<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Héritage - La Sketchothèque</title>
	<atom:link href="https://sketchotheque.net/category/theme/heritage/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://sketchotheque.net/category/theme/heritage/</link>
	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
	<lastBuildDate>Thu, 22 May 2025 09:46:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.1</generator>

<image>
	<url>https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/cropped-sketch_carre-32x32.png</url>
	<title>Archives des Héritage - La Sketchothèque</title>
	<link>https://sketchotheque.net/category/theme/heritage/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Les saltimbanques</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-saltimbanques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 09:46:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Hypocrisie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=2484</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les saltimbanques, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-saltimbanques/">Les saltimbanques</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Notre fille vient de m’annoncer qu’elle voulait être comédienne.<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Si.<br><strong>Deux</strong> – Elle t’a dit ça comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’était pas après une dispute ? Juste pour te contrarier…<br><strong>Un</strong> – C’était ce matin au petit-déjeuner. Elle était en train de bouffer ses corn flakes. Elle me regarde et elle me dit : « Maman, quand je serai grande, je serai comédienne ».<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Donc c’est sérieux.<br><strong>Un</strong> – Elle n’a que cinq ans, mais bon… Tu la connais, elle est plutôt du genre à avoir de la suite dans les idées.<br><strong>Deux</strong> – Bon sang… Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour mériter ça ?<br><strong>Un</strong> – J’en suis restée sans voix.<br><strong>Deux</strong> – Mais après, tu as essayé de la raisonner, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui, évidemment. Je lui ai dit que ce n’était pas un vrai métier, qu’aucune banque n’accepterait de lui consentir un prêt immobilier, qu’elle n’aurait jamais de complémentaire santé, qu’elle toucherait une misère quand elle serait à la retraite…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle a dit ?<br><strong>Un</strong> – Rien… Elle s’est remise à bouffer ses corn flakes.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’il faut la punir ?<br><strong>Un</strong> – Tu la connais, ça ne ferait que renforcer sa détermination.<br><strong>Deux</strong> – Bon, enfin… Elle n’a que cinq ans, elle a encore le temps de changer d’avis.<br><em>L’autre regarde son portable.</em><br><strong>Un</strong> – Tiens, elle vient de m’envoyer un message.<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être pour s’excuser.<br><strong>Un</strong> – Elle me demande de l’inscrire dans une agence de casting.<br><strong>Deux</strong> – Non ? Une agence de casting ? Elle ne sait même pas ce que c’est !<br><strong>Un</strong> – Il faut croire que si. Elle me joint une liste d’agences, classées par ordre de préférence.<br><em>L’autre semble abasourdi.</em><br><strong>Deux</strong> – On a engendré un monstre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – En même temps… les chiens ne font pas des chats.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire avec cette expression à la con ?<br><strong>Un</strong> – Ben… on est comédiens tous les deux, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… Nous ce n’est pas pareil. On n’a pas choisi. On ne savait rien faire d’autre.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais… elle voit bien qu’on ne fout rien de la journée, qu’on a une grande maison avec une piscine, une grosse voiture, une bonne…<br><strong>Deux</strong> – On ne dit plus une bonne, aujourd’hui, tu sais ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas politiquement correct.<br><strong>Un </strong>– Qu’est-ce qu’on dit, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Une auxiliaire de vie, je crois.<br><strong>Un</strong> – Mais ça reste une bonne, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas plutôt pour les personnes dépendantes, une auxiliaire de vie ?<br><strong>Deux</strong> – On ne sait rien faire dans la maison… On peut dire qu’on est des personnes dépendantes, non ?<br><strong>Un</strong> – Je crois que pour les gens comme nous, on dit plutôt une employée de maison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis merde, on va continuer à dire la bonne.<br><strong>Un</strong> – Bon quoi qu’il en soit, quand elle voit qu’on ne sait rien faire dans la vie, et qu’on nous demande des autographes dans la rue, elle se dit que comédienne, ce n’est pas un si mauvais plan.<br><strong>Deux</strong> – Tous les comédiens ne roulent pas sur l’or, hein ? Ça, je ne suis pas sûr qu’elle le sache.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, on devrait la mettre en pension chez un couple d’intermittents en galère pour lui montrer ce que c’est vraiment que le métier de comédien.<br><strong>Deux</strong> – Tu en connais, toi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Des intermittents en galère.<br><strong>Un</strong> – Pas personnellement, mais bon… Je peux me renseigner…<br><strong>Deux</strong> – Bon, il faut j’y aille. Je joue au golf avec un producteur danois qui veut absolument que je joue dans son prochain film.<br><strong>Un</strong> – Et moi j’ai rendez-vous avec mon psy à dix heures.<br><strong>Deux</strong> – Je te jure… La journée commence bien…<br><strong>Un</strong> – On va la foutre en pension, oui.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il faudra aussi licencier la gouvernante.<br><strong>Un</strong> – Aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Tu as dit « il faudra aussi licencier la gouvernante ». On va quand même garder la bonne, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais oui, on va garder la bonne, ne panique pas.<br><strong>Un</strong> – Tu m’as fait peur…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-saltimbanques/">Les saltimbanques</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Encre invisible</title>
		<link>https://sketchotheque.net/encre-invisible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:24:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Notaire]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Soins palliatifs]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1631</guid>

					<description><![CDATA[<p>Encre invisible, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/encre-invisible/">Encre invisible</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis dans un lit, le regard dans le vague. Une femme arrive, dans une tenue assez stricte, un cartable à la main.<br></em><strong>Femme</strong> – Bonjour Monsieur. Désolée, je suis un peu en retard. Un petit contretemps.<br><strong>Homme</strong> – On se connaît ?<br><strong>Femme</strong> – Pardon, j’oubliais. Nous ne nous sommes jamais rencontrés. Je suis Maître Colombin, votre notaire.<br><strong>Homme</strong> – Maître Colombin ?<br><strong>Femme</strong> – Ce nom vous évoque quelque chose ?<br><strong>Homme</strong> – Laissez-moi réfléchir… Colombin, colombien, Colombine, columbarium… Colombin… Non, décidément, la première l’idée qui me vient à l’esprit, c’est que je suis vraiment dans la merde.<br><em>La femme ouvre son cartable et en sort quelques papiers.</em><br><strong>Femme</strong> – À ce propos, justement. Comme convenu, j’ai préparé les documents que vous m’avez demandés.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…?<br><strong>Femme</strong> – Je parle de votre testament, vous vous souvenez ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – De toute façon, c’est toujours une bonne chose de mettre ses affaires en règle. Au cas où…<br><strong>Homme</strong> – Oui, un curé m’a dit ça aussi il n’y a pas très longtemps.<br><strong>Femme</strong> – Personne n’est éternel, n’est-ce pas ? Moi-même, en venant ici, j’ai eu un petit accrochage avec ma voiture. Un chauffard. Ç’aurait pu être beaucoup plus grave. C’est d’ailleurs la raison de mon retard.