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	<title>Archives des Bijou - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Bijou - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>La chambre mauve</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-chambre-mauve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 11:53:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chambre mauve, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>L’Inspecteur Ramirez (tenue négligée façon Columbo) arrive à la réception d’un palace. Il s’approche du réceptionniste qui le regarde arriver avec un air hautain.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Si vous cherchez un endroit pour passer la nuit, mon brave, je vous conseillerais plutôt…<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Ramirez… Vous m’avez appelé au sujet d’un vol de bijoux.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ah, oui… Pardon, Inspecteur… En effet, c’est Monsieur le Directeur qui vous a téléphoné. La chambre d’une de nos clientes a été visitée cet après-midi, et on lui a dérobé un collier estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros.<br><strong>Inspecteur</strong> (<em>dans ses pensées</em>) – Je vois…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Et… que voyez-vous, exactement ?<br><strong>Inspecteur</strong> – À l’évidence, le voleur fait partie du personnel de l’hôtel… ou de sa clientèle.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Qu’est-ce qui vous permet de dire cela, Inspecteur Sanchez ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Ramirez.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pardon ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Ramirez, c’est mon nom.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Et… qu’est-ce qui vous fait penser que le coupable pourrait être quelqu’un de l’hôtel ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Il y a un vigile à la porte. Même en lui montrant ma carte de police, j’ai eu du mal à le convaincre de me laisser entrer…<br><strong>Réceptionniste</strong> (<em>ironique</em>) – C’est vrai. Vous êtes ici dans une zone de non droit, Inspecteur, et nous avons nos guetteurs, nous aussi. De nos jours, même pour la police, il est aussi difficile d’entrer dans le hall d’un palace, que dans celui d’un HLM de banlieue.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il est donc peu probable qu’un inconnu ait pu s’introduire dans cet hôtel sans être immédiatement repéré. La serrure de cette chambre a-t-elle été forcée ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Non, je ne crois pas…<br><strong>Inspecteur</strong> – Dans ce cas, cela fait de vous le principal témoin dans cette affaire, mon brave. Pour ne pas dire le suspect numéro un.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Mais enfin, Inspecteur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous êtes le concierge de cet hôtel. Vous avez les clefs de toutes les chambres. Vous auriez parfaitement pu pénétrer dans l’une d’elles pour vous servir.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Moi…? Me servir…?<br><strong>Inspecteur</strong> – Et puis… vous étiez bien placé pour connaître les allées et venues des clients. Vous auriez pu agir sans avoir peur d’être dérangé…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je vous assure, Inspecteur, que jamais…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous avez les clefs de toutes les chambres, oui ou non ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Évidemment ! Cela fait partie de mes attributions ! Lorsqu’un client quitte momentanément l’hôtel, il laisse sa clef à la réception. Je l’accroche immédiatement au tableau jusqu’à son retour, et c’est tout…<br><em>L’inspecteur observe avec curiosité le tableau arc-en-ciel situé derrière le réceptionniste.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Pourquoi un arc-en-ciel ? C’est un hôtel gay friendly ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Chaque chambre de cet hôtel porte le nom d’une couleur. Il y a la chambre bleue, la chambre jaune, la chambre rose, la chambre verte, la chambre…<br><strong>Inspecteur</strong> – Oui, bon, ça va, je crois que j’ai compris le principe…<br><strong>Réceptionniste</strong> – La clef de chaque chambre est identifiée par un porte-clefs de la couleur correspondante. Et chaque porte-clefs trouve naturellement sa place sur ce tableau multicolore. C’est dans la chambre mauve que le vol a eu lieu. Mais je vous jure, Inspecteur, que…<br>L’Inspecteur hoche la tête d’un air dubitatif.