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	<title>Archives des Création - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Création - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Le secret de l’univers</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-secret-de-lunivers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 08:48:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
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		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Einstein]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le secret de l’univers, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ils viennent de l’annoncer sur Facebook. Des scientifiques chinois ont enfin découvert le secret ultime de l’univers.<br><strong>Deux</strong> – Le secret ultime de l’univers ?<br><strong>Un</strong> – Tu sais bien ! D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Le Big Bang, les trous noirs, l’anti-matière…!<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien tout ça, en réalité, ça n’existe pas.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Nous sommes les personnages fictifs d’un gigantesque jeu vidéo, conçu par une intelligence artificielle pour distraire les enfants d’une civilisation très avancée.<br><strong>Deux</strong> – Des scientifiques chinois…?<br><strong>Un</strong> – Chinois, oui.<br><strong>Deux</strong> – Sur Facebook ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – Et c’est tout ce que ça te fait ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ça ! Qu’on soit des personnages de fiction dans un jeu vidéo. Ça n’a pas l’air de te surprendre<br><strong>Deux</strong> – Je m’en suis toujours douté.<br><strong>Un</strong> – Tu t’en es toujours douté ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, je le savais… Pas toi ?<br><strong>Un</strong> – Non… Et si tu le savais… pourquoi tu ne m’as rien dit ?<br><strong>Deux</strong> – Je pensais que tu le savais aussi.<br><strong>Un</strong> – Ben non, tu vois, je ne le savais pas.<br><strong>Deux</strong> – Bon ben… maintenant, tu le sais. Alors qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai les crocs, moi, pas toi ?<br><strong>Un</strong> – Au moins, ça ne te coupe pas l’appétit.<br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Qu’est-ce qu’on mange ?<br><strong>Un</strong> – Avec tout ça, je n’ai pas le courage de faire la cuisine. Je vais commander chinois.<br><strong>Deux</strong> – Bon…<br><strong>Un</strong> – Mais si on est des personnages de fiction, comment est-ce qu’on peut avoir faim ?<br><strong>Deux</strong> – Les jeux sont très bien faits, maintenant, tu sais. Les personnages sont très réalistes. On arrive même à leur faire ressentir tout un tas d’émotions.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Regarde les hommes préhistoriques. Il y a quelques dizaines de milliers d’années, ça restait encore assez rustique. Tu avais faim, tu tuais un mammouth et tu le bouffais tout cru. Tu voulais un peu de compagnie pour le dîner, tu assommais une femme et tu la ramenais dans ta caverne en la tirant par les cheveux. Maintenant…<br><strong>Un</strong> – Tu te maries, tu appelles Uber Eats et tu commandes chinois.<br><strong>Deux</strong> – On est mis à jour régulièrement. Au fur et à mesure que la technologie et que le jeu évoluent.<br><strong>Un</strong> – Je ne m’étais jamais douté de tout ça.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant, c’est quand même assez évident.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et comment ils ont découvert ça, les Chinois ?<br><strong>Un</strong> – Ils se sont aperçus qu’il y avait un bug dans le jeu.<br><strong>Deux</strong> – Un bug ? Quel bug ?<br><strong>Un</strong> – Ben ça. À un moment du jeu, les personnages se rendent compte qu’ils sont les personnages d’un jeu vidéo.<br><strong>Deux</strong> – D’accord. Donc je ne suis pas le premier à m’en rendre compte.<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Et ce bug, ils vont le corriger ?<br><strong>Un </strong>– On ne sait pas…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant… est-ce que c’est vraiment un bug ?<br><strong>Un</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fait peut-être partie du jeu.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Les personnages eux-mêmes accèdent à une forme de conscience d’eux-mêmes, et ils se rendent compte qu’ils ont été créés par une puissance supérieure.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Et Dieu, dans tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Einstein a dit que Dieu ne joue pas aux dés. Il n’a pas dit qu’il ne jouait pas aux jeux vidéos.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Retour à Ithaque</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:22:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Carte]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour à Ithaque, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/retour-a-ithaque/">Retour à Ithaque</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>L’écriture est une Odyssée. Redessiner son parcours de mémoire dans l’espoir vain de retrouver le chemin du retour. Jusqu’à l’origine. Pour s’apercevoir enfin que le voyage est dans les cartes, que l’origine n’est pas le point de départ, et que le jeu de la vérité est une partie de poker menteur avec soi-même. Mon paradis perdu, c’est la Méditerranée. Enfant de l’exil, j’ai longtemps voulu voir en mon père un héros. Un résistant glorieusement défait. Pourtant, en 1939, mon père n’était qu’un adolescent. Une victime déplacée. Je n’ai d’ailleurs jamais entendu mon père dire du mal de Franco. Mais je me rêvais tellement en fils de l’utopie. Pour mon père, à vrai dire, le Général Franco, c’était plutôt une sorte de Général De Gaulle. L’ordre moral, la paix sociale, et le miracle économique. L’apparentement des patronymes, sans doute. Franco. La France. De Gaulle. La Gaule. Oui, plus tard, parmi les réfugiés aussi, de retour au pays en touristes, il y en avait pour dire qu’avec Franco, on vivait mieux… J’ai longtemps tiré gloire du fait que mon père ne m’avait pas fait baptiser. J’aimais voir là un acte de résistance symbolique. Ce n’était hélas qu’une négligence. Mon père, qui n’était pas allé à la mairie pour me donner un nom, pourquoi m’aurait-il conduit à l’église pour recevoir le baptême ? Non, ne pas croire en Dieu ne fait pas d’un réfugié un résistant. Et j’aurais dû douter de l’anticléricalisme de ce père qui m’interna pendant sept ans dans un pensionnat catholique…. C’est mon oncle qui, à la mairie, improvisa mon prénom. J’entends encore le rire malicieux de ce brave ouvrier de chez Simca&nbsp;en racontant cette anecdote : Jean-Pierre Belmondo ! J’aurais donc dû m’appeler Jean-Paul. Mon nom de famille est le dégât collatéral d’une guerre civile et d’une défaite. Mon prénom le produit d’une indifférence et d’un lapsus. Drôle de baptême républicain. Malentendus. Erreurs. Contradictions. Tous ces hasards font-ils un destin ? Certes, mon père n’était pas franquiste non plus. C’était seulement un survivant, pas un héros. Pas un maquisard, seulement un débrouillard. Beaucoup d’ambition, et un peu de marché noir. Trois ans de guerre civile, et un exode. Six ans de guerre mondiale, et un exil. Ça forme une jeunesse. Pas un combat, mais de nombreuses déroutes. Pas une blessure, mais beaucoup de cicatrices. Ça vous rend résistant. Ça ne fait pas de vous un résistant. Et moi ? Plutôt Gaulliste aussi, enfin, gaulliste de gauche. Franco-gaulois de Barcelone et pas même catalan. Fils d’un républicain fantasmé et de la République Française. Avant même de savoir écrire, j’ai su qu’écrire serait ma seule patrie. Je suis l’auteur de mes jours. L’écriture est une Odyssée, un long parcours de retour vers soi-même. J’aurais fait ce voyage contre vents et marées, y jouant ma vie pour y gagner ma liberté.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Auto-stop</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auto-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:50:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Route]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auto-stop, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez où&nbsp;? Vous ne savez pas…? Bon, ben…montez, je vous emmène. Vous n’avez que ça comme bagages&nbsp;? Vous avez raison. Quand on ne sait pas où on va, pas la peine de se charger. Moi, j’ai juste un petit sac. Une brosse à dents. Des chaussettes de rechange. Un maillot de bain, au cas où… N’oubliez pas d’attacher votre ceinture, il y a des contrôles, parfois. Moi non plus, d’ailleurs, je ne sais pas très bien où je vais. J’ai pris quelques jours. Je vais essayer de trouver un endroit calme, pour faire le point. J’ai une vague idée de roman… Avec les ordinateurs portables, maintenant, c’est pratique. On peut écrire où on veut. Même chez soi. J’ai aussi internet, là-dessus&nbsp;! Quand je quitte la maison, j’emmène la boîte aux lettres. C’est pas mal, ce coin, non&nbsp;? Dommage qu’ils annoncent un temps pourri. J’aime bien rouler, comme ça. Déjà parti, pas encore arrivé. J’ai l’impression d’exister un peu. Ça doit être pour ça que je ne finis jamais rien. Le nombre de romans que j’ai pu commencer&nbsp;! Quand j’étais gosse, ce que je préférais, c’était le trajet entre chez moi et l’école. Je faisais durer le plaisir, en allant le plus lentement possible. Mais… on a beau prendre son temps, on finit toujours par arriver quelque part. Il faut absolument que je mette