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	<title>Archives des Justice - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Justice - La Sketchothèque</title>
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		<title>Trop riche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
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		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop riche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive, affichant un large sourire.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour Monsieur, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !<br><strong>Un</strong> – Bon, commencez par la mauvaise.<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, je n’ai pas dit j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Juste une bonne nouvelle.<br><strong>Un</strong> – Ah, pardon. Quand on n’est pas habitué… Et… c’est quoi, cette mauvaise nouvelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez bien validé une grille de loto il y a une semaine ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vous annonce que vous avez gagné.<br><strong>Un</strong> – Gagné ? Moi ? Combien ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions d’euros.<br><strong>Un</strong> – 233 millions ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, ça fait une somme.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça n’a pas l’air de vous faire plaisir.<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr, mais…<br><strong>Deux</strong> – Mais ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Deux</strong> – Trop ?<br><strong>Un </strong>– C’est-à-dire que… un million, ça va. J’achète une maison et…<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Disons 10 millions, alors. J’achète une maison, et j’arrête de travailler. Mais 233 millions !<br><strong>Deux</strong> – Je comprends qu’il vous faille un peu de temps pour vous faire à cette idée.<br><strong>Un</strong> – Ça ne pourrait pas être un peu moins ?<br><strong>Deux</strong> – Moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi… Disons 33 millions d’euros. Je vous assure, je ne peux vraiment pas faire plus…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais c’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, réfléchissez. Mais pas trop longtemps. Parce qu’il y a un délai, quand même. Pour retirer son gain, je veux dire…<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que c’est, avec plusieurs centaines de millions d’euros, je n’aurais plus de famille. Plus d’amis.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, avec une telle fortune, vous allez retrouver la trace de cousins très éloignés que vous pensiez avoir perdu de vue. Et vous allez découvrir que vous aviez beaucoup plus d’amis que vous ne le supposiez.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais c’est précisément ça qui me fait peur. Je ne serai plus entouré que de gens intéressés.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler de ma femme…<br><strong>Deux</strong> – Votre femme ?<br><strong>Un</strong> – Elle est communiste, ma femme ! Déjà qu’elle me reprochait de ne pas être assez à gauche… Alors quand je vais lui annoncer que j’ai gagné 233 millions d’euros.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, l’expérience montre qu’avec 233 millions d’euros, une femme ne reste pas très longtemps communiste…<br><strong>Un</strong> – Non, vous ne vous rendez pas compte… Les relations avec tout mon entourage vont être complètement faussées…<br><strong>Deux</strong> – Vous connaîtrez d’autres gens… Des gens aussi fortunés que vous.<br><strong>Un</strong> – Je ne me fais pas d’illusions, vous savez. Je sais que les vrais riches, ceux qui sont nés comme ça, ne voudront jamais de moi. Pour eux je serai toujours le type qui a gagné sa fortune au loto.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et si ma femme me quitte ? Comment en retrouver une autre ?<br><strong>Deux</strong> – Avec 233 millions d’euros ?<br><strong>Un</strong> – Je penserai toujours qu’elles veulent m’épouser pour mon argent !<br><strong>Deux</strong> – Évidemment…<br><strong>Un</strong> – Non, je crois que je vais plutôt vous reprendre un billet.<br><strong>Deux</strong> – Un billet ?<br><strong>Un</strong> – Un ticket de loto !<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Vous avez déjà gagné !<br><strong>Un</strong> – Peut-être que cette fois, j’aurai la chance de gagner un peu moins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Syndicalisme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/syndicalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:38:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