<br><strong>Inspecteur</strong> – Dans ce cas… vous paraît-il possible que quelqu’un d’autre que vous, un client de l’hôtel par exemple, ait pu… emprunter cette clef à votre insu, et la remettre à sa place après avoir commis son forfait ?<br><strong>Réceptionniste</strong> (<em>embarrassé</em>) – Pour la tranquillité de nos hôtes, j’aimerais vous répondre que non, Inspecteur. Mais l’honnêteté m’oblige à vous avouer que ce n’est pas totalement à exclure.<br><strong>Inspecteur</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Il peut m’arriver de m’absenter quelques instants de la réception pour régler un problème quelconque…<br><strong>Inspecteur</strong> – Et cet après-midi, vous avez eu beaucoup de problèmes à régler ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Vers seize heures, j’ai quitté mon poste une minute ou deux pour fumer une cigarette dehors. Puis une autre fois vers dix-sept heures pour aller aux toilettes…<br><strong>Inspecteur</strong> – Deux abandons de poste dans la même journée, donc… (<em>Air mortifié du réceptionniste</em>) Et vous avez remarqué quelque chose de particulier ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je n’ai rien vu la première fois. Mais la deuxième, lorsque je suis revenu, j’ai remarqué que la clef de la chambre mauve était accrochée à la place de celle de la chambre marron. Je n’y ai pas prêté attention sur le coup, même si je ne commets jamais ce genre d’erreur moi-même.<br><strong>Inspecteur</strong> – Et quelle conclusion avez-vous tirée de cet incident ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Aucune ! J’ai remis la clef à sa place, et c’est tout. Mais c’est vrai qu’après ce qui s’est passé… Oui, il est possible que quelqu’un ait emprunté la clef de la chambre mauve dans le laps de temps où je me suis absenté…<br><strong>Inspecteur</strong> – Je vois… Un membre du personnel, peut-être ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Le vol a eu lieu en milieu d’après-midi, cela met les femmes de ménage hors de cause, puisqu’elles n’ont accès aux chambres que jusqu’à quatorze heures.<br><strong>Inspecteur</strong> – Bien… Reste donc à interroger les clients de l’hôtel. En commençant par la victime. La locataire de la chambre mauve…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ah, vous avez de la chance, Inspecteur… Justement, la voici… C’est la veuve d’un riche armateur suisse.<br><strong>Inspecteur</strong> – Je ne savais pas qu’il y avait des armateurs dans ce pays. En tout cas, à ma connaissance, il n’y a pas la mer en Suisse…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Il y a aussi plus de banques que d’habitants dans la confédération helvétique, et pourtant ces gens-là ne fabriquent à peu près rien.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il s’agit peut-être de cargos fictifs naviguant sous pavillon de complaisance…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Vous lui poserez la question vous-même, Inspecteur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Bonjour chère madame… Mes hommages du soir… Je suis ici pour enquêter sur le vol dont vous avez été la victime. Auriez-vous l’amabilité de répondre à quelques questions ?<br><strong>Veuve</strong> – En tant que citoyenne helvétique, la collaboration avec la police est pour moi une seconde nature. Vous pouvez me poser toutes les questions que vous voudrez tant que cela ne touche pas au secret bancaire. Car pour cela, je serai muette comme un coffre-fort. (<em>Elle sort un chocolat de son sac qu’elle lui tend.</em>) Un chocolat, Inspecteur ? Ils sont à la liqueur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Jamais pendant le service, merci… Alors… À quelle heure avez-vous quitté votre chambre, cet après-midi ?<br><strong>Veuve</strong> – Voyons… J’ai quitté l’hôtel vers quatorze heures trente pour rendre visite à une amie qui n’a pas trop le moral.<br><strong>Inspecteur</strong> – Son mari l’a quittée, peut-être…<br><strong>Veuve</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça. Il vient d’être incarcéré pour abus de biens sociaux. Il comptait sur son immunité de parlementaire pour échapper à la justice, mais malheureusement, il n’a pas été réélu…<br><strong>Inspecteur</strong> – Les électeurs sont tellement versatiles, vous savez… On ne peut plus se fier à personne. Vous en avez fait l’expérience à vos dépens, malheureusement…<br><strong>Veuve</strong> – En tout cas, je suis certaine que mon collier se trouvait encore dans son tiroir quand je suis partie. J’avais hésité à le mettre pour sortir avant d’y renoncer.