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	<title>Archives des Vaudeville - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Vaudeville - La Sketchothèque</title>
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		<title>Cadeau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:26:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cadeau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/cadeau/">Cadeau</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table. Sur la table une bouteille de champagne dans un seau, et deux coupes. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu es là depuis longtemps ?<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Cinq minutes. Ça va ?<br><em>Ils se font la bise, avant de se rasseoir.</em><br><strong>Un</strong> – Très bien. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Un</strong> – Du champagne ? En quel honneur ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne devines pas ?<br><strong>Un</strong> – Évidemment… Alors, ça fait quel effet d’avoir un an de plus ?<br><strong>Deux</strong> – Tu y as pensé… C’est gentil.<br><strong>Un</strong> – Mieux que ça… (<em>Il sort une enveloppe de sa poche et lui tend</em>.) Tiens, je ne savais pas quoi t’offrir, alors…. voilà.<br><em>L’autre semble un peu sur la défensive.</em><br><strong>Deux</strong> – Une enveloppe ? Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Un</strong> – Ouvre, tu verras…<br><strong>Deux</strong> – On va trinquer d’abord, pendant qu’il est bien frais.<br><em>Il remplit les deux coupes. Ils trinquent.</em><br><strong>Un</strong> – Allez ! Bon anniversaire !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! À la tienne !<br><em>Ils boivent.</em><br><strong>Un</strong> – Alors, tu l’ouvres, cette enveloppe ?<br><em>L’autre n’est toujours pas très emballé.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai… Alors là, tu m’intrigues… Qu’est-ce que ça peut bien être ?<br><em>Il ouvre l’enveloppe.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne savais pas ce qui te ferait plaisir, alors je me suis dit que ça, au moins, c’était un cadeau original.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que c’est encore un bon pour un saut en parachute ou quelque chose comme ça…<br><em>Il sort un papier de l’enveloppe et le regarde.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Un avoir… chez un tueur à gages.<br><strong>Un</strong> – Je te l’avais dit… c’est original.<br><strong>Deux</strong> (<em>lisant toujours</em>) – Supprimez qui vous voulez…<br><strong>Un</strong> – Il faut juste inscrire le nom du bénéficiaire dans la case vide.<br><strong>Deux</strong> – Le bénéficiaire…?<br><strong>Un</strong> – La personne dont tu rêverais de te débarrasser !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, pour être sûr qu’il n’y aura pas d’erreur, tu peux aussi mettre l’adresse et joindre une photo.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ça te plaît ?<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est… C’est vrai que c’est original, comme cadeau.<br><strong>Un</strong> – Et… tu as déjà une idée ?<br><strong>Deux</strong> – Une idée ?<br><strong>Un</strong> – Le nom de la personne que tu vas inscrire dans la case !<br><strong>Deux</strong> – Ah, je… Non, pas encore… Il faudra que je réfléchisse…<br><strong>Un</strong> – Attention, tu n’as droit qu’à un seul nom. Et tu ne pourras jamais recommencer. C’est bien précisé dans le contrat.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, ça pourrait devenir suspect, tu comprends.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr. Bon ben… Oui, je vais y penser…<br><strong>Un</strong> – Pas trop longtemps, hein ? Tu as vu, c’est valable pendant un an seulement.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ils s’engagent à exécuter le contrat dans les six mois qui suivent la remise du formulaire. Satisfait ou remboursé !<br><strong>Deux</strong> – Non, non, c’est… C’est un super cadeau.<br><strong>Un</strong> – Tu as bien une petite idée… Si tu devais supprimer une seule personne sur cette terre…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien un nom qui me vient mais…<br><strong>Un </strong>– Bon, c’est bien spécifié que ça doit être une personne ordinaire, hein ? Pas un président en exercice, un animateur télé ou une célébrité quelconque. Non, quelqu’un de la famille, par exemple. Un ami ou…<br><strong>Deux</strong> – Un ami ?<br><strong>Un</strong> – Un ami qui t’aurait trahi.<br><strong>Deux</strong> – Trahi ?<br><strong>Un</strong> – Un type qui aurait couché avec ta femme, par exemple.<br><strong>Deux</strong> – Tu es en train de me dire que ma femme me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Mais pas du tout ! C’est juste un exemple. Ça peut être… Je ne sais pas moi… Ta belle-mère, ton patron, ton percepteur… Ou ta femme, tiens.<br><strong>Deux</strong> – Parce qu’elle me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Parce que tu ne la supportes plus ! Tu veux retrouver ta liberté, mais tu n’as pas non plus envie de lui payer une pension alimentaire jusqu’à la fin de ta vie.<br><strong>Deux</strong> – Je m’entends très bien avec ma femme.<br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas qu’il n’y a personne dans ton entourage sans qui ta vie serait plus agréable.<br><strong>Deux</strong> – Au point de le tuer ? Non, je ne vois pas…<br><strong>Un</strong> – Ce que tu peux être agaçant, parfois… Je ne sais pas, moi… Quelqu’un qui t’énerve, tout simplement.<br><em>L’autre commence à sortir de ses gonds.</em><br><strong>Deux</strong> – Quelqu’un qui m’énerve… parce qu’il m’offre tous les ans des cadeaux à la con pour mon anniversaire, par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Tu trouves que je t’offre toujours des cadeaux à la con ?<br><strong>Deux</strong> – L’année dernière, c’était un bon d’achat pour dix séances d’essai chez un psychanalyste ! Et l’année d’avant, c’était pour organiser ma propre disparition !<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, celui-là, tu ne l’as même pas utilisé.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre ton nom…<br><em>L’autre le regarde griffonner sur le papier, avec un air inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Non, mais tu peux encore réfléchir un peu… Je te ressers ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Double vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Notaire]]></category>
		<category><![CDATA[Office notarial]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Double vie, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bureau notarial. Une femme arrive, en tenue deuil. Elle hésite, puis s’assied. Au bout d’un moment, elle se penche vers le bureau pour voir les documents qui sont posés dessus, avant de se raviser. La curiosité étant trop forte, elle se penche à nouveau et avance une main hésitante pour saisir une enveloppe. Arrive alors une autre femme, également en tenue de deuil. Elle semble surprise en voyant l’autre, qui ne s’est pas aperçue de son arrivée. La nouvelle venue tousse pour signaler sa présence, et l’autre sursaute.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Vous m’avez fait peur…<br><strong>Femme 2</strong> – Je suis vraiment désolée. Mais je ne savais pas que… (Lui tendant la main et se présentant) Agnès…<br><strong>Femme 1 </strong>– Vous connaissez mon nom ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>étonnée</em>) – Euh… Non, Agnès, c’est moi. La veuve du défunt.<br><strong>Femme 1 </strong>– Quoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – Vous vous appelez aussi Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Mais c’est moi, la veuve !<br><strong>Femme 2 </strong>– Pardon ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Pour qui elle se prend, cette morue ?<br><strong>Femme 2</strong> – Tu peux répéter ça pouffiasse ?<br><em>Elles s’apprêtent à se sauter à la gorge quand le notaire arrive un gobelet de café à la main.</em><br><strong>Notaire</strong> – On vous a proposé un café ?<br><em>Les deux femmes reprennent une contenance plus digne.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merci, ça ira.<br><strong>Femme 2</strong> – On est déjà assez énervées comme ça.<br><strong>Notaire</strong> – Je vous en prie, asseyez-vous… (<em>Les deux femmes se rasseyent.</em>) Et tout d’abord, permettez-moi de vous présenter toutes mes condoléances.<br><em>La première femme verse une larme. Le notaire lui tend une boîte de mouchoirs en papier et elle en prend un.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Merci.<br><em>L’autre femme lève les yeux au ciel avec un air excédé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Très bien, alors puisque nous sommes au complet, je crois que nous allons pouvoir procéder à l’ouverture du testament.<br><strong>Femme 1</strong> – Au complet ?<br><strong>Notaire</strong> – À moins que nous n’attendions une troisième Agnès…<br><strong>Femme 2</strong> – Excusez-moi, mais je crois qu’il y a un petit malentendu…<br><strong>Notaire</strong> – J’y viens tout de suite, chère Madame, rassurez-vous… (<em>Il saisit l’enveloppe posée sur son bureau et toussote pour s’éclaircir la voix.