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	<title>Archives des Capitalisme - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Capitalisme - La Sketchothèque</title>
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		<title>Le Phoenix</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Phoenix, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Dans le lit, un homme reprend peu à peu connaissance. Une femme arrive, façon executive-woman, avec à la main un ordinateur portable dans une serviette.<br></em><strong>Femme</strong> – Cher Monsieur bonjour !<br><strong>Homme</strong> – Bonjour…<br><strong>Femme</strong> – Excusez-moi un instant, ce ne sera pas long.<br><strong>Homme</strong> – Je vous en prie…<br><em>Elle sort le portable de la serviette, l’allume et le place sur la table de nuit de façon à ce qu’il voie l’écran.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous vous souvenez du code, pour le wifi ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens même pas de mon nom.<br><strong>Femme</strong> – Ça ne fait rien, on s’en passera. (<em>Après s’être éclairci la gorge</em>) Cher Monsieur, j’ai souhaité vous rencontrer sans tarder, parce que j’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer.<br><strong>Homme</strong> – Un nouveau produit, peut-être ? Un remède miracle ? Quelque chose qui pourrait me sauver la vie.<br><strong>Femme</strong> – Vous m’ôtez les mots de la bouche, cher Monsieur. En effet, les nouveaux produits financiers que j’ai à vous proposer pourraient changer votre vie.<br><strong>Homme</strong> – J’en conclus que vous n’êtes pas médecin.<br><strong>Femme</strong> – Je suis votre conseiller financier. Vous êtes bien titulaire d’un compte au Crédit Général, n’est-ce pas ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, peut-être.<br><strong>Femme</strong> – Et je peux vous assurer que vous faites partie de nos meilleurs clients.<br><strong>Homme</strong> – Tant mieux. Parce que je ne suis même pas sûr d’être un bon catholique…<br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas obligatoire pour spéculer en bourse. Et en tant que client privilégié de notre banque, j’ai tenu à vous proposer en priorité nos nouvelles opportunités de placement, d’un rendement absolument exceptionnel.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Regardez ce graphique. (<em>Elle lui montre une courbe.</em>) Notre nouveau fonds d’investissement, Le Phoenix en Actions, a gagné 27% en six mois.<br><strong>Homme</strong> – Le Phoenix ? Ah oui, ça fait rêver. Mais pourquoi ce nom ?<br><strong>Femme</strong> – L’année d’avant, hélas, Le Phoenix avait perdu 73% de sa valeur boursière. C’est un placement risqué, réservé aux investisseurs les plus audacieux, mais qui renaît toujours de ses cendres !<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de pouvoir en dire autant.<br><strong>Femme</strong> – Allons, je suis sûre de reconnaître en vous un battant. La bourse, c’est un placement toujours gagnant sur le long terme.<br><strong>Homme</strong> – Vous savez, le long terme, pour moi… Je vous ai dit que je venais de recevoir l’extrême-onction ?<br><strong>Femme</strong> – J’allais y venir, cher Monsieur. Je ne vous cache pas qu’il faut vous décider rapidement. Il s’agit d’une opportunité exceptionnelle. Mais il n’y en aura pas pour tout le monde. Nous ne pourrons servir que nos clients les plus réactifs.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr d’être encore très réactif, même aux traitements médicaux. À vrai dire, j’en suis à me demander si je ne suis pas déjà mort…<br><em>Elle ouvre sa housse et en sort une brochure qu’elle lui tend avec un sourire commercial.</em><br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous… Nous avons aussi toute une gamme de produits en matière d’assurance-vie et d’assurance-décès.<br><strong>Homme</strong> (<em>prenant le document</em>) – Merci…<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse réfléchir, cher Monsieur. Nous n’allons pas non plus vous harceler, n’est-ce pas ? Nous sommes là avant tout pour vous conseiller…<br><strong>Homme</strong> – C’est ça, je vais réfléchir.<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse, j’ai d’autres investisseurs potentiels à voir dans cet établissement. D’ailleurs qu’est-ce que c’est ? Une sorte de maison de retraite ?<br><strong>Homme</strong> – Une Unité de Soins Palliatifs.<br><strong>Femme</strong> – Tout à fait. Alors à très bientôt. Mais réfléchissez vite, cher Monsieur. Dans votre cas, surtout, vous n’avez pas de temps à perdre… et ce serait dommage de passer à côté d’une telle opportunité.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Le ménage</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-menage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:50:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ménage, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Faire le ménage, ce n’est pas que ça m’amuse. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un de ces vieux garçons maniérés, adeptes de l’encaustique, qui s’adonnent dans l’intimité de leur chez-soi aux plaisirs du patin sur parquet. Il me semble, néanmoins, qu’il y a une certaine grandeur discrète à balayer devant sa porte. À tenir fermement le manche à balai, on reste bien arrimé à la réalité. Poussières nous sommes et nous retournerons faire les poussières. Récurer soi-même la cuvette de ses chiottes, ça oblige à une certaine humilité. Une certaine modestie. J’ose le dire, même, faire son propre ménage relève d’une bonne hygiène mentale, et préserve de bien des folies. Je ne parle pas des petites manies individuelles. Le Docteur Petiot était plutôt un homme d’intérieur, Monsieur Landru du genre homme au foyer. Ça ne les a pas empêchés de se laisser aller à quelques excès. Mais dans un cadre strictement privé ! Non, je parle de la défense de la démocratie. La serpillière, c’est le dernier rempart contre la tyrannie. Hitler aurait-il envahi la Pologne s’il avait dû passer un coup d’aspirateur avant&nbsp;? Pol Pot aurait-il exterminé son propre peuple avec autant d’entrain s’il avait pu chez lui s’employer à chasser les moutons au plafond ? Non, on n’a jamais vu un dictateur faire la popote lui-même. Prendre un employé de maison, c’est se rêver déjà en tyran domestique. C’est le premier pas vers la mégalomanie. C’est l’annexion symbolique du Portugal ! Le génie, en revanche, n’est pas l’ennemi des arts ménagers. On imagine très bien Archimède ayant l’idée de son théorème debout devant son évier avec ses gants en caoutchouc&nbsp;: toute main plongée dans l’eau subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids de l’eau de vaisselle déplacée. Et s’il y a autant de plats à fruits, d’épluchures de légumes et autres steaks saignants parmi les natures mortes qu’on voit dans les musées, c’est que les grands maîtres de la peinture passaient pas mal de temps dans leur cuisine. Embaucher une femme de ménage, croyez-moi, c’est une paresse intellectuelle. Que dis-je&nbsp;? C’est le péché originel&nbsp;! Le premier renoncement à ses responsabilités d’homme ouvrant la porte à toutes les démissions futures. Le petit arrangement avec sa conscience autorisant toutes les compromissions à venir. C’est l’origine du capitalisme ! Le début de l’exploitation de l’homme par l’homme. Enfin de la femme de ménage par l’homme, ou par l’executive woman, qui vous en conviendrez, n’est déjà plus tout à fait une femme. Car il faut au moins avoir l’honnêteté de contempler la vérité en face : le grand ménage que vous refusez de faire chez vous par crainte de vous salir les mains, il faudra bien qu’un autre le fasse à votre place. La pierre ponce que vous rechignez à saisir de crainte de vous abîmer l’épiderme, un autre Pilate devra la manier pour vous. Un autre que vous mépriserez pour sa servilité, ou pour le moins que vous regarderez avec condescendance, afin de lui faire payer votre propre lâcheté. Pourquoi, à votre avis, paye-t-on toujours sa femme de ménage au noir&nbsp;? Et sans aucun scrupule, de surcroît. Parce qu’on ne peut pas envisager sérieusement que de faire le ménage chez les autres soit un véritable métier. Encore moins un travail méritant salaire et ouvrant à des droits sociaux. Alors on cherche un alibi. On se dit que si on n’avait pas mieux à faire, sûr qu’on s’y collerait soi-même, à laver les carreaux de la salle à manger et à briquer la lunette des toilettes. Que si on préfère laisser ça à une tierce personne, ce n’est pas par fainéantise, au contraire. C’est par dévouement. Presque par abnégation&nbsp;! Pour ne pas léser le reste de l’humanité des nombreux bienfaits qu’on ne pourrait pas lui apporter si on était obligé de faire le ménage à la place. Vous voyez où je voulais en venir quand je parlais d’humilité… D’accord, on ne peut pas aller contre la nature, non plus. Il est évident qu’un homme, normalement constitué, n’est pas génétiquement équipé pour manier le fer à repasser à vapeur. Mais bon… C’est bien pour ça que la société a inventé le mariage. Se répartir les tâches ménagères, oui. Mais que chacun conserve sa dignité. Alors, dans cette noble servitude domestique partagée, le couple pourra redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un ménage. Voltaire n’a-t-il pas dit qu’il fallait cultiver son jardin? Il n’a pas cru bon d’ajouter qu’il fallait aussi éplucher ses légumes, se servir la soupe, et nettoyer les bols après, mais c’était sous-entendu. En vérité je vous le dis, la femme de ménage n’est pas du tout l’avenir de l’homme. Et quand les grands de ce monde seront contraints par la constitution à faire eux-mêmes leurs petites lessives, c’est l’humanité toute entière qui sentira bon la lavande.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Richophobie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/richophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 14:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
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		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richophobie, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Pardon, mais avant de commencer, je voudrais vous poser une petite question. Non mais rassurez-vous, ce n’est pas pour un sondage. Parce que j’en connais des comédiens comme moi, qui profitent du système. On le connaît tous, le truc. Ils prétendent faire un one man show, ils rameutent leurs amis dans un théâtre en leur vendant des places sur billetreduc. En réalité, ils travaillent pour un institut de sondage, et ils en profitent pour vous administrer un questionnaire interminable. Il faut bien dire que le système entretient la confusion, aussi&nbsp;: maintenant tous ceux qui font des petits boulots sont payés comme intermittents. Il paraît que ça coûte moins cher à la société. Ça doit être ça qu’on appelle la société du spectacle. Bref, je vous rassure, ma question est parfaitement gratuite et tout à fait désintéressée. Alors voilà. Est-ce qu’il y a des riches dans cette salle&nbsp;? Personne&nbsp;? Non, mais rassurez-vous, je ne suis pas non plus payé pour dénoncer au Trésor Public ceux qui auraient oublié de payer leur ISF. Non, vraiment&nbsp;? Aucun riche&nbsp;? Bon. Dans ce cas, je vais pouvoir vous exposer mon petit problème sans choquer personne. Alors voilà. Parfois, je me demande si je suis tout à fait normal. Tout le monde est supposé envier les riches, non&nbsp;? Vous aussi, j’imagine. Eh bien pour moi, je ne sais pas pourquoi, la richesse c’est un peu comme une maladie honteuse. Une maladie socialement transmissible, si vous préférez. Une saloperie qu’on attrape par des rapports non protégés avec de pauvres gens déjà atteints de cette affection. Je ne sais pas, la richesse, ça me dégoûte un peu. Oui. Les riches m’inspirent une sorte de mépris apitoyé. C’est ça qu’on appelle la condescendance, je crois. Oui, c’est ça. Je porte sur les gens riches un regard condescendant. Non mais j’ai bien conscience que c’est absolument déplacé. Ce sont les riches qui devraient me regarder de haut. Puisque je n’ai pas réussi à devenir comme eux. Tout le monde a envie de devenir riche, non&nbsp;? À part ceux qui le sont déjà, évidemment. Et encore. Ceux-là ont sûrement envie d’être encore plus riches. C’est addictif, l’argent, vous savez&nbsp;? Et on est toujours le pauvre de quelqu’un. Regardez, à chaque fois qu’un Président de la République est élu en France, il commence par relever le seuil de l’ISF juste au-dessus du montant supposé de son propre patrimoine. Histoire qu’on ne l’accuse pas de faire partie des gens riches, justement. La preuve que ce n’est pas si glorieux que ça. Mais j’en reviens aux riches, les vrais. Pas ceux qui ont juste atteint le seuil de la richesse, comme d’autres s’enfoncent sous le seuil de la pauvreté. Non, ceux pour lesquels il n’y a pas photo. Les millionnaires, comme on disait autrefois, du temps des anciens francs. Eh oui, à cette époque-là, c’était beaucoup plus facile d’être millionnaire, évidemment. Cent fois plus facile qu’avec les nouveaux francs. Donc presque sept cents fois plus facile que depuis le passage à l’euro. Vous vous rendez compte&nbsp;? À cette époque là, on était millionnaire pour à peine plus de 150.000 euros. Vous êtes toujours sûrs qu’il n’y a aucun millionnaire dans la salle&nbsp;? Même en anciens francs&nbsp;? Même à crédit&nbsp;? Dans ce cas, c’est que vous êtes locataires et que vous habitez dans un HLM. Parce que maintenant, si vous êtes propriétaire d’une chambre de bonne à Paris, vous êtes forcément millionnaire en anciens francs. Au prix où est le mètre carré dans la capitale. Ce n’est pas formidable, ça&nbsp;? On n’a peut-être pas réussi à inverser la courbe du chômage, mais aujourd’hui, une simple bonne, propriétaire de sa chambre mansardée au septième étage sans ascenseur est virtuellement millionnaire. À condition de la revendre à un autre millionnaire pour aller prendre sa place sous les ponts, bien sûr… C’est pour ça que les millionnaires, c’est fini. Pour être riche, aujourd’hui, il faut être milliardaire. En ancien francs en tout cas. C’est l’inflation. La bulle immobilière, comme on dit. Mais les bulles, on sait bien à qui ça profite. Pendant que les pauvres se contentent d’une aspirine effervescente non remboursée par la Sécu pour faire passer leur gueule de bois, les riches s’enfilent des magnums de champagne duty free pour faire passer leur caviar. La bulle immobilière, c’est surtout le rétablissement de l’esclavage, oui. Au temps d’Autant en emporte le vent, les esclaves, au moins, ils étaient en CDI. Les Noirs travaillaient gratuitement pour un vaste domaine colonial. Les esclaves d’aujourd’hui travaillent au noir pour rembourser le crédit de leur minuscule appartement. Et pour espérer être affranchis, ils doivent payer leur vie durant deux SMIC par mois à leur banque… alors qu’ils n’en gagnent qu’un seul. Bon, mais où je voulais en venir, avec tout ça&nbsp;? Ah oui, les riches&nbsp;? Non mais franchement. Vous les enviez vraiment, vous, ces pauvres gens&nbsp;? Après un déjeuner à la Tour d’Argent, pour rentrer à Neuilly, devoir remonter toute la rue du Faubourg Saint-Honoré en Ferrari, alors qu’on a déjà du mal à circuler en Vélib&nbsp;? Merci, très peu pour moi. Non, et puis il y a un gros inconvénient à être riche, c’est qu’on ne peut plus fréquenter que des gens riches. Ben oui, quand vous êtes milliardaire, vous ne pouvez pas