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	<title>Archives des Psy - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Psy - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Sur le fil</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sur-le-fil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:46:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le fil, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez rire, je ne sais pas du tout ce que je fais là… Et vous ? Non, je veux dire, et vous, vous savez ce que je dois faire ? Ce que je suis supposé dire ? Si vous le savez, n’hésitez pas à me le faire savoir, hein ? Moi, je n’en ai pas la moindre idée. Je suis planté là comme un ordinateur qu’on aurait débranché sans prévenir, pour brancher l’aspirateur à la place. Ou alors, c’est une panne de secteur. Une coupure de courant. J’aurais dû faire une sauvegarde. Mais comment je pouvais deviner qu’on allait me couper l’alimentation ? J’ai peut-être oublié de payer la facture… Je ne parle pas d’un simple trou de mémoire, hein&nbsp;? Dans ce cas là, j’improviserais. En attendant que ça me revienne. En attendant de retrouver le fil. Ou je demanderais au souffleur, tiens. Ah, il n’y a plus de souffleur, c’est vrai… Il n’y a même plus de texte, et plus d’auteur. Compression de personnel. Vous verrez que bientôt, on supprimera aussi le filet pour les funambules, et les mots pour le dire. Quand on supprimera les filets pour les pêcheurs, et les toiles pour les araignées, là il faudra vraiment s’inquiéter… Priez pour nous pauvres pêcheurs. On nous mène en bateau, et c’est encore à nous de payer le gasoil. Des funambules avec une araignée au plafond… C’est un peu ce qu’on est tous, non&nbsp;? Tant qu’on garde l’équilibre et qu’on marche bien droit sur la corde raide, ça va encore. Mais quand on perd le fil… Quand on ne sait plus quoi dire, on peut vite raconter n’importe quoi. On peut dire ce qu’il ne fallait pas. Et après… On pourra seulement dire : excusez-moi ça m’a échappé. Ce n’est pas du tout ce que je voulais dire. C’est même tout à fait ce que je voulais taire. Ça m’est passé par la tête, et les mots sont sortis de ma bouche malgré moi. Parce qu’en même temps, il faut bien dire quelque chose, hein ? Il faut bien meubler. Le silence, c’est pire que tout, vous savez. C’est tout à fait intolérable. Surtout quand les gens ont fait le déplacement pour entendre ce que vous aviez à dire, et qu’ils ont payé leurs places. Quand je vous parle de silence, je ne parle pas seulement de parler, hein&nbsp;? Rien de plus bavard qu’un mime. Et je ne sais pas si vous avez déjà pris le bus avec une bande de sourds-muets, mais il faut voir le raffut. Non, être là sans parler, c’est bien plus dur que de parler pour ne rien dire, croyez-moi. Mais parler pour parler, là ça en dit long. Un trou de mémoire, c’est comme un toboggan. Comme un trou noir. On sait qu’on sera sur le cul en arrivant, mais on ne sait pas où on va arriver. La seule chose qu’on sait, c’est qu’une fois parti, on ne peut plus s’arrêter. Alors c’est normal qu’avant de se laisser glisser, on ait une petite appréhension, non ? Pourquoi je vous raconte tout ça moi ? Où est-ce que je veux en venir ? Vous ne dites rien, hein&nbsp;? Vous ne m’aidez pas beaucoup… Remarquez, j’ai l’habitude. Je sors de chez mon psy. Lui non plus ne dit jamais rien. Vous me direz, ça lui évite de dire des conneries. Bizarrement, tous les psys que j’ai entendu dire quelque chose m’ont paru plus dérangés que moi. Quand même. Lui, je n’ai jamais entendu le son de sa voix. En dix ans. Alors je viens de lui dire qu’on ferait mieux d’en rester là, justement. Non, ça me coûtait vraiment trop d’essayer toutes les semaines de trouver quelque chose à lui dire. Surtout avec le passage à l’euro… Alors quand c’est passé à deux fois par semaine… Je ne vous en parle même pas. Et puis je n’ai plus vraiment besoin de m’allonger, maintenant que je suis là, hein ? Ici, je suis un peu comme sur le divan. Avec plusieurs rangées de psys pour m’écouter en silence. Et là, au moins, c’est vous qui allongez les billets à chaque séance…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<item>
		<title>Divan</title>
