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	<title>Archives des Editeur - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Editeur - La Sketchothèque</title>
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		<title>Noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, un gros cahier à la main.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour, bonjour… Entrez, entrez…<br><strong>Lui</strong> – Merci, merci…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas eu trop de mal pour venir ? Avec ces grèves…<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste en face.<br><strong>Elle</strong> – En face ? Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – L’immeuble en face.<br><strong>Elle</strong> – D’accord, d’accord… Je ne savais pas que… C’est curieux, j’étais persuadée que cette fenêtre-là, sur le mur d’en face, c’était un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Oui. Que la fenêtre était peinte sur le mur. Je n’ai jamais rien vu bouger derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Et pourtant, je suis là, vous voyez…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et donc, de votre salon, vous voyez tout ce qui se passe ici.<br><strong>Lui</strong> – Absolument tout…<br><em>Elle rit nerveusement, comme pour se rassurer.</em><br><strong>Elle</strong> – Remarquez… qu’est-ce qui pourrait bien se passer d’intéressant dans le bureau d’un agent littéraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ça, c’est à vous de me le dire.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, bien sûr… Alors, ce nouveau roman, ça avance ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… J’espère que c’est original, parce que vous savez, en ce moment… La rentrée littéraire est de plus en plus encombrée… Des tas de gens qui racontent leur petite vie, et leurs petits malheurs, persuadés que ça va passionner la Terre entière.<br><strong>Lui</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas une autofiction.<br><strong>Elle</strong> – Tant mieux, tant mieux… Non, ce dont on aurait besoin aujourd’hui, c’est d’un nouveau Robbe-Grillet. D’un nouveau Perec. D’un nouveau Butor. Quelqu’un qui soit encore capable de renouveler les codes du roman classique.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir. Ça va vous étonner. Et je ne serais pas surpris qu’en sortant d’ici, vous me traitiez de butor.<br><strong>Elle</strong> – Mais bien sûr ! Il faut tout faire péter. Comme en mai 68. On sait que ça ne durera pas, que six mois après on votera pour De Gaulle, et que soixante ans après c’est Cohn-Bendit qui se prendra pour De Gaulle, mais sur le moment, ça soulage…<br><strong>Lui</strong> – C’est drôle que vous disiez « soulage » parce que justement… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez jeté un coup d’œil à mon manuscrit…<br><strong>Elle</strong> – Là… vous commencez à m’intriguer, cher ami. J’ai hâte de voir ça. Vous m’avez apporté quelques bonnes feuilles ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé. Tenez, si vous voulez y jeter un coup d’œil…<br><em>Il lui tend le gros cahier.</em><br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… Ah oui, c’est du lourd, on dirait… Ce n’est pas trop long quand même ? Vous savez, maintenant, au-delà de 200 pages… Que voulez-vous ? C’est la génération SMS. Les gens ont perdu l’habitude de tourner les pages…<br><em>Elle sort ses lunettes de presbyte.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça fera dans les 900 pages. Mais vous verrez, ça se lit très facilement.<br><strong>Elle</strong> – Bon, bon… Et c’est quoi, le titre ?<br><strong>Lui</strong> – Le blanc et le noir.<br><strong>Elle</strong> – Le blanc et le noir… Un hommage à Stendhal, peut-être ?<br><strong>Lui</strong> – À Soulages, plutôt… C’est pour ça que tout à l’heure, je vous disais que…<br><strong>Elle</strong> – Soulages ? Tiens donc… J’adore Soulages.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, pour le titre, j’avais d’abord pensé à… Les mémoires d’outrenoir.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Un clin d’œil à Chateaubriand, donc… Mais dites-moi, Stendhal, Chateaubriand… Vous êtes sûr qu’avec tout ça, vous allez vraiment révolutionner l’histoire de la littérature ?<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir, c’est très étonnant.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… alors voyons ça.<br><em>Elle ouvre le cahier et commence à regarder. Elle tourne quelques pages.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous laisse le temps de vous faire une idée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais dites-moi. Apparemment, vous avez laissé quelques pages blanches au début. Ça commence à quelle page, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – C’est déjà commencé.<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Ces pages blanches, ça fait partie du roman.