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	<title>Archives des Satire - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Satire - La Sketchothèque</title>
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		<title>Le Roi des Cons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-roi-des-cons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 07:32:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Roi des Cons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></strong></h2>



<p><strong><em>Deux personnages.</em></strong><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Donald Trump vient d’être élu Président des États-Unis.<br><strong>Deux</strong> – Donald Trump ? Mais je croyais que…<br><strong>Un</strong> – Donald Trump Junior.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Alors ça recommence.<br><strong>Un</strong> – Je me suis toujours demandé pourquoi les cons avaient autant de succès en politique. Jusqu’à fonder des dynasties…<br><strong>Deux</strong> – Le problème avec les cons, c’est qu’une majorité des électeurs se reconnaissent en eux.<br><strong>Un</strong> – Et que les cons ont la mémoire courte.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’Hitler n’a pas laissé un bon souvenir, et pourtant il y a encore des nazis aujourd’hui.<br><strong>Un</strong> – Donald Trump Senior n’a pas laissé un bon souvenir non plus. Son fils a promis qu’il avait tiré les leçons du passé, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Les dictateurs, c’est comme les ayatollahs ou les papes, même quand ils se disent progressistes, ça laisse toujours beaucoup de marges de progression.<br><strong>Un</strong> – C’est sûrement pour ça qu’au cours de l’histoire, les religions ont toujours fait bon ménage avec les dictatures.<br><strong>Deux</strong> – Quand ce ne sont pas les religieux qui prennent le pouvoir pour installer une théocratie.<br><strong>Un</strong> – Comme en Iran ou au Vatican.<br><strong>Deux</strong> – Le Vatican, c’est une théocratie ?<br><strong>Un</strong> – Ben… il me semble, non ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre, le Vatican, si ce n’était pas une théocratie ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Un paradis fiscal ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais. D’ailleurs c’en est déjà un, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Personne ne paie d’impôts au Vatican, si ?<br><strong>Un</strong> – Alors d’où vient tout ce pognon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils ont un gros patrimoine immobilier réparti sur toute la planète, et la banque du Vatican détient beaucoup d’actifs financiers.<br><strong>Un</strong> – C’est un paradis fiscal, je te dis. Ils roulent déjà sur l’or, et les pauvres du monde entier leur envoient des dons.<br><strong>Deux</strong> – Tu parles… Ils ont trouvé le filon. Il ne leur manque plus qu’un casino, un club de foot et un terrain de golf.<br><strong>Un</strong> – Pour ce qui est du golf, le Pape a déjà la petite voiture.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’un golf ou un terrain de foot sur la Place Saint Pierre, ça aurait de la gueule…<br><strong>Un</strong> – Autrefois l’Église vendait bien des indulgences pour que les riches puissent être admis directement au Paradis malgré leurs turpitudes. Le Pape pourrait vendre des passeports pour son paradis fiscal.<br><strong>Deux</strong> – Comme le Prince de Monaco.<br><strong>Un</strong> – Si j’étais le Prince de Monaco, je fonderais aussi une religion. Il a déjà le casino et le club de foot.<br><strong>Deux</strong> – Et les pauvres du monde entier lui enverraient leurs économies.<br><strong>Un</strong> – Ceci dit, je préférerais être à la place du Prince de Monaco qu’à celle du Pape.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais…?<br><strong>Un</strong> – Je préfère me marier avec Grace Kelly que de passer ma vie en robe.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Quand même, Donald Trump Junior… C’est incroyable, non ?<br><strong>Un</strong> – Remarque, en Amérique, ils ont déjà eu Bush le fils après Bush le père.<br><strong>Deux</strong> – Au nom du Père, et du Fils, et pourquoi pas du petit-fils. Autant mettre sur le trône le Roi des Cons et rétablir la monarchie héréditaire.<br><strong>Un</strong> – Oui… On prend vraiment les gens pour des cons.<br><strong>Deux</strong> – Après, est-ce que les gens ne sont pas vraiment des cons ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, ce n’est pas en France que ça arriverait.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’en France, on n’aime pas trop le pouvoir héréditaire.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça qu’on a guillotiné Louis XVI.<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, en politique, la connerie ne se transmet pas toujours en ligne directe.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça qu’au final, malgré tout, on est toujours gouvernés par le Roi des Cons.<br><strong>Deux</strong> – Et comme disait Brassens, celui-là, il y a peu de chance qu’il soit détrôné.<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="(max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fumée rose</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fumee-rose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 12:41:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pape]]></category>
		<category><![CDATA[Pas de panique !]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fumée rose, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pas de panique !' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.</em><br><strong>Un</strong> – Promets-moi de ne pas paniquer…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Le Pape est mort.<br><strong>Deux</strong> – Pas possible… Mais il avait quel âge ?<br><strong>Un</strong> – Cent deux ans.<br><strong>Deux</strong> – Comme quoi… C’est bien les meilleurs qui partent en premier.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Non, je veux dire… C’est parfois les pires qui partent en dernier. Enfin, je me comprends.<br><strong>Un</strong> – Et puis comme on dit, là-haut, les premiers seront les derniers.<br><strong>Deux</strong> – On le regrettera, tu verras.<br><strong>Un</strong> – Oui, parce que rien ne dit que le prochain… On sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on trouve.<br><strong>Deux</strong> – Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.<br><strong>Un</strong> – C’était quand même un pape progressiste.<br><strong>Deux</strong> – Il était pour la paix dans le monde, et pour l’amour entre les hommes.<br><strong>Un</strong> – Oui, enfin, l’amour entre les hommes…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’il était contre le mariage gai.<br><strong>Un</strong> – Il était aussi contre le préservatif, même pour se protéger du SIDA.<br><strong>Deux</strong> – Contre l’avortement même en cas de viol ou d’inceste.<br><strong>Un</strong> – Mais bon… C’était quand même un pape progressiste… par rapport à ses prédécesseurs.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que l’Église a bien évolué sur beaucoup de questions.<br><strong>Un</strong> – Elle ne condamne plus les sorcières au bûcher.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Aujourd’hui, les sorcières peuvent circuler librement.<br><strong>Un</strong> – Ou même s’installer comme auto-entrepreneuses.<br><strong>Deux</strong> – L’Église a renoncé aux croisades.<br><strong>Un</strong> – Elle n’encourage plus ouvertement les guerres de religions.<br><strong>Deux</strong> – Même si la religion reste à l’origine de la plupart des guerres.<br><strong>Un</strong> – L’Église prêche pour un cessez-le-feu au Moyen-Orient.<br><strong>Deux</strong> – Depuis près d’un siècle. Sans aucun résultat, mais bon…<br><strong>Un</strong> – C’est l’intention qui compte.<br><strong>Deux</strong> – Il paraît que l’enfer est pavé de bonnes intentions.<br><strong>Un</strong> – L’Église a renoncé aux Tribunaux de l’Inquisition.<br><strong>Deux</strong> – Oui. De nos jours, un savant peut affirmer librement que la Terre tourne autour du soleil sans risquer d’être jeté en prison, comme Galilée.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas un progrès, ça ?<br><strong>Deux</strong> – Si…<br><strong>Un</strong> – Les comédiens ne sont plus excommuniés. Ils ont le droit d’être enterrés au cimetière.<br><strong>Deux</strong> – Et dire que Molière a failli finir à la fosse commune. Sans l’intervention du Roi Louis XIV… Finalement, il a été enterré de nuit, sans cérémonie religieuse. Dans un cimetière de Montmartre réservé aux enfants non baptisés.<br><strong>Un</strong> – Dire qu’aujourd’hui, les vedettes de cinéma ont le droit aux honneurs de Notre-Dame. C’est quand même un progrès, ça aussi.<br><strong>Deux</strong> – Et puis l’Église a beaucoup évolué aussi en ce qui concerne la politique.<br><strong>Un</strong> – Oui. En cas de coup d’état, l’Église ne se range plus systématiquement du côté de la dictature. Comme dans l’Italie de Mussolini, l’Espagne de Franco, le Chili de Pinochet ou l’Argentine de Videla…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’il n’y a plus autant de coups d’état qu’autrefois, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Sur les questions de société aussi…<br><strong>Deux</strong> – L’Église interdit toujours l’ordination des femmes et elle impose toujours le célibat des prêtres, mais…<br><strong>Un</strong> – Elle accepte enfin de réprimander discrètement les curés qui ont commis des abus sexuels sur mineurs.<br><strong>Deux</strong> – Après le délai de prescription, mais bon… c’est un début.<br><strong>Un</strong> – Et elle propose d’indemniser généreusement les victimes avec le denier du culte.<br><strong>Deux</strong> – Non, on ne peut pas dire que l’Église n’évolue pas, mais…<br><strong>Un</strong> – On ne peut pas dire non plus qu’elle est en avance sur son temps…<br><strong>Deux</strong> – Non, on ne peut pas dire ça non plus.<br><strong>Un</strong> – Disons qu’elle n’a plus qu’un ou deux siècles de retard.<br><strong>Deux</strong> – Après une demi-douzaine de papes progressistes, elle finira peut-être par être en phase avec son époque.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, celui-là vient de mourir.<br><strong>Deux</strong> – Espérons qu’il ne sera pas remplacé par un autre un peu plus conservateur, parce qu’à ce rythme-là…<br><strong>Un</strong> – Oui, on n’est pas sorti de l’auberge.<br><strong>Deux</strong> – Tu imagines un peu ce que ça donnerait après une demi-douzaine de papes traditionalistes.<br><strong>Un</strong> – Déjà qu’aujourd’hui encore, aux États-Unis, certains prétendent que la Terre est plate, et que les premiers hommes ont vécu au milieu des dinosaures.<br><strong>Deux</strong> – Oui, en cas de retour à la tradition, comme en Pologne, les sorcières et les médecins pratiquant l’IVG auraient du souci à se faire.<br><strong>Un</strong> – On dit qu’il n’y a pas de fumée sans feu… En matière de sorcellerie, pour l’Église, c’est plutôt qu’il n’y a pas de feu sans fumée.<br><strong>Deux</strong> – En attendant, il n’y a plus qu’à guetter la fumée blanche…<br><strong>Un</strong> – Les papes se font incinérer, maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – La fumée blanche ! Celle qui annonce l’élection du nouveau pape.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… Espérons que ce sera encore un pape progressiste.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire un vieil homme abstinent et gâteux, élu par une centaine de vieux messieurs en robes… qui dira aux jeunes femmes ce qu’elles n’ont pas le droit de faire avec leur corps ?<br><strong>Un</strong> – Oui, ce n’est pas gagné…<br><strong>Deux</strong> – Je croirais au progressisme de l’Église quand la fumée sera rose. Pour annoncer que le nouveau pape est une femme.<br><em>Noir</em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Pas de panique!</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pas-de-panique/"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="633" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg" alt="Pas de panique ! Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-2438" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau.jpg 992w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-300x191.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/05/pasdepanique_bandeau-768x490.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 992px) 100vw, 992px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour solde de tout compte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pour-solde-de-tout-compte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comptable]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[Dette]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Soins palliatifs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour solde de tout compte, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme s’éveille dans son lit. Une femme arrive en blouse blanche.<br></em><strong>Femme</strong> – Bonjour Monsieur.<br><strong>Homme</strong> – Bonjour Docteur.<br><strong>Femme</strong> – Je ne vous demande pas si ça va. C’est le genre de question qu’on pose machinalement, avant de se rendre compte qu’on n’aurait pas dû.<br><strong>Homme</strong> – Vous n’auriez pas vu un notaire sortir de cette chambre avec un testament signé à l’encre invisible ?<br><strong>Femme</strong> – Mon cher Monsieur, je crois qu’au stade où nous en sommes… Je veux dire, au stade terminal où vous en êtes… Il est inutile de se voiler la face, n’est-ce pas ?<br><strong>Homme</strong> – Dois-je comprendre que vous n’avez toujours pas de bonnes nouvelles à m’annoncer ?<br><strong>Femme</strong> – Vous nous devez encore pas mal d’argent. Je vous dois au moins la vérité. C’était, comme on dit, l’opération de la dernière chance. Hélas l’opération n’a pas marché. J’en suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Ça ne m’étonne pas. Je n’ai jamais eu de chance…<br><strong>Femme</strong> – N’ayez aucun regret. Dans notre jargon, quand on parle d’opération de la dernière chance, on veut dire une opération qui n’a aucune chance de réussir.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><strong>Femme</strong> – Le coup de l’opération de la dernière chance, c’est juste un truc de médecin pour faire patienter la famille, et le patient lui-même, en attendant l’issue fatale.<br><strong>Homme</strong> – Oui, je crois avoir compris l’idée générale…<br><strong>Femme</strong> – Vous en connaissez beaucoup, vous, des malades qui s’en sont sortis après l’opération de la dernière chance ?<br><strong>Homme</strong> – Non, je l’avoue…<br><strong>Femme</strong> – Et voilà… Et comme on ne peut pas croire que tous les malades soient malchanceux à ce point…<br><strong>Homme</strong> – Donc, je suis condamné.<br><strong>Femme</strong> – Je n’emploierais pas des termes aussi brutaux, mais… Oui, cher Monsieur, l’heure est venue de faire le bilan de votre vie… et de régler vos comptes avec la société. À commencer par celle qui est actionnaire majoritaire dans cet hôpital….<br><strong>Homme</strong> – Je vous remercie pour votre franchise, Docteur Ionesco.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, je vais devoir vous demander de cesser de m’appeler Docteur.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui ?<br><strong>Femme</strong> – Après avoir réexaminé mes diplômes, et le taux de mortalité dans mon service de chirurgie, la direction de cet hôpital a jugé préférable de me réaffecter à la comptabilité.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends, mais alors… que venez vous faire ici, au juste.<br><strong>Femme</strong> – Eh bien… Quand je parlais de solde de tout compte, ce n’était pas une métaphore… Je viens pour la petite note, cher Monsieur… Vous allez nous quitter, certes, mais vous ne pensez tout de même pas qu’on va vous laisser partir sans payer ? Et ce n’est pas avec votre mutuelle… On ne vous a jamais conseillé de prendre une sur-complémentaire ?<br><strong>Homme</strong> – Et si je n’ai pas les moyens de payer ?<br><strong>Femme</strong> – Cela pourrait nuire gravement au salut de votre âme. Vous savez, maintenant… notre Service de Recouvrement est d’une redoutable efficacité.<br><strong>Homme</strong> – Plus que votre Service de Chirurgie, en tout cas.<br><strong>Femme</strong> – Disons que… les Roumains que nous employons dans cet hôpital sont beaucoup plus efficaces dans le domaine du recouvrement de créance que dans celui la chirurgie du cerveau… Et nos actionnaires ont désormais des connexions très haut placées.<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire… là-haut ?<br><strong>Femme</strong> – Que voulez-vous ? Les fonds souverains qui nous gouvernent étaient déjà gérés par des morts-vivants. Ils ont commencé à racheter les maisons de retraite, les hôpitaux, les églises, les cimetières… Assez logiquement, ils ont fini par prendre des participations au paradis et en enfer.<br><strong>Homme</strong> – Et donc ?<br><strong>Femme</strong> – Donc c’est à vous de choisir… Mais sachez que les mauvais payeurs sont très mal vus au paradis.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Le Phoenix</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-phoenix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:13:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Soins palliatifs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Phoenix, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Dans le lit, un homme reprend peu à peu connaissance. Une femme arrive, façon executive-woman, avec à la main un ordinateur portable dans une serviette.<br></em><strong>Femme</strong> – Cher Monsieur bonjour !<br><strong>Homme</strong> – Bonjour…<br><strong>Femme</strong> – Excusez-moi un instant, ce ne sera pas long.<br><strong>Homme</strong> – Je vous en prie…<br><em>Elle sort le portable de la serviette, l’allume et le place sur la table de nuit de façon à ce qu’il voie l’écran.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous vous souvenez du code, pour le wifi ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens même pas de mon nom.<br><strong>Femme</strong> – Ça ne fait rien, on s’en passera. (<em>Après s’être éclairci la gorge</em>) Cher Monsieur, j’ai souhaité vous rencontrer sans tarder, parce que j’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer.<br><strong>Homme</strong> – Un nouveau produit, peut-être ? Un remède miracle ? Quelque chose qui pourrait me sauver la vie.<br><strong>Femme</strong> – Vous m’ôtez les mots de la bouche, cher Monsieur. En effet, les nouveaux produits financiers que j’ai à vous proposer pourraient changer votre vie.<br><strong>Homme</strong> – J’en conclus que vous n’êtes pas médecin.<br><strong>Femme</strong> – Je suis votre conseiller financier. Vous êtes bien titulaire d’un compte au Crédit Général, n’est-ce pas ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, peut-être.<br><strong>Femme</strong> – Et je peux vous assurer que vous faites partie de nos meilleurs clients.<br><strong>Homme</strong> – Tant mieux. Parce que je ne suis même pas sûr d’être un bon catholique…<br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas obligatoire pour spéculer en bourse. Et en tant que client privilégié de notre banque, j’ai tenu à vous proposer en priorité nos nouvelles opportunités de placement, d’un rendement absolument exceptionnel.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Regardez ce graphique. (<em>Elle lui montre une courbe.</em>) Notre nouveau fonds d’investissement, Le Phoenix en Actions, a gagné 27% en six mois.<br><strong>Homme</strong> – Le Phoenix ? Ah oui, ça fait rêver. Mais pourquoi ce nom ?<br><strong>Femme</strong> – L’année d’avant, hélas, Le Phoenix avait perdu 73% de sa valeur boursière. C’est un placement risqué, réservé aux investisseurs les plus audacieux, mais qui renaît toujours de ses cendres !<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de pouvoir en dire autant.<br><strong>Femme</strong> – Allons, je suis sûre de reconnaître en vous un battant. La bourse, c’est un placement toujours gagnant sur le long terme.<br><strong>Homme</strong> – Vous savez, le long terme, pour moi… Je vous ai dit que je venais de recevoir l’extrême-onction ?<br><strong>Femme</strong> – J’allais y venir, cher Monsieur. Je ne vous cache pas qu’il faut vous décider rapidement. Il s’agit d’une opportunité exceptionnelle. Mais il n’y en aura pas pour tout le monde. Nous ne pourrons servir que nos clients les plus réactifs.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr d’être encore très réactif, même aux traitements médicaux. À vrai dire, j’en suis à me demander si je ne suis pas déjà mort…<br><em>Elle ouvre sa housse et en sort une brochure qu’elle lui tend avec un sourire commercial.</em><br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous… Nous avons aussi toute une gamme de produits en matière d’assurance-vie et d’assurance-décès.<br><strong>Homme</strong> (<em>prenant le document</em>) – Merci…<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse réfléchir, cher Monsieur. Nous n’allons pas non plus vous harceler, n’est-ce pas ? Nous sommes là avant tout pour vous conseiller…<br><strong>Homme</strong> – C’est ça, je vais réfléchir.<br><strong>Femme</strong> – Je vous laisse, j’ai d’autres investisseurs potentiels à voir dans cet établissement. D’ailleurs qu’est-ce que c’est ? Une sorte de maison de retraite ?<br><strong>Homme</strong> – Une Unité de Soins Palliatifs.<br><strong>Femme</strong> – Tout à fait. Alors à très bientôt. Mais réfléchissez vite, cher Monsieur. Dans votre cas, surtout, vous n’avez pas de temps à perdre… et ce serait dommage de passer à côté d’une telle opportunité.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Dernier sacrement</title>
		<link>https://sketchotheque.net/dernier-sacrement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:07:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernier sacrement, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis dans son lit. Il regarde dans le vide. Arrive une femme, habillée en prêtre.</em><br><strong>Femme</strong> – Bonjour mon fils.<br><strong>Homme</strong> (<em>à peine surpris</em>) – Bonjour papa…<br><strong>Femme</strong> – Je suis l’aumônier de cet hôpital.<br><strong>Homme</strong> – Bonjour mon père.<br><strong>Femme</strong> – Je suis venue dès que vous m’avez appelée.<br><strong>Homme</strong> – Vous êtes vraiment sûr que c’est moi qui vous ai appelé ?<br><strong>Femme</strong> – Quelqu’un m’a dit de venir vous voir. Il avait un léger accent roumain.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… C’est mon chirurgien…<br><strong>Femme</strong> – J’ai cru comprendre que c’était assez urgent… Mais si vous pensez que vous n’êtes pas prêt, je peux repasser un peu plus tard.<br><strong>Homme</strong> – Non, non, je vous en prie. Et puis comme ça, ce sera fait. Au cas où. Enfin, je ne sais pas combien de temps c’est valable…<br><strong>Femme</strong> – Valable ?<br><strong>Homme</strong> – Je veux dire une extrême-onction. Si on ne meurt pas tout de suite, c’est valable combien de temps, après ? Dans les trois mois, j’imagine. Comme un certificat médical.<br><strong>Femme</strong> – J’avoue que… On ne m’avait encore jamais posé la question. Et comme le cas ne s’est encore jamais présenté pour moi…<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire qu’aucune de vos ouailles n’a jamais survécu après avoir reçu votre viatique ?<br><strong>Femme</strong> – C’est-à-dire que… En effet…<br><strong>Homme</strong> – Et vous êtes vraiment sûr que je suis catholique ?<br><strong>Femme</strong> – Ma foi… Je vous avoue que je n’ai jamais pensé à exiger un certificat de baptême dans ce genre de circonstances. Je vois mal un mourant mentir sur sa religion pour obtenir une extrême-onction in extremis. Vous n’êtes pas sûr d’être catholique, mon fils ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens pas non plus d’être juif ou musulman. Et comme je ne suis pas circoncis. Vous êtes sûr que je ne suis pas circoncis ?<br><strong>Femme</strong> – Mon Dieu…<br><strong>Homme</strong> – Excusez-moi, je vous embarrasse avec toutes mes questions. Mais vous savez, je n’ai pas trop l’habitude. C’est ma première extrême-onction…<br><strong>Femme</strong> – Oui, je m’en doute… Souhaitez-vous au moins vous confesser, mon fils ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas, c’est… C’est obligatoire ?<br><strong>Femme</strong> – Disons que c’est vivement conseillé. Pour le salut de votre âme.<br><strong>Homme</strong> – Bon… Après tout, qu’est-ce que je risque ?<br><strong>Femme</strong> – Je vous écoute, mon fils.<br><em>L’homme réfléchit, puis la regarde comme s’il la découvrait.</em><br><strong>Homme</strong> – Je dois vous avouer que…<br><strong>Femme</strong> – Oui ?<br><strong>Homme</strong> – C’est un peu embarrassant.<br><strong>Femme</strong> – Et pourquoi cela, mon fils ?<br><strong>Homme</strong> – Vous ressemblez tellement à ma femme.<br><strong>Femme</strong> – Je vois…<br><strong>Homme</strong> – Vous comprendrez que pour un homme marié, avoir l’impression que son confesseur ressemble à sa femme…<br><strong>Femme</strong> – Rassurez-vous, mon fils. Même si j’étais votre femme, je serais liée par le secret de la confession…<br><strong>Homme</strong> – Bon… Mais, je ne sais pas très bien par où commencer…<br><strong>Femme</strong> – Vous n’avez qu’à commencer par la fin.<br><strong>Homme</strong> – C’est très difficile de se confesser quand on a perdu la mémoire, vous savez…<br><strong>Femme</strong> – Est-ce qu’au moins vous vous sentez coupable, mon fils ? Ce serait un début…<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Est-ce qu’on est encore coupable quand on a perdu jusqu’au souvenir de ses fautes ?<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous souvenez vraiment de rien ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens même pas où j’ai garé ma voiture.<br><strong>Femme</strong> – Puisque vous n’êtes pas en mesure de confesser vos péchés, je vous donne malgré tout l’absolution. Au bénéfice du doute…<br><strong>Homme</strong> – Merci de me faire confiance, mon père. J’essaierai de ne pas vous décevoir.<br><strong>Femme</strong> – Mais n’oubliez pas de régulariser votre situation dès que vous le pourrez.<br><strong>Homme</strong> – C’est promis. Juré craché sur vos tombes.<br><em>Elle le bénit d’un signe de croix.</em><br><strong>Femme</strong> – Au nom du père, de la mère et du fils.<br><strong>Homme</strong> – Amen. <br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Docteur Ionesco</title>
		<link>https://sketchotheque.net/docteur-ionesco/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 15:00:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Même pas mort]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Cerveau]]></category>
		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Docteur Ionesco, sketch de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Même pas mort'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une chambre d’hôpital. Un homme se réveille. Une femme arrive, en blouse blanche de médecin.<br></em><strong>Femme</strong> – Alors cher Monsieur ? Comment ça va aujourd’hui ?<br><strong>Homme</strong> – Ça va… Enfin… Mais qu’est-ce que vous faites dans ma chambre ?<br><strong>Femme</strong> – Ah… Cette simple question semble indiquer que vous n’avez pas encore tout à fait recouvré votre mémoire immédiate.<br><strong>Homme</strong> – Je ne me souviens de rien… sauf que vous m’avez déjà dit ça.<br><strong>Femme</strong> – Ne vous inquiétez pas, c’est très fréquent après ce genre d’intervention. Dès qu’on touche au cerveau…<br><strong>Homme</strong> – Le cerveau ? Je vois…<br><strong>Femme</strong> – Si vous voyez encore, c’est déjà ça… Écoutez, on ne va pas se mentir, votre état… est très préoccupant.<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez dire préoccupant pour moi, j’imagine ?<br><strong>Femme</strong> – J’aurais aimé pouvoir vous annoncer de bonnes nouvelles, mais que voulez-vous ? Je ne suis pas Dieu le Père.<br><strong>Homme</strong> – Ce qui pour moi serait plutôt en soi une bonne nouvelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous trouvez ?<br><strong>Homme</strong> – Se réveiller d’une opération au cerveau et voir Dieu le Père…<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Donc, les résultats de nos premières analyses ne sont pas très encourageants… pour vous.<br><strong>Homme</strong> – J’entends bien.<br><strong>Femme</strong> – Si vous entendez encore, c’est déjà ça…<br><strong>Homme</strong> – Et donc vous dites que… c’est grave.<br><strong>Femme</strong> – Mon Dieu… Pas forcément…<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Ce qui est grave, c’est que… nous ne savons pas du tout ce que vous avez.<br><strong>Homme</strong> – Ah… Et j’imagine que ça… c’est grave pour vous.<br><strong>Femme</strong> – Si on ne sait pas ce que vous avez, on ne sait pas non plus comment vous soigner. Bref, on ne sait pas quoi faire… Et quand on ne sait pas quoi faire, on ne sait pas quoi dire. Franchement, cher Monsieur, je ne sais pas quoi vous dire…<br><strong>Homme</strong> – Écoutez, Docteur… Je peux vous appeler Docteur ?<br><strong>Femme</strong> – J’ai obtenu mon diplôme de médecine en Roumanie… (<em>Aux anges</em>) Mais oui, je vous en prie. Appelez-moi Docteur.<br><strong>Homme</strong> – Je sais que vous vous faites beaucoup de souci pour moi, mais pour ma part… c’est plutôt l’état mental de ma femme qui m’inquiète.<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Allons bon…<br><strong>Homme</strong> – C’est difficile à croire, mais… Figurez-vous que ma femme se prend pour une martienne.<br><strong>Femme</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Homme</strong> – Ça n’a pas l’air de vous étonner.<br><strong>Femme</strong> – Si bien sûr, mais… Pour tout vous dire… (<em>Elle consulte un dossier.</em>) J’ignorais que vous étiez marié… En tout cas, ce n’est pas indiqué dans votre dossier médical.<br><strong>Homme</strong> – Ils ont peut-être considéré que ce n’était pas une maladie assez grave pour être signalé.<br><em>Elle rit d’une façon un peu forcée.</em><br><strong>Femme</strong> – En tout cas, vous avez retrouvé votre sens de l’humour. Et ça c’est bon signe, n’est-ce pas ? Vous connaissez Ionesco ?<br><strong>Homme</strong> – Pas personnellement.<br><strong>Femme</strong> – Il était roumain, comme moi. Et j’ai l’honneur de porter le même patronyme que lui. D’après ma mère, nous sommes vaguement apparentés.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> (<em>sur le ton de la confidenc</em>e) – Entre nous, j’ai toujours pensé que les Roumains étaient davantage faits pour le théâtre de l’absurde que pour la chirurgie du cerveau.<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. C’est tout à fait le genre de propos rassurants qu’un patient a envie d’entendre de la bouche de son chirurgien en salle de réveil…<br><strong>Femme</strong> – Mais je vous en prie. Je suis là pour ça. Si vous avez d’autres questions à me poser, n’hésitez pas.<br><strong>Homme</strong> – Et… pour ma femme, vous pouvez faire quelque chose ?<br><strong>Femme</strong> – Votre femme ? Mon Dieu… Il faudrait d’abord être sûr que vous avez bien une femme…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite que votre femme n’est pas vraiment une extraterrestre.<br><strong>Homme</strong> – Comment ça ?<br><strong>Femme</strong> – Vous conviendrez que si votre épouse présumée est vraiment martienne, on ne peut pas la tenir pour folle si elle affirme venir de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que vu comme ça…<br><strong>Femme</strong> – En tout cas, c’est ce qu’on nous apprend dans les facultés de médecine en Roumanie.<br><em>Il la regarde comme s’il la découvrait seulement.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est fou, Docteur Ionesco…<br><strong>Femme</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Homme</strong> – Ce que vous ressemblez à ma femme. Enfin, ce que vous ressembleriez à ma femme si j’étais marié.<br><strong>Femme</strong> – Et pourtant… je vous assure que moi, je ne viens pas de la planète Mars.<br><strong>Homme</strong> – Non, vous venez de Roumanie. Et… c’est bien vous qui m’avez opéré, n’est-ce pas ?<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement pour vous… J’imagine qu’un médecin venu d’un autre endroit de la galaxie aurait pu vous sauver.<br><strong>Homme</strong> – Vous croyez…?<br><strong>Femme</strong> – À ce qu’on dit, ces gens là sont beaucoup plus évolués que nous. En tout cas, on peut raisonnablement supposer que leurs médecins sont mieux formés que de simples internes ayant fait leurs études à Bucarest…<br><strong>Homme</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison… À ce niveau-là de supputation, je me demande si on peut encore parler de suppositions raisonnables, n’est-ce pas ? Je vais vous laisser vous reposer… Je repasserai un peu plus tard…<br><strong>Homme</strong> – Je peux vous demander encore un service ?<br><strong>Femme</strong> – Tant que ce n’est pas de vous sauver la vie…<br><strong>Homme</strong> – Si vous croisez ma femme, dites-lui que je ne suis pas marié.<br><strong>Femme</strong> – Je n’y manquerai pas.<br><strong>Homme</strong> – Merci.<br><em>Elle s’apprête à partir mais se retourne une dernière fois vers lui.</em><br><strong>Femme</strong> – Je peux vous demander quelque chose, moi aussi ?<br><strong>Homme</strong> – Tant que ce n’est pas comment je m’appelle.<br><strong>Femme</strong> – Vous pourriez m’appeler encore une fois Docteur ?<br><strong>Homme</strong> – Merci Docteur Ionesco. Au revoir Docteur.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Soirée diapos</title>
		<link>https://sketchotheque.net/soiree-diapos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 10:15:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée diapos, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Raconter sa vie, c’est un peu comme projeter des diapositives. Les clichés sont toujours moins passionnants pour les autres que les souvenirs qu’on en garde soi-même. Mais à l’heure des selfies, qui se souvient encore du charme narcoleptique des soirées diapos d’autrefois ? Pour les plus jeunes, une explication s’impose. De retour d’un voyage initiatique à l’autre bout du monde, qui à l’époque pouvait être le Maroc, la Grèce ou même le sud de la Corse, un couple d’aventuriers des congés payés réunissait ses amis les plus fidèles autour d’un buffet aux saveurs de l’ailleurs en question. Pour les gratifier, au moment du café, d’une projection de photos de vacances sur le mur blanc du salon. Auparavant, bien sûr, ces grands reporters avaient pris soin de répartir leurs centaines de diapos en différents chariots, par thématique, et soigneusement étudié l’ordre des photos, afin de donner encore davantage de sens à l’ensemble. En plus de maîtriser l’art de la photographie, il fallait aussi exceller dans celui du montage. Lors du passage d’une diapo à l’autre, ordonné par le maître de cérémonie à l’aide d’une télécommande à fil, le chargeur émettait un bruit de photocopieuse. Clic clac. Des incidents étaient bien sûr fréquents. Un chariot monté à l’envers, ou une diapo la tête en bas, et il fallait interrompre la projection pour remettre tout ça en ordre, afin de ne pas perdre une miette du spectacle et ne pas en dévoyer si peu que ce soit le message. La durée de cette interminable séance de cinéma au ralenti, où chaque image du film était commentée en live par le projectionniste, s’en trouvait augmentée d’autant. Fallait-il avoir de vrais amis pour qu’ils endurent cette épreuve avec le sourire, en faisant mine de s’extasier devant tant d’exotisme ? Quelle aventure ! À charge de revanche. L’année prochaine, c’est eux qui imposeraient à leurs amis le film des vacances de leur vie. Avoir vu, et être regardé, de retour chez soi. Pour exister un peu, au moins une fois dans sa vie. Être dans la lumière, chacun son tour. Mais toujours entre soi. Heureux qui comme eux, alors, avait fait un beau voyage. Aujourd’hui, à l’ère du temps réel, on raconte sa vie en même temps qu’on la vit. Au lieu de la vivre, même. L’existence de l’image précède l’essence du voyage. L’idée même de l’exotisme a disparu avec la mondialisation. Le voyage n’est plus qu’un déplacement. Il n’y a plus d’ailleurs. Seulement des autres parts. Il n’y a plus de souvenirs, encore moins d’avenirs. Ne reste plus qu’un éternel présent. En attendant qu’avec les hologrammes et l’intelligence artificielle, on puisse être pour toujours partout à la fois. Comme Dieu. Mais pour quoi faire ? Je viens d’un monde révolu où les seuls hologrammes étaient une image dans le miroir de l’entrée, et où l’intelligence comme la bêtise était encore tout à fait naturelle.</p>
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		<title>Laissez-moi rire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/laissez-moi-rire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 09:59:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Cheval]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Paix]]></category>
