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	<title>Archives des Pauvreté - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Pauvreté - La Sketchothèque</title>
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		<title>L’Opéra de Manaus</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lopera-de-manaus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:19:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra de Manaus, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Manaus est une île, perdue au milieu d’un océan de forêt. On n’y accède que par avion, ou par bateau, en suivant cette route maritime qu’est l’Amazone, plus longue que la plupart des océans, et si large que depuis l’une de ses rives, on ne peut apercevoir l’autre à l’œil nu. Au fil du temps et des courants, de tempêtes en naufrages, nombre de navigateurs solitaires, venus de la forêt environnante ou de l’autre bout du monde, ont échoué sur cette île déserte désormais surpeuplée, sans avoir jamais pu retrouver le chemin du retour. Condamnés à vivre ensemble, ils partagent sur la Terre ce destin insulaire. Marins novices embarqués sur un bateau ivre, ils sont d’abord venus dans l’espoir d’une vie facile et d’un enrichissement rapide. Pour attirer le chaland, comme des mouches sur un papier collant, Manaus a été déclarée zone franche. Une sorte de paradis fiscal, en somme. Un mirage, surtout. Un gigantesque magasin discount où tout se vend, en détaxe et bien sûr à crédit. Une vie pour une télé et un frigo. Quand on n’a pas de quoi se payer l’électricité. La mort pour un rêve de pépite. La sinistre réalité d’une vie de mineur. Après avoir cédé à l’appel des sirènes, ces marins d’eau douce sombrent tous lentement dans l’alcool. Comme tous les chercheurs d’or qui transitent par cette ville, avant d’aller fouiller les entrailles de la terre au plus profond de la forêt, je savais bien inconsciemment que jamais je ne trouverais ce que j’étais venu chercher là en plein jour, au cœur des ténèbres. Mais il est des voyages qu’on ne peut éviter, sauf à manquer un rendez-vous avec soi-même. Lorsqu’un Européen arrive dans une ville du nouveau monde, il cherche souvent d’instinct, comme les marins un phare, le monument le plus ancien du coin. Même en ruine. Quelques vieilles pierres posées l’une sur l’autre comme un cairn rassurant à l’attention du randonneur trop intrépide qui se serait perdu dans la brume. Je savais qu’il existe à Manaus un opéra. Je ne m’attendais pas, bien sûr, à me retrouver soudain Boulevard des Italiens, au milieu de l’Amazonie, mais la perspective de prendre un café en admirant la façade d’un monument historique me rassurait. Je ne suis pas amateur d’art lyrique. Je ne vais jamais au Palais Garnier. Mais si des bâtisseurs d’opéras avaient vécu ici, il y restait peut-être encore d’autres traces de leur passage civilisateur. De quoi mieux supporter la barbarie de cette oasis tentaculaire aux allures de cloaque, perdue au milieu d’un désert de plus en plus peuplé, recouvert d’une forêt de moins en moins vierge. Dans les eaux irisées de gasoil du port de Manaus, entre les bateaux qui déversent chaque jour leurs cargaisons d’électroménager duty free et de vêtements made in China, des enfants se baignent nus parmi toutes sortes de détritus. Ils rient, comme tous les enfants du monde. Ou presque. Même la vie ne vaut pas cher dans les paradis fiscaux. Aux naissances non déclarées, l’existence ne s’impose pas. Il y avait bien un café, en face de l’opéra. Mais la façade du monument, en ravalement, était entièrement cachée derrière une bâche. Comme un immense écran de projection masquant la principale curiosité de la ville, afin d’empêcher que le touriste de passage en emporte le souvenir avec la photo. Je suis allé à Manaus, je n’ai jamais vu l’opéra. La vie est un voyage. Son terme un rendez-vous manqué.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Richophobie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/richophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 14:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
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		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richophobie, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Pardon, mais avant de commencer, je voudrais vous poser une petite question. Non mais rassurez-vous, ce n’est pas pour un sondage. Parce que j’en connais des comédiens comme moi, qui profitent du système. On le connaît tous, le truc. Ils prétendent faire un one man show, ils rameutent leurs amis dans un théâtre en leur vendant des places sur billetreduc. En réalité, ils travaillent pour un institut de sondage, et ils en profitent pour vous administrer un questionnaire interminable. Il faut bien dire que le système entretient la confusion, aussi&nbsp;: maintenant tous ceux qui font des petits boulots sont payés comme intermittents. Il paraît que ça coûte moins cher à la société. Ça doit être ça qu’on appelle la