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	<title>Archives des Médecin - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Médecin - La Sketchothèque</title>
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		<title>Pour solde de tout compte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
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		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour solde de tout compte, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme s’éveille dans son lit. Une femme arrive en blouse blanche.<br></em><strong>Femme</strong> – Bonjour Monsieur.<br><strong>Homme</strong> – Bonjour Docteur.<br><strong>Femme</strong> – Je ne vous demande pas si ça va. C’est le genre de question qu’on pose machinalement, avant de se rendre compte qu’on n’aurait pas dû.<br><strong>Homme</strong> – Vous n’auriez pas vu un notaire sortir de cette chambre avec un testament signé à l’encre invisible ?<br><strong>Femme</strong> – Mon cher Monsieur, je crois qu’au stade où nous en sommes… Je veux dire, au stade terminal où vous en êtes… Il est inutile de se voiler la face, n’est-ce pas ?<br><strong>Homme</strong> – Dois-je comprendre que vous n’avez toujours pas de bonnes nouvelles à m’annoncer ?<br><strong>Femme</strong> – Vous nous devez encore pas mal d’argent. Je vous dois au moins la vérité. C’était, comme on dit, l’opération de la dernière chance. Hélas l’opération n’a pas marché. J’en suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Ça ne m’étonne pas. Je n’ai jamais eu de chance…<br><strong>Femme</strong> – N’ayez aucun regret. Dans notre jargon, quand on parle d’opération de la dernière chance, on veut dire une opération qui n’a aucune chance de réussir.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><strong>Femme</strong> – Le coup de l’opération de la dernière chance, c’est juste un truc de médecin pour faire patienter la famille, et le patient lui-même, en attendant l’issue fatale.<br><strong>Homme</strong> – Oui, je crois avoir compris l’idée générale…<br><strong>Femme</strong> – Vous en connaissez beaucoup, vous, des malades qui s’en sont sortis après l’opération de la dernière chance ?<br><strong>Homme</strong> – Non, je l’avoue…<br><strong>Femme</strong> – Et voilà… Et comme on ne peut pas croire que tous les malades soient malchanceux à ce point…<br><strong>Homme</strong> – Donc, je suis condamné.<br><strong>Femme</strong> – Je n’emploierais pas des termes aussi brutaux, mais… Oui, cher Monsieur, l’heure est venue de faire le bilan de votre vie… et de régler vos comptes avec la société. À commencer par celle qui est actionnaire majoritaire dans cet hôpital….<br><strong>Homme</strong> – Je vous remercie pour votre franchise, Docteur Ionesco.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, je vais devoir vous demander de cesser de m’appeler Docteur.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui ?<br><strong>Femme</strong> – Après avoir réexaminé mes diplômes, et le taux de mortalité dans mon service de chirurgie, la direction de cet hôpital a jugé préférable de me réaffecter à la comptabilité.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends, mais alors… que venez vous faire ici, au juste.<br><strong>Femme</strong> – Eh bien… Quand je parlais de solde de tout compte, ce n’était pas une métaphore… Je viens pour la petite note, cher Monsieur… Vous allez nous quitter, certes, mais vous ne pensez tout de même pas qu’on va vous laisser partir sans payer ? Et ce n’est pas avec votre mutuelle… On ne vous a jamais conseillé de prendre une sur-complémentaire ?<br><strong>Homme</strong> – Et si je n’ai pas les moyens de payer ?<br><strong>Femme</strong> – Cela pourrait nuire gravement au salut de votre âme. Vous savez, maintenant… notre Service de Recouvrement est d’une redoutable efficacité.<br><strong>Homme</strong> – Plus que votre Service de Chirurgie, en tout cas.<br><strong>Femme</strong> – Disons que… les Roumains que nous employons dans cet hôpital sont beaucoup plus efficaces dans le domaine du recouvrement de créance que dans celui la chirurgie du cerveau… Et nos actionnaires ont désormais des connexions très haut placées.<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire… là-haut ?<br><strong>Femme</strong> – Que voulez-vous ? Les fonds souverains qui nous gouvernent étaient déjà gérés par des morts-vivants. Ils ont commencé à racheter les maisons de retraite, les hôpitaux, les églises, les cimetières… Assez logiquement, ils ont fini par prendre des participations au paradis et en enfer.<br><strong>Homme</strong> – Et donc ?<br><strong>Femme</strong> – Donc c’est à vous de choisir… Mais sachez que les mauvais payeurs sont très mal vus au paradis.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Docteur Ionesco</title>
		<link>https://sketchotheque.net/docteur-ionesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
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		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
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		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
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		<category><![CDATA[Cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Docteur Ionesco, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une chambre d’hôpital. Un homme se réveille. Une femme arrive, en blouse blanche de médecin.<br></em><strong>Femme</strong> – Alors cher Monsieur ? Comment ça va aujourd’hui ?<br><strong>Homme</strong> – Ça va… Enfin… Mais qu’est-ce que vous faites dans ma chambre ?<br><strong>Femme</strong> – Ah… Cette simple question semble indiquer que vous n’avez pas encore tout à fait recouvré votre mémoire immédiate.<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens de rien… sauf que vous m’avez déjà dit ça.<br><strong>Femme</strong> – Ne vous inquiétez pas, c’est très fréquent après ce genre d’intervention. Dès qu’on touche au cerveau…<br><strong>Homme</strong> – Le cerveau ? Je vois…<br><strong>Femme</strong> – Si vous voyez encore, c’est déjà ça… Écoutez, on ne va pas se mentir, votre état… est très préoccupant.<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire préoccupant pour moi, j’imagine ?<br><strong>Femme</strong> – J’aurais aimé pouvoir vous annoncer de bonnes nouvelles, mais que voulez-vous ? Je ne suis pas Dieu le Père.<br><strong>Homme</strong> – Ce qui pour moi serait plutôt en soi une bonne nouvelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous trouvez ?<br><strong>Homme</strong> – Se réveiller d’une opération au cerveau et voir Dieu le Père…<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Donc, les résultats de nos premières analyses ne sont pas très encourageants… pour vous.<br><strong>Homme</strong> – J’entends bien.<br><strong>Femme</strong> – Si vous entendez encore, c’est déjà ça…<br><strong>Homme</strong> – Et donc vous dites que… c’est grave.<br><strong>Femme</strong> – Mon Dieu… Pas forcément…<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Ce qui est grave, c’est que… nous ne savons pas du tout ce que vous avez.<br><strong>Homme</strong> – Ah… Et j’imagine que ça… c’est grave pour vous.<br><strong>Femme</strong> – Si on ne sait pas ce que vous avez, on ne sait pas non plus comment vous soigner. Bref, on ne sait pas quoi faire… Et quand on ne sait pas quoi faire, on ne sait pas quoi dire. Franchement, cher Monsieur, je ne sais pas quoi vous dire…<br><strong>Homme</strong> – Écoutez, Docteur… Je peux vous appeler Docteur ?<br><strong>Femme</strong> – J’ai obtenu mon diplôme de médecine en Roumanie… (<em>Aux anges</em>) Mais oui, je vous en prie. Appelez-moi Docteur.<br><strong>Homme</strong> – Je sais que vous vous faites beaucoup de souci pour moi, mais pour ma part… c’est plutôt l’état mental de ma femme qui m’inquiète.<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Allons bon…<br><strong>Homme</strong> – C’est difficile à croire, mais… Figurez-vous que ma femme se prend pour une martienne.<br><strong>Femme</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Homme</strong> – Ça n’a pas l’air de vous étonner.<br><strong>Femme</strong> – Si bien sûr, mais… Pour tout vous dire… (<em>Elle consulte un dossier.</em>) J’ignorais que vous étiez marié… En tout cas, ce n’est pas indiqué dans votre dossier médical.<br><strong>Homme</strong> – Ils ont peut-être considéré que ce n’était pas une maladie assez grave pour être signalé.<br><em>Elle rit d’une façon un peu forcée.</em><br><strong>Femme</strong> – En tout cas, vous avez retrouvé votre sens de l’humour. Et ça c’est bon signe, n’est-ce pas ? Vous connaissez Ionesco ?<br><strong>Homme</strong> – Pas personnellement.<br><strong>Femme</strong> – Il était roumain, comme moi. Et j’ai l’honneur de porter le même patronyme que lui. D’après ma mère, nous sommes vaguement apparentés.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> (<em>sur le ton de la confidenc</em>e) – Entre nous, j’ai toujours pensé que les Roumains étaient davantage faits pour le théâtre de l’absurde que pour la chirurgie du cerveau.<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. C’est tout à fait le genre de propos rassurants qu’un patient a envie d’entendre de la bouche de son chirurgien en salle de réveil…<br><strong>Femme</strong> – Mais je vous en prie. Je suis là pour ça. Si vous avez d’autres questions à me poser, n’hésitez pas.<br><strong>Homme</strong> – Et… pour ma femme, vous pouvez faire quelque chose ?<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Mon Dieu… Il faudrait d’abord être sûr que vous avez bien une femme…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite que votre femme n’est pas vraiment une extraterrestre.<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Vous conviendrez que si votre épouse présumée est vraiment martienne, on ne peut pas la tenir pour folle si elle affirme venir de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que vu comme ça…<br><strong>Femme</strong> – En tout cas, c’est ce qu’on nous apprend dans les facultés de médecine en Roumanie.<br><em>Il la regarde comme s’il la découvrait seulement.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est fou, Docteur Ionesco…<br><strong>Femme</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Homme</strong> – Ce que vous ressemblez à ma femme. Enfin, ce que vous ressembleriez à ma femme si j’étais marié.<br><strong>Femme</strong> – Et pourtant… je vous assure que moi, je ne viens pas de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – Non, vous venez de Roumanie. Et… c’est bien vous qui m’avez opéré, n’est-ce pas ?