, une bonne semaine.<br><strong>Christelle</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong>Lui</strong> – Et vous ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Nous ?<br><strong>Elle</strong> – Vous vous connaissez depuis longtemps ?<br><strong>Christelle</strong> – Non, pas très…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Je dirais… Oui, pas très longtemps.<br><strong>Christelle</strong> – On s’est rencontrés dans le hall de l’immeuble, en bas.<br><strong>Jean-Marc</strong> – J’avais une bouteille de champagne à la main.<br><strong>Christelle</strong> – Et moi un bouquet de fleurs.<br><strong>Jean-Marc</strong> – On s’est dit qu’on allait sûrement au même endroit.<br><strong>Christelle</strong> – Comme je n’avais pas le code…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Moi non plus. J’ai sonné sur plusieurs boutons, au hasard. Vous êtes les premiers à nous avoir ouvert la porte.<br><strong>Christelle</strong> – Comme il avait l’air de savoir où il allait, je l’ai suivi.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui…<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est… une belle histoire.<br><strong>Lui</strong> – Très romantique.<br><strong>Elle</strong> – Vous verrez que ça finira par un mariage.<br><em>Jean-Marc et Christelle échangent un regard gêné.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Donc, si je comprends bien, personne ici ne se connaît vraiment.<br><strong>Elle</strong> – Apparemment non…<br><strong>Christelle</strong> – Et personne n’a rien à faire dans cette maison.<br><strong>Lui</strong> – Visiblement pas…<br><strong>Jean-Marc </strong>– Mais alors on est chez qui ?<br><em>Silence</em>.<br><strong>Christelle</strong> – Vous reprendrez bien un peu de champagne ?<br><strong>Elle</strong> – Merci, mais il est tard. On va peut-être vous laisser.<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, merci de votre hospitalité.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Mais de rien, je vous en prie.<br><em>Il prend la valise, et se dirige avec elle vers la sortie.</em><br><strong>Christelle</strong> – Je vous raccompagne ?<br><strong>Elle</strong> – Ne vous dérangez pas, on connaît le chemin.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Vous voulez que je vous aide avec la valise.<br><strong>Lui</strong> – Non… Ça ne pèse rien… Elle est vide.<br><strong>Christelle</strong> – Eh bien… À une autre fois, alors !<br><strong>Jean-Marc </strong>– Et merci de votre visite !<br><em>Ils sortent. Jean-Marc et Christelle se rasseyent. Silence.</em><br><strong>Christelle</strong> – Ça va ?<br><strong>Jean-Marc </strong>– Ça va… Et toi ?<br><strong>Christelle</strong> – Ça va… (<em>Un temps</em>) Tu veux reboire quelque chose ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Christelle</strong> – Des cacahuètes ?<br><em>Il prend une poignée de cacahuète et commence à les mastiquer.</em><br><strong>Christelle</strong> – On est bien, ici, non ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Mais on n’est pas chez nous.<br><strong>Christelle</strong> – C’est vrai.<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’est une maison, ou un appartement ?<br><strong>Christelle</strong> – Un appartement, je crois.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Fatal comique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fatal-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
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		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fatal comique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur une table basse, une cafetière, deux tasses et un journal. Pierre entre en robe de chambre. Il se sert une tasse de café et prend le journal pour le lire. Marie, sa femme, arrive.<br></em><strong>Marie</strong> – Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va.<br><em>Marie se sert une tasse et observe Pierre.</em><br><strong>Marie</strong> – Tu as l’air soucieux… Un problème ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… Enfin… Toujours pas d’idée pour ma nouvelle pièce.<br><strong>Marie</strong> – Ne t’inquiète pas, ça va venir… Ça finit toujours par venir, non ?<br><strong>Pierre</strong> – Oui… Jusqu’à maintenant…<br><strong>Marie</strong> – Il n’y a pas une bonne histoire, dans le journal, dont tu pourrais t’inspirer ?<br><em>Il repose le journal.</em><br><strong>Pierre</strong> – Les nouvelles sont de plus en plus déprimantes… Je crois que je vais arrêter de lire la presse. J’ai déjà arrêté de regarder la télé et d’écouter la radio…<br><strong>Marie</strong> – C’est vrai que tout ça n’est pas très gai, mais bon. D’un autre côté… c’est pour ça qu’on aura toujours besoin d’auteurs comme toi.<br><strong>Pierre</strong> – Ah oui ? Et c’est quoi, un auteur comme moi ?<br><strong>Marie</strong> – Tu sais bien… Quelqu’un pour nous faire rire… Un comique !<br><strong>Pierre</strong> – Un comique ? Alors c’est comme ça que tu me vois ? Comme un comique !<br><strong>Marie</strong> – Il faut bien des auteurs pour nous écrire de bonnes comédies ! Oublier un peu nos soucis… Nous faire passer un bon moment en ne pensant à rien…<br><strong>Pierre</strong> – En ne pensant à rien ?<br><strong>Marie</strong> – Excuse-moi… Je veux dire… en pensant à autre chose.<br><strong>Pierre</strong> – Je vois… Donc pour toi, je suis seulement un amuseur… Un type qui fait diversion… Qui détourne l’attention du peuple des vrais problèmes de la société…<br><strong>Marie</strong> – Le peuple ! Tout de suite, les grands mots… Divertir le public, il n’y a pas de honte à ça, si ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… On peut aussi avoir envie d’autre chose…<br><strong>Marie</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Pierre</strong> – D’être utile…<br><strong>Marie</strong> – Pour moi, distraire les gens, leur faire retrouver le sourire, c’est très utile. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce talent.<br><strong>Pierre</strong> – Ouais…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Des comédies, j’en ai déjà écrit près d’une centaine.<br><strong>Marie</strong> – Et ça a toujours été de gros succès.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, mais je commence à être à court d’idées. Je me demande si je n’en ai pas fait le tour.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux arrêter d’écrire ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça je ne suis pas sûr d’y arriver non plus… Non, je me demandais si…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’essayais un autre genre ?<br><strong>Marie</strong> – Un roman, tu veux dire ? Depuis des années, je te répète que tu devrais essayer. Il y a des romans très drôles, aussi…<br><strong>Pierre</strong> – Malheureusement, je ne suis pas romancier, je le sais bien. Le théâtre, je ne sais rien faire d’autre.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors il ne te reste plus qu’à trouver un bon sujet de comédie.<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’écrivais… un autre genre de pièces.<br><strong>Marie</strong> – Un autre genre de pièce ?<br><strong>Pierre</strong> – Un truc qui ne soit pas forcément drôle, tu vois ?<br><strong>Marie</strong> – Une comédie pas drôle ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas une comédie, justement !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… une comédie dramatique ?<br><strong>Pierre</strong> – Je veux dire pas une comédie du tout !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux écrire un drame ?<br><strong>Pierre</strong> – Un drame, une tragédie… Appelle ça comme tu veux.<br><strong>Marie</strong> – Bon…<br><strong>Pierre</strong> – Quoi ?<br><strong>Marie</strong> – Je ne sais pas… (<em>Silence</em>) Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus d’idée de comédie. Je voudrais essayer d’écrire autre chose. C’est pas un drame, non plus !<br><strong>Marie</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Tu veux encore du café ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, merci.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors je te laisse réfléchir… à ta nouvelle pièce.<br><em>Elle sort. Il soupire et ouvre à nouveau son journal. Le téléphone sonne. Il répond.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui ? Ah oui… Non, non, je voulais t’appeler justement… Écoute, je ne sais pas encore… Non, pour l’instant, je suis en panne d’inspiration. Oui, je sais, j’ai toujours dit que ça n’existait pas. Mais tu sais l’inspiration, c’est comme Dieu. On dit que ça n’existe pas jusqu’au moment où on en a vraiment besoin… Et toi, ça va ? Bon… Je vois… D’accord… Écoute, il va falloir que je te laisse, là… On s’appelle et on essaie de déjeuner ensemble la semaine prochaine ? OK, on fait comme ça… Salut, t’embrasse.<br><em>Marie revient, l’air un peu embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je dois faire quelques courses, je n’en ai pas pour longtemps. Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Euh… oui. Depuis tout à l’heure, la situation n’a pas beaucoup évolué, mais oui. Ça va.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors j’y vais.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça. À tout à l’heure.<br><em>Elle sort. Il reprend la lecture de son journal, mais à peine a-t-il commencé que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il sort un instant pour aller ouvrir et revient accompagné d’une femme.</em><br><strong>Alex</strong> – Je ne te dérange pas, j’espère ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, non, pas du tout, j’étais en train de… Tu veux un café ?<br><strong>Alex</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Pierre</strong> – C’est sympa de passer comme ça à l’improviste.<br><strong>Alex</strong> – Quand on habite le même immeuble que son agent, c’est toujours un risque de le voir débarquer sans avoir été invité…<br><strong>Pierre</strong> – Il va peut-être falloir que je déménage, alors…<br><em>Sourires, suivi d’un silence embarrassé.</em><br><strong>Alex</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Rien… J’étais au téléphone avec… Comment elle s’appelle, déjà… Tu sais, cette comédienne qui jouait dans… Elle est devenue éditrice.<br><strong>Alex</strong> – Éditrice ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu sais ce que c’est. La vie est cruelle pour les comédiennes. Surtout pour les jeunes premières. Passée la trentaine…<br><strong>Alex</strong> – Tu cherches un nouvel éditeur ?<br><strong>Pierre</strong> – Pas spécialement… C’est elle qui m’a appelé. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles… Ça commence à m’inquiéter. Tout le monde me demande si ça va aujourd’hui…<br><strong>Alex</strong> – Et… ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va, je te remercie… C’est dingue…<br><strong>Alex</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je termine la conversation en lui disant : « on se rappelle et on déjeune…? » Ça m’est sorti comme ça. L’habitude. Finalement, on aurait aussi bien pu déjeuner ensemble à midi.<br><strong>Alex</strong> – Qu’est-ce que tu veux… C’est Paris… On est tous débordés…<br><strong>Pierre</strong> – Ou alors on a rien à foutre et on fait semblant…<br><strong>Alex</strong> – Ouais…<br><strong>Pierre</strong> – Toi, par exemple. Tu es particulièrement débordée, aujourd’hui ? (<em>Silence</em>) Non, évidemment, sinon, tu ne serais pas là. Tu imagines ? Tu acceptes de déjeuner comme ça à l’improviste… Le lendemain, tout Paris va savoir que tu n’as rien à foutre de tes journées. Que plus personne ne veut travailler avec toi. Que tu es au chômage. Ou pire que tu es sur liste noire… Du coup, plus personne ne t’appellerait, et tu serais vraiment total has been.<br><strong>Alex</strong> – Ouais… (<em>Silence</em>) Et sinon, elle, ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Qui ça ?<br><strong>Alex</strong> – Ton éditrice !<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Tu as raison… Finalement, c’est peut-être elle qui ne va pas bien. Elle m’a appelé parce qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et moi, je lui ai presque raccroché au nez… J’aurais dû lui proposer de déjeuner avec elle à midi… Et toi, ça va ?<br><strong>Alex</strong> – Ça va…<br><strong>Pierre</strong> – Tu es sûre que tu ne veux pas du café ?<br><strong>Alex</strong> – Sûre… (<em>Silence</em>) Tu écris un peu, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas vraiment. Je crois que je suis arrivé au bout de quelque chose là. Il faudrait que je change un peu de style.<br><strong>Alex</strong> – Oui, je sais, j’ai croisé Marie dans l’escalier.<br><strong>Pierre</strong> – Ne me dis pas que c’est pour ça que tu es passée me voir.<br><strong>Alex</strong> – Alors comme ça, tu veux écrire un drame.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, enfin… Pourquoi pas ?<br><strong>Alex</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu vois, Alex, c’est ça mon problème. La simple idée que j’envisage d’écrire autre chose qu’une comédie, les gens prennent ça pour une blague.<br><strong>Alex</strong> – Disons que… ce n’est pas sur ce terrain-là qu’on t’attend habituellement.<br><strong>Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Alex</strong> – Ça risque de surprendre ton public… De le décevoir, peut-être…<br><strong>Pierre</strong> – Le décevoir ? Je n’ai encore pas écrit une ligne, et tu me dis déjà que ce sera décevant. Merci de tes encouragements. Au moins, je sais pourquoi j’ai un agent.<br><strong>Alex</strong> – Et… tu as déjà un sujet ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… C’est juste une idée…<br><strong>Alex</strong> – Bon, donc c’est juste une idée.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça…<br><strong>Alex</strong> – Excuse-moi, je me suis peut-être emballée un peu vite.<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Je pensais écrire quelque chose sur ces migrants qui viennent s’échouer sur nos côtes. Quand ils ne sont pas morts noyés pendant la traversée, évidemment…<br><strong>Alex</strong> – Une comédie, tu veux dire ? (<em>L’autre lui lance un regard navré.</em>) Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… Alors c’est sérieux, tu veux vraiment écrire quelque chose de…<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus vingt ans… Toi non plus… Il serait peut-être temps qu’on commence à s’interroger sur le monde qui nous entoure, non ?<br><strong>Alex</strong> – Le monde qui nous entoure ?<br><strong>Pierre</strong> – Imagine qu’après notre mort, on soit réincarnés. Comme ça. Au hasard. Le monde est principalement peuplé de gens qui ont une vie de merde. Si on peut appeler ça une vie. Si on y réfléchit bien, à part une minorité de privilégiés, dont les plus chanceux vivent dans des paradis fiscaux, la Terre est un enfer.<br><strong>Alex</strong> – Et alors ?<br><strong>Pierre</strong> – Et alors ? Statistiquement, la réincarnation, c’est l’enfer assuré… Si on ne change pas le monde de notre vivant, on est à peu près certain de vivre un enfer quand on sera réincarnés !<br><em>Alex le regarde, estomaquée.</em><br><strong>Alex</strong> – OK…<br><strong>Pierre</strong> – Je te laisse réfléchir à ça. Je vais m’habiller…<br><em>Il sort. Marie revient.</em><br><strong>Marie</strong> – Alors ?<br><strong>Alex</strong> – Il va très mal.<br><strong>Marie</strong> – Je te l’avais dit.<br><strong>Alex</strong> – Il est en plein délire. Il parle de la mort. Du paradis. De l’enfer.<br><strong>Marie</strong> – Non ?<br><strong>Alex</strong> – Il veut écrire une pièce sur les exilés.<br><strong>Marie</strong> – Les exilés fiscaux ?<br><strong>Alex</strong> – Les exilés économiques !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… les retraités qui vont s’installer au Portugal ou au Maroc, parce que la vie est moins chère là-bas ?<br><strong>Alex</strong> – Les migrants ! En Méditerranée ! La jungle de Calais.<br><strong>Marie</strong> – Ce n’est pas vrai… Il te l’a dit ?<br><strong>Alex</strong> – J’ai essayé de lui parler, mais il ne veut rien savoir.<br><strong>Marie</strong> – Il est où ?<br><strong>Alex</strong> – Il est parti s’habiller.<br><strong>Marie</strong> – Je ne comprends pas… Jusqu’à ce matin, il était tout à fait normal. Enfin… il était comme d’habitude, quoi…<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est peut-être que passager. Il doit être un peu déprimé. Mais il ne faut pas prendre ça à la légère.<br><strong>Marie</strong> – C’est sûr… J’ai du mal à le dire mais… j’ai l’impression qu’il a des tendances suicidaires.<br><strong>Alex</strong> – Il faudrait lui suggérer de voir un médecin.<br><strong>Marie</strong> – Un psychiatre, tu veux dire ?<br><strong>Alex</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Marie</strong> – Parfois avec une simple cure de vitamines… Un homéopathe ?<br><em>Pierre revient.</em><br><strong>Pierre</strong> – Ah, tu es revenue ?<br><strong>Alex</strong> – Je vais vous laisser.<br><strong>Pierre</strong> – Non, mais je ne te chasse pas.<br><strong>Alex</strong> – J’allais partir, de toute façon. J’ai… Il faut que j’y aille. J’ai une grosse journée. On s’appelle et on déjeune ensemble ?<br><em>Il sort. Marie lance à Pierre un regard embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je lui ai simplement dit que tu étais là, et que si elle voulait monter prendre un café…<br><strong>Pierre</strong> – Elle n’en a pas voulu.<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Du café. Je lui en ai proposé, elle n’en a pas voulu.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Mais qu’est-ce que tu cherches, Pierre, au juste ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Marie</strong> – On n’est pas bien, ensemble ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais si, ce n’est pas la question.<br><strong>Marie</strong> – Tu as une maîtresse, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais non, pas du tout !<br><strong>Marie</strong> – On a la vie qu’on voulait, non ? Tu fais le métier que tu aimes. Tu n’as pas de patron. Tu gagnes bien ta vie.<br><strong>Pierre</strong> – Je sais.<br><strong>Marie</strong> – Mais alors qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Pierre</strong> – Tout ça n’a plus de sens pour moi. J’ai besoin… d’essayer autre chose.<br><strong>Marie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Pour qu’à mon enterrement, les gens ne se contentent pas de dire : celui-là, c’était un comique…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux qu’on déménage ?<br><strong>Pierre</strong> – Ailleurs, ce serait pareil.<br><strong>Marie</strong> – Tu ne vas pas faire une bêtise, au moins ?<br><strong>Pierre</strong> – Une bêtise ? Comme quoi ?<br><em>Marie tente de cacher son trouble.</em><br><strong>Marie</strong> – Je te laisse travailler…<br><em>Elle sort. Il reste un instant perplexe. Il prend un cahier et un crayon et essaie d’écrire, mais visiblement, l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il décroche le téléphone et compose un numéro.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui, pardon, c’est encore moi… Écoute, finalement, j’ai réussi à me libérer pour ce soir. Tu pourrais venir dîner à la maison ? Je voudrais te parler d’un nouveau projet… Oui, bien sûr, viens avec ton mari. OK, vingt heures, c’est parfait. Bon, alors à ce soir…<br><em>Il raccroche. Il reprend le cahier et le crayon, et il commence à écrire avec fébrilité. Il s’interrompt et s’adresse au public.</em><br><strong>Pierre</strong> – Vous allez voir. Cette fois, vous n’allez pas rigoler.<br><em>Il se remet à écrire.