<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Argent - La Sketchothèque</title>
	<atom:link href="https://sketchotheque.net/category/theme/argent/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://sketchotheque.net/category/theme/argent/</link>
	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
	<lastBuildDate>Fri, 02 May 2025 12:42:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.1</generator>

<image>
	<url>https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/cropped-sketch_carre-32x32.png</url>
	<title>Archives des Argent - La Sketchothèque</title>
	<link>https://sketchotheque.net/category/theme/argent/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Le Phoenix</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-phoenix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Soins palliatifs]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1627</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Phoenix, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-phoenix/">Le Phoenix</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Dans le lit, un homme reprend peu à peu connaissance. Une femme arrive, façon executive-woman, avec à la main un ordinateur portable dans une serviette.<br></em><strong>Femme</strong> – Cher Monsieur bonjour !<br><strong>Homme</strong> – Bonjour…<br><strong>Femme</strong> – Excusez-moi un instant, ce ne sera pas long.<br><strong>Homme</strong> – Je vous en prie…<br><em>Elle sort le portable de la serviette, l’allume et le place sur la table de nuit de façon à ce qu’il voie l’écran.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous vous souvenez du code, pour le wifi ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens même pas de mon nom.<br><strong>Femme</strong> – Ça ne fait rien, on s’en passera. (<em>Après s’être éclairci la gorge</em>) Cher Monsieur, j’ai souhaité vous rencontrer sans tarder, parce que j’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer.<br><strong>Homme</strong> – Un nouveau produit, peut-être ? Un remède miracle ? Quelque chose qui pourrait me sauver la vie.<br><strong>Femme</strong> – Vous m’ôtez les mots de la bouche, cher Monsieur. En effet, les nouveaux produits financiers que j’ai à vous proposer pourraient changer votre vie.<br><strong>Homme</strong> – J’en conclus que vous n’êtes pas médecin.<br><strong>Femme</strong> – Je suis votre conseiller financier. Vous êtes bien titulaire d’un compte au Crédit Général, n’est-ce pas ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, peut-être.<br><strong>Femme</strong> – Et je peux vous assurer que vous faites partie de nos meilleurs clients.<br><strong>Homme</strong> – Tant mieux. Parce que je ne suis même pas sûr d’être un bon catholique…<br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas obligatoire pour spéculer en bourse. Et en tant que client privilégié de notre banque, j’ai tenu à vous proposer en priorité nos nouvelles opportunités de placement, d’un rendement absolument exceptionnel.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Regardez ce graphique. (<em>Elle lui montre une courbe.</em>) Notre nouveau fonds d’investissement, Le Phoenix en Actions, a gagné 27% en six mois.<br><strong>Homme</strong> – Le Phoenix ? Ah oui, ça fait rêver. Mais pourquoi ce nom ?<br><strong>Femme</strong> – L’année d’avant, hélas, Le Phoenix avait perdu 73% de sa valeur boursière. C’est un placement risqué, réservé aux investisseurs les plus audacieux, mais qui renaît toujours de ses cendres !<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de pouvoir en dire autant.<br><strong>Femme</strong> – Allons, je suis sûre de reconnaître en vous un battant. La bourse, c’est un placement toujours gagnant sur le long terme.<br><strong>Homme</strong> – Vous savez, le long terme, pour moi… Je vous ai dit que je venais de recevoir l’extrême-onction ?<br><strong>Femme</strong> – J’allais y venir, cher Monsieur. Je ne vous cache pas qu’il faut vous décider rapidement. Il s’agit d’une opportunité exceptionnelle. Mais il n’y en aura pas pour tout le monde. Nous ne pourrons servir que nos clients les plus réactifs.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr d’être encore très réactif, même aux traitements médicaux. À vrai dire, j’en suis à me demander si je ne suis pas déjà mort…<br><em>Elle ouvre sa housse et en sort une brochure qu’elle lui tend avec un sourire commercial.</em><br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous… Nous avons aussi toute une gamme de produits en matière d’assurance-vie et d’assurance-décès.<br><strong>Homme</strong> (<em>prenant le document</em>) – Merci…<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse réfléchir, cher Monsieur. Nous n’allons pas non plus vous harceler, n’est-ce pas ? Nous sommes là avant tout pour vous conseiller…<br><strong>Homme</strong> – C’est ça, je vais réfléchir.<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse, j’ai d’autres investisseurs potentiels à voir dans cet établissement. D’ailleurs qu’est-ce que c’est ? Une sorte de maison de retraite ?<br><strong>Homme</strong> – Une Unité de Soins Palliatifs.<br><strong>Femme</strong> – Tout à fait. Alors à très bientôt. Mais réfléchissez vite, cher Monsieur. Dans votre cas, surtout, vous n’avez pas de temps à perdre… et ce serait dommage de passer à côté d’une telle opportunité.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-phoenix/">Le Phoenix</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trop riche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-riche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1458</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop riche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/trop-riche/">Trop riche</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive, affichant un large sourire.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour Monsieur, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !<br><strong>Un</strong> – Bon, commencez par la mauvaise.<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, je n’ai pas dit j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Juste une bonne nouvelle.<br><strong>Un</strong> – Ah, pardon. Quand on n’est pas habitué… Et… c’est quoi, cette mauvaise nouvelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez bien validé une grille de loto il y a une semaine ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vous annonce que vous avez gagné.<br><strong>Un</strong> – Gagné ? Moi ? Combien ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions d’euros.<br><strong>Un</strong> – 233 millions ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, ça fait une somme.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça n’a pas l’air de vous faire plaisir.<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr, mais…<br><strong>Deux</strong> – Mais ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Deux</strong> – Trop ?<br><strong>Un </strong>– C’est-à-dire que… un million, ça va. J’achète une maison et…<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Disons 10 millions, alors. J’achète une maison, et j’arrête de travailler. Mais 233 millions !<br><strong>Deux</strong> – Je comprends qu’il vous faille un peu de temps pour vous faire à cette idée.<br><strong>Un</strong> – Ça ne pourrait pas être un peu moins ?<br><strong>Deux</strong> – Moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi… Disons 33 millions d’euros. Je vous assure, je ne peux vraiment pas faire plus…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais c’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, réfléchissez. Mais pas trop longtemps. Parce qu’il y a un délai, quand même. Pour retirer son gain, je veux dire…<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que c’est, avec plusieurs centaines de millions d’euros, je n’aurais plus de famille. Plus d’amis.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, avec une telle fortune, vous allez retrouver la trace de cousins très éloignés que vous pensiez avoir perdu de vue. Et vous allez découvrir que vous aviez beaucoup plus d’amis que vous ne le supposiez.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais c’est précisément ça qui me fait peur. Je ne serai plus entouré que de gens intéressés.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler de ma femme…<br><strong>Deux</strong> – Votre femme ?<br><strong>Un</strong> – Elle est communiste, ma femme ! Déjà qu’elle me reprochait de ne pas être assez à gauche… Alors quand je vais lui annoncer que j’ai gagné 233 millions d’euros.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, l’expérience montre qu’avec 233 millions d’euros, une femme ne reste pas très longtemps communiste…<br><strong>Un</strong> – Non, vous ne vous rendez pas compte… Les relations avec tout mon entourage vont être complètement faussées…<br><strong>Deux</strong> – Vous connaîtrez d’autres gens… Des gens aussi fortunés que vous.<br><strong>Un</strong> – Je ne me fais pas d’illusions, vous savez. Je sais que les vrais riches, ceux qui sont nés comme ça, ne voudront jamais de moi. Pour eux je serai toujours le type qui a gagné sa fortune au loto.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et si ma femme me quitte ? Comment en retrouver une autre ?<br><strong>Deux</strong> – Avec 233 millions d’euros ?<br><strong>Un</strong> – Je penserai toujours qu’elles veulent m’épouser pour mon argent !<br><strong>Deux</strong> – Évidemment…<br><strong>Un</strong> – Non, je crois que je vais plutôt vous reprendre un billet.<br><strong>Deux</strong> – Un billet ?<br><strong>Un</strong> – Un ticket de loto !<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Vous avez déjà gagné !<br><strong>Un</strong> – Peut-être que cette fois, j’aurai la chance de gagner un peu moins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/trop-riche/">Trop riche</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’or et l’argent</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lor-et-largent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:35:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Or]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1354</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’or et l’argent, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/lor-et-largent/">L’or et l’argent</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, visiblement désœuvrés.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on disait, déjà ?<br><strong>Deux</strong> – Rien…<br><strong>Un</strong> – Ah oui… (<em>Nouveau silence</em>) Sinon, toi, ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Et toi ? Tu as l’air soucieux…<br><strong>Un</strong> – Non, non, c’est juste que…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais plus quoi faire de mon fric.<br><strong>Deux</strong> – Tu en as tant que ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, tu es riche.<br><strong>Un</strong> – À partir de combien on est riche ?<br><strong>Deux</strong> – À partir du moment où on ne sait plus quoi faire de son fric, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Alors il faut croire que je suis riche.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as vraiment plus besoin de rien ?<br><strong>Un</strong> – J’ai déjà tout ce qu’il me faut. Je suis à l’abri du besoin, comme on dit.<br><strong>Deux</strong> – Et il n’y a plus rien qui te fasse envie ?<br><strong>Un</strong> – Malheureusement, avec l’âge, on a de plus en plus d’argent et de moins en moins d’envies.<br><strong>Deux</strong> – Achète quelque chose de beau.<br><strong>Un</strong> – Quelque chose de beau ?<br><strong>Deux</strong> – Des œuvres d’art. En plus, c’est défiscalisé.<br><strong>Un</strong> – Quoi par exemple ?<br><strong>Deux</strong> – Les tableaux, c’est ce qui prend le moins de place…<br><strong>Un</strong> – C’est fragile, les tableaux, non ?<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr. Tu n’as qu’à acheter des sculptures, alors. Le marbre, ça ne vieillit pas.<br><strong>Un</strong> – Je me demande si je ne vais pas acheter des lingots, plutôt.<br><strong>Deux</strong> – Des lingots ?<br><strong>Un</strong> – Des lingots d’or.<br><strong>Deux</strong> – Tu ne sais plus quoi faire de ton argent, alors avec ton argent, tu vas acheter de l’or ?<br><strong>Un</strong> – C’est plus solide que les tableaux, non ? Ou même que le marbre. L’or, c’est indestructible.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais les tableaux ou les sculptures, tu peux les regarder.<br><strong>Un</strong> – Les lingots aussi, tu peux les regarder.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Je n’en ai jamais vu en vrai, des lingots d’or. Si j’en avais, je suis sûr que j’aimerais bien les regarder.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Si tu avais des lingots, tu n’aimerais pas les regarder, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si, sûrement…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Des lingots, pourquoi pas…<br><strong>Deux</strong> – Sinon… tu pourrais en donner un peu, de ton argent.<br><strong>Un</strong> – En donner ? À qui ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas, moi… À ceux qui en ont moins que toi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu as moins d’argent que moi, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – Je crois que je vais acheter des lingots.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Si tu veux, tu pourras les regarder avec moi.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/lor-et-largent/">L’or et l’argent</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Porte-à-porte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/porte-a-porte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:19:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Compteur]]></category>
		<category><![CDATA[Privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1261</guid>

					<description><![CDATA[<p>Porte-à-porte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/porte-a-porte/">Porte-à-porte</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le premier, qui porte un nœud papillon, sonne à la porte de l’autre, qui lui ouvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour, c’est les Témoins de Jehovah.<br><strong>Deux</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Un</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes seul !<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… Non, c’est parce que… ma collègue est en arrêt maladie.<br><strong>Deux</strong> – Tiens donc.<br><strong>Un</strong> – Il y a une épidémie de grippe en ce moment.<br><strong>Deux</strong> – Sans doute une épreuve que Dieu nous envoie.<br><strong>Un</strong> – Je vois que vous êtes déjà sensibilisé à…<br><strong>Deux</strong> – Non, mais je déconnais… Moi, la religion, vous savez… Donc, je ne vais pas vous faire perdre votre temps…<br><strong>Un</strong> – Attendez un instant !<br><strong>Deux</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Un</strong> – J’installe aussi les nouveaux compteurs Linky.<br><strong>Deux</strong> – Avec un nœud papillon ? C’est pour la caméra cachée, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Mais pas du tout ! Vous savez, depuis la privatisation, tout est sous-traité. Alors ils ont eu l’idée de nous proposer ça, à nous, les Témoins de Jehovah. Comme on passe notre temps à sonner chez les gens, et que ça ne marche pas à tous les coups.<br><strong>Deux</strong> – Parce qu’avec le compteur Linky, ça marche mieux qu’avec Dieu ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… C’est ma première journée… Vous êtes mon premier client…<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ma veine…<br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ce compteur Linky ?<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que… avec tout ce qu’on raconte.<br><strong>Un</strong> – Vous ne croyez pas en Dieu, vous ne craignez pas le châtiment divin pour votre impiété, mais vous croyez à toutes les conneries qu’on colporte sur les pouvoirs maléfiques du compteur Linky ? Alors que ces craintes ne reposent sur aucune preuve scientifique…<br><em>L’autre hésite un instant.</em><br><strong>Deux</strong> – D’accord, vous avez gagné. Installez-moi ce foutu compteur, et barrez-vous.<br><strong>Un</strong> – Il y en aura pour une petite heure…<br><strong>Deux</strong> – Ôtez-moi d’un doute… Vous êtes vraiment Témoin de Jehovah ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/porte-a-porte/">Porte-à-porte</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pauvres de nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:12:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Monaco]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1258</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pauvres de nous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/">Pauvres de nous</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, un riche et un pauvre.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Bonjour.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air surpris.<br><strong>Deux</strong> – Non, c’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – C’est la première fois qu’un clochard vous dit bonjour ?<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, c’est la première fois que je réponds. Ce n’est pas vraiment l’habitude, ici, de dire bonjour aux gens dans la rue. Surtout aux clochards…<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les gens se méfient.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, il n’y a que des milliardaires, ici, non ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne faut pas exagérer… Il y a quelques multimillionnaires, aussi.<br><strong>Un</strong> – Les pauvres…<br><strong>Deux</strong> – On est toujours le pauvre de quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Moi je suis le pauvre de tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Justement, à ce propos…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que je suis venu faire ici, à Monaco ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je vous préviens, ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on est plus généreux avec les pauvres.<br><strong>Un</strong> – Oui, j’ai remarqué. Le café est à cinq euros au Yacht Club. Je pensais que les aumônes seraient à proportion. Mais pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Plus les gens sont riches, plus la pauvreté leur fait peur. Ils vous considèrent comme une sorte de pestiféré. Ils ont peur que ce soit contagieux.<br><strong>Un</strong> – Et pourtant, vous êtes riche, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Immensément riche.<br><strong>Un</strong> – Et vous m’avez dit bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Mais je ne vous ai encore rien donné.<br><strong>Un</strong> – On a échangé, c’est déjà un début.<br><strong>Deux</strong> – Échangé ?<br><strong>Un</strong> – On a échangé quelques mots.<br><strong>Deux</strong> – Un petit commerce, en somme.<br><strong>Un</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><strong>Deux</strong> – On peut dire ça…<br><strong>Un</strong> – Je peux vous aider ?<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, non.<br><strong>Un</strong> – Si c’est une question d’argent, en effet.<br><strong>Deux</strong> – J’ai un cancer. En phase terminale. Je n’en ai plus pour très longtemps. Je peux mourir demain. Ou après demain.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez pas de famille ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais fils unique. Mes parents sont morts. Quelques cousins très éloignés se sont manifestés, de temps en temps, mais j’ai vite compris que leur préoccupation n’était pas principalement généalogique.<br><strong>Un</strong> – Pas d’amis ?<br><strong>Deux</strong> – Les amis, vous savez, dans ma position… Quand on est milliardaire, le genre humain se divise en trois catégories : les concurrents, les employés et les clients.<br><strong>Un</strong> – Alors vous êtes un homme seul, comme moi. Parce que vous savez, la pauvreté, ce n’est pas terrible non plus pour se faire des relations.<br><strong>Deux</strong> – Les extrêmes se rejoignent… Nous étions faits pour nous rencontrer.<br><strong>Un</strong> – Qu’allez-vous faire de votre immense fortune ? Si vous n’avez ni famille, ni ami…<br><strong>Deux</strong> – Je pourrais tout vous léguer ?<br><strong>Un</strong> – Votre solitude, aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous resterez seul, mais vous aurez beaucoup de compagnie…<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne pourrais pas en profiter très longtemps.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – J’ai un cancer, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sincère.<br><strong>Deux</strong> – Je le suis.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – On n’est que des papillons, tous les deux, on n’a que quelques jours à vivre.<br><strong>Un</strong> – Et on ne peut même pas se reproduire.<br><strong>Deux</strong> – Laissez-moi au moins vous offrir un café.<br><strong>Un</strong> – Ce sera le café le plus cher de ma vie.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/pauvres-de-nous/">Pauvres de nous</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Changement de décor</title>
		<link>https://sketchotheque.net/changement-de-decor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 12:22:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Meuble]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1228</guid>

					<description><![CDATA[<p>Changement de décor, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/changement-de-decor/">Changement de décor</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le faisceau d’une lampe torche dans l’obscurité. Puis un deuxième. Le premier éclaire le visage de la deuxième.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah, c’est toi ! Tu m’as fait peur…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Ça y est, tout est dans le camion.<br><strong>Elle</strong> – Ça s’est bien passé ?<br><strong>Lui</strong> – La routine.<br><em>Elle dirige le faisceau vers le public.</em><br><strong>Elle</strong> – Donc, il n’y avait personne…<br><strong>Lui</strong> – Avec le vacarme qu’a fait le clébard quand je suis arrivé… S’il y avait quelqu’un dans la maison, il se serait déjà réveillé.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est qu’il est mort.<br><strong>Lui</strong> – Ne parle pas de malheur. Tu imagines un peu ? Tu rentres dans une baraque la nuit pour la cambrioler, et tu tombes sur un macchabée…<br><strong>Elle</strong> – Avec la poisse que j’ai en ce moment, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.<br><strong>Lui</strong> – Ouais… J’ai vu ça dans un film, une fois. Je ne sais plus comment ça s’appelait…<br><strong>Elle</strong> – Tu me raconteras ça une autre fois. Et, le clébard… Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Merci de t’inquiéter de savoir si je ne me suis pas fait mordre…<br><strong>Elle</strong> – Tu t’es fait mordre ?<br><strong>Lui</strong> – Il a déchiré mon pantalon. J’ai dû l’assommer…<br><strong>Elle</strong> – S’il n’y a personne, on peut allumer, non ?<br><strong>Lui</strong> – Vas-y, les maisons tout autour sont inoccupées. C’est surtout des résidences secondaires. Sans parler de ceux qui ont déjà déménagé.<br><strong>Elle</strong> – À cause des cambriolages, sûrement.<br><strong>Lui</strong> – Si ça continue, il n’y aura plus que des maisons vides à cambrioler dans la région.<br><em>Elle actionne un interrupteur et la lumière se fait. Les vêtements de l’homme sont en lambeaux.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah oui, il t’a bien arrangé. Pauvre bête… Tu ne lui as pas fait trop mal, au moins ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi ? Tu veux faire un signalement à la SPA ?<br><em>Ils jettent un regard circulaire sur les lieux.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu as fait le grand nettoyage, dis donc. Il n’y a plus rien.<br><strong>Lui</strong> – Tout est rentré dans le camion.<br><strong>Elle</strong> – Des choses intéressantes ?<br><strong>Lui</strong> – Des meubles surtout. Des bibelots. Plutôt de mauvais goût.<br><strong>Elle</strong> – Je vois…<br><strong>Lui</strong> – Genre nouveau riche.<br><strong>Elle</strong> – Il vaut mieux être un nouveau riche qu’un nouveau pauvre.<br><strong>Lui</strong> – En revanche, il y avait un coffre-fort.<br><strong>Elle</strong> – Non ?<br><strong>Lui</strong> – J’en suis venu à bout.<br><strong>Elle</strong> – Combien ?<br><strong>Lui</strong> – Tout est dans le camion. Je n’ai pas compté.<br><strong>Elle</strong> – On verra ça tout à l’heure. On ne va pas traîner ici. Tu as regardé dans les autres pièces ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai tout vidé. Tu es venue avec Momo ?<br><strong>Elle</strong> – J’ai piqué un roupillon dans la voiture en venant, je ne sais même pas où on est. (<em>Elle regarde à nouveau autour d’elle.</em>) C’est fou ce qu’une maison vide peut ressembler à une autre.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que c’est la bonne maison ?<br><strong>Lui</strong> – Tu as vu la croix, en bas, sur la façade. Momo a fait le repérage dans le coin la semaine dernière.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Le genre de croix qui veut dire objets de valeur, pas d’alarme, effraction facile…<br><strong>Lui</strong> – Il ne s’était pas trompé. Sauf pour le chien. Il devait dormir quand il est passé.<br><strong>Elle</strong> – C’est bizarre. Cette maison me dit vaguement quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Des gens que tu connais, peut-être…<br><strong>Elle</strong> – Peut-être…<br><em>Elle ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Une quittance EDF.<br><strong>Lui</strong> – Ça a dû tomber d’un tiroir.<br><strong>Elle</strong> – Elle est à mon nom…<br><strong>Lui</strong> – Non…?<br><strong>Elle</strong> – Je me disais bien aussi…<br><strong>Lui</strong> – Tu veux dire que…<br><strong>Elle</strong> – On est chez moi ! Je rêve… Vous avez cambriolé chez moi !<br><strong>Lui</strong> – Comment je pouvais savoir, moi ! Il y avait la croix sur le mur. Tu n’as pas dit à Momo où tu habitais ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ne m’est pas venu à l’idée…<br><strong>Elle</strong> – Oh putain… Il y avait une chance sur mille…<br><em>Silence.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon… Ben le déménagement sera plus vite fait…<br><strong>Elle</strong> – Je n’avais pas l’intention de déménager.<br><strong>Lui</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Elle</strong> – Que veux-tu qu’on fasse ? On n’a plus qu’à remettre les meubles en place. Tu sais, les meubles et les bibelots de mauvais goût. Genre nouveau riche…<br><strong>Lui</strong> – OK…<br><strong>Elle</strong> – Et puis tu vas me rendre mon fric. J’aurai peut-être assez pour me payer un nouveau coffre-fort avec. Maintenant que t’as percé le mien…<br><strong>Lui</strong> – Tu n’as rien à regretter de ce côté-là. C’était de la camelote. J’en suis venu à bout en cinq minutes…<br><strong>Elle</strong> – C’est dingue. J’espère que le chien s’en sortira, au moins…<br><strong>Lui</strong> – Tu te préoccupes encore de ce putain de clébard ?<br><strong>Elle</strong> – C’est le mien ! C’est mon chien que tu as assommé !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai, excuse-moi… Bon, ça va, il s’en remettra.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Il était allongé devant sa niche quand je suis passée. Je me demandais pourquoi il n’avait pas aboyé quand il m’a vue.<br><strong>Lui</strong> – Il a reconnu sa maîtresse, forcément.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Et moi, je n’ai même pas reconnu ma propre baraque…<br><strong>Lui</strong> – Et après on va dire que les bêtes sont moins intelligentes que nous.<br><strong>Elle</strong> – Bon, alors au boulot. Parce qu’on n’a pas fini, hein…<br><strong>Lui</strong> – Sinon, on déclare le cambriolage, et tu te fais rembourser par l’assurance.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – On se débarrasse de tout ce bazar, si on arrive à le refourguer à quelqu’un. Et tu en profites pour changer la déco…<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Et puis ça évitera un changement de décor au metteur en scène.<br><strong>Lui</strong> – On sort par la cour ou par le jardin ?<br><em>Ils sortent.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/changement-de-decor/">Changement de décor</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Taxi</title>