<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement pour vous… J’imagine qu’un médecin venu d’un autre endroit de la galaxie aurait pu vous sauver.<br><strong>Homme</strong> – Vous croyez…?<br><strong>Femme</strong> – À ce qu’on dit, ces gens là sont beaucoup plus évolués que nous. En tout cas, on peut raisonnablement supposer que leurs médecins sont mieux formés que de simples internes ayant fait leurs études à Bucarest…<br><strong>Homme</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison… À ce niveau-là de supputation, je me demande si on peut encore parler de suppositions raisonnables, n’est-ce pas ? Je vais vous laisser vous reposer… Je repasserai un peu plus tard…<br><strong>Homme</strong> – Je peux vous demander encore un service ?<br><strong>Femme</strong> – Tant que ce n’est pas de vous sauver la vie…<br><strong>Homme</strong> – Si vous croisez ma femme, dites-lui que je ne suis pas marié.<br><strong>Femme</strong> – Je n’y manquerai pas.<br><strong>Homme</strong> – Merci.<br><em>Elle s’apprête à partir mais se retourne une dernière fois vers lui.</em><br><strong>Femme</strong> – Je peux vous demander quelque chose, moi aussi ?<br><strong>Homme</strong> – Tant que ce n’est pas comment je m’appelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous pourriez m’appeler encore une fois Docteur ?<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. Au revoir Docteur.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Trop radical</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-radical/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:34:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Détective]]></category>
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		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Désert médical]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop radical, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, vêtu de la façon la plus discrète possible (imperméable et lunettes noires, par exemple). Un deuxième personnage arrive, style vieille France. Il hésite un peu avant de s’adresser au premier.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour, je suis…<br><strong>Un</strong> – Pas si vite… Vous avez le mot de passe ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est vrai, le mot de passe… C’est quoi déjà…? Je perds un peu la mémoire, vous savez… Et comme vous m’aviez dit de ne surtout pas le noter sur un papier. Alors attendez que je me souvienne… Ça y est, je l’ai ! Une poire par jour éloigne le médecin…<br><strong>Un</strong> – Pourvu qu’on vise bien.<br><strong>Deux</strong> – C’est de Churchill, n’est-ce pas ? J’espère que comme lui, vous ne me proposerez pas que du sang et des larmes.<br><strong>Un</strong> – En réalité… Ce n’est pas une poire, c’est une pomme, mais bon… Il ne faut pas être trop rigide non plus.<br><strong>Deux</strong> – Une pomme, bien sûr… Une poire, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… J’ai dû penser à… une poire à lavement.<br><strong>Un</strong> – Une poire à lavement ?<br><strong>Deux</strong> – Le médecin, la poire à lavement… (<em>Plus bas</em>) Et comme j’ai un peu l’impression de l’avoir dans le cul…<br><strong>Un</strong> – Bien… Et donc…?<br><em>L’autre lui tend la main pour se présenter.</em><br><strong>Deux</strong> – Claude Riviera de la Ratelière. Merci de me recevoir…<br><strong>Un</strong> – Dominique Dupont, de l’Agence de Détectives Dupont et Dupont et fils.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur Dupont…<br><strong>Un</strong> – Bien entendu, ce n’est pas mon vrai nom, vous vous en doutez bien.<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Un</strong> – Vous pouvez m’appeler DD.<br><strong>Deux</strong> – Dédé ?<br><strong>Un</strong> – DD ! Dupont et Dupont…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Vous êtes certain que personne ne vous a suivi ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai changé trois fois de taxi pour venir ici, comme vous me l’aviez dit. Et j’ai laissé mon portable à la maison, pour éviter d’être géolocalisé.<br><strong>Un</strong> – Très bien, alors je vous écoute.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas facile à dire, vous savez… À mon âge, je ne pensais pas en arriver là un jour…<br><strong>Un</strong> – Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude… Alors de quoi s’agit-il ? Adultère ? Recherche d’héritiers ? Espionnage industriel ?<br><strong>Deux</strong> – Je voudrais… que vous trouviez quelqu’un pour moi.<br><strong>Un </strong>– Très bien… Un ami perdu de vue ? Un amour de jeunesse ? Un enfant illégitime ?<br><strong>Deux</strong> – Plutôt… un médecin généraliste qui prendrait encore de nouveaux patients.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Je sais que ma demande peut surprendre…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes le troisième cette semaine.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne fais pas de miracles.<br><strong>Deux</strong> – Je comprends. Me laisserez-vous néanmoins le droit d’espérer…?<br><strong>Un</strong> – De nos jours, vous savez, un médecin généraliste pour un patient en bonne santé, c’est plus difficile à débusquer que l’amant de sa femme pour un cocu.<br><strong>Deux</strong> – Je m’en doute. Mais j’ai déjà tout essayé, croyez-moi. J’ai même eu recours à une voyante.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Elle m’avait trouvé un vieux médecin dans la Creuse. J’étais même prêt à déménager là-bas.<br><strong>Un</strong> – Dans la Creuse ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, c’est ce que je me suis dit aussi, c’est un peu radical, mais bon… Je n’ai même pas eu à prendre cette décision difficile. Il est mort quelques jours après.<br><strong>Un</strong> – Comme quoi on peut être médecin et avoir une santé fragile.<br><strong>Deux</strong> – Il avait 102 ans.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – J’ai même fait un pèlerinage à Lourdes, mais là-bas aussi…<br><strong>Un</strong> – C’est un désert médical…<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes mon dernier espoir…<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire qu’aujourd’hui… Pour qu’un médecin accepte un nouveau patient, il faut que l’un de ses propres patients meurt avant lui.<br><strong>Deux</strong> – J’en ai parfaitement conscience.<br><strong>Un</strong> – Et pour prendre la place du défunt, encore faut-il que vous soyez le premier au courant du décès.<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que j’ai cru comprendre.<br><strong>Un</strong> – Ce qui n’est d’ailleurs pas toujours très rassurant.<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – Choisir un médecin dont les patients tombent comme des mouches…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, je n’avais pas pensé à ça.<br><strong>Un</strong> – Si vous voulez, je peux vous adresser à un confrère.<br><strong>Deux</strong> – Un autre détective, vous voulez dire ? Plus spécialisé dans le médical.<br><strong>Un</strong> – Je pensais plutôt… à un tueur à gages.<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr de comprendre…<br><strong>Un</strong> – Comme je vous l’ai dit, pour qu’une place se libère…<br><strong>Deux</strong> – Il faut qu’un patient meurt.<br><strong>Un</strong> – Alors si c’est vous qui commanditez l’exécution, bien entendu…<br><strong>Deux</strong> – Je serai le premier à être au courant qu’une place se libère…<br><strong>Un</strong> – Et au moins, dans ce cas, la responsabilité de la mort de ce patient n’incombera pas à son médecin.<br><strong>Deux</strong> – Ce qui me permettrait d’espérer que ce n’est pas forcément un trop mauvais médecin.<br><strong>Un</strong> – C’est tout ce que je peux vous proposer, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – Je vais prendre le temps d’y réfléchir.<br><strong>Un</strong> – Pas trop longtemps, parce que vous savez… Les tueurs à gages aussi commencent à être un peu débordés. En tout cas les plus professionnels d’entre eux.<br><strong>Deux</strong> – Les plus professionnels…?<br><strong>Un</strong> – Il faut choisir quelqu’un d’assez discret. Il ne s’agirait pas non plus que vous finissiez en prison pour avoir commandité un assassinat.<br><strong>Deux</strong> – Encore que… En prison, au moins, j’aurais sûrement un médecin référent.<br><strong>Un</strong> – Ça, cher ami, rien n’est moins sûr.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Va pour un tueur à gages… Vous avez quelqu’un de confiance à me proposer ?<br><em>L’autre lui tend une carte de visite.</em><br><strong>Deux</strong> – Durand et Durand et fils, tueurs à gages diplômés.<br><strong>Un</strong> – Bien entendu, ce ne sont pas non plus leurs vrais noms, j’imagine.<br><strong>Deux</strong> – Bizarrement, si.<br><strong>Un</strong> – Bon. Merci Docteur. Je veux dire, merci Monsieur Dupont…<br><strong>Deux</strong> – À votre service…<br><strong>Un</strong> – Et sinon… vous ne connaîtriez pas un bon dentiste…? (<em>L’autre le regarde, mais ne répond pas</em>) D’accord…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Consultation</title>