</em>) J’irai droit au but. Comme votre présence conjointe dans ce bureau vous l’aura déjà fait subodorer, Monsieur Barbarin, avant sa mort, avait une double vie.<br><strong>Femme 1 </strong>– Une double vie ?<strong><br>Femme 2 </strong>– Je vous assure que nous n’avions rien subodoré du tout jusque là…<br><strong>Notaire</strong> – Quoi qu’il en soit, suite à sa disparition brutale dans des circonstances aussi obscures que douloureuses, Monsieur Barbarin laisse derrière lui deux veuves et deux orphelins… prénommés tous deux Baptiste.<br><strong>Femme 1</strong> – Votre fils s’appelle aussi Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est vrai que pour un homme qui mène une double vie, choisir deux femmes qui portent le même prénom et baptiser tous ses enfants Baptiste, cela peut éviter de commettre pas mal d’impairs…<br><strong>Femme 2</strong> (<em>anéantie</em>) – C’est clair…<br><strong>Notaire</strong> – Donc, il apparaît que le patrimoine de votre époux commun était principalement constitué d’une maison à Tarascon-sur-Rhône et d’une autre à Tarascon-sur-Ariège. C’est d’ailleurs au cours d’un de ses nombreux déplacements entre ces deux villes que Monsieur Barbarin aurait été emporté avec sa voiture par une rivière en crue lors d’un violent orage.<br><em>Les deux femmes échangent un regard hostile.</em><br><strong>Notaire</strong> – Sans attendre, je vais vous lire les dernières volontés du défunt. (<em>Il ouvre l’enveloppe</em>) Tout d’abord, en ce qui concerne ses obsèques, Monsieur Barbarin a émis le souhait d’être incinéré. Pour cela au moins, vous n’avez aucun souci à vous faire. Monsieur Barbarin était apparemment un homme très organisé, et il a tout prévu. Je vous communiquerai tout à l’heure les détails de…<br><em>Faisant un faux mouvement, le notaire renverse son café sur le testament.</em><br><strong>Notaire</strong> – Et merde… (<em>Il prend un mouchoir en papier et éponge le café renversé sur le testament.</em>) Pardon… Je vais arranger cela tout de suite, ne vous inquiétez pas, et je poursuis la lecture du testament… En espérant que ce torchon soit encore à peu près lisible… (<em>Il jette un regard sur le document</em>.) Bon, donc, en gros… Je vous résume… Monsieur Barbarin lègue sa maison de Tarascon à…<br><strong>Femme 1 </strong>– Tarascon-sur-Rhône ou Tarascon-sur-Ariège ?<br><strong>Notaire</strong> – Je vous avoue qu’avec le marc de café, je n’arrive pas à lire ce qu’il y a d’écrit exactement derrière Tarascon… Quoi qu’il en soit, Monsieur Barbarin lègue cette maison à sa femme Agnès et à son fils Baptiste.<br><strong>Femme 2 </strong>– Quelle Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Quel Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – Là, je vous assure qu’il n’a pas précisé…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est incroyable !<br><strong>Femme 1</strong> – Mais alors comment vous voulez-vous que…<br><em>Le téléphone du notaire sonne et il répond.</em><br><strong>Notaire</strong> – Excusez-moi un instant… Oui ? Non ? Ah oui ? Ah non ! Bon… Bon… Bon… Merci… (<em>Il raccroche</em>.) Alors j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Femme 2</strong> – Je vous avoue que je serais assez curieuse de savoir quelle pourrait bien être la bonne…<br><strong>Notaire</strong> – Votre mari n’est pas mort noyé dans l’Ariège, comme on avait pu le croire dans un premier temps…<br><em>Les deux femmes échangent un regard, consternées.</em><br><strong>Notaire</strong> – Selon les derniers rebondissements de l’enquête, Monsieur Barbarin aurait pu remonter sur la rive après avoir été malencontreusement précipité dans la rivière par une bourrasque en promenant son chien nommé Tobby. Un chien dont apparemment, il ne se séparait jamais.<br><strong>Femme 1 </strong>– Notre chien aussi s’appelle Tobby !<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est le même…<br><strong>Notaire</strong> – Pour ce qui est des chiens, en tout cas, il semblerait en effet que votre mari n’était pas polygame…<br><strong>Femme 1</strong> – Alors ce salaud est encore vivant ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est là où j’en arrive à la mauvaise nouvelle… Il a pu reprendre place à bord de sa voiture et continuer sa route. En revanche le véhicule a été projeté dans le Rhône par un nouveau coup de mistral en arrivant à Tarascon. La gendarmerie vient de repêcher sa Twingo dans le fleuve il y a quelques minutes.<br><strong>Femme 2</strong> – Le Rhône, donc.<br><strong>Femme 1</strong> – Évidemment, le Rhône ! À Tarascon-sur-Rhône ! Il faut la mettre sous tension, celle-là, elle n’a pas l’électricité à tous les étages !<br><em>L’autre femme lui lance un regard meurtrier.</em><br><strong>Notaire</strong> – Monsieur Barbarin n’a vraiment pas eu de chance. Il est évident qu’il aurait mieux fait de ne pas prendre sa voiture ce jour là.<br><strong>Femme 1 </strong>– C’était l’anniversaire de mon Baptiste…<br><strong>Femme 2</strong> – Du mien aussi…<br><strong>Notaire</strong> – La loi des séries sans doute. Je parle de cette double noyade, bien sûr…<br><strong>Femme 2</strong> – Il faut croire que lorsqu’on a une double vie, on est aussi destiné à mourir deux fois.<br><strong>Notaire</strong> – Même si, selon la célèbre maxime d’Héraclite : on ne se noie jamais deux fois dans le même fleuve. (Un temps) Je plaisante…<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais alors c’était quoi la bonne nouvelle ?<br><strong>Notaire</strong> – La bonne nouvelle, c’est qu’on a retrouvé le chien Tobby, et qu’il est bien vivant. Nous pourrons toujours envisager une garde partagée…<br><strong>Femme 1</strong> – Et c’est tout ce qu’il y a dans le testament ?<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Oui… Ah, non, pardon… Attendez une minute… Voici la musique que votre mari a choisi pour accompagner sa crémation.<br><em>Il appuie sur une télécommande et on entend les premières paroles de la chanson « Allumer le Feu ». Plus quelques aboiements.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Condoléances</title>
		<link>https://sketchotheque.net/condoleances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:42:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
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		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Condoléances, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire'  de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme se recueille devant une tombe. Un autre arrive.<br></em><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, je cherche la tombe de Polnareff…<br><strong>Un</strong> – Il est mort ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon… Je voulais dire Gainsbourg, bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Au fond de l’allée, à gauche… Vous ne pouvez pas vous tromper… Il y a plein de mégots autour…<br><em>Le deuxième s’apprête à y aller, puis se ravise et regarde à son tour la tombe devant laquelle est planté le premier.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est un drôle de truc, les cimetières, quand on y pense… Est-ce que les morts sont radioactifs, pour qu’on les enterre dans des enceintes confinées pendant des siècles, comme des déchets nucléaires ? Moi, je suis pour l’incinération, pas vous ?<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Vous la connaissiez ?<br><strong>Un</strong> – C’était ma maîtresse…<br><strong>Deux</strong> – Ah, je suis désolé.<br><strong>Un</strong> – Oh, c’est vraiment pas la peine… C’était une salope…<br><strong>Deux</strong> – Allez, dites pas ça… Alors c’est pour ça que vous venez seulement maintenant, après la cérémonie. Pour ne pas croiser le mari.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas vous qui l’avez tuée, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non…! Elle est morte écrasée par un tramway… Elle sortait de chez moi pour aller me chercher mon briquet que j’avais oublié dans mon quatre-quatre… C’est en retraversant la rue que… Ils avaient inauguré la ligne la veille. Elle ne s’est plus souvenue…<br><strong>Deux</strong> – C’est le problème, avec les tramways. Comme c’est électrique, on ne les entend pas arriver…<br><em>Le premier sort une cigarette et la met à sa bouche.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez du feu…? Du coup, je n’ai plus de briquet…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas interdit, au moins ?<br><strong>Deux</strong> (<em>lui donnant du feu</em>) – Les cimetières, c’est le dernier endroit où on a encore le droit de fumer. Et puis si c’était un cimetière non fumeur, ils n’y auraient pas enterré Gainsbourg…<br><em>Le premier tire avec avidité sur sa cigarette.</em><br><strong>Un</strong> – C’est comme ça que son mari a appris notre liaison… Elle lui racontait qu’elle allait voir sa grand-mère à la maison de retraite. La grand-mère ne se souvient jamais de rien, c’était pratique. Mais comme le tramway lui est passé dessus en face de chez moi… Son mari a dû se douter de quelque chose…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment… Apprendre en même temps qu’on est veuf et qu’on est cocu…<br><strong>Un</strong> – Depuis, je suis à pied…<br><strong>Deux</strong> – Pardon…?