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	<title>Archives des Don d&#039;organe - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Don d&#039;organe - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Échange standard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/echange-standard/">Échange standard</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>De bon cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/de-bon-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:12:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dealer]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De bon cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron attend derrière son comptoir. Un homme genre mafieux ou dealer arrive et s’installe au bar.</em><br><strong>Le patron</strong> – Qu’est-ce que ce sera ?<br><strong>L’autre</strong> – Un déca. Allongé. Avec une goutte de lait, s’il vous plaît.<br><em>Le patron jette un regard au client, dont l’aspect ne cadre pas bien avec sa commande.</em><br><strong>Le patron</strong> – Je vais voir ce que je peux faire…<br><em>Il lui prépare son café.</em><br><strong>L’autre</strong> – C’est dangereux, cette rue. J’ai failli me faire écraser par un bus.<br><strong>Le patron</strong> – Oui… Une femme s’est fait renverser hier…<br><strong>L’autre</strong> – C’est grave ?<br><strong>Le patron</strong> – Elle est morte… Enfin, c’est tout comme.<br><strong>L’autre</strong> – Vous la connaissiez ?<br><strong>Le patron</strong> – C’était une cliente… Elle sortait juste de chez moi, et d’après les analyses, elle avait trois grammes d’alcool dans le sang.<br><strong>L’autre </strong>– Dans votre métier comme dans le mien, les clients, il vaut mieux pas trop s’attacher.<br><strong>Le patron</strong> – Vous êtes nouveau dans le quartier ?<br><strong>L’autre</strong> – Je suis de passage.<br><strong>Le patron</strong> – On est tous de passage sur la Terre…<br><strong>L’autre</strong> – J’ai peur que le mien se termine plus tôt que prévu.<br><strong>Le patron</strong> – Si vous faites bien attention en traversant la route…<br><strong>L’autre</strong> – Je sors de l’hôpital. J’attends une greffe de cœur…<br><strong>Le patron</strong> – Ah vous aussi…<br><strong>L’autre</strong> – Pardon ?<br><strong>Le patron</strong> – Non rien, une histoire que j’ai entendue… J’espère que vous êtes tombé sur le bon chirurgien…<br><strong>L’autre</strong> – Oui…<br><em>Le patron pose le café sur le comptoir.</em><br><strong>Le patron</strong> – Tenez, votre déca-noisette.<br><strong>L’autre </strong>– Ça marche, les affaires ?<br><strong>Le patron</strong> – C’est calme. Et vous ?<br><strong>L’autre</strong> – Moi aussi… C’est plutôt calme en ce moment…<br><strong>Le patron</strong> – Vous êtes dans quelle branche ?<br><strong>L’autre</strong> – Trafic de drogue. Héroïne, plutôt.<br><strong>Le patron</strong> – Ah oui… Donc vous savez ce que c’est que de perdre un client.<br><strong>L’autre</strong> – Heureusement que les dons d’organes sont anonymes, parce que je ne sais pas qui voudrait bien donner son cœur à un dealer.<br><strong>Le patron</strong> – Ou à un buraliste.<br><strong>L’autre</strong> – Vous avez raison. Finalement, on fait un peu le même métier, tous les deux…<br><strong>Le patron</strong> – Mmm…<br><strong>L’autre </strong>– Ils viennent de rentrer un donneur, à l’hôpital.<br><strong>Le patron</strong> – C’est votre jour de chance, alors.<br><strong>L’autre</strong> – Je ne sais pas… On est deux sur l’affaire.<br><strong>Le patron</strong> – Ah…<br><strong>L’autre</strong> – Vous me donneriez votre cœur, vous ? Si vous étiez mort, je veux dire… Et sachant ce que je fais.<br><strong>Le patron</strong> – Pourquoi pas ? Entre dealers, si on ne se serre pas un peu les coudes.<br><strong>L’autre </strong>– J’ai promis une valise de billets à mon chirurgien s’il me trouvait un palpitant tout neuf. Des billets usagers et en petites coupures. Vous croyez que ça peut aider ?<br><strong>Le patron</strong> – Ça dépend du chirurgien, j’imagine.<br><strong>L’autre</strong> – Celui-là a la réputation de sauter sur tout ce qui bouge.<br><strong>Le patron </strong>– Je vois… Je vous remets un déca-noisette ? C’est ma tournée.