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	<title>Archives des Serveur - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Serveur - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>L’oubliée</title>
		<link>https://sketchotheque.net/loubliee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:31:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
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		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
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		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’oubliée, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/loubliee/">L’oubliée</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Bonjour. Alors qu’est-ce que je lui mets à la petite dame ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Oh vous, ça n’a pas l’air d’aller fort ? Vous ne voulez pas un petit remontant ?<br><strong>Elle</strong> – Je vous dirais bien ce que je veux, mais dans une minute, vous aurez oublié.<br><strong>Lui</strong> – Ah ça, ça m’étonnerait. Je n’oublie jamais une commande, Mademoiselle.<br><strong>Elle</strong> – Vous oublierez la mienne, vous verrez.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Parce que je suis celle qu’on oublie.<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Je suis l’oubliée. Depuis que je suis née, c’est comme ça.<br><strong>Lui</strong> – Comme ça ? Comment ça, comme ça?<br><strong>Elle</strong> – Pendant sa grossesse déjà, ma mère oubliait souvent qu’elle était enceinte.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Quand je suis née, mon père a oublié de me déclarer à l’état civil. Et quand ma mère a quitté la maternité, elle a oublié de me ramener à la maison avec elle en partant.<br><strong>Lui</strong> – Sans blague ?<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas qu’ils ne m’aimaient pas. Ils m’oubliaient, c’est tout. Régulièrement, ils oubliaient d’aller me chercher à la sortie de l’école. Et je ne vous raconte pas le nombre de stations-service et de chambres d’hôtel où ils m’ont oubliée quand on partait en vacances.<br><strong>Lui</strong> – Ah merde…<br><strong>Elle</strong> – C’est comme ça. Enfin pas tout le temps. Il y a des périodes d’accalmie, parfois. Et puis ça recommence. Le jour de mon mariage, je pensais que j’étais enfin tirée d’affaire. Que quelqu’un, enfin, allait se souvenir de moi. Mais mon fiancé a oublié de se présenter à la mairie le jour de la cérémonie. Même le maire avait oublié de venir. Mes parents aussi, d’ailleurs…<br><strong>Lui</strong> – Pourtant, vous avez l’air bien mignonne. Pas le genre de fille qu’on a envie d’oublier.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai. J’ai toujours eu beaucoup de succès auprès des garçons. Et pourtant, je n’ai jamais brisé le cœur d’aucun d’entre eux, je vous assure. Pour ça il aurait fallu qu’ils se souviennent de moi. Mais la plupart de mes amoureux oubliaient de venir au deuxième rendez-vous.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Vous connaissez la formule « jamais le premier soir » ?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien pour moi, si ce n’était pas le premier soir, le deuxième on m’avait déjà oubliée.<br><strong>Lui</strong> – Ça n’a pas dû être facile tous les jours.<br><strong>Elle</strong> – Ça vous pouvez le dire. Pour trouver un travail, par exemple. Mes entretiens d’embauche, j’étais toujours toute seule. On m’avait oubliée. J’ai quand même réussi à me faire embaucher deux ou trois fois, mais tout le monde finissait par oublier qu’il y avait quelqu’un dans le bureau où je travaillais. Et évidemment, on oubliait de me payer aussi…<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Comme je ne pouvais jamais garder un travail, j’ai fini par basculer dans la délinquance.<br><strong>Lui</strong> – La délinquance ? Pourtant, à vous voir, comme ça… Mais comment vous faites pour vivre.<br><strong>Elle</strong> – Dans les magasins, je prends ce que je veux et je sors sans payer.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez finir en prison.<br><strong>Elle</strong> – Pensez-vous ! Au bout d’une minute, les vigiles oublient d’appeler la police. Ou bien la police oublie de venir. Ou bien le gardien de prison oublie de fermer la cellule à clef, parce qu’il a oublié qu’il y avait quelqu’un dedans.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, remarquez… Vu comme ça, ça n’a pas que des inconvénients.<br><strong>Elle</strong> – Quand vous m’aurez servi ma consommation, si vous n’oubliez pas de le faire, je partirai sans payer, et vous ne vous souviendrez même pas de m’avoir servie.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai jamais payé une seule note de restaurant, et pourtant, j’y mange tous les jours.<br><strong>Lui</strong> – Mince… Et ça dure depuis longtemps, tout ça ?<br><strong>Elle</strong> – Depuis 1902. C’est mon année de naissance.<br><strong>Lui</strong> – 1902? Mais enfin, ce n’est pas possible.<br><strong>Elle</strong> – La mort a dû oublier de venir me chercher, elle aussi.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Je vous le dis… Vous m’oublierez vous aussi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Bonjour. Alors qu’est-ce que je lui mets à la petite dame ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<item>
		<title>Mention passable</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mention-passable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:45:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mention passable, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Au bar la patronne et une cliente.</em><br><strong>Patronne</strong> – Et vous l’avez eu ?<br><strong>Cliente</strong> – Mention passable.<br><strong>Patronne</strong> – Vos parents devaient être contents.<br><strong>Cliente</strong> – En tout cas, ils ne m’ont rien dit.<br><strong>Patronne</strong> – Il y a des gens pas bavards.<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais aimé au moins une fois dans ma vie que mes parents me disent qu’ils étaient fiers de moi. Même si ce n’était pas vrai. Pas vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Ce que j’aurais aimé, c’est pouvoir dire à mes parents que j’étais fière d’eux…<br><strong>Cliente</strong> – Vous avez des enfants ?<br><strong>Patronne</strong> – Non. Et je ne suis pas sûre qu’ils auraient été fiers de moi…<br><strong>Cliente</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Patronne</strong> – Donc, vous ne vous êtes pas jetée dans la Seine…<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais dû. Parce que c’est après que les ennuis ont commencé.<br><strong>Patronne</strong> – Vous n’avez pas trouvé de boulot ?<br><strong>Cliente</strong> – Si. Un petit boulot, comme on dit.<br><strong>Patronne</strong> – C’est toujours mieux que de faire le trottoir.<br><strong>Cliente</strong> – Encore que… Le bac c’est la fin de l’innocence, mais le premier job, c’est comme un dépucelage. On se rend compte que là, on est vraiment baisé. On sait qu’il n’y a que la première fois où ça fait un peu mal, et qu’on va s’habituer. Mais on se doute qu’il va falloir pas mal d’imagination pour y prendre un peu de plaisir… Ça s’est passé comment, pour vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Mon dépucelage ?