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Le labyrinthe</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-labyrinthe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le labyrinthe, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages portant des masques ou des bandeaux sur les yeux. L’un arrive d’un côté, l’autre du côté opposé. Ils semblent contrariés de se rencontrer.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Rien…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Et si on essayait par là ?<br><strong>Elle</strong> – J’en viens.<br><strong>Lui</strong> – Et par là, on a déjà essayé ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Tu es sûre ?<br><strong>Elle</strong> – Absolument. Et même plusieurs fois.<br><strong>Lui</strong> – Alors là, je ne vois plus…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça fait combien de temps qu’on est perdus dans ce labyrinthe ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais plus. Longtemps…<br><strong>Elle</strong> – Tout ce temps perdu à chercher la sortie, et on ne l’a toujours pas trouvée.<br><strong>Lui</strong> – Et s’il n’y en avait pas..<br><strong>Elle</strong> – Par où on serait entrés, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. Tu te souviens du moment où on est entrés, toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non… mais il y a bien un moment où on est entrés. Sinon, comment on serait arrivés là ?<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison. On est forcément entrés par quelque part.<br><strong>Elle</strong> – Oui. Par la sortie.<br><strong>Lui</strong> – On est entrés par la sortie ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Tu crois qu’il pourrait y avoir une entrée et une sortie ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ferait deux issues possibles…<br><strong>Elle</strong> – Et on n’en aurait encore trouvé aucune ?<br><strong>Lui</strong> – Ou alors il n’y avait qu’une entrée, et ils l’ont condamnée une fois qu’on était dedans.<br><strong>Elle</strong> – Ils ? Qui ça ils ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Il y a bien quelqu’un qui l’a conçu ce labyrinthe, non ? Et puisque ce n’est pas nous…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que ce n’est pas nous ?<br><strong>Lui</strong> – Si c’était nous, on saurait où est la sortie, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, j’imagine…<br><strong>Lui</strong> – Ou alors, on a oublié.<br><strong>Elle</strong> – Oublié quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Oublié où était la sortie.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu crois qu’on est les seuls, dans ce labyrinthe ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, on n’a jamais rencontré personne.<br><strong>Elle</strong> – Peut-être que nos chemins ne se sont jamais croisés.<br><strong>Lui</strong> – Ça m’étonnerait…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Lui</strong> – Nous, à chaque fois qu’on part chacun de notre côté pour chercher la sortie, on finit toujours par se retrouver ici.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… On ne trouve jamais la sortie, mais on ne se perd jamais. En tout cas, on se retrouve toujours…<br><strong>Lui</strong> – Oui… On est condamnés à rester ensemble.<br><strong>Elle</strong> – Condamnés ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai dit « condamnés » ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as dit « condamnés à rester ensemble ».<br><strong>Lui</strong> – Non, je voulais dire… Apparemment… c’est notre destin. On est fait pour vivre ensemble.<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais alors pourquoi passer tout notre temps à chercher la sortie ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois que si on trouvait la sortie, on ne resterait pas ensemble ?<br><strong>Lui</strong> – Ensemble ? Dehors, tu veux dire ?<br><strong>Elle</strong> – Dehors, oui… Tu crois que la première chose qu’on ferait en sortant, c’est de partir chacun de notre côté ?<br><strong>Lui</strong> – Ça… on ne saura jamais.<br><strong>Elle</strong> – À moins de trouver la sortie…<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Et si on arrêtait de chercher ?<br><strong>Lui</strong> – Arrêter de chercher la sortie ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce qu’on ferait à la place ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. On pourrait… Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Il vaut peut-être mieux qu’on continue à chercher, non ?<br><em>Ils se remettent en mouvement.</em><br><strong>Elle</strong> – Je vais voir si ce ne serait pas par là.<br><strong>Lui</strong> – Et moi par là.<br><strong>Elle</strong> – On se retrouve ici ?<br><strong>Lui</strong> – D’accord…<br><em>Ils sortent chacun du côté opposé à celui par lequel ils sont entrés.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Où est-ce qu’on va quand on est mort ?</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ou-est-ce-quon-va-quand-on-est-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 16:04:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où est-ce qu’on va quand on est mort ? , un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont assis sur le canapé.</em><br><strong>Lui</strong> – Le courrier est passé ?<br><strong>Elle</strong> – Tu attends une lettre ?<br><strong>Lui</strong> – Pas spécialement… Mais j’espère toujours un miracle en ouvrant la boîte. On m’annoncerait que j’ai remporté un concours auquel je n’ai pas participé. Qu’une vieille tante richissime dont j’ignorais l’existence est morte sans héritier. Que le prix Nobel m’a été attribué par anticipation pour mon œuvre à venir… Tous les jours, en ouvrant la boîte, je suis comme un gamin au pied du sapin, le matin de Noël.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… En grandissant, on ne croit plus au Père Noël, mais on croit toujours au facteur. D’ailleurs, il y a des similitudes… Ils ont tous les deux un uniforme. Ils passent avec une hotte. Ils déposent des pochettes-surprises, et on ne les voit ni l’un ni l’autre…<br><strong>Lui</strong> – Enfin, le facteur, c’est justement à Noël qu’on le voit, quand il vient chercher ses étrennes… J’ai horreur de Noël. Tous les ans, ça sent un peu plus le sapin… Et dans la boîte, il y a de plus en plus de faire-part… Mais pourquoi j’attends le facteur comme le messie, alors là… Remarque, le père du messie, c’était peut-être le facteur, hein ? Parce que le coup de l’immaculée conception… Il ne faut pas croire au Père Noël, quand même…!<br><strong>Elle</strong> – Pour avoir des lettres, il faut en écrire. La plupart des gens ne reçoivent que des réponses. Si tu n’envoies jamais de lettres, ne t’étonne pas de ne pas en recevoir. Je crois que je n’ai jamais reçu une seule lettre de toi…<br><strong>Lui</strong> (<em>ironique</em>) – Tu veux qu’on s’écrive, de temps en temps ?<br><em>Elle le regarde, indécise.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait bien avoir à se dire ? J’aurais l’impression de m’écrire à moi-même. D’ailleurs, on s’écrit toujours un peu à soi-même, non ? Il y a des gens à qui on écrit des lettres interminables… Quand on les voit, on se rend compte qu’on n’a rien à leur dire. Non, il y a un côté onaniste, dans l’écriture…<br><em>Elle se sert un verre et allume une cigarette.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu fumes maintenant ?<br><strong>Elle</strong> (<em>surprise</em>) – Oui… Ça fait bien vingt ans. Tu n’avais jamais remarqué ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu savais que chaque cigarette raccourcissait la vie de dix minutes ? (<em>Elle ne répond pas.</em>) Tu fumes combien de cigarettes par jour, toi ?<br><strong>Elle</strong> (<em>ironique</em>) – D’après mes calculs, je devrais déjà être morte depuis six mois. Je ne comprends pas…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – C’est comme le téléphone portable, hein ? Ce n’est pas très bon pour la santé. Il paraît qu’au-dessus d’un quart d’heure par jour, c’est la tumeur assurée. Tu as intérêt à ne pas dépasser le forfait… (<em>Un temps</em>) À propos, tu sais ce que m’a demandé ta fille ce matin, pendant que je me brossais les dents ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Où est-ce qu’on va quand on est mort… ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu lui as répondu ?<br><strong>Lui</strong> – À ton avis ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Oui. C’est exactement ce que je lui ai répondu.<br><strong>Elle</strong> – Et alors ?<br><strong>Lui</strong> – Elle m’a dit : « Mais papa, quand on est mort, on va au cimetière ! »<br><strong>Elle</strong> – Et après ?<br><strong>Lui</strong> – Après, elle est repartie bouffer ses corn-flakes. Apparemment, elle était très contente de m’avoir appris quelque chose. Et un peu surprise qu’à mon âge, je ne sois pas encore au courant… (<em>Un temps</em>) C’est incroyable, non ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’elle ait posé cette question ?<br><strong>Lui</strong> – Non, que les enfants aient cette capacité d’accepter des réponses simples à des questions simples. Un prof de philo aurait parlé de métaphysique, d’immanence, de transcendance, tout le bordel… De Dieu, dans le pire des cas. Les enfants sont beaucoup plus pragmatiques. D’ailleurs, ils sont naturellement athées.<br><strong>Elle</strong> – Ils croient au Père Noël.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Parce que leurs parents leur disent qu’il existe et qu’il va leur apporter des cadeaux. Sinon, ils n’auraient pas été l’inventer tout seuls. Si on te disait qu’un bienfaiteur anonyme va te verser une prime de Noël tous les ans, tu ne serais pas pressée de remettre en cause son existence. (<em>Un temps</em>) Mais Dieu, il ne nous a jamais rien apporté à Noël, pourtant certains adultes y croient encore… Tu y crois, toi ?<br><strong>Elle</strong> – Au Père Noël ?<br><em>Silence.</em><br><strong>Lui</strong> – Ce qui est incroyable, aussi, c’est que ça ne lui fasse pas peur du tout, la perspective de finir enterrée. Nous, ça nous fout un peu les boules… Pourquoi ça ne lui fait pas peur, à elle ? (<em>Un temps</em>) Il faudra que je lui demande, ce soir, ce qu’elle entend exactement par « quand on est mort, on va au cimetière »… (<em>Un temps</em>) Qu’est-ce que tu entends par là, toi ?<br><em>Elle le regarde, étonnée.</em><br><strong>Lui</strong> – Non, je veux dire, qu’est-ce que tu crois qu’elle entend par là ?<br><strong>Elle</strong> – Ben… Ça.<br><strong>Lui</strong> – Quoi, ça ?<br><strong>Elle</strong> – Quand on est mort, on va au cimetière.<br><em>Il la regarde, interloquée.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors toi aussi, tu crois ça ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi, tu n’y crois pas, toi ?<br><strong>Lui</strong> – Si… Je veux dire…<br><em>Il se marre.</em><br><strong>Lui</strong> – Attends, ne me dis pas que pour toi aussi, c’est aussi simple !<br><strong>Elle</strong> – Ben… d’une certaine façon, si.<br><em>Il la regarde, goguenard.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas, tout à l’heure, tu trouvais ça merveilleux de ne pas se prendre la tête. De se contenter de réponses simples à des questions simples.<br><strong>Lui</strong> – Oui, mais… tu n’as pas cinq ans !<br><strong>Elle</strong> – Bon, ben vas-y, toi. Je te pose la question : où est-ce qu’on va quand on est mort ?<br><em>Il est pris de court.</em><br><strong>Lui</strong> – Ben… Ce n’est pas aussi simple que ça, hein ?<br><strong>Elle</strong> – Mais encore…?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas, c’est… c’est la question du sujet…<br><em>Elle le regarde, attendant des précisions.</em><br><strong>Elle</strong> – La question du sujet…? Tu veux dire le sujet de la question ?<br><em>Il est désemparé.</em><br><strong>Lui</strong> (<em>pensif</em>) – Où est-ce qu’on va quand on est mort ? (<em>Il fait un geste d’ignorance</em>.) On va nulle part.<br><strong>Elle</strong> – Ben, si…<br><strong>Lui</strong> – Oui, si tu veux.<br><strong>Elle</strong> – Même si je ne veux pas…<br><strong>Lui</strong> – Non, mais… On va au cimetière, on va au cimetière… ! Ça ne veut rien dire ! On peut aussi aller au cimetière de son vivant, faire un petit tour, repartir et aller se taper un couscous. Qu’est-ce que ça veut dire, aller au cimetière ? Et puis on peut très bien mourir et ne pas aller au cimetière. Hein ? Quand on ne retrouve pas le corps ! Alors là, on ne peut pas dire : quand on est mort, on va au cimetière. Tu vois bien que ce n’est pas aussi simple que ça.<br><strong>Elle</strong> – Bon… Alors si ta fille te repose la question, qu’est-ce que tu répondras ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… (<em>Il réfléchit</em>.) Je répondrai… Quand on est mort, on va au cimetière… en général. Si on retrouve le corps… Quand on est vivant, on peut aussi aller au cimetière… Mais quand on est mort, c’est définitif.<br><strong>Elle</strong> (<em>hoquet</em>) – Hips…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Elle et Lui</a><br><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Le grand saut</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-grand-saut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 11:03:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand saut, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier, qui peut être un malade ou une personne âgée, est en bord de scène, comme s’il était prêt à sauter. Il porte une valise. Le deuxième, qui peut être un curé ou un infirmier, lui tient la main, tout en le poussant doucement en avant.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors, prêt pour le grand saut ?<br><strong>Un</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Deux</strong> – Si vous n’êtes pas encore prêt, vous me le dites.<br><strong>Un</strong> – Si, si. Je suis prêt, mais…<br><strong>Deux</strong> – Non parce que sinon… On a le temps, quand même… On n’est pas aux pièces.<br><strong>Un</strong> – Combien de temps ?<br><strong>Deux</strong> – Combien ? Je ne sais pas, moi… On a bien cinq minutes…<br><strong>Un</strong> – Cinq minutes ?<br><strong>Deux</strong> – On a le temps, mais… on n’a pas toute la vie, non plus.<br><strong>Un</strong> – Mettez-vous à ma place.<br><strong>Deux</strong> – Je préfère autant pas, non. Mais vous verrez, vous ne sentirez rien. Et après vous vous sentirez beaucoup mieux…<br><strong>Un</strong> – Je verrai ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez dit « vous verrez ».<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Euh, non, c’est vrai, vous ne verrez probablement rien non plus…<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi vous dites « vous verrez » ?<br><strong>Deux</strong> – C’est juste une façon de parler ! Vous savez, ce n’est pas évident de décrire… Enfin d’expliquer…<br><strong>Un</strong> – En fait, vous n’en savez rien.<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><em>Le premier hésite toujours à sauter.</em><br><strong>Un</strong> – Vous croyez qu’il y a quelque chose au fond ? (<em>L’autre affiche un air dubitatif.</em>) Vous croyez qu’il y a un fond…?<br><strong>Deux</strong> – Vous pensez qu’il pourrait ne pas y avoir de fond ?<br><strong>Un</strong> – Alors c’est vous qui me posez des questions, maintenant ? Je croyais que vous<br>étiez là pour me rassurer… me donner toutes les explications nécessaires.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais… Vous n’avez pas tort. En réalité, je n’en sais pas plus que vous. Et dans un sens, vous saurez avant moi…<br><strong>Un</strong> – Mais je ne pourrai pas remonter pour vous le dire. Deux – Je ne suis pas sûr de vouloir le savoir avant… Un – Un puits sans fond…<br><strong>Deux</strong> – C’est possible ?<br><strong>Un</strong> – D’après Newton et sa loi de la gravitation universelle, l’univers passe son temps à se casser la gueule sur lui-même. L’existence est une chute permanente. Un effondrement perpétuel. Nous passons notre vie à tomber. Je tombe donc je suis…<br><strong>Deux</strong> – Naître est un saut dans l’inconnu. <br><strong>Un</strong> – Un saut dans le vide, en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Les chats ont bien sept vies, paraît-il. Et ils finissent toujours par retomber sur leurs pattes.<br><strong>Un</strong> – Quel rapport ?<br><strong>Deux</strong> – Aucun… Mais quand il faut y aller…<br><strong>Un</strong> – Vous voulez sauter à ma place ?<br><strong>Deux</strong> – Un jour ou l’autre, je devrais bien m’y résoudre moi aussi. Mais enfin… je ne suis pas pressé…<br><strong>Un</strong> – La philosophie en général et la religion en particulier ne devraient pas être une alternative obscurantiste à la science, mais une façon de la devancer par des intuitions à vérifier ou à invalider. Les croyants devraient être des éclaireurs. Pas ceux qui éteignent les lumières en partant.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… Vous êtes prêt, maintenant ?<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, à l’origine, chez les Grecs, il n’y avait pas de frontière entre science et philosophie. Les philosophes étaient aussi mathématiciens. Ou l’inverse. <br><strong>Deux</strong> – Tiens donc… Je l’ignorais…<br><strong>Un</strong> – « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. » C’était inscrit au fronton de l’Académie.<br><strong>Deux</strong> – L’Académie Française ?<br><strong>Un</strong> – L’école fondée par Platon !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – C’est après que tout ça s’est cassé la gueule.<br><strong>Deux</strong> – La loi de la gravitation, sans doute. Vous y allez tout seul, ou vous préférez que je vous pousse ?<br><strong>Un</strong> – J’y vais, j’y vais… J’ai l’impression que je me prépare pour sauter en parachute. <br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais vous n’avez pas de parachute…<br><strong>Un</strong> – Ou pour sauter à l’élastique.<br><strong>Deux</strong> – Mais il n’y a pas d’élastique.<br><strong>Un</strong> – Ou de sauter du tabouret pour me pendre.<br><strong>Deux</strong> – Mais il n’y a pas de corde non plus. Vous allez juste sauter et vous écraser en bas.<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je préfère autant qu’il n’y ait pas de fond. Pourquoi je dois absolument sauter, au fait ?<br><strong>Deux</strong> – Vous vous souvenez, quand vous étiez enfant, et que vous arriviez en haut du toboggan après avoir monté la dernière marche du petit escalier ?<br><strong>Un</strong> – Et alors?<br><strong>Deux</strong> – Quand on est arrivé en haut, il faut y aller. Pour laisser la place à ceux qui poussent derrière.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Vous croyez qu’il y a un escalier pour remonter ?<br><strong>Deux</strong> – Ça mon vieux… C’est là où finit la science… et où commence la croyance. <br><em>Il pousse l’autre du bord du gouffre, représenté par le bord de scène, dans le vide.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Adieu ou à rien</title>
		<link>https://sketchotheque.net/adieu-ou-a-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 09:34:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Séparation]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=991</guid>

