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	<title>Archives des Auteur - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Auteur - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Auto-stop</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auto-stop/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:50:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
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		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Auto-stop, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez où&nbsp;? Vous ne savez pas…? Bon, ben…montez, je vous emmène. Vous n’avez que ça comme bagages&nbsp;? Vous avez raison. Quand on ne sait pas où on va, pas la peine de se charger. Moi, j’ai juste un petit sac. Une brosse à dents. Des chaussettes de rechange. Un maillot de bain, au cas où… N’oubliez pas d’attacher votre ceinture, il y a des contrôles, parfois. Moi non plus, d’ailleurs, je ne sais pas très bien où je vais. J’ai pris quelques jours. Je vais essayer de trouver un endroit calme, pour faire le point. J’ai une vague idée de roman… Avec les ordinateurs portables, maintenant, c’est pratique. On peut écrire où on veut. Même chez soi. J’ai aussi internet, là-dessus&nbsp;! Quand je quitte la maison, j’emmène la boîte aux lettres. C’est pas mal, ce coin, non&nbsp;? Dommage qu’ils annoncent un temps pourri. J’aime bien rouler, comme ça. Déjà parti, pas encore arrivé. J’ai l’impression d’exister un peu. Ça doit être pour ça que je ne finis jamais rien. Le nombre de romans que j’ai pu commencer&nbsp;! Quand j’étais gosse, ce que je préférais, c’était le trajet entre chez moi et l’école. Je faisais durer le plaisir, en allant le plus lentement possible. Mais… on a beau prendre son temps, on finit toujours par arriver quelque part. Il faut absolument que je mette de l’essence, là. Vous me dites si vous voyez une pompe ? Ouais… Quand j’étais gamin, j’étais terrifié par la certitude que j’allais mourir un jour. C’est le destin de tout le monde, hein&nbsp;? Alors j’ai d’abord tenté de me persuader que je n’étais pas comme tout le monde. Mais très vite, j’ai dû me faire à l’idée que je n’étais pas Jésus-Christ. Seul un temps élastique me séparait d’une mort certaine. Peut-être même prématurée&nbsp;! Non seulement j’étais sûr de mourir, mais je ne savais pas quand. Bref, ça devenait urgent de ralentir pour ne pas mourir de façon précipitée. Qu’est-ce qu’il a à klaxonner comme ça, celui-là&nbsp;? Double, si tu es tellement pressé&nbsp;! Je disais quoi ? Oui, donc, faute de pouvoir arrêter le temps, après, j’ai essayé de retenir chaque instant. Pour qu’il s’écoule moins vite, voyez. Avec l’espoir secret qu’un souvenir plus dense finirait par enrayer le sablier. Pour commencer, j’ai choisi un moment, au hasard, et j’ai décidé arbitrairement de le retenir toute ma vie. Et ça a marché ! La première fois… Un moment inoubliable ! Quoique absolument sans intérêt… Je n’ai jamais pu réitérer cet exploit. De toute façon, depuis le temps, j’ai changé de point de vue sur l’existence, hein&nbsp;? On meurt, bien sûr, mais on ne disparaît jamais complètement. Rien ne se perd, rien ne se crée. Hélas, avec le temps, cette certitude d’un éternel retour me terrorise encore plus que celle d’une fin définitive. Ça ne s’arrêtera donc jamais&nbsp;? Et qu’est-ce qu’on va devenir quand on sera mort&nbsp;? C’est vrai, c’est effrayant, la réincarnation, si on y pense. Même si on n’est pas complètement satisfait de sa vie actuelle, rien ne dit qu’une fois ressuscité, on ne va pas se retrouver dans la peau de quelqu’un encore plus malheureux que soi… Il y a tellement de misère, dans le monde. Ça ne vous fout pas les jetons, à vous, cette roulette russe&nbsp;? Non, on ne sait pas où on va. On ne sait même pas d’où on vient ! Est-ce qu’un papillon se souvient d’avoir été une chenille ? L’homme ne se souvient même pas d’avoir été un singe. Ah, une pompe à essence ! J’ai bien cru qu’on allait tomber en panne sèche. Si vous voulez en profiter pour vous dégourdir les jambes. Ou passer aux toilettes. Prenez votre temps, on n’est pas pressés. On ne sait pas où on va…</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Trou de mémoire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trou-de-memoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:38:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trou de mémoire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/trou-de-memoire/">Trou de mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Bonjour, ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Ça va. Et vous ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va, ça va.<br><strong>Elle</strong> – Il ne fait pas chaud, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Non, ça on ne peut pas dire qu’il fait chaud. On peut même dire qu’il fait froid.<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est ce que je disais. En employant une litote.<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Une litote ! Dire moins pour insinuer plus, si vous préférez. Par exemple… « Je ne te hais point » pour dire « je t’aime ».<br><strong>Lui</strong> – Il ne fait pas chaud, c’est une litote ?<br><strong>Elle</strong> – Ça peut.<br><strong>Lui</strong> – Et ça peut vouloir dire je t’aime ?<br><em>L’autre semble un peu déstabilisée, et met un temps pour relancer la conversation comme elle peut.</em><br><strong>Elle</strong> – Je me demande même s’il ne fait pas plus froid cette année que l’année dernière.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est bien possible.<br><strong>Elle</strong> – Je me souviens, il y a un an, à la même époque, j’étais en maillot de bain sur ma terrasse.<br><strong>Lui</strong> – En maillot de bain ? Vous êtes sûre ? En plein mois de janvier ?<br><em>Elle se rapproche de lui.</em><br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi, j’ai dit n’importe quoi, pour meubler. Je ne me souviens plus du tout de mon texte.<br><strong>Lui</strong> – Votre texte ?<br><strong>Elle</strong> – Le trou de mémoire, mais alors là… Je dirais même le trou noir.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça, le trou noir…?<br><strong>Elle</strong> – Le blanc, si vous préférez. J’espérais que ça revienne, mais non. Alors j’ai improvisé. Je suis vraiment désolée.<br><strong>Lui</strong> – Désolée ? Mais de quoi ?<br><strong>Elle</strong> – D’avoir oublié mon texte !<br><strong>Lui</strong> – Mais enfin… on n’a pas de texte !<br><strong>Elle</strong> – On n’a pas de texte ?<br><strong>Lui</strong> – Non. Enfin, moi, je n’ai pas de texte.<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes sûr ? Alors vous aussi, vous improvisez ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Elle</strong> – Ça alors… Ça m’étonnait aussi. Balancer de telles platitudes. Donc vous dites n’importe quoi… Ah oui, je comprends mieux.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça je dis n’importe quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Ce qui vous passe par la tête.<br><strong>Lui</strong> – Ah non, pas tout ce qui me passe par la tête. Je trie un peu quand même.<br><strong>Elle</strong> – Si ce que vous dites, c’est le plus intéressant parmi tout ce qui vous passe par la tête, je n’ose même pas imaginer le reste…<br><strong>Lui</strong> – Et donc vous, vous auriez un texte.<br><strong>Elle</strong> – Ben oui.<br><strong>Lui</strong> – Un texte que vous auriez oublié, donc.<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que je pensais, en tout cas. Mais vous êtes sûr que vous ne seriez pas en train de dire un texte, vous aussi.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Vous croyez ?<br><strong>Elle</strong> – Il y a tout de même quelque chose qui ne colle pas.<br><strong>Lui</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Elle</strong> – Si vous, vous êtes en train de dire un texte, ce n’est pas possible que moi je sois en train d’improviser.<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Ça ne collerait pas.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est sûr.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors c’est qu’on est en train d’improviser tous les deux.<br><strong>Lui</strong> – Ou bien qu’on est en train de dire un texte tous les deux.<br><strong>Elle</strong> – Mais qui aurait bien pu écrire des inepties pareilles ?<br><strong>Lui</strong> – Vous savez, le théâtre contemporain… Peut-être que l’auteur improvisait, lui aussi.<br><strong>Elle</strong> – Je vois, l’écriture automatique, tout ça.<br><strong>Lui</strong> – Je pensais que c’était démodé.<br><strong>Elle</strong> – Ce qui est sûr, c’est que l’auteur, lui, il n’avait pas de texte. Au départ…<br><strong>Lui</strong> – Donc, quelque part, il improvisait…<br><strong>Elle</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça…<br><strong>Lui</strong> – Alors pourquoi on improviserait pas un peu, nous aussi.<br><strong>Elle</strong> – En fait, je me demande si…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – On ne serait pas en train d’écrire le texte à la place de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Les personnages improvisent, et lui il n’a plus qu’à recopier.<br><strong>Elle</strong> – Et c’est lui qui empoche les droits d’auteur.<br><strong>Lui</strong> – Auteur… C’est vraiment un métier de feignant.<br><strong>Elle</strong> – Je dirais même plus : de plagiaire.<br><strong>Lui</strong> – De plagiaire ?<br><strong>Elle</strong> – Si l’auteur plagie ses propres personnages…<br><strong>Lui</strong> – En même temps, vous l’avez dit vous-même. On ne peut pas dire que ce qu’on raconte soit d’une très haute tenue littéraire.<br><strong>Elle</strong> – Non, il faut bien le reconnaître.<br><strong>Lui</strong> – Bon on a peut-être assez improvisé comme ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, ça ira bien.<br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’on disait avant de parler ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Bureau]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