<br><strong>Cliente</strong> – Votre premier job ! Qu’est-ce que vous faisiez avant de vous mettre à votre compte ?<br><strong>Patronne</strong> – Je faisais le tapin rue Saint-Denis.<br><strong>Cliente</strong> – Ah… Alors vous savez de quoi je parle…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Deux demis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deux-demis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:32:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Bière]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux demis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cliente se plante devant le comptoir.</em><br><strong>Patronne</strong> – Qu’est-ce que je lui sers à la petite dame ?<br><strong>Cliente</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai envie de rien…<br><strong>Patronne</strong> – Rien ? Désolée, on n’a pas ça ici…<br><strong>Cliente</strong> – J’ai juste envie de me jeter sous un train.<br><strong>Patronne</strong> – Ah oui, mais là, vous êtes pas au bon endroit. Vous voyez, je n’ai pas de casquette de chef de gare. Alors si vous voulez rester, il va falloir consommer.<br><strong>Cliente</strong> – Bon ben je vais prendre… une bière. Quand on a des idées suicidaires, une bière, ça me paraît tout à fait approprié, non ?<br><strong>Patronne</strong> – Quoi comme bière ?<br><strong>Cliente</strong> – Une Mort Subite.<br><strong>Patronne</strong> – Je n’ai pas de bière belge.<br><strong>Cliente</strong> – Qu’est-ce que vous avez ?<br><strong>Patronne</strong> – De la pression.<br><strong>Cliente</strong> – Qu’est-ce que vous avez comme pression ?<br><strong>Patronne</strong> – De la pression ordinaire…<br><strong>Cliente</strong> – C’est tout ?<br><strong>Patronne</strong> – Tout à l’heure, vous ne saviez pas quoi prendre, et maintenant vous trouvez qu’il n’y a pas assez de choix ?<br><strong>Cliente</strong> – Une pression ordinaire, ça ira très bien.<br><strong>Patronne</strong> – Ce que les gens viennent chercher ici, ce n’est pas de la bière, vous savez. De la bière, ils en ont chez eux au frigo.<br><strong>Cliente</strong> – Vous avez raison. Ils viennent sûrement chez vous pour trouver un peu de chaleur humaine…<br><strong>Patronne</strong> – Qu’importe le flocon, pourvu qu’on ait l’Everest.<br><strong>Cliente</strong> – Un demi, alors. Non, deux…<br><em>La patronne lui sert ses deux demis.</em><br><strong>Patronne</strong> – Et voilà… Deux demis…<br><strong>Cliente</strong> – Deux demis. Ça fait un entier… Enfin c’est ce que j’ai appris à l’école…<br><strong>Patronne</strong> – Vous êtes une marrante, vous… Vous attendez quelqu’un ?<br><strong>Cliente</strong> – Si j’attendais ma moitié, j’irais m’asseoir à une de ces tables, et je me referais une beauté. Je ne serais pas là, debout, ébouriffée, à parler toute seule.<br><strong>Patronne</strong> – Merci.<br><em>La cliente pousse le deuxième demi vers la patronne.</em><br><strong>Cliente</strong> – Vous ce n’est pas pareil… (<em>Elles trinquent.</em>) Un patron de bistrot, c’est un peu comme un psychanalyste ou un curé. On peut tout lui raconter, mais on ne peut rien lui demander. Surtout pas s’il a un problème avec sa mère ou si ça lui arrive aussi d’avoir des mauvaises pensées…<br><strong>Patronne</strong> – Vous avez un problème avec votre mère ?<br><strong>Cliente</strong> – Ça vous arrive d’avoir des mauvaises pensées ?<br><strong>Patronne</strong> – Ça ne vous regarde pas !<br><strong>Cliente</strong> – Ah, vous voyez bien…<br><strong>Patronne</strong> – Vous êtes venue ici pour chercher les ennuis ?<br><strong>Cliente</strong> – Je suis venue pour chercher l’inspiration.<br><strong>Patronne</strong> – Ah, ouais…?<br><strong>Cliente</strong> – Les poètes vont souvent au bistrot pour chercher l’inspiration. Vous ne saviez pas ?<br><strong>Patronne</strong> (<em>ironique</em>) – Si, si. Tous mes clients sont des poètes.<br><strong>Cliente</strong> – Il paraît que chaque jour, en France, deux bistrots mettent la clef sous la porte. C’était dans le journal de ce matin.<br><strong>Patronne</strong> – Je ne lis pas les journaux.<br><strong>Cliente</strong> – Pourtant, vous en vendez !<br><strong>Patronne</strong> – Je vends aussi des pipes. Et je ne fume pas.<br><strong>Cliente</strong> – Où iront les poètes pour chercher l’inspiration quand tous les bistrots auront été remplacés par des Mac Donald ?<br><strong>Patronne</strong> – Qu’ils aillent au diable.<br><strong>Cliente</strong> – Quand le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain se sera définitivement tu, les derniers Prévert auront disparu.<br><strong>Patronne</strong> – Des prés verts ? Dans le coin, à part quelques mauvaises herbes sur le bitume des trottoirs…<br><strong>Cliente</strong> – Non, croyez-moi, quand il n’y aura que des fast-foods au coin des rues, les poètes n’écriront plus que de la littérature de gare.<br><strong>Patronne</strong> – C’est pour ça que vous voulez vous jeter sous un train ?<br><strong>Cliente</strong> – Ou peut-être parce que j’ai peur de ne pas trouver l’inspiration.<br><strong>Patronne</strong> – Vous croyez vraiment que c’est ici que vous allez trouver quelque chose à raconter ?<br><strong>Cliente</strong> – Si les comptoirs pouvaient parler, ils auraient des tas de choses à dire, non ?<br><strong>Patronne</strong> – Sûr… Mais je ne sais pas qui ça pourrait intéresser.<br><strong>Cliente</strong> – Tenez, c’est dans un café comme celui-là que j’ai appris mes résultats du bac.<br><strong>Patronne</strong> – Sans blague…<br><strong>Cliente</strong> – Le bac, le permis de conduire… Ce sont des étapes, dans la vie, non ? Des rites de passage…<br><strong>Patronne</strong> – Le seul bac que j’ai passé, c’était pour traverser la Loire, et monter à Paris… Et je crois que le seul permis que j’aurai jamais, c’est le permis d’inhumer…<br><strong>Cliente</strong> – Je pourrais toujours raconter ma vie… Ou la vôtre…?<br><strong>Patronne</strong> – On peut être payée pour raconter sa vie ? Tous mes clients font ça gratuitement…<br><strong>Cliente</strong> – Pas très cher…<br><strong>Patronne</strong> – Des cacahuètes?<br><strong>Cliente</strong> – Oui, à peu près.<br><strong>Patronne</strong> – Non, je veux dire… Vous voulez des cacahuètes ? Avec vos deux demis…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Soirée poésie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/soiree-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1097</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soirée poésie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent dans un bistrot. Elles jettent un regard en direction de la salle et s’approchent avec quelques hésitations d’un comptoir derrière lequel la patronne se tient debout, impassible, en train d’essuyer des verres à pied.</em><br><strong>Une</strong> – Qu’est-ce que tu prends ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Un petit ballon ?<br><strong>Une</strong> – Rouge ? Blanc ?