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	<title>Archives des Défense animale - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Défense animale - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Lʼeffondré</title>
		<link>https://sketchotheque.net/l%ca%bceffondre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:47:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<category><![CDATA[Effondrement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lʼeffondré, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/l%ca%bceffondre/">Lʼeffondré</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme est là. Un homme arrive.</em><br><strong>Femme</strong> – Bonjour, comment ça va ?<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez vraiment savoir comment ça va ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, bien sûr… Enfin, non, je disais ça par politesse, mais… Pourquoi, quʼest-ce qui ne va pas ?<br><strong>Homme</strong> – Quʼest-ce qui ne va pas ? Les jeux sont faits, chère Madame. Rien ne va plus. Le processus de lʼeffondrement global est déjà enclenché.<br><strong>Femme</strong> – Lʼeffondrement ? Lʼeffondrement de quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Notre propre effondrement ! Lʼeffondrement de notre civilisation ! Si on peut appeler ça une civilisation…<br><strong>Femme</strong> – Ah oui… Notre civilisation… Vous mʼavez fait peur. Jʼai cru que vous parliez de votre toit. Ou du mien.<br><strong>Homme</strong> – Mais cʼest exactement ça ! La maison brûle, et le toit va nous tomber sur la tête.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord… Mais à part ça, ça va ?<br><strong>Homme</strong> – Vous trouvez que tout va bien, vous ?<br><strong>Femme</strong> – Jʼai toujours mes problèmes dʼallergie, mais bon… Ce nʼest pas la fin du monde.<br><strong>Homme</strong> – Eh bien si, justement. Cʼest la fin du monde !<br><strong>Femme</strong> – Vous avez des problèmes dʼallergie, vous aussi ?<br><strong>Homme</strong> – Oui. Je suis allergique à cette société, qui creuse sa tombe avec ses propres dents, en engloutissant jour après jour toutes les ressources de la planète.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Vous avez entendu parler de la déforestation ?<br><strong>Femme</strong> – La déflorestation ? Quʼest-ce que vous voulez…? Il faut bien se faire déflorer un jour. Moi, quand ça mʼest arrivé, jʼavais quinze ans. Cʼétait avec un ami de ma mère et… Mais enfin pourquoi vous me parlez de ça ?<br><strong>Homme</strong> – Les forêts ! Je vous parle des forêts. Ou ce quʼil en reste. La déforestation ! Vous êtes au courant, tout de même ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, enfin… Vite fait…<br><strong>Homme</strong> – Chaque seconde qui passe, la forêt amazonienne perd en surface lʼéquivalent dʼun terrain de football.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui… Ça fait beaucoup de terrains de foot.<br><strong>Homme</strong> – Soixante par minute. Trois mille six cents par heure. 31 536 000 par an.<br><strong>Femme</strong> – Eh ben… On nʼa pas fini de voir du foot à la télé. Moi, cʼest pour ça que jʼai résilié mon abonnement à Canal Plus. Il nʼy a que du foot. Vous aimez le foot, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Je déteste le foot.<br><strong>Femme</strong> – Enfin, lʼAmazonie, cʼest loin. Et puis les Brésiliens, le foot, cʼest leur grande passion, non ?<br><strong>Homme</strong> – LʼAmazonie, chère Madame, cʼest le poumon de notre planète. Quand la forêt amazonienne tousse, cʼest le monde entier qui sʼenrhume.<br><strong>Femme</strong> – Mes poumons, à moi, ils sont allergiques aux pollens dʼarbres. Alors sʼil pouvait y en avoir un peu moins sur Terre, des arbres, je respirerais sûrement déjà mieux. Jʼai demandé à ma voisine dʼélaguer un peu ses platanes, mais elle ne veut rien savoir. Que voulez vous que je fasse ? Si cʼétait une chienne qui aboyait trop fort, je pourrais toujours lui lancer une boulette de viande à lʼarsenic. Mais un arbre… Quʼest-ce quʼon peut bien faire contre un arbre ? Je ne peux pas lʼempoisonner. Je veux dire lʼarbre, pas ma voisine. Encore que… Je pourrais lui offrir une pomme empoisonnée… Jʼai un pommier, dans mon jardin.<br><strong>Homme</strong> – Et le réchauffement climatique, vous en avez entendu parler ?<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vrai que depuis quelques années, on a de très belles arrière-saisons. Lʼan passé, je nʼai remis le chauffage en marche quʼau mois dʼoctobre. Au prix où est le fioul, ça fait quand même des économies…<br><strong>Homme</strong> – Et le travail des enfants ?<br><strong>Femme</strong> – Ah oui, alors ça, le travail des enfants, cʼest un vrai problème. Moi, ça me révolte. Jʼai sept petits-enfants, et malheureusement, je ne suis pas sûre quʼils en trouvent, du travail, quand ils auront fini leurs études.<br><strong>Homme</strong> – Et le bien-être animal ?<br><strong>Femme</strong> – Les gens qui abandonnent leur chat sur une aire dʼautoroute au moment des vacances, on devrait les castrer. Bon, moi jʼai fait castrer le mien, mais ça sʼest fait à la clinique vétérinaire. Vous nʼavez pas idée de ce que ça coûte, ces petites bêtes-là. Dʼailleurs, jʼai pris une mutuelle…<br><strong>Homme</strong> – Je vous parle des abattoirs, Madame !