		<link>https://sketchotheque.net/taxi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:58:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Taxi]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1192</guid>

					<description><![CDATA[<p>Taxi, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/taxi/">Taxi</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alice est là, semblant attendre quelque chose. Tom arrive. Il se met à attendre aussi. Il la regarde à la dérobée. Elle évite son regard.</em><br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi, vous attendez un taxi ?<br><strong>Alice</strong> – Oui…<br><strong>Tom</strong> – Non mais rassurez-vous, ce n’est pas… juste pour engager la conversation.<br><strong>Alice</strong> – La conversation ?<br><strong>Tom</strong> – Je veux dire, ce n’est pas pour vous draguer. Je vous demandais vraiment si vous attendiez un taxi.<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><strong>Tom</strong> – Vous auriez très bien pu attendre autre chose.<br><strong>Alice</strong> – Qu’est-ce qu’on peut bien attendre à une station de taxis ? Un bus ?<br><strong>Tom</strong> – Donc vous attendez un taxi…<br><strong>Alice</strong> – Et…?<br><strong>Tom</strong> – Et comme vous étiez la première, le prochain taxi sera pour vous, voilà. D’où le sens de ma question. Je sais maintenant que je devrai attendre le suivant.<br><strong>Alice</strong> – Désolée pour vous.<br><strong>Tom</strong> – Non, non, ne vous excusez pas… Ce n’est pas grave.<br><strong>Alice</strong> – Je n’étais pas en train de m’excuser.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Je suis pris d’un doute, tout d’un coup…<br><strong>Alice</strong> – Encore ?<br><strong>Tom</strong> – Vous êtes sûre que c’est bien une station de taxis ?<br><strong>Alice</strong> – Il y a un panneau. C’est marqué taxi.<br><strong>Tom</strong> – Ouais, mais ça ne veut rien dire.<br><strong>Alice</strong> – Ah non ?<br><strong>Tom</strong> – Dans un trou pareil… Ce n’est pas certain qu’il y ait une station de taxis.<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi ce serait marqué taxi, alors ?<br><strong>Tom</strong> – C’est peut-être juste un lieu de rendez-vous.<br><strong>Alice</strong> – Un lieu de rendez-vous ?<br><strong>Tom</strong> – Non, je veux dire, un point de rencontre. Dans les petites gares de campagne, c’est souvent comme ça.<br><strong>Alice</strong> – Ce n’est pas vraiment une petite gare de campagne…<br><strong>Tom</strong> – Les petites villes de province, si vous préférez. Les gens commandent un taxi, la veille, pour aller à l’hôpital, ou je ne sais où, et le lendemain, le taxi les attend à cet endroit. À une heure précise. Devant le panneau marqué taxi.<br><strong>Alice</strong> – Ah oui…?<br><strong>Tom</strong> – Vous avez commandé un taxi, vous ?<br><strong>Alice</strong> – Non.<br><strong>Tom</strong> – Il n’y a plus qu’à espérer que ce soit une vraie station de taxis…<br><em>Silence un peu plus long, le temps que le doute s’installe</em><br><strong>Alice</strong> – Alors vous croyez qu’on attend pour rien ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – Et si on appelait une compagnie de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – Ça, c’est seulement à Paris. Dans quelques grandes villes de province, peut-être. Certainement pas ici…<br><strong>Alice</strong> – Bon… alors on va attendre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Vous avez l’heure, s’il vous plaît. (<em>Alice lui lance un regard étonné.</em>) Non, mais je ne dis pas ça pour…<br><strong>Alice</strong> – Engager la conversation…?<br><strong>Tom</strong> – Je n’ai pas de montre… (<em>Alice remarque la montre à son poignet</em>.) Enfin si, j’en ai une mais… la pile est morte.<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi vous continuez à la mettre, alors ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas… Il faut croire que je m’étais attaché…<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><strong>Tom</strong> – Non, je déconne. La pile vient de me lâcher. Là, tout à l’heure.<br><strong>Alice</strong> – Pas de bol.<br><strong>Tom</strong> – Et donc ?<br><strong>Alice</strong> – Donc ?<br><strong>Tom</strong> – Vous avez l’heure ?<br><strong>Alice</strong> – Ah pardon… (<em>Elle regarde sa montre</em>.) Il est presque minuit…<br><strong>Tom</strong> – Minuit…<br><strong>Alice</strong> – Oui… Il y a peu de chances que quelqu’un ait commandé un taxi pour aller à l’hôpital à cette heure-ci.<br><strong>Tom</strong> – À moins d’une urgence… Mais en cas d’infarctus ou d’AVC, on ne commande pas le taxi la veille au soir, si ?<br><strong>Alice</strong> – Non… probablement pas.<br><strong>Tom</strong> – Après, je ne sais pas… C’est peut-être vraiment une station de taxis…<br><strong>Alice</strong> – On va attendre encore un peu.<br><strong>Tom</strong> – Enfin, même si c’est une station de taxis, ça ne veut pas forcément dire qu’un taxi va vraiment venir. Un dimanche soir, à minuit, dans cette ville de merde…<br><strong>Alice</strong> – Vous n’êtes pas du genre optimiste, vous, hein ? Je ne sais pas si j’ai bien fait d’accepter d’engager la conversation, finalement.<br><strong>Tom</strong> – Désolé… Non, mais je peux être très drôle parfois, vous savez ?<br><strong>Alice</strong> – Plutôt sans le faire exprès, j’imagine.<br><strong>Tom</strong> – Je peux vous demander où vous allez ?<br><strong>Alice</strong> – Pourquoi faire ?<br><strong>Tom</strong> – Ah non, mais je ne dis pas ça pour…<br><strong>Alice</strong> – Pour me draguer.<br><strong>Tom</strong> – C’est juste que… ce serait déjà miraculeux qu’un seul taxi arrive dans moins d’une heure, alors un deuxième… Je me disais que si on va plus ou moins dans la même direction, on pourrait partager. Je veux dire, prendre le même taxi.<br><strong>Alice</strong> – Oui, je ne sais pas…<br><strong>Tom</strong> – Vous allez par où ?<br><strong>Alice</strong> (<em>montrant une direction</em>) – Je vais par là…<br><strong>Tom</strong> (<em>un peu décontenancé</em>) – Ah oui…<br><strong>Alice</strong> – Et vous ?<br><strong>Tom</strong> – Moi aussi… Plus ou moins…<br><strong>Alice</strong> – Il faudrait déjà qu’un taxi arrive.<br><strong>Tom</strong> – Je vous assure que je ne dis pas ça pour vous draguer, mais…<br><strong>Alice</strong> – Si vous arrêtiez de commencer toutes vos phrases par « je ne dis pas ça pour vous draguer », je vous assure que ce serait un peu plus crédible.<br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – Bon ben allez-y, maintenant.<br><strong>Tom</strong> – Non, non, c’est juste que… j’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part.<br><em>Alice reste un instant décontenancée.</em><br><strong>Alice</strong> – Attendez… « Vous avez l’heure ? » « J’ai l’impression de vous avoir déjà vue quelque part ? » « Vous habitez chez vos parents », c’est presque déjà fait aussi. C’est quoi la prochaine question ? « Vous n’auriez pas du feu s’il vous plaît ? » C’est bon là, on a déjà engagé la conversation.<br><strong>Tom</strong> – OK.<br><strong>Alice</strong> – Si vous avez des choses intéressantes à me dire, vous pouvez y aller, je vous écoute. Ne vous fatiguez pas avec les préliminaires, parce que je vous assure, les préliminaires, ce n’est pas votre truc…<br><strong>Tom</strong> – Excusez-moi, c’est juste que… j’avais vraiment l’impression de vous avoir déjà vue quelque part.<br><strong>Alice</strong> – Pardon, je suis un peu sur les nerfs…<br><em>Un temps. Il sort une cigarette, et cherche dans ses poches quelque chose pour l’allumer. En vain.</em><br><strong>Tom</strong> – Du coup, je n’ose pas vous demander si vous avez du feu…<br><strong>Alice</strong> – Je n’en ai pas. Je ne fume pas.<br><em>Il range sa cigarette.</em><br><strong>Tom</strong> – Tant pis… Enfin, je veux dire tant pis pour moi… Tant mieux pour vous si vous ne fumez pas.<br><strong>Alice</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – J’attends le taxi…<br><strong>Alice</strong> – Oui, j’avais compris.<br><strong>Tom</strong> – Non, c’est… C’est le titre d’une chanson que j’avais écrite il y a très longtemps.<br><strong>Alice</strong> – Vous écrivez des chansons ?<br><strong>Tom</strong> – Oui… Enfin non, plus maintenant, mais… Pourquoi, je n’ai pas la tête de quelqu’un qui écrit des chansons ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas. Je ne connais personne qui écrit des chansons. Enfin pas personnellement. Et ça parlait de quoi, cette chanson ?<br><strong>Tom</strong> – C’est l’histoire d’un type qui… qui attend le taxi.<br><strong>Alice</strong> – Oui, d’après le titre, je m’en doutais un peu. C’est tout ?<br><strong>Tom</strong> – C’était il y a longtemps. Je ne me souviens plus très bien. La première phrase c’était… il est près de minuit sous les néons blafards, et depuis plus d’une heure seul devant cette gare… Et le refrain, c’était j’attends le taxi, taxi, taxi…<br><strong>Alice</strong> – J’attends le taxi, taxi, taxi…?<br><strong>Tom</strong> – Oui. C’est ce dont je me souviens…<br><strong>Alice</strong> – D’accord… Et il a fini par arriver, votre taxi ?<br><strong>Tom</strong> – Non… Vous voyez… je l’attends toujours…<br><strong>Alice</strong> – Ce n’est pas très encourageant.<br><strong>Tom</strong> – Enfin, cette histoire de taxi, c’était symbolique, évidemment. Le type qui attend le taxi… qui l’emmènera quelque part. C’était un peu moi quand j’étais plus jeune, vous voyez. Moi ou quelqu’un d’autre. À dix-huit ans, on attend tous que quelque chose se passe, non ? Que la vie nous prenne dans ses bras. Que quelqu’un vienne…<br><strong>Alice</strong> – Je vois. Et dans votre cas, donc, personne n’est venu.<br><strong>Tom</strong> – Non… Enfin si… Depuis, j’ai pris pas mal de taxis évidemment. Mais pas celui qui m’aurait emmené là où je voulais vraiment aller.<br><strong>Alice</strong> – Et vous vouliez aller où, exactement ?<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Alice</strong> – Oui, ben moi pour l’instant, j’aimerais bien rentrer chez moi.<br><strong>Tom</strong> – Donc, vous n’habitez pas chez vos parents.<br><strong>Alice</strong> – Non. Pourquoi ? Vous habitez chez vos parents, vous ?<br><strong>Tom</strong> – Non… Enfin ça dépend.<br><strong>Alice</strong> – Ça dépend ?<br><strong>Tom</strong> – Ça dépend des jours.<br><strong>Alice</strong> – D’accord…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Tom</strong> – Ça y est, ça me revient maintenant !<br><strong>Alice</strong> – Quoi ?<br><strong>Tom</strong> – Où on s’est déjà vus.<br><strong>Alice</strong> – Et alors ?<br><strong>Tom</strong> – Vous aussi, vous étiez à cette fête, chez Vincent, ce soir.<br><strong>Alice</strong> – Oui, en effet… Désolée, je ne me souviens pas de vous.<br><strong>Tom</strong> – Je vous ai invitée à danser. Vous avez refusé d’ailleurs…<br><strong>Alice</strong> – Ça ne vous a pas beaucoup marqué, vous ne vous souveniez plus de moi, tout à l’heure…<br><strong>Tom</strong> – Là-bas, il y avait une lumière d’ambiance, vous aviez l’air plus… Là avec les néons…<br><strong>Alice</strong> – Merci.<br><strong>Tom</strong> – Non mais vous êtes très jolie aussi.<br><strong>Alice</strong> – Et là, vous êtes sûr que vous n’êtes pas en train de me draguer ?<br><strong>Tom</strong> – Là, peut-être un peu, oui.<br><strong>Alice</strong> – J’avais prévu de rentrer avec une copine qui a une voiture, mais elle s’est trouvé un mec là-bas, alors du coup…<br><strong>Tom</strong> – Ah oui, pas de bol. Enfin, je veux dire, pour vous.<br><strong>Alice</strong> – Je pensais que je pourrais trouver un taxi. Et vous ?<br><strong>Tom</strong> – En fait… je n’étais pas vraiment invité à cette fête. Enfin, si mais… J’étais invité par une copine qui au dernier moment n’a pas pu venir, et donc…<br><strong>Alice</strong> – Donc, vous ne connaissiez personne.<br><strong>Tom</strong> – Du coup, je me voyais mal rester dormir là-bas.<br><strong>Alice</strong> – Cette délicatesse vous honore.<br><strong>Tom</strong> – J’étais venu en train. Mais j’ai raté le dernier. Le prochain est à 7h32 demain matin, j’ai vérifié.<br><strong>Alice</strong> – Et en attendant, la gare est fermée.<br><strong>Tom</strong> – Je ne sais pas si ça vaut le coup d’attendre.<br><strong>Alice</strong> – Pour le taxi, vous voulez dire ?<br><strong>Tom</strong> – Il faut se rendre à l’évidence, aucun taxi ne viendra ici ce soir.<br><strong>Alice</strong> – J’habite à trente kilomètres, je ne peux pas rentrer à pied.<br><strong>Tom</strong> – À part le train de 7h32, je ne vois pas.<br><strong>Alice</strong> (<em>regardant sa montre</em>) – Il n’est même pas encore minuit et demie. On ne va pas attendre ici pendant sept heures !<br><strong>Tom</strong> – Surtout qu’il ne fait pas très chaud.<br><strong>Alice</strong> – On pourrait retourner là-bas, évidemment, mais…<br><strong>Tom</strong> – À cette fête, vous voulez dire ?<br><strong>Alice</strong> – Chez Vincent, oui.<br><strong>Tom</strong> – Honnêtement, je ne suis pas sûr de vouloir y retourner.<br><strong>Alice</strong> – Ah oui ?<br><strong>Tom</strong> – En fait, c’est Vincent qui m’a viré.<br><strong>Alice</strong> – Viré ? Pourquoi ça ?<br><strong>Tom</strong> – Une sombre histoire d’argent qui aurait disparu dans un sac. Comme j’étais le seul que personne ne connaissait, évidemment, j’étais le coupable idéal. Je vous jure que ce n’est pas moi.<br><strong>Alice</strong> – Je sais.<br><strong>Tom</strong> – Merci. Donc, je n’ai pas une tête à voler dans les sacs des invitées à des soirées où je ne suis pas invité ?<br><strong>Alice</strong> – Si. En fait, vous auriez un peu cette tête-là.<br><strong>Tom</strong> – Alors comment vous savez que ce n’est pas moi qui ai volé cet argent ?<br><strong>Alice</strong> – Parce que cet argent, c’est le mien. Je croyais qu’il avait disparu. J’en ai parlé à ma copine, Cécile, qui en a parlé à Vincent. Mais je viens de retrouver mon fric dans la doublure de mon sac.<br><strong>Tom</strong> – D’accord. Alors en somme, c’est grâce à vous si on m’a jeté dehors comme un voleur.<br><strong>Alice</strong> – Je ne savais pas que ma copine en parlerait à Vincent. Et que ça ferait toute une histoire. C’est un peu pour ça que je suis partie, d’ailleurs. J’étais très mal à l’aise…<br><strong>Tom</strong> – Et moi donc.<br><strong>Alice</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Tom</strong> – Ouais.<br><strong>Alice</strong> – Tenez, si un taxi finit par arriver, je vous invite à le prendre avec moi. Je vous déposerai, et c’est moi qui paierai la course.<br><strong>Tom</strong> – Vous ne prenez pas beaucoup de risques. Jamais aucun taxi ne viendra ici ce soir.<br><strong>Alice</strong> – Alors qu’est-ce que je peux faire pour que vous me pardonniez ? Même si tout ça, ce n’est pas vraiment de ma faute…<br><strong>Tom</strong> – Crier au voleur parce que vous ne retrouvez pas votre argent… et laisser accuser un innocent.<br><strong>Alice</strong> – Bon, ce n’est pas l’affaire Dreyfus, non plus. Je n’ai accusé personne, c’est ma copine qui…<br><strong>Tom</strong> – J’ai vu la haine dans leurs regards, je vous assure. Ils auraient pu me lyncher…<br><strong>Alice</strong> – Vous êtes sûr que vous n’en faites pas un peu trop, là ?<br><strong>Tom</strong> – OK, il y a une chose que vous pourriez faire pour que je vous pardonne.<br><strong>Alice</strong> – Dites toujours…<br><strong>Tom</strong> – Accordez-moi cette danse.<br><strong>Alice</strong> – Pardon ?<br><strong>Tom</strong> – Tout à l’heure, je vous ai invitée à danser, et vous avez refusé. Accordez-moi cette danse.<br><strong>Alice</strong> – Ici ? À une station de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – On n’a rien de très urgent à faire, non ?<br><strong>Alice</strong> – Il n’y a même pas de musique !<br><strong>Tom</strong> – J’en ai, sur mon téléphone portable. Vous me devez bien ça, non ?<br><em>Alice hésite.</em><br><strong>Alice</strong> – OK, mais on ne parle que de danser, on est bien d’accord.<br><strong>Tom</strong> – D’accord.<br><em>Il sort son portable, met un slow très classique, pose le téléphone par terre et il ouvre les bras.</em><br><strong>Alice</strong> – Vous êtes toujours prêt à dégainer un slow, comme ça, dès que vous rencontrez une fille à une station de taxis ?<br><strong>Tom</strong> – Si vous préférez un autre morceau…<br><strong>Alice</strong> – Allons-y. Après tout qu’est-ce que je risque, puisque vous n’essayez absolument pas de me draguer…<br><em>Elle accepte qu’il l’enlace et ils se mettent à danser.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/taxi/">Taxi</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Échange standard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/echange-standard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1166</guid>

					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/echange-standard/">Échange standard</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/echange-standard/">Échange standard</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comme un vieux film</title>
		<link>https://sketchotheque.net/comme-un-vieux-film/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:38:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Urne]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1121</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme un vieux film, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/comme-un-vieux-film/">Comme un vieux film</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes (une jeune et une vieille) sont assises chacune à une table. La jeune fait mine de travailler en tapotant sur une calculette et en notant des chiffres sur une feuille. La vieille semble désœuvrée.<br></em><strong>Jeune</strong> (<em>avec une convivialité un peu forcée</em>) – Alors, ça y est ? C’est la dernière…<br><strong>Vieille</strong> – Oui…<br><strong>Jeune</strong> – Quel effet ça fait ?<br><strong>Vieille</strong> – C’est comme un vieux film qu’on s’est repassé trop souvent. À la fin, on n’y comprend plus rien…<br><strong>Jeune</strong> – On vous regrettera… Vous allez faire un pot ?<br><strong>Vieille</strong> – Un pot ?<br><strong>Jeune</strong> – Un pot de départ !<br><strong>Vieille</strong> – Ah… Je ne sais pas… Je devrais…? (<em>La jeune ne répond pas et continue à travailler</em>.) Vous savez ce qui me manquera le plus ? Le petit goût amer du café, le matin. La journée qui commence… À midi, c’est déjà foutu…<br><strong>Jeune</strong> – Qu’est-ce que vous allez faire… après ?<br><strong>Vieille</strong> – Me reposer…? C’est ce qu’on fait, j’imagine…<br><strong>Jeune</strong> – Et vous restez dans le coin, ou…?<br><strong>Vieille</strong> – Où voulez-vous que j’aille…?<br><em>Air perplexe de la jeune, interrompue par la sonnerie de son portable.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non… Oui, oui… Non, non…<br><em>La jeune raccroche et griffonne quelque chose sur un papier.</em><br><strong>Vieille</strong> – Elle arrive bientôt ?<br><strong>Jeune</strong> – Qui ?<br><strong>Vieille</strong> – Ma remplaçante !<br><strong>Jeune</strong> – Ah… Lundi, je crois…<br><strong>Vieille</strong> – Je ne la verrai pas, alors… Vous la connaissez ?<br><strong>Jeune</strong> – Non… (<em>Un peu embarrassée</em>) En fait, c’est moi qui vous remplace…<br><strong>Vieille</strong> (<em>sans hostilité</em>) – Ah, d’accord… Félicitations…! Et la petite nouvelle vous remplacera… C’est logique…<br><em>Le portable sonne à nouveau. La jeune prend l’appel.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non… Oui, oui… Non, non…<br><strong>Vieille</strong> – Vous voulez un café ?<br><strong>Jeune</strong> – Pourquoi pas.<br><em>La vieille lui apporte une tasse.</em><br><strong>Vieille</strong> – Je vous laisserai la cafetière, si vous voulez… Au bureau, je veux dire…<br><strong>Jeune</strong> – Ça fait combien de temps que vous étiez ici ?<br><strong>Vieille</strong> – Trop longtemps… (<em>Un temps</em>) Et vous ?<br><strong>Jeune</strong> – J’arrive à peine…<br><strong>Vieille</strong> – Vous comptez rester ?<br><strong>Jeune</strong> (<em>satisfaite</em>) – Je termine ma période d’essai aujourd’hui… Demain, je passe en contrat à durée indéterminée… C’est automatique…<br><strong>Vieille</strong> – Dans ce cas… Vous êtes contente, alors?<br><strong>Jeune</strong> – Ça va…<br><em>Elles sirotent leur café.</em><br><strong>Vieille</strong> – Il est bon, non ? Il n’est pas trop fort ?<br><strong>Jeune</strong> – Il est parfait…<br><strong>Vieille</strong> – On se connaît à peine, en fait. Vous êtes mariée ?<br><strong>Jeune</strong> – Pas encore… Et vous ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Bon… Faut que je m’y remette…<br><strong>Vieille</strong> – Oui, pardon. Moi, c’est ma dernière journée, alors je ne risque plus grand chose. Mais vous. Si votre période d’essai ne s’achève que ce soir. Vous aurez tout le temps de ne rien faire quand vous serez là pour de bon…<br><em>La jeune regarde l’autre, se demandant si elle plaisante. Puis elle se remet au travail. La vieille à siffloter ou à chantonner. La jeune, visiblement dérangée par ce bruit, lui lance à la dérobée un regard réprobateur.</em><br><strong>Vieille</strong> – Excusez-moi… (<em>La jeune se remet au travail.</em>) Vous pourrez vous installer à ma place, si vous voulez. Quand je serai partie. La table est un peu plus grande, non…<br><strong>Jeune</strong> – Oui… C’est ce qui est prévu…<br><strong>Vieille</strong> – C’est vrai, je suis bête… Et la nouvelle prendra la petite table. (<em>La présence oisive de la vieille déconcentre visiblement la jeune.</em>) Excusez-moi, je vais essayer de m’occuper quand même. D’ailleurs, il faudrait que je songe à faire mes cartons… (<em>Elle farfouille dans un grand sac</em>.) Enfin, quand je dis mes cartons… Je crois que tout tiendra dans un sac en plastique… C’est fou… Toute une vie, et qu’est-ce qui reste…? Quelques chemises vides dans un placard… On ne peut pas dire qu’on laisse quelque chose derrière nous, hein ? Vous n’auriez pas un sac en plastique, par hasard ? (<em>La jeune lui lance un regard pour lui faire comprendre que non</em>.) Et dire que c’est moi qui occupais votre bureau quand je suis entrée ici… Vous savez à quoi je rêvais, à l’époque ? (<em>Tête de la jeune pour dire non</em>.) Écrire… Non… Pas noircir des pages de comptes-rendus, comme je l’ai fait toute ma vie… Ecrire… Pour ne pas avoir de comptes à rendre justement… Je me disais qu’en prenant un petit boulot tranquille, j’aurais le temps de m’y mettre… Et puis voilà, les années ont passé, et je ne m’y suis jamais mise…<br><strong>Jeune</strong> – Vous allez avoir le temps, maintenant…<br><strong>Vieille</strong> – Oui. L’éternité… Mais pour raconter quoi ? Ma vie ? Je vous l’ai dit, elle tiendrait dans un petit sac en plastique…<br><em>Sonnerie du téléphone.</em><br><strong>Jeune</strong> – Oui… Non…<br><strong>Vieille</strong> – Peut-être même dans un préservatif…<br><strong>Jeune</strong> – Oui, oui… Non, non… (<em>La jeune raccroche</em>.) Vous disiez…?