<br><strong>Deux</strong> – Rouge…<br><strong>Une</strong> – Deux ballons de rouge, s’il vous plaît.<br><strong>Patronne</strong> – Bordeaux ? Côtes du Rhône ?<br><strong>Une</strong> – Côtes du Rhône…<br><strong>Patronne</strong> – Et deux côtelettes.<br><em>La patronne leur sert les deux ballons.</em><br><strong>Une</strong> – On va peut-être aller s’asseoir, pendant qu’il y a encore des tables de libre…<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Les deux femmes vont s’asseoir à une table. La première boit une gorgée, et fait la grimace.</em><br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas si on a fait le bon choix…<br><strong>Deux</strong> – Pour le spectacle ?<br><strong>Une</strong> – Pas pour le vin, en tout cas…<br><em>La deuxième trempe à son tour les lèvres dans son verre.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Ce n’est pas du Château Margaux…<br><strong>Une</strong> – C’est quoi, cette soirée, au juste ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas très bien compris… (<em>Elle sort un flyer de sa poche</em>.) Petits Vers sur le Zinc… C’était à zéro euro sur BilletReduc. Ça doit être une soirée cabaret…<br><strong>Une</strong> – Cabaret ?<br><strong>Deux</strong> – One man show, j’imagine.<br><strong>Une</strong> – En bon français, on devrait dire des seuls en scène.<br><strong>Deux</strong> – Apparemment on est aussi les seules dans la salle.<br><strong>Une</strong> – Petits Verres sur le Zinc… Fais voir… (<em>Elle regarde le flyer</em>.) Attends, mais c’est vers, V-E-R-S !<br><strong>Deux</strong> – Ouais, tu as vu ? C’est marqué : le premier vers est offert. C’est dingue, non ? Maintenant, tu vas au spectacle, c’est gratuit, et en plus on te paye un verre. Bientôt, on te donnera un peu d’argent en repartant si tu restes jusqu’au bout…<br><strong>Une</strong> – V-E-R-S ! Pas V-E-R-R-E-S ! Oh, putain ! C’est une soirée poésie !<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ! (<em>Elle lui reprend le flyer et y jette un nouveau regard.</em>) Merde, tu as raison !<br><strong>Une</strong> – Jusqu’à quelles tragiques méprises peut conduire la dyslexie…<br><strong>Deux</strong> – Tu m’étonnes que c’était gratuit…<br><em>Transition musicale. Une cliente, arrive. Avant d’entrer, elle tire une dernière bouffée de sa cigarette.</em><br><strong>Une</strong> – Malheureusement, il est trop tard pour se barrer.<br><em>La cliente écrase sa cigarette, et jette un regard sur la salle avant de déclamer.</em><br><strong>La cliente</strong> –<br>Au comptoir des fumeurs dissipés, <br>auprès d’un Parisien froissé, <br>Une blonde, une brune sur le zinc écrasées <br>du tabac froid racontent encore l’odeur. <br>Les volutes ne sont plus que vapeurs. <br>Aux sifflements d’un italien percolateur, <br>de la main du serveur dans une tasse allongé, <br>Un grand noir remplace un petit blanc. <br>Au bar il ne faut plus mégoter. Reste le goût amer du café.<br><em>Les deux femmes assises à la table restent déconcertées.</em><br><strong>Deux</strong> – Bravo, c’est… Ah, oui, hein ? C’est très original.<br><strong>Une</strong> – Ça change, c’est sûr…<br><strong>Cliente</strong> – Merci…<br><strong>Deux</strong> – Et… vous en connaissez beaucoup, comme ça ?<br><strong>Cliente</strong> – Pas mal.<br><strong>Une</strong> – Ah, merde… Je veux dire super…<br><strong>Cliente</strong> – Vous en voulez un autre ?<br><strong>Une</strong> – Ah ben oui, tiens, pourquoi pas… Mais cette fois, je vais plutôt essayer le Bordeaux, moi.<br><strong>Cliente</strong> – Je voulais dire… un autre poème.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Une</strong> – Et comment ! (<em>En aparté</em>) De la poésie… Putain, c’est un traquenard.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que c’est le moment de se barrer…<br><em>Pendant que les deux femmes s’éclipsent discrètement, la cliente déclame :</em><br><strong>Cliente</strong> –<br>Sur le zinc du comptoir quelques verres oubliés. <br>Quelques vers à douze pieds m’accompagnent ce soir. <br>J’ai laissé le brouillard aux dehors endeuillés,  <br>la pipe du condamné à fumer dans le noir.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>La mer</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1014</guid>

					<description><![CDATA[<p>La mer, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis à une table de café, il paraît au moins la cinquantaine et porte des vêtements démodés. Une valise désuète est posée à ses pieds. Il regarde fixement devant lui, en direction de la salle. Une serveuse, la trentaine, arrive et nettoie une autre table. Elle essaie dʼattirer son attention, sans oser le déranger. Lʼhomme ne prête pas attention à elle. Elle finit par sʼapprocher.<br></em><strong>Femme</strong> – Excusez-moi, mais… je termine mon service dans cinq minutes. Je vais devoir vous encaisser.<br><em>Lʼhomme lʼaperçoit enfin et revient à la réalité.</em><br><strong>Homme</strong> – Je… Je vais y aller, bien sûr.<br><strong>Femme</strong> – Ah non, mais vous pouvez rester ! On est ouvert jusquʼà minuit. Cʼest juste que… Il faut que je fasse ma caisse.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><em>Il sort de sa poche un billet quʼil pose sur la table. La femme regarde le billet avec curiosité.</em><br><strong>Femme</strong> – Pardon, mais… On est passé à lʼeuro il y a déjà plus de vingt ans, vous savez…<br><em>Lʼhomme regarde le billet, prenant conscience de son erreur.</em><br><strong>Homme</strong> – Je suis vraiment désolé…<br><em>Il reprend le billet et en sort un autre quʼil pose sur la table.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous nʼavez pas plus petit…<br><strong>Homme</strong> – Cʼest tout ce que jʼai sur moi.<br><strong>Femme</strong> – Pas de problème, je vous ramène la monnaie tout de suite.<br><strong>Homme</strong> – Ne vous dérangez pas… Gardez le tout.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest un billet de 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et votre café, cʼest deux euros.<br><em>Il regarde à nouveau fixement devant lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Ça fait combien de temps que je suis assis à cette table ?<br><strong>Femme</strong> – Je dirais… sept ou huit heures. Vous étiez mon premier client quand jʼai commencé mon service à midi.<br><strong>Homme</strong> – Et vous ne mʼavez rien dit.<br><strong>Femme</strong> – Vous dire quoi ?<br><strong>Homme</strong> – De renouveler ma consommation, par exemple … ou de partir.<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas le genre de la maison. Vous prenez un café, vous pouvez rester là jusquʼà la fermeture si vous voulez.<br><strong>Homme</strong> – Gardez la monnaie, je vous en prie.<br><strong>Femme</strong> – Bon… Merci… Il y a déjà quelque temps que je fais ce métier… Cʼest le plus gros pourboire quʼon mʼait jamais donné. Surtout pour un simple café.<br><strong>Homme</strong> – Ça me fait plaisir, je vous assure.<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas osé vous déranger avant, vous aviez lʼair tellement… perdu dans vos pensées. Vous êtes en vacances ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai lʼair dʼêtre en vacances ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas…Je disais ça…à cause de la valise.