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il est tout de même bien imprudent de votre part de ne pas avoir placé un bijou de cette valeur dans le coffre de l’hôtel.<br><strong>Veuve</strong> – J’en conviens, Inspecteur. Mais que voulez-vous ? (<em>Avec un regard accusateur vers le réceptionniste</em>) Je pensais que dans un établissement de cette catégorie… D’autres questions ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Non… Enfin si… Pouvez-vous me confirmer qu’il n’y a pas la mer en Suisse ?<br><strong>Veuve</strong> – Monsieur l’Inspecteur, nous avons mieux que la mer… Nous avons le Lac de Genève !<br><strong>Inspecteur</strong> – Merci, ce sera tout pour le moment. (<em>La veuve s’en va</em>.) Visiblement, la disparition de son collier ne la bouleverse pas plus que ça…<br><strong>Réceptionniste</strong> – L’étendue de sa fortune lui permet de relativiser cette perte. Et son assureur la remboursera sans doute, en dépit de sa négligence. Quand je pense que moi, pour un simple dégât des eaux, j’ai dû me battre avec ma compagnie d’assurance pour… Mais excusez, je m’égare.<br><strong>Inspecteur</strong> – Bon, je vais donc devoir interroger tous les autres pensionnaires de cet hôtel…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pour ne pas nuire à la réputation de notre établissement, je vous serais reconnaissant d’éviter à nos clients l’humiliation d’une convocation au commissariat. À moins, bien sûr, de soupçons très fondés concernant l’un d’entre eux.<br><em>Un homme passe devant la réception. L’inspecteur jette un regard vers ses chaussettes, de couleurs différentes.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Rassurez-vous, ce ne sera peut-être pas nécessaire. (<em>Interpellant l’homme</em>) Monsieur ?<br><strong>Client</strong> – Oui…?<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Martinez…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je croyais que c’était Ramirez…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous permettez que je vous pose quelques questions ?<br><em>L’homme s’approche, prudemment.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Je peux voir vos mains ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ne me dites pas que vous êtes aussi cartomancienne…<br><em>Le client, surpris, tend ses mains. L’inspecteur lui passe immédiatement les menottes.</em><br><strong>Client</strong> – Mais enfin, Inspecteur !<br><strong>Réceptionniste</strong> – Heureusement que je vous avais demandé d’être diplomate…<br><em>L’Inspecteur fouille dans la poche de l’homme et en sort un collier, sous le regard stupéfait du réceptionniste.</em><br><strong>Client</strong> – Comment avez-vous deviné que c’était moi? <br><strong>Inspecteur</strong> – Sur le tableau de la réception, le voleur avait remis la clef de la chambre mauve à la place de celle de la chambre marron. (<em>Au réceptionniste</em>) Pourquoi, à votre avis ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Parce qu’il était pressé, peut-être…<br><strong>Inspecteur</strong> – Peut-être aussi parce qu’il était daltonien! <br><strong>Client</strong> – Mais alors, comment avez-vous su que j’étais daltonien? <br><strong>Inspecteur</strong> – Dès que vous êtes passé devant moi, cher ami… Et que j’ai aperçu vos chaussettes.<br><strong>Client</strong> – Mes chaussettes ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Elles ne sont pas de la même couleur! <br><strong>Réceptionniste</strong> – Alors là, bravo Inspecteur. Quand je vous ai vu arriver tout à l’heure, je me suis dit que vous étiez un peu demeuré… Je dois reconnaître que j’étais loin de la vérité.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Du balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/du-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
