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	<title>Archives des Famille - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Famille - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Les saltimbanques</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-saltimbanques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 09:46:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
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		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Maison]]></category>
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		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
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		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les saltimbanques, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Notre fille vient de m’annoncer qu’elle voulait être comédienne.<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Si.<br><strong>Deux</strong> – Elle t’a dit ça comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’était pas après une dispute ? Juste pour te contrarier…<br><strong>Un</strong> – C’était ce matin au petit-déjeuner. Elle était en train de bouffer ses corn flakes. Elle me regarde et elle me dit : « Maman, quand je serai grande, je serai comédienne ».<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Donc c’est sérieux.<br><strong>Un</strong> – Elle n’a que cinq ans, mais bon… Tu la connais, elle est plutôt du genre à avoir de la suite dans les idées.<br><strong>Deux</strong> – Bon sang… Mais qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour mériter ça ?<br><strong>Un</strong> – J’en suis restée sans voix.<br><strong>Deux</strong> – Mais après, tu as essayé de la raisonner, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui, évidemment. Je lui ai dit que ce n’était pas un vrai métier, qu’aucune banque n’accepterait de lui consentir un prêt immobilier, qu’elle n’aurait jamais de complémentaire santé, qu’elle toucherait une misère quand elle serait à la retraite…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle a dit ?<br><strong>Un</strong> – Rien… Elle s’est remise à bouffer ses corn flakes.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’il faut la punir ?<br><strong>Un</strong> – Tu la connais, ça ne ferait que renforcer sa détermination.<br><strong>Deux</strong> – Bon, enfin… Elle n’a que cinq ans, elle a encore le temps de changer d’avis.<br><em>L’autre regarde son portable.</em><br><strong>Un</strong> – Tiens, elle vient de m’envoyer un message.<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être pour s’excuser.<br><strong>Un</strong> – Elle me demande de l’inscrire dans une agence de casting.<br><strong>Deux</strong> – Non ? Une agence de casting ? Elle ne sait même pas ce que c’est !<br><strong>Un</strong> – Il faut croire que si. Elle me joint une liste d’agences, classées par ordre de préférence.<br><em>L’autre semble abasourdi.</em><br><strong>Deux</strong> – On a engendré un monstre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – En même temps… les chiens ne font pas des chats.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire avec cette expression à la con ?<br><strong>Un</strong> – Ben… on est comédiens tous les deux, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… Nous ce n’est pas pareil. On n’a pas choisi. On ne savait rien faire d’autre.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais… elle voit bien qu’on ne fout rien de la journée, qu’on a une grande maison avec une piscine, une grosse voiture, une bonne…<br><strong>Deux</strong> – On ne dit plus une bonne, aujourd’hui, tu sais ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas politiquement correct.<br><strong>Un </strong>– Qu’est-ce qu’on dit, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Une auxiliaire de vie, je crois.<br><strong>Un</strong> – Mais ça reste une bonne, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas plutôt pour les personnes dépendantes, une auxiliaire de vie ?<br><strong>Deux</strong> – On ne sait rien faire dans la maison… On peut dire qu’on est des personnes dépendantes, non ?<br><strong>Un</strong> – Je crois que pour les gens comme nous, on dit plutôt une employée de maison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis merde, on va continuer à dire la bonne.<br><strong>Un</strong> – Bon quoi qu’il en soit, quand elle voit qu’on ne sait rien faire dans la vie, et qu’on nous demande des autographes dans la rue, elle se dit que comédienne, ce n’est pas un si mauvais plan.<br><strong>Deux</strong> – Tous les comédiens ne roulent pas sur l’or, hein ? Ça, je ne suis pas sûr qu’elle le sache.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, on devrait la mettre en pension chez un couple d’intermittents en galère pour lui montrer ce que c’est vraiment que le métier de comédien.<br><strong>Deux</strong> – Tu en connais, toi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Des intermittents en galère.<br><strong>Un</strong> – Pas personnellement, mais bon… Je peux me renseigner…<br><strong>Deux</strong> – Bon, il faut j’y aille. Je joue au golf avec un producteur danois qui veut absolument que je joue dans son prochain film.<br><strong>Un</strong> – Et moi j’ai rendez-vous avec mon psy à dix heures.<br><strong>Deux</strong> – Je te jure… La journée commence bien…<br><strong>Un</strong> – On va la foutre en pension, oui.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il faudra aussi licencier la gouvernante.<br><strong>Un</strong> – Aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Tu as dit « il faudra aussi licencier la gouvernante ». On va quand même garder la bonne, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais oui, on va garder la bonne, ne panique pas.<br><strong>Un</strong> – Tu m’as fait peur…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Docteur Ionesco</title>
		<link>https://sketchotheque.net/docteur-ionesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
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		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Docteur Ionesco, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une chambre d’hôpital. Un homme se réveille. Une femme arrive, en blouse blanche de médecin.<br></em><strong>Femme</strong> – Alors cher Monsieur ? Comment ça va aujourd’hui ?<br><strong>Homme</strong> – Ça va… Enfin… Mais qu’est-ce que vous faites dans ma chambre ?<br><strong>Femme</strong> – Ah… Cette simple question semble indiquer que vous n’avez pas encore tout à fait recouvré votre mémoire immédiate.<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens de rien… sauf que vous m’avez déjà dit ça.<br><strong>Femme</strong> – Ne vous inquiétez pas, c’est très fréquent après ce genre d’intervention. Dès qu’on touche au cerveau…<br><strong>Homme</strong> – Le cerveau ? Je vois…<br><strong>Femme</strong> – Si vous voyez encore, c’est déjà ça… Écoutez, on ne va pas se mentir, votre état… est très préoccupant.<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire préoccupant pour moi, j’imagine ?<br><strong>Femme</strong> – J’aurais aimé pouvoir vous annoncer de bonnes nouvelles, mais que voulez-vous ? Je ne suis pas Dieu le Père.<br><strong>Homme</strong> – Ce qui pour moi serait plutôt en soi une bonne nouvelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous trouvez ?<br><strong>Homme</strong> – Se réveiller d’une opération au cerveau et voir Dieu le Père…<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Donc, les résultats de nos premières analyses ne sont pas très encourageants… pour vous.<br><strong>Homme</strong> – J’entends bien.<br><strong>Femme</strong> – Si vous entendez encore, c’est déjà ça…<br><strong>Homme</strong> – Et donc vous dites que… c’est grave.<br><strong>Femme</strong> – Mon Dieu… Pas forcément…<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Ce qui est grave, c’est que… nous ne savons pas du tout ce que vous avez.<br><strong>Homme</strong> – Ah… Et j’imagine que ça… c’est grave pour vous.<br><strong>Femme</strong> – Si on ne sait pas ce que vous avez, on ne sait pas non plus comment vous soigner. Bref, on ne sait pas quoi faire… Et quand on ne sait pas quoi faire, on ne sait pas quoi dire. Franchement, cher Monsieur, je ne sais pas quoi vous dire…<br><strong>Homme</strong> – Écoutez, Docteur… Je peux vous appeler Docteur ?<br><strong>Femme</strong> – J’ai obtenu mon diplôme de médecine en Roumanie… (<em>Aux anges</em>) Mais oui, je vous en prie. Appelez-moi Docteur.<br><strong>Homme</strong> – Je sais que vous vous faites beaucoup de souci pour moi, mais pour ma part… c’est plutôt l’état mental de ma femme qui m’inquiète.<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Allons bon…<br><strong>Homme</strong> – C’est difficile à croire, mais… Figurez-vous que ma femme se prend pour une martienne.<br><strong>Femme</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Homme</strong> – Ça n’a pas l’air de vous étonner.<br><strong>Femme</strong> – Si bien sûr, mais… Pour tout vous dire… (<em>Elle consulte un dossier.</em>) J’ignorais que vous étiez marié… En tout cas, ce n’est pas indiqué dans votre dossier médical.<br><strong>Homme</strong> – Ils ont peut-être considéré que ce n’était pas une maladie assez grave pour être signalé.<br><em>Elle rit d’une façon un peu forcée.</em><br><strong>Femme</strong> – En tout cas, vous avez retrouvé votre sens de l’humour. Et ça c’est bon signe, n’est-ce pas ? Vous connaissez Ionesco ?<br><strong>Homme</strong> – Pas personnellement.<br><strong>Femme</strong> – Il était roumain, comme moi. Et j’ai l’honneur de porter le même patronyme que lui. D’après ma mère, nous sommes vaguement apparentés.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> (<em>sur le ton de la confidenc</em>e) – Entre nous, j’ai toujours pensé que les Roumains étaient davantage faits pour le théâtre de l’absurde que pour la chirurgie du cerveau.<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. C’est tout à fait le genre de propos rassurants qu’un patient a envie d’entendre de la bouche de son chirurgien en salle de réveil…<br><strong>Femme</strong> – Mais je vous en prie. Je suis là pour ça. Si vous avez d’autres questions à me poser, n’hésitez pas.<br><strong>Homme</strong> – Et… pour ma femme, vous pouvez faire quelque chose ?<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Mon Dieu… Il faudrait d’abord être sûr que vous avez bien une femme…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite que votre femme n’est pas vraiment une extraterrestre.<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Vous conviendrez que si votre épouse présumée est vraiment martienne, on ne peut pas la tenir pour folle si elle affirme venir de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que vu comme ça…<br><strong>Femme</strong> – En tout cas, c’est ce qu’on nous apprend dans les facultés de médecine en Roumanie.<br><em>Il la regarde comme s’il la découvrait seulement.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est fou, Docteur Ionesco…<br><strong>Femme</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Homme</strong> – Ce que vous ressemblez à ma femme. Enfin, ce que vous ressembleriez à ma femme si j’étais marié.<br><strong>Femme</strong> – Et pourtant… je vous assure que moi, je ne viens pas de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – Non, vous venez de Roumanie. Et… c’est bien vous qui m’avez opéré, n’est-ce pas ?<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement pour vous… J’imagine qu’un médecin venu d’un autre endroit de la galaxie aurait pu vous sauver.<br><strong>Homme</strong> – Vous croyez…?<br><strong>Femme</strong> – À ce qu’on dit, ces gens là sont beaucoup plus évolués que nous. En tout cas, on peut raisonnablement supposer que leurs médecins sont mieux formés que de simples internes ayant fait leurs études à Bucarest…<br><strong>Homme</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison… À ce niveau-là de supputation, je me demande si on peut encore parler de suppositions raisonnables, n’est-ce pas ? Je vais vous laisser vous reposer… Je repasserai un peu plus tard…<br><strong>Homme</strong> – Je peux vous demander encore un service ?<br><strong>Femme</strong> – Tant que ce n’est pas de vous sauver la vie…<br><strong>Homme</strong> – Si vous croisez ma femme, dites-lui que je ne suis pas marié.<br><strong>Femme</strong> – Je n’y manquerai pas.<br><strong>Homme</strong> – Merci.<br><em>Elle s’apprête à partir mais se retourne une dernière fois vers lui.</em><br><strong>Femme</strong> – Je peux vous demander quelque chose, moi aussi ?<br><strong>Homme</strong> – Tant que ce n’est pas comment je m’appelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous pourriez m’appeler encore une fois Docteur ?<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. Au revoir Docteur.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lève-toi et marche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/leve-toi-et-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 13:25:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sketch de Jean-Pierre Martinez Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui pourrait être sa mère (vêtements vieillots, absence de maquillage, démarche peu dynamique). Elle s’approche du lit.</em><br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure… (<em>Comme il ne répond pas, elle hausse le ton en le secouant énergiquement</em>.) C’est l’heure !<br><em>L’homme se réveille en sursaut et la regarde, un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Maman ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure, mon grand.<br><strong>Homme</strong> – L’heure ? Quelle heure ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas. Mais c’est l’heure.<br><strong>Homme</strong> – Mais enfin… L’heure de quoi ?<br><em>Il fait un effort pour se relever, avant de s’interrompre pour reprendre des forces.</em><br><strong>Femme</strong> – Allez, fainéant ! Fais un effort, bon sang ! Lève-toi et marche !<br><em>Il reprend un peu ses esprits.</em><br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, il faut que je te le répète tous les matins. (<em>L’homme regarde sa mère avec un air étonné.</em>) Ça va ? Tu as l’air bizarre…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui me dis ça ? Écoute maman, ne le prends pas mal, mais…<br><strong>Femme</strong> – Quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Je te croyais morte…<br><strong>Femme</strong> – Mais… je le suis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je me disais bien aussi que tu avais quelque chose de changé.<br><strong>Femme</strong> (<em>avec un air pincé</em>) – Ah oui ?<br><strong>Homme</strong> – Non mais… en mieux, je t’assure ! Et papa ?<br><strong>Femme</strong> – Il est mort aussi. Et toi, tu es sûr que tu n’es pas mort ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne crois pas…<br><strong>Femme</strong> – Donc tu n’es pas sûr.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que quand on est mort, on le sait, non ?<br><strong>Femme</strong> – Oh, ça… Tu manges bien, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Pourquoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu manges, c’est que tu n’es pas mort.<br><em>Elle fouille dans la poche de son manteau, et en sort une pomme, qu’elle lui tend.</em><br><strong>Femme</strong> – Tiens, je t’ai apporté ça.<br><em>Il prend la pomme avec une certaine méfiance.</em><br><strong>Homme</strong> – Une pomme… Comme la sorcière dans Blanche-Neige…<br><strong>Femme</strong> – Tu te prends pour Blanche-Neige ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie, c’est tout.<br><strong>Femme</strong> – Tu te méfies de ta propre mère ?<br><strong>Homme</strong> – Je te rappelle que tu es censée être morte.<br><strong>Femme</strong> – Tu me prends pour une sorcière, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie de l’eau qui dort. Alors de la mère morte…<br><em>La femme regarde autour d’elle.</em><br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas très gai, cet endroit…<br><em>Il semble découvrir à son tour les lieux.</em><br><strong>Homme</strong> – Non… Où est-ce qu’on est ?<br><strong>Femme</strong> – Ça ressemble à un asile d’aliénés.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que si j’étais fou, on m’aurait mis une camisole.<br><strong>Femme</strong> – Et ta femme ? Elle vient te voir, de temps en temps ?<br><strong>Homme</strong> – Non… Enfin, je ne me souviens pas bien… Je suis marié ?<br><strong>Femme</strong> – Et tes amis ? Tu as des amis, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas. Je n’ai vu personne.<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça… Depuis que tu es tout petit… Tu n’as jamais été très populaire…<br><strong>Homme</strong> – Merci… Ça me remonte le moral…<br><strong>Femme</strong> – Même moi, je me demande pourquoi je suis venue. Tu n’es même pas mort !<br><strong>Homme</strong> – Désolé de te décevoir encore une fois.<br><strong>Femme</strong> – Décidément, tu auras tout raté, dans ta vie. (<em>Elle se lève, commence à partir mais se retourne une dernière fois</em>.) Même ton décès.<br><em>Elle sort. Il regarde la pomme. Il croque dedans et repose le reste sur la table de nuit. Il mastique un moment avant d’avaler le morceau.</em><br><strong>Homme</strong> – Donc, je ne suis pas mort…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Retour à Ithaque</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:22:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Carte]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour à Ithaque, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>L’écriture est une Odyssée. Redessiner son parcours de mémoire dans l’espoir vain de retrouver le chemin du retour. Jusqu’à l’origine. Pour s’apercevoir enfin que le voyage est dans les cartes, que l’origine n’est pas le point de départ, et que le jeu de la vérité est une partie de poker menteur avec soi-même. Mon paradis perdu, c’est la Méditerranée. Enfant de l’exil, j’ai longtemps voulu voir en mon père un héros. Un résistant glorieusement défait. Pourtant, en 1939, mon père n’était qu’un adolescent. Une victime déplacée. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu mon père dire du mal de Franco. Mais je me rêvais tellement en fils de l’utopie. Pour mon père, à vrai dire, le Général Franco, c’était plutôt une sorte de Général De Gaulle. L’ordre moral, la paix sociale, et le miracle économique. L’apparentement des patronymes, sans doute. Franco. La France. De Gaulle. La Gaule. Oui, plus tard, parmi les réfugiés aussi, de retour au pays en touristes, il y en avait pour dire qu’avec Franco, on vivait mieux… J’ai longtemps tiré gloire du fait que mon père ne m’avait pas fait baptiser. J’aimais voir là un acte de résistance symbolique. Ce n’était hélas qu’une négligence. Mon père, qui n’était pas allé à la mairie pour me donner un nom, pourquoi m’aurait-il conduit à l’église pour recevoir le baptême ? Non, ne pas croire en Dieu ne fait pas d’un réfugié un résistant. Et j’aurais dû douter de l’anticléricalisme de ce père qui m’interna pendant sept ans dans un pensionnat catholique…. C’est mon oncle qui, à la mairie, improvisa mon prénom. J’entends encore le rire malicieux de ce brave ouvrier de chez Simca&nbsp;en racontant cette anecdote : Jean-Pierre Belmondo ! J’aurais donc dû m’appeler Jean-Paul. Mon nom de famille est le dégât collatéral d’une guerre civile et d’une défaite. Mon prénom le produit d’une indifférence et d’un lapsus. Drôle de baptême républicain. Malentendus. Erreurs. Contradictions. Tous ces hasards font-ils un destin ? Certes, mon père n’était pas franquiste non plus. C’était seulement un survivant, pas un héros. Pas un maquisard, seulement un débrouillard. Beaucoup d’ambition, et un peu de marché noir. Trois ans de guerre civile, et un exode. Six ans de guerre mondiale, et un exil. Ça forme une jeunesse. Pas un combat, mais de nombreuses déroutes. Pas une blessure, mais beaucoup de cicatrices. Ça vous rend résistant. Ça ne fait pas de vous un résistant. Et moi ? Plutôt Gaulliste aussi, enfin, gaulliste de gauche. Franco-gaulois de Barcelone et pas même catalan. Fils d’un républicain fantasmé et de la République Française. Avant même de savoir écrire, j’ai su qu’écrire serait ma seule patrie. Je suis l’auteur de mes jours. L’écriture est une Odyssée, un long parcours de retour vers soi-même. J’aurais fait ce voyage contre vents et marées, y jouant ma vie pour y gagner ma liberté.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<title>Divan</title>