<br><strong>Femme</strong> – Les abattoirs… Vous avez raison… Jʼai vu un reportage là-dessus à la télé la semaine dernière. Quand on voit ces pauvres gens qui travaillent à la chaîne là-dedans toute la journée. Couverts de sang. Pour un salaire de misère. Franchement, je les plains. Enfin, si on veut manger un bon steak de temps en temps… Moi je dis que les abattoirs, cʼest comme les hôpitaux. On devrait considérer ça comme un service public. Ces gens-là ne sont pas assez payés. On ne trouve plus personne pour travailler dans les abattoirs… Avec le chômage quʼil y a en France. Vous travailleriez dans un abattoir, vous, même si cʼétait bien payé ?<br><strong>Homme</strong> – Ce que je suis en train de vous expliquer, chère Madame, cʼest que nous allons tous mourir…<br><strong>Femme</strong> – Et je suis bien dʼaccord avec vous ! Cʼest ce que je dis toujours à ma mère, dʼailleurs. Elle a quatre-vingt-douze ans, ma mère. On va tous mourir, alors bon. Que ça soit de ça ou dʼautre chose. Ce nʼest pas la peine de se priver. Non parce que ma mère, si on lui interdit son paquet de cigarillos tous les jours, et son petit verre de rhum après chaque repas. Je crois que ça, ça lʼachèverait. Vous fumez vous ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez bien raison. Vous ne buvez pas non plus, je suppose.<br><strong>Homme</strong> – Non plus.<br><strong>Femme</strong> – Dans sa maison de retraite, on lʼappelle Fidel.<br><strong>Homme</strong> – Fidèle ?<br><strong>Femme</strong> – Comme Fidel Castro ! À cause des cigares et du rhum. Peut-être un peu à cause de la barbe, aussi… Vous avez une mère, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Tout le monde a une mère, non ?<br><strong>Homme</strong> – La mienne est morte la semaine dernière, dʼun virus informatique.<br><strong>Femme</strong> – Un virus informatique ?<br><strong>Homme</strong> – Un virus qui a muté depuis un ordinateur australien pour sʼadapter à lʼautruche, et puis qui sʼest transmis à lʼhomme. Surtout ceux qui avaient déjà tendance à faire lʼautruche.<br><strong>Femme</strong> – Je vois. Alors cʼest pour ça que… Je voyais bien que ça nʼavait pas lʼair dʼaller.<br><strong>Homme</strong> – Je suis effondré.<br><strong>Femme</strong> – Désolée, vraiment. Si je peux faire quelque chose pour vous… Mais pour lʼinstant, je vais devoir vous abandonner. Il faut que jʼaille nourrir mon chat. Parce que lui aussi, sʼil nʼa pas son petit steak haché tous les jours. Alors bonne journée !<br><strong>Homme</strong> – Bonne journée à vous, chère Madame.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Insecticide</title>
		<link>https://sketchotheque.net/insecticide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:03:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
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		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Abeille]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[Fourmi]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Insecte]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Insecticide, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme et une femme sont assis lʼun à côté de lʼautre. Il fait des mots-croisés. Elle regarde quelque chose sur sa propre main. Il le remarque.<br></em><strong>Homme</strong> – Quʼest-ce que tu regardes ?<br><strong>Femme</strong> – Une fourmi.<br><strong>Homme</strong> – Il y en a encore plein dans la maison. Je leur ai pourtant mis du poison, mais ça nʼa pas lʼair de leur plaire.<br><strong>Femme</strong> – Parce quʼen plus, ça devrait leur plaire ?<br><strong>Homme</strong> – Le produit ! Ça nʼa pas lʼair de les attirer…<br><strong>Femme</strong> – Ça ne risque pas dʼattirer le chat, au moins ? Il est tellement con, ce chat.<br><strong>Homme</strong> – Cʼest dans une petit boîte avec des ouvertures tout autour. Elles sont supposées rentrer là-dedans, bouffer le poison, et le ramener à la fourmilière pour empoisonner toutes les autres.<br><strong>Femme</strong> – Génial…<br><strong>Homme</strong> – Tu parles… Elles passent devant la boîte. Certaines sʼarrêtent pour regarder, mais personne ne rentre.<br><strong>Femme</strong> – Si elles refusent de collaborer, alors…<br><strong>Homme</strong> – Surtout que ce nʼest pas donné, ce piège à la con.<br><strong>Femme</strong> – Peut-être que ce nʼest pas si con que ça, une fourmi, finalement. Je me demande si ce nʼest pas toi qui tʼes fait piéger.<br><strong>Homme</strong> – Ouais…<br><strong>Femme</strong> – Et quʼest-ce quʼelles tʼont fait exactement, ces fourmis. Je veux dire… personnellement.<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Des fourmis, dans une maison… Ça ne fait pas très propre, non ?<br><em>Elle continue à regarder la fourmi.</em><br><strong>Femme</strong> – Celle-là a lʼair bien en forme, en tout cas.<br><strong>Homme</strong> – Tant mieux pour elle.<br><strong>Femme</strong> – On dirait quʼelle a conscience dʼavoir échappé de peu à un génocide.<br><strong>Homme</strong> – Je crois que dans ce cas, on dirait plutôt un insecticide.<br><strong>Femme</strong> – Ou un fourmicide. (<em>Elle observe la fourmi.</em>) Je me demande si les fourmis ont une vie privée…<br><strong>Homme</strong> – Une vie privée ? Tu veux dire… comme nous ? Après leur journée de boulot, est-ce quʼelles rentrent chez elles pour regarder un peu la télé avant dʼaller se coucher ? Histoire dʼêtre en forme pour retourner bosser le lendemain…<br><strong>Femme</strong> – Est-ce quʼelles ont la moindre existence individuelle, ou est-ce que chaque fourmi nʼest quʼun simple rouage de la fourmilière ? Une pièce détachée, en quelque sorte…<br><strong>Homme</strong> – Je crois que cʼest Descartes qui parlait des animaux machines.