		<link>https://sketchotheque.net/consultation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:46:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Cabinet médical]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Malentendu]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Consultation, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire'  de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/consultation/">Consultation</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme entre dans un cabinet de médecin. Le médecin est assis à sa table, occupé à remplir un papier.</em><br><strong>Médecin</strong> – Asseyez-vous, je vous en prie…<br><strong>Patient</strong> – Merci.<br><strong>Médecin</strong> – Alors… Qu’est-ce qui vous amène ?<br><strong>Patient</strong> – Eh, bien… Je ne sais pas comment vous dire ça… Je… Je crois que j’ai attrapé La Mort…<br><strong>Médecin</strong> – Oh, vous savez, en ce moment, on ne voit que ça… Il y a un virus qui traîne… Croyez-moi, ça défile… Alors ? Le nez qui coule… Un picotement dans la gorge… Un peu de fatigue…<br><strong>Patient</strong> – Non, non, tout va très bien, Docteur… Je ne suis pas malade… Ce que je veux dire, c’est que… j’ai vraiment attrapé La Mort.<br><em>Le médecin semble un peu déstabilisé.</em><br><strong>Médecin</strong> – Oui… (<em>Tentant de reprendre une contenance</em>) Bon, on va quand même vous prescrire un petit traitement préventif, au cas où… (<em>Il sort une ordonnance qu’il commence à rédiger comme un automate</em>.) Alors… Un petit cocktail de vitamines pour réveiller ce système immunitaire un peu endormi par le froid… Un sirop pour la gorge, une cuillerée à soupe matin, midi et soir… Du paracétamol à prendre uniquement en cas de maux de tête… (<em>Il tend l’ordonnance au patient.</em>) Voilà, avec tout ça, vous ne devriez plus être trop embêté cet hiver… (<em>Mais le patient ne prend pas l’ordonnance</em>.)<br><strong>Patient</strong> – Je savais que ça n’allait pas être évident…<br><strong>Médecin</strong> (<em>étonné</em>) – C’est un traitement tout à fait classique, vous savez. Comme j’en prescris au moins trente fois par jour actuellement…<br><strong>Patient</strong> – Docteur, j’ai attrapé La Mort, elle est enfermée dans la Fiat Uno qui est garée dans mon garage à la Garenne-Colombes.<br><strong>Médecin</strong> (<em>sortant de sa torpeur</em>) – Racontez-moi ça…<br><strong>Patient</strong> – Eh, bien… Hier soir, j’ai décidé de mettre fin à mes jours…<br><strong>Médecin</strong> – Mmm…<br><strong>Patient</strong> – Les armes à feu, ce n’est pas trop mon truc. Et le gaz, ça peut-être dangereux pour les voisins. Il faut penser à ceux qui restent, quand même…<br><strong>Médecin</strong> – Certainement…<br><strong>Patient</strong> – Alors je suis allé dans mon garage. J’ai bien calfeutré la porte avec des serviettes mouillées, comme j’ai souvent vu faire dans les téléfilms du mercredi soir sur France 2. Et puis j’ai démarré ma Fiat Uno. Avec bien du mal, d’ailleurs. Elle fume comme un tracteur, et elle fait à peu près autant de bruit. C’est le pot catalytique. Il faudrait que je le change, mais bon… Bref en l’occurrence, c’était plutôt un avantage. Alors je me suis assis au volant. J’ai allumé la radio. Et j’ai laissé tourner le moteur. C’était France Inter. Enfin, ça n’a aucune importance, mais bon… Ils venaient d’annoncer la mort de Macha Béranger. Quand même, ça m’en a foutu un coup. Bref, je commençais à m’assoupir tranquillement pour ce qui devait être mon dernier sommeil, quand je l’ai vue dans le rétroviseur, assise derrière moi…<br><strong>Médecin</strong> – Qui ?<br><strong>Patient</strong> – La Mort !<br><strong>Médecin</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Patient</strong> – Je n’aurais pas dû être surpris à ce point là, La Mort, j’étais justement en train de faire tout ce qu’il fallait pour la trouver. Mais vous savez ce qui m’a étonné ?<br><strong>Médecin</strong> – Non…<br><strong>Patient</strong> – C’est qu’elle ressemblait exactement à l’image qu’on se fait d’elle, justement.<br><strong>Médecin</strong> – C’est-à-dire…<br><strong>Patient</strong> – La grande cape noire, la faux, la panoplie complète, quoi ! C’est dingue. On se dit bon, tout ça, ce n’est qu’une image, et puis… Parce que personne ne l’a jamais vue, La Mort. Peut-être qu’elle existe, d’accord. Mais c’est comme Dieu. Peut-être qu’on le rencontrera un jour là-haut, mais personne n’en est jamais revenu avec des photos pour qu’on sache exactement à quoi il ressemble. Alors on se doute bien que même s’il existe, ce n’est certainement pas un vénérable vieillard avec les cheveux longs et une barbe blanche, qui ressemblerait vaguement au Père Noël ou à Georges Moustaki…<br><strong>Médecin</strong> – Non, évidemment…<br><strong>Patient</strong> – Eh ben c’est ça qui m’a foutu les jetons, tout d’un coup. De la voir là, comme ça. Exactement comme je l’avais imaginée…<br><strong>Médecin</strong> – Oui, ça… Ça a dû vous faire un choc…<br><strong>Patient</strong> – En tout cas, croyez-moi, ça m’a réveillé ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai coupé le moteur, et je suis sorti de la voiture comme un fou en claquant la portière derrière moi. Et là, heureusement, j’ai eu le bon réflexe…<br><strong>Médecin</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Patient</strong> – J’avais encore la clef de ma Fiat Uno à la main. J’ai aussitôt appuyé dessus pour verrouiller les portes. Il n’y a plus grand chose qui marche, dans cette voiture, mais ça, ça marche encore. C’était un des premiers modèles à en être équipé à l’époque. J’ai même hésité à prendre cette option, je ne suis pas trop gadget, mais vous savez ce que c’est. C’était le seul modèle immédiatement disponible au garage. C’était ça ou attendre la livraison de la commande pendant des mois…<br><strong>Médecin</strong> – Oui, je sais ce que c’est… Je viens de changer ma Mercedes, et j’ai dû prendre l’allume-cigare, alors que j’ai arrêté de fumer depuis cinq ans… Et croyez-moi, rien que l’option allume-cigare, sur une voiture comme ça… C’est presque le prix d’une Fiat Uno d’occasion… Oui, bon, et après ?<br><strong>Patient</strong> – Après, j’étais sauvé ! Elle était enfermée là, dans la voiture. Sous mes yeux, je vous dis. Je la voyais très distinctement plaquer son espèce de burqa toute noire contre la vitre pour essayer de sortir. Mais, non ! Elle était prise au piège ! Vous vous rendez compte ? Dans ma Fiat Uno !<br><strong>Médecin</strong> – Bon… Donc, vous ne voulez vraiment pas le sirop…?<br><strong>Patient</strong> – Mais vous ne comprenez pas ce que je vous dis ? J’ai attrapé La Mort !<br><strong>Médecin</strong> – Si, si… Je… Je peux vous diriger vers un confrère, si vous voulez…? Attendez, je dois avoir l’adresse là, dans mon répertoire…<br><em>Il cherche sans trouver, puis décroche son téléphone.</em><br><strong>Médecin</strong> – Oui, Christelle. Vous pouvez me donner le numéro de téléphone du Docteur Müller ? À Sainte-Anne, oui… (<em>Il griffonne quelque chose sur un morceau de papier</em>.) Merci… (<em>Il raccroche et tend le morceau de papier au patient</em>.) Voilà, vous allez le voir de ma part, et vous lui expliquez ce qui vous arrive, d’accord ? Je suis sûr que cela va beaucoup l’intéresser…<br><strong>Patient</strong> (<em>prenant le papier</em>) – Merci… Et pour ma Fiat Uno, comment je fais ?<br><strong>Médecin</strong> – C’est-à-dire…<br><strong>Patient</strong> – Ben, je vais en avoir besoin, maintenant… Je veux dire maintenant que j’ai décidé de ne pas me suicider au monoxyde de carbone… Comment je fais ? Si j’ouvre la portière, elle va en profiter pour se barrer, La Mort. Et elle va se remettre à faucher aussi sec.<br><strong>Médecin</strong> – On vous a volé quelque chose…?<br><strong>Patient</strong> – La Mort, avec sa faux !<br><strong>Médecin</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Patient</strong> – C’est une responsabilité, quand même… D’ailleurs, vous avez vu ? Hier, aux informations : aucune annonce de décès de célébrité en fin de carrière. Aucun tremblement de terre dans un pays sous-développé. Aucun accident d’autocar scolaire… Évidemment, puisque la mort est enfermée dans ma voiture…<br><strong>Médecin</strong> (<em>sans qu’on sache s’il plaisante ou pas</em>) – D’un autre côté, si elle y restait trop longtemps, vous vous rendez compte des implications. Ce serait une catastrophe pour les médias, les ONG, les pompes funèbres, le système de retraite par répartition, les acheteurs en viager…<br><strong>Patient</strong> (<em>contrarié</em>) – Je sens que vous ne prenez pas au sérieux…<br><strong>Médecin</strong> – Ne prenez pas mal ce que je vous dis, je ne remets absolument pas en cause la véracité de ce que vous venez de me raconter, mais vous êtes vraiment sûr que ce n’était pas quelqu’un d’autre, sur la banquette arrière ? Je ne sais pas moi… Votre femme, par exemple…<br><strong>Patient</strong> – Ma femme ne porte pas la burqa ! Et d’ailleurs, on a divorcé l’année dernière. Ça m’en a foutu un coup, d’ailleurs. C’est une des raisons qui m’a poussé au bord du suicide…<br><strong>Médecin</strong> – Eh bien, vous voyez ! Après tout, vous l’avez dit vous-même, vous commenciez à être sérieusement dans le cirage… Le manque d’oxygène, ça peut provoquer des hallucinations… Regardez le jeu du foulard… Au moment de mourir, vous avez peut-être repensé à votre femme, à tous les bons moments que vous avez passés ensemble, et elle vous est apparue comme ça…<br><strong>Patient</strong> – Avec une burqa et une faux…?<br><em>Le médecin semble perplexe. Le patient réfléchit.</em><br><strong>Patient</strong> – C’est vrai que pour la burqa… C’était plutôt une sorte de foulard noir qu’elle avait noué autour du cou… Et pour la faux, je ne suis pas complètement sûr… Ça aurait aussi bien pu être un balai… Mais les sorcières aussi, ont des balais, et portent un foulard noir !<br><strong>Médecin</strong> – Mouais…<br><strong>Patient</strong> – Et puis comment expliquez-vous que ce matin, en retournant dans mon garage après une bonne nuit de sommeil, elle était toujours là, derrière la vitre arrière de ma Fiat Uno ? Elle a même essayé de me dire quelque chose…<br><strong>Médecin</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Patient</strong> – Comme je n’entendais rien, elle a griffonné un truc sur un papier dans un langage cabalistique, qui ressemblait vaguement à du portugais et elle me l’a plaqué contre le pare-brise.<br><strong>Médecin</strong> – Du portugais ?<br><strong>Patient</strong> – Ça m’a un peu surpris aussi…<br><strong>Médecin</strong> – Et qu’est-ce qui était marqué, sur ce papier ?<br><strong>Patient</strong> – Ben je n’en sais rien, moi… Je ne comprends pas le portugais… Il faudrait que je demande à ma femme de ménage. Elle est portugaise, justement… Mais c’est bizarre, elle n’est pas venue ce matin, comme d’habitude… Non, je vous assure, Docteur. J’ai attrapé La Mort…<br><strong>Médecin</strong> – Mmm… Je vais quand même vous prescrire un petit relaxant en attendant… Ça vous détendra…<br><strong>Patient</strong> – Vous croyez…?<br><em>Le médecin fait un signe d’acquiescement, et se met à griffonner quelque chose sur une ordonnance.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Mauvais goût</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mauvais-gout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
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		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
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		<category><![CDATA[Mode]]></category>
		<category><![CDATA[Quarantaine]]></category>