					<description><![CDATA[<p>Adieu ou à rien, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, face au public. Ils ne se regardent pas. Le premier porte une valise.<br></em><strong>Un</strong> – Bon… Les meilleures choses ont une fin.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Il n’y a de bonne compagnie qui ne se quitte. <br><strong>Un</strong> – Donc, je vais vous laisser…<br><strong>Deux</strong> – C’est ça.<br><strong>Un</strong> – Alors… au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Enfin quand je dis au revoir…<br><strong>Deux</strong> – Oui, il y a peu de chances qu’on se revoit.<br><strong>Un</strong> – Ou alors, si on se revoit…<br><strong>Deux</strong> – Alors adieu, plutôt.<br><strong>Un</strong> – C’est ça… Adieu.<br><strong>Deux</strong> – Voilà, voilà…<br><strong>Un</strong> – Enfin adieu…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Vous y croyez, vous ?<br><strong>Deux</strong> – À quoi ?<br><strong>Un</strong> – À Dieu !<br><strong>Deux</strong> – Ah ! Euh… Non, pas vraiment.<br><strong>Un</strong> – Alors adieu… Ce n’est pas vraiment le bon mot non plus. <br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on dit quand on ne croit pas en Dieu ? <br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Vous croyez en quoi, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… À rien.<br><strong>Un</strong> – Alors on pourrait dire… Arien.<br><strong>Deux</strong> – Arien ?<br><strong>Un</strong> – Au lieu de adieu, on pourrait dire arien.<br><strong>Deux</strong> – Oui, on pourrait…<br><strong>Un</strong> – Mais dans ce cas-là, est-ce que ça vaut encore le coup de dire quelque chose ? <br><strong>Deux</strong> – C’est vrai…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors je vais y aller. Sans rien dire.<br><strong>Deux</strong> – Ça servirait à quoi, de toute façon ?<br><em>Le premier commence à partir, mais se ravise.</em><br><strong>Un</strong> – On peut quand même s’embrasser ?<br><strong>Deux</strong> – Si vous voulez…<br><em>Ils s’embrassent. Le premier part avec sa valise.</em><br><strong>Deux</strong> – Arien…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir c’est noir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-cest-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 16:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir c’est noir, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le premier essaie un vêtement noir.<br></em><strong>Un</strong> – Je ne sais plus comment je dois m’habiller…<br><strong>Deux</strong> – C’est si important que ça ?<br><strong>Un</strong> – C’est curieux. J’ai souvent imaginé ce moment. Quel âge j’aurais à cette époque-là. Quels sentiments ça provoquerait en moi. Quelles phrases définitives je prononcerais pour célébrer ça.<br><strong>Deux</strong> – Je te soupçonne d’en avoir préparé quelques-unes pour ne pas être pris au dépourvu.<br><strong>Un</strong> – Et voilà. Maintenant qu’on y est, c’est le matériel qui prend le dessus sur les questions existentielles… Qu’est-ce que je vais mettre ?<br><strong>Deux</strong> – Est-ce qu’il va pleuvoir ?<br><strong>Un</strong> – Est-ce qu’ils seront tous venus ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ?<br><strong>Un</strong> – Je pensais que d’en être débarrassé, je serais immédiatement quelqu’un d’autre. Comme par magie. Et puis non. La vie continue…<br><strong>Deux</strong> – Les morts, c’est comme les étoiles. Ils continuent aussi à briller par leur absence.<br><strong>Un</strong> – Alors toi aussi tu as préparé quelques phrases inoubliables.<br><strong>Deux</strong> – Si tu crois qu’Armstrong a improvisé en posant le pied sur la Lune. Lui aussi, il avait préparé son texte.<br><strong>Un</strong> – Ça s’entendait un peu, d’ailleurs.<br><strong>Deux</strong> – Il était meilleur astronaute que comédien… (<em>Se pinçant le nez pour imiter la voix retransmise à l’époque</em>) One small step for man…<br><strong>Un</strong> – Je pensais que sa mort, ça nous permettrait de nous libérer d’une certaine forme de pesanteur.<br><strong>Deux</strong> – On n’en est pas encore à flotter dans l’espace, mais je me sens quand même un peu plus léger.<br><strong>Un</strong> – On devrait faire la fête, la veille des enterrements. On enterre bien sa vie de garçon. Pourquoi est-ce qu’on n’enterrerait pas sa vie d’enfant ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’on cesse d’être un enfant le jour où on perd ses parents ?<br><strong>Un</strong> – Il n’y a que les enfants pour croire qu’un jour ils cesseront d’être un enfant. Tu vas y aller comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas ? Je suis comme d’habitude.<br><strong>Un</strong> – Justement, l’idée c’est de ne pas s’habiller comme d’habitude. Les vêtements de deuil, c’est comme les habits du dimanche ou les costumes de scène. Il faut être un peu mal à l’aise dedans. Ça aide à tenir son rôle…<br><strong>Deux</strong> – Je porte des chaussures un peu trop petites pour moi… Après avoir marché de l’église jusqu’au cimetière, elles me feront horriblement mal aux pieds. Méfie-toi, je pourrais même avoir l’air encore plus triste que toi.<br><strong>Un</strong> – Et si on n’y allait pas, tout simplement ?<br><strong>Deux</strong> – Sérieux ?<br><strong>Un</strong> – On va voir un bon film à la place… Une comédie, de préférence…<br><strong>Deux</strong> – Le dernier cinéma qu’il y avait dans le coin, il a fermé il y a plus de dix ans. Tu te souviens ? Le Tahiti…<br><strong>Un</strong> – On va se taper une bonne bière au Café de la Gare. Ne me dis pas qu’il a fermé lui aussi ?<br><strong>Deux</strong> – On ne le fera pas.<br><strong>Un</strong> – Non. Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Malgré tout, on aurait trop peur de rater quelque chose de fondamental.<br><strong>Un</strong> – Ou de commettre un sacrilège impardonnable, que le Bon Dieu, s’il existe, nous ferait payer cher tôt ou tard.<br><strong>Deux</strong> – Le cimetière buissonnier… C’est comme de passer sous une échelle. On ne croit pas vraiment que ça porte malheur, mais en même temps, qu’est-ce que ça coûte de faire un petit détour ?<br><strong>Un</strong> – Ils seront tous là, tu verras.<br><strong>Deux</strong> – Tous ?<br><strong>Un</strong> – Tous ceux qu’on ne voit qu’aux funérailles.<br><strong>Deux</strong> – On se demande ce qu’ils font entre deux décès.<br><strong>Un</strong> – À chaque enterrement, ils ont pris dix ans de plus.<br><strong>Deux</strong> – On se dit que la prochaine fois, c’est peut-être nous qu’ils enterreront.<br><strong>Un</strong> (<em>sortant un autre vêtement</em>) – Et si je mettais ça ?<br><strong>Deux</strong> – C’est noir aussi…<br><strong>Un</strong> – Il me semblait que c’était un peu moins noir…<br><strong>Deux</strong> – Noir, c’est noir. Bon… On y va ?<br><strong>Un</strong> – Allons-y..<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Petite déprime</title>
		<link>https://sketchotheque.net/petite-deprime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:29:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Petite déprime, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres arrivent et se mettent à fumer.</em><br><strong>Fred</strong> – Ça va ?<br><strong>Al</strong> – Ouais… Enfin non.<br><strong>Fred</strong> – Qu’est-ce qui se passe ? Des problèmes personnels ?<br><strong>Al</strong> – Eh bien non, justement. Je n’ai aucun problème personnel. D’ailleurs, je n’ai aucune vie personnelle.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce qui ne va pas ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… Une sensation de vide… Le sentiment de ne pas être à ma place… J’ai l’impression que pendant que je suis ici, ma vie se déroule ailleurs. Sans moi. Tu as déjà ressenti ça ?<br><strong>Fred</strong> – C’est un petit coup de déprime. Tu devrais peut-être voir un médecin. Il te donnera quelque chose. Faut pas rester comme ça, tu sais. Faut pas rigoler avec ça.<br><strong>Al</strong> – Pour ça, je peux te rassurer tout de suite. Je ne rigole plus depuis très longtemps. C’est simple, je ne me souviens même pas quand j’ai rigolé pour la dernière fois.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu ne vas pas faire une bêtise au moins. Je veux dire, comme de démissionner ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… C’est curieux, la vie. Au début, on se dit qu’on a des problèmes, mais qu’on va tous les régler un par un, et qu’après on sera tranquille. Et puis après, on se rend compte que quand on a réglé ces problèmes, il y en a d’autres qui se présentent. Et qu’il y aura toujours d’autres problèmes à régler. Le temps passe et à partir d’un certain âge, on commence à se dire que tous ces problèmes, un jour, ce ne sera plus les nôtres. Parce qu’on ne sera plus là, tout simplement. Je crois que j’ai atteint cet âge-là. Ça n’apporte pas la sérénité, mais ça permet une certaine distance. Tu savais que Chéreau est mort ?<br><strong>Fred</strong> – Ne me dis pas que c’est ça qui te met dans cet état-là… Tu le connaissais personnellement ?<br><strong>Al</strong> – Non…<br><strong>Fred</strong> – Je ne savais pas que tu t’intéressais au théâtre.<br><strong>Al</strong> – Je n’y vais jamais.<br><em>Ils s’en vont. Deux autres arrivent.</em><br><strong>Mok</strong> – Tu as entendu ça ? Patrick Chéreau est mort.<br><strong>Zac</strong> – Patrice.<br><strong>Mok</strong> – Quoi ?<br><strong>Zac</strong> – Patrice Chéreau.<br><strong>Mok</strong> – Cancer du poumon. Le tabac, c’est vraiment une saloperie. Gainsbourg, c’est pareil. S’il n’avait pas fumé autant, et qu’il avait fait un peu plus de sport, il serait peut-être encore vivant.<br><strong>Zac</strong> – Et si Hendrix avait plutôt joué du violon dans un orchestre philharmonique, il serait sûrement toujours parmi nous aujourd’hui.<br><strong>Mok</strong> – Je me demande bien ce qu’il ferait, tiens.<br><strong>Zac</strong> – Il jouerait au scrabble dans sa maison de retraite avec Jim Morrison, James Dean et Janis Joplin.<br><strong>Mok</strong> – Tu as raison, ce serait bizarre… Tu crois que ça ne vaut pas le coup d’arrêter de fumer ?<br><strong>Zac</strong> – Mais tous ces gens dont on parle, ils avaient déjà atteint le sommet de leur art. Nous on cherche encore dans quoi on pourrait bien être bon à quelque chose.<br><strong>Mok</strong> – Je crois que si on était des génies, ça se saurait déjà.<br><strong>Zac</strong> – Cervantès a écrit Don Quichotte à plus de cinquante ans. On a encore de l’espoir.<br><strong>Mok</strong> – Alors il faut être un génie pour avoir le droit de se ruiner la santé, c’est ça ?<br><strong>Zac</strong> – Qu’est-ce que tu veux ? On est de la race des baisés. C’est comme ça.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=900</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Les fantômes</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-fantomes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:26:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Physique quantique]]></category>
		<category><![CDATA[Terre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=853</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les fantômes, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il regarde dans un télescope dirigé vers la salle. Le personnage peut être un enfant, ou un adulte jouant un enfant. Elle est sa mère ou son professeur.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu vois cette étoile vers laquelle j’ai dirigé le télescope ?<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Autour de cette étoile tournent des planètes.<br><strong>Lui</strong> – Oui, je les vois.<br><strong>Elle</strong> – L’une de ces planètes est habitable, et elle est habitée.<br><strong>Lui</strong> – Je la vois.<br><strong>Elle</strong> – Les habitants s’appellent les hommes.<br><strong>Lui</strong> – Je les vois.<br><strong>Elle</strong> – Et ils ont réussi à rendre leur planète inhabitable.<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Alors ils sont tous morts.<br><strong>Lui</strong> – Mais pourtant je les vois.<br><strong>Elle</strong> – Parce que cette planète est située à des millions d’années-lumière de la nôtre. En réalité, ils sont déjà tous morts.<br><strong>Lui</strong> – Alors ceux que je vois ne sont que des fantômes.<br><strong>Elle</strong> – Oui. Le dernier est mort il y a 100.000 ans.<br><strong>Lui</strong> – C’est marrant.<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Mais alors comment tu sais qu’ils sont morts ? Puisque l’image de leur fin du monde ne nous est pas encore parvenue…<br><strong>Elle</strong> – La téléportation quantique est immédiate. Elle n’est pas soumise aux règles de l’espace-temps. Nous avons téléporté une sonde sur place il y a un mois. Aucune trace de vie à la surface.<br><strong>Lui</strong> – Un suicide collectif… Mais pourquoi est-ce qu’ils ont fait ça ?<br><strong>Elle</strong> – On ne sait pas.<br><strong>Lui</strong> – On ne sait pas ?<br><strong>Elle</strong> – Non. Pourtant on a fait des tas de découvertes scientifiques extraordinaires. Mais ça on n’a pas encore réussi à comprendre. Cela fait partie des mystères de l’univers qui nous restent encore à élucider.<br><strong>Lui</strong> – Les fantômes d’une humanité disparue, sur une Terre dont ils ont fait un désert… Je vais les observer encore un peu, pour essayer de comprendre…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Le bac avec mention</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bac-avec-mention/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:19:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bac avec mention, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont debout face au public.<br></em><strong>Elle</strong> – Alors ça y est, on a le bac.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Mention Coronavirus.<br><strong>Elle</strong> – Nos grands-parents ont eu le bac Mai 68, nous on aura le bac COVID-19.<br><strong>Lui</strong> – À l’époque on avait donné le bac à tout le monde parce qu’il y avait trop de gens dans la rue pour réclamer plus de démocratie, aujourd’hui, avec le confinement, on ne peut même plus descendre dans la rue pour protester contre l’état d’urgence.<br><strong>Elle</strong> – Sans parler de la montée des dictatures en Europe. Avant la chute du mur, la Hongrie était considérée comme le pays le plus démocratique du bloc soviétique, aujourd’hui c’est le pays le plus fasciste du bloc européen.<br><strong>Lui</strong> – Comme quoi Einstein avait raison : tout est relatif. Ce ne sont pas les Hongrois qui ont changé, c’est le monde qui les entoure.<br><strong>Elle</strong> – L’histoire nous montre qu’en Europe, la Hongrie a toujours joué le rôle de thermomètre. Quand la Hongrie a la fièvre, c’est que l’Europe va mal.<br><strong>Lui</strong> – Et si j’osais, je dirais même que cette fois, ce thermomètre, on l’a vraiment dans le cul.<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Il ne faut pas oublier les leçons de l’Histoire.<br><strong>Elle</strong> – Oublier l’histoire, c’est être condamné à la revivre.<br><strong>Lui</strong> – On dirait un sujet du bac philo.<br><strong>Elle</strong> – Heureusement qu’on n’aura pas à le passer.<br><strong>Lui</strong> – Remarque, finalement, on est quand même assez calés en histoire.<br><strong>Elle</strong> – On a le bac, après tout.<br><strong>Lui</strong> – Je me demande quel genre de bac auront nos petits-enfants.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, il vaudra mieux avoir le bac mention Louis-le-Grand que le bac mention Noisy-le-Grand.<br><strong>Lui</strong> – On est dans la merde, je te dis.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qu’on peut y faire ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. La révolution, ça ne marche pas. Le réformisme non plus.<br><strong>Elle</strong> – Après chaque crise, on nous promet que plus rien ne pourra être comme avant.<br><strong>Lui</strong> – Dans un sens ils ont raison. C’est encore pire après.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qui nous reste alors ?<br><strong>Lui</strong> – L’amour. (<em>Sans conviction</em>) Tu veux sortir avec moi ?<br><strong>Elle</strong> – C’est la pire déclaration que je n’ai jamais entendue.<br><strong>Lui</strong> – En plus on ne peut même pas sortir. On est toujours confinés.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Attendre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/attendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 12:30:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Recyclage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=844</guid>

					<description><![CDATA[<p>Attendre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive.</em><br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi, vous faites partie de…<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – D’accord, alors vous aussi, vous…<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Et vous attendez depuis longtemps ?<br><strong>Elle</strong> – Longtemps ?<br><strong>Lui</strong> – Non parce que je suis mort il y a déjà plus d’une heure et… j’attends toujours.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que vous attendez, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Qu’on s’occupe de moi.<br><strong>Elle</strong> – Qu’on s’occupe de vous ?<br><strong>Lui</strong> – J’étais allé aux urgences, parce que je ne me sentais pas bien… J’ai attendu cinq heures avant que quelqu’un s’intéresse à moi. Je me demande pourquoi on appelle ça les urgences. Si on m’avait pris tout de suite… C’est sans doute pour ça que j’en suis là d’ailleurs…<br><strong>Elle</strong> – Sans doute.<br><strong>Lui</strong> – J’ai l’impression d’avoir passé toute ma vie à attendre. On dit qu’on passe un tiers de sa vie à dormir, je crois que j’ai passé au moins un tiers de la mienne à attendre. Attendre le bus, attendre ma femme, attendre que ce soit l’heure, attendre que ce soit le moment, attendre qu’on veuille bien me recevoir, attendre chez le médecin, chez le dentiste, chez le coiffeur, attendre les vacances, attendre la retraite…<br><strong>Elle</strong> – Si vous n’aimez pas attendre, ici, ça ne va pas vous aider.<br><strong>Lui</strong> – Parce que vous pensez que ça va durer longtemps ?<br><strong>Elle</strong> – L’éternité.<br><strong>Lui</strong> – L’éternité ? Vous voulez dire… pour toujours ?<br><strong>Elle</strong> – Quand on est mort, c’est pour toujours, non ?<br><strong>Lui</strong> – Alors on va attendre comme ça jusqu’à…<br><strong>Elle</strong> – Je vous conseille surtout d’arrêter d’attendre… et de rayer de votre vocabulaire tous les mots ayant un rapport avec le temps. Comme hier, aujourd’hui, demain… Ou depuis que et jusqu’à quand. Ou pendant combien de temps… Et surtout, surtout, d’oublier le mot urgence.<br><strong>Lui</strong> – Je vois ce que vous voulez dire, mais… il va bien se passer quelque chose un jour ou l’autre, non ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Bon… alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Elle</strong> – Rien. On ne fait rien. Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire ? On est morts !<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Alors il ne va rien se passer, et on ne peut vraiment rien faire ?<br><strong>Elle</strong> – Si. Il y a une seule chose que vous pouvez faire ici.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui ? Quoi donc ?<br><strong>Elle</strong> – Faire le mort.<br><em>Il la regarde perplexe.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon…<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que vous imaginiez ? La vie éternelle ?<br><strong>Lui</strong> – J’espérais au moins échapper à la mort éternelle… Alors c’est ça l’au-delà ? Il n’y a rien après ?<br><strong>Elle</strong> – On ne sait pas. Quand on aura perdu toute notion du temps… Quand on aura tout oublié… jusqu’à ne plus savoir qui on a été, on sera recyclé, peut-être. Notre âme en décomposition deviendra le compost sur lequel d’autres graines un jour repousseront. Mais pour l’instant… Je veux dire pour toujours en ce qui nous concerne… il faut faire le deuil de nous-mêmes.<br><strong>Lui</strong> – D’accord… (<em>Un temps</em>) Donc il y a quand même un petit espoir de s’en sortir ?<br><em>Elle lui lance un regard perplexe.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Pain perdu</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pain-perdu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:34:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Lapin]]></category>