société du spectacle. Bref, je vous rassure, ma question est parfaitement gratuite et tout à fait désintéressée. Alors voilà. Est-ce qu’il y a des riches dans cette salle&nbsp;? Personne&nbsp;? Non, mais rassurez-vous, je ne suis pas non plus payé pour dénoncer au Trésor Public ceux qui auraient oublié de payer leur ISF. Non, vraiment&nbsp;? Aucun riche&nbsp;? Bon. Dans ce cas, je vais pouvoir vous exposer mon petit problème sans choquer personne. Alors voilà. Parfois, je me demande si je suis tout à fait normal. Tout le monde est supposé envier les riches, non&nbsp;? Vous aussi, j’imagine. Eh bien pour moi, je ne sais pas pourquoi, la richesse c’est un peu comme une maladie honteuse. Une maladie socialement transmissible, si vous préférez. Une saloperie qu’on attrape par des rapports non protégés avec de pauvres gens déjà atteints de cette affection. Je ne sais pas, la richesse, ça me dégoûte un peu. Oui. Les riches m’inspirent une sorte de mépris apitoyé. C’est ça qu’on appelle la condescendance, je crois. Oui, c’est ça. Je porte sur les gens riches un regard condescendant. Non mais j’ai bien conscience que c’est absolument déplacé. Ce sont les riches qui devraient me regarder de haut. Puisque je n’ai pas réussi à devenir comme eux. Tout le monde a envie de devenir riche, non&nbsp;? À part ceux qui le sont déjà, évidemment. Et encore. Ceux-là ont sûrement envie d’être encore plus riches. C’est addictif, l’argent, vous savez&nbsp;? Et on est toujours le pauvre de quelqu’un. Regardez, à chaque fois qu’un Président de la République est élu en France, il commence par relever le seuil de l’ISF juste au-dessus du montant supposé de son propre patrimoine. Histoire qu’on ne l’accuse pas de faire partie des gens riches, justement. La preuve que ce n’est pas si glorieux que ça. Mais j’en reviens aux riches, les vrais. Pas ceux qui ont juste atteint le seuil de la richesse, comme d’autres s’enfoncent sous le seuil de la pauvreté. Non, ceux pour lesquels il n’y a pas photo. Les millionnaires, comme on disait autrefois, du temps des anciens francs. Eh oui, à cette époque-là, c’était beaucoup plus facile d’être millionnaire, évidemment. Cent fois plus facile qu’avec les nouveaux francs. Donc presque sept cents fois plus facile que depuis le passage à l’euro. Vous vous rendez compte&nbsp;? À cette époque là, on était millionnaire pour à peine plus de 150.000 euros. Vous êtes toujours sûrs qu’il n’y a aucun millionnaire dans la salle&nbsp;? Même en anciens francs&nbsp;? Même à crédit&nbsp;? Dans ce cas, c’est que vous êtes locataires et que vous habitez dans un HLM. Parce que maintenant, si vous êtes propriétaire d’une chambre de bonne à Paris, vous êtes forcément millionnaire en anciens francs. Au prix où est le mètre carré dans la capitale. Ce n’est pas formidable, ça&nbsp;? On n’a peut-être pas réussi à inverser la courbe du chômage, mais aujourd’hui, une simple bonne, propriétaire de sa chambre mansardée au septième étage sans ascenseur est virtuellement millionnaire. À condition de la revendre à un autre millionnaire pour aller prendre sa place sous les ponts, bien sûr… C’est pour ça que les millionnaires, c’est fini. Pour être riche, aujourd’hui, il faut être milliardaire. En ancien francs en tout cas. C’est l’inflation. La bulle immobilière, comme on dit. Mais les bulles, on sait bien à qui ça profite. Pendant que les pauvres se contentent d’une aspirine effervescente non remboursée par la Sécu pour faire passer leur gueule de bois, les riches s’enfilent des magnums de champagne duty free pour faire passer leur caviar. La bulle immobilière, c’est surtout le rétablissement de l’esclavage, oui. Au temps d’Autant en emporte le vent, les esclaves, au moins, ils étaient en CDI. Les Noirs travaillaient gratuitement pour un vaste domaine colonial. Les esclaves d’aujourd’hui travaillent au noir pour rembourser le crédit de leur minuscule appartement. Et pour espérer être affranchis, ils doivent payer leur vie durant deux SMIC par mois à leur banque… alors qu’ils n’en gagnent qu’un seul. Bon, mais où je voulais en venir, avec tout ça&nbsp;? Ah oui, les riches&nbsp;? Non mais franchement. Vous les enviez vraiment, vous, ces pauvres gens&nbsp;? Après un déjeuner à la Tour d’Argent, pour rentrer à Neuilly, devoir remonter toute la rue du Faubourg Saint-Honoré en Ferrari, alors qu’on a déjà du mal à circuler en Vélib&nbsp;? Merci, très peu pour moi. Non, et puis il y a un gros inconvénient à être riche, c’est qu’on ne peut plus fréquenter que des gens riches. Ben oui, quand vous êtes milliardaire, vous ne pouvez pas partir en vacances avec un pote smicard. Ça fausse les rapports, forcément. D’accord, quand vous êtes pauvres, c’est pareil. Vous êtes condamnés à rester entre vous. Mais moi je dis que les pauvres sont beaucoup plus marrants. Il y en a même de très sympas, j’en connais. Pas prétentieux, ni rien. OK, tous les riches ne sont pas pareils, c’est vrai. Il y en a qui sont pires que les autres. Le nouveau riche, surtout, qui