<br><strong>Un</strong> – Il a fait enterrer sa femme avec mes clefs ! Pour se venger, sûrement…<br><strong>Deux</strong> – Vos clefs ?<br><strong>Un</strong> – Les clefs de mon quatre-quatre ! Je les lui avais données… Pour qu’elle aille me chercher le briquet…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Un</strong> – Je suis allé à la présentation du corps, je les ai vues qui dépassaient de sa poche… Mais il y avait plein de monde… J’ai rien pu faire… Maintenant, je ne sais plus comment les récupérer…<br><strong>Deux</strong> – Mais vous n’avez pas un double…?<br><strong>Un</strong> – Si… C’est ma femme qui l’a…<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez qu’à lui dire que vous avez perdu les vôtres…<br><strong>Un</strong> – On est séparés… Cette salope venait de lui apprendre que je la trompais avec elle… Alors il y a peu de chance que mon ex-femme me rende le double des clefs…<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Il va bientôt faire nuit… Vous n’auriez pas une pelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous plaisantez ?<br><strong>Un</strong> – Vous n’avez pas de pelle… Vous êtes en voiture ?<br><strong>Deux</strong> – Je vous ramène ?<br><strong>Un</strong> – Volontiers. Vous allez de quel côté ?<br><strong>Deux</strong> – La Butte aux Cailles.<br><strong>Un</strong> – Tiens, c’est marrant, c’est là qu’habitait ma maîtresse.<br><strong>Deux</strong> – Je sais… Je suis son mari…<br><strong>Un</strong> – Ah, d’accord… J’ai eu un doute, aussi, quand j’ai vu le briquet…<br><em>Le premier ressort le briquet de sa poche.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, excusez-moi… Je vous le rends, bien sûr… Je ne savais pas qu’il était à vous… J’étais étonné, aussi, de trouver ça dans sa main, quand ils me l’ont ramenée. Comme ma femme ne fume pas… Enfin, ne fumait pas…<br><em>L’autre prend le briquet.</em><br><strong>Un</strong> – Merci. (<em>Jetant un regard au briquet</em>) Pas une égratignure… C’est un miracle…<br><strong>Deux</strong> – Ma femme, en revanche…<br><strong>Un</strong> (<em>rangeant le briquet</em>) – J’y tiens beaucoup… C’est elle qui me l’avait offert…<br><strong>Deux</strong> – Mais pour vos clefs… Je suis vraiment désolé… Je vous jure que je n’étais pas au courant… Je n’ai pas eu l’idée de lui faire les poches…<br><strong>Un</strong> – Je vous crois… Vous avez l’air d’un brave type…<br><em>Ils s’apprêtent à partir.</em><br><strong>Un</strong> – Mais je croyais que vous cherchiez la tombe de Gainsbourg ? C’est pour ça que je ne me suis pas méfié… C’était pour me piéger…?<br><strong>Deux</strong> – Pas du tout… Pendant la cérémonie, évidemment, je n’ai pas eu trop le temps de flâner… Je me suis dit que je reviendrai plus tard pour faire un peu de tourisme… Ça fait rien, ce sera pour une autre fois… (Un temps) Je me suis toujours demandé ce qu’on faisait des morts quand les cimetières étaient pleins…<br><strong>Un</strong> – On les oublie… À part quelques célébrités… Ça doit être ça l’immortalité. Une concession perpétuelle…<br><em>Ils s’éloignent.</em><br><strong>Un</strong> – C’est vrai que c’est un bel endroit…<br><strong>Deux</strong> – C’est elle qui a tenu à être enterrée ici…<br><strong>Un</strong> – Ça doit coûter bonbon, non ? C’est très people…<br><strong>Deux</strong> – Ça vous pouvez le dire… C’était son côté show-biz…<br><em>Ils s’en vont.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous avez raison, c’était vraiment une salope…<br><strong>Un</strong> – Allez, dites pas ça…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<item>
		<title>Tout est clair</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tout-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:10:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Portefeuille]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout est clair, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.<br></em><strong>Maria</strong> – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.<br><strong>Ramirez</strong> – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?<br><strong>Maria</strong> – Évidemment, puisque c’est la vérité !<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition…<br><strong>Maria</strong> – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !<br><strong>Ramirez</strong> – Bien sûr…<br><strong>Maria</strong> – Ce que c’est que les préjugés… Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police…<br><strong>Ramirez</strong> – Reconnaissez que ça, ce n’est faux…<br><strong>Maria</strong> – Défavorablement, peut-être… Mais pas comme pickpocket !<br><strong>Ramirez</strong> – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.<br><strong>Maria</strong> – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.<br><em>Maria pousse un soupir de soulagement.</em><br><strong>Maria</strong> – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense…<br><strong>Ramirez</strong> – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même… Il a porté plainte…<br><strong>Maria</strong> – Porté plainte ? Mais pourquoi ?<br><strong>Ramirez</strong> – Pour un vol à l’arraché.<br><strong>Maria</strong> – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?<br><strong>Ramirez</strong> – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation…<br><strong>Maria</strong> – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Maria</strong> – Vous verrez… Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère…<br><em>L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Oui Sanchez… OK, envoyez-les moi… (<em>Se tournant vers Maria</em>) L’heure de vérité…<br><em>Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Entrez, je vous en prie.<br><strong>Homme</strong> (<em>embarrassé</em>) – Merci, Inspecteur…<br><strong>Femme</strong> (<em>apercevant Maria</em>) – Alors c’est elle…<br><strong>Maria</strong> – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur…<br><strong>Homme</strong> (<em>timidement</em>) – Madame…<br><strong>Maria</strong> (<em>à Ramirez</em>) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.<br><strong>Ramirez</strong> – Alors Monsieur Delamare… Vous reconnaissez cette femme ?<br><em>L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Maria</strong> – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde…<br><strong>Femme</strong> – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!<br><em>Le brave homme semble très mal à l’aise.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Monsieur, je vous écoute… C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne me souviens plus très bien… Il faisait noir…<br><strong>Ramirez</strong> – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci… <br><strong>Homme</strong> – Non, non, bien sûr… J’ai dit noir… C’est plutôt moi qui… J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur…<br><em>L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Homme</strong> – Absolument.<br><strong>Maria</strong> – Ah ! Vous voyez bien !<br><strong>Ramirez</strong> – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.<br><strong>Maria</strong> – Contre X ?<br><strong>Ramirez</strong> – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.<br><em>L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.</em><br><strong>Homme</strong> – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (<em>Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout</em>.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait… Je l’ai perdu…<br><em>L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi… Pourquoi ce mensonge?<br><em>Le respectable vieillard est un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?<br><strong>Femme</strong> (<em>embarrassée</em>) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle…<br><strong>Ramirez</strong> – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent…<br><strong>Femme</strong> (<em>à nouveau agressive</em>) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça… Avec tout ce qu’on voit en ce moment…<br><strong>Ramirez</strong> – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail… (<em>L’homme, penaud, regarde ses chaussures</em>.) Bon… Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois…<br><strong>Femme</strong> – Merci Monsieur l’Inspecteur…<br><strong>Homme</strong> – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment…<br><strong>Maria</strong> – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?<br><em>L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare… Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.<br><strong>Homme</strong> – C’est là où nous habitons, ma femme et moi…<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même…<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne sais pas, Inspecteur.<br><strong>Ramirez</strong> – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?<br><em>L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.</em><br><strong>Maria</strong> – Ah mais oui, ça y est… Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !<br><em>La femme se tourne vers Maria.</em><br><strong>Femme</strong> – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?<br><strong>Maria</strong> – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !<br><em>La femme jette un regard assassin à son mari.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Je crois que maintenant, tout est clair…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Double living</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-living/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:48:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=838</guid>