<br><strong>Homme</strong> – C’est donc pour ça que le notaire arrive après le curé. Ça m’étonnait aussi…<br><strong>Femme</strong> – Le temps de signer le constat… Cet imbécile ne voulait pas reconnaître qu’il était en tort. C’était un curé, justement… Comme quoi un curé peut aussi être de mauvaise foi….<br><strong>Homme</strong> – Un curé qui bizarrement, ressemblait aussi beaucoup à ma femme, j’imagine.<br><strong>Femme</strong> – Mais je ne voudrais pas vous retenir trop longtemps. Et quant à moi, tout ça m’a mis très en retard… (<em>Elle lui tend une liasse de feuilles et un stylo</em>.) Voilà, si vous voulez bien parapher et signer. Bien entendu, vous n’êtes pas obligé de tout lire.<br><em>L’homme hésite un peu avant de prendre le document et le stylo.</em><br><strong>Homme</strong> – Bon, j’imagine que je n’ai pas le choix. J’ai l’impression de signer mon arrêt de mort…<br><em>Il essaie de signer mais s’interrompt après quelques essais infructueux.</em><br><strong>Femme</strong> – Un problème.<br><strong>Homme</strong> – Votre stylo ne marche pas.<br><strong>Femme</strong> – Faites-voir… (<em>Elle se penche sur le document.</em>) Ah, non… C’est juste que… j’avais oublié de vous prévenir. C’est de l’encre invisible.<br><strong>Homme</strong> – De l’encre invisible ?<br><strong>Femme</strong> – Du jus de citron, si vous préférez.<br><strong>Homme</strong> – D’accord…<br><strong>Femme</strong> – Allez-y, signez. (<em>Pendant qu’il paraphe et qu’il signe</em>) Vous comprenez, les notaires ne sont pas toujours les bienvenus dans les Unités de Soins Palliatifs.<br><strong>Homme</strong> – Comme c’est étrange.<br><strong>Femme</strong> – Pourtant, on y fait même venir des clowns, m’a-t-on dit. Dans l’espoir d’abréger les souffrances de certains patients en les faisant mourir de rire. Personnellement, je trouve qu’il n’y a rien de plus triste qu’un clown, pas vous ?<br><strong>Homme</strong> – Un notaire, peut-être…<br><strong>Femme</strong> – Le cirque en général. C’est d’un sinistre. J’ai toujours trouvé que ça puait la mort. Sans oublier les fêtes foraines, évidemment.<br><strong>Homme</strong> – Vous me parliez de jus de citron, je crois…<br><strong>Femme</strong> – Que voulez-vous ? Il y a toujours des gens plus méfiants que les autres. Certains proches se demandent si on ne va pas faire signer n’importe quoi à leur parent sur son lit de mort, pour le délester de ses économies et les priver de leur héritage.<br><strong>Homme</strong> – Donc si vous en croisez un en sortant, vous pourrez lui montrer ce testament et lui dire : vous voyez, il n’a rien signé.<br><strong>Femme</strong> – Exactement.<br><strong>Homme</strong> – Et une fois rentré à votre étude, vous passez le document sous une bougie pour caraméliser le citron. Je faisais ça, moi aussi, quand j’étais gosse.<br><strong>Femme</strong> – On a tous été gosses, pas vrai ?<br><strong>Homme</strong> – Mais il n’y a que les notaires pour avoir gardé leur âme d’enfant…<br><strong>Femme</strong> – Il va falloir que je vous laisse. J’ai d’autres mourants à voir avant ce soir.<br><strong>Homme</strong> – Simple curiosité… Il dit quoi, ce testament, en gros ?<br><strong>Femme</strong> – Vous léguez tous vos biens à une fondation, dont le but est d’établir un contact avec les civilisations extraterrestres.<br><strong>Homme</strong> – Si ça peut au moins me permettre de renouer le contact avec ma femme.<br><em><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/encre-invisible/">Encre invisible</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Retour à Ithaque</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:22:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Carte]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1602</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour à Ithaque, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/">Retour à Ithaque</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>L’écriture est une Odyssée. Redessiner son parcours de mémoire dans l’espoir vain de retrouver le chemin du retour. Jusqu’à l’origine. Pour s’apercevoir enfin que le voyage est dans les cartes, que l’origine n’est pas le point de départ, et que le jeu de la vérité est une partie de poker menteur avec soi-même. Mon paradis perdu, c’est la Méditerranée. Enfant de l’exil, j’ai longtemps voulu voir en mon père un héros. Un résistant glorieusement défait. Pourtant, en 1939, mon père n’était qu’un adolescent. Une victime déplacée. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu mon père dire du mal de Franco. Mais je me rêvais tellement en fils de l’utopie. Pour mon père, à vrai dire, le Général Franco, c’était plutôt une sorte de Général De Gaulle. L’ordre moral, la paix sociale, et le miracle économique. L’apparentement des patronymes, sans doute. Franco. La France. De Gaulle. La Gaule. Oui, plus tard, parmi les réfugiés aussi, de retour au pays en touristes, il y en avait pour dire qu’avec Franco, on vivait mieux… J’ai longtemps tiré gloire du fait que mon père ne m’avait pas fait baptiser. J’aimais voir là un acte de résistance symbolique. Ce n’était hélas qu’une négligence. Mon père, qui n’était pas allé à la mairie pour me donner un nom, pourquoi m’aurait-il conduit à l’église pour recevoir le baptême ? Non, ne pas croire en Dieu ne fait pas d’un réfugié un résistant. Et j’aurais dû douter de l’anticléricalisme de ce père qui m’interna pendant sept ans dans un pensionnat catholique…. C’est mon oncle qui, à la mairie, improvisa mon prénom. J’entends encore le rire malicieux de ce brave ouvrier de chez Simca&nbsp;en racontant cette anecdote : Jean-Pierre Belmondo ! J’aurais donc dû m’appeler Jean-Paul. Mon nom de famille est le dégât collatéral d’une guerre civile et d’une défaite. Mon prénom le produit d’une indifférence et d’un lapsus. Drôle de baptême républicain. Malentendus. Erreurs. Contradictions. Tous ces hasards font-ils un destin ? Certes, mon père n’était pas franquiste non plus. C’était seulement un survivant, pas un héros. Pas un maquisard, seulement un débrouillard. Beaucoup d’ambition, et un peu de marché noir. Trois ans de guerre civile, et un exode. Six ans de guerre mondiale, et un exil. Ça forme une jeunesse. Pas un combat, mais de nombreuses déroutes. Pas une blessure, mais beaucoup de cicatrices. Ça vous rend résistant. Ça ne fait pas de vous un résistant. Et moi ? Plutôt Gaulliste aussi, enfin, gaulliste de gauche. Franco-gaulois de Barcelone et pas même catalan. Fils d’un républicain fantasmé et de la République Française. Avant même de savoir écrire, j’ai su qu’écrire serait ma seule patrie. Je suis l’auteur de mes jours. L’écriture est une Odyssée, un long parcours de retour vers soi-même. J’aurais fait ce voyage contre vents et marées, y jouant ma vie pour y gagner ma liberté.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/">Retour à Ithaque</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Double vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Notaire]]></category>
		<category><![CDATA[Office notarial]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1326</guid>

					<description><![CDATA[<p>Double vie, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/double-vie/">Double vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bureau notarial. Une femme arrive, en tenue deuil. Elle hésite, puis s’assied. Au bout d’un moment, elle se penche vers le bureau pour voir les documents qui sont posés dessus, avant de se raviser. La curiosité étant trop forte, elle se penche à nouveau et avance une main hésitante pour saisir une enveloppe. Arrive alors une autre femme, également en tenue de deuil. Elle semble surprise en voyant l’autre, qui ne s’est pas aperçue de son arrivée. La nouvelle venue tousse pour signaler sa présence, et l’autre sursaute.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Vous m’avez fait peur…<br><strong>Femme 2</strong> – Je suis vraiment désolée. Mais je ne savais pas que… (Lui tendant la main et se présentant) Agnès…<br><strong>Femme 1 </strong>– Vous connaissez mon nom ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>étonnée</em>) – Euh… Non, Agnès, c’est moi. La veuve du défunt.<br><strong>Femme 1 </strong>– Quoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – Vous vous appelez aussi Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Mais c’est moi, la veuve !<br><strong>Femme 2 </strong>– Pardon ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Pour qui elle se prend, cette morue ?<br><strong>Femme 2</strong> – Tu peux répéter ça pouffiasse ?