		<link>https://sketchotheque.net/divan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:58:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Oeuf]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Divan, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’allonge ou…? OK… Je ne sais pas très bien par où commencer… J’ai trouvé vos coordonnées dans l’annuaire… On peut demander à un ami si il connaît un bon dentiste pas trop cher et qui ne fait pas mal, mais… quelqu’un comme vous. Alors, j’ai consulté les pages jaunes… Et puis j’ai choisi votre nom au hasard dans la liste… Plutôt longue, la liste, hein ? Un job payé en liquide, par les temps qui courent… Il paraît qu’on n’a pas besoin de diplôme pour faire votre métier. Qu’il suffit d’avoir été client pour se mettre à son compte… C’est vrai ? Alors moi aussi, après, si je veux… Je vais considérer que je suis en formation alors. Mais ça ne vous fout pas un peu les boules que tous vos clients deviennent des concurrents potentiels ? Vous imaginez ? Je vais voir mon boucher, je prends une tête de veau, et en sortant j’ouvre une boucherie juste en face… Ça ne risque pas d’arriver, remarquez, j’ai horreur de la viande… Même avec les œufs, j’ai du mal. Bon, j’en mange de temps en temps, mais… Il paraît que les oiseaux sont les descendants des dinosaures… Alors un œuf, c’est un peu un fœtus de dinosaure, non ? En fait, je n’ai pas choisi votre nom tout à fait par hasard… Vous étiez le dernier sur la liste… Comme votre patronyme commence par un Z… J’ai sûrement voulu réparer une injustice… C’est mon côté Zorro. Oui, j’imagine que les autres choisissent toujours le premier de la liste… Monsieur Aa, Madame Ab, ou Monsieur Bb… Je me doute de ce que vous avez dû endurer pendant vos études… Si vous en avez fait… Toujours le dernier à passer à la casserole… Moi, ça va. Je suis dans les M… Plutôt dans le peloton de queue, mais bon… Tiens, c’est marrant, moi c’est à la fin de mon nom qu’il est le Z… Mon père était espagnol… Je ne sais pas pourquoi je dis «&nbsp;était&nbsp;», parce qu’il l’est toujours… Je veux dire, vivant. Enfin, je crois… Mais est-ce qu’on peut dire qu’il est encore espagnol ? Il a été naturalisé… Naturalisé français, je veux dire… Pas empaillé… Ou congelé… C’est dingue, toutes ces bonnes femmes qui mettent leurs marmots au congélateur, non ? Entre le poisson pané et les esquimaux… Si seulement les enfants pouvaient faire la même chose avec leurs parents… Les conserver comme ça au congélo en attendant de savoir quoi en faire… Pourquoi je vous raconte tout ça, moi…? Ah, oui, le Z ! Alors il faut que je vous raconte tout depuis le début, c’est ça ? De A à Z. Ou plutôt de M à Z… Puisque pour moi ça commence à M… Je n’ai jamais aimé mon prénom… Vous avez remarqué, à la télé, dans les films ? L’abruti de service s’appelle toujours Jean-Pierre… Comme dans Ma Sorcière bien aimée, par exemple. Vous connaissez ? Mais si, le mari de Samantha ! Eh ben le con, dans l’affaire, c’est lui. Elle, elle rame toute la journée pour lui éviter la honte de passer pour le con qu’il est vraiment. Et elle n’a pas trop de tous ses pouvoirs magiques pour empêcher ça. Bon, elle l’aime, son Jean-Pierre, parce qu’il est gentil. Gentil, mais con. C’est l’idée qu’on se fait des Jean-Pierre, en général. Moi aussi, j’ai une fille. J’aurais dû l’appeler Tabatha. Je ne veux pas dire par là que ma femme est une sorcière. Ce serait plutôt une fée… Pour arriver à me supporter… C’est ce que ma mère lui dit toujours, d’ailleurs : Comment vous faites pour le supporter ? Elle est normande, ma mère. Comme les vaches. Alors le lait, le beurre, la crème… Qu’est-ce qu’on a pu en bouffer… Je ne digère pas, moi, le beurre. Je dois tenir ça de mon père. En Espagne, c’est plutôt l’huile d’olive. Il lui disait toujours : Pourquoi tu mets autant de crème dans la soupe ? Il aurait mieux fait de lui demander pourquoi elle ne mettait pas plus de soupe dans sa crème… C’était plus fort qu’elle, apparemment… L’atavisme… Finalement, mon père a trouvé quelqu’un d’autre pour lui servir la soupe… À la maison, maintenant, c’est moi qui cuisine. Comme ça, au moins, je sais ce que je mange. Vous ne dites rien, hein ? Mais vous n’en pensez pas moins. Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis venu vous voir. Si je le savais, je ne serais pas venu, j’imagine. Enfin si, il y a quand même quelque chose. Comment vous dire ça ? Plus ça va… plus je me sens proche du minéral. Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez la formule : plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ? Moi, plus le temps passe, plus les gens m’ennuient. Les chiens aussi, d’ailleurs. C’est avec les pierres que je me sens vraiment à l’aise… Une vie d’homme… C’est trop court, non ? Alors une vie de chien… Tandis qu’une pierre, ça ne vieillit pas… Même les arbres, ça ne me dit plus rien. Pourtant, il y en a qui ont plus de mille ans. Mais un arbre aussi ça finit par mourir. Ça peut même avoir des maladies. Et puis c’est bouffé par les vers, comme le reste. Ça finit par réintégrer la chaîne alimentaire. Une pierre, non. Personne ne mange de cailloux ! Sauf les poules, c’est vrai… Pour fabriquer la coquille de leurs œufs. Vous avez raison, on ne peut pas dire non plus que les pierres soient vraiment éternelles… Vous croyez que les dinosaures aussi bouffaient des cailloux pour fabriquer leurs œufs&nbsp;? Dans ce cas, à quoi bon être une pierre ? Si c’est pour finir en coquilles vides après une omelette… Alors pourquoi j’aime les pierres, docteur ? Je veux dire Monsieur Z. Vous croyez que ça a quelque chose à voir avec mon nom ? Jean Pierre M.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contrat</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1387</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contrat, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont assis à une table de bistrot, chacun devant un ballon de rouge.</em><br><strong>Un</strong> – Allez, à la tienne !<br><strong>Deux</strong> – Santé !<br><em>Ils prennent une gorgée. Le premier fait la grimace. L’autre a l’air d’apprécier.</em><br><strong>Un</strong> – Il est vraiment dégueulasse, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais pour moi il a le goût de la liberté.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ? Tu sors de prison ?<br><strong>Deux</strong> – Presque. J’ai mes beaux-parents chez moi pour les vacances. J’ai réussi à m’échapper une heure.<br><strong>Un</strong> – Ah merde.<br><strong>Deux</strong> – J’ai dit que j’allais faire vérifier le niveau d’huile sur la bagnole.<br><strong>Un</strong> – Tu n’as pas une voiture électrique ?<br><strong>Deux</strong> – Si… Tu vois un peu où j’en suis rendu…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Ils ne sont là que depuis deux jours et je ne les supporte déjà plus. Surtout mon beau-père…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je t’en débarrasse ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux les prendre chez toi, c’est ça ? Si ma femme est d’accord, je te les refile tout de suite. Je suis prêt à payer, tu sais. J’irais jusqu’au double du tarif en chambre d’hôtes. Parce que ce n’est pas un cadeau, je t’assure.<br><strong>Un</strong> – Non, je voulais dire… les faire disparaître.<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, disparaître ? Tu es prestidigitateur ? Malheureusement, quand un prestidigitateur fait disparaître quelqu’un, il finit toujours par réapparaître au bout de quelques minutes. Ça me servirait à quoi ? Et puis tu n’es pas magicien, si ?<br><strong>Un</strong> – Non, bien sûr… Non, moi, ce que je te propose, c’est de les faire disparaître… définitivement.<br><em>L’autre reste un instant interdit.</em><br><strong>Deux</strong> – Très drôle.<br><strong>Un</strong> – Je ne plaisante pas.<br><strong>Deux</strong> – Définitivement…?<br><strong>Un</strong> – Je connais un type qui peut s’en occuper, si tu veux.<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Un tueur à gages, tu veux dire ?<br><strong>Un</strong> – Il ferait juste ça pour rendre service. Pas gratuitement non plus, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais des tueurs à gages, toi ?<br><strong>Un</strong> – Non, je ne connais pas… des tueurs à gages. Mais j’en connais un.<br><strong>Deux</strong> – Eh bien moi, je n’en connais aucun, tu vois. Où est-ce que tu l’as connu, ce type ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – En prison ?<br><strong>Un</strong> – On a partagé la même cellule pendant trois ans.<br><strong>Deux</strong> – Tu as fait de la prison, toi ?<br><strong>Un</strong> – Ben ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et pour quoi ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quel motif on t’a mis en prison ? Qu’est-ce que tu avais fait ?<br><strong>Un</strong> – Tentative de meurtre.<br><strong>Deux</strong> – Tentative ?<br><strong>Un</strong> – J’ai raté mon coup. Je n’étais pas très doué. Mais lui c’est un pro, je t’assure. Il en a déjà refroidi plus d’un, je te le garantis.<br><strong>Deux</strong> – Tu me fais marcher là…<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sérieux ?<br><strong>Un</strong> – Très sérieux.<br><em>L’autre digère cette information.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est dingue, ça. À part dans les films, je ne savais pas que ça existait, les tueurs à gages. Alors tu passes commande, comme ça, comme pour une pizza, et…<br><strong>Un</strong> – Oui. Ça s’appelle un contrat.<br><em>L’autre réfléchit à nouveau.</em><br><strong>Deux</strong> – Un contrat… Et ça coûterait combien ? Non mais c’est juste par curiosité, hein ?<br><strong>Un</strong> – Ça dépend…<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend de quoi ?<br><strong>Un</strong> – Déjà, c’est pour un seul ou pour les deux ? Comme tu dis que c’est surtout ton beau-père qui…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Ça ferait combien par personne ?<br><strong>Un</strong> – Il faudrait que je lui demande… Dans les 8500 euros, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est assez précis, quand même.<br><strong>Un</strong> – Pour les deux, il te ferait sûrement un prix.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Un</strong> – Pour un couple… dans les quinze mille.<br><strong>Deux</strong> – On parle en TTC, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Si tu n’as pas besoin de facture, tu le paieras en liquide, c’est plus simple.<br><strong>Deux</strong> (<em>pensif</em>) – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je lui en parle ?<br><strong>Deux</strong> – Mais non, pas du tout… J’ai dit d’accord comme j’aurais dit… je vois. Je ne suis pas d’accord, évidemment. (<em>Un temps</em>) Même s’il faut reconnaître que c’est assez tentant…<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et puis c’est risqué, non ? Je veux dire… le crime parfait, ça n’existe pas.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qui te fait dire ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… C’est ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Par définition, les crimes parfaits ne sont pas classés comme des crimes. Ça passe pour des accidents, des morts naturelles, des suicides… Donc un crime parfait, on ne peut pas savoir si ça existe. C’est pour ça qu’on dit que ça n’existe pas.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Pour ne pas susciter des vocations.<br><strong>Un</strong> – Si ça se trouve, sur cent personnes qui meurent, il y en a dix qui ont été victimes d’un crime parfait, et on ne le sait pas.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, des gens qui avaient commis des crimes parfaits, j’en ai connu pas mal.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Et où est-ce que tu les as rencontrés ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – S’ils avaient commis des crimes parfaits, qu’est-ce qu’ils foutaient en prison ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais ils étaient en prison pour autre chose.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Ce n’est pas très rassurant tout ça. Je crois que je vais réfléchir encore un peu. Et puis quinze mille euros, c’est une somme quand même…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et ils comptent venir en vacances chez toi tous les ans, tes beaux-parents ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais… c’est bien pour ça que je ne te dis pas non tout de suite…<br><strong>Un</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Deux</strong> – D’un autre côté, je n’ai pas envie de finir en taule, comme toi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Sinon, il y a l’enlèvement.<br><strong>Deux</strong> – Un enlèvement ?<br><strong>Un</strong> – C’est moins définitif, mais… si tu te fais pincer, la peine est moins lourde. Et puis l’avantage, c’est que tu peux demander une rançon.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Et avec la rançon, tu peux payer le commanditaire de l’enlèvement. Ça ne te coûte rien. Si tu te débrouilles bien, tu peux même gagner un peu d’argent.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon… À qui on pourrait bien demander une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Ça je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Qui pourrait bien payer une rançon pour faire libérer mon beau-père ? Ma belle-mère peut-être, et encore ce n’est pas sûr. D’ailleurs, elle n’a pas d’argent.<br><strong>Un</strong> – Ils n’ont pas d’autres enfants ?<br><strong>Deux</strong> – Si, il y a mon beau-frère. Et ma belle-sœur. Ils arrivent la semaine prochaine.<br><strong>Un</strong> – Ils passent aussi les vacances chez toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais, malheureusement.<br><strong>Un</strong> – Ah merde…<br><strong>Deux</strong> – Comme tu dis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas que tu veux t’en débarrasser aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend. Pour quatre, ton pote, il me ferait une grosse ristourne ?<br><strong>Un</strong> – Après, il ne faut pas que ce soit trop voyant, non plus. Il y a encore beaucoup de gens dont tu voudrais te débarrasser, comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mes parents non plus, je ne les supporte pas… Sans parler de mes deux sœurs et de leurs connards de maris.<br><strong>Un</strong> – Ils viennent passer les vacances chez toi, eux aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Ah non ! Eux non. Je ne les ai pas invités. Mais ils me cassent les couilles quand même. Et puis quand les vacances seront terminées, il y a mon patron…<br><strong>Un</strong> – Après, mon pote, c’est juste un tueur à gages. Son truc, ce n’est pas les meurtres de masse, comme aux États-Unis.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, de toute façon, tant qu’il en restera un pour me casser les burnes… Non, je ne vais pas mettre le doigt dans cet engrenage, je n’en finirais plus. Et puis je n’ai pas les moyens…<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je vais y aller.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi. J’ai du monde qui m’attend à la maison…<br><strong>Un</strong> – Bon ben… Bonnes vacances alors.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Et si tu changes d’avis, tu as mon numéro.<br><strong>Deux</strong> – OK… Tu passes les vacances avec qui, toi ?<br><strong>Un</strong> – Juste avec ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que les autres…<br><strong>Un</strong> – Si je te le disais… ce ne serait plus le crime parfait.<br><em>Il s’en va. L’autre reste un instant pensif, et s’en va à son tour.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Double vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Notaire]]></category>
		<category><![CDATA[Office notarial]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Double vie, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bureau notarial. Une femme arrive, en tenue deuil. Elle hésite, puis s’assied. Au bout d’un moment, elle se penche vers le bureau pour voir les documents qui sont posés dessus, avant de se raviser. La curiosité étant trop forte, elle se penche à nouveau et avance une main hésitante pour saisir une enveloppe. Arrive alors une autre femme, également en tenue de deuil. Elle semble surprise en voyant l’autre, qui ne s’est pas aperçue de son arrivée. La nouvelle venue tousse pour signaler sa présence, et l’autre sursaute.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Vous m’avez fait peur…<br><strong>Femme 2</strong> – Je suis vraiment désolée. Mais je ne savais pas que… (Lui tendant la main et se présentant) Agnès…<br><strong>Femme 1 </strong>– Vous connaissez mon nom ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>étonnée</em>) – Euh… Non, Agnès, c’est moi. La veuve du défunt.<br><strong>Femme 1 </strong>– Quoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – Vous vous appelez aussi Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Mais c’est moi, la veuve !<br><strong>Femme 2 </strong>– Pardon ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Pour qui elle se prend, cette morue ?<br><strong>Femme 2</strong> – Tu peux répéter ça pouffiasse ?<br><em>Elles s’apprêtent à se sauter à la gorge quand le notaire arrive un gobelet de café à la main.</em><br><strong>Notaire</strong> – On vous a proposé un café ?<br><em>Les deux femmes reprennent une contenance plus digne.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merci, ça ira.<br><strong>Femme 2</strong> – On est déjà assez énervées comme ça.<br><strong>Notaire</strong> – Je vous en prie, asseyez-vous… (<em>Les deux femmes se rasseyent.</em>) Et tout d’abord, permettez-moi de vous présenter toutes mes condoléances.<br><em>La première femme verse une larme. Le notaire lui tend une boîte de mouchoirs en papier et elle en prend un.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Merci.<br><em>L’autre femme lève les yeux au ciel avec un air excédé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Très bien, alors puisque nous sommes au complet, je crois que nous allons pouvoir procéder à l’ouverture du testament.<br><strong>Femme 1</strong> – Au complet ?<br><strong>Notaire</strong> – À moins que nous n’attendions une troisième Agnès…<br><strong>Femme 2</strong> – Excusez-moi, mais je crois qu’il y a un petit malentendu…<br><strong>Notaire</strong> – J’y viens tout de suite, chère Madame, rassurez-vous… (<em>Il saisit l’enveloppe posée sur son bureau et toussote pour s’éclaircir la voix.</em>) J’irai droit au but. Comme votre présence conjointe dans ce bureau vous l’aura déjà fait subodorer, Monsieur Barbarin, avant sa mort, avait une double vie.<br><strong>Femme 1 </strong>– Une double vie ?<strong><br>Femme 2 </strong>– Je vous assure que nous n’avions rien subodoré du tout jusque là…<br><strong>Notaire</strong> – Quoi qu’il en soit, suite à sa disparition brutale dans des circonstances aussi obscures que douloureuses, Monsieur Barbarin laisse derrière lui deux veuves et deux orphelins… prénommés tous deux Baptiste.<br><strong>Femme 1</strong> – Votre fils s’appelle aussi Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est vrai que pour un homme qui mène une double vie, choisir deux femmes qui portent le même prénom et baptiser tous ses enfants Baptiste, cela peut éviter de commettre pas mal d’impairs…<br><strong>Femme 2</strong> (<em>anéantie</em>) – C’est clair…<br><strong>Notaire</strong> – Donc, il apparaît que le patrimoine de votre époux commun était principalement constitué d’une maison à Tarascon-sur-Rhône et d’une autre à Tarascon-sur-Ariège. C’est d’ailleurs au cours d’un de ses nombreux déplacements entre ces deux villes que Monsieur Barbarin aurait été emporté avec sa voiture par une rivière en crue lors d’un violent orage.<br><em>Les deux femmes échangent un regard hostile.</em><br><strong>Notaire</strong> – Sans attendre, je vais vous lire les dernières volontés du défunt. (<em>Il ouvre l’enveloppe</em>) Tout d’abord, en ce qui concerne ses obsèques, Monsieur Barbarin a émis le souhait d’être incinéré. Pour cela au moins, vous n’avez aucun souci à vous faire. Monsieur Barbarin était apparemment un homme très organisé, et il a tout prévu. Je vous communiquerai tout à l’heure les détails de…<br><em>Faisant un faux mouvement, le notaire renverse son café sur le testament.</em><br><strong>Notaire</strong> – Et merde… (<em>Il prend un mouchoir en papier et éponge le café renversé sur le testament.</em>) Pardon… Je vais arranger cela tout de suite, ne vous inquiétez pas, et je poursuis la lecture du testament… En espérant que ce torchon soit encore à peu près lisible… (<em>Il jette un regard sur le document</em>.) Bon, donc, en gros… Je vous résume… Monsieur Barbarin lègue sa maison de Tarascon à…<br><strong>Femme 1 </strong>– Tarascon-sur-Rhône ou Tarascon-sur-Ariège ?<br><strong>Notaire</strong> – Je vous avoue qu’avec le marc de café, je n’arrive pas à lire ce qu’il y a d’écrit exactement derrière Tarascon… Quoi qu’il en soit, Monsieur Barbarin lègue cette maison à sa femme Agnès et à son fils Baptiste.<br><strong>Femme 2 </strong>– Quelle Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Quel Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – Là, je vous assure qu’il n’a pas précisé…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est incroyable !<br><strong>Femme 1</strong> – Mais alors comment vous voulez-vous que…<br><em>Le téléphone du notaire sonne et il répond.</em><br><strong>Notaire</strong> – Excusez-moi un instant… Oui ? Non ? Ah oui ? Ah non ! Bon… Bon… Bon… Merci… (<em>Il raccroche</em>.) Alors j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Femme 2</strong> – Je vous avoue que je serais assez curieuse de savoir quelle pourrait bien être la bonne…<br><strong>Notaire</strong> – Votre mari n’est pas mort noyé dans l’Ariège, comme on avait pu le croire dans un premier temps…<br><em>Les deux femmes échangent un regard, consternées.</em><br><strong>Notaire</strong> – Selon les derniers rebondissements de l’enquête, Monsieur Barbarin aurait pu remonter sur la rive après avoir été malencontreusement précipité dans la rivière par une bourrasque en promenant son chien nommé Tobby. Un chien dont apparemment, il ne se séparait jamais.<br><strong>Femme 1 </strong>– Notre chien aussi s’appelle Tobby !<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est le même…<br><strong>Notaire</strong> – Pour ce qui est des chiens, en tout cas, il semblerait en effet que votre mari n’était pas polygame…<br><strong>Femme 1</strong> – Alors ce salaud est encore vivant ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est là où j’en arrive à la mauvaise nouvelle… Il a pu reprendre place à bord de sa voiture et continuer sa route. En revanche le véhicule a été projeté dans le Rhône par un nouveau coup de mistral en arrivant à Tarascon. La gendarmerie vient de repêcher sa Twingo dans le fleuve il y a quelques minutes.<br><strong>Femme 2</strong> – Le Rhône, donc.<br><strong>Femme 1</strong> – Évidemment, le Rhône ! À Tarascon-sur-Rhône ! Il faut la mettre sous tension, celle-là, elle n’a pas l’électricité à tous les étages !<br><em>L’autre femme lui lance un regard meurtrier.</em><br><strong>Notaire</strong> – Monsieur Barbarin n’a vraiment pas eu de chance. Il est évident qu’il aurait mieux fait de ne pas prendre sa voiture ce jour là.<br><strong>Femme 1 </strong>– C’était l’anniversaire de mon Baptiste…<br><strong>Femme 2</strong> – Du mien aussi…<br><strong>Notaire</strong> – La loi des séries sans doute. Je parle de cette double noyade, bien sûr…<br><strong>Femme 2</strong> – Il faut croire que lorsqu’on a une double vie, on est aussi destiné à mourir deux fois.