<br><strong>Femme</strong> – Comme quoi les philosophes disent beaucoup de conneries. Je pense, donc je suis… Tu parles dʼune trouvaille…<br><strong>Homme</strong> – Tu as raison, ce nʼest pas parce quʼune fourmi ne pense pas quʼelle nʼexiste pas…..<br><em>Elle regarde la fourmi sur sa main.</em><br><strong>Femme</strong> – Et puis comment être vraiment sûre que cette fourmi ne pense pas ? On nʼest pas dans sa tête…<br><strong>Homme</strong> – Je veux bien que ce con de chat pense à quelque chose, de temps en temps. À bouffer, par exemple. Mais un insecte…<br><strong>Femme</strong> – Tu crois quʼun insecte, ça ne pense pas ?<br><strong>Homme</strong> – Cʼest pour ça quʼon nʼa aucun scrupule à les exterminer, non ? Tu imagines aller chez le droguiste et lui demander un produit pour empoisonner les oiseaux, parce quʼils font des crottes partout sur la terrasse ?<br><strong>Femme</strong> – Non.<br><strong>Homme</strong> – Les fourmis, on nʼa même pas besoin de fournir un mobile pour acheter de quoi les exterminer. Le poison est en vente libre. On en fait même la pub à la télé. En lʼoccurrence, le produit nʼest pas très efficace, mais bon…<br><strong>Femme</strong> – Alors on a plus dʼempathie pour les oiseaux, qui sont les descendants des dinosaures, que pour les fourmis, qui sont pourtant des animaux sociaux, comme nous…<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, pour reprendre ta question, les oiseaux ont certainement une vie privée. Au printemps, ils essaient de se trouver un partenaire, ils vivent en couple dans un nid, ils élèvent les gosses ensemble…<br><strong>Femme</strong> – Et ce serait cette vision anthropomorphique des oiseaux qui expliquerait quʼon les protège, alors quʼon massacre les fourmis sans se poser de questions ?<br><strong>Homme</strong> – Pas seulement les fourmis. Les mouches ou les moustiques aussi, on les écrase en toute impunité et avec un plaisir sadique.<br><strong>Femme</strong> – Dʼautant quʼeux, ce ne sont même pas des animaux sociaux.<br><strong>Homme</strong> – Non, les insectes… À part les abeilles parce quʼelles font du miel…<br><strong>Femme</strong> – On considère que les insectes sont totalement dénués de sensibilité.<br><strong>Homme</strong> – Cʼest vrai que ce nʼest pas très affectueux une blatte, et on nʼa jamais vu personne prendre un hanneton comme animal domestique. Un serpent ou un reptile, à la rigueur. Un insecte, jamais.<br><em>Elle regarde à nouveau sa main.</em><br><strong>Femme</strong> – La saloperie, elle mʼa piquée, dis-donc… Quelle ingratitude. Moi qui essayais dʼêtre un peu indulgente avec son espèce.<br><em>Elle écrase la fourmi en se donnant une tape sur la main.</em><br><strong>Homme</strong> – Ah… Ton premier fourmicide… Tu verras, il nʼy a que le premier pas qui coûte.<br><strong>Femme</strong> – Ça devait être une fourmi rouge.<br><strong>Homme</strong> – Et voilà… Même avec les fourmis, on ne peut pas sʼempêcher de faire de la discrimination.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Partie de pêche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/partie-de-peche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 07:49:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Pêcheur]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Eléphant]]></category>
		<category><![CDATA[Poisson]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Partie de pêche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier est en train de pêcher. Le deuxième arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Ça mord ?<br><strong>Un</strong> – Je viens d’arriver…<br><strong>Deux</strong> – Vous appâtez à quoi ?<br><strong>Un</strong> – Mie de pain…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Vous avez essayé le… Merde, comment ça s’appelle, déjà…? La… Ce qu’on trouve dans le camembert ! Les… Voyez ce que je veux dire ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – C’est pas grave, ça me reviendra tout à l’heure…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes pêcheur ?<br><strong>Deux</strong> – Non ! J’aurais jamais la patience… Rester des heures immobile à rien faire, comme ça, en attendant que ça morde… Si ça mord ! Vous ne vous ennuyez jamais ?<br><strong>Un</strong> – C’est une façon d’être un peu tranquille…<br><strong>Deux</strong> – Non, je préfère encore la chasse…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes chasseur ?<br><strong>Deux</strong> – Non. Mais si je devais choisir, je préférerais la chasse. Il y a plus d’action. Et puis au moins, on fait un peu d’exercice. Parce que rester assis comme ça toute la journée… Je ne sais pas comment vous faites.<br><strong>Un</strong> – C’est reposant. On écoute le bruit de l’eau qui coule…<br><strong>Deux</strong> (<em>hurlant</em>) – Les asticots ! Dans le camembert ! Pour appâter ! Les asticots, c’est le mot que je cherchais ! Vous avez essayé, les asticots ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Vous devriez.