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		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Chantage]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, un gros cahier à la main.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour, bonjour… Entrez, entrez…<br><strong>Lui</strong> – Merci, merci…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas eu trop de mal pour venir ? Avec ces grèves…<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste en face.<br><strong>Elle</strong> – En face ? Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – L’immeuble en face.<br><strong>Elle</strong> – D’accord, d’accord… Je ne savais pas que… C’est curieux, j’étais persuadée que cette fenêtre-là, sur le mur d’en face, c’était un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Oui. Que la fenêtre était peinte sur le mur. Je n’ai jamais rien vu bouger derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Et pourtant, je suis là, vous voyez…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et donc, de votre salon, vous voyez tout ce qui se passe ici.<br><strong>Lui</strong> – Absolument tout…<br><em>Elle rit nerveusement, comme pour se rassurer.</em><br><strong>Elle</strong> – Remarquez… qu’est-ce qui pourrait bien se passer d’intéressant dans le bureau d’un agent littéraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ça, c’est à vous de me le dire.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, bien sûr… Alors, ce nouveau roman, ça avance ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… J’espère que c’est original, parce que vous savez, en ce moment… La rentrée littéraire est de plus en plus encombrée… Des tas de gens qui racontent leur petite vie, et leurs petits malheurs, persuadés que ça va passionner la Terre entière.<br><strong>Lui</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas une autofiction.<br><strong>Elle</strong> – Tant mieux, tant mieux… Non, ce dont on aurait besoin aujourd’hui, c’est d’un nouveau Robbe-Grillet. D’un nouveau Perec. D’un nouveau Butor. Quelqu’un qui soit encore capable de renouveler les codes du roman classique.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir. Ça va vous étonner. Et je ne serais pas surpris qu’en sortant d’ici, vous me traitiez de butor.<br><strong>Elle</strong> – Mais bien sûr ! Il faut tout faire péter. Comme en mai 68. On sait que ça ne durera pas, que six mois après on votera pour De Gaulle, et que soixante ans après c’est Cohn-Bendit qui se prendra pour De Gaulle, mais sur le moment, ça soulage…<br><strong>Lui</strong> – C’est drôle que vous disiez « soulage » parce que justement… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez jeté un coup d’œil à mon manuscrit…<br><strong>Elle</strong> – Là… vous commencez à m’intriguer, cher ami. J’ai hâte de voir ça. Vous m’avez apporté quelques bonnes feuilles ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé. Tenez, si vous voulez y jeter un coup d’œil…<br><em>Il lui tend le gros cahier.</em><br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… Ah oui, c’est du lourd, on dirait… Ce n’est pas trop long quand même ? Vous savez, maintenant, au-delà de 200 pages… Que voulez-vous ? C’est la génération SMS. Les gens ont perdu l’habitude de tourner les pages…<br><em>Elle sort ses lunettes de presbyte.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça fera dans les 900 pages. Mais vous verrez, ça se lit très facilement.<br><strong>Elle</strong> – Bon, bon… Et c’est quoi, le titre ?<br><strong>Lui</strong> – Le blanc et le noir.<br><strong>Elle</strong> – Le blanc et le noir… Un hommage à Stendhal, peut-être ?<br><strong>Lui</strong> – À Soulages, plutôt… C’est pour ça que tout à l’heure, je vous disais que…<br><strong>Elle</strong> – Soulages ? Tiens donc… J’adore Soulages.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, pour le titre, j’avais d’abord pensé à… Les mémoires d’outrenoir.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Un clin d’œil à Chateaubriand, donc… Mais dites-moi, Stendhal, Chateaubriand… Vous êtes sûr qu’avec tout ça, vous allez vraiment révolutionner l’histoire de la littérature ?<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir, c’est très étonnant.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… alors voyons ça.<br><em>Elle ouvre le cahier et commence à regarder. Elle tourne quelques pages.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous laisse le temps de vous faire une idée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais dites-moi. Apparemment, vous avez laissé quelques pages blanches au début. Ça commence à quelle page, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – C’est déjà commencé.<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Ces pages blanches, ça fait partie du roman.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de vous suivre…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avais dit que ça vous surprendrait. Alors voilà. J’ai calculé que sur une page de roman, en moyenne, les caractères d’imprimerie, en noir donc, occupent huit pour cent de la surface de la page blanche.<br><strong>Elle</strong> – Huit pour cent ?<br><strong>Lui</strong> – En moyenne. Ça dépend du type de caractères employés par l’imprimeur, évidemment. Pour un caractère plus gros et plus gras, ça peut monter jusqu’à neuf ou même dix pour cent.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment…? Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Donc, j’ai eu l’idée de séparer le blanc du noir.<br><strong>Elle</strong> – Voyez-vous ça.<br><strong>Lui</strong> – Après, je me suis demandé si je devais mettre le blanc d’abord et ensuite le noir, ou bien l’inverse…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, j’ai décidé de commencer par le blanc… Pour créer… une attente de la part du lecteur, vous voyez ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois, je vois…<br><strong>Lui</strong> – Une sorte de suspense, si vous préférez.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de savoir ce que je préfère… (<em>Tournant les pages</em>) Et donc, toutes les pages sont blanches.<br><strong>Lui</strong> – Pas du tout. Et c’est là où ça devient intéressant. Pour simplifier, je suis parti sur une moyenne de dix pour cent. Donc, systématiquement, après neuf pages blanches vient une page noire.<br><strong>Elle</strong> – Noire ?<br><strong>Lui</strong> – Totalement noire.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi noire ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que ça vous déstabiliserait un peu. Mais c’est ce que vous vouliez, non ? Du nouveau ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Lui</strong> – Cette page noire, qui vient après neuf pages blanches, rassemble toute l’encre qu’on aurait normalement dû utiliser pour noircir, comme on dit, les neuf pages précédentes, qui en l’occurrence, dans mon roman, resteront vierges. Vous comprenez ?<br><strong>Elle</strong> – Je comprends, je comprends…<br><strong>Lui</strong> – Je vois que ça vous laisse un peu perplexe, c’est normal. Comme tout ce qui est nouveau, ça peut surprendre un peu au début, alors vous me permettrez d’utiliser une métaphore, pour vous aider à mieux appréhender le caractère révolutionnaire de ce roman.<br><strong>Elle</strong> – Une métaphore ?<br><strong>Lui</strong> – Un roman, c’est comme une omelette. Mais des omelettes comme ça, on en a fait le tour. On a beau rajouter des oignons, des pommes de terre, des herbes de Provence… Une omelette, ça reste une omelette. Là, je fais un choix radical, et je reviens aux fondamentaux. Je sépare le blanc du jaune. Ou le blanc du noir, en l’occurrence. D’où le titre…<br><strong>Elle</strong> – Vous vous foutez de moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que vous alliez dire ça… Mais non… Pas plus que tous ces peintres qui vous vendent des tableaux complètement blancs ou complètement noirs, en baptisant pompeusement ça monochrome !<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Ce premier roman du genre est un geste fondateur. Par la suite, bien sûr, je pourrais en écrire d’autres, dans lesquels le blanc ne sera plus tout à fait blanc, et le noir plus tout à fait noir. Mais attention ! Toujours en respectant cette proportion sacrée de dix pour cent !<br><strong>Elle</strong> – Dix pour cent.<br><strong>Lui</strong> – Les peintres ont bien leur nombre d’or, pourquoi pas nous, les auteurs ? Et la preuve que ce chiffre est sacré, dix pour cent, c’est ce que vous me prenez en tant qu’agent sur tous mes droits d’auteur !<br><strong>Elle</strong> – Et vous croyez vraiment que je vais vous verser une avance pour cette fumisterie ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous l’ai dit, j’habite juste en face… et de chez moi, je vois tout ce qui se passe dans ce bureau.<br><strong>Elle</strong> – Tout ?<br><strong>Lui</strong> – Tout. J’ai même des vidéos…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et… vous voulez combien, pour oublier tout ce que vous avez vu ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Auteur anonyme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auteur-anonyme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:57:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1226</guid>