<br><strong>Notaire</strong> – Même si, selon la célèbre maxime d’Héraclite : on ne se noie jamais deux fois dans le même fleuve. (Un temps) Je plaisante…<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais alors c’était quoi la bonne nouvelle ?<br><strong>Notaire</strong> – La bonne nouvelle, c’est qu’on a retrouvé le chien Tobby, et qu’il est bien vivant. Nous pourrons toujours envisager une garde partagée…<br><strong>Femme 1</strong> – Et c’est tout ce qu’il y a dans le testament ?<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Oui… Ah, non, pardon… Attendez une minute… Voici la musique que votre mari a choisi pour accompagner sa crémation.<br><em>Il appuie sur une télécommande et on entend les premières paroles de la chanson « Allumer le Feu ». Plus quelques aboiements.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Faire-part</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faire-part/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 12:55:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1322</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire-part, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme est en scène, désœuvrée. Éventuellement, en musique de fond, La Lettre à Élise. On sonne trois fois. Elle va ouvrir. Un facteur entre.<br></em><strong>Denise</strong> – Je savais que c’était vous.<br><strong>Facteur</strong> – Le facteur sonne toujours trois fois !<br><strong>Denise</strong> – Je n’ouvre pas la porte à tout le monde, vous savez. Avec tout ce qu’on voit maintenant…<br><strong>Facteur</strong> – J’ai une petite lettre pour vous, Denise. (<em>Il fouille dans sa besace et en extirpe une missive qu’il lui tend</em>) Et voilà ! La lettre à Denise…<br><strong>Denise</strong> (<em>prenant la lettre</em>) – Pour une fois que ce n’est pas une facture… Un petit ballon, comme d’habitude ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez ! Les ballons, je préfère les siffler que d’avoir à souffler dedans…<br><em>Elle place une bouteille et un verre devant lui.</em><br><strong>Denise</strong> – Servez-vous. Vous connaissez la maison.<br><em>Pendant qu’il se sert, elle jette un regard à l’adresse, et se décompose.</em><br><strong>Denise</strong> – C’est l’écriture de ma mère…<br><strong>Facteur</strong> – En même temps, si elle vous écrit… C’est qu’elle n’est pas morte, pas vrai ?<br><em>Denise ouvre la lettre fébrilement et la parcourt.</em><br><strong>Denise</strong> – Oh, mon Dieu… !<br><strong>Facteur</strong> – Elle est morte ?<br><strong>Denise</strong> – C’est plus grave que ça…<br><strong>Facteur</strong> – Plus grave ?<br><strong>Denise</strong> – Elle m’interdit de venir à son enterrement !<br><strong>Facteur</strong> – Mais… elle n’est pas morte ?<br><strong>Denise</strong> – Il faut croire qu’elle préfère me le dire avant…<br><strong>Facteur</strong> – Ah oui, remarquez, c’est plus sûr. Ce n’est pas elle qui rédigera le faire-part. C’est vrai que ça ne serait pas banal.<br><strong>Denise</strong> (<em>ailleurs</em>) – Pas banal ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>hilare et déjà un peu bourré</em>) – Vous imaginez ? Mon enterrement aura lieu au cimetière du village, à dix heures précises. Ni fleurs, ni couronnes. Et merci de ne pas venir non plus.<br><em>Denise lui lance un regard incendiaire.</em><br><strong>Denise</strong> – Vous trouvez ça drôle ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>se reprenant</em>) – Mais… vous êtes en mauvais termes avec votre mère, sinon ?<br><strong>Denise</strong> – Pourquoi elle m’interdit de venir à son enterrement, à votre avis ?<br><strong>Facteur</strong> – Je ne sais pas, moi… Elle veut peut-être vous éviter cette corvée… C’est vrai que les enterrements, en général…<br><strong>Denise</strong> – Non, c’est la dernière chose qu’elle a trouvé pour me contrarier… Quand j’étais petite, déjà, elle m’interdisait tout… Fais pas ci… Fais pas ça… Ne mets pas les doigts dans ton nez… Ne dis pas de gros mots… Ne mets pas le chat dans la machine à laver… Je n’avais le droit de rien faire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui…<br><strong>Denise</strong> – Alors à dix-huit ans, j’ai quitté la maison… Je ne l’ai jamais revue depuis…<br><strong>Facteur</strong> – La maison… ?<br><strong>Denise</strong> – Ma mère !<br><strong>Facteur</strong> – Eh ben, ce n’est pas très gai tout ça… Tiens, je m’en ressers un… Alors qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Denise</strong> – Je m’étais bien jurée de ne pas aller à son enterrement, de toute façon.<br><strong>Facteur</strong> – Alors comme ça, tout est bien qui finit bien. Enfin, je veux dire… Du coup vous n’y allez pas, et en même temps, vous respectez ses dernières volontés…<br><strong>Denise</strong> – Vous plaisantez ! Ma mère m’interdit d’aller à son enterrement, et je lui obéirais ? Vous vous rendez compte ? Même morte, elle me donnerait encore des ordres ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors vous allez y aller ?<br><strong>Denise</strong> – Je ne sais pas… D’un autre côté, est-ce que ce n’est pas un peu ça qu’elle a en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Ça… ?<br><strong>Denise</strong> – Elle sait bien que le meilleur moyen pour que j’assiste à son enterrement, c’est de me l’interdire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui, évidemment.<br><strong>Denise</strong> – Qu’est-ce que vous feriez, vous, à ma place ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors là… Moi je m’entends plutôt bien avec ma mère… Surtout depuis qu’elle est morte… Mais la vôtre elle est toujours en vie. Ça vous laisse le temps d’y penser…<br><strong>Denise</strong> – Oui…<br><strong>Facteur</strong> – Elle a quel âge, votre mère ?<br><strong>Denise</strong> – 48 ans.<br><strong>Facteur</strong> – Ah ben alors… Vous avez toute la vie pour y réfléchir…<br><strong>Denise</strong> – Oui… D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas un peu ça qu’elle avait en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Bon, il va falloir que j’y aille, moi. C’est que j’ai d’autres lettres à porter. J’espère que ce sera des factures, c’est moins compliqué…<br><strong>Denise</strong> – Un petit dernier pour la route ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez, mais le dernier alors…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Double inconnu</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-inconnu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 11:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Naissance]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Double inconnu, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire'  de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/double-inconnu/">Double inconnu</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage, debout face au public, regarde une tombe. Un autre approche.</em><br><strong>Deux</strong> – Pardon, c’est bien la tombe de l’auteur inconnu ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non, celle-ci, c’est la tombe du soldat inconnu.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – Des fois c’est difficile de s’y retrouver… Comme il n’y a rien de marqué dessus… (<em>Sortant un papier</em>) Ils m’ont donné un plan, à l’entrée, mais bon… (<em>Chaussant ses lunettes</em>) Attendez voir. W28… Oui, c’est bien ça. Le soldat inconnu. Entre le génie méconnu et l’alcoolique anonyme. L’auteur inconnu, c’est juste derrière : X29…<br><strong>Deux</strong> – Je me demande si c’était une si bonne idée que ça de les mettre tous dans le même cimetière…<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est ça. L’agent secret, c’est X27. (<em>Silence recueilli, chacun devant sa tombe</em>) C’était un parent à vous ?<br><strong>Deux</strong> – Celui-là ou un autre. Allez savoir ! Je suis né de père inconnu…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… (<em>Il regarde à nouveau son plan</em>) Le père inconnu… Non, décidément, je n’y comprends rien. Ils auraient au moins pu mettre un index alphabétique. Et puis ce tableau à double entrée avec ces chiffres et ces lettres, c’est d’un ridicule… On dirait une bataille navale ! A5, raté… C10, touché… B12, coulé…<br><strong>Deux</strong> – Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Le soldat inconnu ? C’était mon père…<br><strong>Deux</strong> – Vraiment ? Et… vous avez repris le flambeau ?<br><strong>Un</strong> – Que voulez-vous ? La carrière des armes, chez nous, c’est une vieille tradition. On est soldat de père en fils. D’ailleurs, j’ai déjà ma place réservée dans le caveau familial.<br><strong>Deux</strong> – Ah, parce qu’il y a des caveaux, aussi ?<br><strong>Un</strong> – Vous ne le saviez pas ? Si, si, bien sûr ! Toute ma famille est enterrée là. Une longue lignée de militaires très discrets. Vous savez bien : la Grande Muette…<br><strong>Deux</strong> – La grande mouette…?<br><strong>Un</strong> – Muette ! La Grande Muette !<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… J’avais compris mouette. Je pensais que vous étiez dans la marine. À cause de la bataille navale…<br><strong>Un</strong> – Alors, comme ça, vous êtes en recherche de paternité ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce que vous lui demanderiez, à votre père, si vous pouviez le rencontrer un jour ? Ici ou dans un autre monde ?<br><strong>Deux</strong> – Ses papiers…?<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Et vous ?<br><strong>Un</strong> – L’autorisation de le fouiller ? Pour vérifier qu’il n’a pas d’arme sur lui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas facile tous les jours, vous savez, de ne pas savoir d’où on vient.<br><strong>Un</strong> – C’est ce que je dis toujours à mes hommes, à la caserne. Quand on ne sait pas d’où on vient, on ne peut pas savoir où on va. Pour faire la guerre, il faut d’abord un bon plan. Et savoir le lire. Pourquoi pensez-vous que pendant des siècles, on a refusé les femmes dans l’armée ? Parce qu’elles sont infoutues de lire un plan ! Déjà qu’elles ont du mal avec une carte routière ou même une liste de courses, alors vous imaginez. Un plan de bataille… Et vous ? Vous faites quoi, dans la vie ?<br><strong>Deux</strong> – Du théâtre.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, le… Le théâtre.<br><strong>Deux</strong> – Acteur.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Vous connaissez ?<br><strong>Un</strong> – Non. Le spectacle vivant, comme on dit ? Moi c’est la grande muette, vous le spectacle vivant… Les étiquettes, ça permet quand même de s’y retrouver un peu, non ? Et… vous êtes un acteur célèbre ?<br><strong>Deux</strong> – Non… Je suis un acteur inconnu.<br><strong>Un</strong> – Bon. Eh, bien… Enchanté de ne pas avoir fait votre connaissance…<br><strong>Deux</strong> – Je ne vous dis pas au revoir…<br><strong>Un</strong> – Moi non plus.<br><em>Le premier jette un regard sur une dernière tombe.</em><br><strong>Un</strong> – Tiens, celle-là, elle n’est même pas sur mon plan…<br><strong>Deux</strong> – Attendez voir… (<em>Lisant</em>) C’est la tombe de… l’homme inconnu.<br><strong>Un</strong> – L’homme inconnu…?<br><strong>Deux</strong> – Un SDF, sûrement…<br><strong>Un</strong> – Même les SDF ont droit à une dernière demeure…<br><em>Le premier s’en va. Le deuxième reste seul.</em><br><strong>Deux</strong> – Bon… Où j’en étais, moi…?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<title>Faux départ</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faux-depart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:53:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Pompes funèbres]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Cercueil]]></category>
		<category><![CDATA[Malentendu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Faux départ, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme en deuil arrive. Elle sort un mouchoir de son sac et sèche une larme. Son portable sonne.</em><br><strong>Femme 1</strong> (<em>d’une voix très affectée</em>) – Oui…? Ah, c’est toi… Oui, oui, je suis à la chambre funéraire, là. C’est vrai que je ne le voyais plus depuis des années, mais bon. Ça fait quand même un choc. Je voulais le revoir une dernière fois…<br><em>Une deuxième femme arrive côté jardin, en deuil elle aussi.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Excuse-moi, il va falloir que je te laisse. Ma sœur vient d’arriver. Je te rappelle plus tard, d’accord ? Merci d’avoir appelé…<br><em>Les deux femmes s’embrassent, sans chaleur.</em><br><strong>Femme 2 </strong>(<em>désignant le côté cour</em>) – Heureusement que tu m’as prévenue. Moi je n’ai pas reçu de faire-part. Il est là ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui.<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu l’as vu ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui.<br><strong>Femme 2</strong> – Ça fait au moins dix ans… Il a dû changer, non ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Il est mort.<br><strong>Femme 2</strong> – Oui… Je ne suis pas vraiment sûre d’avoir envie de le voir, en fait. Je n’ai jamais vu un mort. Il vaut peut-être mieux que je garde de lui l’image qu’il avait la dernière fois que je l’ai rencontré. Plein de vie…<br><strong>Femme 1</strong> – Allez. Fais ça pour lui. Je suis sûre que ça lui aurait fait plaisir de te voir une dernière fois<br><strong>Femme 2</strong> – Bon.<br><em>Elle se dirige sans enthousiasme vers le côté cour et disparaît. Sa sœur écrase à nouveau une larme. L’autre revient au bout d’un instant, un peu perturbée.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Ça va…?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu m’as bien dit que c’était là, la porte à droite ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui, pourquoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – C’est pas lui.<br><strong>Femme 1 </strong>– Tu ne l’as pas vu depuis dix ans. Il a changé, forcément.<br><strong>Femme 2</strong> – Il n’a pas changé de sexe, quand même… C’est une femme, là, dans le cercueil.<br><strong>Femme 1 </strong>– T’es sûre…?<br><strong>Femme 2</strong> – Une femme qui ne lui ressemble pas du tout, hein…. Tu ne t’en es pas rendu compte ?<br><strong>Femme 1</strong> – J’étais tellement bouleversée, ce matin. J’ai laissé tomber mes lentilles dans le lavabo. Ça doit être la porte de gauche. Il y a deux chambres funéraires… Je vais aller voir.<br><strong>Femme 2</strong> – Je crois qu’il vaut mieux que ce soit moi…<br><em>Elle repart, et revient au bout d’un instant.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Alors ?<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est pas lui non plus.<br><strong>Femme 1 </strong>– T’es sûre ?<br><strong>Femme 2 </strong>– À moins qu’il nous ait caché toute sa vie qu’il était noir… Fais voir le faire-part.. Tu t’es peut-être trompée d’adresse. Des chambres funéraires, il y en a un peu partout…<br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, mon Dieu… Ça m’a tellement retournée, d’apprendre qu’il était mort. Et maintenant, on ne va même pas pouvoir assister à son enterrement…<br><em>Elle sort le faire-part de son sac et le tend à sa sœur.</em><br><strong>Femme 2</strong> (<em>regardant le faire-part</em>) – Non, pourtant, c’est bien là, je ne comprends pas… (<em>Lisant</em>) Ont la douleur de vous faire part du décès de Monsieur… C’est pas son nom !<br><strong>Femme 1</strong> – C’est pas possible ! Fais voir…<br><em>Elle prend le faire-part et plisse les yeux pour le déchiffrer.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merde ! C’est le nom des voisins… Ça arrive au moins une fois par mois que le facteur se trompe de boîte. Il faut dire qu’entre Martinez et Ramirez… J’ai pas fait attention.<br><strong>Femme 2</strong> – Donc, il n’est pas mort…<br><strong>Femme 1 </strong>– Je suis vraiment désolée… (<em>Silence embarrassé</em>) Qu’est-ce qu’on va faire de la couronne ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne pense pas qu’ils vont nous la reprendre, hein…? T’imagines un peu, si les fleuristes se mettaient à rembourser les fleurs après les enterrements… On n’a qu’à la laisser pour fleurir la tombe du défunt de tes voisins.<br><strong>Femme 1 </strong>– Surtout qu’ils n’avaient pas l’air de beaucoup y tenir. Ils ne sont même pas venus…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est normal, c’est toi qui as le faire-part…<br><strong>Femme 1</strong> – Merde, c’est vrai. Comment je vais leur annoncer ça, moi…<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, oui… Je crois que là, tu vas avoir besoin de tout le tact dont tu es capable…<br><strong>Femme 1 </strong>– Enfin… La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas mort… Moi qui avais déjà presque fait mon deuil…<br><strong>Femme 2</strong> – Comme ça ce sera fait, hein ?<br><em>Elles s’en vont.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, mon Dieu…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu vas aller le voir ?<br><strong>Femme 1</strong> – Qui ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Ben lui !<br><strong>Femme 1 </strong>– Pourquoi j’irais le voir ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne sais pas, moi. Tu tenais absolument à lui dire un dernier adieu. Ben comme ça tu pourrais le faire de son vivant…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Événement</title>
		<link>https://sketchotheque.net/evenement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 13:14:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Cercueil]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1244</guid>

					<description><![CDATA[<p>Événement, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages debout l’un à côté de l’autre face au public, dans une attitude de recueillement un peu forcée.<br></em><strong>Un</strong> – Tu as vu, c’est marrant ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Il y a un papillon posé sur le cercueil.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – C’est sûrement les fleurs qui l’attirent.<br><strong>Deux</strong> – Le malheur des uns…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je me demande un peu ce que je fous là.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi.<br><strong>Un</strong> – Ça fait tellement longtemps qu’on ne l’avait pas vu.<br><strong>Deux</strong> – C’était quand, déjà ?<br><strong>Un</strong> – Pour son mariage, non ?<br><strong>Deux</strong> – Et maintenant on le revoit pour son enterrement.<br><strong>Un</strong> – Enfin… revoir, c’est une façon de parler.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Tu l’as vu ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Comme je n’avais jamais vu un mort, c’était l’occasion.<br><strong>Un</strong> – L’occasion ?<br><strong>Deux</strong> – On n’était pas vraiment proches… Je me suis dit que ce serait moins traumatisant. Pour une première fois…<br><strong>Un</strong> – Comment ça, une première fois ?<br><strong>Deux</strong> – Imagine que tu meurs demain, et que je veuille te rendre un dernier hommage… Ça me ferait un drôle d’effet, de voir ton cadavre. Je veux dire, nous on se connaît. Je t’aurais vu la veille, bien vivant… Alors forcément…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Tandis que lui, depuis le temps qu’on ne l’avait pas vu…<br><strong>Un</strong> – Mmm…<br><strong>Deux</strong> – Tu as déjà vu un mort, toi ?<br><strong>Un</strong> – Non… (<em>Un temps</em>) Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est curieux… C’est comme si… il ne restait plus que l’emballage.<br><strong>Un</strong> – L’emballage ?<br><strong>Deux</strong> – L’enveloppe est là, mais… il n’y a plus rien à l’intérieur, tu vois ?<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et son visage… Comme un masque, mais plus personne derrière.<br><strong>Un</strong> – Oui, j’ai pigé l’idée générale.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, moi, si je meurs le premier, je te dispense de rendre un dernier hommage à ma dépouille. Parce que là… je t’assure que j’ai bien compris ce que ça voulait dire.<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Dépouille !<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Deux</strong> – C’est le nom qu’on donne à la peau d’un animal après avoir enlevé ce qui était à l’intérieur. Eh ben nous, c’est pareil. Quand on est mort, il ne reste plus que l’emballage.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas si l’emballage est consigné.<br><strong>Deux</strong> – Non, franchement, ne t’emmerde pas à venir à mon enterrement, parce que moi, je n’y serai pas…<br><strong>Un</strong> – Je me demande surtout ce qu’on est venu foutre au sien. Si tu ne m’avais pas prévenu… Je déménage au moins une fois par an, alors tu penses bien. Ils ne devaient plus avoir mon adresse.<br><strong>Deux</strong> – C’est notre cousin, non ?<br><strong>Un</strong> – Petit-cousin, il me semble.<br><strong>Deux</strong> – C’est quoi, exactement, un petit-cousin ?<br><strong>Un</strong> – Le fils d’un cousin, je crois… Comment ils t’ont retrouvé, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Par Facebook.<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><strong>Deux</strong> – C’est la première fois que je suis invité à un enterrement par Facebook.<br><strong>Un</strong> – Ils n’ont pas créé un événement, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne crois pas.<br><strong>Un</strong> – Il y a énormément de monde… Il était si populaire que ça, notre petit-cousin ?<br><strong>Deux</strong> – Il avait quand même près de 5000 amis Facebook.<br><strong>Un</strong> – Ah, ouais…<br><strong>Deux</strong> – Ils ont peut-être créé un événement, finalement.<br><strong>Un</strong> – Ses amis ont dû croire que c’était un spectacle. Et comme c’était gratuit.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr que ce n’en est pas un ?<br><strong>Un</strong> – Un quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Un spectacle !