de l’essence, là. Vous me dites si vous voyez une pompe ? Ouais… Quand j’étais gamin, j’étais terrifié par la certitude que j’allais mourir un jour. C’est le destin de tout le monde, hein&nbsp;? Alors j’ai d’abord tenté de me persuader que je n’étais pas comme tout le monde. Mais très vite, j’ai dû me faire à l’idée que je n’étais pas Jésus-Christ. Seul un temps élastique me séparait d’une mort certaine. Peut-être même prématurée&nbsp;! Non seulement j’étais sûr de mourir, mais je ne savais pas quand. Bref, ça devenait urgent de ralentir pour ne pas mourir de façon précipitée. Qu’est-ce qu’il a à klaxonner comme ça, celui-là&nbsp;? Double, si tu es tellement pressé&nbsp;! Je disais quoi ? Oui, donc, faute de pouvoir arrêter le temps, après, j’ai essayé de retenir chaque instant. Pour qu’il s’écoule moins vite, voyez. Avec l’espoir secret qu’un souvenir plus dense finirait par enrayer le sablier. Pour commencer, j’ai choisi un moment, au hasard, et j’ai décidé arbitrairement de le retenir toute ma vie. Et ça a marché ! La première fois… Un moment inoubliable ! Quoique absolument sans intérêt… Je n’ai jamais pu réitérer cet exploit. De toute façon, depuis le temps, j’ai changé de point de vue sur l’existence, hein&nbsp;? On meurt, bien sûr, mais on ne disparaît jamais complètement. Rien ne se perd, rien ne se crée. Hélas, avec le temps, cette certitude d’un éternel retour me terrorise encore plus que celle d’une fin définitive. Ça ne s’arrêtera donc jamais&nbsp;? Et qu’est-ce qu’on va devenir quand on sera mort&nbsp;? C’est vrai, c’est effrayant, la réincarnation, si on y pense. Même si on n’est pas complètement satisfait de sa vie actuelle, rien ne dit qu’une fois ressuscité, on ne va pas se retrouver dans la peau de quelqu’un encore plus malheureux que soi… Il y a tellement de misère, dans le monde. Ça ne vous fout pas les jetons, à vous, cette roulette russe&nbsp;? Non, on ne sait pas où on va. On ne sait même pas d’où on vient ! Est-ce qu’un papillon se souvient d’avoir été une chenille ? L’homme ne se souvient même pas d’avoir été un singe. Ah, une pompe à essence ! J’ai bien cru qu’on allait tomber en panne sèche. Si vous voulez en profiter pour vous dégourdir les jambes. Ou passer aux toilettes. Prenez votre temps, on n’est pas pressés. On ne sait pas où on va…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cadavre exquis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/cadavre-exquis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:17:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1512</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cadavre exquis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là, attendant quelque chose.<br></em><strong>Un</strong> – Ça n’a pas l’air d’aller, tu as le trac ?<br><strong>Deux</strong> – Non, j’ai un trou…<br><strong>Un</strong> – Comment ça un trou ? Un trou de mémoire ? On n’a pas commencé à jouer…<br><strong>Deux</strong> – Je ne me souviens plus quelle pièce on va jouer.<br><strong>Un</strong> – On est dimanche. Le dimanche, ce n’est pas <em>Hamlet</em> ?<br><strong>Deux</strong> – Si, mais le dimanche on joue deux fois. En matinée et en soirée. On joue <em>Hamlet</em> et <em>Un Tramway nommé désir</em>.<br><strong>Un</strong> – En matinée, c’est Hamlet, et en soirée c’est <em>Un Tramway nommé désir</em>, non ?<br><strong>Deux</strong> – Justement, j’ai un doute.<br><strong>Un</strong> – Ah, ben maintenant, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – On joue tellement de pièces. En ce moment, j’en joue treize en même temps.<br><strong>Un</strong> – Et moi quinze.<br><strong>Deux</strong> – Et on connaît tous les textes au rasoir.<br><strong>Un</strong> – C’est juste que là, je ne suis pas sûr de savoir laquelle on doit jouer.<br><strong>Deux</strong> – Hamlet, or not Hamlet ?<br><strong>Un</strong> – That is the question.<br><strong>Deux</strong> – Quelle heure il est exactement ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas. J’ai fait une petite sieste, et ma montre s’est arrêtée.<br><strong>Deux</strong> – J’ai oublié la mienne à la maison.<br><strong>Un</strong> – Mais on est en matinée ou en soirée ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais plus… Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas vu la lumière du jour.<br><strong>Un</strong> – Si on est en soirée, on a déjà joué une pièce. On devrait savoir laquelle.<br><strong>Deux</strong> – J’en joue trois par jour en ce moment. Une à 15 heures, une à 19 heures et une à 22 heures.<br><strong>Un</strong> – Moi aussi. En ce moment, je fais même un spectacle pour enfant à 10 heures.<br><em>On entend la sonnerie prévenant les acteurs qu’ils vont bientôt entrer en scène.</em><br><strong>Deux</strong> – Il est trop tard pour demander quelle pièce on doit jouer. Tu as entendu la sonnerie ? On entre en scène dans une minute.<br><strong>Un</strong> – Mais les gens, eux, ils savent ce qu’ils viennent voir.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr. Alors comment on fait ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ce que je propose. On entre en scène. On dit les deux premières répliques de <em>Hamlet</em>, et on regarde la tête des gens. S’ils ont l’air surpris, on embraye sur Un Tramway nommé désir.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois… ?<br><strong>Un</strong> – On n’a qu’à essayer.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Qui va là ?<br><strong>Deux</strong> – Non, vous répondez-moi ! Halte là ! Faites vous connaître !<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ils ont l’air surpris, non ?<br><strong>Deux</strong> – OK. Alors on embraye sur <em>Un Tramway nommé désir</em>…<br><strong>Un</strong> – On reprend depuis le début, et on enchaîne, d’accord ?<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Qui va là ?<br><strong>Deux</strong> – Non, vous répondez-moi ! Halte là ! Faites vous connaître !<br><strong>Un</strong> – Hello, Stella, mon bébé !<br><strong>Deux</strong> – Arrête de gueuler comme ça ! Salut Mitch !<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Oui, ça coule pas mal.<br><strong>Deux</strong> – Sur un malentendu, ça pourrait marcher.<br><strong>Un</strong> – Et s’ils ont l’air toujours surpris ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – On pourrait alterner les répliques.<br><strong>Deux</strong> – Alterner les répliques ?<br><strong>Un</strong> – Une réplique de <em>Hamlet</em>, une réplique de <em>Un Tramway nommé désir</em>, et ainsi de suite.<br><strong>Deux</strong> – On peut essayer.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Qui va là ?<br><strong>Deux</strong> – Hello, Stella, mon bébé !<br><strong>Un</strong> – Non, vous répondez-moi ! Halte là ! Faites-vous connaître !<br><strong>Deux</strong> – Arrête de gueuler comme ça ! Salut Mitch !<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais la pièce va durer deux fois plus longtemps.<br><strong>Un</strong> – Deux pièces pour le prix d’une. Qui s’en plaindra ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Et en soirée ?<br><strong>Deux</strong> – La même chose, mais on commence par l’autre pièce.<br><strong>Un</strong> – Ce qui donnera sans doute un sens très différent à ces deux chefs-d’œuvre.<br><strong>Deux</strong> – On vient d’inventer le cadavre exquis théâtral, dis donc.<br><em>La sonnerie résonne à nouveau.</em><br><strong>Un</strong> – Cette fois, il faut y aller.<br><strong>Deux</strong> – Donc on commence par <em>Un Tramway nommé désir</em>…<br><strong>Un</strong> – On n’avait pas dit <em>Hamlet</em>…?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Un baiser de cinéma</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-baiser-de-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 14:38:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Baiser]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1505</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un baiser de cinéma, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là. Ils restent un instant silencieux.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne la sens pas, cette scène d’amour.<br><strong>Deux</strong> – C’est avec qui ?<br><strong>Un</strong> – Fred.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu as déjà tourné avec lui ?<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Et tu n’as rien remarqué ?<br><strong>Deux</strong> – Ben si…<br><strong>Un</strong> – Il pue de la gueule.<br><strong>Deux</strong> – C’est clair.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on peut puer de la gueule à ce point ?<br><strong>Deux</strong> – Il a une haleine de chacal, c’est sûr.<br><strong>Un</strong> – Même sans jamais se laver les dents, on ne peut pas puer autant de la gueule, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être une maladie de foie, ce n’est pas possible autrement.<br><strong>Un</strong> – Et évidemment, personne n’ose lui dire.<br><strong>Deux</strong> – C’est délicat.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’il s’en rend compte ?<br><strong>Deux</strong> – De quoi ?<br><strong>Un</strong> – Qu’il pue de la gueule !<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Peut-être pas.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être que quand on pue de la gueule, on ne s’en rend pas compte soi-même.<br><strong>Un</strong> – Ouais, ce serait sans doute lui rendre service que de lui dire.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas ce serait rendre service aux autres.<br><strong>Un</strong> – À ses partenaires de jeu, déjà.