		<link>https://sketchotheque.net/divan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:58:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Oeuf]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Divan, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’allonge ou…? OK… Je ne sais pas très bien par où commencer… J’ai trouvé vos coordonnées dans l’annuaire… On peut demander à un ami si il connaît un bon dentiste pas trop cher et qui ne fait pas mal, mais… quelqu’un comme vous. Alors, j’ai consulté les pages jaunes… Et puis j’ai choisi votre nom au hasard dans la liste… Plutôt longue, la liste, hein ? Un job payé en liquide, par les temps qui courent… Il paraît qu’on n’a pas besoin de diplôme pour faire votre métier. Qu’il suffit d’avoir été client pour se mettre à son compte… C’est vrai ? Alors moi aussi, après, si je veux… Je vais considérer que je suis en formation alors. Mais ça ne vous fout pas un peu les boules que tous vos clients deviennent des concurrents potentiels ? Vous imaginez ? Je vais voir mon boucher, je prends une tête de veau, et en sortant j’ouvre une boucherie juste en face… Ça ne risque pas d’arriver, remarquez, j’ai horreur de la viande… Même avec les œufs, j’ai du mal. Bon, j’en mange de temps en temps, mais… Il paraît que les oiseaux sont les descendants des dinosaures… Alors un œuf, c’est un peu un fœtus de dinosaure, non ? En fait, je n’ai pas choisi votre nom tout à fait par hasard… Vous étiez le dernier sur la liste… Comme votre patronyme commence par un Z… J’ai sûrement voulu réparer une injustice… C’est mon côté Zorro. Oui, j’imagine que les autres choisissent toujours le premier de la liste… Monsieur Aa, Madame Ab, ou Monsieur Bb… Je me doute de ce que vous avez dû endurer pendant vos études… Si vous en avez fait… Toujours le dernier à passer à la casserole… Moi, ça va. Je suis dans les M… Plutôt dans le peloton de queue, mais bon… Tiens, c’est marrant, moi c’est à la fin de mon nom qu’il est le Z… Mon père était espagnol… Je ne sais pas pourquoi je dis «&nbsp;était&nbsp;», parce qu’il l’est toujours… Je veux dire, vivant. Enfin, je crois… Mais est-ce qu’on peut dire qu’il est encore espagnol ? Il a été naturalisé… Naturalisé français, je veux dire… Pas empaillé… Ou congelé… C’est dingue, toutes ces bonnes femmes qui mettent leurs marmots au congélateur, non ? Entre le poisson pané et les esquimaux… Si seulement les enfants pouvaient faire la même chose avec leurs parents… Les conserver comme ça au congélo en attendant de savoir quoi en faire… Pourquoi je vous raconte tout ça, moi…? Ah, oui, le Z ! Alors il faut que je vous raconte tout depuis le début, c’est ça ? De A à Z. Ou plutôt de M à Z… Puisque pour moi ça commence à M… Je n’ai jamais aimé mon prénom… Vous avez remarqué, à la télé, dans les films ? L’abruti de service s’appelle toujours Jean-Pierre… Comme dans Ma Sorcière bien aimée, par exemple. Vous connaissez ? Mais si, le mari de Samantha ! Eh ben le con, dans l’affaire, c’est lui. Elle, elle rame toute la journée pour lui éviter la honte de passer pour le con qu’il est vraiment. Et elle n’a pas trop de tous ses pouvoirs magiques pour empêcher ça. Bon, elle l’aime, son Jean-Pierre, parce qu’il est gentil. Gentil, mais con. C’est l’idée qu’on se fait des Jean-Pierre, en général. Moi aussi, j’ai une fille. J’aurais dû l’appeler Tabatha. Je ne veux pas dire par là que ma femme est une sorcière. Ce serait plutôt une fée… Pour arriver à me supporter… C’est ce que ma mère lui dit toujours, d’ailleurs : Comment vous faites pour le supporter ? Elle est normande, ma mère. Comme les vaches. Alors le lait, le beurre, la crème… Qu’est-ce qu’on a pu en bouffer… Je ne digère pas, moi, le beurre. Je dois tenir ça de mon père. En Espagne, c’est plutôt l’huile d’olive. Il lui disait toujours : Pourquoi tu mets autant de crème dans la soupe ? Il aurait mieux fait de lui demander pourquoi elle ne mettait pas plus de soupe dans sa crème… C’était plus fort qu’elle, apparemment… L’atavisme… Finalement, mon père a trouvé quelqu’un d’autre pour lui servir la soupe… À la maison, maintenant, c’est moi qui cuisine. Comme ça, au moins, je sais ce que je mange. Vous ne dites rien, hein ? Mais vous n’en pensez pas moins. Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis venu vous voir. Si je le savais, je ne serais pas venu, j’imagine. Enfin si, il y a quand même quelque chose. Comment vous dire ça ? Plus ça va… plus je me sens proche du minéral. Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez la formule : plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ? Moi, plus le temps passe, plus les gens m’ennuient. Les chiens aussi, d’ailleurs. C’est avec les pierres que je me sens vraiment à l’aise… Une vie d’homme… C’est trop court, non ? Alors une vie de chien… Tandis qu’une pierre, ça ne vieillit pas… Même les arbres, ça ne me dit plus rien. Pourtant, il y en a qui ont plus de mille ans. Mais un arbre aussi ça finit par mourir. Ça peut même avoir des maladies. Et puis c’est bouffé par les vers, comme le reste. Ça finit par réintégrer la chaîne alimentaire. Une pierre, non. Personne ne mange de cailloux ! Sauf les poules, c’est vrai… Pour fabriquer la coquille de leurs œufs. Vous avez raison, on ne peut pas dire non plus que les pierres soient vraiment éternelles… Vous croyez que les dinosaures aussi bouffaient des cailloux pour fabriquer leurs œufs&nbsp;? Dans ce cas, à quoi bon être une pierre ? Si c’est pour finir en coquilles vides après une omelette… Alors pourquoi j’aime les pierres, docteur ? Je veux dire Monsieur Z. Vous croyez que ça a quelque chose à voir avec mon nom ? Jean Pierre M.