<br><strong>Un</strong> – Va savoir…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, il faut que je pense à le retirer de ma liste.<br><strong>Un</strong> – Ta liste ?<br><strong>Deux</strong> – Ma liste d’amis Facebook !<br><strong>Un</strong> – Attends au moins la fin de la cérémonie…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Ce n’est pas un drame</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ce-nest-pas-un-drame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:35:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Boucher]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas un drame, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, semblant embarrassé. Elle arrive, prête à partir.<br></em><strong>Elle</strong> – D’habitude, c’est toujours toi qui m’attends… Tu n’es pas encore prêt ?<br><strong>Lui</strong> – Si, si, je… Je mets mon blouson.<br><strong>Elle</strong> – Ton blouson en cuir…<br><strong>Lui</strong> – Je l’avais déjà avant de te connaître… Un cadeau de ma grand-mère… Ça ne sert à rien que je le jeter maintenant, non ? Je veux dire… Elle est morte, de toute façon.<br><strong>Elle</strong> – Ta grand-mère est morte ?<br><strong>Lui</strong> – Pas ma grand-mère ! La vache ! C’est de la vache…<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Celle qu’on a écorchée dans un abattoir pour que tu puisses te couvrir avec sa peau…<br><strong>Lui</strong> – Mon prochain blouson sera en cuir végétal, je te le promets. Il paraît qu’on fait de très belles imitations, maintenant, à base d’ananas ou de champignons.<br><em>Il met son manteau, sans entrain.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors ça y est, c’est le grand jour ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, on dirait…<br><strong>Elle</strong> – Je vais enfin rencontrer tes parents… Je commençais à me demander si tu n’avais pas honte de moi.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu vas chercher ! Ce serait plutôt le contraire…<br><strong>Elle</strong> – Le contraire ? Pourquoi ? Tu as honte de tes parents ?<br><strong>Lui</strong> – Non, non, mais…<br><strong>Elle</strong> – Tu as peur de quoi, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Mais de rien, je t’assure !<br><strong>Elle</strong> – C’est plutôt moi qui devrais avoir peur. Tu me présentes à tes parents… Ça devient officiel. C’est presque des fiançailles, non ?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Cache ta joie !<br><strong>Lui</strong> – Écoute, j’ai quelque chose à te dire.<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur…<br><strong>Lui</strong> – C’est au sujet de mes parents, justement.<br><strong>Elle</strong> – Tes parents ? Quoi, tes parents ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas facile à dire…<br><strong>Elle</strong> – Vas-y, je peux tout entendre… En tout cas, si c’est important, je préfère le savoir maintenant. J’aurais l’air moins conne…<br><strong>Lui</strong> – Disons que ce repas, ça ne va pas être exactement ce que tu imaginais. Mes parents sont… Comment dire…<br><strong>Elle</strong> – Ils sont sourds-muets. Ils s’expriment en langage des signes.<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Aveugles ?<br><strong>Lui</strong> – Non plus.<br><strong>Elle</strong> – Ce sont des personnes de petite taille…<br><strong>Lui</strong> – Pire que ça… Enfin pour toi, en tout cas.<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Ils votent à droite, et tu n’as pas osé me le dire ? C’est pour ça que tu ne voulais pas que je les rencontre avant…<br><strong>Lui</strong> – Non, ce n’est pas ça.<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, je suis bête. Tu m’as dit qu’ils étaient libraires. On ne peut pas vendre des livres et voter à droite !<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, mes parents ne votent pas du tout.<br><strong>Elle</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Lui</strong> – C’est au sujet de… Du repas… Enfin, de la nourriture, en général.<br><strong>Elle</strong> – La nourriture…?<br><strong>Lui</strong> – Je ne t’ai pas dit toute la vérité.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Tes parents sont juifs, et ils mangent casher. Quel est le problème ? On peut être végans et manger casher ! C’est même beaucoup plus simple, en fait. C’est surtout la viande, qui doit être casher, non ?<br><strong>Lui</strong> – Si… Enfin, je n’en sais rien…<br><strong>Elle</strong> – Les fruits et légumes, c’est très œcuménique. Je suis sûr que le véganisme pourrait mettre fin à toutes les guerres de religion. À table, en tout cas, mais c’est déjà un début… En attendant de résoudre le conflit au Moyen-Orient.<br><strong>Lui</strong> – C’est un peu plus compliqué que ça…<br><strong>Elle</strong> – Quoi ? Le conflit au Moyen-Orient ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pour mes parents.<br><strong>Elle</strong> – J’ai compris… Ils sont pratiquants. Pour leur faire plaisir, tu leur as laissé croire que leur future belle-fille était juive. Et maintenant, tu ne sais plus comment leur avouer que tu sors avec une goy…<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, personne n’est juif dans la famille.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qui te fait croire que ça pourrait m’inquiéter ? Tu me prends pour qui ?<br><strong>Lui</strong> – Non, le problème c’est que…<br><strong>Elle</strong> – Vas-y maintenant, ça devient flippant.<br><strong>Lui</strong> – Mes parents ne sont pas vraiment libraires.<br><strong>Elle</strong> – Comment ça, pas vraiment ? On est libraire ou pas. Comment peut-on ne pas être vraiment libraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ils ne sont pas libraires du tout… et ils ne sont pas aussi végans que je te l’avais dit.<br><strong>Elle</strong> – Comment ça, pas aussi ?<br><strong>Lui</strong> – Ils mangent des légumes, bien sûr, mais…<br><strong>Elle</strong> – Ils sont seulement végétariens ? Bon, ce n’est pas un drame, non plus. Tu me crois sectaire à ce point ? Mais pourquoi tu m’as raconté qu’ils étaient végans ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai dit ça comme ça… Comme je savais que c’était important pour toi.<br><strong>Elle</strong> – C’est avec toi que je vais vivre ! Tu partages les mêmes valeurs que moi, ça me suffit. On ne choisit pas sa famille, c’est bien connu. Alors sa belle-famille…<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas comment te dire ça…<br><strong>Elle</strong> – Donc, tes parents ne sont pas libraires. Et alors ? Qu’est-ce qu’ils font, dans la vie ?<br><strong>Lui</strong> – Ils tiennent la boucherie, juste au coin de la rue…<br><strong>Elle</strong> (<em>sidérée</em>) – La boucherie…<br><strong>Lui</strong> – La boucherie chevaline… Entre le cordonnier et bureau de tabac, tu vois ?<br><strong>Elle</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu m’as dit que vous étiez tous végans dans la famille, à part ta grand-mère, et maintenant, tu m’annonces que je vais me marier avec un garçon boucher ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis pas garçon boucher ! Je ne suis que le fils du boucher…<br><strong>Elle</strong> – Et tu comptais me l’annoncer quand ? Le jour du mariage, pendant le repas de noces ! Entre le saucisson d’âne et le steak de cheval ?<br><strong>Lui</strong> – Mais non ! Puisque je te le dis maintenant…<br><strong>Elle</strong> – Je te rappelle que mes parents, eux, ils sont végans. Et ils sont très à cheval là-dessus.<br><strong>Lui</strong> – À cheval ?<br><strong>Elle</strong> – Si ça te fait rire, pas moi… Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Moi, je suis vraiment végan ! Enfin, je le suis devenu après t’avoir rencontrée… Ça ne change rien pour nous, si ?<br><strong>Elle</strong> – Tu connais la chanson de France Gall… Ça ne veut peut-être rien dire pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup…<br><strong>Lui</strong> – Tu m’en veux ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais avoir besoin de réfléchir à tout ça, en effet. (<em>Elle hésite.</em>) Mais je ne vais faire ça maintenant. Ils nous ont invités, non ? Alors je vais y aller… Je ne suis pas du genre à me défiler, figure-toi. On reparlera de tout ça après. On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Le problème, c’est que…<br><strong>Elle</strong> – Ah parce qu’il y a encore un problème ?<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai pas osé leur dire que tu ne mangeais pas de viande.<br><strong>Elle</strong> – Non, dis-moi que ce n’est pas vrai…<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis pas sûr qu’ils auraient compris… Ils ne sont plus très jeunes… À l’âge qu’ils ont, ça ne sert à rien de les brusquer… Ça pourrait même les tuer, tu sais. Mon père a le cœur fragile…<br><strong>Elle</strong> – Tu aurais très bien pu leur parler de ça, tout en les ménageant…<br><strong>Lui</strong> – Disons que je n’ai pas su trouver le bon moment…<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr…<br><strong>Lui</strong> – Tu pourras toujours manger les légumes… Tu n’auras qu’à dire que tu n’as pas très faim… Que tu es malade…<br><strong>Elle</strong> – Tu sais quoi ? Je crois que c’est toi qui es un grand malade.<br><em>Elle retire son manteau.</em><br><strong>Lui</strong> – Donc, tu ne viens pas…<br><strong>Elle</strong> (<em>horrifiée</em>) – Une boucherie chevaline ?<br><strong>Lui</strong> – Alors tu préfères abandonner à son triste sort un fils de boucher récemment converti au véganisme… Sans toi, je risque de replonger, tu sais…<br><strong>Elle</strong> – Tu te fous de moi, en plus ?<br><strong>Lui</strong> – Ne me regarde pas comme ça, j’ai l’impression que tu vas me tuer.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai que là… Je t’avoue qu’il me prend des envies de meurtre..<br><strong>Lui</strong> – Calme toi, je t’en prie ! Souviens-toi que tu es végane… et que pour toi le sixième commandement est le plus sacré des dix.<br><strong>Elle</strong> – Le sixième…?<br><strong>Lui</strong> – Tu ne tueras point !<br><strong>Elle</strong> – Je vais t’étrangler, et j’irai me confesser après.<br><em>Elle s’approche de lui, menaçante.</em><br><strong>Lui</strong> – Ne fais pas ça, je t’en prie.<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ce qui me retient…<br><strong>Lui</strong> – Alors tu as vraiment cru à cette histoire ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Mais enfin… les boucheries chevalines, ça n’existe plus depuis longtemps ! Au coin de la rue, entre le tabac et le cordonnier, c’est un Biocoop ! Si tu allais faire les courses plus souvent, tu le saurais…<br><strong>Elle</strong> – Tes parents ne sont pas bouchers ?<br><strong>Lui</strong> – Mes parents sont libraires, ils votent à gauche, et ils sont végans. Comme je te l’ai toujours dit.<br><strong>Elle</strong> – Mais tu es dingue ! Pourquoi m’avoir raconté une histoire pareille ?<br><strong>Lui</strong> – Pour voir jusqu’à quel point tu m’aimais… Maintenant, je suis fixé. Alors tu aurais refusé d’épouser le fils d’un boucher ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Non, probablement pas. Mais j’aurais fini par te tuer, ça sûrement.<br><strong>Lui</strong> – Ça aurait pu être une tragédie, alors ? Les Capulet bouchers et les Montaigu végans…<br><strong>Elle</strong> – Mais finalement, c’est encore une comédie de boulevard.<br><strong>Lui</strong> – On ne se refait pas…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas un drame.<br><strong>Lui</strong> – Bon, on y va ? On va finir par être en retard.<br><strong>Elle</strong> – Allons-y. Tu n’as pas oublié le gâteau à la carotte…<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, mon lapin, il est déjà dans la voiture.<br><strong>Elle</strong> – Au fait, c’était une demande en mariage ?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – C’est sans doute la plus surprenante qu’une femme ait jamais entendue.<br><strong>Lui</strong> – Je suis auteur de théâtre, après tout. Ça fait une semaine que je la travaille. Alors, quelle est ta réponse ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais quand même attendre d’avoir vu tes parents pour me prononcer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Une belle mort</title>
		<link>https://sketchotheque.net/une-belle-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:49:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Interactif]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Incinération]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1123</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une belle mort, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Une table à laquelle une femme est assise. Aucune consommation devant elle. Une autre arrive.<br></em><strong>Une</strong> (<em>se levant</em>) – Ah, tu es venue…<br><strong>Deux</strong> – J’avais le choix ?<br><em>Mal à l’aise, elles hésitent à s’embrasser, mais y renoncent. Elles s’asseyent.</em><br><strong>Une</strong> – Tu prends quelque chose ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai commandé un café en passant.<br><strong>Une</strong> – On a beau savoir qu’on n’est pas là pour toujours… Ça fiche un coup…<br><strong>Deux</strong> – À son âge… On savait qu’il était en période de préavis, non ?<br><strong>Une</strong> – Apparemment, c’est arrivé pendant son sommeil.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Une</strong> – Au moins, il n’a pas souffert… Il ne s’est même vu partir.<br><strong>Deux</strong> – Une belle mort, comme on dit… Ça ne remplace pas une belle vie, mais c’est toujours mieux que rien…<br><strong>Une</strong> – Il a toujours fait ce qu’il a voulu…<br><strong>Deux</strong> – Est-ce que ça suffit à faire une belle vie…?<br><strong>Une</strong> – C’était une autre époque.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><em>Silence embarrassé. La deuxième se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais voir ce qu’ils foutent avec mon café… On dirait qu’ils m’ont oubliée… Tu reprends quelque chose ?<br><strong>Une</strong> – Ils ne m’ont toujours pas apporté ce que j’avais commandé non plus…<br><em>La deuxième s’approche du comptoir dans le noir. La première se fait un raccord de maquillage. L’autre revient avec deux tasses de café et se rassied.</em><br><strong>Deux</strong> – Ils les avaient préparés, mais ils avaient oublié de nous les apporter…<br><strong>Une</strong> – J’espère qu’il est encore chaud…<br><strong>Deux</strong> (<em>prenant une gorgée</em>) – En tout cas, il est fort… Ça réveillerait un mort…<br><em>L’autre lui lance un regard étonné, se demandant s’il s’agit d’une plaisanterie ou pas.</em><br><strong>Une</strong> – On n’aura même pas pu lui dire au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Au revoir ?<br><strong>Une</strong> – Adieu, si tu préfères…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas ce que je préfère, mais bon…<br><strong>Une</strong> – Quand même… Si on avait su…<br><strong>Deux</strong> – Même si on avait su la date et l’heure… Entre nous, qu’est-ce que ça aurait changé<br><strong>Une</strong> – On aurait pu lui dire un dernier mot…<br><strong>Deux</strong> – Un dernier mot ? Comme quoi, par exemple ?<br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En ce qui me concerne, je ne suis pas sûr que le dernier mot que j’aurais pu lui dire lui aurait été d’un grand réconfort…<br><strong>Une</strong> – Ça ne sert plus à rien de ruminer le passé… Maintenant qu’il n’est plus là….<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison… Tournons-nous résolument vers l’avenir… Alors qu’est-ce qu’on fait du corps ?<br><strong>Une</strong> – Tu parles comme si c’était nous qui l’avions assassiné…<br><strong>Deux</strong> – Je me disais que l’incinération…<br><strong>Une</strong> – Tu crois que c’est ça qu’il aurait voulu ?<br><strong>Deux</strong> – Alors là… Je ne me souviens pas d’avoir eu ce genre de conversation avec lui… D’ailleurs, je ne me souviens pas d’avoir jamais eu une véritable conversation avec lui… Et toi ?<br><strong>Une</strong> – Non, moi non plus…<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas, c’est à nous de décider. Personnellement, je n’ai jamais été très fan du côté mausolée. Sauf pour les grands hommes, évidemment. On ne va pas le faire embaumer comme Staline… Et comme je n’ai pas l’intention d’aller lui porter des fleurs tous les ans à La Toussaint.<br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Je parle pour moi… Mais je ne voudrais surtout pas te priver du plaisir d’aller fleurir sa tombe une fois par an… Si tu crois qu’il vaut mieux investir dans la pierre… On fera comme tu voudras.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Une</strong> – Et qu’est-ce qu’on ferait des cendres ?<br><strong>Deux</strong> – On partage. Comme c’est tout ce qu’il nous a laissé.<br><strong>Une</strong> – On ne peut pas faire ça…<br><strong>Deux</strong> – Si tu préfères le répandre en entier sur ta pelouse entre le barbecue et la piscine, je suis prête à te laisser ma part, rassure-toi…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Une</strong> – Comment tu peux être aussi dure…?<br><em>L’émotion prend le dessus.</em><br><strong>Deux</strong> – Comment on a pu en arriver là ? C’est ça la question…<br><strong>Une</strong> – C’est comme ça… Ce n’est la faute de personne…<br><strong>Deux</strong> – C’est forcément la faute de quelqu’un !<br><strong>Une</strong> – Il est trop tard, de toute façon.<br><em>Silence.</em><br><strong>Une</strong> – Et toi, comment ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Une</strong> – C’est tout ?<br><strong>Deux</strong> – Ce serait trop long…<br><em>Son portable sonne, elle répond.</em><br><strong>Deux</strong> – Oui ? Ah, c’est toi… Non, non… Si, si, mais… Écoute, je suis en réunion là. Enfin… une réunion de famille, plutôt. Non, ce n’est pas vraiment une fête de famille non plus, je te raconterai. Je peux te rappeler ? OK, à tout à l’heure… Moi aussi…<br><em>Elle range son portable.</em><br><strong>Deux</strong> – Excuse-moi… Et toi, comment ça va ?<br><strong>Une</strong> – Ça fait tellement longtemps… Je ne sais pas par où commencer…<br><em>Le portable de l’autre sonne à nouveau.</em><br><strong>Deux</strong> – Pardon… (<em>Elle prend l’appel.</em>) Oui ? Ah, d’accord. Non, non, ce n’est pas grave. Non ? Mais je vous avais dit de… OK, je serai là-bas d’ici une heure.<br><em>Elle range son portable.</em><br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolée… Qu’est-ce qu’on disait ?<br><strong>Une</strong> – Rien d’important.<br><strong>Deux</strong> – Écoute, franchement, si tu peux t’en occuper pour… Moi, c’est au-dessus de mes forces… Fais comme tu le sens, pour moi, il n’y a pas de problème… Et bien sûr, on partage les frais…<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Il faut vraiment que j’y aille, là… Je n’avais pas prévu de… Mais on peut déjeuner ensemble un de ces jours…<br><strong>Une</strong> – Pourquoi pas.<br><em>Elle commence à sortir un billet de son sac pour payer.</em><br><strong>Deux</strong> – Laisse, je paierai en partant. Tu as mon numéro, tu me tiens au courant ?<br><strong>Une</strong> – D’accord…<br><em>Cette fois elles s’embrassent, maladroitement. La deuxième s’en va. La première se rassied, et termine son café.</em><br><strong>Une</strong> – Et voilà, maintenant il est froid…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>Le coccyx</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-coccyx/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:25:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Cheveux]]></category>