n’a pas encore l’habitude. La richesse, c’est un mode de vie, vous comprenez. Ça s’apprend. Alors le nouveau riche, lui, il ne sait pas. Il commet des impairs évidemment, et les autres ne se gênent pas pour le lui faire sentir. Vous vous voyez, vous, dîner à la Tour d’Argent&nbsp;? On ne saurait pas comment se comporter. Vous arrivez, vous descendez de votre Ferrari, un voiturier vous tend la main pour prendre vos clefs de bagnole et aller la mettre au garage pendant que vous vous tapez la cloche avec un top model. Vous vous imaginez donner les clefs de votre Twingo à un inconnu avant d’aller vous taper le boudin à l’ardoise au bistrot du coin&nbsp;? Vous auriez trop peur qu’il ne revienne jamais avec votre caisse pourrie dont vous n’avez même pas fini de payer les traites. Alors une Ferrari, vous pensez bien… Non, la richesse, ça ne s’improvise pas. Ça nécessite un apprentissage. Tandis que la pauvreté, c’est naturel. Personne n’a jamais reproché à un nouveau pauvre de manquer de tact en fréquentant pour la première fois les Restos du Cœur. On sait tout de suite quelle cuillère on doit prendre pour la soupe ou pour le Flamby, il n’y en a qu’une. Et puis les nouveaux pauvres, ça n’existe pas trop, en fait. Quand on est pauvre de naissance, on le reste toute sa vie, et pour les riches, c’est pareil. Il y a des riches qui font faillite, bien sûr. Mais un riche une fois ruiné, c’est encore un type qui a beaucoup plus d’argent que vous. Ce qui m’amène d’ailleurs à vous poser une deuxième question… Est-ce qu’il y a des pauvres dans cette salle&nbsp;? Oui, je sais, si vous êtes là, c’est que vous avez pu vous payer une place de théâtre sans empiéter sur votre budget coquillettes, mais bon. Il pourrait aussi y avoir quelques invités. Non, parce que les pauvres, entre nous, il y en a des cons aussi… Pourquoi croyez-vous que les gens se traitent de pauvre con à longueur de journée&nbsp;? Le pire, il me semble, c’est le pauvre militant. Le prolétaire encarté, vous voyez&nbsp;? Celui qui est pauvre, fier de l’être, et qui voudrait que tout le monde le soit avec lui, par solidarité. Non parce qu’il n’y a pas de raison d’avoir honte d’être pauvre, d’accord, mais il n’y a pas non plus de quoi se vanter. On ne leur reproche pas d’être pauvres, ils n’ont rien fait pour mériter ça. Mais alors il faut être juste. Il ne faut pas reprocher aux riches d’être riches. La plupart d’entre eux n’ont rien fait non plus pour le devenir. L’idéal, évidemment, ce serait qu’il n’y ait ni pauvres ni riches. Que des gens comme nous, quoi. À l’aise, sans plus. Juste un million en dessous du seuil de l’ISF. Mais ça n’arrivera pas, si&nbsp;? On a déjà essayé. En Russie ou en Chine. Ça finit toujours par quelques millions de morts, et à la fin les pauvres sont encore plus pauvres et les riches encore plus riches. Et puis surtout, ce ne serait pas juste. Les pauvres n’ont pas besoin des riches pour savoir qu’ils sont pauvres, c’est un fait. Mais les riches, eux, ils ont besoin de sentir qu’il y a des pauvres pour profiter pleinement de leur richesse. Non, vous avez raison, je devrais être plus tolérant avec les riches. Et puis on ne sait jamais. Le xénophobe, il s’en fout. Il ne risque pas de devenir étranger du jour au lendemain. À condition de ne pas trop s’éloigner de chez lui. Mais le richophobe, allez savoir. Personne n’est complètement à l’abri de devenir riche. Même les comédiens… Même quand ils se font payer au chapeau. (Il tend son chapeau.) Alors&nbsp;? Vous me la montrez, la couleur de votre argent&nbsp;?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Pauvres de nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Monaco]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1258</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pauvres de nous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, un riche et un pauvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Bonjour.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air surpris.<br><strong>Deux</strong> – Non, c’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – C’est la première fois qu’un clochard vous dit bonjour ?<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, c’est la première fois que je réponds. Ce n’est pas vraiment l’habitude, ici, de dire bonjour aux gens dans la rue. Surtout aux clochards…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les gens se méfient.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, il n’y a que des milliardaires, ici, non ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne faut pas exagérer… Il y a quelques multimillionnaires, aussi.<br><strong>Un</strong> – Les pauvres…<br><strong>Deux</strong> – On est toujours le pauvre de quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Moi je suis le pauvre de tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Justement, à ce propos…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que je suis venu faire ici, à Monaco ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je vous préviens, ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on est plus généreux avec les pauvres.