<br><strong>Un</strong> – Une autre fois, peut-être…<br><strong>Deux</strong> – Un safari… Ça, ça me dirait bien… Au Kenya, par exemple… Vous connaissez, le Kenya ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – La chasse au gros. Une dizaine d’éléphants qui vous foncent dessus. Pan ! Entre les deux yeux ! Après, il y a intérêt à se garer, pour pas être aplati par le troupeau.<br><strong>Un</strong> – C’est interdit, maintenant, la chasse à l’éléphant…<br><strong>Deux</strong> – Oui, j’ai vu un reportage là dessus. Il paraît qu’ils se remettent à proliférer. Et ils deviennent agressifs ! Ils s’attaquent aux hommes… Sans raison, comme ça… Ils foncent sur tout ce qui bouge… Il y a eu des morts, hein ! À ce qu’il paraît, c’est parce qu’ils se souviennent d’avoir été chassés il y a des dizaines d’années. Ceux qui en ont réchappé avec une patte folle, une oreille en moins ou une balle dans la trompe. Et les éléphanteaux qui ont vu leurs parents se faire massacrer sous leurs yeux. Même cinquante ans après, ils se souviennent, et ils se mettent à charger dès qu’ils voient un quatre-quatre qui passe à proximité… C’est que ça vit très vieux, un éléphant. Et ça a de la mémoire… Vous n’avez pas une touche, là ?<br><strong>Un</strong> – C’est le vent…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous en faites, quand vous en attrapez un ? Vous le mangez…?<br><strong>Un</strong> – Je le rejette à l’eau…<br><strong>Deux</strong> – Alors ça ne sert vraiment à rien… Mais ils doivent être un peu amochés, quand vous les rejetez à l’eau, non ? Avoir un crochet qui vous transperce la joue, comme ça, ça doit pas faire du bien… (<em>L’autre reste impassible.</em>) On dit que manger du poisson, c’est bon pour la mémoire… Vous croyez que ça a de la mémoire, un poisson ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>À la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:32:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=724</guid>

					<description><![CDATA[<p>À la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est là, habillé comme un enfant. Une femme arrive, également habillée comme une enfant.</em><br><strong>Deux</strong> – Eh ben alors, qu’est-ce qui t’arrive ? Ça n’a pas l’air d’aller ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Où est-ce qu’ils sont tes enfants ?<br><strong>Un</strong> – Mes enfants viennent de m’abandonner.<br><strong>Deux</strong> – En pleine rue, comme ça ? Mais c’est monstrueux ! Comment peut-on faire ça à un adulte ? C’étaient tes enfants naturels ?<br><strong>Un</strong> – Non, j’ai été adopté. Ils m’avaient recueilli à la SPA il y a à peine un an…<br><strong>Deux</strong> – La SPA ?<br><strong>Un</strong> – La Société protectrice des adultes.<br><strong>Deux</strong> – Et voilà ! Les enfants ont perdu tout sens des responsabilités, de nos jours. Ils prennent un parent de compagnie sur un coup de tête, sans réfléchir à toutes les contraintes que ça représente, le nourrir, l’habiller, le promener… Et quand ils en ont assez, ils l’abandonnent sur le trottoir. Un adulte, ce n’est pas un objet, quand même ! Ce n’est pas un jouet !<br><strong>Un</strong> – Tu ne veux pas m’adopter, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Mon pauvre. Ce serait de bon cœur, mais je suis déjà moi-même l’adulte domestique d’une famille de cinq frères et sœurs. Alors si je revenais avec un compagnon à la maison, je ne suis pas sûre qu’ils seraient d’accord…<br><strong>Un</strong> – Dommage. Tu avais l’air gentille. Et tes enfants, ils te traitent bien au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Une fois, ils m’ont oubliée dans une station-service en partant en vacances, mais ils ne l’avaient pas fait exprès. Qu’est-ce que j’ai eu peur… J’ai cru moi aussi qu’ils m’avaient abandonnée ! Mais non, ils sont revenus me chercher une heure après…<br><strong>Un</strong> – Une heure ?<br><strong>Deux</strong> – La sortie suivante était à plus de cinquante kilomètres… Alors qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Tu es tatoué au moins ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Ils m’ont tatoué leur numéro de portable sur l’épaule gauche…<br><strong>Deux</strong> – C’est quand même une marque de confiance.<br><strong>Un</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Deux</strong> – Ça veut dire qu’au début au moins, ils n’avaient pas l’intention de t’abandonner… Encore que, sur l’épaule gauche, ça ne doit pas être facile à lire pour toi, ce numéro.<br><strong>Un</strong> – Heureusement, je connais le numéro par cœur…<br><strong>Deux</strong> – Et tu as essayé de les appeler ?<br><strong>Un</strong> – Je tombe sur une boîte vocale. Ils ont peut-être changé de numéro.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr qu’ils l’ont fait exprès?<br><strong>Un</strong> – On était dans la rue. Je marchais devant. À un moment donné, je me suis retourné et ils n’étaient plus là.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, les enfants font souvent ça quand ils veulent se débarrasser de leurs adultes… Bon, malheureusement, je vais devoir t’abandonner moi aussi.<br><strong>Un</strong> – M’abandonner ?<br><strong>Deux</strong> – Enfin, je veux dire… Mes enfants sont dans ce magasin de jouets, là. C’est interdit aux adultes. Mais ils ne vont pas tarder à ressortir…<br><em>Le portable de l’autre sonne.</em><br><strong>Un</strong> – Allô ? Ah c’est vous ! Non, non, j’ai cru que… Enfin je croyais vous avoir perdus… Ah vous êtes dans ce magasin aussi ? Oui, oui, je suis juste devant avec un autre adulte. Non, non, je vous attends. Prenez votre temps… (Il range son portable.) C’était eux…<br><strong>Deux</strong> – Eh ben tu vois, il ne fallait pas avoir peur… Les enfants, quand même, ils ne nous abandonnent pas comme ça.