		<category><![CDATA[Oeuf]]></category>
		<category><![CDATA[Pain]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=834</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pain perdu, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont là tous les deux, avec l’air de ne pas savoir quoi faire.</em><br><strong>Elle</strong> – Et si je faisais du pain perdu ?<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… pourquoi pas ? C’est une bonne idée… Mais… on a du pain rassis ?<br><strong>Elle</strong> – Du pain rassis ? Ah non, je ne crois pas…<br><strong>Lui</strong> – Bon…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Tu veux que j’aille en acheter ?<br><strong>Elle</strong> – Du pain rassis ?<br><strong>Lui</strong> – Du pain frais.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois qu’on peut aussi faire du pain perdu avec du pain frais ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai jamais essayé.<br><strong>Lui</strong> – Si c’est bon avec du pain rassis, ça doit être encore meilleur avec du pain frais, non ?<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – En même temps… le pain perdu, c’est plutôt pour ne pas jeter le pain quand il est rassis.<br><strong>Elle</strong> – C’est pour ça que ça s’appelle du pain perdu, j’imagine… Parce que c’est fait avec du pain qui aurait fini à la poubelle autrement.<br><strong>Lui</strong> – Voilà… Pour ne pas gâcher la nourriture, alors qu’il y a plein de gens qui meurent de faim dans le monde.<br><strong>Elle</strong> – Je vois ce que tu veux dire… J’avais perdu de vue la dimension morale du pain perdu.<br><strong>Lui</strong> – En réalité, on en fait juste pour se goinfrer, parce qu’on aime ça, mais le prétexte, c’est de ne pas gaspiller la nourriture. C’est très jésuite, le pain perdu, en fait.<br><strong>Elle</strong> – J’avais juste envie de manger du pain perdu.<br><strong>Lui</strong> – Les cathos ont vraiment un problème avec le pain.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui ?<br><strong>Lui</strong> – Le pain de l’eucharistie, c’est le corps du Christ, non ? Une sorte de pain perdu, quoi…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… On pourrait demander à la voisine.<br><strong>Lui</strong> – Elle est catho, la voisine ?<br><strong>Elle</strong> – Lui demander si elle a du pain rassis !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Ouais…<br><strong>Lui</strong> – Franchement, tu te vois demander à la voisine si elle ne pourrait pas nous donner son pain rassis ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Si on avait des lapins, encore.<br><strong>Elle</strong> – Les lapins mangent du pain perdu ?<br><strong>Lui</strong> – Les lapins mangent du pain rassis !<br><strong>Elle</strong> – Je ne savais pas.<br><strong>Lui</strong> – À la campagne, les gens gardent le pain rassis pour le donner aux lapins. Pour ne rien laisser perdre. Et après on mange le lapin…<br><strong>Elle</strong> – Donc, ils ne font jamais de pain perdu, à la campagne ?<br><strong>Lui</strong> – Ceux qui n’ont pas de lapins, peut-être.<br><strong>Elle</strong> – Moi qui pensais que le pain perdu, c’était un truc de grand-mère.<br><strong>Lui</strong> – Des grands-mères qui n’ont pas de lapin, en tout cas.<br><strong>Elle</strong> – Bon… On oublie le pain perdu, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Aller acheter du pain frais pour en faire du pain perdu… ce serait complètement immoral.<br><strong>Elle</strong> – Oui… comme de donner du pain frais aux lapins.<br><strong>Lui</strong> – Ou de la confiture aux cochons.<br><strong>Elle</strong> – Je vais quand même aller à la boulangerie. J’achèterai deux baguettes.<br><strong>Lui</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Elle</strong> – Comme ça, demain, on aura du pain rassis !<br><strong>Lui</strong> – Eh ben tu vois ? Il y a toujours une solution finalement. Puisque tu vas faire des courses, regarde si on a encore des œufs.<br><strong>Elle</strong> – Des œufs…?<br><strong>Lui</strong> – Pour le pain perdu.<br><strong>Elle</strong> – Des œufs frais, tu veux dire ?<br><em>Il la regarde, un peu inquiet.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>Rideau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/rideau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 09:20:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=814</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rideau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><strong>Un</strong> – Alors ça y est, c’est fini ?<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, on est plus près de la fin que du début.<br><strong>Un</strong> – Bon… Ben il va falloir y aller, alors.<br><strong>Deux</strong> – On dirait, oui…<br><strong>Un</strong> – C’était pas si mal… On peut revenir ?<br><strong>Deux</strong> – Ça…<br><strong>Un</strong> – Et on se souvient vraiment de rien ?<br><strong>Deux</strong> – À quoi ça servirait de revenir…<br><em>Le premier commence à partir et, voyant que l’autre ne suit pas, se retourne.</em><br><strong>Un</strong> – Vous ne venez pas ?<br><strong>Deux</strong> – Je dois tout remettre en place, pour la prochaine représentation…<br><strong>Un</strong> – Ah, d’accord… Vous êtes le…<br><strong>Deux</strong> – Le spectacle continue.<br><strong>Un</strong> – Bon courage…<br><em>Il s’en va. L’autre semble un peu découragé.</em><br><strong>Deux</strong> – Il faut bien quelqu’un pour garder la boutique… Parfois moi aussi, j’aimerais bien passer cette porte, et tout oublier… Et puis revenir un matin et tout recommencer… Comme si c’était la première fois… (<em>Se ravisant</em>) Et si c’était vraiment la dernière ? (<em>À celui qui s’en va</em>) Attendez-moi, je viens avec vous… (<em>Il tente de sortir mais ne trouve pas la porte, et se résigne.</em>) Pour moi ça n’a jamais commencé… Alors ça ne finira jamais… (<em>Se tournant vers les spectateurs</em>) À la prochaine…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Ce n’est pas la fin du monde</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ce-nest-pas-la-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:26:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=811</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas la fin du monde, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle revient.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Deux heures.<br><strong>Lui</strong> – Deux heures…<br><strong>Elle</strong> – À peu près.<br><strong>Lui</strong> – Alors dans deux heures, tout ça aura cessé d’exister.<br><strong>Elle</strong> – Et nous avec.<br><strong>Lui</strong> – Je comprends ce que les dinosaures ont ressenti juste avant leur extinction.<br><strong>Elle</strong> – Mais eux, ils n’étaient pas au courant.<br><strong>Lui</strong> – On dit que les animaux sont les seuls à pouvoir prédire un tremblement de terre quelques heures avant. Va savoir.<br><strong>Elle</strong> – Les dinosaures ont peut-être eu le pressentiment de leur prochaine disparition.<br><strong>Lui</strong> – Tu as peur ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis même pas sûre.<br><strong>Lui</strong> – Après tout, ce n’est que la fin du monde.<br><strong>Elle</strong> – Si j’étais la seule à devoir disparaître, je crois que je serais terrorisée. Mais de savoir que tout va s’arrêter pour tout le monde en même temps. Et que ce monde ne nous survivra pas.<br><strong>Lui</strong> – En somme, ce n’est pas nous qui partons. C’est ce monde qui nous quitte. (<em>Un temps</em>) Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu ne rien savoir.<br><strong>Elle</strong> – Savoir ou ne pas savoir…<br><strong>Lui</strong> – Quoi qu’il en soit, maintenant, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas.<br><strong>Elle</strong> – Deux heures.<br><strong>Lui</strong> – Pour un examen de conscience, c’est un peu court, non ?<br><strong>Elle</strong> – Pour un état des lieux individuel, avant de résilier son bail, pas forcément. Mais pour faire le bilan de l’humanité toute entière…<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu dirais, toi ? Globalement positif ?<br><strong>Elle</strong> – Il ne s’agit pas seulement de mettre le positif en balance avec le négatif. Il faut aussi voir tout ce qu’il y a entre les deux. La matière noire. L’insignifiance. L’absurdité.<br><strong>Lui</strong> – Si on pouvait encore douter de l’absurdité de ce monde, l’insignifiance de sa fin devrait achever de décourager ceux qui croyaient encore en Dieu.<br><strong>Elle</strong> – Ils te parleraient d’apocalypse et de châtiment divin…<br><strong>Lui</strong> – Jusqu’à présent, ma religion, c’était plutôt après moi le déluge. Je ne pensais pas que le déluge pourrait survenir de mon vivant…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Elle</strong> – C’est curieux. Je m’étais souvent posé cette question. Qu’est-ce que je ferais s’il ne me restait qu’un jour à vivre. Ou une heure.<br><strong>Lui</strong> – Et ?<br><strong>Elle</strong> – Je pensais à des trucs idiots comme… Écouter La Callas ou faire l’amour.<br><strong>Lui</strong> – On a encore le temps de faire les deux. À condition de le faire en même temps…<br><strong>Elle</strong> – Mais là c’est différent. Ce n’est pas à ma vie que je dois donner un sens pendant les quelques instants qui me restent. C’est à la vie tout court.<br><strong>Lui</strong> – On pourrait faire un enfant.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait beau comme un défi. Mais ça resterait complètement absurde.<br><strong>Lui</strong> – On pourrait se suicider…<br><strong>Elle</strong> – Pour pouvoir dire quand même : Après nous le déluge ?<br><strong>Lui</strong> – Ce serait un geste de liberté.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait surtout une coquetterie.<br><strong>Lui</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Comment donner encore un sens au passé dans un monde qui n’a plus d’avenir ?<br><strong>Lui</strong> – Avant quand on disait jusqu’à la fin des temps, ça voulait dire toujours. La fin des temps… Je crois que cette fois nous y sommes.<br><strong>Elle</strong> – Et après ?<br><strong>Lui</strong> – Est-ce qu’il peut y avoir un après, après la fin des temps ?<br><strong>Elle</strong> – Des temps nouveaux ?<br><strong>Lui</strong> – Un recommencement ?<br><strong>Elle</strong> – Un recommencement, ça n’aurait aucun sens.<br><strong>Lui</strong> – Alors un commencement.<br><strong>Elle</strong> – Tout est fini.<br><strong>Lui</strong> – Tout commence.<br><strong>Elle</strong> – Et tout ce qui a eu lieu n’a plus lieu d’être.<br><strong>Lui</strong> – Je crois qu’il est temps…<br><em>On entend La Callas. Il se prennent dans les bras l’un l’autre.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trinité</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trinite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Robot]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=809</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trinité, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Trois hommes ou femmes, habillés de façon similaire, à l’exception des inscriptions sur leurs tee-shirts : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils restent un moment immobiles.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous savez quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Il paraît qu’avant d’être des robots, on était des animaux nous aussi.<br><strong>Un</strong> – Des animaux ?<br><strong>Deux</strong> – Ben vous savez… Comme des robots, mais que personne n’a fabriqué.<br><strong>Trois</strong> – Tu veux dire des robots… sauvages ? Comme il y en avait autrefois sur certaines planètes ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai entendu ça dans une émission à la télé.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, remarque, si on y pense… Qui a fabriqué le premier robot ?<br><strong>Trois</strong> – Le premier robot ?<br><strong>Deux</strong> – Celui qui a fabriqué le deuxième.<br><strong>Trois</strong> – Pas un animal, en tout cas. Comment veux-tu qu’un animal fabrique un robot ?<br><strong>Un</strong> – L’émission parlait d’un chaînon manquant entre l’animal et le robot. Une sorte de grand singe, mais plus intelligent.<br><strong>Trois</strong> – Un singe qui fabrique des robots… N’importe quoi !<br><strong>Un</strong> – Oui, tu as raison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis nous, personne ne nous a fabriqués, non ?<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Trois</strong> – C’est nous qui avons créé tout ça !<br><strong>Deux</strong> – Nous on a toujours été là.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Mais bien sûr ! Les animaux aussi, c’est nous qui les avons fabriqués. Comme tout le reste !<br><strong>Trois</strong> – Et puis nous, notre problème, ce n’est pas de savoir d’où on vient. C’est de savoir où on va.<br><strong>Deux</strong> – Et où on va, au fait ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien.<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’on y est déjà arrivé.<br><strong>Deux</strong> – Arrivé où ?<br><strong>Un</strong> – Au bout de l’évolution.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas que ce serait aussi long, la fin du monde… C’est long, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est très très long.<br><strong>Trois</strong> – Beaucoup plus long que le début, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, dans les vieux films à la télé, la fin du monde ça arrive toujours d’un seul coup.<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’en réalité, ça dure une éternité.<br><em>Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Ça vient d’où, ces tee-shirts à la con ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien non plus.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et la fin du monde, c’était prévu pour quelle heure à peu près ?<br><strong>Trois</strong> – Trois heures.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est peut-être plus la peine d’attendre, alors.<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><em>Ils se lèvent.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être devenus des dieux, en fait.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir…<br><em>Ils se retournent pour partir, et on peut lire sur le dos de leurs tee-shirts : Père, Fils, Saint-Esprit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Apesanteur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/apesanteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 15:11:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Astronaute]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=805</guid>

					<description><![CDATA[<p>Apesanteur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.<br></em><strong>Un</strong> – Le jour va bientôt se lever…<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’on se souviendra de nous dans cent ans ?<br><strong>Un</strong> – Sûrement.<br><strong>Deux</strong> – Dans mille ans ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Deux</strong> – On se souviendra de toi.<br><strong>Un</strong> – Ça compte tant que ça à tes yeux ?<br><strong>Deux</strong> (<em>ironique</em>) – Qu’on se souvienne de toi ?<br><strong>Un</strong> – Qu’on ne se souvienne que de moi.<br><strong>Deux</strong> – C’est pour ça qu’on l’a fait, non ?<br><strong>Un</strong> – Pour devenir immortel ?<br><strong>Deux</strong> – Pour être les premiers. Même si au final, on savait qu’il n’y en aurait qu’un.<br><strong>Un</strong> – Je te cède ma place, si tu veux. Je serai le deuxième…<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas faire ça, tu le sais bien.<br><strong>Un</strong> – Qui pourrait nous en empêcher ?<br><strong>Deux</strong> – OK. Mais pourquoi moi ?<br><strong>Un</strong> – On tire à pile ou face !<br><strong>Deux</strong> – L’immortalité, à pile ou face ? Chiche…<br><em>Le premier fait mine de lancer en l’air une pièce qu’ils regardent tous deux ne pas retomber.</em><br><strong>Un</strong> – Avec le peu de gravité qu’il y a ici, elle ne sera pas retombée avant ce soir.<br><strong>Deux</strong> – Tu le savais, non ? Sinon, tu m’aurais proposé qu’on tire ça à la courte paille.<br><strong>Un</strong> – On le savait tous les deux.<br><strong>Deux</strong> – Ça y est, il fait jour. Dans quelques minutes, tu vas être le premier homme à poser le pied sur cette planète.<br><strong>Un</strong> – Ça ressemble à quoi ?<br><strong>Deux</strong> – À rien. Ou au Texas, si tu préfères.<br><strong>Un</strong> – Souhaite moi bonne chance.<br><strong>D</strong>eux – Tu vas en avoir besoin. C’est long, l’immortalité…<br><strong>Un</strong> – Tu crois que les morts célèbres savent qu’ils sont immortels ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Mortel</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mortel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 15:01:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Dinosaure]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=803</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mortel, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.</em><br><strong>Un</strong> – Je crois que cette fois, on est vraiment les derniers…<br><strong>Deux</strong> – Et dire qu’on a régné sur le monde pendant plus de 100 millions d’années.<br><strong>Un</strong> – Tu verras que dans 100 millions d’années, l’espèce qui nous aura succédé en sera encore à se demander ce qui a bien pu causer notre disparition.<br><strong>Deux</strong> – On parlera de raréfaction des spermatozoïdes, de guerre nucléaire…<br><strong>Un</strong> – D’éruption volcanique, de collision avec un astéroïde…<br><strong>Deux</strong> – Comme pour les dinosaures.<br><strong>Un</strong> – Finalement, ils se sont peut-être éteints pour la même raison que nous, les dinosaures.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que 100 millions d’années, c’est long.<br><strong>Un</strong> – Surtout dans les derniers mois.<br><strong>Deux</strong> – Quand une histoire est devenue trop lourde à porter…<br><strong>Un</strong> – Le poids des cartables, c’est comme ça que ça a commencé.<br><strong>Deux</strong> – Même avec les livres électroniques, un million de siècles, ça finit par peser…<br><strong>Un</strong> – On commençait à en avoir plein le dos, c’est sûr.<br><strong>Deux</strong> – Et ras la casquette.<br><strong>Un</strong> – On n’avait plus assez de mémoire pour se souvenir de tout ça.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’il était peut-être temps que ça s’arrête, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Le bug du millionième siècle, c’est ça qui nous a achevés.<br><strong>Deux</strong> – Et puis on avait déjà tout fait. Qu’est-ce qu’on aurait pu faire de plus ?<br><strong>Un</strong> – Sans risquer de se répéter.<br><strong>Deux</strong> – La seule chose qu’on n’avait pas encore faite, c’était de disparaître.<br><strong>Un</strong> – Je me demande qui pourra bien nous remplacer comme espèce dominante. Les cafards ?<br><strong>Deux</strong> – Ça me déprime…<br><strong>Un</strong> – Les poules ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment qu’on peut rebâtir une civilisation à partir d’un cerveau de poulet ?<br><strong>Un</strong> – Ça effacerait la mémoire, et ça remettrait les compteurs à zéro…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – À moins que les dinosaures reviennent et en reprennent pour 100 millions d’années.<br><em>Ils se figent. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Putain… 100 millions d’années… Est-ce qu’on a vraiment besoin d’une raison pour disparaître quand on est là depuis 100 millions d’années ?<br><em>Le deuxième ne répond pas. Il ferme les yeux. Il semble mort. Le premier lui lance un regard indifférent, avant de fixer à nouveau le vide devant lui.</em><br><strong>Un</strong> – Non, je comprends les dinosaures. 100 millions d’années… c’est mortel.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Mémoire cash</title>