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Au bout de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/au-bout-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 07:36:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Voyante]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au bout de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bout de rue, avec un trottoir et éventuellement un banc. Un personnage (homme ou femme) arrive d’un côté, un autre personnage arrive du côté opposé.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous savez où elle va, cette rue&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Où elle va&nbsp;? Ah non, je… Je ne sais pas exactement.<br><strong>Un</strong> – Mais pourtant vous en venez, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – D’où&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – De cette rue&nbsp;!<br><strong>Deux</strong> – Ah non, mais moi je sors du 5 bis, là. C’est là où j’habite… Enfin bref, c’est tout au début de la rue. Dans l’autre sens, je ne sais pas où elle va, cette rue, moi.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est ennuyeux.<br><strong>Deux</strong> – Ennuyeux&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne vais pas prendre cette rue sans savoir où elle va.<br><strong>Deux</strong> – Mais vous, vous allez où&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit au bout de la rue mais…<br><strong>Deux</strong> – Au bout de la rue&nbsp;? Quelle rue&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit la rue qui descend.<br><strong>Deux</strong> – La rue qui descend&nbsp;? Alors ça ne doit pas être celle-là.<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ça&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Moi je dirais plutôt qu’elle monte, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ah oui, vous trouvez&nbsp;? Moi je trouve plutôt qu’elle descend.<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, vous ne l’avez pas prise dans le bon sens…<br><strong>Un</strong> – Ah non, pour moi elle descend.<br><em>Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi de vous déranger… Vous trouvez qu’elle monte ou qu’elle descend, cette rue, vous&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – C’est pour un sondage&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><strong>Trois</strong> – Je vous préviens, moi je ne fais pas de politique.<br><strong>Deux</strong> – Non, non, c’est juste cette personne qui… On lui a dit au bout de la rue qui descend et…<br><em>Le troisième regarde la rue.</em><br><strong>Trois</strong> – Moi, je dirais plutôt qu’elle est plate, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Un faux plat, alors…<br><strong>Un</strong> – Oui, mais un faux plat qui monte ou un faux plat qui descend&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – On n’a qu’à poser une bille par terre sur le trottoir, et on verra bien si elle monte ou si elle descend.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’une bille pourrait bien monter&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Pas la bille&nbsp;! La rue. On pose la bille par terre, et on verra bien dans quel sens elle se met à rouler.<br><strong>Un</strong> – Oui, évidemment, on peut faire ça…<br><em>Ils semblent tous les trois attendre quelque chose.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous avez une bille&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi vous avez parlé de poser une bille par terre&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – J’ai dit ça comme ça, moi&nbsp;! Je n’ai jamais dit que j’avais une bille. Vous trouvez que j’ai une tête à jouer aux billes&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Faudrait trouver un gosse.<br><strong>Un</strong> – Un gosse avec des billes.<br><em>Ils regardent autour d’eux.</em><br><strong>Trois</strong> – De nos jours, des gosses qui jouent aux billes…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Trois</strong> – C’est vrai. Ça se perd. Moi, quand j’étais gosse, on jouait encore aux billes.<br><strong>Deux</strong> – C’était une autre époque. Ça paraît tellement loin. Maintenant, si les gosses jouaient aux billes, ce serait à partir d’une application sur leur smartphone.<br><strong>Un</strong> – Bon, ça ne me dit toujours pas si c’est la bonne rue.<br><strong>Trois</strong> – La bonne rue&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – On lui a dit au bout de la rue, mais on ne lui a pas dit le nom de la rue.<br><strong>Trois</strong> – Au bout de la rue, c’est tout&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit la rue qui descend.<br><strong>Trois</strong> – Qui descend&nbsp;? Mais dans quel sens&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que je lui ai dit…<br><strong>Trois</strong> – Mais vous allez où, au juste&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne vais nulle part&nbsp;! Je cherche ma voiture.