<br><strong>Un</strong> – Oui, j’ai remarqué. Le café est à cinq euros au Yacht Club. Je pensais que les aumônes seraient à proportion. Mais pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Plus les gens sont riches, plus la pauvreté leur fait peur. Ils vous considèrent comme une sorte de pestiféré. Ils ont peur que ce soit contagieux.<br><strong>Un</strong> – Et pourtant, vous êtes riche, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Immensément riche.<br><strong>Un</strong> – Et vous m’avez dit bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Mais je ne vous ai encore rien donné.<br><strong>Un</strong> – On a échangé, c’est déjà un début.<br><strong>Deux</strong> – Échangé ?<br><strong>Un</strong> – On a échangé quelques mots.<br><strong>Deux</strong> – Un petit commerce, en somme.<br><strong>Un</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><strong>Deux</strong> – On peut dire ça…<br><strong>Un</strong> – Je peux vous aider ?<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, non.<br><strong>Un</strong> – Si c’est une question d’argent, en effet.<br><strong>Deux</strong> – J’ai un cancer. En phase terminale. Je n’en ai plus pour très longtemps. Je peux mourir demain. Ou après demain.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez pas de famille ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais fils unique. Mes parents sont morts. Quelques cousins très éloignés se sont manifestés, de temps en temps, mais j’ai vite compris que leur préoccupation n’était pas principalement généalogique.<br><strong>Un</strong> – Pas d’amis ?<br><strong>Deux</strong> – Les amis, vous savez, dans ma position… Quand on est milliardaire, le genre humain se divise en trois catégories : les concurrents, les employés et les clients.<br><strong>Un</strong> – Alors vous êtes un homme seul, comme moi. Parce que vous savez, la pauvreté, ce n’est pas terrible non plus pour se faire des relations.<br><strong>Deux</strong> – Les extrêmes se rejoignent… Nous étions faits pour nous rencontrer.<br><strong>Un</strong> – Qu’allez-vous faire de votre immense fortune ? Si vous n’avez ni famille, ni ami…<br><strong>Deux</strong> – Je pourrais tout vous léguer ?<br><strong>Un</strong> – Votre solitude, aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous resterez seul, mais vous aurez beaucoup de compagnie…<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne pourrais pas en profiter très longtemps.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – J’ai un cancer, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Deux</strong> – Je le suis.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – On n’est que des papillons, tous les deux, on n’a que quelques jours à vivre.<br><strong>Un</strong> – Et on ne peut même pas se reproduire.<br><strong>Deux</strong> – Laissez-moi au moins vous offrir un café.<br><strong>Un</strong> – Ce sera le café le plus cher de ma vie.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



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<p></p>
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		<title>Entretien d’embauche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/entretien-dembauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 13:07:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1109</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien d’embauche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Une table à laquelle est assise une femme genre cadre commercial. Une jeune fille blonde style étudiante arrive. La femme se lève et lui sert la main.</em><br><strong>Femme</strong> – Asseyez-vous, je vous en prie… (<em>Un peu étonnée</em>) Vous êtes bien Mademoiselle…?<br><strong>Jeune fille</strong> – Ben Salah. Aïcha Ben Salah…<br><strong>Femme</strong> – C’est ça… Et… vous êtes blonde…<br><strong>Jeune fille</strong> – Oui je sais, on me le dit souvent… En fait, c’est mon arrière-grand-père qui… Mais d’habitude, ça rassure plutôt mes employeurs. Quand je parviens jusqu’à l’entretien d’embauche, bien sûr… Ça pose un problème ?<br><strong>Femme</strong> – Pas du tout…<br><strong>Jeune fille</strong> – L’annonce disait que vous cherchiez un chasseur de primes…?<br><strong>Femme</strong> – De primes d’assurance, oui… Nous vendons des conventions-obsèques. Un marché déjà très saturé… Nous recrutons quelqu’un pour démarcher en banlieue…<br><strong>Jeune fille</strong> – Pourquoi pas une blonde ?<br><strong>Femme</strong> – Pour du porte à porte dans les cités… Nous nous disions qu’une blonde… Enfin, ça susciterait moins d’empathie…<br><strong>Jeune fille</strong> (<em>lui tendant une feuille</em>) – J’ai un casier, vous savez ! Euh, je veux dire un CV…<br><strong>Femme</strong> – Il faut être très habile, pour placer ce genre de produits. Quand on ne sait pas comment on va payer son loyer à la fin du mois, évidemment, on ne pense pas tous les matins en prenant son café à prendre un crédit sur 50 ans pour financer sa dernière demeure…<br><strong>Jeune fille</strong> – C’est sûr…<br><strong>Femme</strong> – Au début, nous étions dans l’édition. Ce n’était pas facile non plus. Vendre une encyclopédie en 28 volumes à des gens qui pour beaucoup ne savent pas lire.