		<category><![CDATA[Rire]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Laissez-moi rire, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Faites l’amour, pas la guerre… Vous vous souvenez&nbsp;? On disait ça pendant la Guerre du Vietnam. Hélas, avant le Vietnam, l’amour, la guerre, on ne se privait déjà pas de faire ça en même temps. Et on a continué après, bien sûr. L’amour se marie très bien avec la guerre, vous savez. Ces deux-là ont toujours fait très bon ménage. Prenez la Guerre de Troie, par exemple. Celle qui a bien eu lieu. La première guerre à peu près digne de ce nom.&nbsp;C’est une histoire d’amour&nbsp;! Enfin, une histoire de cul, ça revient au même. Pâris se tape la belle Hélène. Afin de récupérer cette poire, Ménélas commence par refiler un cheval de Troie à son rival pour contrarier son programme, et le cocu finit par raser toute la ville. Parce que je ne sais pas si vous êtes au courant, mais la ville de Troie, ça n’existe plus. Rayée de la carte. Si vous comptiez y aller en vacances cet été ou en voyage de noces cet hiver, il faudra trouver une autre destination. À propos de lune de miel, il ne faut pas croire non plus que d’être amoureux, ça vous dissuade de vouloir envahir la Pologne ou d’exterminer la moitié de l’humanité qui vous ressemble le moins. Je suis sûr qu’Adolphe était très amoureux d’Eva. La preuve, ils se sont suicidés ensemble, juste après leur mariage. Ils ont dû se dire que le meilleur était déjà derrière eux, et qu’il valait mieux faire l’économie du pire. Deux allers simples pour l’enfer. Drôle de voyage de noces. Non, quand ce n’est pas le repos éternel, l’amour, c’est juste le repos du guerrier. Pendant une permission, un petit coup vite fait derrière l’église, entre deux boucheries, avant de retourner au front. Bon, ça c’est pour les amoureux qui font la guerre comme en 14, deux ou trois fois par siècle, la grande guerre entre petits soldats, en rase campagne ou en rasant des villes. Mais alors la guerre entre les gens qui s’aiment, la guerre de tous les jours, la guéguerre d’intérieur, la guérilla domestique, ça marche très bien aussi. À votre avis, quelle est la première cause d’homicide à travers le monde en temps de paix&nbsp;? Les crimes passionnels et les violences conjugales. Pour deux amoureux qui se bécotent sur les bancs publics, combien se refilent des pruneaux ou des marrons sur le canapé du salon une fois mariés&nbsp;? Faites l’amour pas la guerre… Laissez-moi rire. Non, si vous voulez mon avis, on devrait plutôt dire&nbsp;: faites l’humour, pas la guerre. Vous avez déjà vu deux soldats s’éventrer tout en se bidonnant&nbsp;? Ou deux amants se refiler des torgnoles entre deux éclats de rire&nbsp;? Moi jamais. Ou alors, c’est qu’il n’y en a qu’un seul des deux qui se marre. Celui qui est du bon côté du manche. Il faut reconnaître que les tyrans ou les sadiques sont des gens qui aiment beaucoup rire, en société ou en privé. Ça ne veut pas dire qu’ils ont le sens de l’humour. Vous avez remarqué&nbsp;? C’est toujours les gens les moins drôles qui rient le plus fort. Mais seulement de leur propre connerie. Non, l’humour, ce n’est ni un plaisir solitaire, ni un rapport imposé. L’humour, ce n’est pas de vouloir rire de n’importe quoi devant n’importe qui, en se disant que l’hilarité est une affection socialement transmissible. On ne rit jamais de bon cœur aux dépens de son prochain. L’humour, c’est un cadeau de consolation qu’on se fait à soi-même, et qu’on partage ensuite avec les autres. Par charité républicaine. Pour séduire une femme, paraît-il, il faut d’abord la faire rire. Les femmes se disent sans doute que ceux qui prennent la peine de les faire rire, au lieu de rire de leurs propres blagues, auront aussi la délicatesse de partager avec elles le plaisir qu’elles voudront bien leur donner. L’amour, la guerre&nbsp;? Les deux mon général&nbsp;! Faites l’amour, pas la guerre&nbsp;? Sans blague… Faites l’humour pas la guerre&nbsp;! Et pour le reste, en général… Foutez-nous la paix.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Demi-Vœux à la Nation</title>
		<link>https://sketchotheque.net/demi-voeux-a-la-nation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 09:53:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Président]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<category><![CDATA[Crise]]></category>
		<category><![CDATA[Mouton]]></category>
		<category><![CDATA[Réveillon]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Demi-Vœux à la Nation, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Chers Compatriotes, mes vœux seront moitié plus courts que d’habitude, car en ce 31 décembre à 20 heures, il y a état d’urgence et le temps nous est compté. Pour commencer, j’ai une dinde qui m’attend à la maison, et elle est plutôt dure à cuire. J’ai peut-être vu un peu grand : je ne suis même pas sûr de réussir à la faire entrer dans le four en un seul morceau. Quoi qu’il en soit, à raison d’une heure de cuisson par kilo, je ne pourrai sans doute pas&nbsp;me la taper avant la mi-janvier. Bon, oublions cette grosse dinde et revenons à nos moutons, c’est-à-dire vous, mes chers compatriotes. Mon devoir en tant que Chef de l’État, est de vous alerter sur la situation catastrophique de notre pays au moment où je vous parle. Lorsque cette année a commencé, elle comptait 365 jours. Il n’en reste plus qu’un seul aujourd’hui. C’est dire si le déficit de la France continue à se creuser inexorablement de jour en jour, année après année. Rassurez-vous, je viens de prier Dieu afin que, dans son immense miséricorde, il nous accorde dès demain une nouvelle ligne de crédit de quelques mois. Mais je dois vous avertir : la France ne peut pas continuer à dépenser ainsi son temps sans compter. C’est pourquoi j’ai décidé, à partir du 1er janvier, de ne plus remplacer qu’un jour sur deux. L’année qui vient ne comptera donc que six mois. Elle commencera le 1er janvier pour s’achever le 30 juin, date à laquelle je me présenterai à nouveau devant vous pour vous souhaiter la bonne année. Certes, je conçois que ces changements, dont la France a tant besoin, vous demanderont quelques efforts d’adaptation. Mais rassurez-vous, en raison du réchauffement général de la planète, vous ne verrez bientôt plus la différence entre les saisons, et toutes les années vous paraîtront identiques. C’est à peine si celles qui ne comporteront aucun été vous sembleront un peu plus pourries que les autres. En parfaite cohérence avec cette réforme, qui aura aussi le mérite de doubler le rendement de tous les impôts recouvrés annuellement par l’État, j’ai par ailleurs décidé d’une mesure forte : la suppression du passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver, qui depuis des années divisait la Nation. Désormais, il n’y aura plus qu’une seule heure, mais six mois par an seulement ! Mes Chers compatriotes, je vous souhaite une excellente demi-année. Je crois au bon côté de la force, et je ne vous quitterai pas. Vive la République des moutons et à moitié vive la France.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Faire tomber la neige</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faire-tomber-la-neige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:54:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<category><![CDATA[Big Bang]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Hasard]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Métaphysique]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Univers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1583</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire tomber la neige, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous pouvez rester assis ! Je suis… votre nouveau professeur de philosophie. Je sais, jusqu’à maintenant, vous me connaissiez plutôt en tant que moniteur d’éducation physique… Mais Madame Zarbi, je veux dire Madame Zerbi, s’étant comme vous le savez suicidée hier soir en s’immolant par le feu dans sa baignoire remplie de super sans plomb… Ah, vous ne le saviez pas ? Au temps pour moi. Bref, comme l’Académie de Créteil est momentanément en rupture de stock pour ce qui est des profs de philo… Allez savoir pourquoi, les profs de philo, c’est comme les curés, il y a une crise de vocation… Bref, la Directrice m’a demandé de remplacer Madame Zarbi. Zerbi. Vous savez, maintenant, il faut être polyvalent, dans notre métier… Il faut savoir s’adapter… Vous aussi, lorsque vous aurez un boulot, si vous arrivez à en trouver un, on vous demandera de savoir vous adapter. On appelle ça l’employabilité. Enfin, c’est ce que m’a dit Madame la Directrice. Je sais, vous avez le bac à la fin de l’année, mais… C’était moi, ou rien… Alors autant apprendre à vous adapter tout de suite. Bien, si vous n’avez pas de questions, nous allons donc commencer. Bon alors finalement, la philosophie, c’est quoi ? Ce n’est pas si compliqué que ça, non ? C’est se poser les questions de base. Je veux dire, les questions fondamentales. Enfin, les questions qui ne servent à rien, quoi. Genre… Je ne sais pas moi… C’est quoi ce bordel qui nous entoure ? Comment est-ce que ce foutoir a bien pu commencer ? Est-ce que tout ce merdier finira un jour ? Là où elle est maintenant, Madame Zarbi a peut-être enfin les réponses à toutes ces questions… Malheureusement, elle ne peut pas revenir pour nous dire si il y a une existence après l’essence. Elle est complètement carbonisée. Alors pour le bac, il va falloir qu’on se débrouille tout seuls, hein ? Bref, ça fait des millénaires que tous les philosophes se posent ce genre de questions à la con, sans être foutus de trouver une explication qui tienne à peu près la route. Eh ben ça va peut-être vous surprendre dans la mesure où je n’ai jamais fait d’études de philo, mais moi, je pense avoir trouvé la réponse. Enfin… un début de réponse… Ce qu’il faut, c’est reprendre le problème à la base. Vous verrez, en cherchant bien, vous découvrirez que la réponse est en vous. Et que vous n’avez pas besoin de vous farcir tous ces bouquins aux titres imbitables qui figurent sur la bibliographie que Madame Zarbi vous a distribuée au début de l’année. Je ne sais pas si elle-même les avait tous lus, mais vous voyez où ça l’a menée… Non, croyez-moi, il vaut mieux que chacun reparte de sa propre expérience, en puisant dans ses propres souvenirs. Je suis sûr qu’à un moment ou un autre de votre vie vous êtes déjà passés à côté de la vérité sans même vous en rendre compte. Moi, personnellement, c’est en allant en pèlerinage au Mont Saint-Michel que j’ai eu… ce qu’on pourrait appeler une révélation. Au début, d’ailleurs, je n’étais pas très chaud. Je veux dire pour aller au Mont Saint-Michel. C’est plutôt ma femme qui… Mais bon, le Mont Saint-Michel, c’est quand même un truc à voir au moins une fois dans sa vie, non ? Et comme le voyage en car était offert par la mairie. Bref, on débarque là-bas sur le parking avec ma femme vers midi après trois heures de route en plein brouillard sans même pouvoir s’arrêter dans une station-service pour pisser. Il n’y avait pas de temps à perdre, parce qu’on devait revenir le soir même à Créteil, alors c’était plutôt ambiance commando, voyez ? Donc tout le monde descend du car fissa, et commence à faire mouvement vers la basilique au pas de charge. On a beau ne pas trop croire en Dieu, c’est vrai qu’il y a là-bas une atmosphère propice à la méditation… Bref, on était à peu près à mi-chemin quand ma femme me dit : « Tu te rends compte ? Le Mont Saint-Michel est inscrit au patrimoine mondial de l’humanité, et si on ne fait rien, dans quelques années, ce ne sera même plus une île ». Sur le moment, j’avoue que je n’ai pas très bien compris où elle voulait en venir. C’était marée basse, alors le Mont Saint-Michel, dans le brouillard, ça ressemblait plutôt à une grosse merde posée là au milieu de la plage. Mais c’est vrai que ça m’a fait réfléchir. Et je suis parti comme ça à me poser des questions. Pourquoi le Mont Saint-Michel plutôt que rien ? Pourquoi ma femme plutôt qu’une autre ? Pourquoi la possibilité d’une île à marée haute, et plus à marée basse ? Entre-temps, on était presque arrivé à la basilique. Il faisait un froid ! C’était au mois de décembre, quelques jours avant Noël. Ça a peut-être aussi un rapport avec ça. Donc à mesure que je grimpais la pente, je sentais monter en moi quelque chose de… zarbi. J’avais la conviction qu’en ce lieu sacré, j’allais trouver la réponse à toutes les questions que je ne m’étais jamais posées jusque-là. Mais comme j’étais un peu essoufflé, que je me les gelais, et que j’avais promis à ma belle-mère de lui ramener quelque chose du Mont Saint-Michel, j’ai eu l’idée d’entrer dans un magasin de souvenirs. Il faut dire que ça ne manque pas, là-bas, les souvenirs… Bref, je regarde dans la boutique si je pouvais trouver une bricole pas trop chère pour ma belle-doche. Et là, comme par miracle, je tombe sur un de ces petits dômes en verre remplis d’eau avec le Mont Saint-Michel à l’intérieur. Vous voyez ce que je veux dire ? Ils font la même chose à Paris avec la Tour Eiffel. Machinalement je prends le truc dans ma main et là, comme poussé par une volonté étrangère à la mienne, je me mets à le secouer. Vous n’allez pas le croire, mais la neige se met à tomber ! Je veux dire dans la boule de cristal d’abord, évidemment. Mais je me tourne vers la porte. Il s’était mis à neiger dehors aussi ! C’est là que ça m’est venu tout d’un coup. Cette boule de cristal, c’était l’univers en modèle réduit ! Le monde que je tenais entre mes mains. J’étais comme illuminé par cette révélation ! Je regardais la boule. Je regardais dehors. Plus je secouais la boule, plus il neigeait sur le Mont Saint-Michel. J’étais tout puissant. J’étais Le Tout-Puissant ! Bon, au bout d’un moment, comme le vendeur commençait à me regarder de travers, j’ai dû reposer la boule. Peu à peu toute la neige est retombée, et je suis revenu à la réalité. Mais depuis ce moment là, je sais : le monde est une boule de cristal dans laquelle on peut lire le passé comme l’avenir. On secoue la boule, c’est comme le big bang. Les flocons ne tombent jamais au même endroit, dans le même ordre, ni à la même vitesse, mais au bout du compte, toute la neige finit toujours par retomber par terre. Après il suffit de secouer la boule encore une fois, et ça recommence. C’est toujours différent, mais au bout du compte ça revient au même. Il n’y a pas deux flocons identiques, ils suivent tous une trajectoire distincte, mais il y a toujours la même quantité de neige, et tout finit toujours par se casser la gueule, vous pigez ? Bon, alors je n’ai pas encore réussi à comprendre qui secouait le machin, et pourquoi, mais… J’ai quand même ma petite idée. Pourquoi, à votre avis, tous les cons qui rentrent dans une boutique de souvenirs au Mont Saint-Michel éprouvent le besoin irrépressible de secouer le machin dont je vous parle ? Pour le plaisir de voir tomber la neige ! Alors pourquoi Dieu, s’il existe, n’aurait pas envie de faire pareil ? Et tenez-vous bien, parce que ce n’est pas fini… Et si Dieu, finalement, c’était moi ? Je veux dire, vous aussi, si vous voulez. Enfin, la somme de tous les cons de notre espèce, quoi ! Avouez que ça vous en bouche un coin, non ? C’est pour ça que quand la Directrice m’a demandé si j’avais quelques notions de philosophie pour remplacer Madame Zarbi, j’ai dit oui tout de suite. Je crois que c’était un signe du destin, vous comprenez ? L’occasion pour moi de faire partager au plus grand nombre le savoir que j’ai pu modestement acquérir sur les mystères du monde qui nous entoure…<br>Bon, je crois que ça ira comme ça pour aujourd’hui. Il ne faut quand même pas mettre la barre trop haut pour une première fois. Allez, maintenant tous à plat ventre ! On va faire quelques pompes tous ensemble pour terminer. Un esprit sain dans un corps sain, comme dit Madame la Directrice. Et les pompes, pour le bac, ça peut toujours servir, pas vrai ?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Notre père qui êtes en nous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/notre-pere-qui-etes-en-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:44:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Notre père qui êtes en nous, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Si on se croisait dans la rue tel qu’on sera dans trente ans, vous croyez qu’on se reconnaîtrait ? Pas sûr… Non mais je ne parle pas de vous et moi. On se connaît à peine. Il y a peu de chance que je me souvienne de vous. Surtout que dans trente ans, vous aurez pris un sacré coup de vieux. Vous serez méconnaissables. Si vous êtes encore là… Non, je veux dire moi, si demain je tombais par hasard sur moi-même tel que je serai avec trente ans de plus… Est-ce que ma tête me dirait quelque chose ? Il y a trente ans, j’avais les cheveux longs, je faisais de la moto, et je lisais Rock &amp; Folk. Si je me croisais aujourd’hui dans le métro le crâne dégarni en train de lire la Vie Financière, est-ce que je ferais le rapprochement ? Est-ce qu’au moins je me dirais&nbsp;:&nbsp;tiens, c’est marrant, sa tête m’est familière à ce vieux con. Il ressemble un peu à mon père. Là, je n’aurais plus du tout envie de m’adresser la parole… On change quand même pas mal en trente ans. Pour le pire, en général. Est-ce qu’on est encore tout à fait le même… ou est-ce qu’irrémédiablement on a tendance à devenir son propre père ? On a tous peur de mourir un jour, mais on a bien tort de s’en faire. On ne meurt pas en un jour. Ou alors seulement par accident. Quand on meurt de vieillesse, on décède un peu tous les jours. Et on finit même par s’oublier. On est tous appelés à devenir des soldats inconnus. Si vous avez la chance de vivre encore une trentaine d’années, ce n’est pas vous qu’on enterrera, c’est un autre. Un autre que vous ne connaissez pas, que vous n’avez jamais rencontré, et que vous ne rencontrerez jamais. Un étranger qui ne vous serait peut-être même pas sympathique. Parce qu’il faut voir les choses en face : on s’arrange rarement en vieillissant. Dites-vous bien que si vous ne vous aimez déjà pas beaucoup aujourd’hui, dans trente ans vous détesterez sûrement celui que vous serez devenu. Peut-être même que vous souhaiterez sa mort. On désire tous plus ou moins la mort de son père, non ? Vous lui reprocherez de ne pas vous avoir chéri comme un fils. Et il vous en voudra de ne pas avoir su réaliser ses rêves. Notre père, pour le comprendre, il faudrait l’avoir connu enfant. Et encore… Le matin, je me regarde dans la glace, j’ai déjà du mal à me reconnaître et je ne trouve rien d’intéressant à me dire. Alors si j’avais en face un type comme moi avec trente ans de plus… Un type qui n’existera peut-être jamais, d’ailleurs. Si on connaissait en naissant la date de sa mort, on saurait quand on a vécu la moitié de sa vie… Non, la communication inter-générationnelle, même avec soi-même, ce n’est pas évident. Mais je vous donne un conseil&nbsp;: si vous vous croisez demain tel que vous serez dans trente, quarante, cinquante ans, adressez-vous cette prière&nbsp;: Notre père qui êtes en nous, que notre nom vous reste familier, que votre fin de règne soit paisible, que votre manque de volonté ne condamne pas nos rêves, donnez-nous chaque jour une raison de vivre jusqu’à votre âge, pardonnez nos errances comme nous devrons pardonner aussi votre démission, laissez-nous succomber à la tentation et délivrez-vous des remords.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Le remplaçant</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-remplacant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Apr 2025 15:14:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Big Bang]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Stand-up]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le remplaçant, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Bonjour ! Je suis le remplaçant. Alors je me présente, parce que je ne suis pas sûr que tout le monde me connaisse. Je suis Dieu. Non, mais restez assis, hein. Ne vous dérangez pas. Je sais, au début, c’est un peu impressionnant, mais vous verrez, on se fait très vite à ma présence. Bientôt vous ne me verrez même plus et vous ferez comme si je n’existais pas. Comme avec mon prédécesseur. Alors évidemment, vous vous demandez comment on devient Dieu, c’est normal. Vous vous dites, OK, il s’est échappé de l’asile, avec son copain qui se prend pour Napoléon. Non, mais moi, je ne me prends pas pour Jésus-Christ, hein&nbsp;? Tout le monde sait qu’il est mort il y a 2000 ans, Jésus-Christ. Et puis Jésus, je n’avais pas le physique. Ça n’aurait pas été crédible. Ça n’aurait pas été vrai, surtout ! Mais Dieu… Il ne ressemble à rien. Il est partout, mais on ne le voit nulle part. Quand on s’adresse à lui, il ne répond pas. Et entre nous, il y a bien longtemps qu’il ne fait plus grand chose de très significatif, hein&nbsp;? Il n’y a qu’à voir comment l’Église galère pour faire homologuer un miracle ou deux à titre posthume… Et encore, rien qui casse la baraque. Genre, j’avais perdu les clefs de mon 4&#215;4, et après avoir vu le pape à la télé, elles ont miraculeusement réapparu dans la doublure de ma veste… Ou alors, j’avais un cancer du colon, et après 23 chimios, une ablation totale de l’intestin, et un voyage à Lourdes, je m’en suis miraculeusement sorti avec une sonde dans l’estomac et un anus artificiel. On est loin de la Mer Rouge qui s’ouvre en deux ou du ski nautique sur le Lac de Tibériade, pieds nus et sans hors bord. Ça, entre nous, ça avait quand même de la gueule. On comprend qu’à l’époque, ça ait pu susciter des vocations. OK, Dieu a créé le monde. Le Big Bang, Adam et Eve, les dinosaures, tout ça en une petite semaine. C’est vrai qu’au début, il a fait fort. Mais depuis…? Maintenant, Dieu, c’est plutôt un titre honorifique. Tout puissant, tu parles… Il a à peu près autant de pouvoir que la Reine d’Angleterre, oui. Alors je me suis dit, Bernard, il y a une place à prendre. Oui, je ne devrais pas vous le dire, mais avant d’être Dieu, je m’appelais Bernard… OK, c’est un job bénévole, mais bon… Le pape non plus, il ne fait pas ça pour le pognon. Non, mais pour faire pape, il faut quand même faire des études. Il faut faire acte de candidature, il y a des élections… Pour être Dieu, tu ne t’emmerdes pas avec tout ça… Bon, commencer à être Dieu, c’est comme arrêter de fumer. Au début, ce n’est pas évident… Après il faut s’y tenir, c’est tout… C’est une question de volonté, quoi. Il suffit d’y croire. Si on ne croit pas en soi-même… Alors je sais bien pourquoi vous êtes venus, hein. Pas pour la petite quête à la fin. Ce que vous attendez en vous tournant vers moi, c’est que je vous apporte la bonne parole. Par exemple que je vous souffle dans le tuyau de l’oreille la combinaison gagnante du prochain loto sportif, si possible avec le numéro complémentaire. Non, mais ça ne marche pas comme ça. Ce n’est pas pour me faire prier, mais bon… Si il suffisait de demander, ça se saurait. Non, je ne ferai pas plus que celui que je remplace, mais je vous promets d’être sur le coup. Vous ne me verrez pas non plus, mais je serai toujours là à vos côtés, comme lui. Alors vous me faites signe un peu avant. Un enfant malade, un plan social en perspective, un décès dans la famille… Vous me passez un petit coup de fil, et j’arrive. De jour comme de nuit. Par tous les temps. Je vous laisserai mon numéro de portable à l’accueil. Il faut payer la communication, mais bon…si vous avez un forfait… Si ça ne répond pas, vous laissez un message sur ma boîte vocale… (Regardant sa montre) Ouh, là… Ce n’est pas que je m’ennuie, mais on m’attend ailleurs. Je peux être partout, OK, mais pas en même temps, quand même. Allez, je vous assure&nbsp;: au bout d’une semaine ou deux, vous ne verrez pas la différence avec l’autre.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Le ménage</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-menage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:50:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Femme de ménage]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le ménage, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Faire le ménage, ce n’est pas que ça m’amuse. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un de ces vieux garçons maniérés, adeptes de l’encaustique, qui s’adonnent dans l’intimité de leur chez-soi aux plaisirs du patin sur parquet. Il me semble, néanmoins, qu’il y a une certaine grandeur discrète à balayer devant sa porte. À tenir fermement le manche à balai, on reste bien arrimé à la réalité. Poussières nous sommes et nous retournerons faire les poussières. Récurer soi-même la cuvette de ses chiottes, ça oblige à une certaine humilité. Une certaine modestie. J’ose le dire, même, faire son propre ménage relève d’une bonne hygiène mentale, et préserve de bien des folies. Je ne parle pas des petites manies individuelles. Le Docteur Petiot était plutôt un homme d’intérieur, Monsieur Landru du genre homme au foyer. Ça ne les a pas empêchés de se laisser aller à quelques excès. Mais dans un cadre strictement privé ! Non, je parle de la défense de la démocratie. La serpillière, c’est le dernier rempart contre la tyrannie. Hitler aurait-il envahi la Pologne s’il avait dû passer un coup d’aspirateur avant&nbsp;? Pol Pot aurait-il exterminé son propre peuple avec autant d’entrain s’il avait pu chez lui s’employer à chasser les moutons au plafond ? Non, on n’a jamais vu un dictateur faire la popote lui-même. Prendre un employé de maison, c’est se rêver déjà en tyran domestique. C’est le premier pas vers la mégalomanie. C’est l’annexion symbolique du Portugal ! Le génie, en revanche, n’est pas l’ennemi des arts ménagers. On imagine très bien Archimède ayant l’idée de son théorème debout devant son évier avec ses gants en caoutchouc&nbsp;: toute main plongée dans l’eau subit une poussée verticale de bas en haut égale au poids de l’eau de vaisselle déplacée. Et s’il y a autant de plats à fruits, d’épluchures de légumes et autres steaks saignants parmi les natures mortes qu’on voit dans les musées, c’est que les grands maîtres de la peinture passaient pas mal de temps dans leur cuisine. Embaucher une femme de ménage, croyez-moi, c’est une paresse intellectuelle. Que dis-je&nbsp;? C’est le péché originel&nbsp;! Le premier renoncement à ses responsabilités d’homme ouvrant la porte à toutes les démissions futures. Le petit arrangement avec sa conscience autorisant toutes les compromissions à venir. C’est l’origine du capitalisme ! Le début de l’exploitation de l’homme par l’homme. Enfin de la femme de ménage par l’homme, ou par l’executive woman, qui vous en conviendrez, n’est déjà plus tout à fait une femme. Car il faut au moins avoir l’honnêteté de contempler la vérité en face : le grand ménage que vous refusez de faire chez vous par crainte de vous salir les mains, il faudra bien qu’un autre le fasse à votre place. La pierre ponce que vous rechignez à saisir de crainte de vous abîmer l’épiderme, un autre Pilate devra la manier pour vous. Un autre que vous mépriserez pour sa servilité, ou pour le moins que vous regarderez avec condescendance, afin de lui faire payer votre propre lâcheté. Pourquoi, à votre avis, paye-t-on toujours sa femme de ménage au noir&nbsp;? Et sans aucun scrupule, de surcroît. Parce qu’on ne peut pas envisager sérieusement que de faire le ménage chez les autres soit un véritable métier. Encore moins un travail méritant salaire et ouvrant à des droits sociaux. Alors on cherche un alibi. On se dit que si on n’avait pas mieux à faire, sûr qu’on s’y collerait soi-même, à laver les carreaux de la salle à manger et à briquer la lunette des toilettes. Que si on préfère laisser ça à une tierce personne, ce n’est pas par fainéantise, au contraire. C’est par dévouement. Presque par abnégation&nbsp;! Pour ne pas léser le reste de l’humanité des nombreux bienfaits qu’on ne pourrait pas lui apporter si on était obligé de faire le ménage à la place. Vous voyez où je voulais en venir quand je parlais d’humilité… D’accord, on ne peut pas aller contre la nature, non plus. Il est évident qu’un homme, normalement constitué, n’est pas génétiquement équipé pour manier le fer à repasser à vapeur. Mais bon… C’est bien pour ça que la société a inventé le mariage. Se répartir les tâches ménagères, oui. Mais que chacun conserve sa dignité. Alors, dans cette noble servitude domestique partagée, le couple pourra redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un ménage. Voltaire n’a-t-il pas dit qu’il fallait cultiver son jardin? Il n’a pas cru bon d’ajouter qu’il fallait aussi éplucher ses légumes, se servir la soupe, et nettoyer les bols après, mais c’était sous-entendu. En vérité je vous le dis, la femme de ménage n’est pas du tout l’avenir de l’homme. Et quand les grands de ce monde seront contraints par la constitution à faire eux-mêmes leurs petites lessives, c’est l’humanité toute entière qui sentira bon la lavande.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Sur le fil</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sur-le-fil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:46:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur le fil, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous allez rire, je ne sais pas du tout ce que je fais là… Et vous ? Non, je veux dire, et vous, vous savez ce que je dois faire ? Ce que je suis supposé dire ? Si vous le savez, n’hésitez pas à me le faire savoir, hein ? Moi, je n’en ai pas la moindre idée. Je suis planté là comme un ordinateur qu’on aurait débranché sans prévenir, pour brancher l’aspirateur à la place. Ou alors, c’est une panne de secteur. Une coupure de courant. J’aurais dû faire une sauvegarde. Mais comment je pouvais deviner qu’on allait me couper l’alimentation ? J’ai peut-être oublié de payer la facture… Je ne parle pas d’un simple trou de mémoire, hein&nbsp;? Dans ce cas là, j’improviserais. En attendant que ça me revienne. En attendant de retrouver le fil. Ou je demanderais au souffleur, tiens. Ah, il n’y a plus de souffleur, c’est vrai… Il n’y a même plus de texte, et plus d’auteur. Compression de personnel. Vous verrez que bientôt, on supprimera aussi le filet pour les funambules, et les mots pour le dire. Quand on supprimera les filets pour les pêcheurs, et les toiles pour les araignées, là il faudra vraiment s’inquiéter… Priez pour nous pauvres pêcheurs. On nous mène en bateau, et c’est encore à nous de payer le gasoil. Des funambules avec une araignée au plafond… C’est un peu ce qu’on est tous, non&nbsp;? Tant qu’on garde l’équilibre et qu’on marche bien droit sur la corde raide, ça va encore. Mais quand on perd le fil… Quand on ne sait plus quoi dire, on peut vite raconter n’importe quoi. On peut dire ce qu’il ne fallait pas. Et après… On pourra seulement dire : excusez-moi ça m’a échappé. Ce n’est pas du tout ce que je voulais dire. C’est même tout à fait ce que je voulais taire. Ça m’est passé par la tête, et les mots sont sortis de ma bouche malgré moi. Parce qu’en même temps, il faut bien dire quelque chose, hein ? Il faut bien meubler. Le silence, c’est pire que tout, vous savez. C’est tout à fait intolérable. Surtout quand les gens ont fait le déplacement pour entendre ce que vous aviez à dire, et qu’ils ont payé leurs places. Quand je vous parle de silence, je ne parle pas seulement de parler, hein&nbsp;? Rien de plus bavard qu’un mime. Et je ne sais pas si vous avez déjà pris le bus avec une bande de sourds-muets, mais il faut voir le raffut. Non, être là sans parler, c’est bien plus dur que de parler pour ne rien dire, croyez-moi. Mais parler pour parler, là ça en dit long. Un trou de mémoire, c’est comme un toboggan. Comme un trou noir. On sait qu’on sera sur le cul en arrivant, mais on ne sait pas où on va arriver. La seule chose qu’on sait, c’est qu’une fois parti, on ne peut plus s’arrêter. Alors c’est normal qu’avant de se laisser glisser, on ait une petite appréhension, non ? Pourquoi je vous raconte tout ça moi ? Où est-ce que je veux en venir ? Vous ne dites rien, hein&nbsp;? Vous ne m’aidez pas beaucoup… Remarquez, j’ai l’habitude. Je sors de chez mon psy. Lui non plus ne dit jamais rien. Vous me direz, ça lui évite de dire des conneries. Bizarrement, tous les psys que j’ai entendu dire quelque chose m’ont paru plus dérangés que moi. Quand même. Lui, je n’ai jamais entendu le son de sa voix. En dix ans. Alors je viens de lui dire qu’on ferait mieux d’en rester là, justement. Non, ça me coûtait vraiment trop d’essayer toutes les semaines de trouver quelque chose à lui dire. Surtout avec le passage à l’euro… Alors quand c’est passé à deux fois par semaine… Je ne vous en parle même pas. Et puis je n’ai plus vraiment besoin de m’allonger, maintenant que je suis là, hein ? Ici, je suis un peu comme sur le divan. Avec plusieurs rangées de psys pour m’écouter en silence. Et là, au moins, c’est vous qui allongez les billets à chaque séance…</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>La volupté de l’ennui</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-volupte-de-lennui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:40:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La volupté de l’ennui, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’ennuie, pas vous ? Non, mais je ne m’ennuie pas spécialement avec vous. Je m’ennuie en général. Avec ou sans vous. Je me suis toujours beaucoup ennuyé, d’ailleurs. Depuis que je suis tout petit. Je ne sais pas pourquoi… Au début, ça m’ennuyait un peu. Et puis je m’y suis fait. Ma femme, elle, elle ne s’ennuie jamais. Elle a de la chance. Elle dit qu’elle a toujours quelque chose à faire. Et quand elle n’a vraiment plus rien à faire, elle dort. Moi, je dors très mal. Je me réveille à trois heures du matin, et je ne peux plus me rendormir. Alors je m’ennuie. Même la nuit. Pendant que ma femme dort à poings fermés. Bon, le jour, je pourrais travailler, vous me direz. Ça me permettrait peut-être de mieux dormir la nuit. Mais si vous croyez que c’est beaucoup plus marrant de travailler que de s’ennuyer… Le travail, c’est juste bon pour s’occuper pendant la journée. C’est comme la télé le soir, les mots-croisés le dimanche ou les boules pendant les vacances. Ça permet seulement d’oublier provisoirement qu’on ne sait pas quoi faire de sa peau. Non, moi, je m’ennuie à plein temps… et le pire, c’est que je me demande si je n’en retire pas une certaine satisfaction. Parce qu’il y a une volupté à s’ennuyer, hein&nbsp;? Comme il y a un plaisir à être triste. Une sorte de noblesse, même. Déjà pour s’ennuyer, il faut en avoir le loisir. Et pouvoir se le permettre. C’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde. L’ennui, c’est une liberté fondamentale qui n’est limitée par aucun passe-temps. D’ailleurs, m’ennuyer, je me demande si je ne préfère pas ça que de m’amuser, finalement. C’est vrai, s’amuser, c’est lassant, à la longue. On finit toujours par refaire les mêmes choses. Revoir les mêmes gens. Refaire les mêmes choses avec les mêmes gens. Tandis que… il y a mille façons, de s’ennuyer… Et puis s’amuser, entre nous, c’est un peu vulgaire, non ? C’est plus bruyant, pour commencer. Vous avez déjà entendu des gens qui s’amusent&nbsp;? Les éclats de rire, les éclats de voix… C’est comme les éclats d’obus. Moi, personnellement, ça me casse les oreilles. La fête, la musique… La fête de la musique&nbsp;! Est-ce qu’il fallait vraiment faire ça en plein air, pour que tout le monde en profite&nbsp;? Et ceux qui n’aiment pas la fête&nbsp;? Qui n’aiment pas les flonflons&nbsp;? Les gens qui s’ennuient, eux, au moins, ils ne dérangent personne. Enfin, je veux dire, les gens qui sont capables de s’ennuyer tout seuls dans leur coin, et qui ont la décence de le faire en silence. Pas ceux qui vous répètent toutes les cinq minutes qu’ils ne savent pas quoi faire. Comme certains enfants. Les miens, par exemple… C’est vrai, quoi. Ce n’est pas parce qu’on a fait des enfants qu’on a une vocation d’animateur de centre de loisirs. Ou alors, il faudrait faire passer le BAFA à tous les gens qui se marient et qui pensent procréer… Non, l’avantage, quand on aime s’ennuyer, c’est qu’on peut le faire partout. Et qu’on n’a besoin de personne. Moi, j’arrive à m’ennuyer n’importe où. Même au théâtre. Et avec n’importe qui. Même ma femme. Surtout avec ma femme. Pour tout vous dire, c’est encore en sa compagnie que je préfère m’ennuyer. Parce qu’il ne faut pas croire, mais on ne peut pas s’ennuyer bien avec tout le monde&nbsp;! Encore faut-il tomber sur quelqu’un d’assez discret… Et le plus beau, c’est que ça l’amuse, ma femme, quand je lui dis ça. Je m’ennuie et elle, elle s’amuse… Bon, ce n’est pas que je ne m’ennuie pas avec vous, mais il va falloir que vous m’excusiez. J’ai un truc à faire, là. Un truc très ennuyeux, d’ailleurs. Comme quoi, on peut aussi s’ennuyer en faisant quelque chose… Allez. Ennuyez-vous bien…</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Définition de l’amour (par défaut)</title>
		<link>https://sketchotheque.net/definition-de-lamour-par-defaut-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 16:36:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1567</guid>