<br><strong>Trois</strong> – Votre voiture…<br><strong>Un</strong> – Mon mari m’a dit qu’il l’avait garée dans une rue qui descend, mais il ne m’a pas dit laquelle…<br><strong>Deux</strong> – C’était il y a longtemps&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi&nbsp;? Vous pensez que la pente de la rue aurait pu changer de sens entre-temps&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez qu’à la descendre, cette rue, et vous verrez bien si votre voiture y est garée.<br><strong>Trois</strong> – La descendre… ou la monter. Telle est la question.<br><strong>Deux</strong> – Il vous a dit en face de quel numéro&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Il m’a juste dit au bout de la rue. Tout en haut.<br><strong>Trois</strong> (<em>sceptique</em>) – Tout en haut&nbsp;? Au bout d’une rue qui descend…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu peur de me perdre. Ça fait déjà un bon quart d’heure que je tourne en rond.<br><strong>Trois</strong> – C’est vrai qu’elle a l’air de tourner un peu, tout au bout, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Remarquez, ça expliquerait tout…<br><strong>Trois</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – La rue d’en face, comment elle s’appelle&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Cette rue-là&nbsp;? Celle qui descend aussi&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Moi je dirais plutôt qu’elle monte, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Je vais aller voir…<br><em>Il va voir. Le troisième se tourne dans la direction où l’autre est parti.</em><br><strong>Trois</strong> – Je ne sais pas où elle va, cette rue-là, je ne l’ai jamais prise… Moi je vais toujours au numéro 214 de la rue Tournefort. Deux fois par semaine depuis plus de dix ans.<br><em>L’autre revient.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est incroyable, c’est aussi la rue Tournefort, numéro 214.<br><strong>Trois</strong> – Cette rue-là, c’est la rue Tournefort&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben oui, comme celle-là.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’une rue peut descendre dans les deux sens&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Remarquez, si c’est une rue qui tourne en rond…<br><strong>Deux</strong> – Elle peut très bien descendre dans les deux sens…<br><strong>Trois</strong> – C’est pour ça que votre mari vous a dit la rue qui descend…<br><strong>Deux</strong> – Et au bout d’une rue qui descend et qui tourne en rond, forcément, on est tout en haut de la rue.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, ce n’est pas faux…<br><strong>Trois</strong> – C’est incroyable… Ça fait dix ans que je parcours cette rue de bout en bout pour aller chez mon psychanalyste, en prenant à gauche à la sortie de la bouche, et je me rends compte aujourd’hui que c’est juste à droite en sortant.<br><strong>Deux</strong> – Quelle bouche&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – La bouche du métro&nbsp;!<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est vraiment ce qui s’appelle tourner en rond.<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais vous, j’arrêterais la psychanalyse…<br><strong>Un</strong> (<em>se retournant</em>) – Ah ben oui, tenez, elle est là-bas justement…<br><strong>Trois</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ma voiture&nbsp;!<br><strong>Deux</strong> – Eh ben voilà.<br><strong>Trois</strong> – Tout est bien qui finit bien.<br>Un – Merci beaucoup pour votre aide… Excusez-moi, il faut que je file, je suis déjà en retard…<br><strong>Deux</strong> – Mais je vous en prie.<br><em>Le personnage s’éloigne. Les deux autres le regardent partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça n’a pas l’air de tourner très rond, quand même…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><em><strong>Analyse</strong></em></p>



<p>« Au bout de la rue » est un parfait exemple de comique existentiel et absurde à la manière de Jean-Pierre Martinez. Le dialogue en apparence anodin sur le sens d’une rue devient un prétexte pour révéler l’absurdité de notre rapport au réel : perception biaisée, communication bancale, repères spatiaux déformés, et même perte de sens dans les petites choses du quotidien.</p>



<p>La structure circulaire du dialogue (comme la rue elle-même) crée un effet de boucle comique, renforcé par des quiproquos successifs et une logique implacable… mais déviante. Le sketch évoque à la fois l’errance urbaine et l’errance mentale, voire existentielle, d’une époque où l’on peut se perdre… dans sa propre rue.</p>



<p>La réflexion sur la psychanalyse, la perte des jeux d’enfance ou la question de la pente deviennent autant de métaphores d’une modernité désorientée, où la technologie ne peut remplacer ni les billes ni le bon sens.</p>
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		<title>Invitation</title>