<br><strong>Jeune fille </strong>– Il y a quand même des illustrations, dans les encyclopédies…<br><strong>Femme</strong> – Après, on a tâté un peu de la complémentaire-santé. Mais avec la concurrence… Non, la convention-obsèques, aujourd’hui, c’est encore ce qu’il y a de plus porteur… C’est l’avenir…<br><strong>Jeune fille </strong>– On n’est pas sûr de tomber malade, mais on est sûr de mourir un jour… Tous… Même les analphabètes…<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas une opération de testing, au moins ?<br><strong>Jeune fille </strong>– Pardon…?<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes pas fait teindre en blonde pour nous accuser ensuite de discrimination ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Rassurez-vous, je suis une vraie blonde…<br><strong>Femme</strong> – Nous ne sommes pas racistes, vous savez. C’est juste qu’en l’occurrence… Nous comptions vous confier le développement d’un nouveau marché : ce que nous appelons dans notre jargon la convention-obsèques halal. Un secteur en très forte expansion. La conséquence logique du grand flux d’immigration des années 50.<br><strong>Jeune fille</strong> – Je peux prendre l’accent arabe…<br><strong>Femme</strong> – Vous sauriez faire ça…?<br><strong>Jeune fille </strong>– Avec un petit stage de remise à niveau…<br><strong>Femme</strong> – Vous croyez que ça marcherait ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Si je mets une djellaba…<br><em>La femme réfléchit.</em><br><strong>Femme</strong> – Bon… Vous m’avez convaincue… Quand on postule comme vendeuse, il faut commencer par savoir se vendre… Et croyez-moi, me vendre une blonde, ce n’était pas gagné. (<em>Se levant</em>) Bravo ! Je vous prends à l’essai.<br><strong>Jeune fille</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et si vous faites l’affaire, dans trois mois, vous passez en concession perpétuelle…<br><strong>Jeune fille </strong>– Vous voulez dire en contrat à durée indéterminée ?<br><strong>Femme</strong> (<em>se levant avec un sourire satisfait</em>) – Ça fait plaisir de voir des jeunes qui ont encore envie de travailler !<br><em>Elles sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=722</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
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		<item>
		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
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		<title>Sans logis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sans-logis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:03:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Précarité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sans logis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une SDF arrive, et s’installe sur le banc. Un autre SDF arrive.</em><br><strong>Le SDF</strong> – Eh, c’est mon banc !<br><strong>La SDF</strong> – Ton banc ?<br><strong>Le SDF</strong> – Parfaitement.<br><strong>La SDF</strong> – C’est un banc public, comment ça pourrait être ton banc ?<br><strong>Le SDF </strong>– Tu es nouvelle, toi, non ?<br><strong>La SDF</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Le SDF </strong>– Tu ne connais pas les règles.<br><strong>La SDF</strong> – Quelles règles ?<br><strong>Le SDF</strong> – Les règles. La loi de la rue.<br><strong>La SDF</strong> – Qui est-ce qui les a inventées, ces règles ? Toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF</strong> – Pourquoi il serait à toi, ce banc.<br><strong>Le SDF</strong> – Ben… Parce que je dors dessus depuis une semaine, déjà.<br><strong>La SDF</strong> – Il y en a plein, des bancs, dans ce square. Et le square est fermé pour la nuit. Tu n’as qu’à en prendre un autre.<br><strong>Le SDF</strong> – Ouais, mais je suis habitué à celui-là.<br><strong>La SDF</strong> – Je te trouve bien casanier, pour un SDF.<br><strong>Le SDF </strong>– Casanier ? Moi ?<br><strong>La SDF</strong> – Tu ne sais pas ce que ça veut dire, c’est ça ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF</strong> – Allez, assieds-toi, va. J’en prendrai un autre de banc, si tu tiens tellement à celui-là.<br><em>Le SDF hésite un instant, puis s’assied.</em><br><strong>Le SDF</strong> – Tu verras, quand on n’a plus de chez soi, les habitudes, c’est tout ce qui nous reste.<br><strong>La SDF</strong> – J’espère ne pas m’habituer à dormir dehors.<br><strong>Le SDF </strong>– On dit tous ça. Au début… Ça fait combien de temps que tu es dans la rue ?<br><strong>La SDF</strong> – Je ne sais pas… Un mois. Et toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Moi, je ne sais plus. Quinze ans. Vingt ans. La rue, c’est comme la prison. Sauf que tu es enfermé dehors.