<br><em>Elles s’apprêtent à se sauter à la gorge quand le notaire arrive un gobelet de café à la main.</em><br><strong>Notaire</strong> – On vous a proposé un café ?<br><em>Les deux femmes reprennent une contenance plus digne.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merci, ça ira.<br><strong>Femme 2</strong> – On est déjà assez énervées comme ça.<br><strong>Notaire</strong> – Je vous en prie, asseyez-vous… (<em>Les deux femmes se rasseyent.</em>) Et tout d’abord, permettez-moi de vous présenter toutes mes condoléances.<br><em>La première femme verse une larme. Le notaire lui tend une boîte de mouchoirs en papier et elle en prend un.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Merci.<br><em>L’autre femme lève les yeux au ciel avec un air excédé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Très bien, alors puisque nous sommes au complet, je crois que nous allons pouvoir procéder à l’ouverture du testament.<br><strong>Femme 1</strong> – Au complet ?<br><strong>Notaire</strong> – À moins que nous n’attendions une troisième Agnès…<br><strong>Femme 2</strong> – Excusez-moi, mais je crois qu’il y a un petit malentendu…<br><strong>Notaire</strong> – J’y viens tout de suite, chère Madame, rassurez-vous… (<em>Il saisit l’enveloppe posée sur son bureau et toussote pour s’éclaircir la voix.</em>) J’irai droit au but. Comme votre présence conjointe dans ce bureau vous l’aura déjà fait subodorer, Monsieur Barbarin, avant sa mort, avait une double vie.<br><strong>Femme 1 </strong>– Une double vie ?<strong><br>Femme 2 </strong>– Je vous assure que nous n’avions rien subodoré du tout jusque là…<br><strong>Notaire</strong> – Quoi qu’il en soit, suite à sa disparition brutale dans des circonstances aussi obscures que douloureuses, Monsieur Barbarin laisse derrière lui deux veuves et deux orphelins… prénommés tous deux Baptiste.<br><strong>Femme 1</strong> – Votre fils s’appelle aussi Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est vrai que pour un homme qui mène une double vie, choisir deux femmes qui portent le même prénom et baptiser tous ses enfants Baptiste, cela peut éviter de commettre pas mal d’impairs…<br><strong>Femme 2</strong> (<em>anéantie</em>) – C’est clair…<br><strong>Notaire</strong> – Donc, il apparaît que le patrimoine de votre époux commun était principalement constitué d’une maison à Tarascon-sur-Rhône et d’une autre à Tarascon-sur-Ariège. C’est d’ailleurs au cours d’un de ses nombreux déplacements entre ces deux villes que Monsieur Barbarin aurait été emporté avec sa voiture par une rivière en crue lors d’un violent orage.<br><em>Les deux femmes échangent un regard hostile.</em><br><strong>Notaire</strong> – Sans attendre, je vais vous lire les dernières volontés du défunt. (<em>Il ouvre l’enveloppe</em>) Tout d’abord, en ce qui concerne ses obsèques, Monsieur Barbarin a émis le souhait d’être incinéré. Pour cela au moins, vous n’avez aucun souci à vous faire. Monsieur Barbarin était apparemment un homme très organisé, et il a tout prévu. Je vous communiquerai tout à l’heure les détails de…<br><em>Faisant un faux mouvement, le notaire renverse son café sur le testament.</em><br><strong>Notaire</strong> – Et merde… (<em>Il prend un mouchoir en papier et éponge le café renversé sur le testament.</em>) Pardon… Je vais arranger cela tout de suite, ne vous inquiétez pas, et je poursuis la lecture du testament… En espérant que ce torchon soit encore à peu près lisible… (<em>Il jette un regard sur le document</em>.) Bon, donc, en gros… Je vous résume… Monsieur Barbarin lègue sa maison de Tarascon à…<br><strong>Femme 1 </strong>– Tarascon-sur-Rhône ou Tarascon-sur-Ariège ?<br><strong>Notaire</strong> – Je vous avoue qu’avec le marc de café, je n’arrive pas à lire ce qu’il y a d’écrit exactement derrière Tarascon… Quoi qu’il en soit, Monsieur Barbarin lègue cette maison à sa femme Agnès et à son fils Baptiste.<br><strong>Femme 2 </strong>– Quelle Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Quel Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – Là, je vous assure qu’il n’a pas précisé…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est incroyable !<br><strong>Femme 1</strong> – Mais alors comment vous voulez-vous que…<br><em>Le téléphone du notaire sonne et il répond.</em><br><strong>Notaire</strong> – Excusez-moi un instant… Oui ? Non ? Ah oui ? Ah non ! Bon… Bon… Bon… Merci… (<em>Il raccroche</em>.) Alors j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Femme 2</strong> – Je vous avoue que je serais assez curieuse de savoir quelle pourrait bien être la bonne…<br><strong>Notaire</strong> – Votre mari n’est pas mort noyé dans l’Ariège, comme on avait pu le croire dans un premier temps…<br><em>Les deux femmes échangent un regard, consternées.</em><br><strong>Notaire</strong> – Selon les derniers rebondissements de l’enquête, Monsieur Barbarin aurait pu remonter sur la rive après avoir été malencontreusement précipité dans la rivière par une bourrasque en promenant son chien nommé Tobby. Un chien dont apparemment, il ne se séparait jamais.<br><strong>Femme 1 </strong>– Notre chien aussi s’appelle Tobby !<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est le même…<br><strong>Notaire</strong> – Pour ce qui est des chiens, en tout cas, il semblerait en effet que votre mari n’était pas polygame…<br><strong>Femme 1</strong> – Alors ce salaud est encore vivant ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est là où j’en arrive à la mauvaise nouvelle… Il a pu reprendre place à bord de sa voiture et continuer sa route. En revanche le véhicule a été projeté dans le Rhône par un nouveau coup de mistral en arrivant à Tarascon. La gendarmerie vient de repêcher sa Twingo dans le fleuve il y a quelques minutes.<br><strong>Femme 2</strong> – Le Rhône, donc.<br><strong>Femme 1</strong> – Évidemment, le Rhône ! À Tarascon-sur-Rhône ! Il faut la mettre sous tension, celle-là, elle n’a pas l’électricité à tous les étages !<br><em>L’autre femme lui lance un regard meurtrier.</em><br><strong>Notaire</strong> – Monsieur Barbarin n’a vraiment pas eu de chance. Il est évident qu’il aurait mieux fait de ne pas prendre sa voiture ce jour là.<br><strong>Femme 1 </strong>– C’était l’anniversaire de mon Baptiste…<br><strong>Femme 2</strong> – Du mien aussi…<br><strong>Notaire</strong> – La loi des séries sans doute. Je parle de cette double noyade, bien sûr…<br><strong>Femme 2</strong> – Il faut croire que lorsqu’on a une double vie, on est aussi destiné à mourir deux fois.<br><strong>Notaire</strong> – Même si, selon la célèbre maxime d’Héraclite : on ne se noie jamais deux fois dans le même fleuve. (Un temps) Je plaisante…<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais alors c’était quoi la bonne nouvelle ?<br><strong>Notaire</strong> – La bonne nouvelle, c’est qu’on a retrouvé le chien Tobby, et qu’il est bien vivant. Nous pourrons toujours envisager une garde partagée…<br><strong>Femme 1</strong> – Et c’est tout ce qu’il y a dans le testament ?<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Oui… Ah, non, pardon… Attendez une minute… Voici la musique que votre mari a choisi pour accompagner sa crémation.<br><em>Il appuie sur une télécommande et on entend les premières paroles de la chanson « Allumer le Feu ». Plus quelques aboiements.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/double-vie/">Double vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les trois coups…</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-trois-coups/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:36:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1277</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les trois coups, un sketch humoristique extrait du recueil 'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-trois-coups/">Les trois coups…</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages entrouvrent le rideau pour observer les spectateurs attendant le début du spectacle.<br></em><strong>Un</strong> – C’est qui, cette vieille dame, au premier rang, avec son appareil auditif ?<br><strong>Deux</strong> – Ben c’est l’ayant droit…<br><strong>Un</strong> – L’ayant droit…?