		<link>https://sketchotheque.net/invitation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 09:51:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Invitation, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme passe en tirant une poubelle à roulettes de laquelle dépassent des pieds masculins et/ou féminins. Une autre femme arrive pour relever son courrier et salue la première.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour !<br><strong>Deux</strong> – Ah, bonjour ! Comment allez-vous ?<br><em>L’autre remarque les pieds qui dépassent de la poubelle.</em><br><strong>Un</strong> – C’est les encombrants, aujourd’hui ? Je pensais que c’était la semaine prochaine ?<br><strong>Deux</strong> – C’était une urgence…<br><strong>Un</strong> – Le grand nettoyage de printemps, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça…<br><em>Elle remet les pieds dans la poubelle afin qu’ils ne dépassent plus.</em><br><strong>Un</strong> – Moi aussi, il faudrait que je m’y mette quand j’aurai le temps. On accumule tellement de bazar au fil des années.<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez me tenir la porte ?<br><strong>Un</strong> – Mais bien sûr, ne bougez pas…<br><em>Elle s’avance en coulisse pour tenir une porte qu’on ne verra pas forcément.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est gentil !<br><strong>Un</strong> – Il n’y a pas de quoi, je vous en prie. Bonne journée, alors !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! Vous aussi.<br><em>L’autre sort avec sa poubelle.</em> <em>Une autre femme arrive pour relever son courrier.</em><br><strong>Un</strong> – Ah, bonjour ! Très heureuse de vous rencontrer. Je suis votre voisine de palier. Je vous ai aperçue de loin, pendant que vous emménagiez…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison, mieux vaut rester à distance, dans ces cas-là. Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Je suis ravie que… Eh bien je voulais juste vous dire… Bienvenue dans l’immeuble !<br><strong>Trois</strong> – Merci, c’est très aimable à vous.<br><strong>Un</strong> – Entre voisins…<br><strong>Trois</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Vous verrez, les gens de l’immeuble sont très sympas. Et surtout, si vous avez besoin de quelque chose…<br><strong>Trois</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que j’y aille… Je vais chercher ma fille à son cours de violon. Vous avez des enfants ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Enfin, non. Je veux dire… Maintenant, j’en suis débarrassée, heureusement.<br><strong>Un</strong> – Débarrassée…?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Je les ai mis dans le congélo, pour être tranquille.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr.<br><strong>Trois</strong> – Ils sont grands, maintenant. Ils n’habitent plus à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que ça fait un vide, quand ils sont partis. Sur la fin, on n’a qu’une hâte, c’est qu’ils débarrassent le plancher. Et puis finalement… Ça fait un vide.<br><strong>Trois</strong> – Mais votre fille habite toujours avec vous, non ? Je veux dire, si vous allez la chercher à son cours de violon…<br><strong>Un</strong> – Oui… Mais j’imagine. Ça a dû vous faire un vide, non ?<br><strong>Trois</strong> – Quand mon dernier est parti, j’ai d’abord hésité à prendre un chien à la SPA, et puis finalement, c’est ma belle-mère qui est venue s’installer à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’un chien, il faut le sortir trois fois par jour pour qu’il fasse ses besoins. C’est quand même contraignant.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison. Une belle-mère, c’est beaucoup plus pratique.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Il y a les couches…<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Bon, eh bien je vais vous laisser… Sinon ma fille va m’attendre…<br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi de ne pas avoir été plus bavarde. Mais je suis un peu débordée en ce moment. Avec ce déménagement…<br><strong>Un</strong> – Je comprends.<br><strong>Trois</strong> – De toute façon, on aura sûrement l’occasion de se revoir, puisque nous sommes voisins de palier.<br><strong>Un</strong> – Mais j’y pense… Pourquoi ne viendriez-vous pas prendre l’apéritif ce soir ?<br><strong>Trois</strong> – Euh… Oui, pourquoi pas ?<br><strong>Un</strong> – Vers 19h30 ?<br><strong>Trois</strong> – Très bien. (<em>Elle regarde sa montre</em>.) Maintenant, c’est moi qui dois vous laisser. Sinon, c’est mon premier patient va m’attendre. Alors à ce soir !<br><strong>Un</strong> – Parfait !<br><em>L’autre s’en va. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu sais quoi ? Je viens de croiser notre nouvelle voisine de palier. Je l’ai invitée à venir prendre l’apéritif ce soir.<br><strong>Quatre</strong> – Tu l’as invitée ?