<br><strong>Vieille</strong> – Rien…<br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce que je me disais ?<br><strong>Vieille</strong> (<em>pleine d’espoir</em>) – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Et si j’en profitais pour demander qu’on nous pose de la moquette ?<br><strong>Vieille</strong> (<em>interloquée</em>) – De la moquette ?<br><strong>Jeune</strong> – Pour pas déranger ceux d’en dessous ! Le parquet, c’est joli, mais… Ça grince…<br><strong>Vieille</strong> – Ils se sont déjà plaints… ceux d’en dessous ?<br><strong>Jeune</strong> – Non… Mais il y a quand même pas mal d’allées et venues, ici…<br><strong>Vieille</strong> – C’est moi qui vais habiter en dessous.<br><strong>Jeune</strong> – Ah oui…?<br><strong>Vieille</strong> – Faut bien habiter quelque part… C’est un peu sombre, mais… Je connais bien le quartier… Je ne serai pas dépaysée…<br><strong>Jeune</strong> – Et de nous entendre marcher, comme ça, au-dessus de vous… Toute la journée… Vous êtes sûre que ça ne va pas vous déranger ?<br><strong>Vieille</strong> – Ça me fera une distraction… Je me dirai… Ils sont en train de bosser, là-haut, pendant que moi… Je peux rester couchée toute la journée…<br><strong>Jeune</strong> – Bon… Pas de moquette, alors…<br><em>La jeune se remet au travail.</em><br><strong>Vieille</strong> – C’est quoi, vos rêves, à vous ?<br><strong>Jeune</strong> – Mes rêves?<br><strong>Vieille</strong> – Vous êtes jeune. Vous devez bien avoir encore des rêves… Si vous touchiez le gros lot, qu’est-ce que vous feriez ?<br><strong>Jeune</strong> – Je prendrais un peu de vacances, j’imagine…<br><strong>Vieille</strong> – Et après…?<br><strong>Jeune</strong> – Après…? Peut-être que j’ouvrirais ma boîte…<br><strong>Vieille</strong> – Pour…?<br><strong>Jeune</strong> – Pour ne pas avoir de patron !<br><strong>Vieille</strong> – Ouvrir sa boîte pour ne pas avoir de patron… Autant ne pas travailler du tout… C’est plus simple, non ?<br><strong>Jeune</strong> – Oui, peut-être… (<em>Elle est interrompue par la sonnerie du téléphone</em>). Non… Oui, oui… Non, non… (<em>Elle raccroche</em>). Bon, j’en étais où, moi…<br><strong>Vieille</strong> – Tirez-vous…<br><strong>Jeune</strong> – Pardon ?<br><strong>Vieille</strong> – Tirez-vous ! Pendant qu’il est encore temps !<br><strong>Jeune</strong> – Pour aller où ?<br><strong>Vieille</strong> – Vous avez quel âge, vingt ans ? Vous tenez vraiment à finir comme moi ?<br><strong>Jeune</strong> – Faut bien vivre… Qu’est-ce que vous proposez…?<br><strong>Vieille</strong> (<em>prise de court</em>) – Rien… Vous avez raison…<br><em>La jeune se remet à travailler.</em><br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce que je crois ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Ils vont fermer la boîte.<br><strong>Vieille</strong> – Comment ça, fermer la boîte ?<br><strong>Jeune</strong> – Vous savez ce qu’on fabrique…<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Toute votre vie, vous avez travaillé ici, et vous ne savez pas ce qu’on fabrique ?<br><strong>Vieille</strong> – Au début, je crois que je le savais… Mais ça a tellement changé… On a été racheté au moins dix fois. Je ne savais même pas qu’on fabriquait encore quelque chose… Qu’est-ce qu’on fabrique ?<br><strong>Jeune</strong> – Des urnes !<br><strong>Vieille</strong> – Des urnes ?<br><strong>Jeune</strong> – Le marché est en train de s’effondrer.<br><strong>Vieille</strong> – L’abstention…?<br><strong>Jeune</strong> – Des urnes funéraires !<br><strong>Vieille</strong> – Ah…<br><strong>Jeune</strong> – Le papy-boom est derrière nous…<br><strong>Vieille</strong> – C’est si grave que ça ?<br><strong>Jeune</strong> – Ils vont fermer la boîte… et ils vont en ouvrir une autre…<br><strong>Vieille</strong> – Délocalisation ?<br><strong>Jeune</strong> – Même pas. En fait, on gardera probablement les mêmes locaux…<br><strong>Vieille</strong> – Et le personnel ?<br><strong>Jeune</strong> – À part les départs naturels, comme vous, on finira sûrement par reclasser tout le monde… Il se pourrait même qu’on réembauche… Il suffira de changer le nom de la société, pour fabriquer autre chose… On n’a que l’embarras du choix… Avec la reprise de la natalité…<br><strong>Vieille</strong> – Alors qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Jeune</strong> – En fait, pas grand chose.<br><em>La jeune se remet au travail. La vieille reste pensive.</em><br><strong>Vieille</strong> – Il n’y a vraiment aucun moyen d’arrêter tout ça…<br><strong>Jeune</strong> – Quoi ?<br><strong>Vieille</strong> – Je ne sais pas… D’ailleurs, je suis sûre que si on se mettait en grève, personne ne s’en apercevrait, là-haut…<br><strong>Jeune</strong> – Vous êtes une originale, vous…<br><strong>Vieille</strong> – Oui… Une vieille originale… Vous avez remarqué ? On ne dit jamais une jeune originale… C’est normal d’être originale, quand on est jeune… C’est toléré… C’est même recommandé… Presque hygiénique. Mais en vieillissant… C’est supposé vous passer… Les cheveux rouges… ou les anneaux dans le nez. Passé trente ans, c’est ringard. Alors à plus de cinquante, c’est carrément louche… Vous savez ce que c’est, vieillir ? C’est de ne plus savoir comment inventer sa vie tous les matins, passée l’heure du café… En fait, on meurt par manque d’imagination. Vous n’êtes pas très… anneaux dans le nez, vous…?<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez des enfants ?<br><strong>Vieille</strong> – Non…<br><strong>Jeune</strong> – Vous auriez aimé en avoir ?<br><strong>Vieille</strong> – Pourquoi faire?<br><strong>Jeune</strong> – Pour ne pas vieillir toute seule, par exemple.<br><strong>Vieille</strong> – J’ai des voisins. Ils vieillissent avec moi.<br><strong>Jeune</strong> – C’est assez déprimant, de parler avec vous…<br><strong>Vieille</strong> (<em>amusée</em>) – Vous trouvez…?<br><strong>Jeune</strong> – C’est pas si grave que ça.<br><strong>Vieille</strong> – Que je sois déprimante?<br><strong>Jeune</strong> – Peut-être que vous demandez trop.<br><strong>Vieille</strong> – Oui… C’est ce qu’on m’a dit là-haut, la dernière fois que j’ai osé demander une augmentation…<br><strong>Jeune</strong> – C’était il y a combien de temps…?<br><strong>Vieille</strong> – Je ne sais plus…<br><strong>Jeune</strong> – Il n’y a plus personne, là haut… Vous n’étiez pas au courant non plus ?<br><strong>Vieille</strong> – Comment ça, plus personne ?<br><strong>Jeune</strong> – On a été racheté par les fonds de pension.<br><strong>Vieille</strong> – Vous voulez dire… les retraités ?<br><strong>Jeune</strong> – Leurs veuves, en tout cas.<br><strong>Vieille</strong> – Alors après mon départ, je serai le patron de ma boîte ?<br><strong>Jeune</strong> – Eh, oui… Vous voyez, il n’y a même pas besoin de jouer au loto. Il suffit d’attendre…<br><em>La vieille, anéantie, reste silencieuse.</em><br><strong>Vieille</strong> – Si je fais un pot de départ, vous viendrez ?<br><strong>Jeune</strong> – Pourquoi pas ? Envoyez-moi un faire-part…<br><em>On entend au loin le mugissement d’une sirène.</em><br><strong>Vieille</strong> – C’est l’heure… Il va falloir que j’y aille… (<em>Elle commence à s’en aller</em>.) Pendant des années, en entendant la sirène, à midi, j’avais le réflexe de me précipiter aux abris… Pourtant je n’ai même pas connu la guerre… Mais le bombardement ne venait pas. Alors je me contentais d’aller déjeuner… (<em>Elle se retourne une dernière fois vers la jeune.</em>) Je vous laisserai mes tickets-restaurant…<br><em>Elle s’en va. La jeune la suit peu après.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/comme-un-vieux-film/">Comme un vieux film</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quarantaine</title>
		<link>https://sketchotheque.net/quarantaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 12:16:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1060</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quarantaine, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/quarantaine/">Quarantaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise sur le canapé. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – C’est dingue, je viens encore d’avoir un coup de fil d’un ami d’enfance qui m’invite pour ses 40 ans. C’est incroyable, non ?<br><strong>Elle</strong> – Si vous aviez 20 ans à la même époque, ce n’est pas très étonnant que 20 ans après, vous en ayez 40 à peu près en même temps.<br><strong>Lui</strong> – Non, ce qui est dingue, c’est que je n’avais plus aucune nouvelle de tous ces gens depuis des années… Et là, le téléphone n’arrête pas de sonner !<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Tu vas y aller ?<br><strong>Lui</strong> – Ça me fait un peu peur. Ils ont dû changer, depuis tout ce temps.<br><strong>Elle</strong> – Physiquement, tu veux dire ?<br><strong>Lui</strong> – Physiquement, moralement… J’espère qu’ils ne sont pas trop décrépis.<br><strong>Elle</strong> (<em>minaudant</em>) – Et moi ? Tu es sûr que je suis pas trop décrépie ?<br><strong>Lui</strong> – Toi, j’ai eu le temps de m’habituer petit à petit. Mais eux, comme ça, tout d’un coup… C’est carrément Le Retour des morts-vivants… C’est bizarre, ce besoin subit de se rassembler à l’approche de la quarantaine.<br><strong>Elle</strong> – Ça s’appelle un anniversaire, non ?<br><strong>Lui</strong> – On dit que les animaux se rapprochent des hommes en sentant venir la fin. Ça doit être quelque chose comme ça. Une sorte d’instinct grégaire. (<em>Un temps</em>) Qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir à celui-là, encore ?<br><strong>Elle</strong> – Une convention obsèques… ?<br><strong>Lui</strong> – C’est cher, non ?<br><strong>Elle</strong> – Je plaisante… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi.<br><strong>Elle</strong> – Non, je veux dire: et toi, tu comptes faire quelque chose pour tes 40 ans ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? Tu as une idée pour empêcher ça ? En tout cas, je t’en prie, tu ne me prépares pas de fête surprise, hein… ? Si je ne vois plus tous ces gens depuis 20 ans, il y a sûrement une bonne raison.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Tu as quel âge, toi, exactement ?<br><em>Elle le regarde, offusquée, mais ne répond pas.</em><br><strong>Elle</strong> – Il faudrait peut-être qu’on invite les voisins à dîner, un de ces soirs.<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Elle</strong> – Pour rien !<br><strong>Lui</strong> – Eux, ils ne nous ont jamais invités.<br><strong>Elle</strong> – Avec des raisonnements comme ça…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas parce qu’on est voisins qu’on est obligés d’être amis.<br><strong>Elle</strong> – Tous nos amis habitent à cinq cents kilomètres! C’est sympa d’avoir des amis à côté de chez soi…<br><strong>Lui</strong> – Oui, c’est pratique… Ça limite les frais de déplacement. Donc la pollution. On pourrait presque dire que c’est écologique, de sympathiser avec ses voisins.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’il fait, lui, au juste ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas exactement. Je le vois partir tous les matins avec une mallette. Je ne sais pas où il va. La prochaine fois, je lui demanderai, si tu veux…<br><strong>Lui</strong> – Et elle ?<br><strong>Elle</strong> – Ils sont très discrets…<br><strong>Lui</strong> – Ça risque d’être joyeux, ce dîner. Si on ne veut pas paraître intrusifs…<br><strong>Elle</strong> – Tu pourras toujours parler de toi.<br><strong>Lui</strong> – Ils ont des enfants, non ?<br><strong>Elle</strong> – Tous les jours, il y en a trois qui sortent de chez eux pour aller à l’école. Je suppose que ce sont les leurs.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Un petit, un moyen et un grand… (<em>Inquiet</em>) Il faudra les inviter aussi ?<br><strong>Elle</strong> – Non ! On leur précisera que c’est une soirée entre adultes. Ça les mettra à l’aise.<br><strong>Lui</strong> (<em>pris d’un doute</em>) – Tu me parlais bien des voisins d’en face ?<br><strong>Elle</strong> – Des voisins d’à côté! Les voisins d’en face, ils ont déménagé il y a six mois, après leur divorce. Tu n’as pas vu le panneau À vendre ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – D’ailleurs, ils n’avaient pas d’enfants.<br><strong>Lui</strong> – Ah ouais… ?<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Ce ne serait pas la semaine ménage, par hasard ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas impossible. (<em>Soupirant</em>) Le ménage, c’est le ciment du couple… La preuve, un couple, on appelle ça un ménage. Quand on est trois, un ménage à trois.<br><strong>Elle</strong> – Trois, ça peut aussi être un couple avec un enfant…<br><strong>Lui</strong> – Chacun ses fantasmes.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Tu crois vraiment qu’on a les moyens d’avoir un enfant en ce moment ?<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas une question d’argent, tu le sais bien… Et puis on n’est pas si pauvres que ça…<br><strong>Lui</strong> – On le sera avec une ribambelle de gosses…! Regarde ce qui se passe en Afrique, avec la natalité galopante… J’ai lu un bouquin, il y a des années : L’Afrique noire est mal partie. Eh ben ça ne s’est pas arrangé depuis… Aujourd’hui, plus personne ne pense sérieusement que l’Afrique pourrait aller quelque part… Sauf avec la dérive des continents… Plus les gens ont d’enfants, plus ils sont pauvres…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que ce n’est pas l’inverse ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, si les pauvres ne faisaient pas d’enfants, au bout d’une génération, tout le monde serait riche… Prends les Chinois. Ils n’ont plus droit qu’à un enfant. Eh bien ça va déjà mieux…<br><strong>Elle</strong> – Alors commençons par en faire un…<br><strong>Lui</strong> – Quand est-ce qu’on s’en occuperait, de cet enfant ? On n’a déjà pas le temps de passer un coup de balai !<br><strong>Elle</strong> – On prendrait une femme de ménage.<br><strong>Lui</strong> – Où est-ce qu’on le mettrait, ce bébé ?<br><strong>Elle</strong> – Tu pourrais installer ton bureau en bas.<br><strong>Lui</strong> – Ça commence bien… Et toi ? Tu comptes arrêter de travailler ?<br><strong>Elle</strong> – On prendra une nourrice.<br><strong>Lui</strong> – En plus de la femme de ménage ? Ce n’est plus un ménage à trois, là, c’est une PME! Je ne suis pas sûr d’avoir l’esprit d’entreprise…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Lui</strong> – On ne pourra plus sortir le soir.<br><strong>Elle</strong> – On prendra une baby-sitter.<br><strong>Lui</strong> – Je ne m’étais jamais rendu compte à quel point la natalité avait un effet direct sur l’emploi.<br><strong>Elle</strong> – Et sur la consommation…<br><strong>Lui</strong> – Couches, petits pots, jouets, soins médicaux…<br><strong>Elle</strong> – Nouvelle voiture…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, tu as raison, je crois que cet enfant est capable de sortir le pays de la crise…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Elle et Lui</a><br><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/"><img loading="lazy" decoding="async" width="629" height="379" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Elle et Lui" class="wp-image-493" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp 629w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil-300x181.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/quarantaine/">Quarantaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nuit de noces</title>
		<link>https://sketchotheque.net/nuit-de-noces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 10:32:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1052</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nuit de noces, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/nuit-de-noces/">Nuit de noces</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle et lui s’affalent sur le canapé, visiblement exténués.</em><br><strong>Elle</strong> – J’ai cru qu’ils ne partiraient jamais…<br><strong>Lui</strong> – Il paraît que sept couples sur dix ne baisent pas pendant leur nuit de noces. Je comprends pourquoi…<br><strong>Elle</strong> – On pourrait essayer de faire mentir les statistiques…<br><strong>Lui</strong> – Tu oublies qu’on décolle à 6 h 45… De Beauvais…<br><strong>Elle</strong> – De Beauvais ?<br><strong>Lui</strong> – Je te l’ai dit! J’ai eu les billets avec une enchère sur eBay…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi les compagnies low cost décollent de la ville la plus déprimante de France ? D’un autre côté, c’est vrai que quand tu pars de Beauvais, ça fait rêver d’atterrir n’importe où. Même à Bratislava…<br><strong>Lui</strong> – Il paraît que c’est très beau, Bratislava… Au printemps…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne confonds pas avec Prague… ?<br><strong>Lui</strong> – C’est à côté, non ?<br><strong>Elle</strong> – Les Seychelles, c’est beau toute l’année… Et je te rappelle que le printemps, c’est que dans deux mois…<br><strong>Lui</strong> – Oh, les Seychelles… Tout le monde y va…<br><strong>Elle</strong> – C’est sûr qu’un voyage de noces à Bratislava, c’est beaucoup plus original… On ne risque pas de croiser beaucoup de jeunes mariés dans l’avion… Le seul couple qui avait confondu Bratislava avec Brasilia a revendu ses billets sur eBay…<br><strong>Lui</strong> – On se paiera les Seychelles dans quelques années… Pour notre anniversaire de mariage…<br><strong>Elle</strong> – C’est ça, pour nos noces d’argent… Quand je ne pourrai plus rentrer dans mon maillot de bain… (<em>Soupir</em>) La vie est mal faite. On devrait hériter à 20 ans, commencer à travailler à 50 à la fin de sa retraite, et faire des gosses à 70, histoire de pas vieillir tout seul… Et le mariage ferait office de dernier sacrement…<br><strong>Lui</strong> – D’un autre côté, une vie sans belle-mère… est-ce que ça vaut vraiment la peine d’être vécu…?<br><strong>Elle</strong> – Tu crois que je t’aimerai encore, dans 20 ans ?<br><strong>Lui</strong> – Est-ce que tu auras encore le choix…? Quand tu ne rentreras plus dans aucun maillot de bain…<br><strong>Elle</strong> – Je connais une fille qui a dit non le jour de son mariage. Pour déconner. Elle voulait dire oui tout de suite après… Mais ça n’a pas du tout fait rire le maire. Elle a dû attendre six mois avant de pouvoir se représenter à la mairie… Il y a un délai de prescription, il paraît. C’est comme pour le permis de conduire. Tu peux pas le repasser tout de suite après l’avoir raté. Tu savais ?<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – C’était chiant, ce mariage, non ?<br><strong>Lui</strong> – On ne se marie pas pour s’amuser…<br><strong>Elle</strong> – Ne me dis pas que c’est pour partir à Bratislava depuis Beauvais au milieu de la nuit, parce que là, je commencerais vraiment à me demander si j’ai bien fait de dire oui… C’est dans quel pays, au fait, Bratislava ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas trop… Prague, c’était la capitale de la Tchécoslovaquie…<br><strong>Elle</strong> – Alors tu ne sais même pas dans quel pays tu m’emmènes en voyage de noces! Ma mère a raison, je ne sais vraiment pas où je vais, avec toi…<br><strong>Lui</strong> – Attends… Prague, c’est la capitale de la Tchéquie… Bratislava, ça doit être la capitale de la Slovaquie. Ou de la Slovénie… En tout cas, c’est dans la zone euro ! On n’aura même pas à changer d’argent…<br><strong>Elle</strong> – Et toi, tu m’aimeras encore, dans 20 ans… ?<br><strong>Lui</strong> – Comment ne pas aimer toute la vie une fille qui accepte de me suivre dans un pays inconnu de la zone euro… ?<br><strong>Elle</strong> – Si c’est une épreuve, alors…<br><em>Séquence émotion, interrompue par lui.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne voudrais pas te presser, mais notre avion décolle dans deux heures. Et Beauvais, ce n’est pas la porte à côté…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Elle et Lui</a><br><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/"><img loading="lazy" decoding="async" width="629" height="379" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Elle et Lui" class="wp-image-493" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp 629w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil-300x181.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/nuit-de-noces/">Nuit de noces</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La mer</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1014</guid>

					<description><![CDATA[<p>La mer, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/la-mer/">La mer</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis à une table de café, il paraît au moins la cinquantaine et porte des vêtements démodés. Une valise désuète est posée à ses pieds. Il regarde fixement devant lui, en direction de la salle. Une serveuse, la trentaine, arrive et nettoie une autre table. Elle essaie dʼattirer son attention, sans oser le déranger. Lʼhomme ne prête pas attention à elle. Elle finit par sʼapprocher.<br></em><strong>Femme</strong> – Excusez-moi, mais… je termine mon service dans cinq minutes. Je vais devoir vous encaisser.<br><em>Lʼhomme lʼaperçoit enfin et revient à la réalité.</em><br><strong>Homme</strong> – Je… Je vais y aller, bien sûr.<br><strong>Femme</strong> – Ah non, mais vous pouvez rester ! On est ouvert jusquʼà minuit. Cʼest juste que… Il faut que je fasse ma caisse.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><em>Il sort de sa poche un billet quʼil pose sur la table. La femme regarde le billet avec curiosité.</em><br><strong>Femme</strong> – Pardon, mais… On est passé à lʼeuro il y a déjà plus de vingt ans, vous savez…<br><em>Lʼhomme regarde le billet, prenant conscience de son erreur.</em><br><strong>Homme</strong> – Je suis vraiment désolé…<br><em>Il reprend le billet et en sort un autre quʼil pose sur la table.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous nʼavez pas plus petit…<br><strong>Homme</strong> – Cʼest tout ce que jʼai sur moi.<br><strong>Femme</strong> – Pas de problème, je vous ramène la monnaie tout de suite.<br><strong>Homme</strong> – Ne vous dérangez pas… Gardez le tout.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest un billet de 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et votre café, cʼest deux euros.<br><em>Il regarde à nouveau fixement devant lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Ça fait combien de temps que je suis assis à cette table ?<br><strong>Femme</strong> – Je dirais… sept ou huit heures. Vous étiez mon premier client quand jʼai commencé mon service à midi.<br><strong>Homme</strong> – Et vous ne mʼavez rien dit.<br><strong>Femme</strong> – Vous dire quoi ?<br><strong>Homme</strong> – De renouveler ma consommation, par exemple … ou de partir.<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas le genre de la maison. Vous prenez un café, vous pouvez rester là jusquʼà la fermeture si vous voulez.<br><strong>Homme</strong> – Gardez la monnaie, je vous en prie.<br><strong>Femme</strong> – Bon… Merci… Il y a déjà quelque temps que je fais ce métier… Cʼest le plus gros pourboire quʼon mʼait jamais donné. Surtout pour un simple café.<br><strong>Homme</strong> – Ça me fait plaisir, je vous assure.<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas osé vous déranger avant, vous aviez lʼair tellement… perdu dans vos pensées. Vous êtes en vacances ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai lʼair dʼêtre en vacances ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas…Je disais ça…à cause de la valise.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La valise.<br><strong>Femme</strong> – Vous cherchez un hôtel ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Bon, eh bien… À une autre fois, peut-être…<br><strong>Homme</strong> – Peut-être.<br><em>Il se replonge dans sa contemplation. Elle sʼapprête à partir mais se ravise.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne voudrais pas être indiscrète mais… quʼest-ce que vous regardez comme ça fixement, depuis huit heures dʼaffilée. Je ne suis même pas sûre de vous avoir vu cligner des yeux…<br><strong>Homme</strong> – Je regarde la mer.<br><strong>Femme</strong> – La mer ?<br><strong>Homme</strong> – La mer, à lʼendroit précis où elle rejoint lʼhorizon.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord.<br><strong>Homme</strong> – Vous ne regardez jamais la mer ?<br><strong>Femme</strong> – Non. Enfin… jamais aussi longtemps en tout cas. Jamais comme ça. Et puis… je nʼai pas beaucoup le temps.<br>Homme – Cʼest dommage… Je veux dire… que vous nʼayez pas le temps.<br><strong>Femme</strong> – La mer, ici, je la vois huit heures par jour toute lʼannée… Pour moi, ça me rappellerait plutôt le boulot… Le week-end, jʼessaie de regarder autre chose.<br><strong>Homme</strong> – Et quʼest-ce que vous regardez, le week-end ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas… La télé…<br><strong>Homme</strong> – Bien sûr.<br><em>Elle semble un peu gênée.</em><br><strong>Femme</strong> – Non, mais il mʼarrive aussi de regarder autre chose que la télé… Pas forcément la mer mais… Je ne sais pas, moi… Quand je suis en vacances… la montagne, par exemple.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La montagne…<br><strong>Femme</strong> – Donc, vous, cʼest la mer.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Et… pourquoi la mer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer, non ?<br><strong>Femme</strong> – Tout ?<br><strong>Homme</strong> – Il y a des millions dʼannées, cʼest de la mer que sont sortis les premiers vertébrés, dont certains allaient devenir des hommes.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui…<br><strong>Homme</strong> – Des hommes qui allaient coloniser toutes les terres émergées, jusquʼà conduire la planète au bord de lʼapocalypse.