					<description><![CDATA[<p>Définition de l’amour par défaut, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Ça fait combien de temps qu’on se connaît&nbsp;? Vingt ans, au moins, non&nbsp;? Pourquoi on a jamais couché ensemble, au fait&nbsp;? C’est vrai, on s’entend bien… On aurait même pu se marier&nbsp;! C’est marrant, je te vois un peu comme une ex. Alors qu’on n’est jamais sortis ensemble… On a failli, une fois, tu te souviens&nbsp;? Tu m’avais fait boire. À moins ce ne soit le contraire. On a fini chez toi, complètement bourrés. On a rigolé comme des bossus pendant toute la nuit, mais on a oublié de coucher ensemble. C’est peut-être parce qu’on s’entend trop bien, justement. Ça manquerait un peu de piment. On s’ennuierait, à la longue. C’est vrai, on se marre bien, tous les deux, mais… Je ne m’imagine pas en train de faire l’amour avec une fille qui se marre. Bon, il y a rire et rire. Je peux faire rire une fille pour coucher avec elle. Mais alors coucher avec une fille qui me fait marrer…! Non, si je couchais avec toi, j’aurais l’impression de coucher avec un copain. Avec une copine, si tu préfères. Et puis je n’aime pas les blondes. Je sais, tu n’es pas blonde. Mais tu l’étais quand je t’ai rencontrée… J’ignorais que ce n’était pas ta couleur naturelle, moi&nbsp;! À quoi ça tient, hein&nbsp;? Ce n’est pas que je n’aime pas les blondes, mais… Ça dépend. Ça devait être la couleur. Tu étais un peu trop blonde pour moi. Les filles trop blondes, je ne sais pas, ça me dégoûte un peu. Physiquement. Je ne sais pas pourquoi… Ça doit être une question de peau. Maintenant, c’est trop tard. Je t’imaginerai toujours dans la peau d’une blonde qui s’est fait teindre en brune. Et puis tu n’es pas vraiment brune… C’est pas châtain, non plus. Je ne sais pas comment appeler ça… C’est ni blond ni brun. Ce n’est pas que tu ne me plais pas, hein&nbsp;? D’ailleurs, tu plais à tous les mecs. D’habitude, c’est plutôt motivant… Mais là, non. Non, je n’arrive pas à définir exactement pourquoi je n’ai jamais eu envie de coucher avec toi… Ça doit être ça, l’amour… Je veux dire, le «&nbsp;je ne sais quoi&nbsp;» qui fait qu’on a envie de baiser ensemble, ou plus si affinité. On a réussi à cerner ce que c’était, dis donc ! Par défaut… Maintenant, pourquoi je me suis marié avec ma femme plutôt qu’avec toi ou une autre, alors là&nbsp;? Bon, déjà, à elle, je lui plaisais. C’était moins compliqué. Si je ne lui avais pas plu, est-ce que je me serais accroché…&nbsp;? Et si je m’étais accroché, est-ce que ça lui aurait plu…&nbsp;? On ne le saura jamais. L’amour partagé, c’est plus simple, mais c’est moins… Comment dire…&nbsp;? À vaincre sans péril, on a le triomphe modeste. D’ailleurs, je me demande ce qu’elle a bien pu me trouver&nbsp;? Tu as une idée, toi…&nbsp;&nbsp;? Je pourrais lui demander, tu me diras, mais… Si elle me retourne la question… Des fois, il y a des sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder. Un peu de mystère, dans le couple, ça ne peut pas nuire. Enfin, il ne faut pas exagérer, non plus. Une fois je suis sorti avec une fille. Au bout d’un an, elle m’a plaqué. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a répondu qu’elle s’emmerdait au lit avec moi. Un an&nbsp;! Il y a des limites à la discrétion… Alors maintenant, pourquoi elle est sortie avec moi pendant un an&nbsp;? Je n’ai même pas pensé à lui demander… Il devait quand même bien y avoir une raison&nbsp;! Ou alors elle m’a menti. Sur mes performances sexuelles, je veux dire… Pour se venger… Je ne dis pas ça parce que ça m’a vexé dans mon orgueil de mâle, hein&nbsp;? Ça m’a un peu surpris, c’est tout. C’est vrai, j’ai plutôt la réputation d’être un bon coup. Et toi&nbsp;? Non, je veux dire, et toi, tu ne veux vraiment pas me dire pourquoi tu n’as jamais eu envie de sortir avec moi&nbsp;? Tu n’es pas obligée de me répondre, hein&nbsp;?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Richophobie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/richophobie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 14:59:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Champagne]]></category>
		<category><![CDATA[Hypocrisie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Richophobie, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Pardon, mais avant de commencer, je voudrais vous poser une petite question. Non mais rassurez-vous, ce n’est pas pour un sondage. Parce que j’en connais des comédiens comme moi, qui profitent du système. On le connaît tous, le truc. Ils prétendent faire un one man show, ils rameutent leurs amis dans un théâtre en leur vendant des places sur billetreduc. En réalité, ils travaillent pour un institut de sondage, et ils en profitent pour vous administrer un questionnaire interminable. Il faut bien dire que le système entretient la confusion, aussi&nbsp;: maintenant tous ceux qui font des petits boulots sont payés comme intermittents. Il paraît que ça coûte moins cher à la société. Ça doit être ça qu’on appelle la société du spectacle. Bref, je vous rassure, ma question est parfaitement gratuite et tout à fait désintéressée. Alors voilà. Est-ce qu’il y a des riches dans cette salle&nbsp;? Personne&nbsp;? Non, mais rassurez-vous, je ne suis pas non plus payé pour dénoncer au Trésor Public ceux qui auraient oublié de payer leur ISF. Non, vraiment&nbsp;? Aucun riche&nbsp;? Bon. Dans ce cas, je vais pouvoir vous exposer mon petit problème sans choquer personne. Alors voilà. Parfois, je me demande si je suis tout à fait normal. Tout le monde est supposé envier les riches, non&nbsp;? Vous aussi, j’imagine. Eh bien pour moi, je ne sais pas pourquoi, la richesse c’est un peu comme une maladie honteuse. Une maladie socialement transmissible, si vous préférez. Une saloperie qu’on attrape par des rapports non protégés avec de pauvres gens déjà atteints de cette affection. Je ne sais pas, la richesse, ça me dégoûte un peu. Oui. Les riches m’inspirent une sorte de mépris apitoyé. C’est ça qu’on appelle la condescendance, je crois. Oui, c’est ça. Je porte sur les gens riches un regard condescendant. Non mais j’ai bien conscience que c’est absolument déplacé. Ce sont les riches qui devraient me regarder de haut. Puisque je n’ai pas réussi à devenir comme eux. Tout le monde a envie de devenir riche, non&nbsp;? À part ceux qui le sont déjà, évidemment. Et encore. Ceux-là ont sûrement envie d’être encore plus riches. C’est addictif, l’argent, vous savez&nbsp;? Et on est toujours le pauvre de quelqu’un. Regardez, à chaque fois qu’un Président de la République est élu en France, il commence par relever le seuil de l’ISF juste au-dessus du montant supposé de son propre patrimoine. Histoire qu’on ne l’accuse pas de faire partie des gens riches, justement. La preuve que ce n’est pas si glorieux que ça. Mais j’en reviens aux riches, les vrais. Pas ceux qui ont juste atteint le seuil de la richesse, comme d’autres s’enfoncent sous le seuil de la pauvreté. Non, ceux pour lesquels il n’y a pas photo. Les millionnaires, comme on disait autrefois, du temps des anciens francs. Eh oui, à cette époque-là, c’était beaucoup plus facile d’être millionnaire, évidemment. Cent fois plus facile qu’avec les nouveaux francs. Donc presque sept cents fois plus facile que depuis le passage à l’euro. Vous vous rendez compte&nbsp;? À cette époque là, on était millionnaire pour à peine plus de 150.000 euros. Vous êtes toujours sûrs qu’il n’y a aucun millionnaire dans la salle&nbsp;? Même en anciens francs&nbsp;? Même à crédit&nbsp;? Dans ce cas, c’est que vous êtes locataires et que vous habitez dans un HLM. Parce que maintenant, si vous êtes propriétaire d’une chambre de bonne à Paris, vous êtes forcément millionnaire en anciens francs. Au prix où est le mètre carré dans la capitale. Ce n’est pas formidable, ça&nbsp;? On n’a peut-être pas réussi à inverser la courbe du chômage, mais aujourd’hui, une simple bonne, propriétaire de sa chambre mansardée au septième étage sans ascenseur est virtuellement millionnaire. À condition de la revendre à un autre millionnaire pour aller prendre sa place sous les ponts, bien sûr… C’est pour ça que les millionnaires, c’est fini. Pour être riche, aujourd’hui, il faut être milliardaire. En ancien francs en tout cas. C’est l’inflation. La bulle immobilière, comme on dit. Mais les bulles, on sait bien à qui ça profite. Pendant que les pauvres se contentent d’une aspirine effervescente non remboursée par la Sécu pour faire passer leur gueule de bois, les riches s’enfilent des magnums de champagne duty free pour faire passer leur caviar. La bulle immobilière, c’est surtout le rétablissement de l’esclavage, oui. Au temps d’Autant en emporte le vent, les esclaves, au moins, ils étaient en CDI. Les Noirs travaillaient gratuitement pour un vaste domaine colonial. Les esclaves d’aujourd’hui travaillent au noir pour rembourser le crédit de leur minuscule appartement. Et pour espérer être affranchis, ils doivent payer leur vie durant deux SMIC par mois à leur banque… alors qu’ils n’en gagnent qu’un seul. Bon, mais où je voulais en venir, avec tout ça&nbsp;? Ah oui, les riches&nbsp;? Non mais franchement. Vous les enviez vraiment, vous, ces pauvres gens&nbsp;? Après un déjeuner à la Tour d’Argent, pour rentrer à Neuilly, devoir remonter toute la rue du Faubourg Saint-Honoré en Ferrari, alors qu’on a déjà du mal à circuler en Vélib&nbsp;? Merci, très peu pour moi. Non, et puis il y a un gros inconvénient à être riche, c’est qu’on ne peut plus fréquenter que des gens riches. Ben oui, quand vous êtes milliardaire, vous ne pouvez pas partir en vacances avec un pote smicard. Ça fausse les rapports, forcément. D’accord, quand vous êtes pauvres, c’est pareil. Vous êtes condamnés à rester entre vous. Mais moi je dis que les pauvres sont beaucoup plus marrants. Il y en a même de très sympas, j’en connais. Pas prétentieux, ni rien. OK, tous les riches ne sont pas pareils, c’est vrai. Il y en a qui sont pires que les autres. Le nouveau riche, surtout, qui n’a pas encore l’habitude. La richesse, c’est un mode de vie, vous comprenez. Ça s’apprend. Alors le nouveau riche, lui, il ne sait pas. Il commet des impairs évidemment, et les autres ne se gênent pas pour le lui faire sentir. Vous vous voyez, vous, dîner à la Tour d’Argent&nbsp;? On ne saurait pas comment se comporter. Vous arrivez, vous descendez de votre Ferrari, un voiturier vous tend la main pour prendre vos clefs de bagnole et aller la mettre au garage pendant que vous vous tapez la cloche avec un top model. Vous vous imaginez donner les clefs de votre Twingo à un inconnu avant d’aller vous taper le boudin à l’ardoise au bistrot du coin&nbsp;? Vous auriez trop peur qu’il ne revienne jamais avec votre caisse pourrie dont vous n’avez même pas fini de payer les traites. Alors une Ferrari, vous pensez bien… Non, la richesse, ça ne s’improvise pas. Ça nécessite un apprentissage. Tandis que la pauvreté, c’est naturel. Personne n’a jamais reproché à un nouveau pauvre de manquer de tact en fréquentant pour la première fois les Restos du Cœur. On sait tout de suite quelle cuillère on doit prendre pour la soupe ou pour le Flamby, il n’y en a qu’une. Et puis les nouveaux pauvres, ça n’existe pas trop, en fait. Quand on est pauvre de naissance, on le reste toute sa vie, et pour les riches, c’est pareil. Il y a des riches qui font faillite, bien sûr. Mais un riche une fois ruiné, c’est encore un type qui a beaucoup plus d’argent que vous. Ce qui m’amène d’ailleurs à vous poser une deuxième question… Est-ce qu’il y a des pauvres dans cette salle&nbsp;? Oui, je sais, si vous êtes là, c’est que vous avez pu vous payer une place de théâtre sans empiéter sur votre budget coquillettes, mais bon. Il pourrait aussi y avoir quelques invités. Non, parce que les pauvres, entre nous, il y en a des cons aussi… Pourquoi croyez-vous que les gens se traitent de pauvre con à longueur de journée&nbsp;? Le pire, il me semble, c’est le pauvre militant. Le prolétaire encarté, vous voyez&nbsp;? Celui qui est pauvre, fier de l’être, et qui voudrait que tout le monde le soit avec lui, par solidarité. Non parce qu’il n’y a pas de raison d’avoir honte d’être pauvre, d’accord, mais il n’y a pas non plus de quoi se vanter. On ne leur reproche pas d’être pauvres, ils n’ont rien fait pour mériter ça. Mais alors il faut être juste. Il ne faut pas reprocher aux riches d’être riches. La plupart d’entre eux n’ont rien fait non plus pour le devenir. L’idéal, évidemment, ce serait qu’il n’y ait ni pauvres ni riches. Que des gens comme nous, quoi. À l’aise, sans plus. Juste un million en dessous du seuil de l’ISF. Mais ça n’arrivera pas, si&nbsp;? On a déjà essayé. En Russie ou en Chine. Ça finit toujours par quelques millions de morts, et à la fin les pauvres sont encore plus pauvres et les riches encore plus riches. Et puis surtout, ce ne serait pas juste. Les pauvres n’ont pas besoin des riches pour savoir qu’ils sont pauvres, c’est un fait. Mais les riches, eux, ils ont besoin de sentir qu’il y a des pauvres pour profiter pleinement de leur richesse. Non, vous avez raison, je devrais être plus tolérant avec les riches. Et puis on ne sait jamais. Le xénophobe, il s’en fout. Il ne risque pas de devenir étranger du jour au lendemain. À condition de ne pas trop s’éloigner de chez lui. Mais le richophobe, allez savoir. Personne n’est complètement à l’abri de devenir riche. Même les comédiens… Même quand ils se font payer au chapeau. (Il tend son chapeau.) Alors&nbsp;? Vous me la montrez, la couleur de votre argent&nbsp;?</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Salles obscures</title>
		<link>https://sketchotheque.net/salles-obscures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 14:51:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Spectateur]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Salles obscures, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Vous vous demandez ce que je fais. Eh ben je suis comme vous. J’attends. Qu’il se passe quelque chose. Quoi ? Je n’en sais rien moi. Si je savais… J’attends que ça s’améliore. Je pourrais me lever, et aller faire un tour en attendant, vous me direz… Vous aussi, d’ailleurs… Mais non… Je ne pense pas que ce soit très prudent… Des fois qu’il se passe quelque chose d’intéressant pendant notre absence… OK, pour l’instant, il ne se passe rien. Mais ça peut redémarrer au moment où on s’y attend le moins. Subitement… Vous savez, c’est comme quand on est au cinéma, et que le film s’arrête tout d’un coup, parce que la pellicule a fondu sous la chaleur du projecteur. La lumière se rallume et on est là comme des cons, éblouis, comme si on nous avait brutalement tiré d’un rêve. On reprend peu à peu ses esprits et on se met à attendre. À espérer que le film reparte le plus vite possible. Qu’on nous replonge dans notre coma artificiel en relançant la bobine. Et puis on se rend compte qu’on ne sait absolument pas combien de temps va durer la panne. Peut-être que c’est plus grave que ça, et que la séance va être annulée. En fait, on n’est même pas sûr qu’il y ait vraiment quelqu’un en cabine pour recoller les morceaux. Et si le projectionniste s’était barré juste après avoir lancé le film ? Au bout d’un moment, le plus courageux des spectateurs se lève pour aller voir ce qui se passe. Sous le regard admiratif de tous les autres, restés lâchement assis à attendre que quelqu’un se décide. Mais le héros ne sait pas où aller pour sauver du naufrage ses camarades d’infortune. C’est très mystérieux, une cabine de projection. Il n’y a pas de fenêtre. Juste une meurtrière pour laisser passer la lumière du projecteur. On ne sait même pas où est la porte d’accès dérobée de cette citadelle interdite. Alors le type sort de la salle, retourne jusqu’à l’entrée du cinéma et demande ce qui se passe à la caissière de garde, qui évidemment n’est pas au courant. Elle ne sait pas non plus où est le projectionniste. Apparemment, personne ne l’a jamais vu. Mais elle dit qu’elle va se renseigner. Le type revient dans la salle après cet acte de bravoure, se préparant à rendre compte et s’attendant à être applaudi pour son initiative audacieuse, malgré le résultat plus qu’incertain de sa démarche. Mais quand il ouvre la porte, il s’aperçoit que la salle est à nouveau plongée dans le noir. Le film a déjà redémarré ! Sans lui ! Il s’est fait avoir. Il se dit qu’il aurait mieux fait d’attendre tranquillement avec les autres que les choses s’arrangent d’elles-mêmes. Avec tout ça, il a raté un bout du film. Quelques secondes, pas plus. Mais c’était peut-être une scène clef. Imaginez que dans Citizen Kane, vous ratiez la luge d’entrée… Sans compter que ces quelques images manquées s’ajoutent à celles probablement sacrifiées par le projectionniste pour bricoler une réparation à la va-vite en ressoudant les deux bouts fondus de la pellicule. Maintenant, je vais être définitivement largué, se dit le revenant dont les yeux ne se sont pas encore réhabitués à l’obscurité. Il regagne son siège à tâtons, et demande en chuchotant à sa voisine de lui résumer ce qui s’est passé pendant son absence. La fille s’apprête à lui répondre à contrecœur, craignant à son tour de rater une réplique essentielle pendant cette remise à niveau, quand derrière eux une voix agacée crie : Chuuuut&nbsp;! Alors la fille, soulagée, lance un regard désolé au gêneur avant de tourner à nouveau vers l’écran ses beaux yeux fascinés, tout en replongeant avec volupté la main dans son paquet de pop-corn. The show must go on ! Mais le pauvre zombie, lui, ne comprend plus rien au film… Alors je préfère attendre… Vous savez combien ça rapporte, un livret A, en ce moment…? Trois pour cent par an… Vous placez votre SMIC à la caisse d’épargne, vous vous faites congeler pendant cinq cents ans. On vous passe au micro-onde, et vous êtes multimillionnaire. Là, ça vaut le coup d’attendre, non&nbsp;?</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Divan</title>
		<link>https://sketchotheque.net/divan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:58:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Oeuf]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Divan, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Je m’allonge ou…? OK… Je ne sais pas très bien par où commencer… J’ai trouvé vos coordonnées dans l’annuaire… On peut demander à un ami si il connaît un bon dentiste pas trop cher et qui ne fait pas mal, mais… quelqu’un comme vous. Alors, j’ai consulté les pages jaunes… Et puis j’ai choisi votre nom au hasard dans la liste… Plutôt longue, la liste, hein ? Un job payé en liquide, par les temps qui courent… Il paraît qu’on n’a pas besoin de diplôme pour faire votre métier. Qu’il suffit d’avoir été client pour se mettre à son compte… C’est vrai ? Alors moi aussi, après, si je veux… Je vais considérer que je suis en formation alors. Mais ça ne vous fout pas un peu les boules que tous vos clients deviennent des concurrents potentiels ? Vous imaginez ? Je vais voir mon boucher, je prends une tête de veau, et en sortant j’ouvre une boucherie juste en face… Ça ne risque pas d’arriver, remarquez, j’ai horreur de la viande… Même avec les œufs, j’ai du mal. Bon, j’en mange de temps en temps, mais… Il paraît que les oiseaux sont les descendants des dinosaures… Alors un œuf, c’est un peu un fœtus de dinosaure, non ? En fait, je n’ai pas choisi votre nom tout à fait par hasard… Vous étiez le dernier sur la liste… Comme votre patronyme commence par un Z… J’ai sûrement voulu réparer une injustice… C’est mon côté Zorro. Oui, j’imagine que les autres choisissent toujours le premier de la liste… Monsieur Aa, Madame Ab, ou Monsieur Bb… Je me doute de ce que vous avez dû endurer pendant vos études… Si vous en avez fait… Toujours le dernier à passer à la casserole… Moi, ça va. Je suis dans les M… Plutôt dans le peloton de queue, mais bon… Tiens, c’est marrant, moi c’est à la fin de mon nom qu’il est le Z… Mon père était espagnol… Je ne sais pas pourquoi je dis «&nbsp;était&nbsp;», parce qu’il l’est toujours… Je veux dire, vivant. Enfin, je crois… Mais est-ce qu’on peut dire qu’il est encore espagnol ? Il a été naturalisé… Naturalisé français, je veux dire… Pas empaillé… Ou congelé… C’est dingue, toutes ces bonnes femmes qui mettent leurs marmots au congélateur, non ? Entre le poisson pané et les esquimaux… Si seulement les enfants pouvaient faire la même chose avec leurs parents… Les conserver comme ça au congélo en attendant de savoir quoi en faire… Pourquoi je vous raconte tout ça, moi…? Ah, oui, le Z ! Alors il faut que je vous raconte tout depuis le début, c’est ça ? De A à Z. Ou plutôt de M à Z… Puisque pour moi ça commence à M… Je n’ai jamais aimé mon prénom… Vous avez remarqué, à la télé, dans les films ? L’abruti de service s’appelle toujours Jean-Pierre… Comme dans Ma Sorcière bien aimée, par exemple. Vous connaissez ? Mais si, le mari de Samantha ! Eh ben le con, dans l’affaire, c’est lui. Elle, elle rame toute la journée pour lui éviter la honte de passer pour le con qu’il est vraiment. Et elle n’a pas trop de tous ses pouvoirs magiques pour empêcher ça. Bon, elle l’aime, son Jean-Pierre, parce qu’il est gentil. Gentil, mais con. C’est l’idée qu’on se fait des Jean-Pierre, en général. Moi aussi, j’ai une fille. J’aurais dû l’appeler Tabatha. Je ne veux pas dire par là que ma femme est une sorcière. Ce serait plutôt une fée… Pour arriver à me supporter… C’est ce que ma mère lui dit toujours, d’ailleurs : Comment vous faites pour le supporter ? Elle est normande, ma mère. Comme les vaches. Alors le lait, le beurre, la crème… Qu’est-ce qu’on a pu en bouffer… Je ne digère pas, moi, le beurre. Je dois tenir ça de mon père. En Espagne, c’est plutôt l’huile d’olive. Il lui disait toujours : Pourquoi tu mets autant de crème dans la soupe ? Il aurait mieux fait de lui demander pourquoi elle ne mettait pas plus de soupe dans sa crème… C’était plus fort qu’elle, apparemment… L’atavisme… Finalement, mon père a trouvé quelqu’un d’autre pour lui servir la soupe… À la maison, maintenant, c’est moi qui cuisine. Comme ça, au moins, je sais ce que je mange. Vous ne dites rien, hein ? Mais vous n’en pensez pas moins. Vous vous demandez sûrement pourquoi je suis venu vous voir. Si je le savais, je ne serais pas venu, j’imagine. Enfin si, il y a quand même quelque chose. Comment vous dire ça ? Plus ça va… plus je me sens proche du minéral. Je ne sais pas pourquoi. Vous connaissez la formule : plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ? Moi, plus le temps passe, plus les gens m’ennuient. Les chiens aussi, d’ailleurs. C’est avec les pierres que je me sens vraiment à l’aise… Une vie d’homme… C’est trop court, non ? Alors une vie de chien… Tandis qu’une pierre, ça ne vieillit pas… Même les arbres, ça ne me dit plus rien. Pourtant, il y en a qui ont plus de mille ans. Mais un arbre aussi ça finit par mourir. Ça peut même avoir des maladies. Et puis c’est bouffé par les vers, comme le reste. Ça finit par réintégrer la chaîne alimentaire. Une pierre, non. Personne ne mange de cailloux ! Sauf les poules, c’est vrai… Pour fabriquer la coquille de leurs œufs. Vous avez raison, on ne peut pas dire non plus que les pierres soient vraiment éternelles… Vous croyez que les dinosaures aussi bouffaient des cailloux pour fabriquer leurs œufs&nbsp;? Dans ce cas, à quoi bon être une pierre ? Si c’est pour finir en coquilles vides après une omelette… Alors pourquoi j’aime les pierres, docteur ? Je veux dire Monsieur Z. Vous croyez que ça a quelque chose à voir avec mon nom ? Jean Pierre M.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Clap de fin</title>
		<link>https://sketchotheque.net/clap-de-fin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:45:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Clap de fin, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) se font face. Ils restent un instant silencieux.<br></em><strong>Un</strong> – C’est le moment de nous dire adieu, j’en ai peur…<br><strong>Deux</strong> – Allons, ne versons pas dans la sensiblerie. Nous savions tous les deux que ce moment finirait par arriver un jour.<br><strong>Un</strong> – Tout de même, ça me fait quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Tu finiras par m’oublier, tu verras.<br><strong>Un</strong> – Ton buste est au Musée Grévin, comment veux-tu que je t’oublie ?<br><strong>Deux</strong> – Il y a beaucoup de musées à Paris. Il te suffira d’éviter celui-là. D’ailleurs, qui va encore au Musée Grévin ? À part quelques touristes…<br><strong>Un</strong> – Paris n’est plus qu’un gigantesque Musée Grévin à ciel ouvert, orné de monuments poussiéreux et peuplé de figurants au teint cireux.<br><strong>Deux</strong> – Il n’y a même plus de vrais Parisiens. Ils ont tous revendu leurs appartements pour en faire des Airbnb.<br><strong>Un</strong> – Paris n’est plus une fête, hélas… On n’y va que pour faire des selfies.<br><strong>Deux</strong> – On s’en fait un dernier ?<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><em>Ils tournent le dos au public pour faire un selfie.</em><br><strong><em>Voix off</em></strong> – Et… coupez ! C’était la dernière scène de Jean-Paul Ramirez<br><em>Applaudissements</em>.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – C’était aussi votre dernier film, à ce qu’on m’a dit.<br><strong>Deux</strong> – Il faut savoir s’arrêter à temps. Ne pas faire le film de trop.<br><strong>Un</strong> – Tout le monde n’a pas votre sagesse, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – J’ai passé presque toute ma vie devant une caméra. Je voudrais avoir le temps de connaître aussi un peu la vie.<br><strong>Un</strong> – Vous risquez d’être déçu. Vous savez ce que disait Alfred Hitchcock…<br><strong>Deux</strong> – « Le cinéma c’est la vie, les moments d’ennui en moins. »<br><strong>Un</strong> – Pour le spectateur, en tout cas. Parce que pour nous, les acteurs…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Pour faire un film de deux heures, le monteur regarde parfois jusqu’à cent heures de rushs. Et il coupe tout ce qui ne fait pas avancer l’action.<br><strong>Un</strong> – Mais nous, ces cent heures, on a quand même dû les tourner.<br><strong>Deux</strong> – Sans compter le temps qu’on passe à attendre sur le plateau entre deux scènes à tourner.<br><strong>Un</strong> – Vous savez qu’Annie Girardot tricotait entre deux prises ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que c’est plutôt Simone Signoret.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, peut-être…<br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’Annie Girardot faisait des mots croisés.<br><strong>Un</strong> – Annie Girardot…?<br><strong>Deux</strong> – Ou Jeanne Moreau, je ne sais plus.<br><strong>Un</strong> – Enfin bref, tous les acteurs s’emmerdent entre chaque prise.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Sans parler du temps qu’on doit attendre entre deux films, parfois.<br><strong>Deux</strong> – Il m’est arrivé de rester deux ans sans tourner.<br><strong>Un</strong> – Deux ans à attendre que le téléphone sonne…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Il paraît que pour un documentaire animalier, c’est parfois cinq cent heures de tournage pour une heure de film.<br><strong>Un</strong> – Je plains les animaux.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez qu’on leur demande de faire plusieurs prises ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, pour vous, c’est fini.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Le moment est venu pour moi de reconsidérer toutes ces scènes qu’on a coupées au montage. Et qui font l’essentiel de ma carrière cinématographique.<br><strong>Un</strong> – Bref, vous allez vous faire chier, quoi.<br><strong>Deux</strong> – Merci pour vos encouragements.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Le film est fini, non ?<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’est-ce qu’on attend, au juste ?<br><strong>Un</strong> – Rien…<br><strong>Deux</strong> – L’habitude…<br><em>Ils s’apprêtent à partir.</em><br><strong><em>Voix off </em></strong>– Je suis vraiment désolé, mais on a eu un petit problème technique.<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><strong>Deux</strong> – Et donc…?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Il va falloir la refaire…<br><strong>Un</strong> – Eh bien vous voyez, la retraite n’est pas encore pour tout de suite, finalement.<br><strong><em>Voix off</em></strong> – C’est quand vous voulez…<br><strong>Deux</strong> – Je suis prêt.<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Silence, on tourne !<br><strong>Un</strong> – C’est le moment de nous dire adieu, j’en ai peur…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>You talkin’ to me ?</title>
		<link>https://sketchotheque.net/you-talkin-to-me/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:25:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<category><![CDATA[Personnage]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>You talkin’ to me ?, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là, semblant attendre. Ils restent un instant silencieux.<br></em><strong>Un</strong> – Putain, c’est long.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Ça fait combien de temps qu’on attend ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. On nous a demandé d’être sur le plateau à huit heures…(<em>Regardant sa montre</em>) Il est onze heures…<br><strong>Un</strong> – Trois heures ! Et on n’a encore pas fait une seule prise.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’en trois heures, on pourrait penser qu’ils ont eu le temps de se préparer.<br><strong>Un</strong> – Ou alors qu’ils nous disent de venir à midi.<br><strong>Deux</strong> – Le cinéma… Ce serait un si beau métier s’il n’y avait pas les techniciens…<br><strong>Un</strong> – On devrait peut-être aller demander ce qui se passe…<br><strong>Deux</strong> – Franchement, je te déconseille de faire ça.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’en plus ils sont d’une susceptibilité. On ne peut rien leur dire, sinon ça passe pour le mépris des stars à l’égard des travailleuses et travailleurs du spectacle.<br><strong>Deux</strong> – Résultat, on a juste le droit de fermer notre gueule et d’attendre.<br><strong>Un</strong> – Enfin, au bout du compte, c’est quand même nous qu’on verra à l’écran.<br><strong>Deux</strong> – Oui. Je me demande même si ce n’est pas ça qu’ils essaient de nous faire payer, en nous réveillant aux aurores pour nous faire poireauter dans les courants d’air pendant des heures à les regarder bosser.<br><strong>Un</strong> – Tu parles… Si encore on les voyait.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ça fait un moment qu’on ne les a pas vus. Je me demande ce qu’ils foutent, exactement.<br><strong>Un</strong> – Ils doivent être en train de casser la croûte. Les ouvriers, ça se lève tôt tu comprends, alors à onze heures, ils ont faim…<br><strong>Deux</strong> – On dit que les acteurs sont compliqués… La vérité c’est que les acteurs passent beaucoup plus de temps à attendre les techniciens que l’inverse.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, moi aussi, je commence à avoir la dalle, pas toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si…<br><strong>Un</strong> – Il y a à bouffer, sur le buffet, à côté. Ce n’est quand même pas réservé aux techniciens, si ?<br><strong>Deux</strong> – Non, mais… ce n’est que de la charcuterie et du fromage.<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis végan.<br><strong>Un</strong> – Ah, merde…<br><strong>Deux</strong> – Eh, oui… C’est aussi les techniciens qui font le menu… Et les ouvriers, ça bouffe de la charcuterie.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je peux te poser une question ?<br><strong>Deux</strong> – Tu vois, c’est ça que je redoute le plus quand on attend comme ça pendant des heures sur le plateau avant que le réalisateur se décide à dire « moteur »…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça finit toujours par amener des questions existentielles.<br><strong>Un</strong> – Désolé…<br><strong>Deux</strong> – Vas-y, pose-la ta question.<br><strong>Un</strong> – Quand tu joues un rôle, dans ta tête, tu es vraiment le personnage, ou tu te contentes de débiter ton texte et de prendre la pose en pensant à ce que tu vas manger à midi ?<br><strong>Deux</strong> – OK, donc Stanislavski ou Brecht, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Euh… Oui, si tu veux…<br><strong>Deux</strong> – Moi, je serais plutôt de l’avis de Diderot tu vois.<br><strong>Un</strong> – Diderot ?<br><strong>Deux</strong> – Le Paradoxe du comédien, tu ne connais pas ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Pour Diderot, le comédien ne doit pas s’identifier avec le personnage qu’il interprète. Son job n’est pas de ressentir les émotions de son personnage, mais de les faire ressentir au public.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Deux</strong> – S’il joue la colère, par exemple, il ne doit pas être en colère, mais reproduire de façon convaincante les signes de la colère.<br><strong>Un</strong> – D’accord.<br><strong>Deux</strong> – Le contraire de la méthode Actors Studio, si tu préfères.<br><strong>Un</strong> – Je vois.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Oui, oui, c’est… C’est clair.<br><strong>Deux</strong> – Tu vois cette scène, dans <em>Taxi Driver</em>, quand De Niro s’entraîne devant sa glace à jouer les méchants ?<br><strong>Un</strong> – You talkin’ to me ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien dans cette scène, De Niro, enfin son personnage, essaie de reproduire les signes de la colère, de façon à pouvoir impressionner un adversaire imaginaire.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, De Niro a été formé à l’Actors Studio, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais dans cette scène justement, De Niro joue un personnage qui essaie maladroitement de jouer un rôle. C’est une mise en abyme, en quelque sorte. Quand De Niro joue son personnage de chauffeur de taxi, il utilise la méthode Actors Studio. Mais quand son personnage essaie de jouer un autre personnage, en l’occurrence un dur à cuire, il cherche à reproduire un stéréotype de dur à cuire.<br><strong>Un</strong> – Et ça, ce n’est pas bien ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est fait de façon ridiculement caricaturale, non. Mais on peut très bien jouer la colère sans être en colère. C’est souvent plus convainquant. Et en tout cas, c’est beaucoup moins fatiguant sur la durée.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Tu es plutôt Actors Studio ou plutôt Diderot ?<br><strong>Un</strong> – Moi je suis à fond dans mon personnage. Je m’identifie complètement, tu vois ? Je ne joue pas le personnage, je suis le personnage.<br><strong>Deux</strong> – OK…<br><strong>Un</strong> – Ça ne te semble pas la bonne méthode ?<br><strong>Deux</strong> – Si, si, pourquoi pas, mais… Ça m’inquiète un peu c’est tout. Comme dans la scène qu’on va tourner ensemble, tu joues un flic violent et moi le pauvre type qu’il est en train d’interroger…<br><strong>Un</strong> – Ah, je crois que cette fois ça va être à nous…<br><strong>Deux</strong> – Bon… Essaie quand même de te distancier un peu de ton personnage, d’accord ? (<em>L’autre déjà pénétré de son rôle ne semble pas l’entendre</em>) Tu m’écoutes ?<br><strong>Un</strong> – You talkin’ to me ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Version originale</title>
		<link>https://sketchotheque.net/version-originale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:19:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1529</guid>

					<description><![CDATA[<p>Version originale, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre (également de sexe indifférent) arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><em><strong>Voix off</strong></em> – Il demande s’il y a quelque chose qui ne va pas…<br><strong>Un</strong> – Well yes, what’s wrong ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ce qui ne va pas c’est qu’il y en a un qui est doublé et que l’autre est en version originale.<br><strong>Deux</strong> – En version originale ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Non sous-titrée, en plus. Voilà ce qui ne va pas !<br><strong>Un</strong> – That’s right. I didn’t notice…<br><strong>Deux</strong> – Moi non plus.<br><strong>Un</strong> – Well, I guess we’ll have to do it again, then.<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Silence, on tourne !<br><em>Le deuxième va chercher une pile de cartons. Ils rejouent la même scène avec les mêmes dialogues, mais cette fois celui qui parle en anglais montre en même temps qu’il dit ses répliques des cartons comportant les sous-titres en français. Son interlocuteur, quant à lui, continue de parler en français mais avec un accent anglais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui ne va pas, encore ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Lui, il est sous-titré, OK, mais vous, vous parlez toujours en français !<br><strong>Un</strong> – He still speaks French ?<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Avec un accent anglais, d’accord, mais c’est toujours du français.<br><strong>Un</strong> – OK… Let’s do it again, then.<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Silence, on tourne !<br><em>Celui qui parle en français va lui aussi chercher une pile de cartons. Ils rejouent la même scène que la précédente avec les mêmes dialogues, mais cette fois celui qui parle en français avec un accent anglais montre des sous-titres en anglais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Was it alright this time ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ça allait, cette fois ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ça ira comme ça… On ne va pas y passer la nuit, non plus…<br><em><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Une tête d’assassin</title>