partir en vacances avec un pote smicard. Ça fausse les rapports, forcément. D’accord, quand vous êtes pauvres, c’est pareil. Vous êtes condamnés à rester entre vous. Mais moi je dis que les pauvres sont beaucoup plus marrants. Il y en a même de très sympas, j’en connais. Pas prétentieux, ni rien. OK, tous les riches ne sont pas pareils, c’est vrai. Il y en a qui sont pires que les autres. Le nouveau riche, surtout, qui n’a pas encore l’habitude. La richesse, c’est un mode de vie, vous comprenez. Ça s’apprend. Alors le nouveau riche, lui, il ne sait pas. Il commet des impairs évidemment, et les autres ne se gênent pas pour le lui faire sentir. Vous vous voyez, vous, dîner à la Tour d’Argent&nbsp;? On ne saurait pas comment se comporter. Vous arrivez, vous descendez de votre Ferrari, un voiturier vous tend la main pour prendre vos clefs de bagnole et aller la mettre au garage pendant que vous vous tapez la cloche avec un top model. Vous vous imaginez donner les clefs de votre Twingo à un inconnu avant d’aller vous taper le boudin à l’ardoise au bistrot du coin&nbsp;? Vous auriez trop peur qu’il ne revienne jamais avec votre caisse pourrie dont vous n’avez même pas fini de payer les traites. Alors une Ferrari, vous pensez bien… Non, la richesse, ça ne s’improvise pas. Ça nécessite un apprentissage. Tandis que la pauvreté, c’est naturel. Personne n’a jamais reproché à un nouveau pauvre de manquer de tact en fréquentant pour la première fois les Restos du Cœur. On sait tout de suite quelle cuillère on doit prendre pour la soupe ou pour le Flamby, il n’y en a qu’une. Et puis les nouveaux pauvres, ça n’existe pas trop, en fait. Quand on est pauvre de naissance, on le reste toute sa vie, et pour les riches, c’est pareil. Il y a des riches qui font faillite, bien sûr. Mais un riche une fois ruiné, c’est encore un type qui a beaucoup plus d’argent que vous. Ce qui m’amène d’ailleurs à vous poser une deuxième question… Est-ce qu’il y a des pauvres dans cette salle&nbsp;? Oui, je sais, si vous êtes là, c’est que vous avez pu vous payer une place de théâtre sans empiéter sur votre budget coquillettes, mais bon. Il pourrait aussi y avoir quelques invités. Non, parce que les pauvres, entre nous, il y en a des cons aussi… Pourquoi croyez-vous que les gens se traitent de pauvre con à longueur de journée&nbsp;? Le pire, il me semble, c’est le pauvre militant. Le prolétaire encarté, vous voyez&nbsp;? Celui qui est pauvre, fier de l’être, et qui voudrait que tout le monde le soit avec lui, par solidarité. Non parce qu’il n’y a pas de raison d’avoir honte d’être pauvre, d’accord, mais il n’y a pas non plus de quoi se vanter. On ne leur reproche pas d’être pauvres, ils n’ont rien fait pour mériter ça. Mais alors il faut être juste. Il ne faut pas reprocher aux riches d’être riches. La plupart d’entre eux n’ont rien fait non plus pour le devenir. L’idéal, évidemment, ce serait qu’il n’y ait ni pauvres ni riches. Que des gens comme nous, quoi. À l’aise, sans plus. Juste un million en dessous du seuil de l’ISF. Mais ça n’arrivera pas, si&nbsp;? On a déjà essayé. En Russie ou en Chine. Ça finit toujours par quelques millions de morts, et à la fin les pauvres sont encore plus pauvres et les riches encore plus riches. Et puis surtout, ce ne serait pas juste. Les pauvres n’ont pas besoin des riches pour savoir qu’ils sont pauvres, c’est un fait. Mais les riches, eux, ils ont besoin de sentir qu’il y a des pauvres pour profiter pleinement de leur richesse. Non, vous avez raison, je devrais être plus tolérant avec les riches. Et puis on ne sait jamais. Le xénophobe, il s’en fout. Il ne risque pas de devenir étranger du jour au lendemain. À condition de ne pas trop s’éloigner de chez lui. Mais le richophobe, allez savoir. Personne n’est complètement à l’abri de devenir riche. Même les comédiens… Même quand ils se font payer au chapeau. (Il tend son chapeau.) Alors&nbsp;? Vous me la montrez, la couleur de votre argent&nbsp;?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Trop riche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-riche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop riche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive, affichant un large sourire.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour Monsieur, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !<br><strong>Un</strong> – Bon, commencez par la mauvaise.<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, je n’ai pas dit j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Juste une bonne nouvelle.<br><strong>Un</strong> – Ah, pardon. Quand on n’est pas habitué… Et… c’est quoi, cette mauvaise nouvelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez bien validé une grille de loto il y a une semaine ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vous annonce que vous avez gagné.<br><strong>Un</strong> – Gagné ? Moi ? Combien ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions d’euros.<br><strong>Un</strong> – 233 millions ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, ça fait une somme.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça n’a pas l’air de vous faire plaisir.<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr, mais…<br><strong>Deux</strong> – Mais ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Deux</strong> – Trop ?<br><strong>Un </strong>– C’est-à-dire que… un million, ça va. J’achète une maison et…<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Disons 10 millions, alors. J’achète une maison, et j’arrête de travailler. Mais 233 millions !<br><strong>Deux</strong> – Je comprends qu’il vous faille un peu de temps pour vous faire à cette idée.<br><strong>Un</strong> – Ça ne pourrait pas être un peu moins ?<br><strong>Deux</strong> – Moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi… Disons 33 millions d’euros. Je vous assure, je ne peux vraiment pas faire plus…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais c’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, réfléchissez. Mais pas trop longtemps. Parce qu’il y a un délai, quand même. Pour retirer son gain, je veux dire…<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que c’est, avec plusieurs centaines de millions d’euros, je n’aurais plus de famille. Plus d’amis.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, avec une telle fortune, vous allez retrouver la trace de cousins très éloignés que vous pensiez avoir perdu de vue. Et vous allez découvrir que vous aviez beaucoup plus d’amis que vous ne le supposiez.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais c’est précisément ça qui me fait peur. Je ne serai plus entouré que de gens intéressés.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler de ma femme…<br><strong>Deux</strong> – Votre femme ?<br><strong>Un</strong> – Elle est communiste, ma femme ! Déjà qu’elle me reprochait de ne pas être assez à gauche… Alors quand je vais lui annoncer que j’ai gagné 233 millions d’euros.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, l’expérience montre qu’avec 233 millions d’euros, une femme ne reste pas très longtemps communiste…<br><strong>Un</strong> – Non, vous ne vous rendez pas compte… Les relations avec tout mon entourage vont être complètement faussées…<br><strong>Deux</strong> – Vous connaîtrez d’autres gens… Des gens aussi fortunés que vous.<br><strong>Un</strong> – Je ne me fais pas d’illusions, vous savez. Je sais que les vrais riches, ceux qui sont nés comme ça, ne voudront jamais de moi. Pour eux je serai toujours le type qui a gagné sa fortune au loto.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et si ma femme me quitte ? Comment en retrouver une autre ?<br><strong>Deux</strong> – Avec 233 millions d’euros ?<br><strong>Un</strong> – Je penserai toujours qu’elles veulent m’épouser pour mon argent !<br><strong>Deux</strong> – Évidemment…<br><strong>Un</strong> – Non, je crois que je vais plutôt vous reprendre un billet.<br><strong>Deux</strong> – Un billet ?<br><strong>Un</strong> – Un ticket de loto !<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Vous avez déjà gagné !<br><strong>Un</strong> – Peut-être que cette fois, j’aurai la chance de gagner un peu moins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Syndicalisme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/syndicalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:38:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Syndicalisme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage prend un verre à une table. Un autre arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Salut. Tu es tout seul ?<br><strong>Deux</strong> – Apparemment, on est les premiers.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas si on sera très nombreux. Je t’avoue que moi-même, j’ai un peu hésité à venir.<br><strong>Deux</strong> – C’est la première réunion. Peut-être qu’ils n’ont pas réussi à prévenir tout le monde à temps.<br><strong>Un</strong> – J’espère que la police, elle, elle n’a pas été prévenue.<br><strong>Deux</strong> – Remarque tu n’as pas tort… Un Syndicat des Tueurs à Gages… Je ne sais pas si c’est une bonne idée.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’ensemble, on serait plus forts pour défendre nos intérêts, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Quels intérêts ?<br><strong>Un</strong> – Harmoniser nos tarifs, par exemple. Pour éviter qu’entre nous, on se livre à une concurrence déloyale en cassant les prix.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il ne faudrait pas non plus qu’on puisse nous accuser d’entente illégale.<br><strong>Un</strong> – Illégale ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. De ce côté-là… On travaille déjà dans l’illégalité.<br><strong>Un</strong> – Comme les prostituées.<br><strong>Deux</strong> – Elles, je crois qu’elles ont réussi à obtenir d’être affiliées à la sécu, et de cotiser pour la retraite.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’un jour, notre métier pourrait être reconnu par l’État ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi pas d’utilité publique aussi ? Enfin… Le crime a toujours existé. Il existera toujours.<br><strong>Un</strong> – C’est même le plus vieux métier du monde. Plus vieux que la prostitution.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Est-ce que quelqu’un faisait déjà le trottoir quand Caïn a tué Abel ?<br><strong>Un</strong> – Il aurait dû faire appel à un professionnel, ça lui aurait évité pas mal de problèmes.<br><strong>Deux</strong> – L’assassinat, c’est un métier, alors pourquoi ne pas encadrer notre activité par des lois.<br><strong>Un</strong> – Ouais.. Mais on nous dira que ce n’est pas démocratique. Que seuls les riches ont les moyens de faire tuer ceux qui les emmerdent.<br><strong>Deux</strong> – Sauf si c’est remboursé.<br><strong>Un</strong> – Par la Sécu, tu veux dire ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et sinon, les affaires, comment ça va ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu mort, en ce moment.<br><strong>Un</strong> – C’était quoi, ton dernier contrat.<br><strong>Deux</strong> – Une bonne femme qui n’avait pas le courage de se suicider. Elle voulait que je m’en charge.<br><strong>Un</strong> – Du velours. Au moins, personne ne viendra se plaindre.<br><strong>Deux</strong> – Tu parles. Au dernier moment, elle a changé d’avis. Comme elle avait un avoir, elle m’a demandé de tuer son mari à sa place. Maintenant, ça a l’air d’aller mieux… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Je devais supprimer une petite vieille. Le type avait acheté sa maison en viager, et elle était déjà centenaire.<br><strong>Deux</strong> – Pas de bol… Mais c’est dans des cas comme ça où notre profession a vraiment une utilité sociale.<br><strong>Un</strong> – Juste après avoir signé le contrat pour que je l’aide à mourir dans la dignité, elle meurt en sautant à l’élastique.<br><strong>Deux</strong> – Un saut à l’élastique ?<br><strong>Un</strong> – Ses petits-enfants lui avaient offert ça comme cadeau pour ses cent ans.<br><strong>Deux</strong> – Et l’élastique a lâché…<br><strong>Un</strong> – Non. C’est le cœur qui a lâché.<br><strong>Deux</strong> – Ah merde.<br><strong>Un</strong> – Du coup, le client a voulu se faire rembourser.<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Un contrat, c’est un contrat.<br><strong>Deux</strong> – Après tout elle est morte.<br><strong>Un</strong> – Il n’a rien voulu entendre. Au lieu de tuer la vieille, j’ai dû me débarrasser du client.<br><strong>Deux</strong> – Tuer ses clients, ce n’est jamais bon pour les affaires.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça que dans ces cas-là, un syndicat, pour régler les différends commerciaux…<br><em>Un temps. On entend une sirène de police.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, je crois qu’on ne sera pas tout seuls, finalement…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Porte-à-porte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/porte-a-porte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:19:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Compteur]]></category>
		<category><![CDATA[Privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1261</guid>