<br><strong>Un</strong> – Ben oui, pourquoi ?<br><strong>Quatre</strong> – J’ai croisé son mari ce matin, moi aussi, et tu sais quoi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Il est inspecteur des impôts.<br><strong>Un</strong> – Inspecteur des… Tu veux dire contrôle fiscal, et tout ça…<br><strong>Quatre</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – En même temps, on n’a rien à se reprocher, non ?<br><strong>Quatre</strong> – Tu parles… Et les étagères de mon bureau que j’ai fait installer au noir par le type du cinquième ?<br><strong>Un</strong> – Ils ne viennent pas pour inspecter la maison…<br><strong>Quatre</strong> – C’est une deuxième nature, chez ces gens-là !<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Quatre</strong> – Et puis même. Tu imagines, il faudra faire attention à tout ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait dire ? À part au sujet de tes étagères ?<br><strong>Quatre</strong> – Imagine qu’on se fâche avec eux.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi est-ce qu’on se fâcherait avec eux, on ne les connaît pas ?<br><strong>Quatre</strong> – Justement ! On ne sait pas ce qui peut les heurter. On ne connaît pas leurs opinions religieuses ou politiques ?<br><strong>Un</strong> – C’est un peu le principe quand on invite des gens pour faire connaissance.<br><strong>Quatre</strong> – Oui, mais lui, si on dit quelque chose qui ne lui plaît pas, il a les moyens de nous coller un contrôle fiscal. Et crois-moi, ces gens-là, quand ils cherchent ils trouvent…<br><strong>Un</strong> – Oh mon Dieu, tu as raison… Pourquoi est-ce que je l’ai invitée ? On pourrait peut-être décommander ?<br><strong>Quatre</strong> – Ils vont trouver ça suspect ! Ce serait encore pire. Ou alors ils vont penser qu’on ne les aime pas…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Quatre</strong> – Dans quelle merde tu nous as fourrés, encore…<br><strong>Un</strong> – Et elle, je ne sais même pas ce qu’elle fait. J’ai complètement oublié de lui demander… En tout cas, elle a l’air un peu perturbée…<br><strong>Quatre</strong> – Elle est psychanalyste…<br><strong>Un</strong> – Non ? Mais comment tu sais ça ? C’est son mari qui te l’a dit ?<br><strong>Quatre</strong> – Je l’ai vue visser sa plaque devant l’immeuble ce matin.<br><strong>Un</strong> – Psychanalyste ? Alors c’est pour ça qu’elle m’a posé des tas de questions…<br><strong>Quatre</strong> – Quel genre de questions ?<br><strong>Un</strong> – Ben… Sur les cours de violon, par exemple.<br><strong>Quatre</strong> – Les cours de violon ?<br><strong>Un</strong> – Tu crois que ça a une signification particulière pour un psychanalyste, les cours de violon ?<br><strong>Quatre</strong> – En tout, ça en a pour un inspecteur des impôts. Surtout si tu les paies au black…<br><strong>Un</strong> – Mais c’est épouvantable…<br><strong>Quatre</strong> – Non mais tu imagines le calvaire, cet apéritif ? Entre un inspecteur des impôts et une psychanalyste !<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, il va falloir faire attention à tout ce qu’on dit…<br><strong>Quatre</strong> – On essaiera d’en dire le moins possible.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Quatre</strong> – Mais ça ne va pas être évident.<br><strong>Un</strong> – Non, c’est sûr… Quand on invite des gens à prendre l’apéritif pour faire connaissance…<br><em>Moment de flottement.</em><br><strong>Quatre</strong> – C’est aujourd’hui, les encombrants ?<br><strong>Un</strong> – La semaine prochaine… Au fait, j’ai croisé aussi la voisine du cinquième qui descendait sa poubelle, et tu sais quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Ne me dis pas que tu l’as invitée à prendre l’apéritif, elle aussi ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais j’ai cru voir des restes humains qui dépassaient de la poubelle.<br><strong>Quatre</strong> – Tu ne crois pas qu’on a plus urgent à traiter, comme problème, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Et si on mettait un truc dans leur apéro ? Genre somnifères, tu vois. Histoire d’abréger la soirée…<br><strong>Quatre</strong> – Tu crois ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Salle d’attente</title>
		<link>https://sketchotheque.net/salle-dattente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 17:07:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Dentiste]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Salle d'attente]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=395</guid>