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Je me suis emballé un peu vite… Je suis un peu émotif. Tu habites dans le quartier ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, oui… Juste au bout de la rue…<br><strong>Un</strong> – On pourra se voir de temps en temps alors…<br><em>Il semble apercevoir quelque chose.</em><br><strong>Un</strong> – Cette fois, il faut absolument que je te laisse. Je les vois qui sortent du magasin, et ils ont horreur d’attendre… (<em>En direction des coulisses</em>) Oui, oui, j’arrive ! Alors vous avez trouvé quelque chose qui vous plaît ?<br><em>Il sort. L’autre reste là, pensive.</em><br><strong>Deux</strong> – Quelle vie de chien…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« À la rue » est une fantaisie poétique et sociale pleine de tendresse et d’ironie. En inversant les rôles — les adultes deviennent les animaux de compagnie des enfants — le sketch renverse notre imaginaire quotidien avec une cohérence troublante. L’absurde y est traité avec une grande douceur, presque mélancolique.<br>On y retrouve les codes de la comédie animalière et du fait divers (abandon, tatouage, adoption, culpabilité…) transposés à l’humain dans un monde fictionnel inversé mais pourtant très cohérent. C’est drôle, inattendu, mais aussi profondément critique à l’égard d’une société de consommation qui traite les relations humaines comme des contrats temporaires, où tout peut être rendu ou remplacé.<br>Le style enfantin des répliques, le décor (devant un magasin de jouets), et le retournement final renforcent un sentiment d’inconfort joyeux. On en rit… mais on y repense après. Le sketch s’achève d’ailleurs sur un soupir existentiel “Quelle vie de chien…”.</p>
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		<item>
		<title>Farniente</title>
		<link>https://sketchotheque.net/farniente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:51:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Abeille]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[Dinosaure]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Fourmi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=587</guid>

					<description><![CDATA[<p>Farniente, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alban et Ève.<br></em><strong>Alban</strong> – Ça fait du bien d’être en vacances…<br><strong>Ève</strong> – Enfin !<br><strong>Alban</strong> – Ne penser à rien.<br><strong>Ève</strong> – Ne rien faire.<br><strong>Alban</strong> – Ne voir personne.<br><strong>Ève</strong> – Le pied intégral.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est le bout du monde, ici.<br><strong>Ève</strong> – C’est ce qu’on voulait, non ? Être tranquille.<br><strong>Alban</strong> – Ça pour être tranquille, on est tranquille.<br><strong>Alban</strong> – Pas d’ordinateur…<br><strong>Ève</strong> – Pas de téléphone.<br><strong>Alban</strong> – De toute façon, il n’y a pas de réseau.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Ève</strong> – Tu crois qu’on va tenir trois semaines ?<br><strong>Alban</strong> – Les trois premiers jours seront peut-être un peu difficiles. Comme quand on arrête de fumer. Après, ça ira.<br><strong>Ève</strong> – Il faut avouer que c’est magnifique.<br><strong>Alban</strong> – Oui. C’est vraiment le paradis.<br><strong>Ève</strong> – L’endroit idéal pour se reposer et tout oublier.<br><strong>Alban</strong> – On se demande comment on fait pour vivre en ville toute l’année.<br><strong>Ève</strong> – C’est vrai qu’un peu de verdure…<br><strong>Alban</strong> – Au moins, on respire.<br><strong>Ève</strong> – Et puis ce silence…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Alban</strong> – Limite, ça ferait mal aux oreilles.<br><strong>Ève</strong> – Quand on n’est plus habitués…<br><strong>Alban</strong> – Et quel dépaysement.<br><strong>Ève</strong> – C’est sûr.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – On n’est pas déjà venus, ici ?<br><strong>Ève</strong> – Ici ? On s’en souviendrait…<br><strong>Alban</strong> – En même temps, la campagne… C’est partout pareil, non ?<br><strong>Ève</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est vraiment isolé, quand même.<br><strong>Ève</strong> – Ça, on ne va pas être dérangés par les voisins.<br><strong>Alban</strong> – C’est limite inquiétant. Si on avait un problème.<br><strong>Ève</strong> – Quel problème on pourrait bien avoir ? On est en vacances.<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas, moi… Un accident domestique…<br><strong>Ève</strong> – Tu feras attention en lavant la salade.<br><strong>Alban</strong> – Une hémorragie cérébrale… Un infarctus… Le temps que le SAMU arrive…<br><strong>Ève</strong> – Tu as raison, on aurait dû apporter un défibrillateur.<br><strong>Alban</strong> – Tu crois ?<br><strong>Ève</strong> – On mène une vie de dingue toute l’année. Ce serait un comble qu’on ait un infarctus maintenant. On ne peut pas être plus au calme qu’ici !<br><strong>Alban</strong> – Justement, le cœur n’est plus habitué. Tout cet oxygène, d’un seul coup. J’ai l’impression d’avoir fumé un pétard.<br><strong>Ève</strong> – Tout de même, ça fait du bien d’avoir un peu d’espace pour respirer. De ne plus être entassés au bureau comme des poulets dans un élevage en batterie.