					<description><![CDATA[<p>Auteur anonyme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là, debout au milieu de la scène vide, et jette un regard autour d’elle. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Ah, tu es là ! Je te cherchais partout…<br><strong>Elle</strong> – Ça y est, le dernier camion vient de partir avec les derniers cartons.<br><strong>Lui</strong> – Tu as regardé partout ? Il ne reste plus rien dans la maison ?<br><strong>Elle</strong> – Plus rien. À part nos souvenirs…<br><em>Il pose une main sur son épaule.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez… On va s’en fabriquer d’autres !<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr… Mais les projets, ça n’empêche pas la nostalgie.<br><strong>Lui</strong> – Tu regrettes ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens la première fois où on est entrés dans cette maison, pour la visiter ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était vide aussi.<br><strong>Lui</strong> – Et entre ces deux vides, on a vécu. On a rempli cette maison. De meubles. De tableaux. D’enfants…<br><strong>Elle</strong> – Et elle nous a remplis. De joie. De bonheur. De souvenirs.<br><strong>Lui</strong> – On les emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – Et on laisse cet endroit presqu’aussi propre qu’on l’a trouvé en entrant.<br><strong>Lui</strong> – Beaucoup plus propre, si tu veux mon avis.<br><strong>Elle</strong> – Qui seront les suivants ? On ne sait rien d’eux.<br><strong>Lui</strong> – Et iIs ne sauront rien de nous.<br><strong>Elle</strong> – Comme nous ne savons rien de ceux qui nous ont précédés ici.<br><strong>Lui</strong> – Les gens passent, les maisons restent.<br><strong>Elle</strong> – Jusqu’à ce que les maisons s’écroulent elles aussi. Ou qu’on les démolisse. Pour construire des immeubles à la place.<br><strong>Lui</strong> – Il y a aussi des maisons hantées par de mauvais souvenirs.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Toutes les maisons ont une histoire. Des histoires.<br><strong>Lui</strong> – Comme l’histoire d’un crime, par exemple.<br><strong>Elle</strong> – Un crime ?<br><strong>Lui</strong> – Tous les crimes n’ont pas lieu en plein air, tu sais. La plupart sont perpétrés à domicile. En famille, souvent… Et quand ce crime fait la une des faits divers, la maison devient invendable. J’imagine que parfois, on doit même finir par la démolir, pour en reconstruire une autre à la place. Une maison sans histoire…<br><strong>Elle</strong> – Merci, ça me remonte le moral, ce que tu dis.<br><strong>Lui</strong> – On ne sait pas… Peut-être que cette maison, avant nous, n’a pas abrité que des moments heureux.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on n’a jamais trouvé de cadavres dans les placards.<br><strong>Lui</strong> – Peut-être que si on avait creusé dans la cave…<br><strong>Elle</strong> – Bon… Ben du coup, je préfère autant qu’on y aille, maintenant.<br><strong>Lui</strong> – Tu vois ? Il suffisait de demander…<br><strong>Elle</strong> – Merci… Je sais que je peux toujours compter sur toi dans les moments difficiles.<br><em>Ils se dirigent vers la sortie. Elle se baisse et ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Un manuscrit, apparemment.<br><strong>Lui</strong> – Un manuscrit ?<br><strong>Elle</strong> – On dirait une pièce de théâtre.<br><strong>Lui</strong> – À quoi tu vois ça ?<br><em>Elle feuillette le manuscrit.</em><br><strong>Elle</strong> – Avec des gens qui parlent, si tu préfères. Pas comme un roman.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Des dialogues…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est le scénario d’un film.<br><strong>Lui</strong> – Ça parle d’un crime ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il avait dû rester coincé derrière un radiateur, et avec le déménagement, il est tombé par terre. Le papier est complètement jauni.<br><strong>Elle</strong> – Mais ça reste lisible. Après toutes ces années. Tu te rends compte ?<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi ? Une comédie ? Un drame ?<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait le lire.<br><strong>Lui</strong> – Qui a bien pu écrire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un qui habitait ici avant nous, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue… Et si c’était un chef d’œuvre…<br><strong>Elle</strong> – Ça peut aussi être un navet.<br><strong>Lui</strong> – C’est signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Je ne vois pas le nom de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être inédit. Un manuscrit anonyme, tu te rends compte ? Tu pourrais le signer et le publier… Tu es éditrice. Pour toi, ce serait facile.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait un plagiat.<br><strong>Lui</strong> – Si l’auteur est mort. Et que personne ne sait qu’il a écrit ça…<br><strong>Elle</strong> – Je vais commencer par le lire…<br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – On quitte cette maison, et c’est l’histoire de quelqu’un d’autre qu’on emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – J’espère que ce n’est pas un drame…<br><strong>Lui</strong> – Au moins, on n’a pas trouvé de cadavre.<br><strong>Elle</strong> – Ça me donnerait presque envie de chercher…<br><strong>Lui</strong> – Tu crois ?<br><strong>Elle</strong> – L’auteur est peut-être enterré dans la cave…<br><em>Ils s’en vont.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Ce n’est pas un drame</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ce-nest-pas-un-drame/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:35:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Boucher]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas un drame, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, semblant embarrassé. Elle arrive, prête à partir.<br></em><strong>Elle</strong> – D’habitude, c’est toujours toi qui m’attends… Tu n’es pas encore prêt ?<br><strong>Lui</strong> – Si, si, je… Je mets mon blouson.<br><strong>Elle</strong> – Ton blouson en cuir…<br><strong>Lui</strong> – Je l’avais déjà avant de te connaître… Un cadeau de ma grand-mère… Ça ne sert à rien que je le jeter maintenant, non ? Je veux dire… Elle est morte, de toute façon.<br><strong>Elle</strong> – Ta grand-mère est morte ?<br><strong>Lui</strong> – Pas ma grand-mère ! La vache ! C’est de la vache…<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Celle qu’on a écorchée dans un abattoir pour que tu puisses te couvrir avec sa peau…<br><strong>Lui</strong> – Mon prochain blouson sera en cuir végétal, je te le promets. Il paraît qu’on fait de très belles imitations, maintenant, à base d’ananas ou de champignons.<br><em>Il met son manteau, sans entrain.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors ça y est, c’est le grand jour ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, on dirait…<br><strong>Elle</strong> – Je vais enfin rencontrer tes parents… Je commençais à me demander si tu n’avais pas honte de moi.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu vas chercher ! Ce serait plutôt le contraire…<br><strong>Elle</strong> – Le contraire ? Pourquoi ? Tu as honte de tes parents ?<br><strong>Lui</strong> – Non, non, mais…<br><strong>Elle</strong> – Tu as peur de quoi, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Mais de rien, je t’assure !<br><strong>Elle</strong> – C’est plutôt moi qui devrais avoir peur. Tu me présentes à tes parents… Ça devient officiel. C’est presque des fiançailles, non ?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Cache ta joie !<br><strong>Lui</strong> – Écoute, j’ai quelque chose à te dire.<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur…<br><strong>Lui</strong> – C’est au sujet de mes parents, justement.<br><strong>Elle</strong> – Tes parents ? Quoi, tes parents ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas facile à dire…<br><strong>Elle</strong> – Vas-y, je peux tout entendre… En tout cas, si c’est important, je préfère le savoir maintenant. J’aurais l’air moins conne…<br><strong>Lui</strong> – Disons que ce repas, ça ne va pas être exactement ce que tu imaginais. Mes parents sont… Comment dire…<br><strong>Elle</strong> – Ils sont sourds-muets. Ils s’expriment en langage des signes.