					<description><![CDATA[<p>Double living, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, l’air préoccupé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça va ? Tu as l’air soucieux…<br><strong>Lui</strong> – Rien de grave, je t’assure… J’attendais d’être sûr pour t’en parler mais…<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur, qu’est-ce qu’il y a ?<br><strong>Lui</strong> – Est-ce que tu as déjà remarqué que notre salon est beaucoup moins profond que notre cuisine ?<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – La cuisine, elle est juste de l’autre côté, non ? Séparée de notre salon par une cloison.<br><strong>Elle</strong> – Oui, peut-être. Et alors ?<br><strong>Lui</strong> – Logiquement, notre salon devrait avoir la même longueur que la cuisine.<br><strong>Elle</strong> – Et ?<br><strong>Lui</strong> – Il manque trois mètres cinquante.<br><strong>Elle</strong> – Trois mètres cinquante ?<br><strong>Lui</strong> – Trois mètres cinquante-huit, exactement.<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Lui</strong> – Absolument. J’ai vérifié trois fois les mesures.<br><strong>Elle</strong> – C’est une vieille maison. À cette époque-là, les murs n’étaient peut-être pas très droits.<br><strong>Lui</strong> – Trois mètres cinquante-huit ! On ne parle pas d’un mur un peu en biais ou un peu plus épais que les autres. Comme le salon fait six mètres de large, ça correspondrait à une pièce de plus de 21 mètres carrés.<br><strong>Elle</strong> – Une pièce ?<br><strong>Lui</strong> – Une pièce.<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur. Une pièce murée, tu veux dire ?<br><strong>Lui</strong> – Oui. On peut dire ça comme ça.<br><strong>Elle</strong> – Mais enfin, ça fait vingt ans qu’on a acheté cette maison. On ne se serait pas rendu compte qu’il manquait une pièce ?<br><strong>Lui</strong> – Les chiffres sont là. J’ai vérifié trois fois.<br><strong>Elle</strong> – C’est dingue.<br><strong>Lui</strong> – Et dire que pendant toutes ces années, j’avais mon bureau au fond du garage, entre la chaudière et le congélateur. Vingt-et-un mètres carrés, tu te rends compte ? On aurait pu en faire un bureau !<br><strong>Elle</strong> – Ou une chambre d’enfant…<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Mais comment c’est possible…? Comment est-ce qu’on peut en arriver à murer une pièce ? Pourquoi ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Elle</strong> – Ça fout un peu les jetons, non ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – De savoir que pendant vingt ans, on a passé toutes nos soirées dans ce salon, sans savoir que juste à côté, il y en avait un autre de la même taille, complètement vide…<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin, vide… on ne sait pas.<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Il n’est peut-être pas vide.<br><strong>Elle</strong> – Pas vide ? Tu veux dire… que les anciens propriétaires auraient pu y cacher quelque chose ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas ? Sinon, pourquoi avoir muré cette pièce ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qu’on peut bien vouloir cacher, au point de murer complètement une pièce de sa maison.<br><strong>Lui</strong> – Un trésor ?<br><strong>Elle</strong> – Ce serait trop beau…<br><strong>Lui</strong> – Un cadavre…<br><strong>Elle</strong> – Un cadavre ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas…<br><strong>Elle</strong> – Vingt mètres carrés pour planquer un cadavre ?<br><strong>Lui</strong> – Il y en avait peut-être plusieurs…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, il n’était peut-être pas mort quand on l’a emmuré…?<br><strong>Lui</strong> – Il ou elle…<br><strong>Elle</strong> – Ou les deux.<br><strong>Lui</strong> – Et si les anciens propriétaires étaient toujours là…?<br><em>Silence de mort.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de pouvoir continuer à vivre dans cette maison, en sachant que juste derrière cette cloison, il y a peut-être un ou plusieurs cadavres…<br><strong>Lui</strong> – C’est juste une hypothèse.<br><strong>Elle</strong> – Oui, mais moi j’ai besoin d’en avoir le cœur net.<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison, il faut savoir.<br><strong>Elle</strong> – Et tout de suite. Je ne passerai pas une nuit de plus dans cette maison sans savoir ce qu’il y a dans cette pièce.<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Je m’en occupe…<br><em>Il sort. Elle jette un regard angoissé vers la cloison, correspondant au quatrième mur. Il revient avec une masse.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Lui</strong> – Il faut en avoir le cœur net.<br><em>Noir. On entend des coups de masse. La lumière revient. Ils regardent vers la salle comme à travers un trou béant.</em><br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Lui</strong> – Un salon en parfait état, presque comme le nôtre.<br><strong>Elle</strong> – Pas une trace de poussière.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue…<br><strong>Elle</strong> – Tu crois que quelqu’un habite encore ici ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… En même temps… Ça ressemble beaucoup au salon des voisins.<br><em>Elle regarde plus attentivement.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est le salon des voisins !<br><strong>Lui</strong> – Je ne comprends pas… J’ai dû faire une erreur dans mes calculs.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…? Eh ben il va falloir que tu leur expliques ça quand ils vont revenir…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Coup de foudre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coup-de-foudre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 09:36:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Coup de foudre]]></category>
		<category><![CDATA[Immobilier]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Coup de foudre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme entre, genre VRP, une mallette à la main. Il attend, ne sachant pas quoi faire. Puis il en profite pour examiner discrètement les lieux. Son jugement semble très favorable. Son portable sonne, il répond.<br></em><strong>Lui</strong> – Oui…? Oui, chérie… Oui, j’y suis… Non, la fille de l’agence n’est pas encore arrivée. Je suis un peu en avance. Une occasion pareille, tu penses bien. Je tenais absolument à être le premier. Oui, elle m’a dit qu’il y avait quelqu’un d’autre sur l’affaire… Non, non, c’était ouvert, alors j’en ai profité pour entrer… Ah, oui, je t’assure, c’est vraiment magnifique. Le coup de cœur, je te jure. Non, je crois que cette fois, c’est le bon. Et à ce prix là… Les propriétaires sont pressés, apparemment… Un divorce, il paraît… Excuse-moi, je vais devoir te laisser… Je l’entends qui arrive… OK, je te rappelle après, d’accord…? Tchao…<br><em>Une femme entre. Elle est habillée un peu de la même façon que lui, au féminin, et porte également une mallette.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour… Vous êtes bien…?<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Je me suis garée sur une place handicapés, mais bon… On n’en a pas pour très longtemps…<br><strong>Lui</strong> – Non, bien sûr…<br><em>Elle jette un regard sur la pièce. Il paraît décontenancé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah, oui, c’est…<br><strong>Lui</strong> – C’est la première fois que vous le voyez…?<br><strong>Elle</strong> – Oui… Pourquoi ?<br><strong>Lui</strong> – Non, non… Rien… Je…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas très grand, évidemment, mais bon…<br><strong>Lui</strong> – Pour un couple.<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Il y a pas mal de placards…<br><em>Ils semblent tous les deux un peu embarrassés.</em><br><strong>Elle</strong> – Il faut reconnaître qu’à ce prix-là, c’est une occasion à saisir.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Vous… Vous faites ça depuis longtemps…<br><strong>Lui</strong> – Ça ?<br><strong>Elle</strong> – Vous débutez, je me trompe ?<br><strong>Lui</strong> – C’est-à-dire que… Pourquoi ?<br><strong>Elle</strong> (<em>amusée</em>) – Ça se voit un peu…<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Elle</strong> – Vous n’êtes pas très… Mais au contraire, hein… Ça fait six mois qu’on cherche, alors évidemment… Excusez-moi, mais… les agents immobiliers, on commence à connaître leur baratin… Alors là, ça me repose un peu…<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr…<br><strong>Elle</strong> – Et puis c’est vrai qu’un appartement comme ça, à ce prix là… Il n’y a pas vraiment besoin d’en rajouter…<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> (<em>reprenant sa visite</em>) – Ah, oui, c’est… C’est très lumineux…<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Surtout la journée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… C’est sûr que la nuit… Ça doit être un peu plus sombre…<br><strong>Lui</strong> – Eh bien justement non.