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		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Syndicalisme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage prend un verre à une table. Un autre arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Salut. Tu es tout seul ?<br><strong>Deux</strong> – Apparemment, on est les premiers.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas si on sera très nombreux. Je t’avoue que moi-même, j’ai un peu hésité à venir.<br><strong>Deux</strong> – C’est la première réunion. Peut-être qu’ils n’ont pas réussi à prévenir tout le monde à temps.<br><strong>Un</strong> – J’espère que la police, elle, elle n’a pas été prévenue.<br><strong>Deux</strong> – Remarque tu n’as pas tort… Un Syndicat des Tueurs à Gages… Je ne sais pas si c’est une bonne idée.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’ensemble, on serait plus forts pour défendre nos intérêts, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Quels intérêts ?<br><strong>Un</strong> – Harmoniser nos tarifs, par exemple. Pour éviter qu’entre nous, on se livre à une concurrence déloyale en cassant les prix.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il ne faudrait pas non plus qu’on puisse nous accuser d’entente illégale.<br><strong>Un</strong> – Illégale ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. De ce côté-là… On travaille déjà dans l’illégalité.<br><strong>Un</strong> – Comme les prostituées.<br><strong>Deux</strong> – Elles, je crois qu’elles ont réussi à obtenir d’être affiliées à la sécu, et de cotiser pour la retraite.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’un jour, notre métier pourrait être reconnu par l’État ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi pas d’utilité publique aussi ? Enfin… Le crime a toujours existé. Il existera toujours.<br><strong>Un</strong> – C’est même le plus vieux métier du monde. Plus vieux que la prostitution.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Est-ce que quelqu’un faisait déjà le trottoir quand Caïn a tué Abel ?<br><strong>Un</strong> – Il aurait dû faire appel à un professionnel, ça lui aurait évité pas mal de problèmes.<br><strong>Deux</strong> – L’assassinat, c’est un métier, alors pourquoi ne pas encadrer notre activité par des lois.<br><strong>Un</strong> – Ouais.. Mais on nous dira que ce n’est pas démocratique. Que seuls les riches ont les moyens de faire tuer ceux qui les emmerdent.<br><strong>Deux</strong> – Sauf si c’est remboursé.<br><strong>Un</strong> – Par la Sécu, tu veux dire ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et sinon, les affaires, comment ça va ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu mort, en ce moment.<br><strong>Un</strong> – C’était quoi, ton dernier contrat.<br><strong>Deux</strong> – Une bonne femme qui n’avait pas le courage de se suicider. Elle voulait que je m’en charge.<br><strong>Un</strong> – Du velours. Au moins, personne ne viendra se plaindre.<br><strong>Deux</strong> – Tu parles. Au dernier moment, elle a changé d’avis. Comme elle avait un avoir, elle m’a demandé de tuer son mari à sa place. Maintenant, ça a l’air d’aller mieux… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Je devais supprimer une petite vieille. Le type avait acheté sa maison en viager, et elle était déjà centenaire.<br><strong>Deux</strong> – Pas de bol… Mais c’est dans des cas comme ça où notre profession a vraiment une utilité sociale.<br><strong>Un</strong> – Juste après avoir signé le contrat pour que je l’aide à mourir dans la dignité, elle meurt en sautant à l’élastique.<br><strong>Deux</strong> – Un saut à l’élastique ?<br><strong>Un</strong> – Ses petits-enfants lui avaient offert ça comme cadeau pour ses cent ans.<br><strong>Deux</strong> – Et l’élastique a lâché…<br><strong>Un</strong> – Non. C’est le cœur qui a lâché.<br><strong>Deux</strong> – Ah merde.<br><strong>Un</strong> – Du coup, le client a voulu se faire rembourser.<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Un contrat, c’est un contrat.<br><strong>Deux</strong> – Après tout elle est morte.<br><strong>Un</strong> – Il n’a rien voulu entendre. Au lieu de tuer la vieille, j’ai dû me débarrasser du client.<br><strong>Deux</strong> – Tuer ses clients, ce n’est jamais bon pour les affaires.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça que dans ces cas-là, un syndicat, pour régler les différends commerciaux…<br><em>Un temps. On entend une sirène de police.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, je crois qu’on ne sera pas tout seuls, finalement…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Évasion</title>
		<link>https://sketchotheque.net/evasion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:49:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Poisson]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Évasion, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages dans une cellule de prison.<br></em><strong>Un</strong> – Ça fait combien de temps que tu es en prison, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fera dix ans le 25 décembre.<br><strong>Un</strong> – Le 25 décembre ? T’avais buté le Père Noël pour lui braquer sa hotte ?<br><strong>Deux</strong> – Presque… J’ai buté le Père Fouettard pour qu’il arrête de me filer des gnons…<br><strong>Un</strong> – Et tu as pris perpète pour ça ?<br><strong>Deux</strong> – Les juges aussi ont des enfants. Ça leur file les jetons, les gosses qui butent leur paternel pour des raisons aussi futiles.<br><strong>Un</strong> – Celui qui t’a condamné devait battre ses gosses aussi. Ou pire…<br><strong>Deux</strong> – J’aurais dû le faire deux ans plus tôt. J’étais encore mineur, la peine aurait été moins lourde.<br><strong>Un</strong> – Réfléchir trop longtemps, ce n’est jamais bon.<br><strong>Deux</strong> – Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Moi ? Je ne sais plus…<br><strong>Deux</strong> – Tu ne sais plus pourquoi tu es là ou tu sais plus depuis quand ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi, je préfère oublier. Et depuis quand… Au bout de vingt ans, j’ai arrêté de compter.