		<link>https://sketchotheque.net/une-tete-dassassin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:12:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Personnage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une tête d’assassin, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là, semblant attendre. Un autre (homme ou femme) arrive.<br></em><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, l’arrêt du 118, c’est bien là ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Non, parce qu’avec les travaux.<br><strong>Un</strong> – C’est bien ici, je vous assure. Je viens de rater le précédent à deux secondes près. Mais c’est bien là qu’il s’est arrêté, ne vous inquiétez pas.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Je vous en prie.<br><em>Le deuxième observe le premier avec curiosité.</em><br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, mais… j’ai l’impression de vous avoir déjà vu quelque part.<br><strong>Un</strong> – Oui, on me dit souvent ça en effet…<br><strong>Deux</strong> – Non ? Mais je vous reconnais…!<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Deux</strong> – C’est vous !<br><strong>Un</strong> – Moi ?<br><strong>Deux</strong> – Le salaud qui a assassiné ce pauvre gosse en le précipitant du haut de la grande roue à la Foire du Trône ! C’est vous !<br><strong>Un</strong> – Euh, oui… C’était dans un téléfilm sur France 3.<br><strong>Deux</strong> – Sur France 3, c’est ça !<br><em>Il continue à dévisager l’autre avec insistance.</em><br><strong>Un</strong> – Vous voulez un autographe ?<br><strong>Deux</strong> – Un autographe ? Non mais ça ne va pas ! Espèce de détraqué…<br><strong>Un</strong> – Non, mais ce n’est qu’un rôle à la télévision, vous savez. Moi, je n’ai jamais tué personne, je vous assure.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, oui… Et ce pauvre gosse ?<br><strong>Un</strong> – Je vous assure qu’aucun enfant n’a été maltraité pendant ce tournage.<br><strong>Deux</strong> – Il a fait une chute de trente mètres avant d’aller s’écraser en bas, entre le stand de barbe à papa et la baraque à frites !<br><strong>Un</strong> – Mais enfin, c’était un mannequin ! À la fin, les parents du gosse ont touché son cachet à sa place et ils l’ont ramené faire ses devoirs à la maison.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Mais juste avant, sur France 2, je vous ai vu en uniforme nazi en train de torturer une pauvre femme pour lui faire avouer où se cachaient des résistants.<br><strong>Un</strong> – Eh, oui, c’est vrai… Qu’est-ce que vous voulez…? Il paraît que j’ai une tête d’assassin.<br><strong>Deux</strong> – Une belle tête d’assassin, ça vous pouvez le dire. Je ne sais pas ce qui me retient de…<br><em>Il s’avance, menaçant.</em><br><strong>Un</strong> – Eh, oh, mais ça ne va pas la tête ? Vous savez quand même que la guerre est finie et que les seuls nazis qui restent aujourd’hui ne portent plus d’uniformes.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça… Vous allez me dire que vous êtes de gauche, bientôt…<br><strong>Un </strong>– Et pourquoi pas ?<br><strong>Deux</strong> – S’en prendre à des femmes et à des enfants… Vous n’avez pas honte ?<br><em>Il fait un nouveau pas en avant vers l’autre.</em><br><strong>Un</strong> – C’est de la fiction ! Je vous assure que dans la vie, je suis plutôt un gentil garçon… (<em>Il fait face à son interlocuteur</em>) Enfin, il ne faut pas trop me chercher, non plus.<br><em>L’autre se ravise prudemment.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous allez faire ? Me tuer moi aussi ?<br><strong>Un</strong> – Je n’ai jamais tué personne, je vous dis ! Jusqu’à aujourd’hui, en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Vous avez quand même le physique de l’emploi…<br><strong>Un</strong> – Le physique de l’emploi… Mais ça ne veut rien dire ! Regardez, vous. Vous avez une belle tête de con, et pourtant…<br><strong>Deux</strong> – Et pourtant…?<br><strong>Un</strong> – OK, c’est un mauvais exemple… Mais il y a des tas de génies qui avaient de vraies têtes de cons.<br><strong>Deux</strong> – Qui ça ?<br><strong>Un</strong> – Bon, là, tout de suite, ça ne me vient pas. Mais il doit sûrement y en avoir…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Vous avez déjà pensé à faire du cinéma ?<br><strong>Deux</strong> – Du cinéma ?<br><strong>Un</strong> – Ou du théâtre, je ne sais pas. Je vous assure qu’avec la gueule que vous avez… Vous pourriez faire une belle carrière.<br><strong>Deux</strong> – Quoi, qu’est-ce qu’elle a, ma gueule ?<br><strong>Un</strong> – Disons que c’est une gueule… très expressive.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ! (<em>Il lui tend une carte de visite</em>) Tenez, c’est la carte du directeur de casting le plus en vogue en ce moment dans la capitale. Il est toujours à la recherche de nouvelles têtes…<br><strong>Deux</strong> – Et vous pensez que ma tête pourrait l’intéresser ?<br><strong>Un</strong> – J’en suis sûr ! En ce moment, il cherche quelqu’un pour Le Dîner de Cons, vous connaissez la pièce ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Vous devriez aller au casting, je vous assure.<br><strong>Deux</strong> – Bon…<br><strong>Un</strong> – Dites-leur que vous venez de ma part.<br><strong>Deux</strong> – C’est gentil, merci. Moi qui vous prenais pour un salaud…<br><strong>Un</strong> – Eh bien vous voyez, il ne faut pas se fier aux apparences.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Rappel</title>
		<link>https://sketchotheque.net/rappel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:57:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[Public]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1523</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rappel, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là, l’air perplexe.<br></em><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a été bons, ce soir ?<br><strong>Deux</strong> – Ils ont applaudi, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui. Mollement…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’on était loin de la standing ovation.<br><strong>Un</strong> – Les gens se sont levés comme un seul homme à la fin pour applaudir, mais… c’était surtout pour partir plus vite.<br><strong>Deux</strong> – Il n’y a même pas eu de rappel.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai. On est revenus sur scène quand même, mais personne n’a applaudi.<br><strong>Deux</strong> – Ils étaient trop occupés à mettre leurs manteaux ou à enjamber les retardataires pour évacuer la salle.<br><strong>Un</strong> – Il y aurait eu le feu, ils ne seraient pas partis plus vite.<br><strong>Deux</strong> – On n’aurait peut-être pas dû revenir.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que c’était un peu pathétique, ce faux rappel. On était là comme deux cons, en train de saluer, alors que personne ne nous regardait.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu as remarqué ? Pendant la pièce, ils ne riaient pas aux moments où c’était prévu.<br><strong>Un</strong> – Ouais. Et ils se marraient parfois quand il n’y avait rien de drôle.<br><strong>Deux</strong> – Il y a des jours comme ça où le public n’a aucun talent.<br><strong>Un</strong> – Ceux d’hier étaient mieux, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, ils étaient plus vifs.<br><strong>Un</strong> – Ce soir, ils devaient venir de banlieue.<br><strong>Deux</strong> – Je dirais même de lointaine banlieue.<br><strong>Un</strong> – C’est sûrement pour ça qu’ils étaient pressés de partir. Pour ne pas rater le dernier train.<br><strong>Deux</strong> – Non, vraiment ils étaient complètement nuls, ce soir.<br><strong>Un</strong> – On devrait pouvoir choisir son public.<br><strong>Deux</strong> – Le public choisit bien ce qu’il veut aller voir, pourquoi on ne pourrait pas choisir qui vient nous voir.<br><strong>Un</strong> – Enfin… on ne va pas non plus faire passer un entretien à chaque spectateur avant de consentir à lui vendre un billet. On n’en finirait pas.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Déjà qu’il n’y a plus grand monde qui vient au théâtre.<br><strong>Un</strong> – Ouais, on ne peut pas se permettre de faire la fine bouche. On prend ce qui vient, et puis c’est tout.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Quand même, j’ai trouvé qu’ils avaient une certaine qualité d’écoute, non ?<br><strong>Un</strong> – Si. Ils ne réagissaient pas beaucoup, mais on sentait… une qualité d’écoute.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas parce que les gens ne s’esclaffent pas à chaque réplique qu’ils n’apprécient pas la pièce.<br><strong>Un</strong> – Il y a des gens plus discrets que d’autres.<br><strong>Deux</strong> – Et puis tu as remarqué, moins il y a de gens, plus ils sont discrets.<br><strong>Un</strong> – Ouais. Et comme ils n’étaient qu’une vingtaine.<br><strong>Deux</strong> – Dix-sept, je crois…<br><strong>Un</strong> – Ils sont restés très discrets.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûrement ça. Ils ont trouvé ça drôle, mais ils n’osaient pas rire. Pour pas déranger.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison. Peut-être qu’ils ont adoré, finalement.<br><strong>Deux</strong> – Ouais. Mais il n’y a pas eu de rappel à la fin.<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Et personne n’a applaudi quand on est revenus quand même pour saluer.<br><strong>Un</strong> – Ils ne nous ont peut-être pas vus.<br><strong>Deux</strong> – Ils ne voulaient peut-être pas nous retenir trop longtemps.<br><strong>Un</strong> – Au cas où on aurait eu un train à prendre.<br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs c’est vrai, il ne faut pas trop tarder sinon on va rater le nôtre.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’on habite en banlieue, nous aussi.<br><strong>Deux</strong> – Quel comédien a encore les moyens d’habiter en centre-ville ?<br><strong>Un</strong> – Finalement, tous ces banlieusards, c’est notre public.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, c’est nos voisins.<br><strong>Un</strong> – Je crois même en avoir reconnu un ou deux.<br><strong>Deux</strong> – C’est sympa d’être venus nous voir.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’un jour on sera remplacés par des intelligences artificielles.<br><strong>Deux</strong> – Va savoir… L’IA a d’abord remplacé les sous-titreurs, puis les doubleurs, pourquoi pas demain les acteurs ?<br><strong>Un</strong> – Et après-demain le public.<br><strong>Deux</strong> – Ça le rendrait peut-être plus intelligent.<br><strong>Un</strong> – Mais nous, on sera au chômage.<br><strong>Deux</strong> – Des robots jouant une comédie devant d’autres robots.<br><strong>Un</strong> – Tu crois que ça les fera rire ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est de l’humour de robots.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qui peut bien faire rire un robot ?<br><strong>Deux</strong> – De nous avoir remplacés, ça devrait déjà bien les faire marrer.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>Revanche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/revanche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:49:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Revanche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre arrive (également de sexe indifférent).<br></em><strong>Un</strong> – Salut !<br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Tu viens pour le casting ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – C’est un très beau rôle, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Le genre de rôle qui peut relancer une carrière…<br><strong>Deux</strong> – Relancer…? C’est pour moi que tu dis ça ?<br><strong>Un</strong> – Ça fait un moment qu’on ne t’a plus vu sur les écrans, non ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai surtout fait du théâtre ces derniers temps.<br><strong>Un</strong> – Et de la pub ! Ça me revient, maintenant, je t’ai vu dans ce spot pour les fauteuils monte-escalier.<br><strong>Deux</strong> – C’était pour les appareils auditifs.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Deux</strong> – Je devrais ?<br><strong>Un</strong> – On a participé à un casting ensemble il y a… Enfin on était jeunes à l’époque.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – C’était pour un téléfilm. L’histoire d’un salaud qui tue sa femme pour hériter de son assurance-vie, et qui se débrouille pour que son meilleur ami soit accusé du crime.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui.<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui avais eu le rôle. Tu devais être plus convaincant que moi pour jouer les salopards.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – C’est ça qui avait lancé ta carrière, d’ailleurs.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai.<br><strong>Un</strong> – À quoi ça tient, hein ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – À cette époque-là, si c’est moi qui avais été retenu pour le rôle et pas toi. Ce serait peut-être moi la vedette aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Une vedette un peu has been, mais bon.<br><strong>Deux</strong> – Merci… Mais tu sais, je ne crois pas trop au hasard.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Peut-être que j’avais déjà plus de talent que toi en ce temps-là, c’est tout.<br><strong>Un</strong> – Ouais… Ou peut-être que tu couchais avec la productrice.<br><em>L’autre encaisse la remarque.</em><br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Tu viens pour le casting du premier rôle, toi aussi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Un second rôle, alors ?<br><strong>Un </strong>– Non plus.<br><strong>Deux</strong> – Une figuration ?<br><strong>Un</strong> – Je suis le producteur.<br><em>L’autre accuse à nouveau le coup.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – Comme je n’arrivais jamais à coucher avec la productrice pour avoir des rôles, j’ai décidé de devenir producteur.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais ?<br><strong>Un</strong> – Pour coucher, je n’avais pas le physique.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Mais rassure-toi, moi je ne demande pas aux acteurs de coucher avec moi pour avoir le rôle.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><strong>Un</strong> – Non, je prends juste ceux qui ont du talent, tu vois<br><strong>Deux</strong> – Je vois.<br><strong>Un</strong> – Mais ça je ne sais pas si ça doit vraiment te rassurer…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Non, je ne t’avais pas reconnu tout à l’heure, mais… Oui, je me souviens maintenant.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Paul, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Pierre.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça. Pierre. Mais on s’était revus, non ?<br><strong>Un</strong> – Je t’avais laissé mon numéro. Mais tu ne m’as jamais rappelé.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – Tu m’avais emprunté cinquante euros pour prendre un taxi.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… J’ai dû perdre ton numéro.<br><strong>Un</strong> – Sûrement…<br><strong>Deux</strong> – Non mais je te les rends tout de suite, si tu veux.<br><strong>Un</strong> – Allez, c’est cadeau. Maintenant, je n’en ai plus besoin.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Garde tes cinquante euros… Tu boiras un verre à ma santé. En mémoire du bon vieux temps.<br><strong>Deux</strong> – Je te laisserai mon numéro. On peut boire un verre ensemble, non ? Je t’invite…<br><strong>Un</strong> – À tout à l’heure pour le casting.<br><strong>Deux</strong> – À tout l’heure…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Figuration</title>
		<link>https://sketchotheque.net/figuration/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:42:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Figurant]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1519</guid>

					<description><![CDATA[<p>Figuration, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) habillé de couleurs vives est là. Il semble attendre quelque chose ou quelqu’un. Un autre personnage (également de sexe indifférent) vêtu de noir arrive. Il porte un sac sur le dos et un siège pliant sous le bras. Il s’adresse au premier.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est bien là, pour la figuration ?<br><strong>Un</strong> – Oui. Enfin on m’a dit d’attendre là…<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Il déplie son siège et s’assied. Puis il sort de son sac à dos un thermos de café et un sandwich dans une feuille d’aluminium. Il déballe son sandwich et commence à manger. L’autre le regarde faire avec curiosité.</em><br><strong>Un</strong> – J’imagine que ce n’est pas votre première figuration.<br><strong>Deux</strong> – J’ai fait ça toute ma vie. Mes parents m’avaient inscrit sur un site web à ma naissance, pour faire des figurations de bébés prématurés…<br><strong>Un</strong> – Prématurés ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis né trois mois avant terme.<br><strong>Un</strong> – Ça existe, les figurations de bébés prématurés ?<br><strong>Deux</strong> – C’est très rare… Mais comme d’un autre côté, il y a très peu de candidats…<br><strong>Un</strong> – Ça vous a permis de mettre le pied à l’étrier.<br><strong>Deux</strong> – Ensuite j’ai fait des pubs pour des couches-culottes, puis des céréales, des pommades contre l’acné, des crédits immobiliers, de la chirurgie esthétique, des appareils auditifs, des fauteuils monte-escalier, des protections urinaires…<br><strong>Un</strong> – Des couches-culottes aux protections urinaires… On peut dire que la boucle est bouclée…<br><strong>Deux</strong> – Là, je viens de faire une figuration dans une pub pour les conventions obsèques.<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison… J’imagine que dans ce métier, il faut savoir s’adapter si on veut faire une longue carrière.<br><strong>Deux</strong> – Je fais aussi de la télévision et du cinéma, évidemment.<br><strong>Un</strong> – Et toujours comme figurant ?<br><strong>Deux</strong> – Des silhouettes, comme on dit. J’ai fait quelques voix off, aussi. Mais oui. Soit on me voit, soit on m’entend, mais jamais les deux à la fois.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez jamais essayé d’être acteur ? Je veux dire, un acteur à part entière… Interpréter un personnage, dire des dialogues… Acteur, quoi…<br><strong>Deux</strong> – Au début, oui. J’ai passé quelques castings. Mais je n’ai jamais été retenu. Il faut croire que ma voix ne va pas avec mon physique. Alors j’ai laissé tomber. Être acteur, vous savez, ça n’a pas que des avantages.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Quand on vous voit et qu’on vous entend, je veux dire en même temps, on finit par vous reconnaître évidemment.<br><strong>Un</strong> – Et ça, pour vous, c’est un inconvénient…?<br><strong>Deux</strong> – Le problème, c’est qu’on vous colle une étiquette. On vous associe à un rôle en particulier. Toujours le même…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Dans toutes les séries policières, vous jouez le rôle du médecin légiste, par exemple. Au début, c’est bien, ça vous permet de travailler régulièrement.<br><strong>Un</strong> – Mais au bout d’un moment, le public finit par se lasser…<br><strong>Deux</strong> – Et là, on ne vous propose plus rien.<br><strong>Un</strong> – Les directeurs de casting n’ont aucune imagination.<br><strong>Deux</strong> – Moi, le plus souvent, on ne me voit que de dos ou de trois-quart. Alors bien sûr on ne me reconnaît pas.<br><strong>Un</strong> – Au moins, on ne vous embête pas au restaurant pour vous demander un autographe.<br><strong>Deux</strong> – Même ma concierge ne me reconnaît pas. Pourtant, je lui donne des étrennes tous les ans. D’ailleurs vous non plus, vous ne m’avez pas reconnu…<br><strong>Un</strong> – On s’est déjà rencontrés ?<br><strong>Deux</strong> – On s’est croisés sur le tournage de cette nouvelle série policière.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… Celle où Miss France joue le rôle de cette enquêtrice non-voyante.<br><strong>Deux</strong> – Non-voyante mais extra-lucide.<br><strong>Un</strong> – Et vous faisiez le médecin légiste ?<br><strong>Deux</strong> – Je faisais le type que le médecin légiste était en train d’autopsier.<br><strong>Un</strong> – Désolé, je ne me souviens pas de vous…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que je vous disais… Même mon père, parfois, il ne me reconnaît pas.<br><strong>Un</strong> – C’est peut-être Alzheimer…<br><strong>Deux</strong> – Même à ma naissance, il ne m’a pas reconnu… Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Moi ?<br><strong>Deux</strong> – Vous faites ça depuis longtemps ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non, moi je… C’est seulement ma deuxième figuration. D’ailleurs, je me demande si je vais continuer.<br><strong>Deux</strong> – On dit ça, et puis… trente ans après, on joue les cadavres dans une pub pour les pompes funèbres.<br><strong>Un</strong> – Oui… C’est un peu pour ça que… je me demande si je ne ferais pas mieux d’arrêter tout de suite.<br><em>L’autre prend son thermos et se sert un café.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous voulez un café ?<br><strong>Un</strong> – Non, merci, ça ira.<br><em>L’autre sirote son café un instant en silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Eh, oui… On prend vite ses petites habitudes, vous voyez.<br><strong>Un</strong> – Il paraît que Simone Signoret tricotait entre deux prises.<br><strong>Deux</strong> – Et pourtant, c’était une grande actrice.<br><em>L’autre regarde vers les coulisses.</em><br><strong>Un</strong> – Ah, je crois que ça va commencer.<br><strong>Deux</strong> – Quand il faut y aller, il faut y aller…<br><em>Il range ses affaires pour partir.</em><br><strong>Un</strong> – Vous savez ce qu’on doit faire aujourd’hui ? Ils ont oublié de me le dire.<br><strong>Deux</strong> – Je m’en doute. Sinon, vous vous seriez sûrement habillé autrement.<br><strong>Un</strong> – Je pensais qu’en mettant des couleurs vives, j’aurais une chance de me faire remarquer.<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas, c’est réussi.<br><strong>Un </strong>– Ah, oui…?<br><strong>Deux</strong> – On fait la foule des anonymes, à l’enterrement d’une célébrité.<br><em>L’autre regarde autour de lui.</em><br><strong>Un</strong> – Pour l’instant, on n’est que deux.<br><strong>Deux</strong> – C’est un film à petit budget…<br><em>Ils commencent à s’éloigner.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Secrets de stars</title>
		<link>https://sketchotheque.net/secrets-de-stars/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:25:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Journaliste]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Hypocrisie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Secrets de stars, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) se font face.<br></em><strong>Un</strong> – Merci de nous recevoir ici chez vous. Je sais combien vous êtes habituellement soucieux de protéger votre vie privée. Et merci d’avoir accordé cette interview à notre magazine <em>Secret de Stars</em>.<br><strong>Deux</strong> – Mais je vous en prie…<br><strong>Un</strong> – Ma première question concerne la presse, justement. Vous avez souvent vilipendé les journalistes des magazines people en les comparant à des vautours, qui se repaissent du malheur des gens célèbres, en violant au passage l’intimité de leur vie personnelle.<br><strong>Deux</strong> – Même si cette formule est peut-être un peu excessive, je pense qu’un acteur ne devrait être connu que pour les films dans lesquels il a tourné, et non pas pour les détails plus ou moins sordides de sa vie personnelle, qui n’intéressent personne.<br><strong>Un</strong> – Ne soyez pas si modeste. Notre magazine a des millions de lecteurs. Il faut croire que la vie des stars passionne beaucoup plus de monde que vous ne le pensez.<br><strong>Deux</strong> – Je déteste parler de moi-même, et je ne partage pas le goût de la plupart des acteurs pour l’exhibitionnisme. Mais je comprends qu’il faut parfois faire quelques concessions à la pudeur afin de satisfaire la curiosité du public.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – J’accorde d’ailleurs très peu d’interviews.<br><strong>Un</strong> – En effet… C’est ce que vous nous disiez déjà lorsque nous nous sommes rencontrés il y a moins d’un mois à l’occasion de votre troisième mariage. Avec une de nos confrères de la presse audiovisuelle, d’ailleurs…<br><strong>Deux</strong> – Hélas, je suis déjà en instance de divorce.<br><strong>Un</strong> – Nous aurons sans doute l’opportunité de nous revoir bientôt pour en parler ensemble.<br><strong>Deux</strong> – C’est un sujet douloureux pour moi, mais… avec plaisir.<br><strong>Un</strong> – Mais venons au sujet principal de cette interview d’aujourd’hui, à savoir la sortie en librairie de votre autobiographie événement sobrement intitulée… Ma vie.<br><strong>Deux</strong> – Mon éditeur avait insisté pour que le titre de ce livre soit Les dessous du showbiz. Mais j’ai préféré quelque chose de moins racoleur.<br><strong>Un</strong> – C’est en effet le sous-titre de ce chef d’œuvre de plus de 600 pages.<br><strong>Deux</strong> – Je vous l’ai dit. Il faut savoir faire des concessions…<br><strong>Un</strong> – Sans vouloir déflorer le sujet, vous évoquez dans ce livre votre vie intime avec quelques célébrités qui ont un temps partagé votre lit… Pardon, je veux dire votre vie. Il faut dire qu’elles sont nombreuses. Et que personne n’est épargné…<br><strong>Deux</strong> – Il est assez impudique de parler de sa vie amoureuse. Mais quitte à se prêter à cet exercice, je devais au moins la vérité à mes lecteurs.<br><strong>Un</strong> – On apprend notamment que votre dernière épouse avait une jambe plus courte que l’autre, et qu’elle compensait ce léger inconvénient en portant des semelles orthopédiques…<br><strong>Deux</strong> – Il est important de dire au public que les stars sont des gens comme les autres, et que derrière les images de perfection relayées par les médias se cachent des personnes normales, affligées des mêmes disgrâces que les gens ordinaires. Vous savez, avant d’être des icônes vénérées par tous, les stars ont d’abord été des gens comme tout le monde…<br><strong>Un</strong> – Apparemment, votre épouse n’a guère apprécié le fait d’être malgré elle érigée en modèle d’imperfection, puisqu’à la suite de cette révélation, elle a demandé le divorce.<br><strong>Deux</strong> – Les stars sont des personnes fragiles. Elles ont besoin d’être aimées. Et pour être aimées, elles pensent devoir cacher les moindres de leurs imperfections. C’est pourtant en révélant ses défauts qu’on peut espérer se rapprocher de son public et établir un lien authentique avec lui.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, dans ce livre, vous ne vous étendez guère sur vos propres faiblesses.<br><strong>Deux</strong> – Par pudeur encore, croyez-le bien.<br><strong>Un</strong> – Je crois que votre ex-femme s’apprête elle aussi à publier son autobiographie. Afin de ménager votre modestie naturelle, peut-être se chargera-t-elle de révéler à tous les travers qui feront de vous un être plus proche de son public.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Pour terminer, j’aimerais vous poser une question un peu impertinente.<br><strong>Deux</strong> – Mais je vous en prie…<br><strong>Un</strong> – On sait que la plupart des célébrités qui publient leurs mémoires ont recours à des professionnels pour les écrire à leur place. Est-ce bien vous qui avez écrit cette autobiographie ?<br><strong>Deux</strong> – Si je ne vous connaissais pas, je prendrais cette question pour un affront… Y a-t-il quelque chose dans ce livre qui vous laisse penser que je n’en suis pas l’auteur ?<br><strong>Un</strong> – Dans le livre, non. Mais il se trouve que je connais très bien le journaliste qui l’a rédigé. J’ai même son contrat dans ma poche… Même s’il a utilisé un pseudonyme pour le signer.<br><strong>Deux</strong> – Tiens donc… Et qui serait ce journaliste, à votre avis ?<br><strong>Un</strong> – Moi-même.<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas, je vous félicite. Ce livre est très bien écrit, et j’ai eu beaucoup de plaisir à le lire. J’ai même appris sur ma vie quelques anecdotes que j’ignorais, et qui après vérification se sont avérées parfaitement authentiques.<br><strong>Un </strong>– Merci de nous avoir accordé cette interview.<br><strong>Deux</strong> – Merci à vous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Direction d’acteurs</title>
		<link>https://sketchotheque.net/direction-dacteurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:10:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Jeu]]></category>
		<category><![CDATA[Personnage]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Direction d’acteurs, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là, l’air perplexe.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas trop comment le jouer, ce personnage, et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas évident.<br><strong>Un</strong> – C’est normal. Il faut le temps de s’approprier son rôle.<br><strong>Deux</strong> – Ouais. De rentrer dans la peau du personnage.<br><strong>Un</strong> – C’est ça que l’équipe technique n’arrive pas à comprendre.<br><strong>Deux</strong> – Même le réalisateur, parfois.<br><strong>Un</strong> – On n’est pas des machines, nous.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – On l’a refaite combien de fois, cette prise ?<br><strong>Deux</strong> – Vingt-sept fois, je crois.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, quand même.<br><strong>Deux</strong> – Quand ça ne veut pas…<br><strong>Un</strong> – Le réalisateur avait l’air un peu tendu, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Quand le réalisateur est tendu, ça n’aide pas à détendre les acteurs non plus.<br><strong>Deux</strong> – Apparemment, il aurait préféré qu’on sache déjà notre texte avant d’arriver sur le plateau.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais non… Moi je ne bosse pas comme ça. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Non, moi non plus.<br><strong>Un</strong> – Il faut d’abord que je sente le personnage. Les mots ça vient après.<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Un</strong> – Comme si c’était de l’impro, tu vois.<br><strong>Deux</strong> – Sinon, ce n’est pas naturel.<br><strong>Un</strong> – C’est clair.<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que préconisaient les réalisateurs de la Nouvelle Vague, non ?<br><strong>Un</strong> – Godard laissait une grande place à l’improvisation.<br><strong>Deux</strong> – Truffaut aussi, je crois.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu as compris ce qu’il voulait dire par « Jouez ça comme si votre vie en dépendait » ?<br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’il a dit exactement « Jouez ça comme si votre avenir en dépendait ».<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr d’avoir très bien compris.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire…?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Il y a deux façons de voir ça.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est « jouez comme si votre vie en dépendait », ça peut vouloir dire de jouer avec un sentiment d’urgence.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Comme si c’était une question de vie ou de mort.<br><strong>Deux</strong> – Voilà.<br><strong>Un</strong> – Et sinon ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est « Jouez comme si votre avenir en dépendait », ça peut vouloir dire…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Les mecs, vous êtes à chier. Vous avez plutôt intérêt à vous bouger le cul, sinon je ne vous prédis pas un grand avenir dans cette série.<br><strong>Un</strong> – Ah, ouais…<br><strong>Deux</strong> – Ben ouais.<br><strong>Un</strong> – Et donc, toi, tu penses que ce serait plutôt…?<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – OK.<br><strong>Deux</strong> – On va peut-être se refaire une petite répétition, alors.<br><strong>Un</strong> – Ouais… Je crois qu’on ferait mieux d’apprendre notre texte.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas très professionnel, je trouve, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Si notre vie en dépend.<br><strong>Deux</strong> – Notre avenir dans la profession, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Finalement, ça m’a bien aidé, ce qu’il a dit.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Un sentiment d’urgence… Ouais, c’est ça… On va le jouer avec un sentiment d’urgence.<br><strong>Deux </strong>– Je suis sûr que la vingt-huitième prise sera la bonne.<br><strong>Un</strong> – Moi aussi, je le sens bien.<br><strong>Deux</strong> – La direction d’acteur, c’est important.<br><strong>Un</strong> – C’est à ça qu’on reconnaît les grand réalisateurs.<br><strong>Deux</strong> – C’est clair.<br><strong>Un</strong> – Bon alors on se la fait, cette répétition.<br><strong>Deux</strong> – OK. Avec le texte en main, alors.<br><strong>Un</strong> – Dans un premier temps, c’est mieux.<br><em>Ils sortent chacun une feuille.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est parti…<br><strong>Un</strong> (<em>lisant</em>) – Bonjour, un café, s’il vous plaît.<br><strong>Deux</strong> – Expresso ?<br><strong>Un</strong> – Non, un café normal…<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Vous avez des chocolatines ?<br><strong>Deux</strong> – Non. Mais si vous voulez, j’ai des pains au chocolat.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Et c’est quoi, la différence ?<br><strong>Deux</strong> – Vous, vous n’êtes pas d’ici…<br><strong>Un</strong> – Non. Comment vous le savez ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Une intuition.<br><em>Ils posent leurs feuilles.</em><br><strong>Un</strong> – Cette fois, je le sens bien, pas toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si. Je suis à fond dans mon personnage.<br><strong>Un</strong> – On y retourne ?<br><strong>Deux</strong> – On va déchirer, mon pote, tu vas voir…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Distribution des rôles</title>
		<link>https://sketchotheque.net/distribution-des-roles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 14:50:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Einstein]]></category>
		<category><![CDATA[Moustache]]></category>