<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Aveugles ?<br><strong>Lui</strong> – Non plus.<br><strong>Elle</strong> – Ce sont des personnes de petite taille…<br><strong>Lui</strong> – Pire que ça… Enfin pour toi, en tout cas.<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Ils votent à droite, et tu n’as pas osé me le dire ? C’est pour ça que tu ne voulais pas que je les rencontre avant…<br><strong>Lui</strong> – Non, ce n’est pas ça.<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, je suis bête. Tu m’as dit qu’ils étaient libraires. On ne peut pas vendre des livres et voter à droite !<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, mes parents ne votent pas du tout.<br><strong>Elle</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Lui</strong> – C’est au sujet de… Du repas… Enfin, de la nourriture, en général.<br><strong>Elle</strong> – La nourriture…?<br><strong>Lui</strong> – Je ne t’ai pas dit toute la vérité.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Tes parents sont juifs, et ils mangent casher. Quel est le problème ? On peut être végans et manger casher ! C’est même beaucoup plus simple, en fait. C’est surtout la viande, qui doit être casher, non ?<br><strong>Lui</strong> – Si… Enfin, je n’en sais rien…<br><strong>Elle</strong> – Les fruits et légumes, c’est très œcuménique. Je suis sûr que le véganisme pourrait mettre fin à toutes les guerres de religion. À table, en tout cas, mais c’est déjà un début… En attendant de résoudre le conflit au Moyen-Orient.<br><strong>Lui</strong> – C’est un peu plus compliqué que ça…<br><strong>Elle</strong> – Quoi ? Le conflit au Moyen-Orient ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pour mes parents.<br><strong>Elle</strong> – J’ai compris… Ils sont pratiquants. Pour leur faire plaisir, tu leur as laissé croire que leur future belle-fille était juive. Et maintenant, tu ne sais plus comment leur avouer que tu sors avec une goy…<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, personne n’est juif dans la famille.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qui te fait croire que ça pourrait m’inquiéter ? Tu me prends pour qui ?<br><strong>Lui</strong> – Non, le problème c’est que…<br><strong>Elle</strong> – Vas-y maintenant, ça devient flippant.<br><strong>Lui</strong> – Mes parents ne sont pas vraiment libraires.<br><strong>Elle</strong> – Comment ça, pas vraiment ? On est libraire ou pas. Comment peut-on ne pas être vraiment libraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ils ne sont pas libraires du tout… et ils ne sont pas aussi végans que je te l’avais dit.<br><strong>Elle</strong> – Comment ça, pas aussi ?<br><strong>Lui</strong> – Ils mangent des légumes, bien sûr, mais…<br><strong>Elle</strong> – Ils sont seulement végétariens ? Bon, ce n’est pas un drame, non plus. Tu me crois sectaire à ce point ? Mais pourquoi tu m’as raconté qu’ils étaient végans ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai dit ça comme ça… Comme je savais que c’était important pour toi.<br><strong>Elle</strong> – C’est avec toi que je vais vivre ! Tu partages les mêmes valeurs que moi, ça me suffit. On ne choisit pas sa famille, c’est bien connu. Alors sa belle-famille…<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas comment te dire ça…<br><strong>Elle</strong> – Donc, tes parents ne sont pas libraires. Et alors ? Qu’est-ce qu’ils font, dans la vie ?<br><strong>Lui</strong> – Ils tiennent la boucherie, juste au coin de la rue…<br><strong>Elle</strong> (<em>sidérée</em>) – La boucherie…<br><strong>Lui</strong> – La boucherie chevaline… Entre le cordonnier et bureau de tabac, tu vois ?<br><strong>Elle</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu m’as dit que vous étiez tous végans dans la famille, à part ta grand-mère, et maintenant, tu m’annonces que je vais me marier avec un garçon boucher ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis pas garçon boucher ! Je ne suis que le fils du boucher…<br><strong>Elle</strong> – Et tu comptais me l’annoncer quand ? Le jour du mariage, pendant le repas de noces ! Entre le saucisson d’âne et le steak de cheval ?<br><strong>Lui</strong> – Mais non ! Puisque je te le dis maintenant…<br><strong>Elle</strong> – Je te rappelle que mes parents, eux, ils sont végans. Et ils sont très à cheval là-dessus.<br><strong>Lui</strong> – À cheval ?<br><strong>Elle</strong> – Si ça te fait rire, pas moi… Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Moi, je suis vraiment végan ! Enfin, je le suis devenu après t’avoir rencontrée… Ça ne change rien pour nous, si ?<br><strong>Elle</strong> – Tu connais la chanson de France Gall… Ça ne veut peut-être rien dire pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup…<br><strong>Lui</strong> – Tu m’en veux ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais avoir besoin de réfléchir à tout ça, en effet. (<em>Elle hésite.</em>) Mais je ne vais faire ça maintenant. Ils nous ont invités, non ? Alors je vais y aller… Je ne suis pas du genre à me défiler, figure-toi. On reparlera de tout ça après. On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Le problème, c’est que…<br><strong>Elle</strong> – Ah parce qu’il y a encore un problème ?<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai pas osé leur dire que tu ne mangeais pas de viande.<br><strong>Elle</strong> – Non, dis-moi que ce n’est pas vrai…<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis pas sûr qu’ils auraient compris… Ils ne sont plus très jeunes… À l’âge qu’ils ont, ça ne sert à rien de les brusquer… Ça pourrait même les tuer, tu sais. Mon père a le cœur fragile…<br><strong>Elle</strong> – Tu aurais très bien pu leur parler de ça, tout en les ménageant…<br><strong>Lui</strong> – Disons que je n’ai pas su trouver le bon moment…<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr…<br><strong>Lui</strong> – Tu pourras toujours manger les légumes… Tu n’auras qu’à dire que tu n’as pas très faim… Que tu es malade…<br><strong>Elle</strong> – Tu sais quoi ? Je crois que c’est toi qui es un grand malade.<br><em>Elle retire son manteau.</em><br><strong>Lui</strong> – Donc, tu ne viens pas…<br><strong>Elle</strong> (<em>horrifiée</em>) – Une boucherie chevaline ?<br><strong>Lui</strong> – Alors tu préfères abandonner à son triste sort un fils de boucher récemment converti au véganisme… Sans toi, je risque de replonger, tu sais…<br><strong>Elle</strong> – Tu te fous de moi, en plus ?<br><strong>Lui</strong> – Ne me regarde pas comme ça, j’ai l’impression que tu vas me tuer.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai que là… Je t’avoue qu’il me prend des envies de meurtre..<br><strong>Lui</strong> – Calme toi, je t’en prie ! Souviens-toi que tu es végane… et que pour toi le sixième commandement est le plus sacré des dix.<br><strong>Elle</strong> – Le sixième…?<br><strong>Lui</strong> – Tu ne tueras point !<br><strong>Elle</strong> – Je vais t’étrangler, et j’irai me confesser après.<br><em>Elle s’approche de lui, menaçante.</em><br><strong>Lui</strong> – Ne fais pas ça, je t’en prie.<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ce qui me retient…<br><strong>Lui</strong> – Alors tu as vraiment cru à cette histoire ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Mais enfin… les boucheries chevalines, ça n’existe plus depuis longtemps ! Au coin de la rue, entre le tabac et le cordonnier, c’est un Biocoop ! Si tu allais faire les courses plus souvent, tu le saurais…<br><strong>Elle</strong> – Tes parents ne sont pas bouchers ?<br><strong>Lui</strong> – Mes parents sont libraires, ils votent à gauche, et ils sont végans. Comme je te l’ai toujours dit.<br><strong>Elle</strong> – Mais tu es dingue ! Pourquoi m’avoir raconté une histoire pareille ?<br><strong>Lui</strong> – Pour voir jusqu’à quel point tu m’aimais… Maintenant, je suis fixé. Alors tu aurais refusé d’épouser le fils d’un boucher ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Non, probablement pas. Mais j’aurais fini par te tuer, ça sûrement.<br><strong>Lui</strong> – Ça aurait pu être une tragédie, alors ? Les Capulet bouchers et les Montaigu végans…<br><strong>Elle</strong> – Mais finalement, c’est encore une comédie de boulevard.<br><strong>Lui</strong> – On ne se refait pas…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas un drame.<br><strong>Lui</strong> – Bon, on y va ? On va finir par être en retard.<br><strong>Elle</strong> – Allons-y. Tu n’as pas oublié le gâteau à la carotte…<br><strong>Lui</strong> – Rassure-toi, mon lapin, il est déjà dans la voiture.<br><strong>Elle</strong> – Au fait, c’était une demande en mariage ?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – C’est sans doute la plus surprenante qu’une femme ait jamais entendue.<br><strong>Lui</strong> – Je suis auteur de théâtre, après tout. Ça fait une semaine que je la travaille. Alors, quelle est ta réponse ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais quand même attendre d’avoir vu tes parents pour me prononcer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fatal comique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fatal-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fatal comique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur une table basse, une cafetière, deux tasses et un journal. Pierre entre en robe de chambre. Il se sert une tasse de café et prend le journal pour le lire. Marie, sa femme, arrive.