<br><strong>Deux</strong> – L’arrière-petite-nièce de l’auteur ! C’est à elle qu’on a dû demander l’autorisation de jouer. Et crois-moi, les héritiers, c’est encore plus casse-couilles que les auteurs vivants…<br><strong>Un</strong> – À quoi bon monter des auteurs morts s’il faut payer les ayants droit…<br><strong>Deux</strong> – Enfin, celui-là, plus que dix ans et il tombe dans le domaine public…<br><strong>Un</strong> – Espérons au moins que le spectacle va lui plaire.<br><strong>Deux</strong> – Ça, ce n’est pas vendu. Elle a assisté à la création de la pièce en 1927. Alors évidemment, elle a des a priori…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi elle est venue, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Pour compter les spectateurs, j’imagine, et vérifier qu’on ne l’arnaquerait pas sur ses dix pour cent. Et dire qu’on a été obligé de l’inviter, pour l’amadouer…<br><strong>Un</strong> – Pour l’instant, elle a les yeux fermés. Elle se concentre, ou elle dort ?<br><strong>Deux</strong> – Ou alors elle est morte…<br><strong>Un</strong> – Ah, non, elle ronfle…<br><strong>Deux</strong> – Il faudrait peut-être la réveiller. On va frapper les trois coups…<br><strong>Un</strong> – Je vais demander à ce qu’on les frappe un peu plus fort…<br><em>Noir. </em><br><em>On frappe les trois coups…</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-trois-coups/">Les trois coups…</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le tableau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=849</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le tableau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-tableau/">Le tableau</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive avec un tableau, un portrait de jeune femme, tenant apparemment plus de la croûte que du chef d’œuvre, mais doté d’un cadre doré.<br></em><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?<br><strong>Elle</strong> – Il était accroché au-dessus du lit de mon arrière-grand-mère, dans sa maison de retraite. Chaque fois que j’allais la voir, elle me répétait qu’après sa mort, ce tableau serait pour moi…<br><strong>Lui</strong> – C’est très généreux de sa part. Surtout qu’à part cette croûte, elle n’a rien laissé d’autre à personne…<br><strong>Elle</strong> – Ma mère y est allée hier pour débarrasser la chambre. Elle m’a donné le tableau.<br><strong>Lui</strong> – C’est un portrait… C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-arrière-grand-mère, je crois…<br><strong>Lui</strong> – Elle était plutôt pas mal… quand elle était jeune. Tu lui ressembles un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce que tu comptes en faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Je ne peux pas le jeter quand même…<br><strong>Lui</strong> – Non, évidemment… De là à l’accrocher dans le salon…<br><strong>Elle</strong> – On pourrait l’accrocher au-dessus de notre lit…<br><strong>Lui</strong> – Tu plaisantes ?<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Elle avait quel âge, ton arrière-grand-mère exactement ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était née en 1910 à Auvers-sur-Oise.<br><strong>Lui</strong> – À Auvers ? C’est dingue ! Tu te rends compte ? À vingt ans près elle aurait pu croiser Van Gogh.<br><strong>Elle</strong> – Elle racontait toujours que sa mère l’avait bien connu.<br><strong>Lui</strong> – Non…? Van Gogh ?<br><strong>Elle</strong> – Ouais.<br><strong>Lui</strong> – Mais quand tu dis bien connu…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Si ça se trouve tu es l’arrière-arrière-petite-fille de Van Gogh…<br><strong>Elle</strong> – Va savoir…<br><strong>Lui</strong> – Et comme il n’a pas d’autre descendance connue, tu serais l’héritière de sa fortune.<br><strong>Elle</strong> – Sa fortune ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, remarque, tu as raison… Les gens qui ont acheté ses tableaux sont richissimes aujourd’hui, mais lui il est mort dans la misère. Et ce tableau…?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-grand-mère me disait qu’elle tenait ce tableau de sa mère…<br><strong>Lui</strong> – Mais d’où il venait ? Qui l’a peint, ce tableau ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il n’est pas signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Ou alors la signature n’est plus visible.<br><strong>Lui</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Mais non, ce n’est pas possible…<br><strong>Lui</strong> – Si ton aïeule l’a bien connu… Personne n’en voulait, de ses toiles. Et il n’avait pas un sou. Je suis sûr qu’il aurait pu en donner une contre un repas chaud. Alors pour tirer un coup, tu penses bien…<br><strong>Elle</strong> – Ne te gêne pas, traite mon arrière-arrière-grand-mère de pute !<br><strong>Lui</strong> – Je ne dis pas ça mais… un petit cadeau.<br><strong>Elle</strong> – Non, et puis tu l’as dit, regarde, c’est une croûte !<br><strong>Lui</strong> – Franchement, j’ai vu certains tableaux dans des musées… Si on ne savait pas que c’était signé par de grands maîtres… Qu’est-ce qu’on y connaît en peinture, nous ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… Il faudrait le faire expertiser…<br><strong>Lui</strong> – Imagine un peu. Un Van Gogh. Même si ce n’est pas le meilleur, ça vaudrait des millions.<br><strong>Elle</strong> – Il ne faut pas trop s’emballer quand même…<br><strong>Lui</strong> – Oui… Après tout, il vaut peut-être mieux laisser planer le doute. Rêvons encore un peu, plutôt que de rompre le charme tout de suite.<br><strong>Elle</strong> – Sans compter qu’une expertise, ça ne doit pas être donné. Tout ça pour qu’on nous dise que c’est l’œuvre… d’un peintre du dimanche.<br><strong>Lui</strong> – Mais du coup, j’ai presque envie de l’accrocher au-dessus de notre lit, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Penser que Van Gogh a peint ça pour niquer ton arrière-arrière-grand-mère. Et que maintenant ça vaut des millions. Ce serait le coup le plus cher du monde, non ?<br><em>Il prend le tableau pour le regarder.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi je ne suis pas sûre que ça me motive beaucoup.<br><strong>Lui</strong> – Il pèse une tonne ce tableau, non ?<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai, j’ai remarqué aussi.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de l’accrocher au-dessus du lit. Si on le prend sur la tronche…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi il est aussi lourd, ce tableau ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas la toile, c’est forcément le cadre…<br><strong>Elle</strong> – Habituellement, les cadres, c’est en bois…<br><strong>Lui</strong> – Pour du bois, ça ferait très lourd.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est de la fonte.<br><strong>Lui</strong> – Un cadre en fonte ? Et puis ce n’est pas la couleur de la fonte.<br><strong>Elle</strong> – C’est peut-être de la peinture.<br><em>Il gratte un peu le cadre avec son ongle.</em><br><strong>Lui</strong> – On dirait que non…<br><strong>Elle</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Lui</strong> – Oui… je ne connais qu’un métal qui soit doré.<br><strong>Elle</strong> – Si c’est de l’or, c’est l’équivalent d’au moins un lingot.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, ce tableau a peut-être de la valeur.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on peut rêver…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-tableau/">Le tableau</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le pari de Pascal</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=730</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le pari de Pascal, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/">Le pari de Pascal</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, désorienté. Il jette un regard au plan qu’il tient à la main. Il aperçoit alors quelque chose par terre et, intrigué, le ramasse. C’est un billet de banque, qu’il examine avec curiosité. Un autre personnage arrive. Le premier interpelle le second.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous n’auriez pas…?<br><strong>Deux</strong> (<em>l’interrompant</em>) – Désolé, mais je n’ai pas de monnaie.<br><strong>Un</strong> – Ah non, mais je ne fais pas la manche… Au contraire… Je voulais vous demander si vous n’aviez pas perdu un billet, par hasard ?<br><em>L’autre, surpris, s’arrête et se radoucit quelque peu.</em><br><strong>Deux</strong> – Un billet ? Ça dépend… C’est un billet de combien ?<br><em>Le premier jette un regard au billet.</em><br><strong>Un</strong> – Cinq cents.