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer. Le meilleur comme le pire.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, vous nʼavez pas tort. Avant de venir sʼasseoir à cette terrasse, la plupart de mes clients sortent de lʼeau. Et je peux vous dire que là aussi, cʼest le meilleur comme le pire.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr moi-même de faire partie du meilleur.<br><strong>Femme</strong> – Vu le pourboire que vous mʼavez laissé, croyez-moi, jʼai vu pire.<br><strong>Homme</strong> – Mais vous ne savez pas dʼoù vient cet argent.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest important ?<br><strong>Homme</strong> – Pour certains, oui.<br><strong>Femme</strong> – Pour moi, 50 euros, cʼest 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… enfin je crois.<br><strong>Homme</strong> – Et si cet argent, je ne lʼavais pas gagné honnêtement ?<br><strong>Femme</strong> – Votre argent vaut bien celui dʼun autre. Si dans le commerce on nʼacceptait que lʼargent gagné honnêtement, on ne ferait pas un gros chiffre dʼaffaires…<br><strong>Homme</strong> – Tout lʼargent que je possède aujourdʼhui, je lʼai volé.<br><strong>Femme</strong> – Volé ?<br><strong>Homme</strong> – Un braquage, qui a mal tourné malheureusement. Un homme est mort. Un policier. Il avait une femme, et deux enfants…<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vous qui lʼavez tué ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais ça ne change rien. En tout cas, pour les juges, ça nʼa rien changé.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez payé votre dette à la société, comme on dit.<br><strong>Homme</strong> – Jʼai donné trente ans de ma vie pour ce meurtre que je nʼavais pas commis. Et jʼai gardé cet argent qui nʼétait pas à moi. Jʼespérais pouvoir racheter toutes ces années perdues.<br><strong>Femme</strong> – Certains donnent quarante ans de leur vie pour sʼacheter une retraite, vous savez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Pendant toutes ces années, je nʼai jamais vu plus loin que les quatre murs de ma cellule… Vous avez quel âge ?<br><strong>Femme</strong> – Trente ans…<br><strong>Homme</strong> – On mʼa libéré ce matin… Je suis allé déterrer mon butin que jʼavais planqué dans un cimetière. Les billets étaient comme neufs. Lʼargent, ça ne vieillit pas.<br><strong>Femme</strong> – Et après ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai pris un train pour aller voir la mer.<br><strong>Femme</strong> – Je comprends mieux pourquoi vous la regardiez comme ça.<br><strong>Homme</strong> – Comme un homme qui nʼa pas vu une femme depuis des années, et quand il en revoit une enfin, il peut seulement la regarder. En ayant perdu tout désir de la posséder.<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes libre, maintenant.<br><strong>Homme</strong> – Pour la liberté, cʼest pareil. Quand on en a été privé trop longtemps, et quʼon vous la rend tout dʼun coup, vous ne savez plus quoi en faire.<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes même pas baigné.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore nager.<br><strong>Femme</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Croyez-moi, donner sa vie pour une valise pleine de billets, cʼest trop cher payé. Je ne vaux plus rien, et cet argent nʼa plus aucune valeur…<br><strong>Femme</strong> – Vous voulez dire que… cette valise est pleine de billets ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je regarderai la mer en face jusquʼà la tombée de la nuit. Jusquʼà ce que le ciel à lʼhorizon se confonde avec elle.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite ?<br><strong>Homme</strong> – Nous venons tous de la mer. Ce soir jʼy retourne.<br><em>Lʼhomme se lève pour partir. Elle le regarde sʼéloigner, ne sachant pas quoi dire pour le retenir. Puis elle aperçoit la valise.</em><br><strong>Femme</strong> – Monsieur ! Vous oubliez votre valise !<br><strong>Homme</strong> – Je vous la laisse. Mais souvenez-vous. Lʼargent ne vaut rien quand cʼest soi-même quʼon veut racheter.<br><em>Il part. Elle regarde la valise, hésite et finit par lʼouvrir. Elle en sort une liasse de billets.</em><br><strong>Femme</strong> – Des francs…<br><em>Noir</em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/la-mer/">La mer</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tout est clair</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tout-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:10:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Portefeuille]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=958</guid>

					<description><![CDATA[<p>Tout est clair, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/tout-est-clair/">Tout est clair</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.<br></em><strong>Maria</strong> – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.<br><strong>Ramirez</strong> – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?<br><strong>Maria</strong> – Évidemment, puisque c’est la vérité !<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition…<br><strong>Maria</strong> – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !<br><strong>Ramirez</strong> – Bien sûr…<br><strong>Maria</strong> – Ce que c’est que les préjugés… Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police…<br><strong>Ramirez</strong> – Reconnaissez que ça, ce n’est faux…<br><strong>Maria</strong> – Défavorablement, peut-être… Mais pas comme pickpocket !<br><strong>Ramirez</strong> – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.<br><strong>Maria</strong> – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.<br><em>Maria pousse un soupir de soulagement.</em><br><strong>Maria</strong> – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense…<br><strong>Ramirez</strong> – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même… Il a porté plainte…<br><strong>Maria</strong> – Porté plainte ? Mais pourquoi ?<br><strong>Ramirez</strong> – Pour un vol à l’arraché.<br><strong>Maria</strong> – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?<br><strong>Ramirez</strong> – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation…<br><strong>Maria</strong> – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Maria</strong> – Vous verrez… Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère…<br><em>L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Oui Sanchez… OK, envoyez-les moi… (<em>Se tournant vers Maria</em>) L’heure de vérité…<br><em>Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Entrez, je vous en prie.<br><strong>Homme</strong> (<em>embarrassé</em>) – Merci, Inspecteur…<br><strong>Femme</strong> (<em>apercevant Maria</em>) – Alors c’est elle…<br><strong>Maria</strong> – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur…<br><strong>Homme</strong> (<em>timidement</em>) – Madame…<br><strong>Maria</strong> (<em>à Ramirez</em>) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.<br><strong>Ramirez</strong> – Alors Monsieur Delamare… Vous reconnaissez cette femme ?<br><em>L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Maria</strong> – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde…<br><strong>Femme</strong> – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!<br><em>Le brave homme semble très mal à l’aise.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Monsieur, je vous écoute… C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne me souviens plus très bien… Il faisait noir…<br><strong>Ramirez</strong> – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci… <br><strong>Homme</strong> – Non, non, bien sûr… J’ai dit noir… C’est plutôt moi qui… J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur…<br><em>L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Homme</strong> – Absolument.<br><strong>Maria</strong> – Ah ! Vous voyez bien !<br><strong>Ramirez</strong> – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.<br><strong>Maria</strong> – Contre X ?<br><strong>Ramirez</strong> – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.<br><em>L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.</em><br><strong>Homme</strong> – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (<em>Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout</em>.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait… Je l’ai perdu…<br><em>L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi… Pourquoi ce mensonge?<br><em>Le respectable vieillard est un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?<br><strong>Femme</strong> (<em>embarrassée</em>) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle…<br><strong>Ramirez</strong> – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent…<br><strong>Femme</strong> (<em>à nouveau agressive</em>) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça… Avec tout ce qu’on voit en ce moment…<br><strong>Ramirez</strong> – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail… (<em>L’homme, penaud, regarde ses chaussures</em>.) Bon… Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois…<br><strong>Femme</strong> – Merci Monsieur l’Inspecteur…<br><strong>Homme</strong> – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment…<br><strong>Maria</strong> – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?<br><em>L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare… Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.<br><strong>Homme</strong> – C’est là où nous habitons, ma femme et moi…<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même…<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne sais pas, Inspecteur.<br><strong>Ramirez</strong> – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?<br><em>L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.</em><br><strong>Maria</strong> – Ah mais oui, ça y est… Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !<br><em>La femme se tourne vers Maria.</em><br><strong>Femme</strong> – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?<br><strong>Maria</strong> – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !<br><em>La femme jette un regard assassin à son mari.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Je crois que maintenant, tout est clair…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/tout-est-clair/">Tout est clair</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Peau rouge</title>
		<link>https://sketchotheque.net/peau-rouge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:53:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Château]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Aristocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Médicament]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Révolution]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=939</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peau rouge, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/peau-rouge/">Peau rouge</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><strong>Un</strong> – Vous vous rendez compte ? Si ces gueux avaient réussi à prendre la Bastille en 1789…<br><strong>Deux</strong> – Oui, Monsieur le Comte. Aujourd’hui, la Bastille ne serait plus qu’une station de métro, le drapeau français serait probablement tricolore…<br><strong>Un</strong> – Et au lieu de ce bon Roi François III, ce serait un manant qui présiderait aux destinées de la France.<br><strong>Deux</strong> – J’ose à peine imaginer dans quel état serait notre royaume aujourd’hui.<br><strong>Un</strong> – Grâce à Dieu, cette révolution n’aura été qu’une révolte.<br><strong>Deux</strong> – Une jacquerie de plus, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Tous les hommes naissent et demeurent égaux en droit… Pensez à quelles folies une telle maxime aurait pu nous conduire ! En théorie, on aurait pu imaginer qu’un Noir devienne chef de l’État !<br><strong>Deux</strong> – Pas en France, Monsieur le Comte. Il ne faut pas exagérer. Mais c’est vrai que ça fait froid dans le dos. Voulez-vous que je monte un peu le chauffage ?<br><strong>Un</strong> – Allez plutôt me chercher mes pantoufles.<br><strong>Deux</strong> – Bien Monsieur le Comte.<br><em>Il lui apporte ses chaussons.</em><br><strong>Un</strong> – Merci, mon brave.<br><em>L’autre lui tend un journal.</em><br><strong>Deux</strong> – Voulez-vous jeter un coup d’œil à la presse ?<br><strong>Un</strong> – Le Connard Enchaîné… C’est un nouveau journal ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, semble-t-il.<br><strong>Un </strong>– Par les temps qui courent, il ne va sans doute pas manquer de lecteurs…<br><strong>Deux</strong> – Si Monsieur le Comte préfère, je peux lui faire la lecture à haute voix ?<br><strong>Un</strong> – Non, merci. D’ailleurs, je ne veux même plus savoir ce qu’il y a dans les journaux. À quoi bon ? Je ne comprends rien à toutes ces guerres. Pourquoi envoyer nos armées se battre à l’autre bout du monde contre ces barbares, alors que nous avons les Anglais sous la main ?<br><strong>Deux</strong> – L’Angleterre n’est plus un royaume, mais grâce à Dieu, c’est encore une île.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Heureusement qu’on ne les a pas laissés creuser ce tunnel sous la Manche. Je suis sûr qu’aujourd’hui, les Anglais auraient envahi la Normandie et que chacun d’eux y posséderait une résidence secondaire.<br><strong>Deux</strong> – Depuis que l’Angleterre est devenue une République, il n’y a plus aucun gentleman dans ce pays.<br><strong>Un</strong> – C’est évident. Ils leur ont tous coupé la tête !<br><strong>Deux</strong> – Comment faire confiance à des gens qui mangent leurs petits pois avec de la menthe ?<br><strong>Un</strong> – En vérité, les choses sont très simples, cher ami. L’école catholique nous apprend que le monde est divisé en quatre races : blanche, noire, jaune et rouge. Et il est évident que si Dieu a fait une race blanche, c’est pour qu’elle domine les trois autres. Sinon, pourquoi le blanc serait-il la couleur de la royauté ?<br><strong>Deux</strong> – C’est tout à fait limpide, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Vous par exemple, vous faites partie de la race rouge. Vous n’auriez pas l’idée de contester cette évidence.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr que non, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – C’est un de mes aïeux qui a ramené votre grand-mère d’Amérique d’un de ses voyages chez les Peaux Rouges au siècle dernier. Évidemment, il ne savait pas qu’elle était enceinte, sinon vous pensez bien qu’il l’aurait laissée là-bas…<br><strong>Deux</strong> – À moins que ce soit votre aïeul qui l’ait engrossée sur le bateau du retour. Les traversées sont parfois longues et ennuyeuses…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est malheureusement pas complètement impossible, mon brave. Ce qui expliquerait que vous ne soyez pas si rouge que ça, et un peu plus éveillé que la moyenne des gens de votre espèce.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur le Comte a toujours une explication pour tout. Je lui apporte ses pilules ?<br><strong>Un</strong> – Quelle pilule ?<br><strong>Deux</strong> – Vos pilules pour la mémoire, Monsieur le Comte.<br><strong>Un</strong> – Des pilules pour la mémoire ? Tiens donc, c’est curieux, j’avais oublié que je devais en prendre.<br><strong>Deux</strong> – C’est pour cela que Monsieur le Comte m’a engagé.<br><strong>Un</strong> – Pour quoi donc, mon brave ?<br><strong>Deux</strong> – Pour lui rappeler de prendre ses pilules.<br><strong>Un</strong> – On ne m’ôtera pas de l’idée que vous êtes bien un peau rouge. Mais ça ne fait rien, je vous garde quand même. C’est si difficile de trouver un valet aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur le Comte est trop bon. (<em>Il lui tend ses pilules.</em>) Un, deux, trois… Et voilà : le compte est bon.<br><em>L’autre regarde les pilules.</em><br><strong>Un</strong> – Je dois vraiment avaler tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je le crains, Monsieur le Comte. Regardez : Bleu, blanc, rouge…<br><em>L’autre prend ses pilules une par une.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais c’est toujours la rouge qui a le plus de mal à passer…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/peau-rouge/">Peau rouge</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Carte bleue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/carte-bleue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:46:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Fantasme]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Taxi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=937</guid>

					<description><![CDATA[<p>Carte bleue, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/carte-bleue/">Carte bleue</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme fait les cent pas, habillée en bleu (notamment les bas). Sa tenue un peu provocante et ses allées et venues peuvent faire penser à une prostituée en train de faire le trottoir. Un homme arrive, en costume. Il hésite un peu puis s’approche d’elle.</em><br><strong>Un</strong> – Bonsoir… Excusez-moi de vous demandez ça mais… Vous prenez la carte bleue ?<br><strong>Deux</strong> – Non, je ne prends que l’American Express.<br><strong>Un</strong> – Ah… Je suis désolé, je n’ai plus du tout de liquide… Vous ne savez pas où il y a un distributeur, dans le coin ?<br><strong>Deux</strong> – Un distributeur de quoi ?<br><strong>Un</strong> – Un distributeur de liquide… Enfin, je veux dire, d’argent liquide… Un distributeur de billets, quoi…<br><strong>Deux</strong> – Au coin de la rue, là-bas. Il y a un Crédit Mutuel.<br><strong>Un</strong> – Merci, je… Ça tombe bien, je suis au Crédit Mutuel… Je vais y aller…<br><strong>Deux</strong> – Vous faites comme vous voulez…<br><strong>Un</strong> – Très bien… Mais je suis pris d’un horrible doute, tout d’un coup. Vous êtes bien Emmanuelle.<br><strong>Deux</strong> – Euh… Oui… Vous imaginez bien que ce n’est pas mon vrai nom, mais…<br><strong>Un</strong> – Parfait. Donc, vous êtes bien celle que j’avais commandée… Je veux dire, celle que j’ai eue au téléphone… OK, ne bougez pas, je reviens tout de suite…<br><em>Il s’éloigne. Elle continue à faire les cent pas. Son portable sonne, et elle répond.</em><br><strong>Deux</strong> – Oui ? Alors qu’est-ce que tu fous ? Tu n’as pas trouvé de place pour te garer ? OK… Non, je suis devant la maison, là. Je trouve pas mes clefs, figure-toi. J’ai dû les laisser dans la boîte à gants. Oui, oui, ça va… enfin… je viens de me faire aborder par un type. C’est vrai que je ne suis pas dans une tenue à me balader toute seule dans la rue, mais tu vas rire : il m’a pris pour une pute… Non, non, ne t’inquiète pas, pas agressif du tout. Très poli même. La bonne nouvelle, c’est qu’apparemment, j’ai plutôt l’air d’une pute de luxe. Il m’a demandé si je prenais la carte bleue… Je ne sais pas, plutôt le genre homme d’affaires… Il a dû commander une escorte pour la soirée. Une certaine Emmanuelle, à ce qui paraît… Je ne voulais pas le décevoir, je n’ai pas eu le courage de lui avouer que mon vrai nom, c’était Rolande (<em>Le type revient</em>.) Bon, excuse-moi, le voilà qui revient justement, il faut que je te laisse. Mais non, ne t’inquiète pas, il faut bien rigoler un peu… Enfin, ne tarde pas trop quand même…<br><em>Elle range son portable.</em><br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé… Le distributeur est en panne…<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez vraiment pas de chance, vous, ce soir…<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, dans mon métier, vous imaginez un peu si on se mettait à faire crédit à nos clients…<br><strong>Un</strong> – Je comprends… Mais c’est très ennuyeux…<br><strong>Deux</strong> – Oui… J’imagine que c’était une urgence ?<br><strong>Un</strong> – D’habitude, je fais appel à des professionnels, ils prennent la carte bleue, mais là… Je me suis dit que j’allais essayer.<br><strong>Deux</strong> – Donc, vous avez tout de suite vu que j’étais une occasionnelle.<br><strong>Un</strong> – Pardon, je n’ai pas dit ça pour être désobligeant. Je ne remets pas du tout en cause vos compétences.<br><strong>Deux</strong> – Non, non, ne vous excusez pas… Je prends plutôt ça pour un compliment, vous savez.<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce que vous faites d’autre dans la vie ? Puisque ce n’est pas votre vrai métier ?<br><strong>Deux</strong> – Là, vous devenez indiscret…<br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous avez raison. C’est juste que d’habitude… Enfin, je veux dire… Je n’ai pas l’habitude de tomber sur des filles comme vous…<br><strong>Deux</strong> – Vraiment ?<br><em>Son portable sonne.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi… Oui ? Comment ça, Emmanuelle ? Mais je suis avec elle justement… Ah… Non, il doit y avoir un malentendu… OK, je vous attends…<br><strong>Deux</strong> – Un problème ?<br><strong>Un</strong> – Non, non, je… J’avais commandé un Uber, et… La fille m’avait dit qu’elle s’appelait Emmanuelle et qu’elle serait en bleu.<br><strong>Deux</strong> – Elle devait parler de la carrosserie…<br><strong>Un</strong> – La carrosserie ?<br><strong>Deux</strong> – La carrosserie de la voiture… Du taxi…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Écoutez, je suis vraiment confus… Ça doit être un horrible quiproquo. Encore que dans ce cas, horrible n’est pas vraiment le terme le plus approprié…<br><strong>Deux</strong> – Vous ne m’auriez pas pris pour une pute, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Mais enfin pas du tout ! D’ailleurs, c’est vous qui…<br><strong>Deux</strong> – Vous insinuez que c’est moi qui me prends pour une pute ?<br><strong>Un</strong> – Je ne dis pas ça, mais… Avouez que…<br><em>Elle regarde en direction d’une silhouette qui approche dans la nuit.</em><br><strong>Deux</strong> – Très bien, vous allez pouvoir en discuter avec mon mari. Le voilà, justement…<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… (<em>Il regarde en direction de la personne qui arrive.</em>) D’ailleurs, ce n’est pas votre mari, c’est une femme. Ça doit être mon Uber. Emmanuelle ? (<em>On suppose que la femme passe sans s’arrêter</em>) Non, apparemment elle ne s’appelle pas Emmanuelle…<br><strong>Deux</strong> – Décidément, vous fantasmez beaucoup sur les chauffeurs de taxi… Et puis vous oubliez un détail…<br><strong>Un</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez pas de liquide…<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est vrai…<br><strong>Deux</strong> – La prochaine fois, faites plutôt appel à une professionnelle. Une qui prend la carte bleue…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/carte-bleue/">Carte bleue</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>En couleurs</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-couleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 12:57:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Naissance]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Cadeau]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=925</guid>