<br><strong>Elle</strong> – Non ?<br><em>Cherchant quelque chose pour argumenter, il se place face au public devant l’endroit supposé de la fenêtre.</em><br><strong>Lui</strong> – Vous avez vu cette enseigne lumineuse, sur le toit, là-bas, juste en face…<br><strong>Elle</strong> – Ah, non…<br><strong>Lui</strong> – Pour la boîte de nuit, en bas ! Avant de vous coucher, vous avez intérêt à fermer les volets…<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui…<br><strong>Lui</strong> – Le problème, c’est… qu’il n’y a pas de volets.<br><strong>Elle</strong> – Ah, non…<br><strong>Lui</strong> – En revanche, si vous êtes insomniaque, vous pouvez lire jusqu’au lendemain matin, vous n’avez même pas besoin d’allumer la lumière. Vous êtes insomniaque ?<br><strong>Elle</strong> – Des fois…<br><strong>Lui</strong> – L’avantage, c’est que vous ne serez pas réveillée à quatre heures du matin quand les clients quittent la boîte et s’en grillent une en chahutant avant de rentrer chez eux à moitié bourrés.<br><strong>Elle</strong> – Je croyais que c’était la première fois que vous veniez ici… Vous avez l’air de bien connaître le voisinage…<br><strong>Lui</strong> – Déformation professionnelle… Dans notre métier, on a l’œil pour tous ces petits inconvénients qui n’apparaissent généralement aux acheteurs imprudents qu’après avoir signé la promesse de vente…<br><strong>Elle</strong> – Il y a quand même une belle hauteur de plafond…<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Non…?<br><strong>Lui</strong> – Si, si… C’est… C’est sûr que c’est très agréable, cette impression de volume…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Mais il faut aussi penser au chauffage…<br><strong>Elle</strong> – Le chauffage…<br><strong>Lui</strong> – Plein nord, comme ça… Là, on est en été… Mais au mois de décembre…<br><strong>Elle</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Lui</strong> – Quand on est chauffé au gaz, encore…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Mais là, avec le chauffage électrique…<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui…<br><strong>Lui</strong> – En plus il n’y a qu’un radiateur…<br><strong>Elle</strong> – Mmm…<br><strong>Lui</strong> – Et pas bien gros encore.<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Allez savoir s’il marche, au moins…<br><strong>Elle</strong> (<em>intriguée</em>) – Vous êtes payé à la commission ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Elle</strong> – Comme ça… Enfin, la journée, ça a l’air plutôt calme, non ?<br><strong>Lui</strong> (<em>jetant un nouveau regard par la fenêtre</em>) – Ouh, là… Vous avez vu, à droite ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – L’école !<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui… Nous n’avons pas encore d’enfants mais… C’est vrai que ce serait pratique…<br><strong>Lui</strong> – Mmm…<br><strong>Elle</strong> – Non ?<br><strong>Lui</strong> – Attendez l’heure de la récréation…<br><strong>Elle</strong> – Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – Vous ne travaillez pas chez vous, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Si… Je… Je suis traductrice…<br><strong>Lui</strong> – Croyez-moi… Une école… Quand on ne rentre chez soi que le soir, ça va… Mais quand on a besoin de tranquillité pour travailler pendant la journée…<br><strong>Elle</strong> – À ce point là…?<br><strong>Lui</strong> – Depuis combien de temps vous n’avez pas mis les pieds dans une cour de récréation ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Croyez-moi, une école… Il vaut encore mieux habiter à côté d’une centrale nucléaire…<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Lui</strong> – Ça fait moins de bruit…<br><strong>Elle</strong> – Mais… Pourquoi vous me dites tout ça ? Votre métier, c’est de vendre des appartements, non ?<br><strong>Lui</strong> – Vous m’êtes sympathique, je ne sais pas pourquoi… Je ne voudrais pas que… Et puis je finirai bien par trouver un autre pigeon…<br><strong>Elle</strong> – Je vous remercie de votre honnêteté… Je suis très touchée…<br><strong>Lui</strong> – Je vous en prie.<br><strong>Elle</strong> – Et les toilettes ?<br><strong>Lui</strong> – Dans la salle de bain…<br><strong>Elle</strong> – Ça prend moins de place.<br><strong>Lui</strong> – Mais ce n’est pas très commode… surtout si vous comptez agrandir la famille.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Je vais peut-être réfléchir encore un peu, alors…<br><strong>Lui</strong> – Prenez tout votre temps… Je ne pense pas que ce genre de produits parte très rapidement, de toute façon…<br><strong>Elle</strong> – Merci… Alors je vais y aller… Je suis garée sur une place handicapés…<br><strong>Lui</strong> – Oui… Je crois qu’il y a un hôpital psychiatrique, pas très loin…<br><em>Elle se demande s’il ne viendrait pas de s’en échapper.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous êtes un drôle d’agent immobilier…<br><strong>Lui</strong> – Vous trouvez…?<br><strong>Elle</strong> (<em>troublée</em>) – J’y vais…<br><strong>Lui</strong> – OK… (<em>Elle s’en va. Il jette un regard sur l’appartement, avec un air beaucoup moins satisfait. Son téléphone sonne.</em>) Oui…? Ah, c’est toi… Non, ce n’était pas l’agent immobilier, en fait, c’était… Écoute, je ne peux pas te raconter ça tout de suite, la fille de l’agence va arriver… Tout ce que je peux te dire, c’est que maintenant, on est les seuls sur les rangs… (<em>Essayant de se re-motiver</em>) C’est génial, non ? L’appartement…? Écoute… Je me demande s’il est si bien que ça, finalement… Oui, je sais, c’est ce que je pensais, mais tu sais ce que c’est… Parfois, on a le coup de foudre et… Mais non, je ne dis pas ça pour toi… Je te parle de l’appartement ! Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord, j’entends des pas dans l’escalier…<br><em>À sa grande surprise, c’est la femme qui revient.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous croyez au coup de foudre…?<br><em>Il reste interloqué. Elle va vers lui et lui roule un patin. On entend au loin le vacarme allant croissant des enfants qui sortent en récréation. Le noir se fait. Relayé par le flash de lumière intermittent de l’enseigne lumineuse.</em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>La rue est à tout le monde</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-rue-est-a-tout-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:19:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Religieux]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<category><![CDATA[Travestissement]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=712</guid>

					<description><![CDATA[<p>La rue est à tout le monde, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme travesti en femme, genre prostituée, fait le pied de grue sur le trottoir. Une religieuse arrive. Elle semble désagréablement surprise de voir le travesti.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Qu’est-ce que vous foutez là ?<br><strong>Travesti</strong> – Ça ne se voit pas ?<br><strong>Religieuse</strong> – Ce n’est pas la rue Saint-Denis, ici. Vous ne trouvez pas que vous détonnez un peu dans le paysage ?<br><strong>Travesti</strong> – Vous êtes de la police ?<br><strong>Religieuse</strong> – Pas exactement…<br><strong>Travesti</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><em>L’autre lui tend un billet.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Bon, tenez, voilà un billet de dix. Prenez ça et tirez-vous, d’accord ?<br><em>L’autre regarde le billet, surpris, mais ne le prend pas.</em><br><strong>Travesti</strong> – Merci ma sœur, c’est très généreux de votre part. Mais je vais être obligé de rester.<br><strong>Religieuse</strong> – Je vous demande juste de vous déplacer jusqu’au bout de la rue !<br><strong>Travesti</strong> – Oui, mais désolé, ça ne va pas être possible.<br><em>L’autre réfléchit un instant, agacée, puis se décide.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Bon, c’est combien la pipe ?<br><strong>Travesti</strong> – Pourquoi ? Ça vous intéresse ?<br><em>L’autre sort deux billets de vingt euros et les lui tend.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Voilà deux billets de vingt euros. Vous voyez, ma voiture est au coin de la rue. Si vous alliez voir par là-bas si j’y suis ? Vous n’aurez qu’à considérer que vous êtes en train de travailler…<br><strong>Travesti</strong> – Mais puisque je vous dis que non.<br><strong>Religieuse</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Travesti</strong> – Parce que j’ai une bonne raison de ne pas bouger d’ici, voilà pourquoi.<br><strong>Religieuse</strong> – Quelle raison ?<br><strong>Travesti</strong> – Je vous en pose des questions, moi ?<br><strong>Religieuse</strong> – Je ne vous empêche pas de m’en poser. Pourvu qu’après vous dégagiez d’ici.