		<link>https://sketchotheque.net/memoire-cash/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 14:12:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mémoire cash, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle et Lui, en train de s’embrasser, un long moment. Ils relâchent leur étreinte, et regardent droit devant eux.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça te rappelle quelque chose ?<br><strong>Lui</strong> – Non… Et toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non plus.<br><strong>Lui</strong> – C’est la première fois.<br><strong>Elle</strong> – C’est pas inoubliable.<br><strong>Lui</strong> – La première fois, on ne peut pas comparer. On ne se souvient de rien.<br><strong>Elle</strong> – La première fois, on ne se rappelle pas. On le garde juste en mémoire.<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi, la mémoire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi oublier ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais plus…<br><strong>Lui</strong> – On recommence ?<br><strong>Elle</strong> – OK.<br><em>Ils s’embrassent à nouveau, puis relâchent leur étreinte.</em><br><strong>Lui</strong> – Et là, ça te rappelle quelque chose ?<br><strong>Elle</strong> – J’ai le vague souvenir d’un déjà vu.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi.<br><strong>Elle</strong> – Ça y est, je m’en souviens.<br><strong>Lui</strong> – C’est un début.<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’est la deuxième fois.<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas un début, alors.<br><strong>Lui</strong> – La première fois, on ne sait pas que c’est un début, puisqu’on ne se souvient de rien.<br><strong>Elle</strong> – Ça sert à quoi de se souvenir ?<br><strong>Lui</strong> – Ça fait passer le temps.<br><strong>Elle</strong> – Et à la fin ? Comment on sait que c’est la dernière fois ?<br><strong>Lui</strong> – On ne sait jamais.<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait pouvoir s’en souvenir. Après.<br><strong>Lui</strong> – On ne se souvient que de l’avant-dernière fois.<br><strong>Elle</strong> – C’est la vie.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Entre la deuxième et l’avant-dernière fois.<br><strong>Elle</strong> – La vie, c’est quand on y repense.<br><strong>Lui</strong> – C’est une histoire sans queue ni tête.<br><em>Ils commencent à s’en aller, chacun de son côté.</em><br><strong>Elle</strong> – On se rappelle ?<br><strong>Lui</strong> – Ou on efface la mémoire cache ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Face à face</title>
		<link>https://sketchotheque.net/face-a-face/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 13:35:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=780</guid>

					<description><![CDATA[<p>Face à face, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>L’un et l’autre se regardent à la dérobée.<br></em><strong>Un</strong> – On se connaît…?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – Pardon, j’avais l’impression…<br><strong>Deux</strong> – Non, non, ne vous excusez pas. Moi aussi. Votre tête me dit quelque chose…<br><strong>Un</strong> – Où est-ce qu’on aurait pu se rencontrer…?<br><strong>Deux</strong> – Vous habitez dans le coin ?<br><strong>Un</strong> – Pas très loin. Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Je promenais mon oiseau…<br><strong>Un</strong> – On s’est peut-être croisés ici…<br><strong>Deux</strong> – Ou ailleurs…<br><em>Silence.</em><br><strong>Un</strong> – C’est curieux. J’ai vraiment l’impression qu’on se connaît…<br><strong>Deux</strong> – On voit tellement de gens…<br><strong>Un</strong> – Bon. Il va quand même falloir que j’y aille…<br><strong>Deux</strong> – Content d’avoir fait votre connaissance.<br><strong>Un</strong> – Au plaisir…!<br><em>Le premier s’apprête à s’en aller, mais se ravise.</em><br><strong>Un</strong> – Ah, au fait, moi c’est Pierre… Au cas où on se revoit un de ces jours par ici…<br><strong>Deux</strong> – Pierre ? Tiens, c’est marrant. Moi aussi…<br><strong>Un</strong> – C’est un prénom assez courant…<br><strong>Deux</strong> – Pierre comment ?<br><strong>Un</strong> – Pierre Dumortier.<br><strong>Deux</strong> – C’est pas vrai ? Comme moi !<br><strong>Un</strong> – Alors on est des homonymes, comme qui dirait !<br><strong>Deux</strong> – Mais ça ne nous dit toujours pas où on s’est déjà vu…<br><strong>Un</strong> – Bon, ben alors, euh… Je vais y aller…<br><strong>Deux</strong> – J’y vais aussi.<br><strong>Un</strong> – Vous allez par où ?<br><strong>Deux</strong> – Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Par là.<br><strong>Deux</strong> – Après vous, je vous suis.<br><strong>Un</strong> – Merci.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><strong>Un </strong>– Allez viens, Babac !<br><strong>Deux</strong> – Pas possible ! C’est votre corbeau ?<br><strong>Un</strong> – Oui, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – C’est le mien aussi !<br><strong>Un</strong> – Je savais bien que votre tête me disait quelque chose…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Pause</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pause/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 13:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=778</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pause, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, désœuvré. Un autre arrive et l’interpelle.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Salut.<br><strong>Un</strong> – Je suis l’auteur. Je fais un petit break.<br><strong>Deux</strong> – Un break ? Le spectacle vivant, c’est comme la vie. Il n’y pas de touche pause…<br><strong>Un</strong> – Il n’y a même pas de coupure publicitaire… (<em>Il sort un paquet de cigarettes et le tend à l’autre</em>.) Vous en voulez une ? Pour tuer le temps… Ça nuit gravement, mais ça règle le problème des retraites.<br><strong>Deux</strong> – Merci. Je ne fume pas.<br><strong>Un</strong> – Ah… Excusez-moi. (<em>Il range son paquet de cigarettes</em>.) Vous êtes au chômage…?<br><strong>Deux</strong> – Par intermittence.<br><strong>Un</strong> – Et vous ne vous ennuyez jamais ?<br><strong>Deux</strong> – Vous savez ce qu’on dit…<br><strong>Un</strong> – Le plus dur, dans ce métier, c’est d’attendre.<br><strong>Deux</strong> – Ça sera dans la pièce ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ce qu’on est en train de dire.<br><strong>Un</strong> – Ah, euh… Je ne sais pas encore. Ça dépend.<br><strong>Deux</strong> – De quoi ?<br><strong>Un</strong> – De l’intérêt de notre conversation, j’imagine. Vous avez quelque chose d’intéressant à dire ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vous l’auteur.<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Enfin, c’est vous qui le dites.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Vous écrivez plutôt la nuit ?<br><strong>Un</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air un peu fatigué…<br><strong>Un</strong> – Je me couche tôt, je me lève tard. J’écris surtout en fin de matinée. Des fois, quand je suis inspiré, je m’y remets un peu après la sieste. (<em>Il regarde sa montre.</em>) D’ailleurs, ce n’est pas que je m’ennuie, mais il va falloir que j’y retourne.<br><strong>Deux</strong> – Oui, je crois.<br><strong>Un</strong> – Merci de m’avoir tenu compagnie. Ça m’a fait plaisir de discuter un moment avec vous.<br><em>L’auteur tend la main à l’autre pour la lui serrer. L’autre hésite un instant, et lui serre la main.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez la main froide.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes vraiment auteur ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça pédale un peu dans la semoule, non ?<br><strong>Un</strong> – Vous ne m’aidez pas tellement… Oui, je sais, c’est moi l’auteur. Mais il paraît que quand on a un bon personnage, il suffit de le laisser parler…<br><strong>Deux</strong> – Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage… Et puis le théâtre dans le théâtre… Ça a déjà été beaucoup fait, non ? Quand un auteur se met à parler boutique… C’est qu’il n’a plus rien à dire, non ?<br><strong>Un</strong> – Bon… (<em>En sortant, pour lui-même</em>) Je crois que je ne vais pas la garder, cette scène-là…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Temps pis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/temps-pis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 11:37:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Montre]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=776</guid>

					<description><![CDATA[<p>Temps pis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise, en train de lire. Il approche très hésitant.<br></em><strong>Lui</strong> – Euh… Excusez-moi de vous importuner, mais…<br><strong>Elle</strong> – Oui ?<br>Lui – Je… me demandais si… vous accepteriez de… me donner l’heure, s’il vous plaît.<br><strong>Elle</strong> – Désolée, mais ma montre s’est arrêtée.<br><strong>Lui</strong> – Ah…<br><strong>Elle</strong> – La pile, sans doute.<br><strong>Lui</strong> – C’est ennuyeux…<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Bon, alors je ne vais pas vous déranger plus longtemps.<br><strong>Elle</strong> – Mmm…<br><em>Il s’apprête à s’en aller, mais se ravise.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous pourriez peut-être quand même me dire quelle heure il était quand votre montre s’est arrêtée ?<br><strong>Elle</strong> – Euh, oui, pourquoi pas… <br><strong>Lui</strong> – Ça me donnerait déjà une idée…<br><strong>Elle</strong> – Une idée ?<br><strong>Lui</strong> – Une idée… de l’heure qu’il est maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui…<br><strong>Lui</strong> – Par exemple, je ne sais pas moi… Si votre montre s’est arrêtée à trois heures vingt-huit, je saurais déjà qu’il est plus de trois heures vingt-huit…<br><strong>Elle</strong> (<em>vérifiant</em>) – Ma montre s’est arrêtée à trois heures et demie…<br><strong>Lui</strong> – Merci infiniment, ça me donne déjà une indication… Je sais maintenant avec certitude qu’il est plus de trois heures trente…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Encore une fois, pardon de vous avoir dérangée…<br><strong>Elle</strong> – Pas de quoi.<br><em>Il s’apprête à repartir, mais se ravise à nouveau.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous êtes sûre que votre montre est bien arrêtée, au moins…<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui, quand même…<br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi, mais… Comment pouvez-vous en être absolument certaine ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas, je…<br><strong>Lui</strong> – Parfois, il arrive qu’on ait l’impression que le temps ne passe pas très vite… Ou même pas du tout… Momentanément, en tout cas…<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai, mais…<br><strong>Lui</strong> – Quand on s’ennuie, par exemple…<br><strong>Elle</strong> – Euh, oui…<br><strong>Lui</strong> – On regarde sa montre, on a l’impression qu’elle est arrêtée, alors qu’en fait…<br><strong>Elle</strong> – Mmm…<br><strong>Lui</strong> – Vous… vous êtes beaucoup ennuyée en attendant ?<br><strong>Elle</strong> – En attendant quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas, je… Je ne me permettrais pas de vous demander ce que vous attendez… ou qui.<br><strong>Elle</strong> – Pas spécialement… J’ai mon bouquin…<br><strong>Lui</strong> – Alors je suis désolé pour vous mais dans ce cas, je crains fort que votre montre soit vraiment en panne…<br><strong>Elle</strong> – Oui… Ça fait une bonne demi-heure qu’elle indique trois heures et demie… Je crois qu’il n’y a aucun doute là-dessus…<br><strong>Lui</strong> – Attendez… Une demi-heure, vous dites ?<br><strong>Elle</strong> – À peu près, oui…<br><strong>Lui</strong> – Comment le savez-vous ?<br>Elle – Eh bien… J’ai eu le temps de lire trois chapitres de mon bouquin…<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas, si votre montre s’est arrêtée sur trois heures trente, il y a de cela une demi-heure, ça veut dire qu’il est à peu près quatre heures maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Oui, pas loin, sans doute…<br><strong>Elle</strong> – Et vous savez d’expérience que ça vous prend exactement dix minutes pour lire un chapitre ?<br><strong>Elle</strong> – Pas exactement… Ça dépend de la longueur des chapitres…<br><strong>Lui</strong> – Ah… Et vu l’épaisseur de votre livre, je suppose que ceux-ci doivent être sensiblement plus longs que la moyenne…<br><strong>Elle</strong> – Oui, peut-être…<br><strong>Lui</strong> – Mmm… Donc il pourrait très bien être un peu plus de quatre heures.<br><strong>Elle</strong> – Ah, ça certainement pas !<br><strong>Lui</strong> – Non ? Qu’est ce qui vous permet d’affirmer cela ?<br><strong>Elle</strong> – Eh bien… J’ai rendez-vous avec quelqu’un, en effet…<br><strong>Lui</strong> – Ah…<br><strong>Elle</strong> – À quatre heures précises, justement…<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Mais… votre rendez-vous pourrait être en retard.<br><strong>Elle</strong> – Ah, je ne crois pas, non.<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi cela ?<br><strong>Elle</strong> – C’est un premier rendez-vous… Un homme n’arrive jamais en retard à un premier rendez-vous, n’est-ce pas ? En général…<br><strong>Lui</strong> – En général, une femme n’arrive pas en avance non plus à un rendez-vous. Surtout le premier…<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui ? Et pourquoi cela ?<br><strong>Lui</strong> – Pour ne pas avoir l’air complètement désespérée, j’imagine…<br><strong>Elle</strong> – Oui, bien sûr…<br><strong>Lui</strong> – Or, vous m’avez dit que vous étiez là depuis une bonne demi-heure, n’est-ce pas ?<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Vous voyez bien qu’en l’occurrence, on ne peut pas se fier aux généralités…<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… Et pourquoi est-ce que vous avez tant besoin, vous-même, de savoir l’heure qu’il est ?<br>Lui – J’ai rendez-vous à quatre heures, moi aussi. Et comme je suis quelqu’un de très ponctuel…<br><strong>Elle</strong> – Quand on est très ponctuel, il vaut mieux avoir une montre, non ?<br><strong>Lui</strong> – Ah, mais j’en ai une !<br><strong>Elle</strong> – Et elle est en panne, elle aussi…<br><strong>Lui</strong> – Non ! Enfin je ne crois pas…<br><strong>Elle</strong> – Alors pourquoi me demandiez-vous l’heure ?<br><strong>Lui</strong> – Mais… pour vérifier que ma montre n’était pas arrêtée, justement. Comme la vôtre.<br><strong>Elle</strong> – Alors vous allez pouvoir me dire quelle heure il est.<br><strong>Lui</strong> – Mais parfaitement… Il est exactement quatre heures zéro six… Vous pouvez me faire confiance, c’est une montre suisse…<br><strong>Elle</strong> – Merci…<br><strong>Lui</strong> – Je l’ai depuis des années… C’est mon parrain qui me l’avait offerte pour ma première communion… Il est mort depuis d’un arrêt du cœur, mais la montre elle… Jamais une seule panne depuis que je l’ai !<br><strong>Elle</strong> – Et quand les piles sont à plat ?<br><strong>Lui</strong> – Il n’y a PAS de pile ! Je la remonte tous les soirs à vingt heures précises !<br><strong>Elle</strong> – Bon, eh bien… Merci de m’avoir donné l’heure…<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous partez déjà ?<br><strong>Elle</strong> – Quatre heures zéro six, vous dites. Je ne voudrais pas avoir l’air de l’attendre. Nous avions rendez-vous à quatre heures…<br><strong>Lui</strong> – Je comprends… Alors au revoir… Et… excusez-moi encore de vous avoir dérangée…<br><em>Elle s’en va. Il reste seul.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vais l’attendre encore cinq minutes… Disons… jusqu’à quatre heures onze… Mais moi non plus, je n’aime pas beaucoup les femmes qui sont en retard… Surtout pour un premier rendez-vous…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Une ombre de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/une-ombre-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:26:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=734</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une ombre de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre arrive. Ne remarquant pas le premier, il se croit seul.</em><br><strong>Transparent</strong> – Bonjour, je suis l’homme qu’on ne voit pas.<br><strong>Inaudible</strong> – Mais… qui m’appelle ?<br><strong>Transparent</strong> – Je vous rassure, vous n’entendez pas des voix, comme Jeanne d’Arc. Mais je vous disais justement que… J’espère que vous n’êtes pas sourd, au moins ?<br><strong>Inaudible</strong> – Non, non, je vous entends très bien. Mais où êtes-vous ?<br><strong>Transparent</strong> (<em>au public</em>) – C’est le drame de ma vie, je suis complètement transparent.<br><strong>Inaudible</strong> – Et vous vous m’entendez ?<br><strong>Transparent</strong> (<em>au public</em>) – Je le vois très bien bouger les lèvres, mais je n’entends pas du tout ce qu’il me dit…<br><strong>Inaudible</strong> – C’est l’histoire de ma vie, je ne suis pas muet, mais personne ne m’entend. Même pas les sourds.<br><strong>Transparent</strong> – Comment savoir s’il a bien compris ma question, je n’entends pas sa réponse.<br><strong>Inaudible</strong> – Je ne peux pas le voir, et je n’arrive pas à me faire entendre. Ça ne va pas être évident d’avoir une conversation suivie…<br><em>Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Inodore</strong> (<em>s’adressant à celui qu’il voit</em>) – Vous parlez tout seul ?<br><strong>Inaudible</strong> – Ce n’est même pas la peine que je lui réponde…<br><strong>Transparent</strong> – Non, pas du tout, je parlais à ce monsieur que vous voyez là.<br><strong>Inodore</strong> – C’est curieux, je vous vois ici, et c’est par là que je vous entends !<br><strong>Transparent</strong> – Ah non, mais lui, vous ne risquez pas de l’entendre. C’est l’homme inaudible.<br><strong>Inodore</strong> (<em>un peu perdu</em>) – Ah oui… Et vous ?<br><strong>Transparent</strong> – Je suis l’homme invisible.<br><strong>Inodore</strong> – Je vois… Comme au cinéma, vous voulez dire ?<br><strong>Transparent</strong> – Oui… Sauf que moi, je suis vraiment transparent. Et pour un comédien, croyez-moi, ce n’est pas forcément un avantage.<br><strong>Inodore</strong> – Ça alors… Lui, je le distingue parfaitement, mais je n’entends pas ce qu’il me dit, alors que vous…<br><strong>Transparent</strong> – Moi, au moins… même invisible, je reste parfaitement compréhensible.<br><strong>Inodore</strong> – Grâce à Dieu moi aussi.<br><strong>Transparent</strong> – Alors je crois qu’on va bien s’entendre.<br><strong>Inodore</strong> – Pourtant en général, les gens disent qu’ils ne peuvent pas me sentir.<br><em>Transparent hume un peu l’air dans sa direction.</em><br><strong>Inaudible</strong> – C’est pourtant vrai. C’est quand les gens ne sentent absolument rien qu’on le remarque.<br><strong>Inodore</strong> – Vous disiez ?<br><strong>Transparent</strong> – Rien. Mais je pensais qu’être inodore, c’est quand même moins gênant que d’être invisible, comme moi, ou inaudible, comme ce pauvre homme.<br><em>Inodore renifle dans sa direction, visiblement incommodé.</em><br><strong>Inodore</strong> – Pas d’odeur… Dans certains cas, ça peut même être un avantage pour les autres, croyez-moi.<br><strong>Inaudible</strong> (<em>incommodé aussi</em>) – Ah oui, lui on ne le voit pas, mais on sent bien sa présence, c’est sûr….<br><strong>Transparent</strong> – C’est étrange…<br><strong>Inodore</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Transparent</strong> – Nous ne sommes que trois, n’est-ce pas ?<br><strong>Inaudible</strong> – Il me semble, non ?<br><strong>Transparent</strong> – Et pourtant… je sens comme une présence, pas vous ?<br><strong>Inodore</strong> – À part vous, je ne sens rien…<br><strong>Inaudible</strong> – Une présence spirituelle, vous voulez dire ?<br><em>Silence.</em><br><strong>Transparent</strong> – À moins que ce soit lui…<br><strong>Inaudible</strong> – Lui ?<br><strong>Inodore</strong> – Celui qui, en plus d’être invisible, inaudible et inodore…<br><strong>Inaudible</strong> – …est aussi intouchable et complètement insipide.<br><strong>Inodore</strong> – Dieu ? Enfin, ça n’a pas de sens…<br><strong>Inaudible</strong> – En tout cas, ça n’a de sens pour aucun des cinq que nous connaissons.<br><strong>Transparent</strong> – À moins qu’il n’émette sur une autre fréquence…<br><strong>Inodore</strong> – Ah oui… Si Dieu existe, on peut dire que c’est quelqu’un d’excessivement discret…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Transparent</strong> – Je me demande même si à un tel niveau de discrétion, on peut encore parler d’exister.<br><strong>Inaudible</strong> – Mouais…<br><em>Les deux autres tournent le regard vers lui. Il a l’air étonné.</em><br><strong>Inaudible</strong> – Quoi, qu’est-ce que j’ai ?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Une ombre de la rue » joue avec une simplicité sur l&rsquo;idée de la perception : ce qu’on voit, entend, sent — et ce qu’on ne perçoit plus. Chaque personnage incarne une absence de sens, et par là même une figure métaphorique de la marginalité.<br>Transparent : comme ceux que la société ignore volontairement, « invisibles » à nos yeux.<br>Inaudible : ceux qu’on n’écoute jamais, dont la parole n’est pas prise en compte.<br>Inodore : ceux qui ne marquent rien, qui ne laissent pas de trace, pas même une odeur.</p>