<br></em><strong>Marie</strong> – Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va.<br><em>Marie se sert une tasse et observe Pierre.</em><br><strong>Marie</strong> – Tu as l’air soucieux… Un problème ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… Enfin… Toujours pas d’idée pour ma nouvelle pièce.<br><strong>Marie</strong> – Ne t’inquiète pas, ça va venir… Ça finit toujours par venir, non ?<br><strong>Pierre</strong> – Oui… Jusqu’à maintenant…<br><strong>Marie</strong> – Il n’y a pas une bonne histoire, dans le journal, dont tu pourrais t’inspirer ?<br><em>Il repose le journal.</em><br><strong>Pierre</strong> – Les nouvelles sont de plus en plus déprimantes… Je crois que je vais arrêter de lire la presse. J’ai déjà arrêté de regarder la télé et d’écouter la radio…<br><strong>Marie</strong> – C’est vrai que tout ça n’est pas très gai, mais bon. D’un autre côté… c’est pour ça qu’on aura toujours besoin d’auteurs comme toi.<br><strong>Pierre</strong> – Ah oui ? Et c’est quoi, un auteur comme moi ?<br><strong>Marie</strong> – Tu sais bien… Quelqu’un pour nous faire rire… Un comique !<br><strong>Pierre</strong> – Un comique ? Alors c’est comme ça que tu me vois ? Comme un comique !<br><strong>Marie</strong> – Il faut bien des auteurs pour nous écrire de bonnes comédies ! Oublier un peu nos soucis… Nous faire passer un bon moment en ne pensant à rien…<br><strong>Pierre</strong> – En ne pensant à rien ?<br><strong>Marie</strong> – Excuse-moi… Je veux dire… en pensant à autre chose.<br><strong>Pierre</strong> – Je vois… Donc pour toi, je suis seulement un amuseur… Un type qui fait diversion… Qui détourne l’attention du peuple des vrais problèmes de la société…<br><strong>Marie</strong> – Le peuple ! Tout de suite, les grands mots… Divertir le public, il n’y a pas de honte à ça, si ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… On peut aussi avoir envie d’autre chose…<br><strong>Marie</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Pierre</strong> – D’être utile…<br><strong>Marie</strong> – Pour moi, distraire les gens, leur faire retrouver le sourire, c’est très utile. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce talent.<br><strong>Pierre</strong> – Ouais…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Des comédies, j’en ai déjà écrit près d’une centaine.<br><strong>Marie</strong> – Et ça a toujours été de gros succès.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, mais je commence à être à court d’idées. Je me demande si je n’en ai pas fait le tour.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux arrêter d’écrire ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça je ne suis pas sûr d’y arriver non plus… Non, je me demandais si…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’essayais un autre genre ?<br><strong>Marie</strong> – Un roman, tu veux dire ? Depuis des années, je te répète que tu devrais essayer. Il y a des romans très drôles, aussi…<br><strong>Pierre</strong> – Malheureusement, je ne suis pas romancier, je le sais bien. Le théâtre, je ne sais rien faire d’autre.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors il ne te reste plus qu’à trouver un bon sujet de comédie.<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’écrivais… un autre genre de pièces.<br><strong>Marie</strong> – Un autre genre de pièce ?<br><strong>Pierre</strong> – Un truc qui ne soit pas forcément drôle, tu vois ?<br><strong>Marie</strong> – Une comédie pas drôle ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas une comédie, justement !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… une comédie dramatique ?<br><strong>Pierre</strong> – Je veux dire pas une comédie du tout !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux écrire un drame ?<br><strong>Pierre</strong> – Un drame, une tragédie… Appelle ça comme tu veux.<br><strong>Marie</strong> – Bon…<br><strong>Pierre</strong> – Quoi ?<br><strong>Marie</strong> – Je ne sais pas… (<em>Silence</em>) Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus d’idée de comédie. Je voudrais essayer d’écrire autre chose. C’est pas un drame, non plus !<br><strong>Marie</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Tu veux encore du café ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, merci.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors je te laisse réfléchir… à ta nouvelle pièce.<br><em>Elle sort. Il soupire et ouvre à nouveau son journal. Le téléphone sonne. Il répond.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui ? Ah oui… Non, non, je voulais t’appeler justement… Écoute, je ne sais pas encore… Non, pour l’instant, je suis en panne d’inspiration. Oui, je sais, j’ai toujours dit que ça n’existait pas. Mais tu sais l’inspiration, c’est comme Dieu. On dit que ça n’existe pas jusqu’au moment où on en a vraiment besoin… Et toi, ça va ? Bon… Je vois… D’accord… Écoute, il va falloir que je te laisse, là… On s’appelle et on essaie de déjeuner ensemble la semaine prochaine ? OK, on fait comme ça… Salut, t’embrasse.<br><em>Marie revient, l’air un peu embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je dois faire quelques courses, je n’en ai pas pour longtemps. Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Euh… oui. Depuis tout à l’heure, la situation n’a pas beaucoup évolué, mais oui. Ça va.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors j’y vais.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça. À tout à l’heure.<br><em>Elle sort. Il reprend la lecture de son journal, mais à peine a-t-il commencé que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il sort un instant pour aller ouvrir et revient accompagné d’une femme.</em><br><strong>Alex</strong> – Je ne te dérange pas, j’espère ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, non, pas du tout, j’étais en train de… Tu veux un café ?<br><strong>Alex</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Pierre</strong> – C’est sympa de passer comme ça à l’improviste.<br><strong>Alex</strong> – Quand on habite le même immeuble que son agent, c’est toujours un risque de le voir débarquer sans avoir été invité…<br><strong>Pierre</strong> – Il va peut-être falloir que je déménage, alors…<br><em>Sourires, suivi d’un silence embarrassé.</em><br><strong>Alex</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Rien… J’étais au téléphone avec… Comment elle s’appelle, déjà… Tu sais, cette comédienne qui jouait dans… Elle est devenue éditrice.<br><strong>Alex</strong> – Éditrice ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu sais ce que c’est. La vie est cruelle pour les comédiennes. Surtout pour les jeunes premières. Passée la trentaine…<br><strong>Alex</strong> – Tu cherches un nouvel éditeur ?<br><strong>Pierre</strong> – Pas spécialement… C’est elle qui m’a appelé. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles… Ça commence à m’inquiéter. Tout le monde me demande si ça va aujourd’hui…<br><strong>Alex</strong> – Et… ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va, je te remercie… C’est dingue…<br><strong>Alex</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je termine la conversation en lui disant : « on se rappelle et on déjeune…? » Ça m’est sorti comme ça. L’habitude. Finalement, on aurait aussi bien pu déjeuner ensemble à midi.<br><strong>Alex</strong> – Qu’est-ce que tu veux… C’est Paris… On est tous débordés…<br><strong>Pierre</strong> – Ou alors on a rien à foutre et on fait semblant…<br><strong>Alex</strong> – Ouais…<br><strong>Pierre</strong> – Toi, par exemple. Tu es particulièrement débordée, aujourd’hui ? (<em>Silence</em>) Non, évidemment, sinon, tu ne serais pas là. Tu imagines ? Tu acceptes de déjeuner comme ça à l’improviste… Le lendemain, tout Paris va savoir que tu n’as rien à foutre de tes journées. Que plus personne ne veut travailler avec toi. Que tu es au chômage. Ou pire que tu es sur liste noire… Du coup, plus personne ne t’appellerait, et tu serais vraiment total has been.<br><strong>Alex</strong> – Ouais… (<em>Silence</em>) Et sinon, elle, ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Qui ça ?<br><strong>Alex</strong> – Ton éditrice !<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Tu as raison… Finalement, c’est peut-être elle qui ne va pas bien. Elle m’a appelé parce qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et moi, je lui ai presque raccroché au nez… J’aurais dû lui proposer de déjeuner avec elle à midi… Et toi, ça va ?<br><strong>Alex</strong> – Ça va…<br><strong>Pierre</strong> – Tu es sûre que tu ne veux pas du café ?<br><strong>Alex</strong> – Sûre… (<em>Silence</em>) Tu écris un peu, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas vraiment. Je crois que je suis arrivé au bout de quelque chose là. Il faudrait que je change un peu de style.<br><strong>Alex</strong> – Oui, je sais, j’ai croisé Marie dans l’escalier.