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et si on puait de la gueule, nous aussi, et que personne n’ait jamais osé nous le dire.<br><strong>Un</strong> – C’est une possibilité, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – Si je puais de la gueule, tu me le dirais, toi ?<br><strong>Un</strong> – Pas sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ça fait peur, non ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais rassure-toi, je n’ai jamais rien remarqué.<br><strong>Deux</strong> – Bon…<br><strong>Un</strong> – Peut-être que tu postillonnes un peu, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – Je postillonne, moi ?<br><strong>Un</strong> – J’ai dit un peu.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Merci de me l’avoir dit, en tout cas. J’essaierai de faire attention.<br><strong>Un</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Et moi ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Est-ce que je postillonne ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai rien remarqué…<br><strong>Un</strong> – Bon… Mais tu as remarqué autre chose ?<br><strong>Deux</strong> – Non, je ne vois pas.<br><strong>Un</strong> – OK.<br><strong>Deux</strong> – Je crois t’avoir entendu péter une fois ou deux.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, mais ça… Ce n’est pas toujours facile à contrôler.<br><strong>Deux</strong> – Je sais, mais… au milieu d’une scène, en plein tournage, ça peut déconcentrer ton partenaire, tu comprends ?<br><strong>Un</strong> – Je comprends… C’était quand, la dernière fois ?<br><strong>Deux</strong> – Ce matin… Dans cette scène qu’on a tournée ensemble.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Deux</strong> – Tu m’annonces que tu as vu la Vierge Marie au fond d’une grotte. Et là, juste après le mot grotte, tu lâches une caisse.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas évident de reprendre après ça.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’était assez marrant, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Tu ne l’aurais pas fait exprès, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Si.<br><strong>Deux</strong> – Oui, je m’en doutais un peu.<br><strong>Un</strong> – C’était tellement con, cette scène. Je n’ai pas pu m’en empêcher.<br><strong>Deux</strong> – La Vierge…<br><strong>Un</strong> – Au fond d’une grotte… Je te demande un peu.<br><strong>Deux</strong> – Si tu l’avais vue au fond d’un verre de saké dans un restaurant chinois. Au moins, ce serait drôle.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce que les scénaristes peuvent encore écrire des conneries pareilles au XXIème siècle ?<br><strong>Deux</strong> – C’est pour la télé, tu sais. Ils écrivent ce qu’on leur demande…<br><strong>Un</strong> – Je me demande qui regarde encore la télé. Je veux dire les chaînes nationales.<br><strong>Deux</strong> – Les vieux.<br><strong>Un</strong> – Et quand tous les vieux seront morts ?<br><strong>Deux</strong> – On sera morts aussi.<br><strong>Un</strong> – Ça m’a remonté le moral de bavarder un peu avec toi. Avant d’aller rouler une pelle à ce type qui a une haleine de chameau.<br><strong>Deux</strong> – Eh, oui… On ne fait pas un métier facile…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Trou de mémoire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trou-de-memoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:38:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1441</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trou de mémoire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/trou-de-memoire/">Trou de mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Bonjour, ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Ça va. Et vous ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va, ça va.<br><strong>Elle</strong> – Il ne fait pas chaud, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Non, ça on ne peut pas dire qu’il fait chaud. On peut même dire qu’il fait froid.<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est ce que je disais. En employant une litote.<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Une litote ! Dire moins pour insinuer plus, si vous préférez. Par exemple… « Je ne te hais point » pour dire « je t’aime ».<br><strong>Lui</strong> – Il ne fait pas chaud, c’est une litote ?<br><strong>Elle</strong> – Ça peut.<br><strong>Lui</strong> – Et ça peut vouloir dire je t’aime ?<br><em>L’autre semble un peu déstabilisée, et met un temps pour relancer la conversation comme elle peut.</em><br><strong>Elle</strong> – Je me demande même s’il ne fait pas plus froid cette année que l’année dernière.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est bien possible.<br><strong>Elle</strong> – Je me souviens, il y a un an, à la même époque, j’étais en maillot de bain sur ma terrasse.<br><strong>Lui</strong> – En maillot de bain ? Vous êtes sûre ? En plein mois de janvier ?<br><em>Elle se rapproche de lui.</em><br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi, j’ai dit n’importe quoi, pour meubler. Je ne me souviens plus du tout de mon texte.<br><strong>Lui</strong> – Votre texte ?<br><strong>Elle</strong> – Le trou de mémoire, mais alors là… Je dirais même le trou noir.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça, le trou noir…?<br><strong>Elle</strong> – Le blanc, si vous préférez. J’espérais que ça revienne, mais non. Alors j’ai improvisé. Je suis vraiment désolée.<br><strong>Lui</strong> – Désolée ? Mais de quoi ?<br><strong>Elle</strong> – D’avoir oublié mon texte !<br><strong>Lui</strong> – Mais enfin… on n’a pas de texte !<br><strong>Elle</strong> – On n’a pas de texte ?<br><strong>Lui</strong> – Non. Enfin, moi, je n’ai pas de texte.<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes sûr ? Alors vous aussi, vous improvisez ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Elle</strong> – Ça alors… Ça m’étonnait aussi. Balancer de telles platitudes. Donc vous dites n’importe quoi… Ah oui, je comprends mieux.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça je dis n’importe quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Ce qui vous passe par la tête.<br><strong>Lui</strong> – Ah non, pas tout ce qui me passe par la tête. Je trie un peu quand même.<br><strong>Elle</strong> – Si ce que vous dites, c’est le plus intéressant parmi tout ce qui vous passe par la tête, je n’ose même pas imaginer le reste…<br><strong>Lui</strong> – Et donc vous, vous auriez un texte.<br><strong>Elle</strong> – Ben oui.<br><strong>Lui</strong> – Un texte que vous auriez oublié, donc.<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que je pensais, en tout cas. Mais vous êtes sûr que vous ne seriez pas en train de dire un texte, vous aussi.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Vous croyez ?<br><strong>Elle</strong> – Il y a tout de même quelque chose qui ne colle pas.<br><strong>Lui</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Elle</strong> – Si vous, vous êtes en train de dire un texte, ce n’est pas possible que moi je sois en train d’improviser.<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Ça ne collerait pas.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est sûr.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est qu’on est en train d’improviser tous les deux.<br><strong>Lui</strong> – Ou bien qu’on est en train de dire un texte tous les deux.<br><strong>Elle</strong> – Mais qui aurait bien pu écrire des inepties pareilles ?<br><strong>Lui</strong> – Vous savez, le théâtre contemporain… Peut-être que l’auteur improvisait, lui aussi.<br><strong>Elle</strong> – Je vois, l’écriture automatique, tout ça.<br><strong>Lui</strong> – Je pensais que c’était démodé.<br><strong>Elle</strong> – Ce qui est sûr, c’est que l’auteur, lui, il n’avait pas de texte. Au départ…<br><strong>Lui</strong> – Donc, quelque part, il improvisait…<br><strong>Elle</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça…<br><strong>Lui</strong> – Alors pourquoi on improviserait pas un peu, nous aussi.<br><strong>Elle</strong> – En fait, je me demande si…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – On ne serait pas en train d’écrire le texte à la place de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Les personnages improvisent, et lui il n’a plus qu’à recopier.<br><strong>Elle</strong> – Et c’est lui qui empoche les droits d’auteur.<br><strong>Lui</strong> – Auteur… C’est vraiment un métier de feignant.<br><strong>Elle</strong> – Je dirais même plus : de plagiaire.<br><strong>Lui</strong> – De plagiaire ?<br><strong>Elle</strong> – Si l’auteur plagie ses propres personnages…<br><strong>Lui</strong> – En même temps, vous l’avez dit vous-même. On ne peut pas dire que ce qu’on raconte soit d’une très haute tenue littéraire.<br><strong>Elle</strong> – Non, il faut bien le reconnaître.<br><strong>Lui</strong> – Bon on a peut-être assez improvisé comme ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, ça ira bien.<br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’on disait avant de parler ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Bureau]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Chantage]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1426</guid>