					<description><![CDATA[<p>Porte-à-porte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le premier, qui porte un nœud papillon, sonne à la porte de l’autre, qui lui ouvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour, c’est les Témoins de Jehovah.<br><strong>Deux</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Un</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes seul !<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… Non, c’est parce que… ma collègue est en arrêt maladie.<br><strong>Deux</strong> – Tiens donc.<br><strong>Un</strong> – Il y a une épidémie de grippe en ce moment.<br><strong>Deux</strong> – Sans doute une épreuve que Dieu nous envoie.<br><strong>Un</strong> – Je vois que vous êtes déjà sensibilisé à…<br><strong>Deux</strong> – Non, mais je déconnais… Moi, la religion, vous savez… Donc, je ne vais pas vous faire perdre votre temps…<br><strong>Un</strong> – Attendez un instant !<br><strong>Deux</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Un</strong> – J’installe aussi les nouveaux compteurs Linky.<br><strong>Deux</strong> – Avec un nœud papillon ? C’est pour la caméra cachée, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Mais pas du tout ! Vous savez, depuis la privatisation, tout est sous-traité. Alors ils ont eu l’idée de nous proposer ça, à nous, les Témoins de Jehovah. Comme on passe notre temps à sonner chez les gens, et que ça ne marche pas à tous les coups.<br><strong>Deux</strong> – Parce qu’avec le compteur Linky, ça marche mieux qu’avec Dieu ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… C’est ma première journée… Vous êtes mon premier client…<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ma veine…<br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ce compteur Linky ?<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que… avec tout ce qu’on raconte.<br><strong>Un</strong> – Vous ne croyez pas en Dieu, vous ne craignez pas le châtiment divin pour votre impiété, mais vous croyez à toutes les conneries qu’on colporte sur les pouvoirs maléfiques du compteur Linky ? Alors que ces craintes ne reposent sur aucune preuve scientifique…<br><em>L’autre hésite un instant.</em><br><strong>Deux</strong> – D’accord, vous avez gagné. Installez-moi ce foutu compteur, et barrez-vous.<br><strong>Un</strong> – Il y en aura pour une petite heure…<br><strong>Deux</strong> – Ôtez-moi d’un doute… Vous êtes vraiment Témoin de Jehovah ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Pauvres de nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Monaco]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pauvres de nous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, un riche et un pauvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Bonjour.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air surpris.<br><strong>Deux</strong> – Non, c’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – C’est la première fois qu’un clochard vous dit bonjour ?<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, c’est la première fois que je réponds. Ce n’est pas vraiment l’habitude, ici, de dire bonjour aux gens dans la rue. Surtout aux clochards…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les gens se méfient.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, il n’y a que des milliardaires, ici, non ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne faut pas exagérer… Il y a quelques multimillionnaires, aussi.<br><strong>Un</strong> – Les pauvres…<br><strong>Deux</strong> – On est toujours le pauvre de quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Moi je suis le pauvre de tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Justement, à ce propos…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que je suis venu faire ici, à Monaco ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je vous préviens, ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on est plus généreux avec les pauvres.<br><strong>Un</strong> – Oui, j’ai remarqué. Le café est à cinq euros au Yacht Club. Je pensais que les aumônes seraient à proportion. Mais pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Plus les gens sont riches, plus la pauvreté leur fait peur. Ils vous considèrent comme une sorte de pestiféré. Ils ont peur que ce soit contagieux.<br><strong>Un</strong> – Et pourtant, vous êtes riche, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Immensément riche.<br><strong>Un</strong> – Et vous m’avez dit bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Mais je ne vous ai encore rien donné.<br><strong>Un</strong> – On a échangé, c’est déjà un début.<br><strong>Deux</strong> – Échangé ?<br><strong>Un</strong> – On a échangé quelques mots.<br><strong>Deux</strong> – Un petit commerce, en somme.<br><strong>Un</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><strong>Deux</strong> – On peut dire ça…<br><strong>Un</strong> – Je peux vous aider ?<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, non.<br><strong>Un</strong> – Si c’est une question d’argent, en effet.<br><strong>Deux</strong> – J’ai un cancer. En phase terminale. Je n’en ai plus pour très longtemps. Je peux mourir demain. Ou après demain.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez pas de famille ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais fils unique. Mes parents sont morts. Quelques cousins très éloignés se sont manifestés, de temps en temps, mais j’ai vite compris que leur préoccupation n’était pas principalement généalogique.<br><strong>Un</strong> – Pas d’amis ?<br><strong>Deux</strong> – Les amis, vous savez, dans ma position… Quand on est milliardaire, le genre humain se divise en trois catégories : les concurrents, les employés et les clients.<br><strong>Un</strong> – Alors vous êtes un homme seul, comme moi. Parce que vous savez, la pauvreté, ce n’est pas terrible non plus pour se faire des relations.<br><strong>Deux</strong> – Les extrêmes se rejoignent… Nous étions faits pour nous rencontrer.<br><strong>Un</strong> – Qu’allez-vous faire de votre immense fortune ? Si vous n’avez ni famille, ni ami…<br><strong>Deux</strong> – Je pourrais tout vous léguer ?<br><strong>Un</strong> – Votre solitude, aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous resterez seul, mais vous aurez beaucoup de compagnie…<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne pourrais pas en profiter très longtemps.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – J’ai un cancer, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Deux</strong> – Je le suis.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – On n’est que des papillons, tous les deux, on n’a que quelques jours à vivre.<br><strong>Un</strong> – Et on ne peut même pas se reproduire.<br><strong>Deux</strong> – Laissez-moi au moins vous offrir un café.<br><strong>Un</strong> – Ce sera le café le plus cher de ma vie.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Échange standard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/echange-standard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1166</guid>

					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La vie normale</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-vie-normale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:23:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La vie normale, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.<br></em><strong>Un </strong>– Je me demande quand on va pouvoir retrouver une vie normale…<br><strong>Deux</strong> – Une vie normale ? Tu veux dire se lever à six heures du matin, passer trois heures dans des transports pour aller faire un boulot qui ne sert à rien, tout ça pour avoir les moyens de s’acheter pendant les soldes des produits qui ne servent à rien ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je me demande quand on va pouvoir retrouver la vie d’avant…<br><strong>Deux</strong> – Bientôt. Et tu vas voir qu’on trouvera ça merveilleux.<br><em>Noir.</em></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comme un vieux film</title>
		<link>https://sketchotheque.net/comme-un-vieux-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:38:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Urne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1121</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme un vieux film, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes (une jeune et une vieille) sont assises chacune à une table. La jeune fait mine de travailler en tapotant sur une calculette et en notant des chiffres sur une feuille. La vieille semble désœuvrée.<br></em><strong>Jeune</strong> (<em>avec une convivialité un peu forcée</em>) – Alors, ça y est ? C’est la dernière…<br><strong>Vieille</strong> – Oui…<br><strong>Jeune</strong> – Quel effet ça fait ?<br><strong>Vieille</strong> – C’est comme un vieux film qu’on s’est repassé trop souvent. À la fin, on n’y comprend plus rien…<br><strong>Jeune</strong> – On vous regrettera… Vous allez faire un pot ?<br><strong>Vieille</strong> – Un pot ?<br><strong>Jeune</strong> – Un pot de départ !<br><strong>Vieille</strong> – Ah… Je ne sais pas… Je devrais…? (<em>La jeune ne répond pas et continue à travailler</em>.) Vous savez ce qui me manquera le plus ? Le petit goût amer du café, le matin. La journée qui commence… À midi, c’est déjà foutu…<br><strong>Jeune</strong> – Qu’est-ce que vous allez faire… après ?<br><strong>Vieille</strong> – Me reposer…? C’est ce qu’on fait, j’imagine…<br><strong>Jeune</strong> – Et vous restez dans le coin, ou…?<br><strong>Vieille</strong> – Où voulez-vous que j’aille…?<br><em>Air perplexe de la jeune, interrompue par la sonnerie de son portable.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non… Oui, oui… Non, non…<br><em>La jeune raccroche et griffonne quelque chose sur un papier.</em><br><strong>Vieille</strong> – Elle arrive bientôt ?<br><strong>Jeune</strong> – Qui ?<br><strong>Vieille</strong> – Ma remplaçante !<br><strong>Jeune</strong> – Ah… Lundi, je crois…<br><strong>Vieille</strong> – Je ne la verrai pas, alors… Vous la connaissez ?<br><strong>Jeune</strong> – Non… (<em>Un peu embarrassée</em>) En fait, c’est moi qui vous remplace…<br><strong>Vieille</strong> (<em>sans hostilité</em>) – Ah, d’accord… Félicitations…! Et la petite nouvelle vous remplacera… C’est logique…<br><em>Le portable sonne à nouveau. La jeune prend l’appel.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non… Oui, oui… Non, non…<br><strong>Vieille</strong> – Vous voulez un café ?<br><strong>Jeune</strong> – Pourquoi pas.<br><em>La vieille lui apporte une tasse.</em><br><strong>Vieille</strong> – Je vous laisserai la cafetière, si vous voulez… Au bureau, je veux dire…<br><strong>Jeune</strong> – Ça fait combien de temps que vous étiez ici ?<br><strong>Vieille</strong> – Trop longtemps… (<em>Un temps</em>) Et vous ?<br><strong>Jeune</strong> – J’arrive à peine…<br><strong>Vieille</strong> – Vous comptez rester ?<br><strong>Jeune</strong> (<em>satisfaite</em>) – Je termine ma période d’essai aujourd’hui… Demain, je passe en contrat à durée indéterminée… C’est automatique…<br><strong>Vieille</strong> – Dans ce cas… Vous êtes contente, alors?<br><strong>Jeune</strong> – Ça va…<br><em>Elles sirotent leur café.</em><br><strong>Vieille</strong> – Il est bon, non ? Il n’est pas trop fort ?<br><strong>Jeune</strong> – Il est parfait…<br><strong>Vieille</strong> – On se connaît à peine, en fait. Vous êtes mariée ?<br><strong>Jeune</strong> – Pas encore… Et vous ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Bon… Faut que je m’y remette…<br><strong>Vieille</strong> – Oui, pardon. Moi, c’est ma dernière journée, alors je ne risque plus grand chose. Mais vous. Si votre période d’essai ne s’achève que ce soir. Vous aurez tout le temps de ne rien faire quand vous serez là pour de bon…<br><em>La jeune regarde l’autre, se demandant si elle plaisante. Puis elle se remet au travail. La vieille à siffloter ou à chantonner. La jeune, visiblement dérangée par ce bruit, lui lance à la dérobée un regard réprobateur.</em><br><strong>Vieille</strong> – Excusez-moi… (<em>La jeune se remet au travail.</em>) Vous pourrez vous installer à ma place, si vous voulez. Quand je serai partie. La table est un peu plus grande, non…<br><strong>Jeune</strong> – Oui… C’est ce qui est prévu…<br><strong>Vieille</strong> – C’est vrai, je suis bête… Et la nouvelle prendra la petite table. (<em>La présence oisive de la vieille déconcentre visiblement la jeune.</em>) Excusez-moi, je vais essayer de m’occuper quand même. D’ailleurs, il faudrait que je songe à faire mes cartons… (<em>Elle farfouille dans un grand sac</em>.) Enfin, quand je dis mes cartons… Je crois que tout tiendra dans un sac en plastique… C’est fou… Toute une vie, et qu’est-ce qui reste…? Quelques chemises vides dans un placard… On ne peut pas dire qu’on laisse quelque chose derrière nous, hein ? Vous n’auriez pas un sac en plastique, par hasard ? (<em>La jeune lui lance un regard pour lui faire comprendre que non</em>.) Et dire que c’est moi qui occupais votre bureau quand je suis entrée ici… Vous savez à quoi je rêvais, à l’époque ? (<em>Tête de la jeune pour dire non</em>.) Écrire… Non… Pas noircir des pages de comptes-rendus, comme je l’ai fait toute ma vie… Ecrire… Pour ne pas avoir de comptes à rendre justement… Je me disais qu’en prenant un petit boulot tranquille, j’aurais le temps de m’y mettre… Et puis voilà, les années ont passé, et je ne m’y suis jamais mise…<br><strong>Jeune</strong> – Vous allez avoir le temps, maintenant…<br><strong>Vieille</strong> – Oui. L’éternité… Mais pour raconter quoi ? Ma vie ? Je vous l’ai dit, elle tiendrait dans un petit sac en plastique…<br><em>Sonnerie du téléphone.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non…<br><strong>Vieille</strong> – Peut-être même dans un préservatif…<br><strong>Jeune</strong> – Oui, oui… Non, non… (<em>La jeune raccroche</em>.) Vous disiez…?<br><strong>Vieille</strong> – Rien…<br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce que je me disais ?<br><strong>Vieille</strong> (<em>pleine d’espoir</em>) – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Et si j’en profitais pour demander qu’on nous pose de la moquette ?<br><strong>Vieille</strong> (<em>interloquée</em>) – De la moquette ?<br><strong>Jeune</strong> – Pour pas déranger ceux d’en dessous ! Le parquet, c’est joli, mais… Ça grince…<br><strong>Vieille</strong> – Ils se sont déjà plaints… ceux d’en dessous ?<br><strong>Jeune</strong> – Non… Mais il y a quand même pas mal d’allées et venues, ici…<br><strong>Vieille</strong> – C’est moi qui vais habiter en dessous.<br><strong>Jeune</strong> – Ah oui…?<br><strong>Vieille</strong> – Faut bien habiter quelque part… C’est un peu sombre, mais… Je connais bien le quartier… Je ne serai pas dépaysée…<br><strong>Jeune</strong> – Et de nous entendre marcher, comme ça, au-dessus de vous… Toute la journée… Vous êtes sûre que ça ne va pas vous déranger ?<br><strong>Vieille</strong> – Ça me fera une distraction… Je me dirai… Ils sont en train de bosser, là-haut, pendant que moi… Je peux rester couchée toute la journée…<br><strong>Jeune</strong> – Bon… Pas de moquette, alors…<br><em>La jeune se remet au travail.</em><br><strong>Vieille</strong> – C’est quoi, vos rêves, à vous ?<br><strong>Jeune</strong> – Mes rêves?<br><strong>Vieille</strong> – Vous êtes jeune. Vous devez bien avoir encore des rêves… Si vous touchiez le gros lot, qu’est-ce que vous feriez ?<br><strong>Jeune</strong> – Je prendrais un peu de vacances, j’imagine…<br><strong>Vieille</strong> – Et après…?<br><strong>Jeune</strong> – Après…? Peut-être que j’ouvrirais ma boîte…<br><strong>Vieille</strong> – Pour…?<br><strong>Jeune</strong> – Pour ne pas avoir de patron !<br><strong>Vieille</strong> – Ouvrir sa boîte pour ne pas avoir de patron… Autant ne pas travailler du tout… C’est plus simple, non ?<br><strong>Jeune</strong> – Oui, peut-être… (<em>Elle est interrompue par la sonnerie du téléphone</em>). Non… Oui, oui… Non, non… (<em>Elle raccroche</em>). Bon, j’en étais où, moi…<br><strong>Vieille</strong> – Tirez-vous…<br><strong>Jeune</strong> – Pardon ?<br><strong>Vieille</strong> – Tirez-vous ! Pendant qu’il est encore temps !<br><strong>Jeune</strong> – Pour aller où ?<br><strong>Vieille</strong> – Vous avez quel âge, vingt ans ? Vous tenez vraiment à finir comme moi ?<br><strong>Jeune</strong> – Faut bien vivre… Qu’est-ce que vous proposez…?<br><strong>Vieille</strong> (<em>prise de court</em>) – Rien… Vous avez raison…<br><em>La jeune se remet à travailler.</em><br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce que je crois ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Ils vont fermer la boîte.<br><strong>Vieille</strong> – Comment ça, fermer la boîte ?<br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce qu’on fabrique…<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Toute votre vie, vous avez travaillé ici, et vous ne savez pas ce qu’on fabrique ?<br><strong>Vieille</strong> – Au début, je crois que je le savais… Mais ça a tellement changé… On a été racheté au moins dix fois. Je ne savais même pas qu’on fabriquait encore quelque chose… Qu’est-ce qu’on fabrique ?<br><strong>Jeune</strong> – Des urnes !<br><strong>Vieille</strong> – Des urnes ?<br><strong>Jeune</strong> – Le marché est en train de s’effondrer.<br><strong>Vieille</strong> – L’abstention…?<br><strong>Jeune</strong> – Des urnes funéraires !<br><strong>Vieille</strong> – Ah…<br><strong>Jeune</strong> – Le papy-boom est derrière nous…<br><strong>Vieille</strong> – C’est si grave que ça ?