<br><strong>Alban</strong> – Ou serrés comme des sardines dans le métro.<br><strong>Ève</strong> – Même pas une vache à l’horizon.<br><em>Alban regarde par terre.</em><br><strong>Alban</strong> – Nos seuls voisins immédiats, c’est les fourmis.<br><em>Ève jette un regard aussi vers le sol.</em><br><strong>Ève</strong> – Et elles, elles ont l’air de bosser.<br><strong>Alban</strong> – Oui, elles en mettent un coup.<br><strong>Ève</strong> – Regarde, celle-là transporte le cadavre d’une libellule trois plus grosse qu’elle.<br><strong>Alban</strong> – Peut-être une libellule en vacances ici qui est morte d’ennui.<br><strong>Ève</strong> – Ou qui a succombé à un AVC avant que les secours ne puissent intervenir.<br><strong>Alban</strong> – En tout cas, elles n’arrêtent pas.<br><strong>Ève</strong> – C’est à se demander si elles n’en font pas un peu trop.<br><strong>Alban</strong> – Les fourmis, ça ne prend jamais de vacances.<br><strong>Ève</strong> – C’est clair. Les congés payés, c’est le propre de l’homme.<br><strong>Alban</strong> – Remarque, ça dépend, il y a aussi des animaux très branleurs.<br><strong>Ève</strong> – Ah oui ?<br><strong>Alban</strong> – Je dirais que le mammifère en général est très branleur.<br><strong>Ève</strong> – Le paresseux, c’est un mammifère ?<br><strong>Alban</strong> – En tout cas, l’homme est un mammifère.<br><strong>Ève</strong> – Ah oui…?<br><strong>Alban</strong> – Tu ne ponds pas des œufs, si ?<br><strong>Ève</strong> – Ce sont les insectes, surtout, qui ne pensent qu’à bosser.<br><strong>Alban</strong> – Les insectes sociaux, comme on dit… Les fourmis, les abeilles, les termites…<br><strong>Ève</strong> – Ouais… Elles bossent du soir au matin, 365 jours par an. Elles n’en ont rien à foutre qu’on soit en vacances ou pas.<br><strong>Alban</strong> – En fait, elles n’en ont rien à foutre qu’on existe en général.<br><strong>Ève</strong> – Elles vivent à côté de nous. Elles nous ignorent.<br><strong>Alban</strong> – Je dirais même qu’elles nous méprisent. On ne les dérange pas quoi.<br><strong>Ève</strong> – L’homme a réussi à exterminer presque tous les mammifères sauvages. Les autres, il en a fait des esclaves domestiques ou de la viande rouge. Mais les insectes, eux, ils sont toujours là, ils continuent leurs petites affaires. Ils font comme si on n’était pas là, en fait.<br><strong>Alban</strong> – Sans parler des oiseaux.<br><strong>Ève</strong> – Quoi, les oiseaux ?<br><strong>Alban</strong> – Tu les entends chanter ? On dirait qu’ils nous narguent.<br><strong>Ève</strong> – Si seulement on arrivait à comprendre ce qu’ils disent…<br><strong>Alban</strong> – Je crois que j’ai une petite idée.<br><strong>Ève</strong> – Quoi ?<br><strong>Alban</strong> – Ils doivent dire quelque chose comme : On est des dinosaures, et on est toujours là.<br><strong>Ève</strong> – C’est vous qui êtes en voie d’extinction, et nous on vous emmerde…<br><strong>Alban</strong> – Tu crois que les dinosaures reprendront leur taille normale quand les hommes auront disparu.<br><strong>Ève</strong> – Peut-être. Ils se font discrets, parce qu’on est là.<br><strong>Alban</strong> – Ils attendent que le vent tourne, pour redevenir des monstres.<br><strong>Ève</strong> – Heureusement, on ne sera plus là pour voir ça…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – Je suis à peu près sûr qu’on est déjà venus là en vacances.<br><strong>Ève</strong> – Quand ça ?<br><strong>Alban</strong> – Ce n’était pas l’année dernière ?<br><strong>Ève</strong> – Ah, oui, peut-être… Mais il y avait plus de monde, non ?<br><strong>Alban</strong> – Et il y avait moins de fourmis…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Cœur sensible</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coeur-sensible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 17:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Boucherie]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[L214]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=522</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cœur sensible, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière son comptoir. Il lit le journal. Un homme et une femme arrivent. Ils s’asseyent à une table.</em><br><strong>Elle</strong> – Je te préviens, je n’ai pas beaucoup de temps… Je reprends mon service dans une heure. Et mon patron n’attend qu’une occasion pour me virer…<br><strong>Lui</strong> – Merci de me sacrifier ta pause déjeuner.<br><strong>Elle</strong> – Non, mais je ne te sacrifie rien… (<em>Regardant la carte</em>) Je vais manger quelque chose. Pas toi ?<br><strong>Lui</strong> – Si, si, bien sûr, je veux dire… Merci d’avoir accepté de déjeuner avec moi.<br><em>Elle repose la carte. Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Donc, tu avais quelque chose à me dire…<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Elle</strong> – Je t’écoute…<br><em>Le patron lance un regard intrigué vers eux.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas trop comment te dire ça…<br><strong>Elle</strong> – Comme on n’a pas trop le temps, je vais t’aider un peu… Tu veux sortir avec moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> (<em>pris de court</em>) – Oui, enfin…<br><em>Le patron arrive, interrompant cette scène un peu pathétique.