<br>Deux – Ah oui, quand même… Attendez, je regarde… (<em>Il fait mine de fouiller ses poches.</em>) Je… Oui, peut-être… Un billet de cinq cents euros, vous disiez ?<br><em>L’autre examine le billet.</em><br><strong>Un</strong> – Oui, cinq cents… Ah non, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas un billet de cinq cents ?<br><strong>Un</strong> – Si, mais c’est un billet de cinq cents francs !<br><strong>Deux</strong> – Des francs ? Vous voulez dire… des anciens francs ?<br><strong>Un</strong> – Ah non, des nouveaux… Enfin… Les francs d’avant, quoi… Les anciens francs, ça n’existe plus, non ?<br><strong>Deux</strong> – Les nouveaux francs non plus, ça n’existe plus… Faites voir…<br><em>L’autre lui tend le billet.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, cinq cents francs. Un Pascal, comme on disait à l’époque…Ça faisait un moment que je n’en avais pas vu…Quand ils étaient en circulation, je n’en voyais déjà pas souvent…<br><strong>Un</strong> – Pascal… C’était un philosophe, non ?<br><strong>Deux</strong> – Un mathématicien, je crois…<br><strong>Un</strong> – Ah oui ! Le pari de Pascal !<br><strong>Deux</strong> – Cinq cents francs…<br><strong>Un</strong> – Ça fait combien en euros ?<br><strong>Deux</strong> – À peu près cent euros, non ? Quelque chose comme ça…<br><strong>Un</strong> – Donc, ce n’est pas à vous… Vous croyez qu’on peut encore les échanger ?<br><strong>Deux</strong> – À la Banque de France, vous voulez dire ? Ah, je ne crois pas, non… (<em>Il lui rend le billet.</em>) Je ne suis même pas sûr que ça existe encore, la Banque de France.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, avec l’Europe…<br><strong>Un</strong> – Quand même, la Banque de France…<br><em>Un troisième personnage arrive, semblant chercher quelque chose. Les deux autres le regardent, intrigués.</em><br><strong>Un</strong> – Vous cherchez quelque chose ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, j’ai… Je crois que j’ai perdu cent euros, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Et vous n’en êtes pas sûr ? Il me semble que moi, si je perdais cent euros…<br><strong>Trois</strong> – C’est-à-dire que… Je suis allé au distributeur, ça je le sais… J’ai retiré cent euros, comme d’hab… Mais je ne les retrouve pas… Ils sont peut-être tombés de ma poche… Vous ne les auriez pas trouvés, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Cent euros ? Non…<br><strong>Trois</strong> – Ou alors, j’ai oublié de les prendre…<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, oublié ?<br><strong>Trois</strong> – Avant, c’était ma carte bancaire que j’oubliais dans le distributeur. Je prenais l’argent, et j’oubliais la carte… Maintenant, je fais bien attention à reprendre ma carte… Mais parfois, j’oublie de prendre les billets…<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, la machine les ravale, non ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… À moins que quelqu’un ne les ait pris avant…<br><strong>Deux</strong> – Ou que le vent les ait emportés.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’il y a du vent, aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…<br><em>Le premier montre le billet qu’il a trouvé.</em><br><strong>Un</strong> – Les billets de banque aussi…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez trouvé mes cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ce que je viens de ramasser par terre.<br><em>Il lui tend le billet de cinq cents francs.</em><br><strong>Trois</strong> – Un billet de cinq cents francs…<br><strong>Deux</strong> – Ça ne peut pas être le vôtre.<br><strong>Trois</strong> – C’est quand même curieux, remarquez…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Cinq cents francs… ça fait à peu près cent euros, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais enfin… comment votre billet de cent euros aurait-il pu se transformer en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Trois</strong> – Ouais… Surtout que moi, c’étaient deux billets de cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Comment vous le savez ? Vous n’êtes même pas sûr de ne pas les avoir oubliés dans le distributeur.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison… Mais les billets de cent euros, c’est plutôt rare, non ?<br><strong>Deux</strong> – De nos jours, moins que les billets de cinq cents francs.<br><strong>Un</strong> – Par quel miracle deux billets de cinquante euros pourraient se convertir en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Deux</strong> – Personnellement, je ne crois pas aux miracles… Et puis transformer deux billets de cinquante euros en un billet de cinq cents francs même plus échangeable, tu parles d’un miracle…<br><strong>Trois</strong> – Surtout qu’en réalité, cent euros, ça fait 655 francs et 96 centimes… En arrondissant un peu… Du coup je perds plus de 155 francs dans l’opération…<br><strong>Un</strong> – Ah oui, on est loin de la multiplication des pains, c’est clair…<br><em>Ils restent un instant perplexes.</em><br><strong>Deux</strong> – Ou alors, ça vient du DAB…<br><strong>Trois</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous dites que vous n’avez pas regardé les billets. Vous n’êtes même pas sûr de les avoir pris.<br><strong>Trois</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être le distributeur qui vous a refourgué un billet de cinq cents francs au lieu de deux de cinquante euros.<br><strong>Trois</strong> – Vous croyez ? Mais c’est du vol !<br><strong>Deux</strong> – Il est peut-être détraqué.<br><strong>Un</strong> – Mais enfin s’il n’a pas pris les billets, le DAB les a avalés.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir… Il y a peut-être des DAB qui n’avalent pas…<br><strong>Deux</strong> – Surtout quand on essaie de leur faire avaler des billets qui n’ont même plus cours.<br><strong>Trois</strong> – Mais vous dites que c’est le distributeur qui me l’a refilé, ce billet de cinq cents balles ! Alors la banque me refile un billet périmé, et après, le DAB ne veut pas le ravaler ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’est un peu dur à avaler…<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’il l’a avalé, et qu’il l’a recraché.<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, j’ai l’impression désagréable que dans cette histoire, c’est moi qui me suis fait baiser.<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu l’impression qu’on a tous en sortant de sa banque, non ?<br><strong>Trois</strong> – Un DAB qui se met à redistribuer des francs… Ça n’a pas de sens, non ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Vous voyez une autre explication, vous ?<br><em>Nouveau silence perplexe.</em><br><strong>Un</strong> – Ils ne seraient pas repassés au franc sans nous le dire, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ça fait un moment que je n’ai pas écouté les informations…<br><strong>Trois</strong> – Tout de même… Revenir au franc… On a beau être un peu distrait… On ne parle pas d’avoir raté le passage à l’heure d’été, là…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien une autre hypothèse, mais ça fout un peu les jetons…<br><strong>Un</strong> – Dites toujours…<br><strong>Deux</strong> – Et si on avait fait un bond dans le passé…<br><strong>Trois</strong> – Un bond ?<br><strong>Un</strong> – Vous voulez dire… comme dans un film de science- fiction ? On aurait été projetés en arrière dans le temps… avant le passage à l’euro.<br><strong>Trois</strong> – Vous plaisantez ? Et puis franchement, un voyage dans le temps… Si c’est juste pour revenir à l’époque du franc… Tu parles d’un film…<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas dit que c’était un bon film… C’est peut-être juste un mauvais cauchemar…<br><strong>Un</strong> – C’est simple, on n’a qu’à regarder l’argent qu’on a dans nos poches…<br><strong>Trois</strong> – Moi, je n’ai rien… J’allais au distributeur, justement…<br><strong>Deux</strong> – Je suis parti sans mon portefeuille… Je viens de descendre la poubelle…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu de monnaie dans ma poche…<br><em>Il fouille sa poche et en sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Ah voilà… Une pièce de un euro…<br><strong>Trois</strong> – Ouf…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir ? (<em>Il l’examine</em>.) C’est une pièce de dix francs…<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><em>Le troisième examine la pièce à son tour.