<br><strong>Jeune</strong> – Ils vont fermer la boîte… et ils vont en ouvrir une autre…<br><strong>Vieille</strong> – Délocalisation ?<br><strong>Jeune</strong> – Même pas. En fait, on gardera probablement les mêmes locaux…<br><strong>Vieille</strong> – Et le personnel ?<br><strong>Jeune</strong> – À part les départs naturels, comme vous, on finira sûrement par reclasser tout le monde… Il se pourrait même qu’on réembauche… Il suffira de changer le nom de la société, pour fabriquer autre chose… On n’a que l’embarras du choix… Avec la reprise de la natalité…<br><strong>Vieille</strong> – Alors qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Jeune</strong> – En fait, pas grand chose.<br><em>La jeune se remet au travail. La vieille reste pensive.</em><br><strong>Vieille</strong> – Il n’y a vraiment aucun moyen d’arrêter tout ça…<br><strong>Jeune</strong> – Quoi ?<br><strong>Vieille</strong> – Je ne sais pas… D’ailleurs, je suis sûre que si on se mettait en grève, personne ne s’en apercevrait, là-haut…<br><strong>Jeune</strong> – Vous êtes une originale, vous…<br><strong>Vieille</strong> – Oui… Une vieille originale… Vous avez remarqué ? On ne dit jamais une jeune originale… C’est normal d’être originale, quand on est jeune… C’est toléré… C’est même recommandé… Presque hygiénique. Mais en vieillissant… C’est supposé vous passer… Les cheveux rouges… ou les anneaux dans le nez. Passé trente ans, c’est ringard. Alors à plus de cinquante, c’est carrément louche… Vous savez ce que c’est, vieillir ? C’est de ne plus savoir comment inventer sa vie tous les matins, passée l’heure du café… En fait, on meurt par manque d’imagination. Vous n’êtes pas très… anneaux dans le nez, vous…?<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez des enfants ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Vous auriez aimé en avoir ?<br><strong>Vieille</strong> – Pourquoi faire?<br><strong>Jeune</strong> – Pour ne pas vieillir toute seule, par exemple.<br><strong>Vieille</strong> – J’ai des voisins. Ils vieillissent avec moi.<br><strong>Jeune</strong> – C’est assez déprimant, de parler avec vous…<br><strong>Vieille</strong> (<em>amusée</em>) – Vous trouvez…?<br><strong>Jeune</strong> – C’est pas si grave que ça.<br><strong>Vieille</strong> – Que je sois déprimante?<br><strong>Jeune</strong> – Peut-être que vous demandez trop.<br><strong>Vieille</strong> – Oui… C’est ce qu’on m’a dit là-haut, la dernière fois que j’ai osé demander une augmentation…<br><strong>Jeune</strong> – C’était il y a combien de temps…?<br><strong>Vieille</strong> – Je ne sais plus…<br><strong>Jeune</strong> – Il n’y a plus personne, là haut… Vous n’étiez pas au courant non plus ?<br><strong>Vieille</strong> – Comment ça, plus personne ?<br><strong>Jeune</strong> – On a été racheté par les fonds de pension.<br><strong>Vieille</strong> – Vous voulez dire… les retraités ?<br><strong>Jeune</strong> – Leurs veuves, en tout cas.<br><strong>Vieille</strong> – Alors après mon départ, je serai le patron de ma boîte ?<br><strong>Jeune</strong> – Eh, oui… Vous voyez, il n’y a même pas besoin de jouer au loto. Il suffit d’attendre…<br><em>La vieille, anéantie, reste silencieuse.</em><br><strong>Vieille</strong> – Si je fais un pot de départ, vous viendrez ?<br><strong>Jeune</strong> – Pourquoi pas ? Envoyez-moi un faire-part…<br><em>On entend au loin le mugissement d’une sirène.</em><br><strong>Vieille</strong> – C’est l’heure… Il va falloir que j’y aille… (<em>Elle commence à s’en aller</em>.) Pendant des années, en entendant la sirène, à midi, j’avais le réflexe de me précipiter aux abris… Pourtant je n’ai même pas connu la guerre… Mais le bombardement ne venait pas. Alors je me contentais d’aller déjeuner… (<em>Elle se retourne une dernière fois vers la jeune.</em>) Je vous laisserai mes tickets-restaurant…<br><em>Elle s’en va. La jeune la suit peu après.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Entretien d’embauche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/entretien-dembauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 13:07:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien d’embauche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Une table à laquelle est assise une femme genre cadre commercial. Une jeune fille blonde style étudiante arrive. La femme se lève et lui sert la main.</em><br><strong>Femme</strong> – Asseyez-vous, je vous en prie… (<em>Un peu étonnée</em>) Vous êtes bien Mademoiselle…?<br><strong>Jeune fille</strong> – Ben Salah. Aïcha Ben Salah…<br><strong>Femme</strong> – C’est ça… Et… vous êtes blonde…<br><strong>Jeune fille</strong> – Oui je sais, on me le dit souvent… En fait, c’est mon arrière-grand-père qui… Mais d’habitude, ça rassure plutôt mes employeurs. Quand je parviens jusqu’à l’entretien d’embauche, bien sûr… Ça pose un problème ?<br><strong>Femme</strong> – Pas du tout…<br><strong>Jeune fille</strong> – L’annonce disait que vous cherchiez un chasseur de primes…?<br><strong>Femme</strong> – De primes d’assurance, oui… Nous vendons des conventions-obsèques. Un marché déjà très saturé… Nous recrutons quelqu’un pour démarcher en banlieue…<br><strong>Jeune fille</strong> – Pourquoi pas une blonde ?<br><strong>Femme</strong> – Pour du porte à porte dans les cités… Nous nous disions qu’une blonde… Enfin, ça susciterait moins d’empathie…<br><strong>Jeune fille</strong> (<em>lui tendant une feuille</em>) – J’ai un casier, vous savez ! Euh, je veux dire un CV…<br><strong>Femme</strong> – Il faut être très habile, pour placer ce genre de produits. Quand on ne sait pas comment on va payer son loyer à la fin du mois, évidemment, on ne pense pas tous les matins en prenant son café à prendre un crédit sur 50 ans pour financer sa dernière demeure…<br><strong>Jeune fille</strong> – C’est sûr…<br><strong>Femme</strong> – Au début, nous étions dans l’édition. Ce n’était pas facile non plus. Vendre une encyclopédie en 28 volumes à des gens qui pour beaucoup ne savent pas lire.<br><strong>Jeune fille </strong>– Il y a quand même des illustrations, dans les encyclopédies…<br><strong>Femme</strong> – Après, on a tâté un peu de la complémentaire-santé. Mais avec la concurrence… Non, la convention-obsèques, aujourd’hui, c’est encore ce qu’il y a de plus porteur… C’est l’avenir…<br><strong>Jeune fille </strong>– On n’est pas sûr de tomber malade, mais on est sûr de mourir un jour… Tous… Même les analphabètes…<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas une opération de testing, au moins ?<br><strong>Jeune fille </strong>– Pardon…?<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes pas fait teindre en blonde pour nous accuser ensuite de discrimination ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Rassurez-vous, je suis une vraie blonde…<br><strong>Femme</strong> – Nous ne sommes pas racistes, vous savez. C’est juste qu’en l’occurrence… Nous comptions vous confier le développement d’un nouveau marché : ce que nous appelons dans notre jargon la convention-obsèques halal. Un secteur en très forte expansion. La conséquence logique du grand flux d’immigration des années 50.<br><strong>Jeune fille</strong> – Je peux prendre l’accent arabe…<br><strong>Femme</strong> – Vous sauriez faire ça…?<br><strong>Jeune fille </strong>– Avec un petit stage de remise à niveau…<br><strong>Femme</strong> – Vous croyez que ça marcherait ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Si je mets une djellaba…<br><em>La femme réfléchit.</em><br><strong>Femme</strong> – Bon… Vous m’avez convaincue… Quand on postule comme vendeuse, il faut commencer par savoir se vendre… Et croyez-moi, me vendre une blonde, ce n’était pas gagné. (<em>Se levant</em>) Bravo ! Je vous prends à l’essai.<br><strong>Jeune fille</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et si vous faites l’affaire, dans trois mois, vous passez en concession perpétuelle…<br><strong>Jeune fille </strong>– Vous voulez dire en contrat à durée indéterminée ?<br><strong>Femme</strong> (<em>se levant avec un sourire satisfait</em>) – Ça fait plaisir de voir des jeunes qui ont encore envie de travailler !<br><em>Elles sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>À tempérament</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-temperament/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 09:50:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Diable]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Vendeur]]></category>
		<category><![CDATA[Contrat]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=972</guid>

					<description><![CDATA[<p>À tempérament, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. On sonne. Il va ouvrir.<br></em><strong>Un</strong> – Oui ?<br><strong>Deux</strong> – Bonjour ! Vous auriez cinq minutes à m’accorder ?<br><em>Le premier revient avec le deuxième, qui porte une valise.</em><br><strong>Un</strong> – Entrez deux secondes si vous voulez, mais je n’ai pas beaucoup de temps.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Et qu’avez-vous à faire de si pressé ? Un dimanche… Le jour du Seigneur….<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… On a toujours des trucs à faire…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Mais vous verrez, vous ne regretterez pas de m’avoir ouvert votre porte…<br><strong>Un</strong> – Vous n’allez pas me parler de la Bible, au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas Dieu qui m’envoie. Ce serait même plutôt le contraire… Je me présente. Je suis le diable.<br><strong>Un</strong> – Vous m’avez peur… J’ai cru que vous étiez Témoin de Jéhovah. D’habitude, ils sont toujours deux, je ne me suis pas méfié…<br><strong>Deux</strong> – Ce que j’ai à vous proposer est beaucoup plus intéressant… Et je travaille toujours en solo…<br><strong>Un</strong> – Bon… Mais je vous préviens tout de suite, je n’ai besoin de rien. <br><strong>Deux</strong> – Allez savoir… Laissez-moi au moins vous présenter nos offres.<br><strong>Un</strong> – C’est bientôt mon feuilleton, et il faut que je reboote la box. On a une très mauvaise connexion dans l’immeuble.<br><strong>Deux</strong> – Je ne vous retiendrai pas très longtemps, c’est promis. <br><strong>Un</strong> – Bon… Je vous écoute…<br><strong>Deux</strong> – Je voudrais vous proposer un pacte.<br><strong>Un</strong> – Vous voulez dire un pack ?<br><strong>Deux</strong> – Non, non… Je dis bien : un pacte.<br><strong>Un</strong> – Et ça consiste en quoi ?<br><em>Le deuxième ouvre la valise et lui montre le contenu. </em><br><strong>Deux</strong> – Je vous offre amour, gloire et beauté.<br><strong>Un</strong> – Oh, vous savez, à mon âge…<br><strong>Deux</strong> – C’est une option en supplément, mais bon… Si vous y tenez, je peux aussi vous rajouter la jeunesse.<br><strong>Un</strong> – La jeunesse éternelle ?<br><strong>Deux</strong> – Éternelle… Il ne faut pas exagérer non plus… Qu’est-ce qui est éternel en ce bas monde ?<br><strong>Un</strong> – Oui, vous avez raison… C’est plutôt l’époque de l’adolescence programmée.<br><strong>Deux</strong> – Vous voulez dire l’obsolescence programmée, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Amour, gloire et beauté… J’imagine que ça va me coûter un bras…<br><strong>Deux</strong> – Détrompez-vous, cher Monsieur. C’est là où mon offre est absolument diabolique.<br><strong>Un</strong> – Combien ?<br><strong>Deux</strong> – Ça ne vous coûtera pas un bras, en tout cas… Je vous prendrai seulement votre âme.<br><strong>Un</strong> – Ah oui ?<br><strong>Deux</strong> – Mais rassurez-vous, vous pouvez payer en plusieurs mensualités.<br><strong>Un</strong> – Il faudrait que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – Vendre son âme au diable, vous savez, c’est très courant de nos jours. <br><strong>Un</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Deux</strong> – Et puis qu’est-ce que vous en feriez de toute façon ?<br><strong>Un</strong> – De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – De votre âme !<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que ces temps-ci… je ne m’en sers pas tellement.<br><strong>Deux</strong> – Alors autant l’échanger contre quelque chose d’utile !<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté… On ne sait jamais… Je pourrais encore en avoir besoin.<br><strong>Deux</strong> – Bon, comme je vous vois hésitant, je crois que c’est le moment pour moi de vous présenter notre promotion. Mais attention, elle n’est valable que pendant vingt- quatre heures…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, votre promo ?<br><em>Le deuxième sort de la valise un catalogue.</em><br><strong>Deux</strong> – En cadeau de bienvenue, je vous offre un abonnement au câble, haut débit, avec un bouquet de 563 chaînes, entièrement gratuites pendant trois mois.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Au moins… vous ne risquerez plus de manquer votre feuilleton favori à cause d’une mauvaise connexion internet.<br><strong>Un</strong> – Et vous disiez que pour le reste, on pouvait payer en plusieurs mensualités ? <br><strong>Deux</strong> – On vous en prendra un peu chaque mois. Vous verrez, vous ne vous en rendrez même pas compte. <br><strong>Un</strong> – Je peux voir le contrat ?<br><strong>Deux</strong> – Tout est écrit là… Mais vous savez, c’est en tout petit, et c’est assez technique.<br><strong>Un</strong> – En effet… Et je ne sais pas ce que j’ai fait de mes lunettes…<br><strong>Deux</strong> – Vous me faites confiance ? Contentez-vous de signer en bas du pacte…<br><strong>Un</strong> – Bon…<br><strong>Deux</strong> – Et n’oubliez pas de parapher toutes les pages…<br><strong>Un</strong> – J’espère que ce n’est pas trop long, parce que mon feuilleton va commencer…<br><strong>Deux</strong> – Ne vous inquiétez pas. Avec votre nouvelle box, vous pourrez le regarder en replay ! Autant de fois que vous voulez. Pour l’éternité. Et ceci gratuitement. Pendant trois mois…<br><strong>Un</strong> – D’accord… Alors je signe où ?<br><em><strong>Noir.</strong></em><br></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="344" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Des Valises sous les yeux de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-488" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez-300x258.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br><em>À tempérament</em> revisite le mythe de Faust à l’ère du haut débit, avec une efficacité comique redoutable. Dans ce sketch, le Diable ne surgit plus en pleine nuit dans un laboratoire, mais sonne à la porte comme un vendeur de box internet. Il n’est ni inquiétant ni flamboyant : c’est un commercial bien rodé, avec valise à l’appui, promotions à durée limitée et discours rodé.<br>Le comique repose sur le décalage entre l’objet de la transaction (l’âme) et les avantages dérisoires proposés en échange (une box, le câble, le replay). Ce traitement absurde et satirique traduit une critique mordante de notre société de consommation où tout se négocie, même l’essentiel. Le personnage principal, quant à lui, incarne une humanité fatiguée, prête à vendre son âme pour un peu de confort, sans même lire les conditions générales du pacte – qu’il paraphe à l’aveugle, sans ses lunettes.<br>Le texte regorge de jeux de langage : « pacte / pack », « obsolescence / adolescence programmée », ou encore l’allusion à la série <em>Amour, Gloire et Beauté</em>, mêlant ironie, double sens, et dérision. Le titre lui-même – À tempérament – joue sur l’idée du paiement échelonné, mais aussi du tempérament humain, mou et influençable.<br>L’ensemble est drôle et glaçant, à la manière d’un sketch de Devos ou d’un épisode de <em>Black Mirror</em> version boulevard. On rit, mais jaune. Le rire naît de cette confrontation entre une réalité infernale et son habillage rassurant : le Mal a pris la forme d’une offre promotionnelle.</p>