		<category><![CDATA[Enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1116</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le coccyx, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Au comptoir, deux femmes regardent au loin droit devant elles. La deuxième a sur la tête un bonnet dont ne dépasse aucune chevelure.</em><br><strong>Une</strong> – Tu as vu, cet arbre, comme il est beau ?<br><strong>Deux</strong> (<em>avec l’air de s’en foutre</em>) – Ouais.<br><strong>Une</strong> – Il fait tellement partie du paysage… On finit par ne plus le voir.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<br><strong>Une</strong> – C’est un chêne. On n’était pas encore nées, il était déjà là.<br><strong>Deux</strong> – Comment tu le sais ? Puisqu’on n’était pas nées…<br><strong>Une</strong> – On avait accroché une balançoire à une de ses branches, quand on était petites. Il était déjà aussi grand. Tu ne te souviens pas ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Une</strong> – Moi, oui. Je m’étais cassé le bras en tombant de cette putain de balançoire.<br><strong>Deux</strong> – Tu t’es cassé tellement de trucs. Comment veux-tu que je me souvienne…? Une fois, tu t’es même cassé le cul.<br><strong>Une</strong> – Le coccyx.<br><strong>Deux</strong> – En tombant d’une chaise. C’est dingue. Je me demande quel os tu ne t’es pas fracturé. (<em>Un temps</em>) Le coccyx… Je ne savais même pas que ça existait, à l’époque. Et même maintenant, je ne suis pas sûre de savoir comment ça s’écrit.<br><strong>Une</strong> – Tout ce que je peux te dire, c’est que ça rapporte un paquet de points au Scrabble…<br><strong>Deux</strong> – C’est simple, quand je t’imagine petite, je te revois avec un plâtre… Même sur les photos de classe, tu as toujours un bras en écharpe, une paire de béquilles ou un gros pansement. C’est à se demander comment tu as fait pour arriver entière jusqu’ici.<br><strong>Une</strong> – Toi, tu ne t’es jamais rien cassé. Comme cet arbre, là…<br><strong>Deux</strong> – Pourtant j’ai fait les mêmes bêtises que toi… Moi aussi j’ai vécu dangereusement. Ça m’est même arrivé d’ouvrir des huîtres à Noël. Et je ne me suis jamais transpercé la main avec le couteau…<br><strong>Une</strong> – Tu as toujours eu plus de chance que moi. Je t’en ai souvent voulu, pour ça…<br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment que c’est moi qui ai eu de la chance…?<br><strong>Une</strong> – C’est ça, traite moi d’empotée.<br><strong>Deux</strong> – Où est-ce que tu veux en venir, avec ton arbre ?<br><strong>Une</strong> – Il a résisté à toutes les tempêtes. Pas une branche de cassée. Comme toi. Dans une centaine d’années, il sera encore là.<br><strong>Deux</strong> – Même si il est encore debout, il est peut-être déjà rongé de l’intérieur. Regarde, il n’a plus une feuille sur le caillou. Comme moi, justement.<br><strong>Une</strong> – C’est normal. On est en automne…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est vrai. Je n’ai pas vu passer l’été… De ma fenêtre, à l’hôpital, j’avais la vue sur le parking d’Auchan.<br><strong>Une</strong> – Ça va repousser au printemps, tu verras.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et mes cheveux, tu crois qu’ils vont repousser, au printemps ?<br><strong>Une</strong> (<em>lui tendant la main</em>) – Tiens. J’en mets ma main à couper…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Mention passable</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mention-passable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:45:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1107</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mention passable, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Au bar la patronne et une cliente.</em><br><strong>Patronne</strong> – Et vous l’avez eu ?<br><strong>Cliente</strong> – Mention passable.<br><strong>Patronne</strong> – Vos parents devaient être contents.<br><strong>Cliente</strong> – En tout cas, ils ne m’ont rien dit.<br><strong>Patronne</strong> – Il y a des gens pas bavards.<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais aimé au moins une fois dans ma vie que mes parents me disent qu’ils étaient fiers de moi. Même si ce n’était pas vrai. Pas vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Ce que j’aurais aimé, c’est pouvoir dire à mes parents que j’étais fière d’eux…<br><strong>Cliente</strong> – Vous avez des enfants ?<br><strong>Patronne</strong> – Non. Et je ne suis pas sûre qu’ils auraient été fiers de moi…<br><strong>Cliente</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Patronne</strong> – Donc, vous ne vous êtes pas jetée dans la Seine…<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais dû. Parce que c’est après que les ennuis ont commencé.<br><strong>Patronne</strong> – Vous n’avez pas trouvé de boulot ?<br><strong>Cliente</strong> – Si. Un petit boulot, comme on dit.<br><strong>Patronne</strong> – C’est toujours mieux que de faire le trottoir.<br><strong>Cliente</strong> – Encore que… Le bac c’est la fin de l’innocence, mais le premier job, c’est comme un dépucelage. On se rend compte que là, on est vraiment baisé. On sait qu’il n’y a que la première fois où ça fait un peu mal, et qu’on va s’habituer. Mais on se doute qu’il va falloir pas mal d’imagination pour y prendre un peu de plaisir… Ça s’est passé comment, pour vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Mon dépucelage ?<br><strong>Cliente</strong> – Votre premier job ! Qu’est-ce que vous faisiez avant de vous mettre à votre compte ?<br><strong>Patronne</strong> – Je faisais le tapin rue Saint-Denis.<br><strong>Cliente</strong> – Ah… Alors vous savez de quoi je parle…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Coup de vieux</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coup-de-vieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 07:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1080</guid>

					<description><![CDATA[<p>Coup de vieux, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est à jardin, prenant congé de sa fille, qu’on ne voit pas. Il est un peu en retrait, observant la scène d’adieu avec un sourire sur les lèvres.<br></em><strong>Elle</strong> – Allez, amusez-vous bien. Mais ne faites pas de bêtises. Et vous ne me la ramenez pas trop tard, hein, je vous fais confiance ?<br><em>La fille s’en va, et le couple revient au centre de la scène, en échangeant un sourire plein de sous-entendus, à la fois amusé et ému.</em><br><strong>Elle</strong> – Sa première sortie avec un garçon…<br><strong>Lui</strong> – Ça nous rajeunit pas.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Ça me file un coup au moral.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Comment il s’appelle, déjà ?<br><strong>Elle</strong> – Jean-Marie.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’il s’appelle Jean-Marie!<br><strong>Lui</strong> – Je m’appelle bien Jean-Sébastien.<br><strong>Elle</strong> – Justement ! C’est un nom de vieux…<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être un vieux pervers déguisé en ado boutonneux. Comme on voit à la télé dans les pubs sur les dangers d’Internet. À l’heure qu’il est, il doit être en train d’enlever son masque.<br><strong>Elle</strong> (<em>retournée</em>) – Plaisante pas avec ça…<br><strong>Lui</strong> – Ou alors ses parents sont au Front national. C’est pour ça qu’ils l’ont appelé Jean-Marie.<br><strong>Elle</strong> – Tes parents t’ont appelé Jean-Sébastien, et ils ne jouaient pas du piano.<br><em>Il fait un geste pour la réconforter.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez, il va bien falloir que tu t’y fasses. Ce n’est que le début. Dans un an ou deux, on va se retrouver seuls à la maison, comme un couple de vieux cons.<br><strong>Elle</strong> – Merci. C’est tout à fait ce que j’avais envie d’entendre pour me remonter le moral…<br><strong>Lui</strong> (<em>espiègle</em>) – Je t’ai préparé une surprise pour t’aider à passer ce cap difficile.<br><strong>Elle</strong> – Tu m’invites au restaurant?<br><strong>Lui</strong> – Mieux que ça.<br><em>Il sort un joint de sa poche et le lui montre.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>tentée mais partagée</em>) – Non… Tu crois ? Ça fait au moins quinze ans que j’ai pas fumé, même une cigarette. La dernière fois que j’ai essayé de tirer sur une Marlboro light, j’ai cru que j’allais mourir d’une overdose…<br><strong>Lui</strong> – Ça nous rappellera notre jeunesse. Et puis souviens-toi que notre premier joint, on l’a fumé ensemble. Est-ce qu’on serait mariés aujourd’hui si on n’avait pas été complètement défoncés quand on s’est rencontrés ?<br><strong>Elle</strong> – Sûrement pas…<br><em>Il allume le joint, tire dessus avec avidité, et le lui passe.</em><br><strong>Lui</strong> – Wouah… Ça fait du bien…<br><em>Elle tire sur le joint à son tour, et semble également aux anges. Mais son sourire béat se fige soudain.</em><br><strong>Elle</strong> – Et s’il lui proposait de la drogue…?<br><strong>Lui</strong> – S’il s’appelait Djamel encore… Mais pas Jean-Marie…<br><strong>Elle</strong> – Tu t’appelais Jean-Sébastien, et c’est toi qui m’as fait fumer mon premier joint.<br><strong>Lui</strong> – Ça se terminera peut-être par un mariage… Allez, détends-toi un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… On n’y peut rien, de toute façon… Il va bien falloir vivre avec…<br><strong>Lui</strong> – Tu veux dire sans…<br><em>Le téléphone sonne. Elle tire une autre bouffée du joint, le passe à son mari, et répond avec nonchalance. Pendant qu’il tire à nouveau sur le joint.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>barrée</em>) – Ouais… (<em>Se reprenant soudain</em>) Oui, ma chérie, qu’est-ce qui se passe ? Oh, tu m’as fait peur. J’ai cru que vous aviez eu un accident… Mais si, je me rends compte. Mais bon, c’est quand même moins grave qu’un accident de voiture. Tu ne veux pas aller voir le film quand même ? Ça te changera les idées… Je ne sais pas, moi, tu ne veux pas proposer à une copine de t’accompagner…? Mais si, bien sûr, viens. On va en parler. OK, on t’attend…<br><em>Elle raccroche.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qui se passe?<br><strong>Elle</strong> – Elle s’est fait larguer par Jean-Marie…<br><strong>Lui</strong> – Je ne le sentais pas, ce mec… C’est toi qui avais raison. Jean-Marie, c’est vraiment un prénom à la con…<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, elle est bouleversée… Son premier chagrin d’amour…<br><strong>Lui</strong> – Bon, c’est pas si grave… Ce sera pas le dernier… (<em>Lui tendant le joint</em>) Tiens, tire plutôt là-dessus. C’est de la bonne, moi je te le dis…<br><strong>Elle</strong> (<em>ignorant le joint</em>) – Elle arrive… Je suis sa mère… Il faut bien que je la console… Oh, putain, j’ai la tête qui tourne… J’ai envie de vomir… Pourquoi tu m’as fait fumer cette merde… ?<br><em>Il semble complètement barré et sourit comme un idiot.</em><br><strong>Lui</strong> – Moi ça me fait un bien fou. Tu peux pas savoir…<br><strong>Elle</strong> – Oh, là là… Et puis ça sent l’herbe dans toute la maison…<br><em>Elle essaie de dissiper la fumée avec un magazine. On sonne.</em><br><strong>Elle</strong> – Oh non… C’est déjà elle !<br><strong>Lui</strong> – Putain… Il ne pouvait pas attendre après le ciné pour la larguer, le Jean-Marie ? Moi qui pensais passer enfin une soirée tranquille, pour une fois…<br><strong>Elle</strong> – Ouais, ben tu vois, c’est pas encore pour tout de suite…<br><em>On sonne à nouveau.</em><br><strong>Elle</strong> – Ouvre les fenêtres pour aérer un peu. Je vais essayer de la retenir un moment sur le palier… (<em>On sonne encore.</em>) Oui, oui, j’arrive tout de suite, ma chérie… (<em>Elle se retourne une dernière fois vers lui, qui a encore son joint au coin de la bouche</em>.) Et éteins-moi cette saloperie, bon sang !<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Quarantaine</title>
		<link>https://sketchotheque.net/quarantaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 12:16:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quarantaine, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise sur le canapé. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – C’est dingue, je viens encore d’avoir un coup de fil d’un ami d’enfance qui m’invite pour ses 40 ans. C’est incroyable, non ?<br><strong>Elle</strong> – Si vous aviez 20 ans à la même époque, ce n’est pas très étonnant que 20 ans après, vous en ayez 40 à peu près en même temps.<br><strong>Lui</strong> – Non, ce qui est dingue, c’est que je n’avais plus aucune nouvelle de tous ces gens depuis des années… Et là, le téléphone n’arrête pas de sonner !<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Tu vas y aller ?<br><strong>Lui</strong> – Ça me fait un peu peur. Ils ont dû changer, depuis tout ce temps.<br><strong>Elle</strong> – Physiquement, tu veux dire ?<br><strong>Lui</strong> – Physiquement, moralement… J’espère qu’ils ne sont pas trop décrépis.<br><strong>Elle</strong> (<em>minaudant</em>) – Et moi ? Tu es sûr que je suis pas trop décrépie ?<br><strong>Lui</strong> – Toi, j’ai eu le temps de m’habituer petit à petit. Mais eux, comme ça, tout d’un coup… C’est carrément Le Retour des morts-vivants… C’est bizarre, ce besoin subit de se rassembler à l’approche de la quarantaine.<br><strong>Elle</strong> – Ça s’appelle un anniversaire, non ?<br><strong>Lui</strong> – On dit que les animaux se rapprochent des hommes en sentant venir la fin. Ça doit être quelque chose comme ça. Une sorte d’instinct grégaire. (<em>Un temps</em>) Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir à celui-là, encore ?<br><strong>Elle</strong> – Une convention obsèques… ?<br><strong>Lui</strong> – C’est cher, non ?<br><strong>Elle</strong> – Je plaisante… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi.<br><strong>Elle</strong> – Non, je veux dire: et toi, tu comptes faire quelque chose pour tes 40 ans ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Tu as une idée pour empêcher ça ? En tout cas, je t’en prie, tu ne me prépares pas de fête surprise, hein… ? Si je ne vois plus tous ces gens depuis 20 ans, il y a sûrement une bonne raison.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Tu as quel âge, toi, exactement ?<br><em>Elle le regarde, offusquée, mais ne répond pas.</em><br><strong>Elle</strong> – Il faudrait peut-être qu’on invite les voisins à dîner, un de ces soirs.<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Elle</strong> – Pour rien !<br><strong>Lui</strong> – Eux, ils ne nous ont jamais invités.<br><strong>Elle</strong> – Avec des raisonnements comme ça…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas parce qu’on est voisins qu’on est obligés d’être amis.<br><strong>Elle</strong> – Tous nos amis habitent à cinq cents kilomètres! C’est sympa d’avoir des amis à côté de chez soi…<br><strong>Lui</strong> – Oui, c’est pratique… Ça limite les frais de déplacement. Donc la pollution. On pourrait presque dire que c’est écologique, de sympathiser avec ses voisins.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’il fait, lui, au juste ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas exactement. Je le vois partir tous les matins avec une mallette. Je ne sais pas où il va. La prochaine fois, je lui demanderai, si tu veux…<br><strong>Lui</strong> – Et elle ?<br><strong>Elle</strong> – Ils sont très discrets…<br><strong>Lui</strong> – Ça risque d’être joyeux, ce dîner. Si on ne veut pas paraître intrusifs…<br><strong>Elle</strong> – Tu pourras toujours parler de toi.<br><strong>Lui</strong> – Ils ont des enfants, non ?<br><strong>Elle</strong> – Tous les jours, il y en a trois qui sortent de chez eux pour aller à l’école. Je suppose que ce sont les leurs.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Un petit, un moyen et un grand… (<em>Inquiet</em>) Il faudra les inviter aussi ?<br><strong>Elle</strong> – Non ! On leur précisera que c’est une soirée entre adultes. Ça les mettra à l’aise.<br><strong>Lui</strong> (<em>pris d’un doute</em>) – Tu me parlais bien des voisins d’en face ?<br><strong>Elle</strong> – Des voisins d’à côté! Les voisins d’en face, ils ont déménagé il y a six mois, après leur divorce. Tu n’as pas vu le panneau À vendre ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – D’ailleurs, ils n’avaient pas d’enfants.<br><strong>Lui</strong> – Ah ouais… ?<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Ce ne serait pas la semaine ménage, par hasard ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas impossible. (<em>Soupirant</em>) Le ménage, c’est le ciment du couple… La preuve, un couple, on appelle ça un ménage. Quand on est trois, un ménage à trois.<br><strong>Elle</strong> – Trois, ça peut aussi être un couple avec un enfant…<br><strong>Lui</strong> – Chacun ses fantasmes.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Tu crois vraiment qu’on a les moyens d’avoir un enfant en ce moment ?<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas une question d’argent, tu le sais bien… Et puis on n’est pas si pauvres que ça…<br><strong>Lui</strong> – On le sera avec une ribambelle de gosses…! Regarde ce qui se passe en Afrique, avec la natalité galopante… J’ai lu un bouquin, il y a des années : L’Afrique noire est mal partie. Eh ben ça ne s’est pas arrangé depuis… Aujourd’hui, plus personne ne pense sérieusement que l’Afrique pourrait aller quelque part… Sauf avec la dérive des continents… Plus les gens ont d’enfants, plus ils sont pauvres…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que ce n’est pas l’inverse ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, si les pauvres ne faisaient pas d’enfants, au bout d’une génération, tout le monde serait riche… Prends les Chinois. Ils n’ont plus droit qu’à un enfant. Eh bien ça va déjà mieux…<br><strong>Elle</strong> – Alors commençons par en faire un…<br><strong>Lui</strong> – Quand est-ce qu’on s’en occuperait, de cet enfant ? On n’a déjà pas le temps de passer un coup de balai !<br><strong>Elle</strong> – On prendrait une femme de ménage.<br><strong>Lui</strong> – Où est-ce qu’on le mettrait, ce bébé ?<br><strong>Elle</strong> – Tu pourrais installer ton bureau en bas.<br><strong>Lui</strong> – Ça commence bien… Et toi ? Tu comptes arrêter de travailler ?<br><strong>Elle</strong> – On prendra une nourrice.<br><strong>Lui</strong> – En plus de la femme de ménage ? Ce n’est plus un ménage à trois, là, c’est une PME! Je ne suis pas sûr d’avoir l’esprit d’entreprise…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – On ne pourra plus sortir le soir.<br><strong>Elle</strong> – On prendra une baby-sitter.<br><strong>Lui</strong> – Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point la natalité avait un effet direct sur l’emploi.<br><strong>Elle</strong> – Et sur la consommation…<br><strong>Lui</strong> – Couches, petits pots, jouets, soins médicaux…<br><strong>Elle</strong> – Nouvelle voiture…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, tu as raison, je crois que cet enfant est capable de sortir le pays de la crise…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Bien doré</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bien-dore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:02:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Galette des rois]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bien doré, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Charles, assis dans un fauteuil, lit L’Humanité, une pipe éteinte à la bouche. Il porte un pull marin et une casquette. Rosalie, ébouriffée et les vêtements en désordre, arrive depuis l’extérieur, un sac à la main.<br></em><strong>Rosalie</strong> – C’était moins une… J’ai eu la dernière.<br><strong>Charles</strong> – La dernière ?<br><strong>Rosalie</strong> – La galette des rois, à la boulangerie ! Il n’en restait plus qu’une…<br><strong>Charles</strong> – Ah oui… La galette… Mais dis-donc, elle a l’air énorme.<br><strong>Rosalie</strong> – Je n’avais pas le choix. C’est une galette pour douze.<br><strong>Charles</strong> – Pour douze ? On n’est que trois… Et encore, si Fred ne nous fait pas faux bond, comme l’année dernière…<br><strong>Rosalie</strong> – C’était la dernière, je te dis ! J’ai dû me battre pour l’avoir !<br><strong>Charles</strong> – Oui, bon, ne t’énerve pas…<br><strong>Rosalie</strong> – Je ne m’énerve pas, je t’explique.<br><strong>Charles</strong> – On pourra toujours en congeler la moitié pour l’année prochaine…<br><strong>Rosalie</strong> – Quoi ?<br><strong>Charles</strong> – Si personne n’a la fève cette année… Comme pour le loto. S’il n’y a pas de gagnant, on remet la somme en jeu pour le prochain tirage.<br><strong>Rosalie</strong> – Non mais ça ne va pas, non ?<br><strong>Charles</strong> – Bon, alors on se tapera six parts de galette chacun.<br><strong>Rosalie</strong> – Il a téléphoné pour dire qu’il ne venait pas ?<br><strong>Charles</strong> – Non.<br><strong>Rosalie</strong> – Eh ben tu vois.<br><strong>Charles</strong> – Il faudrait que je finisse de corriger mes copies avant qu’il arrive, alors…<br><strong>Rosalie</strong> – Tu vas travailler ? On est samedi…<br><strong>Charles</strong> – Tu me forces déjà à célébrer l’Épiphanie, tu ne vas pas en plus m’obliger à respecter le shabbat ! Je suis un hussard de la République, moi ! Un croisé de la laïcité…<br><strong>Rosalie</strong> – N’importe quoi…<br><strong>Charles</strong> – Tu avoueras que pour une instit’ communiste, ce n’est pas très orthodoxe, cette histoire de galette.<br><strong>Rosalie</strong> – Ah oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Charles</strong> – L’Épiphanie, les Rois Mages… C’est une tradition catholique !<br><strong>Rosalie</strong> – Mais pas du tout ! C’est juste une tradition païenne que les catholiques ont essayé de récupérer. Comme beaucoup d’autres, d’ailleurs.<br><strong>Charles</strong> – Une tradition païenne…?<br><strong>Rosalie</strong> – Évidemment ! Avant d’être une célébration de la Nativité, c’était une célébration de la fécondité, tout simplement.<br><strong>Charles</strong> – Je vois… D’où l’expression « mettre le petit Jésus dans la crèche », j’imagine…<br><strong>Rosalie</strong> – Là tu confonds Noël et l’Épiphanie.<br><strong>Charles</strong> – On fourre aussi les galettes.<br><strong>Rosalie</strong> – Celle-là est à la pâte d’amande…<br><strong>Charles</strong> – Il n’empêche que si on appelle ça le Jour des Rois… On ne m’enlèvera pas de l’idée que ce n’est pas très républicain.<br><strong>Rosalie</strong> – Bon… En attendant, il va ranger son journal, le Capitaine Haddock.<br><strong>Charles</strong> – J’essayais plutôt de ressembler à Staline, mais bon…<br><strong>Rosalie</strong> – Ça fait cinq ans que tu as arrêté de fumer, tu pourrais peut-être arrêter la pipe, maintenant. Même éteinte…<br><strong>Charles</strong> – C’est mon vapoteur à moi. Au moins, je n’émets aucun gaz à effet de serre.<br><strong>Rosalie</strong> – Ça c’est toi qui le dis.<br><em>Il plie son journal et se lève.</em><br><strong>Charles</strong> – Je te dis qu’il ne va pas venir.<br><strong>Rosalie</strong> – Pourquoi il ne viendrait pas ?<br><strong>Charles</strong> – Tirer les rois avec ses vieux parents, un samedi. Tu ne crois pas qu’il a mieux à tirer, à son âge ?<br><strong>Rosalie</strong> – Tu exagères. C’est notre petit garçon, tout de même.<br><strong>Charles</strong> – Notre petit garçon… Il a grandi, tu sais…<br><strong>Rosalie</strong> – Pour moi, ce sera toujours un bébé…<br><strong>Charles</strong> – Je crois quand même qu’il serait temps de retirer les peluches qu’il y a sur son lit.<br><strong>Rosalie</strong> – Tu crois ? (<em>Un temps</em>) Parfois, je me demande si on aurait dû l’avoir aussi tard…<br><strong>Charles</strong> – Tu trouves qu’il n’a pas l’air normal ?<br><strong>Rosalie</strong> – Il est comédien… Et toujours pas marié… Je ne sais pas… Tu crois qu’il pourrait être un peu…<br><strong>Charles</strong> – Un peu quoi ?<br><em>On sonne à la porte.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Ah… Tu vois bien qu’il est venu !<br><em>Fred arrive. Il porte un costume ridicule et un masque (genre super-héros de série Z). Il embrasse sa mère.</em><br><strong>Rosalie</strong> – On commençait à s’inquiéter.<br><em>Il embrasse son père.</em><br><strong>Fred</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Charles</strong> – Ta mère a acheté une galette pour douze.<br><strong>Rosalie</strong> – Je vais la mettre au four, ce sera meilleur.