					<description><![CDATA[<p>Noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, un gros cahier à la main.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour, bonjour… Entrez, entrez…<br><strong>Lui</strong> – Merci, merci…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas eu trop de mal pour venir ? Avec ces grèves…<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste en face.<br><strong>Elle</strong> – En face ? Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – L’immeuble en face.<br><strong>Elle</strong> – D’accord, d’accord… Je ne savais pas que… C’est curieux, j’étais persuadée que cette fenêtre-là, sur le mur d’en face, c’était un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Oui. Que la fenêtre était peinte sur le mur. Je n’ai jamais rien vu bouger derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Et pourtant, je suis là, vous voyez…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et donc, de votre salon, vous voyez tout ce qui se passe ici.<br><strong>Lui</strong> – Absolument tout…<br><em>Elle rit nerveusement, comme pour se rassurer.</em><br><strong>Elle</strong> – Remarquez… qu’est-ce qui pourrait bien se passer d’intéressant dans le bureau d’un agent littéraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ça, c’est à vous de me le dire.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, bien sûr… Alors, ce nouveau roman, ça avance ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… J’espère que c’est original, parce que vous savez, en ce moment… La rentrée littéraire est de plus en plus encombrée… Des tas de gens qui racontent leur petite vie, et leurs petits malheurs, persuadés que ça va passionner la Terre entière.<br><strong>Lui</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas une autofiction.<br><strong>Elle</strong> – Tant mieux, tant mieux… Non, ce dont on aurait besoin aujourd’hui, c’est d’un nouveau Robbe-Grillet. D’un nouveau Perec. D’un nouveau Butor. Quelqu’un qui soit encore capable de renouveler les codes du roman classique.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir. Ça va vous étonner. Et je ne serais pas surpris qu’en sortant d’ici, vous me traitiez de butor.<br><strong>Elle</strong> – Mais bien sûr ! Il faut tout faire péter. Comme en mai 68. On sait que ça ne durera pas, que six mois après on votera pour De Gaulle, et que soixante ans après c’est Cohn-Bendit qui se prendra pour De Gaulle, mais sur le moment, ça soulage…<br><strong>Lui</strong> – C’est drôle que vous disiez « soulage » parce que justement… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez jeté un coup d’œil à mon manuscrit…<br><strong>Elle</strong> – Là… vous commencez à m’intriguer, cher ami. J’ai hâte de voir ça. Vous m’avez apporté quelques bonnes feuilles ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé. Tenez, si vous voulez y jeter un coup d’œil…<br><em>Il lui tend le gros cahier.</em><br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… Ah oui, c’est du lourd, on dirait… Ce n’est pas trop long quand même ? Vous savez, maintenant, au-delà de 200 pages… Que voulez-vous ? C’est la génération SMS. Les gens ont perdu l’habitude de tourner les pages…<br><em>Elle sort ses lunettes de presbyte.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça fera dans les 900 pages. Mais vous verrez, ça se lit très facilement.<br><strong>Elle</strong> – Bon, bon… Et c’est quoi, le titre ?<br><strong>Lui</strong> – Le blanc et le noir.<br><strong>Elle</strong> – Le blanc et le noir… Un hommage à Stendhal, peut-être ?<br><strong>Lui</strong> – À Soulages, plutôt… C’est pour ça que tout à l’heure, je vous disais que…<br><strong>Elle</strong> – Soulages ? Tiens donc… J’adore Soulages.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, pour le titre, j’avais d’abord pensé à… Les mémoires d’outrenoir.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Un clin d’œil à Chateaubriand, donc… Mais dites-moi, Stendhal, Chateaubriand… Vous êtes sûr qu’avec tout ça, vous allez vraiment révolutionner l’histoire de la littérature ?<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir, c’est très étonnant.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… alors voyons ça.<br><em>Elle ouvre le cahier et commence à regarder. Elle tourne quelques pages.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous laisse le temps de vous faire une idée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais dites-moi. Apparemment, vous avez laissé quelques pages blanches au début. Ça commence à quelle page, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – C’est déjà commencé.<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Ces pages blanches, ça fait partie du roman.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de vous suivre…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avais dit que ça vous surprendrait. Alors voilà. J’ai calculé que sur une page de roman, en moyenne, les caractères d’imprimerie, en noir donc, occupent huit pour cent de la surface de la page blanche.<br><strong>Elle</strong> – Huit pour cent ?<br><strong>Lui</strong> – En moyenne. Ça dépend du type de caractères employés par l’imprimeur, évidemment. Pour un caractère plus gros et plus gras, ça peut monter jusqu’à neuf ou même dix pour cent.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment…? Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Donc, j’ai eu l’idée de séparer le blanc du noir.<br><strong>Elle</strong> – Voyez-vous ça.<br><strong>Lui</strong> – Après, je me suis demandé si je devais mettre le blanc d’abord et ensuite le noir, ou bien l’inverse…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, j’ai décidé de commencer par le blanc… Pour créer… une attente de la part du lecteur, vous voyez ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois, je vois…<br><strong>Lui</strong> – Une sorte de suspense, si vous préférez.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de savoir ce que je préfère… (<em>Tournant les pages</em>) Et donc, toutes les pages sont blanches.<br><strong>Lui</strong> – Pas du tout. Et c’est là où ça devient intéressant. Pour simplifier, je suis parti sur une moyenne de dix pour cent. Donc, systématiquement, après neuf pages blanches vient une page noire.<br><strong>Elle</strong> – Noire ?<br><strong>Lui</strong> – Totalement noire.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi noire ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que ça vous déstabiliserait un peu. Mais c’est ce que vous vouliez, non ? Du nouveau ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Lui</strong> – Cette page noire, qui vient après neuf pages blanches, rassemble toute l’encre qu’on aurait normalement dû utiliser pour noircir, comme on dit, les neuf pages précédentes, qui en l’occurrence, dans mon roman, resteront vierges. Vous comprenez ?<br><strong>Elle</strong> – Je comprends, je comprends…<br><strong>Lui</strong> – Je vois que ça vous laisse un peu perplexe, c’est normal. Comme tout ce qui est nouveau, ça peut surprendre un peu au début, alors vous me permettrez d’utiliser une métaphore, pour vous aider à mieux appréhender le caractère révolutionnaire de ce roman.<br><strong>Elle</strong> – Une métaphore ?<br><strong>Lui</strong> – Un roman, c’est comme une omelette. Mais des omelettes comme ça, on en a fait le tour. On a beau rajouter des oignons, des pommes de terre, des herbes de Provence… Une omelette, ça reste une omelette. Là, je fais un choix radical, et je reviens aux fondamentaux. Je sépare le blanc du jaune. Ou le blanc du noir, en l’occurrence. D’où le titre…<br><strong>Elle</strong> – Vous vous foutez de moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que vous alliez dire ça… Mais non… Pas plus que tous ces peintres qui vous vendent des tableaux complètement blancs ou complètement noirs, en baptisant pompeusement ça monochrome !<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Ce premier roman du genre est un geste fondateur. Par la suite, bien sûr, je pourrais en écrire d’autres, dans lesquels le blanc ne sera plus tout à fait blanc, et le noir plus tout à fait noir. Mais attention ! Toujours en respectant cette proportion sacrée de dix pour cent !<br><strong>Elle</strong> – Dix pour cent.<br><strong>Lui</strong> – Les peintres ont bien leur nombre d’or, pourquoi pas nous, les auteurs ? Et la preuve que ce chiffre est sacré, dix pour cent, c’est ce que vous me prenez en tant qu’agent sur tous mes droits d’auteur !<br><strong>Elle</strong> – Et vous croyez vraiment que je vais vous verser une avance pour cette fumisterie ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous l’ai dit, j’habite juste en face… et de chez moi, je vois tout ce qui se passe dans ce bureau.<br><strong>Elle</strong> – Tout ?<br><strong>Lui</strong> – Tout. J’ai même des vidéos…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et… vous voulez combien, pour oublier tout ce que vous avez vu ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<item>