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui, dites donc… C’est vrai que ça ressemble beaucoup à une pièce d’un euro… mais c’est bien une pièce de dix francs.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que là, il se passe vraiment quelque chose de pas ordinaire…<br><strong>Un</strong> – Ne nous affolons pas… On me l’a peut-être refourguée à la boulangerie par erreur, cette pièce de dix francs… Ça arrive…<br><strong>Deux</strong> – Tout de même… Ça commence à ressembler à un faisceau de présomptions, comme on dit dans les séries policières…<br><em>Arrive un quatrième personnage.</em><br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi de vous déranger, je sais que ça va vous paraître curieux comme question, mais vous n’auriez pas trouvé un billet de cinq cents francs, par hasard ?<br><em>Les trois autres le regardent avec suspicion.</em><br><strong>Un</strong> – À moi de vous poser une question… En quelle année sommes-nous ?<br><strong>Quatre</strong> – Mais… on est toujours en 2015, il me semble… Jusqu’au 31 décembre en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Alors comme ça, en 2015, vous vous baladez dans la rue avec un billet de cinq cents francs ? Non mais vous vous rendez compte ?<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, on était morts d’inquiétude, nous !<br><strong>Trois</strong> – On a cru un instant qu’on avait fait un grand bond en arrière. Comme dans ce film, là… Retour vers le passé…<br><strong>Quatre</strong> – Ce n’est pas Retour vers le futur, le film ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, bon, ce n’est pas le problème.<br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi, je… je ne pensais pas vous…<br><strong>Deux</strong> – Non mais c’est un monde, tout de même…<br><strong>Un</strong> – Tenez, le voilà votre billet de cinq cents balles !<br><strong>Trois</strong> – Mais qu’est-ce que vous allez foutre avec ça ?<br><strong>Quatre</strong> – Eh bien… Je me rendais présentement chez un numismate…<br><strong>Trois</strong> – Un numismate ?<br><strong>Quatre</strong> – Les… Les pièces et les billets de collection, vous voyez…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Quatre</strong> – J’ai retrouvé ce billet chez moi, dans un bouquin qui appartenait à mon grand-père.<br><strong>Deux</strong> – Le genre de grand-père à se servir de billets de banque comme marque-pages…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est vrai que c’est moins salissant que les sardines à l’huile.<br><strong>Quatre</strong> – Donc j’ai regardé sur Internet ce que ça pouvait valoir aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Quatre</strong> – Cent euros ! Vous vous rendez compte ? À l’époque où c’était encore échangeable, ça n’en valait que soixante-seize…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, c’est… C’était un petit malin, votre pépé, finalement.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est ce qui s’appelle un pari sur l’avenir… Avec ce Pascal, votre grand-père vous aura fait gagner dans les vingt-quatre euros.<br><strong>Quatre</strong> – Ça fait combien, vingt-quatre euros, en francs ?<br><strong>Trois</strong> – Environ 157 francs et 43 centimes…<br><strong>Quatre</strong> – Ouah… Bon ben… Merci, en tout cas… Heureusement qu’il y a encore des gens honnêtes comme vous…<br><em>Les trois qui restent regardent le quatrième partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça ne me dit pas où sont passés mes cent euros, tout ça…<br><em>Les deux autres le regardent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le pari de Pascal » est une parabole ironique sur la valeur que nous accordons aux choses — monnaie, temps, mémoire, honnêteté, confiance. Tout part d’un objet anodin, un billet obsolète, qui devient le catalyseur de toute une série de délires économiques et existentiels. Le sketch joue avec les différences générationnelles et monétaires (francs, euros, anciens francs), et utilise la confusion temporelle comme ressort comique : et si on avait fait un bond dans le passé ? Et si le DAB s’était détraqué ? Le comique repose à la fois sur des dialogues vifs et sur des raisonnements absurdes mais plausibles.<br>La référence au « pari de Pascal » (mieux vaut croire en Dieu au cas où…) est ici transposée à la foi dans le système monétaire et dans les reliques qu’il laisse derrière lui : une manière malicieuse de montrer que la croyance dans la valeur d’un billet est elle-même un acte de foi. Le sketch joue ainsi avec l’économie, la métaphysique… et les absurdités du quotidien.<br>Le personnage du collectionneur vient conclure le sketch avec une forme de morale ironique : c’est celui qui n’a rien demandé, mais qui savait ce qu’il cherchait, qui gagne. Comme quoi, parfois, l’héritage d’un grand-père vaut plus qu’un retrait de DAB.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/">Le pari de Pascal</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=720</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-bon-numero/">Le bon numéro</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-bon-numero/">Le bon numéro</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Don contre don</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-contre-don/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 10:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=650</guid>

					<description><![CDATA[<p>Don contre don, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/don-contre-don/">Don contre don</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier arrive. Le deuxième suit et, voyant que l’autre a l’air un peu mal, l’aborde avec sollicitude.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Je viens d’enterrer mon père.<br><strong>Un</strong> – Enterrer ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… je n’ai pas fait ça moi-même. J’ai fait appel à des spécialistes. Il paraît qu’on ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas donné, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Bref, je reviens de l’enterrement.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé. Je vous présente mes plus sincères condoléances…<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez garder vos condoléances. Je détestais mon père.<br><strong>Un</strong> – On a toujours une bonne raison de détester son père.<br><strong>Deux</strong> – Vous savez ce que je trouve vraiment insupportable lors des enterrements ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Tous ces gens qui ne font même pas partie de la famille, qu’on n’a souvent jamais vu de sa vie avant la cérémonie, et qui devant le cercueil se mettent à sangloter plus bruyamment que les propres enfants du défunt. Comme pour les faire culpabiliser de ne pas avoir eux-mêmes le chagrin plus démonstratif.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison… Il devrait y avoir un ordre de préséance. Un seuil de décibels autorisés en fonction de la proximité de chacun avec la personne qu’on enterre.<br><strong>Deux</strong> – Si les héritiers en ligne directe ne jugent pas nécessaire de pleurer devant le cercueil de leur très cher disparu, les autres aussi devraient s’en abstenir, non ?<br><strong>Un</strong> – Pourtant, on dirait que le décès de votre père ne vous laisse pas complètement indifférent…<br><strong>Deux</strong> – En effet… Sa disparition est pour moi un coup dur.<br><strong>Un</strong> – Malgré vos différends, vous n’aviez donc pas rompu toute relation avec lui…<br><strong>Deux</strong> – Non… La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans le bureau du juge…<br><strong>Un</strong> – Du juge ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais sur le point de gagner le procès que j’avais engagé contre mon père… Maintenant qu’il est mort, évidemment, ça va être beaucoup plus difficile…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – J’ai peur que l’affaire soit classée sans suite.<br><strong>Un</strong> – C’est à craindre. Mais… pourquoi ce procès, si je peux me permettre ?<br><strong>Deux</strong> – Ce serait un peu long à vous expliquer, mais en gros… je reproche à mon père, après m’avoir fait naître, de me laisser complètement démuni devant la misère du monde…<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ne pas faire le même reproche à votre mère aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis né de mère inconnue.