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		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux balayeurs. Ils balaient. L’un ramasse quelque chose par terre.<br></em><strong>Un </strong>– C’est dingue tout ce qu’on peut trouver dans les caniveaux.<br><strong>Deux</strong> – C’est quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille, je te dis !<br><strong>Deux</strong> – Une oreille ? Non ? Fais voir… Ah ouais, c’est une oreille, dis donc.<br><em>Il se met à regarder par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu cherches ?<br><strong>Deux</strong> – Je regarde s’il n’y aurait pas la deuxième.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi il y aurait la deuxième ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les oreilles, ça marche par deux, non ?<br><strong>Un</strong> – Les oreilles, ça marche par deux… N’importe quoi…<br><em>Ils restent un instant perplexes, appuyés sur le manche de leurs balais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on va en faire, de cette oreille ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. On devrait peut-être essayer de retrouver son propriétaire.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’il en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que moi, si je perdais une oreille et qu’on la retrouve, j’aimerais bien qu’on me la rapporte.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, si tu perdais une oreille ? On ne perd pas ses oreilles comme on perd ses clefs ! Comment veux-tu perdre une oreille sans t’en apercevoir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, ça… Comment est-ce qu’il a bien pu perdre une oreille, ce type ?<br><strong>Un</strong> – Ça peut aussi être une femme.<br><strong>Deux</strong> – Une femme ? Pourquoi une femme ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas une femme ? Les femmes aussi ont des oreilles, non ? Sinon, à quoi elles accrocheraient leurs boucles d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – Mais cette oreille-là ne porte pas de boucle d’oreille.<br><strong>Un</strong> – C’était peut-être une femme qui ne portait pas de boucle d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – C’est affreux…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Savoir que quelque part, une femme marche dans la rue avec une seule oreille.<br><strong>Un</strong> – La femme à l’oreille coupée…<br><em>Justement une femme arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Je lis dans les lignes de la main. Voulez-vous me donner la vôtre ?<br><strong>Un</strong> – On cherche plutôt quelqu’un qui lise dans les lobes de l’oreille. Vous savez faire ça ?<br><strong>Trois</strong> – Faut voir…<br><em>Il lui tend l’oreille.</em><br><strong>Un</strong> – Tenez, je vous prête une oreille attentive.<br><strong>Deux</strong> – On voudrait surtout savoir à qui elle appartient, cette oreille.<br><em>La voyante semble se concentrer.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vois… un balai.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez que cette oreille pourrait avoir appartenu à une sorcière ?<br><strong>Un</strong> – Un balai… Évidemment, on est balayeurs, alors elle voit des balais ! On serait poissonniers, elle sentirait le poisson. Et on serait marins, elle entendrait la mer…<br><strong>Trois</strong> – Pour l’instant je sens surtout de mauvaises vibrations…<br><strong>Deux</strong> – On a trouvé cette oreille en balayant les feuilles mortes dans le caniveau.<br><strong>Un</strong> – L’automne, c’est la haute saison pour les balayeurs… Les oreilles mortes se ramassent à la pelle…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous voyez d’autre ?<br><strong>Trois</strong> – Je vois… (<em>Brandissant l’oreille, comme en transe</em>) Je ne vois rien, mais j’entends.<br><strong>Un</strong> – Une voyante qui entend, maintenant…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous entendez ?<br><strong>Un</strong> – J’entends une voix… qui vient de très loin.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle dit, cette voix ?<br><strong>Trois</strong> – J’entends… des chiffres !<br><strong>Un</strong> – Des chiffres ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être un message codé.<br><strong>Trois</strong> – Cinq chiffres… Et un sixième…<br><strong>Deux</strong> – Le numéro complémentaire !<br><strong>Trois</strong> – Oui… Oui, c’est bien ça… Ça ressemble à la combinaison du prochain loto !<br><strong>Un</strong> – Le loto ?<br><strong>Deux</strong> – Et c’est quoi, ces chiffres ?<br><em>Elle lui rend brusquement l’oreille, comme si le charme était rompu.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça, pour le savoir, il faut payer d’avance.<br><strong>Un</strong> – C’est ça oui… Et qu’est-ce qui nous prouve que c’est la bonne combinaison ?