					<description><![CDATA[<p>En couleurs, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/en-couleurs/">En couleurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage attend. Un autre arrive avec un bébé emmailloté.</em><br><strong>Un</strong> – Félicitations ! C’est une fille.<br><strong>Deux</strong> – C’est merveilleux.<br><em>Elle prend l’enfant.</em><br><strong>Un</strong> – Et vous allez l’appeler comment ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai hésité entre Clémentine et Prune, et puis finalement, je me suis décidée pour Violette.<br><strong>Un</strong> – Violette… C’est… C’est très joli.<br><strong>Deux</strong> – C’était le nom de ma grand-mère…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… (<em>Il ouvre un dossier.</em>) Bon… Eh bien je crois que tout est en ordre.<br><strong>Deux</strong> – Alors je peux la ramener à la maison ?<br><strong>Un</strong> – Mais bien sûr, elle est à vous. (<em>Il sort un papier du dossier et lui tend</em>.) Tenez, voici le certificat de garantie.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Si vous avez le moindre souci, n’hésitez pas à nous le rapporter. Notre service après vente est réputé dans le monde entier. En cas de problème bien improbable, rassurez-vous, nous pourrons procéder à un échange standard.<br><strong>Deux</strong> – J’espère bien que nous n’en n’arriverons pas là… Je crois que je commence déjà à m’attacher à celle-ci…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr, bien sûr… (<em>Il jette un dernier regard au dossier</em>.) Mais… je vois que vous n’avez pas choisi l’option « vision en couleurs »… C’est un oubli de votre part, ou bien…?<br><strong>Deux</strong> – Vision en couleurs ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien oui… Pour que votre enfant puisse percevoir le monde avec toutes les merveilleuses couleurs dont Dieu l’a pourvu…<br><strong>Deux</strong> – Je… Je suis vraiment désolée… Je ne savais pas que c’était en option…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas une cécité absolue… Je veux dire, ce n’est pas une nécessité absolue, mais évidemment, c’est un plus très appréciable. Nous vous proposons différents niveaux de qualité, en fonction du nombre de pixels. Selon le prix de l’abonnement, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ah parce que c’est un abonnement…<br><strong>Un</strong> – Hélas, en ce bas monde, rien n’est vraiment définitif, n’est-ce pas ? Mais je vous assure que la version premium est absolument fantastique.<br><strong>Deux</strong> – Du temps de ma mère, la couleur n’était pas en option…<br><strong>Un</strong> – Autrefois, en effet, le modèle de base était équipé de la vision en couleurs. Malheureusement, comme vous le savez, la crise est passée par là…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Aujourd’hui, tout se paie.<br><strong>Un</strong> – Fort heureusement, la 3D fait encore partie des équipements d’origine.<br><strong>Deux</strong> – La 3D ?<br><strong>Un</strong> – Pour ce qui est de la couleur, iI est encore temps de réparer cet oubli. Un petit retour à la maternité, un coup de bistouri électronique, deux injections transgéniques, et nos techniciens médicaux permettront à cette merveilleuse enfant de voir la vie en couleurs…<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, je crains que ce ne soit impossible pour l’instant. Nous n’avions pas prévu ça dans notre budget, et…<br><strong>Un</strong> – Je comprends… Hélas, tous les bébés qui naissent aujourd’hui n’ont pas la chance d’avoir des parents fortunés.<br><strong>Deux</strong> – Et avec ces complémentaires santé qui ne remboursent plus rien…<br><strong>Un</strong> – Allons ce n’est pas si grave… Cet enfant se contentera de voir le monde en noir et blanc pour l’instant, voilà tout… Et quand vous aurez pu faire quelques économies… Sachez que cette option peut être ajoutée à n’importe quel moment de sa vie. Un Noël, un anniversaire, une bar-mitsva… Voilà un cadeau tout trouvé pour votre chère Violette !<br><strong>Deux</strong> – Très bien, je vais y réfléchir.<br><em>Elle s’apprête à partir avec le bébé.</em><br><strong>Un</strong> – N’oubliez pas non plus que si vous le souhaitez, notre service financier peut vous proposer un petit crédit sur quinze ou vingt ans…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse du sketch</strong><br>Ce sketch, sous des dehors anodins et presque réalistes, déploie une vision glaçante d’un monde futuriste où l’enfant devient un produit de consommation soumis à des options payantes. La vision en couleurs, qui semble aujourd’hui un droit biologique élémentaire, devient ici une fonctionnalité premium, comparable à un abonnement à une plateforme numérique.<br>Le comique de la situation naît du décalage entre la réalité humaine de la scène (la naissance d’un enfant) et le langage administratif et commercial employé par le personnage du représentant. On ne parle plus de soin ou d’amour, mais de certificat de garantie, de service après-vente, d’abonnement ou d’option transgénique. La scène prend alors des allures de satire grinçante du capitalisme moderne, où même la perception sensorielle devient une marchandise.<br>L’émotion est présente dans la voix du personnage parental, qui montre un attachement sincère à l’enfant, mais se voit sans cesse ramené à ses moyens financiers limités. Le contraste entre la tendresse de l’une et le cynisme bureaucratique de l’autre accentue le malaise, tout en générant un humour à froid.<br>Il s’agit également d’une critique de la privatisation croissante du vivant, des dérives possibles du progrès scientifique mal encadré, et d’une caricature de l’ultra-libéralisme technologique, où la vision en couleurs — symbole de vie et de beauté — devient un luxe conditionné à un crédit.</p>



<p>Le sketch se termine sur une note douce-amère, le représentant proposant des facilités de paiement sur vingt ans pour un simple droit à la couleur, révélant à quel point l’humain est devenu dépendant d’un système marchand jusqu’à l’absurde.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/en-couleurs/">En couleurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=900</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/">Mort pour la Finance</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/">Mort pour la Finance</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les sandales d’Empédocle</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-sandales-dempedocle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 07:57:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chaussure]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=890</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les sandales d’Empédocle, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-sandales-dempedocle/">Les sandales d’Empédocle</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse. Un personnage, homme ou une femme, arrive. Il ôte ses chaussures, mocassins ou talons aiguilles, et se rapproche du bord de la scène, comme au bord d’un gouffre dans lequel il envisagerait de sauter. Un autre personnage, homme ou femme, arrive derrière lui et reste interloqué.<br></em><strong>Ange</strong> – Monsieur Le Président ?<br><em>L’autre se retourne.</em><br><strong>PDG</strong> – Des fois, je me demande si on ne ferait pas mieux d’arrêter. Pas vous ?<br><strong>Ange</strong> – Arrêter de fumer, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – Franchement, ça sert à quoi, tout ça ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas Monsieur le Président…<br><strong>PDG</strong> – C’est la crise, mon vieux. Le marché de la chaussure est en chute libre. La société est au bord du gouffre. Il n’y a plus qu’un pas à faire.<br><strong>Ange</strong> – Je… Il ne faut pas être aussi pessimiste, Monsieur le Président. On sent quand même un frémissement.<br><strong>PDG</strong> – Un frémissement ? Vous ressentez un frémissement, vous ? Mais c’est la fièvre, mon vieux. La fièvre ! Vous croyez en Dieu ?<br><strong>Ange</strong> – Pas spécialement.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien moi, je vais vous étonner, mais je crois en Dieu.<br><strong>Ange</strong> – Vraiment ?<br><strong>PDG</strong> – Non mais pas depuis longtemps, hein ? Avant, je ne croyais qu’au CAC 40, comme tout le monde. C’est quand la fumée blanche est sortie des urnes que ça m’est apparu comme une évidence. Dieu existe, sinon comment expliquer le coup du Père François ?<br><strong>Ange</strong> – Le pape François, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – François ! Notre président ! D’ailleurs, vous avez remarqué, maintenant un président sur trois s’appelle François. Sans parler de tous les candidats potentiels. On devrait leur donner des numéros, comme pour les papes, justement. François Premier, François Deux, Trois, Quatre…<br><strong>Ange</strong> – Vous avez raison, ce serait plus pratique…<br><strong>PDG</strong> – Les présidents sont élus par la grâce de Dieu, comme les rois. C’est la conclusion à laquelle je suis arrivé. (Solennel) Dieu existe, mon vieux. Et croyez-moi, il a juré notre perte !<br><em>Il s’éloigne du bord de la scène, pieds nus.</em><br><strong>PDG</strong> – Vous avez entendu parler des sandales d’Empédocle?<br><strong>Ange</strong> – Les sandales de… Non, Monsieur le Président. Mais si vous le souhaitez, je peux étudier le dossier.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien mon cher, si un jour vous trouvez mes chaussures au bord de ce volcan, vous saurez où me trouver.<br><strong>Ange</strong> – Où ça, Monsieur le Président ?<br><strong>PDG</strong> – En bas, mon vieux. Dans le chaudron des enfers !<br><strong>Ange</strong> – Bien Monsieur le Président. (<em>Son portable sonne.</em>) Excusez-moi un instant, Monsieur le Président… Oui ? Oui, oui… Écoutez… Non, je ne peux pas vous parler, là tout de suite… (<em>Plus bas, en s’éloignant un peu</em>) Je suis avec le Président… (<em>Pendant qu’il parle, le Président s’en va discrètement, laissant là ses chaussures</em>.) D’accord, je vous rappelle dans cinq minutes…<br><em>Il range son portable et, n’apercevant plus le Président, il reste un instant perplexe. Il se penche vers le bord de scène pour regarder en bas.<br>Un autre personnage, homme ou femme, arrive et se met à fumer aussi. Le premier se retourne et sursaute en l’apercevant.</em><br><strong>Camille</strong> – Ça va ?<br><strong>Ange</strong> – Euh… Oui, oui…<br><strong>Camille</strong> – Tu bosses sur quoi en ce moment ?<br><strong>Ange</strong> – Les… Les Sandales d’Empédocle, tu connais ?<br><strong>Camille</strong> – J’en ai vaguement entendu parler, oui.<br><strong>Ange</strong> – Et tu sais à qui ça appartient ?<br><strong>Camille</strong> – Les sandales de… Ben à lui, non ?<br><strong>Ange</strong> – Ah qui ?<br><strong>Camille</strong> – À Empédocle.<br><strong>Ange</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Camille</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas… Une intuition… Tu n’en parles à personne, mais j’ai l’impression que ça va remonter.<br><strong>Camille</strong> – Remonter ? Les sandales d’Empédocle ?<br><em>L’autre regarde à nouveau les chaussures.</em><br><strong>Ange</strong> – En revanche, ici, on pourrait bientôt avoir un problème de leadership. Si j’étais toi, je vendrais. Ça reste entre nous, évidemment…<br><em>Le premier repart. L’autre le regarde partir, intrigué. Au bout d’un moment, il aperçoit les chaussures, s’approche et les observe avec perplexité. Puis il s’approche un peu plus du bord de la scène et regarde en bas. Il sort son portable et compose un numéro.</em><br><strong>Camille</strong> – Oui, c’est moi. Dis donc, tu pourrais vendre tout de suite toutes les actions qu’on a en portefeuille de…<br><em>Le PDG revient en compagnie d’un autre cadre, homme ou femme. Le PDG n’a pas de chaussures.</em><br><strong>Sacha</strong> – C’est incroyable. Les actions de la société ont chuté de 20% en deux heures !<br><strong>PDG</strong> – Oui, je sais.<br><strong>Sacha</strong> – Ça n’a pas l’air de vous inquiéter…<br><strong>PDG</strong> – Une baisse des cours, c’est aussi une opportunité d’achat. J’ai racheté 10% du capital de la boîte quand les cours étaient au plus bas. (<em>Il consulte l’écran de son téléphone</em>.) D’ailleurs, nos actions viennent déjà de reprendre 15%.<br><em>L’autre regarde aussi son écran de téléphone.</em><br><strong>Sacha</strong> – Apparemment, il s’agissait d’une rumeur de décès du PDG…<br><strong>PDG</strong> – Infondée, comme vous pouvez le constater. Vous voyez, je n’ai jamais été aussi en forme !<br><em>L’autre lui lance un regard soupçonneux.</em><br>Sacha – Je vois… (Il remarque que le PDG est pieds nus.) Mais qu’est-ce que vous avez fait de vos chaussures ?<br><strong>PDG</strong> – Mes chaussures ?<br><em>Le PDG fait mine d’apercevoir ses chaussures, qu’il a volontairement laissées auparavant sur le bord de la scène.</em><br><strong>PDG</strong> – Ah les voilà ! Je craignais de les avoir perdues pour toujours.<br><em>Il s’approche du bord de la scène et remet ses chaussures. Puis il tape sur l’épaule de l’autre.</em><br><strong>PDG</strong> – C’est un miracle, mon vieux. Croyez-moi, Dieu existe.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-sandales-dempedocle/">Les sandales d’Empédocle</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le tableau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 13:07:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=849</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le tableau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-tableau/">Le tableau</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive avec un tableau, un portrait de jeune femme, tenant apparemment plus de la croûte que du chef d’œuvre, mais doté d’un cadre doré.<br></em><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?<br><strong>Elle</strong> – Il était accroché au-dessus du lit de mon arrière-grand-mère, dans sa maison de retraite. Chaque fois que j’allais la voir, elle me répétait qu’après sa mort, ce tableau serait pour moi…<br><strong>Lui</strong> – C’est très généreux de sa part. Surtout qu’à part cette croûte, elle n’a rien laissé d’autre à personne…<br><strong>Elle</strong> – Ma mère y est allée hier pour débarrasser la chambre. Elle m’a donné le tableau.<br><strong>Lui</strong> – C’est un portrait… C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-arrière-grand-mère, je crois…<br><strong>Lui</strong> – Elle était plutôt pas mal… quand elle était jeune. Tu lui ressembles un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce que tu comptes en faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Je ne peux pas le jeter quand même…<br><strong>Lui</strong> – Non, évidemment… De là à l’accrocher dans le salon…<br><strong>Elle</strong> – On pourrait l’accrocher au-dessus de notre lit…<br><strong>Lui</strong> – Tu plaisantes ?<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Elle avait quel âge, ton arrière-grand-mère exactement ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était née en 1910 à Auvers-sur-Oise.<br><strong>Lui</strong> – À Auvers ? C’est dingue ! Tu te rends compte ? À vingt ans près elle aurait pu croiser Van Gogh.<br><strong>Elle</strong> – Elle racontait toujours que sa mère l’avait bien connu.<br><strong>Lui</strong> – Non…? Van Gogh ?<br><strong>Elle</strong> – Ouais.<br><strong>Lui</strong> – Mais quand tu dis bien connu…<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Si ça se trouve tu es l’arrière-arrière-petite-fille de Van Gogh…<br><strong>Elle</strong> – Va savoir…<br><strong>Lui</strong> – Et comme il n’a pas d’autre descendance connue, tu serais l’héritière de sa fortune.<br><strong>Elle</strong> – Sa fortune ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, remarque, tu as raison… Les gens qui ont acheté ses tableaux sont richissimes aujourd’hui, mais lui il est mort dans la misère. Et ce tableau…?<br><strong>Elle</strong> – Mon arrière-grand-mère me disait qu’elle tenait ce tableau de sa mère…<br><strong>Lui</strong> – Mais d’où il venait ? Qui l’a peint, ce tableau ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il n’est pas signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Ou alors la signature n’est plus visible.<br><strong>Lui</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Mais non, ce n’est pas possible…<br><strong>Lui</strong> – Si ton aïeule l’a bien connu… Personne n’en voulait, de ses toiles. Et il n’avait pas un sou. Je suis sûr qu’il aurait pu en donner une contre un repas chaud. Alors pour tirer un coup, tu penses bien…<br><strong>Elle</strong> – Ne te gêne pas, traite mon arrière-arrière-grand-mère de pute !<br><strong>Lui</strong> – Je ne dis pas ça mais… un petit cadeau.<br><strong>Elle</strong> – Non, et puis tu l’as dit, regarde, c’est une croûte !<br><strong>Lui</strong> – Franchement, j’ai vu certains tableaux dans des musées… Si on ne savait pas que c’était signé par de grands maîtres… Qu’est-ce qu’on y connaît en peinture, nous ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… Il faudrait le faire expertiser…<br><strong>Lui</strong> – Imagine un peu. Un Van Gogh. Même si ce n’est pas le meilleur, ça vaudrait des millions.<br><strong>Elle</strong> – Il ne faut pas trop s’emballer quand même…<br><strong>Lui</strong> – Oui… Après tout, il vaut peut-être mieux laisser planer le doute. Rêvons encore un peu, plutôt que de rompre le charme tout de suite.<br><strong>Elle</strong> – Sans compter qu’une expertise, ça ne doit pas être donné. Tout ça pour qu’on nous dise que c’est l’œuvre… d’un peintre du dimanche.<br><strong>Lui</strong> – Mais du coup, j’ai presque envie de l’accrocher au-dessus de notre lit, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Penser que Van Gogh a peint ça pour niquer ton arrière-arrière-grand-mère. Et que maintenant ça vaut des millions. Ce serait le coup le plus cher du monde, non ?<br><em>Il prend le tableau pour le regarder.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi je ne suis pas sûre que ça me motive beaucoup.<br><strong>Lui</strong> – Il pèse une tonne ce tableau, non ?<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai, j’ai remarqué aussi.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de l’accrocher au-dessus du lit. Si on le prend sur la tronche…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi il est aussi lourd, ce tableau ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas la toile, c’est forcément le cadre…<br><strong>Elle</strong> – Habituellement, les cadres, c’est en bois…<br><strong>Lui</strong> – Pour du bois, ça ferait très lourd.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est de la fonte.<br><strong>Lui</strong> – Un cadre en fonte ? Et puis ce n’est pas la couleur de la fonte.<br><strong>Elle</strong> – C’est peut-être de la peinture.<br><em>Il gratte un peu le cadre avec son ongle.</em><br><strong>Lui</strong> – On dirait que non…<br><strong>Elle</strong> – Tu penses à ce que je pense ?<br><strong>Lui</strong> – Oui… je ne connais qu’un métal qui soit doré.<br><strong>Elle</strong> – Si c’est de l’or, c’est l’équivalent d’au moins un lingot.<br><strong>Lui</strong> – Finalement, ce tableau a peut-être de la valeur.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on peut rêver…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-tableau/">Le tableau</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>107 ans</title>
		<link>https://sketchotheque.net/107-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 13:41:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=782</guid>

					<description><![CDATA[<p>107 ans, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/107-ans/">107 ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier est déjà là, désœuvré. Le deuxième, plus jeune, arrive.</em><br><strong>Jeune</strong> – Salut.<br><strong>Vieux</strong> – Salut.<br><em>Le jeune fait quelques pas, pour reconnaître les lieux.</em><br><strong>Vieux</strong> – Je ne vous fais pas faire le tour du propriétaire…<br><strong>Jeune</strong> – Ça fait longtemps que vous êtes là ?<br><strong>Vieux</strong> – Je ne sais plus… Je perds la mémoire. Dans un sens, ici, c’est pas plus mal, vous verrez… Je sais que je suis encore là pour un bout de temps, mais comme j’ai toujours l’impression d’être arrivé hier… Combien ?<br><strong>Jeune</strong> – 10 ans… Et vous ?<br><strong>Vieux</strong> – 107 ans.<br><strong>Jeune</strong> (<em>impressionné</em>) – 107 ans ? Pour quoi ?<br><strong>Vieux</strong> – Escroquerie.<br><strong>Jeune</strong> – C’est cher, pour une escroquerie…<br><strong>Vieux</strong> – Et vous ?<br><strong>Jeune</strong> – J’ai tué un policier…<br><strong>Vieux</strong> – Ce n’est pas très cher pour avoir tué un policier…<br><strong>Jeune</strong> – Une grosse escroquerie…?<br><strong>Vieux</strong> – 115 millions.<br><strong>Jeune</strong> – À qui on peut bien escroquer 115 millions ? À part à un escroc… Total ? Société Générale ?<br><strong>Vieux</strong> – Française des Jeux.<br><strong>Jeune</strong> – Ah, ouais…<br><strong>Vieux</strong> – Les numéros que je jouais n’étaient jamais les bons. Je me suis débrouillé pour que les bons numéros soient ceux que j’avais joués…<br><strong>Jeune</strong> – Et comment on fait ça ?<br><strong>Vieux</strong> – Un magicien ne révèle jamais ses trucs. Sinon, il n’y a plus de magie…<br><em>Le vieux esquisse un petit tour de magie, réussi ou raté.</em><br><strong>Jeune</strong> – 107 ans…<br><strong>Vieux</strong> – Oh, je ne les ferai pas.<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez un truc pour vous évader d’ici ?<br><strong>Vieux</strong> – Un truc imparable. Vous avez pris combien, déjà ?<br><strong>Jeune</strong> – Avec les remises de peine, je peux espérer sortir dans 5 ans.<br><strong>Vieux</strong> – Je serai sorti avant vous. Vous voulez parier ?<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez escroqué la Française des Jeux…<br><strong>Vieux</strong> – À mon âge… Je sortirai même par la grande porte. Les pieds devant…<br><strong>Jeune</strong> – Excusez-moi, mais… Pourquoi voler 115 millions… à votre âge, justement ?<br><strong>Vieux</strong> – C’est vrai… À mon âge, on n’a plus rien à gagner… D’un autre côté, on n’a plus rien à perdre non plus. Au pire, c’était la prison, au lieu de la maison de retraite. Au moins, ici, je suis avec des jeunes… Pourquoi, vous avez buté ce flic ?<br><strong>Jeune</strong> – C’était l’amant de ma femme…<br><strong>Vieux</strong> – Ah, oui, ce n’est pas de bol… Il aurait été charcutier, vous auriez pris trois ans. Et vous, qu’est-ce que vous faites, dans la vie ? Enfin, qu’est-ce que vous faisiez…<br><strong>Jeune</strong> – J’étais horloger.<br><strong>Vieux</strong> – Ah… Ici, il vaut mieux ne pas trop regarder sa montre… Moi, j’ai une Rolex. La précision suisse… C’est tout ce qu’ils m’ont laissé, je ne sais pas pourquoi. Enfin, je m’en doute un peu… (<em>Il regarde sa montre</em>.) À propos, je vais vous demander de m’excuser un instant, c’est l’heure du tirage…<br><em>Il prend une petite radio qu’il colle à son oreille.</em><br><strong>Jeune</strong> (<em>étonné</em>) – Vous jouez encore au loto ?<br><strong>Vieux</strong> – On ne se refait pas… Malheureusement, je ne peux plus aller au bureau de tabac pour valider mes bulletins.<br><strong>Jeune</strong> – À quoi ça sert de jouer ? Si on ne peut plus miser…<br><strong>Vieux</strong> – Pour passer le temps ! Je n’ai plus rien à gagner, vous l’avez dit… Mais on ne peut pas m’empêcher de jouer… Tenez, la semaine dernière j’ai eu quatre bons numéros…<br><strong>Jeune</strong> – Combien ?<br><strong>Vieux</strong> – 19 euros… Vous voulez faire une grille avec moi ? Ou alors, on fait une cagnotte, et on remise nos gains… (<em>Air circonspect du jeune</em>) Vous verrez, vous sortirez d’ici virtuellement milliardaire…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/107-ans/">107 ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un bon coup de balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:18:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=732</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un bon coup de balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/">Un bon coup de balai</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria est en train de passer un coup de balai. Édouard arrive en costume trois pièces.<br></em><strong>Édouard</strong> – Ah Maria… Je voulais vous dire un mot, justement…<br><strong>Maria</strong> (<em>arrêtant de balayer</em>) – Oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Il y a combien d’années que vous balayez pour nous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Je ne sais pas, monsieur. Je n’ai pas compté. Vous n’êtes pas content de mon travail ?<br><strong>Édouard</strong> – Si, si, Maria, au contraire. Je tenais d’ailleurs à vous féliciter. Vous connaissez la devise de notre banque ?<br><strong>Maria</strong> – Il faut savoir balayer devant sa porte ?<br><strong>Édouard</strong> – Bien, Maria, exactement ! Grâce à vous, la devanture du Crédit Solidaire est toujours impeccable. Et la devanture d’une banque, c’est sa vitrine, n’est-ce pas ? Si la vitrine d’une banque n’est pas impeccablement tenue, les clients pourraient se dire que…<br><strong>Maria</strong> – Le banquier n’est sûrement pas très net non plus…<br><strong>Édouard</strong> – Voilà ! Vous avez tout compris, Maria.<br><strong>Maria</strong> – Je peux continuer mon travail, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Pas tout à fait, Maria… Bon… (<em>Il s’éclaircit la gorge.</em>) Comme vous le savez, ma chère Maria… Ma très chère Maria… Je dirais même ma trop chère Maria… C’est la crise.<br><strong>Maria</strong> – Ah oui, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – La crise, Maria ! Même si vous ne lisez pas la presse économique tous les jours, vous en avez entendu parler, tout de même ? Mais oui, suis-je bête ! Vous êtes bien espagnole, Maria, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Portugaise, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Mais c’est encore mieux ! Enfin, je veux dire encore pire… Le Portugal est le pays le plus endetté de la zone euro ! Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Bref, c’est la récession, et le monde de la finance, bien entendu, est le premier affecté par la baisse générale des valeurs…<br><strong>Maria</strong> – Les valeurs…<br><strong>Édouard</strong> – Je parle des valeurs boursières, évidemment, mais soyez-en persuadée, Maria, de la dépression économique à la dépression tout court, il n’y a souvent qu’un pas. Quand la Bourse est à la baisse, le moral l’est aussi. Et quand le moral est dans les chaussettes, la crise morale n’est pas loin non plus.<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Vous-même, Maria, ne me dites pas que vous n’êtes pas un peu déprimée ?<br><strong>Maria</strong> – Ça va, monsieur, je ne me plains pas…<br><strong>Édouard</strong> – Excusez-moi, Maria, mais quand on vous voit, comme ça, avec votre balai… On n’a pas l’impression que vous respirez la joie de vivre, je vous assure !<br><strong>Maria</strong> – Je suis peut-être un peu fatiguée, en ce moment… À force de balayer devant votre porte…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela pour vous dire, Maria, que notre banque, évidemment, n’est pas non plus épargnée par la tourmente… et que nous devons faire nous aussi des économies. Vous comprenez cela, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Oui, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Pour votre bien, Maria, le Crédit Solidaire a donc dû prendre des mesures drastiques et néanmoins douloureuses afin de préserver votre emploi. Emploi dont la pérennité, je peux vous le dire maintenant, était gravement menacée.<br><strong>Maria</strong> – Merci monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’ai donc le plaisir de vous annoncer, Maria, que vous n’êtes pas licenciée.<br><strong>Maria</strong> – Je travaille au noir, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Quoi qu’il en soit, vous pourrez continuer à balayer devant notre porte jusqu’à nouvel ordre. Et qui sait ? Un jour peut-être, je vous laisserai balayer aussi le bureau du directeur.<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Évidemment, le Crédit Solidaire attend de vous que vous fassiez aussi un petit effort pour nous aider à préserver l’emploi dans ce pays. Car sans emploi, pas de pouvoir d’achat, sans achat pas de confiance, et sans confiance, pas d’emploi. C’est le cercle vicieux de la stagflation, vous me suivez ?