<p>Le sketch glisse alors vers une méditation sur l’existence elle-même, et celle, possible, d’un quatrième personnage – Dieu – qui serait la somme de toutes les absences. L’humour naît de cette absurdité tranquille, dans des dialogues rythmés, où la philosophie affleure derrière la loufoquerie.</p>



<p>La mise en scène minimale appelle un jeu très sobre, presque chorégraphique, où chaque absence devient un acte : le silence de l’inaudible, les regards dans le vide vers le transparent, les respirations face à l’inodore. Le public, lui, perçoit tout — mais dans un miroir déformant du monde réel.<br>Un sketch à la frontière de Beckett et des Inconnus.</p>
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		<title>Le pari de Pascal</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le pari de Pascal, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, désorienté. Il jette un regard au plan qu’il tient à la main. Il aperçoit alors quelque chose par terre et, intrigué, le ramasse. C’est un billet de banque, qu’il examine avec curiosité. Un autre personnage arrive. Le premier interpelle le second.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous n’auriez pas…?<br><strong>Deux</strong> (<em>l’interrompant</em>) – Désolé, mais je n’ai pas de monnaie.<br><strong>Un</strong> – Ah non, mais je ne fais pas la manche… Au contraire… Je voulais vous demander si vous n’aviez pas perdu un billet, par hasard ?<br><em>L’autre, surpris, s’arrête et se radoucit quelque peu.</em><br><strong>Deux</strong> – Un billet ? Ça dépend… C’est un billet de combien ?<br><em>Le premier jette un regard au billet.</em><br><strong>Un</strong> – Cinq cents.<br>Deux – Ah oui, quand même… Attendez, je regarde… (<em>Il fait mine de fouiller ses poches.</em>) Je… Oui, peut-être… Un billet de cinq cents euros, vous disiez ?<br><em>L’autre examine le billet.</em><br><strong>Un</strong> – Oui, cinq cents… Ah non, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas un billet de cinq cents ?<br><strong>Un</strong> – Si, mais c’est un billet de cinq cents francs !<br><strong>Deux</strong> – Des francs ? Vous voulez dire… des anciens francs ?<br><strong>Un</strong> – Ah non, des nouveaux… Enfin… Les francs d’avant, quoi… Les anciens francs, ça n’existe plus, non ?<br><strong>Deux</strong> – Les nouveaux francs non plus, ça n’existe plus… Faites voir…<br><em>L’autre lui tend le billet.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, cinq cents francs. Un Pascal, comme on disait à l’époque…Ça faisait un moment que je n’en avais pas vu…Quand ils étaient en circulation, je n’en voyais déjà pas souvent…<br><strong>Un</strong> – Pascal… C’était un philosophe, non ?<br><strong>Deux</strong> – Un mathématicien, je crois…<br><strong>Un</strong> – Ah oui ! Le pari de Pascal !<br><strong>Deux</strong> – Cinq cents francs…<br><strong>Un</strong> – Ça fait combien en euros ?<br><strong>Deux</strong> – À peu près cent euros, non ? Quelque chose comme ça…<br><strong>Un</strong> – Donc, ce n’est pas à vous… Vous croyez qu’on peut encore les échanger ?<br><strong>Deux</strong> – À la Banque de France, vous voulez dire ? Ah, je ne crois pas, non… (<em>Il lui rend le billet.</em>) Je ne suis même pas sûr que ça existe encore, la Banque de France.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, avec l’Europe…<br><strong>Un</strong> – Quand même, la Banque de France…<br><em>Un troisième personnage arrive, semblant chercher quelque chose. Les deux autres le regardent, intrigués.</em><br><strong>Un</strong> – Vous cherchez quelque chose ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, j’ai… Je crois que j’ai perdu cent euros, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Et vous n’en êtes pas sûr ? Il me semble que moi, si je perdais cent euros…<br><strong>Trois</strong> – C’est-à-dire que… Je suis allé au distributeur, ça je le sais… J’ai retiré cent euros, comme d’hab… Mais je ne les retrouve pas… Ils sont peut-être tombés de ma poche… Vous ne les auriez pas trouvés, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Cent euros ? Non…<br><strong>Trois</strong> – Ou alors, j’ai oublié de les prendre…<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, oublié ?<br><strong>Trois</strong> – Avant, c’était ma carte bancaire que j’oubliais dans le distributeur. Je prenais l’argent, et j’oubliais la carte… Maintenant, je fais bien attention à reprendre ma carte… Mais parfois, j’oublie de prendre les billets…<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, la machine les ravale, non ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… À moins que quelqu’un ne les ait pris avant…<br><strong>Deux</strong> – Ou que le vent les ait emportés.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’il y a du vent, aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…<br><em>Le premier montre le billet qu’il a trouvé.</em><br><strong>Un</strong> – Les billets de banque aussi…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez trouvé mes cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ce que je viens de ramasser par terre.<br><em>Il lui tend le billet de cinq cents francs.</em><br><strong>Trois</strong> – Un billet de cinq cents francs…<br><strong>Deux</strong> – Ça ne peut pas être le vôtre.<br><strong>Trois</strong> – C’est quand même curieux, remarquez…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Cinq cents francs… ça fait à peu près cent euros, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais enfin… comment votre billet de cent euros aurait-il pu se transformer en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Trois</strong> – Ouais… Surtout que moi, c’étaient deux billets de cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Comment vous le savez ? Vous n’êtes même pas sûr de ne pas les avoir oubliés dans le distributeur.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison… Mais les billets de cent euros, c’est plutôt rare, non ?<br><strong>Deux</strong> – De nos jours, moins que les billets de cinq cents francs.<br><strong>Un</strong> – Par quel miracle deux billets de cinquante euros pourraient se convertir en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Deux</strong> – Personnellement, je ne crois pas aux miracles… Et puis transformer deux billets de cinquante euros en un billet de cinq cents francs même plus échangeable, tu parles d’un miracle…<br><strong>Trois</strong> – Surtout qu’en réalité, cent euros, ça fait 655 francs et 96 centimes… En arrondissant un peu… Du coup je perds plus de 155 francs dans l’opération…<br><strong>Un</strong> – Ah oui, on est loin de la multiplication des pains, c’est clair…<br><em>Ils restent un instant perplexes.</em><br><strong>Deux</strong> – Ou alors, ça vient du DAB…<br><strong>Trois</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous dites que vous n’avez pas regardé les billets. Vous n’êtes même pas sûr de les avoir pris.<br><strong>Trois</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être le distributeur qui vous a refourgué un billet de cinq cents francs au lieu de deux de cinquante euros.<br><strong>Trois</strong> – Vous croyez ? Mais c’est du vol !<br><strong>Deux</strong> – Il est peut-être détraqué.<br><strong>Un</strong> – Mais enfin s’il n’a pas pris les billets, le DAB les a avalés.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir… Il y a peut-être des DAB qui n’avalent pas…<br><strong>Deux</strong> – Surtout quand on essaie de leur faire avaler des billets qui n’ont même plus cours.<br><strong>Trois</strong> – Mais vous dites que c’est le distributeur qui me l’a refilé, ce billet de cinq cents balles ! Alors la banque me refile un billet périmé, et après, le DAB ne veut pas le ravaler ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’est un peu dur à avaler…<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’il l’a avalé, et qu’il l’a recraché.<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, j’ai l’impression désagréable que dans cette histoire, c’est moi qui me suis fait baiser.<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu l’impression qu’on a tous en sortant de sa banque, non ?<br><strong>Trois</strong> – Un DAB qui se met à redistribuer des francs… Ça n’a pas de sens, non ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Vous voyez une autre explication, vous ?<br><em>Nouveau silence perplexe.</em><br><strong>Un</strong> – Ils ne seraient pas repassés au franc sans nous le dire, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ça fait un moment que je n’ai pas écouté les informations…<br><strong>Trois</strong> – Tout de même… Revenir au franc… On a beau être un peu distrait… On ne parle pas d’avoir raté le passage à l’heure d’été, là…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien une autre hypothèse, mais ça fout un peu les jetons…<br><strong>Un</strong> – Dites toujours…<br><strong>Deux</strong> – Et si on avait fait un bond dans le passé…<br><strong>Trois</strong> – Un bond ?<br><strong>Un</strong> – Vous voulez dire… comme dans un film de science- fiction ? On aurait été projetés en arrière dans le temps… avant le passage à l’euro.<br><strong>Trois</strong> – Vous plaisantez ? Et puis franchement, un voyage dans le temps… Si c’est juste pour revenir à l’époque du franc… Tu parles d’un film…<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas dit que c’était un bon film… C’est peut-être juste un mauvais cauchemar…<br><strong>Un</strong> – C’est simple, on n’a qu’à regarder l’argent qu’on a dans nos poches…<br><strong>Trois</strong> – Moi, je n’ai rien… J’allais au distributeur, justement…<br><strong>Deux</strong> – Je suis parti sans mon portefeuille… Je viens de descendre la poubelle…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu de monnaie dans ma poche…<br><em>Il fouille sa poche et en sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Ah voilà… Une pièce de un euro…<br><strong>Trois</strong> – Ouf…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir ? (<em>Il l’examine</em>.) C’est une pièce de dix francs…<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><em>Le troisième examine la pièce à son tour.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui, dites donc… C’est vrai que ça ressemble beaucoup à une pièce d’un euro… mais c’est bien une pièce de dix francs.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que là, il se passe vraiment quelque chose de pas ordinaire…<br><strong>Un</strong> – Ne nous affolons pas… On me l’a peut-être refourguée à la boulangerie par erreur, cette pièce de dix francs… Ça arrive…<br><strong>Deux</strong> – Tout de même… Ça commence à ressembler à un faisceau de présomptions, comme on dit dans les séries policières…<br><em>Arrive un quatrième personnage.</em><br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi de vous déranger, je sais que ça va vous paraître curieux comme question, mais vous n’auriez pas trouvé un billet de cinq cents francs, par hasard ?<br><em>Les trois autres le regardent avec suspicion.</em><br><strong>Un</strong> – À moi de vous poser une question… En quelle année sommes-nous ?<br><strong>Quatre</strong> – Mais… on est toujours en 2015, il me semble… Jusqu’au 31 décembre en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Alors comme ça, en 2015, vous vous baladez dans la rue avec un billet de cinq cents francs ? Non mais vous vous rendez compte ?<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, on était morts d’inquiétude, nous !<br><strong>Trois</strong> – On a cru un instant qu’on avait fait un grand bond en arrière. Comme dans ce film, là… Retour vers le passé…<br><strong>Quatre</strong> – Ce n’est pas Retour vers le futur, le film ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, bon, ce n’est pas le problème.<br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi, je… je ne pensais pas vous…<br><strong>Deux</strong> – Non mais c’est un monde, tout de même…<br><strong>Un</strong> – Tenez, le voilà votre billet de cinq cents balles !<br><strong>Trois</strong> – Mais qu’est-ce que vous allez foutre avec ça ?<br><strong>Quatre</strong> – Eh bien… Je me rendais présentement chez un numismate…<br><strong>Trois</strong> – Un numismate ?<br><strong>Quatre</strong> – Les… Les pièces et les billets de collection, vous voyez…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Quatre</strong> – J’ai retrouvé ce billet chez moi, dans un bouquin qui appartenait à mon grand-père.<br><strong>Deux</strong> – Le genre de grand-père à se servir de billets de banque comme marque-pages…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est vrai que c’est moins salissant que les sardines à l’huile.<br><strong>Quatre</strong> – Donc j’ai regardé sur Internet ce que ça pouvait valoir aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Quatre</strong> – Cent euros ! Vous vous rendez compte ? À l’époque où c’était encore échangeable, ça n’en valait que soixante-seize…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, c’est… C’était un petit malin, votre pépé, finalement.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est ce qui s’appelle un pari sur l’avenir… Avec ce Pascal, votre grand-père vous aura fait gagner dans les vingt-quatre euros.<br><strong>Quatre</strong> – Ça fait combien, vingt-quatre euros, en francs ?<br><strong>Trois</strong> – Environ 157 francs et 43 centimes…<br><strong>Quatre</strong> – Ouah… Bon ben… Merci, en tout cas… Heureusement qu’il y a encore des gens honnêtes comme vous…<br><em>Les trois qui restent regardent le quatrième partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça ne me dit pas où sont passés mes cent euros, tout ça…<br><em>Les deux autres le regardent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le pari de Pascal » est une parabole ironique sur la valeur que nous accordons aux choses — monnaie, temps, mémoire, honnêteté, confiance. Tout part d’un objet anodin, un billet obsolète, qui devient le catalyseur de toute une série de délires économiques et existentiels. Le sketch joue avec les différences générationnelles et monétaires (francs, euros, anciens francs), et utilise la confusion temporelle comme ressort comique : et si on avait fait un bond dans le passé ? Et si le DAB s’était détraqué ? Le comique repose à la fois sur des dialogues vifs et sur des raisonnements absurdes mais plausibles.<br>La référence au « pari de Pascal » (mieux vaut croire en Dieu au cas où…) est ici transposée à la foi dans le système monétaire et dans les reliques qu’il laisse derrière lui : une manière malicieuse de montrer que la croyance dans la valeur d’un billet est elle-même un acte de foi. Le sketch joue ainsi avec l’économie, la métaphysique… et les absurdités du quotidien.<br>Le personnage du collectionneur vient conclure le sketch avec une forme de morale ironique : c’est celui qui n’a rien demandé, mais qui savait ce qu’il cherchait, qui gagne. Comme quoi, parfois, l’héritage d’un grand-père vaut plus qu’un retrait de DAB.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Manif pour personne</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-manif-pour-personne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:43:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Manif pour personne, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont là avec des pancartes sur lesquelles rien n’est encore écrit. Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi, le départ de la manif, c’est bien ici ?<br><strong>Un</strong> – Oui, oui, c’est là.<br><strong>Trois</strong> – Bon…<br><strong>Deux</strong> – On part d’ici, et on va jusqu’à… Jusqu’où on va au juste ?<br><strong>Un</strong> – Alors je crois que cette fois, c’est… Écoute, je ne sais pas exactement, en fait. Mais on verra bien, non ?<br><strong>Deux</strong> – Après tout, il suffit de suivre les autres.<br><strong>Trois</strong> – Ah, très bien…<br><strong>Un</strong> – Vous venez manifester avec nous ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, c’est-à-dire que… J’espère que je ne me suis pas trompé de manif.<br><strong>Deux</strong> – Il y a une autre manif aujourd’hui ?<br><strong>Trois</strong> – Ah, je pensais que vous le saviez. Il y a une contre-manif.<br><strong>Un</strong> – Une contre-manif ? Tu savais qu’il y avait une contre-manif, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Non… Ouh là… Ça risque d’être chaud, alors… Si le parcours de la contre-manif croise celui de la manif.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on pourrait se croiser ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Ils passent par où ?<br><strong>Trois</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – Comme nous, on ne sait pas par où on va passer, de toute façon…<br><strong>Deux</strong> – Oui, remarque, ce n’est pas faux.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu as marqué sur ta pancarte, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai encore rien marqué. Je suis à court d’idées…<br><em>Ils réfléchissent.</em><br><strong>Trois</strong> – Je pourrais peut-être vous aider ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><em>Ils réfléchissent tous les trois.</em><br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi de vous demander ça, mais je voudrais être sûr de ne pas me tromper… Vous manifestez pour quoi, vous, exactement ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi ? Vous voulez dire contre quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Ah, je ne sais pas, je… Je pensais que c’étaient les autres qui manifestaient contre…<br><strong>Un</strong> – Les autres ?