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		<title>En noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:15:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Arc-en-ciel]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages regardent le ciel (en fond de salle). Le deuxième devra être ou paraître plus âgé que le premier.<br></em><strong>Un</strong> – Je n’ai jamais rien vu de pareil, qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Deux</strong> – On appelle ça un arc-en-ciel…<br><strong>Un</strong> – Un arc-en-ciel ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un phénomène assez rare, qui se produit parfois quand le soleil revient très rapidement après la pluie. De plus en plus rare aujourd’hui. On ne voit presque plus jamais le soleil…<br><strong>Un</strong> – C’est magnifique. Toutes ces nuances de blanc, de gris, de noir.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Autrefois, c’était encore beaucoup plus beau.<br><strong>Un</strong> – Plus beau ?<br><strong>Deux</strong> – C’était en couleurs.<br><strong>Un</strong> – En couleurs ? Tu veux dire, comme au cinéma, quand on loue des lunettes pour voir le film en couleurs et en 3D.<br><strong>Deux</strong> – Voilà. Du temps de mon arrière-grand-mère, c’était le cinéma qui était en noir et blanc et en 2D. La vie avait du relief et elle était en couleurs. Maintenant, c’est l’inverse.<br><strong>Un</strong> – Non ? J’ai du mal à imaginer ça… Alors à cette époque, le monde entier était colorisé ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ?<br><strong>Deux</strong> – Ça s’est fait petit à petit. Personne n’a rien vu venir. Ils ont commencé par nous faire payer l’eau qu’on boit. Puis ils nous ont fait payer l’air qu’on respire. Maintenant il faut aussi se payer le cinéma pour voir la vie en couleurs.<br><strong>Un</strong> – Un arc-en-ciel en couleurs ? Dans la vraie réalité ?<br><strong>Deux</strong> – Ça paraît incroyable.<br><strong>Un</strong> – Et il y a encore des gens qui la voient en couleurs, la vie ?<br><strong>Deux</strong> – Certains privilégiés, oui. Mais ce n’est pas donné à tout le monde, et c’est hors de prix…<br><strong>Un</strong> – Alors il faudrait pouvoir revenir en arrière.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Il faudrait pouvoir rembobiner. Pour savoir où on a commencé à se faire embobiner… Savoir où et quand tout ça a commencé à merder…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>Peau rouge</title>
		<link>https://sketchotheque.net/peau-rouge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Château]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Aristocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Médicament]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=939</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peau rouge, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><strong>Un</strong> – Vous vous rendez compte ? Si ces gueux avaient réussi à prendre la Bastille en 1789…<br><strong>Deux</strong> – Oui, Monsieur le Comte. Aujourd’hui, la Bastille ne serait plus qu’une station de métro, le drapeau français serait probablement tricolore…<br><strong>Un</strong> – Et au lieu de ce bon Roi François III, ce serait un manant qui présiderait aux destinées de la France.<br><strong>Deux</strong> – J’ose à peine imaginer dans quel état serait notre royaume aujourd’hui.<br><strong>Un</strong> – Grâce à Dieu, cette révolution n’aura été qu’une révolte.<br><strong>Deux</strong> – Une jacquerie de plus, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit… Pensez à quelles folies une telle maxime aurait pu nous conduire ! En théorie, on aurait pu imaginer qu’un Noir devienne chef de l’État !<br><strong>Deux</strong> – Pas en France, Monsieur le Comte. Il ne faut pas exagérer. Mais c’est vrai que ça fait froid dans le dos. Voulez-vous que je monte un peu le chauffage ?<br><strong>Un</strong> – Allez plutôt me chercher mes pantoufles.<br><strong>Deux</strong> – Bien Monsieur le Comte.<br><em>Il lui apporte ses chaussons.</em><br><strong>Un</strong> – Merci, mon brave.<br><em>L’autre lui tend un journal.</em><br><strong>Deux</strong> – Voulez-vous jeter un coup d’œil à la presse ?<br><strong>Un</strong> – Le Connard Enchaîné… C’est un nouveau journal ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, semble-t-il.<br><strong>Un </strong>– Par les temps qui courent, il ne va sans doute pas manquer de lecteurs…<br><strong>Deux</strong> – Si Monsieur le Comte préfère, je peux lui faire la lecture à haute voix ?<br><strong>Un</strong> – Non, merci. D’ailleurs, je ne veux même plus savoir ce qu’il y a dans les journaux. À quoi bon ? Je ne comprends rien à toutes ces guerres. Pourquoi envoyer nos armées se battre à l’autre bout du monde contre ces barbares, alors que nous avons les Anglais sous la main ?<br><strong>Deux</strong> – L’Angleterre n’est plus un royaume, mais grâce à Dieu, c’est encore une île.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Heureusement qu’on ne les a pas laissés creuser ce tunnel sous la Manche. Je suis sûr qu’aujourd’hui, les Anglais auraient envahi la Normandie et que chacun d’eux y posséderait une résidence secondaire.<br><strong>Deux</strong> – Depuis que l’Angleterre est devenue une République, il n’y a plus aucun gentleman dans ce pays.<br><strong>Un</strong> – C’est évident. Ils leur ont tous coupé la tête !<br><strong>Deux</strong> – Comment faire confiance à des gens qui mangent leurs petits pois avec de la menthe ?<br><strong>Un</strong> – En vérité, les choses sont très simples, cher ami. L’école catholique nous apprend que le monde est divisé en quatre races : blanche, noire, jaune et rouge. Et il est évident que si Dieu a fait une race blanche, c’est pour qu’elle domine les trois autres. Sinon, pourquoi le blanc serait-il la couleur de la royauté ?<br><strong>Deux</strong> – C’est tout à fait limpide, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Vous par exemple, vous faites partie de la race rouge. Vous n’auriez pas l’idée de contester cette évidence.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr que non, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – C’est un de mes aïeux qui a ramené votre grand-mère d’Amérique d’un de ses voyages chez les Peaux Rouges au siècle dernier. Évidemment, il ne savait pas qu’elle était enceinte, sinon vous pensez bien qu’il l’aurait laissée là-bas…<br><strong>Deux</strong> – À moins que ce soit votre aïeul qui l’ait engrossée sur le bateau du retour. Les traversées sont parfois longues et ennuyeuses…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est malheureusement pas complètement impossible, mon brave. Ce qui expliquerait que vous ne soyez pas si rouge que ça, et un peu plus éveillé que la moyenne des gens de votre espèce.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur le Comte a toujours une explication pour tout. Je lui apporte ses pilules ?<br><strong>Un</strong> – Quelle pilule ?<br><strong>Deux</strong> – Vos pilules pour la mémoire, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Des pilules pour la mémoire ? Tiens donc, c’est curieux, j’avais oublié que je devais en prendre.<br><strong>Deux</strong> – C’est pour cela que Monsieur le Comte m’a engagé.<br><strong>Un</strong> – Pour quoi donc, mon brave ?<br><strong>Deux</strong> – Pour lui rappeler de prendre ses pilules.<br><strong>Un</strong> – On ne m’ôtera pas de l’idée que vous êtes bien un peau rouge. Mais ça ne fait rien, je vous garde quand même. C’est si difficile de trouver un valet aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur le Comte est trop bon. (<em>Il lui tend ses pilules.</em>) Un, deux, trois… Et voilà : le compte est bon.<br><em>L’autre regarde les pilules.</em><br><strong>Un</strong> – Je dois vraiment avaler tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je le crains, Monsieur le Comte. Regardez : Bleu, blanc, rouge…<br><em>L’autre prend ses pilules une par une.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais c’est toujours la rouge qui a le plus de mal à passer…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>En couleurs</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 12:57:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
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		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Naissance]]></category>
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		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Cadeau]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En couleurs, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage attend. Un autre arrive avec un bébé emmailloté.</em><br><strong>Un</strong> – Félicitations ! C’est une fille.<br><strong>Deux</strong> – C’est merveilleux.<br><em>Elle prend l’enfant.</em><br><strong>Un</strong> – Et vous allez l’appeler comment ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai hésité entre Clémentine et Prune, et puis finalement, je me suis décidée pour Violette.<br><strong>Un</strong> – Violette… C’est… C’est très joli.<br><strong>Deux</strong> – C’était le nom de ma grand-mère…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… (<em>Il ouvre un dossier.</em>) Bon… Eh bien je crois que tout est en ordre.<br><strong>Deux</strong> – Alors je peux la ramener à la maison ?<br><strong>Un</strong> – Mais bien sûr, elle est à vous. (<em>Il sort un papier du dossier et lui tend</em>.) Tenez, voici le certificat de garantie.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Si vous avez le moindre souci, n’hésitez pas à nous le rapporter. Notre service après vente est réputé dans le monde entier. En cas de problème bien improbable, rassurez-vous, nous pourrons procéder à un échange standard.<br><strong>Deux</strong> – J’espère bien que nous n’en n’arriverons pas là… Je crois que je commence déjà à m’attacher à celle-ci…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr, bien sûr… (<em>Il jette un dernier regard au dossier</em>.) Mais… je vois que vous n’avez pas choisi l’option « vision en couleurs »… C’est un oubli de votre part, ou bien…?<br><strong>Deux</strong> – Vision en couleurs ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien oui… Pour que votre enfant puisse percevoir le monde avec toutes les merveilleuses couleurs dont Dieu l’a pourvu…<br><strong>Deux</strong> – Je… Je suis vraiment désolée… Je ne savais pas que c’était en option…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas une cécité absolue… Je veux dire, ce n’est pas une nécessité absolue, mais évidemment, c’est un plus très appréciable. Nous vous proposons différents niveaux de qualité, en fonction du nombre de pixels. Selon le prix de l’abonnement, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ah parce que c’est un abonnement…<br><strong>Un</strong> – Hélas, en ce bas monde, rien n’est vraiment définitif, n’est-ce pas ? Mais je vous assure que la version premium est absolument fantastique.<br><strong>Deux</strong> – Du temps de ma mère, la couleur n’était pas en option…<br><strong>Un</strong> – Autrefois, en effet, le modèle de base était équipé de la vision en couleurs. Malheureusement, comme vous le savez, la crise est passée par là…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Aujourd’hui, tout se paie.<br><strong>Un</strong> – Fort heureusement, la 3D fait encore partie des équipements d’origine.<br><strong>Deux</strong> – La 3D ?<br><strong>Un</strong> – Pour ce qui est de la couleur, iI est encore temps de réparer cet oubli. Un petit retour à la maternité, un coup de bistouri électronique, deux injections transgéniques, et nos techniciens médicaux permettront à cette merveilleuse enfant de voir la vie en couleurs…<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, je crains que ce ne soit impossible pour l’instant. Nous n’avions pas prévu ça dans notre budget, et…<br><strong>Un</strong> – Je comprends… Hélas, tous les bébés qui naissent aujourd’hui n’ont pas la chance d’avoir des parents fortunés.<br><strong>Deux</strong> – Et avec ces complémentaires santé qui ne remboursent plus rien…<br><strong>Un</strong> – Allons ce n’est pas si grave… Cet enfant se contentera de voir le monde en noir et blanc pour l’instant, voilà tout… Et quand vous aurez pu faire quelques économies… Sachez que cette option peut être ajoutée à n’importe quel moment de sa vie. Un Noël, un anniversaire, une bar-mitsva… Voilà un cadeau tout trouvé pour votre chère Violette !<br><strong>Deux</strong> – Très bien, je vais y réfléchir.<br><em>Elle s’apprête à partir avec le bébé.</em><br><strong>Un</strong> – N’oubliez pas non plus que si vous le souhaitez, notre service financier peut vous proposer un petit crédit sur quinze ou vingt ans…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse du sketch</strong><br>Ce sketch, sous des dehors anodins et presque réalistes, déploie une vision glaçante d’un monde futuriste où l’enfant devient un produit de consommation soumis à des options payantes. La vision en couleurs, qui semble aujourd’hui un droit biologique élémentaire, devient ici une fonctionnalité premium, comparable à un abonnement à une plateforme numérique.<br>Le comique de la situation naît du décalage entre la réalité humaine de la scène (la naissance d’un enfant) et le langage administratif et commercial employé par le personnage du représentant. On ne parle plus de soin ou d’amour, mais de certificat de garantie, de service après-vente, d’abonnement ou d’option transgénique. La scène prend alors des allures de satire grinçante du capitalisme moderne, où même la perception sensorielle devient une marchandise.<br>L’émotion est présente dans la voix du personnage parental, qui montre un attachement sincère à l’enfant, mais se voit sans cesse ramené à ses moyens financiers limités. Le contraste entre la tendresse de l’une et le cynisme bureaucratique de l’autre accentue le malaise, tout en générant un humour à froid.<br>Il s’agit également d’une critique de la privatisation croissante du vivant, des dérives possibles du progrès scientifique mal encadré, et d’une caricature de l’ultra-libéralisme technologique, où la vision en couleurs — symbole de vie et de beauté — devient un luxe conditionné à un crédit.</p>



<p>Le sketch se termine sur une note douce-amère, le représentant proposant des facilités de paiement sur vingt ans pour un simple droit à la couleur, révélant à quel point l’humain est devenu dépendant d’un système marchand jusqu’à l’absurde.</p>