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de vous suivre…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avais dit que ça vous surprendrait. Alors voilà. J’ai calculé que sur une page de roman, en moyenne, les caractères d’imprimerie, en noir donc, occupent huit pour cent de la surface de la page blanche.<br><strong>Elle</strong> – Huit pour cent ?<br><strong>Lui</strong> – En moyenne. Ça dépend du type de caractères employés par l’imprimeur, évidemment. Pour un caractère plus gros et plus gras, ça peut monter jusqu’à neuf ou même dix pour cent.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment…? Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Donc, j’ai eu l’idée de séparer le blanc du noir.<br><strong>Elle</strong> – Voyez-vous ça.<br><strong>Lui</strong> – Après, je me suis demandé si je devais mettre le blanc d’abord et ensuite le noir, ou bien l’inverse…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, j’ai décidé de commencer par le blanc… Pour créer… une attente de la part du lecteur, vous voyez ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois, je vois…<br><strong>Lui</strong> – Une sorte de suspense, si vous préférez.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de savoir ce que je préfère… (<em>Tournant les pages</em>) Et donc, toutes les pages sont blanches.<br><strong>Lui</strong> – Pas du tout. Et c’est là où ça devient intéressant. Pour simplifier, je suis parti sur une moyenne de dix pour cent. Donc, systématiquement, après neuf pages blanches vient une page noire.<br><strong>Elle</strong> – Noire ?<br><strong>Lui</strong> – Totalement noire.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi noire ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que ça vous déstabiliserait un peu. Mais c’est ce que vous vouliez, non ? Du nouveau ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Lui</strong> – Cette page noire, qui vient après neuf pages blanches, rassemble toute l’encre qu’on aurait normalement dû utiliser pour noircir, comme on dit, les neuf pages précédentes, qui en l’occurrence, dans mon roman, resteront vierges. Vous comprenez ?<br><strong>Elle</strong> – Je comprends, je comprends…<br><strong>Lui</strong> – Je vois que ça vous laisse un peu perplexe, c’est normal. Comme tout ce qui est nouveau, ça peut surprendre un peu au début, alors vous me permettrez d’utiliser une métaphore, pour vous aider à mieux appréhender le caractère révolutionnaire de ce roman.<br><strong>Elle</strong> – Une métaphore ?<br><strong>Lui</strong> – Un roman, c’est comme une omelette. Mais des omelettes comme ça, on en a fait le tour. On a beau rajouter des oignons, des pommes de terre, des herbes de Provence… Une omelette, ça reste une omelette. Là, je fais un choix radical, et je reviens aux fondamentaux. Je sépare le blanc du jaune. Ou le blanc du noir, en l’occurrence. D’où le titre…<br><strong>Elle</strong> – Vous vous foutez de moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que vous alliez dire ça… Mais non… Pas plus que tous ces peintres qui vous vendent des tableaux complètement blancs ou complètement noirs, en baptisant pompeusement ça monochrome !<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Ce premier roman du genre est un geste fondateur. Par la suite, bien sûr, je pourrais en écrire d’autres, dans lesquels le blanc ne sera plus tout à fait blanc, et le noir plus tout à fait noir. Mais attention ! Toujours en respectant cette proportion sacrée de dix pour cent !<br><strong>Elle</strong> – Dix pour cent.<br><strong>Lui</strong> – Les peintres ont bien leur nombre d’or, pourquoi pas nous, les auteurs ? Et la preuve que ce chiffre est sacré, dix pour cent, c’est ce que vous me prenez en tant qu’agent sur tous mes droits d’auteur !<br><strong>Elle</strong> – Et vous croyez vraiment que je vais vous verser une avance pour cette fumisterie ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous l’ai dit, j’habite juste en face… et de chez moi, je vois tout ce qui se passe dans ce bureau.<br><strong>Elle</strong> – Tout ?<br><strong>Lui</strong> – Tout. J’ai même des vidéos…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et… vous voulez combien, pour oublier tout ce que vous avez vu ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Auteur anonyme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auteur-anonyme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:57:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