<br><strong>La SDF</strong> – Je sors de prison. Crois-moi, je préfère être dehors. Tu es déjà allé en taule, toi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Non.<br><strong>La SDF </strong>– Ça ne m’étonne pas. Tu as une bonne tête.<br><strong>Le SDF</strong> – Des fois je préférerais avoir une sale gueule. Pour se faire respecter, dans la rue, c’est mieux. (<em>Un temps</em>) Il n’y avait personne qui t’attendait, à ta sortie de prison ?<br><strong>La SDF</strong> – J’avais déjà du mal avec ma famille avant… Quand tu as fait de la taule, tu es comme un pestiféré, les gens préfèrent t’éviter. Pourtant la prison, ce n’est pas contagieux.<br><strong>Le SDF</strong> – Qu’est-ce que t’avais fait pour aller en taule ?<br><strong>La SDF</strong> – Mon patron me collait un peu trop. Je lui ai tranché la carotide avec un cutter.<br>Le SDF – Avec un CV comme ça, ça ne va pas t’aider à retrouver du boulot.<br><strong>La SDF </strong>– Je descends dans le sud pour faire les vendanges. Heureusement, l’agriculture manque de bras, alors ils ne sont pas trop regardants. Au moins je serai logée.<br><strong>Le SDF</strong> – Le temps des vendanges, en tout cas.<br>La SDF – Tu ne veux pas venir avec moi ?<br><strong>Le SDF</strong> – Le travail, je n’ai plus l’habitude. Pour aller bosser le matin, il faut avoir dormi dans un lit.<br><strong>La SDF </strong>– Là-bas, ils te fileront un lit.<br><strong>Le SDF</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore dormir dans un lit. Méfie-toi. Pour l’instant la rue est à toi. Quand tu auras oublié comment dormir dans un lit, là tu seras vraiment à la rue.<br><strong>La SDF </strong>– Je te laisse ton banc.<br><strong>Le SDF </strong>– Merci.<br><em>Elle s’éloigne. Il la regarde partir, semble hésiter, puis se lève à son tour.</em><br><strong>Le SDF </strong>– Attends…!<br><em>Il sort.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Fin de vacances</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fin-de-vacances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:23:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin de vacances, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent et s’asseyent sur le banc. La première interpelle un enfant qu’on ne voit pas côté salle.<br></em><strong>Femme 1</strong> – Ne cours pas comme ça, Kevin, tu vas encore tomber !<br><strong>Femme 2 </strong>– Ah, ces gosses…<br><strong>Femme 1 </strong>– À cet âge-là, ils ont besoin de se défouler, évidemment.<br><strong>Femme 2 </strong>– Surtout les garçons.<br><strong>Femme 1</strong> – Oui…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est comme le chien, si on ne le sort pas au moins une fois par jour, le soir on ne peut pas le tenir.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mon mari, c’est pareil.<br><strong>Femme 2</strong> – Attention de ne pas salir ta robe, ma chérie ! Tu t’es déjà changée trois fois depuis ce matin.<br><strong>Femme 1</strong> – Heureusement qu’ils retournent à l’école demain.<br><strong>Femme 2</strong> – Ne m’en parle pas, je n’en peux plus.<br><strong>Femme 1</strong> – Hier on est allés à la piscine, il a failli se noyer.<br><strong>Femme 2</strong> – Non ?<br><strong>Femme 1</strong> – J’étais en train de discuter avec le maître-nageur. Il est tombé dans le grand bain, on ne s’est aperçus de rien.<br><strong>Femme 2</strong> – Il ne sait pas encore nager ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Il faut croire que non. Pourtant ça fait déjà six mois qu’il prend des cours. Justement, j’étais en train d’en parler avec son prof de natation.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, oui, le maître-nageur… Il est plutôt pas mal, non ?<br><strong>Femme 1</strong> – Tu le connais ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il donne aussi des leçons à Clara.<br><strong>Femme 1</strong> – Et quand tu dis plutôt pas mal… tu veux dire comme prof ?<br><strong>Femme 2</strong> – Aussi, oui…<br><em>Elles rient.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Bref, heureusement qu’une dame était là. Elle a plongé jusqu’au fond du bassin pour le repêcher. Il était déjà tout bleu. Le maître-nageur a dû lui faire le bouche-à-bouche.<br><strong>Femme 2</strong> – Le bouche-à-bouche ? Non ? Ça donne envie de se noyer…<br><em>Elles rient encore.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Kevin, enfin ! Tu peux bien lui prêter ta pelle, non !<br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi Clara, arrête de lui tirer les cheveux, aussi !<br><strong>Femme 1 </strong>– Je te jure… C’est tout le portrait de son père, celui-là. Je me demande si je n’aurais pas préféré qu’il se noie… (<em>Silence</em>) J’ai vraiment dit ça…?<br><strong>Femme 2</strong> – Non, mais je te rassure. Moi aussi j’ai des envies de meurtre, parfois. Surtout vers la fin des vacances scolaires.<br><strong>Femme 1 </strong>– Enfin, malgré tout on les adore.