<br><strong>Deux</strong> – Je commence à me demander si on nous libérera un jour.<br><strong>Un</strong> – Je ne suis pas sûr d’avoir encore envie de sortir.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Un</strong> – Après toutes ces années au placard… Dehors, on ne reconnaîtra plus rien. Ni personne.<br><strong>Deux</strong> – Et personne ne nous reconnaîtra plus.<br><strong>Un</strong> – Le dernier café que j’ai pris à un comptoir de bistrot, je l’ai payé en francs, tu te rends compte ?<br><strong>Deux</strong> – C’est comme si on était morts depuis tout ce temps. Enterrés vivants. Un jour, on nous replongera brusquement dans la vie. Ce sera comme une deuxième naissance.<br><strong>Un</strong> – Mais au lieu d’être des nouveaux-nés, avec des parents pour s’occuper de nous, on sera des vieillards, sans personne pour nous tenir la main.<br><strong>Deux</strong> – Comme des poissons qu’on replonge dans la mer et qui ne savent plus nager. Parce qu’ils sont restés trop longtemps hors de l’eau.<br><strong>Un</strong> – C’est con, ce que tu dis… Hors de l’eau, de toute façon, ils meurent asphyxiés, les poissons.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Je me sens comme un poisson dans l’air.<br><strong>Un</strong> – On a fini en taule parce qu’on était inadaptés à la vie en société. Est-ce qu’après trente ans de placard on sera plus adaptés qu’avant ?<br><strong>Deux</strong> – On n’a pas fait les bons choix, c’est tout. Qu’est-ce que tu voulais faire, toi, quand tu étais gosse ?<br><strong>Un</strong> – Quand on jouait aux gendarmes et aux voleurs, je voulais toujours être gendarme. Je ne sais pas où ça a merdé. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi je voulais être astrophysicien. Mais j’étais trop bête.<br><strong>Un</strong> – C’est quoi astrophysicien ?<br><strong>Deux</strong> – Les étoiles, les planètes, tout ça.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… L’astrologie, quoi. Tu es de quel signe toi ?<br><strong>Deux</strong> – Poisson.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu en penses, toi ? Tu crois qu’on est seuls dans l’univers ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, on est seuls au monde. Alors qu’est-ce que ça peut nous foutre, s’il y a des martiens ou pas ?<br><strong>Deux</strong> – On a pris perpète. Une invasion extraterrestre, il n’y a plus que ça qui pourrait nous sauver, non ?<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – À la Révolution, on a pris la Bastille, et on a libéré les prisonniers.<br><strong>Un</strong> – Alors c’est ça, ton plan d’évasion ?<br><strong>Deux</strong> – Tu en as un autre ?<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, les Martiens, c’est le seul espoir qui nous reste.<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé le moyen d’entrer en contact avec eux.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et à supposer qu’ils existent, les Martiens, et que t’arrives à leur envoyer un message. Qu’est-ce que tu vas leur dire pour les convaincre de venir nous libérer ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Tu as une idée toi ?<br><strong>Un</strong> – Ça dépend… À ton avis, les extraterrestres, ils sont du côté des gendarmes ou des voleurs ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Justice express</title>
		<link>https://sketchotheque.net/justice-express/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:18:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avocat]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Justice express, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux chaises de chaque côté d’une table. Entre un homme en combinaison orange. Une femme en robe d’avocate arrive, survoltée, portable à l’oreille. Elle fait un petit bonjour à l’homme et commence à s’installer. Elle pose sa serviette sur la table et en sort un dossier.<br></em><strong>Avocate</strong> (<em>au téléphone</em>) – Écoutez, vingt ans, c’est pas si mal. Vous savez qu’avec un autre juge, et une autre avocate, vous auriez pu prendre beaucoup plus ? Enfin, un peu plus. Et puis vingt ans, avec les remises de peine… Dans dix ans, on peut espérer une liberté conditionnelle. C’est vite passé, dix ans, non ? Bon, excusez-moi, il faut que je vous laisse, je suis avec un client, là. Ben oui, je sais, vous êtes vraiment innocent, mais bon. Qu’est-ce que vous voulez ? On ne peut pas gagner à tous les coups. Je vous rappelle, hein ? Tchao, tchao… (<em>Elle range son téléphone.</em>) Quel emmerdeur…<br><em>L’avocate se tourne enfin vers l’homme, resté debout.</em><br><strong>Avocate</strong> (<em>sourire commercial</em>) – À nous, Monsieur… (<em>Vérifiant le nom dans le dossier</em>) Martinez.<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Ça commence bien… Asseyez-vous, Monsieur Sanchez, je vous en prie. Si vous saviez… C’est bourré de fautes de frappe, ces dossiers d’instruction. Sans parler des fautes d’orthographe… C’est à croire que tous ces juges sont des analphabètes. (<em>Soupirant</em>) Et après on s’étonne qu’il y ait autant d’erreurs judiciaires… (<em>Souriant à nouveau</em>) Mais ne vous inquiétez pas, on va vous sortir de là, hein ? Alors, qu’est-ce qu’on vous reproche exactement…? (<em>Feuilletant l’épais dossier</em>) Voyons voir… Ouh là… Mais c’est l’affaire Dreyfus, dites-moi. Un vrai roman-feuilleton. Je me demandais pourquoi mon cartable était aussi lourd. Non, mais ils ne se rendent pas compte, hein ? Si je devais lire, tout ça, moi… Bon, alors je résume : en gros, vous avez coupé votre femme en deux avec une hache, c’est bien ça ?