<br><strong>Un</strong> – De mère inconnue ? Tiens donc… Je ne savais même pas que c’était matériellement possible. De mon temps… Mais c’est vrai qu’à présent, avec les nouvelles technologies…<br><strong>Deux</strong> – Je suis né en terre inconnue, d’une mère porteuse sans papier, payée en liquide, et qui a préféré garder l’anonymat.<br><strong>Un</strong> – Donc vous reprochiez à votre père de vous avoir privé de l’affection d’une mère…<br><strong>Deux</strong> – Ah non, pas du tout !<br><strong>Un</strong> – Mais alors pourquoi lui faire un procès pour vous avoir mis au monde ? Vous n’avez pas l’air d’avoir de malformations particulières…<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu non.<br><strong>Un</strong> – Je dirais même que vous êtes plutôt bien fait de votre personne…<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Non mais vous avez vu le monde dans lequel on vit ?<br><strong>Un</strong> – Oui, ce n’est pas faux… Avec toutes ces guerres un peu partout sur la planète. Le terrorisme. La famine. Le réchauffement climatique…<br><strong>Deux</strong> – Sans parler de l’ISF et du cancer de la prostate.<br><strong>Un</strong> – Vous en voulez à votre père de vous avoir fait naître dans cette vallée de larmes qu’est notre monde moderne…<br><strong>Deux</strong> – En fait, c’est un peu plus compliqué que ça…<br><strong>Un</strong> – Vous commencez à m’intriguer.<br><strong>Deux</strong> – Avant de mourir, mon père a légué une grosse partie de sa fortune à une fondation qui lutte contre la faim dans le monde<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est… C’est bien ça.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais ma part d’héritage, elle, en est diminuée d’autant.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Mais… c’est tout de même très généreux de sa part.<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout ! Il a fait ça exprès pour m’emmerder !<br><strong>Un</strong> – Comment ça, pour vous emmerder ? La faim dans le monde, tout le monde est contre, non ? Ne me dites pas que vous êtes pour…<br><strong>Deux</strong> – Je vous dis qu’il a fait ça dans le seul but de me déshériter.<br><strong>Un</strong> – Oui, je comprends bien mais… Tout de même… Cela profitera à des gens qui ont vraiment besoin de cet argent.<br><strong>Deux</strong> – Voilà ! C’est bien pour ça que je lui fais un procès.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – S’il avait laissé sa fortune à son plombier ou à son contrôleur fiscal, son intention de me nuire n’aurait fait aucun doute. Mais là, c’est particulièrement vicieux, non ?<br><strong>Un</strong> – Vicieux ?<br><strong>Deux</strong> – En me déshéritant au profit de la lutte contre la faim dans le monde, il se donne le beau rôle, vous comprenez ! Et moi, si je m’y oppose, je passe pour un égoïste. Un fils à papa qui voudrait continuer à bouffer du caviar avec l’héritage de son père, plutôt que d’y renoncer joyeusement pour que les déshérités aient un peu de riz dans leur assiette.<br><strong>Un</strong> – Quand ils ont une assiette…<br><strong>Deux</strong> – Ah mais non, je ne vais pas me laisser faire !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin, je veux dire… Je comprends… Mais ça risque de ne pas être facile.<br><strong>Deux</strong> – À qui le dites-vous…<br><strong>Un</strong> – Comme vous disiez, devant les juges, vous aurez le mauvais rôle…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà… Mais je reste confiant… J’ai un bon avocat…<br><strong>Un</strong> – Et que ferez-vous si vous obtenez malgré tout gain de cause ?<br><strong>Deux</strong> – Que voulez-vous que je fasse ? Je reverserai aussitôt cet argent à cette même fondation.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas le choix ! Si je garde tout ce fric pour moi, je passerai pour un salaud. C’est ce que vous penseriez, vous, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que… Oui, évidemment…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà ! Quand je vous disais que mon père était un grand pervers, vous comprenez, maintenant…<br><strong>Un</strong> – Euh… Oui… J’essaie… Mais… vous êtes sûr que ce n’est pas un peu compliqué, tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – Si cet argent doit finalement aller à cette fondation…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, mais ce n’est pas du tout pareil ! Là c’est moi qui donnerai.<br><strong>Un</strong> – Qui donnerez… l’argent de votre père.<br><strong>Deux</strong> – Si j’en hérite avant, ce sera mon argent ! Et j’aurais démontré que ce n’est pas par générosité qu’il a fait tout ça, mais simplement pour m’emmerder. Et le bienfaiteur de l’humanité, ce sera moi !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin… Si cela peut vous faire du bien à vous aussi…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais il y a quand même une chose qui me chagrine.<br><strong>Un</strong> – La mort de votre père…<br><strong>Deux</strong> – Non, le fait que même si je gagne ce procès, il n’en saura jamais rien…<br><strong>Un</strong> – C’est toujours beaucoup plus difficile de se venger des gens qui sont déjà morts.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Et c’est beaucoup moins gratifiant…<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/don-contre-don/">Don contre don</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En vers et contre tous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-vers-et-contre-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 12:51:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Magasin]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandrins]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=601</guid>

					<description><![CDATA[<p>En vers et contre tous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/en-vers-et-contre-tous/">En vers et contre tous</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ève est là, pianotant sur son téléphone portable. Alban arrive.</em><br><strong>Ève</strong> – Alors  ?<br><strong>Alban</strong> – Rien…<br><strong>Ève</strong> – Rien  ?<br><strong>Alban</strong> – Le poste était déjà pris.<br>Ève – Si tu n’avais pas mis une semaine à répondre à l’annonce, aussi…<br><strong>Alban</strong> <strong>–</strong> C’était un poste de vigile. Je suis employé de banque.<br><strong>Ève</strong> – Pour l’instant, tu es surtout un employé de banque au chômage. Qu’est-ce que tu comptes faire ? Trouver un job dans une autre banque ? Toutes les banques licencient, en ce moment ! Elles remplacent leurs employés par des boîtes vocales…<br><strong>Alban</strong> – Merci de me le rappeler… Et toi, comment s’est passée ta journée  ?<br><strong>Ève</strong> – Écoute, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Alban</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Ève</strong> – Je suis allée voir mon gynéco ce matin.<br><strong>Alban</strong> – Tu as un cancer ?<br><strong>Ève</strong> – Je suis enceinte.<br><strong>Alban</strong> – C’était la bonne ou la mauvaise nouvelle ?<br><strong>Ève</strong> – Ça dépend un peu de toi en fait.<br><strong>Alban</strong> – Un enfant… C’est ce qu’on voulait, non ?<br><strong>Ève</strong> – Oui… Du temps où tu avais encore un boulot…<br><strong>Alban</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ? On le garde ?<br><strong>Ève</strong> – Évidemment, on le garde ! En tout cas, moi je le garde…<br><strong>Alban</strong> – Très bien ! Comme tu avais l’air de trouver que c’était un problème…<br><strong>Ève</strong> – Le problème, c’est que le père de ce bébé soit au chômage. Je ne pourrai pas assumer un enfant toute seule… et avoir en plus une deuxième personne à charge.<br><strong>Alban</strong> – Désolé d’être un boulet pour toi, mais qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Quand on a été employé de banque toute sa vie, on ne sait rien faire…<br><strong>Ève</strong> – Il y a des tas de boulots qu’on peut faire en ne sachant rien faire.<br><strong>Alban</strong> – Je sens que tu vas me reparler du vendeur que cherchent tes parents pour leur quincaillerie…<br><strong>Ève</strong> – Et alors ? C’est une honte de travailler dans une quincaillerie ?<br><strong>Alban</strong> – Excuse-moi de ne pas sauter de joie à la perspective de vendre des marteaux et des clous sous les ordres de ma belle-mère.<br><strong>Ève</strong> – Mais personne ne t’y oblige, mon vieux. Si tu veux trouver un autre boulot plus digne de toi, rien ne t’en empêche.