		<category><![CDATA[Vêtement]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mauvais goût, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage habillé avec des couleurs criardes, et n’allant pas du tout ensemble, se présente devant un autre, vêtu d’une blouse blanche.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour Docteur.<br><strong>Deux</strong> – Alors, qu’est-ce qui vous amène, chère madame ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien voilà, Docteur, j’ai perdu le sens du goût.<br><em>L’autre jette un coup d’œil à sa tenue.</em><br><strong>Deux</strong> – Le sens de l’odorat, aussi ?<br><strong>Un</strong> – Euh, non… Juste le sens du goût. Mais c’est déjà très contrariant.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine…<br><strong>Un</strong> – Vu mon métier, je dirais même que c’est très handicapant.<br><strong>Deux</strong> – Vous travaillez dans un restaurant, peut-être ? Ou bien vous êtes critique gastronomique ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout… je suis styliste.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… (<em>Il lui tend une boîte.</em>) Vous voulez un bonbon ?<br><em>L’autre semble surprise.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><em>Elle prend un bonbon, le met dans sa bouche et commence à le mâchouiller.</em><br><strong>Deux</strong> – J’ai toujours des bonbons sur mon bureau. Pour les enfants, vous comprenez ? Ça les rassure…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – C’est un bonbon à la menthe.<br><strong>Un</strong> – Oui, je vois ça…<br><strong>Deux</strong> – Donc, vous sentez bien le goût de la menthe ?<br><strong>Un</strong> – Oui, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Comme vous m’avez dit que vous aviez perdu le sens du goût…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… mais non ! Pas du tout ! Je me suis mal fait comprendre… Quand je parlais du goût, je voulais dire… le bon goût.<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ce que je pensais…<br><strong>Un</strong> – Ce matin, par exemple, j’ai ouvert la porte de mon dressing et… voilà ce que je me suis mis sur le dos.<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous trouvez que c’est de bon goût ?<br><strong>Deux</strong> – Non, en effet, on ne peut pas dire ça…<br><strong>Un</strong> – Voilà, c’est ce que je vous disais : j’ai complètement perdu le sens du goût.<br><strong>Deux</strong> – C’est évident.<br><strong>Un</strong> – Et vous pouvez me prescrire quelque chose, Docteur ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’était le symptôme d’une maladie infectieuse, peut-être, mais là…<br><strong>Un</strong> – Vous ne pouvez pas me laisser comme ça !<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, il s’agit d’un nouveau virus, encore inconnu.<br><strong>Un</strong> – Le virus du mauvais goût ?<br><strong>Deux</strong> – Et… vous avez une idée de l’endroit où vous auriez pu attraper ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… J’ai fait un voyage en Angleterre il n’y a pas très longtemps…<br><strong>Deux</strong> – Bon, on va commencer par vous mettre en quarantaine pendant deux semaines, au cas où.<br><strong>Un</strong> – En quarantaine ?<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas vous laisser sortir comme ça !<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mais… parce que vous pourriez sans le vouloir lancer une mode ! Vous avez vraiment envie de voir dans la rue tout le monde habillé comme ça ? Et vous dire que vous êtes responsable de cette catastrophe ?<br><strong>Un</strong> – Non, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Donc, vous ne sortez pas de chez vous pendant une quinzaine de jours.<br><strong>Un</strong> – Bien Docteur…<br><strong>Deux</strong> – Et ensuite vous revenez me voir. (<em>Il jette un dernier regard à la tenue de l’autre.</em>) On verra si ça va mieux.<br><strong>Un</strong> – Bien Docteur. Merci Docteur…<br><em>Le personnage sort. L’autre s’apprête à partir aussi et soupire.</em><br><strong>Deux</strong> – Décidément, j’aurai tout vu… Heureusement, c’était mon dernier rendez-vous… J’espère au moins que ce n’est pas trop contagieux…<br><em>Il sort un instant, et revient sans sa blouse blanche. Il porte la même tenue de très mauvais goût que l’autre.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Retour à la vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-a-la-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:45:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour à la vie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage en blouse blanche en croise un autre portant la même tenue, et avec un dossier à la main.<br></em><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – On dirait que tu viens de voir un mort.<br><strong>Deux</strong> – Un mort ? Ce serait plutôt le contraire…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi le contraire d’un mort ?<br><strong>Deux</strong> – En l’occurrence, il s’agirait plutôt d’une résurrection.<br><strong>Un</strong> – Tu as vu un de tes anciens patients sortir de son tiroir à la morgue ?<br><strong>Deux</strong> – Presque… Le patient de la chambre 301, il vient de se réveiller.<br><strong>Un</strong> – La chambre 301 ?<br><strong>Deux</strong> – Un type qui est là depuis au moins dix ans. Tu ne te souviens pas ?<br><strong>Un</strong> – Je ne savais même pas qu’il y avait une chambre 301. Je pensais qu’il n’y avait que 300 chambres dans cet hôpital.<br><strong>Deux</strong> – Il a été hospitalisé à la suite d’un accident. Et il n’est jamais sorti du coma.<br><strong>Un</strong> – Bon… Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien il vient de se réveiller.<br><strong>Un</strong> – Ah merde…<br><strong>Deux</strong> – Oui, je sais… Ça devrait être une bonne nouvelle, mais…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Il y a dix ans, il a quitté un monde où on pouvait sortir de chez soi sans attestation, pour aller boire un verre au café avec des amis, pour aller voir un film au cinéma… ou simplement pour flâner sur les boulevards. Et tout ça sans masque.<br><strong>Un</strong> – Oui… Le réveil va être brutal. Quand tu vas lui dire que de nos jours, tout ça n’existe plus…<br><strong>Deux</strong> – Plus de cafés, plus de restaurants, plus de cinémas, plus de théâtres…<br>Un – Il vaut peut-être mieux ne rien lui dire…<br><strong>Deux</strong> – Il va bien finir par s’en rendre compte.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Tant qu’il est à l’hôpital, ça va…<br><strong>Un</strong> – Mais quand il va sortir dans la rue…<br><strong>Deux</strong> – Ça va lui faire un choc.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’il faisait comme métier ?<br><em>L’autre jette un œil au dossier, avant de regarder à nouveau son collègue avec un air dramatique.</em><br><strong>Deux</strong> – Intermittent du spectacle…<br><strong>Un</strong> – Ah merde… Et en plus son métier n’existe plus…<br><strong>Deux</strong> – Je ferais peut-être mieux de le débrancher, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu m’as dit qu’il venait de se réveiller !<br><strong>Deux</strong> – Il est encore sous assistance respiratoire…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Écoute ta conscience…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Non, mais je plaisantais, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Moi aussi…<br><em>Ils ont l’air de ne pas trop savoir jusqu’où ils plaisantent ou pas.</em><br><strong>Un</strong> – Allez… Je suis sûr que tu prendras la bonne décision.<br><em>Il donne à son collègue une tape dans le dos et s’éloigne. L’autre reste perplexe.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La vie en rose</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-vie-en-rose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=935</guid>

					<description><![CDATA[<p>La vie en rose, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive et se plante devant un autre qui est déjà là.<br></em><strong>Un</strong> – Docteur, je n’en peux plus. Il faut absolument que vous m’aidiez.<br><strong>Deux</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Un</strong> – Eh bien voilà… Je ne sais pas comment vous dire ça… Depuis quelque temps déjà… Je vois la vie en rose.<br><strong>Deux</strong> – Ah… Ce n’est pas banal, en effet. D’habitude, les gens viennent plutôt me consulter parce qu’ils voient tout en noir.<br><strong>Un</strong> – Non mais dans mon cas, Docteur, ce n’est pas seulement une façon de parler, je vous assure. Je vois vraiment tout en rose.<br><strong>Deux</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Un</strong> – Ma maison est rose, ma voiture est rose, ma femme est rose, mon chien est rose…<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Mais dites-moi, Monsieur…<br><strong>Un</strong> – Moineau… Oui, je sais, c’est cocasse… Je veux dire à cause de Piaf.<br><strong>Deux</strong> – Piaf ?<br><strong>Un</strong> – Vous savez bien… La Vie en Rose…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, bien sûr… Et… vous avez un lien de parenté avec…<br><strong>Un</strong> – Aucun. Vous pensez que ça pourrait avoir un rapport ?<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu, ça dépend… Vous pensez que ça pourrait avoir un rapport ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais moi, Docteur, ce n’est pas seulement quand elle me prend dans ses bras, et qu’elle me parle tout bas, que je vois la vie en rose. C’est permanent, vous comprenez ?<br><strong>Deux</strong> – Je comprends… Et… Vous prenez des médicaments en ce moment, Monsieur Moineau ?<br><strong>Un</strong> – Non… Aucun…<br><strong>Deux</strong> – Pardon de vous demander ça, mais… Pas de substances hallucinogènes ?<br><strong>Un</strong> – Rien, je vous assure… Pour plus de sécurité, j’ai même arrêté le vin. Surtout le rosé, évidemment… Mais rien n’y fait.<br><strong>Deux</strong> – C’est curieux, en effet… Et donc… Ça vous gêne.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, que ça me gêne ! C’est très handicapant, vous ne vous rendez pas compte ! Ça peut même être dangereux ! Tenez, par exemple : je suis en voiture, j’arrive à un feu tricolore. Pour moi tous les feux sont roses ! Alors qu’est-ce que je fais ? Je m’arrête, et je me fais klaxonner ? Je passe, et je me fais verbaliser ?<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous m’imaginez en train d’expliquer aux flics : Excusez-moi, je suis passé au rose ?<br><strong>Deux</strong> – Je comprends…<br><strong>Un</strong> – Et puis voir la vie en rose, ça va cinq minutes… Mais au bout d’un moment, c’est très monotone…<br><strong>Deux</strong> – Et ce qui est monotone peut vite devenir très déprimant.<br><strong>Un</strong> – Vous, quand vous allez au cinéma, c’est pour voir un film en couleur, non ? Moi je ne vois que du rose.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez essayé les films en noir et blanc ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Pour moi, c’est du rose clair et du rose foncé.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Et avec des lunettes noires ?