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Bravo ! C’est exactement la réponse que j’attendais de vous. Vous êtes innocent, c’est encore plus simple. On plaide non coupable, et on ne perd pas de temps avec les détails. Je sens qu’on va faire du bon travail ensemble, Monsieur Ramirez. D’ailleurs c’est toujours la stratégie de défense que je propose à mes clients : nier tout en bloc. Même l’évidence. Instiller le doute dans l’esprit des jurés, en espérant obtenir l’acquittement au bénéfice du doute. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, mais croyez-moi, c’est beaucoup plus simple que d’entrer dans les détails. Les circonstances atténuantes, l’enfance malheureuse, le moment de folie… Tout ça, c’est d’un compliqué. Pour un résultat très aléatoire, vous savez. Alors voilà ce qu’on va faire. Vous connaissez le jeu « ni oui ni non » ?<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, mauvais point pour vous ! Je vous ai déjà piégé… Mais je vous propose une variante. Vous répondez non à tout à toutes les questions qu’on vous pose, d’accord ? Jamais oui. Toujours non. Attention, vous êtes prêt ?<br><strong>Homme</strong> (<em>sur la défensive</em>) – Mmmm…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous aviez des raisons d’en vouloir à votre chère épouse…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous possédez une hache…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous vous êtes déjà habillé en femme ? (<em>Son portable sonne</em>.) Excusez-moi, je suis à vous tout de suite… Oui…? Ah, oui, mon chéri ! Ça va ? Non, j’ai rendez-vous chez le coiffeur à 17 heures, et j’ai une douzaine de clients à voir avant. Tu peux passer chez le traiteur en rentrant pour notre petite soirée entre amis ? Je ne vais pas avoir le temps… Oh, j’ai invité le juge avec sa femme, le procureur avec sa maîtresse… Ça fait déjà trois. Non trois, la maîtresse du procureur, c’est la femme du juge. Oh, écoute, compte pour six, d’accord ? Merci, tu es un amour. Bisous, bisous. Moi aussi… Allez, à ce soir…<br><em>Elle range son téléphone portable.</em><br><strong>Avocate</strong> – Alors, où en étions nous, Monsieur Hernandez ?<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Excusez-moi, Hernandez, c’est le nom de ma femme de ménage. Ou Fernandez, je ne sais plus. Bon, donc, vous n’avez pas tué votre femme, et point barre, d’accord ? Croyez-moi, comme ça, on s’évite beaucoup de complications… Et en répondant toujours non quelle que soit la question, on est sûr de ne jamais se contredire. Vous avez autre chose à me dire, Monsieur Gomez ?<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, je vous ai encore piégé. La bonne réponse était non. Bon, il faut que je vous laisse, Monsieur Gonzalez. Le devoir m’appelle. J’ai encore beaucoup d’innocents comme vous à sauver aujourd’hui… On se revoit demain au procès ? Et encore une fois, ne vous en faites pas. Je suis convaincue de votre innocence, et je me fais fort de faire partager cette conviction à tous les membres du jury. (<em>Avec un air entendu</em>) D’ailleurs, je reçois le juge à dîner ce soir, et j’essaierai de lui glisser un petit mot en votre faveur entre la poire et le fromage. (<em>Pour elle-même</em>) Avant que la soirée ne commence vraiment à déraper, comme la dernière fois… Allez, à bientôt Monsieur Marquez…<br><em>L’avocate sort, aussi survoltée qu’elle était entrée. Le type reste là, perplexe. Puis il se retourne. On lit dans son dos sur sa combinaison orange une inscription « Service Entretien ».</em><br><strong>Homme</strong> – Bon, Djamel, qu’est-ce que tu fous avec l’échelle ? On ne va pas y passer la journée pour changer une ampoule, non plus !<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Échange standard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/echange-standard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contrechamp</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrechamp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrechamp, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception dʼun tableau dont on ne voit que le dos, appuyé contre le mur du fond. Le premier gendarme est là, examinant ses notes. Le deuxième gendarme arrive. Les deux gendarmes peuvent indifféremment être des hommes ou des femmes.<br></em><strong>Gendarme 2</strong> – Drôle de temps, pour un mois de juillet, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>(<em>la tête ailleurs</em>) – Oui… Un temps à se suicider…<br><em>Lʼautre lui lance un regard étonné.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – On est en plein jour et on a lʼimpression quʼil fait nuit…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un peu comme dans cette ténébreuse affaire. Tout a lʼair simple, mais rien nʼest clair.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Bon, alors, quʼest-ce qui sʼest passé, ici ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un suicide, apparemment. Un malheureux qui se serait tiré une balle dans le cœur.