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		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auteur anonyme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là, debout au milieu de la scène vide, et jette un regard autour d’elle. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Ah, tu es là ! Je te cherchais partout…<br><strong>Elle</strong> – Ça y est, le dernier camion vient de partir avec les derniers cartons.<br><strong>Lui</strong> – Tu as regardé partout ? Il ne reste plus rien dans la maison ?<br><strong>Elle</strong> – Plus rien. À part nos souvenirs…<br><em>Il pose une main sur son épaule.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez… On va s’en fabriquer d’autres !<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr… Mais les projets, ça n’empêche pas la nostalgie.<br><strong>Lui</strong> – Tu regrettes ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens la première fois où on est entrés dans cette maison, pour la visiter ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était vide aussi.<br><strong>Lui</strong> – Et entre ces deux vides, on a vécu. On a rempli cette maison. De meubles. De tableaux. D’enfants…<br><strong>Elle</strong> – Et elle nous a remplis. De joie. De bonheur. De souvenirs.<br><strong>Lui</strong> – On les emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – Et on laisse cet endroit presqu’aussi propre qu’on l’a trouvé en entrant.<br><strong>Lui</strong> – Beaucoup plus propre, si tu veux mon avis.<br><strong>Elle</strong> – Qui seront les suivants ? On ne sait rien d’eux.<br><strong>Lui</strong> – Et iIs ne sauront rien de nous.<br><strong>Elle</strong> – Comme nous ne savons rien de ceux qui nous ont précédés ici.<br><strong>Lui</strong> – Les gens passent, les maisons restent.<br><strong>Elle</strong> – Jusqu’à ce que les maisons s’écroulent elles aussi. Ou qu’on les démolisse. Pour construire des immeubles à la place.<br><strong>Lui</strong> – Il y a aussi des maisons hantées par de mauvais souvenirs.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Toutes les maisons ont une histoire. Des histoires.<br><strong>Lui</strong> – Comme l’histoire d’un crime, par exemple.<br><strong>Elle</strong> – Un crime ?<br><strong>Lui</strong> – Tous les crimes n’ont pas lieu en plein air, tu sais. La plupart sont perpétrés à domicile. En famille, souvent… Et quand ce crime fait la une des faits divers, la maison devient invendable. J’imagine que parfois, on doit même finir par la démolir, pour en reconstruire une autre à la place. Une maison sans histoire…<br><strong>Elle</strong> – Merci, ça me remonte le moral, ce que tu dis.<br><strong>Lui</strong> – On ne sait pas… Peut-être que cette maison, avant nous, n’a pas abrité que des moments heureux.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on n’a jamais trouvé de cadavres dans les placards.<br><strong>Lui</strong> – Peut-être que si on avait creusé dans la cave…<br><strong>Elle</strong> – Bon… Ben du coup, je préfère autant qu’on y aille, maintenant.<br><strong>Lui</strong> – Tu vois ? Il suffisait de demander…<br><strong>Elle</strong> – Merci… Je sais que je peux toujours compter sur toi dans les moments difficiles.<br><em>Ils se dirigent vers la sortie. Elle se baisse et ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Un manuscrit, apparemment.<br><strong>Lui</strong> – Un manuscrit ?<br><strong>Elle</strong> – On dirait une pièce de théâtre.<br><strong>Lui</strong> – À quoi tu vois ça ?<br><em>Elle feuillette le manuscrit.</em><br><strong>Elle</strong> – Avec des gens qui parlent, si tu préfères. Pas comme un roman.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Des dialogues…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est le scénario d’un film.<br><strong>Lui</strong> – Ça parle d’un crime ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il avait dû rester coincé derrière un radiateur, et avec le déménagement, il est tombé par terre. Le papier est complètement jauni.<br><strong>Elle</strong> – Mais ça reste lisible. Après toutes ces années. Tu te rends compte ?<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi ? Une comédie ? Un drame ?<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait le lire.<br><strong>Lui</strong> – Qui a bien pu écrire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un qui habitait ici avant nous, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue… Et si c’était un chef d’œuvre…<br><strong>Elle</strong> – Ça peut aussi être un navet.<br><strong>Lui</strong> – C’est signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Je ne vois pas le nom de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être inédit. Un manuscrit anonyme, tu te rends compte ? Tu pourrais le signer et le publier… Tu es éditrice. Pour toi, ce serait facile.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait un plagiat.<br><strong>Lui</strong> – Si l’auteur est mort. Et que personne ne sait qu’il a écrit ça…<br><strong>Elle</strong> – Je vais commencer par le lire…<br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – On quitte cette maison, et c’est l’histoire de quelqu’un d’autre qu’on emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – J’espère que ce n’est pas un drame…<br><strong>Lui</strong> – Au moins, on n’a pas trouvé de cadavre.<br><strong>Elle</strong> – Ça me donnerait presque envie de chercher…<br><strong>Lui</strong> – Tu crois ?<br><strong>Elle</strong> – L’auteur est peut-être enterré dans la cave…<br><em>Ils s’en vont.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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