					<description><![CDATA[<p>Salle d'attente, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il entre.</em><br><strong>Lui</strong> (<em>avec une amabilité convenue</em>) – Bonsoir.<br><strong>Elle</strong> (<em>simplement polie</em>) – Bonsoir…<br><em>Il fait les cent pas en examinant les lieux, un peu gêné.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous avez rendez-vous à quelle heure ?<br><strong>Elle</strong> – Je suis un peu en avance…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous n’avez vu personne ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Bon…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est mon premier rendez-vous… Elle est comment…?<br><strong>Elle</strong> – Elle ?<br><strong>Lui</strong> – C’était une femme, au téléphone…<br><em>Air dubitatif de la femme, qui ne répond pas.</em><br><strong>Elle</strong> – Ils sont peut-être deux…<br><strong>Lui</strong> – Alors pour vous aussi, c’est… la première fois.<br><em>Elle ne répond pas.</em><br><strong>Lui</strong> – Oh… Un homme ou une femme… Le principal, c’est qu’ils soient compétents…<br><em>Sourire un peu forcé de la femme. Et nouveau silence embarrassé.</em><br><strong>Lui</strong> – Je peux vous céder ma place, si ça vous arrange… Comme vous étiez là avant moi…<br><strong>Elle</strong> (<em>froidement</em>) – Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.<br><strong>Lui</strong> – Pardon… Je vous laisse tranquille… C’est parce que je suis un peu nerveux…<br><em>La femme semble culpabiliser de l’avoir rembarré.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi aussi, je suis nerveuse… J’ai horreur d’attendre…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que vous arrivez en avance à vos rendez-vous…<br><em>La femme se demande comment elle doit le prendre. Il jette un regard vers une pendule qui peut rester imaginaire.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est la première fois que je vois une pendule dans une salle d’attente…<br><em>Il regarde sa montre.</em><br><strong>Lui</strong> – Ils ont oublié de la remettre à l’heure…<br><em>La femme ne prête guère attention à ces propos.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre… de mettre dans une salle d’attente une pendule qui n’est même pas à l’heure… Remarquez, eux non plus, ne sont jamais à l’heure, alors…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça doit faire partie du jeu…<br><strong>Elle</strong> – Quel jeu ?<br><strong>Lui</strong> – De nous faire attendre, comme ça… Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelle des patients…<br><em>Un temps.</em><br>Lui (<em>inquiet</em>) – Vous n’avez pas entendu quelque chose ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><em>Il va vers la porte par laquelle il est entré et actionne la poignée, sans parvenir à l’ouvrir.</em><br><strong>Lui</strong> – Fermée…<br><strong>Elle</strong> (<em>très inquiète</em>) – Fermée ? Vous voulez dire… à clef ?<br><strong>Lui</strong> – Cette fois, on ne peut plus reculer…<br><em>Il va vers la porte située de l’autre côté, qu’on suppose être celle du cabinet, et tente d’actionner la poignée, sans plus de résultat. Il se retourne vers la femme.</em><br><strong>Lui</strong> – Fermée aussi…<br><em>La femme prend conscience de la situation et commence à paniquer.</em><br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ils nous ont enfermés comme ça ? Je suis claustrophobe…<br><em>Il voudrait bien la réconforter, mais commence à être très inquiet lui aussi.</em><br><em>La femme regarde autour d’elle, paniquée.</em><br><strong>Elle</strong> – Il n’y a aucune fenêtre… On va mourir étouffés…<br><strong>Lui</strong> (<em>prenant sur lui</em>) – Mais non, voyons… Et puis on a nos téléphones portables…!<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas de téléphone portable…<br><strong>Lui</strong> – Mais moi, si !<br><em>Il sort son téléphone portable et tente de composer un numéro, mais déchante bientôt.</em><br><strong>Lui</strong> – Mince, je n’ai plus de batterie… (<em>Tentant de rester confiant, malgré tout</em>) Mais il doit bien y avoir une prise quelque part…<br><em>Ils se mettent à chercher tous les deux, d’abord debout, puis à genoux.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne vois rien… Et vous ?<br><strong>Lui</strong> (<em>depuis le derrière du canapé</em>) – Non… Ah si…<br><em>Il se relève et brandit quelque chose.</em><br><strong>Lui</strong> – J’ai trouvé un préservatif…<br><strong>Elle</strong> – Vous croyez vraiment que c’est le moment ?<br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, à part attendre… Ils vont peut-être revenir…<br><em>Ils se calment un instant, résignés.</em><br><strong>Elle</strong> – Pourquoi vous êtes venu, vous ?<br><em>Il la regarde, un peu pris de court.</em><br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi… D’ailleurs, moi non plus, je ne sais pas très bien ce que je fais là… Mais c’est une raison suffisante pour être venue, non…? Je veux dire, de ne pas savoir ce qu’on fait là…<br><em>Elle semble au bord de l’évanouissement.</em><br><strong>Lui</strong> – Allongez-vous…<br><em>Elle s’apprête à s’allonger, comme sur le divan d’un psy, mais a soudain un mouvement de recul.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est vous ?<br><strong>Lui</strong> – Comment ça, moi ?