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		<title>Retraite</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retraite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:21:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retraite, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un PDG arrive accompagné d’un autre personnage, homme ou femme.</em><br><strong>PDG</strong> – Alors mon vieux, qu’est-ce que vous allez faire maintenant que vous êtes à la retraite ?<br><strong>Dany</strong> – Oh vous savez, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer.<br><strong>PDG</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Dany</strong> – Je ferai tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire jusqu’ici.<br><strong>PDG</strong> – Ah oui ? Quoi par exemple ?<br><strong>Dany</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>PDG</strong> – Faire du vélo ? Aller à la pêche ? Jouer aux boules ?<br><strong>Dany</strong> – Pourquoi pas, oui…<br><strong>PDG</strong> – Moi je dis que vous allez vous emmerder, mon vieux, vous verrez.<br><strong>Dany</strong> – Au début, peut-être un peu.<br><strong>PDG</strong> – Le boulot, c’est pire que le tabac, question accoutumance. On ne devrait jamais commencer. Après il est trop tard. C’est l’addiction. La dépendance.<br><strong>Dany</strong> – Alors je prendrai la retraite comme une cure de désintoxication.<br><strong>PDG</strong> – La retraite, c’est comme les 35 heures, ça ne devrait pas exister. D’ailleurs, ça n’existe déjà presque plus. Vous serez peut-être le dernier à profiter de cette aberration.<br><strong>Dany</strong> – Vous croyez ?<br><strong>PDG</strong> – Aujourd’hui, les gens vivent jusqu’à plus de cent ans, et ils meurent en bonne santé. Vous vous sentez vieux, vous, mon vieux ?<br><strong>Dany</strong> – Mon Dieu…<br><strong>PDG</strong> – D’accord, vous n’avez pas autant la niaque qu’un type de vingt ans, et vous nous coûtez beaucoup plus cher, mais bon… On pourrait vous trouver un petit boulot subalterne payé au SMIC pour terminer votre carrière sur terre. Ou même un travail bénévole, tiens. Ça vous dirait de travailler à la cantine ? On manque de personnel à la plonge.<br><strong>Dany</strong> – Ma foi…<br><strong>PDG</strong> – Mais je déconne, mon vieux ! Vous croyez tout ce qu’on vous dit, vous, hein ? Ça on peut dire que vous n’êtes pas contrariant. (<em>Le PDG s’approche du bord de la scène</em>) Il y a une vue magnifique, d’ici, je n’avais jamais remarqué…<br><em>L’autre s’avance derrière lui les bras tendus pour le pousser. Mais le PDG se retourne et interprète son geste comme une tentative pour l’embrasser.</em><br><strong>PDG</strong> – Allez mon vieux, il ne faut pas être aussi sensible.<br><em>Il le prend dans ses bras et l’étreint un instant.</em><br><strong>PDG</strong> – On va vous regretter. Des types comme vous, on n’en fait plus, heureusement. Profitez bien de votre retraite, elle nous coûte assez cher comme ça.<br><strong>Dany</strong> – Merci Monsieur le Président.<br><em>Le PDG commence à s’éloigner.</em><br><strong>Dany</strong> – Monsieur le Président !<br><strong>PDG</strong> – Oui ?<br><strong>Dany</strong> – Merde !<br><strong>PDG</strong> – Comme au théâtre, alors ? Merci de me souhaiter bonne chance, mon vieux.<br><em>Le PDG s’en va.</em><br><strong>Dany</strong> – Je n’aurais même pas réussi à lui dire merde avant de partir…<br><em>Il sort. Arrivent deux personnages, hommes ou femmes. Ils se mettent à vapoter.</em><br><strong>Micky</strong> – Ça fait longtemps que tu bosses ici ?<br><strong>Rapha</strong> – C’est mon premier jour. Et toi ?<br><strong>Micky</strong> – Moi aussi. Et je crois que ça va être le dernier.<br><strong>Rapha</strong> – Tu es en intérim ?<br><strong>Micky</strong> – Non mais je viens de dire merde à mon patron.<br><strong>Rapha</strong> – Tu aurais dû attendre la fin de ta période d’essai.<br><strong>Micky</strong> – Temporiser, ce n’est pas mon style. Je suis un impulsif.<br><strong>Rapha</strong> – Et qu’est-ce que tu vas faire, alors ?<br><strong>Micky</strong> – Je vais peut-être me barrer à l’étranger.<br><strong>Rapha</strong> – Ah oui ? Où ça ?<br><strong>Micky</strong> – Je ne sais pas. En Chine, peut-être.<br><strong>Rapha</strong> – Tu parles chinois ?<br><strong>Micky</strong> – J’apprendrai. La Chine, c’est là-bas que ça se passe, maintenant, non ?<br><strong>Rapha</strong> – Ouais, peut-être.<br><strong>Micky</strong> – Tu veux qu’on bouffe ensemble à midi. J’écoulerai mes derniers tickets restaurant…<br><strong>Rapha</strong> – OK.<br><strong>Micky</strong> – On bouffera chinois.<br><strong>Rapha</strong> – Comme ça tu pourras commencer à apprendre la langue.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=900</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Import export</title>
		<link>https://sketchotheque.net/import-export/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Import export, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, hommes ou femmes, arrivent. Ils commencent à fumer.<br></em><strong>Kim</strong> – Vous bossez à quel étage ?<br><strong>Sam</strong> – Cinquième…<br><strong>Kim</strong> – C’est quoi comme boîte au cinquième ?<br><strong>Sam</strong> – La même chose qu’au quatrième.<br><strong>Kim</strong> – Ah ouais. Import export.<br><strong>Sam</strong> – En ce moment, c’est surtout import.<br><strong>Kim</strong> – Eh oui. Qu’est-ce qu’on pourrait bien encore exporter ?<br><strong>Sam</strong> – Ouais.<br><strong>Kim</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Sam</strong> – Nos sénateurs et nos conseillers généraux, peut-être.<br><strong>Kim</strong> – C’est vrai que ça, contrairement au pétrole, on n’en manque pas.<br><strong>Sam</strong> – Les sénateurs, c’est la seule énergie qui soit à la fois fossile et renouvelable par tiers.<br><strong>Kim</strong> – Mais en France, les élus, c’est comme le gaz de schiste. On a de gros gisements, mais on n’a pas le droit d’y toucher. Je ne sais même pas à quoi ça sert, un conseiller général.<br><strong>Sam</strong> – À élire un sénateur, je crois.<br><strong>Kim</strong> – Trop d’élus tue la démocratie… Et qu’est-ce que vous importez comme produits ?<br><strong>Sam</strong> – Un peu de tout. Mais on est spécialisé dans les produits financiers.<br><strong>Kim</strong> – Les produits financiers ?<br><strong>Sam</strong> – On importe des capitaux.<br><strong>Kim</strong> – Pour quoi faire ?<br><strong>Sam</strong> – Pour payer les autres produits qu’on importe.<br><strong>Kim</strong> – Ah d’accord… Mais on les paie avec quoi, ces capitaux qu’on importe ?<br><strong>Sam</strong> – Autrefois on appelait ça des Bons de la Semeuse. Maintenant, il y a des mots plus savants pour désigner ce genre de produits dans le charabia de la finance, mais en gros, on peut appeler ça des reconnaissances de dettes.<br><strong>Kim</strong> – Donc, en fait, on importe tout ce qu’on consomme et la seule chose qu’on exporte, c’est nos dettes.<br><strong>Sam</strong> – Voilà.<br><strong>Kim</strong> – Mais pourquoi est-ce que tous ces pays qui nous entretiennent achètent nos dettes ?<br><strong>Sam</strong> – Pour qu’on ait de quoi les payer. Sinon, ils ne pourraient plus exporter. Ce serait l’effondrement du système.<br><strong>Kim</strong> – Je vois… Mais alors pourquoi tous ces pays pauvres ne consomment ce qu’ils produisent, au lieu de l’exporter vers des pays riches qui n’ont pas d’argent pour les payer.<br><strong>Sam</strong> – Mais parce que ce sont des pays pauvres, justement. Le niveau de vie est très bas, et les inégalités très importantes. Pas de classes moyennes, donc pas de marché intérieur. Et bien sûr, les ouvriers n’ont pas les moyens d’acheter ce qu’ils produisent.<br><strong>Kim</strong> – C’est un peu paradoxal, non ?<br><strong>Sam</strong> – C’est comme ça… Tous les économistes vous le diront.<br><strong>Kim</strong> – Je me demande comment on n’a pas encore eu l’idée d’en guillotiner quelques-uns…<br><strong>Sam</strong> – Ouh la… Vous êtes un altermondialiste, vous, non ?<br><strong>Kim</strong> – C’est mon côté Che Guevara…<br><strong>Sam</strong> – Et vous, vous travaillez à quel étage ?<br><strong>Kim</strong> – Treizième. Je travaille pour une ONG.<br><strong>Sam</strong> – Je pensais que cet immeuble n’avait que douze étages.<br><strong>Kim</strong> – Oui, oui, c’est bien le cas. Mais je travaille dans une ONG fictive.<br><strong>Sam</strong> – Ah d’accord…<br><strong>Kim</strong> – D’ailleurs, il faut que j’y retourne.<br><em>Une vieille arrive qui ressemble beaucoup à la mort.</em><br><strong>Sam</strong> – C’est qui celle-là ?<br><strong>Kim</strong> – La propriétaire. On ne la voit pas souvent rôder par là…<br><strong>Sam</strong> – La propriétaire de cette tour ?<br><strong>Kim</strong> – De la tour, oui. Et de toutes les sociétés qu’elle abrite.<br><strong>Sam</strong> – Même les sociétés fictives…<br><strong>Kim</strong> – Elle est actionnaire majoritaire dans la holding à qui appartient tout ça. Avant on était possédé par les fonds de pension, mais maintenant qu’ils ont supprimé les retraites…<br><strong>Sam</strong> – Alors c’est pour elle qu’on bosse tous ?<br><strong>Kim</strong> – Ouais.<br><strong>Sam</strong> – J’espère qu’elle le vaut bien…<br><em>Il s’en va. L’autre le suit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Les sandales d’Empédocle</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-sandales-dempedocle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 07:57:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chaussure]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les sandales d’Empédocle, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse. Un personnage, homme ou une femme, arrive. Il ôte ses chaussures, mocassins ou talons aiguilles, et se rapproche du bord de la scène, comme au bord d’un gouffre dans lequel il envisagerait de sauter. Un autre personnage, homme ou femme, arrive derrière lui et reste interloqué.<br></em><strong>Ange</strong> – Monsieur Le Président ?<br><em>L’autre se retourne.</em><br><strong>PDG</strong> – Des fois, je me demande si on ne ferait pas mieux d’arrêter. Pas vous ?<br><strong>Ange</strong> – Arrêter de fumer, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – Franchement, ça sert à quoi, tout ça ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas Monsieur le Président…<br><strong>PDG</strong> – C’est la crise, mon vieux. Le marché de la chaussure est en chute libre. La société est au bord du gouffre. Il n’y a plus qu’un pas à faire.<br><strong>Ange</strong> – Je… Il ne faut pas être aussi pessimiste, Monsieur le Président. On sent quand même un frémissement.<br><strong>PDG</strong> – Un frémissement ? Vous ressentez un frémissement, vous ? Mais c’est la fièvre, mon vieux. La fièvre ! Vous croyez en Dieu ?<br><strong>Ange</strong> – Pas spécialement.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien moi, je vais vous étonner, mais je crois en Dieu.<br><strong>Ange</strong> – Vraiment ?<br><strong>PDG</strong> – Non mais pas depuis longtemps, hein ? Avant, je ne croyais qu’au CAC 40, comme tout le monde. C’est quand la fumée blanche est sortie des urnes que ça m’est apparu comme une évidence. Dieu existe, sinon comment expliquer le coup du Père François ?<br><strong>Ange</strong> – Le pape François, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – François ! Notre président ! D’ailleurs, vous avez remarqué, maintenant un président sur trois s’appelle François. Sans parler de tous les candidats potentiels. On devrait leur donner des numéros, comme pour les papes, justement. François Premier, François Deux, Trois, Quatre…<br><strong>Ange</strong> – Vous avez raison, ce serait plus pratique…<br><strong>PDG</strong> – Les présidents sont élus par la grâce de Dieu, comme les rois. C’est la conclusion à laquelle je suis arrivé. (Solennel) Dieu existe, mon vieux. Et croyez-moi, il a juré notre perte !<br><em>Il s’éloigne du bord de la scène, pieds nus.</em><br><strong>PDG</strong> – Vous avez entendu parler des sandales d’Empédocle?<br><strong>Ange</strong> – Les sandales de… Non, Monsieur le Président. Mais si vous le souhaitez, je peux étudier le dossier.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien mon cher, si un jour vous trouvez mes chaussures au bord de ce volcan, vous saurez où me trouver.<br><strong>Ange</strong> – Où ça, Monsieur le Président ?<br><strong>PDG</strong> – En bas, mon vieux. Dans le chaudron des enfers !<br><strong>Ange</strong> – Bien Monsieur le Président. (<em>Son portable sonne.</em>) Excusez-moi un instant, Monsieur le Président… Oui ? Oui, oui… Écoutez… Non, je ne peux pas vous parler, là tout de suite… (<em>Plus bas, en s’éloignant un peu</em>) Je suis avec le Président… (<em>Pendant qu’il parle, le Président s’en va discrètement, laissant là ses chaussures</em>.) D’accord, je vous rappelle dans cinq minutes…<br><em>Il range son portable et, n’apercevant plus le Président, il reste un instant perplexe. Il se penche vers le bord de scène pour regarder en bas.<br>Un autre personnage, homme ou femme, arrive et se met à fumer aussi. Le premier se retourne et sursaute en l’apercevant.</em><br><strong>Camille</strong> – Ça va ?<br><strong>Ange</strong> – Euh… Oui, oui…<br><strong>Camille</strong> – Tu bosses sur quoi en ce moment ?<br><strong>Ange</strong> – Les… Les Sandales d’Empédocle, tu connais ?<br><strong>Camille</strong> – J’en ai vaguement entendu parler, oui.<br><strong>Ange</strong> – Et tu sais à qui ça appartient ?<br><strong>Camille</strong> – Les sandales de… Ben à lui, non ?<br><strong>Ange</strong> – Ah qui ?<br><strong>Camille</strong> – À Empédocle.<br><strong>Ange</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Camille</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas… Une intuition… Tu n’en parles à personne, mais j’ai l’impression que ça va remonter.<br><strong>Camille</strong> – Remonter ? Les sandales d’Empédocle ?<br><em>L’autre regarde à nouveau les chaussures.</em><br><strong>Ange</strong> – En revanche, ici, on pourrait bientôt avoir un problème de leadership. Si j’étais toi, je vendrais. Ça reste entre nous, évidemment…<br><em>Le premier repart. L’autre le regarde partir, intrigué. Au bout d’un moment, il aperçoit les chaussures, s’approche et les observe avec perplexité. Puis il s’approche un peu plus du bord de la scène et regarde en bas. Il sort son portable et compose un numéro.</em><br><strong>Camille</strong> – Oui, c’est moi. Dis donc, tu pourrais vendre tout de suite toutes les actions qu’on a en portefeuille de…<br><em>Le PDG revient en compagnie d’un autre cadre, homme ou femme. Le PDG n’a pas de chaussures.</em><br><strong>Sacha</strong> – C’est incroyable. Les actions de la société ont chuté de 20% en deux heures !<br><strong>PDG</strong> – Oui, je sais.<br><strong>Sacha</strong> – Ça n’a pas l’air de vous inquiéter…<br><strong>PDG</strong> – Une baisse des cours, c’est aussi une opportunité d’achat. J’ai racheté 10% du capital de la boîte quand les cours étaient au plus bas. (<em>Il consulte l’écran de son téléphone</em>.) D’ailleurs, nos actions viennent déjà de reprendre 15%.<br><em>L’autre regarde aussi son écran de téléphone.</em><br><strong>Sacha</strong> – Apparemment, il s’agissait d’une rumeur de décès du PDG…<br><strong>PDG</strong> – Infondée, comme vous pouvez le constater. Vous voyez, je n’ai jamais été aussi en forme !<br><em>L’autre lui lance un regard soupçonneux.</em><br>Sacha – Je vois… (Il remarque que le PDG est pieds nus.) Mais qu’est-ce que vous avez fait de vos chaussures ?<br><strong>PDG</strong> – Mes chaussures ?<br><em>Le PDG fait mine d’apercevoir ses chaussures, qu’il a volontairement laissées auparavant sur le bord de la scène.</em><br><strong>PDG</strong> – Ah les voilà ! Je craignais de les avoir perdues pour toujours.