<br><strong>Pierre</strong> – Ne me dis pas que c’est pour ça que tu es passée me voir.<br><strong>Alex</strong> – Alors comme ça, tu veux écrire un drame.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, enfin… Pourquoi pas ?<br><strong>Alex</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu vois, Alex, c’est ça mon problème. La simple idée que j’envisage d’écrire autre chose qu’une comédie, les gens prennent ça pour une blague.<br><strong>Alex</strong> – Disons que… ce n’est pas sur ce terrain-là qu’on t’attend habituellement.<br><strong>Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Alex</strong> – Ça risque de surprendre ton public… De le décevoir, peut-être…<br><strong>Pierre</strong> – Le décevoir ? Je n’ai encore pas écrit une ligne, et tu me dis déjà que ce sera décevant. Merci de tes encouragements. Au moins, je sais pourquoi j’ai un agent.<br><strong>Alex</strong> – Et… tu as déjà un sujet ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… C’est juste une idée…<br><strong>Alex</strong> – Bon, donc c’est juste une idée.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça…<br><strong>Alex</strong> – Excuse-moi, je me suis peut-être emballée un peu vite.<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Je pensais écrire quelque chose sur ces migrants qui viennent s’échouer sur nos côtes. Quand ils ne sont pas morts noyés pendant la traversée, évidemment…<br><strong>Alex</strong> – Une comédie, tu veux dire ? (<em>L’autre lui lance un regard navré.</em>) Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… Alors c’est sérieux, tu veux vraiment écrire quelque chose de…<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus vingt ans… Toi non plus… Il serait peut-être temps qu’on commence à s’interroger sur le monde qui nous entoure, non ?<br><strong>Alex</strong> – Le monde qui nous entoure ?<br><strong>Pierre</strong> – Imagine qu’après notre mort, on soit réincarnés. Comme ça. Au hasard. Le monde est principalement peuplé de gens qui ont une vie de merde. Si on peut appeler ça une vie. Si on y réfléchit bien, à part une minorité de privilégiés, dont les plus chanceux vivent dans des paradis fiscaux, la Terre est un enfer.<br><strong>Alex</strong> – Et alors ?<br><strong>Pierre</strong> – Et alors ? Statistiquement, la réincarnation, c’est l’enfer assuré… Si on ne change pas le monde de notre vivant, on est à peu près certain de vivre un enfer quand on sera réincarnés !<br><em>Alex le regarde, estomaquée.</em><br><strong>Alex</strong> – OK…<br><strong>Pierre</strong> – Je te laisse réfléchir à ça. Je vais m’habiller…<br><em>Il sort. Marie revient.</em><br><strong>Marie</strong> – Alors ?<br><strong>Alex</strong> – Il va très mal.<br><strong>Marie</strong> – Je te l’avais dit.<br><strong>Alex</strong> – Il est en plein délire. Il parle de la mort. Du paradis. De l’enfer.<br><strong>Marie</strong> – Non ?<br><strong>Alex</strong> – Il veut écrire une pièce sur les exilés.<br><strong>Marie</strong> – Les exilés fiscaux ?<br><strong>Alex</strong> – Les exilés économiques !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… les retraités qui vont s’installer au Portugal ou au Maroc, parce que la vie est moins chère là-bas ?<br><strong>Alex</strong> – Les migrants ! En Méditerranée ! La jungle de Calais.<br><strong>Marie</strong> – Ce n’est pas vrai… Il te l’a dit ?<br><strong>Alex</strong> – J’ai essayé de lui parler, mais il ne veut rien savoir.<br><strong>Marie</strong> – Il est où ?<br><strong>Alex</strong> – Il est parti s’habiller.<br><strong>Marie</strong> – Je ne comprends pas… Jusqu’à ce matin, il était tout à fait normal. Enfin… il était comme d’habitude, quoi…<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est peut-être que passager. Il doit être un peu déprimé. Mais il ne faut pas prendre ça à la légère.<br><strong>Marie</strong> – C’est sûr… J’ai du mal à le dire mais… j’ai l’impression qu’il a des tendances suicidaires.<br><strong>Alex</strong> – Il faudrait lui suggérer de voir un médecin.<br><strong>Marie</strong> – Un psychiatre, tu veux dire ?<br><strong>Alex</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Marie</strong> – Parfois avec une simple cure de vitamines… Un homéopathe ?<br><em>Pierre revient.</em><br><strong>Pierre</strong> – Ah, tu es revenue ?<br><strong>Alex</strong> – Je vais vous laisser.<br><strong>Pierre</strong> – Non, mais je ne te chasse pas.<br><strong>Alex</strong> – J’allais partir, de toute façon. J’ai… Il faut que j’y aille. J’ai une grosse journée. On s’appelle et on déjeune ensemble ?<br><em>Il sort. Marie lance à Pierre un regard embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je lui ai simplement dit que tu étais là, et que si elle voulait monter prendre un café…<br><strong>Pierre</strong> – Elle n’en a pas voulu.<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Du café. Je lui en ai proposé, elle n’en a pas voulu.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Mais qu’est-ce que tu cherches, Pierre, au juste ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Marie</strong> – On n’est pas bien, ensemble ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais si, ce n’est pas la question.<br><strong>Marie</strong> – Tu as une maîtresse, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais non, pas du tout !<br><strong>Marie</strong> – On a la vie qu’on voulait, non ? Tu fais le métier que tu aimes. Tu n’as pas de patron. Tu gagnes bien ta vie.<br><strong>Pierre</strong> – Je sais.<br><strong>Marie</strong> – Mais alors qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Pierre</strong> – Tout ça n’a plus de sens pour moi. J’ai besoin… d’essayer autre chose.<br><strong>Marie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Pour qu’à mon enterrement, les gens ne se contentent pas de dire : celui-là, c’était un comique…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux qu’on déménage ?<br><strong>Pierre</strong> – Ailleurs, ce serait pareil.<br><strong>Marie</strong> – Tu ne vas pas faire une bêtise, au moins ?<br><strong>Pierre</strong> – Une bêtise ? Comme quoi ?<br><em>Marie tente de cacher son trouble.</em><br><strong>Marie</strong> – Je te laisse travailler…<br><em>Elle sort. Il reste un instant perplexe. Il prend un cahier et un crayon et essaie d’écrire, mais visiblement, l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il décroche le téléphone et compose un numéro.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui, pardon, c’est encore moi… Écoute, finalement, j’ai réussi à me libérer pour ce soir. Tu pourrais venir dîner à la maison ? Je voudrais te parler d’un nouveau projet… Oui, bien sûr, viens avec ton mari. OK, vingt heures, c’est parfait. Bon, alors à ce soir…<br><em>Il raccroche. Il reprend le cahier et le crayon, et il commence à écrire avec fébrilité. Il s’interrompt et s’adresse au public.</em><br><strong>Pierre</strong> – Vous allez voir. Cette fois, vous n’allez pas rigoler.<br><em>Il se remet à écrire.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Pause</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pause/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 13:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pause, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, désœuvré. Un autre arrive et l’interpelle.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><strong>Deux</strong> – Salut.<br><strong>Un</strong> – Je suis l’auteur. Je fais un petit break.<br><strong>Deux</strong> – Un break ? Le spectacle vivant, c’est comme la vie. Il n’y pas de touche pause…<br><strong>Un</strong> – Il n’y a même pas de coupure publicitaire… (<em>Il sort un paquet de cigarettes et le tend à l’autre</em>.) Vous en voulez une ? Pour tuer le temps… Ça nuit gravement, mais ça règle le problème des retraites.<br><strong>Deux</strong> – Merci. Je ne fume pas.<br><strong>Un</strong> – Ah… Excusez-moi. (<em>Il range son paquet de cigarettes</em>.) Vous êtes au chômage…?<br><strong>Deux</strong> – Par intermittence.<br><strong>Un</strong> – Et vous ne vous ennuyez jamais ?<br><strong>Deux</strong> – Vous savez ce qu’on dit…<br><strong>Un</strong> – Le plus dur, dans ce métier, c’est d’attendre.<br><strong>Deux</strong> – Ça sera dans la pièce ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ce qu’on est en train de dire.<br><strong>Un</strong> – Ah, euh… Je ne sais pas encore. Ça dépend.<br><strong>Deux</strong> – De quoi ?<br><strong>Un</strong> – De l’intérêt de notre conversation, j’imagine. Vous avez quelque chose d’intéressant à dire ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vous l’auteur.<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Enfin, c’est vous qui le dites.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Vous écrivez plutôt la nuit ?<br><strong>Un</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’air un peu fatigué…<br><strong>Un</strong> – Je me couche tôt, je me lève tard. J’écris surtout en fin de matinée. Des fois, quand je suis inspiré, je m’y remets un peu après la sieste. (<em>Il regarde sa montre.</em>) D’ailleurs, ce n’est pas que je m’ennuie, mais il va falloir que j’y retourne.<br><strong>Deux</strong> – Oui, je crois.