<br><strong>Un</strong> – Du rose à travers des lunettes noires.<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous pourriez arrêter de dire je vois ? Ça m’énerve, vous voyez ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon…<br><strong>Un</strong> – Je vois bien que vous ne voyez rien du tout !<br><strong>Deux</strong> – La médecine n’a pas encore réponse à tout, malheureusement. Et je dois reconnaître en effet que… Il doit s’agir d’une maladie orpheline…<br><strong>Un</strong> – Une maladie orpheline ?<br><strong>Deux</strong> – Une de ces maladies génétiques dont personne n’a rien à branler parce qu’elle n’affecte qu’une ou deux personnes dans le monde.<br><strong>Un</strong> – Merci de me remonter le moral, Docteur, ça m’aide beaucoup.<br><strong>Deux</strong> – Allez, il ne faut pas voir tout en noir… Pardon, je veux dire… Vous avez déjà pensé au suicide ?<br><strong>Un</strong> – Vous croyez que c’est la seule solution qui me reste ?<br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire, mais… Si vous avez des idées noires… Je peux vous prescrire un antidépresseur.<br><strong>Un</strong> – Mouais… Et un arrêt maladie ?<br><strong>Deux</strong> – Vous pensez que…<br><strong>Un</strong> – Un peu de repos, ça n’a jamais fait de mal à personne, pas vrai ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’impression d’être surmené ?<br><strong>Un</strong> – Maintenant que vous me le dites, Docteur, c’est vrai que… Je suis à la limite du burn out.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Et à votre avis, il vous faudrait combien ? Je veux dire pour ne plus voir la vie en rose…<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Une semaine, vous pensez que c’est suffisant ?<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu, dans votre cas…<br><strong>Un</strong> – Bon, puisque vous insistez, disons un mois, ce sera plus prudent.<br><strong>Deux</strong> (<em>rédigeant l’arrêt de travail</em>) – Va pour quatre semaines, alors.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas que ça m’amuse, mais… Je pense que ça va me faire du bien, vous ne croyez pas ?<br><strong>Deux</strong> – Revenez me voir en rentrant de vacances, et on verra bien si votre état s’est amélioré.<br><strong>Un</strong> – Je vous enverrai une carte postale, c’est promis.<br><strong>Deux</strong> – Et pour les antidépresseurs, qu’est-ce qu’on fait ? Vous savez, on peut très bien voir la vie en rose et avoir des idées noires.<br><strong>Un</strong> – Merci, mais je crois que je vais essayer de m’en passer. Il paraît que la France est le pays au monde qui consomme le plus d’antidépresseurs. Je ne voudrais pas contribuer à creuser un peu plus le déficit de la Sécu.<br><strong>Deux</strong> – Ce civisme vous honore, cher Monsieur. (<em>Il lui tend son arrêt de travail, mais le laisse tomber par terre.) Pardon… (Il ramasse la feuille et se relève</em>.) Bon, alors… Bonnes vacances, Monsieur Moineau.<br><strong>Un</strong> – Merci beaucoup Docteur. Rien que de vous avoir parlé, il me semble que ça va déjà mieux.<br><em>Le médecin hésite à nouveau à lui tendre l’ordonnance, que l’autre a hâte de saisir.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous ne voyez plus la vie en rose ?<br><strong>Un</strong> – Si… Mais maintenant, au moins, je sais pourquoi…<br><strong>Deux</strong> – Une dernière petite question, Monsieur Moineau… Vous partez où, en vacances ?<br><strong>Un</strong> – Toulouse. Je suis né là-bas. J’ai été muté à Paris, mais je n’arrive pas à m’y faire. Je suis comme les oiseaux migrateurs : l’hiver, il faut que je m’envole vers le Sud.<br><strong>Deux</strong> – Toulouse…<br><em>Le médecin reprend l’ordonnance.</em><br><strong>Un</strong> – Il y a un problème ?<br><strong>Deux</strong> – Toulouse, la ville rose… (<em>Il déchire l’ordonnance</em>.) Je suis vraiment désolé, Monsieur Moineau, mais franchement, dans votre cas, ça me semble tout à fait contre-indiqué…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Les encombrants</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-encombrants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=627</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les encombrants, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception d’une grande poubelle à roulettes au couvercle jaune. Une femme arrive en tirant une autre poubelle du même type mais au couvercle vert. Habillée avec élégance et juchée sur des talons hauts, elle tente de conserver un semblant de dignité dans cet exercice dégradant qu’est, pour une bobo qui n’a plus les moyens de se payer une bonne, celui de sortir elle-même la poubelle. Son portable sonne, et elle répond.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Allô, oui ? Ah, bonsoir Jacques ! Non, non, vous ne me dérangez pas. J’étais en train de ranger quelques papiers et je m’apprêtais à prendre un bain… Ce soir à dix-neuf heures trente ? Ah, oui, c’est absolument parfait ! Mais vous êtes sûr que… Votre dernière patiente ? Très bien ! Dans ce cas, nous aurons peut-être le temps de prendre un verre après, histoire de faire un peu connaissance ? Ah oui, ou de dîner si vous préférez… Je connais un très bon japonais du côté de… Ah, vous détestez les sushis… Non, non, pas du tout… J’aime beaucoup la choucroute aussi… Parfait, alors à tout à l’heure… Non, non, j’ai bien l’adresse de votre cabinet… Ah, il y a un code à partir de 19 heures… Attendez, je prends de quoi noter… Je suis dans la salle de bain, et je n’ai rien sur moi… Je veux dire pour écrire…<br><em>Elle sort un crayon mais, se rendant compte qu’elle n’a pas de papier, ouvre le couvercle de la poubelle jaune. La trouvant vide, elle laisse le couvercle ouvert et ouvre le couvercle de sa propre poubelle dont elle sort au hasard un paquet de céréales basses calories.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Voilà, je vous écoute… Ouh, là, en effet, c’est compliqué… (<em>Plaisantant</em>)Vous ne pouviez pas choisir 1515, 14-18 ou 39-45, comme tout le monde ? Ah, c’est la date de décès de votre belle-mère… Oui, vous avez raison, pour un cambrioleur, évidemment, c’est plus difficile à deviner… Mais vous pouvez me redire ça moins vite ? Juste une seconde, je m’installe un peu plus confortablement…<br><em>Elle se contorsionne pour essayer de noter d’une main sur le carton tout en tenant le téléphone de l’autre, avant de prendre le parti de poser le carton sur le bord de la poubelle jaune dont elle a laissé le couvercle ouvert. Le carton tombe par terre et en essayant de le rattraper, elle laisse tomber son portable au fond de la poubelle vide.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, non, ce n’est pas vrai… (<em>En direction du fond de la poubelle</em>) Allô ? Jacques ? Vous m’entendez ? (<em>Elle se penche vers le fond de la poubelle pour tenter de récupérer le téléphone</em>.) Allô ? Je vous entends très mal…<br><em>Elle finit par basculer dans la poubelle. Seules ses deux jambes dépassent, qu’elle agite en poussant des cris étouffés. Un homme arrive, un portable à la main.</em><br><strong>Homme</strong> – Allô ? Allô ? Vous m’entendez ?<br><em>Sa femme arrive derrière lui.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Jacques ? Qu’est-ce que tu fais là ?<br><em>Jacques range aussitôt son portable. Craignant d’être surprise dans cette position embarrassante, la prisonnière de la poubelle rentre ses jambes et se calme.</em><br><strong>Homme</strong> – Eh bien, je… Je venais chercher la poubelle pour la remonter… Le coiffeur n’a pas pu te prendre, finalement ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>sèchement</em>) – Si. J’en sors.<br><strong>Homme</strong> – Ah, très bien…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu n’as pas oublié que ce soir, je vais au pot de départ de mon chef de service ?<br><strong>Homme</strong> – Non, non, rassure-toi… J’en profiterai pour faire ma comptabilité en retard au cabinet.<br><em>La femme aperçoit la boîte de céréales par terre.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Les gens sont d’une saleté… (<em>Ramassant l’emballage pour le remettre dans la poubelle</em>) Et j’ai l’impression que les derniers arrivés sont les pires… À propos, tu as fait connaissance avec la nouvelle voisine ?<br><strong>Homme</strong> – Quelle voisine ?<br><strong>Femme 2</strong> – Ne me dis pas que tu ne l’as pas remarquée… Celle avec la forte poitrine…<br><strong>Homme</strong> – Ah, celle-là…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu vois que tu t’en souviens.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que c’est plutôt une belle femme.<br><strong>Femme 2</strong> – Moi, je la trouve plutôt vulgaire, mais bon…<br><strong>Homme</strong> – Vulgaire ?<br><strong>Femme 2</strong> – Elle est divorcée, je crois…<br><strong>Homme</strong> – Elle t’a dit ça ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Une femme qui sort elle-même la poubelle vit forcément seule… Et comme elle est trop âgée pour être encore célibataire, j’en conclus qu’elle est divorcée… ou veuve.<br><strong>Homme</strong> – Elle n’est pas si vieille que ça…<br><strong>Femme 2</strong> – Elle doit avoir à peu près mon âge.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui ? Ça ne se voit pas…<br><strong>Femme 2</strong> – Quand elle sort la poubelle le matin en peignoir avant de s’être maquillée, ça se voit, crois-moi… Mais dis donc, on dirait vraiment qu’elle t’a fait forte impression…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui m’en as parlé (<em>Un temps</em>) Et puis elle a téléphoné au cabinet aujourd’hui pour un détartrage…<br><strong>Femme 2</strong> – Un détartrage… Quand ça ?<br>Homme – Ce soir.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, d’accord… Il faut croire que c’était une urgence. Elle devait être sacrément entartrée…<br><strong>Homme</strong> – Elle a peut-être un rendez-vous important…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est ça, oui… Enfin… Tant que tu ne la ramènes pas à la maison… Parce que là, je te préviens, je suis capable de tout…<br><strong>Homme</strong> – La ramener à la maison… Qu’est-ce que tu vas chercher…?<br><em>Ils commencent à s’éloigner.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Eh bien tu ne remontes pas la poubelle ?<br><strong>Homme</strong> – Si, si… (<em>Il prend la poubelle à roulettes par la poignée et suit sa femme.</em>) Mais quand tu dis capable de tout… Pas à tuer quand même ?<br><em>On entend la sonnerie d’un téléphone en provenance de la poubelle.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Code d’accès</title>