		<category><![CDATA[Personnage]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Distribution des rôles, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage attend. Un autre arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut.<br><strong>Un</strong> – Salut.<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ici pour le casting ?<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – OK. (<em>Un temps</em>) Et donc, on n’est que deux…<br><strong>Un</strong> – Apparemment.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne me souviens plus, c’est pour quel rôle, exactement ?<br><em>L’autre sort une feuille et y jette un coup d’œil.</em><br><strong>Un</strong> – C’est pour jouer Albert Einstein.<br><strong>Deux</strong> – Albert Einstein…?<br><strong>Un</strong> – Albert Einstein.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais… Tu es sûr…? (<em>Il sort une feuille lui aussi et y jette un regard</em>) Sur ma feuille, c’est marqué… Adolf Hitler.<br><strong>Un</strong> – Fais voir. (<em>L’autre lui tend sa feuille et il y jette un coup d’œil</em>) Ah, ouais…<br><strong>Deux</strong> – Il y a peut-être deux rôles à pourvoir.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – C’est pour le cinéma ou pour la télé ?<br><em>L’autre regarde à nouveau la feuille.</em><br><strong>Un</strong> – C’est pour une pièce de théâtre.<br><strong>Deux</strong> – Une pièce de théâtre avec Einstein et Hitler…?<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas une comédie, j’imagine…<br><strong>Un</strong> – C’est une confrontation imaginaire entre les deux hommes. En réalité, ils ne se sont jamais rencontrés.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr qu’ils ne devaient pas avoir grand chose à se dire.<br><strong>Un</strong> – Hitler méprisait ce qu’il appelait la « physique juive ». Heureusement, dans un sens. C’est à cause de ça que les Nazis ont d’abord négligé la recherche sur le nucléaire. Et c’est ce qui a permis aux Américains d’avoir la bombe avant eux.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais…?<br><strong>Un</strong> – Finalement, c’est l’antisémitisme d’Hitler qui aura entraîné la défaite du Troisième Reich.<br><strong>Deux</strong> – OK…<br><strong>Un</strong> – En 1933, Einstein s’exile aux États-Unis, et c’est lui qui convaincra Roosevelt de lancer le projet Manhattan.<br><strong>Deux</strong> – Le projet Manhattan…?<br><strong>Un</strong> – Celui qui visait à mettre au point la première bombe atomique.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Donc, c’est… une confrontation entre Einstein et Hitler.<br><strong>Un</strong> – C’est ça.<br><em>L’autre regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors si on n’est que deux, on est sûrs d’être pris.<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu préfères jouer Einstein ou Hitler ?<br><strong>Un</strong> – Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas trop.<br><strong>Un</strong> – Jouer un génie ou un salaud… Je ne sais pas ce qui est le plus difficile…<br><strong>Deux</strong> – Je ne me vois pas trop jouer le rôle d’Hitler.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ? Qu’est-ce qui te dérange ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… La moustache, déjà.<br><strong>Un</strong> – La moustache ?<br><strong>Deux</strong> – Il va falloir porter une fausse moustache, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Et…?<br><strong>Deux</strong> – Les fausses moustaches, ça ne tient jamais…<br><strong>Un</strong> – OK… D’un autre côté… Einstein aussi avait une moustache.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais ?<br><strong>Un</strong> – Ben ouais… Et une moustache bien plus grosse que celle d’Hitler.<br><strong>Deux</strong> – Ah, merde…<br><strong>Un</strong> – Et donc tu te verrais mieux jouer Einstein ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Faut voir…<br><strong>Un</strong> – Sinon, on peut faire ça à pile ou face.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Pile, je fais Einstein, face tu fais Hitler.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Le premier lance la pièce, puis la ramasse et la montre au deuxième.</em><br><strong>Un</strong> – Pile, je fais Einstein.<br><strong>Deux</strong> – OK… Je ne me voyais pas trop jouer le rôle d’un génie de toute façon.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Un baiser de cinéma</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-baiser-de-cinema/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 14:38:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Baiser]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un baiser de cinéma, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là. Ils restent un instant silencieux.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne la sens pas, cette scène d’amour.<br><strong>Deux</strong> – C’est avec qui ?<br><strong>Un</strong> – Fred.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu as déjà tourné avec lui ?<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Et tu n’as rien remarqué ?<br><strong>Deux</strong> – Ben si…<br><strong>Un</strong> – Il pue de la gueule.<br><strong>Deux</strong> – C’est clair.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on peut puer de la gueule à ce point ?<br><strong>Deux</strong> – Il a une haleine de chacal, c’est sûr.<br><strong>Un</strong> – Même sans jamais se laver les dents, on ne peut pas puer autant de la gueule, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être une maladie de foie, ce n’est pas possible autrement.<br><strong>Un</strong> – Et évidemment, personne n’ose lui dire.<br><strong>Deux</strong> – C’est délicat.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’il s’en rend compte ?<br><strong>Deux</strong> – De quoi ?<br><strong>Un</strong> – Qu’il pue de la gueule !<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Peut-être pas.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être que quand on pue de la gueule, on ne s’en rend pas compte soi-même.<br><strong>Un</strong> – Ouais, ce serait sans doute lui rendre service que de lui dire.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas ce serait rendre service aux autres.<br><strong>Un</strong> – À ses partenaires de jeu, déjà.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et si on puait de la gueule, nous aussi, et que personne n’ait jamais osé nous le dire.<br><strong>Un</strong> – C’est une possibilité, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – Si je puais de la gueule, tu me le dirais, toi ?<br><strong>Un</strong> – Pas sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ça fait peur, non ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais rassure-toi, je n’ai jamais rien remarqué.<br><strong>Deux</strong> – Bon…<br><strong>Un</strong> – Peut-être que tu postillonnes un peu, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – Je postillonne, moi ?<br><strong>Un</strong> – J’ai dit un peu.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Merci de me l’avoir dit, en tout cas. J’essaierai de faire attention.<br><strong>Un</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Et moi ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Est-ce que je postillonne ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai rien remarqué…<br><strong>Un</strong> – Bon… Mais tu as remarqué autre chose ?<br><strong>Deux</strong> – Non, je ne vois pas.<br><strong>Un</strong> – OK.<br><strong>Deux</strong> – Je crois t’avoir entendu péter une fois ou deux.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, mais ça… Ce n’est pas toujours facile à contrôler.<br><strong>Deux</strong> – Je sais, mais… au milieu d’une scène, en plein tournage, ça peut déconcentrer ton partenaire, tu comprends ?<br><strong>Un</strong> – Je comprends… C’était quand, la dernière fois ?<br><strong>Deux</strong> – Ce matin… Dans cette scène qu’on a tournée ensemble.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Deux</strong> – Tu m’annonces que tu as vu la Vierge Marie au fond d’une grotte. Et là, juste après le mot grotte, tu lâches une caisse.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas évident de reprendre après ça.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’était assez marrant, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Tu ne l’aurais pas fait exprès, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Si.<br><strong>Deux</strong> – Oui, je m’en doutais un peu.<br><strong>Un</strong> – C’était tellement con, cette scène. Je n’ai pas pu m’en empêcher.<br><strong>Deux</strong> – La Vierge…<br><strong>Un</strong> – Au fond d’une grotte… Je te demande un peu.<br><strong>Deux</strong> – Si tu l’avais vue au fond d’un verre de saké dans un restaurant chinois. Au moins, ce serait drôle.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce que les scénaristes peuvent encore écrire des conneries pareilles au XXIème siècle ?<br><strong>Deux</strong> – C’est pour la télé, tu sais. Ils écrivent ce qu’on leur demande…<br><strong>Un</strong> – Je me demande qui regarde encore la télé. Je veux dire les chaînes nationales.<br><strong>Deux</strong> – Les vieux.<br><strong>Un</strong> – Et quand tous les vieux seront morts ?<br><strong>Deux</strong> – On sera morts aussi.<br><strong>Un</strong> – Ça m’a remonté le moral de bavarder un peu avec toi. Avant d’aller rouler une pelle à ce type qui a une haleine de chameau.<br><strong>Deux</strong> – Eh, oui… On ne fait pas un métier facile…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Trop tard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-tard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 08:29:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Montre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1480</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop tard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Il balaie le sol. Un autre arrive, visiblement essoufflé.</em><br><strong>Un</strong> – Désolé, ma montre s’est arrêtée. Je ne m’en suis rendu compte qu’une heure après… Je n’arrive pas trop tard, au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Trop tard…? Si… Ça vient juste de se terminer.<br><strong>Un</strong> – Et merde… Moi qui comptais sur ce cachet pour boucler mon intermittence… Il ne me manquait plus qu’une heure.<br><strong>Deux</strong> – Ben vous voilà officiellement demandeur d’emploi non indemnisé. Et un emploi… je ne suis pas sûr que vous en trouverez un au théâtre.<br><strong>Un</strong> – Je peux tout faire, je vous assure !<br><strong>Deux</strong> – Vous saviez votre texte, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Ah parce qu’il fallait apprendre un texte ? Je pensais que c’était un spectacle d’improvisation.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben, non. Nous on fait encore ça à l’ancienne, vous savez.<br><strong>Un</strong> – À l’ancienne…?<br><strong>Deux</strong> – L’auteur écrit un texte. Et les comédiens doivent l’apprendre. Avant de le jouer.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Donc vous arrivez après la représentation, et vous ne savez pas votre texte ?<br><strong>Un</strong> – D’accord, alors c’est définitivement mort.<br><strong>Deux</strong> – Comme vous m’êtes sympathique, je vous donne une dernière chance, allez. Tenez (<em>Il lui tend le balai</em>) Montrez-moi ce que vous savez faire en impro…<br><strong>Un</strong> – Merci ! Je vais vous étonner, vous allez voir ! (<em>Il prend le balai avec une hésitation</em>) Et… c’est rémunéré ?<br><em>L’autre lui tend un billet de cinq euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tenez, ce sera pour votre montre.<br><em>L’autre regarde le billet.</em><br><strong>Un</strong> – Vous croyez vraiment qu’on peut acheter une montre avec cinq euros ?<br>Deux – Vous pourrez toujours changer la pile… Bon, vous le voulez, ce rôle, oui ou merde ?<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr !<br><strong>Deux</strong> – Allez-y ! Montrez-moi un peu ce que vous savez faire avec un balai…<br><em>Le premier se met à balayer d’une manière un peu théâtrale. Le deuxième l’observe avec un air désabusé.</em><br><strong>Deux</strong> – Ne cabotinez pas trop quand même… Jouez-le plutôt… Actors studio, vous voyez ?<br><em>L’autre se met à balayer d’une façon faussement détachée.</em><br><strong>Un</strong> – Et là ?<br><strong>Deux</strong> – C’est mieux… Bon, je vous laisse travailler votre rôle… Au pire ça pourra vous servir dans votre future carrière…<br><strong>Un</strong> – Merci ! Vraiment…<br><strong>Deux</strong> – Vous claquerez la porte en partant ?<br><em>Il sort. L’autre continue à balayer en essayant différents styles de jeu.<br><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



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<p></p>
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		<title>Trop poli</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-poli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:57:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Hypocrisie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Malentendu]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1461</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop poli, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, assis sur une chaise. Un deuxième arrive, paraissant plus vieux.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour… (<em>Se levant</em>) Mais s’il vous plaît, asseyez-vous !<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Prenez ma place, je vous en prie. Moi, je peux très bien rester debout.<br><strong>Deux</strong> – Parce que moi, je vous donne l’impression de ne pas pouvoir tenir debout ?<br><strong>Un</strong> – Non, non, pas du tout, c’est juste que…<br><strong>Deux</strong> – Vous ne croyez pas que c’est un peu insultant, cette attitude, à la longue ?<br><strong>Un</strong> – Insultant ?<br><strong>Deux</strong> – Moi j’appelle ça de l’âgisme ?<br><strong>Un</strong> – De l’âgisme ?<br><strong>Deux</strong> – Parfaitement ! De l’âgisme.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais même pas ce que ça veut dire.<br><strong>Deux</strong> – L’âgisme ! Comme le racisme ou le machisme, mais contre les vieux.<br><strong>Un</strong> – Ah oui ?<br><strong>Deux</strong> – De la condescendance, si vous préférez. À l’égard des femmes, à l’égard des noirs, à l’égard des vieux… D’ailleurs ce n’est pas exclusif, malheureusement. Non mais vous imaginez un peu l’humiliation que doit ressentir une vieille femme noire à qui un jeune con blanc propose de laisser son siège dans un bus. Par pure condescendance.<br><strong>Un</strong> – Une vieille femme noire… comme Rosa Parks, vous voulez dire ?<br><strong>Deux</strong> – Donc vous méprisez les vieux ?<br><strong>Un</strong> – Ah non, mais pas du tout, je vous assure. J’adore les vieux.<br><strong>Deux</strong> – Vous voyez ? J’adore les vieux ! Comme si les vieux étaient une race à part… Ça c’est du racisme anti-vieux.<br><strong>Un</strong> – Pardon, je suis désolé…<br><strong>Deux</strong> – C’est comme si vous me disiez : j’adore les arabes, d’ailleurs ma femme de ménage est marocaine. Ou j’adore les homosexuels, d’ailleurs ma coiffeuse est transgenre.<br><strong>Un</strong> – Ah bon…?<br><strong>Deux</strong> – Vous aussi, vous serez vieux un jour vous savez… Vous ne serez jamais noir, ça c’est sûr. Mais vous serez vieux.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr, j’en ai parfaitement conscience…<br><strong>Deux</strong> – On ne croirait pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un </strong>– Et donc… vous ne voulez vraiment pas vous asseoir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, continuez…<br><strong>Un</strong> – Ça ne me dérange pas, je vous assure. Au contraire, ça me fait plaisir.<br><strong>Deux</strong> – Arrêtez, s’il vous plaît !<br><strong>Un</strong> – Vous ne voulez pas vous asseoir ?<br><strong>Deux</strong> – Si, mais…<br><strong>Un</strong> – Mais…?<br><strong>Deux</strong> – Je me méfie…<br><strong>Un</strong> – Vous vous méfiez de moi ? Il ne faut pas, je vous assure ! Je vous fais peur ? Mais enfin… Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas, vous êtes… trop poli pour être honnête.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Bon… Eh bien tant pis, restez debout si vous voulez.<br><strong>Deux</strong> – Je vais me gêner<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Vous en revanche, ça se voit tout de suite que vous êtes honnête.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ?<br><strong>Un</strong> – On ne peut pas dire que c’est la politesse qui vous étouffe.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Répète un peu ça, pour voir ?<br><strong>Un</strong> – Vieille peau !<br><strong>Deux</strong> – Sac à merde.<br><strong>Un</strong> – Gros tas.<br><strong>Deux</strong> – Analphabète.<br><strong>Un</strong> – Islamogauchiste.<br><strong>Deux</strong> – Anachorète.<br><strong>Un</strong> – Anachorète ? Vous êtes sûr que c’est une insulte ?<br><strong>Deux</strong> – Ah non ?<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que cela veut dire ?<br><strong>Deux</strong> – Non, et vous ?<br><strong>Un</strong> – Moi non plus.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’on s’est un peu laissés emporter.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vais m’asseoir, finalement.<br><strong>Un</strong> – Ah oui ? Et vous pensez vraiment que je vais vous laisser ma place, maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Vous allez rester debout. Ça vous fera les pieds.<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ce que je pensais… Aucun respect pour les vieux…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



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<p></p>
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		<title>Trop riche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-riche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Richesse]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1458</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop riche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Un deuxième arrive, affichant un large sourire.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour Monsieur, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer !<br><strong>Un</strong> – Bon, commencez par la mauvaise.<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, je n’ai pas dit j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… Juste une bonne nouvelle.<br><strong>Un</strong> – Ah, pardon. Quand on n’est pas habitué… Et… c’est quoi, cette mauvaise nouvelle ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez bien validé une grille de loto il y a une semaine ?<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Je vous annonce que vous avez gagné.<br><strong>Un</strong> – Gagné ? Moi ? Combien ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions d’euros.<br><strong>Un</strong> – 233 millions ?<br><strong>Deux</strong> – 233 millions.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, ça fait une somme.<br><strong>Deux</strong> – Mais ça n’a pas l’air de vous faire plaisir.<br><strong>Un</strong> – Si, si, bien sûr, mais…<br><strong>Deux</strong> – Mais ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne fait pas un peu trop ?<br><strong>Deux</strong> – Trop ?<br><strong>Un </strong>– C’est-à-dire que… un million, ça va. J’achète une maison et…<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez raison. Disons 10 millions, alors. J’achète une maison, et j’arrête de travailler. Mais 233 millions !<br><strong>Deux</strong> – Je comprends qu’il vous faille un peu de temps pour vous faire à cette idée.<br><strong>Un</strong> – Ça ne pourrait pas être un peu moins ?<br><strong>Deux</strong> – Moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas moi… Disons 33 millions d’euros. Je vous assure, je ne peux vraiment pas faire plus…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais c’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que je réfléchisse.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça, réfléchissez. Mais pas trop longtemps. Parce qu’il y a un délai, quand même. Pour retirer son gain, je veux dire…<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce que c’est, avec plusieurs centaines de millions d’euros, je n’aurais plus de famille. Plus d’amis.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, avec une telle fortune, vous allez retrouver la trace de cousins très éloignés que vous pensiez avoir perdu de vue. Et vous allez découvrir que vous aviez beaucoup plus d’amis que vous ne le supposiez.<br><strong>Un</strong> – Oui, mais c’est précisément ça qui me fait peur. Je ne serai plus entouré que de gens intéressés.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler de ma femme…<br><strong>Deux</strong> – Votre femme ?<br><strong>Un</strong> – Elle est communiste, ma femme ! Déjà qu’elle me reprochait de ne pas être assez à gauche… Alors quand je vais lui annoncer que j’ai gagné 233 millions d’euros.<br><strong>Deux</strong> – Croyez-moi, l’expérience montre qu’avec 233 millions d’euros, une femme ne reste pas très longtemps communiste…<br><strong>Un</strong> – Non, vous ne vous rendez pas compte… Les relations avec tout mon entourage vont être complètement faussées…<br><strong>Deux</strong> – Vous connaîtrez d’autres gens… Des gens aussi fortunés que vous.<br><strong>Un</strong> – Je ne me fais pas d’illusions, vous savez. Je sais que les vrais riches, ceux qui sont nés comme ça, ne voudront jamais de moi. Pour eux je serai toujours le type qui a gagné sa fortune au loto.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et si ma femme me quitte ? Comment en retrouver une autre ?<br><strong>Deux</strong> – Avec 233 millions d’euros ?<br><strong>Un</strong> – Je penserai toujours qu’elles veulent m’épouser pour mon argent !<br><strong>Deux</strong> – Évidemment…<br><strong>Un</strong> – Non, je crois que je vais plutôt vous reprendre un billet.<br><strong>Deux</strong> – Un billet ?<br><strong>Un</strong> – Un ticket de loto !<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Vous avez déjà gagné !<br><strong>Un</strong> – Peut-être que cette fois, j’aurai la chance de gagner un peu moins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p></p>
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		<title>Trop bon</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-bon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:41:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prêtre]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[Jésus]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop bon, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, en noir, avec un col blanc de curé. Un deuxième arrive, habillé dans un style très populaire.<br></em><strong>Deux</strong> – Bonjour mon père.<br><strong>Un</strong> – Bonjour mon fils. En quoi puis-je vous aider ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien voilà… Je voudrais savoir comment faire pour être sûr d’aller au paradis.<br><strong>Un</strong> – Sûr…? Vous savez, le paradis n’est un dû pour personne, mon fils.<br><strong>Deux</strong> – Même pas pour vous ?<br><strong>Un</strong> – Nous sommes tous de pauvres pécheurs. Moi comme les autres. Vous savez ce que Jésus a dit à ceux qui voulaient lapider une femme adultère ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre.<br><strong>Deux</strong> – OK, mais à part éviter de lapider les femmes… Il doit bien y avoir quelques trucs pour marquer des points, non ?<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas non plus un jeu, vous savez, avec un certain score à atteindre, au-delà duquel l’admission serait automatique. C’est à l’appréciation de Dieu.<br><strong>Deux</strong> – Mais vous avez bien une idée, quand même ! Après tout, c’est vous le spécialiste…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Disons que… Il faut s’attacher à faire le bien autour de soi.<br><strong>Deux</strong> – Le bien.<br><strong>Un</strong> – Il faut être bon.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Cela semble vous plonger dans la perplexité, mon fils.<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que… c’est au sujet de ce que dit souvent ma femme.<br><strong>Un</strong> – Votre femme ?<br><strong>Deux</strong> – Trop bon, trop con.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Trop bon, trop con. C’est ce que me dit ma femme.<br><strong>Un</strong> – Et qu’entendez-vous par là, mon fils ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Elle a l’air d’insinuer que quand on est trop bon, les autres en profitent.<br><strong>Un</strong> – Je vois.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous en pensez, mon père. Vous croyez qu’on peut être trop bon.<br><strong>Un</strong> – Trop bon ? Ma foi…<br><strong>Deux</strong> – Parce que moi, je voudrais être juste assez bon pour aller au paradis, mais pas au point qu’on me prenne pour un con, vous voyez.<br><strong>Un</strong> – Je vois.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est quoi, le juste milieu ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Deux</strong> – Prenez Jésus, par exemple.<br><strong>Un</strong> – Jésus ?<br><strong>Deux</strong> – Vous ne croyez pas qu’il était un peu trop bon ?<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… Pourquoi dites-vous cela ?<br><strong>Deux</strong> – Il a quand même fini sur la croix…<br><strong>Un</strong> – C’est vrai.<br><strong>Deux</strong> – Trop bon, trop con, je vous dis. C’est ma femme qui a raison.<br><strong>Un</strong> – Mon Dieu… Elle n’a peut-être pas complètement tort.<br><strong>Deux</strong> – Est-ce qu’il a fini au paradis, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Qui ça ?<br><strong>Deux</strong> – Jésus !<br><strong>Un</strong> – Jésus ? Au paradis ? J’avoue que c’est une question… que je ne me suis jamais posée.<br><strong>Deux</strong> – Mais alors il est où ?<br><strong>Un</strong> – Où ?<br><strong>Deux</strong> – S’il n’est pas au paradis, il est où ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien… Je ne sais pas.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’il fait de ses journées ?<br><strong>Un</strong> – Comment Jésus occupe ses journées…? J’avoue que là aussi, vous me posez une colle.<br><strong>Deux</strong> – Je vais interroger Chat GPT là-dessus.<br><em>Il sort son portable et tape sur le clavier.</em><br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Alors, d’après Chat GPT, Jésus attend que Dieu lui ordonne de revenir sur Terre..<br><strong>Un</strong> – Il attend…?<br><strong>Deux</strong> – Il attend.<br><strong>Un</strong> – Et il ne fait rien d’autre ?<br><strong>Deux</strong> – Bref, il s’emmerde, quoi.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Deux</strong> – Il doit bien faire quelque chose en attendant. Mais quoi ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Si même Chat GPT ne sait pas où est Jésus et ce qu’il fait de ses journées…<br><strong>Un </strong>– D’un autre côté, mon fils, vous savez ce qu’on dit…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Il est grand le mystère de la Foi…<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Trop bon trop con, je vous dis…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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		<title>Trop radical</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-radical/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Apr 2025 07:34:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Détective]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trop c'est trop]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Désert médical]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1453</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trop radical, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, vêtu de la façon la plus discrète possible (imperméable et lunettes noires, par exemple). Un deuxième personnage arrive, style vieille France. Il hésite un peu avant de s’adresser au premier.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour, je suis…<br><strong>Un</strong> – Pas si vite… Vous avez le mot de passe ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est vrai, le mot de passe… C’est quoi déjà…? Je perds un peu la mémoire, vous savez… Et comme vous m’aviez dit de ne surtout pas le noter sur un papier. Alors attendez que je me souvienne… Ça y est, je l’ai ! Une poire par jour éloigne le médecin…<br><strong>Un</strong> – Pourvu qu’on vise bien.<br><strong>Deux</strong> – C’est de Churchill, n’est-ce pas ? J’espère que comme lui, vous ne me proposerez pas que du sang et des larmes.<br><strong>Un</strong> – En réalité… Ce n’est pas une poire, c’est une pomme, mais bon… Il ne faut pas être trop rigide non plus.<br><strong>Deux</strong> – Une pomme, bien sûr… Une poire, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… J’ai dû penser à… une poire à lavement.<br><strong>Un</strong> – Une poire à lavement ?<br><strong>Deux</strong> – Le médecin, la poire à lavement… (<em>Plus bas</em>) Et comme j’ai un peu l’impression de l’avoir dans le cul…<br><strong>Un</strong> – Bien… Et donc…?<br><em>L’autre lui tend la main pour se présenter.</em><br><strong>Deux</strong> – Claude Riviera de la Ratelière. Merci de me recevoir…<br><strong>Un</strong> – Dominique Dupont, de l’Agence de Détectives Dupont et Dupont et fils.<br><strong>Deux</strong> – Monsieur Dupont…<br><strong>Un</strong> – Bien entendu, ce n’est pas mon vrai nom, vous vous en doutez bien.<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Un</strong> – Vous pouvez m’appeler DD.<br><strong>Deux</strong> – Dédé ?<br><strong>Un</strong> – DD ! Dupont et Dupont…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Vous êtes certain que personne ne vous a suivi ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai changé trois fois de taxi pour venir ici, comme vous me l’aviez dit. Et j’ai laissé mon portable à la maison, pour éviter d’être géolocalisé.<br><strong>Un</strong> – Très bien, alors je vous écoute.<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas facile à dire, vous savez… À mon âge, je ne pensais pas en arriver là un jour…<br><strong>Un</strong> – Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude… Alors de quoi s’agit-il ? Adultère ? Recherche d’héritiers ? Espionnage industriel ?<br><strong>Deux</strong> – Je voudrais… que vous trouviez quelqu’un pour moi.<br><strong>Un </strong>– Très bien… Un ami perdu de vue ? Un amour de jeunesse ? Un enfant illégitime ?<br><strong>Deux</strong> – Plutôt… un médecin généraliste qui prendrait encore de nouveaux patients.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Je sais que ma demande peut surprendre…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes le troisième cette semaine.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Hélas, je ne fais pas de miracles.<br><strong>Deux</strong> – Je comprends. Me laisserez-vous néanmoins le droit d’espérer…?<br><strong>Un</strong> – De nos jours, vous savez, un médecin généraliste pour un patient en bonne santé, c’est plus difficile à débusquer que l’amant de sa femme pour un cocu.<br><strong>Deux</strong> – Je m’en doute. Mais j’ai déjà tout essayé, croyez-moi. J’ai même eu recours à une voyante.<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Elle m’avait trouvé un vieux médecin dans la Creuse. J’étais même prêt à déménager là-bas.<br><strong>Un</strong> – Dans la Creuse ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, c’est ce que je me suis dit aussi, c’est un peu radical, mais bon… Je n’ai même pas eu à prendre cette décision difficile. Il est mort quelques jours après.<br><strong>Un</strong> – Comme quoi on peut être médecin et avoir une santé fragile.<br><strong>Deux</strong> – Il avait 102 ans.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – J’ai même fait un pèlerinage à Lourdes, mais là-bas aussi…<br><strong>Un</strong> – C’est un désert médical…<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes mon dernier espoir…<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire qu’aujourd’hui… Pour qu’un médecin accepte un nouveau patient, il faut que l’un de ses propres patients meurt avant lui.<br><strong>Deux</strong> – J’en ai parfaitement conscience.<br><strong>Un</strong> – Et pour prendre la place du défunt, encore faut-il que vous soyez le premier au courant du décès.<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que j’ai cru comprendre.<br><strong>Un</strong> – Ce qui n’est d’ailleurs pas toujours très rassurant.<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Un</strong> – Choisir un médecin dont les patients tombent comme des mouches…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, je n’avais pas pensé à ça.<br><strong>Un</strong> – Si vous voulez, je peux vous adresser à un confrère.<br><strong>Deux</strong> – Un autre détective, vous voulez dire ? Plus spécialisé dans le médical.<br><strong>Un</strong> – Je pensais plutôt… à un tueur à gages.<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr de comprendre…<br><strong>Un</strong> – Comme je vous l’ai dit, pour qu’une place se libère…<br><strong>Deux</strong> – Il faut qu’un patient meurt.<br><strong>Un</strong> – Alors si c’est vous qui commanditez l’exécution, bien entendu…<br><strong>Deux</strong> – Je serai le premier à être au courant qu’une place se libère…<br><strong>Un</strong> – Et au moins, dans ce cas, la responsabilité de la mort de ce patient n’incombera pas à son médecin.<br><strong>Deux</strong> – Ce qui me permettrait d’espérer que ce n’est pas forcément un trop mauvais médecin.<br><strong>Un</strong> – C’est tout ce que je peux vous proposer, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – Je vais prendre le temps d’y réfléchir.<br><strong>Un</strong> – Pas trop longtemps, parce que vous savez… Les tueurs à gages aussi commencent à être un peu débordés. En tout cas les plus professionnels d’entre eux.<br><strong>Deux</strong> – Les plus professionnels…?<br><strong>Un</strong> – Il faut choisir quelqu’un d’assez discret. Il ne s’agirait pas non plus que vous finissiez en prison pour avoir commandité un assassinat.<br><strong>Deux</strong> – Encore que… En prison, au moins, j’aurais sûrement un médecin référent.<br><strong>Un</strong> – Ça, cher ami, rien n’est moins sûr.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Va pour un tueur à gages… Vous avez quelqu’un de confiance à me proposer ?<br><em>L’autre lui tend une carte de visite.</em><br><strong>Deux</strong> – Durand et Durand et fils, tueurs à gages diplômés.<br><strong>Un</strong> – Bien entendu, ce ne sont pas non plus leurs vrais noms, j’imagine.<br><strong>Deux</strong> – Bizarrement, si.<br><strong>Un</strong> – Bon. Merci Docteur. Je veux dire, merci Monsieur Dupont…<br><strong>Deux</strong> – À votre service…<br><strong>Un</strong> – Et sinon… vous ne connaîtriez pas un bon dentiste…? (<em>L’autre le regarde, mais ne répond pas</em>) D’accord…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="224" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-505" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trop-c-est-trop-jean-pierre-martinez-bandeau-300x168.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



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		<item>
		<title>Trop occupé</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trop-occupe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 16:07:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Ami]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
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		<category><![CDATA[Identité]]></category>
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		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trop occupé, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trop c'est trop' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, plutôt âgés, se croisent. Le premier est habillé de façon sportive et semble plein d’énergie. Le deuxième est habillé de façon plus classique pour son âge et paraît plus éteint. Le premier reconnaît immédiatement le deuxième.</em><br><strong>Un</strong> – Ça alors ? Qu’est-ce que tu fais là ?<br><em>L’autre semble surpris.</em><br><strong>Deux</strong> – On se connaît ?<br><strong>Un</strong> – Si on se connaît ? (<em>Se présentant</em>) Dominique ! On a bossé ensemble dans la même boîte pendant quarante ans !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Alors mon vieux, comment ça se passe la retraite ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Moi ? Je pensais que j’allais m’ennuyer. Tu parles… Je n’ai pas une minute à moi.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Bon, le lundi, j’ai mon club de rando. La semaine dernière, on a fait le Mont Ventoux. Pour descendre, ça va, mais alors pour monter…<br><strong>Deux</strong> – Oui, c’est comme pour les escaliers…<br><strong>Un</strong> – Enfin, ça maintient en forme, crois-moi. La semaine prochaine on fait la Camargue.<br><strong>Deux</strong> – Au moins, c’est plat…<br><strong>Un</strong> – Le mardi, je donne des cours d’alphabétisation.<br><strong>Deux</strong> – Au lycée ?<br><strong>Un</strong> – À la prison.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Il y a beaucoup d’étrangers parmi les détenus, alors évidemment, il y a aussi beaucoup d’analphabètes…<br><strong>Deux</strong> – Comme au lycée, quoi.<br><strong>Un</strong> – C’est très enrichissant, tu sais.<br><strong>Deux</strong> – Ah, parce que c’est payé ?<br><strong>Un</strong> – Enrichissant… humainement, je veux dire. C’est du bénévolat, évidemment. On leur donne beaucoup, mais ils nous le rendent bien, je t’assure. Certains viennent de pays dont je ne connaissais même pas l’existence. Enfin, c’est un échange, quoi. On en apprend autant qu’eux, tu sais. Sur leur langue… Sur leur culture… Ils me racontent leur vie… On partage des souvenirs… Même des recettes de cuisine, parfois…<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais… Ça doit être passionnant.<br><strong>Un</strong> – J’en étais où, déjà ?<br><strong>Deux</strong> – Au mercredi, je crois…<br><strong>Un</strong> – Alors le mercredi, c’est sacré ! Je garde mes petits-enfants. Comme les deux parents travaillent. Un vrai bonheur. J’ai de la chance, ils habitent juste en face de chez nous. Tu as des petits-enfants, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Trois. Ils vivent en Australie.<br><strong>Un</strong> – Ah, merde…<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Un</strong> – Hier, je les ai emmenés au zoo. Tu vas rire, mais ils n’avaient jamais vu de singes en vrai. Tu aurais dû voir leurs têtes ! Enfin, on n’est pas restés trop longtemps. C’était des bonobos…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui… Et en plus c’est le printemps.<br><strong>Un</strong> – Après on est allés chez Mac Do… Ce n’est pas trop dans mes principes, mais bon. Si on ne veut pas se couper de la jeunesse, il faut savoir faire quelques compromis.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Le jeudi… j’ai mon cours de chinois.<br><strong>Deux</strong> – Tu apprends le chinois ?<br><strong>Un</strong> – C’est vraiment passionnant, je te jure. Et puis c’est moins compliqué que ça en a l’air, finalement.<br><strong>Deux</strong> – Si tu le dis…<br><strong>Un</strong> – Tu sais comment on dit bonjour, en chinois ?<br><strong>Deux</strong> – J’avoue que jusqu’ici, j’ai réussi à survivre sans le savoir.<br><strong>Un</strong> – Ni hao.<br><strong>Deux</strong> – Miaou ?<br><strong>Un</strong> – Ni hao !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Mais pourquoi le chinois ? Tu comptes aller en Chine ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ? Sinon, je pourrai toujours faire un brin de conversation avec le patron du restaurant chinois qui vient d’ouvrir en ville. Les Délices de Pékin. Tu sais, juste en face de la mairie.<br><strong>Deux</strong> – Les Délices de Saïgon… Il est vietnamien, je crois.<br><strong>Un</strong> – Ah oui ? Le vendredi, j’ai mon club de lecture…<br><strong>Deux</strong> – Tu as encore le temps de lire, avec tout ça ? Remarque il reste les week-ends.<br><strong>Un</strong> – Les week-ends ? Tu rigoles ! Le samedi, j’ai mon cours de théâtre, et le dimanche, c’est la chorale.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben… Tu ne t’ennuies pas, en effet.<br><strong>Un</strong> – Ça tu peux le dire… Parfois, je me demande si je ne devrais pas lever un peu le pied. On n’a plus vingt ans, tout de même.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… Remarque, moi, à vingt ans, je ne faisais déjà pas grand chose.<br><strong>Un</strong> – Il faut bien être actif, si on veut rester en forme. Et surtout entretenir ses méninges, parce que sinon… Tu as vu ? Tout à l’heure, tu ne m’avais même pas reconnu !<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – Tu savais qu’à partir de soixante ans, notre cerveau perd 100 000 neurones par jour ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne doit plus m’en rester beaucoup, alors…<br><strong>Un</strong> – Bon, et toi, raconte-moi !<br><strong>Deux</strong> – Moi ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu fais de tes journées !<br><strong>Deux</strong> – Ah, moi…? Rien.<br><strong>Un</strong> – Rien ?<br><strong>Deux</strong> – Je me fais chier, quoi.<br><strong>Un</strong> – Non ? C’est dingue… Mais si ça te tente, tu sais…<br><strong>Deux</strong> – Non, merci.<br><strong>Un</strong> – Non, quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Non, ça ne me tente pas.<br><strong>Un</strong> – Ah bon ?<br><strong>Deux</strong> – Franchement, je préfère encore me faire chier.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…?<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Bon… Quand je croiserai les anciens collègues de la SNCF, je leur donnerai de tes nouvelles. Tu sais ce qu’ils m’ont offert, ces cons, pour mon départ à la retraite ?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><strong>Un</strong> – Un train électrique !<br><strong>Deux</strong> – Ah, les cons…<br><strong>Un</strong> – On se réunit une fois par an au mois de juin pour faire une bonne bouffe et parler du bon vieux temps. Tu n’as qu’à venir !<br><strong>Deux</strong> – Euh, oui, pourquoi pas… Mais tu sais, moi j’ai fait toute ma carrière chez Air France.<br><strong>Un</strong> – Ah, ouais…?<br><strong>Deux</strong> – J’étais pilote de ligne.<br><strong>Un</strong> – OK… Je ne vais pas te retenir plus longtemps. Et puis il faut que je file. Je donne aussi un coup de main le midi à la Croix Rouge. Je n’ai même pas le temps de manger. Je te dis : je n’ai pas une minute à moi…<br><strong>Deux</strong> – Oui, ça doit te changer de la SNCF.<br><strong>Un</strong> – Bon… Ben… Salut Claude…<br><strong>Deux</strong> – Je m’appelle Henri.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, profite bien de ta retraite.<br><strong>Deux</strong> – Ouais, toi aussi. Alors… Tam biêt.<br><strong>Un</strong> – Tam biêt…?<br><strong>Deux</strong> – Ça veut dire au revoir en vietnamien.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, kenavo.<br><em>Le premier s’éloigne, toujours aussi énergétique, tandis que le deuxième reste perplexe.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/trop-cest-trop/">Trop c&rsquo;est trop !</a><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Code confidentiel</title>