		<title>Fin de séries</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fin-de-series/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:30:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin de séries, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes (ou deux hommes) sont assises de chaque côté d’une table, avec chacune un texte relié à la main.<br></em><strong>Une</strong> (<em>avec un air affligé</em>) – On a bien fait de ne pas faire venir l’auteur, hein ? Parce qu’il y a encore pas mal de boulot.<br><strong>Deux</strong> (<em>avec un air entendu</em>) – Ouh là…<br><strong>Une</strong> – Sa première pièce était très bien, pourtant. Très drôle. Je ne comprends pas…<br><strong>Deux</strong> – La deuxième est toujours plus difficile à écrire. C’est connu…<br><strong>Une</strong> – Mmm…<br><em>La première commence à feuilleter le texte, et lit en silence avec un air sinistre. La deuxième lit également en diagonale, tout en observant la première par en dessous de façon à tourner les pages en même temps qu’elle. La première s’interrompt pour prendre l’autre à témoin.</em><br><strong>Une</strong> – Regardez, on en est déjà à la page trois, et on n’a pas encore ri une seule fois.<br><em>La deuxième opine avec un air navré.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>avec un sourire commercial</em>) – Vous voulez un café ?<br><em>L’autre ne prend même pas la peine de lui répondre non, et continue à lire et à tourner les pages. Elle s’arrête soudain sur une réplique et se met à se marrer.</em><br><strong>Une</strong> – Alors ça, en revanche, c’est très marrant…<br><em>Elle continue à rire sous le regard de la deuxième, qui ne sait plus à quelle page en est l’autre, et qui essaie de le vérifier en lorgnant sur le texte d’en face.</em><br><strong>Une</strong> (<em>voyant que l’autre ne se marre pas</em>) – Vous ne trouvez pas ça drôle, vous ?<br><em>L’autre vient enfin de retrouver la réplique en question.</em><br><strong>Deux</strong> – Si, si… (<em>Se forçant à se marrer, avec un peu de retard à l’allumage</em>) C’est vraiment excellent. Là, on retrouve tout à fait la veine de sa première pièce…<br><em>La première reprend son sérieux, et recommence à tourner les pages au fur et à mesure de sa lecture.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>s’enhardissant</em>) – Ah, ça aussi, c’est mal non plus…<br><em>Elle se marre avec sincérité d’une manière très démonstrative, sans pouvoir s’arrêter. Jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que l’autre l’observe avec un air consterné.</em><br><strong>Une</strong> – Vous trouvez ça drôle, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Non, enfin. C’est vrai que ce n’est pas très fin, mais…<br><strong>Une</strong> – Ah, bon, parce que là, vous commenciez à m’inquiéter un peu… Personnellement, je ne supporte pas ce genre d’humour.<br><strong>Deux</strong> – Il faut reconnaître que c’est assez lourd, il nous avait habituées à mieux, c’est sûr…<br><em>Les deux femmes continuent de tourner les pages en cadence au rythme de leur lecture. Elles s’arrêtent spontanément toutes les deux à la même page, et commencent à être prises d’un rire profond allant croissant en intensité. Elles rient ensemble aux larmes pendant un bon moment. La première commence à se calmer peu à peu, imitée par l’autre.</em><br><strong>Une</strong> – Non, il faut avouer que ça, c’est vraiment très drôle… (<em>Elle reprend son air sinistre</em>.) Bon, nous ça nous fait rire parce que… (<em>Avec un air préoccupé</em>) Mais est-ce que ça va vraiment faire rire le public ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas sûr…<br><strong>Une</strong> – Voilà !<br><strong>Deux</strong> – Un peu trop décalé, peut-être.<br><strong>Une</strong> – Non, il faudrait quelque chose d’impertinent, mais d’un peu plus…<br><strong>Deux</strong> – Consensuel.<br><strong>Une</strong> – Mmm…<br><em>La première semble réfléchir, et l’autre l’observe avec prudence, hésitant à intervenir.</em><br><strong>Une</strong> – Je pensais à un truc…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Une</strong> – Est-ce que ce ne serait pas plus drôle pour les gens si le héros était Martiniquais ?<br><strong>Deux</strong> (<em>prise de court</em>) – Martiniquais…<br><strong>Une</strong> – Vous voyez comment sont les Antillais ?<br><strong>Deux</strong> – Euh… Oui, très bien. Mon conjoint est de la Guadeloupe…<br><strong>Une</strong> – Cette nonchalance, cette animalité… (<em>Se marrant</em>) Cet accent à mourir de rire… C’est drôle, l’accent antillais, non ? Ça, c’est un truc qui peut faire rire le grand public. C’est la crise, les gens ont envie de se marrer, bon sang !<br><strong>Deux</strong> – De passer une bonne soirée, et de ne pas se prendre la tête.<br><strong>Une</strong> – Moi je dis, un Martiniquais, sinon rien. Vous voyez ça avec l’auteur ?<br><strong>Deux</strong> – Pas de souci, je m’en occupe.<br><strong>Une</strong> – On lui a déjà versé un à-valoir. Il peut bien avaler ça aussi, non ?<br><strong>Deux</strong> – Vous ne voulez toujours pas de café ?<br><strong>Une</strong> – Là, je crois qu’on tient vraiment quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Ça change complètement l’angle de la pièce.<br><strong>Une</strong> – Je suis sûre qu’on va faire un tabac. Comme quoi, parfois, il suffit de pas grand-chose. Encore faut-il le trouver…<br><strong>Deux</strong> – C’est un métier, comme dirait l’autre.<br><strong>Une</strong> – Vous vous souvenez de sa première pièce ?<br><strong>Deux</strong> – Celle où il raconte la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Si je n’avais pas insisté pour que ça se passe à l’âge des cavernes…<br><strong>Deux</strong> – Et que le héros soit belge.<br><strong>Une</strong> – Ah, oui, je ne me souvenais plus de ça… C’est vrai que l’accent belge…<br><strong>Deux</strong> – C’est toujours d’un effet garanti…<br><strong>Une</strong> – Bon, je crois qu’on ne fera pas mieux avec ça…<br><em>Elle referme enfin le document relié, et regarde sa montre.</em><br><strong>Deux</strong> – Ouh là… Il faut que je me sauve, moi. J’ai rendez-vous avec un emmerdeur dont je n’arrive pas à me défaire… Ah, et il a appelé ça comment, au fait ?<br><em>Elle regarde le titre en couverture.</em><br><strong>Une</strong> (<em>lisant, incrédule</em>) – Chronique d’une vie laborieuse…<br><strong>Deux</strong> – J’étais sûre que ça ne vous plairait pas, mais j’ai préféré ne rien dire, pour ne pas vous influencer…. Moi aussi, je trouve que c’est un très mauvais titre…<br><strong>Une</strong> – Chroniques d’une vie laborieuse… Et pourquoi pas <em>Chroniques laborieuses</em>, tant qu’on y est ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est… C’est plus court.<br><strong>Une</strong> – Je plaisantais…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Une</strong> – Non, il faut quelque chose de plus accrocheur.<br><strong>Deux</strong> – Un titre qui donne aux gens l’envie de venir voir la pièce.<br><em>La première semble réfléchir.</em><br><strong>Une</strong> – Pourquoi pas <em>Strip Poker</em> ? C’est un titre accrocheur, ça. On a envie de venir voir la pièce. Enfin, après, ça dépend de la distribution, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est… C’est accrocheur…<br><strong>Une</strong> – Mais…?<br><strong>Deux</strong> – C’est déjà le titre que vous avez donné à sa première pièce…<br><strong>Une</strong> – Quelle pièce ?<br><strong>Deux</strong> – Celle où il raconte la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Ah…<br><em>Elle réfléchit à nouveau.</em><br><strong>Une</strong> – <em>Strip Poker deux</em>…?<br><em>L’autre a du mal à feindre l’enthousiasme.</em><br><strong>Une</strong> – Non… Il faudrait un truc plus… Un prénom, peut-être… Comme le héros est Martiniquais… Aimé, par exemple ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas…?<br><strong>Un</strong> – C’est le nom d’un comédien avec qui j’ai eu le malheur de coucher après lui avoir promis d’en faire une vedette… Si je lui donne le rôle titre… Ce serait un moyen de m’en débarrasser. C’est un très mauvais coup, en plus…<br><strong>Deux</strong> – Ah…<br><strong>Une</strong> – Maintenant, Aimé… Il faut reconnaître que c’est vraiment un prénom à la con… Comment s’appelle votre mari ?<br><strong>Deux</strong> – Aimé.<br><strong>Une</strong> – Ah… Remarquez, Chroniques d’une vie laborieuse, c’est pas si mal, finalement, hein ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’on s’y fait.<br><strong>Une</strong> – Quand on l’a répété une douzaine de fois. Chroniques d’une vie laborieuse… Allez, c’est vendu. Cette fois, on ne pourra pas dire que je n’ai pas respecté les volontés de l’auteur.<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez même dire les dernières volontés.<br><strong>Une</strong> – Ah, oui ? Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, vous n’êtes pas au courant ? L’auteur s’est suicidé hier soir.<br><strong>Une</strong> – Non…?<br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’il ne s’était jamais vraiment remis de la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Alors c’est sa dernière pièce…<br><strong>Deux</strong> – Selon toute probabilité…<br><strong>Une</strong> – Je pense qu’on va faire un tabac. Un auteur mort, ça se vend toujours beaucoup mieux qu’un auteur qui vivote.<br><strong>Deux</strong> – Le malheur des uns…<br><em>Elles commencent à s’en aller.</em><br><strong>Une</strong> – J’espère que les ayants droit ne seront pas trop casse-couilles…?<br><strong>Deux</strong> – Une vieille tante, je crois.<br><strong>Une</strong> – Il paraît que les cheveux continuent à pousser, quand on est mort. Vous le saviez ?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><em>Noir</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<title>Les trois coups…</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-trois-coups/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:36:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1277</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les trois coups, un sketch humoristique extrait du recueil 'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages entrouvrent le rideau pour observer les spectateurs attendant le début du spectacle.<br></em><strong>Un</strong> – C’est qui, cette vieille dame, au premier rang, avec son appareil auditif ?