<br><strong>L’autre</strong> – Allez… On ne vit qu’une fois…<br><strong>Le patron</strong> – Et si votre cœur lâche en sortant, ce ne sera pas à cause de ce que vous aurez bu ici…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>Le cœur sur la main</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-coeur-sur-la-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:05:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cœur sur la main, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron somnole derrière son comptoir. Deux personnages (hommes ou femmes) arrivent et s’asseyent à une table.</em><br><strong>Un</strong> – Lui aussi, il a l’air dans un coma profond…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ? On le réveille ?<br><strong>Un</strong> – On va attendre qu’il se réveille tout seul.<br><strong>Deux</strong> – Un miracle est toujours possible.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Et pour elle alors, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Franchement… je ne sais pas quoi en penser.<br><strong>Un</strong> – Il va bien falloir prendre une décision. Le médecin a dit qu’il fallait faire vite.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, la logique voudrait qu’on dise oui.<br><strong>Deux</strong> – La logique ? C’est notre sœur, quand même…<br><strong>Un</strong> – Oui… Tu l’as déjà entendu évoquer ce sujet devant nous ?<br><strong>Deux</strong> – Ça faisait des années qu’on ne se voyait plus… et même avant, ce n’était pas le genre de conversation qu’on avait ensemble.<br><strong>Un</strong> – Donc c’est à nous de décider. Comme si c’était pour nous.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire… comme si on avait besoin d’une transplantation ?<br><strong>Un</strong> – Comme si on était à sa place ! À la place du mort… Qu’est-ce que tu ferais toi ? Si tu pouvais décider de donner tes organes ou de les emporter avec toi dans ta tombe…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment, sur le principe… Quitte à mourir, si on peut sauver une vie…<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté…<br><strong>Deux</strong> – Imaginer qu’on va lui ouvrir la poitrine et lui prendre son cœur pour le mettre dans la poitrine de quelqu’un d’autre…<br><strong>Un</strong> – Quelqu’un qu’on ne connaît même pas.<br><strong>Deux</strong> – Encore heureux… Il ne manquerait plus qu’on le connaisse. Tu préférerais le connaître, toi ?<br><strong>Un</strong> – Je préférerais qu’elle ne soit pas morte.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs est-ce qu’on peut dire qu’elle est vraiment morte ?<br><strong>Un</strong> – D’après les médecins, elle est en état de mort cérébrale.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? Tu le sais, toi ?<br><strong>Un</strong> – En gros, la maison est encore debout, le chauffage n’a pas encore été coupé, mais il n’y a plus personne dedans. Le propriétaire est parti, il a jeté la clef et il ne reviendra jamais.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><strong>Un</strong> – Donc il s’agit de récupérer la chaudière pour l’installer dans une autre maison où la chaudière est en panne, pour que le propriétaire puisse continuer à vivre dedans sans se les geler.<br><strong>Deux</strong> – Ça y est, tu as fini avec tes métaphores de plombier ?<br><strong>Un</strong> – Je t’explique…<br><strong>Deux</strong> – Donc toi, tu es plutôt pour ?<br><strong>Un</strong> – Toi aussi, non ? Tu savais bien qu’on finirait par en arriver là.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>L’autre sort un papier.</em><br>Un – Allez, finissons-en… (<em>Lui tendant le papier</em>) Il faut signer là.<br><strong>Deux</strong> – Vas-y toi… Moi je ne pourrai pas…<br><strong>Un</strong> – Non, mais il faut nos deux signatures.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as qu’à imiter la mienne.<br><strong>Un</strong> – Mais ce sera un faux…<br><strong>Deux</strong> – De quoi tu as peur ? Que je te fasse un procès pour avoir imité ma signature ?<br><strong>Un</strong> – Mais si tu es d’accord, pourquoi tu ne signes pas ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis d’accord, mais je ne pourrai pas signer, c’est tout. Tu peux comprendre ça, non ? (<em>Se levant pour sortir</em>) Pour une fois que je te demande quelque chose !<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… tu la détestais.<br><strong>Deux</strong> – Justement… Si c’était un geste d’amour, encore… Ce serait plus facile pour moi. Mais là… je ne me sens pas de décider pour elle. (<em>Le patron émerge de derrière son comptoir</em>.) Tiens, il s’est réveillé, celui-là… Tu vois, on n’est jamais à l’abri d’un miracle !