<br><strong>Trois</strong> – Rien. Vous n’êtes pas obligés d’y croire. C’est vous qui voyez…<br><strong>Un</strong> – C’est nous qui voyons ? Je pensais que c’était vous, la voyante…<br><strong>Deux</strong> – Quand même, tu te rends compte ? Et si c’était le bon numéro ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles sérieusement ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on risque ?<br><strong>Un</strong> – Ça, je pense que madame va nous le dire…<br><strong>Trois</strong> – Cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Cinquante euros ?<br><strong>Trois</strong> – C’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Et si c’était vrai, pourquoi est-ce que vous ne la joueriez pas vous-même, la combinaison gagnante ?<br><strong>Trois</strong> – C’est vous qui l’avez trouvée, cette oreille. Pas moi. Ce serait contraire à la déontologie.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne fait que 25 euros chacun…<br><strong>Un</strong> – Va pour 40, d’accord ?<br><strong>Trois</strong> – OK.<br><em>Ils lui donnent chacun un billet de vingt. Elle sort un papier de sa poche et le leur tend.</em><br><strong>Trois</strong> – Voilà les numéros gagnants.<br><strong>Deux</strong> – Mais… ils étaient déjà écrits sur ce papier avant que vous n’entendiez cette voix !<br><strong>Trois</strong> (<em>avec emphase</em>) – Le destin est toujours écrit d’avance.<br><em>Elle s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais moi j’y crois…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, ces numéros ?<br><em>L’autre s’apprête à le lui dire, mais se ravise.</em><br><strong>Deux</strong> – Viens plutôt par là… (<em>Jetant un regard vers le public</em>) Les murs ont des oreilles…<br><em>Ils se mettent un peu en retrait.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Le 13.<br><strong>Un</strong> – Classique.<br><strong>Deux</strong> – Le 5 bis.<br><strong>Un</strong> – On va dire le 5.<br><strong>Deux</strong> – Et le 214.<br><strong>Un</strong> – Le 214 ?<br><strong>Deux</strong> – On va dire le 2, le 1 et le 4.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais ça ne fait que 5 numéros.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais, c’est vrai…<br><strong>Un</strong> – Elle ne nous a pas donné le numéro complémentaire, la salope.<br><strong>Deux</strong> – On aurait dû lui donner les cinquante euros qu’elle nous demandait.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, ça va être de ma faute, maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Et cette oreille, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle n’a pas l’air très propre…<br><strong>Un</strong> – Évidemment, on l’a trouvée dans le caniveau…<br>Deux – Ouais… (<em>En direction de la salle</em>) Personne n’a perdu une oreille ? Une oreille sale… Bon ben je la laisse ici, bien en évidence. Si celui qui l’a perdue veut la récupérer…<br><strong>Un</strong> – Bon, on la fait, cette grille, oui ou non ?<br><strong>Deux</strong> – Allons-y… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que c’est notre jour de chance…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Du balai » est un bijou de comique absurde et métaphysique, dans la lignée des sketches surréalistes. À partir d’un simple détail incongru — une oreille trouvée dans un caniveau — le sketch déploie un univers entier fait de logique dévoyée, de croyances détournées et de langage bancal, où tout peut faire sens… ou non. La trouvaille d’une oreille évoque le monde des corps fragmentés, des anonymes oubliés, mais ici, elle devient un récepteur magique de signes. C’est une parabole sur l’écoute, littérale et figurée : prêter l’oreille, prêter foi, entendre la fortune, ou les voix… Le sketch brille par ses glissements de sens constants, ses jeux de mots (notamment autour de “prêter l’oreille”) et son rythme parfaitement maîtrisé.</p>



<p>Le personnage de la voyante condense la parodie de la crédulité populaire et de l’économie ésotérique, où l’on vend de l’espoir aux plus désespérés — pour 50 euros ou un “rabais” à 40. Sa dernière justification (“le destin est toujours écrit d’avance”) est à la fois poétique et glaçante. Les deux balayeurs, figures d’hommes de la rue (au sens propre et figuré), incarnent un mélange de lucidité désabusée et de foi naïve, comme beaucoup de personnages du recueil. Leur espoir de gagner au loto, malgré l’évidence de l’arnaque, résume une forme de dignité paradoxale : face à l’absurdité du monde, ils choisissent d’y croire encore, un peu.</p>
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