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et donc il est mort.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… mais pas sur le coup.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Tiens donc…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Il nʼétait que blessé. Il a eu le temps de regagner la mansarde quʼil louait dans cette auberge, et il nʼest mort que le lendemain. Cʼest-à-dire aujourdʼhui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez pu recueillir son témoignage ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je lui ai posé quelques questions, mais il était déjà plus ou moins inconscient. Ou alors il nʼavait pas envie de se confier à un gendarme.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous auriez dû vous faire passer pour un prêtre, et le recevoir en confession avant de lui accorder lʼextrême-onction. Je plaisante… Vous avez quand même réussi à en tirer quelque chose ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je lui ai demandé sʼil avait essayé de se suicider. Il mʼa répondu… « je le crois ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Je le crois ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je le crois.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest tout ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Non, il a ajouté : « nʼaccusez personne dʼautre ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest étrange, en effet. Mais bon. Il a confirmé quʼil sʼagissait dʼun suicide.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dans ce cas… on nʼa plus rien à faire ici.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je suppose que non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous nʼavez pas lʼair convaincu. Si ce pauvre type a dit quʼil sʼétait suicidé, nous nʼavons pas de raison de mettre sa parole en doute.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non, bien sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi aurait-il dit quʼil sʼétait suicidé si ce nʼétait pas le cas.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Pour protéger quelquʼun, peut-être…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous voulez dire… son assassin ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je ne sais pas. Mais je me méfie des apparences.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Là il ne sʼagit pas de simples apparences, mais dʼun aveu… Lʼaveu de la victime. Ou du coupable, si vous préférez. Il est tout de même très rare quʼun suicidé soit en mesure de confirmer quʼil est bien lʼauteur de son propre meurtre.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui, vous avez sans doute raison.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– On a retrouvé lʼarme du crime ? Enfin, je veux dire lʼarme qui aurait servi à…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Il sʼagirait dʼun revolver, quʼil aurait volé à quelquʼun. Une arme assez rudimentaire.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pas étonnant quʼil se soit raté.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest curieux… Vous savez quelles ont été ses dernières paroles ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Décidément, il était plutôt bavard, pour un suicidé… Et donc, quʼest-ce quʼil a dit ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – « Encore raté ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Encore raté ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest ce quʼil a dit à son frère, venu de Paris pour lʼaccompagner dans ses derniers instants. Jʼimagine quʼil voulait dire que dans sa vie, il avait vraiment tout raté. Même son suicide.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous dites quʼil est rentré à sa chambre après ce coup de feu. Alors où est-ce quʼil a eu lieu, ce présumé suicide ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Dans un champ.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Un champ ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Un champ de blé, oui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous pensez que ce détail pourrait avoir son importance ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel détail ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez dʼabord dit un champ. Puis vous avez précisé un champ de blé.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Ah oui… Euh, non… Jʼai dit ça comme ça.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dʼailleurs, comment savez-vous quʼil sʼagit dʼun champ de blé, et pas dʼun champ de patates, par exemple.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Vous allez voir…<br><em>Il retourne la toile, dont on ne voyait jusque là que le dos. Il sʼagit du Champ de blé aux corbeaux, dernier tableau de Vincent Van Gogh. Au choix du metteur en scène, le premier gendarme peut se contenter de montrer le tableau au deuxième, sans que le public puisse voir le côté peint de la toile.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Quʼest-ce que cʼest que cette horreur ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Son dernier tableau.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors ce vagabond peignait des tableaux ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… Il était connu comme peintre.