		<link>https://sketchotheque.net/code-dacces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 14:53:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Rendez-vous]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=617</guid>

					<description><![CDATA[<p>Code d’accès, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/code-dacces/">Code d’accès</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme arrive dans le hall, le traverse et, perplexe, se place devant le digicode de la porte donnant accès à l’escalier. Un homme arrive à son tour et se dirige vers la même porte pour composer le code.</em><br><strong>Femme</strong> – Excusez-moi… Je peux entrer avec vous… Je n’ai pas le code…<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui… Enfin… Vous voulez dire que vous n’avez pas le code ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est ce que je viens de vous dire, non ?<br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que… En principe, on doit avoir le code pour rentrer dans cet immeuble. C’est justement ça le principe…<br><strong>Femme</strong> – Le principe ?<br><strong>Homme</strong> – Ceux qui ont le code ont le droit d’entrer, les autres non. À quoi ça sert d’avoir un code, sinon ?<br><strong>Femme</strong> – Ah, d’accord…<br><strong>Homme</strong> – Ben ouais…<br><strong>Femme</strong> – Donc vous ne voulez pas me laisser entrer ?<br><strong>Homme</strong> – Ben non…<br><strong>Femme</strong> – Vous me prenez pour une voleuse, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas, moi… Si vous habitiez dans cet immeuble, pourquoi est-ce que vous n’auriez pas le code ?<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi ? Le code pourrait avoir changé sans que j’en sois avertie.<br><strong>Homme</strong> – Le code n’a pas changé depuis vingt ans.<br><strong>Femme</strong> – Je pourrais l’avoir oublié !<br><strong>Homme</strong> – C’est le genre de code qu’on n’oublie pas, croyez-moi. Beaucoup de personnes âgées habitent dans cet immeuble, alors on a choisi quelque chose de facile à mémoriser. Même un Alzheimer en stade terminal oublierait sa date de naissance avant d’oublier le code de cet immeuble…<br><strong>Femme</strong> – 1515 ? 14-18 ? 16-64 ?<br><strong>Homme</strong> – 16-64 ?<br><strong>Femme</strong> – 16-64, ça ne vous dit rien ?<br><strong>Homme</strong> – Donc, vous n’habitez pas dans cet immeuble…<br><strong>Femme</strong> – Et votre date de naissance, vous vous en souvenez ?<br><strong>Homme</strong> – Puisque vous n’habitez pas ici, qui venez-vous voir ?<br><strong>Femme</strong> – Mais enfin, ça ne vous regarde pas ! Vous êtes de la police ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais c’est mon immeuble.<br><strong>Femme</strong> – Cet immeuble vous appartient ?<br><strong>Homme</strong> – J’en suis copropriétaire. Je veille sur la sécurité des gens qui l’habitent. Et sur l’intégrité de leurs biens.<br><strong>Femme</strong> – Je vois… Vous êtes une sorte de milicien, en somme. Méfiez-vous. À la Libération, certains pourraient avoir envie de vous tondre.<br><strong>Homme</strong> – Dites-moi seulement ce que vous venez faire ici.<br><strong>Femme</strong> – Je viens pour assassiner quelqu’un, ça vous va ?<br><strong>Homme</strong> – À quel étage ?<br><strong>Femme</strong> – Parce que ça change quelque chose ?<br><strong>Homme</strong> – C’est juste pour vérifier que vous n’êtes pas encore en train de mentir.<br><strong>Femme</strong> – La petite vieille du cinquième.<br><strong>Homme</strong> – Au cinquième, c’est un couple d’homos et une fille-mère.<br><strong>Femme</strong> – Une fille-mère ? Mais vous vivez à quelle époque ? À la fin du 19ème ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, bon, ça va… Je voulais dire une mère célibataire…<br><strong>Femme</strong> – Une mère célibataire… Aujourd’hui, on dit une famille monoparentale, figurez-vous !<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, on ne dit pas la petite vieille du cinquième ! Donc vous mentez !<br><strong>Femme</strong> – Évidemment, que je mens. Si j’étais venue pour assassiner quelqu’un, vous croyez vraiment que je vous préciserais l’étage ?<br><strong>Homme</strong> – Ça ne me dit toujours pas ce que vous venez faire ici.<br><strong>Femme</strong> – Au départ, je n’étais pas venue pour tuer quelqu’un, c’est vrai. Mais je dois avouer qu’après vous avoir rencontré, ça me donne des envies de meurtre…<br><strong>Homme</strong> – Très bien, ironisez tant que vous voudrez. Mais tant que je ne saurai pas ce que vous venez faire ici, pas question de vous laisser entrer.<br><strong>Femme</strong> – OK… Je viens voir quelqu’un, ça vous va ?<br><strong>Homme</strong> – Ah oui ? Et qui ça ?<br><strong>Femme</strong> – Le dentiste.<br><strong>Homme</strong> – Vous avez mal aux dents ?<br><strong>Femme</strong> – C’est plus compliqué que ça…<br><strong>Homme</strong> – Quel dentiste, d’abord ? Il y en a au moins trois ou quatre, dans l’immeuble.<br><strong>Femme</strong> – Je ne connais pas son nom. Je veux dire son vrai nom.<br><strong>Homme</strong> – C’est commode…<br><strong>Femme</strong> – Non, justement, ce n’est pas commode. C’est quelqu’un que j’ai rencontré sur le net. Je connais seulement son pseudo.<br><strong>Homme</strong> – Un pseudo ?<br><strong>Femme</strong> – Il m’a donné rendez-vous chez lui, mais il a oublié de me donner le code.<br><strong>Homme</strong> – Il vous donne rendez-vous chez lui, mais il ne vous donne pas le code…<br><strong>Femme</strong> – Il a oublié, je vous dis !<br><strong>Homme</strong> – Hun, hun… Vous n’avez qu’à lui téléphoner.<br><strong>Femme</strong> – Je n’ai pas son numéro.<br><strong>Homme</strong> – Ah, il ne vous a pas donné son numéro non plus. Apparemment, c’est quelqu’un qui tient beaucoup à préserver son intimité… Vous êtes vraiment sûre qu’il vous a invitée à venir chez lui ? Je veux dire, il ne vous a pas donné le code…<br><strong>Femme</strong> – Il m’a donné l’adresse, il m’a dit qu’il habitait au troisième et qu’il était dentiste. Je pense que s’il ne voulait pas me voir…<br><strong>Homme</strong> – Dentiste ? Au troisième… Donc c’est l’adresse de son cabinet. Pas de chez lui.<br><strong>Femme</strong> – Et alors ?<br><strong>Homme</strong> – Cela explique le fait qu’il ait oublié de vous donner le code.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Homme</strong> – Parce que dans la journée, il n’y a pas de code.<br><strong>Femme</strong> – Donc il y a bien un dentiste au troisième.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Alors vous voyez bien que je ne mens pas.<br><strong>Homme</strong> – En même temps, c’est indiqué sur la plaque.<br><strong>Femme</strong> – Quelle plaque ?<br><strong>Homme</strong> – La plaque qui se trouve dehors à l’entrée de cet immeuble.<br><strong>Femme</strong> – D’accord… Donc, vous ne voulez toujours pas me laisser entrer ?<br><strong>Homme</strong> – Ça dépend… C’est quoi, votre pseudo, à vous ?<br><strong>Femme</strong> – Pardon ?<br><strong>Homme</strong> – Vous avez dit que vous ne connaissez ce dentiste que sous son pseudo. J’imagine qu’il ne vous connaît vous aussi que sous un nom de code.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi est-ce que je vous donnerais mon numéro de code ? C’est très personnel, non ? Plus que le code d’accès à un immeuble, en tout cas…<br><strong>Homme</strong> – Disons que c’est donnant donnant.<br><strong>Femme</strong> – Alex343.<br><strong>Homme</strong> – Alex343 ?<br><strong>Femme</strong> – Quoi ? Ça ne vous plaît pas non plus ?<br><strong>Homme</strong> – Si, si… Alex343, c’est un très joli nom. (<em>Changeant de ton</em>) Pour une bien jolie personne… Ça donne envie de connaître les 342 autres Alex.<br><strong>Femme</strong> – Vous me draguez, maintenant ? Vous ne manquez pas d’air ?<br>Homme – Nous sommes partis sur un mauvais pied, mais permettez-moi de me présenter : Domi459.<br><strong>Femme</strong> – Domi459 ? Alors c’est vous ?<br><strong>Homme</strong> – J’espère que vous n’êtes pas trop déçue…<br><strong>Femme</strong> – Non, non, mais… Je ne vous imaginais pas comme ça…<br><strong>Homme</strong> – Excusez-moi pour le code, mais comme en journée, il n’y en a pas…<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Homme</strong> – Et puis on ne sait jamais à qui on a affaire.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison. On n’est jamais trop prudent.<br><strong>Homme</strong> – Vous avez trouvé facilement ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, oui… Jusqu’à ce que j’arrive devant cette porte en tout cas…<br><em>Il lui montre la porte.</em><br><strong>Homme</strong> – Mais allez-y, je vous en prie…<br><strong>Femme</strong> – Euh…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, c’est vrai… Vous n’avez pas le code… Attendez, je passe devant vous… 39-45, c’est facile à se rappeler…<br><strong>Femme</strong> – Oui, c’est pratique…<br><strong>Homme</strong> – Mais au fait, j’ai oublié de me présenter… Comme vous ne me connaissez que sous mon pseudo…<br><strong>Femme</strong> – Votre nom est inscrit sur la plaque à l’entrée de l’immeuble.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, c’est vrai ! Et vous, votre vrai nom, c’est quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si vous permettez, j’attendrai de vous connaître un peu mieux avant de vous donner le code d’accès…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Un cœur pour deux</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-coeur-pour-deux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 09:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Compétition]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un cœur pour deux, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron lit le journal derrière le comptoir. Deux hommes arrivent et s’asseyent à une table.</em><br><strong>Un</strong> – Café ? (<em>L’autre acquiesce.</em>) Marcel ! Deux cafés.<br><strong>Deux</strong> – Il s’appelle Marcel ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Tous les patrons de bistrot je les appelle Marcel. Comme ça je suis sûr de ne pas me tromper.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – C’est un patient à moi. Je lui ai retiré l’appendice il y a dix ans, les hémorroïdes il y a cinq ans, la thyroïde il y a trois ans, et un poumon l’année dernière.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben… Il peut te dire merci. Grâce à toi, il a perdu au moins trois kilos.<br><em>Le patron apporte les cafés.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà Docteur…<br><strong>Deux</strong> – Au moins, il t’a reconnu.