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> – Une salade niçoise… sans anchois et sans thon.<br><strong>Lui</strong> (<em>pour plaisanter</em>) – Un jambon-beurre… sans beurre. (<em>La femme ne rit pas et le patron lui lance un regard glacial.</em>) Non, je déconne. Un jambon-beurre, s’il vous plaît.<br><strong>Patron</strong> – Une niçoise et un Paris-beurre. C’est parti.<br><em>Le patron repart.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu manges de la viande ?<br><strong>Lui</strong> – Euh… oui. Enfin, non.<br><strong>Elle</strong> – Mais tu manges du jambon…<br><strong>Lui</strong> – Oui, mais… Du jambon, ce n’est pas vraiment de la viande, si ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as vu la dernière enquête de L214 sur l’élevage des cochons en cage ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Je pense que si tu l’avais vue, tu ne mangerais plus de jambon…<br><strong>Lui</strong> – Excuse-moi, je… Je ne savais pas…<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que disaient les Allemands après la guerre au sujet des camps.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’ils disaient ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne savais pas…<br><strong>Lui</strong> – D’accord… donc… tu es végétarienne.<br><strong>Elle</strong> – Vegan.<br><strong>Lui</strong> – OK…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne connais pas la différence, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Je ne mange aucun produit d’origine animale. Je ne porte pas de cuir, non plus. Pas de fourrure, évidemment.<br><strong>Lui</strong> – De ce temps-là…<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Non, je veux dire… Moi non plus, je ne porte pas de fourrure. C’est déjà un début, non ?<br><strong>Elle</strong> – Écoute, je vais être franche avec toi, je ne pourrais jamais sortir avec un type qui bouffe du jambon. Mais on peut être amis, si tu veux… On n’est pas sectaires, non plus.<br><strong>Lui</strong> – C’est si grave que ça ? Je veux dire… C’est juste une tranche de jambon.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais dans quelles conditions il a été élevé, ce cochon ? Comment il a vécu ? Dans quelles conditions il a été abattu ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu as déjà visité un élevage de porcs ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu as déjà visité un abattoir ?<br><strong>Lui</strong> – Non… et toi ?<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus, mais j’ai vu beaucoup de vidéos là-dessus.<br><strong>Lui</strong> – OK… Non, mais… je n’y tiens pas plus que ça, moi, au jambon… Enfin, je veux dire… à la viande en général.<br><strong>Elle</strong> – Donc, tu pourrais devenir vegan, juste pour sortir avec moi ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas ? Bien sûr ! Absolument…<br><strong>Elle</strong> – Et si j’étais musulmane ou juive, que je te demandais de ne plus manger de porc et de te convertir à ma religion, tu le ferais ?<br><strong>Lui</strong> – Tu es musulmane ?<br><strong>Elle</strong> – C’est juste une supposition. Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Peut-être… Je suis catholique, mais… C’est comme pour la viande, je n’y tiens pas plus que ça…<br><strong>Elle</strong> – Tu es vachement influençable, en fait.<br><strong>Lui</strong> – Ou alors… je tiens vachement à sortir avec toi.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… mais ce ne serait pas par conviction.<br><strong>Lui</strong> – Que je sortirais avec toi ?<br><strong>Elle</strong> – Que tu arrêterais la viande ! Ce serait juste pour sortir avec moi.<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Elle</strong> – Et dès que je t’aurais largué, tu te remettrais à bouffer de la viande.<br><strong>Lui</strong> – On ne sort pas encore ensemble, et tu envisages déjà de me larguer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est quoi ta pire expérience alimentaire ?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Le pire repas de ta vie, si tu préfères.<br><strong>Lui</strong> (<em>plaisantant</em>) – J’espère que ça ne va pas être celui-ci… (<em>Elle reste à nouveau de marbre</em>.) Non, je… Je ne sais pas…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien moi, je peux te le dire.<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><em>Éventuellement une musique mélodramatique accompagne le récit de cet épisode traumatique.</em><br><strong>Elle</strong> – Je devais avoir une dizaine d’années. On était invités avec mes parents chez des amis à eux. Un médecin et sa femme. Ce n’était pas vraiment des amis, en fait. C’était juste nos nouveaux voisins. Ma mère les avait invités une première fois pour leur souhaiter la bienvenue dans le quartier, et ils nous rendaient l’invitation. Mes parents sont des gens très simples. Ça devait les flatter d’être invités à dîner chez un chirurgien. Ils s’attendaient sans doute à ce que ces grands bourgeois mettent les petits plats dans les grands. Donc on prend l’apéro, on bavarde un peu et on se met à table. C’est vrai que la vaisselle était en porcelaine, et la nappe d’une blancheur immaculée. Il y avait tellement de couverts sur la table qu’on se demandait lequel prendre pour commencer. Arrive le plat principal, après une salade verte, et qu’est-ce que le chirurgien met sur la table ?<br>La musique s’arrête brusquement.