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼétait pas un peintre connu ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Je veux dire quʼil était connu pour être peintre. Cʼétait son métier. Mais je ne pense pas que cʼétait un peintre connu. Sinon il nʼaurait pas fini ses jours dans une telle misère.<br><em>Lʼautre examine le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez raison, il sʼagit bien dʼun champ de blé. Vous avez noté dʼautres indices sur ce tableau qui pourraient nous aider dans notre enquête ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel genre dʼindices pourrait-on voir sur un tableau ?<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Je ne sais pas… Il aurait pu peindre son meurtrier. Tandis quʼil arrivait vers lui depuis lʼautre bout du champ.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Visiblement, il nʼa pas eu le temps.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Pourtant, il a eu le temps de peindre les corbeaux.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Il faudrait pouvoir interroger les corbeaux, alors. Ils ont sûrement tout vu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Il y a eu une autopsie ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest son médecin qui a examiné le corps.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Son médecin ? Je vois… Une autopsie à la bonne franquette, en quelque sorte. Et que dit ce légiste amateur ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Dʼaprès lui, cʼest bien le cœur qui a été visé, mais la balle a été déviée par une côte, et elle a terminé sa course dans l’abdomen. <br><strong>Gendarme 2</strong> – Un tir à bout portant ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest un médecin homéopathe, vous savez. Pas un expert en balistique. On ne peut rien conclure de définitif à partir de ses déclarations…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Une affaire assez ténébreuse, en effet. Aussi ténébreuse que le ciel quʼil a représenté sur ce tableau juste avant de recevoir cette balle.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À vrai dire, on nʼest même pas sûr que ce soit vraiment dans ce champ de blé que le drame a eu lieu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Aucun témoin direct, donc.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À part les corbeaux ? Non, pas de témoins. Seulement des rumeurs.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Quel genre de rumeurs ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Au sujet de deux garnements. Deux frères. Des fils de bonne famille qui passent leurs vacances ici. Ils auraient pris ce type comme souffre-douleur, et ils auraient pu le tuer accidentellement, en voulant récupérer l’arme qu’il leur avait volée.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Mais lui, il a affirmé sʼêtre suicidé. Pourquoi aurait-il cherché à innocenter ses bourreaux ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je ne sais pas… Par charité chrétienne, peut-être.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Ouais…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Alors quʼest-ce quʼon fait ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Si je résume, on a un clochard qui meurt dʼune balle dans la poitrine deux jours après lʼavoir reçue, on ne sait pas exactement où et quand. Et on ne sait pas non plus par qui et avec quelle arme cette balle a été tirée. Il pourrait donc sʼagir dʼun suicide, mais aussi dʼun meurtre ou dʼun accident.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui, cʼest à peu près ça.<br><em>Lʼautre réfléchit une seconde en examinant le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Le type qui a peint ça était quand même sacrément dépressif, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi ne pas valider lʼhypothèse du suicide, qui semble arranger tout le monde ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Et puis un artiste maudit qui se suicide, cʼest romantique. Ça aidera peut-être à construire sa légende.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Croyez-moi, dans une semaine, tout le monde aura oublié jusquʼau nom de ce vagabond. Il sʼappelait comment, dʼailleurs.<br><em>Lʼautre regarde sur un papier.</em><br><strong>Gendarme 1</strong> – Van Gogh.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Van Gogh ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Vincent Van Gogh. Il était hollandais.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Ce qui est sûr, cʼest quʼon ne verra jamais ses tableaux dans un musée.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Allez savoir…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous accrocheriez ça au dessus du buffet dans votre salle à manger, vous ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors allons-y. On a assez perdu de temps comme ça.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Tout est clair</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tout-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:10:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Portefeuille]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=958</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout est clair, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.<br></em><strong>Maria</strong> – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.<br><strong>Ramirez</strong> – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?