<br><strong>Deux</strong> – Ben c’est l’ayant droit…<br><strong>Un</strong> – L’ayant droit…?<br><strong>Deux</strong> – L’arrière-petite-nièce de l’auteur ! C’est à elle qu’on a dû demander l’autorisation de jouer. Et crois-moi, les héritiers, c’est encore plus casse-couilles que les auteurs vivants…<br><strong>Un</strong> – À quoi bon monter des auteurs morts s’il faut payer les ayants droit…<br><strong>Deux</strong> – Enfin, celui-là, plus que dix ans et il tombe dans le domaine public…<br><strong>Un</strong> – Espérons au moins que le spectacle va lui plaire.<br><strong>Deux</strong> – Ça, ce n’est pas vendu. Elle a assisté à la création de la pièce en 1927. Alors évidemment, elle a des a priori…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi elle est venue, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Pour compter les spectateurs, j’imagine, et vérifier qu’on ne l’arnaquerait pas sur ses dix pour cent. Et dire qu’on a été obligé de l’inviter, pour l’amadouer…<br><strong>Un</strong> – Pour l’instant, elle a les yeux fermés. Elle se concentre, ou elle dort ?<br><strong>Deux</strong> – Ou alors elle est morte…<br><strong>Un</strong> – Ah, non, elle ronfle…<br><strong>Deux</strong> – Il faudrait peut-être la réveiller. On va frapper les trois coups…<br><strong>Un</strong> – Je vais demander à ce qu’on les frappe un peu plus fort…<br><em>Noir. </em><br><em>On frappe les trois coups…</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Livres</title>
		<link>https://sketchotheque.net/livres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 15:59:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Livre]]></category>
		<category><![CDATA[Molière]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Livres, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages qui se font face.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Salut.<br><strong>Un</strong> – Ça fait longtemps que vous fréquentez cette bibliothèque ?<br><strong>Deux</strong> – Trois ans, à peu près.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Vous êtes un petit nouveau, alors…<br><strong>Deux</strong> – On peut dire ça… Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Ouh, là, moi… Une cinquantaine d’années, je pense.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong>Un</strong> – C’est curieux qu’on ne se soit pas croisés avant.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – On ne doit pas fréquenter les mêmes rayons.<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être ça…<br><strong>Un</strong> – Je suis plutôt… classique.<br><strong>Deux</strong> – Théâtre du répertoire, d’accord.<br><strong>Un</strong> – Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Plutôt contemporain.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Enfin quand je dis je vois… Excusez-moi de vous demander ça, mais… Comme vous portez une… Enfin, comme vous êtes recouvert d’un… Je n’arrive pas à lire le…<br><strong>Deux</strong> – Le titre et le nom de l’auteur.<br><strong>Un</strong> – C’est ça…<br><strong>Deux</strong> – <em>Minute, papillon !</em> de Jean-Pierre Martinez.<br><strong>Un</strong> – <em>Minute, papillon </em>? Et… qu’est-ce que ça veut dire ?<br><strong>Deux</strong> – Vous savez le théâtre contemporain… Tous les bons titres sont déjà pris…<br><strong>Un</strong> – Évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Mais on peut imaginer que… c’est une allusion à la brièveté de la vie.<br><strong>Un</strong> – Vita brevis…<br><strong>Deux</strong> – Comme un papillon ne vit qu’une journée, chaque minute compte.<br><strong>Un</strong> – Carpe diem… quam minimum credula postero.<br><strong>Deux</strong> – Voilà…<br><strong>Un</strong> – C’est une citation d’Horace.<br><strong>Deux</strong> – Je m’en doutais… Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Moi ?<br><strong>Deux</strong> – Quel titre ? Quel auteur ?<br><strong>Un</strong> – <em>Le Misanthrope</em>, de Molière.<br><strong>Deux</strong> – Oui, c’est ce que j’avais cru lire sur… votre couverture. C’est d’ailleurs ce qui m’a retenu de vous adresser la parole en premier…<br><strong>Un</strong> – J’avoue que la solitude, dans mon désert, commence à me peser un peu.<br><strong>Deux</strong> – Le Misanthrope… Un classique… Et vous avez une mine superbe ! Pour votre âge…<br><strong>Un</strong> – In quarto, en vélin, couverture cuir, doré sur tranche, édition de l’époque. Ça ne vieillit pas.<br><strong>Deux</strong> – La couverture ou le texte ?<br><strong>Un</strong> – Les deux !<br><strong>Deux</strong> – Je plaisante… Mais c’est quoi, le vélin, au juste ? Je n’ai jamais su.<br><strong>Un</strong> – Cuir de veau mort né.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Papier recyclé.<br><strong>Un</strong> – Une autre époque.<br><strong>Deux</strong> – C’est plus végan mais ça vieillit moins bien.<br><strong>Un</strong> – La couverture ou le texte ? Je plaisante…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que la mienne était un peu déchirée. C’est pour ça qu’ils m’ont recouvert avec cet affreux plastique transparent… Le veau mort-né, ça a quand même une autre allure.<br><strong>Un</strong> – Allez… Vous serez peut-être réédité un jour… Molière aussi était un auteur contemporain, vous savez. À ses débuts…<br><strong>Deux</strong> – Je me demande qui a bien pu emprunter en même temps une pièce de Molière et une comédie de Jean-Pierre Martinez ?<br><strong>Un</strong> – Alors on va passer une quinzaine de jours ensemble…<br><strong>Deux</strong> – Eh oui… Quinze jours avec Le Misanthrope… (<em>Pour lui-même</em>) C’est bien ma veine… (<em>Plus fort</em>) J’espère au moins que c’est au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Elle a emprunté aussi le Routard sur les Îles Grecques. Ça me changera un peu. D’habitude, je suis plutôt abonné au scolaire et aux cours de récré. Vous connaissez la Grèce ?<br><strong>Deux</strong> – Non, c’est ma première sortie.<br><strong>Un</strong> – En trois ans ?<br><strong>Deux</strong> – Comme vous disiez, il y a un début à tout.<br><strong>Un</strong> – Pour la Grèce, on pourra toujours demander au Routard… Vous le connaissez ?<br><strong>Deux</strong> – Pas du tout.<br><strong>Un</strong> – Il n’a pas l’air très propre sur lui, mais bon… Puisqu’on va passer quinze jours ensemble…<br><strong>Deux</strong> – Ça fait combien de temps qu’on est là, sur cette table.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Au moins une heure…<br><strong>Deux</strong> – Je me demande si on ne nous a pas oubliés…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Auteur anonyme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auteur-anonyme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:57:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auteur anonyme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là, debout au milieu de la scène vide, et jette un regard autour d’elle. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Ah, tu es là ! Je te cherchais partout…<br><strong>Elle</strong> – Ça y est, le dernier camion vient de partir avec les derniers cartons.<br><strong>Lui</strong> – Tu as regardé partout ? Il ne reste plus rien dans la maison ?<br><strong>Elle</strong> – Plus rien. À part nos souvenirs…<br><em>Il pose une main sur son épaule.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez… On va s’en fabriquer d’autres !<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr… Mais les projets, ça n’empêche pas la nostalgie.<br><strong>Lui</strong> – Tu regrettes ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens la première fois où on est entrés dans cette maison, pour la visiter ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était vide aussi.<br><strong>Lui</strong> – Et entre ces deux vides, on a vécu. On a rempli cette maison. De meubles. De tableaux. D’enfants…<br><strong>Elle</strong> – Et elle nous a remplis. De joie. De bonheur. De souvenirs.<br><strong>Lui</strong> – On les emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – Et on laisse cet endroit presqu’aussi propre qu’on l’a trouvé en entrant.<br><strong>Lui</strong> – Beaucoup plus propre, si tu veux mon avis.<br><strong>Elle</strong> – Qui seront les suivants ? On ne sait rien d’eux.<br><strong>Lui</strong> – Et iIs ne sauront rien de nous.<br><strong>Elle</strong> – Comme nous ne savons rien de ceux qui nous ont précédés ici.<br><strong>Lui</strong> – Les gens passent, les maisons restent.<br><strong>Elle</strong> – Jusqu’à ce que les maisons s’écroulent elles aussi. Ou qu’on les démolisse. Pour construire des immeubles à la place.<br><strong>Lui</strong> – Il y a aussi des maisons hantées par de mauvais souvenirs.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Toutes les maisons ont une histoire. Des histoires.<br><strong>Lui</strong> – Comme l’histoire d’un crime, par exemple.<br><strong>Elle</strong> – Un crime ?<br><strong>Lui</strong> – Tous les crimes n’ont pas lieu en plein air, tu sais. La plupart sont perpétrés à domicile. En famille, souvent… Et quand ce crime fait la une des faits divers, la maison devient invendable. J’imagine que parfois, on doit même finir par la démolir, pour en reconstruire une autre à la place. Une maison sans histoire…<br><strong>Elle</strong> – Merci, ça me remonte le moral, ce que tu dis.<br><strong>Lui</strong> – On ne sait pas… Peut-être que cette maison, avant nous, n’a pas abrité que des moments heureux.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on n’a jamais trouvé de cadavres dans les placards.