<br><strong>Un</strong> – Merci de m’avoir tenu compagnie. Ça m’a fait plaisir de discuter un moment avec vous.<br><em>L’auteur tend la main à l’autre pour la lui serrer. L’autre hésite un instant, et lui serre la main.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez la main froide.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes vraiment auteur ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça pédale un peu dans la semoule, non ?<br><strong>Un</strong> – Vous ne m’aidez pas tellement… Oui, je sais, c’est moi l’auteur. Mais il paraît que quand on a un bon personnage, il suffit de le laisser parler…<br><strong>Deux</strong> – Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de la rage… Et puis le théâtre dans le théâtre… Ça a déjà été beaucoup fait, non ? Quand un auteur se met à parler boutique… C’est qu’il n’a plus rien à dire, non ?<br><strong>Un</strong> – Bon… (<em>En sortant, pour lui-même</em>) Je crois que je ne vais pas la garder, cette scène-là…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>L’auteur en question</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lauteur-en-question/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:33:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=676</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’auteur en question, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, et s’assied sur le banc. Au bout d’un moment, il ferme les yeux. Une femme arrive à son tour, et s’assied à côté de lui. Sentant sa présence, il ouvre les yeux.</em><br><strong>Homme</strong> – Pardon, je ne vous avais pas entendue arriver.<br><em>La femme sourit. Silence.</em><br><strong>Femme</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Homme</strong> – Je pensais que vous alliez me poser une question, au moins pour commencer.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui ?<br><strong>Homme</strong> – Je croyais que ça se passait comme ça. Que vous me posiez des questions.<br><strong>Femme</strong> – Si vous commenciez par vous présenter.<br><strong>Homme</strong> – Me présenter ? Vous voulez dire… nom, prénom, âge, qualité… comme disent les policiers ?<br><strong>Femme</strong> – Vous considérez cet entretien comme un interrogatoire ? Vous auriez donc quelque chose à vous reprocher…<br><strong>Homme</strong> – Là vous marquez un point.<br><strong>Femme</strong> – Je ne suis pas là non plus pour marquer des points. Ce n’est pas un match. Il n’y aura pas de perdant.<br><strong>Homme</strong> – D’accord.<br><strong>Femme</strong> – Comment vous présenter au monde qui vous entoure ? C’est ça la question.<br><strong>Homme</strong> – Puisqu’il faut bien choisir un mot, je dirais que je suis auteur. Écrivain, ce serait trop prétentieux. Les vrais écrivains, ce sont les grands romanciers. Un auteur de théâtre n’écrit que des dialogues.<br><strong>Femme</strong> – Alors Shakespeare et Molière ne seraient pas de vrais écrivains ?<br><strong>Homme</strong> – Les personnages de leurs pièces parlaient en vers. Moi j’écris comme on parle… Je pense que pour eux, on peut dire dramaturge. Mais dramaturge, c’est encore un peu trop sérieux pour moi.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi cela ?<br><strong>Homme</strong> – Dans dramaturge, il y a drame. Je ne me reconnais pas dans cette appellation de dramaturge ou d’auteur dramatique. Je n’écris que des comédies. La vie est déjà assez tragique comme ça. À quoi bon en rajouter ?<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes un artiste ?<br><strong>Homme</strong> – Je n’aime pas trop ce terme non plus. On a l’impression que l’artiste n’est pas un homme comme tout le monde, mais une sorte de medium en relation avec un au-delà dont il serait chargé de ramener quelques échos au commun des mortels. Moi je ne parle que du monde qui nous entoure. Un écrivain ou surtout un poète, c’est un artiste, peut-être. Un auteur, c’est un artisan. Et un auteur de théâtre… on peut dire que c’est un ouvrier spécialisé.<br><strong>Femme</strong> – En somme, vous refusez de vous prendre au sérieux… mais vous voudriez que les autres vous prennent en considération. C’est un peu contradictoire, non ?<br><strong>Homme</strong> – On ne devrait jamais faire grand cas des gens qui ont une trop haute opinion d’eux-mêmes. Les comédies se moquent d’abord des gens qui se prennent au sérieux.<br><strong>Femme</strong> – Vous allez publier votre centième pièce. C’est beaucoup…<br><strong>Homme</strong> – Beaucoup trop, diront certains.<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi cette boulimie d’écriture ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai toujours eu envie de raconter des histoires. Sans doute parce qu’enfant, on ne m’en a jamais racontées. Je pense que toutes ces histoires que j’invente, c’est d’abord à moi que je les raconte.<br><strong>Femme</strong> – Pourtant, vous vous êtes mis à l’écriture très tardivement…<br><strong>Homme</strong> – Cervantès a commencé à écrire à l’aube de la quarantaine.<br><strong>Femme</strong> – Cervantès… C’est donc malgré tout un romancier que vous prenez pour modèle.<br><strong>Homme</strong> – Don Quichotte est d’abord un personnage comique. Parce qu’il se prend trop au sérieux, justement. Et parce qu’il prend ses rêves pour des réalités.<br><strong>Femme</strong> – Prendre ses rêves pour des réalités est une folie. Essayer de faire de ses rêves des réalités, c’est un projet raisonnable.<br><strong>Homme</strong> – Faire de ses rêves des réalités, c’est l’objet de la religion comme de l’art dramatique. Et à l’église comme au théâtre, cette réalité est conditionnée par un acte de foi du public. C’est sans doute parce que l’Église considérait le théâtre comme un dangereux concurrent qu’elle a persécuté les comédiens avec autant de zèle.<br><strong>Femme</strong> – Et si la réalité elle-même n’était qu’une illusion, nous ne serions vous et moi que les créatures fictives du grand metteur en scène de l’univers.<br><strong>Homme</strong> – Ce qui nous ramène à Shakespeare : le monde est un théâtre.<br><strong>Femme</strong> – Et nous ne faisons qu’y passer…<br><em>Elle se lève et lui tend la main. Il la saisit et se lève à son tour. Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Georges</title>
		<link>https://sketchotheque.net/georges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=443</guid>

					<description><![CDATA[<p>Georges, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/georges/">Georges</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, assis sur une chaise. Elle arrive, couverte d’un imper façon inspecteur de police, trop grand pour elle.</em><br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un s’appelle Georges, ici ?<br><em>Surpris, il regarde autour de lui. Puis vers la salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Probablement, oui…<br><strong>Elle</strong> (<em>suspicieuse</em>) – Probablement ?<br><strong>Lui</strong> – Pas moi, en tout cas. Enfin je ne crois pas…<br><em>Un temps, pendant lequel elle semble hésiter.</em><br><strong>Elle</strong> – Et qu’est-ce que vous lui voulez, à Georges ?<br><strong>Lui</strong> – Euh… C’est moi, qui devrais dire ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui…? Et pourquoi ça…?<br><strong>Lui</strong> – C’est vous qui cherchez Georges.<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Donc c’est à moi de répondre : Et qu’est-ce que vous lui voulez, à Georges ? Sinon, ça n’a pas de sens…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez raison… L’auteur devait encore être bourré quand il a écrit ça…<br><strong>Lui</strong> – Il a dû sauter une ligne.<br><strong>Elle</strong> – Se mélanger les crayons dans ses personnages.<br><strong>Lui</strong> – Surtout qu’ils n’ont même pas de noms.<br><strong>Elle</strong> – Et puis cet imper est trop grand pour moi.<br><em>Elle enlève son imper et lui tend, découvrant en dessous une tenue similaire à la sienne. Il se lève et enfile l’imper. Il lui va parfaitement. Elle s’assied à la place de l’autre.</em><br><strong>Elle</strong> – Et qu’est-ce que vous lui voulez à Georges ?<br><strong>Lui</strong> (<em>parlant de l’imper</em>) – Ah, oui, là ça va tout de suite mieux…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas répondu à ma question.<br><strong>Lui</strong> – Les questions, ici, c’est moi qui les pose, d’accord ?<br><strong>Elle</strong> – D’accord… (<em>Il semble à court de questions</em>) Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Elle</strong> – À propos de Georges…<br><strong>Lui</strong> – Georges… Mmm… Ce ne serait pas lui, par hasard ?<br><strong>Elle</strong> – Qui ?<br><strong>Lui</strong> – L’auteur !<br><strong>Elle</strong> – L’auteur ? Georges ? Ah, je ne crois pas, non…<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Mais parce que… Parce que c’est un auteur anonyme. Du début du vingtième.<br><strong>Lui</strong> – C’est rare, non, les auteurs anonymes du vingtième.