<br><em>Il s’approche du bord de la scène et remet ses chaussures. Puis il tape sur l’épaule de l’autre.</em><br><strong>PDG</strong> – C’est un miracle, mon vieux. Croyez-moi, Dieu existe.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>La Porte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-porte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:40:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Café]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La porte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là un gobelet de café à la main. Il arrive, avec également un gobelet de café. Ils échangent un vague sourire en guise de salutations et sirotent leur café en silence.<br></em><strong>Elle</strong> – Toujours aussi dégueulasse, ce café.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Mais aujourd’hui, pour moi, il a un goût particulier.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…?<br><strong>Lui</strong> – C’est la dernière fois que j’en bois.<br><strong>Elle</strong> – La dernière fois…?<br><strong>Lui</strong> – C’est ma dernière journée. Ce soir, je serai à la retraite.<br><strong>Elle</strong> – Vous m’avez fait peur… Je pensais qu’après avoir fini votre gobelet, vous alliez sauter par la fenêtre pour protester contre la qualité du café dans cette boîte de merde. Remarquez, ça les aurait peut-être convaincus de changer la machine.<br><strong>Lui</strong> – Désolé, je crains que cette machine ne soit encore là demain.<br><strong>Elle</strong> – Je serai condamnée à reboire cet infâme jus de chaussettes. Et je n’aurai même plus le plaisir de votre conversation enjouée.<br><strong>Lui</strong> – C’est la première fois qu’on se croise. Ne me dites pas que c’est votre première journée ici.<br><strong>Elle</strong> – Je travaille dans l’autre partie du bâtiment, pour vos anciens concurrents. On a supprimé la machine à café, pour faire des économies…<br><strong>Lui</strong> – Je vois…<br><strong>Elle</strong> – Rassurez-vous, c’était exactement la même machine, et le café était tout aussi imbuvable.<br><strong>Lui</strong> – Ça doit être un monopole. Comme pour les machines à sous…<br><strong>Elle</strong> – Ça ne va pas vous manquer de vous lever tous les jours à six heures, de passer une heure dans les transports pour venir ici, de vous emmerder pendant huit heures à faire un boulot qui ne sert à rien, et de repartir le soir en vous disant que ça recommence le lendemain ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ne va pas être facile. J’essayerai de m’y faire… Mais dites-moi, je commence à douter de ma raison. Ça fait trente ans que je travaille ici, et je n’avais jamais remarqué qu’il y avait un couloir à cet endroit.<br><strong>Elle</strong> – Le couloir a toujours été là, mais la porte d’accès était condamnée.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai. Il y avait une porte… Je pensais que c’était une porte de placard.<br><strong>Elle</strong> – On a rouvert la porte pour que les gens qui travaillent de l’autre côté puissent venir prendre le café ici. Comme on n’a plus de machine…<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Donc, ce couloir, il mène à…<br><strong>Elle</strong> – Au placard dans lequel on a installé mon bureau. Entre autres… Je suis contrôleur de gestion. C’est moi qui audite la boîte d’à côté.<br><strong>Lui</strong> – D’accord… Alors vous travaillez pour…<br><strong>Elle</strong> – Votre nouveau patron. Enfin jusqu’à ce soir. On a racheté votre boîte il y deux mois.<br><strong>Lui</strong> – Alors c’est à vous que je dois ce départ en retraite anticipée ?<br><strong>Elle</strong> – Vous ne m’en voulez pas trop, j’espère…<br><strong>Lui</strong> – Pensez-vous… Je devrais plutôt vous dire merci.<br><strong>Elle</strong> – Ne me remerciez pas je vous en prie… On n’a pas fait ça pour abréger vos souffrances, vous savez. C’est juste une compression de personnel après une fusion-acquisition. On a commencé par supprimer une machine à café sur deux. Et puis on a fait pareil avec les salariés…<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Et vous ? Qu’est-ce qui vous pousse à vous lever le matin ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… C’est vrai que ce café est absolument dégueulasse, mais je me demande s’il n’est pas un peu addictif, finalement. Méfiez-vous, demain matin, vous pourriez être manque. Allez, bonne retraite…<br><strong>Lui</strong> – Merci…<br><em>Il la regarde partir.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Hors saison</title>
		<link>https://sketchotheque.net/hors-saison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 09:00:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Vendeur]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Glace]]></category>
		<category><![CDATA[Météo]]></category>
		<category><![CDATA[Poisson]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hors saison, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/hors-saison/">Hors saison</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme (ou une femme) en tenue d’été (genre bermuda et chemisette hawaïenne) voire en maillot de bain, arrive devant un(e) autre en tenue polaire (genre doudoune et moon boots) qui vend des glaces.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour. Elles sont bonnes vos glaces ?<br><strong>Deux</strong> – C’est des glaces artisanales. Combien de boules ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que vous avez comme parfum ?<br><strong>Deux</strong> – Alors… vanille, chocolat, pissenlit, noisette, fraise, moutarde, cassis, menthe avec éclats de chocolat noir, fruit de la passion, citron, choucroute avec éclats de saucisse de Strasbourg, violette, rose, chrysanthème, papaye, anchois, praliné, noix de coco, framboise, cerise, noix de cabillaud, pomme, caramel, javel, banane, saucisson sec, orange, mandarine, aspirine, rhum-raisins, vieux mollard, huître, tarama, steak tartare, ananas, kiwi… Ah, non, du kiwi, il ne m’en reste plus.<br><strong>Un</strong> – Tiens, je vais essayer chocolat-noix de cabillaud, pour changer un peu.<br><strong>Deux</strong> – Une double alors.<br><strong>Un</strong> – Va pour une triple. Vous me mettrez deux boules de cabillaud.<br><em>L’autre lui donne sa glace. Il la goûte.</em><br><strong>Un</strong> – On sent bien le goût de la morue, hein ?<br><strong>Deux</strong> – On les fait nous-mêmes.<br><strong>Un</strong> (<em>avec une moue</em>) – Ah, une arête…<br><em>Il extirpe l’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est des glaces artisanales…<br><strong>Un</strong> – Mmm… Et ça marche, les affaires ?<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend des parfums… En ce moment, avec ce froid, c’est surtout petit salé aux lentilles, qui part bien. En hiver, ça réchauffe. D’ailleurs, je suis en rupture… Vous êtes en vacances ?<br><strong>Un</strong> – Non, on tourne un film, dans le coin. Je suis comédien. Enfin, figurant…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Et qu’est-ce que c’est comme film ?<br><strong>Un</strong> – <em>Les Bronzés au Club Med </em>numéro 5. En hiver, ça coûte moins cher. Le Club est fermé.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr. C’est comme pour moi. J’ai racheté tout ce stock de glaces pour une bouchée de pain. Avec la crise, faut savoir s’adapter. Surprendre. Etre là où on ne vous attend pas. En été, je vends des marrons chauds sur la plage…<br><strong>Un</strong> – Je comprends… L’été prochain, je fais une figuration dans <em>Les Bronzés font du ski</em> numéro 4. On tourne à Courchevel, avec de la neige artificielle. C’est que là-haut, l’été, ça cogne sous la doudoune… Bon va falloir que j’y retourne. Ils doivent avoir fini de décongeler la piscine. Tous les matins, c’est pareil. On perd un temps, avec ça…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Un bon coup de balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:18:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un bon coup de balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria est en train de passer un coup de balai. Édouard arrive en costume trois pièces.<br></em><strong>Édouard</strong> – Ah Maria… Je voulais vous dire un mot, justement…<br><strong>Maria</strong> (<em>arrêtant de balayer</em>) – Oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Il y a combien d’années que vous balayez pour nous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Je ne sais pas, monsieur. Je n’ai pas compté. Vous n’êtes pas content de mon travail ?<br><strong>Édouard</strong> – Si, si, Maria, au contraire. Je tenais d’ailleurs à vous féliciter. Vous connaissez la devise de notre banque ?<br><strong>Maria</strong> – Il faut savoir balayer devant sa porte ?<br><strong>Édouard</strong> – Bien, Maria, exactement ! Grâce à vous, la devanture du Crédit Solidaire est toujours impeccable. Et la devanture d’une banque, c’est sa vitrine, n’est-ce pas ? Si la vitrine d’une banque n’est pas impeccablement tenue, les clients pourraient se dire que…<br><strong>Maria</strong> – Le banquier n’est sûrement pas très net non plus…<br><strong>Édouard</strong> – Voilà ! Vous avez tout compris, Maria.<br><strong>Maria</strong> – Je peux continuer mon travail, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Pas tout à fait, Maria… Bon… (<em>Il s’éclaircit la gorge.</em>) Comme vous le savez, ma chère Maria… Ma très chère Maria… Je dirais même ma trop chère Maria… C’est la crise.<br><strong>Maria</strong> – Ah oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – La crise, Maria ! Même si vous ne lisez pas la presse économique tous les jours, vous en avez entendu parler, tout de même ? Mais oui, suis-je bête ! Vous êtes bien espagnole, Maria, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Portugaise, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Mais c’est encore mieux ! Enfin, je veux dire encore pire… Le Portugal est le pays le plus endetté de la zone euro ! Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Bref, c’est la récession, et le monde de la finance, bien entendu, est le premier affecté par la baisse générale des valeurs…<br><strong>Maria</strong> – Les valeurs…<br><strong>Édouard</strong> – Je parle des valeurs boursières, évidemment, mais soyez-en persuadée, Maria, de la dépression économique à la dépression tout court, il n’y a souvent qu’un pas. Quand la Bourse est à la baisse, le moral l’est aussi. Et quand le moral est dans les chaussettes, la crise morale n’est pas loin non plus.<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Vous-même, Maria, ne me dites pas que vous n’êtes pas un peu déprimée ?<br><strong>Maria</strong> – Ça va, monsieur, je ne me plains pas…<br><strong>Édouard</strong> – Excusez-moi, Maria, mais quand on vous voit, comme ça, avec votre balai… On n’a pas l’impression que vous respirez la joie de vivre, je vous assure !<br><strong>Maria</strong> – Je suis peut-être un peu fatiguée, en ce moment… À force de balayer devant votre porte…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela pour vous dire, Maria, que notre banque, évidemment, n’est pas non plus épargnée par la tourmente… et que nous devons faire nous aussi des économies. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Pour votre bien, Maria, le Crédit Solidaire a donc dû prendre des mesures drastiques et néanmoins douloureuses afin de préserver votre emploi. Emploi dont la pérennité, je peux vous le dire maintenant, était gravement menacée.<br><strong>Maria</strong> – Merci monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’ai donc le plaisir de vous annoncer, Maria, que vous n’êtes pas licenciée.<br><strong>Maria</strong> – Je travaille au noir, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Quoi qu’il en soit, vous pourrez continuer à balayer devant notre porte jusqu’à nouvel ordre. Et qui sait ? Un jour peut-être, je vous laisserai balayer aussi le bureau du directeur.<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Évidemment, le Crédit Solidaire attend de vous que vous fassiez aussi un petit effort pour nous aider à préserver l’emploi dans ce pays. Car sans emploi, pas de pouvoir d’achat, sans achat pas de confiance, et sans confiance, pas d’emploi. C’est le cercle vicieux de la stagflation, vous me suivez ?<br><strong>Maria</strong> – J’essaie, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela vous dépasse, bien sûr, ma pauvre Maria, mais vous pouvez me faire confiance… Je vais d’ailleurs essayer d’être plus clair… En contrepartie de la préservation de votre emploi, le Crédit Solidaire vous propose une baisse de rémunération de trente pour cent. J’imagine que cette proposition vous semble raisonnable, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Trente pour cent ?<br><strong>Édouard</strong> – Un petit tiers, si vous préférez.<br><strong>Maria</strong> – Un tiers en moins ?<br><strong>Édouard</strong> – Ben oui, pas en plus, hein ? Vous savez que par les temps qui courent, même les emplois de balayeur ne courent pas les rues, Maria. Bientôt pour balayer dans une banque, même au black, il faudra au moins bac plus trois ! Plus éventuellement un bon coup de piston et une promotion canapé… Vous avez le bac, vous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Non monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’imagine que vous n’avez pas davantage de relations haut placées ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Et pour la promotion canapé, ma chère Maria, sans vouloir vous vexer, je ne suis pas sûr non plus que tous les atouts soient vraiment de votre côté… Que voulez-vous, c’est comme ça… C’est la grande loterie de la vie… Et même le Crédit Solidaire n’y pourra rien changer… Certains naissent en Suisse avec un nom à rallonge et un physique avantageux, et d’autres… Bref, vous conviendrez donc que notre proposition est plus que généreuse… Qu’en pensez-vous ?<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Oui, Maria… Ce n’est pas absolument nécessaire que vous en pensiez quelque chose, mais je vous écoute néanmoins. Nous sommes toujours en démocratie, quand même…<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense…<br><strong>Édouard</strong> – Vous devez bien en penser quelque chose…<br><strong>Maria</strong> – Mais je pense bien que j’en pense quelque chose, monsieur… (<em>Maria lève son balai pour le frapper.</em>) Voilà ce que j’en pense, monsieur !<br><strong>Édouard</strong> – Maria ? Mais vous êtes devenue folle ? (<em>Elle le poursuit avec son balai</em>.) Mais enfin, Maria, calmez-vous ! Et puis ce n’est qu’une proposition ! Nous sommes pour le dialogue social, nous aussi… (<em>Elle lui assène quelques coups.</em>) Aïe… Ouille… Vingt pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Vous voulez encore tâter de mon balai ?<br><strong>Édouard</strong> – Dix pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Dix pour cent d’augmentation ?<br><strong>Édouard</strong> – C’est-à-dire que… (<em>Maria est prête à frapper à nouveau.</em>) Très bien, Maria… Il faut savoir terminer une négociation, et j’ai bien compris que votre proposition justement n’était pas négociable… Marché conclu… Le Crédit Solidaire vous augmente de dix pour cent…<br><strong>Maria</strong> – Très bien, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Mais dites-moi, Maria, vous êtes dure en affaires… Nous savons aussi apprécier chez nos employés les qualités qui sont les leurs… Et on peut dire que vous ne manquez pas de caractère…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Ça vous dirait un petit stage de formation, entièrement payé, bien sûr, pour intégrer notre service de recouvrement ? Comme je vous le disais, c’est la crise, et les mauvais payeurs sont de plus en plus nombreux…<br><strong>Maria</strong> – Encore un coup de balai, monsieur ?<br><em>Il s’éloigne prudemment.</em><br><strong>Édouard</strong> – N’en parlons plus, Maria. Je vous laisse travailler…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Un bon coup de balai » est une satire sociale sur les rapports de pouvoir entre les élites économiques et les travailleurs précaires. Le comique naît ici de l’hypocrisie managériale, des discours creux justifiant l’injustifiable (une baisse de salaire pour préserver un emploi au noir…), et surtout du renversement brutal des rôles. Maria, faussement soumise, incarne la revanche du bon sens populaire contre l’arrogance cynique de la caste dominante.<br>Le personnage d’Édouard est une caricature jouissive du cadre supérieur déconnecté : il parle beaucoup, mais ne comprend rien. Il tente de masquer une violence sociale derrière un langage feutré et abscons. Maria, elle, ne parle pas autant — mais agit. Le balai devient ici une arme symbolique et comique, un outil de révolte autant que de nettoyage — au propre comme au figuré.<br>Un sketch féroce, à la fois hilarant et d’une acuité mordante, sur le monde du travail, les inégalités et la résistance face à l’humiliation. Le Crédit Solidaire, au nom cynique, devient un décor idéal pour une leçon d’humanité… et de négociation.</p>