<br><strong>Travesti</strong> – Très bien. Alors pourquoi ça vous dérange tellement que je sois là ? Ce n’est pas très chrétien. Je vous rappelle que Jésus lui-même n’a pas jeté la pierre à la femme adultère…<br><strong>Religieuse</strong> – Ouais ben moi, en ce qui concerne les femmes adultères, je serais plutôt favorable à la lapidation, vous voyez…<br><strong>Travesti</strong> – C’est une menace ?<br><strong>Religieuse</strong> – Écoutez, je n’ai rien contre vous, d’accord ? Je surveille la maison d’en face, et je préfèrerais rester discrète, vous comprenez ? Si on est deux, ça commence à ressembler à un attroupement…<br><strong>Travesti</strong> – Le numéro 13 ?<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, le numéro 13, pourquoi ?<br><strong>Travesti</strong> – Non, c’est moi qui vous demande pourquoi. Pourquoi ce qui se passe au numéro 13 vous intéresse tant que ça ?<br><strong>Religieuse</strong> – Disons que… deux personnes ont prévu de se retrouver là. Deux personnes qui sont mariées, mais pas ensemble, si vous voyez ce que je veux dire.<br><strong>Travesti</strong> – Et c’est le ciel qui vous envoie pour empêcher ce péché mortel… Vous êtes une sorte d’ange gardien, c’est ça ? Votre prénom, c’est Joséphine ?<br><strong>Religieuse</strong> – Mon prénom, c’est Martine… Je serais plutôt une sorte de cocue…<br><strong>Travesti</strong> – Ah, d’accord… Vous êtes la femme de…?<br><strong>Religieuse</strong> – On ne peut rien vous cacher.<br><em>L’autre accuse le coup.</em><br><strong>Travesti</strong> – Ah oui évidemment, là ça change tout…<br><strong>Religieuse</strong> – Alors ?<br><strong>Travesti</strong> – En tout cas, félicitations pour votre déguisement. Je ne me serais jamais douté que…<br><strong>Religieuse</strong> – Merci.<br><strong>Travesti</strong> – Qu’est-ce que vous pensez du mien ?<br><strong>Religieuse</strong> – Ne me dites pas que vous aussi…<br><strong>Travesti</strong> – Eh oui… Je suis le mari trompé.<br><strong>Religieuse</strong> – Non ?<br><strong>Travesti</strong> – Si…<br><strong>Religieuse</strong> – C’est incroyable… Eh bien bravo à vous aussi… Moi non plus je n’aurais jamais pu deviner que…<br><strong>Travesti</strong> – Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Religieuse</strong> – C’est vrai que nos déguisements sont parfaits, mais…<br><strong>Travesti</strong> – Oui, le moins qu’on puisse dire, c’est que notre attelage est plutôt improbable.<br><strong>Religieuse</strong> – Et donc très voyant.<br><strong>Travesti</strong> – Ce n’est vraiment pas de veine.<br><strong>Religieuse</strong> – On va finir par se faire remarquer, c’est évident.<br><strong>Travesti</strong> – Dommage qu’on n’ait pas pu se concerter.<br><strong>Religieuse</strong> – On n’a qu’à faire comme si on ne se connaissait pas.<br><strong>Travesti</strong> – D’accord… On peut toujours essayer…<br><strong>Religieuse</strong> – Ils ne devraient pas tarder à arriver, de toute façon.<br><em>Un temps pendant lequel ils s’efforcent de s’ignorer.</em><br><strong>Travesti</strong> – Je prends juste quelques photos avec mon portable et je m’en vais. C’est pour mon avocat.<br><strong>Religieuse</strong> – J’avais bien pensé engager un détective, pour les photos, mais c’est tellement cher.<br><strong>Travesti</strong> – Et tellement cliché.<br><strong>Religieuse</strong> – Si vos photos sont ratées, je vous enverrai les miennes. Vous me laisserez votre adresse mail.<br><strong>Travesti</strong> – Tenez, voilà ma carte.<br><em>Il tend à l’autre une carte qu’elle prend.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Ah vous travaillez chez SFR à la Défense ?<br><strong>Travesti</strong> – Oui pourquoi ?<br><strong>Religieuse</strong> – Moi aussi. Enfin je veux dire à la Défense. Je travaille chez Orange.<br><strong>Travesti</strong> – Ça nous fait au moins un point commun.<br><strong>Religieuse</strong> – C’est curieux qu’on ne se soit pas déjà croisés.<br><strong>Travesti</strong> – Remarquez, on s’est peut-être déjà croisés. Mais je pense que vous non plus, vous n’allez pas au bureau habillée comme ça…<br><strong>Religieuse</strong> – Non, vous avez raison…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Travesti</strong> – Vous fumez ?<br><strong>Religieuse</strong> – Non merci…<br><strong>Travesti</strong> – Ah non, mais je ne fume pas non plus. Je voulais juste savoir si vous étiez fumeuse.<br><strong>Religieuse</strong> – Ah oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Travesti</strong> – Ma femme est fumeuse. C’est absolument insupportable.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, je sais ce que c’est… Mon mari fume aussi.<br><strong>Travesti</strong> – Ils ont au moins ça en commun. Ils se sont peut-être rencontrés dans un bureau de tabac…<br><strong>Religieuse</strong> – Allez savoir…<br><strong>Travesti</strong> – Ah, ça y est, je crois que les voilà.<br><strong>Religieuse</strong> – Je n’ose pas regarder… Ils vont nous repérer, c’est sûr.<br><strong>Travesti</strong> – On n’a plus qu’à faire comme dans les films.<br><strong>Religieuse</strong> – Dans les films ?<br><em>Il la prend dans ses bras, et l’embrasse longuement. Ils relâchent peu à peu leur étreinte.</em><br><strong>Travesti</strong> – Ça y est, ils ont dû entrer au numéro 13.<br><strong>Religieuse</strong> – Vous êtes sûr que c’était eux ?<br><strong>Travesti</strong> – Pas tout à fait, à vrai dire… Je n’ai pas bien regardé… Figurez-vous que j’avais un peu la tête ailleurs…<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, moi aussi… Vous croyez qu’ils nous ont reconnus ?<br><strong>Travesti</strong> – Franchement, ça m’étonnerait. Avec nos déguisements…<br><strong>Religieuse</strong> – Bon, je crois qu’il vaudrait mieux qu’on s’en aille.<br><strong>Travesti</strong> – Je me demande si je ne vais pas confier cette affaire à un détective privé, tout de même.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, on a beau dire, c’est un métier.<br><strong>Travesti</strong> – Mais j’y pense, pourquoi ne pas prendre le même détective pour nos deux affaires ? Après tout, ce seront les mêmes photos, non ?<br><strong>Religieuse</strong> – Vous avez raison, ce serait idiot de multiplier les dépenses. On partagera les frais…<br><strong>Travesti</strong> – Je vous en prie, il n’en est pas question… C’est moi qui vous l’offre…<br><strong>Religieuse</strong> – Vous êtes un gentleman comme on n’en fait plus. Et je ne connais même pas votre prénom…<br><strong>Travesti</strong> – Jérôme. Je crois qu’il vaut mieux ne pas trop traîner par ici… Je vous offre un verre quelque part ?<br><strong>Religieuse</strong> – Je ne sais pas si c’est très raisonnable, mais…<br><strong>Travesti</strong> – Le plus dur, ça va être de trouver un endroit où on pourrait passer inaperçus.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, ce n’est pas gagné…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong></p>



<p><strong>« La rue est à tout le monde »</strong> est une <strong>farce urbaine jubilatoire</strong>, aux allures de vaudeville post-moderne. Les ressorts classiques du <strong>théâtre de boulevard</strong> (adultère, portes qui claquent, quiproquos) sont ici transposés sur le trottoir, dans une mise en scène <strong>minimaliste mais redoutablement efficace</strong>, où le costume tient lieu de décor, et les dialogues font toute l’action.<br>L&rsquo;humour repose d’abord sur <strong>l’affrontement de deux figures caricaturales</strong> : la prostituée provocante et la religieuse coincée — figures qui volent en éclats au fil du sketch, révélant <strong>deux conjoints blessés en mission clandestine</strong>. Le comique vient aussi du <strong>langage ambigu</strong>, des <strong>renversements de situation</strong>, et de la <strong>reconnaissance progressive des identités</strong>.<br>Au-delà du rire, c’est une satire douce-amère des <strong>relations conjugales</strong>, du <strong>désir de justice privée</strong>, et de l’<strong>absurdité des rôles sociaux</strong>. Travestissement, rôle de composition, mise en scène… tout évoque le théâtre dans le théâtre. Les personnages, en endossant leurs costumes pour mieux piéger les autres, se découvrent eux-mêmes. <strong>La rue devient une scène, et la comédie humaine un prétexte à une complicité inattendue.</strong><br>Le sketch, malgré son humour très visuel et verbal, laisse aussi place à une <strong>véritable tendresse entre deux solitudes blessées</strong>, au point qu’on se demande à la fin s’il ne naît pas une nouvelle histoire d’amour entre eux… comme si les comédiens de boulevard improvisaient une réconciliation hors des codes.</p>
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		<item>