<br><strong>Femme 2</strong> – Bien sûr.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais on sera quand même contentes de reprendre le travail lundi.<br><strong>Femme 2</strong> – Les vacances scolaires, c’est une invention des patrons pour que les employés aient plaisir à retourner travailler après.<br><strong>Femme 1 </strong>– On dirait que ça se couvre un peu, non ?<br><strong>Femme 2</strong> – Oui… Je me demande s’il ne va pas pleuvoir.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Qu’est-ce que tu ferais, toi, si tu gagnais au loto ?<br><strong>Femme 2</strong> – Je ne sais pas… Je me ferais refaire le nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Le nez ? Il est très bien, ton nez. Qu’est-ce que tu lui reproches ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il me rappelle le nez de mère. Ma mère a exactement le même nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Et alors ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne sais pas. Je ne supporte pas…<br><strong>Femme 1 </strong>– Ce n’est pas plutôt ta mère, que tu ne supportes pas ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu crois ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Tu l’as dans le nez. Tu ne peux pas la sentir. C’est pour ça que tu veux te faire refaire le nez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi ? Qu’est-ce que tu ferais si tu trouvais un sac rempli de billets de 500 euros.<br><strong>Femme 1 </strong>– J’irais faire de la monnaie. Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec des billets de 500 euros. Déjà quand j’ai un billet de 50, je ne sais pas quoi en faire.<br><strong>Femme 2</strong> – On a été habituées toute notre vie à compter chaque euro, à s’habiller en soldes, à comparer les prix, à économiser sur tout. Dépenser sans compter, je ne suis pas sûre qu’on saurait.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… On rêve de gagner au loto, mais si on nous donnait plusieurs millions, là tout de suite, on ne saurait pas comment les dépenser.<br><strong>Femme 2</strong> – Avant d’apprendre à être riche, il faut désapprendre à être pauvre.<br><strong>Femme 1 </strong>– La pauvreté, c’est un truc qui vous colle à la peau. On ne s’en débarrasse pas comme ça. Quand on a été pauvres de génération en génération depuis des siècles et des siècles… Non, l’argent, il vaut mieux laisser ça aux riches.<br><strong>Femme 2 </strong>– Pour les vacances, c’est pareil. Au bout d’un moment, quand on a trop de temps devant soi, on ne sait plus quoi en faire.<br><strong>Femme 1 </strong>– L’oisiveté et l’opulence, ce n’est pas des trucs qu’on t’apprend à l’école.<br><strong>Femme 2</strong> – À l’école, on t’apprend que l’oisiveté est la mère de tous les vices.<br><strong>Femme 1 </strong>– Oui… Que le temps libre est la récompense de toute une vie de labeur, et qu’il est réservé aux retraités qui vont bientôt mourir.<br><strong>Femme 2</strong> – Quand ils ne meurent pas d’ennui prématurément parce qu’ils ne savent pas quoi faire de tout ce temps libre qui leur tombe dessus tout d’un coup.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… À l’école on t’apprend à travailler et à compter. Rien foutre et jeter l’argent par les fenêtres, il faut être né dans une famille de milliardaires pour savoir faire ça. (<em>Un temps</em>) Il faudrait peut-être leur dire d’arrêter de creuser, non ? Ça commence à faire un sacré trou.<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu as raison. Ils veulent creuser une tombe, ou quoi ?<br><em>L’autre semble écouter ce que disent les enfants.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Qu’est-ce qu’ils disent ? Qu’ils ont déterré un sac ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Ne touchez pas à ça, les enfants. Ça doit être dégoûtant.<br><strong>Femme 1 </strong>– Va savoir… C’est peut-être un cadavre découpé en morceaux.<br><em>Elles rient. Avant d’échanger un regard un peu inquiet.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Les enfants, ça suffit, maintenant. Vous me rebouchez ça tout de suite, et on rentre. D’ailleurs il va bientôt pleuvoir.<br><em>Les deux femmes se lèvent pour partir.</em><br><strong>Femme 1</strong> – On n’a rien oublié ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tant qu’on n’oublie pas les gosses.<br><em>Elles sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Compteur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/compteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:59:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Compteur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, debout mais courbé. On sonne. Il va ouvrir, toujours courbé.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>off</em>) – Bonjour ! C’est pour les compteurs.<br><strong>Un</strong> – Entrez, je vous attendais.<br><em>Le deuxième apparaît, courbé lui aussi.</em><br><strong>Un</strong> – C’est par là, suivez-moi. Faites attention, le plafond est très bas.