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La valise.<br><strong>Femme</strong> – Vous cherchez un hôtel ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Bon, eh bien… À une autre fois, peut-être…<br><strong>Homme</strong> – Peut-être.<br><em>Il se replonge dans sa contemplation. Elle sʼapprête à partir mais se ravise.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne voudrais pas être indiscrète mais… quʼest-ce que vous regardez comme ça fixement, depuis huit heures dʼaffilée. Je ne suis même pas sûre de vous avoir vu cligner des yeux…<br><strong>Homme</strong> – Je regarde la mer.<br><strong>Femme</strong> – La mer ?<br><strong>Homme</strong> – La mer, à lʼendroit précis où elle rejoint lʼhorizon.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord.<br><strong>Homme</strong> – Vous ne regardez jamais la mer ?<br><strong>Femme</strong> – Non. Enfin… jamais aussi longtemps en tout cas. Jamais comme ça. Et puis… je nʼai pas beaucoup le temps.<br>Homme – Cʼest dommage… Je veux dire… que vous nʼayez pas le temps.<br><strong>Femme</strong> – La mer, ici, je la vois huit heures par jour toute lʼannée… Pour moi, ça me rappellerait plutôt le boulot… Le week-end, jʼessaie de regarder autre chose.<br><strong>Homme</strong> – Et quʼest-ce que vous regardez, le week-end ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas… La télé…<br><strong>Homme</strong> – Bien sûr.<br><em>Elle semble un peu gênée.</em><br><strong>Femme</strong> – Non, mais il mʼarrive aussi de regarder autre chose que la télé… Pas forcément la mer mais… Je ne sais pas, moi… Quand je suis en vacances… la montagne, par exemple.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La montagne…<br><strong>Femme</strong> – Donc, vous, cʼest la mer.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Et… pourquoi la mer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer, non ?<br><strong>Femme</strong> – Tout ?<br><strong>Homme</strong> – Il y a des millions dʼannées, cʼest de la mer que sont sortis les premiers vertébrés, dont certains allaient devenir des hommes.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui…<br><strong>Homme</strong> – Des hommes qui allaient coloniser toutes les terres émergées, jusquʼà conduire la planète au bord de lʼapocalypse.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer. Le meilleur comme le pire.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, vous nʼavez pas tort. Avant de venir sʼasseoir à cette terrasse, la plupart de mes clients sortent de lʼeau. Et je peux vous dire que là aussi, cʼest le meilleur comme le pire.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr moi-même de faire partie du meilleur.<br><strong>Femme</strong> – Vu le pourboire que vous mʼavez laissé, croyez-moi, jʼai vu pire.<br><strong>Homme</strong> – Mais vous ne savez pas dʼoù vient cet argent.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest important ?<br><strong>Homme</strong> – Pour certains, oui.<br><strong>Femme</strong> – Pour moi, 50 euros, cʼest 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… enfin je crois.<br><strong>Homme</strong> – Et si cet argent, je ne lʼavais pas gagné honnêtement ?<br><strong>Femme</strong> – Votre argent vaut bien celui dʼun autre. Si dans le commerce on nʼacceptait que lʼargent gagné honnêtement, on ne ferait pas un gros chiffre dʼaffaires…<br><strong>Homme</strong> – Tout lʼargent que je possède aujourdʼhui, je lʼai volé.<br><strong>Femme</strong> – Volé ?<br><strong>Homme</strong> – Un braquage, qui a mal tourné malheureusement. Un homme est mort. Un policier. Il avait une femme, et deux enfants…<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vous qui lʼavez tué ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais ça ne change rien. En tout cas, pour les juges, ça nʼa rien changé.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez payé votre dette à la société, comme on dit.<br><strong>Homme</strong> – Jʼai donné trente ans de ma vie pour ce meurtre que je nʼavais pas commis. Et jʼai gardé cet argent qui nʼétait pas à moi. Jʼespérais pouvoir racheter toutes ces années perdues.<br><strong>Femme</strong> – Certains donnent quarante ans de leur vie pour sʼacheter une retraite, vous savez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Pendant toutes ces années, je nʼai jamais vu plus loin que les quatre murs de ma cellule… Vous avez quel âge ?<br><strong>Femme</strong> – Trente ans…<br><strong>Homme</strong> – On mʼa libéré ce matin… Je suis allé déterrer mon butin que jʼavais planqué dans un cimetière. Les billets étaient comme neufs. Lʼargent, ça ne vieillit pas.<br><strong>Femme</strong> – Et après ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai pris un train pour aller voir la mer.<br><strong>Femme</strong> – Je comprends mieux pourquoi vous la regardiez comme ça.<br><strong>Homme</strong> – Comme un homme qui nʼa pas vu une femme depuis des années, et quand il en revoit une enfin, il peut seulement la regarder. En ayant perdu tout désir de la posséder.<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes libre, maintenant.<br><strong>Homme</strong> – Pour la liberté, cʼest pareil. Quand on en a été privé trop longtemps, et quʼon vous la rend tout dʼun coup, vous ne savez plus quoi en faire.<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes même pas baigné.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore nager.<br><strong>Femme</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Croyez-moi, donner sa vie pour une valise pleine de billets, cʼest trop cher payé. Je ne vaux plus rien, et cet argent nʼa plus aucune valeur…<br><strong>Femme</strong> – Vous voulez dire que… cette valise est pleine de billets ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je regarderai la mer en face jusquʼà la tombée de la nuit. Jusquʼà ce que le ciel à lʼhorizon se confonde avec elle.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite ?<br><strong>Homme</strong> – Nous venons tous de la mer. Ce soir jʼy retourne.<br><em>Lʼhomme se lève pour partir. Elle le regarde sʼéloigner, ne sachant pas quoi dire pour le retenir. Puis elle aperçoit la valise.</em><br><strong>Femme</strong> – Monsieur ! Vous oubliez votre valise !<br><strong>Homme</strong> – Je vous la laisse. Mais souvenez-vous. Lʼargent ne vaut rien quand cʼest soi-même quʼon veut racheter.<br><em>Il part. Elle regarde la valise, hésite et finit par lʼouvrir. Elle en sort une liasse de billets.</em><br><strong>Femme</strong> – Des francs…<br><em>Noir</em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Mal au cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mal-au-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:23:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=533</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mal au cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière le comptoir. L’homme (ou la femme) arrive, la tête ailleurs.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>L’autre</strong> – Je ne sais pas… Ce que vous voulez…<br><strong>Patron</strong> – Ce que je veux ? Vous êtes sûr ?