		<link>https://sketchotheque.net/code-confidentiel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:12:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Code confidentiel, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont debout face au public.<br></em><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Non, ça ne me revient vraiment pas…<br><strong>Lui</strong> – Tu es sûre que tu ne l’as pas noté quelque part ?<br><strong>Elle</strong> – Si ! Si, évidemment, que je l’ai noté quelque part.<br><strong>Lui</strong> – Eh ben alors ?<br><strong>Elle</strong> – Le problème, c’est que je ne sais plus où je l’ai noté.<br><strong>Lui</strong> – D’accord…<br><strong>Elle</strong> – Le principe des codes secrets, ce n’est pas de les marquer en gros sur la porte du frigo… ou sur sa valise quand on part en voyage.<br><strong>Lui</strong> – Le principe, c’est surtout de se souvenir où on les a planqués.<br><strong>Elle</strong> – Eh ben voilà, il faut croire que je l’ai bien planqué, parce que même moi, je n’arrive pas à le retrouver.<br><strong>Lui</strong> – Et ton mot de passe, tu ne sais plus du tout ce que c’était ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis plus très sûre. Je n’ai droit qu’à trois essais, et j’en ai déjà fait deux.<br><strong>Lui</strong> – J’ai l’impression qu’on parle d’un génie sorti d’une bouteille et à qui on ne peut demander que trois choses.<br><strong>Elle</strong> – J’essaie de me souvenir… Des mots de passe, on en a tellement.<br><strong>Lui</strong> – Moi je prends le même pour tout, comme ça je suis sûr de m’en souvenir.<br><strong>Elle</strong> – Et surtout, comme ça si on te le pirate, on peut tout te pirater.<br><strong>Lui</strong> – Mais au moins, je peux accéder à mon compte !<br><strong>Elle</strong> – Eh ben vas-y, accède à ton compte !<br><strong>Lui</strong> – J’ai perdu ma carte bleue, tu le sais bien.<br><strong>Elle</strong> – Tu te souviens de ton mot de passe, mais tu as perdu ta carte, moi je n’ai pas perdu ma carte mais je ne me souviens plus de mon mot de passe.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’était pas ta date de naissance ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne révèle jamais ma date de naissance à personne. Même pas à ma banque.<br><strong>Lui</strong> – Ton numéro de sécurité sociale ?<br><strong>Elle</strong> – Figure-toi que je choisis des mots de passe un peu plus difficiles à pirater.<br><strong>Lui</strong> – Même par toi…<br><strong>Elle</strong> – Il me semble quand même que cette fois, ce n’était pas juste une série de chiffres au hasard, comme je le fais pour ma grille de loto.<br><strong>Lui</strong> – Bon, mais tu ne te souviens pas du numéro gagnant ?<br><strong>Elle</strong> – On n’a plus droit qu’à un essai. Si ce n’est pas le bon code, la carte sera avalée, et on va mourir de faim.<br><strong>Lui</strong> – Comme tous les habitants de ce pays de merde, d’ailleurs. Qu’est-ce qui nous a pris de venir passer nos vacances ici…<br><strong>Elle</strong> – Ça en revanche, c’est une idée de toi, je te rappelle. Moi je voulais aller en Bretagne. En Bretagne, on ne risquait pas de mourir de faim.<br><strong>Lui</strong> – Bon. Ne dramatisons pas. On peut toujours aller au consulat…<br><strong>Elle</strong> – Le premier consulat est à deux cents kilomètres d’ici. On ne sait même pas où dormir ce soir…<br><strong>Lui</strong> – Alors qu’est-ce que tu proposes ?<br><strong>Elle</strong> – On n’a pas le choix, il faut essayer.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça, essayer ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais faire un code au hasard, en me fiant à ma mémoire gestuelle. Je l’ai fait des milliers de fois, ce code, mes doigts s’en souviennent sûrement.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois ?<br><strong>Elle</strong> – Plus j’y pense, moins je m’en souviens, alors je ne vais penser à rien, et je vais faire le code.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas si c’est une bonne idée…<br><strong>Elle</strong> – Tu as une autre solution ?<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Alors j’y vais.<br><strong>Lui</strong> – OK… Mais concentre-toi bien.<br><strong>Elle</strong> – Surtout pas ! Je te dis, il faut que je ne pense à rien.<br><strong>Lui</strong> – OK, alors ne pense à rien.<br><strong>Elle</strong> – J’essaie…<br><strong>Lui</strong> – Je suis sûr que tu vas y arriver…<br><strong>Elle</strong> – J’ai l’impression de sauter à l’élastique… Allez je me lance…<br><em>Elle ferme les yeux et compose un code. Ils retiennent leur respiration.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Ça a marché !<br><strong>Lui</strong> – Alléluia !<br><strong>Elle</strong> – Du coup, on a un peu d’argent, mais à l’étranger c’est limité à cent euros à chaque retrait.<br><strong>Lui</strong> – On ne va pas aller loin avec ça. Enfin, on pourra toujours en reprendre, maintenant que tu as retrouvé ton code…<br><strong>Elle</strong> – C’est-à-dire que…<br><em>Elle semble perturbée.</em><br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Ben j’ai tapé mon code sans réfléchir…<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas du tout ce que j’ai tapé…<br><strong>Lui</strong> – Tu n’as pas vu ?<br><strong>Elle</strong> – J’ai fermé les yeux, pour être sûre de ne penser à rien…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Je sens que ces vacances, ça va être une expérience inoubliable…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Hommage</title>
		<link>https://sketchotheque.net/hommage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:06:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cadre]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hommage, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont debout l’un à côté de l’autre face au public, lui un peu en avant, elle légèrement en retrait. Ils affichent un sourire crispé et une mine de circonstance. Il se racle la gorge et sort un papier de sa poche, auquel il jettera un regard de temps.<br></em><strong>Lui</strong> – Chers amis, chers collègues… Nous sommes ici rassemblés pour célébrer la mémoire de Jean-Claude, qui hélas nous a brusquement quittés il y a quelques jours. Pour nous tous, Jean-Claude était bien plus qu’un collègue, c’était un ami, je dirais même plus, presque un membre de la famille… Jean-Claude était un homme…<br><em>Elle essaie discrètement d’attirer son attention en toussant, et devant l’incompréhension de l’autre, elle lui glisse quelque chose à l’oreille.</em><br><strong>Lui</strong> – Pardonnez-moi d’avoir écorché le prénom de notre cher défunt. L’émotion sans doute… Jean-Jacques était un homme… discret, mais apprécié de tous. Tout au long de sa carrière au Service de la Voirie. (<em>Elle lui lance à nouveau un regard embarrassé et toussote, il jette un regard à son papier et se reprend.</em>) Tout au long de sa carrière au Service du Cadastre, j’ajouterai au service de ses concitoyens et donc au service de la France, Jean-Paul ne s’est jamais fait remarquer pour un mauvais comportement, un geste d’humeur ou un mot plus haut que l’autre. Non, Jean-Paul n’était pas homme à se mettre en avant. Toujours prêt à la cantine, à céder sa place dans la file à quelqu’un de plus pressé que lui. Toujours disposé à remplacer un collègue en arrêt maladie. Toujours volontaire pour prendre ses congés d’été au mois de janvier pour permettre aux autres de partir au soleil en famille. Oui, plus qu’un homme discret, on peut dire que Jean-Jacques, de son vivant déjà, avait choisi de s’effacer. Mais c’était pour mieux laisser à ceux qu’il aimait la possibilité de s’épanouir. Oui, Jean-Charles, vu le peu de place que tu occupais en ce bas monde, on peut vraiment dire que ta disparition laisse un grand vide derrière toi. À la veille de la retraite, tu t’en vas comme tu as vécu. Sans vouloir déranger. Au moins tu seras mort paisiblement. C’est le cœur qui a lâché, sans doute parce que tu l’avais trop grand… (<em>Elle lui glisse à nouveau un mot à l’oreille</em>.) Le cœur… et aussi me dit-on le tramway qui t’a renversé juste au sortir de chez toi. Ce tram qui devait te conduire ici pour ce qui aurait dû être ton dernier jour de travail, et qui finalement t’aura conduit directement au terminus. Tu pars malgré tout entouré de l’amour des tiens, de celui de ta fidèle épouse surtout… (<em>Elle lui fait un signe, et il se reprend.</em>) Cette épouse dont hélas tu avais divorcé il y a de cela bien des années… Le plus dur, dit-on, c’est pour ceux qui restent. Fort heureusement, tu ne laisses derrière toi aucune veuve et aucun enfant. Mais ta famille te pleure malgré tout, Jean-Philippe. Car ta famille, c’était nous… Merci à vous tous d’avoir été présents pour honorer une dernière fois la mémoire de notre regretté Jean-Bernard. Paix à son âme. Et qu’il profite enfin après ce dernier voyage, lui qui n’en avait fait aucun de son vivant, de cette éternelle retraite bien méritée. Et qui celle-là ne coûtera rien à sa caisse de retraite. Adieu Jean-Christophe, tes collègues ne t’oublieront jamais….<br><em>Moment de transition pendant que l’assistance est supposée se disperser. Ils restent donc seuls.</em><br><strong>Lui</strong> (<em>rangeant son papie</em>r) – Oh putain, quel calvaire. Qui est-ce qui m’a rédigé ce torchon ? C’est vous ?<br><strong>Elle</strong> – C’est votre premier adjoint. En effet, il n’avait pas l’air très intime avec le défunt.<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus… Vous le connaissiez, vous, ce type ?<br><strong>Elle</strong> – Non, pas personnellement. C’était quelqu’un de très discret.<br><strong>Lui</strong> – Vous êtes sûre qu’il est mort, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Oh oui, je crois quand même… Je vais vérifier.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Confession</title>
		<link>https://sketchotheque.net/confession/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 15:00:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Eglise]]></category>
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		<category><![CDATA[Secret]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Confession, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, assis face au public. Elle arrive, et s’assied, également face au public.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous écoute, mon enfant…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas facile, mon Père.<br><strong>Lui</strong> – À travers moi, c’est à notre Seigneur que vous confesserez vos péchés. N’oubliez pas que pour lui, faute avouée est à moitié pardonnée. Si en plus vous vous repentez avec sincérité, quoi que vous ayez fait, vous serez absoute.<br><strong>Elle</strong> – C’est-à-dire que… Il ne s’agit pas exactement d’un péché.<br><strong>Lui</strong> – Si vous pensez ne pas avoir commis de péché, pourquoi venir vous confesser ? Mais vous savez, nous commettons tous des péchés, hélas.<br><strong>Elle</strong> – Même vous ?<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr, même moi. Je ne suis qu’un homme.<br><strong>Elle</strong> – Mais alors, à qui est-ce que vous vous confessez ? C’est vrai, c’est une question que je me suis toujours posée. Pour les coiffeurs, par exemple. Qui est-ce qui leur coupe les cheveux. Ou pour les médecins. On n’imagine jamais qu’un médecin puisse être malade. Et pourtant, ce ne sont que des hommes eux aussi…<br><strong>Lui</strong> – Je crois que nous nous égarons, ma fille. Depuis combien de temps ne vous êtes-vous pas confessée?<br><strong>Elle</strong> – Je ne me suis jamais confessée.<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas, comment pouvez-vous prétendre ne jamais avoir péché ? Quand bien même vous seriez une Sainte…<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas une Sainte, mais ce que j’ai à vous dire est tout à fait extraordinaire.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Si cela peut vous aider, je vous écoute. Et nous examinerons ensemble si ce que vous avez fait est ou non un péché.<br><strong>Elle</strong> – Eh bien mon Père, en toute modestie, je pense avoir percé le mystère de l’univers.<br><strong>Lui</strong> – Le mystère de… Si c’est une plaisanterie, sachez que c’est en tout cas un péché de bafouer ainsi la confession, qui est un de nos sacrements les plus précieux.<br><strong>Elle</strong> – Je savais que vous me prendriez pour une folle… Mais c’est bien pour cela que je suis venue vous voir. Si vous, vous refusez de m’écouter, qui le fera ?<br><strong>Lui</strong> – Très bien, alors je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien voilà, Docteur…<br><strong>Lui</strong> – Mon Père.<br><strong>Elle</strong> – Pardon… Eh bien voilà, mon Père… je pense avoir compris comment marche tout ça. Comment ça fonctionne. Et surtout pourquoi.<br><strong>Lui</strong> – Tout ça ?<br><strong>Elle</strong> – Le monde ! La vie, la mort, le bien, le mal…<br><strong>Lui</strong> – Rien que ça ?<br><strong>Elle</strong> – L’univers, les galaxies, les trous noirs, les extraterrestres…<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Et comment prétendez-vous être parvenue à une telle connaissance universelle ? Vous êtes scientifique, sans doute ? Si c’est le cas, entendons-nous bien. Mon domaine est celui du doute, de la croyance et de la foi. Pas celui de la certitude, de la vérité et du savoir.<br><strong>Elle</strong> – C’est là où ça va vous surprendre. Je ne suis absolument pas scientifique. D’ailleurs, j’ai toujours été nulle en maths. Mais depuis que je suis toute petite, je me pose des questions sur tout ça. Pas vous ?<br><strong>Lui</strong> – Si… À ma façon…<br><strong>Elle</strong> – Et vous aussi, à votre façon, vous pensez avoir trouvé la vérité.<br><strong>Lui</strong> – Parlons plutôt de ce qui vous amène…<br><strong>Elle</strong> – Bien entendu, assez vite, j’ai compris que je ne trouverai jamais les réponses aux questions que tout le monde se pose sans aucun résultat depuis des millénaires.<br><strong>Lui</strong> – Et…?<br><strong>Elle</strong> – Et pourtant, alors que je n’y croyais plus, la nuit dernière, tout s’est éclairé d’un coup.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – Je dormais à poing fermés. Je me suis réveillée en sueur. Et la solution m’est apparue comme un flash.<br><strong>Lui</strong> – Ne me dites pas que vous avez eu une apparition miraculeuse… Que vous avez vu la vierge…<br><strong>Elle</strong> – Non, bien sûr. Et d’ailleurs, pour ce qui est du secret de l’univers, autant vous dire tout de suite que Dieu n’a pas grand chose à voir là-dedans. C’est aussi pour ça que je voulais vous prévenir en premier. Pour que vous puissiez en parler avec… votre patron.<br><strong>Lui</strong> – C’est très aimable de votre part mais… par curiosité, pourriez-vous me dire en gros ce que vous pensez avoir découvert ?<br><strong>Elle</strong> – Vous allez voir, en fait, c’est d’une simplicité…<br><strong>Lui</strong> – Biblique ?<br><strong>Elle</strong> – Je m’attendais bien sûr à un truc extrêmement compliqué. Puisque les scientifiques d’un côté, et les philosophes de l’autre, n’ont jamais réussi à trouver le début du commencement de la moindre explication.<br><strong>Lui</strong> – Et ?<br><strong>Elle</strong> – Eh bien finalement non… C’est très simple. Même si évidemment, c’est tout à fait étonnant. Sinon vous pensez bien que quelqu’un y aurait déjà pensé avant moi…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avoue que vous avez piqué ma curiosité. Je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Comme cette explication m’est apparue en rêve, je me suis empressée de noter tout ça sur un papier. Ça a beau être simple. Les rêves, vous savez ce que c’est… Le plus souvent, à peine réveillé, on les oublie.<br><strong>Lui</strong> – Alors je vous prie de ne pas me faire attendre davantage. D’autant que j’ai encore plusieurs paroissiens à prendre en confession après vous…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien voilà…<br><strong>Lui</strong> – Oui ?<br><strong>Elle</strong> – Attendez, je vous dis ça tout de suite…<br><strong>Lui</strong> – J’attends.<br><em>Elle cherche en vain dans son sac le papier en question.</em><br><strong>Elle</strong> – Et merde !<br><strong>Lui</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ce que j’ai fichu de ce papier. J’étais pourtant sûre de l’avoir mis dans mon sac…<br><strong>Lui</strong> – Mais vous vous souvenez sans doute de quoi il retourne ? En gros, en tout cas…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien je vous dis… C’est comme les rêves… C’est parfaitement clair quand on dort. Tout paraît simple et évident mais…<br><strong>Lui</strong> – Oui ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, ce n’est pas possible… Je l’ai sur le bout de la langue…<br><strong>Lui</strong> – Je vois…<br><strong>Elle</strong> – Oh, non, c’est trop bête… Le secret de l’univers ! Je l’avais, là… et… ça m’est sorti de l’esprit.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – Non mais attendez, ça va sûrement me revenir… Ça avait un rapport avec… Oh merde, je ne sais plus…<br><strong>Lui</strong> – Bien… Et sinon, vous n’avez rien d’autre à me confesser ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas, je vais vous demander de partir. Parmi mes paroissiens, d’autres plus malheureux que vous attendent le réconfort de la religion.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, excusez-moi. Mais je vais y repenser, et si ça me revient…<br><strong>Lui</strong> – Voilà, repensez-y, et revenez me voir si ça vous revient, d’accord ?<br><strong>Elle</strong> – Merci. Je vous dois combien, Docteur ?<br><strong>Lui</strong> – Vous pouvez toujours laisser une offrande dans le tronc en sortant.<br><strong>Elle</strong> – Ça va me revenir, j’en suis sûre… Et puis je vais peut-être retrouver ce fichu papier… C’est moins gros qu’une Bible, évidemment, mais bon… Ça tenait en une phrase.<br><strong>Lui</strong> – En une phrase ?<br><strong>Elle</strong> – Malheureusement, je l’ai oubliée…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Retour vers le futur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-vers-le-futur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 14:48:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Cabinet médical]]></category>
		<category><![CDATA[Chercheur]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Médicament]]></category>
		<category><![CDATA[Singe]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour vers le futur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là, en blouse blanche. Il arrive en tenue de ville.<br></em><strong>Elle</strong> – Bonjour Monsieur. Je vous remercie d’avoir accepté de participer à cette expérimentation, qui je vous le rappelle s’inscrit dans un programme de recherche strictement confidentiel, et d’ailleurs classé secret défense.<br><strong>Lui</strong> – Si j’ai accepté votre proposition, sachez-le, ce n’est pas en raison de la généreuse indemnisation que vous offrez pour prendre part à ce protocole d’essai thérapeutique, mais par pur civisme. Je suis catholique pratiquant, mais aussi membre de la CFDT. Si ma modeste contribution permet de guérir l’Humanité d’un des nombreux maux dont elle souffre encore.<br><strong>Elle</strong> – Oui… À ce propos, j’en arrive à l’objet de ce programme de recherche, que nous n’avons pas jugé utile de révéler aux participants avant qu’ils n’aient été définitivement sélectionnés. Mais maintenant que vous faites partie de l’aventure, nous nous devons d’être clairs sur le but que nous poursuivons, et sur les raisons qui nous ont poussés à entreprendre ce programme, baptisé « Retour vers le futur ».<br><strong>Lui</strong> – « Retour vers le futur » ?<br><strong>Elle</strong> – Vous allez bientôt comprendre pourquoi.<br><strong>Lui</strong> – Mais il s’agit bien de tester un nouveau médicament, n’est-ce pas ?<br><strong>Elle</strong> – En réalité… pas tout à fait.<br><strong>Lui</strong> – Vous m’intriguez, Docteur.<br><strong>Elle</strong> – À vrai dire, cher Monsieur, c’est votre sperme qui nous intéresse.<br><strong>Lui</strong> – Là vous ne m’intriguez plus, vous me faites peur.<br><strong>Elle</strong> – Vous évoquiez tout à l’heure les nombreux maux dont souffre encore l’Humanité.<br><strong>Lui</strong> – Je pensais à la fièvre Ebola, au Coronavirus, au SIDA…<br><strong>Elle</strong> – Des maladies bien réelles, contre lesquelles aucun vaccin efficace n’a encore été trouvé à ce jour, hélas.<br><strong>Lui</strong> – Mais…?<br><strong>Elle</strong> – Mais pour être honnête, cher Monsieur, si l’on examine les choses de façon tout à fait objective, est-ce que ce sont vraiment ces virus qui menacent l’existence même de l’Humanité ?<br><strong>Lui</strong> – Non, probablement pas.<br><strong>Elle</strong> – Et à votre avis, quel est ce mal, qui conduit notre planète à sa fin ?<br><strong>Lui</strong> – Je… Je ne sais pas…<br><strong>Elle</strong> – Ce fléau, cher Monsieur, c’est l’Homme.<br><strong>Lui</strong> – L’homme ?<br><strong>Elle</strong> – Enfin, la femme aussi, bien sûr. Je veux dire l’être humain en général.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Surpopulation, déforestation, épuisement des ressources, réchauffement climatique, guerre nucléaire…<br><strong>Lui</strong> – Oui, en effet, mais… en quoi mon sperme pourrait-il vous aider à lutter contre de tels fléaux ?<br><strong>Elle</strong> – Cher Monsieur, la situation, telle que nous pouvons l’appréhender à l’aide des outils qui sont les nôtres, est encore plus désespérée que vous ne pouvez l’imaginer.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment…?<br><strong>Elle</strong> – C’est en partant de ce tragique constat que nous en sommes arrivés à la seule solution possible pour éviter la catastrophe finale, en d’autres termes la fin du monde.<br><strong>Lui</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Vous est-il arrivé, en prenant la mesure de toutes les horreurs dont l’homme est capable, de vous poser cette question toute simple : Quand tout ça a-t-il commencé à merder ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin… Et quand à votre avis ?<br><strong>Elle</strong> – La réponse est évidente hélas : quand le singe est devenu un homo sapiens.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Ou selon vos critères à vous, puisque vous êtes catholique, quand Dieu a créé l’Homme.<br><strong>Lui</strong> – Vous pensez qu’il a eu tort ?<br><strong>Elle</strong> – Il suffit pour s’en convaincre de constater les résultats aujourd’hui. C’était une véritable bombe à retardement.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Et qu’est-ce que vous proposez, exactement ?<br><strong>Elle</strong> – On a bien pensé d’abord à créer un surhomme. Mais ça a déjà été tenté par le passé, avec les conséquences fâcheuses que l’on connaît. Avec l’homme, on va à la catastrophe. Avec un surhomme on y court.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est donc pas du côté de la marche avant qu’il faut chercher la solution, mais plutôt du côté de la marche arrière.<br><strong>Lui</strong> – La marche arrière ?<br><strong>Elle</strong> – Les plus grands scientifiques du monde, ainsi que les meilleures spécialistes des sciences humaines, y compris les plus éminents philosophes, se sont réunis secrètement il y a quelques mois sous l’égide de l’ONU. Ils sont formels : la seule véritable solution à long terme pour sauver la Terre, c’est de ramener l’homme au stade du singe.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça ramener ?<br><strong>Elle</strong> – Pas d’un seul coup, évidemment. Mais en modifiant peu à peu par une sélection naturelle les caractéristiques génétiques de nos descendants. Et c’est là où nous avons besoin de vous.<br><strong>Lui</strong> – De moi ?<br><strong>Elle</strong> – Enfin de votre sperme, en tout cas.<br><strong>Lui</strong> – Expliquez-moi ça…<br><strong>Elle</strong> – Des études scientifiques montrent que, parmi toutes les catégories de la population mondiale, les catholiques pratiquants sont les plus proches génétiquement du singe.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ?<br><strong>Elle</strong> – En réalité, la règle vaut pour les croyants en général. Mais nous avons contacté un échantillon d’extrémistes d’autres confessions, et ils ont refusé de collaborer…<br><strong>Lui</strong> – Je vois…<br><strong>Elle</strong> – Et puis on n’allait pas non plus faire surgir une nouvelle espèce humaine, plus proche du primate, à partir des seuls gènes de fanatiques religieux. Car il y a aussi des singes très agressifs, vous savez…<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr…<br><strong>Elle</strong> – C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons aussi opéré une sélection parmi les catholiques pratiquants.<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi moi ?<br><strong>Elle</strong> – C’est là où dans nos études statistiques, le côté syndicaliste semble jouer en votre faveur. À condition qu’il s’agisse d’un syndicat réformiste, évidemment. Parmi les catholiques pratiquants, ceux qui sont aussi membres de la CFDT semblent les moins agressifs et les plus aptes à collaborer.<br><strong>Lui</strong> – Je vois.<br><strong>Elle</strong> – Maintenant que vous êtes au courant de tout, je vous repose donc solennellement la question, cher Monsieur : Êtes-vous prêt, en faisant don de votre sperme, à participer à la régénération de la race humaine en la faisant rétrograder au stade du singe ?<br><strong>Lui</strong> – J’avoue que cette proposition… me prend un peu de court.<br><strong>Elle</strong> – Vous comprenez mieux maintenant le nom que nous avons donné à cette mission de la dernière chance : « Retour vers le futur ». En ramenant l’Homme à l’état de primate, nous espérons que dans son développement à venir, il choisira une voie plus raisonnable…<br><strong>Lui</strong> – Je suis sensible à l’honneur que vous me faites, et j’ai conscience de ma responsabilité. C’est pourquoi je vous confirme mon accord pour participer à cette opération de sauvetage de l’Humanité.<br><strong>Elle</strong> – Merci, cher Monsieur, votre réponse ne m’étonne pas, au regard de ce que nous savons de vous. Je vous recontacterai donc très prochainement pour commencer le protocole.<br><strong>Lui</strong> – Je me tiens à votre disposition.<br><strong>Elle</strong> – Grâce à vous, dans deux ou trois générations, l’Homme aura oublié jusqu’au souvenir d’avoir été un Homme.<br><em>Il sort. Elle prend son portable et compose un numéro.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu ne vas pas le croire, mais il a accepté…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Bureau]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Chantage]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, un gros cahier à la main.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour, bonjour… Entrez, entrez…<br><strong>Lui</strong> – Merci, merci…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas eu trop de mal pour venir ? Avec ces grèves…<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste en face.<br><strong>Elle</strong> – En face ? Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – L’immeuble en face.<br><strong>Elle</strong> – D’accord, d’accord… Je ne savais pas que… C’est curieux, j’étais persuadée que cette fenêtre-là, sur le mur d’en face, c’était un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Oui. Que la fenêtre était peinte sur le mur. Je n’ai jamais rien vu bouger derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Et pourtant, je suis là, vous voyez…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et donc, de votre salon, vous voyez tout ce qui se passe ici.<br><strong>Lui</strong> – Absolument tout…<br><em>Elle rit nerveusement, comme pour se rassurer.</em><br><strong>Elle</strong> – Remarquez… qu’est-ce qui pourrait bien se passer d’intéressant dans le bureau d’un agent littéraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ça, c’est à vous de me le dire.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, bien sûr… Alors, ce nouveau roman, ça avance ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… J’espère que c’est original, parce que vous savez, en ce moment… La rentrée littéraire est de plus en plus encombrée… Des tas de gens qui racontent leur petite vie, et leurs petits malheurs, persuadés que ça va passionner la Terre entière.<br><strong>Lui</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas une autofiction.<br><strong>Elle</strong> – Tant mieux, tant mieux… Non, ce dont on aurait besoin aujourd’hui, c’est d’un nouveau Robbe-Grillet. D’un nouveau Perec. D’un nouveau Butor. Quelqu’un qui soit encore capable de renouveler les codes du roman classique.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir. Ça va vous étonner. Et je ne serais pas surpris qu’en sortant d’ici, vous me traitiez de butor.<br><strong>Elle</strong> – Mais bien sûr ! Il faut tout faire péter. Comme en mai 68. On sait que ça ne durera pas, que six mois après on votera pour De Gaulle, et que soixante ans après c’est Cohn-Bendit qui se prendra pour De Gaulle, mais sur le moment, ça soulage…<br><strong>Lui</strong> – C’est drôle que vous disiez « soulage » parce que justement… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez jeté un coup d’œil à mon manuscrit…<br><strong>Elle</strong> – Là… vous commencez à m’intriguer, cher ami. J’ai hâte de voir ça. Vous m’avez apporté quelques bonnes feuilles ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé. Tenez, si vous voulez y jeter un coup d’œil…<br><em>Il lui tend le gros cahier.</em><br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… Ah oui, c’est du lourd, on dirait… Ce n’est pas trop long quand même ? Vous savez, maintenant, au-delà de 200 pages… Que voulez-vous ? C’est la génération SMS. Les gens ont perdu l’habitude de tourner les pages…<br><em>Elle sort ses lunettes de presbyte.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça fera dans les 900 pages. Mais vous verrez, ça se lit très facilement.<br><strong>Elle</strong> – Bon, bon… Et c’est quoi, le titre ?<br><strong>Lui</strong> – Le blanc et le noir.<br><strong>Elle</strong> – Le blanc et le noir… Un hommage à Stendhal, peut-être ?<br><strong>Lui</strong> – À Soulages, plutôt… C’est pour ça que tout à l’heure, je vous disais que…<br><strong>Elle</strong> – Soulages ? Tiens donc… J’adore Soulages.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, pour le titre, j’avais d’abord pensé à… Les mémoires d’outrenoir.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Un clin d’œil à Chateaubriand, donc… Mais dites-moi, Stendhal, Chateaubriand… Vous êtes sûr qu’avec tout ça, vous allez vraiment révolutionner l’histoire de la littérature ?<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir, c’est très étonnant.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… alors voyons ça.<br><em>Elle ouvre le cahier et commence à regarder. Elle tourne quelques pages.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous laisse le temps de vous faire une idée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais dites-moi. Apparemment, vous avez laissé quelques pages blanches au début. Ça commence à quelle page, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – C’est déjà commencé.<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Ces pages blanches, ça fait partie du roman.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de vous suivre…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avais dit que ça vous surprendrait. Alors voilà. J’ai calculé que sur une page de roman, en moyenne, les caractères d’imprimerie, en noir donc, occupent huit pour cent de la surface de la page blanche.<br><strong>Elle</strong> – Huit pour cent ?<br><strong>Lui</strong> – En moyenne. Ça dépend du type de caractères employés par l’imprimeur, évidemment. Pour un caractère plus gros et plus gras, ça peut monter jusqu’à neuf ou même dix pour cent.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment…? Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Donc, j’ai eu l’idée de séparer le blanc du noir.<br><strong>Elle</strong> – Voyez-vous ça.<br><strong>Lui</strong> – Après, je me suis demandé si je devais mettre le blanc d’abord et ensuite le noir, ou bien l’inverse…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, j’ai décidé de commencer par le blanc… Pour créer… une attente de la part du lecteur, vous voyez ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois, je vois…<br><strong>Lui</strong> – Une sorte de suspense, si vous préférez.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de savoir ce que je préfère… (<em>Tournant les pages</em>) Et donc, toutes les pages sont blanches.<br><strong>Lui</strong> – Pas du tout. Et c’est là où ça devient intéressant. Pour simplifier, je suis parti sur une moyenne de dix pour cent. Donc, systématiquement, après neuf pages blanches vient une page noire.<br><strong>Elle</strong> – Noire ?<br><strong>Lui</strong> – Totalement noire.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi noire ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que ça vous déstabiliserait un peu. Mais c’est ce que vous vouliez, non ? Du nouveau ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Lui</strong> – Cette page noire, qui vient après neuf pages blanches, rassemble toute l’encre qu’on aurait normalement dû utiliser pour noircir, comme on dit, les neuf pages précédentes, qui en l’occurrence, dans mon roman, resteront vierges. Vous comprenez ?<br><strong>Elle</strong> – Je comprends, je comprends…<br><strong>Lui</strong> – Je vois que ça vous laisse un peu perplexe, c’est normal. Comme tout ce qui est nouveau, ça peut surprendre un peu au début, alors vous me permettrez d’utiliser une métaphore, pour vous aider à mieux appréhender le caractère révolutionnaire de ce roman.<br><strong>Elle</strong> – Une métaphore ?<br><strong>Lui</strong> – Un roman, c’est comme une omelette. Mais des omelettes comme ça, on en a fait le tour. On a beau rajouter des oignons, des pommes de terre, des herbes de Provence… Une omelette, ça reste une omelette. Là, je fais un choix radical, et je reviens aux fondamentaux. Je sépare le blanc du jaune. Ou le blanc du noir, en l’occurrence. D’où le titre…<br><strong>Elle</strong> – Vous vous foutez de moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que vous alliez dire ça… Mais non… Pas plus que tous ces peintres qui vous vendent des tableaux complètement blancs ou complètement noirs, en baptisant pompeusement ça monochrome !<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Ce premier roman du genre est un geste fondateur. Par la suite, bien sûr, je pourrais en écrire d’autres, dans lesquels le blanc ne sera plus tout à fait blanc, et le noir plus tout à fait noir. Mais attention ! Toujours en respectant cette proportion sacrée de dix pour cent !<br><strong>Elle</strong> – Dix pour cent.<br><strong>Lui</strong> – Les peintres ont bien leur nombre d’or, pourquoi pas nous, les auteurs ? Et la preuve que ce chiffre est sacré, dix pour cent, c’est ce que vous me prenez en tant qu’agent sur tous mes droits d’auteur !<br><strong>Elle</strong> – Et vous croyez vraiment que je vais vous verser une avance pour cette fumisterie ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous l’ai dit, j’habite juste en face… et de chez moi, je vois tout ce qui se passe dans ce bureau.<br><strong>Elle</strong> – Tout ?<br><strong>Lui</strong> – Tout. J’ai même des vidéos…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et… vous voulez combien, pour oublier tout ce que vous avez vu ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Choupette</title>