<br><strong>Maria</strong> – Évidemment, puisque c’est la vérité !<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition…<br><strong>Maria</strong> – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !<br><strong>Ramirez</strong> – Bien sûr…<br><strong>Maria</strong> – Ce que c’est que les préjugés… Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police…<br><strong>Ramirez</strong> – Reconnaissez que ça, ce n’est faux…<br><strong>Maria</strong> – Défavorablement, peut-être… Mais pas comme pickpocket !<br><strong>Ramirez</strong> – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.<br><strong>Maria</strong> – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.<br><em>Maria pousse un soupir de soulagement.</em><br><strong>Maria</strong> – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense…<br><strong>Ramirez</strong> – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même… Il a porté plainte…<br><strong>Maria</strong> – Porté plainte ? Mais pourquoi ?<br><strong>Ramirez</strong> – Pour un vol à l’arraché.<br><strong>Maria</strong> – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?<br><strong>Ramirez</strong> – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation…<br><strong>Maria</strong> – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Maria</strong> – Vous verrez… Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère…<br><em>L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Oui Sanchez… OK, envoyez-les moi… (<em>Se tournant vers Maria</em>) L’heure de vérité…<br><em>Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Entrez, je vous en prie.<br><strong>Homme</strong> (<em>embarrassé</em>) – Merci, Inspecteur…<br><strong>Femme</strong> (<em>apercevant Maria</em>) – Alors c’est elle…<br><strong>Maria</strong> – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur…<br><strong>Homme</strong> (<em>timidement</em>) – Madame…<br><strong>Maria</strong> (<em>à Ramirez</em>) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.<br><strong>Ramirez</strong> – Alors Monsieur Delamare… Vous reconnaissez cette femme ?<br><em>L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Maria</strong> – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde…<br><strong>Femme</strong> – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!<br><em>Le brave homme semble très mal à l’aise.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Monsieur, je vous écoute… C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne me souviens plus très bien… Il faisait noir…<br><strong>Ramirez</strong> – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci… <br><strong>Homme</strong> – Non, non, bien sûr… J’ai dit noir… C’est plutôt moi qui… J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur…<br><em>L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Homme</strong> – Absolument.<br><strong>Maria</strong> – Ah ! Vous voyez bien !<br><strong>Ramirez</strong> – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.<br><strong>Maria</strong> – Contre X ?<br><strong>Ramirez</strong> – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.<br><em>L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.</em><br><strong>Homme</strong> – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (<em>Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout</em>.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait… Je l’ai perdu…<br><em>L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi… Pourquoi ce mensonge?<br><em>Le respectable vieillard est un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?<br><strong>Femme</strong> (<em>embarrassée</em>) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle…<br><strong>Ramirez</strong> – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent…<br><strong>Femme</strong> (<em>à nouveau agressive</em>) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça… Avec tout ce qu’on voit en ce moment…<br><strong>Ramirez</strong> – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail… (<em>L’homme, penaud, regarde ses chaussures</em>.) Bon… Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois…<br><strong>Femme</strong> – Merci Monsieur l’Inspecteur…<br><strong>Homme</strong> – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment…<br><strong>Maria</strong> – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?<br><em>L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare… Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.<br><strong>Homme</strong> – C’est là où nous habitons, ma femme et moi…<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même…<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne sais pas, Inspecteur.<br><strong>Ramirez</strong> – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?<br><em>L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.</em><br><strong>Maria</strong> – Ah mais oui, ça y est… Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !<br><em>La femme se tourne vers Maria.</em><br><strong>Femme</strong> – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?<br><strong>Maria</strong> – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !<br><em>La femme jette un regard assassin à son mari.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Je crois que maintenant, tout est clair…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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