<br><strong>L’autre</strong> – Au point où j’en suis… Qu’est-ce que je risque ? Surprenez-moi…<br><strong>Patron</strong> – Alors je vous sers un Viandox. Vous avez le teint cireux, ça vous fera du bien.<br><em>Il lui prépare son Viandox.</em><br><strong>L’autre</strong> – Un Viandox ? Ça existe encore ?<br><strong>Patron</strong> – Je vous avoue que je n’en vends pas très souvent… et que je ne compte pas en recommander.<br><strong>L’autre</strong> – À supposer qu’ils en fabriquent encore. Il n’a pas dépassé la date limite de péremption, au moins ?<br><strong>Patron</strong> – Vous m’avez dit « ce que vous voulez », il faudrait savoir ! Alors vous le prenez ou pas, ce Viandox !<br><strong>L’autre</strong> – Si je peux vous aider à liquider votre stock…<br><em>Le patron lui sert son Viandox.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça n’a pas l’air d’aller bien fort…<br><strong>L’autre</strong> – Non… Je cherche un cœur disponible.<br><strong>Patron</strong> – On en est tous là, vous savez… À partir d’un certain âge… il y a plus de demandes que d’offres.<br><strong>L’autre</strong> – Vous ne croyez pas si bien dire.<br><strong>Patron</strong> – Vous êtes veuf ?<br><strong>L’autre</strong> – C’est ma femme qui le sera bientôt… si je ne trouve pas rapidement quelqu’un pour me donner son cœur.<br><strong>Patron</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>L’autre</strong> – Je sors de l’hôpital. J’attends une greffe. Pour l’instant, il n’y a pas de donneur.<br><strong>Patron</strong> – Un donneur ? Ah oui…<br><strong>L’autre</strong> – Évidemment, on ne donne pas son cœur comme on donne son sang. Il faut que le donneur soit mort, et que toutes les conditions soient réunies.<br><strong>Patron</strong> – Je vois…<br><strong>L’autre</strong> – Que le donneur soit encore jeune, donc qu’il soit plutôt mort dans un accident. Que le cœur soit en bon état. Que la famille soit d’accord.<br><em>Il s’apprête à boire.</em><br><strong>Patron</strong> – Vous êtes sûr que vous voulez boire ça ?<br><strong>L’autre</strong> – Il faut bien mourir de quelque chose…<br><em>Il goûte son Viandox, et fait la grimace.</em><br><strong>Patron</strong> – Alors ?<br><strong>L’autre</strong> – Ah oui, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché… Vous n’en avez jamais bu ?<br><strong>Patron</strong> – J’attendais de voir l’effet que ça faisait sur un cobaye.<br><strong>L’autre</strong> – Si je suis encore vivant demain matin, je viendrai vous le dire.<br><strong>Patron</strong> – Si j’avais su, je vous aurais servi autre chose. Vous auriez dû me le dire, maintenant je vais m’inquiéter.<br><strong>L’autre</strong> – Je me demande si ce ne serait pas plus simple comme ça. Je vois déjà ma photo à la page faits divers : désespéré de ne pas trouver un cœur compatible avec le sien, il met fin à ses jours en avalant un Viandox périmé depuis… (<em>regardant l’étiquette de la bouteille vide</em>) 1984 !<br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même… Remarquez, on est sur un grand millésime… Allez, il ne faut pas désespérer. Un accident est si vite arrivé.<br><strong>L’autre</strong> – Un accident ?<br><strong>Patron</strong> – Pour votre donneur ! La rue en face est très dangereuse. Avec tous ces poids lourds. Il y a un projet de rond point, mais bon… Presque tous les mois, un piéton se fait renverser sur le passage clouté. Et comme l’hôpital est juste en face…<br><strong>L’autre </strong>– Merci… Ça m’a remonté le moral de discuter un peu avec vous…<br><strong>Patron</strong> – C’est la vie… La roue tourne… Le malheur des uns…<br><strong>L’autre</strong> – Je crois que je ne vais pas le finir, ce Viandox, finalement. Je vous dois combien ?<br><strong>Patron</strong> – C’est pour moi. Vous voulez autre chose ? Pour faire passer le goût du Viandox. Un bloody mary ? C’est très reconstituant aussi. Ou alors un Fernet-Branca ?<br><strong>L’autre </strong>– C’est très tentant mais… merci, ça ira.<br><strong>Patron</strong> – Bon, alors à une prochaine fois…<br><strong>L’autre</strong> – Qui sait ?<br><em>Il se lève pour partir.</em><br><strong>Patron</strong> – Faites attention en traversant la route.<br><strong>L’autre</strong> – Merci pour le Viandox.<br><em>Il sort. L’autre prend la tasse et hume le fumet qui en sort. Il retrousse le nez avec un air dégoûté.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><em>On entend un bruit de freinage suivi d’un fracas de tôles froissées. Il lève la tête, et jette un regard vers le quatrième mur, figurant la vitrine du café donnant sur la rue.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>Don du cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-du-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:14:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Don du cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/don-du-coeur/">Don du cœur</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron attend derrière son comptoir, désœuvré. Un homme et une femme arrivent.</em><br><strong>Elle</strong> – Salut Marcel.<br><em>Le patron répond d’un hochement de tête. Ils s’asseyent à une table. Le patron arrive pour prendre la commande.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> – Comme d’habitude.<br><strong>Patron</strong> – Et vous ?<br><strong>Lui</strong> – Pareil.<br><strong>Patron</strong> – Pareil que la petite dame ou pareil que d’habitude ?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Patron</strong> – Je ne sais pas ce que vous prenez d’habitude, moi !<br><strong>Lui</strong> – Je viens pourtant tous les matins, comme elle.<br><strong>Patron</strong> – C’est comme ça. Il y a des têtes dont je me souviens, et d’autres que je préfère oublier…<br><strong>Lui</strong> – Disons pareil qu’elle, alors.<br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés…<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Lui</strong> – Toujours aussi aimable…<br><strong>Elle</strong> – Il faut savoir le prendre.<br><strong>Lui</strong> – Quel con.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais comment il s’appelle, ce con ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Marcel.<br><strong>Lui</strong> – Vous avez l’air très intimes… ce con de Marcel et toi.<br><strong>Elle</strong> – Je viens tous les jours prendre un café avant d’aller bosser…<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi… Mais moi, il fait mine de ne pas me connaître.<br><strong>Elle</strong> – Tu es jaloux ?<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être lui qui est jaloux… Tu le connais si bien que ça ?<br><strong>Elle</strong> – On ne s’est jamais vraiment parlé.<br><strong>Lui</strong> – Comment tu sais qu’il s’appelle Marcel<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Tout le monde le sait… En tout cas, tout le monde l’appelle Marcel, et il ne s’est jamais plaint.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu as envie de faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Il fait beau… On ne va pas aller s’enfermer dans une salle de ciné. On se balade un peu ?