<br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Les auteurs anonymes, c’est plutôt au Moyen Âge. Aujourd’hui, on a quand même des moyens pour les retrouver, les auteurs. Les empreintes génétiques, tout ça. Le fichier des délinquants littéraires. Un auteur anonyme du vingtième, ça n’a pas de sens…<br><strong>Elle</strong> – Du vingtième… Du vingtième arrondissement ! Le début du vingtième. Du côté de Nation. Un auteur anonyme du début du vingtième arrondissement.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui…<br><strong>Elle</strong> – Ben oui.<br><strong>Lui</strong> – Oui, là, ça ne m’étonne qu’à moitié.<br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Les auteurs célèbres habitent plutôt le sixième ou le septième arrondissement. Faut avoir les moyens. Dans le dix-neuvième et le vingtième, forcément, il n’y a que les anonymes. Et il ressemble à quoi, cet auteur ?<br><strong>Elle</strong> – Georges ?<br><strong>Lui</strong> – Georges, si vous voulez.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi voulez-vous savoir à quoi il ressemble ?<br><strong>Lui</strong> – Au cas où je le verrais.<br><strong>Elle</strong> – Alors vous voudriez que je vous donne son signalement ?<br><strong>Lui</strong> – Pour le reconnaître…<br><strong>Elle</strong> – Très bien. Vous avez de quoi noter ?<br><em>Il sort de la poche de l’imper un carnet et un crayon.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Georges se fait appeler Georges. Mais à l’évidence, c’est un nom d’emprunt. Un pseudo, si vous préférez.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Un nom de code.<br><strong>Elle</strong> – Personne ne connaît le vrai nom de Georges. En fait, la seule chose qu’on sait à propos de Georges, c’est qu’il ne s’appelle pas Georges. Alors quant à savoir à quoi il ressemble…<br><strong>Lui</strong> (<em>griffonnant sur son carnet</em>) – Très bien, je vous remercie pour ces précieuses informations…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez vraiment écrit ça ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai fait mieux… (<em>Il lui tend le carnet</em>) Regardez…<br><strong>Elle</strong> – Un portrait-robot ? (<em>Elle regarde le dessin</em>) Mais… Pourquoi avez-vous dessiné un chien ?<br><strong>Lui</strong> – Je… Je ne sais dessiner que les chiens… Mais avouez que c’est très ressemblant, non…?<br><strong>Elle</strong> – Oui… C’est à s’y méprendre…<br><strong>Lui</strong> – Et puis ce n’est pas un simple chien… C’est un chien policier… Le chien est le plus fidèle compagnon de l’homme. Croyez-moi, un chien ne vous décevra jamais.<br><strong>Elle</strong> – Vous avez fini ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Votre enquête !<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, oui. Mais je vous demande de rester à la disposition de la police…<br><strong>Elle</strong> – Quelle police ?<br><strong>Lui</strong> – Garamond, Helvetica, Times, New Roman… Vous n’avez que l’embarras du choix…<em><br>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi est-ce qu’on le recherche, ce Georges, exactement.<br><strong>Lui </strong>– Désolé mais ça, même si je le savais, je ne pourrais pas vous le dire.<br><strong>Elle</strong> – Je vois…<br><strong>Lui</strong> – Vous avez bien de la chance.<br><strong>Elle</strong> – Alors je peux m’en aller ?<br><strong>Lui</strong> – Pour aller où ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Par là…<br><strong>Lui</strong> – Très bien, alors disons que… je vous prends en filature.<br><em>Ils s’apprêtent à sortir.</em><br><strong>Elle</strong> – Et vous êtes vraiment sûr qu’il existe ?<br><strong>Lui</strong> – Qui ?<br><strong>Elle</strong> – Georges !<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr !<br><strong>Elle</strong> – On ne sait quand même pas grand chose sur lui.<br><strong>Lui</strong> – On sait déjà qu’il ne s’appelle pas Georges…<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’est un début.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Les auteurs de nos jours</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-auteurs-de-nos-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:23:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les auteurs de nos jours, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages debout les bras ballants.</em><br><strong>Un</strong> – Tu vois, à l’heure qu’il est, on devrait être en train de jouer.<br><strong>Deux</strong> – Et on est plantés là, et on ne sait pas quoi dire.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait pas quoi faire, et on ne sait pas où se mettre.<br><strong>Deux</strong> – Il n’a pas laissé de mots, pas même une ou deux lettres ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne le ferait pas revenir, mais on saurait quoi dire.<br><strong>Deux</strong> – Et on saurait quoi faire, on saurait quoi ressentir.<br><strong>Un</strong> – Il nous laisse là comme ça, juste avec un grand vide.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi il a fait ça ? La peur de faire un bide ?<br><strong>Un</strong> – Il a pensé à quoi ? Pas à tous ses amis.<br><strong>Deux</strong> – Regarde, ils sont tous là, tous à attendre assis.<br><strong>Un</strong> – Ils attendent nos répliques, mais qu’est-ce qu’on pourrait dire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On n’a rien à dire.<br><strong>Un</strong> – Puisqu’on n’a pas la pièce.<br><strong>Deux</strong> – Puisqu’il ne l’a pas écrite.<br>Un – Puisqu’il est mort hier.<br><strong>Deux</strong> – D’une gastroentérite.<br><em>L’autre le regarde étonné.</em><br>Un – D’une gastroentérite ?<br>Deux – J’ai dit ça pour la rime.<br>Un – C’était une pièce en vers ?<br>Deux – Je ne sais pas. À quoi ça rime…<br>Un – On n’est pas auteurs, nous, et pas acteurs non plus.<br>Deux – On ne sait pas quoi vous dire, on est juste venu.<br>Un – Deux personnages en deuil, et des rimes orphelines.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Maintenant on devrait saluer, et se faire applaudir.<br><strong>Deux</strong> – Ou bien se faire siffler, et se faire insulter.<br><strong>Un</strong> – Mais au moins on saurait.<br><strong>Deux</strong> – Si c’était une bonne pièce, ou alors un navet.<br><strong>Un</strong> – Un tabac ou un four.<br><strong>Deux</strong> – Mais on ne saura jamais.<br><strong>Un</strong> – Non, vraiment, c’est trop triste.<br><strong>Deux</strong> – Les auteurs de nos jours sont vraiment des fumistes.<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<title>Mort pour le théâtre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-le-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 17:38:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de scène]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sketch de Jean-Pierre Martinez Deux personnages entrent. Au moment de se croiser, ils s’arrêtent.Un – Tiens, je vous croyais mort…Deux [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages entrent. Au moment de se croiser, ils s’arrêtent.</em><br><strong>Un</strong> – Tiens, je vous croyais mort…<br><strong>Deux</strong> – Mais je suis mort.<br><strong>Un</strong> – C’est bien ce qui me semblait ! Et il y a combien de temps ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va faire deux ans.<br><strong>Un </strong>– Ah, oui… Et vous êtes mort de quoi, déjà ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis mort d’ennui. J’étais allé au théâtre voir une pièce écrite par un auteur contemporain. L’ouvreuse m’a retrouvé affalé sur mon siège à l’entracte.<br><strong>Un</strong> – C’était si ennuyeux que ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ennuyeux à mourir. C’était une pièce sur les migrants qui traversent la Manche sur des radeaux pour rejoindre l’Angleterre.<br><strong>Un</strong> – Ah, cette pièce-là… Oui, je vois… Pourtant c’est un beau sujet…<br><strong>Deux</strong> – Il paraît que l’auteur a passé trois mois à Calais histoire de se mettre dans l’ambiance. Il a rédigé sa pièce depuis le balcon de son palace avec vue sur la mer. Ça devait encore manquer un peu de vécu…<br><strong>Un</strong> – Et… vous êtes vraiment sûr d’être mort ?<br><strong>Deux</strong> – Certain… et si vous me voyez, c’est que vous êtes mort aussi.<br><strong>Un</strong> – Désolé. Je suis l’auteur de cette pièce qui vous a été fatale.<br><strong>Deux</strong> – On dirait qu’elle ne vous a pas réussi non plus.<br><strong>Un</strong> – Hydrocution. Je n’aurais jamais dû aller me baigner juste après manger. Les repas sont tellement copieux dans ces hôtels de luxe.<br><em>Ils sortent.<br>Noir.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized is-style-default" style="margin-top:0;margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:0;margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p class="has-text-align-left">Sketch extrait du recueil <strong><em>Brèves de scène  </em></strong><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-scene/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-scene/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="157" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp" alt="Couverture de Brèves de scène" class="wp-image-87" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-1024x536.webp 1024w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-768x402.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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