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne sera pas trop long ? Je n’ai pas beaucoup de temps…<br><strong>Rosalie</strong> – Tu es toujours pressé… Mais non, ça ne prendra qu’une minute.<br><strong>Fred</strong> – Avec un micro-onde, peut-être, mais avec ton vieux four à gaz…<br><em>Rosalie sort avec la galette.</em><br><strong>Charles</strong> – Alors comme ça, tu travailles dans le coin ?<br><strong>Fred</strong> – J’ai un tournage à trois blocs d’ici. Je suis venu entre deux prises.<br><strong>Charles</strong> – Et qu’est-ce que c’est ? Un film d’auteur ?<br><strong>Fred</strong> – Un épisode de <em>Plus Bête la Vie</em>.<br><strong>Charles</strong> – <em>Plus Bête la Vie </em>? Tiens, je ne connaissais pas.<br><strong>Fred</strong> – Une série. C’est le pilote.<br><strong>Charles</strong> – Et tu joues un rôle important ?<br><strong>Fred</strong> – Je fais la doublure du comédien principal. Pour les cascades…<br>Charles – Ce n’est pas un film de boules, au moins ?<br><strong>Fred</strong> – Papa… Je suis cascadeur !<br><strong>Charles</strong> – Il y a aussi des cascades au lit…<br><em>Rosalie revient.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Ce sera prêt dans cinq minutes. De quoi vous parlez ?<br><strong>Charles</strong> – De cinéma…<br><em>Le portable de Fred sonne et il répond.</em><br><strong>Fred</strong> – Oui ? Bon… Non, non… OK, j’arrive tout de suite… (<em>Il range son portable</em>.) Désolé, je dois partir…<br><strong>Rosalie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Fred</strong> – Le comédien dont je fais la doublure… Il est agoraphobe… Du coup ils ont besoin de moi pour la scène dans le métro…<br><strong>Rosalie</strong> – Mais… la galette est chaude !<br><strong>Fred</strong> – Désolé… Ce sera pour l’année prochaine… The show must go on…<br><em>Il sort précipitamment.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Comédien…<br><strong>Charles</strong> – Il n’est pas comédien, il est cascadeur.<br><strong>Rosalie</strong> – Cascadeur… C’est encore pire que comédien, non ?<br><strong>Charles</strong> – Belmondo, il faisait ses cascades lui-même.<br><strong>Rosalie</strong> – Et quand il prenait le métro, c’était debout sur le toit.<br><strong>Charles</strong> – Bon… On n’a plus qu’à se taper la galette.<br><strong>Rosalie</strong> – Une galette pour douze…<br><strong>Charles</strong> – Et nous, on n’a pas de doublures.<br><strong>Rosalie</strong> – On va commencer avec une part chacun. Et le premier qui a la fève, on arrête, d’accord ?<br><strong>Charles</strong> – Si on n’est pas mort avant d’une indigestion.<br><strong>Rosalie</strong> – Avec un peu de chance, on va tomber sur la fève tout de suite… Laissons faire le hasard.<br><strong>Charles</strong> – J’ai l’impression qu’on va jouer à la roulette russe…<br><strong>Rosalie</strong> – Je vais chercher les munitions.<br><em>Elle sort.</em><br><strong>Charles</strong> – Elle a raison à propos de Fred… Je me demande s’il ne serait pas un peu… con.<br><em>Elle arrive avec la galette.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Un peu quoi ?<br><strong>Charles</strong> – Non, je disais… Oui, elle a l’air bien fourrée.<br><strong>Rosalie</strong> – On ouvre une bouteille de cidre, pour faire passer tout ça ?<br><strong>Charles</strong> – Allez, soyons fous !<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir c’est noir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-cest-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 16:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=949</guid>

					<description><![CDATA[<p>Noir c’est noir, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/noir-cest-noir/">Noir c’est noir</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le premier essaie un vêtement noir.<br></em><strong>Un</strong> – Je ne sais plus comment je dois m’habiller…<br><strong>Deux</strong> – C’est si important que ça ?<br><strong>Un</strong> – C’est curieux. J’ai souvent imaginé ce moment. Quel âge j’aurais à cette époque-là. Quels sentiments ça provoquerait en moi. Quelles phrases définitives je prononcerais pour célébrer ça.<br><strong>Deux</strong> – Je te soupçonne d’en avoir préparé quelques-unes pour ne pas être pris au dépourvu.<br><strong>Un</strong> – Et voilà. Maintenant qu’on y est, c’est le matériel qui prend le dessus sur les questions existentielles… Qu’est-ce que je vais mettre ?<br><strong>Deux</strong> – Est-ce qu’il va pleuvoir ?<br><strong>Un</strong> – Est-ce qu’ils seront tous venus ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ?<br><strong>Un</strong> – Je pensais que d’en être débarrassé, je serais immédiatement quelqu’un d’autre. Comme par magie. Et puis non. La vie continue…<br><strong>Deux</strong> – Les morts, c’est comme les étoiles. Ils continuent aussi à briller par leur absence.<br><strong>Un</strong> – Alors toi aussi tu as préparé quelques phrases inoubliables.<br><strong>Deux</strong> – Si tu crois qu’Armstrong a improvisé en posant le pied sur la Lune. Lui aussi, il avait préparé son texte.<br><strong>Un</strong> – Ça s’entendait un peu, d’ailleurs.<br><strong>Deux</strong> – Il était meilleur astronaute que comédien… (<em>Se pinçant le nez pour imiter la voix retransmise à l’époque</em>) One small step for man…<br><strong>Un</strong> – Je pensais que sa mort, ça nous permettrait de nous libérer d’une certaine forme de pesanteur.<br><strong>Deux</strong> – On n’en est pas encore à flotter dans l’espace, mais je me sens quand même un peu plus léger.<br><strong>Un</strong> – On devrait faire la fête, la veille des enterrements. On enterre bien sa vie de garçon. Pourquoi est-ce qu’on n’enterrerait pas sa vie d’enfant ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’on cesse d’être un enfant le jour où on perd ses parents ?<br><strong>Un</strong> – Il n’y a que les enfants pour croire qu’un jour ils cesseront d’être un enfant. Tu vas y aller comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas ? Je suis comme d’habitude.<br><strong>Un</strong> – Justement, l’idée c’est de ne pas s’habiller comme d’habitude. Les vêtements de deuil, c’est comme les habits du dimanche ou les costumes de scène. Il faut être un peu mal à l’aise dedans. Ça aide à tenir son rôle…<br><strong>Deux</strong> – Je porte des chaussures un peu trop petites pour moi… Après avoir marché de l’église jusqu’au cimetière, elles me feront horriblement mal aux pieds. Méfie-toi, je pourrais même avoir l’air encore plus triste que toi.<br><strong>Un</strong> – Et si on n’y allait pas, tout simplement ?<br><strong>Deux</strong> – Sérieux ?<br><strong>Un</strong> – On va voir un bon film à la place… Une comédie, de préférence…<br><strong>Deux</strong> – Le dernier cinéma qu’il y avait dans le coin, il a fermé il y a plus de dix ans. Tu te souviens ? Le Tahiti…<br><strong>Un</strong> – On va se taper une bonne bière au Café de la Gare. Ne me dis pas qu’il a fermé lui aussi ?<br><strong>Deux</strong> – On ne le fera pas.<br><strong>Un</strong> – Non. Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Malgré tout, on aurait trop peur de rater quelque chose de fondamental.<br><strong>Un</strong> – Ou de commettre un sacrilège impardonnable, que le Bon Dieu, s’il existe, nous ferait payer cher tôt ou tard.<br><strong>Deux</strong> – Le cimetière buissonnier… C’est comme de passer sous une échelle. On ne croit pas vraiment que ça porte malheur, mais en même temps, qu’est-ce que ça coûte de faire un petit détour ?<br><strong>Un</strong> – Ils seront tous là, tu verras.<br><strong>Deux</strong> – Tous ?<br><strong>Un</strong> – Tous ceux qu’on ne voit qu’aux funérailles.<br><strong>Deux</strong> – On se demande ce qu’ils font entre deux décès.<br><strong>Un</strong> – À chaque enterrement, ils ont pris dix ans de plus.<br><strong>Deux</strong> – On se dit que la prochaine fois, c’est peut-être nous qu’ils enterreront.<br><strong>Un</strong> (<em>sortant un autre vêtement</em>) – Et si je mettais ça ?<br><strong>Deux</strong> – C’est noir aussi…<br><strong>Un</strong> – Il me semblait que c’était un peu moins noir…<br><strong>Deux</strong> – Noir, c’est noir. Bon… On y va ?<br><strong>Un</strong> – Allons-y..<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Pas de quoi rire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pas-de-quoi-rire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 08:51:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pompes funèbres]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=894</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pas de quoi rire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages arrivent. Le deuxième est hilare et le restera pendant toute la scène.<br></em><strong>Max</strong> – Ça a l’air d’aller, dis donc. Qu’est-ce qui te met tellement en joie ?<br><strong>Pat</strong> – Je ne t’ai pas dit ?<br><strong>Max</strong> – Non. Tu pars en vacances ?<br><strong>Pat</strong> – Je quitte la boîte. Définitivement.<br><strong>Max</strong> – Tu t’es fait virer ?<br><strong>Pat</strong> – Mieux que ça !<br><strong>Max</strong> – Tu as gagné au loto ?<br><strong>Pat</strong> – Je suis atteint d’une affection génétique très rare. Les médecins ont pataugé pendant des mois, mais je viens enfin d’être diagnostiqué. Il y avait une chance sur vingt millions que ça tombe sur moi, tu te rends compte ? Je pars ce soir en longue maladie.<br><strong>Max</strong> – Ah oui, c’est… Je comprends ton hilarité. C’est beaucoup mieux que de gagner au loto, en effet.<br><strong>Pat</strong> – Non, mais ce n’est pas une maladie mortelle, hein ? C’est juste une maladie qui… qui me rend excessivement euphorique toute la journée.<br><strong>Max</strong> – Ah oui…<br><strong>Pat</strong> – Je n’arrête pas de me marrer du matin au soir.<br><strong>Max</strong> – Évidemment dans notre métier, ça peut être gênant.<br><strong>Pat</strong> – Tu me vois dire à un client : alors voilà, vous avez aussi ce modèle en chêne massif. C’est un peu plus cher bien sûr, mais c’est ce qu’on fait de mieux actuellement en matière de cercueil… Et éclater de rire juste après avoir dit ça !<br><strong>Max</strong> – C’est sûr que dans les pompes funèbres, on peut considérer le fou rire permanent comme une maladie professionnelle… Et tu ne peux vraiment pas te retenir.<br><strong>Pat</strong> – C’est génétique, je te dis. C’est une maladie orpheline très rare. Il n’y a aucun traitement.<br><strong>Max</strong> – Et ta famille, elle prend ça comment ?<br><strong>Pat</strong> – Très mal. Ça fait vingt ans qu’on se fait la gueule, et tout d’un coup je me marre du matin au soir. Mes amis, c’est pareil. Ils sont tous persuadés que je me fous d’eux.<br><strong>Max</strong> – Et là tout de suite, tu es sûr que tu n’es pas en train de te foutre de ma gueule, par hasard ?<br><strong>Pat</strong> – Mais non, je t’assure.<br><em>L’autre range sa cigarette électronique.</em><br><strong>Max</strong> – Bon, assez rigolé. Moi il faut que je retourne bosser. Et crois-moi, ça ne me fait pas rire. Alors amuse-toi bien, hein ?<br><em>Il se marre. L’autre se barre en faisant la gueule.</em><br>Pat – Non mais attends !<br><em>Il le suit.<br><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Les particules</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-particules/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 07:19:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chat]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Physique quantique]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=880</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les particules, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ce qui ressemble à une terrasse. Deux personnages, hommes ou femmes, arrivent. Ils se mettent à fumer. Et rêvassent en observant les volutes qui sortent de leurs cigarettes éventuellement électroniques.</em><br><strong>Yaël</strong> – Tu savais que les particules peuvent se trouver à deux endroits différents en même temps?<br><strong>Alex</strong> – Les particules ?<br><strong>Yaël</strong> – Les particules élémentaires ! Les photons, si tu préfères. D’après les lois de la physique quantique, en tout cas<br><strong>Alex</strong> – Tu es sûr que c’est de la nicotine, que tu es en train de fumer ?<br><strong>Yaël</strong> – Non, je t’assure. J’ai entendu un truc là-dessus, hier, à la radio.<br><strong>Alex</strong> – Ouais. Ben moi, ça m’arrangerait d’être une particule, tu vois. Je pourrais être à la réunion qu’on m’a collée aujourd’hui à cinq heures, et en même temps à la sortie de l’école pour récupérer ma fille.<br><strong>Yaël</strong> – C’est vrai que ce serait pratique, le don d’ubiquité. Tu imagines ? Le samedi matin, on pourrait faire la queue à la caisse à Auchan avec sa moitié. Et en même temps traîner au lit avec son illégitime dans un petit hôtel de charme à la campagne.<br><strong>Alex</strong> – Et en rentrant, le frigo serait plein. On serait insoupçonnable.<br><strong>Yaël</strong> – Même plus besoin d’alibi.<br><strong>Alex</strong> – Est-ce qu’on pourrait même encore parler d’infidélité ?<br><strong>Yaël</strong> – L’adultère, ça suppose la concomitance. On n’est pas infidèle avec les partenaires qu’on a connus avant ou après son mariage. Or la physique quantique décrit un état de la matière où c’est la notion même de temps qui est suspendue.<br><strong>Alex</strong> – Donc les particules ne sont jamais cocues. C’est vrai que ça fait rêver.<br><strong>Yaël</strong> – Plus de temps, donc plus de causalité et par conséquent plus de culpabilité.<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est pas très catholique, tout ça.<br><strong>Yaël</strong> – Il faut croire que Dieu ne régit pas l’infiniment petit. La physique quantique, c’est une théorie de la partouze généralisée.<br><strong>Alex</strong> – Malheureusement, mes particules à moi, elles ne relèvent pas des lois de la physique quantique.<br><strong>Yaël</strong> – Tu as raison… Nous on relève plutôt de la loi de l’emmerdement maximum.<br><em>Alex range sa cigarette électronique.</em><br><strong>Alex</strong> – D’ailleurs, il faut que j’y retourne, parce que je ne suis pas sûr que mon patron soit très versé dans la physique quantique. Tu vas rire, mais il est encore persuadé que quand je suis en pause, je ne suis pas en train de bosser.<br><strong>Yaël</strong> – Ce qui démontre toute l’étendue de son inculture. S’il savait le très haut niveau des conversations qui peuvent avoir lieu pendant une pause cigarette.<br><em>Yaël range à son tour sa cigarette.</em><br><strong>Alex</strong> – C’est vrai qu’on est de plus en plus mal vus, nous les nicotinomanes. Bientôt on n’aura même plus droit à notre salle de shoot.<br><strong>Yaël</strong> – C’est pour ça que lundi, j’arrête.<br><strong>Alex</strong> – J’ai déjà entendu ça.<br><strong>Yaël</strong> – Non, non, je t’assure. Cette fois c’est la bonne.<br><strong>Alex</strong> – Pourquoi attendre jusqu’à lundi, alors ?<br><strong>Yaël</strong> – Je dois aller chercher ma belle-mère ce soir. Elle passe le week-end avec nous. Et crois-moi, un week-end avec ma belle-mère, c’est pas le bon moment pour arrêter de fumer.<br><strong>Alex</strong> – Je vois…<br><strong>Yaël</strong> – Tu as une belle-mère, toi aussi ?<br><strong>Alex</strong> – On peut choisir de ne pas se marier, mais on ne peut pas choisir de ne pas avoir de belle-mère.<br><strong>Yaël</strong> – À moins de se marier avec un orphelin…<br><strong>Alex</strong> – Abandonné sous X, de préférence. Pour ne pas avoir à se taper les chrysanthèmes au cimetière à la Toussaint…<br><strong>Yaël</strong> – Ça nous ramène à la mécanique quantique. Il faut qu’un chat soit mort ou vivant. Et pour les belles-mères, c’est pareil…<br><strong>Alex</strong> – Un chat ?<br><strong>Yaël</strong> – Tu n’as jamais entendu parler non plus du Chat de Schrödinger ?<br><strong>Alex</strong> – Non.<br><strong>Yaël</strong> – C’est un pote d’Einstein qui a remis en question les lois de la physique quantique.<br><strong>Alex</strong> – Et donc, il avait une belle-mère.<br><strong>Yaël</strong> – Je t’expliquerai ça une autre fois. Tiens, il ne faut pas que j’oublie de mettre de l’essence dans la voiture, moi. Sinon, je vais tomber en panne sèche sur l’autoroute en allant chercher ma belle-doche.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse du sketch</strong><br>Ce sketch joue sur le contraste entre un décor banal – la terrasse d’un lieu de travail – et un échange étonnamment érudit (et loufoque) sur la physique quantique. Le comique de situation naît de cette dissonance entre la banalité du cadre et la portée intellectuelle (souvent approximative) des propos. Les personnages flirtent avec une forme de métaphysique de comptoir, où les concepts complexes sont détournés pour justifier des fantasmes très terre-à-terre : l’ubiquité comme moyen de mieux gérer les contraintes de la vie moderne, conjugale et professionnelle.</p>



<p>Le sketch illustre avec légèreté le besoin d’évasion des travailleurs pris dans une routine pesante. Le tabac devient à la fois une dépendance et un prétexte à la liberté (temporaire) de philosopher. L’humour repose sur des jeux de langage, des glissements de sens, et une ironie constante, qui va jusqu’à la satire sociale (notamment sur les hiérarchies professionnelles, la place des fumeurs, ou les figures incontournables de l’enfer domestique comme la belle-mère).</p>



<p>L’usage de références scientifiques (les particules, le chat de Schrödinger…) vient habilement croiser le registre de la science avec celui de la vie quotidienne, dans un esprit de vulgarisation joyeusement décalée. Ce décalage crée une forme d’absurde très maîtrisée, tout en pointant du doigt l’insatisfaction contemporaine face à la complexité croissante des rôles à tenir (parent, salarié, conjoint…).</p>
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		<title>Le tableau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le tableau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive avec un tableau, un portrait de jeune femme, tenant apparemment plus de la croûte que du chef d’œuvre, mais doté d’un cadre doré.<br></em><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?<br><strong>Elle</strong> – Il était accroché au-dessus du lit de mon arrière-grand-mère, dans sa maison de retraite. Chaque fois que j’allais la voir, elle me répétait qu’après sa mort, ce tableau serait pour moi…<br><strong>Lui</strong> – C’est très généreux de sa part. Surtout qu’à part cette croûte, elle n’a rien laissé d’autre à personne…<br><strong>Elle</strong> – Ma mère y est allée hier pour débarrasser la chambre. Elle m’a donné le tableau.<br><strong>Lui</strong> – C’est un portrait… C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-arrière-grand-mère, je crois…<br><strong>Lui</strong> – Elle était plutôt pas mal… quand elle était jeune. Tu lui ressembles un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce que tu comptes en faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Je ne peux pas le jeter quand même…<br><strong>Lui</strong> – Non, évidemment… De là à l’accrocher dans le salon…<br><strong>Elle</strong> – On pourrait l’accrocher au-dessus de notre lit…<br><strong>Lui</strong> – Tu plaisantes ?<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Elle avait quel âge, ton arrière-grand-mère exactement ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était née en 1910 à Auvers-sur-Oise.<br><strong>Lui</strong> – À Auvers ? C’est dingue ! Tu te rends compte ? À vingt ans près elle aurait pu croiser Van Gogh.<br><strong>Elle</strong> – Elle racontait toujours que sa mère l’avait bien connu.<br><strong>Lui</strong> – Non…? Van Gogh ?<br><strong>Elle</strong> – Ouais.<br><strong>Lui</strong> – Mais quand tu dis bien connu…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Si ça se trouve tu es l’arrière-arrière-petite-fille de Van Gogh…<br><strong>Elle</strong> – Va savoir…<br><strong>Lui</strong> – Et comme il n’a pas d’autre descendance connue, tu serais l’héritière de sa fortune.<br><strong>Elle</strong> – Sa fortune ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, remarque, tu as raison… Les gens qui ont acheté ses tableaux sont richissimes aujourd’hui, mais lui il est mort dans la misère. Et ce tableau…?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-grand-mère me disait qu’elle tenait ce tableau de sa mère…<br><strong>Lui</strong> – Mais d’où il venait ? Qui l’a peint, ce tableau ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il n’est pas signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Ou alors la signature n’est plus visible.<br><strong>Lui</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Mais non, ce n’est pas possible…<br><strong>Lui</strong> – Si ton aïeule l’a bien connu… Personne n’en voulait, de ses toiles. Et il n’avait pas un sou. Je suis sûr qu’il aurait pu en donner une contre un repas chaud. Alors pour tirer un coup, tu penses bien…<br><strong>Elle</strong> – Ne te gêne pas, traite mon arrière-arrière-grand-mère de pute !<br><strong>Lui</strong> – Je ne dis pas ça mais… un petit cadeau.<br><strong>Elle</strong> – Non, et puis tu l’as dit, regarde, c’est une croûte !<br><strong>Lui</strong> – Franchement, j’ai vu certains tableaux dans des musées… Si on ne savait pas que c’était signé par de grands maîtres… Qu’est-ce qu’on y connaît en peinture, nous ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… Il faudrait le faire expertiser…<br><strong>Lui</strong> – Imagine un peu. Un Van Gogh. Même si ce n’est pas le meilleur, ça vaudrait des millions.<br><strong>Elle</strong> – Il ne faut pas trop s’emballer quand même…<br><strong>Lui</strong> – Oui… Après tout, il vaut peut-être mieux laisser planer le doute. Rêvons encore un peu, plutôt que de rompre le charme tout de suite.<br><strong>Elle</strong> – Sans compter qu’une expertise, ça ne doit pas être donné. Tout ça pour qu’on nous dise que c’est l’œuvre… d’un peintre du dimanche.<br><strong>Lui</strong> – Mais du coup, j’ai presque envie de l’accrocher au-dessus de notre lit, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Penser que Van Gogh a peint ça pour niquer ton arrière-arrière-grand-mère. Et que maintenant ça vaut des millions. Ce serait le coup le plus cher du monde, non ?<br><em>Il prend le tableau pour le regarder.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi je ne suis pas sûre que ça me motive beaucoup.<br><strong>Lui</strong> – Il pèse une tonne ce tableau, non ?<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai, j’ai remarqué aussi.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de l’accrocher au-dessus du lit. Si on le prend sur la tronche…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi il est aussi lourd, ce tableau ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas la toile, c’est forcément le cadre…<br><strong>Elle</strong> – Habituellement, les cadres, c’est en bois…<br><strong>Lui</strong> – Pour du bois, ça ferait très lourd.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est de la fonte.<br><strong>Lui</strong> – Un cadre en fonte ? Et puis ce n’est pas la couleur de la fonte.<br><strong>Elle</strong> – C’est peut-être de la peinture.<br><em>Il gratte un peu le cadre avec son ongle.</em><br><strong>Lui</strong> – On dirait que non…<br><strong>Elle</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Lui</strong> – Oui… je ne connais qu’un métal qui soit doré.<br><strong>Elle</strong> – Si c’est de l’or, c’est l’équivalent d’au moins un lingot.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, ce tableau a peut-être de la valeur.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on peut rêver…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Plans de carrière</title>