<br><strong>Lui</strong> – Tu me fais peur…<br><strong>Elle</strong> – Un cœur !<br><em>Blanc.</em><br><strong>Lui</strong> – Un cœur humain ?<br><strong>Elle</strong> – Non quand même… Enfin je ne crois pas. Un cœur de bœuf, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – Un cœur de bœuf… Je ne savais même pas que ça se mangeait… Le mou, à la rigueur… Pour les chats… C’est du poumon, je crois… Mais un cœur !<br><strong>Elle</strong> – Et ces deux sadiques ont encore le culot de nous demander si on aimait ça.<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Mes parents sont des gens extrêmement polis… Alors invités chez un docteur, tu penses bien… Donc ma mère de répondre poliment : mais bien sûr, vous pensez bien. On n’en a jamais mangé, mais bon. Il faut bien une première fois, pas vrai ?<br><strong>Lui</strong> – Oh putain…<br><strong>Elle</strong> – Et mon père qui en remet une couche : Ah oui, du cœur de bœuf, c’est original, ça change un peu. C’est vrai, on n’y pense jamais, on devrait en faire plus souvent, hein chérie ? Moi, je suis prise d’un haut-le-cœur, évidemment. Je dis que je n’aime pas ça. Ma mère insiste : tant qu’on n’a pas goûté, on ne peut pas dire qu’on aime pas ça ! Et le docteur de nous faire la leçon : vous savez que chez les peuples primitifs, les guerriers mangeaient le cœur de leurs ennemis pour s’approprier leur force ? Et la femme du docteur d’en rajouter : en tout cas, c’est très bon pour la santé, le cœur de bœuf. C’est plein de protéines. Et ne dit-on pas « fort comme un bœuf »… Et me voilà avec un énorme morceau de cœur dans mon assiette.<br><strong>Lui</strong> – Il n’y avait rien d’autre à bouffer ?<br><strong>Elle</strong> – De la salade verte.<br><strong>Lui</strong> – Du cœur avec de la salade…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas facile à couper non plus, je peux te le dire. Genre une semelle en caoutchouc, tu vois ? Tu en as déjà mangé ?<br><strong>Lui</strong> – Une semelle en caoutchouc…?<br><strong>Elle</strong> – Et tout le monde de mastiquer son cœur de bœuf avant de se forcer à l’avaler. Le tout en parlant de la pluie et du beau temps, pour faire comme si tout ça était parfaitement normal.<br><strong>Lui</strong> – Et c’est bon ? Enfin, je veux dire… Quel goût ça a ?<br><strong>Elle</strong> – Aucun. Ça a la consistance d’un chewing-gum. Depuis, je n’ai plus jamais mâché de chewing-gum. Et surtout, du jour au lendemain, je suis devenue vegan. Avant même que le mot existe. Je me demande même si ce n’est pas moi qui ai inventé le concept…<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Il y a de quoi être traumatisée pour toujours…<br><strong>Elle</strong> – Attends… et si c’est toi qui avais raison…?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Maintenant, je me demande si c’était vraiment un cœur de bœuf.<br><strong>Lui</strong> – Non ?<br><strong>Elle</strong> – Ben c’était un chirurgien, tu vois… Quand ils transplantent un nouveau cœur à un patient, on ne sait pas trop ce qu’ils font de l’ancien. J’imagine qu’il n’y a pas beaucoup de malades qui demandent à le récupérer pour le garder en souvenir dans un bocal.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’il y a des chirurgiens cannibales ?<br><em>Le patron revient avec le sandwich et la salade.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà. Un Paris-beurre et une niçoise sans anchois ni thon. J’ai mis du maquereau à la place. (<em>La fille lui lance un regard assassin, et il poursuit pince-sans-rire</em>.) Je plaisante. Bon appétit.<br><em>L’homme regarde son sandwich, avant de le repousser.</em><br><strong>Lui</strong> – Non, c’est toi qui as raison. Ce ne serait pas honnête de ma part.<br><strong>Elle</strong> – Quoi<br><strong>Lui</strong> – D’arrêter la viande juste pour sortir avec toi. Il faut que j’y crois.<br><strong>Elle</strong> – C’est sûr…<br><strong>Lui</strong> – Le problème, c’est que d’arrêter la viande, c’est comme d’arrêter la clope. Quand on est accro…<br><strong>Elle</strong> – Donc tu renonces à…<br><strong>Lui</strong> – Je sais ce que j’ai à faire.<br><strong>Elle</strong> – Là c’est toi qui me fais peur.<br><strong>Lui</strong> – Je vais aller à la boucherie juste en face. Je vais acheter un cœur de bœuf, et je vais le bouffer tout entier. Après, je pense que je serai définitivement dégoûté de la viande. Comme toi.<br><strong>Elle</strong> – Tu ferais ça pour moi ? Tu boufferais un cœur de bovin ?<br><strong>Lui</strong> – À ton avis ?<br><em>Il se lève. Surprise, elle se lève aussi.</em><br><strong>Elle</strong> – Mais… tu y vas maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – Si je réfléchis trop, je risque de ne pas y arriver.<br><strong>Elle</strong> – Et… tu as une recette ?<br><strong>Lui</strong> – Je vais le bouffer cru. Je suis un guerrier, non ?<br><strong>Elle</strong> – Bon…<br><strong>Lui</strong> – Allez, souhaite-moi bonne chance.<br><em>Il l’enlace et, jouant sur l’effet de surprise, il l’embrasse longuement et fougueusement sur la bouche. Il sort. Elle le regarde partir, interloquée. Le patron, qui a tout vu, revient.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça ne lui a pas plu, le Paris-beurre ?<br><strong>Elle</strong> – Il a décidé de devenir vegan.<br><strong>Patron</strong> – En tout cas, il a l’air vraiment motivé…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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