<br><strong>Maria</strong> – J’essaie, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Tout cela vous dépasse, bien sûr, ma pauvre Maria, mais vous pouvez me faire confiance… Je vais d’ailleurs essayer d’être plus clair… En contrepartie de la préservation de votre emploi, le Crédit Solidaire vous propose une baisse de rémunération de trente pour cent. J’imagine que cette proposition vous semble raisonnable, n’est-ce pas ?<br><strong>Maria</strong> – Trente pour cent ?<br><strong>Édouard</strong> – Un petit tiers, si vous préférez.<br><strong>Maria</strong> – Un tiers en moins ?<br><strong>Édouard</strong> – Ben oui, pas en plus, hein ? Vous savez que par les temps qui courent, même les emplois de balayeur ne courent pas les rues, Maria. Bientôt pour balayer dans une banque, même au black, il faudra au moins bac plus trois ! Plus éventuellement un bon coup de piston et une promotion canapé… Vous avez le bac, vous, Maria ?<br><strong>Maria</strong> – Non monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – J’imagine que vous n’avez pas davantage de relations haut placées ?<br><strong>Maria</strong> – Non, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Et pour la promotion canapé, ma chère Maria, sans vouloir vous vexer, je ne suis pas sûr non plus que tous les atouts soient vraiment de votre côté… Que voulez-vous, c’est comme ça… C’est la grande loterie de la vie… Et même le Crédit Solidaire n’y pourra rien changer… Certains naissent en Suisse avec un nom à rallonge et un physique avantageux, et d’autres… Bref, vous conviendrez donc que notre proposition est plus que généreuse… Qu’en pensez-vous ?<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense, monsieur ?<br><strong>Édouard</strong> – Oui, Maria… Ce n’est pas absolument nécessaire que vous en pensiez quelque chose, mais je vous écoute néanmoins. Nous sommes toujours en démocratie, quand même…<br><strong>Maria</strong> – Ce que j’en pense…<br><strong>Édouard</strong> – Vous devez bien en penser quelque chose…<br><strong>Maria</strong> – Mais je pense bien que j’en pense quelque chose, monsieur… (<em>Maria lève son balai pour le frapper.</em>) Voilà ce que j’en pense, monsieur !<br><strong>Édouard</strong> – Maria ? Mais vous êtes devenue folle ? (<em>Elle le poursuit avec son balai</em>.) Mais enfin, Maria, calmez-vous ! Et puis ce n’est qu’une proposition ! Nous sommes pour le dialogue social, nous aussi… (<em>Elle lui assène quelques coups.</em>) Aïe… Ouille… Vingt pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Vous voulez encore tâter de mon balai ?<br><strong>Édouard</strong> – Dix pour cent ?<br><strong>Maria</strong> – Dix pour cent d’augmentation ?<br><strong>Édouard</strong> – C’est-à-dire que… (<em>Maria est prête à frapper à nouveau.</em>) Très bien, Maria… Il faut savoir terminer une négociation, et j’ai bien compris que votre proposition justement n’était pas négociable… Marché conclu… Le Crédit Solidaire vous augmente de dix pour cent…<br><strong>Maria</strong> – Très bien, monsieur.<br><strong>Édouard</strong> – Mais dites-moi, Maria, vous êtes dure en affaires… Nous savons aussi apprécier chez nos employés les qualités qui sont les leurs… Et on peut dire que vous ne manquez pas de caractère…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur…<br><strong>Édouard</strong> – Ça vous dirait un petit stage de formation, entièrement payé, bien sûr, pour intégrer notre service de recouvrement ? Comme je vous le disais, c’est la crise, et les mauvais payeurs sont de plus en plus nombreux…<br><strong>Maria</strong> – Encore un coup de balai, monsieur ?<br><em>Il s’éloigne prudemment.</em><br><strong>Édouard</strong> – N’en parlons plus, Maria. Je vous laisse travailler…<br><strong>Maria</strong> – Merci, monsieur.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Un bon coup de balai » est une satire sociale sur les rapports de pouvoir entre les élites économiques et les travailleurs précaires. Le comique naît ici de l’hypocrisie managériale, des discours creux justifiant l’injustifiable (une baisse de salaire pour préserver un emploi au noir…), et surtout du renversement brutal des rôles. Maria, faussement soumise, incarne la revanche du bon sens populaire contre l’arrogance cynique de la caste dominante.<br>Le personnage d’Édouard est une caricature jouissive du cadre supérieur déconnecté : il parle beaucoup, mais ne comprend rien. Il tente de masquer une violence sociale derrière un langage feutré et abscons. Maria, elle, ne parle pas autant — mais agit. Le balai devient ici une arme symbolique et comique, un outil de révolte autant que de nettoyage — au propre comme au figuré.<br>Un sketch féroce, à la fois hilarant et d’une acuité mordante, sur le monde du travail, les inégalités et la résistance face à l’humiliation. Le Crédit Solidaire, au nom cynique, devient un décor idéal pour une leçon d’humanité… et de négociation.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/un-bon-coup-de-balai/">Un bon coup de balai</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le pari de Pascal</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=730</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le pari de Pascal, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/">Le pari de Pascal</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, désorienté. Il jette un regard au plan qu’il tient à la main. Il aperçoit alors quelque chose par terre et, intrigué, le ramasse. C’est un billet de banque, qu’il examine avec curiosité. Un autre personnage arrive. Le premier interpelle le second.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous n’auriez pas…?<br><strong>Deux</strong> (<em>l’interrompant</em>) – Désolé, mais je n’ai pas de monnaie.<br><strong>Un</strong> – Ah non, mais je ne fais pas la manche… Au contraire… Je voulais vous demander si vous n’aviez pas perdu un billet, par hasard ?<br><em>L’autre, surpris, s’arrête et se radoucit quelque peu.</em><br><strong>Deux</strong> – Un billet ? Ça dépend… C’est un billet de combien ?<br><em>Le premier jette un regard au billet.</em><br><strong>Un</strong> – Cinq cents.<br>Deux – Ah oui, quand même… Attendez, je regarde… (<em>Il fait mine de fouiller ses poches.</em>) Je… Oui, peut-être… Un billet de cinq cents euros, vous disiez ?<br><em>L’autre examine le billet.</em><br><strong>Un</strong> – Oui, cinq cents… Ah non, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas un billet de cinq cents ?<br><strong>Un</strong> – Si, mais c’est un billet de cinq cents francs !<br><strong>Deux</strong> – Des francs ? Vous voulez dire… des anciens francs ?<br><strong>Un</strong> – Ah non, des nouveaux… Enfin… Les francs d’avant, quoi… Les anciens francs, ça n’existe plus, non ?<br><strong>Deux</strong> – Les nouveaux francs non plus, ça n’existe plus… Faites voir…<br><em>L’autre lui tend le billet.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, cinq cents francs. Un Pascal, comme on disait à l’époque…Ça faisait un moment que je n’en avais pas vu…Quand ils étaient en circulation, je n’en voyais déjà pas souvent…<br><strong>Un</strong> – Pascal… C’était un philosophe, non ?<br><strong>Deux</strong> – Un mathématicien, je crois…<br><strong>Un</strong> – Ah oui ! Le pari de Pascal !<br><strong>Deux</strong> – Cinq cents francs…<br><strong>Un</strong> – Ça fait combien en euros ?<br><strong>Deux</strong> – À peu près cent euros, non ? Quelque chose comme ça…<br><strong>Un</strong> – Donc, ce n’est pas à vous… Vous croyez qu’on peut encore les échanger ?<br><strong>Deux</strong> – À la Banque de France, vous voulez dire ? Ah, je ne crois pas, non… (<em>Il lui rend le billet.</em>) Je ne suis même pas sûr que ça existe encore, la Banque de France.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, avec l’Europe…<br><strong>Un</strong> – Quand même, la Banque de France…<br><em>Un troisième personnage arrive, semblant chercher quelque chose. Les deux autres le regardent, intrigués.</em><br><strong>Un</strong> – Vous cherchez quelque chose ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, j’ai… Je crois que j’ai perdu cent euros, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Et vous n’en êtes pas sûr ? Il me semble que moi, si je perdais cent euros…<br><strong>Trois</strong> – C’est-à-dire que… Je suis allé au distributeur, ça je le sais… J’ai retiré cent euros, comme d’hab… Mais je ne les retrouve pas… Ils sont peut-être tombés de ma poche… Vous ne les auriez pas trouvés, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Cent euros ? Non…<br><strong>Trois</strong> – Ou alors, j’ai oublié de les prendre…<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, oublié ?<br><strong>Trois</strong> – Avant, c’était ma carte bancaire que j’oubliais dans le distributeur. Je prenais l’argent, et j’oubliais la carte… Maintenant, je fais bien attention à reprendre ma carte… Mais parfois, j’oublie de prendre les billets…<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, la machine les ravale, non ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… À moins que quelqu’un ne les ait pris avant…<br><strong>Deux</strong> – Ou que le vent les ait emportés.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’il y a du vent, aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…<br><em>Le premier montre le billet qu’il a trouvé.</em><br><strong>Un</strong> – Les billets de banque aussi…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez trouvé mes cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ce que je viens de ramasser par terre.<br><em>Il lui tend le billet de cinq cents francs.</em><br><strong>Trois</strong> – Un billet de cinq cents francs…<br><strong>Deux</strong> – Ça ne peut pas être le vôtre.<br><strong>Trois</strong> – C’est quand même curieux, remarquez…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Cinq cents francs… ça fait à peu près cent euros, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais enfin… comment votre billet de cent euros aurait-il pu se transformer en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Trois</strong> – Ouais… Surtout que moi, c’étaient deux billets de cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Comment vous le savez ? Vous n’êtes même pas sûr de ne pas les avoir oubliés dans le distributeur.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison… Mais les billets de cent euros, c’est plutôt rare, non ?<br><strong>Deux</strong> – De nos jours, moins que les billets de cinq cents francs.<br><strong>Un</strong> – Par quel miracle deux billets de cinquante euros pourraient se convertir en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Deux</strong> – Personnellement, je ne crois pas aux miracles… Et puis transformer deux billets de cinquante euros en un billet de cinq cents francs même plus échangeable, tu parles d’un miracle…<br><strong>Trois</strong> – Surtout qu’en réalité, cent euros, ça fait 655 francs et 96 centimes… En arrondissant un peu… Du coup je perds plus de 155 francs dans l’opération…<br><strong>Un</strong> – Ah oui, on est loin de la multiplication des pains, c’est clair…<br><em>Ils restent un instant perplexes.</em><br><strong>Deux</strong> – Ou alors, ça vient du DAB…<br><strong>Trois</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous dites que vous n’avez pas regardé les billets. Vous n’êtes même pas sûr de les avoir pris.<br><strong>Trois</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être le distributeur qui vous a refourgué un billet de cinq cents francs au lieu de deux de cinquante euros.<br><strong>Trois</strong> – Vous croyez ? Mais c’est du vol !<br><strong>Deux</strong> – Il est peut-être détraqué.<br><strong>Un</strong> – Mais enfin s’il n’a pas pris les billets, le DAB les a avalés.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir… Il y a peut-être des DAB qui n’avalent pas…<br><strong>Deux</strong> – Surtout quand on essaie de leur faire avaler des billets qui n’ont même plus cours.<br><strong>Trois</strong> – Mais vous dites que c’est le distributeur qui me l’a refilé, ce billet de cinq cents balles ! Alors la banque me refile un billet périmé, et après, le DAB ne veut pas le ravaler ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’est un peu dur à avaler…<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’il l’a avalé, et qu’il l’a recraché.<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, j’ai l’impression désagréable que dans cette histoire, c’est moi qui me suis fait baiser.<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu l’impression qu’on a tous en sortant de sa banque, non ?<br><strong>Trois</strong> – Un DAB qui se met à redistribuer des francs… Ça n’a pas de sens, non ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Vous voyez une autre explication, vous ?<br><em>Nouveau silence perplexe.</em><br><strong>Un</strong> – Ils ne seraient pas repassés au franc sans nous le dire, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ça fait un moment que je n’ai pas écouté les informations…<br><strong>Trois</strong> – Tout de même… Revenir au franc… On a beau être un peu distrait… On ne parle pas d’avoir raté le passage à l’heure d’été, là…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien une autre hypothèse, mais ça fout un peu les jetons…<br><strong>Un</strong> – Dites toujours…<br><strong>Deux</strong> – Et si on avait fait un bond dans le passé…<br><strong>Trois</strong> – Un bond ?<br><strong>Un</strong> – Vous voulez dire… comme dans un film de science- fiction ? On aurait été projetés en arrière dans le temps… avant le passage à l’euro.<br><strong>Trois</strong> – Vous plaisantez ? Et puis franchement, un voyage dans le temps… Si c’est juste pour revenir à l’époque du franc… Tu parles d’un film…<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas dit que c’était un bon film… C’est peut-être juste un mauvais cauchemar…<br><strong>Un</strong> – C’est simple, on n’a qu’à regarder l’argent qu’on a dans nos poches…<br><strong>Trois</strong> – Moi, je n’ai rien… J’allais au distributeur, justement…<br><strong>Deux</strong> – Je suis parti sans mon portefeuille… Je viens de descendre la poubelle…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu de monnaie dans ma poche…<br><em>Il fouille sa poche et en sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Ah voilà… Une pièce de un euro…<br><strong>Trois</strong> – Ouf…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir ? (<em>Il l’examine</em>.) C’est une pièce de dix francs…<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><em>Le troisième examine la pièce à son tour.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui, dites donc… C’est vrai que ça ressemble beaucoup à une pièce d’un euro… mais c’est bien une pièce de dix francs.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que là, il se passe vraiment quelque chose de pas ordinaire…<br><strong>Un</strong> – Ne nous affolons pas… On me l’a peut-être refourguée à la boulangerie par erreur, cette pièce de dix francs… Ça arrive…<br><strong>Deux</strong> – Tout de même… Ça commence à ressembler à un faisceau de présomptions, comme on dit dans les séries policières…<br><em>Arrive un quatrième personnage.</em><br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi de vous déranger, je sais que ça va vous paraître curieux comme question, mais vous n’auriez pas trouvé un billet de cinq cents francs, par hasard ?<br><em>Les trois autres le regardent avec suspicion.</em><br><strong>Un</strong> – À moi de vous poser une question… En quelle année sommes-nous ?<br><strong>Quatre</strong> – Mais… on est toujours en 2015, il me semble… Jusqu’au 31 décembre en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Alors comme ça, en 2015, vous vous baladez dans la rue avec un billet de cinq cents francs ? Non mais vous vous rendez compte ?<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, on était morts d’inquiétude, nous !<br><strong>Trois</strong> – On a cru un instant qu’on avait fait un grand bond en arrière. Comme dans ce film, là… Retour vers le passé…<br><strong>Quatre</strong> – Ce n’est pas Retour vers le futur, le film ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, bon, ce n’est pas le problème.<br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi, je… je ne pensais pas vous…<br><strong>Deux</strong> – Non mais c’est un monde, tout de même…<br><strong>Un</strong> – Tenez, le voilà votre billet de cinq cents balles !<br><strong>Trois</strong> – Mais qu’est-ce que vous allez foutre avec ça ?<br><strong>Quatre</strong> – Eh bien… Je me rendais présentement chez un numismate…<br><strong>Trois</strong> – Un numismate ?<br><strong>Quatre</strong> – Les… Les pièces et les billets de collection, vous voyez…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Quatre</strong> – J’ai retrouvé ce billet chez moi, dans un bouquin qui appartenait à mon grand-père.<br><strong>Deux</strong> – Le genre de grand-père à se servir de billets de banque comme marque-pages…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est vrai que c’est moins salissant que les sardines à l’huile.<br><strong>Quatre</strong> – Donc j’ai regardé sur Internet ce que ça pouvait valoir aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Quatre</strong> – Cent euros ! Vous vous rendez compte ? À l’époque où c’était encore échangeable, ça n’en valait que soixante-seize…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, c’est… C’était un petit malin, votre pépé, finalement.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est ce qui s’appelle un pari sur l’avenir… Avec ce Pascal, votre grand-père vous aura fait gagner dans les vingt-quatre euros.<br><strong>Quatre</strong> – Ça fait combien, vingt-quatre euros, en francs ?<br><strong>Trois</strong> – Environ 157 francs et 43 centimes…<br><strong>Quatre</strong> – Ouah… Bon ben… Merci, en tout cas… Heureusement qu’il y a encore des gens honnêtes comme vous…<br><em>Les trois qui restent regardent le quatrième partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça ne me dit pas où sont passés mes cent euros, tout ça…<br><em>Les deux autres le regardent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le pari de Pascal » est une parabole ironique sur la valeur que nous accordons aux choses — monnaie, temps, mémoire, honnêteté, confiance. Tout part d’un objet anodin, un billet obsolète, qui devient le catalyseur de toute une série de délires économiques et existentiels. Le sketch joue avec les différences générationnelles et monétaires (francs, euros, anciens francs), et utilise la confusion temporelle comme ressort comique : et si on avait fait un bond dans le passé ? Et si le DAB s’était détraqué ? Le comique repose à la fois sur des dialogues vifs et sur des raisonnements absurdes mais plausibles.<br>La référence au « pari de Pascal » (mieux vaut croire en Dieu au cas où…) est ici transposée à la foi dans le système monétaire et dans les reliques qu’il laisse derrière lui : une manière malicieuse de montrer que la croyance dans la valeur d’un billet est elle-même un acte de foi. Le sketch joue ainsi avec l’économie, la métaphysique… et les absurdités du quotidien.<br>Le personnage du collectionneur vient conclure le sketch avec une forme de morale ironique : c’est celui qui n’a rien demandé, mais qui savait ce qu’il cherchait, qui gagne. Comme quoi, parfois, l’héritage d’un grand-père vaut plus qu’un retrait de DAB.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/">Le pari de Pascal</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Du balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/du-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Balayeur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Voyante]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Bijou]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=728</guid>

					<description><![CDATA[<p>Du balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/du-balai/">Du balai</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux balayeurs. Ils balaient. L’un ramasse quelque chose par terre.<br></em><strong>Un </strong>– C’est dingue tout ce qu’on peut trouver dans les caniveaux.<br><strong>Deux</strong> – C’est quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille, je te dis !<br><strong>Deux</strong> – Une oreille ? Non ? Fais voir… Ah ouais, c’est une oreille, dis donc.<br><em>Il se met à regarder par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu cherches ?<br><strong>Deux</strong> – Je regarde s’il n’y aurait pas la deuxième.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi il y aurait la deuxième ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les oreilles, ça marche par deux, non ?<br><strong>Un</strong> – Les oreilles, ça marche par deux… N’importe quoi…<br><em>Ils restent un instant perplexes, appuyés sur le manche de leurs balais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on va en faire, de cette oreille ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. On devrait peut-être essayer de retrouver son propriétaire.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’il en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que moi, si je perdais une oreille et qu’on la retrouve, j’aimerais bien qu’on me la rapporte.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, si tu perdais une oreille ? On ne perd pas ses oreilles comme on perd ses clefs ! Comment veux-tu perdre une oreille sans t’en apercevoir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, ça… Comment est-ce qu’il a bien pu perdre une oreille, ce type ?<br><strong>Un</strong> – Ça peut aussi être une femme.<br><strong>Deux</strong> – Une femme ? Pourquoi une femme ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas une femme ? Les femmes aussi ont des oreilles, non ? Sinon, à quoi elles accrocheraient leurs boucles d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – Mais cette oreille-là ne porte pas de boucle d’oreille.<br><strong>Un</strong> – C’était peut-être une femme qui ne portait pas de boucle d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – C’est affreux…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Savoir que quelque part, une femme marche dans la rue avec une seule oreille.<br><strong>Un</strong> – La femme à l’oreille coupée…<br><em>Justement une femme arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Je lis dans les lignes de la main. Voulez-vous me donner la vôtre ?<br><strong>Un</strong> – On cherche plutôt quelqu’un qui lise dans les lobes de l’oreille. Vous savez faire ça ?<br><strong>Trois</strong> – Faut voir…<br><em>Il lui tend l’oreille.</em><br><strong>Un</strong> – Tenez, je vous prête une oreille attentive.<br><strong>Deux</strong> – On voudrait surtout savoir à qui elle appartient, cette oreille.<br><em>La voyante semble se concentrer.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vois… un balai.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez que cette oreille pourrait avoir appartenu à une sorcière ?<br><strong>Un</strong> – Un balai… Évidemment, on est balayeurs, alors elle voit des balais ! On serait poissonniers, elle sentirait le poisson. Et on serait marins, elle entendrait la mer…<br><strong>Trois</strong> – Pour l’instant je sens surtout de mauvaises vibrations…<br><strong>Deux</strong> – On a trouvé cette oreille en balayant les feuilles mortes dans le caniveau.<br><strong>Un</strong> – L’automne, c’est la haute saison pour les balayeurs… Les oreilles mortes se ramassent à la pelle…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous voyez d’autre ?<br><strong>Trois</strong> – Je vois… (<em>Brandissant l’oreille, comme en transe</em>) Je ne vois rien, mais j’entends.<br><strong>Un</strong> – Une voyante qui entend, maintenant…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous entendez ?<br><strong>Un</strong> – J’entends une voix… qui vient de très loin.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle dit, cette voix ?<br><strong>Trois</strong> – J’entends… des chiffres !<br><strong>Un</strong> – Des chiffres ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être un message codé.<br><strong>Trois</strong> – Cinq chiffres… Et un sixième…<br><strong>Deux</strong> – Le numéro complémentaire !<br><strong>Trois</strong> – Oui… Oui, c’est bien ça… Ça ressemble à la combinaison du prochain loto !<br><strong>Un</strong> – Le loto ?<br><strong>Deux</strong> – Et c’est quoi, ces chiffres ?<br><em>Elle lui rend brusquement l’oreille, comme si le charme était rompu.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça, pour le savoir, il faut payer d’avance.<br><strong>Un</strong> – C’est ça oui… Et qu’est-ce qui nous prouve que c’est la bonne combinaison ?<br><strong>Trois</strong> – Rien. Vous n’êtes pas obligés d’y croire. C’est vous qui voyez…<br><strong>Un</strong> – C’est nous qui voyons ? Je pensais que c’était vous, la voyante…<br><strong>Deux</strong> – Quand même, tu te rends compte ? Et si c’était le bon numéro ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles sérieusement ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on risque ?<br><strong>Un</strong> – Ça, je pense que madame va nous le dire…<br><strong>Trois</strong> – Cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Cinquante euros ?<br><strong>Trois</strong> – C’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Et si c’était vrai, pourquoi est-ce que vous ne la joueriez pas vous-même, la combinaison gagnante ?<br><strong>Trois</strong> – C’est vous qui l’avez trouvée, cette oreille. Pas moi. Ce serait contraire à la déontologie.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne fait que 25 euros chacun…<br><strong>Un</strong> – Va pour 40, d’accord ?<br><strong>Trois</strong> – OK.<br><em>Ils lui donnent chacun un billet de vingt. Elle sort un papier de sa poche et le leur tend.</em><br><strong>Trois</strong> – Voilà les numéros gagnants.<br><strong>Deux</strong> – Mais… ils étaient déjà écrits sur ce papier avant que vous n’entendiez cette voix !<br><strong>Trois</strong> (<em>avec emphase</em>) – Le destin est toujours écrit d’avance.<br><em>Elle s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais moi j’y crois…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, ces numéros ?<br><em>L’autre s’apprête à le lui dire, mais se ravise.</em><br><strong>Deux</strong> – Viens plutôt par là… (<em>Jetant un regard vers le public</em>) Les murs ont des oreilles…<br><em>Ils se mettent un peu en retrait.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Le 13.<br><strong>Un</strong> – Classique.<br><strong>Deux</strong> – Le 5 bis.<br><strong>Un</strong> – On va dire le 5.<br><strong>Deux</strong> – Et le 214.<br><strong>Un</strong> – Le 214 ?<br><strong>Deux</strong> – On va dire le 2, le 1 et le 4.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais ça ne fait que 5 numéros.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais, c’est vrai…<br><strong>Un</strong> – Elle ne nous a pas donné le numéro complémentaire, la salope.<br><strong>Deux</strong> – On aurait dû lui donner les cinquante euros qu’elle nous demandait.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, ça va être de ma faute, maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Et cette oreille, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle n’a pas l’air très propre…<br><strong>Un</strong> – Évidemment, on l’a trouvée dans le caniveau…<br>Deux – Ouais… (<em>En direction de la salle</em>) Personne n’a perdu une oreille ? Une oreille sale… Bon ben je la laisse ici, bien en évidence. Si celui qui l’a perdue veut la récupérer…<br><strong>Un</strong> – Bon, on la fait, cette grille, oui ou non ?<br><strong>Deux</strong> – Allons-y… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que c’est notre jour de chance…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Du balai » est un bijou de comique absurde et métaphysique, dans la lignée des sketches surréalistes. À partir d’un simple détail incongru — une oreille trouvée dans un caniveau — le sketch déploie un univers entier fait de logique dévoyée, de croyances détournées et de langage bancal, où tout peut faire sens… ou non. La trouvaille d’une oreille évoque le monde des corps fragmentés, des anonymes oubliés, mais ici, elle devient un récepteur magique de signes. C’est une parabole sur l’écoute, littérale et figurée : prêter l’oreille, prêter foi, entendre la fortune, ou les voix… Le sketch brille par ses glissements de sens constants, ses jeux de mots (notamment autour de “prêter l’oreille”) et son rythme parfaitement maîtrisé.</p>