		<title>Les encombrants</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-encombrants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les encombrants, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception d’une grande poubelle à roulettes au couvercle jaune. Une femme arrive en tirant une autre poubelle du même type mais au couvercle vert. Habillée avec élégance et juchée sur des talons hauts, elle tente de conserver un semblant de dignité dans cet exercice dégradant qu’est, pour une bobo qui n’a plus les moyens de se payer une bonne, celui de sortir elle-même la poubelle. Son portable sonne, et elle répond.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Allô, oui ? Ah, bonsoir Jacques ! Non, non, vous ne me dérangez pas. J’étais en train de ranger quelques papiers et je m’apprêtais à prendre un bain… Ce soir à dix-neuf heures trente ? Ah, oui, c’est absolument parfait ! Mais vous êtes sûr que… Votre dernière patiente ? Très bien ! Dans ce cas, nous aurons peut-être le temps de prendre un verre après, histoire de faire un peu connaissance ? Ah oui, ou de dîner si vous préférez… Je connais un très bon japonais du côté de… Ah, vous détestez les sushis… Non, non, pas du tout… J’aime beaucoup la choucroute aussi… Parfait, alors à tout à l’heure… Non, non, j’ai bien l’adresse de votre cabinet… Ah, il y a un code à partir de 19 heures… Attendez, je prends de quoi noter… Je suis dans la salle de bain, et je n’ai rien sur moi… Je veux dire pour écrire…<br><em>Elle sort un crayon mais, se rendant compte qu’elle n’a pas de papier, ouvre le couvercle de la poubelle jaune. La trouvant vide, elle laisse le couvercle ouvert et ouvre le couvercle de sa propre poubelle dont elle sort au hasard un paquet de céréales basses calories.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Voilà, je vous écoute… Ouh, là, en effet, c’est compliqué… (<em>Plaisantant</em>)Vous ne pouviez pas choisir 1515, 14-18 ou 39-45, comme tout le monde ? Ah, c’est la date de décès de votre belle-mère… Oui, vous avez raison, pour un cambrioleur, évidemment, c’est plus difficile à deviner… Mais vous pouvez me redire ça moins vite ? Juste une seconde, je m’installe un peu plus confortablement…<br><em>Elle se contorsionne pour essayer de noter d’une main sur le carton tout en tenant le téléphone de l’autre, avant de prendre le parti de poser le carton sur le bord de la poubelle jaune dont elle a laissé le couvercle ouvert. Le carton tombe par terre et en essayant de le rattraper, elle laisse tomber son portable au fond de la poubelle vide.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, non, ce n’est pas vrai… (<em>En direction du fond de la poubelle</em>) Allô ? Jacques ? Vous m’entendez ? (<em>Elle se penche vers le fond de la poubelle pour tenter de récupérer le téléphone</em>.) Allô ? Je vous entends très mal…<br><em>Elle finit par basculer dans la poubelle. Seules ses deux jambes dépassent, qu’elle agite en poussant des cris étouffés. Un homme arrive, un portable à la main.</em><br><strong>Homme</strong> – Allô ? Allô ? Vous m’entendez ?<br><em>Sa femme arrive derrière lui.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Jacques ? Qu’est-ce que tu fais là ?<br><em>Jacques range aussitôt son portable. Craignant d’être surprise dans cette position embarrassante, la prisonnière de la poubelle rentre ses jambes et se calme.</em><br><strong>Homme</strong> – Eh bien, je… Je venais chercher la poubelle pour la remonter… Le coiffeur n’a pas pu te prendre, finalement ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>sèchement</em>) – Si. J’en sors.<br><strong>Homme</strong> – Ah, très bien…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu n’as pas oublié que ce soir, je vais au pot de départ de mon chef de service ?<br><strong>Homme</strong> – Non, non, rassure-toi… J’en profiterai pour faire ma comptabilité en retard au cabinet.<br><em>La femme aperçoit la boîte de céréales par terre.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Les gens sont d’une saleté… (<em>Ramassant l’emballage pour le remettre dans la poubelle</em>) Et j’ai l’impression que les derniers arrivés sont les pires… À propos, tu as fait connaissance avec la nouvelle voisine ?<br><strong>Homme</strong> – Quelle voisine ?<br><strong>Femme 2</strong> – Ne me dis pas que tu ne l’as pas remarquée… Celle avec la forte poitrine…<br><strong>Homme</strong> – Ah, celle-là…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu vois que tu t’en souviens.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que c’est plutôt une belle femme.<br><strong>Femme 2</strong> – Moi, je la trouve plutôt vulgaire, mais bon…<br><strong>Homme</strong> – Vulgaire ?<br><strong>Femme 2</strong> – Elle est divorcée, je crois…<br><strong>Homme</strong> – Elle t’a dit ça ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Une femme qui sort elle-même la poubelle vit forcément seule… Et comme elle est trop âgée pour être encore célibataire, j’en conclus qu’elle est divorcée… ou veuve.<br><strong>Homme</strong> – Elle n’est pas si vieille que ça…<br><strong>Femme 2</strong> – Elle doit avoir à peu près mon âge.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui ? Ça ne se voit pas…<br><strong>Femme 2</strong> – Quand elle sort la poubelle le matin en peignoir avant de s’être maquillée, ça se voit, crois-moi… Mais dis donc, on dirait vraiment qu’elle t’a fait forte impression…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui m’en as parlé (<em>Un temps</em>) Et puis elle a téléphoné au cabinet aujourd’hui pour un détartrage…<br><strong>Femme 2</strong> – Un détartrage… Quand ça ?<br>Homme – Ce soir.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, d’accord… Il faut croire que c’était une urgence. Elle devait être sacrément entartrée…<br><strong>Homme</strong> – Elle a peut-être un rendez-vous important…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est ça, oui… Enfin… Tant que tu ne la ramènes pas à la maison… Parce que là, je te préviens, je suis capable de tout…<br><strong>Homme</strong> – La ramener à la maison… Qu’est-ce que tu vas chercher…?<br><em>Ils commencent à s’éloigner.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Eh bien tu ne remontes pas la poubelle ?<br><strong>Homme</strong> – Si, si… (<em>Il prend la poubelle à roulettes par la poignée et suit sa femme.</em>) Mais quand tu dis capable de tout… Pas à tuer quand même ?<br><em>On entend la sonnerie d’un téléphone en provenance de la poubelle.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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		<title>Alibi</title>
		<link>https://sketchotheque.net/alibi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:43:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=585</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alibi, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Dans un coin, un seau à champagne, une bouteille et deux flûtes. Ève attend et montre des signes d’impatience. La sonnette retentit.</em><br><strong>Alban</strong> (<em>off</em>) – Ève ? C’est moi… Tu es là ? (<em>Alban arrive depuis l’extérieur, une mallette à la main, et veut déposer sur les lèvres de sa femme un baiser auquel elle se dérobe</em>) Excuse-moi… Une urgence avec un client…<br><strong>Ève</strong> – Un client ou une cliente ?<br><em>Il préfère ne pas relever.</em><br><strong>Alban</strong> – Ça ne va pas ?<br><strong>Ève</strong> – Si, si… Ça va… C’est notre anniversaire de mariage, et mon mari a oublié, mais à part ça, ça va…<br><em>Alban se retourne et aperçoit la bouteille de champagne.</em><br><strong>Alban</strong> – Et merde…<br><strong>Ève</strong> – Merci… Au moins, tu ne fais pas semblant.<br><strong>Alban</strong> – Excuse-moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…<br><strong>Ève</strong> – L’année dernière aussi, tu es arrivé à dix heures du soir. Mais au moins tu avais un bouquet de fleurs…<br><strong>Alban</strong> – Je suis passé devant le fleuriste, c’était déjà fermé.<br><strong>Ève</strong> – Tu as oublié notre anniversaire de mariage…<br><strong>Alban</strong> – Mais non, je n’ai pas oublié ! J’y ai pensé toute la journée… Disons que… là tout de suite, ça m’était sorti de la tête.<br><strong>Ève</strong> – Bien sûr…<br><em>Il pose sa mallette et ôte sa veste.</em><br><strong>Alban</strong> – J’ai eu une journée de merde, je te dis… Un client qui a décalé un rendez-vous à la dernière minute. Cet Américain dont je t’ai parlé, tu sais ?<br><strong>Ève</strong> – Un jour comme celui-là… Tu aurais très bien pu te faire remplacer.<br><strong>Alban</strong> – J’étais le seul au bureau ! Et puis c’est un dossier important…<br><strong>Ève</strong> – Tu pouvais m’appeler…<br><strong>Alban</strong> – J’ai perdu mon portable.. En tout cas, je ne sais pas ce que j’en ai fait…<br><strong>Ève</strong> – Comme d’habitude, tu as réponse à tout…<br><strong>Alban</strong> – Je te dis la vérité, rien d’autre.<br><strong>Ève</strong> – Écoute, Alban, ça fait dix ans qu’on est mariés, et on vit dans un appartement témoin…<br><strong>Alban</strong> – C’est provisoire…<br><strong>Ève</strong> – Oui… C’est ça le problème… Ça fait dix ans que toi et moi, on vit dans le provisoire.<br><strong>Alban</strong> – Il est très bien, cet appartement. Et on n’est pas dérangés par les voisins…<br><strong>Ève</strong> – C’est sûr, il n’y en a pas… On habite tout seuls au dernier étage d’une tour qui n’est même pas vraiment finie.<br><strong>Alban</strong> – Au moins, l’ascenseur marche…<br><strong>Ève</strong> – Le matin, avant de partir au boulot, on doit planquer toutes nos affaires personnelles. On ne peut rien laisser traîner pour ne pas déranger les visiteurs qui défilent toute la journée.