<br><em>Le personnage sort, laissant l’autre perplexe. Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Un cœur pour deux</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-coeur-pour-deux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 09:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Compétition]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un cœur pour deux, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron lit le journal derrière le comptoir. Deux hommes arrivent et s’asseyent à une table.</em><br><strong>Un</strong> – Café ? (<em>L’autre acquiesce.</em>) Marcel ! Deux cafés.<br><strong>Deux</strong> – Il s’appelle Marcel ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Tous les patrons de bistrot je les appelle Marcel. Comme ça je suis sûr de ne pas me tromper.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – C’est un patient à moi. Je lui ai retiré l’appendice il y a dix ans, les hémorroïdes il y a cinq ans, la thyroïde il y a trois ans, et un poumon l’année dernière.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben… Il peut te dire merci. Grâce à toi, il a perdu au moins trois kilos.<br><em>Le patron apporte les cafés.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà Docteur…<br><strong>Deux</strong> – Au moins, il t’a reconnu.<br><strong>Un</strong> – Je ne suis même pas sûr. Il appelle tous ses clients Docteurs. Comme on est en face de l’hôpital… Au pire, s’ils ne sont pas médecins, ça les flatte (<em>Ils remuent leur café en silence avant de le boire.</em>) Alors ça y est, on a un donneur ?<br><strong>Deux</strong> – Il semblerait…<br><strong>Un</strong> – Une femme qui s’est jetée sous les roues d’un camion, juste devant l’hôpital.<br><strong>Deux</strong> – Jetée ?<br><strong>Un</strong> – On ne sait pas très bien… C’était peut-être un accident… C’est la tête qui a tout pris. Mort cérébrale. Le reste est en parfait état. On attend la décision de la famille.<br><strong>Deux</strong> – Très bien.<br><strong>Un</strong> – Oui, sauf qu’on a deux patients qui attendent une greffe…<br><strong>Deux</strong> – Ah, toi aussi ?<br><strong>Un</strong> – Tu le sais très bien.<br>Deux – Je pensais que toi, c’était un foie…<br><strong>Un</strong> – C’est un cœur.<br><strong>Deux</strong> – Un cœur pour deux… Avec deux patients qui ont des dossiers très similaires. Ça ne va pas être facile de les départager.<br><strong>Un</strong> – Alors comment on fait ? On tire à pile ou face ?<br><strong>Deux</strong> – Chiche !<br><em>L’autre sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Un seul de nos deux patients sera vivant dans un mois. Pile le tien, face le mien.<br>Il lance la pièce, la rattrape, et regarde dans sa paume. Avant de la ranger.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça ne marche pas comme ça, on le sait bien…<br><strong>Un</strong> – Non. (<em>Un temps</em>) Ça fait combien de temps qu’on se connaît ?<br><strong>Deux</strong> – Depuis la fac…<br><strong>Un</strong> – En deuxième année, je crois.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – On était amoureux de la même fille.<br><strong>Deux</strong> – Une étudiante de première année.<br><strong>Un</strong> – Qui est devenue ta femme.<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas ce qu’elle a bien pu me trouver… de plus qu’à toi.<br><strong>Un</strong> – Tu avais fait courir le bruit à la fac que j’avais un micro-pénis. Je crois même que tu avais fait circuler un montage photos…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai. J’avais oublié ça.<br><strong>Un</strong> – Je ne l’ai appris que très longtemps après.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas qu’elle avalerait un truc aussi énorme.<br><strong>Un</strong> – On parle toujours de mon micro-pénis ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment que c’est pour ça qu’elle m’a choisi ?<br><strong>Un</strong> – Ça a dû jouer… J’étais vraiment très amoureux d’elle, tu sais…<br><strong>Deux</strong> – Un cœur pour deux… Il y en a forcément un qui reste sur le carreau.<br><strong>Un</strong> – Cette fois-là, c’était moi.<br><strong>Deux</strong> – Elle m’a quitté quelques années après. Tu ne l’as jamais revue ?<br><strong>Un</strong> – Si… Une fois… Je venais de divorcer, moi aussi… On a dîné ensemble… Et puis rien…<br><strong>Deux</strong> – Mais elle savait pour…?