<br><strong>Lui</strong> – Peut-être que si on avait creusé dans la cave…<br><strong>Elle</strong> – Bon… Ben du coup, je préfère autant qu’on y aille, maintenant.<br><strong>Lui</strong> – Tu vois ? Il suffisait de demander…<br><strong>Elle</strong> – Merci… Je sais que je peux toujours compter sur toi dans les moments difficiles.<br><em>Ils se dirigent vers la sortie. Elle se baisse et ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Un manuscrit, apparemment.<br><strong>Lui</strong> – Un manuscrit ?<br><strong>Elle</strong> – On dirait une pièce de théâtre.<br><strong>Lui</strong> – À quoi tu vois ça ?<br><em>Elle feuillette le manuscrit.</em><br><strong>Elle</strong> – Avec des gens qui parlent, si tu préfères. Pas comme un roman.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Des dialogues…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est le scénario d’un film.<br><strong>Lui</strong> – Ça parle d’un crime ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il avait dû rester coincé derrière un radiateur, et avec le déménagement, il est tombé par terre. Le papier est complètement jauni.<br><strong>Elle</strong> – Mais ça reste lisible. Après toutes ces années. Tu te rends compte ?<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi ? Une comédie ? Un drame ?<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait le lire.<br><strong>Lui</strong> – Qui a bien pu écrire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un qui habitait ici avant nous, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue… Et si c’était un chef d’œuvre…<br><strong>Elle</strong> – Ça peut aussi être un navet.<br><strong>Lui</strong> – C’est signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Je ne vois pas le nom de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être inédit. Un manuscrit anonyme, tu te rends compte ? Tu pourrais le signer et le publier… Tu es éditrice. Pour toi, ce serait facile.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait un plagiat.<br><strong>Lui</strong> – Si l’auteur est mort. Et que personne ne sait qu’il a écrit ça…<br><strong>Elle</strong> – Je vais commencer par le lire…<br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – On quitte cette maison, et c’est l’histoire de quelqu’un d’autre qu’on emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – J’espère que ce n’est pas un drame…<br><strong>Lui</strong> – Au moins, on n’a pas trouvé de cadavre.<br><strong>Elle</strong> – Ça me donnerait presque envie de chercher…<br><strong>Lui</strong> – Tu crois ?<br><strong>Elle</strong> – L’auteur est peut-être enterré dans la cave…<br><em>Ils s’en vont.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Fatal comique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fatal-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1219</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fatal comique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur une table basse, une cafetière, deux tasses et un journal. Pierre entre en robe de chambre. Il se sert une tasse de café et prend le journal pour le lire. Marie, sa femme, arrive.<br></em><strong>Marie</strong> – Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va.<br><em>Marie se sert une tasse et observe Pierre.</em><br><strong>Marie</strong> – Tu as l’air soucieux… Un problème ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… Enfin… Toujours pas d’idée pour ma nouvelle pièce.<br><strong>Marie</strong> – Ne t’inquiète pas, ça va venir… Ça finit toujours par venir, non ?<br><strong>Pierre</strong> – Oui… Jusqu’à maintenant…<br><strong>Marie</strong> – Il n’y a pas une bonne histoire, dans le journal, dont tu pourrais t’inspirer ?<br><em>Il repose le journal.</em><br><strong>Pierre</strong> – Les nouvelles sont de plus en plus déprimantes… Je crois que je vais arrêter de lire la presse. J’ai déjà arrêté de regarder la télé et d’écouter la radio…<br><strong>Marie</strong> – C’est vrai que tout ça n’est pas très gai, mais bon. D’un autre côté… c’est pour ça qu’on aura toujours besoin d’auteurs comme toi.<br><strong>Pierre</strong> – Ah oui ? Et c’est quoi, un auteur comme moi ?<br><strong>Marie</strong> – Tu sais bien… Quelqu’un pour nous faire rire… Un comique !<br><strong>Pierre</strong> – Un comique ? Alors c’est comme ça que tu me vois ? Comme un comique !<br><strong>Marie</strong> – Il faut bien des auteurs pour nous écrire de bonnes comédies ! Oublier un peu nos soucis… Nous faire passer un bon moment en ne pensant à rien…<br><strong>Pierre</strong> – En ne pensant à rien ?<br><strong>Marie</strong> – Excuse-moi… Je veux dire… en pensant à autre chose.<br><strong>Pierre</strong> – Je vois… Donc pour toi, je suis seulement un amuseur… Un type qui fait diversion… Qui détourne l’attention du peuple des vrais problèmes de la société…<br><strong>Marie</strong> – Le peuple ! Tout de suite, les grands mots… Divertir le public, il n’y a pas de honte à ça, si ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… On peut aussi avoir envie d’autre chose…<br><strong>Marie</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Pierre</strong> – D’être utile…<br><strong>Marie</strong> – Pour moi, distraire les gens, leur faire retrouver le sourire, c’est très utile. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce talent.<br><strong>Pierre</strong> – Ouais…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Des comédies, j’en ai déjà écrit près d’une centaine.<br><strong>Marie</strong> – Et ça a toujours été de gros succès.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, mais je commence à être à court d’idées. Je me demande si je n’en ai pas fait le tour.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux arrêter d’écrire ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça je ne suis pas sûr d’y arriver non plus… Non, je me demandais si…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’essayais un autre genre ?<br><strong>Marie</strong> – Un roman, tu veux dire ? Depuis des années, je te répète que tu devrais essayer. Il y a des romans très drôles, aussi…<br><strong>Pierre</strong> – Malheureusement, je ne suis pas romancier, je le sais bien. Le théâtre, je ne sais rien faire d’autre.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors il ne te reste plus qu’à trouver un bon sujet de comédie.<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’écrivais… un autre genre de pièces.<br><strong>Marie</strong> – Un autre genre de pièce ?<br><strong>Pierre</strong> – Un truc qui ne soit pas forcément drôle, tu vois ?<br><strong>Marie</strong> – Une comédie pas drôle ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas une comédie, justement !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… une comédie dramatique ?<br><strong>Pierre</strong> – Je veux dire pas une comédie du tout !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux écrire un drame ?<br><strong>Pierre</strong> – Un drame, une tragédie… Appelle ça comme tu veux.<br><strong>Marie</strong> – Bon…<br><strong>Pierre</strong> – Quoi ?<br><strong>Marie</strong> – Je ne sais pas… (<em>Silence</em>) Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus d’idée de comédie. Je voudrais essayer d’écrire autre chose. C’est pas un drame, non plus !<br><strong>Marie</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Tu veux encore du café ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, merci.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors je te laisse réfléchir… à ta nouvelle pièce.<br><em>Elle sort. Il soupire et ouvre à nouveau son journal. Le téléphone sonne. Il répond.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui ? Ah oui… Non, non, je voulais t’appeler justement… Écoute, je ne sais pas encore… Non, pour l’instant, je suis en panne d’inspiration. Oui, je sais, j’ai toujours dit que ça n’existait pas. Mais tu sais l’inspiration, c’est comme Dieu. On dit que ça n’existe pas jusqu’au moment où on en a vraiment besoin… Et toi, ça va ? Bon… Je vois… D’accord… Écoute, il va falloir que je te laisse, là… On s’appelle et on essaie de déjeuner ensemble la semaine prochaine ? OK, on fait comme ça… Salut, t’embrasse.<br><em>Marie revient, l’air un peu embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je dois faire quelques courses, je n’en ai pas pour longtemps. Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Euh… oui. Depuis tout à l’heure, la situation n’a pas beaucoup évolué, mais oui. Ça va.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors j’y vais.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça. À tout à l’heure.<br><em>Elle sort. Il reprend la lecture de son journal, mais à peine a-t-il commencé que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il sort un instant pour aller ouvrir et revient accompagné d’une femme.</em><br><strong>Alex</strong> – Je ne te dérange pas, j’espère ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, non, pas du tout, j’étais en train de… Tu veux un café ?<br><strong>Alex</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Pierre</strong> – C’est sympa de passer comme ça à l’improviste.<br><strong>Alex</strong> – Quand on habite le même immeuble que son agent, c’est toujours un risque de le voir débarquer sans avoir été invité…<br><strong>Pierre</strong> – Il va peut-être falloir que je déménage, alors…<br><em>Sourires, suivi d’un silence embarrassé.</em><br><strong>Alex</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Rien… J’étais au téléphone avec… Comment elle s’appelle, déjà… Tu sais, cette comédienne qui jouait dans… Elle est devenue éditrice.