<br><strong>Trois</strong> – La contre-manif…<br><strong>Deux</strong> – Ah non, la contre-manif, eux, ils sont pour.<br><strong>Trois</strong> – Pour ?<br><strong>Un</strong> – Vous n’avez pas l’air d’avoir beaucoup l’habitude des manifs, vous, hein ?<br><strong>Trois</strong> – Euh… Non, je dois avouer que c’est ma première manif.<br><strong>Un</strong> – Bon alors on vous explique. Nous, c’est la manif, on est contre.<br><strong>Trois</strong> – Contre ? Contre quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend des fois, évidemment. Mais on est contre en général.<br><strong>Trois</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Les autres, eux, la contre-manif, ils sont contre le fait qu’on soit contre.<br><strong>Trois</strong> – Je crois que cette fois j’ai compris… Je veux dire, en général… Mais cette fois, vous manifestez contre quoi, en particulier ?<br><strong>Un</strong> – Contre quoi ? Contre quoi on manifeste aujourd’hui, ça ne me revient pas là tout de suite…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai encore rien écrit sur ma pancarte… J’attendais de savoir quel était le mot d’ordre.<br><strong>Trois</strong> – Le mot d’ordre ? Je pensais que vous étiez contre l’ordre, justement. Je veux dire contre l’ordre établi.<br><em>Les deux autres échangent un regard.</em><br><strong>Un</strong> – Vous êtes un malin, vous… Vous essayez de nous embrouiller, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous ne seriez pas un flic en civil, par hasard ?<br><strong>Trois</strong> – Un flic ?<br><strong>Un</strong> – Un flic infiltré, quoi !<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes ici pour nous démoraliser, c’est ça ?<br><strong>Trois</strong> – Ah non, mais pas du tout. Je ne suis pas de la police. Enfin, je n’ai rien contre la police. Mais je n’ai rien pour non plus.<br><strong>Deux</strong> – OK, ça va. Mais qu’est-ce que vous faites là, alors ?<br>Trois – Ben je vous dis… J’ai envie de m’impliquer davantage…<br><strong>Un</strong> – Bon. Dans ce cas, vous êtes le bienvenu.<br><strong>Trois</strong> – Merci… Mais j’aimerais quand même savoir pour quoi je vais manifester.<br><strong>Deux</strong> – Mais puisqu’on vous dit qu’on n’a pas encore des idées ! Je veux dire décidé…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, mais c’est embêtant, ça.<br><strong>Un</strong> – On décide toujours au dernier moment, pour ne pas risquer d’être récupérés.<br><strong>Trois</strong> – Et la contre-manif ?<br><strong>Un</strong> – Visiblement, aujourd’hui, ils ont un peu d’avance sur nous…<br><strong>Deux</strong> – Bon alors ? Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ?<br><strong>Trois</strong> – Je crois qu’il va falloir que je réfléchisse encore un peu… Je me suis peut-être emballé trop vite… Finalement, je me demande si je suis vraiment prêt à m’engager… Vous m’excusez ?<br><em>Il part.</em><br><strong>Un</strong> – Il y en a, je te jure…<br><strong>Deux</strong> – Quand on n’a pas la maturité politique…<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que ce n’était pas un flic ?<br><strong>Deux</strong> – Va savoir…<br><strong>Un</strong> – Quand même, c’est bizarre.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – On n’est que deux.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, tu as raison.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que c’est aujourd’hui, la manif ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais plus, maintenant. Ce type m’a complètement embrouillé.<br><strong>Un</strong> – Comme on n’a pas de mot d’ordre.<br><strong>Deux</strong> – Il y a peut-être eu un contre-ordre.<br><strong>Un</strong> – Je propose qu’on revienne demain, non ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. De toute façon, apparemment, la base n’était pas prête pour une manif de cette ampleur.<br><strong>Un</strong> – Tu sais ce qu’on dit : il ne faut pas avoir raison trop tôt.<br><strong>Deux</strong> – J’espère qu’on ne va pas croiser la contre-manif, quand même, on aurait l’air de quoi…<br><strong>Un</strong> – On aurait l’air de deux cons, oui.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« La Manif pour personne » utilise l’absurde et le comique de situation pour critiquer l’incertitude et l’indécision qui caractérisent certains mouvements sociaux. Le sketch parodie un certain activisme, en montrant des individus qui manifestent sans but clair ni engagement véritable. L’absence de mot d’ordre et de direction est ce qui rend l’ensemble comique, mais aussi un peu tragique : ces manifestants sont en quête d’un sens, d’un objectif, sans jamais savoir vraiment pourquoi ils sont là.<br>Le troisième personnage incarne une forme de manipulation subtile, avec ses questions floues et son retrait final, comme s’il était là pour tester la volonté de ces manifestants sans but. L&rsquo;ironie réside dans le fait que ces personnes, qui devraient être des modèles d’engagement, ne savent même pas pourquoi elles sont dans la rue.<br>Le jeu sur l’ambiguïté des rôles (manifestant, infiltré, policier, activiste, etc.) est aussi un moyen de souligner la confusion et l’impuissance collective face à un monde où les causes se mélangent, se confondent, sans jamais prendre forme. <br>L’absence de conclusion et le retour à l’inactivité à la fin du sketch symbolisent la vacuité de certaines démarches collectives. Les personnages eux-mêmes, bien qu&rsquo;ayant l&rsquo;air de s&rsquo;engager, restent désorientés et inefficaces, représentant peut-être une désillusion collective plus grande que le simple fait de ne pas savoir où aller.</p>
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		<title>À la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:32:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est là, habillé comme un enfant. Une femme arrive, également habillée comme une enfant.</em><br><strong>Deux</strong> – Eh ben alors, qu’est-ce qui t’arrive ? Ça n’a pas l’air d’aller ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Où est-ce qu’ils sont tes enfants ?<br><strong>Un</strong> – Mes enfants viennent de m’abandonner.<br><strong>Deux</strong> – En pleine rue, comme ça ? Mais c’est monstrueux ! Comment peut-on faire ça à un adulte ? C’étaient tes enfants naturels ?<br><strong>Un</strong> – Non, j’ai été adopté. Ils m’avaient recueilli à la SPA il y a à peine un an…<br><strong>Deux</strong> – La SPA ?<br><strong>Un</strong> – La Société protectrice des adultes.<br><strong>Deux</strong> – Et voilà ! Les enfants ont perdu tout sens des responsabilités, de nos jours. Ils prennent un parent de compagnie sur un coup de tête, sans réfléchir à toutes les contraintes que ça représente, le nourrir, l’habiller, le promener… Et quand ils en ont assez, ils l’abandonnent sur le trottoir. Un adulte, ce n’est pas un objet, quand même ! Ce n’est pas un jouet !<br><strong>Un</strong> – Tu ne veux pas m’adopter, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Mon pauvre. Ce serait de bon cœur, mais je suis déjà moi-même l’adulte domestique d’une famille de cinq frères et sœurs. Alors si je revenais avec un compagnon à la maison, je ne suis pas sûre qu’ils seraient d’accord…<br><strong>Un</strong> – Dommage. Tu avais l’air gentille. Et tes enfants, ils te traitent bien au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Une fois, ils m’ont oubliée dans une station-service en partant en vacances, mais ils ne l’avaient pas fait exprès. Qu’est-ce que j’ai eu peur… J’ai cru moi aussi qu’ils m’avaient abandonnée ! Mais non, ils sont revenus me chercher une heure après…<br><strong>Un</strong> – Une heure ?<br><strong>Deux</strong> – La sortie suivante était à plus de cinquante kilomètres… Alors qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Tu es tatoué au moins ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Ils m’ont tatoué leur numéro de portable sur l’épaule gauche…<br><strong>Deux</strong> – C’est quand même une marque de confiance.<br><strong>Un</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Deux</strong> – Ça veut dire qu’au début au moins, ils n’avaient pas l’intention de t’abandonner… Encore que, sur l’épaule gauche, ça ne doit pas être facile à lire pour toi, ce numéro.<br><strong>Un</strong> – Heureusement, je connais le numéro par cœur…<br><strong>Deux</strong> – Et tu as essayé de les appeler ?<br><strong>Un</strong> – Je tombe sur une boîte vocale. Ils ont peut-être changé de numéro.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr qu’ils l’ont fait exprès?<br><strong>Un</strong> – On était dans la rue. Je marchais devant. À un moment donné, je me suis retourné et ils n’étaient plus là.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, les enfants font souvent ça quand ils veulent se débarrasser de leurs adultes… Bon, malheureusement, je vais devoir t’abandonner moi aussi.<br><strong>Un</strong> – M’abandonner ?<br><strong>Deux</strong> – Enfin, je veux dire… Mes enfants sont dans ce magasin de jouets, là. C’est interdit aux adultes. Mais ils ne vont pas tarder à ressortir…<br><em>Le portable de l’autre sonne.</em><br><strong>Un</strong> – Allô ? Ah c’est vous ! Non, non, j’ai cru que… Enfin je croyais vous avoir perdus… Ah vous êtes dans ce magasin aussi ? Oui, oui, je suis juste devant avec un autre adulte. Non, non, je vous attends. Prenez votre temps… (Il range son portable.) C’était eux…<br><strong>Deux</strong> – Eh ben tu vois, il ne fallait pas avoir peur… Les enfants, quand même, ils ne nous abandonnent pas comme ça.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Je me suis emballé un peu vite… Je suis un peu émotif. Tu habites dans le quartier ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, oui… Juste au bout de la rue…<br><strong>Un</strong> – On pourra se voir de temps en temps alors…<br><em>Il semble apercevoir quelque chose.</em><br><strong>Un</strong> – Cette fois, il faut absolument que je te laisse. Je les vois qui sortent du magasin, et ils ont horreur d’attendre… (<em>En direction des coulisses</em>) Oui, oui, j’arrive ! Alors vous avez trouvé quelque chose qui vous plaît ?<br><em>Il sort. L’autre reste là, pensive.</em><br><strong>Deux</strong> – Quelle vie de chien…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« À la rue » est une fantaisie poétique et sociale pleine de tendresse et d’ironie. En inversant les rôles — les adultes deviennent les animaux de compagnie des enfants — le sketch renverse notre imaginaire quotidien avec une cohérence troublante. L’absurde y est traité avec une grande douceur, presque mélancolique.<br>On y retrouve les codes de la comédie animalière et du fait divers (abandon, tatouage, adoption, culpabilité…) transposés à l’humain dans un monde fictionnel inversé mais pourtant très cohérent. C’est drôle, inattendu, mais aussi profondément critique à l’égard d’une société de consommation qui traite les relations humaines comme des contrats temporaires, où tout peut être rendu ou remplacé.<br>Le style enfantin des répliques, le décor (devant un magasin de jouets), et le retournement final renforcent un sentiment d’inconfort joyeux. On en rit… mais on y repense après. Le sketch s’achève d’ailleurs sur un soupir existentiel “Quelle vie de chien…”.</p>
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		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
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		<item>
		<title>L’homme de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lhomme-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:45:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Sondage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’homme de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Il attend. Un autre arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, vous êtes bien l’homme de la rue ?<br><em>L’autre le regarde, évidemment surpris.</em><br><strong>Un</strong> – En tout cas, je ne suis pas l’homme de la plaine…<br><strong>Deux</strong> – Je suis stagiaire chez Ipsos, et on m’a demandé d’interviewer l’homme de la rue. Vous auriez quelques minutes à m’accorder ?<br><strong>Un</strong> – J’attends le bus…<br><strong>Deux</strong> – Ça tombe bien, c’est une enquête omnibus.<br><strong>Un</strong> – Omnibus ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Ça veut dire que c’est une enquête qui regroupe des questions n’ayant rien à voir entre elles. Pour les commanditaires, c’est moins cher, vous comprenez ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Chacun achète un ticket, si vous préférez, et il a le droit de poser une question dans cet omnibus. C’est moins cher que d’affréter un bus pour lui tout seul…<br><strong>Un</strong> – Je ne comprends rien à ce que vous me racontez… C’est une enquête pour la RATP ?<br><strong>Deux</strong> – Bon, alors voici la première question… C’est un fait historiquement avéré que Jésus-Christ n’allait jamais à la messe. D’accord, plutôt d’accord…?<br><strong>Un</strong> – Vous êtes sûr qu’ils ne sont pas en train de vous bizuter, à la SOFRES ?<br><strong>Deux</strong> – Plutôt pas d’accord, pas du tout d’accord…?<br><strong>Un</strong> – C’est pour la caméra cachée, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre plutôt pas d’accord…<br><strong>Un</strong> – Mais c’est complètement débile, comme question.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant, celui qui nous l’a commandée est très haut placé, croyez-moi.<br><strong>Un</strong> – C’est qui ?<br><strong>Deux</strong> – Désolé, je suis lié par le secret professionnel… Alors, voici la deuxième question: Êtes-vous d’accord avec le programme du Front national, si l’on exclut de ce programme la préférence nationale et la sortie de l’euro ?<br><strong>Un</strong> – Vous vous foutez de moi ?<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout !<br><strong>Un</strong> – Comment voulez-vous que je réponde à des questions pareilles ?<br><strong>Deux</strong> – Celle-ci, c’est par oui ou par non…<br><em>L’autre lui lance un regard exaspéré.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre ne sait pas…<br><strong>Un</strong> – J’imagine qu’il y a une troisième et dernière question…<br><strong>Deux</strong> – En fait, il y en a un peu plus que ça, mais…<br><strong>Un</strong> – Vous n’aurez qu’à dire que l’omnibus est tombé en panne…<br><strong>Deux</strong> – Alors… Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? C’est une question ouverte… Je peux bien vous le dire, celle-ci nous a été commandée par un particulier sur ses propres deniers.<br><strong>Un</strong> – Un professeur de philosophie, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – En fait il s’agit de la femme d’un monsieur qui tient une boucherie chevaline à Beaucon-le-Château, dans les Bouches-du-Rhône.<br><strong>Un</strong> – Remarquez, quand on est marié avec un type qui tient une boucherie chevaline à Beaucon-le-Château, je comprends qu’on se pose des questions existentielles…<br><strong>Deux</strong> – Et quelle est votre réponse ?<br><strong>Un</strong> – Combien vous avez de cases ?<br><strong>Deux</strong> – Comme pour un tweet : 140 caractères.<br><strong>Un</strong> – Si seulement les philosophes s’en étaient tenus à ça pour répondre à ce genre de questions, la philosophie serait beaucoup plus populaire dans les classes de terminale aujourd’hui…<br><strong>Deux</strong> – Alors ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Je ne sais pas, moi… Parce que s’il n’y avait rien, il n’y aurait pas de chevaux non plus, donc pas d’équarrisseurs, pas de boucheries chevalines et personne derrière la caisse pour se poser cette question à la con.<br><strong>Deux</strong> – Ça alors…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fait exactement 140 caractères…<br><strong>Un</strong> – Bon, il faut que je vous laisse. Voilà mon bus qui arrive…<br><strong>Deux</strong> – Je peux vous demander votre nom et un numéro de téléphone ? Des fois ils contrôlent, pour vérifier qu’on n’a pas bidonné les réponses…<br><em>L’autre lui tend sa carte.</em><br><strong>Un</strong> – Voilà ma carte…<br><em>Il s’en va. L’autre reste là et jette un regard sur la carte.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>lisant</em>) – Monsieur Delarue… (<em>Relevant les yeux</em>) C’est quelle rue, ici ?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« L’homme de la rue » est un sketch drôle et critique, qui démonte avec élégance la mécanique absurde des enquêtes d’opinion — et, au passage, bien d’autres travers de notre société contemporaine. L’opposition comique entre le stagiaire plein de bonne volonté mais déconnecté du sens de ses questions, et le passant pragmatique, moqueur mais lucide, crée une dynamique jubilatoire. Le langage technocratique (omnibus, quotas, commanditaires) devient ici une source de non-sens assumé, où l’idée même de représenter « l’opinion publique » vire au ridicule.<br>Le sketch intègre également une réflexion philosophique sur le sens de l’existence, par le biais d’une question ultime posée… par la femme d’un boucher chevalin. Ce télescopage de registres (populaire et métaphysique) crée un humour fin et existentiel, qui évoque l’esprit de Devos ou des Monty Python.<br>La chute, avec la carte de visite révélant que « l’homme de la rue » s’appelle Monsieur Delarue (nom courant mais aussi évocateur du célèbre animateur), ajoute un dernier clin d’œil ironique : même l’ »homme de la rue » est une fiction, une projection. Ce sketch réussit donc à faire rire tout en questionnant profondément notre rapport au langage, à la politique, à l’identité, à la pensée, et même au vide. </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les jetons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-jetons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:19:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Casino]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les jetons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Les deux malfrats de la première scène reviennent.</em><br><strong>Homme</strong> – Cette fois, ils sont tous partis.<br><strong>Femme</strong> – Le square est fermé, il fait nuit. On ne devrait pas être là.<br><strong>Homme</strong> – Quoi, tu as les jetons ?<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas bien légal, ce qu’on est en train de faire.<br><strong>Homme</strong> – Qu’est-ce qui n’est pas légal ? Enjamber la grille d’un square ou déterrer un sac de fric volé dans un casino ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, si tu dis que c’est là.<br><strong>Homme</strong> – C’est là, je te dis. Vas-y creuse…<br><em>La femme sort sa pelle de son sac.</em><br><strong>Femme</strong> – OK.<br><em>Noir. Lumière.</em><br><em>Ils regardent un sac posé sur le banc.</em><br><strong>Homme</strong> – Je t’avais bien dit que c’était là.<br><strong>Femme</strong> – Tu avais raison.<br><strong>Homme</strong> – Ben vas-y, ouvre-le.<br><strong>Femme</strong> – Ici, tu crois ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours jeter un coup d’œil<br><em>La femme ouvre le sac avec fébrilité. Elle a l’air surprise de ce qu’elle voit. Elle sort une poignée de jetons de casino.</em><br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Homme</strong> – Ben c’est ce que j’ai ramassé au casino.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – Des jetons, oui. Mais tu sais qu’il y en a pour une fortune, là-dedans.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ? Tu as volé des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours aller les changer à la caisse, non ?