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai pas osé lui demander… Tu me vois, entre le café et l’addition, lui glisser à l’oreille que contrairement à ce que prétendait son ex, j’avais une bite de taille normale ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Je crois surtout que c’était trop tard… Je ne sais pas si la vengeance est un plat qui se mange froid, mais l’amour n’est pas un plat qui se mange réchauffé.<br><strong>Deux</strong> – Alors tu veux te venger ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais il me semble que tu me dois un cœur.<br><strong>Deux</strong> – Tu as une lecture très personnelle du serment d’Hippocrate… Qu’est-ce qui te motive à ce point pour sauver ton patient ?<br><strong>Un</strong> – Disons que j’ai noué avec lui une relation… très spéciale.<br><strong>Deux</strong> – Mais tu sais bien que ça ne marche pas comme ça non plus.<br><strong>Un</strong> – Ah non ?<br><strong>Deux</strong> – Tu me demandes de condamner mon patient par avance ?<br><strong>Un</strong> – Tu l’as dit. Un cœur pour deux… Il y en a forcément un qui reste sur le carreau.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne tient pas qu’à moi, tu le sais bien. C’est une décision collégiale.<br><strong>Un</strong> – Mais tu pourrais charger un peu le dossier de ton patient, pour que celui du mien apparaisse plus convainquant.<br><strong>Deux</strong> – Et si je refuse ?<br><strong>Un</strong> – Je pourrais faire courir une rumeur, moi aussi. Mais je ne suis pas sûr que celle-là sera fausse.<br><strong>Deux</strong> – Par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Les infirmières ne restent jamais longtemps dans ton service, on sait tous les deux pourquoi. Et la fille qui vient de se faire écraser devant l’hôpital, volontairement ou pas, elle travaillait pour toi.<br><strong>Deux</strong> – Je vais voir ce que je peux faire…<br><em>Il s’apprête à sortir un billet.</em><br><strong>Un</strong> – Laisse, le café c’est pour moi.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Mal au cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mal-au-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:23:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mal au cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière le comptoir. L’homme (ou la femme) arrive, la tête ailleurs.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>L’autre</strong> – Je ne sais pas… Ce que vous voulez…<br><strong>Patron</strong> – Ce que je veux ? Vous êtes sûr ?<br><strong>L’autre</strong> – Au point où j’en suis… Qu’est-ce que je risque ? Surprenez-moi…<br><strong>Patron</strong> – Alors je vous sers un Viandox. Vous avez le teint cireux, ça vous fera du bien.<br><em>Il lui prépare son Viandox.</em><br><strong>L’autre</strong> – Un Viandox ? Ça existe encore ?<br><strong>Patron</strong> – Je vous avoue que je n’en vends pas très souvent… et que je ne compte pas en recommander.<br><strong>L’autre</strong> – À supposer qu’ils en fabriquent encore. Il n’a pas dépassé la date limite de péremption, au moins ?<br><strong>Patron</strong> – Vous m’avez dit « ce que vous voulez », il faudrait savoir ! Alors vous le prenez ou pas, ce Viandox !<br><strong>L’autre</strong> – Si je peux vous aider à liquider votre stock…<br><em>Le patron lui sert son Viandox.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça n’a pas l’air d’aller bien fort…<br><strong>L’autre</strong> – Non… Je cherche un cœur disponible.<br><strong>Patron</strong> – On en est tous là, vous savez… À partir d’un certain âge… il y a plus de demandes que d’offres.<br><strong>L’autre</strong> – Vous ne croyez pas si bien dire.<br><strong>Patron</strong> – Vous êtes veuf ?<br><strong>L’autre</strong> – C’est ma femme qui le sera bientôt… si je ne trouve pas rapidement quelqu’un pour me donner son cœur.<br><strong>Patron</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>L’autre</strong> – Je sors de l’hôpital. J’attends une greffe. Pour l’instant, il n’y a pas de donneur.<br><strong>Patron</strong> – Un donneur ? Ah oui…<br><strong>L’autre</strong> – Évidemment, on ne donne pas son cœur comme on donne son sang. Il faut que le donneur soit mort, et que toutes les conditions soient réunies.<br><strong>Patron</strong> – Je vois…<br><strong>L’autre</strong> – Que le donneur soit encore jeune, donc qu’il soit plutôt mort dans un accident. Que le cœur soit en bon état. Que la famille soit d’accord.<br><em>Il s’apprête à boire.