<p>Le personnage de la voyante condense la parodie de la crédulité populaire et de l’économie ésotérique, où l’on vend de l’espoir aux plus désespérés — pour 50 euros ou un “rabais” à 40. Sa dernière justification (“le destin est toujours écrit d’avance”) est à la fois poétique et glaçante. Les deux balayeurs, figures d’hommes de la rue (au sens propre et figuré), incarnent un mélange de lucidité désabusée et de foi naïve, comme beaucoup de personnages du recueil. Leur espoir de gagner au loto, malgré l’évidence de l’arnaque, résume une forme de dignité paradoxale : face à l’absurdité du monde, ils choisissent d’y croire encore, un peu.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/du-balai/">Du balai</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=722</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/">Deuxième chance</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/">Deuxième chance</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=720</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-bon-numero/">Le bon numéro</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-bon-numero/">Le bon numéro</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le juste prix</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-juste-prix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:36:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=716</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le juste prix,  un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-juste-prix/">Le juste prix</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme fait le trottoir. Un homme approche timidement.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi… Vous…<br><strong>Deux</strong> – Oui, oui…<br><strong>Un</strong> – Et… C’est combien ?<br><strong>Deux</strong> – Je… Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Vous ne savez pas ?<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que… Pour tout vous dire, c’est la première fois…<br><strong>Un</strong> – La première fois ?<br><strong>Deux</strong> – Non, bien sûr, ce n’est pas la première fois que… Je veux dire c’est la première fois que je… Enfin, je débute dans le métier, voilà… Alors évidemment je ne connais pas bien les tarifs…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Vous me donneriez combien, vous ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Dans les vingt-sept…<br><strong>Deux</strong> – Vingt-sept euros ?<br><strong>Un</strong> – Euh… Non… Vingt-sept ans…<br><strong>Deux</strong> – Ah d’accord !<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, moi non plus, je ne connais pas du tout les prix…<br><strong>Deux</strong> – Je me disais aussi… Vingt-sept euros, c’est quand même assez précis… Pour quelqu’un qui ne connaît pas les prix… Non, je voulais dire… Vous me donneriez combien pour…<br><strong>Un</strong> – Pardon, on s’est mal compris… Je n’ai pas l’habitude non plus… Pour moi aussi, c’est la première fois…<br><strong>Deux</strong> – La première fois ?<br><strong>Un</strong> – Non mais pas la première fois… Je veux dire la première fois que…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Il faut bien une première fois, après tout…<br><strong>Un</strong> – Alors du coup… Je ne connais pas du tout les tarifs en vigueur… C’est d’ailleurs pour ça que je vous demandais les tarifs… de vos prestations.<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas, ça ne va pas être simple… Si on ne connaît pas les prix ni vous ni moi… Je ne sais pas, moi, vous me donneriez combien… Donc, cette fois, je ne parle pas de mon âge, nous sommes bien d’accord…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Excusez-moi…<br><strong>Deux</strong> – Ne vous excusez pas. D’ailleurs, j’ai trente-deux ans… Je devrais plutôt vous remercier pour votre galanterie… Alors ?<br><strong>Un</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Un</strong> – Ah oui… C’est-à-dire que… Comme ça, c’est difficile à dire…<br><strong>Deux</strong> – Dites un prix. Vous seriez prêt à mettre combien ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Cent cinquante…?<br><strong>Deux</strong> – Cent cinquante ?<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé… Évidemment, ce n’est pas assez…<br><strong>Deux</strong> – Vous voulez rire ? Mais c’est beaucoup trop !<br><strong>Un</strong> – Vous trouvez ?<br><strong>Deux</strong> – Je connais pas les tarifs, mais bon… cent cinquante euros, c’est vraiment jeter l’argent par les fenêtres. Et puis je vous l’ai dit, je n’ai aucune expérience…<br><strong>Un</strong> – Je ne suis pas sûr que dans ce cas, l’expérience…<br><strong>Deux</strong> – Quand même… Ou alors, vous me payez après.<br><strong>Un</strong> – Après ?<br><strong>Deux</strong> – Vous me donnerez ce que vous voudrez. Si vous êtes satisfait. Satisfait ou remboursé, en quelque sorte !<br><strong>Un</strong> – Non, franchement, ça me gênerait…<br><strong>Deux</strong> – Oui mais alors comment on fait ?<br><strong>Un</strong> – Excusez-moi de vous demander ça, mais… Pourquoi est-ce que…<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi je fais le trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Vous n’êtes pas obligée de me répondre, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – C’est à cause d’une voyante.<br><strong>Un</strong> – Une voyante ?<br><strong>Deux</strong> – Elle m’a lu les lobes de l’oreille et… Oui, c’était une voyante qui lisait dans les lobes de l’oreille, il paraît que c’est très rare. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu tendance à la croire…<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce qu’elle a vu, dans votre oreille ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Elle m’a dit qu’elle voyait l’amour… et un trottoir. Depuis, je ne sais pas comment, mais tout s’est enchaîné comme une fatalité. Jusqu’à ce que… Le destin, sans doute.<br><strong>Un </strong>– C’était peut-être une voyante débutante, elle aussi… Ou alors, vous aurez mal interprété…<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Lire dans les lobes de l’oreille, c’est quand même assez délicat…<br><strong>Deux</strong> – Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi j’en suis arrivé à… Eh bien disons que… J’ai eu quelques déceptions amoureuses et… J’en suis arrivé à me demander si…<br><strong>Deux</strong> – Si ce n’était pas plus simple comme ça.<br><strong>Un</strong> – Voilà. Mais je me rends compte que ce n’est sans doute pas une bonne idée.<br><strong>Deux</strong> – Ah non, ne me dites pas que vous allez partir comme ça ! Vous êtes mon premier client, et je vous trouve plutôt sympathique…<br><strong>Un</strong> – Merci mais… Maintenant, ça me gêne un peu…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant ?<br><strong>Un</strong> – Maintenant qu’on s’est parlé…<br><strong>Deux</strong> – Vous trouvez que je parle trop, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout, au contraire ! Mais justement, maintenant qu’on a fait un peu connaissance…<br><strong>Deux</strong> – Et si je ne vous faisais pas payer ?<br><strong>Un</strong> – Vous plaisantez… Non, vraiment, ça me gênerait…<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez qu’à considérer qu’il s’agit d’une offre de lancement… Un essai gratuit…<br><strong>Un</strong> – Tout de même, je ne sais pas si… Laissez-moi au moins vous inviter à dîner avant…<br><strong>Deux</strong> – Si vous insistez…<br><strong>Un</strong> – Allons-y…<br><em>Ils partent.</em><br><strong>Deux</strong> – Maintenant que j’y pense, je crois que c’est vous qui avez raison. Elle devait débuter elle aussi, cette voyante. En tout cas, elle ne m’a pas fait payer, elle non plus…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le juste prix » joue sur l’attente du cliché — une scène de trottoir, une négociation tarifée — pour mieux en démonter les codes et révéler une rencontre profondément humaine. Ce n’est pas un sketch sur la prostitution, mais un prétexte comique à explorer ce qui se joue au croisement de la gêne, du désir, du hasard et de la parole partagée.<br>Le comique repose d’abord sur des quiproquos constants, notamment autour du mot « prix », des maladresses langagières, des lapsus presque poétiques. Mais le ton se déplace doucement vers une forme de tendresse pudique, une résistance à la froideur des rapports tarifés, un appel au lien sincère au cœur d’un univers codifié par l’échange marchand.<br>Le personnage de la voyante qui lit dans les lobes d’oreille introduit un élément absurde et poétique, renforçant l’idée que cette rencontre n’est pas fortuite, mais presque tracée — et non pas tarifée. Le sketch touche à quelque chose de rare : la naissance d’un lien inattendu, dans un lieu improbable, entre deux êtres cabossés qui, au fond, ne cherchent peut-être rien d’autre… qu’un peu de chaleur humaine.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/le-juste-prix/">Le juste prix</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les jetons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-jetons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:19:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Casino]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=694</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les jetons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-jetons/">Les jetons</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Les deux malfrats de la première scène reviennent.</em><br><strong>Homme</strong> – Cette fois, ils sont tous partis.<br><strong>Femme</strong> – Le square est fermé, il fait nuit. On ne devrait pas être là.<br><strong>Homme</strong> – Quoi, tu as les jetons ?<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas bien légal, ce qu’on est en train de faire.<br><strong>Homme</strong> – Qu’est-ce qui n’est pas légal ? Enjamber la grille d’un square ou déterrer un sac de fric volé dans un casino ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, si tu dis que c’est là.<br><strong>Homme</strong> – C’est là, je te dis. Vas-y creuse…<br><em>La femme sort sa pelle de son sac.</em><br><strong>Femme</strong> – OK.<br><em>Noir. Lumière.</em><br><em>Ils regardent un sac posé sur le banc.</em><br><strong>Homme</strong> – Je t’avais bien dit que c’était là.<br><strong>Femme</strong> – Tu avais raison.<br><strong>Homme</strong> – Ben vas-y, ouvre-le.<br><strong>Femme</strong> – Ici, tu crois ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours jeter un coup d’œil<br><em>La femme ouvre le sac avec fébrilité. Elle a l’air surprise de ce qu’elle voit. Elle sort une poignée de jetons de casino.</em><br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Homme</strong> – Ben c’est ce que j’ai ramassé au casino.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – Des jetons, oui. Mais tu sais qu’il y en a pour une fortune, là-dedans.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ? Tu as volé des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours aller les changer à la caisse, non ?<br><strong>Femme</strong> – Ouais… On peut aussi voler un caddy dans un supermarché avant que celui qui l’a rempli ne soit passé à la caisse<br><strong>Homme</strong> – Le croupier avait déclenché l’alarme. C’est tout ce que j’ai eu le temps de ramasser. J’entendais déjà les sirènes de police.<br><em>La femme regarde le sac avec perplexité, avant de lever les yeux sur l’homme.</em><br><strong>Femme</strong> – Oui… Là je peux dire qu’avec toi, j’ai touché le gros lot.<br><strong>Homme</strong> – Je pensais qu’on pourrait les changer à la caisse…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme</strong> – Il y a encore un truc qui m’échappe.<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu n’as volé que des jetons, pourquoi tu as pris dix ans de taule ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Dans les journaux, le patron du casino a dit qu’on lui avait volé plusieurs millions.<br><strong>Femme</strong> – Je vois… Il a dû déclarer qu’on lui avait volé le contenu de la caisse et il s’est fait rembourser par l’assurance.<br><strong>Homme</strong> – Il y a des gens malhonnêtes, je te jure.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Homme</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Femme</strong> – Avec tout ça, le patron du casino, lui, il a doublé sa mise. Si tu lui ramènes ses jetons, il acceptera peut-être de te les reprendre à moitié prix en échange de ton silence.<br><strong>Homme</strong> – Tu crois ?<br><strong>Femme</strong> – On peut toujours essayer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em>Les deux policiers reviennent, et s’arrêtent un instant devant le banc.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Je n’ai rien compris, et toi ?<br><strong>Policier 2</strong> – Le théâtre d’avant-garde, tu sais.<br><strong>Policier 1 </strong>– En même temps, on n’a payé qu’une place sur deux.<br><em>Arrive la femme qui précédemment leur a distribué des flyers.</em><br><strong>Femme</strong> – Alors, ça vous a plu ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Oui, c’était pas mal…<br><strong>Policier 1 </strong>– Alors comme ça, c’était sa centième pièce ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, il paraît.<br><strong>Policier 2 </strong>– C’est vrai que pour sa centième, il aurait pu se fouler un peu plus.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Policier 1</strong> – Vous venez prendre un verre avec nous ? On vous invite…<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Policier 2</strong> – Allons-y.<br><strong>Policier 1 </strong>– Et sinon, à part du théâtre, vous faites quoi dans la vie ?<br><strong>Ils sortent.</strong><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-jetons/">Les jetons</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les gens</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-gens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:09:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=692</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les gens, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-gens/">Les gens</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, très bien habillé, avec un haut-de-forme, suivi d’un autre en costume de chauffeur, avec une casquette.<br></em><strong>Chauffeur</strong> – Que monsieur ne s’inquiète pas, le dépanneur va venir pour la Rolls, et une voiture est en route pour nous ramener au château.<br><strong>Milliardaire</strong> – Merci mon brave.<br><em>Le chauffeur nettoie le banc avec un mouchoir.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur veut bien s’asseoir.<br><em>Le milliardaire s’assied et jette un regard autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Tout ça est très pittoresque… Mais où sommes-nous, exactement ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Très exactement… nous sommes à l’angle de la rue de la Paix et de la rue…<br><strong>Milliardaire</strong> – Non, je veux dire, cet endroit, c’est quoi ?<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est un square, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Un square ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un jardin public.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vraiment ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Je me suis dit que pour attendre la voiture, ce serait mieux que dans la rue ou dans un café. C’est un quartier très populaire, vous savez. Les gens comme eux ne sont pas habitués à voir des gens comme vous.<br><strong>Milliardaire</strong> – Des gens comme moi…?<br><strong>Chauffeur</strong> – Des personnes de votre condition.<br><strong>Milliardaire</strong> – Nous aurions pu rester incognito. Ils ne sont pas supposés savoir que je suis baron, et à la tête de la cinquième plus grosse fortune d’Europe.<br><strong>Chauffeur</strong> – Croyez-moi, monsieur ne serait pas passé inaperçu.<br><em>Le milliardaire regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Un jardin public…<br><strong>Chauffeur</strong> – Comme le jardin du château de monsieur, mais ouvert à tout le monde.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais je ne vois pas de château…<br><strong>Chauffeur</strong> – Le château, c’est… la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – D’accord.<br><strong>Chauffeur</strong> – Les gens viennent là avec leurs enfants pour prendre un peu l’air.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, oui… Les gens…<br><strong>Chauffeur</strong> – Quand ils ne travaillent pas, évidemment.<br><strong>Milliardaire</strong> – Bien sûr. C’est assez propre, quand même. Et… ce sont les gens eux-mêmes qui l’entretiennent, n’est-ce pas ? On appelle ça des jardins ouvriers, je crois.<br><strong>Chauffeur</strong> – Euh… Non monsieur. Les jardins ouvriers, c’est pour faire pousser des légumes. Ici c’est un jardin public. C’est entretenu par les jardiniers de la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois. Et les gens viennent ici pour se reposer.<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est cela. Pour reconstituer leur force de travail, comme dit Marx.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vous demande pardon ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Karl Marx, monsieur. Pour Marx, le travail est une marchandise. Et sa valeur est équivalente à la valeur de l’ensemble des biens matériels et immatériels nécessaires à sa reproduction. C’est-à-dire non seulement le logement et la nourriture, mais aussi les quelques distractions indispensables pour éviter que le prolétaire tombe dans la dépression et se laisse tenter par le suicide.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois… Du pain et des jeux, comme disait Jules César…<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, si monsieur préfère. Mais si monsieur me permet, le phénomène de la lutte des classes, qui conduit inéluctablement à la dictature du prolétariat, est beaucoup mieux analysé dans Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous avez donc lu <em>Le Capital</em> ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Pas vous, monsieur ?<br><strong>Milliardaire</strong> – Ma foi non, je l’avoue…<br><strong>Chauffeur</strong> – J’en ai toujours un exemplaire dans la Rolls. Comme je passe beaucoup de temps à attendre monsieur, j’en profite pour m’instruire. C’est mon livre de chevet, comme on dit. Pour certains c’est la bible, pour moi c’est Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais dites-moi, mon brave… Vous avez lu <em>Le Capital</em> d’accord… mais vous ne seriez pas marxiste tout de même ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous Karim, en plus d’être musulman, vous êtes marxiste ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui monsieur.<br><em>Le milliardaire le regarde avec un air perplexe.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ça ne fait rien, je vous garde quand même.<br><strong>Chauffeur</strong> – Merci, monsieur…<br><em>Le portable du milliardaire sonne et il répond.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, ma chère, c’est vous. Il nous arrive une histoire absolument rocambolesque. La Rolls a pété une durite au beau milieu d’une cité, et nous avons dû nous réfugier dans un square… Un square, ma chère. Un jardin public, si vous préférez. (<em>Plus bas</em>) Mais dites-moi, très chère, vous saviez que notre chauffeur était marxiste ? Non, non, bien sûr, ça ne me dérange pas, mais… vous auriez pu m’en informer tout de même. Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord ?<br><em>Le portable du chauffeur sonne aussi, et il répond.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – OK, merci… (<em>Au milliardaire</em>) Votre voiture vous attend, monsieur.<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Très bien, alors allons-y… Mais finalement, cette aventure aura été très cocasse, n’est-ce pas ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, d’ailleurs, ça me rappelle un film…<br><strong>Milliardaire</strong> – Un film ? Quel film ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un film avec Louis De Funès, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ne me dites pas qu’en plus d’être musulman et communiste, vous êtes aussi cinéphile ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/les-gens/">Les gens</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pause café</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pause-cafe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=682</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pause café, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/pause-cafe/">Pause café</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux policiers en civil arrivent, et s’asseyent sur le banc pour boire un café dans un gobelet.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Policier 2 </strong>– La routine. Une mère qui a laissé son gosse se noyer à la piscine.<br><strong>Policier 1 </strong>– Homicide involontaire ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Acte manqué, plutôt.<br><strong>Policier 1</strong> – Et le maître-nageur, il était où ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Dans les vestiaires, avec la mère justement. Il était en train de lui apprendre le bouche-à-bouche ? (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Un type qui avait pris dix ans de taule pour le braquage d’un casino. On n’a jamais retrouvé le butin.<br><strong>Policier 2</strong> – Tout est devenu tellement cher. Les mecs, maintenant, quand ils braqueront une supérette, ils ne prendront pas la caisse. Ils repartiront avec des paquets de pâtes et des bouteilles d’huile.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ouais. Non, mais là je te parle d’un vrai casino. Il a dû planquer l’oseille quelque part.<br><strong>Policier 2</strong> – Et alors ?<br><strong>Policier 1 </strong>– Il vient d’être libéré. On garde un œil sur lui, au cas où il aurait l’idée d’aller récupérer son fric.<br><strong>Policier 2</strong> – Combien ?<br><strong>Policier 1</strong> – Dans les cinq millions.<br><strong>Policier 2 </strong>– Le gros lot.<br><strong>Policier 1 </strong>– Le type a dû se dire que c’était plus sûr d’aller chercher ses gains directement au casino plutôt que de miser sur la Française des Jeux.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Policier 2</strong> – Pourquoi tu as choisi ce métier, toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Pour la paye… Non, je déconne. Je ne sais pas. Quand j’étais petit, on jouait aux gendarmes et aux voleurs. Bêtement, je me suis dit que j’aurais plus de chance de pécho avec un uniforme.<br><strong>Policier 2</strong> – Pas de bol, tu es flic en civil.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça que je suis toujours célibataire. Et toi ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Moi je suis toujours marié. Pour l’instant…<br><strong>Policier 1</strong> – Non, je veux dire, toi, pourquoi tu as choisi la police ?