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		<item>
		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
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		<title>Les gens</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-gens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:09:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=692</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les gens, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, très bien habillé, avec un haut-de-forme, suivi d’un autre en costume de chauffeur, avec une casquette.<br></em><strong>Chauffeur</strong> – Que monsieur ne s’inquiète pas, le dépanneur va venir pour la Rolls, et une voiture est en route pour nous ramener au château.<br><strong>Milliardaire</strong> – Merci mon brave.<br><em>Le chauffeur nettoie le banc avec un mouchoir.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur veut bien s’asseoir.<br><em>Le milliardaire s’assied et jette un regard autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Tout ça est très pittoresque… Mais où sommes-nous, exactement ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Très exactement… nous sommes à l’angle de la rue de la Paix et de la rue…<br><strong>Milliardaire</strong> – Non, je veux dire, cet endroit, c’est quoi ?<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est un square, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Un square ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un jardin public.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vraiment ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Je me suis dit que pour attendre la voiture, ce serait mieux que dans la rue ou dans un café. C’est un quartier très populaire, vous savez. Les gens comme eux ne sont pas habitués à voir des gens comme vous.<br><strong>Milliardaire</strong> – Des gens comme moi…?<br><strong>Chauffeur</strong> – Des personnes de votre condition.<br><strong>Milliardaire</strong> – Nous aurions pu rester incognito. Ils ne sont pas supposés savoir que je suis baron, et à la tête de la cinquième plus grosse fortune d’Europe.<br><strong>Chauffeur</strong> – Croyez-moi, monsieur ne serait pas passé inaperçu.<br><em>Le milliardaire regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Un jardin public…<br><strong>Chauffeur</strong> – Comme le jardin du château de monsieur, mais ouvert à tout le monde.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais je ne vois pas de château…<br><strong>Chauffeur</strong> – Le château, c’est… la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – D’accord.<br><strong>Chauffeur</strong> – Les gens viennent là avec leurs enfants pour prendre un peu l’air.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, oui… Les gens…<br><strong>Chauffeur</strong> – Quand ils ne travaillent pas, évidemment.<br><strong>Milliardaire</strong> – Bien sûr. C’est assez propre, quand même. Et… ce sont les gens eux-mêmes qui l’entretiennent, n’est-ce pas ? On appelle ça des jardins ouvriers, je crois.<br><strong>Chauffeur</strong> – Euh… Non monsieur. Les jardins ouvriers, c’est pour faire pousser des légumes. Ici c’est un jardin public. C’est entretenu par les jardiniers de la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois. Et les gens viennent ici pour se reposer.<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est cela. Pour reconstituer leur force de travail, comme dit Marx.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vous demande pardon ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Karl Marx, monsieur. Pour Marx, le travail est une marchandise. Et sa valeur est équivalente à la valeur de l’ensemble des biens matériels et immatériels nécessaires à sa reproduction. C’est-à-dire non seulement le logement et la nourriture, mais aussi les quelques distractions indispensables pour éviter que le prolétaire tombe dans la dépression et se laisse tenter par le suicide.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois… Du pain et des jeux, comme disait Jules César…<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, si monsieur préfère. Mais si monsieur me permet, le phénomène de la lutte des classes, qui conduit inéluctablement à la dictature du prolétariat, est beaucoup mieux analysé dans Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous avez donc lu <em>Le Capital</em> ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Pas vous, monsieur ?<br><strong>Milliardaire</strong> – Ma foi non, je l’avoue…<br><strong>Chauffeur</strong> – J’en ai toujours un exemplaire dans la Rolls. Comme je passe beaucoup de temps à attendre monsieur, j’en profite pour m’instruire. C’est mon livre de chevet, comme on dit. Pour certains c’est la bible, pour moi c’est Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais dites-moi, mon brave… Vous avez lu <em>Le Capital</em> d’accord… mais vous ne seriez pas marxiste tout de même ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous Karim, en plus d’être musulman, vous êtes marxiste ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui monsieur.<br><em>Le milliardaire le regarde avec un air perplexe.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ça ne fait rien, je vous garde quand même.<br><strong>Chauffeur</strong> – Merci, monsieur…<br><em>Le portable du milliardaire sonne et il répond.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, ma chère, c’est vous. Il nous arrive une histoire absolument rocambolesque. La Rolls a pété une durite au beau milieu d’une cité, et nous avons dû nous réfugier dans un square… Un square, ma chère. Un jardin public, si vous préférez. (<em>Plus bas</em>) Mais dites-moi, très chère, vous saviez que notre chauffeur était marxiste ? Non, non, bien sûr, ça ne me dérange pas, mais… vous auriez pu m’en informer tout de même. Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord ?<br><em>Le portable du chauffeur sonne aussi, et il répond.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – OK, merci… (<em>Au milliardaire</em>) Votre voiture vous attend, monsieur.<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Très bien, alors allons-y… Mais finalement, cette aventure aura été très cocasse, n’est-ce pas ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, d’ailleurs, ça me rappelle un film…<br><strong>Milliardaire</strong> – Un film ? Quel film ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un film avec Louis De Funès, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ne me dites pas qu’en plus d’être musulman et communiste, vous êtes aussi cinéphile ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Farniente</title>
		<link>https://sketchotheque.net/farniente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:51:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Abeille]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[Dinosaure]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Fourmi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Farniente, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alban et Ève.<br></em><strong>Alban</strong> – Ça fait du bien d’être en vacances…<br><strong>Ève</strong> – Enfin !<br><strong>Alban</strong> – Ne penser à rien.<br><strong>Ève</strong> – Ne rien faire.<br><strong>Alban</strong> – Ne voir personne.<br><strong>Ève</strong> – Le pied intégral.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est le bout du monde, ici.<br><strong>Ève</strong> – C’est ce qu’on voulait, non ? Être tranquille.<br><strong>Alban</strong> – Ça pour être tranquille, on est tranquille.<br><strong>Alban</strong> – Pas d’ordinateur…<br><strong>Ève</strong> – Pas de téléphone.<br><strong>Alban</strong> – De toute façon, il n’y a pas de réseau.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Ève</strong> – Tu crois qu’on va tenir trois semaines ?<br><strong>Alban</strong> – Les trois premiers jours seront peut-être un peu difficiles. Comme quand on arrête de fumer. Après, ça ira.<br><strong>Ève</strong> – Il faut avouer que c’est magnifique.<br><strong>Alban</strong> – Oui. C’est vraiment le paradis.<br><strong>Ève</strong> – L’endroit idéal pour se reposer et tout oublier.<br><strong>Alban</strong> – On se demande comment on fait pour vivre en ville toute l’année.<br><strong>Ève</strong> – C’est vrai qu’un peu de verdure…<br><strong>Alban</strong> – Au moins, on respire.<br><strong>Ève</strong> – Et puis ce silence…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Alban</strong> – Limite, ça ferait mal aux oreilles.<br><strong>Ève</strong> – Quand on n’est plus habitués…<br><strong>Alban</strong> – Et quel dépaysement.<br><strong>Ève</strong> – C’est sûr.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – On n’est pas déjà venus, ici ?<br><strong>Ève</strong> – Ici ? On s’en souviendrait…<br><strong>Alban</strong> – En même temps, la campagne… C’est partout pareil, non ?<br><strong>Ève</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est vraiment isolé, quand même.<br><strong>Ève</strong> – Ça, on ne va pas être dérangés par les voisins.<br><strong>Alban</strong> – C’est limite inquiétant. Si on avait un problème.<br><strong>Ève</strong> – Quel problème on pourrait bien avoir ? On est en vacances.<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas, moi… Un accident domestique…<br><strong>Ève</strong> – Tu feras attention en lavant la salade.<br><strong>Alban</strong> – Une hémorragie cérébrale… Un infarctus… Le temps que le SAMU arrive…<br><strong>Ève</strong> – Tu as raison, on aurait dû apporter un défibrillateur.<br><strong>Alban</strong> – Tu crois ?<br><strong>Ève</strong> – On mène une vie de dingue toute l’année. Ce serait un comble qu’on ait un infarctus maintenant. On ne peut pas être plus au calme qu’ici !<br><strong>Alban</strong> – Justement, le cœur n’est plus habitué. Tout cet oxygène, d’un seul coup. J’ai l’impression d’avoir fumé un pétard.<br><strong>Ève</strong> – Tout de même, ça fait du bien d’avoir un peu d’espace pour respirer. De ne plus être entassés au bureau comme des poulets dans un élevage en batterie.<br><strong>Alban</strong> – Ou serrés comme des sardines dans le métro.<br><strong>Ève</strong> – Même pas une vache à l’horizon.<br><em>Alban regarde par terre.</em><br><strong>Alban</strong> – Nos seuls voisins immédiats, c’est les fourmis.<br><em>Ève jette un regard aussi vers le sol.</em><br><strong>Ève</strong> – Et elles, elles ont l’air de bosser.<br><strong>Alban</strong> – Oui, elles en mettent un coup.<br><strong>Ève</strong> – Regarde, celle-là transporte le cadavre d’une libellule trois plus grosse qu’elle.<br><strong>Alban</strong> – Peut-être une libellule en vacances ici qui est morte d’ennui.<br><strong>Ève</strong> – Ou qui a succombé à un AVC avant que les secours ne puissent intervenir.<br><strong>Alban</strong> – En tout cas, elles n’arrêtent pas.<br><strong>Ève</strong> – C’est à se demander si elles n’en font pas un peu trop.<br><strong>Alban</strong> – Les fourmis, ça ne prend jamais de vacances.<br><strong>Ève</strong> – C’est clair. Les congés payés, c’est le propre de l’homme.<br><strong>Alban</strong> – Remarque, ça dépend, il y a aussi des animaux très branleurs.<br><strong>Ève</strong> – Ah oui ?<br><strong>Alban</strong> – Je dirais que le mammifère en général est très branleur.<br><strong>Ève</strong> – Le paresseux, c’est un mammifère ?<br><strong>Alban</strong> – En tout cas, l’homme est un mammifère.<br><strong>Ève</strong> – Ah oui…?<br><strong>Alban</strong> – Tu ne ponds pas des œufs, si ?<br><strong>Ève</strong> – Ce sont les insectes, surtout, qui ne pensent qu’à bosser.<br><strong>Alban</strong> – Les insectes sociaux, comme on dit… Les fourmis, les abeilles, les termites…<br><strong>Ève</strong> – Ouais… Elles bossent du soir au matin, 365 jours par an. Elles n’en ont rien à foutre qu’on soit en vacances ou pas.<br><strong>Alban</strong> – En fait, elles n’en ont rien à foutre qu’on existe en général.<br><strong>Ève</strong> – Elles vivent à côté de nous. Elles nous ignorent.<br><strong>Alban</strong> – Je dirais même qu’elles nous méprisent. On ne les dérange pas quoi.<br><strong>Ève</strong> – L’homme a réussi à exterminer presque tous les mammifères sauvages. Les autres, il en a fait des esclaves domestiques ou de la viande rouge. Mais les insectes, eux, ils sont toujours là, ils continuent leurs petites affaires. Ils font comme si on n’était pas là, en fait.<br><strong>Alban</strong> – Sans parler des oiseaux.<br><strong>Ève</strong> – Quoi, les oiseaux ?<br><strong>Alban</strong> – Tu les entends chanter ? On dirait qu’ils nous narguent.<br><strong>Ève</strong> – Si seulement on arrivait à comprendre ce qu’ils disent…<br><strong>Alban</strong> – Je crois que j’ai une petite idée.<br><strong>Ève</strong> – Quoi ?<br><strong>Alban</strong> – Ils doivent dire quelque chose comme : On est des dinosaures, et on est toujours là.<br><strong>Ève</strong> – C’est vous qui êtes en voie d’extinction, et nous on vous emmerde…<br><strong>Alban</strong> – Tu crois que les dinosaures reprendront leur taille normale quand les hommes auront disparu.<br><strong>Ève</strong> – Peut-être. Ils se font discrets, parce qu’on est là.<br><strong>Alban</strong> – Ils attendent que le vent tourne, pour redevenir des monstres.<br><strong>Ève</strong> – Heureusement, on ne sera plus là pour voir ça…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alban</strong> – Je suis à peu près sûr qu’on est déjà venus là en vacances.<br><strong>Ève</strong> – Quand ça ?<br><strong>Alban</strong> – Ce n’était pas l’année dernière ?<br><strong>Ève</strong> – Ah, oui, peut-être… Mais il y avait plus de monde, non ?<br><strong>Alban</strong> – Et il y avait moins de fourmis…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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