</em><br><strong>Patron</strong> – Vous êtes sûr que vous voulez boire ça ?<br><strong>L’autre</strong> – Il faut bien mourir de quelque chose…<br><em>Il goûte son Viandox, et fait la grimace.</em><br><strong>Patron</strong> – Alors ?<br><strong>L’autre</strong> – Ah oui, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché… Vous n’en avez jamais bu ?<br><strong>Patron</strong> – J’attendais de voir l’effet que ça faisait sur un cobaye.<br><strong>L’autre</strong> – Si je suis encore vivant demain matin, je viendrai vous le dire.<br><strong>Patron</strong> – Si j’avais su, je vous aurais servi autre chose. Vous auriez dû me le dire, maintenant je vais m’inquiéter.<br><strong>L’autre</strong> – Je me demande si ce ne serait pas plus simple comme ça. Je vois déjà ma photo à la page faits divers : désespéré de ne pas trouver un cœur compatible avec le sien, il met fin à ses jours en avalant un Viandox périmé depuis… (<em>regardant l’étiquette de la bouteille vide</em>) 1984 !<br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même… Remarquez, on est sur un grand millésime… Allez, il ne faut pas désespérer. Un accident est si vite arrivé.<br><strong>L’autre</strong> – Un accident ?<br><strong>Patron</strong> – Pour votre donneur ! La rue en face est très dangereuse. Avec tous ces poids lourds. Il y a un projet de rond point, mais bon… Presque tous les mois, un piéton se fait renverser sur le passage clouté. Et comme l’hôpital est juste en face…<br><strong>L’autre </strong>– Merci… Ça m’a remonté le moral de discuter un peu avec vous…<br><strong>Patron</strong> – C’est la vie… La roue tourne… Le malheur des uns…<br><strong>L’autre</strong> – Je crois que je ne vais pas le finir, ce Viandox, finalement. Je vous dois combien ?<br><strong>Patron</strong> – C’est pour moi. Vous voulez autre chose ? Pour faire passer le goût du Viandox. Un bloody mary ? C’est très reconstituant aussi. Ou alors un Fernet-Branca ?<br><strong>L’autre </strong>– C’est très tentant mais… merci, ça ira.<br><strong>Patron</strong> – Bon, alors à une prochaine fois…<br><strong>L’autre</strong> – Qui sait ?<br><em>Il se lève pour partir.</em><br><strong>Patron</strong> – Faites attention en traversant la route.<br><strong>L’autre</strong> – Merci pour le Viandox.<br><em>Il sort. L’autre prend la tasse et hume le fumet qui en sort. Il retrousse le nez avec un air dégoûté.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><em>On entend un bruit de freinage suivi d’un fracas de tôles froissées. Il lève la tête, et jette un regard vers le quatrième mur, figurant la vitrine du café donnant sur la rue.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Don du cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-du-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:14:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Don du cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron attend derrière son comptoir, désœuvré. Un homme et une femme arrivent.</em><br><strong>Elle</strong> – Salut Marcel.<br><em>Le patron répond d’un hochement de tête. Ils s’asseyent à une table. Le patron arrive pour prendre la commande.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> – Comme d’habitude.<br><strong>Patron</strong> – Et vous ?<br><strong>Lui</strong> – Pareil.<br><strong>Patron</strong> – Pareil que la petite dame ou pareil que d’habitude ?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Patron</strong> – Je ne sais pas ce que vous prenez d’habitude, moi !<br><strong>Lui</strong> – Je viens pourtant tous les matins, comme elle.<br><strong>Patron</strong> – C’est comme ça. Il y a des têtes dont je me souviens, et d’autres que je préfère oublier…<br><strong>Lui</strong> – Disons pareil qu’elle, alors.<br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés…<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Lui</strong> – Toujours aussi aimable…<br><strong>Elle</strong> – Il faut savoir le prendre.<br><strong>Lui</strong> – Quel con.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais comment il s’appelle, ce con ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Marcel.<br><strong>Lui</strong> – Vous avez l’air très intimes… ce con de Marcel et toi.<br><strong>Elle</strong> – Je viens tous les jours prendre un café avant d’aller bosser…<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi… Mais moi, il fait mine de ne pas me connaître.<br><strong>Elle</strong> – Tu es jaloux ?