<br><strong>Un</strong> – Je ne suis même pas sûr. Il appelle tous ses clients Docteurs. Comme on est en face de l’hôpital… Au pire, s’ils ne sont pas médecins, ça les flatte (<em>Ils remuent leur café en silence avant de le boire.</em>) Alors ça y est, on a un donneur ?<br><strong>Deux</strong> – Il semblerait…<br><strong>Un</strong> – Une femme qui s’est jetée sous les roues d’un camion, juste devant l’hôpital.<br><strong>Deux</strong> – Jetée ?<br><strong>Un</strong> – On ne sait pas très bien… C’était peut-être un accident… C’est la tête qui a tout pris. Mort cérébrale. Le reste est en parfait état. On attend la décision de la famille.<br><strong>Deux</strong> – Très bien.<br><strong>Un</strong> – Oui, sauf qu’on a deux patients qui attendent une greffe…<br><strong>Deux</strong> – Ah, toi aussi ?<br><strong>Un</strong> – Tu le sais très bien.<br>Deux – Je pensais que toi, c’était un foie…<br><strong>Un</strong> – C’est un cœur.<br><strong>Deux</strong> – Un cœur pour deux… Avec deux patients qui ont des dossiers très similaires. Ça ne va pas être facile de les départager.<br><strong>Un</strong> – Alors comment on fait ? On tire à pile ou face ?<br><strong>Deux</strong> – Chiche !<br><em>L’autre sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Un seul de nos deux patients sera vivant dans un mois. Pile le tien, face le mien.<br>Il lance la pièce, la rattrape, et regarde dans sa paume. Avant de la ranger.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça ne marche pas comme ça, on le sait bien…<br><strong>Un</strong> – Non. (<em>Un temps</em>) Ça fait combien de temps qu’on se connaît ?<br><strong>Deux</strong> – Depuis la fac…<br><strong>Un</strong> – En deuxième année, je crois.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – On était amoureux de la même fille.<br><strong>Deux</strong> – Une étudiante de première année.<br><strong>Un</strong> – Qui est devenue ta femme.<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas ce qu’elle a bien pu me trouver… de plus qu’à toi.<br><strong>Un</strong> – Tu avais fait courir le bruit à la fac que j’avais un micro-pénis. Je crois même que tu avais fait circuler un montage photos…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai. J’avais oublié ça.<br><strong>Un</strong> – Je ne l’ai appris que très longtemps après.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas qu’elle avalerait un truc aussi énorme.<br><strong>Un</strong> – On parle toujours de mon micro-pénis ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment que c’est pour ça qu’elle m’a choisi ?<br><strong>Un</strong> – Ça a dû jouer… J’étais vraiment très amoureux d’elle, tu sais…<br><strong>Deux</strong> – Un cœur pour deux… Il y en a forcément un qui reste sur le carreau.<br><strong>Un</strong> – Cette fois-là, c’était moi.<br><strong>Deux</strong> – Elle m’a quitté quelques années après. Tu ne l’as jamais revue ?<br><strong>Un</strong> – Si… Une fois… Je venais de divorcer, moi aussi… On a dîné ensemble… Et puis rien…<br><strong>Deux</strong> – Mais elle savait pour…?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai pas osé lui demander… Tu me vois, entre le café et l’addition, lui glisser à l’oreille que contrairement à ce que prétendait son ex, j’avais une bite de taille normale ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Je crois surtout que c’était trop tard… Je ne sais pas si la vengeance est un plat qui se mange froid, mais l’amour n’est pas un plat qui se mange réchauffé.<br><strong>Deux</strong> – Alors tu veux te venger ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais il me semble que tu me dois un cœur.<br><strong>Deux</strong> – Tu as une lecture très personnelle du serment d’Hippocrate… Qu’est-ce qui te motive à ce point pour sauver ton patient ?<br><strong>Un</strong> – Disons que j’ai noué avec lui une relation… très spéciale.<br><strong>Deux</strong> – Mais tu sais bien que ça ne marche pas comme ça non plus.<br><strong>Un</strong> – Ah non ?<br><strong>Deux</strong> – Tu me demandes de condamner mon patient par avance ?<br><strong>Un</strong> – Tu l’as dit. Un cœur pour deux… Il y en a forcément un qui reste sur le carreau.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne tient pas qu’à moi, tu le sais bien. C’est une décision collégiale.<br><strong>Un</strong> – Mais tu pourrais charger un peu le dossier de ton patient, pour que celui du mien apparaisse plus convainquant.<br><strong>Deux</strong> – Et si je refuse ?<br><strong>Un</strong> – Je pourrais faire courir une rumeur, moi aussi. Mais je ne suis pas sûr que celle-là sera fausse.<br><strong>Deux</strong> – Par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Les infirmières ne restent jamais longtemps dans ton service, on sait tous les deux pourquoi. Et la fille qui vient de se faire écraser devant l’hôpital, volontairement ou pas, elle travaillait pour toi.<br><strong>Deux</strong> – Je vais voir ce que je peux faire…<br><em>Il s’apprête à sortir un billet.</em><br><strong>Un</strong> – Laisse, le café c’est pour moi.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Cœur à prendre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coeur-a-prendre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 15:34:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cœur à prendre, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Le patron est derrière son bar, en train d’essuyer des verres. Une femme arrive, ne respirant pas la joie de vivre. Sans un regard vers lui, elle vient s’installer au comptoir. Le patron l’observe un instant du coin de l’œil.</em><br><strong>Patron</strong> – Madame… Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ?<br><strong>Elle</strong> – Vous avez de l’arsenic ?<br><strong>Patron</strong> – C’est pour emporter ou pour consommer sur place ?<br><strong>Elle</strong> – J’hésite encore…<br><strong>Patron</strong> – Prenez un café en attendant. Avec un petit calva, ça vous remontera. Le calva c’est pour moi.<br><strong>Elle</strong> – Un calva ? À cette heure-ci ?<br><strong>Patron</strong> – Sachez que le calva est connu depuis l’Antiquité pour ses vertus anti-dépressives. J’en prescris tous les jours à mes clients, et personne ne s’est encore suicidé jusqu’à maintenant.<br><strong>Elle</strong> – C’est gentil, mais je me contenterai du café. Je travaille à l’hôpital, juste en face.<br><em>Il lui prépare son café.</em><br><strong>Patron</strong> – Aide-soignante… Ça ne doit pas être marrant tous les jours…<br><strong>Elle</strong> – Chirurgien.<br><strong>Patron</strong> – Ah… Pardon Docteur…<br><strong>Elle</strong> – C’est un peu mieux payé, mais ce n’est pas forcément plus marrant.<br><strong>Patron</strong> – Je vois ça…<br><strong>Elle</strong> – Et encore, je ne vous parle que de mon boulot. Heureusement que je bosse jour et nuit. Ne pas avoir de vie privée, ça n’a pas que des inconvénients, vous savez… quand on a une vie de merde…<br><em>Il lui tend un journal.</em><br><strong>Patron</strong> – Jetez un coup d’œil à votre horoscope, il prévoit peut-être une amélioration passagère.<br><em>Elle jette un regard au journal.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>lisant</em>) – « Vous donnerez votre cœur à un inconnu »…<br><em>Elle repose le journal sur le comptoir.</em><br><strong>Patron</strong> – C’est une bonne nouvelle, non ?<br><strong>Elle</strong> – Ça dépend.<br><strong>Patron</strong> – Il ne faut pas donner son cœur à n’importe qui, c’est sûr.<br><strong>Elle</strong> – Et surtout, il vaut mieux le donner de son vivant.<br><strong>Patron</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>Elle</strong> – « Vous donnerez votre cœur à un inconnu »… Regardez, ce n’est pas à la rubrique amour, c’est à la rubrique santé…<br><strong>Patron</strong> – Ça doit être une erreur…<br><strong>Elle</strong> – J’ai un patient qui attend une transplantation cardiaque. Il nous manque juste un donneur en bonne santé. Mais mort de préférence.<br><strong>Patron</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle </strong>– On ne peut rien faire d’autre que d’attendre… Il faudra que quelqu’un meurt pour qu’un autre vive.<br><strong>Patron</strong> – C’est le destin…<br><strong>Elle</strong> – Un accident est si vite arrivé. Après tout ce sera peut-être moi. Puisque c’est dans mon horoscope.<br><em>Il pose le café devant elle.</em><br><strong>Patron</strong> – Décidément, vous êtes de nature optimiste…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas eu d’enfant, ce serait ma dernière chance de donner la vie…<br><strong>Patron</strong> – Vous êtes vraiment sûre que vous ne voulez pas ce calva ?<br><strong>Elle</strong> – Jamais pendant le service… Si un donneur se présente et que je dois opérer dans une heure…<br><strong>Patron</strong> – Si c’est vous le donneur, il n’y aura plus personne pour faire cette opération.<br><strong>Elle</strong> – En matière de transplantations cardiaques, ce sont les donneurs qui manquent, pas les chirurgiens. Ce genre d’opérations, ça reste exceptionnel. J’en connais qui seraient prêts à tuer pour réaliser leur première transplantation.<br><strong>Patron</strong> – Bon, alors c’est moi qui vais le boire ce calva, et je vous offre le café.<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes un drôle de cafetier. Ce n’est pas comme ça que vous allez faire des affaires.<em><br>Le patron se sert un calva et le boit cul sec.</em><br><strong>Patron</strong> – Il y a longtemps que j’ai renoncé à l’idée de faire fortune. Et puis je n’offre pas le café à tout le monde, vous savez…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi moi ? On ne peut pas dire que je sois d’un commerce agréable…<br><strong>Patron</strong> – Je me suis toujours méfié des gens trop aimables. J’ai mes têtes, c’est tout. Il y en a qui me reviennent et d’autres pas.<br><strong>Elle</strong> – En somme, j’ai de la chance, alors…<br><strong>Patron</strong> – Remarquez, on ne se connaît pas… C’est peut-être moi, votre bel inconnu…<br><strong>Elle</strong> – Allez savoir… Bon, il faut que je file…<br><strong>Patron</strong> – Encore une vie à sauver ?<br><strong>Elle</strong> – Non, mais je suis garée sur une place « handicapé ».<br><strong>Patron</strong> – Avec votre caducée sur le pare-brise, vous pouvez vous garer n’importe où sans avoir d’amende, non ? Rien que pour ça, j’aurais aimé faire médecine.<br><strong>Elle</strong> – Merci pour le café…<br><strong>Patron</strong> – Faites bien attention en traversant la rue.<br><strong>Elle</strong> – On vient à peine de se rencontrer, et vous êtes déjà une mère pour moi. Si je suis encore célibataire dans dix ans, faites-moi penser à vous épouser.<br><strong>Patron</strong> – Hélas… qui aurait envie d’épouser sa mère ? (<em>Elle sort</em>.) C’est le drame de ma vie…<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Salle d’attente</title>