<br><strong>Alex</strong> – Éditrice ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu sais ce que c’est. La vie est cruelle pour les comédiennes. Surtout pour les jeunes premières. Passée la trentaine…<br><strong>Alex</strong> – Tu cherches un nouvel éditeur ?<br><strong>Pierre</strong> – Pas spécialement… C’est elle qui m’a appelé. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles… Ça commence à m’inquiéter. Tout le monde me demande si ça va aujourd’hui…<br><strong>Alex</strong> – Et… ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va, je te remercie… C’est dingue…<br><strong>Alex</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je termine la conversation en lui disant : « on se rappelle et on déjeune…? » Ça m’est sorti comme ça. L’habitude. Finalement, on aurait aussi bien pu déjeuner ensemble à midi.<br><strong>Alex</strong> – Qu’est-ce que tu veux… C’est Paris… On est tous débordés…<br><strong>Pierre</strong> – Ou alors on a rien à foutre et on fait semblant…<br><strong>Alex</strong> – Ouais…<br><strong>Pierre</strong> – Toi, par exemple. Tu es particulièrement débordée, aujourd’hui ? (<em>Silence</em>) Non, évidemment, sinon, tu ne serais pas là. Tu imagines ? Tu acceptes de déjeuner comme ça à l’improviste… Le lendemain, tout Paris va savoir que tu n’as rien à foutre de tes journées. Que plus personne ne veut travailler avec toi. Que tu es au chômage. Ou pire que tu es sur liste noire… Du coup, plus personne ne t’appellerait, et tu serais vraiment total has been.<br><strong>Alex</strong> – Ouais… (<em>Silence</em>) Et sinon, elle, ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Qui ça ?<br><strong>Alex</strong> – Ton éditrice !<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Tu as raison… Finalement, c’est peut-être elle qui ne va pas bien. Elle m’a appelé parce qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et moi, je lui ai presque raccroché au nez… J’aurais dû lui proposer de déjeuner avec elle à midi… Et toi, ça va ?<br><strong>Alex</strong> – Ça va…<br><strong>Pierre</strong> – Tu es sûre que tu ne veux pas du café ?<br><strong>Alex</strong> – Sûre… (<em>Silence</em>) Tu écris un peu, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas vraiment. Je crois que je suis arrivé au bout de quelque chose là. Il faudrait que je change un peu de style.<br><strong>Alex</strong> – Oui, je sais, j’ai croisé Marie dans l’escalier.<br><strong>Pierre</strong> – Ne me dis pas que c’est pour ça que tu es passée me voir.<br><strong>Alex</strong> – Alors comme ça, tu veux écrire un drame.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, enfin… Pourquoi pas ?<br><strong>Alex</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu vois, Alex, c’est ça mon problème. La simple idée que j’envisage d’écrire autre chose qu’une comédie, les gens prennent ça pour une blague.<br><strong>Alex</strong> – Disons que… ce n’est pas sur ce terrain-là qu’on t’attend habituellement.<br><strong>Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Alex</strong> – Ça risque de surprendre ton public… De le décevoir, peut-être…<br><strong>Pierre</strong> – Le décevoir ? Je n’ai encore pas écrit une ligne, et tu me dis déjà que ce sera décevant. Merci de tes encouragements. Au moins, je sais pourquoi j’ai un agent.<br><strong>Alex</strong> – Et… tu as déjà un sujet ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… C’est juste une idée…<br><strong>Alex</strong> – Bon, donc c’est juste une idée.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça…<br><strong>Alex</strong> – Excuse-moi, je me suis peut-être emballée un peu vite.<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Je pensais écrire quelque chose sur ces migrants qui viennent s’échouer sur nos côtes. Quand ils ne sont pas morts noyés pendant la traversée, évidemment…<br><strong>Alex</strong> – Une comédie, tu veux dire ? (<em>L’autre lui lance un regard navré.</em>) Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… Alors c’est sérieux, tu veux vraiment écrire quelque chose de…<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus vingt ans… Toi non plus… Il serait peut-être temps qu’on commence à s’interroger sur le monde qui nous entoure, non ?<br><strong>Alex</strong> – Le monde qui nous entoure ?<br><strong>Pierre</strong> – Imagine qu’après notre mort, on soit réincarnés. Comme ça. Au hasard. Le monde est principalement peuplé de gens qui ont une vie de merde. Si on peut appeler ça une vie. Si on y réfléchit bien, à part une minorité de privilégiés, dont les plus chanceux vivent dans des paradis fiscaux, la Terre est un enfer.<br><strong>Alex</strong> – Et alors ?<br><strong>Pierre</strong> – Et alors ? Statistiquement, la réincarnation, c’est l’enfer assuré… Si on ne change pas le monde de notre vivant, on est à peu près certain de vivre un enfer quand on sera réincarnés !<br><em>Alex le regarde, estomaquée.</em><br><strong>Alex</strong> – OK…<br><strong>Pierre</strong> – Je te laisse réfléchir à ça. Je vais m’habiller…<br><em>Il sort. Marie revient.</em><br><strong>Marie</strong> – Alors ?<br><strong>Alex</strong> – Il va très mal.<br><strong>Marie</strong> – Je te l’avais dit.<br><strong>Alex</strong> – Il est en plein délire. Il parle de la mort. Du paradis. De l’enfer.<br><strong>Marie</strong> – Non ?<br><strong>Alex</strong> – Il veut écrire une pièce sur les exilés.<br><strong>Marie</strong> – Les exilés fiscaux ?<br><strong>Alex</strong> – Les exilés économiques !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… les retraités qui vont s’installer au Portugal ou au Maroc, parce que la vie est moins chère là-bas ?<br><strong>Alex</strong> – Les migrants ! En Méditerranée ! La jungle de Calais.<br><strong>Marie</strong> – Ce n’est pas vrai… Il te l’a dit ?<br><strong>Alex</strong> – J’ai essayé de lui parler, mais il ne veut rien savoir.<br><strong>Marie</strong> – Il est où ?<br><strong>Alex</strong> – Il est parti s’habiller.<br><strong>Marie</strong> – Je ne comprends pas… Jusqu’à ce matin, il était tout à fait normal. Enfin… il était comme d’habitude, quoi…<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est peut-être que passager. Il doit être un peu déprimé. Mais il ne faut pas prendre ça à la légère.<br><strong>Marie</strong> – C’est sûr… J’ai du mal à le dire mais… j’ai l’impression qu’il a des tendances suicidaires.<br><strong>Alex</strong> – Il faudrait lui suggérer de voir un médecin.<br><strong>Marie</strong> – Un psychiatre, tu veux dire ?<br><strong>Alex</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Marie</strong> – Parfois avec une simple cure de vitamines… Un homéopathe ?<br><em>Pierre revient.</em><br><strong>Pierre</strong> – Ah, tu es revenue ?<br><strong>Alex</strong> – Je vais vous laisser.<br><strong>Pierre</strong> – Non, mais je ne te chasse pas.<br><strong>Alex</strong> – J’allais partir, de toute façon. J’ai… Il faut que j’y aille. J’ai une grosse journée. On s’appelle et on déjeune ensemble ?<br><em>Il sort. Marie lance à Pierre un regard embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je lui ai simplement dit que tu étais là, et que si elle voulait monter prendre un café…<br><strong>Pierre</strong> – Elle n’en a pas voulu.<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Du café. Je lui en ai proposé, elle n’en a pas voulu.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Mais qu’est-ce que tu cherches, Pierre, au juste ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Marie</strong> – On n’est pas bien, ensemble ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais si, ce n’est pas la question.<br><strong>Marie</strong> – Tu as une maîtresse, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais non, pas du tout !<br><strong>Marie</strong> – On a la vie qu’on voulait, non ? Tu fais le métier que tu aimes. Tu n’as pas de patron. Tu gagnes bien ta vie.<br><strong>Pierre</strong> – Je sais.<br><strong>Marie</strong> – Mais alors qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Pierre</strong> – Tout ça n’a plus de sens pour moi. J’ai besoin… d’essayer autre chose.<br><strong>Marie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Pour qu’à mon enterrement, les gens ne se contentent pas de dire : celui-là, c’était un comique…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux qu’on déménage ?<br><strong>Pierre</strong> – Ailleurs, ce serait pareil.<br><strong>Marie</strong> – Tu ne vas pas faire une bêtise, au moins ?<br><strong>Pierre</strong> – Une bêtise ? Comme quoi ?<br><em>Marie tente de cacher son trouble.</em><br><strong>Marie</strong> – Je te laisse travailler…<br><em>Elle sort. Il reste un instant perplexe. Il prend un cahier et un crayon et essaie d’écrire, mais visiblement, l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il décroche le téléphone et compose un numéro.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui, pardon, c’est encore moi… Écoute, finalement, j’ai réussi à me libérer pour ce soir. Tu pourrais venir dîner à la maison ? Je voudrais te parler d’un nouveau projet… Oui, bien sûr, viens avec ton mari. OK, vingt heures, c’est parfait. Bon, alors à ce soir…<br><em>Il raccroche. Il reprend le cahier et le crayon, et il commence à écrire avec fébrilité. Il s’interrompt et s’adresse au public.</em><br><strong>Pierre</strong> – Vous allez voir. Cette fois, vous n’allez pas rigoler.<br><em>Il se remet à écrire.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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