		<link>https://sketchotheque.net/choupette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 15:46:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Bible]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Ethique]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Remords]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Choupette, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table. Un autre arrive, avec des lunettes noires, et s’adresse à lui.</em><br><strong>Un</strong> – Les sanglots longs des violons de l’automne…<br><strong>Deux</strong> – Bercent mon cœur d’une langueur monotone.<br><strong>Un</strong> – Ça ira. Mais ce n’est pas bercent, c’est blessent.<br><strong>Deux</strong> – Pardon ?<br><strong>Un</strong> – Blessent mon cœur d’une langueur monotone.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Asseyez-vous.<br><em>L’autre s’assied.</em><br><strong>Deux</strong> – En même temps, c’est un peu con comme mot de passe.<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Tout le monde connaît la deuxième partie.<br><strong>Un</strong> – Pas vous, apparemment…<br><strong>Deux</strong> – Désolé, je ne savais pas que les tueurs à gages étaient aussi pointilleux en ce qui concerne la poésie de Baudelaire.<br><strong>Un</strong> – C’est de Verlaine.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Je vous écoute.<br><strong>Deux</strong> – Je voudrais faire disparaître quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Oui, en général, c’est pour ça qu’on m’appelle… Comment se nomme cette personne ?<br><strong>Deux</strong> – Choupette.<br><strong>Un</strong> – Choupette ?<br><strong>Deux</strong> – C’est une chienne.<br><strong>Un</strong> – Ça, ça ne me regarde pas. Mais si on pouvait éviter les propos sexistes. Je ne supporte pas.<br><strong>Deux</strong> – Non, je veux dire que… c’est vraiment une chienne.<br><strong>Un</strong> – Une chienne ? Vous voulez dire un animal ?<br><strong>Deux</strong> – Oui. Une chienne. La femelle du chien.<br><em>L’autre se lève pour partir.</em><br><strong>Un</strong> – Désolé, mais nous avons une certaine éthique dans notre métier. Nous ne tuons jamais les animaux.<br><strong>Deux</strong> – Attendez… Je vous propose le double.<br><em>L’autre, intrigué, se rassied.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi vous voulez la tuer, d’abord, cette pauvre bête.<br><strong>Deux</strong> – Si vous la connaissiez, vous ne diriez pas cette pauvre bête, croyez-moi.<br><strong>Un</strong> – Racontez-moi ça…<br><strong>Deux</strong> – C’était la chienne de ma femme.<br><strong>Un</strong> – C’était ?<br><strong>Deux</strong> – Elle est morte.<br><strong>Un</strong> – La chienne ?<br><strong>Deux</strong> – Ma femme !<br><strong>Un</strong> – Désolé.<br><strong>Deux</strong> – Ne le soyez pas… C’est moi qui l’ai tuée.<br><strong>Un</strong> – Et… pourquoi, si je peux me permettre ?<br><strong>Deux</strong> – En fait… c’était plutôt un accident.<br><strong>Un</strong> – Un homicide involontaire, vous voulez dire ?<br><strong>Deux</strong> – Disons plutôt… un acte manqué.<br><strong>Un</strong> – Je vois.<br><strong>Deux</strong> – On se promenait au bord d’une falaise tous les trois et…<br><strong>Un</strong> – Tous les trois ?<br><strong>Deux</strong> – Avec Choupette.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Deux</strong> – Je l’ai un peu bousculée, accidentellement, elle a glissé, et elle s’est écrasée en bas.<br><strong>Un</strong> – Et vous n’avez pas été inquiété par la police.<br><strong>Deux</strong> – Par la police, non. Mais Choupette a tout vu. Et depuis…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Elle me regarde.<br><strong>Un</strong> – Elle vous regarde ?<br><strong>Deux</strong> – Avec un air accusateur.<br><strong>Un</strong> – D’accord.<br><strong>Deux</strong> – Vous connaissez cet épisode de la Bible. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.<br><strong>Un</strong> – Ça me dit vaguement quelque chose. Même si dans mon métier, vous savez, la Bible, ce n’est pas mon livre de chevet.<br><strong>Deux</strong> – Eh bien moi c’est Choupette. Toute la journée, elle garde les yeux fixés sur moi. C’est devenu insupportable.<br><strong>Un</strong> – Je comprends.<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr que vous pouvez comprendre. Si ça continue, je finirai par faire une bêtise.<br><strong>Un</strong> – Vous pourriez vous en débarrasser vous-même. Vous avez bien tué votre femme.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais j’ai peur.<br><strong>Un</strong> – Peur ?<br><strong>Deux</strong> – Il y a quelque chose de surnaturel, là-dedans, je vous assure. Ce n’est pas seulement une bête. C’est…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ce regard… Le regard de Choupette… C’est celui de ma femme.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez réussi à me foutre les jetons, à moi aussi. Et pourtant, avec le métier que je fais, j’en ai vu d’autres, je vous le garantis…<br><strong>Deux</strong> – Débarrassez-moi de Choupette, je vous en supplie.<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé, mais là… Je ne fais pas dans la réincarnation.<br><strong>Deux</strong> – Mais qu’est-ce que je vais devenir ?<br><strong>Un </strong>– Je ne sais pas, moi… Un chien ?<br><em>Il se lève et s’en va. L’autre reste silencieux un instant.</em><br><strong>Deux</strong> – Un chien… Ouaf… Ouaf, ouaf…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Malchance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/malchance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 15:24:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Code]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1404</guid>

					<description><![CDATA[<p>Malchance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table devant un verre plein et un autre vide. À côté un seau à champagne avec une bouteille de Blanquette de Limoux. Un autre personnage arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Comment est votre Blanquette de Limoux ?<br><strong>Deux</strong> – Ma blanquette est bonne.<br><strong>Un</strong> – C’est un mot de passe pour cinéphile…<br><strong>Deux</strong> – <em>Le Caire, Nid d’espions</em>, mon préféré. Je vous en sers un peu.<br><strong>Un</strong> – Volontiers.<br><em>L’autre le sert. Ils trinquent.</em><br><strong>Deux</strong> – À notre contrat.<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas encore dit oui. De quoi s’agit-il exactement ?<br><strong>Deux</strong> – De tuer quelqu’un.<br><strong>Un</strong> – Je suis tueur à gages. En général, c’est pour ça qu’on me sollicite. Mais de qui voulez-vous vous débarrasser ?<br><strong>Deux</strong> – De moi-même.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, je sais, c’est sans doute inhabituel, mais après tout, pour vous qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Un</strong> – Rien, c’est vrai.<br><strong>Deux</strong> – Ça n’a même que des avantages. La victime est consentante, personne ne viendra jamais se plaindre, et donc vous êtes sûr de ne pas être inquiété.<br><strong>Un</strong> – Dans notre métier, on n’est jamais sûr de rien, vous savez. La question, ce serait plutôt… pourquoi ne pas le faire vous-même ?<br><strong>Deux</strong> – Parce que je n’ai pas le courage, tout simplement.<br><strong>Un</strong> – Je comprends. Tuer quelqu’un, c’est une chose. Se tuer soi-même, c’en est une autre. Moi-même si je voulais en finir un jour, je pense que je ferais appel à un collègue.<br><strong>Deux</strong> – Et puis je ne veux pas faire de peine à mes proches, vous comprenez. Un suicide, c’est toujours très lourd à porter pour ceux qui restent. Et pourquoi est-ce que je n’ai rien vu venir ? Et si j’avais su, est-ce que j’aurais pu l’empêcher ?<br><strong>Un</strong> – Bien sûr.<br><strong>Deux</strong> – Un accident, ou même un meurtre, ça passe beaucoup mieux.<br><strong>Un</strong> – Je dois avouer que nous avons de plus en plus de demandes comme la vôtre. Au début, j’avais un peu de mal, et puis… Quand on peut rendre service…<br><strong>Deux</strong> – Je vous assure que vous me rendrez un grand service.<br><strong>Un</strong> – Mais si je peux me permettre… Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – La lassitude, tout simplement… L’impression que ce que j’avais à faire sur cette terre est déjà derrière moi.<br><strong>Un</strong> – Et si vous changiez d’avis ?<br><strong>Deux</strong> – Hélas. Chaque jour qui passe me conforte dans cette décision.<br><strong>Un</strong> – Quoi qu’il en soit, si vous changiez d’avis, vous avez juste à me passer un SMS.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><em>Il sort une enveloppe de sa poche et la pousse sur la table vers l’autre.</em><br><strong>Deux</strong> – Voilà, comme convenu.<br><strong>Un</strong> – Très bien.<br><strong>Deux</strong> – Vous ne recomptez pas ?<br><strong>Un</strong> – Là où vous allez, qu’est-ce vous pourriez bien faire de quelques euros que vous ne m’auriez pas donnés ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai.<br><strong>Un</strong> – Vous avez l’air sympa. Ça me fera de la peine de…<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi, vous m’êtes plutôt sympathique. Et tant qu’à faire, je suis content que ce soit vous qui vous vous en occupiez…<br><strong>Un</strong> – Comme je vous l’ai dit, je me donne un mois pour exécuter ce contrat. Donc ça peut-être demain comme le mois prochain. Vous ne saurez ni le jour, ni l’heure, ni l’endroit…<br><strong>Deux</strong> – Et s’il vous arrive quelque chose d’ici là ?<br><strong>Un</strong> – Quelque chose ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est vous qui mourez avant moi.<br><strong>Un</strong> – Il y a peu de chances que ça arrive mais dans ce cas, je crains que vous ne deviez continuer à vivre encore un peu<br><strong>Deux</strong> – Alors prenez bien soin de vous.<br><em>L’autre se lève, fait un signe d’adieu, et s’en va. Celui qui reste finit son verre. On entend un crissement de pneus suivi d’un bruit de collision.</em><br><strong>Deux</strong> – Et merde. Ça fait le troisième cette semaine…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Bataille</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bataille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 15:17:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
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		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Masque]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Pistolet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bataille, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une table et deux chaises. Un personnage arrive côté jardin, sur le qui-vive. Un autre arrive côté cour, méfiant lui aussi. Ils portent tous les deux des masques sanitaires.<br></em><strong>Un</strong> – Vous êtes bien Monsieur Martin ?<br><strong>Deux</strong> – Euh… Oui.<br><em>L’autre sort un pistolet.</em><br><strong>Un</strong> – Je suis tueur à gages, et j’ai pour mission de vous éliminer. Désolé…<br><em>Son interlocuteur sort également un pistolet.</em><br><strong>Deux</strong> – Bataille. Je suis tueur à gages moi aussi, et j’ai un contrat sur votre tête.<br><em>L’autre, surpris, retire son masque.</em><br><strong>Un</strong> – Marco ?<br><strong>Deux</strong> (<em>retirant son masque également</em>) – Gégé ?<br><strong>Un</strong> – Il me semblait bien avoir reconnu ta voix.<br><em>Ils baissent leurs armes et se font la bise.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors comment ça va ?<br><strong>Un</strong> – Ça va, je suis descendu dans le Sud. J’habite à Marseille, maintenant. Mais je fais parfois quelques extras sur Paris.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Alors c’est pour ça qu’on ne te voit plus beaucoup à Paname. Et le business, à Marseille ? C’est un gros marché, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui, il y a pas mal de travail. Mais beaucoup d’amateurisme, aussi. Les gens préfèrent régler ça en famille ou entre amis. C’est rare qu’ils aient recours à un vrai professionnel.<br><strong>Deux</strong> – Résultat des courses, une fois sur deux, ils finissent en prison.<br><strong>Un</strong> – Eh oui… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça peut aller. En ce moment, c’est un peu mort, mais bon…<br><strong>Un</strong> – Les gens comptent sur cette épidémie pour faire le boulot à notre place, sans que ça ne leur coûte rien.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr que le marché des maisons de retraite et des viagers, pour le moment, c’est sinistré.<br><strong>Un</strong> – Eh oui… Pour notre profession aussi, c’est la crise.<br><strong>Deux</strong> – Et nous, on ne reçoit aucune aide de l’État.<br><strong>Un</strong> – Bon, tout ça c’est bien, mais qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Si on commence à se flinguer entre nous, où va-t-on ?<br><strong>Un </strong>– Oui, mais en attendant, un contrat, ça reste un contrat.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison.<br><em>Chacun pointe de nouveau son arme en direction de l’autre.</em><br><strong>Un</strong> – Ravi de t’avoir revu une dernière fois, mon vieux.<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi…<br><em>Ils appuient ensemble sur la gâchette, et on entend deux déflagrations avec silencieux façon Tontons Flingueurs. Ils s’écroulent ensemble.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Le sauveur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-sauveur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:50:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Gentillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Serpent]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1400</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le sauveur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table, devant une carafe et un verre. Il a l’air insouciant. Il ouvre un journal. Un autre arrive, un pistolet à la main, en prenant soin de ne pas se faire remarquer. Il mâche un chewing-gum. L’autre le voit d’autant moins qu’il a son journal devant les yeux. L’homme au pistolet le vise, toujours en mâchant son chewing-gum. Il s’apprête à tirer quand il avale de travers et se met à tousser. Il s’étrangle et s’étouffe. L’autre pose son journal, l’aperçoit, et vient à son secours. Il lui tape dans le dos.<br></em><strong>Un</strong> – Ça va aller ?<br><em>L’homme au pistolet ne répond pas, et continue de s’étrangler. L’autre lui fait la manœuvre de Heimlich, c’est-à-dire qu’il se positionne derrière lui et exerce des pressions successives sur son thorax. L’homme au pistolet finit par cracher son chewing-gum, et reprend peu à peu son souffle.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va mieux ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai avalé mon chewing-gum de travers.<br><strong>Un</strong> – Bon, l’important c’est que ça va mieux.<br><strong>Deux</strong> – Si vous n’aviez pas été là… (<em>Il tousse encore un peu</em>.) Et que vous n’aviez pas eu le bon geste.<br><strong>Un</strong> – C’est la manœuvre de Heimlich. C’est ce qu’il faut faire dans ces cas-là, il paraît. Enfin, j’ai vu ça à la télé. C’est la première fois que je fais ça. Ça a l’air de marcher.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, vous m’avez sauvé la vie.<br><strong>Un</strong> – N’exagérons rien.<br><strong>Deux</strong> – Si, si…<br><strong>Un</strong> – Vous voulez boire quelque chose, pour vous remettre ?<br><strong>Deux</strong> – Je vais essayer de ne pas avaler de travers…<br><em>L’autre lui sert un verre de la carafe. L’homme qui tient toujours son pistolet dans la main droite, saisit le verre avec la gauche et boit avidement.</em><br><strong>Deux</strong> – Ça fait du bien.<br><strong>Un</strong> – Tant mieux, tant mieux… (<em>Un temps</em>) Mais si je peux me permettre… qu’est-ce que vous faites avec un pistolet à la main ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, le pistolet… Je…<br><strong>Un</strong> – Vous veniez pour… braquer ce bistrot ?<br><strong>Deux</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Un</strong> – Un petit bistrot de quartier, comme ça… Je ne suis pas sûr qu’il y ait grand chose dans la caisse… Risquer de finir en prison pour quelques dizaines d’euros…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr…<br><strong>Un</strong> – Si vous êtes provisoirement dans le besoin, je peux vous aider.<br><strong>Deux</strong> – Vous feriez ça ? Enfin, je veux dire… Non, je ne peux pas accepter mais…<br><strong>Un</strong> – Mais quoi ? C’est de bon cœur, vous savez…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – En fait je suis tueur à gages. Je venais pour vous tuer.<br><strong>Un</strong> – Tiens donc… Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ça n’a rien de personnel, je vous assure… C’est mon métier, c’est tout.<br><strong>Un</strong> – Je comprends…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais maintenant que vous m’avez sauvé la vie… Ça me pose un problème, évidemment…<br><strong>Un</strong> – Je suis vraiment désolé de vous causer des problèmes… Je n’aurais peut-être pas dû…<br><strong>Deux</strong> – Si, si, mais… (<em>Un temps</em>) Vous êtes un gentil, vous, hein ?<br><strong>Un</strong> – Quand je peux faire quelque chose pour aider mon prochain…<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce qu’on peut bien vouloir tuer quelqu’un comme vous ?<br><strong>Un</strong> – Je comptais un peu sur vous pour me le dire.<br><strong>Deux</strong> – Nos clients ne nous donnent pas toujours leurs mobiles. Ce qui leur importe, c’est le résultat… Et pour nous, ce qui compte, c’est d’être payé. Parfois il vaut mieux ne pas savoir, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Ça ne doit pas être un métier facile.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes tellement gentil… Je comprends qu’à la longue, ça puisse en agacer certains… Mais de là à vous mettre un contrat sur la tête…<br><strong>Un</strong> – Je ne voudrais pas vous causer des ennuis. Faites ce que vous avez à faire…<br><strong>Deux</strong> (<em>agacé</em>) – Ben oui, mais maintenant que vous m’avez sauvé la vie !<br><strong>Un</strong> – Je suis désolé.<br><strong>Deux</strong> – Répétez encore une fois que vous êtes désolé et je vous en mets une.<br><strong>Un</strong> – Pardon, je suis vraiment… Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Il faut que je réfléchisse… Un contrat, c’est un contrat…<br><em>Il pose son pistolet sur la table, et commence à se masser le bras droit.</em><br><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais je ne sais pas ce que j’ai… Depuis ce matin, j’ai un peu mal au bras…<br><strong>Un</strong> – Comment ça, mal au bras ?<br><strong>Deux</strong> – Comme… un engourdissement.<br><strong>Un</strong> – Vous n’avez pas de problèmes d’érection ?<br><strong>Deux</strong> – D’érection ?<br><strong>Un</strong> – Pardon, je voulais dire d’élocution ?<br><strong>Deux</strong> – Pas plus que d’habitude.<br><strong>Un</strong> – Des troubles de la vision ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant que vous me le dites, c’est vrai que je vois un peu trouble depuis quelque temps…<br><strong>Un</strong> – Il ne faut pas rigoler avec ça. Vous êtes peut-être en train de faire un AVC.<br><strong>Deux</strong> – Un AVC ?<br><strong>Un</strong> – Un accident vasculaire cérébral. Les symptômes correspondent. J’espère que ce n’est pas ça, mais il ne faut pas prendre de risque. J’appelle le 15…<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – Les AVC sont une des premières causes de mortalité en France. Et les premières heures sont décisives. Si c’est pris à temps, vous pouvez vous en sortir sans aucune séquelle. <em>(Il compose le 15.</em>) J’ai un message d’attente… Ça va aller ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va… Je suis venu pour vous tuer, et depuis cinq minutes, c’est la deuxième fois que vous me sauvez la vie…<br><strong>Un</strong> – Ah… (<em>Il fixe quelque chose sous la table</em>.) Jamais deux sans trois… Ne bougez surtout pas…<br><em>Il donne un coup de talon sous la table, se baisse et ramasse un serpent qu’il exhibe sous le nez de l’autre.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Un</strong> – Une vipère. En ville, c’est très rare. Mais elle aurait pu vous tuer…<br><em>L’autre est totalement abasourdi.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas quoi vous dire…<br><strong>Un</strong> – Ne me remerciez pas, c’est bien normal.<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas du tout envie de vous remercier… En revanche, moi je commence à avoir sérieusement envie de vous tuer…<br><em>L’autre a enfin quelqu’un au bout du fil.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi un instant… Allô le SAMU ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Syndicalisme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/syndicalisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:38:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Syndicalisme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage prend un verre à une table. Un autre arrive.<br></em><strong>Un</strong> – Salut. Tu es tout seul ?<br><strong>Deux</strong> – Apparemment, on est les premiers.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas si on sera très nombreux. Je t’avoue que moi-même, j’ai un peu hésité à venir.<br><strong>Deux</strong> – C’est la première réunion. Peut-être qu’ils n’ont pas réussi à prévenir tout le monde à temps.<br><strong>Un</strong> – J’espère que la police, elle, elle n’a pas été prévenue.<br><strong>Deux</strong> – Remarque tu n’as pas tort… Un Syndicat des Tueurs à Gages… Je ne sais pas si c’est une bonne idée.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’ensemble, on serait plus forts pour défendre nos intérêts, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Quels intérêts ?<br><strong>Un</strong> – Harmoniser nos tarifs, par exemple. Pour éviter qu’entre nous, on se livre à une concurrence déloyale en cassant les prix.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais il ne faudrait pas non plus qu’on puisse nous accuser d’entente illégale.<br><strong>Un</strong> – Illégale ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. De ce côté-là… On travaille déjà dans l’illégalité.<br><strong>Un</strong> – Comme les prostituées.<br><strong>Deux</strong> – Elles, je crois qu’elles ont réussi à obtenir d’être affiliées à la sécu, et de cotiser pour la retraite.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’un jour, notre métier pourrait être reconnu par l’État ?<br><strong>Deux</strong> – Et pourquoi pas d’utilité publique aussi ? Enfin… Le crime a toujours existé. Il existera toujours.<br><strong>Un</strong> – C’est même le plus vieux métier du monde. Plus vieux que la prostitution.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Est-ce que quelqu’un faisait déjà le trottoir quand Caïn a tué Abel ?<br><strong>Un</strong> – Il aurait dû faire appel à un professionnel, ça lui aurait évité pas mal de problèmes.<br><strong>Deux</strong> – L’assassinat, c’est un métier, alors pourquoi ne pas encadrer notre activité par des lois.<br><strong>Un</strong> – Ouais.. Mais on nous dira que ce n’est pas démocratique. Que seuls les riches ont les moyens de faire tuer ceux qui les emmerdent.<br><strong>Deux</strong> – Sauf si c’est remboursé.<br><strong>Un</strong> – Par la Sécu, tu veux dire ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et sinon, les affaires, comment ça va ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu mort, en ce moment.<br><strong>Un</strong> – C’était quoi, ton dernier contrat.<br><strong>Deux</strong> – Une bonne femme qui n’avait pas le courage de se suicider. Elle voulait que je m’en charge.<br><strong>Un</strong> – Du velours. Au moins, personne ne viendra se plaindre.<br><strong>Deux</strong> – Tu parles. Au dernier moment, elle a changé d’avis. Comme elle avait un avoir, elle m’a demandé de tuer son mari à sa place. Maintenant, ça a l’air d’aller mieux… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Je devais supprimer une petite vieille. Le type avait acheté sa maison en viager, et elle était déjà centenaire.<br><strong>Deux</strong> – Pas de bol… Mais c’est dans des cas comme ça où notre profession a vraiment une utilité sociale.<br><strong>Un</strong> – Juste après avoir signé le contrat pour que je l’aide à mourir dans la dignité, elle meurt en sautant à l’élastique.<br><strong>Deux</strong> – Un saut à l’élastique ?<br><strong>Un</strong> – Ses petits-enfants lui avaient offert ça comme cadeau pour ses cent ans.<br><strong>Deux</strong> – Et l’élastique a lâché…<br><strong>Un</strong> – Non. C’est le cœur qui a lâché.<br><strong>Deux</strong> – Ah merde.<br><strong>Un</strong> – Du coup, le client a voulu se faire rembourser.<br><strong>Deux</strong> – Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Un contrat, c’est un contrat.<br><strong>Deux</strong> – Après tout elle est morte.<br><strong>Un</strong> – Il n’a rien voulu entendre. Au lieu de tuer la vieille, j’ai dû me débarrasser du client.<br><strong>Deux</strong> – Tuer ses clients, ce n’est jamais bon pour les affaires.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça que dans ces cas-là, un syndicat, pour régler les différends commerciaux…<br><em>Un temps. On entend une sirène de police.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, je crois qu’on ne sera pas tout seuls, finalement…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Cadeau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/cadeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:26:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Ami]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cadeau, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis à une table. Sur la table une bouteille de champagne dans un seau, et deux coupes. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu es là depuis longtemps ?<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Cinq minutes. Ça va ?<br><em>Ils se font la bise, avant de se rasseoir.</em><br><strong>Un</strong> – Très bien. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Un</strong> – Du champagne ? En quel honneur ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne devines pas ?<br><strong>Un</strong> – Évidemment… Alors, ça fait quel effet d’avoir un an de plus ?<br><strong>Deux</strong> – Tu y as pensé… C’est gentil.<br><strong>Un</strong> – Mieux que ça… (<em>Il sort une enveloppe de sa poche et lui tend</em>.) Tiens, je ne savais pas quoi t’offrir, alors…. voilà.<br><em>L’autre semble un peu sur la défensive.</em><br><strong>Deux</strong> – Une enveloppe ? Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Un</strong> – Ouvre, tu verras…<br><strong>Deux</strong> – On va trinquer d’abord, pendant qu’il est bien frais.<br><em>Il remplit les deux coupes. Ils trinquent.</em><br><strong>Un</strong> – Allez ! Bon anniversaire !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! À la tienne !<br><em>Ils boivent.</em><br><strong>Un</strong> – Alors, tu l’ouvres, cette enveloppe ?<br><em>L’autre n’est toujours pas très emballé.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est vrai… Alors là, tu m’intrigues… Qu’est-ce que ça peut bien être ?<br><em>Il ouvre l’enveloppe.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne savais pas ce qui te ferait plaisir, alors je me suis dit que ça, au moins, c’était un cadeau original.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que c’est encore un bon pour un saut en parachute ou quelque chose comme ça…<br><em>Il sort un papier de l’enveloppe et le regarde.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Un avoir… chez un tueur à gages.<br><strong>Un</strong> – Je te l’avais dit… c’est original.<br><strong>Deux</strong> (<em>lisant toujours</em>) – Supprimez qui vous voulez…<br><strong>Un</strong> – Il faut juste inscrire le nom du bénéficiaire dans la case vide.<br><strong>Deux</strong> – Le bénéficiaire…?<br><strong>Un</strong> – La personne dont tu rêverais de te débarrasser !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, pour être sûr qu’il n’y aura pas d’erreur, tu peux aussi mettre l’adresse et joindre une photo.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ça te plaît ?<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est… C’est vrai que c’est original, comme cadeau.<br><strong>Un</strong> – Et… tu as déjà une idée ?<br><strong>Deux</strong> – Une idée ?<br><strong>Un</strong> – Le nom de la personne que tu vas inscrire dans la case !<br><strong>Deux</strong> – Ah, je… Non, pas encore… Il faudra que je réfléchisse…<br><strong>Un</strong> – Attention, tu n’as droit qu’à un seul nom. Et tu ne pourras jamais recommencer. C’est bien précisé dans le contrat.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – Après, ça pourrait devenir suspect, tu comprends.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr. Bon ben… Oui, je vais y penser…<br><strong>Un</strong> – Pas trop longtemps, hein ? Tu as vu, c’est valable pendant un an seulement.<br><strong>Deux</strong> – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Ils s’engagent à exécuter le contrat dans les six mois qui suivent la remise du formulaire. Satisfait ou remboursé !<br><strong>Deux</strong> – Non, non, c’est… C’est un super cadeau.<br><strong>Un</strong> – Tu as bien une petite idée… Si tu devais supprimer une seule personne sur cette terre…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien un nom qui me vient mais…<br><strong>Un </strong>– Bon, c’est bien spécifié que ça doit être une personne ordinaire, hein ? Pas un président en exercice, un animateur télé ou une célébrité quelconque. Non, quelqu’un de la famille, par exemple. Un ami ou…<br><strong>Deux</strong> – Un ami ?<br><strong>Un</strong> – Un ami qui t’aurait trahi.<br><strong>Deux</strong> – Trahi ?<br><strong>Un</strong> – Un type qui aurait couché avec ta femme, par exemple.<br><strong>Deux</strong> – Tu es en train de me dire que ma femme me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Mais pas du tout ! C’est juste un exemple. Ça peut être… Je ne sais pas moi… Ta belle-mère, ton patron, ton percepteur… Ou ta femme, tiens.<br><strong>Deux</strong> – Parce qu’elle me trompe ?<br><strong>Un</strong> – Parce que tu ne la supportes plus ! Tu veux retrouver ta liberté, mais tu n’as pas non plus envie de lui payer une pension alimentaire jusqu’à la fin de ta vie.<br><strong>Deux</strong> – Je m’entends très bien avec ma femme.<br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas qu’il n’y a personne dans ton entourage sans qui ta vie serait plus agréable.<br><strong>Deux</strong> – Au point de le tuer ? Non, je ne vois pas…<br><strong>Un</strong> – Ce que tu peux être agaçant, parfois… Je ne sais pas, moi… Quelqu’un qui t’énerve, tout simplement.<br><em>L’autre commence à sortir de ses gonds.</em><br><strong>Deux</strong> – Quelqu’un qui m’énerve… parce qu’il m’offre tous les ans des cadeaux à la con pour mon anniversaire, par exemple ?<br><strong>Un</strong> – Tu trouves que je t’offre toujours des cadeaux à la con ?<br><strong>Deux</strong> – L’année dernière, c’était un bon d’achat pour dix séances d’essai chez un psychanalyste ! Et l’année d’avant, c’était pour organiser ma propre disparition !<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, celui-là, tu ne l’as même pas utilisé.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre ton nom…<br><em>L’autre le regarde griffonner sur le papier, avec un air inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Non, mais tu peux encore réfléchir un peu… Je te ressers ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bloody Mary</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bloody-mary/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:16:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Fourmi]]></category>
		<category><![CDATA[Poison]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bloody Mary, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme assez sophistiquée est assise seule à une table devant un verre de cocktail vide. Un homme arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Bonjour, je peux vous offrir un verre ?<br><strong>Elle</strong> – Même deux ou trois, si vous voulez.<br><strong>Lui</strong> – Là je ne suis pas sûr d’avoir assez de liquide sur moi.<br><strong>Elle</strong> – Commençons par un, alors. Vous vous appelez comment ?<br><strong>Lui</strong> – Jean-François, mais vous pouvez m’appeler Jeff. Et vous ?<br><strong>Elle</strong> – Mary. Mais vous pouvez m’appeler comme vous voulez.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Et qu’est-ce qui vous ferait plaisir, Mary ?<br><strong>Elle</strong> – La même chose. Un Bloody Mary.<br><strong>Lui</strong> – Un cocktail… C’est cher, non ? C’est combien ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. (<em>Désignant un homme dans la salle</em>) C’est le monsieur là-bas qui me l’a offert.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><em>Elle fait un petit signe à l’homme avec un sourire aguicheur, avant de se tourner à nouveau vers son interlocuteur.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, excusez-moi… (<em>Il fouille dans ses poches</em>.) J’ai tellement l’habitude qu’on me dise non, je ne suis même pas sûr d’avoir assez. J’ai dépensé les quelques pièces qui me restaient pour acheter du poison.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai que vous avez l’air un peu désespéré, mais je ne suis pas sûre que le suicide soit la solution, vous savez.<br><strong>Lui</strong> – Ah, non, mais… Ce n’est pas pour moi.<br><strong>Elle</strong> – Vous voulez empoisonner quelqu’un ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin… Non… C’est du poison pour les fourmis.<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Je peux prendre un ballon de Côtes du Rhône… si c’est plus dans votre budget.<br><strong>Lui</strong> – En fait, je crois que je n’ai pas du tout d’argent sur moi.<br><strong>Elle</strong> – C’est votre technique pour vous faire offrir un verre ?<br><strong>Lui</strong> – Parfois, ça marche.<br><strong>Elle</strong> – Alors disons que c’est votre jour de chance. Qu’est-ce que vous prenez ?<br><strong>Lui</strong> – La même chose que vous.<br><strong>Elle</strong> – Vous avez des goûts de luxe, pour quelqu’un qui n’a pas les moyens d’offrir un verre à une femme.<br><strong>Lui</strong> – Il m’arrive aussi d’avoir de l’argent, vous savez. Mais dans mon métier, il y a des hauts et des bas.<br><strong>Elle</strong> – Et… c’est quoi, votre métier ?<br><strong>Lui</strong> – Je suis tueur à gages.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Et donc, en ce moment, c’est plutôt la morte saison.<br><strong>Lui</strong> – Voilà.<br><strong>Elle</strong> – Et vous avez tué beaucoup de gens dans votre vie ?<br><strong>Lui</strong> – Un certain nombre.<br><strong>Elle</strong> – Et là, vous êtes sur quelque chose ? À part ces fourmis…<br><strong>Lui</strong> – Vous comprendrez que je ne peux rien vous dire là-dessus.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr… Secret professionnel…<br><strong>Lui</strong> – Désolé.<br><strong>Elle</strong> – Je ne vois pas le garçon…<br><strong>Lui</strong> – Je m’en occupe.<br><em>Il se lève.</em><br><strong>Elle</strong> – Je vais en reprendre un avec vous. Vous direz au garçon de mettre tout ça sur le compte de Monsieur…<br><em>Elle lui désigne l’homme dans la salle supposé lui avoir offert un verre. Il s’éloigne en coulisses. Elle en profite pour aguicher un peu l’homme dans la salle. L’autre revient avec deux Bloody Mary, et se rassied.</em><br><strong>Lui</strong> – Et voilà.<br><strong>Elle</strong> – Alors à votre santé !<br><strong>Lui</strong> – À la vôtre !<br><em>Il s’apprête à boire.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah, je crois que vous avez fait une touche.<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><em>Elle lui montre une femme dans le public.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas remarqué ? Elle n’arrête pas de vous regarder…<br><strong>Lui</strong> – Vous êtes sûre ?<br><em>Il regarde la femme dans le public. L’autre en profite pour échanger leurs verres.</em><br><strong>Elle</strong> – Si ça ne marche pas avec moi, vous pourrez toujours essayer avec elle… Elle a l’air plus dans vos moyens.<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas…<br><strong>Elle</strong> – Allez, à la santé de votre prochaine victime !<br><em>Ils trinquent et boivent.</em><br><strong>Lui</strong> – Merci pour le cocktail.<br><strong>Elle</strong> – Excusez-moi d’insister mais évidemment, je suis un peu intriguée. C’est la première fois que je rencontre un tueur à gages…<br><strong>Lui</strong> – Quand on rencontre un tueur à gages, vous savez, la première fois est souvent la dernière…<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai ! Je n’avais pas pensé à ça.<br><em>Il boit à nouveau.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que vous voulez savoir ?<br><strong>Elle</strong> – Si vous deviez tuer une femme, vous vous y prendriez comment ?<br><strong>Lui</strong> – Il y a plusieurs méthodes, mais pour une femme… Il faut savoir rester élégant. Un peu de strychnine dans son verre, peut-être…<br><em>Elle sourit.</em><br><strong>Elle</strong> – Je sais pour qui vous travaillez.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui ?<br><strong>Elle</strong> – Et je sais que c’est pour me tuer qu’on vous a engagé.<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi est-ce que quelqu’un voudrait vous tuer ?<br><strong>Elle</strong> – Je suis tueuse à gages moi aussi. On m’appelle Bloody Mary.<br><strong>Lui</strong> – Je vois…<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes le troisième tueur à gages qu’il m’envoie. J’avoue que les deux autres étaient moins marrants que vous.<br><strong>Lui</strong> – Et… qu’est-ce qu’ils sont devenus ?<br><strong>Elle</strong> – Ils sont morts. Subitement…<br><strong>Lui</strong> – Et vous êtes toujours en vie…<br><strong>Elle</strong> – Comme vous le voyez. Je suis même en pleine forme.<br><strong>Lui</strong> – Plus pour longtemps.<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai versé de la strychnine dans votre verre.<br><strong>Elle</strong> – J’ai échangé nos verres pendant que vous regardiez cette garce.<br><strong>Lui</strong> – Ah…<br><strong>Elle</strong> – Rassurez-vous, ce sera très rapide.<br><em>Il fouille dans ses poches, et en sort deux sachets, qu’il compare.</em><br><strong>Lui</strong> – Et merde…<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Je me suis trompé de sachet. Ce que j’ai mis dans votre verre, enfin dans celui que j’ai bu, ce n’est pas la strychnine. C’est le poison pour les fourmis…<br><strong>Elle</strong> – Alors c’était vrai ? Vous avez aussi un contrat sur une fourmilière ?<br><strong>Lui</strong> – Non, mais j’ai plein de fourmis chez moi, et c’est très désagréable, je vous assure.<br><strong>Elle</strong> – Heureusement pour vous, vous n’êtes pas une fourmi.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, même les fourmis, ça n’a pas l’air de leur faire beaucoup d’effet.<br><strong>Elle</strong> – Du coup, vous pouvez peut-être finir votre cocktail empoisonné.<br><strong>Lui</strong> – Je me sens un peu bizarre, quand même.<br><strong>Elle</strong> – Bizarre, vous voulez dire… Encore plus bizarre que d’habitude ?<br><strong>Lui</strong> – Je sens comme… des fourmis dans les bras.<br><strong>Elle</strong> – Des fourmis ?<br><strong>Lui</strong> – Apparemment, c’est assez laxatif, aussi. Désolé, je vais devoir vous laisser.<br><strong>Elle</strong> – Ça a été un plaisir de boire un verre avec vous. À une prochaine fois, peut-être…<br><em>Il sourit et part précipitamment.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="286" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-510" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/tueurs-a-gags-jean-pierre-martinez-bandeau-300x215.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Contrat</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Apr 2025 13:08:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tueur à gages]]></category>