<br><strong>Elle</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Lui</strong> – Cache ta joie… Il y a quelque chose qui te préoccupe ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Pas spécialement.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas moi… Quelque chose dont tu voudrais me parler.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – OK… S’il m’arrive quelque chose un jour, je veux donner mes organes.<br><em>Il reste un instant interloqué.</em><br><strong>Lui</strong> – À qui<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ! Pour quelqu’un qui en aurait besoin.<br><strong>Lui</strong> – Besoin…?<br><strong>Elle</strong> – Tu le fais exprès ou quoi ? Une transplantation !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Très bien…<br><strong>Elle</strong> – J’ai ma carte de donneur sur moi, mais au cas où…<br><strong>Lui</strong> – D’accord.<br><strong>Elle</strong> – Il faut bien que je le dise à quelqu’un. Parce que quand on n’est plus en état de parler…<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><strong>Elle</strong> – Et si je suis en état de mort cérébrale, je ne veux surtout pas qu’on me maintienne en vie artificiellement.<br><strong>Lui</strong> – Pas de problème… Mais tu sais, on n’est pas encore mariés. Je ne suis même pas sûr que j’aurais mon mot à dire. Ce serait sûrement à tes parents de prendre la décision.<br><strong>Elle</strong> – Ils sont morts.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai… À tes frères et sœurs, alors.<br><strong>Elle</strong> – Je suis fâchée avec toute ma famille.<br><strong>Lui</strong> – Bon… On n’a plus qu’à se marier, alors. Pour que je puisse disposer moi-même de tous tes organes.<br><strong>Elle</strong> – C’est une demande en mariage ? Parce que ce serait sans doute la plus originale de toute l’histoire des demandes en mariage.<br><strong>Lui</strong> – Tu veux bien m’épouser ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ben oui, puisque je viens de te demander ta main… Enfin, ta main, ton cœur, tes poumons, ton foie, et tout le reste…<br><strong>Elle</strong> – Non, je veux dire, et toi, s’il t’arrivait quelque chose. Maintenant que je vais pouvoir disposer de tous tes organes, moi aussi.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Là on nage en plein romantisme…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Je n’y ai pas vraiment réfléchi… Je ne donne déjà pas mon sang… sauf à quelques moustiques.<br><strong>Elle</strong> – Tu as tort.<br><strong>Lui</strong> – Si en mourant, je pouvais te léguer mon cœur pour te sauver la vie, je le ferai sûrement. Mais alors donner mon cœur à un inconnu… C’est vrai, tu peux toujours tomber sur un con. Les cons aussi ont des problèmes cardiaques. Moins que les autres, d’accord, mais ils en ont…<br><em>Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés… (<em>S’adressant à l’homme</em>) Je peux encaisser tout de suite ?<br><em>L’homme sort quelques pièces qu’il pose sur la table. Le patron s’en saisit, et repart sans un mot.</em><br><strong>Lui</strong> – Imagine que je meurs et que ce connard ait besoin d’une transplantation. Franchement, ça me ferait bien chier de lui donner mon cœur.<br><strong>Elle</strong> – C’est un risque à courir.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Si ça te fait plaisir, je prendrai ma carte, moi aussi…<br><strong>Elle</strong> – Oui, ça me fait plaisir. Et maintenant, j’ai envie d’aller me balader en forêt avec toi.<br><strong>Lui</strong> – En forêt ?<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Elle</strong> – On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Je peux boire mon café d’abord ?<br><strong>Elle</strong> – D’accord, mais dépêche-toi.<br><em>Il s’apprête à avaler son café.</em><br><em>Noir</em>.</p>
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		<title>Cœur à prendre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coeur-a-prendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 15:34:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cœur à prendre, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Le patron est derrière son bar, en train d’essuyer des verres. Une femme arrive, ne respirant pas la joie de vivre. Sans un regard vers lui, elle vient s’installer au comptoir. Le patron l’observe un instant du coin de l’œil.</em><br><strong>Patron</strong> – Madame… Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?<br><strong>Elle</strong> – Vous avez de l’arsenic ?<br><strong>Patron</strong> – C’est pour emporter ou pour consommer sur place ?<br><strong>Elle</strong> – J’hésite encore…<br><strong>Patron</strong> – Prenez un café en attendant. Avec un petit calva, ça vous remontera. Le calva c’est pour moi.<br><strong>Elle</strong> – Un calva ? À cette heure-ci ?<br><strong>Patron</strong> – Sachez que le calva est connu depuis l’Antiquité pour ses vertus anti-dépressives. J’en prescris tous les jours à mes clients, et personne ne s’est encore suicidé jusqu’à maintenant.<br><strong>Elle</strong> – C’est gentil, mais je me contenterai du café. Je travaille à l’hôpital, juste en face.<br><em>Il lui prépare son café.</em><br><strong>Patron</strong> – Aide-soignante… Ça ne doit pas être marrant tous les jours…<br><strong>Elle</strong> – Chirurgien.<br><strong>Patron</strong> – Ah… Pardon Docteur…<br><strong>Elle</strong> – C’est un peu mieux payé, mais ce n’est pas forcément plus marrant.<br><strong>Patron</strong> – Je vois ça…<br><strong>Elle</strong> – Et encore, je ne vous parle que de mon boulot. Heureusement que je bosse jour et nuit. Ne pas avoir de vie privée, ça n’a pas que des inconvénients, vous savez… quand on a une vie de merde…<br><em>Il lui tend un journal.</em><br><strong>Patron</strong> – Jetez un coup d’œil à votre horoscope, il prévoit peut-être une amélioration passagère.<br><em>Elle jette un regard au journal.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>lisant</em>) – « Vous donnerez votre cœur à un inconnu »…<br><em>Elle repose le journal sur le comptoir.</em><br><strong>Patron</strong> – C’est une bonne nouvelle, non ?<br><strong>Elle</strong> – Ça dépend.<br><strong>Patron</strong> – Il ne faut pas donner son cœur à n’importe qui, c’est sûr.<br><strong>Elle</strong> – Et surtout, il vaut mieux le donner de son vivant.<br><strong>Patron</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>Elle</strong> – « Vous donnerez votre cœur à un inconnu »… Regardez, ce n’est pas à la rubrique amour, c’est à la rubrique santé…<br><strong>Patron</strong> – Ça doit être une erreur…<br><strong>Elle</strong> – J’ai un patient qui attend une transplantation cardiaque. Il nous manque juste un donneur en bonne santé. Mais mort de préférence.<br><strong>Patron</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle </strong>– On ne peut rien faire d’autre que d’attendre… Il faudra que quelqu’un meurt pour qu’un autre vive.<br><strong>Patron</strong> – C’est le destin…<br><strong>Elle</strong> – Un accident est si vite arrivé. Après tout ce sera peut-être moi. Puisque c’est dans mon horoscope.<br><em>Il pose le café devant elle.