<br><strong>Elle</strong> – Alors tout ça, c’est une mise en scène pour me déstabiliser ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous proposais seulement de vous allonger un peu, pour vous reposer…<br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi, je commence à délirer… (<em>Regardant la pendule et semblant comprendre quelque chose</em>) Mais, j’y repense… Ce n’est pas hier soir, qu’on changeait d’heure ?<br><strong>Lui</strong> – Si…<br><strong>Elle</strong> – J’ai complètement oublié d’avancer ma montre !<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Alors j’ai une heure de retard ! Moi qui pensais être en avance ! Voilà pourquoi mon psy est déjà parti ! Il a dû fermer les portes en partant, en pensant qu’il n’y avait plus personne…<br><strong>Lui</strong> – Votre psy…? On n’est pas dans un cabinet dentaire ?<br><strong>Elle</strong> – Le dentiste, c’est en face…<br><strong>Lui</strong> – Non ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, si !<br><em>Il porte brusquement sa main à sa joue.</em><br>Lui (<em>avec une grimace de douleur</em>) – Aouh…! Ça y est, c’est reparti…<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Ma dent de sagesse ! C’est pour ça que je suis venu !<br><strong>Elle</strong> – Vous, au moins, vous savez pourquoi vous êtes là…<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin… Venir chez un psychanalyste pour se faire ôter une dent de sagesse…<br><strong>Elle</strong> – C’est son nom qui a dû vous induire en erreur…<br><strong>Lui</strong> – Son nom…?<br><strong>Elle</strong> – Le Docteur Adam… C’est vrai qu’on peut confondre…<br><em>Il la regarde sans comprendre.</em><br><strong>Elle</strong> – À Dents ! On pense plutôt à un dentiste…<br><strong>Lui</strong> – Je n’avais jamais pensé à ça… Et la dentiste…?<br><strong>Elle</strong> – C’est moi…<br><strong>Lui</strong> – Pardon…?<br><strong>Elle</strong> – On peut être dentiste et avoir besoin d’un psy, vous savez… C’est rare, mais… Ça peut arriver…<br><strong>Lui</strong> – Mais alors… vous allez pouvoir faire quelque chose pour moi…<br><strong>Elle</strong> (<em>interloquée</em>) – C’est que… Je ne suis pas dans mon cabinet… Je n’ai pas mes instruments…<br><em>Elle semble se raviser.</em><br><strong>Elle</strong> – Faites voir…<br><em>Il ouvre la bouche et elle regarde.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah, oui, c’est très enflammé… Et ça bouge déjà pas mal. Peut-être qu’en tirant un peu dessus.<br><strong>Lui</strong> – Aïe !!! (<em>Il referme la bouche</em>) Vous êtes sûr que vous êtes dentiste ?<br><strong>Elle</strong> (<em>blessée</em>) – Vous me prenez pour une affabulatrice, c’est ça… Alors pour vous, parce qu’on va voir un psy, on est complètement fou…<br><strong>Lui</strong> – Mais pas du tout… C’est juste que… Vous m’avez fait mal, c’est tout…<br><strong>Elle</strong> – Eh oui… C’est ce que j’entends toute la journée, figurez-vous. Vous m’avez fait mal… Comme si je leur faisais mal par plaisir…<br><em>Il se tient la joue.</em><br><strong>Lui</strong> – Pourquoi on appelle ça des dents de sagesse, au juste…?<br><strong>Elle</strong> – Parce qu’elles poussent à l’âge de raison, j’imagine…<br><strong>Lui</strong> – Alors pourquoi faut-il absolument que ça fasse un mal de chien, les dents de sagesse, au point qu’on soit obligé de se les faire enlever…?<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes vraiment psy…?<br><strong>Lui</strong> – On peut être psy et avoir mal aux dents, vous savez… Excusez-moi d’insister, mais… Vous êtes sûre qu’on n’est pas dans un cabinet dentaire…?<br><strong>Elle</strong> – Alors je serais enfermée dans ma propre salle d’attente, en pensant que je suis dans un cabinet de psy…? Vous me prenez vraiment pour une folle !<br><em>Silence.</em><br><strong>Lui</strong> – En même temps, il n’y a rien qui ressemble autant à une salle d’attente qu’une autre salle d’attente… Et la pendule n’a pas été remise à l’heure… Comme votre montre…<br><strong>Elle</strong> (<em>fermement</em>) – Le dentiste, c’est à droite, et le psy à gauche !<br><strong>Lui</strong> – Bon, bon…<br><em>Pour se donner une contenance, il parcourt la pièce et se plante devant une reproduction de tableau (qui peut rester imaginaire).</em><br><strong>Lui</strong> – Le Cri… Un grand classique des salles d’attente… Ça marche aussi bien pour les dentistes que pour les psychanalystes…<br><strong>Elle</strong> – Oui… J’ai le même dans ma salle d’attente… (<em>Elle le regarde, prise d’un doute, fouille dans sa poche et en sort une clef.</em>) Je vais quand même vérifier… J’ai la clef de mon cabinet dans ma poche… (<em>Elle se dirige vers la porte et l’ouvre sans difficulté.</em>) Vous me suivez, Docteur…? On va s’occuper de cette dent de sagesse…<br><em>Il la regarde, interloqué.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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