<br><strong>Alban</strong> – Je vais réfléchir…<br><strong>Ève</strong> – Pas trop longtemps… Mon père a besoin de quelqu’un d’urgence. Depuis que ma mère n’est plus assez en forme pour le remplacer au magasin quand il fait ses livraisons…<br><strong>Alban</strong> – Bon…<br><strong>Ève</strong> – Si c’est toi, bien sûr, il te cédera le magasin en gérance quand il prendra sa retraite.<br><strong>Alban</strong> – Et là, pour moi, ce sera perpète…<br><strong>Ève</strong>– Tu serais ton propre patron ! Au lieu d’être un employé de banque…<br><strong>Alban</strong> – Le magasin ne serait pas à moi. Je serais l’employé de ton père.<br><strong>Ève</strong> – Au moins, ça reste dans la famille. Et quand mon père ne sera plus là, tout le bazar sera à toi.<br><strong>Alban</strong>– Tu veux dire à toi…<br><strong>Ève</strong> – C’est un peu pareil, non ?<br><strong>Alban</strong>– Au lieu d’être l’employé de mon beau-père, je serai l’employé de ma femme…<br><strong>Ève</strong> – Tu compliques trop les choses, Alban, c’est ça ton problème. Parfois, il faut savoir se contenter de ce qu’on a.<br><strong>Alban</strong> – On en reparle demain, d’accord ? Je suis fatigué, là.<br><strong>Ève</strong> – Fatigué ? Parce que moi, après mes huit heures de boulot, je ne suis pas fatiguée, peut-être ? Non Alban, je veux une réponse tout de suite…<br><strong>Alban</strong> – D’accord, je vais te donner ma réponse… Je peux quand même passer aux toilettes, d’abord ?<br><em>Il sort. Ève se sert un verre, et le vide cul sec. Alban revient.</em><br><strong>Ève</strong> –  Alors ? Qu’est-ce que tu as décidé ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je me suis retiré un temps pour réfléchir<br>et je suis résolu à ne pas contredire<br>et la femme qui m’aime et l’enfant que j’attends<br>ni la mère ni l’épouse, surtout pas ses parents.<br><em>Ève semble prise de court.</em><br><strong>Ève</strong> –  C’est-à-dire ?<br><strong>Alban</strong> – <br>J’accepte de bon cœur et je ferai sans faute<br>ce qu’on attend de moi et s’il faut que je saute<br>pour cela dans le vide, eh bien j’obéirai.<br>Sans le moindre regret désormais je serai<br>un papa pour mon fils, un mari pour ma femme.<br>En soldat inconnu je ranimerai la flamme<br>de nos passions noyées sous un torrent de larmes,<br>au nom de notre amour je reprendrai les armes.<br><strong>Ève</strong> – Très bien… Je… Dois-je en conclure que tu acceptes ce poste de vendeur à la quincaillerie…?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je vendrai des pinceaux et je vendrai des scies<br>chaque jour que Dieu fait et sans rien y connaître<br>j’irai même jusqu’à vendre pour gagner notre vie<br>des rustines de vélos et des boutons de guêtres.<br><strong>Ève</strong> – C’est… C’est parfait… Papa et maman vont être contents… Justement, ils passent ce soir prendre l’apéritif… Je… Je te sers un verre avant qu’ils arrivent ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Oui merci volontiers car j’aurai bien besoin<br>de quelque stimulant pour tenir le crachoir<br>à tes parents chéris et célébrer leur gloire.<br>À moins que par miracle ils remettent à demain<br>la visite vespérale dont ils nous gratifient<br>chaque jour en rentrant de leur quincaillerie.<br><strong>Ève</strong> –  Tu te fous de moi, c’est ça  ?<br><strong>Alban</strong> –  <br>Pardon, moi me moquer de ma femme chérie ?<br><strong>Ève</strong> – C’est quoi cette nouvelle façon de parler ? Tu te fiches de moi, et en plus tu te fiches de mes parents !<br><strong>Alban</strong> – <br>J’avoue ne pas saisir ma mie ce que vous dites<br>Aurais-je en quelque sorte manqué à mon devoir<br>en usant avec vous de propos illicites ?<br>Il me semblait pourtant vous avoir fait savoir<br>que je satisferai demain à vos désirs<br>et qu’importe les mots que j’emploie pour le dire.<br><strong>Ève</strong> – OK, j’avoue que c’est très drôle… Maintenant tu peux peut-être passer à autre chose, non ? Où est-ce que tu as appris à parler en alexandrins ? À Pôle Emploi ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Ma chère amie je crains de bien vous décevoir,<br>Si mes mots vous irritent à mon grand désespoir,<br>je ne dispose hélas d’autre style que le mien<br>pour m’adresser à vous sans vous faire un dessin.<br><strong>Ève</strong> – Bon… Le principal, c’est que tu acceptes de travailler au magasin. Je n’ai pas encore annoncé la nouvelle à mes parents. Je veux dire pour le bébé. C’est d’ailleurs pour ça que je les ai invités à prendre l’apéro. Ils vont être fous de joie. Et toi qui retrouves aussi du travail… Je crois que là, on peut sortir le champagne.<br><strong>Alban</strong><br>Je vais le mettre au frais et puis rincer les coupes<br>Trois suffisent car enfin en ce qui te concerne<br>Dans l’état où tu es même loin d’être à terme<br>Il n’est guère question que seulement tu y goûtes.<br><em>Elle lui jette un regard interloqué tandis qu’il sort. Le téléphone sonne. Elle répond machinalement, la tête ailleurs.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Allô oui c’est bien moi, si c’est vous sans ambages<br>veuillez bien s’il vous plaît laisser votre message.<br><em>Reprenant ses esprits.</em><br>Oui maman… Non, non, tout va bien, je t’assure… Oui, oui, je lui en ai parlé… Écoute, je suis assez surprise, mais cette fois, il a l’air d’accord pour accepter la proposition de papa… Non, non, il n’y a pas de mais… Mais… (<em>Alban revient</em>) Écoute, je te le passe, tu vas comprendre… (<em>À Alban</em>) C’est maman, tu veux lui dire un mot ?<br><em>Alban prend le combiné en souriant.</em><br><strong>Alban</strong> – <br>Le bonjour belle-maman, quand on parle du loup…<br>Nous parlions justement il y a peu de vous.<br>Votre fille m’a transmis les plans de votre époux.<br>Aurons-nous le plaisir de dîner avec vous ?<br>Un temps pendant lequel il écoute la réponse.<br>Je suis fort aise Madame de cet heureux accord<br>nous le célébrerons mais il faudra d’abord<br>que vous vous prépariez à un nouveau faire-part<br>qui pourrait je l’espère plus encore vous ravir.<br>Ma moitié s’impatiente de vous entretenir<br>et elle piaffe devant moi dans l’attente de vous voir.<br><em>Il repasse le combiné à Ève, et sort.</em><br><strong>Ève</strong> –  Oui maman… Quelque chose de changé ? Non, maman, ce n’est seulement pas sa voix… Oui, ce serait plutôt… Je ne pense pas que ce soit du rap non plus. C’est ça. Il parle en vers. Comme Molière. Non, je ne te dis pas que Molière parlait en vers. Je pense aussi que la plupart du temps, il parlait en prose, comme tout le monde…<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Maman je vous l’avoue, je suis au désespoir<br>Je pensais mon époux enfin digne d’être père,<br>en acceptant la charge d’employé du bazar<br>et voilà qu’il se met à réciter des vers.<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – Je viens de te parler en alexandrins ? Alors moi aussi… Mais c’est atroce ! C’est sûrement une maladie. Je ne sais pas où il a attrapé ça. Tu crois que ça peut être contagieux ? Des vers qui sortent de notre bouche comme ça, sans aucun contrôle… C’est une véritable diarrhée… On va commencer par prendre tous les deux un puissant vermifuge. Oui, tu as raison, je vais aussi prendre rendez-vous chez un orthophoniste, et vérifier que tous nos vaccins sont bien à jour. Je sais, maman, pour être vendeur dans une quincaillerie, parler en alexandrins, ce n’est vraiment pas possible… Non, pour ce soir, il vaut mieux annuler. Tenez-vous éloignés de nous pendant quelque temps, on ne sait jamais. Tant qu’on n’a pas les résultats des examens, une quarantaine s’impose. La nouvelle que j’avais à vous annoncer ? Oh mon Dieu, c’est vrai… Et si lui aussi… Écoute, je vous rappelle, d’accord.<br><em>Elle raccroche, songeuse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Jamais mère ne connut une telle avanie<br>depuis qu’Adam et Ève quittèrent le paradis<br>Nous étions ce matin des Français très moyens<br>et nous parlons ce soir en vers alexandrins.<br><em>Elle pose sa main sur son ventre.</em><br>Si les parents s’avèrent à ce point trop déments<br>ne vaudrait-il pas mieux ce serait plus honnête<br>de cet enfant maudit se défaire maintenant<br>avant qu’il ne devienne à son tour un poète ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/en-vers-et-contre-tous/">En vers et contre tous</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