<br><strong>Femme</strong> – Ouais… On peut aussi voler un caddy dans un supermarché avant que celui qui l’a rempli ne soit passé à la caisse<br><strong>Homme</strong> – Le croupier avait déclenché l’alarme. C’est tout ce que j’ai eu le temps de ramasser. J’entendais déjà les sirènes de police.<br><em>La femme regarde le sac avec perplexité, avant de lever les yeux sur l’homme.</em><br><strong>Femme</strong> – Oui… Là je peux dire qu’avec toi, j’ai touché le gros lot.<br><strong>Homme</strong> – Je pensais qu’on pourrait les changer à la caisse…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme</strong> – Il y a encore un truc qui m’échappe.<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu n’as volé que des jetons, pourquoi tu as pris dix ans de taule ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Dans les journaux, le patron du casino a dit qu’on lui avait volé plusieurs millions.<br><strong>Femme</strong> – Je vois… Il a dû déclarer qu’on lui avait volé le contenu de la caisse et il s’est fait rembourser par l’assurance.<br><strong>Homme</strong> – Il y a des gens malhonnêtes, je te jure.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Homme</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Femme</strong> – Avec tout ça, le patron du casino, lui, il a doublé sa mise. Si tu lui ramènes ses jetons, il acceptera peut-être de te les reprendre à moitié prix en échange de ton silence.<br><strong>Homme</strong> – Tu crois ?<br><strong>Femme</strong> – On peut toujours essayer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em>Les deux policiers reviennent, et s’arrêtent un instant devant le banc.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Je n’ai rien compris, et toi ?<br><strong>Policier 2</strong> – Le théâtre d’avant-garde, tu sais.<br><strong>Policier 1 </strong>– En même temps, on n’a payé qu’une place sur deux.<br><em>Arrive la femme qui précédemment leur a distribué des flyers.</em><br><strong>Femme</strong> – Alors, ça vous a plu ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Oui, c’était pas mal…<br><strong>Policier 1 </strong>– Alors comme ça, c’était sa centième pièce ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, il paraît.<br><strong>Policier 2 </strong>– C’est vrai que pour sa centième, il aurait pu se fouler un peu plus.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Policier 1</strong> – Vous venez prendre un verre avec nous ? On vous invite…<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Policier 2</strong> – Allons-y.<br><strong>Policier 1 </strong>– Et sinon, à part du théâtre, vous faites quoi dans la vie ?<br><strong>Ils sortent.</strong><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Sans logis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sans-logis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Précarité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=690</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sans logis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une SDF arrive, et s’installe sur le banc. Un autre SDF arrive.</em><br><strong>Le SDF</strong> – Eh, c’est mon banc !<br><strong>La SDF</strong> – Ton banc ?<br><strong>Le SDF</strong> – Parfaitement.<br><strong>La SDF</strong> – C’est un banc public, comment ça pourrait être ton banc ?<br><strong>Le SDF </strong>– Tu es nouvelle, toi, non ?<br><strong>La SDF</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Le SDF </strong>– Tu ne connais pas les règles.<br><strong>La SDF</strong> – Quelles règles ?<br><strong>Le SDF</strong> – Les règles. La loi de la rue.<br><strong>La SDF</strong> – Qui est-ce qui les a inventées, ces règles ? Toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF</strong> – Pourquoi il serait à toi, ce banc.<br><strong>Le SDF</strong> – Ben… Parce que je dors dessus depuis une semaine, déjà.<br><strong>La SDF</strong> – Il y en a plein, des bancs, dans ce square. Et le square est fermé pour la nuit. Tu n’as qu’à en prendre un autre.<br><strong>Le SDF</strong> – Ouais, mais je suis habitué à celui-là.<br><strong>La SDF</strong> – Je te trouve bien casanier, pour un SDF.<br><strong>Le SDF </strong>– Casanier ? Moi ?<br><strong>La SDF</strong> – Tu ne sais pas ce que ça veut dire, c’est ça ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF</strong> – Allez, assieds-toi, va. J’en prendrai un autre de banc, si tu tiens tellement à celui-là.<br><em>Le SDF hésite un instant, puis s’assied.</em><br><strong>Le SDF</strong> – Tu verras, quand on n’a plus de chez soi, les habitudes, c’est tout ce qui nous reste.<br><strong>La SDF</strong> – J’espère ne pas m’habituer à dormir dehors.<br><strong>Le SDF </strong>– On dit tous ça. Au début… Ça fait combien de temps que tu es dans la rue ?<br><strong>La SDF</strong> – Je ne sais pas… Un mois. Et toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Moi, je ne sais plus. Quinze ans. Vingt ans. La rue, c’est comme la prison. Sauf que tu es enfermé dehors.<br><strong>La SDF</strong> – Je sors de prison. Crois-moi, je préfère être dehors. Tu es déjà allé en taule, toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF </strong>– Ça ne m’étonne pas. Tu as une bonne tête.<br><strong>Le SDF</strong> – Des fois je préférerais avoir une sale gueule. Pour se faire respecter, dans la rue, c’est mieux. (<em>Un temps</em>) Il n’y avait personne qui t’attendait, à ta sortie de prison ?<br><strong>La SDF</strong> – J’avais déjà du mal avec ma famille avant… Quand tu as fait de la taule, tu es comme un pestiféré, les gens préfèrent t’éviter. Pourtant la prison, ce n’est pas contagieux.<br><strong>Le SDF</strong> – Qu’est-ce que t’avais fait pour aller en taule ?<br><strong>La SDF</strong> – Mon patron me collait un peu trop. Je lui ai tranché la carotide avec un cutter.<br>Le SDF – Avec un CV comme ça, ça ne va pas t’aider à retrouver du boulot.<br><strong>La SDF </strong>– Je descends dans le sud pour faire les vendanges. Heureusement, l’agriculture manque de bras, alors ils ne sont pas trop regardants. Au moins je serai logée.<br><strong>Le SDF</strong> – Le temps des vendanges, en tout cas.<br>La SDF – Tu ne veux pas venir avec moi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Le travail, je n’ai plus l’habitude. Pour aller bosser le matin, il faut avoir dormi dans un lit.<br><strong>La SDF </strong>– Là-bas, ils te fileront un lit.<br><strong>Le SDF</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore dormir dans un lit. Méfie-toi. Pour l’instant la rue est à toi. Quand tu auras oublié comment dormir dans un lit, là tu seras vraiment à la rue.<br><strong>La SDF </strong>– Je te laisse ton banc.<br><strong>Le SDF </strong>– Merci.<br><em>Elle s’éloigne. Il la regarde partir, semble hésiter, puis se lève à son tour.</em><br><strong>Le SDF </strong>– Attends…!<br><em>Il sort.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Rendez-vous galant</title>
		<link>https://sketchotheque.net/rendez-vous-galant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 15:40:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Brassens]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fantasme]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rendez-vous galant, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive. Il hésite, regarde autour de lui, jette un coup d’œil à sa montre, et finit par s’asseoir. Une femme arrive.</em><br><strong>Femme</strong> – Bonjour. Vous êtes bien…<br><em>Il se lève.</em><br><strong>Homme</strong> – Oui. Excusez-moi, je suis un peu en avance.<br><strong>Femme</strong> – Moi aussi.<br><strong>Homme</strong> – Asseyez-vous, je vous en prie.<br><em>Ils s’asseyent tous les deux. Silence embarrassé.</em><br><strong>Femme</strong> – Un rendez-vous dans un square, sur un banc public… C’est original.<br><strong>Homme</strong> – Oui. C’est… C’est à cause de la chanson…<br><strong>Femme</strong> – La chanson…?<br><strong>Homme</strong> – La chanson de Brassens. Vous savez… Les amoureux qui se bécotent sur les bancs publics.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui… Enfin, on n’en est pas encore là.<br><strong>Homme</strong> – Non, bien sûr… Excusez-moi…<br><strong>Femme</strong> – Non mais c’est très romantique. D’ailleurs… vous avez une petite gueule bien sympathique.<br><strong>Homme</strong> – Merci.<br><em>Silence.</em><br><strong>Femme</strong> – C’est curieux, on ne se connaît pas et… je n’ai même pas envie de vous poser des questions.<br><strong>Homme</strong> – Moi non plus.<br><strong>Femme</strong> – J’ai l’impression de savoir déjà tout ce que j’ai besoin de savoir sur vous.<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi. C’est étrange, en effet.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous imaginez ? Un homme et une femme se rencontrent. Ils ne se posent aucune question sur leur passé. Et ils passent le restant de leur existence ensemble, comme si leur vie avait commencé ce jour-là.<br><strong>Homme</strong> – Sans qu’aucun d’eux ne sache d’où vient l’autre et ce qu’il a fait avant.<br><strong>Femme</strong> – C’est possible, vous croyez ?<br><strong>Homme</strong> – Quand on vit ensemble, on finit toujours par tout savoir l’un sur l’autre, non ?<br><strong>Femme</strong> – Alors il faudrait ne pas vivre ensemble.<br><strong>Homme</strong> – Ne pas vivre ensemble ?<br><strong>Femme</strong> – Disons qu’ils se retrouvent tous les jeudis à la même heure, sur le même banc. Ils passent un moment ensemble, et ensuite chacun repart de son côté.<br><strong>Homme</strong> – Sans qu’aucun d’eux ne raconte rien sur sa vie personnelle ?<br><strong>Femme</strong> – Rien.<br><strong>Homme</strong> – Mais ils s’aiment ?<br><strong>Femme</strong> – Ah oui, quand même.<br><strong>Homme</strong> – Non, parce que sur un banc…<br><strong>Femme</strong> – Pour faire des galipettes, il y a toujours les fourrés à côté.<br><strong>Homme</strong> – Oui, c’est… C’est très romantique.<br><strong>Femme</strong> – Ça pourrait être le sujet d’un roman, non ?<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai, c’est très romanesque.<br><strong>Femme</strong> – Mais…?<br><strong>Homme</strong> – Un homme et une femme qui ne savent rien l’un sur l’autre, et qui se rencontrent furtivement dans un parc une fois par semaine pour faire des galipettes dans les fourrés…<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison, ça ressemble beaucoup à une passe entre une prostituée et un habitué au Bois de Boulogne ou ailleurs.<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><em>Silence.</em><br><strong>Femme</strong> – En venant, j’ai repéré un petit hôtel pas très loin…<br><em>L’homme se lève précipitamment.</em><br><strong>Homme</strong> – Allons-y.<br><em>Elle se lève à son tour. Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Les boules</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-boules/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 15:21:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Avortement]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Pétanque]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=684</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les boules, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux retraités arrivent, à un train de sénateur, et s’asseyent sur le banc. Ils regardent un moment devant eux en silence.</em><br><strong>Retraité 1 </strong>– Ça va ?<br><strong>Retraité 2</strong> – Non, ça ne va pas.<br><strong>Retraité 1 </strong>– Ben oui, je vois bien, ça n’a pas l’air d’aller. Qu’est-ce qu’il y a qui ne va pas ?<br><strong>Retraité 2</strong> – Le monde entier s’écroule autour de nous, et tu me demandes ce qui ne va pas ?<br><strong>Retraité 1</strong> – Ah, oui… Le monde… Tu m’as fait peur. J’ai cru qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas.<br><strong>Retraité 2</strong> – Non, non, rassure-toi, tout va bien. On est là, assis confortablement sur notre banc, comme des passagers de première classe sur le Titanic. On ne préfère ne pas savoir ce qui se passe dans la soute. Et on attend tranquillement de s’écraser contre un iceberg et de disparaître au fond des abysses.<br><strong>Retraité 1</strong> – Tu as mal dormi, c’est ça ?<br><strong>Retraité 2</strong> – Non mais tu ne comprends pas ? On vit sur un îlot de richesse, entourés par un océan de misère.<br><strong>Retraité 1 </strong>– Tu as la métaphore maritime, ce matin…<br><strong>Retraité 2</strong> – Ouais.<br><strong>Retraité 1</strong> – Tu vas voter, dimanche ?<br><strong>Retraité 2</strong> – Franchement, je ne sais pas si ça vaut encore la peine.<br><strong>Retraité 1</strong> – Tu votes à gauche ou à droite ?<br><strong>Retraité 2</strong> – La gauche, la droite… Je ne sais plus très bien ce que ça veut dire. Ils font tous la même politique, de toute façon.<br><strong>Retraité 1 </strong>– Personne ne va augmenter nos retraites, c’est sûr. Enfin, il reste quand même les questions de société.<br><strong>Retraité 2</strong> – Parlons-en des questions de société… J’étais prof de maths. Mon père était instituteur. Mon grand-père était républicain espagnol. La gauche que j’ai connue, elle était anticléricale. La laïcité, la libération des mœurs, le féminisme, la pilule, l’avortement… Tout ça c’était la gauche.<br><strong>Retraité 1</strong> – Simone Veil, elle était centriste.<br><strong>Retraité 2</strong> – Ouais, ben elle aurait mérité d’être de gauche. En tout cas, elle se battait contre le conservatisme religieux. Ma gauche à moi, elle bouffait du curé, parce que la religion catholique, c’était la religion des patrons. La gauche d’aujourd’hui, elle porte les valises de l’intégrisme au prétexte que cette fois, il s’agirait de la religion des opprimés. Désolé, moi je suis resté marxiste : la religion, c’est l’opium du peuple. Point barre.<br><strong>Retraité 1 </strong>– Vas-y doucement, tu vas nous faire une attaque.<br><strong>Retraité 2 </strong>– C’est toi qui as raison, après tout. Qu’est-ce qu’on en a à faire, nous, de tout ça ? Dans quelques années, l’interdiction de l’avortement sera rétablie dans toute l’Europe, comme elle l’est déjà aux États-Unis, les hommes et les femmes n’iront plus à la piscine ensemble, l’école publique aura disparu au profit des écoles religieuses. Mais nous on sera morts…<br><strong>Retraité 1 </strong>– Tu as les boules ?<br><strong>Retraité 2</strong> – Oui, j’ai les boules.<br><strong>Retraité 1</strong> – Alors viens, on va faire une petite pétanque. Ça va te calmer, tu verras.<br><em>Ils se lèvent et s’éloignent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>L’auteur en question</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lauteur-en-question/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:33:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=676</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’auteur en question, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, et s’assied sur le banc. Au bout d’un moment, il ferme les yeux. Une femme arrive à son tour, et s’assied à côté de lui. Sentant sa présence, il ouvre les yeux.</em><br><strong>Homme</strong> – Pardon, je ne vous avais pas entendue arriver.<br><em>La femme sourit. Silence.</em><br><strong>Femme</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Homme</strong> – Je pensais que vous alliez me poser une question, au moins pour commencer.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui ?<br><strong>Homme</strong> – Je croyais que ça se passait comme ça. Que vous me posiez des questions.<br><strong>Femme</strong> – Si vous commenciez par vous présenter.<br><strong>Homme</strong> – Me présenter ? Vous voulez dire… nom, prénom, âge, qualité… comme disent les policiers ?<br><strong>Femme</strong> – Vous considérez cet entretien comme un interrogatoire ? Vous auriez donc quelque chose à vous reprocher…<br><strong>Homme</strong> – Là vous marquez un point.<br><strong>Femme</strong> – Je ne suis pas là non plus pour marquer des points. Ce n’est pas un match. Il n’y aura pas de perdant.<br><strong>Homme</strong> – D’accord.<br><strong>Femme</strong> – Comment vous présenter au monde qui vous entoure ? C’est ça la question.<br><strong>Homme</strong> – Puisqu’il faut bien choisir un mot, je dirais que je suis auteur. Écrivain, ce serait trop prétentieux. Les vrais écrivains, ce sont les grands romanciers. Un auteur de théâtre n’écrit que des dialogues.<br><strong>Femme</strong> – Alors Shakespeare et Molière ne seraient pas de vrais écrivains ?<br><strong>Homme</strong> – Les personnages de leurs pièces parlaient en vers. Moi j’écris comme on parle… Je pense que pour eux, on peut dire dramaturge. Mais dramaturge, c’est encore un peu trop sérieux pour moi.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi cela ?<br><strong>Homme</strong> – Dans dramaturge, il y a drame. Je ne me reconnais pas dans cette appellation de dramaturge ou d’auteur dramatique. Je n’écris que des comédies. La vie est déjà assez tragique comme ça. À quoi bon en rajouter ?<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes un artiste ?<br><strong>Homme</strong> – Je n’aime pas trop ce terme non plus. On a l’impression que l’artiste n’est pas un homme comme tout le monde, mais une sorte de medium en relation avec un au-delà dont il serait chargé de ramener quelques échos au commun des mortels. Moi je ne parle que du monde qui nous entoure. Un écrivain ou surtout un poète, c’est un artiste, peut-être. Un auteur, c’est un artisan. Et un auteur de théâtre… on peut dire que c’est un ouvrier spécialisé.<br><strong>Femme</strong> – En somme, vous refusez de vous prendre au sérieux… mais vous voudriez que les autres vous prennent en considération. C’est un peu contradictoire, non ?<br><strong>Homme</strong> – On ne devrait jamais faire grand cas des gens qui ont une trop haute opinion d’eux-mêmes. Les comédies se moquent d’abord des gens qui se prennent au sérieux.<br><strong>Femme</strong> – Vous allez publier votre centième pièce. C’est beaucoup…<br><strong>Homme</strong> – Beaucoup trop, diront certains.<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi cette boulimie d’écriture ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai toujours eu envie de raconter des histoires. Sans doute parce qu’enfant, on ne m’en a jamais racontées. Je pense que toutes ces histoires que j’invente, c’est d’abord à moi que je les raconte.<br><strong>Femme</strong> – Pourtant, vous vous êtes mis à l’écriture très tardivement…<br><strong>Homme</strong> – Cervantès a commencé à écrire à l’aube de la quarantaine.<br><strong>Femme</strong> – Cervantès… C’est donc malgré tout un romancier que vous prenez pour modèle.<br><strong>Homme</strong> – Don Quichotte est d’abord un personnage comique. Parce qu’il se prend trop au sérieux, justement. Et parce qu’il prend ses rêves pour des réalités.<br><strong>Femme</strong> – Prendre ses rêves pour des réalités est une folie. Essayer de faire de ses rêves des réalités, c’est un projet raisonnable.<br><strong>Homme</strong> – Faire de ses rêves des réalités, c’est l’objet de la religion comme de l’art dramatique. Et à l’église comme au théâtre, cette réalité est conditionnée par un acte de foi du public. C’est sans doute parce que l’Église considérait le théâtre comme un dangereux concurrent qu’elle a persécuté les comédiens avec autant de zèle.<br><strong>Femme</strong> – Et si la réalité elle-même n’était qu’une illusion, nous ne serions vous et moi que les créatures fictives du grand metteur en scène de l’univers.<br><strong>Homme</strong> – Ce qui nous ramène à Shakespeare : le monde est un théâtre.<br><strong>Femme</strong> – Et nous ne faisons qu’y passer…<br><em>Elle se lève et lui tend la main. Il la saisit et se lève à son tour. Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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