</em><br><strong>Patron</strong> – Décidément, vous êtes de nature optimiste…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas eu d’enfant, ce serait ma dernière chance de donner la vie…<br><strong>Patron</strong> – Vous êtes vraiment sûre que vous ne voulez pas ce calva ?<br><strong>Elle</strong> – Jamais pendant le service… Si un donneur se présente et que je dois opérer dans une heure…<br><strong>Patron</strong> – Si c’est vous le donneur, il n’y aura plus personne pour faire cette opération.<br><strong>Elle</strong> – En matière de transplantations cardiaques, ce sont les donneurs qui manquent, pas les chirurgiens. Ce genre d’opérations, ça reste exceptionnel. J’en connais qui seraient prêts à tuer pour réaliser leur première transplantation.<br><strong>Patron</strong> – Bon, alors c’est moi qui vais le boire ce calva, et je vous offre le café.<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes un drôle de cafetier. Ce n’est pas comme ça que vous allez faire des affaires.<em><br>Le patron se sert un calva et le boit cul sec.</em><br><strong>Patron</strong> – Il y a longtemps que j’ai renoncé à l’idée de faire fortune. Et puis je n’offre pas le café à tout le monde, vous savez…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi moi ? On ne peut pas dire que je sois d’un commerce agréable…<br><strong>Patron</strong> – Je me suis toujours méfié des gens trop aimables. J’ai mes têtes, c’est tout. Il y en a qui me reviennent et d’autres pas.<br><strong>Elle</strong> – En somme, j’ai de la chance, alors…<br><strong>Patron</strong> – Remarquez, on ne se connaît pas… C’est peut-être moi, votre bel inconnu…<br><strong>Elle</strong> – Allez savoir… Bon, il faut que je file…<br><strong>Patron</strong> – Encore une vie à sauver ?<br><strong>Elle</strong> – Non, mais je suis garée sur une place « handicapé ».<br><strong>Patron</strong> – Avec votre caducée sur le pare-brise, vous pouvez vous garer n’importe où sans avoir d’amende, non ? Rien que pour ça, j’aurais aimé faire médecine.<br><strong>Elle</strong> – Merci pour le café…<br><strong>Patron</strong> – Faites bien attention en traversant la rue.<br><strong>Elle</strong> – On vient à peine de se rencontrer, et vous êtes déjà une mère pour moi. Si je suis encore célibataire dans dix ans, faites-moi penser à vous épouser.<br><strong>Patron</strong> – Hélas… qui aurait envie d’épouser sa mère ? (<em>Elle sort</em>.) C’est le drame de ma vie…<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>À vrai dire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-vrai-dire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 15:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=453</guid>

					<description><![CDATA[<p>A vrai dire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple assis à une table. Ils finissent de dîner.</em><br><strong>Femme</strong> – Quel festin !<br><strong>Homme</strong> – Oui, hein ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, on peut bien faire un petit excès de temps pour une grande occasion.<br><strong>Homme</strong> – Allez, à notre anniversaire de mariage !<br><em>Ils lèvent leurs verres, trinquent et boivent.</em><br><strong>Femme</strong> – Trente ans, tu te rends compte ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression que c’était hier.<br><strong>Femme</strong> – Si c’était à refaire, tu m’épouserais ?<br><strong>Homme</strong> – Les yeux fermés !<br><strong>Femme</strong> – Et les yeux ouverts ?<br><strong>Homme</strong> – Ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ?<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi, je n’en ai aucune idée.<br><strong>Femme</strong> – J’ai un peu la tête qui tourne…<br><strong>Homme</strong> – Tu veux un dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas si ce serait très raisonnable…<br><em>Arrive la serveuse.</em><br><strong>Serveuse</strong> – Alors  ? Ça vous a plu ?<br><strong>Homme</strong> – C’était parfait ! N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Femme</strong> – Succulent ! Non, vraiment…<br><strong>Homme</strong> – Une bonne table, comme ça, c’est ce qui manquait dans le quartier.<br><strong>Serveuse</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’ouvrir un restaurant dans le coin, si ce n’est pas indiscret ?<br><strong>Serveuse</strong> – Dans la restauration, il n’y a pas de secret. Il faut choisir un quartier où les gens sont suffisamment vieux pour ne plus avoir d’autre plaisir dans la vie que de manger. Mais pas trop âgés quand même, qu’il leur reste encore quelques dents pour mastiquer.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Et des vieux qui soient suffisamment riches pour pouvoir se payer un restaurant hors de prix une fois de temps en temps, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Mais sinon, c’était très bon. Hein, chéri ?<br><strong>Homme</strong> – Excellent.<br><strong>Serveuse</strong> – Oh, vous savez, on ne fait pas des choses compliquées. On se contente de décongeler les plats tout préparés qu’on achète pour presque rien chez le grossiste.<br><strong>Femme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Serveuse</strong> – Pourquoi se casser la tête, de toute façon, les gens ne voient pas la différence. Vous avez vu la différence, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi non…<br><strong>Serveuse</strong> – Ben vous voyez ! Non, entre nous, il n’y a même pas de cuisine, dans ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ? Et pourtant, sur la porte, là-bas, à côté des toilettes…<br><strong>Femme</strong> – C’est marqué cuisine, non ?<br><strong>Serveuse</strong> – Ça, c’est pour le décor. C’est une fausse porte plaquée contre le mur, elle ne s’ouvre même pas. Non, on a seulement un petit cagibi derrière le bar avec un four à micro-onde pour décongeler tout ça vite fait.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille qu’on soit en mesure de vous proposer une cinquantaine de plats différents à la carte ?<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai qu’il y a beaucoup de choix, mais…<br><strong>Serveuse</strong> – Et que cinq minutes après la commande, on puisse vous servir une véritable bouillabaisse de Marseille comme si elle avait mijoté pendant toute la journée dans une cuisine du Vieux-Port ? <br><strong>Femme</strong> – Ça, le service est rapide, on ne peut pas dire le contraire. N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, elle était très bonne, cette bouillabaisse.<br><strong>Serveuse</strong> – Bon, si ça vous a plu, c’est le principal. Un petit dessert, peut-être, pour faire passer la bouillabaisse ?<br><strong>Homme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Volontiers…<br><strong>Homme</strong> – C’est vraiment de la gourmandise.<br><strong>Serveuse</strong> – Oui, enrobés comme vous êtes tous les deux, je me doute que ce n’est pas la malnutrition qui vous a poussés jusqu’à la porte de ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Eh non…<br><strong>Serveuse</strong> – Si on peut encore appeler ça un restaurant…<br><strong>Femme</strong> – Eh oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Alors ? Je peux me permettre de vous faire une petite suggestion, pour le dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Serveuse</strong> – Dans ce cas, je vous conseille le tiramisu.