		<link>https://sketchotheque.net/plans-de-carriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 07:55:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=705</guid>

					<description><![CDATA[<p>Brèves de trottoirs, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketchs de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux collégiennes (pouvant être jouées par des adultes habillées comme des ados) arrivent l’une après l’autre, sortant visiblement du collège.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez eu les bulletins&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – T’as combien de moyenne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et toi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais… C’est exactement la moitié.<br><strong>Un</strong> – La moitié de quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Huit et demi. La moitié de dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><em>L’autre la regarde étonnée et renonce à répondre. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux faire, toi, quand tu seras grande&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… (<em>Un temps</em>) J’hésite entre kinésithérapeute et péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Silence</em>) C’est quoi, exactement, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Un type qui a une crampe, par exemple. Il appelle la kinésithérapeute, elle lui fait un massage…<br><strong>Un</strong> – Pour retirer sa crampe…?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) C’est une masseuse, quoi…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais maintenant, ça s’appelle une kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – C’est cool…<br><strong>Deux</strong> – Ça vient du grec: «&nbsp;kinésie&nbsp;», le mouvement, et «&nbsp;thérapeute&nbsp;», qui soigne. Parce qu’il faut faire des études, quand même, pour être kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – Des études de grec&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – De latin, plutôt. Pour savoir ce que c’est que le radius, le cubitus, le strato-nimbus, le romulus et rémus…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Nan… C’est ça le problème… C’est pour ça que j’hésite avec péripatéticienne…<br><strong>Un</strong> – Mmm… (<em>Un temps</em>) Péripatéticienne, c’est un peu comme esthéticienne, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – C’est ça… C’est une esthéticienne, mais qui pratique sous le périphérique. C’est pour ça qu’on appelle ça une péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma grande sœur, elle est péripatéticienne, et ma mère dit qu’elle gagne dix fois plus qu’elle.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’elle fait, ta mère&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – Rien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Pôle Emploi.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… Ça craint… Et ta sœur, ça lui plaît, comme métier, péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Mon beau-père l’a foutue dehors juste après le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est pas cool…<br><strong>Deux</strong> – Non, ça craint.<br><strong>Un</strong> – Et ton beau-père, qu’est-ce qu’il fait&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien…<br><strong>Un</strong> – Pôle Emploi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Décédé.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, quand même… Mais décédé, euh&nbsp;? (<em>Devant le silence de son interlocutrice</em>) Ouah…<br><strong>Deux</strong> – Et toi, qu’est-ce que tu veux faire quand t’auras ton bac&nbsp;? Si tu l’as un jour…<br><strong>Un</strong> – J’hésite…<br><strong>Deux</strong> – Entre quoi et quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’ils font, tes vieux&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Mon père est prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Et ta mère&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Génial…<br><strong>Un</strong> – Ils veulent que je sois prof de latin.<br><strong>Deux</strong> – De latin&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ils disent que prof de grec, j’aurai jamais le niveau.<br><strong>Deux</strong> – Cool…<br>Un – Il n’y a pas de chômage. C’est la fonction publique.<br><strong>Deux</strong> – Et ça gagne bien, prof de grec&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Plus que péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Peut-être un peu moins, quand même.<br><strong>Deux</strong> – Et il faut faire des études…<br><strong>Un</strong> – Il y a un concours… Il n’y a pas de concours pour être péripatéticien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma sœur, elle a commencé avec le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est cool ça…<br><em>Elles restent un moment silencieuses.</em><br><strong>Un</strong> – Oh, putain…<br><strong>Deux</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi… Mes parents vont me tuer, c’est clair…<br><strong>Deux</strong> – T’as qu’à leur dire ça.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – À tes vieux. En rentrant, tu leur dis que tu veux être péripatéticienne. Comme ça ils te foutront la paix.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Il faut juste le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ouais, c’est pas con… (<em>Elle regarde sa montre.</em>) Bon, il faut que j’y aille, sinon ils vont vraiment me tuer…<br><strong>Deux</strong> – OK. Tu me raconteras.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Tes vieux&nbsp;! Pour ton projet professionnel. Ce qu’ils en pensent…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… C’est cool… Merci du tuyau, en tout cas…<br><em>Elle s’éloigne. L’autre soupire.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors elle, elle est vraiment trop con.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong><em>Analyse</em></strong></p>



<p>« Plans de carrière » illustre avec brio la rencontre entre l’absurde, la satire et une réalité sociale glaçante. Le comique repose en grande partie sur l&rsquo;inconscience et la naïveté des jeunes filles, à la fois touchantes et d’une drôlerie brutale, dans leur façon de parler d’orientation, de métiers, de familles brisées ou d&rsquo;inégalités économiques comme s&rsquo;il s’agissait d’un banal devoir de SVT.<br>Le dialogue — très finement écrit — montre comment les mots peuvent être mal compris, et pourtant servir à structurer un raisonnement, dans une logique à la fois implacable et absurde. La confusion entre « kinésithérapeute » et « péripatéticienne » est un ressort comique puissant, mais au-delà du rire, elle dit quelque chose de grave sur le rapport à l’éducation, à la culture, au langage et à l’avenir.<br>Le sketch dénonce aussi, par petites touches, la reproduction sociale, l’échec scolaire, et le désespoir tranquille d&rsquo;une jeunesse et donne à entendre la voix d’une génération fragile, oscillant entre résignation et provocation, dans un monde qui offre peu d’alternatives. Une satire sociale aussi drôle que percutante.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Don contre don</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-contre-don/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 10:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Don contre don, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier arrive. Le deuxième suit et, voyant que l’autre a l’air un peu mal, l’aborde avec sollicitude.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Je viens d’enterrer mon père.<br><strong>Un</strong> – Enterrer ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… je n’ai pas fait ça moi-même. J’ai fait appel à des spécialistes. Il paraît qu’on ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas donné, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Bref, je reviens de l’enterrement.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé. Je vous présente mes plus sincères condoléances…<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez garder vos condoléances. Je détestais mon père.<br><strong>Un</strong> – On a toujours une bonne raison de détester son père.<br><strong>Deux</strong> – Vous savez ce que je trouve vraiment insupportable lors des enterrements ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Tous ces gens qui ne font même pas partie de la famille, qu’on n’a souvent jamais vu de sa vie avant la cérémonie, et qui devant le cercueil se mettent à sangloter plus bruyamment que les propres enfants du défunt. Comme pour les faire culpabiliser de ne pas avoir eux-mêmes le chagrin plus démonstratif.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison… Il devrait y avoir un ordre de préséance. Un seuil de décibels autorisés en fonction de la proximité de chacun avec la personne qu’on enterre.<br><strong>Deux</strong> – Si les héritiers en ligne directe ne jugent pas nécessaire de pleurer devant le cercueil de leur très cher disparu, les autres aussi devraient s’en abstenir, non ?<br><strong>Un</strong> – Pourtant, on dirait que le décès de votre père ne vous laisse pas complètement indifférent…<br><strong>Deux</strong> – En effet… Sa disparition est pour moi un coup dur.<br><strong>Un</strong> – Malgré vos différends, vous n’aviez donc pas rompu toute relation avec lui…<br><strong>Deux</strong> – Non… La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans le bureau du juge…<br><strong>Un</strong> – Du juge ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais sur le point de gagner le procès que j’avais engagé contre mon père… Maintenant qu’il est mort, évidemment, ça va être beaucoup plus difficile…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – J’ai peur que l’affaire soit classée sans suite.<br><strong>Un</strong> – C’est à craindre. Mais… pourquoi ce procès, si je peux me permettre ?<br><strong>Deux</strong> – Ce serait un peu long à vous expliquer, mais en gros… je reproche à mon père, après m’avoir fait naître, de me laisser complètement démuni devant la misère du monde…<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ne pas faire le même reproche à votre mère aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis né de mère inconnue.<br><strong>Un</strong> – De mère inconnue ? Tiens donc… Je ne savais même pas que c’était matériellement possible. De mon temps… Mais c’est vrai qu’à présent, avec les nouvelles technologies…<br><strong>Deux</strong> – Je suis né en terre inconnue, d’une mère porteuse sans papier, payée en liquide, et qui a préféré garder l’anonymat.<br><strong>Un</strong> – Donc vous reprochiez à votre père de vous avoir privé de l’affection d’une mère…<br><strong>Deux</strong> – Ah non, pas du tout !<br><strong>Un</strong> – Mais alors pourquoi lui faire un procès pour vous avoir mis au monde ? Vous n’avez pas l’air d’avoir de malformations particulières…<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu non.<br><strong>Un</strong> – Je dirais même que vous êtes plutôt bien fait de votre personne…<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Non mais vous avez vu le monde dans lequel on vit ?<br><strong>Un</strong> – Oui, ce n’est pas faux… Avec toutes ces guerres un peu partout sur la planète. Le terrorisme. La famine. Le réchauffement climatique…<br><strong>Deux</strong> – Sans parler de l’ISF et du cancer de la prostate.<br><strong>Un</strong> – Vous en voulez à votre père de vous avoir fait naître dans cette vallée de larmes qu’est notre monde moderne…<br><strong>Deux</strong> – En fait, c’est un peu plus compliqué que ça…<br><strong>Un</strong> – Vous commencez à m’intriguer.<br><strong>Deux</strong> – Avant de mourir, mon père a légué une grosse partie de sa fortune à une fondation qui lutte contre la faim dans le monde<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est… C’est bien ça.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais ma part d’héritage, elle, en est diminuée d’autant.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Mais… c’est tout de même très généreux de sa part.<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout ! Il a fait ça exprès pour m’emmerder !<br><strong>Un</strong> – Comment ça, pour vous emmerder ? La faim dans le monde, tout le monde est contre, non ? Ne me dites pas que vous êtes pour…<br><strong>Deux</strong> – Je vous dis qu’il a fait ça dans le seul but de me déshériter.<br><strong>Un</strong> – Oui, je comprends bien mais… Tout de même… Cela profitera à des gens qui ont vraiment besoin de cet argent.<br><strong>Deux</strong> – Voilà ! C’est bien pour ça que je lui fais un procès.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – S’il avait laissé sa fortune à son plombier ou à son contrôleur fiscal, son intention de me nuire n’aurait fait aucun doute. Mais là, c’est particulièrement vicieux, non ?<br><strong>Un</strong> – Vicieux ?<br><strong>Deux</strong> – En me déshéritant au profit de la lutte contre la faim dans le monde, il se donne le beau rôle, vous comprenez ! Et moi, si je m’y oppose, je passe pour un égoïste. Un fils à papa qui voudrait continuer à bouffer du caviar avec l’héritage de son père, plutôt que d’y renoncer joyeusement pour que les déshérités aient un peu de riz dans leur assiette.<br><strong>Un</strong> – Quand ils ont une assiette…<br><strong>Deux</strong> – Ah mais non, je ne vais pas me laisser faire !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin, je veux dire… Je comprends… Mais ça risque de ne pas être facile.<br><strong>Deux</strong> – À qui le dites-vous…<br><strong>Un</strong> – Comme vous disiez, devant les juges, vous aurez le mauvais rôle…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà… Mais je reste confiant… J’ai un bon avocat…<br><strong>Un</strong> – Et que ferez-vous si vous obtenez malgré tout gain de cause ?<br><strong>Deux</strong> – Que voulez-vous que je fasse ? Je reverserai aussitôt cet argent à cette même fondation.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas le choix ! Si je garde tout ce fric pour moi, je passerai pour un salaud. C’est ce que vous penseriez, vous, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que… Oui, évidemment…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà ! Quand je vous disais que mon père était un grand pervers, vous comprenez, maintenant…<br><strong>Un</strong> – Euh… Oui… J’essaie… Mais… vous êtes sûr que ce n’est pas un peu compliqué, tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – Si cet argent doit finalement aller à cette fondation…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, mais ce n’est pas du tout pareil ! Là c’est moi qui donnerai.<br><strong>Un</strong> – Qui donnerez… l’argent de votre père.<br><strong>Deux</strong> – Si j’en hérite avant, ce sera mon argent ! Et j’aurais démontré que ce n’est pas par générosité qu’il a fait tout ça, mais simplement pour m’emmerder. Et le bienfaiteur de l’humanité, ce sera moi !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin… Si cela peut vous faire du bien à vous aussi…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais il y a quand même une chose qui me chagrine.<br><strong>Un</strong> – La mort de votre père…<br><strong>Deux</strong> – Non, le fait que même si je gagne ce procès, il n’en saura jamais rien…<br><strong>Un</strong> – C’est toujours beaucoup plus difficile de se venger des gens qui sont déjà morts.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Et c’est beaucoup moins gratifiant…<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Colis piégé</title>
		<link>https://sketchotheque.net/colis-piege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:40:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Cadeau]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Pendule]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=637</guid>

					<description><![CDATA[<p>Colis piégé, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un facteur (homme ou femme) arrive avec un paquet et croise une locataire qui arrive aussi.<br></em><strong>Facteur</strong> – Ah justement, j’avais un paquet pour vous.<br><strong>Locataire</strong> – Merci.<br><em>Le facteur lui donne le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Une petite signature…<br><strong>Locataire</strong> – Bien sûr…<br><em>Encombré, la locataire rend le paquet au facteur afin de signer le reçu qu’il lui tend.</em><br><strong>Locataire</strong> – Excusez-moi, je vous rends ça une seconde.<br><em>La locataire signe le reçu et sourit.</em><br><strong>Locataire</strong> – J’espère que ce n’est pas un colis piégé…<br><em>Le facteur répond sur le même ton de la plaisanterie.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ah, ah, ah ! C’est vrai qu’on entend comme un tic-tac, là-dedans.<br><strong>Locataire</strong> – Ah, ah, ah ! On voit tellement de choses, maintenant ! (<em>Cessant de rire brusquement</em>) C’est vrai ?<br><em>Le facteur, pris au mot, colle son oreille contre le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Vous allez rire mais… Oui, on dirait…<br><em>La locataire semble soudain inquiet. Elle colle à son tour son oreille sur le paquet.</em><br><strong>Locataire</strong> – Mais oui… Je l’entends aussi… Vous pensez que ça pourrait…<br><em>Le facteur change également de ton.</em><br><strong>Facteur</strong> – Vous connaissez des gens qui auraient des raisons de vous en vouloir à ce point ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas… À part ma belle-mère… Mais on a tous des ennemis, non ?<br><strong>Facteur</strong> – Tout de même.<br><em>La locataire hésite.</em><br><strong>Locataire</strong> – Du coup, je ne suis pas sûr de vouloir le prendre…<br><strong>Facteur</strong> – Alors qu’est-ce que j’en fais ?<br><strong>Locataire</strong> – Vous n’avez qu’à le ramener à la Poste.<br><strong>Facteur</strong> – C’est que je n’ai pas fini ma tournée, moi… Et si ça me pète à la gueule en cours de route ? Et puis maintenant, vous avez signé le reçu…<br><em>Il tend le paquet à l’autre qui refuse de le prendre.</em><br><strong>Locataire</strong> – Et si on appelait la police ?<br><strong>Facteur</strong> – La police ?<br><strong>Locataire</strong> – Comme quand on trouve un paquet suspect dans un hall de gare ou dans un train.<br><strong>Facteur</strong> – Vous voulez dire… une brigade de démineurs ?<br><strong>Locataire</strong> – Eux, ils sauront quoi faire…<br><strong>Facteur</strong> – Et si la bombe explosait avant qu’ils arrivent ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas moi… On n’a qu’à jeter le paquet dans la rue…<br><strong>Facteur</strong> – Et si des passants étaient blessés ? Des enfants, peut-être… C’est l’heure de la sortie de l’école… On ne peut pas faire ça !<br><strong>Locataire</strong> – Vous avez raison… Il ne reste plus qu’à nous préparer à mourir dans la dignité, avec la seule consolation que notre sacrifice aura permis de sauver quelques vies innocentes…<br><strong>Facteur</strong> – Notre sacrifice ? Qu’est-ce que vous proposez, au juste ?<br><strong>Locataire</strong> – Il faut agir, et vite !<br><em>Elle prend le paquet des mains du facteur, le jette contre le sol, et le piétine violemment.</em><br><strong>Facteur</strong> – Non mais ça ne va pas ?<br><strong>Locataire</strong> – Ça n’a pas explosé…<br><strong>Facteur</strong> – Non…<br><em>Ils se penchent tous les deux pour examiner le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui… C’était bien une pendule… Mais je ne vois pas de bombe…<br><strong>Locataire</strong> – Non, c’est bizarre…<br><strong>Facteur</strong> – Mais j’y pense, c’est qui l’envoyeur ?<br><strong>Locataire</strong> – L’envoyeur ?<br><strong>Facteur</strong> – En principe, c’est marqué sur l’accusé de réception !<br><strong>Locataire</strong> – Ah oui…<br><em>Le facteur regarde le reçu.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ça vient de Suisse… C’est curieux…<br><strong>Locataire</strong> – Oui, c’est sûrement le pays au monde qui compte le moins de terroristes…<br><strong>Facteur</strong> – Madame Mansard… Vous connaissez ?<br><strong>Locataire</strong> – C’est ma belle-mère.<br><em>Le facteur fouille dans les décombres du paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Regardez… Il y a une lettre de revendication…<br><em>Il tend la feuille à l’autre qui la lit.</em><br><strong>Locataire</strong> – Bon anniversaire mon chéri… C’est pour l’anniversaire de son fils.<br><strong>Facteur</strong> – Son fils ?<br><strong>Locataire</strong> – Mon mari !<br><strong>Facteur</strong> – Une pendule… C’est un drôle de cadeau, pour un anniversaire, non ?<br><strong>Locataire</strong> – Mon beau-père est horloger.<br><strong>Facteur</strong> – Et ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? Je veux dire quand vous avez entendu le tic-tac…<br><em>Ils contemplent tous les deux les restes défoncés du paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – C’est votre mari qui va être content… Ça va lui faire quel âge, au fait ?<br><strong>Locataire</strong> – On dirait que ça sent quand même un peu la poudre, non ?<br><strong>Facteur</strong> – Je dirais plutôt le chocolat…<br><strong>Locataire</strong> – Ah, oui, regardez, il y avait aussi des chocolats avec. (<em>Elle prend la boîte défoncée, et la tend au facteur.</em>) Vous en voulez un ?<br><strong>Facteur</strong> – Et si ils étaient empoisonnés ?<br><em>Ils échangent un regard perplexe.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>En vers et contre tous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-vers-et-contre-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 12:51:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Magasin]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandrins]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=601</guid>