<br><strong>Deux</strong> – Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude.<br><em>Le deuxième suit le premier jusqu’à un endroit de la scène.</em><br><strong>Un</strong> – Voilà, alors là c’est l’eau.<br><em>Le deuxième note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Très bien…<em><br>Le premier repart suivi par le deuxième jusqu’à un autre endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Ça c’est l’électricité…<br><em>Le deuxième note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Parfait…<br><em>Le premier repart suivi par le deuxième jusqu’à un autre endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Là ça doit être le gaz.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<em><br>Le deuxième note le chiffre sur son calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, votre consommation est en baisse ce mois-ci. Il faut dire qu’on a eu un hiver très doux.<br><strong>Un</strong> – Il faut bien que le réchauffement climatique ait quelques avantages quand même…<br><em>Le premier repart suivi par le deuxième vers un dernier endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Et voilà le compteur d’oxygène…<br><strong>Deux</strong> – Très bien…<br><em>Le deuxième regarde le compteur avec un air désapprobateur.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, alors là, en revanche, vous avez explosé votre forfait ! (<em>Il se tourne vers l’autre.</em>) Qu’est-ce qui s’est passé, Monsieur Dumortier ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… C’est vrai que j’ai tendance à être un peu essoufflé, en ce moment, quand je fais mon footing… Sur mon tapis roulant…<br><strong>Deux</strong> – Il faut arrêter de faire de l’exercice, Monsieur Dumortier… C’est peut-être bon pour la santé, mais ce n’est pas bon pour le porte-monnaie…<br><strong>Un</strong> – Surtout que l’oxygène a encore augmenté, ce mois-ci…<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez pas une fuite, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne crois pas…<br><em>Il note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous devriez peut-être rabaisser encore un peu le plafond… Il y aurait moins de déperdition, croyez moi…<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire qu’avec mon dos…<br><strong>Deux</strong> – Ah, c’est vous qui voyez, hein…<br><em>Le deuxième sort un terminal de carte de paiement.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors… Chèque ? Carte bleue ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que… Ça ne pourrait pas attendre un peu ? C’est que ma retraite, elle, elle aurait plutôt tendance à baisser…<br>Deux – Ah, oui, mais Monsieur Dumortier… Vous me mettez dans l’embarras, là…<br><strong>Un</strong> – Je pourrais payer en deux fois…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, mais ça, ce n’est pas possible, Monsieur Dumortier… Vous comprenez, si tout le monde faisait comme vous…<br><em>Le premier ne sait pas quoi répondre. L’autre est visiblement dans l’embarras.</em><br><strong>Deux</strong> – Bon… On va dire que je n’ai pas pu relever les compteurs parce que vous étiez sorti, et je repasse la semaine prochaine, d’accord ?<br><strong>Un</strong> – D’accord… Mais si vous pouviez plutôt repasser dans une quinzaine…<br><strong>Deux</strong> – Monsieur Dumortier… Il ne faut pas exagérer, non plus ! Et puis vous imaginez… Si on était obligé de vous couper l’oxygène, vous savez ce que ça veut dire…<br><strong>Un</strong> – Il ne me resterait plus que le gaz.<br><strong>Deux</strong> – Si vous avez payé la facture…<br><em>Le deuxième donne malgré tout une tape amicale dans le dos du premier pour dédramatiser avant de prendre congé.</em><br><strong>Deux</strong> – Allez, ne vous en faites, Monsieur Dumortier… Je repasse le mois prochain, d’accord ? Mais c’est la dernière fois, hein ?<br><strong>Un</strong> – Merci…<br><strong>Deux</strong> – Et d’ici, là, fini l’exercice ! Et puis essayez de ne pas respirer aussi souvent, bon sang ! Je ne sais pas moi… Une fois sur deux, c’est largement suffisant, non ? Quand on a des problèmes de fin de mois, il faut savoir se serrer un peu la ceinture… Il suffit de remonter la ceinture au niveau des poumons…<br><em>Le premier lui répond par un sourire résigné, et s’apprête à le raccompagner à la porte.</em><br><strong>Un</strong> – Pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin. Et autant économiser votre souffle…<br><em>L’autre s’arrête et ils se serrent la main.</em><br><strong>Deux</strong> – Allez, au revoir, Monsieur Dumortier… Et pensez à ce que je vous ai dit… Un plafond rabaissé de trente centimètres, c’est dix pour cent de consommation d’oxygène en moins… Vous n’avez pas écouté notre dernière campagne d’information à la télé ?<br>Un – Merci… (<em>Le deuxième s’en va, et le premier reste seul</em>.) Je crois que je ferai mieux d’éteindre aussi la lumière…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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