<br><strong>Femme</strong> – Votre spécialité, j’imagine.<br><strong>Serveuse</strong> – Non ! Mais il nous reste sur les bras dans le congélo depuis au moins six mois, et la date limite de consommation arrive à échéance demain. Si je ne vends pas ce qui me reste avant ce soir, on va devoir donner tout ça aux Restaurants du Cœur. C’est qu’on a des contrôles sanitaires très stricts, quand même.<br><strong>Homme</strong> – Voilà qui est rassurant…<br><strong>Serveuse</strong> – Allez, un bon geste ! Vous ne voudriez pas que ce véritable tiramisu à l’italienne finisse aux Restaurants du Cœur, et que de vrais affamés aient une crise de foie à votre place ?<br><strong>Femme</strong> – Va pour le tiramisu, alors.<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi.<br><strong>Serveuse</strong> – Et puis une petite gastro de temps en temps, c’est très bon pour la ligne, vous verrez…<br><strong>Femme</strong> – Ça nous rappellera notre voyage de noces en Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Vous avez eu une gastro pendant votre voyage de noces ?<br><strong>Homme</strong> – Euh, non, je parlais du tiramisu.<br><strong>Serveuse</strong> – Pardon ?<br><strong>Femme</strong> – Le tiramisu, l’Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Ah, oui ! Enfin, j’ai dit que c’était un tiramisu à l’italienne, je n’ai pas dit qu’il venait d’Italie. Celui-là est fabriqué en Roumanie, mais bon. Au moins, on sait d’où il vient. Ce n’est pas toujours le cas, croyez-moi… Parfait, alors deux tiramisus pour ces messieurs-dames.<br><em>Le serveuse s’éloigne. Ils échangent un sourire aimable.</em><br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas si c’était très raisonnable.<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est vraiment de la gourmandise…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;addition</title>
		<link>https://sketchotheque.net/laddition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=409</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'addition, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise seule à une table de restaurant, les yeux dans le vague. Il arrive d’un pas décidé, sans la regarder, griffonnant déjà quelque chose sur son carnet de commande</em>.<br><strong>Lui</strong> (<em>avec entrain, un peu survolté</em>) – Les moules farcies, ça vous a plu ? C’est la spécialité du chef…<br><strong>Elle</strong> (<em>sinistre</em>) – Moi c’était le plat du jour. Le lapin…<br><strong>Lui</strong> (<em>sans se démonter</em>) – Alors, pour la petite dame, qu’est-ce que ce sera pour terminer ? Un petit dessert ? Un petit café ? L’addition ?<br><strong>Elle</strong> (<em>le regardant avec intensité</em>) – Il n’y a rien de plus déprimant que de manger seule au restaurant…<br><strong>Lui</strong> (<em>pour garder sa contenance, mais un peu perturbé</em>) – Un petit digestif ?<br><strong>Elle</strong> – Surtout pour une femme…<br><strong>Lui</strong> – Marie-Brizard ? Cointreau ? Grand-Marnier ?<br><strong>Elle</strong> – Manger dans un grand restaurant, c’est un peu comme faire l’amour, vous comprenez ?<br><strong>Lui</strong> (<em>troublé</em>) – Une liqueur de bonne femme, quoi…<br><strong>Elle</strong> – Techniquement, seule ou à plusieurs, ça se termine à peu près de la même façon. Et pourtant, c’est quand même mieux à deux, non…?<br><strong>Lui</strong> – Une petite tisane…?<br><strong>Elle</strong> – On n’est même pas obligé de parler, hein ? Pas plus au lit qu’à table. Quelques banalités suffisent. Je ne sais pas, moi… Passe-moi le beurre…<br><strong>Lui</strong> – Saveur du Soir ? Nuit Tranquille ?<br><strong>Elle</strong> (<em>pleine de sollicitude</em>) – Vous ne voulez vraiment pas vous asseoir ?<br><strong>Lui</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Elle</strong> – Pour vous non plus, ça ne doit pas être facile. Je me trompe ?<br><strong>Lui</strong> – Ma foi…<br><strong>Elle</strong> – Non pas que je méprise votre métier, hein ? Mais repasser les plats, comme ça, et puis repartir. Sans même pouvoir goûter… Vous avez mangé, au moins ?<br><strong>Lui</strong> – Pas encore…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez faim ?<br><strong>Lui</strong> – Mon Dieu, je…<br><strong>Elle</strong> (<em>lui tendant la panière</em>) – Prenez au moins un morceau de pain.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas si…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez quand même droit à une minute de pause…<br><em>Elle se lève et, avec autorité, elle lui fait signe de s’asseoir. Il s’exécute.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai que… après le coup de feu de midi, j’ai toujours un petit coup de pompe…<br><em>Elle se rassied en face de lui.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – Voilà, comme ça on est deux.<br><em>Il se met à mâcher son pain sec.</em><br><strong>Elle</strong> – Un peu de beurre ? Ça glissera mieux…<br><strong>Lui</strong> – Merci.<br><em>Il prend le beurre et commence à tartiner.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous savez ce que me disait ma grand-mère ?<br><em>Il ne sait visiblement pas.</em><br><strong>Elle</strong> – L’appétit est le meilleur des condiments.<br><em>Il semble pénétré par la haute teneur philosophique de cette réflexion.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai…<br><strong>Elle</strong> – Quand on a faim, une simple tartine…<br><strong>Lui</strong> (<em>soupirant</em>) – Ça me rappelle mon enfance… Les tartines que ma mère me donnait pour le goûter… Avec du beurre salé… Je suis né en Bretagne…<br><strong>Elle</strong> (<em>avenante</em>) – Vous voulez un peu de sel pour mettre dessus ?<br><em>Elle lui tend la salière. Il hésite puis la prend, et met un peu de sel sur sa tartine. Elle le regarde manger avec un air attendri.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bon, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Pour moi, ça vaut le caviar, vous savez…<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que j’ai pris en entrée… Le caviar… C’est vrai que c’est salé aussi… Surtout l’addition…<br><em>Il sourit et continue à mâcher. Elle le regarde encore un instant avec un air apaisé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça m’a fait du bien de parler un peu avec vous.<br><em>Elle se lève, et lui lance un regard plein de reconnaissance.</em><br><strong>Elle</strong> – Merci, vraiment…<br><em>Elle met son manteau.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – La prochaine fois, c’est moi qui vous invite.<br><strong>Lui</strong> – Merci…<br><em>Elle s’en va, en lui faisant un petit signe avant de sortir.<br>Il reste assis là, un peu largué, en continuant à mâcher sa tartine tout en rêvassant. Un autre homme (ou une autre femme) arrive, probablement le patron (ou la patronne). Il (ou elle) regarde successivement sans comprendre le serveur assis à table, et la porte par laquelle la cliente vient de sortir.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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