<br><strong>Policier 2</strong> – Pour sauver le monde. Quand j’étais gosse, j’étais fasciné par les super héros. Comme je n’avais pas de super pouvoirs, je suis rentré dans la police. Pour avoir un flingue, au moins. Résultat, tu n’as même pas le droit de t’en servir. Même pour te suicider.<br><strong>Policier 1</strong> – On aurait dû faire maîtres-nageurs. Tu n’as pas souvent l’occasion de sauver des vies, mais au moins tu peux mater des nanas en maillots de bain toute la journée.<br><strong>Policier 2 –</strong> Maîtres-nageurs, on n’avait pas le physique.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça qu’on a fini dans la police. D’ailleurs, il va falloir qu’on y retourne.<br><strong>Policier 2 </strong>– Il est dans le coin, ton braqueur de casino ?<br><strong>Policier 1</strong> – Les gardiens du square l’ont aperçu ce matin avec une complice. Ils jouaient dans ce bac à sable avec une pelle.<br><strong>Policier 2</strong> – Au moins, ils ont su garder leur âme d’enfant. On aurait mieux fait de choisir voleur plutôt que gendarme, nous aussi.<br><em>Arrive une femme, tenant un paquet de flyers à la main.</em><br><em>Femme</em> – Bonjour messieurs. Vous aimez le théâtre ?<br><strong>Policier 2</strong> – On serait plutôt séries policières, mais bon…<br><strong>Femme</strong> – C’est une petite comédie qui se joue dans une salle juste à côté, tous les jours sauf le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi.<br><strong>Policier 1</strong> – Tous les dimanches, quoi.<br><strong>Femme</strong> – À 18h37 très précisément. Vous avez de la chance, c’est dans un quart d’heure.<br><em>Elle leur tend à chacun un flyer qu’ils saisissent et auquel ils jettent un coup d’œil.</em><br><strong>Policier 1</strong> (<em>lisant le flyer</em>) – Mauvaise pièce cherche bon public. C’est le titre ?<br><strong>Femme</strong> – C’est du théâtre d’avant-garde. Genre théâtre dans le théâtre, vous voyez ?<br><strong>Policier 2</strong> – De quoi ça parle ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’histoire d’un auteur qui s’apprête à écrire sa centième pièce et qui est paralysé par l’angoisse de la page blanche.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ça a l’air très chiant, non ?<br><strong>Femme</strong> – Vous savez, moi je ne fais que distribuer les flyers.<br><strong>Policier 2</strong> – Vous ne jouez pas dedans ?<br><strong>Femme</strong> – Non.<br><strong>Policier 1</strong> – Mais vous avez vu la pièce, quand même.<br><strong>Femme</strong> – L’auteur ne l’a pas encore écrite. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre.<br><strong>Policier 2</strong> – Donc, vous tractez pour une pièce qui n’est pas encore écrite.<br><strong>Femme</strong> – Il a encore un quart d’heure…<br><strong>Policier 1</strong> – Un quart d’heure ? Pour que l’auteur écrive la pièce, que les comédiens apprennent le texte, et que le metteur en scène leur donne quand même quelques indications ?<br><strong>Femme</strong> – D’un autre côté, il ne met pas la barre trop haut… Mauvaise pièce cherche bon public. J’ai presque l’impression de faire la manche.<br><strong>Policier 2</strong> – Mais vous êtes payée ?<br><strong>Femme</strong> – Même pas. On m’a juste invitée à la première.<br><strong>Policier 1</strong> – Ce soir, donc.<br><strong>Femme</strong> – Vous viendrez ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Dites que vous venez de ma part. On vous fera une place achetée une place offerte.<br><em>La femme s’éloigne.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu comptes vraiment y aller ?<br><strong>Policier 2</strong> – Non, mais elle avait l’air tellement désespérée.<br><strong>Policier 1</strong> – Bon, alors au boulot.<br><em>Ils se lèvent et sortent.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<ol start="5" class="wp-block-list"></ol>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/pause-cafe/">Pause café</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Fin de vacances</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fin-de-vacances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:23:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=673</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fin de vacances, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/fin-de-vacances/">Fin de vacances</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent et s’asseyent sur le banc. La première interpelle un enfant qu’on ne voit pas côté salle.<br></em><strong>Femme 1</strong> – Ne cours pas comme ça, Kevin, tu vas encore tomber !<br><strong>Femme 2 </strong>– Ah, ces gosses…<br><strong>Femme 1 </strong>– À cet âge-là, ils ont besoin de se défouler, évidemment.<br><strong>Femme 2 </strong>– Surtout les garçons.<br><strong>Femme 1</strong> – Oui…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est comme le chien, si on ne le sort pas au moins une fois par jour, le soir on ne peut pas le tenir.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mon mari, c’est pareil.<br><strong>Femme 2</strong> – Attention de ne pas salir ta robe, ma chérie ! Tu t’es déjà changée trois fois depuis ce matin.<br><strong>Femme 1</strong> – Heureusement qu’ils retournent à l’école demain.<br><strong>Femme 2</strong> – Ne m’en parle pas, je n’en peux plus.<br><strong>Femme 1</strong> – Hier on est allés à la piscine, il a failli se noyer.<br><strong>Femme 2</strong> – Non ?<br><strong>Femme 1</strong> – J’étais en train de discuter avec le maître-nageur. Il est tombé dans le grand bain, on ne s’est aperçus de rien.<br><strong>Femme 2</strong> – Il ne sait pas encore nager ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Il faut croire que non. Pourtant ça fait déjà six mois qu’il prend des cours. Justement, j’étais en train d’en parler avec son prof de natation.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, oui, le maître-nageur… Il est plutôt pas mal, non ?<br><strong>Femme 1</strong> – Tu le connais ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il donne aussi des leçons à Clara.<br><strong>Femme 1</strong> – Et quand tu dis plutôt pas mal… tu veux dire comme prof ?<br><strong>Femme 2</strong> – Aussi, oui…<br><em>Elles rient.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Bref, heureusement qu’une dame était là. Elle a plongé jusqu’au fond du bassin pour le repêcher. Il était déjà tout bleu. Le maître-nageur a dû lui faire le bouche-à-bouche.<br><strong>Femme 2</strong> – Le bouche-à-bouche ? Non ? Ça donne envie de se noyer…<br><em>Elles rient encore.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Kevin, enfin ! Tu peux bien lui prêter ta pelle, non !<br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi Clara, arrête de lui tirer les cheveux, aussi !<br><strong>Femme 1 </strong>– Je te jure… C’est tout le portrait de son père, celui-là. Je me demande si je n’aurais pas préféré qu’il se noie… (<em>Silence</em>) J’ai vraiment dit ça…?<br><strong>Femme 2</strong> – Non, mais je te rassure. Moi aussi j’ai des envies de meurtre, parfois. Surtout vers la fin des vacances scolaires.<br><strong>Femme 1 </strong>– Enfin, malgré tout on les adore.<br><strong>Femme 2</strong> – Bien sûr.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais on sera quand même contentes de reprendre le travail lundi.<br><strong>Femme 2</strong> – Les vacances scolaires, c’est une invention des patrons pour que les employés aient plaisir à retourner travailler après.<br><strong>Femme 1 </strong>– On dirait que ça se couvre un peu, non ?<br><strong>Femme 2</strong> – Oui… Je me demande s’il ne va pas pleuvoir.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Qu’est-ce que tu ferais, toi, si tu gagnais au loto ?<br><strong>Femme 2</strong> – Je ne sais pas… Je me ferais refaire le nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Le nez ? Il est très bien, ton nez. Qu’est-ce que tu lui reproches ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il me rappelle le nez de mère. Ma mère a exactement le même nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Et alors ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne sais pas. Je ne supporte pas…<br><strong>Femme 1 </strong>– Ce n’est pas plutôt ta mère, que tu ne supportes pas ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu crois ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Tu l’as dans le nez. Tu ne peux pas la sentir. C’est pour ça que tu veux te faire refaire le nez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi ? Qu’est-ce que tu ferais si tu trouvais un sac rempli de billets de 500 euros.<br><strong>Femme 1 </strong>– J’irais faire de la monnaie. Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec des billets de 500 euros. Déjà quand j’ai un billet de 50, je ne sais pas quoi en faire.<br><strong>Femme 2</strong> – On a été habituées toute notre vie à compter chaque euro, à s’habiller en soldes, à comparer les prix, à économiser sur tout. Dépenser sans compter, je ne suis pas sûre qu’on saurait.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… On rêve de gagner au loto, mais si on nous donnait plusieurs millions, là tout de suite, on ne saurait pas comment les dépenser.<br><strong>Femme 2</strong> – Avant d’apprendre à être riche, il faut désapprendre à être pauvre.<br><strong>Femme 1 </strong>– La pauvreté, c’est un truc qui vous colle à la peau. On ne s’en débarrasse pas comme ça. Quand on a été pauvres de génération en génération depuis des siècles et des siècles… Non, l’argent, il vaut mieux laisser ça aux riches.<br><strong>Femme 2 </strong>– Pour les vacances, c’est pareil. Au bout d’un moment, quand on a trop de temps devant soi, on ne sait plus quoi en faire.<br><strong>Femme 1 </strong>– L’oisiveté et l’opulence, ce n’est pas des trucs qu’on t’apprend à l’école.<br><strong>Femme 2</strong> – À l’école, on t’apprend que l’oisiveté est la mère de tous les vices.<br><strong>Femme 1 </strong>– Oui… Que le temps libre est la récompense de toute une vie de labeur, et qu’il est réservé aux retraités qui vont bientôt mourir.<br><strong>Femme 2</strong> – Quand ils ne meurent pas d’ennui prématurément parce qu’ils ne savent pas quoi faire de tout ce temps libre qui leur tombe dessus tout d’un coup.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… À l’école on t’apprend à travailler et à compter. Rien foutre et jeter l’argent par les fenêtres, il faut être né dans une famille de milliardaires pour savoir faire ça. (<em>Un temps</em>) Il faudrait peut-être leur dire d’arrêter de creuser, non ? Ça commence à faire un sacré trou.<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu as raison. Ils veulent creuser une tombe, ou quoi ?<br><em>L’autre semble écouter ce que disent les enfants.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Qu’est-ce qu’ils disent ? Qu’ils ont déterré un sac ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Ne touchez pas à ça, les enfants. Ça doit être dégoûtant.<br><strong>Femme 1 </strong>– Va savoir… C’est peut-être un cadavre découpé en morceaux.<br><em>Elles rient. Avant d’échanger un regard un peu inquiet.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Les enfants, ça suffit, maintenant. Vous me rebouchez ça tout de suite, et on rentre. D’ailleurs il va bientôt pleuvoir.<br><em>Les deux femmes se lèvent pour partir.</em><br><strong>Femme 1</strong> – On n’a rien oublié ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tant qu’on n’oublie pas les gosses.<br><em>Elles sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/fin-de-vacances/">Fin de vacances</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chasse au trésor</title>
		<link>https://sketchotheque.net/chasse-au-tresor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:09:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Casino]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=662</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chasse au trésor, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/chasse-au-tresor/">Chasse au trésor</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un banc dans un jardin public. Un homme arrive, suivi par une femme, portant un sac. Ils ont l’air un peu frustes. L’homme jette un regard inquiet autour de lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Amène-toi, il n’y a personne…<br><strong>Femme</strong> – T’es sûr que c’est là ?<br><strong>Homme</strong> – C’est là je te dis !<br><strong>Femme</strong> – Non, parce que tout à l’heure aussi tu disais que c’était là et…<br><strong>Homme</strong> – Ce n’était pas le bon square. C’était le bon banc, mais ce n’était pas le bon square.<br><em>La femme reste perplexe un instant.</em><br><strong>Femme</strong> – Comment ça peut être le bon banc, si c’est pas le bon square ?<br><strong>Homme</strong> – Putain ! Tu as fini de discutailler, oui ? Sors ta pelle et creuse !<br><em>La femme ouvre son sac et en sort une petite pelle militaire pliable qu’elle déploie en maugréant.</em><br><strong>Femme</strong> – Pourquoi c’est toujours moi qui creuse, d’abord…? Surtout que la dernière fois, tu m’as fait creuser pour rien…<br><strong>Homme</strong> – C’était il y a dix ans, alors évidemment…<br><strong>Femme</strong> – Tu as pris dix ans de taule pour le braquage d’une supérette ?<br><strong>Homme</strong> – Une supérette ?<br><strong>Femme</strong> – Tu m’as bien dit que t’avais braqué un Casino, non ?<br><strong>Homme</strong> – Un casino ! Pas une supérette…<br><strong>Femme</strong> – Ah, un casino… Et il y a combien, là-dessous ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai pas eu le temps de compter, figure-toi… Assez d’argent pour remplir un sac, en tout cas…<br><strong>Femme</strong> – Ah oui, là je veux bien creuser. Un casino… Moi qui n’ai jamais eu de chance aux jeux.<br><strong>Homme</strong> – Si tu veux être sûr de rafler la mise, à la roulette, il faut venir avec un flingue.<br><strong>Femme</strong> – J’espère qu’avec toi, j’ai tiré le bon numéro…<br><em>L’homme regarde à nouveau autour de lui. La femme s’apprête à donner le premier coup de pelle.</em><br><strong>Homme</strong> – Range ta pelle…<br><strong>Femme</strong> – Quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Range ta pelle, et assieds-toi, je te dis ! Il y a deux flics qui viennent par là…<br><em>La femme, contrariée, range sa pelle. Ils s’asseyent sur le banc.</em><br><strong>Femme</strong> – Sors ta pelle, range ta pelle… Il faudrait savoir… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Homme</strong> – On ne fait rien. On s’assied, et on attend.<br><em>Il affiche un sourire forcé. La femme le regarde, intriguée.</em><br><strong>Femme</strong> – Pourquoi tu souris comme un abruti ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne souris pas ! Je prends un air innocent…<br><strong>Femme</strong> – Innocent ?<br><strong>Homme</strong> – Pour pas se faire repérer par les flics ! Toi aussi, fais comme si de rien n’était.<br><em>La femme hésite, puis imite le sourire artificiel de l’homme. Ils restent un instant comme ça, immobiles.</em><br><strong>Femme</strong> – Je commence à avoir une crampe à la mâchoire.<br><strong>Homme</strong> – Ça y est, ils sont passés.<br><strong>Femme</strong> – Ce n’était pas des flics, c’était des gardiens de square.<br><strong>Homme</strong> – Comment tu le sais ?<br><strong>Femme</strong> – C’était marqué sur leurs casquettes, tu ne sais pas lire ?<br><strong>Homme</strong> – Tu sais bien que non. Pourquoi tu demandes ?<br><strong>Femme</strong> – C’était des gardiens de square, je te dis.<br><strong>Homme</strong> – Ouais bon, c’était des gardiens de square. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Femme</strong> – Rien.<br><strong>Homme</strong> – On ne peut pas creuser un trou avec une pelle dans un bac à sable avec tout ce monde autour de nous.<br><strong>Femme</strong> – Un bac à sable, c’est fait pour ça, non ?<br><strong>Homme</strong> – Pour les gosses, oui. Nous, si les gens nous voient, ils vont trouver ça louche.<br><strong>Femme</strong> – Alors pourquoi tu as enterré tout ce fric dans un bac à sable ? Au beau milieu d’un square !<br><strong>Homme</strong> – J’avais les flics au cul ! Je n’avais pas trop le temps, tu vois. Et comme je n’avais pas de pelle…. creuser dans le sable, avec les mains, c’était plus facile.<br><strong>Femme</strong> – Voilà encore des gens qui arrivent…<br><strong>Homme</strong> – Tant pis, on reviendra ce soir, quand il fera nuit.<br><strong>Femme</strong> – Il ferme à 19 heures, le square. C’est marqué à l’entrée. Tu n’as pas lu le panneau.<br><strong>Homme</strong> – Non, je n’ai pas lu le panneau…<br><strong>Femme</strong> – Ouais, ben cette nuit, ce sera fermé.<br><strong>Homme</strong> – Comme ça, au moins, on ne sera pas dérangés.<br><em>Ils s’apprêtent à s’éloigner.</em><br>Femme – Tu l’as enterré assez profond, au moins, le sac ? Parce qu’avec tous ces gosses qui creusent dans le sable toute la <strong>journée</strong>…<br><strong>Homme</strong> – Ne t’inquiète pas, j’ai fait un grand trou.<br><strong>Femme</strong> – Grand comment ?<br><strong>Homme</strong> – Assez grand pour y enterrer un cadavre…<br><em>Elle lui lance un regard un peu inquiet. Ils s’éloignent.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/chasse-au-tresor/">Chasse au trésor</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Don contre don</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-contre-don/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 10:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=650</guid>

					<description><![CDATA[<p>Don contre don, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/don-contre-don/">Don contre don</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier arrive. Le deuxième suit et, voyant que l’autre a l’air un peu mal, l’aborde avec sollicitude.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Je viens d’enterrer mon père.<br><strong>Un</strong> – Enterrer ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… je n’ai pas fait ça moi-même. J’ai fait appel à des spécialistes. Il paraît qu’on ne peut pas faire autrement. Ce n’est pas donné, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Bref, je reviens de l’enterrement.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé. Je vous présente mes plus sincères condoléances…<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez garder vos condoléances. Je détestais mon père.<br><strong>Un</strong> – On a toujours une bonne raison de détester son père.<br><strong>Deux</strong> – Vous savez ce que je trouve vraiment insupportable lors des enterrements ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Tous ces gens qui ne font même pas partie de la famille, qu’on n’a souvent jamais vu de sa vie avant la cérémonie, et qui devant le cercueil se mettent à sangloter plus bruyamment que les propres enfants du défunt. Comme pour les faire culpabiliser de ne pas avoir eux-mêmes le chagrin plus démonstratif.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison… Il devrait y avoir un ordre de préséance. Un seuil de décibels autorisés en fonction de la proximité de chacun avec la personne qu’on enterre.<br><strong>Deux</strong> – Si les héritiers en ligne directe ne jugent pas nécessaire de pleurer devant le cercueil de leur très cher disparu, les autres aussi devraient s’en abstenir, non ?<br><strong>Un</strong> – Pourtant, on dirait que le décès de votre père ne vous laisse pas complètement indifférent…<br><strong>Deux</strong> – En effet… Sa disparition est pour moi un coup dur.<br><strong>Un</strong> – Malgré vos différends, vous n’aviez donc pas rompu toute relation avec lui…<br><strong>Deux</strong> – Non… La dernière fois que je l’ai vu, c’était dans le bureau du juge…<br><strong>Un</strong> – Du juge ?<br><strong>Deux</strong> – J’étais sur le point de gagner le procès que j’avais engagé contre mon père… Maintenant qu’il est mort, évidemment, ça va être beaucoup plus difficile…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – J’ai peur que l’affaire soit classée sans suite.<br><strong>Un</strong> – C’est à craindre. Mais… pourquoi ce procès, si je peux me permettre ?<br><strong>Deux</strong> – Ce serait un peu long à vous expliquer, mais en gros… je reproche à mon père, après m’avoir fait naître, de me laisser complètement démuni devant la misère du monde…<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ne pas faire le même reproche à votre mère aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis né de mère inconnue.<br><strong>Un</strong> – De mère inconnue ? Tiens donc… Je ne savais même pas que c’était matériellement possible. De mon temps… Mais c’est vrai qu’à présent, avec les nouvelles technologies…<br><strong>Deux</strong> – Je suis né en terre inconnue, d’une mère porteuse sans papier, payée en liquide, et qui a préféré garder l’anonymat.<br><strong>Un</strong> – Donc vous reprochiez à votre père de vous avoir privé de l’affection d’une mère…<br><strong>Deux</strong> – Ah non, pas du tout !<br><strong>Un</strong> – Mais alors pourquoi lui faire un procès pour vous avoir mis au monde ? Vous n’avez pas l’air d’avoir de malformations particulières…<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu non.<br><strong>Un</strong> – Je dirais même que vous êtes plutôt bien fait de votre personne…<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Non mais vous avez vu le monde dans lequel on vit ?<br><strong>Un</strong> – Oui, ce n’est pas faux… Avec toutes ces guerres un peu partout sur la planète. Le terrorisme. La famine. Le réchauffement climatique…<br><strong>Deux</strong> – Sans parler de l’ISF et du cancer de la prostate.<br><strong>Un</strong> – Vous en voulez à votre père de vous avoir fait naître dans cette vallée de larmes qu’est notre monde moderne…<br><strong>Deux</strong> – En fait, c’est un peu plus compliqué que ça…<br><strong>Un</strong> – Vous commencez à m’intriguer.<br><strong>Deux</strong> – Avant de mourir, mon père a légué une grosse partie de sa fortune à une fondation qui lutte contre la faim dans le monde<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est… C’est bien ça.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais ma part d’héritage, elle, en est diminuée d’autant.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Mais… c’est tout de même très généreux de sa part.<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout ! Il a fait ça exprès pour m’emmerder !<br><strong>Un</strong> – Comment ça, pour vous emmerder ? La faim dans le monde, tout le monde est contre, non ? Ne me dites pas que vous êtes pour…<br><strong>Deux</strong> – Je vous dis qu’il a fait ça dans le seul but de me déshériter.<br><strong>Un</strong> – Oui, je comprends bien mais… Tout de même… Cela profitera à des gens qui ont vraiment besoin de cet argent.<br><strong>Deux</strong> – Voilà ! C’est bien pour ça que je lui fais un procès.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – S’il avait laissé sa fortune à son plombier ou à son contrôleur fiscal, son intention de me nuire n’aurait fait aucun doute. Mais là, c’est particulièrement vicieux, non ?<br><strong>Un</strong> – Vicieux ?<br><strong>Deux</strong> – En me déshéritant au profit de la lutte contre la faim dans le monde, il se donne le beau rôle, vous comprenez ! Et moi, si je m’y oppose, je passe pour un égoïste. Un fils à papa qui voudrait continuer à bouffer du caviar avec l’héritage de son père, plutôt que d’y renoncer joyeusement pour que les déshérités aient un peu de riz dans leur assiette.<br><strong>Un</strong> – Quand ils ont une assiette…<br><strong>Deux</strong> – Ah mais non, je ne vais pas me laisser faire !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin, je veux dire… Je comprends… Mais ça risque de ne pas être facile.<br><strong>Deux</strong> – À qui le dites-vous…<br><strong>Un</strong> – Comme vous disiez, devant les juges, vous aurez le mauvais rôle…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà… Mais je reste confiant… J’ai un bon avocat…<br><strong>Un</strong> – Et que ferez-vous si vous obtenez malgré tout gain de cause ?<br><strong>Deux</strong> – Que voulez-vous que je fasse ? Je reverserai aussitôt cet argent à cette même fondation.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas le choix ! Si je garde tout ce fric pour moi, je passerai pour un salaud. C’est ce que vous penseriez, vous, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que… Oui, évidemment…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà ! Quand je vous disais que mon père était un grand pervers, vous comprenez, maintenant…<br><strong>Un</strong> – Euh… Oui… J’essaie… Mais… vous êtes sûr que ce n’est pas un peu compliqué, tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – Si cet argent doit finalement aller à cette fondation…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, mais ce n’est pas du tout pareil ! Là c’est moi qui donnerai.<br><strong>Un</strong> – Qui donnerez… l’argent de votre père.<br><strong>Deux</strong> – Si j’en hérite avant, ce sera mon argent ! Et j’aurais démontré que ce n’est pas par générosité qu’il a fait tout ça, mais simplement pour m’emmerder. Et le bienfaiteur de l’humanité, ce sera moi !<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Enfin… Si cela peut vous faire du bien à vous aussi…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais il y a quand même une chose qui me chagrine.<br><strong>Un</strong> – La mort de votre père…<br><strong>Deux</strong> – Non, le fait que même si je gagne ce procès, il n’en saura jamais rien…<br><strong>Un</strong> – C’est toujours beaucoup plus difficile de se venger des gens qui sont déjà morts.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Et c’est beaucoup moins gratifiant…<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/don-contre-don/">Don contre don</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