		<link>https://sketchotheque.net/salle-dattente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Mar 2025 17:07:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Dentiste]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Salle d'attente]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Salle d'attente, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il entre.</em><br><strong>Lui</strong> (<em>avec une amabilité convenue</em>) – Bonsoir.<br><strong>Elle</strong> (<em>simplement polie</em>) – Bonsoir…<br><em>Il fait les cent pas en examinant les lieux, un peu gêné.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous avez rendez-vous à quelle heure ?<br><strong>Elle</strong> – Je suis un peu en avance…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous n’avez vu personne ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Bon…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est mon premier rendez-vous… Elle est comment…?<br><strong>Elle</strong> – Elle ?<br><strong>Lui</strong> – C’était une femme, au téléphone…<br><em>Air dubitatif de la femme, qui ne répond pas.</em><br><strong>Elle</strong> – Ils sont peut-être deux…<br><strong>Lui</strong> – Alors pour vous aussi, c’est… la première fois.<br><em>Elle ne répond pas.</em><br><strong>Lui</strong> – Oh… Un homme ou une femme… Le principal, c’est qu’ils soient compétents…<br><em>Sourire un peu forcé de la femme. Et nouveau silence embarrassé.</em><br><strong>Lui</strong> – Je peux vous céder ma place, si ça vous arrange… Comme vous étiez là avant moi…<br><strong>Elle</strong> (<em>froidement</em>) – Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.<br><strong>Lui</strong> – Pardon… Je vous laisse tranquille… C’est parce que je suis un peu nerveux…<br><em>La femme semble culpabiliser de l’avoir rembarré.</em><br><strong>Elle</strong> – Moi aussi, je suis nerveuse… J’ai horreur d’attendre…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que vous arrivez en avance à vos rendez-vous…<br><em>La femme se demande comment elle doit le prendre. Il jette un regard vers une pendule qui peut rester imaginaire.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est la première fois que je vois une pendule dans une salle d’attente…<br><em>Il regarde sa montre.</em><br><strong>Lui</strong> – Ils ont oublié de la remettre à l’heure…<br><em>La femme ne prête guère attention à ces propos.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre… de mettre dans une salle d’attente une pendule qui n’est même pas à l’heure… Remarquez, eux non plus, ne sont jamais à l’heure, alors…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça doit faire partie du jeu…<br><strong>Elle</strong> – Quel jeu ?<br><strong>Lui</strong> – De nous faire attendre, comme ça… Ce n’est pas pour rien qu’on nous appelle des patients…<br><em>Un temps.</em><br>Lui (<em>inquiet</em>) – Vous n’avez pas entendu quelque chose ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><em>Il va vers la porte par laquelle il est entré et actionne la poignée, sans parvenir à l’ouvrir.</em><br><strong>Lui</strong> – Fermée…<br><strong>Elle</strong> (<em>très inquiète</em>) – Fermée ? Vous voulez dire… à clef ?<br><strong>Lui</strong> – Cette fois, on ne peut plus reculer…<br><em>Il va vers la porte située de l’autre côté, qu’on suppose être celle du cabinet, et tente d’actionner la poignée, sans plus de résultat. Il se retourne vers la femme.</em><br><strong>Lui</strong> – Fermée aussi…<br><em>La femme prend conscience de la situation et commence à paniquer.</em><br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ils nous ont enfermés comme ça ? Je suis claustrophobe…<br><em>Il voudrait bien la réconforter, mais commence à être très inquiet lui aussi.</em><br><em>La femme regarde autour d’elle, paniquée.</em><br><strong>Elle</strong> – Il n’y a aucune fenêtre… On va mourir étouffés…<br><strong>Lui</strong> (<em>prenant sur lui</em>) – Mais non, voyons… Et puis on a nos téléphones portables…!<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas de téléphone portable…<br><strong>Lui</strong> – Mais moi, si !<br><em>Il sort son téléphone portable et tente de composer un numéro, mais déchante bientôt.</em><br><strong>Lui</strong> – Mince, je n’ai plus de batterie… (<em>Tentant de rester confiant, malgré tout</em>) Mais il doit bien y avoir une prise quelque part…<br><em>Ils se mettent à chercher tous les deux, d’abord debout, puis à genoux.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne vois rien… Et vous ?<br><strong>Lui</strong> (<em>depuis le derrière du canapé</em>) – Non… Ah si…<br><em>Il se relève et brandit quelque chose.</em><br><strong>Lui</strong> – J’ai trouvé un préservatif…<br><strong>Elle</strong> – Vous croyez vraiment que c’est le moment ?<br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, à part attendre… Ils vont peut-être revenir…<br><em>Ils se calment un instant, résignés.</em><br><strong>Elle</strong> – Pourquoi vous êtes venu, vous ?<br><em>Il la regarde, un peu pris de court.</em><br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi… D’ailleurs, moi non plus, je ne sais pas très bien ce que je fais là… Mais c’est une raison suffisante pour être venue, non…? Je veux dire, de ne pas savoir ce qu’on fait là…<br><em>Elle semble au bord de l’évanouissement.</em><br><strong>Lui</strong> – Allongez-vous…<br><em>Elle s’apprête à s’allonger, comme sur le divan d’un psy, mais a soudain un mouvement de recul.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est vous ?<br><strong>Lui</strong> – Comment ça, moi ?<br><strong>Elle</strong> – Alors tout ça, c’est une mise en scène pour me déstabiliser ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous proposais seulement de vous allonger un peu, pour vous reposer…<br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi, je commence à délirer… (<em>Regardant la pendule et semblant comprendre quelque chose</em>) Mais, j’y repense… Ce n’est pas hier soir, qu’on changeait d’heure ?<br><strong>Lui</strong> – Si…<br><strong>Elle</strong> – J’ai complètement oublié d’avancer ma montre !<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Alors j’ai une heure de retard ! Moi qui pensais être en avance ! Voilà pourquoi mon psy est déjà parti ! Il a dû fermer les portes en partant, en pensant qu’il n’y avait plus personne…<br><strong>Lui</strong> – Votre psy…? On n’est pas dans un cabinet dentaire ?<br><strong>Elle</strong> – Le dentiste, c’est en face…<br><strong>Lui</strong> – Non ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, si !<br><em>Il porte brusquement sa main à sa joue.</em><br>Lui (<em>avec une grimace de douleur</em>) – Aouh…! Ça y est, c’est reparti…<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Ma dent de sagesse ! C’est pour ça que je suis venu !<br><strong>Elle</strong> – Vous, au moins, vous savez pourquoi vous êtes là…<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin… Venir chez un psychanalyste pour se faire ôter une dent de sagesse…<br><strong>Elle</strong> – C’est son nom qui a dû vous induire en erreur…<br><strong>Lui</strong> – Son nom…?<br><strong>Elle</strong> – Le Docteur Adam… C’est vrai qu’on peut confondre…<br><em>Il la regarde sans comprendre.</em><br><strong>Elle</strong> – À Dents ! On pense plutôt à un dentiste…<br><strong>Lui</strong> – Je n’avais jamais pensé à ça… Et la dentiste…?<br><strong>Elle</strong> – C’est moi…<br><strong>Lui</strong> – Pardon…?<br><strong>Elle</strong> – On peut être dentiste et avoir besoin d’un psy, vous savez… C’est rare, mais… Ça peut arriver…<br><strong>Lui</strong> – Mais alors… vous allez pouvoir faire quelque chose pour moi…<br><strong>Elle</strong> (<em>interloquée</em>) – C’est que… Je ne suis pas dans mon cabinet… Je n’ai pas mes instruments…<br><em>Elle semble se raviser.</em><br><strong>Elle</strong> – Faites voir…<br><em>Il ouvre la bouche et elle regarde.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah, oui, c’est très enflammé… Et ça bouge déjà pas mal. Peut-être qu’en tirant un peu dessus.<br><strong>Lui</strong> – Aïe !!! (<em>Il referme la bouche</em>) Vous êtes sûr que vous êtes dentiste ?<br><strong>Elle</strong> (<em>blessée</em>) – Vous me prenez pour une affabulatrice, c’est ça… Alors pour vous, parce qu’on va voir un psy, on est complètement fou…<br><strong>Lui</strong> – Mais pas du tout… C’est juste que… Vous m’avez fait mal, c’est tout…<br><strong>Elle</strong> – Eh oui… C’est ce que j’entends toute la journée, figurez-vous. Vous m’avez fait mal… Comme si je leur faisais mal par plaisir…<br><em>Il se tient la joue.</em><br><strong>Lui</strong> – Pourquoi on appelle ça des dents de sagesse, au juste…?<br><strong>Elle</strong> – Parce qu’elles poussent à l’âge de raison, j’imagine…<br><strong>Lui</strong> – Alors pourquoi faut-il absolument que ça fasse un mal de chien, les dents de sagesse, au point qu’on soit obligé de se les faire enlever…?<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes vraiment psy…?<br><strong>Lui</strong> – On peut être psy et avoir mal aux dents, vous savez… Excusez-moi d’insister, mais… Vous êtes sûre qu’on n’est pas dans un cabinet dentaire…?<br><strong>Elle</strong> – Alors je serais enfermée dans ma propre salle d’attente, en pensant que je suis dans un cabinet de psy…? Vous me prenez vraiment pour une folle !<br><em>Silence.</em><br><strong>Lui</strong> – En même temps, il n’y a rien qui ressemble autant à une salle d’attente qu’une autre salle d’attente… Et la pendule n’a pas été remise à l’heure… Comme votre montre…<br><strong>Elle</strong> (<em>fermement</em>) – Le dentiste, c’est à droite, et le psy à gauche !<br><strong>Lui</strong> – Bon, bon…<br><em>Pour se donner une contenance, il parcourt la pièce et se plante devant une reproduction de tableau (qui peut rester imaginaire).</em><br><strong>Lui</strong> – Le Cri… Un grand classique des salles d’attente… Ça marche aussi bien pour les dentistes que pour les psychanalystes…<br><strong>Elle</strong> – Oui… J’ai le même dans ma salle d’attente… (<em>Elle le regarde, prise d’un doute, fouille dans sa poche et en sort une clef.</em>) Je vais quand même vérifier… J’ai la clef de mon cabinet dans ma poche… (<em>Elle se dirige vers la porte et l’ouvre sans difficulté.</em>) Vous me suivez, Docteur…? On va s’occuper de cette dent de sagesse…<br><em>Il la regarde, interloqué.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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