<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être lui qui est jaloux… Tu le connais si bien que ça ?<br><strong>Elle</strong> – On ne s’est jamais vraiment parlé.<br><strong>Lui</strong> – Comment tu sais qu’il s’appelle Marcel<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Tout le monde le sait… En tout cas, tout le monde l’appelle Marcel, et il ne s’est jamais plaint.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu as envie de faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Il fait beau… On ne va pas aller s’enfermer dans une salle de ciné. On se balade un peu ?<br><strong>Elle</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Lui</strong> – Cache ta joie… Il y a quelque chose qui te préoccupe ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Pas spécialement.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas moi… Quelque chose dont tu voudrais me parler.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – OK… S’il m’arrive quelque chose un jour, je veux donner mes organes.<br><em>Il reste un instant interloqué.</em><br><strong>Lui</strong> – À qui<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ! Pour quelqu’un qui en aurait besoin.<br><strong>Lui</strong> – Besoin…?<br><strong>Elle</strong> – Tu le fais exprès ou quoi ? Une transplantation !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Très bien…<br><strong>Elle</strong> – J’ai ma carte de donneur sur moi, mais au cas où…<br><strong>Lui</strong> – D’accord.<br><strong>Elle</strong> – Il faut bien que je le dise à quelqu’un. Parce que quand on n’est plus en état de parler…<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><strong>Elle</strong> – Et si je suis en état de mort cérébrale, je ne veux surtout pas qu’on me maintienne en vie artificiellement.<br><strong>Lui</strong> – Pas de problème… Mais tu sais, on n’est pas encore mariés. Je ne suis même pas sûr que j’aurais mon mot à dire. Ce serait sûrement à tes parents de prendre la décision.<br><strong>Elle</strong> – Ils sont morts.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai… À tes frères et sœurs, alors.<br><strong>Elle</strong> – Je suis fâchée avec toute ma famille.<br><strong>Lui</strong> – Bon… On n’a plus qu’à se marier, alors. Pour que je puisse disposer moi-même de tous tes organes.<br><strong>Elle</strong> – C’est une demande en mariage ? Parce que ce serait sans doute la plus originale de toute l’histoire des demandes en mariage.<br><strong>Lui</strong> – Tu veux bien m’épouser ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ben oui, puisque je viens de te demander ta main… Enfin, ta main, ton cœur, tes poumons, ton foie, et tout le reste…<br><strong>Elle</strong> – Non, je veux dire, et toi, s’il t’arrivait quelque chose. Maintenant que je vais pouvoir disposer de tous tes organes, moi aussi.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Là on nage en plein romantisme…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Je n’y ai pas vraiment réfléchi… Je ne donne déjà pas mon sang… sauf à quelques moustiques.<br><strong>Elle</strong> – Tu as tort.<br><strong>Lui</strong> – Si en mourant, je pouvais te léguer mon cœur pour te sauver la vie, je le ferai sûrement. Mais alors donner mon cœur à un inconnu… C’est vrai, tu peux toujours tomber sur un con. Les cons aussi ont des problèmes cardiaques. Moins que les autres, d’accord, mais ils en ont…<br><em>Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés… (<em>S’adressant à l’homme</em>) Je peux encaisser tout de suite ?<br><em>L’homme sort quelques pièces qu’il pose sur la table. Le patron s’en saisit, et repart sans un mot.</em><br><strong>Lui</strong> – Imagine que je meurs et que ce connard ait besoin d’une transplantation. Franchement, ça me ferait bien chier de lui donner mon cœur.<br><strong>Elle</strong> – C’est un risque à courir.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Si ça te fait plaisir, je prendrai ma carte, moi aussi…<br><strong>Elle</strong> – Oui, ça me fait plaisir. Et maintenant, j’ai envie d’aller me balader en forêt avec toi.<br><strong>Lui</strong> – En forêt ?<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Elle</strong> – On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Je peux boire mon café d’abord ?<br><strong>Elle</strong> – D’accord, mais dépêche-toi.<br><em>Il s’apprête à avaler son café.</em><br><em>Noir</em>.</p>
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