					<description><![CDATA[<p>En vers et contre tous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ève est là, pianotant sur son téléphone portable. Alban arrive.</em><br><strong>Ève</strong> – Alors  ?<br><strong>Alban</strong> – Rien…<br><strong>Ève</strong> – Rien  ?<br><strong>Alban</strong> – Le poste était déjà pris.<br>Ève – Si tu n’avais pas mis une semaine à répondre à l’annonce, aussi…<br><strong>Alban</strong> <strong>–</strong> C’était un poste de vigile. Je suis employé de banque.<br><strong>Ève</strong> – Pour l’instant, tu es surtout un employé de banque au chômage. Qu’est-ce que tu comptes faire ? Trouver un job dans une autre banque ? Toutes les banques licencient, en ce moment ! Elles remplacent leurs employés par des boîtes vocales…<br><strong>Alban</strong> – Merci de me le rappeler… Et toi, comment s’est passée ta journée  ?<br><strong>Ève</strong> – Écoute, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Alban</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Ève</strong> – Je suis allée voir mon gynéco ce matin.<br><strong>Alban</strong> – Tu as un cancer ?<br><strong>Ève</strong> – Je suis enceinte.<br><strong>Alban</strong> – C’était la bonne ou la mauvaise nouvelle ?<br><strong>Ève</strong> – Ça dépend un peu de toi en fait.<br><strong>Alban</strong> – Un enfant… C’est ce qu’on voulait, non ?<br><strong>Ève</strong> – Oui… Du temps où tu avais encore un boulot…<br><strong>Alban</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ? On le garde ?<br><strong>Ève</strong> – Évidemment, on le garde ! En tout cas, moi je le garde…<br><strong>Alban</strong> – Très bien ! Comme tu avais l’air de trouver que c’était un problème…<br><strong>Ève</strong> – Le problème, c’est que le père de ce bébé soit au chômage. Je ne pourrai pas assumer un enfant toute seule… et avoir en plus une deuxième personne à charge.<br><strong>Alban</strong> – Désolé d’être un boulet pour toi, mais qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Quand on a été employé de banque toute sa vie, on ne sait rien faire…<br><strong>Ève</strong> – Il y a des tas de boulots qu’on peut faire en ne sachant rien faire.<br><strong>Alban</strong> – Je sens que tu vas me reparler du vendeur que cherchent tes parents pour leur quincaillerie…<br><strong>Ève</strong> – Et alors ? C’est une honte de travailler dans une quincaillerie ?<br><strong>Alban</strong> – Excuse-moi de ne pas sauter de joie à la perspective de vendre des marteaux et des clous sous les ordres de ma belle-mère.<br><strong>Ève</strong> – Mais personne ne t’y oblige, mon vieux. Si tu veux trouver un autre boulot plus digne de toi, rien ne t’en empêche.<br><strong>Alban</strong> – Je vais réfléchir…<br><strong>Ève</strong> – Pas trop longtemps… Mon père a besoin de quelqu’un d’urgence. Depuis que ma mère n’est plus assez en forme pour le remplacer au magasin quand il fait ses livraisons…<br><strong>Alban</strong> – Bon…<br><strong>Ève</strong> – Si c’est toi, bien sûr, il te cédera le magasin en gérance quand il prendra sa retraite.<br><strong>Alban</strong> – Et là, pour moi, ce sera perpète…<br><strong>Ève</strong>– Tu serais ton propre patron ! Au lieu d’être un employé de banque…<br><strong>Alban</strong> – Le magasin ne serait pas à moi. Je serais l’employé de ton père.<br><strong>Ève</strong> – Au moins, ça reste dans la famille. Et quand mon père ne sera plus là, tout le bazar sera à toi.<br><strong>Alban</strong>– Tu veux dire à toi…<br><strong>Ève</strong> – C’est un peu pareil, non ?<br><strong>Alban</strong>– Au lieu d’être l’employé de mon beau-père, je serai l’employé de ma femme…<br><strong>Ève</strong> – Tu compliques trop les choses, Alban, c’est ça ton problème. Parfois, il faut savoir se contenter de ce qu’on a.<br><strong>Alban</strong> – On en reparle demain, d’accord ? Je suis fatigué, là.<br><strong>Ève</strong> – Fatigué ? Parce que moi, après mes huit heures de boulot, je ne suis pas fatiguée, peut-être ? Non Alban, je veux une réponse tout de suite…<br><strong>Alban</strong> – D’accord, je vais te donner ma réponse… Je peux quand même passer aux toilettes, d’abord ?<br><em>Il sort. Ève se sert un verre, et le vide cul sec. Alban revient.</em><br><strong>Ève</strong> –  Alors ? Qu’est-ce que tu as décidé ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je me suis retiré un temps pour réfléchir<br>et je suis résolu à ne pas contredire<br>et la femme qui m’aime et l’enfant que j’attends<br>ni la mère ni l’épouse, surtout pas ses parents.<br><em>Ève semble prise de court.</em><br><strong>Ève</strong> –  C’est-à-dire ?<br><strong>Alban</strong> – <br>J’accepte de bon cœur et je ferai sans faute<br>ce qu’on attend de moi et s’il faut que je saute<br>pour cela dans le vide, eh bien j’obéirai.<br>Sans le moindre regret désormais je serai<br>un papa pour mon fils, un mari pour ma femme.<br>En soldat inconnu je ranimerai la flamme<br>de nos passions noyées sous un torrent de larmes,<br>au nom de notre amour je reprendrai les armes.<br><strong>Ève</strong> – Très bien… Je… Dois-je en conclure que tu acceptes ce poste de vendeur à la quincaillerie…?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je vendrai des pinceaux et je vendrai des scies<br>chaque jour que Dieu fait et sans rien y connaître<br>j’irai même jusqu’à vendre pour gagner notre vie<br>des rustines de vélos et des boutons de guêtres.<br><strong>Ève</strong> – C’est… C’est parfait… Papa et maman vont être contents… Justement, ils passent ce soir prendre l’apéritif… Je… Je te sers un verre avant qu’ils arrivent ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Oui merci volontiers car j’aurai bien besoin<br>de quelque stimulant pour tenir le crachoir<br>à tes parents chéris et célébrer leur gloire.<br>À moins que par miracle ils remettent à demain<br>la visite vespérale dont ils nous gratifient<br>chaque jour en rentrant de leur quincaillerie.<br><strong>Ève</strong> –  Tu te fous de moi, c’est ça  ?<br><strong>Alban</strong> –  <br>Pardon, moi me moquer de ma femme chérie ?<br><strong>Ève</strong> – C’est quoi cette nouvelle façon de parler ? Tu te fiches de moi, et en plus tu te fiches de mes parents !<br><strong>Alban</strong> – <br>J’avoue ne pas saisir ma mie ce que vous dites<br>Aurais-je en quelque sorte manqué à mon devoir<br>en usant avec vous de propos illicites ?<br>Il me semblait pourtant vous avoir fait savoir<br>que je satisferai demain à vos désirs<br>et qu’importe les mots que j’emploie pour le dire.<br><strong>Ève</strong> – OK, j’avoue que c’est très drôle… Maintenant tu peux peut-être passer à autre chose, non ? Où est-ce que tu as appris à parler en alexandrins ? À Pôle Emploi ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Ma chère amie je crains de bien vous décevoir,<br>Si mes mots vous irritent à mon grand désespoir,<br>je ne dispose hélas d’autre style que le mien<br>pour m’adresser à vous sans vous faire un dessin.<br><strong>Ève</strong> – Bon… Le principal, c’est que tu acceptes de travailler au magasin. Je n’ai pas encore annoncé la nouvelle à mes parents. Je veux dire pour le bébé. C’est d’ailleurs pour ça que je les ai invités à prendre l’apéro. Ils vont être fous de joie. Et toi qui retrouves aussi du travail… Je crois que là, on peut sortir le champagne.<br><strong>Alban</strong><br>Je vais le mettre au frais et puis rincer les coupes<br>Trois suffisent car enfin en ce qui te concerne<br>Dans l’état où tu es même loin d’être à terme<br>Il n’est guère question que seulement tu y goûtes.<br><em>Elle lui jette un regard interloqué tandis qu’il sort. Le téléphone sonne. Elle répond machinalement, la tête ailleurs.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Allô oui c’est bien moi, si c’est vous sans ambages<br>veuillez bien s’il vous plaît laisser votre message.<br><em>Reprenant ses esprits.</em><br>Oui maman… Non, non, tout va bien, je t’assure… Oui, oui, je lui en ai parlé… Écoute, je suis assez surprise, mais cette fois, il a l’air d’accord pour accepter la proposition de papa… Non, non, il n’y a pas de mais… Mais… (<em>Alban revient</em>) Écoute, je te le passe, tu vas comprendre… (<em>À Alban</em>) C’est maman, tu veux lui dire un mot ?<br><em>Alban prend le combiné en souriant.</em><br><strong>Alban</strong> – <br>Le bonjour belle-maman, quand on parle du loup…<br>Nous parlions justement il y a peu de vous.<br>Votre fille m’a transmis les plans de votre époux.<br>Aurons-nous le plaisir de dîner avec vous ?<br>Un temps pendant lequel il écoute la réponse.<br>Je suis fort aise Madame de cet heureux accord<br>nous le célébrerons mais il faudra d’abord<br>que vous vous prépariez à un nouveau faire-part<br>qui pourrait je l’espère plus encore vous ravir.<br>Ma moitié s’impatiente de vous entretenir<br>et elle piaffe devant moi dans l’attente de vous voir.<br><em>Il repasse le combiné à Ève, et sort.</em><br><strong>Ève</strong> –  Oui maman… Quelque chose de changé ? Non, maman, ce n’est seulement pas sa voix… Oui, ce serait plutôt… Je ne pense pas que ce soit du rap non plus. C’est ça. Il parle en vers. Comme Molière. Non, je ne te dis pas que Molière parlait en vers. Je pense aussi que la plupart du temps, il parlait en prose, comme tout le monde…<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Maman je vous l’avoue, je suis au désespoir<br>Je pensais mon époux enfin digne d’être père,<br>en acceptant la charge d’employé du bazar<br>et voilà qu’il se met à réciter des vers.<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – Je viens de te parler en alexandrins ? Alors moi aussi… Mais c’est atroce ! C’est sûrement une maladie. Je ne sais pas où il a attrapé ça. Tu crois que ça peut être contagieux ? Des vers qui sortent de notre bouche comme ça, sans aucun contrôle… C’est une véritable diarrhée… On va commencer par prendre tous les deux un puissant vermifuge. Oui, tu as raison, je vais aussi prendre rendez-vous chez un orthophoniste, et vérifier que tous nos vaccins sont bien à jour. Je sais, maman, pour être vendeur dans une quincaillerie, parler en alexandrins, ce n’est vraiment pas possible… Non, pour ce soir, il vaut mieux annuler. Tenez-vous éloignés de nous pendant quelque temps, on ne sait jamais. Tant qu’on n’a pas les résultats des examens, une quarantaine s’impose. La nouvelle que j’avais à vous annoncer ? Oh mon Dieu, c’est vrai… Et si lui aussi… Écoute, je vous rappelle, d’accord.<br><em>Elle raccroche, songeuse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Jamais mère ne connut une telle avanie<br>depuis qu’Adam et Ève quittèrent le paradis<br>Nous étions ce matin des Français très moyens<br>et nous parlons ce soir en vers alexandrins.<br><em>Elle pose sa main sur son ventre.</em><br>Si les parents s’avèrent à ce point trop déments<br>ne vaudrait-il pas mieux ce serait plus honnête<br>de cet enfant maudit se défaire maintenant<br>avant qu’il ne devienne à son tour un poète ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le cœur sur la main</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-coeur-sur-la-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:05:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=542</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le cœur sur la main, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron somnole derrière son comptoir. Deux personnages (hommes ou femmes) arrivent et s’asseyent à une table.</em><br><strong>Un</strong> – Lui aussi, il a l’air dans un coma profond…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ? On le réveille ?<br><strong>Un</strong> – On va attendre qu’il se réveille tout seul.<br><strong>Deux</strong> – Un miracle est toujours possible.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Et pour elle alors, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Franchement… je ne sais pas quoi en penser.<br><strong>Un</strong> – Il va bien falloir prendre une décision. Le médecin a dit qu’il fallait faire vite.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, la logique voudrait qu’on dise oui.<br><strong>Deux</strong> – La logique ? C’est notre sœur, quand même…<br><strong>Un</strong> – Oui… Tu l’as déjà entendu évoquer ce sujet devant nous ?<br><strong>Deux</strong> – Ça faisait des années qu’on ne se voyait plus… et même avant, ce n’était pas le genre de conversation qu’on avait ensemble.<br><strong>Un</strong> – Donc c’est à nous de décider. Comme si c’était pour nous.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire… comme si on avait besoin d’une transplantation ?<br><strong>Un</strong> – Comme si on était à sa place ! À la place du mort… Qu’est-ce que tu ferais toi ? Si tu pouvais décider de donner tes organes ou de les emporter avec toi dans ta tombe…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment, sur le principe… Quitte à mourir, si on peut sauver une vie…<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté…<br><strong>Deux</strong> – Imaginer qu’on va lui ouvrir la poitrine et lui prendre son cœur pour le mettre dans la poitrine de quelqu’un d’autre…<br><strong>Un</strong> – Quelqu’un qu’on ne connaît même pas.<br><strong>Deux</strong> – Encore heureux… Il ne manquerait plus qu’on le connaisse. Tu préférerais le connaître, toi ?<br><strong>Un</strong> – Je préférerais qu’elle ne soit pas morte.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs est-ce qu’on peut dire qu’elle est vraiment morte ?<br><strong>Un</strong> – D’après les médecins, elle est en état de mort cérébrale.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? Tu le sais, toi ?<br><strong>Un</strong> – En gros, la maison est encore debout, le chauffage n’a pas encore été coupé, mais il n’y a plus personne dedans. Le propriétaire est parti, il a jeté la clef et il ne reviendra jamais.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><strong>Un</strong> – Donc il s’agit de récupérer la chaudière pour l’installer dans une autre maison où la chaudière est en panne, pour que le propriétaire puisse continuer à vivre dedans sans se les geler.<br><strong>Deux</strong> – Ça y est, tu as fini avec tes métaphores de plombier ?<br><strong>Un</strong> – Je t’explique…<br><strong>Deux</strong> – Donc toi, tu es plutôt pour ?<br><strong>Un</strong> – Toi aussi, non ? Tu savais bien qu’on finirait par en arriver là.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>L’autre sort un papier.</em><br>Un – Allez, finissons-en… (<em>Lui tendant le papier</em>) Il faut signer là.<br><strong>Deux</strong> – Vas-y toi… Moi je ne pourrai pas…<br><strong>Un</strong> – Non, mais il faut nos deux signatures.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as qu’à imiter la mienne.<br><strong>Un</strong> – Mais ce sera un faux…<br><strong>Deux</strong> – De quoi tu as peur ? Que je te fasse un procès pour avoir imité ma signature ?<br><strong>Un</strong> – Mais si tu es d’accord, pourquoi tu ne signes pas ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis d’accord, mais je ne pourrai pas signer, c’est tout. Tu peux comprendre ça, non ? (<em>Se levant pour sortir</em>) Pour une fois que je te demande quelque chose !<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… tu la détestais.<br><strong>Deux</strong> – Justement… Si c’était un geste d’amour, encore… Ce serait plus facile pour moi. Mais là… je ne me sens pas de décider pour elle. (<em>Le patron émerge de derrière son comptoir</em>.) Tiens, il s’est réveillé, celui-là… Tu vois, on n’est jamais à l’abri d’un miracle !<br><em>Le personnage sort, laissant l’autre perplexe. Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Battements de cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/battements-de-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Grossesse]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Battements de cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron essuie des verres derrière le comptoir. Un couple arrive. Ils s’asseyent. Silence. Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> (<em>sur un ton sans appel</em>) – Rien pour l’instant. On attend le troisième…<br><strong>Patron</strong> – Bon…<br><em>Air étonné de l’homme. Le patron repart.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne savais pas qu’on attendait quelqu’un…<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça ? C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Il n’a pas encore de nom…<br><strong>Lui</strong> – Tu me fais marcher ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu dirais si je te disais que je suis enceinte ?<br><em>Le temps pour lui d’assimiler la question.</em><br><strong>Lui</strong> – Pour commencer, je te dirais… qu’il y a un problème de concordance des temps.<br><strong>Elle</strong> – Pardon<br><strong>Lui</strong> – Normalement, tu devrais dire « si je te disais que j’étais enceinte » et pas « si je te disais que je suis enceinte ». Après une proposition conditionnelle à l’imparfait, on utilise l’imparfait.<br><strong>Elle</strong> – Ah, d’accord…<br><strong>Lui</strong> – Tu es enceinte ?<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas dit ça…<br><strong>Lui</strong> – Donc c’est une conditionnelle.<br><strong>Elle</strong> – Si tu le dis…<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas sûre ?<br><strong>Elle</strong> – Tu veux voir un tampon ?<br><strong>Lui</strong> – Quel tampon ?<br><strong>Elle</strong> – À ton avis ? Le tampon de la mairie !<br><strong>Lui</strong> – Tu ne devrais pas plaisanter avec ça.<br><strong>Elle</strong> – Je ne plaisante pas. Je voulais juste en parler. Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Un enfant… ça commence toujours par se conjuguer au conditionnel, non ?<br><strong>Elle</strong> – Il ne tient qu’à nous de transformer ce conditionnel en indicatif.<br><strong>Lui</strong> – Tant que tu ne le conjugues pas à l’impératif…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as pas répondu…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu dirais si je te disais que… j’étais enceinte ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas, je te répondrais… génial !<br><strong>Elle</strong> – Génial ?<br><strong>Lui</strong> – Génial… Mais on est bien d’accord, tu n’es pas enceinte…<br><em>Le patron revient.</em><br><strong>Patron</strong> – On attend toujours le troisième ?<br><em>Elle pose sa main sur son ventre.</em><br><strong>Elle</strong> – Il est déjà là… On va pouvoir commander…<br><em>L’homme lui lance un regard interloqué.</em><br><strong>Patron</strong> – Génial.<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>La grande famille du théâtre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-grande-famille-du-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 13:32:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de scène]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Public]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=325</guid>

					<description><![CDATA[<p>La grande famille du théâtre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de scène' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, côte à côte, regardant droit devant eux. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Tu connais la différence entre le théâtre subventionné et le théâtre privé ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Dans un théâtre privé, tous les spectateurs dans la salle connaissent les noms de chacun des acteurs sur la scène.<br><strong>Deux</strong> – Et dans un théâtre subventionné ?<br><strong>Un</strong> – Tous les acteurs sur la scène connaissent les noms de chacun des spectateurs dans la salle.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et le théâtre amateur ?<br><strong>Un</strong> – Tous les spectateurs dans la salle ont un lien de parenté avec les acteurs sur la scène.<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être ça qu’on appelle la grande famille du théâtre.<br><em>Noir.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized is-style-default" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--40);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--40);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p class="has-text-align-left">Sketch extrait du recueil <em>Brèves de scène</em><br><a href="https://jeanpierremartinez.net/breves-de-scene/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="157" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp" alt="Couverture de Brèves de scène" class="wp-image-87" style="width:207px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-1024x536.webp 1024w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-768x402.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p></p>
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