<br><strong>Alban</strong> – La journée, on travaille tous les deux…<br><strong>Ève</strong> – Même la photo de ma mère, je dois la ranger dans un tiroir ! Des fois que ça fasse fuir les investisseurs…<br><strong>Alban</strong> – Mais on n’a pas de loyer à payer…<br><strong>Ève</strong> – Pour moi, c’est encore trop cher, Alban.<br><strong>Alban</strong> – On a une terrasse ! (<em>Se tournant vers la salle</em>) Et regarde ! Quelle vue ! (<em>Constatant qu’elle ne se déride pas</em>) En tout cas, ça sent bon… Qu’est-ce que tu nous as mijoté ?<br><strong>Ève</strong> – Tu arrives trop tard, Alban. Le champagne est chaud, et la dinde a refroidi.<br><strong>Alban</strong> – Allez… Je suis là, maintenant ! (<em>Il prend sa mallette.</em>) Je vais poser ça à côté… et on va passer une bonne soirée, d’accord ?<br><em>Il sort. Elle prend la bouteille dans le seau, et la laisse retomber. Puis elle regarde côté salle, comme si son attention était attirée par quelque chose. Elle sort des jumelles de théâtre pour mieux voir. Le portable d’Alban, dans la poche de la veste, se met à sonner. Elle pose les jumelles, hésite, puis sort le portable et prend l’appel.</em><br><strong>Ève</strong> – Allô…? Oui… Non, c’est sa femme. D’accord. Ah oui ? Non, non… Très bien, je lui dirai… (<em>Elle met fin à la conversation mais, intriguée, explore la messagerie du portable.</em>) Le salaud…<br><em>Alban revient.</em><br><strong>Alban</strong> – Dix ans, déjà… Tu te rends compte ? J’ai l’impression que c’était hier…<br><strong>Ève</strong> – Je croyais que tu avais perdu ton portable…<br><strong>Alban</strong> – Oui, je… Je croyais aussi…<br><strong>Ève</strong> – Tu me prends vraiment pour une conne…<br><strong>Alban</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Ève</strong> – Il vient de sonner, ton portable. Il était dans la poche de ta veste…<br><strong>Alban</strong> – Non ?<br><strong>Ève</strong> – J’ai répondu. C’était ta secrétaire…<br><strong>Alban</strong> – Ah oui… Qu’est-ce qu’elle voulait ?<br><strong>Ève</strong> – Elle cherche à te joindre depuis ce matin. C’est curieux, elle a passé tout l’après-midi au bureau, et elle ne t’a pas vu…<br><strong>Alban</strong> – Je n’ai pas dit que j’avais vu mon Américain au bureau. Il m’a demandé de le rejoindre à…<br><strong>Ève</strong> – Ne te fatigue pas. Si ta secrétaire voulait te joindre, c’était pour te prévenir que ton rendez-vous avec ton Américain était annulé. Il a eu un AVC hier soir…<br><strong>Alban</strong> – Tu ne m’as pas laissé finir… Il m’a demandé de le rejoindre cet après-midi à l’hôpital.<br><strong>Ève</strong> – C’est curieux, parce que d’après ta secrétaire, il est mort ce matin.<br><strong>Alban</strong> – D’accord… Alors écoute, je vais t’expliquer…<br><strong>Ève</strong> – Tu as une maîtresse… Et tu as attendu notre anniversaire de mariage pour me l’annoncer.<br><strong>Alban</strong> – Mais pas du tout, je…<br><strong>Ève</strong> – Et moi qui allais te dire que je suis enceinte !<br><strong>Alban</strong> – Quoi ? Tu attends un enfant ? De moi ? Mais c’est fantastique !<br><strong>Ève</strong> – Je te quitte, Alban !<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas du tout ce que tu crois, je t’assure…<br><strong>Ève</strong> – Ah oui ? Et ces SMS que j’ai vus sur ton téléphone ?<br><strong>Alban</strong> – Les SMS…<br><strong>Ève</strong> – Oui, les SMS. Ceux que tu n’as pas eu le temps d’effacer… « J’ai envie de toi, rejoins-moi où tu sais. » C’est assez explicite, non ?<br><em>Il semble déstabilisé, mais se reprend.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est un code.<br><strong>Ève</strong> – Pardon ?<br><strong>Alban</strong> – C’est vrai, je te mens depuis des années, Ève. Je l’avoue.<br><strong>Ève</strong> – Enfin…<br><strong>Alban</strong> – Je mène une double vie, en effet. Mais je ne t’ai jamais trompée… avec une femme.<br><strong>Ève</strong> – Tu ne vas pas me dire en plus, après toutes ces années, que tu es homosexuel ?<br><strong>Alban</strong> – Non, rassure-toi. Encore une fois, ce n’est pas du tout ce que tu crois. En fait, je suis…<br><strong>Ève</strong> – Oui ?<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas facile à dire…<br><strong>Ève</strong> – Oui, j’imagine… Mais je peux t’aider, si tu veux. Je suis un connard ?<br><strong>Alban</strong> – Je suis agent secret.<br><strong>Ève</strong> – Agent secret ?<br><strong>Alban</strong> – Enfin secret… jusqu’à aujourd’hui.<br><strong>Ève</strong> – Tu as bu, c’est ça ?<br><strong>Alban</strong> – Pas du tout.<br><strong>Ève</strong> – Un agent secret ? Un espion, quoi ? C’est tout ce que tu as trouvé ?<br><strong>Alban</strong> – Je n’avais pas le droit de te le dire, évidemment. Je n’avais le droit de le dire à personne. Mais bon… Maintenant, c’est notre couple qui est en jeu.<br><strong>Ève</strong> – Très bien… Et tu travailles pour qui ? La CIA ? Ton Américain, c’était ton chef, et le KGB l’a éliminé en faisant passer son assassinat pour un AVC, je me trompe ?<br><strong>Alban</strong> – Je travaille… pour le MOSSAD.<br><strong>Ève</strong> – Le MOSSAD ?<br><strong>Alban</strong> – Oui… Les services secrets israéliens, si tu préfères…<br><strong>Ève</strong> – Tu n’es même pas juif !<br><strong>Alban</strong> – Si un peu, quand même…<br><strong>Ève</strong> – Si tu étais juif, depuis le temps, je le saurais, non ? Je suis ta femme !<br><strong>Alban</strong> – Il ne faut pas se fier aux apparences, Ève… C’est un peu plus compliqué que ça. C’est ma grand-mère maternelle qui…<br><strong>Ève</strong> – Alors c’est tout ce que tu as trouvé ? Mais c’est pathétique. Il faut te faire aider, Alban, je t’assure. Tu es un grand malade.<br><strong>Alban</strong> – C’est vrai, Ève. Il faut que tu me crois.<br><strong>Ève</strong> – Tu es un mythomane, Alban. Ça fait des années que tu me mens. Pour tout et n’importe quoi. Mais surtout pour couvrir tes liaisons. Et aujourd’hui tu m’annonces que tu es un espion israélien alors que tu n’es même pas circoncis ! Comment veux-tu que je te crois ?<br><strong>Alban</strong> – Cette fois, je ne te mens pas, je te le jure.<br><strong>Ève</strong> – Cette fois ? Tu me déçois, Alban. Tu me déçois beaucoup. Je ne pensais pas que tu me prenais à ce point pour une conne.<br><strong>Alban</strong> – Tu sais, lors de notre voyage de noces à Eilat, sur la Mer Rouge, quand j’ai passé une heure au poste de police à la douane.<br><strong>Ève</strong> – Parce que tu n’avais pas reconnu ta valise, qu’elle tournait depuis une heure toute seule sur le tapis roulant de l’aéroport, et que les démineurs sont venus pour la faire exploser ?<br><strong>Alban</strong> – C’est ce jour-là où ils m’ont proposé de travailler pour eux.<br><strong>Ève</strong> – Eux ? Qui eux ?<br><strong>Alban</strong> – Le MOSSAD !<br><em>Ève montre le téléphone.</em><br><strong>Ève</strong> – « J’ai envie de toi, on se retrouve où tu sais »… C’est un message de ton ami imaginaire du MOSSAD ?<br><strong>Alban</strong> – C’est un code, je te dis. Pour un rendez-vous.<br><strong>Ève</strong> – Un rendez-vous, oui, ça j’avais compris.<br><strong>Alban</strong> – C’est pour ne pas attirer l’attention. Au cas où nos messages seraient interceptés. « J’ai envie de toi », ça veux dire j’ai besoin de te voir. « Où tu sais », ben ça veut dire…<br><strong>Ève</strong> – Où tu sais.<br><strong>Alban</strong> – Voilà.<br><strong>Ève</strong> – Cette fois, ça ne va pas suffire, Alban.<br><strong>Alban</strong> – Qu’est-ce que tu veux de plus ?<br><strong>Ève</strong> – Des preuves, par exemple.<br><strong>Alban</strong> – Désolé, je n’en ai pas.<br><strong>Ève</strong> – Bien sûr.<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas un CDD ! Tout ça se fait sans laisser de trace, tu penses bien.<br><strong>Ève</strong> – Mais tu ne travailles gratuitement, j’imagine. Un espion, ça doit bien gagner sa vie. Et tu me laisserais vivre dans un appartement témoin ?<br><strong>Alban</strong> – L’argent est versé sur un compte numéroté, dont j’aurai la clef seulement quand je cesserai mes activités.<br><em>Ève semble tout à fait désemparée.</em><br><strong>Ève</strong> – Et tu voudrais que j’avale ça ?<br><strong>Alban</strong> – Oui, je t’en prie, Ève… Pour nous… Pour notre enfant… Une dernière fois. Je te supplie de me croire… Parce que c’est la vérité !<br><em>Elle hésite.</em><br><strong>Ève</strong> – Je ne sais plus quoi te dire, Alban. Je suis fatiguée. Je vais me coucher…<br><strong>Alban</strong> – Tu as raison. Je comprends que tu aies besoin d’un peu de temps pour digérer cette nouvelle. En attendant, tu n’en parles à personne, d’accord ? Même à ta mère. Il faut absolument que ça reste un secret entre nous, sinon…<br><em>Elle lui fait un doigt d’honneur, et sort. Il tombe sur les jumelles de théâtre qu’elle a oubliées sur la table. Il semble surpris. Il prend les jumelles et se met à scruter quelque chose côté salle. D’abord par simple curiosité. Puis avec une attention soutenue.<br></em><strong><em>Noir</em>.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/alibi/">Alibi</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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