		<category><![CDATA[Tueurs à gags]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1387</guid>

					<description><![CDATA[<p>Contrat, un sketch humoristique extrait du recueil 'Tueurs à gags' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont assis à une table de bistrot, chacun devant un ballon de rouge.</em><br><strong>Un</strong> – Allez, à la tienne !<br><strong>Deux</strong> – Santé !<br><em>Ils prennent une gorgée. Le premier fait la grimace. L’autre a l’air d’apprécier.</em><br><strong>Un</strong> – Il est vraiment dégueulasse, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais pour moi il a le goût de la liberté.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ? Tu sors de prison ?<br><strong>Deux</strong> – Presque. J’ai mes beaux-parents chez moi pour les vacances. J’ai réussi à m’échapper une heure.<br><strong>Un</strong> – Ah merde.<br><strong>Deux</strong> – J’ai dit que j’allais faire vérifier le niveau d’huile sur la bagnole.<br><strong>Un</strong> – Tu n’as pas une voiture électrique ?<br><strong>Deux</strong> – Si… Tu vois un peu où j’en suis rendu…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Ils ne sont là que depuis deux jours et je ne les supporte déjà plus. Surtout mon beau-père…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je t’en débarrasse ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux les prendre chez toi, c’est ça ? Si ma femme est d’accord, je te les refile tout de suite. Je suis prêt à payer, tu sais. J’irais jusqu’au double du tarif en chambre d’hôtes. Parce que ce n’est pas un cadeau, je t’assure.<br><strong>Un</strong> – Non, je voulais dire… les faire disparaître.<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, disparaître ? Tu es prestidigitateur ? Malheureusement, quand un prestidigitateur fait disparaître quelqu’un, il finit toujours par réapparaître au bout de quelques minutes. Ça me servirait à quoi ? Et puis tu n’es pas magicien, si ?<br><strong>Un</strong> – Non, bien sûr… Non, moi, ce que je te propose, c’est de les faire disparaître… définitivement.<br><em>L’autre reste un instant interdit.</em><br><strong>Deux</strong> – Très drôle.<br><strong>Un</strong> – Je ne plaisante pas.<br><strong>Deux</strong> – Définitivement…?<br><strong>Un</strong> – Je connais un type qui peut s’en occuper, si tu veux.<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Un tueur à gages, tu veux dire ?<br><strong>Un</strong> – Il ferait juste ça pour rendre service. Pas gratuitement non plus, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais des tueurs à gages, toi ?<br><strong>Un</strong> – Non, je ne connais pas… des tueurs à gages. Mais j’en connais un.<br><strong>Deux</strong> – Eh bien moi, je n’en connais aucun, tu vois. Où est-ce que tu l’as connu, ce type ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – En prison ?<br><strong>Un</strong> – On a partagé la même cellule pendant trois ans.<br><strong>Deux</strong> – Tu as fait de la prison, toi ?<br><strong>Un</strong> – Ben ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et pour quoi ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quel motif on t’a mis en prison ? Qu’est-ce que tu avais fait ?<br><strong>Un</strong> – Tentative de meurtre.<br><strong>Deux</strong> – Tentative ?<br><strong>Un</strong> – J’ai raté mon coup. Je n’étais pas très doué. Mais lui c’est un pro, je t’assure. Il en a déjà refroidi plus d’un, je te le garantis.<br><strong>Deux</strong> – Tu me fais marcher là…<br><strong>Un</strong> – Pas du tout.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sérieux ?<br><strong>Un</strong> – Très sérieux.<br><em>L’autre digère cette information.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est dingue, ça. À part dans les films, je ne savais pas que ça existait, les tueurs à gages. Alors tu passes commande, comme ça, comme pour une pizza, et…<br><strong>Un</strong> – Oui. Ça s’appelle un contrat.<br><em>L’autre réfléchit à nouveau.</em><br><strong>Deux</strong> – Un contrat… Et ça coûterait combien ? Non mais c’est juste par curiosité, hein ?<br><strong>Un</strong> – Ça dépend…<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend de quoi ?<br><strong>Un</strong> – Déjà, c’est pour un seul ou pour les deux ? Comme tu dis que c’est surtout ton beau-père qui…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Ça ferait combien par personne ?<br><strong>Un</strong> – Il faudrait que je lui demande… Dans les 8500 euros, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, c’est assez précis, quand même.<br><strong>Un</strong> – Pour les deux, il te ferait sûrement un prix.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Un</strong> – Pour un couple… dans les quinze mille.<br><strong>Deux</strong> – On parle en TTC, j’imagine.<br><strong>Un</strong> – Si tu n’as pas besoin de facture, tu le paieras en liquide, c’est plus simple.<br><strong>Deux</strong> (<em>pensif</em>) – D’accord…<br><strong>Un</strong> – Tu veux que je lui en parle ?<br><strong>Deux</strong> – Mais non, pas du tout… J’ai dit d’accord comme j’aurais dit… je vois. Je ne suis pas d’accord, évidemment. (<em>Un temps</em>) Même s’il faut reconnaître que c’est assez tentant…<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – Et puis c’est risqué, non ? Je veux dire… le crime parfait, ça n’existe pas.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qui te fait dire ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… C’est ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Par définition, les crimes parfaits ne sont pas classés comme des crimes. Ça passe pour des accidents, des morts naturelles, des suicides… Donc un crime parfait, on ne peut pas savoir si ça existe. C’est pour ça qu’on dit que ça n’existe pas.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Pour ne pas susciter des vocations.<br><strong>Un</strong> – Si ça se trouve, sur cent personnes qui meurent, il y en a dix qui ont été victimes d’un crime parfait, et on ne le sait pas.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, des gens qui avaient commis des crimes parfaits, j’en ai connu pas mal.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ? Et où est-ce que tu les as rencontrés ?<br><strong>Un</strong> – En prison.<br><strong>Deux</strong> – S’ils avaient commis des crimes parfaits, qu’est-ce qu’ils foutaient en prison ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais ils étaient en prison pour autre chose.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Ce n’est pas très rassurant tout ça. Je crois que je vais réfléchir encore un peu. Et puis quinze mille euros, c’est une somme quand même…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et ils comptent venir en vacances chez toi tous les ans, tes beaux-parents ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais… c’est bien pour ça que je ne te dis pas non tout de suite…<br><strong>Un</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Deux</strong> – D’un autre côté, je n’ai pas envie de finir en taule, comme toi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Sinon, il y a l’enlèvement.<br><strong>Deux</strong> – Un enlèvement ?<br><strong>Un</strong> – C’est moins définitif, mais… si tu te fais pincer, la peine est moins lourde. Et puis l’avantage, c’est que tu peux demander une rançon.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Et avec la rançon, tu peux payer le commanditaire de l’enlèvement. Ça ne te coûte rien. Si tu te débrouilles bien, tu peux même gagner un peu d’argent.<br><strong>Deux</strong> – Une rançon… À qui on pourrait bien demander une rançon ?<br><strong>Un</strong> – Ça je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Qui pourrait bien payer une rançon pour faire libérer mon beau-père ? Ma belle-mère peut-être, et encore ce n’est pas sûr. D’ailleurs, elle n’a pas d’argent.<br><strong>Un</strong> – Ils n’ont pas d’autres enfants ?<br><strong>Deux</strong> – Si, il y a mon beau-frère. Et ma belle-sœur. Ils arrivent la semaine prochaine.<br><strong>Un</strong> – Ils passent aussi les vacances chez toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais, malheureusement.<br><strong>Un</strong> – Ah merde…<br><strong>Deux</strong> – Comme tu dis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ne me dis pas que tu veux t’en débarrasser aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend. Pour quatre, ton pote, il me ferait une grosse ristourne ?<br><strong>Un</strong> – Après, il ne faut pas que ce soit trop voyant, non plus. Il y a encore beaucoup de gens dont tu voudrais te débarrasser, comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mes parents non plus, je ne les supporte pas… Sans parler de mes deux sœurs et de leurs connards de maris.<br><strong>Un</strong> – Ils viennent passer les vacances chez toi, eux aussi ?<br><strong>Deux</strong> – Ah non ! Eux non. Je ne les ai pas invités. Mais ils me cassent les couilles quand même. Et puis quand les vacances seront terminées, il y a mon patron…<br><strong>Un</strong> – Après, mon pote, c’est juste un tueur à gages. Son truc, ce n’est pas les meurtres de masse, comme aux États-Unis.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, de toute façon, tant qu’il en restera un pour me casser les burnes… Non, je ne vais pas mettre le doigt dans cet engrenage, je n’en finirais plus. Et puis je n’ai pas les moyens…<br><em>L’autre se lève.</em><br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je vais y aller.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi. J’ai du monde qui m’attend à la maison…<br><strong>Un</strong> – Bon ben… Bonnes vacances alors.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Et si tu changes d’avis, tu as mon numéro.<br><strong>Deux</strong> – OK… Tu passes les vacances avec qui, toi ?<br><strong>Un</strong> – Juste avec ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Ne me dis pas que les autres…<br><strong>Un</strong> – Si je te le disais… ce ne serait plus le crime parfait.<br><em>Il s’en va. L’autre reste un instant pensif, et s’en va à son tour.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> </em><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/"><em>Tueurs à gags</em></a><br><a href="https://sketchotheque.net/tueurs-a-gags/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fin de séries</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fin-de-series/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:30:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Animal]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin de séries, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/fin-de-series/">Fin de séries</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes (ou deux hommes) sont assises de chaque côté d’une table, avec chacune un texte relié à la main.<br></em><strong>Une</strong> (<em>avec un air affligé</em>) – On a bien fait de ne pas faire venir l’auteur, hein ? Parce qu’il y a encore pas mal de boulot.<br><strong>Deux</strong> (<em>avec un air entendu</em>) – Ouh là…<br><strong>Une</strong> – Sa première pièce était très bien, pourtant. Très drôle. Je ne comprends pas…<br><strong>Deux</strong> – La deuxième est toujours plus difficile à écrire. C’est connu…<br><strong>Une</strong> – Mmm…<br><em>La première commence à feuilleter le texte, et lit en silence avec un air sinistre. La deuxième lit également en diagonale, tout en observant la première par en dessous de façon à tourner les pages en même temps qu’elle. La première s’interrompt pour prendre l’autre à témoin.</em><br><strong>Une</strong> – Regardez, on en est déjà à la page trois, et on n’a pas encore ri une seule fois.<br><em>La deuxième opine avec un air navré.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>avec un sourire commercial</em>) – Vous voulez un café ?<br><em>L’autre ne prend même pas la peine de lui répondre non, et continue à lire et à tourner les pages. Elle s’arrête soudain sur une réplique et se met à se marrer.</em><br><strong>Une</strong> – Alors ça, en revanche, c’est très marrant…<br><em>Elle continue à rire sous le regard de la deuxième, qui ne sait plus à quelle page en est l’autre, et qui essaie de le vérifier en lorgnant sur le texte d’en face.</em><br><strong>Une</strong> (<em>voyant que l’autre ne se marre pas</em>) – Vous ne trouvez pas ça drôle, vous ?<br><em>L’autre vient enfin de retrouver la réplique en question.</em><br><strong>Deux</strong> – Si, si… (<em>Se forçant à se marrer, avec un peu de retard à l’allumage</em>) C’est vraiment excellent. Là, on retrouve tout à fait la veine de sa première pièce…<br><em>La première reprend son sérieux, et recommence à tourner les pages au fur et à mesure de sa lecture.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>s’enhardissant</em>) – Ah, ça aussi, c’est mal non plus…<br><em>Elle se marre avec sincérité d’une manière très démonstrative, sans pouvoir s’arrêter. Jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive que l’autre l’observe avec un air consterné.</em><br><strong>Une</strong> – Vous trouvez ça drôle, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Non, enfin. C’est vrai que ce n’est pas très fin, mais…<br><strong>Une</strong> – Ah, bon, parce que là, vous commenciez à m’inquiéter un peu… Personnellement, je ne supporte pas ce genre d’humour.<br><strong>Deux</strong> – Il faut reconnaître que c’est assez lourd, il nous avait habituées à mieux, c’est sûr…<br><em>Les deux femmes continuent de tourner les pages en cadence au rythme de leur lecture. Elles s’arrêtent spontanément toutes les deux à la même page, et commencent à être prises d’un rire profond allant croissant en intensité. Elles rient ensemble aux larmes pendant un bon moment. La première commence à se calmer peu à peu, imitée par l’autre.</em><br><strong>Une</strong> – Non, il faut avouer que ça, c’est vraiment très drôle… (<em>Elle reprend son air sinistre</em>.) Bon, nous ça nous fait rire parce que… (<em>Avec un air préoccupé</em>) Mais est-ce que ça va vraiment faire rire le public ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas sûr…<br><strong>Une</strong> – Voilà !<br><strong>Deux</strong> – Un peu trop décalé, peut-être.<br><strong>Une</strong> – Non, il faudrait quelque chose d’impertinent, mais d’un peu plus…<br><strong>Deux</strong> – Consensuel.<br><strong>Une</strong> – Mmm…<br><em>La première semble réfléchir, et l’autre l’observe avec prudence, hésitant à intervenir.</em><br><strong>Une</strong> – Je pensais à un truc…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Une</strong> – Est-ce que ce ne serait pas plus drôle pour les gens si le héros était Martiniquais ?<br><strong>Deux</strong> (<em>prise de court</em>) – Martiniquais…<br><strong>Une</strong> – Vous voyez comment sont les Antillais ?<br><strong>Deux</strong> – Euh… Oui, très bien. Mon conjoint est de la Guadeloupe…<br><strong>Une</strong> – Cette nonchalance, cette animalité… (<em>Se marrant</em>) Cet accent à mourir de rire… C’est drôle, l’accent antillais, non ? Ça, c’est un truc qui peut faire rire le grand public. C’est la crise, les gens ont envie de se marrer, bon sang !<br><strong>Deux</strong> – De passer une bonne soirée, et de ne pas se prendre la tête.<br><strong>Une</strong> – Moi je dis, un Martiniquais, sinon rien. Vous voyez ça avec l’auteur ?<br><strong>Deux</strong> – Pas de souci, je m’en occupe.<br><strong>Une</strong> – On lui a déjà versé un à-valoir. Il peut bien avaler ça aussi, non ?<br><strong>Deux</strong> – Vous ne voulez toujours pas de café ?<br><strong>Une</strong> – Là, je crois qu’on tient vraiment quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Ça change complètement l’angle de la pièce.<br><strong>Une</strong> – Je suis sûre qu’on va faire un tabac. Comme quoi, parfois, il suffit de pas grand-chose. Encore faut-il le trouver…<br><strong>Deux</strong> – C’est un métier, comme dirait l’autre.<br><strong>Une</strong> – Vous vous souvenez de sa première pièce ?<br><strong>Deux</strong> – Celle où il raconte la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Si je n’avais pas insisté pour que ça se passe à l’âge des cavernes…<br><strong>Deux</strong> – Et que le héros soit belge.<br><strong>Une</strong> – Ah, oui, je ne me souvenais plus de ça… C’est vrai que l’accent belge…<br><strong>Deux</strong> – C’est toujours d’un effet garanti…<br><strong>Une</strong> – Bon, je crois qu’on ne fera pas mieux avec ça…<br><em>Elle referme enfin le document relié, et regarde sa montre.</em><br><strong>Deux</strong> – Ouh là… Il faut que je me sauve, moi. J’ai rendez-vous avec un emmerdeur dont je n’arrive pas à me défaire… Ah, et il a appelé ça comment, au fait ?<br><em>Elle regarde le titre en couverture.</em><br><strong>Une</strong> (<em>lisant, incrédule</em>) – Chronique d’une vie laborieuse…<br><strong>Deux</strong> – J’étais sûre que ça ne vous plairait pas, mais j’ai préféré ne rien dire, pour ne pas vous influencer…. Moi aussi, je trouve que c’est un très mauvais titre…<br><strong>Une</strong> – Chroniques d’une vie laborieuse… Et pourquoi pas <em>Chroniques laborieuses</em>, tant qu’on y est ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est… C’est plus court.<br><strong>Une</strong> – Je plaisantais…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Une</strong> – Non, il faut quelque chose de plus accrocheur.<br><strong>Deux</strong> – Un titre qui donne aux gens l’envie de venir voir la pièce.<br><em>La première semble réfléchir.</em><br><strong>Une</strong> – Pourquoi pas <em>Strip Poker</em> ? C’est un titre accrocheur, ça. On a envie de venir voir la pièce. Enfin, après, ça dépend de la distribution, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est… C’est accrocheur…<br><strong>Une</strong> – Mais…?<br><strong>Deux</strong> – C’est déjà le titre que vous avez donné à sa première pièce…<br><strong>Une</strong> – Quelle pièce ?<br><strong>Deux</strong> – Celle où il raconte la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Ah…<br><em>Elle réfléchit à nouveau.</em><br><strong>Une</strong> – <em>Strip Poker deux</em>…?<br><em>L’autre a du mal à feindre l’enthousiasme.</em><br><strong>Une</strong> – Non… Il faudrait un truc plus… Un prénom, peut-être… Comme le héros est Martiniquais… Aimé, par exemple ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas…?<br><strong>Un</strong> – C’est le nom d’un comédien avec qui j’ai eu le malheur de coucher après lui avoir promis d’en faire une vedette… Si je lui donne le rôle titre… Ce serait un moyen de m’en débarrasser. C’est un très mauvais coup, en plus…<br><strong>Deux</strong> – Ah…<br><strong>Une</strong> – Maintenant, Aimé… Il faut reconnaître que c’est vraiment un prénom à la con… Comment s’appelle votre mari ?<br><strong>Deux</strong> – Aimé.<br><strong>Une</strong> – Ah… Remarquez, Chroniques d’une vie laborieuse, c’est pas si mal, finalement, hein ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai qu’on s’y fait.<br><strong>Une</strong> – Quand on l’a répété une douzaine de fois. Chroniques d’une vie laborieuse… Allez, c’est vendu. Cette fois, on ne pourra pas dire que je n’ai pas respecté les volontés de l’auteur.<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez même dire les dernières volontés.<br><strong>Une</strong> – Ah, oui ? Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, vous n’êtes pas au courant ? L’auteur s’est suicidé hier soir.<br><strong>Une</strong> – Non…?<br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’il ne s’était jamais vraiment remis de la mort de son père.<br><strong>Une</strong> – Alors c’est sa dernière pièce…<br><strong>Deux</strong> – Selon toute probabilité…<br><strong>Une</strong> – Je pense qu’on va faire un tabac. Un auteur mort, ça se vend toujours beaucoup mieux qu’un auteur qui vivote.<br><strong>Deux</strong> – Le malheur des uns…<br><em>Elles commencent à s’en aller.</em><br><strong>Une</strong> – J’espère que les ayants droit ne seront pas trop casse-couilles…?<br><strong>Deux</strong> – Une vieille tante, je crois.<br><strong>Une</strong> – Il paraît que les cheveux continuent à pousser, quand on est mort. Vous le saviez ?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><em>Noir</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<title>Travelling</title>
		<link>https://sketchotheque.net/travelling/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:03:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Agence de voyages]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Immortalité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Crime]]></category>
		<category><![CDATA[Tourisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1324</guid>

					<description><![CDATA[<p>Travelling, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme est assise à un bureau. Un homme entre. Il feuillette quelques brochures. Le téléphone sonne.<br></em><strong>Elle</strong> – Agence Travelling, j’écoute ? Ah, Madame Sept mille huit cent vingt-quatre, justement, je pensais à vous. Vous allez bien ? Parfait… Et comment va Monsieur Sept mille huit cent vingt-quatre… Ah, très bien… Pour votre anniversaire de mariage…? Eh bien vous n’avez qu’à lui demander la lune ! Oh oui, pour une deuxième lune de miel, ça me paraît tout à fait approprié. Passez donc nous voir à l’agence, je vous donnerai la brochure… Parfait Madame Sept mille huit cents… Très bien, Madame Sept mille… Oui, Madame Sept… Bon, il faut que je vous laisse, maintenant, j’ai du monde. Moi aussi, Madame Sept mille huit cent vingt-quatre… Je peux vous aider, cher Monsieur ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis encore pas encore complètement décidé…<br><strong>Elle</strong> – Je comprends. Il y a tellement de destinations possibles. Pas facile de faire son choix, n’est-ce pas ?<br><strong>Lui</strong> – J’aimais beaucoup voyager… autrefois.<br><strong>Elle</strong> – Je peux essayer de vous conseiller quand même… Vous pensiez plutôt à un voyage dans l’espace ? Dans le temps ? Les deux ?<br><strong>Lui</strong> – Je vais vous paraître idiot, mais… je n’ai encore jamais voyagé dans le temps.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment ? La préhistoire est très à la mode, en ce moment, vous savez. Le Jurassique, surtout. Les safaris, depuis quelque temps, c’est de la folie. Une véritable tuerie ! Tout le monde veut revenir avec sa tête de tyrannosaure à accrocher au dessus de sa cheminée. Entre nous, même si une météorite n’avait pas causé l’extinction des dinosaures à la fin du crétacé, je crois que les touristes d’aujourd’hui auraient réussi à en venir à bout.<br><strong>Lui</strong> – Je préférerais quelque chose d’un peu plus tranquille.<br><strong>Elle</strong> – Je comprends. Je suis comme vous. Moi, la foule, en vacances… Le seul avantage, avec le Jurassique, c’est que c’est très peu réglementé.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…?<br><strong>Elle</strong> – Il n’y avait pas encore d’hommes sur terre à cette époque-là, et presque tous les animaux ont disparu dans cette partie de billard spatial au début du Tertiaire. À part les quelques rats dont nous sommes issus, bien sûr. L’impact du tourisme sur le présent est donc forcément très limité. Alors au Jurassique, on peut faire à peu près ce qu’on veut en toute impunité. Et croyez-moi, les gens ne s’en privent pas…<br><strong>Lui</strong> – Et les douaniers du temps, ils ne font rien ?<br><strong>Elle</strong> – Pensez-vous… Il n’y a même pas besoin de passeport temporel pour le Jurassique !<br><strong>Lui</strong> – Je vous avoue j’ai une petite préférence pour les voyages à l’ancienne, tout de même. Je veux dire les voyages au sens géographique. Ça va vous paraître idiot, encore une fois, mais je ne suis encore jamais allé aux États-Unis d’Asie.<br><strong>Elle</strong> – Écoutez, je ne voudrais pas être rabat-joie mais vous savez, maintenant, avec la mondialisation, c’est un peu partout pareil…<br><strong>Lui</strong> – À ce point là…?<br><strong>Elle</strong> – Les voyages autour de la planète, à part pour les hommes d’affaires… Ou alors une petite croisière dans le système solaire… Mais bon… Il faut avouer qu’il n’y a pas grand chose à faire à part prendre des photos depuis les hublots. On ne quitte pratiquement pas le vaisseau. Oh, bien sûr, c’est très confortable, je ne dis pas. Piscine, restaurant, casino, duty free… Mais c’est plutôt pour les personnes âgées, quand même… Justement, je viens de proposer une croisière sur la lune à une de nos meilleures clientes pour ses 5000 ans de mariage.<br><strong>Lui</strong> – Je vois. Que me conseilleriez-vous, alors ?<br><strong>Elle</strong> – Moi, je suis très fan des années 2000… Ce n’est pas très loin… Il y a très peu de touristes… Bien sûr, il faut se plier à quelques règles simples. Les douaniers du temps veillent au grain, c’est quand même assez strict. Mais ce n’est pas si contraignant que ça. C’est un peu comme le Jurassique, finalement…<br><strong>Lui</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>Elle</strong> – Pour des raisons inverses, évidemment. Comme c’est assez proche de nous, au fond, il suffit d’adopter la mode de l’époque, très élégante d’ailleurs, surtout pour les dames, et de renoncer pendant quelques temps à tout ce que nous a apporté le progrès, et vous passez tout à fait inaperçu. On se fond très facilement dans la population ! Non, je vous assure, c’est très marrant, les années 2000.<br><strong>Lui</strong> – Vraiment ? C’est curieux, je n’en avais pas du tout cette image. Mais pourquoi pas, en effet…<br><strong>Elle</strong> – Bon, pas pour s’y installer définitivement, bien sûr. Mais pour une semaine ou deux, c’est très dépaysant. Sans être trop fatiguant, justement. Et puis on mangeait très bien dans les années 2000, croyez-moi. Pour ceux qui avaient la chance d’avoir quelque chose dans leur assiette, évidemment. Non, parce que le steak de brontosaure, je ne sais pas si vous avez déjà goûté, mais… Il faut aimer le gibier au départ, quand même, hein ? Non, un barbecue au Crétacé, c’est peut-être très folklorique, mais pour moi, ça ne vaut pas un Menu Big Mac dans un de ces premiers fastfoods traditionnels à l’ancienne… Je vous assure que dans les années 2000, ça avait un autre goût que les hamburgers lyophilisés qu’on nous fait avaler aujourd’hui…<br><strong>Lui</strong> – C’est tentant, c’est vrai… Je n’aurais pas pensé à ça… Mais…<br><strong>Elle</strong> – Oui…?<br><strong>Lui</strong> – Je pensais peut-être aussi à un voyage plus… définitif.<br><strong>Elle</strong> – Je vois. Ce que nous appelons ici le dernier voyage.<br><strong>Lui</strong> – Voilà…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas… Si vous avez bien réfléchi…<br><strong>Lui</strong> – J’y pense depuis quelque temps déjà.<br><strong>Elle</strong> – Ah, c’est sûr que là, il vaut mieux ne pas se tromper. Parce que c’est un aller simple…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai pas envie de revenir, je vous assure.<br><strong>Elle</strong> – Il me faudra un certificat médical, n’est-ce pas.<br><strong>Lui</strong> – Je l’avais apporté avec moi, au cas où…<br><strong>Elle</strong> – Quand souhaiteriez-vous partir ?<br><strong>Lui</strong> – Eh bien… Maintenant, si possible. Quand on est décidé, n’est-ce pas, à quoi bon attendre ?<br><strong>Elle</strong> – Très bien, alors je regarde… (<em>Elle pianote sur son ordinateur</em>) Oui, ce matin, ça ne pose pas de problème. Je peux voir ce certificat médical ? Il faudra que vous me laissiez votre passeport, aussi. Vous n’en n’aurez plus besoin de toute façon…<br><em>Il lui tend les documents qu’elle examine un par un.</em><br><strong>Elle</strong> – Parfait. Tout ça m’a l’air parfaitement en ordre Monsieur… Dumortier. Je vois que n’êtes pas encore passé au numérique, vous non plus. Je devrais vous gronder…<br><strong>Lui</strong> – Maintenant, ça ne vaut plus la peine, pas vrai.<br><strong>Elle</strong> – Vous avez raison… Vous n’avez pas de bagages ? Je plaisante… Pour détendre un peu l’atmosphère… Parce que c’est une décision importante, Monsieur Dumortier…<br><strong>Lui</strong> – J’en ai parfaitement conscience.<br><strong>Elle</strong> – Maintenant, c’est vrai que c’est un voyage qui fait rêver… et qui ménage sans doute encore bien des mystères. Un voyage qui nous est de plus en plus demandé, d’ailleurs, je vous l’avoue. Depuis qu’on a obtenu l’autorisation de proposer ce genre de prestations. Qu’est-ce que vous voulez ? Les gens sont déjà allés partout. Ils sont revenus de tout.<br><strong>Lui</strong> – Ce voyage-là, au moins, on n’en revient pas.<br><strong>Elle</strong> – Vous commencez à vous sentir un peu à l’étroit avec nous, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Disons que… je me sens un peu las, surtout.<br><strong>Elle</strong> – Je comprends… L’immortalité, ça a du bon, bien sûr. Mais c’est vrai qu’on finit par s’en lasser…<br><strong>Lui</strong> – Surtout quand ça dure trop longtemps.<br><strong>Elle</strong> – Très bien… Alors… il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon voyage, Monsieur Dumortier…<br><em>Elle sort un pistolet d’un tiroir et le pointe sur lui. On entend deux coups de feu assourdis par un silencieux, façon Tontons Flingueurs.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne devrais pas, mais ça me fait toujours rire, ce bruit. Je ne sais pas pourquoi…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Faire-part</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faire-part/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 12:55:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Faire-part, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme est en scène, désœuvrée. Éventuellement, en musique de fond, La Lettre à Élise. On sonne trois fois. Elle va ouvrir. Un facteur entre.<br></em><strong>Denise</strong> – Je savais que c’était vous.<br><strong>Facteur</strong> – Le facteur sonne toujours trois fois !<br><strong>Denise</strong> – Je n’ouvre pas la porte à tout le monde, vous savez. Avec tout ce qu’on voit maintenant…<br><strong>Facteur</strong> – J’ai une petite lettre pour vous, Denise. (<em>Il fouille dans sa besace et en extirpe une missive qu’il lui tend</em>) Et voilà ! La lettre à Denise…<br><strong>Denise</strong> (<em>prenant la lettre</em>) – Pour une fois que ce n’est pas une facture… Un petit ballon, comme d’habitude ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez ! Les ballons, je préfère les siffler que d’avoir à souffler dedans…<br><em>Elle place une bouteille et un verre devant lui.</em><br><strong>Denise</strong> – Servez-vous. Vous connaissez la maison.<br><em>Pendant qu’il se sert, elle jette un regard à l’adresse, et se décompose.</em><br><strong>Denise</strong> – C’est l’écriture de ma mère…<br><strong>Facteur</strong> – En même temps, si elle vous écrit… C’est qu’elle n’est pas morte, pas vrai ?<br><em>Denise ouvre la lettre fébrilement et la parcourt.</em><br><strong>Denise</strong> – Oh, mon Dieu… !<br><strong>Facteur</strong> – Elle est morte ?<br><strong>Denise</strong> – C’est plus grave que ça…<br><strong>Facteur</strong> – Plus grave ?<br><strong>Denise</strong> – Elle m’interdit de venir à son enterrement !<br><strong>Facteur</strong> – Mais… elle n’est pas morte ?<br><strong>Denise</strong> – Il faut croire qu’elle préfère me le dire avant…<br><strong>Facteur</strong> – Ah oui, remarquez, c’est plus sûr. Ce n’est pas elle qui rédigera le faire-part. C’est vrai que ça ne serait pas banal.<br><strong>Denise</strong> (<em>ailleurs</em>) – Pas banal ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>hilare et déjà un peu bourré</em>) – Vous imaginez ? Mon enterrement aura lieu au cimetière du village, à dix heures précises. Ni fleurs, ni couronnes. Et merci de ne pas venir non plus.<br><em>Denise lui lance un regard incendiaire.</em><br><strong>Denise</strong> – Vous trouvez ça drôle ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>se reprenant</em>) – Mais… vous êtes en mauvais termes avec votre mère, sinon ?<br><strong>Denise</strong> – Pourquoi elle m’interdit de venir à son enterrement, à votre avis ?<br><strong>Facteur</strong> – Je ne sais pas, moi… Elle veut peut-être vous éviter cette corvée… C’est vrai que les enterrements, en général…<br><strong>Denise</strong> – Non, c’est la dernière chose qu’elle a trouvé pour me contrarier… Quand j’étais petite, déjà, elle m’interdisait tout… Fais pas ci… Fais pas ça… Ne mets pas les doigts dans ton nez… Ne dis pas de gros mots… Ne mets pas le chat dans la machine à laver… Je n’avais le droit de rien faire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui…<br><strong>Denise</strong> – Alors à dix-huit ans, j’ai quitté la maison… Je ne l’ai jamais revue depuis…<br><strong>Facteur</strong> – La maison… ?<br><strong>Denise</strong> – Ma mère !<br><strong>Facteur</strong> – Eh ben, ce n’est pas très gai tout ça… Tiens, je m’en ressers un… Alors qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Denise</strong> – Je m’étais bien jurée de ne pas aller à son enterrement, de toute façon.<br><strong>Facteur</strong> – Alors comme ça, tout est bien qui finit bien. Enfin, je veux dire… Du coup vous n’y allez pas, et en même temps, vous respectez ses dernières volontés…<br><strong>Denise</strong> – Vous plaisantez ! Ma mère m’interdit d’aller à son enterrement, et je lui obéirais ? Vous vous rendez compte ? Même morte, elle me donnerait encore des ordres ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors vous allez y aller ?<br><strong>Denise</strong> – Je ne sais pas… D’un autre côté, est-ce que ce n’est pas un peu ça qu’elle a en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Ça… ?<br><strong>Denise</strong> – Elle sait bien que le meilleur moyen pour que j’assiste à son enterrement, c’est de me l’interdire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui, évidemment.<br><strong>Denise</strong> – Qu’est-ce que vous feriez, vous, à ma place ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors là… Moi je m’entends plutôt bien avec ma mère… Surtout depuis qu’elle est morte… Mais la vôtre elle est toujours en vie. Ça vous laisse le temps d’y penser…<br><strong>Denise</strong> – Oui…<br><strong>Facteur</strong> – Elle a quel âge, votre mère ?<br><strong>Denise</strong> – 48 ans.<br><strong>Facteur</strong> – Ah ben alors… Vous avez toute la vie pour y réfléchir…<br><strong>Denise</strong> – Oui… D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas un peu ça qu’elle avait en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Bon, il va falloir que j’y aille, moi. C’est que j’ai d’autres lettres à porter. J’espère que ce sera des factures, c’est moins compliqué…<br><strong>Denise</strong> – Un petit dernier pour la route ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez, mais le dernier alors…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Oraison funeste</title>
		<link>https://sketchotheque.net/oraison-funeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:39:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Pompes funèbres]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Cercueil]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1296</guid>

					<description><![CDATA[<p>Oraison funeste, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage se recueille devant un cercueil ouvert, à côté duquel trône un vase sur un guéridon. Un autre arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour… (<em>Hésitant</em>) Tu me reconnais ? Dominique.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, bien sûr… Ça fait tellement longtemps…<br><strong>Deux</strong> – Dès que j’ai su, je suis venu.<br><strong>Un</strong> – Oui. Moi aussi…<br><strong>Deux</strong> – Je ne l’avais jamais revu depuis le collège. Je ne suis pas sûr que je l’aurais reconnu. Il a changé…<br><strong>Un</strong> – Il est mort…<br><strong>Deux</strong> – C’était un professeur inoubliable.<br><strong>Un</strong> – La preuve. Trente après, on s’en souvient encore.<br><strong>Deux</strong> – Il y a des enseignants, comme ça, qui vous marquent pour la vie.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr…<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr que, sans lui, je me souviendrais encore par cœur de mes déclinaisons allemandes.<br><strong>Un</strong> – C’était un excellent pédagogue…<br><strong>Deux</strong> – Mmm… Un peu sévère peut-être…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Monsieur Furère…<br><strong>Deux</strong> – On l’appelait Adolf.<br><strong>Un</strong> – Ce n’était pas méchant…<br><strong>Deux</strong> – Les enfants sont parfois cruels. C’était pour rire.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr qu’avec lui, on ne rigolait pas beaucoup…<br><strong>Deux</strong> – Tu te souviens quand il t’avait cassé un doigt avec sa règle parce qu’il t’avait surpris à te le fourrer dans le nez ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles… Tiens regarde, j’en porte encore la marque. Et toi, quand il t’a suspendu au portemanteau pendant toute l’heure parce que tu avais confondu le datif et le génitif ?<br><strong>Deux</strong> – J’en ai gardé une trace rouge autour du cou…<br><strong>Un</strong> – Comme tu disais, il y a des enseignants qui vous marquent pour la vie.<br><strong>Deux</strong> – Le voir étendu là, comme ça, avec sa petite moustache… Trente ans après…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Moi non plus, pour rien au monde, j’aurais manqué ça… Je vis à Madrid, maintenant… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – À Los Angeles.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas tes déclinaisons allemandes qui doivent beaucoup te servir, à toi non plus… Enfin, c’est loin, tout ça.<br><strong>Deux</strong> – Oui. C’était une autre époque…<br><strong>Un</strong> – On ne va pas l’accabler, maintenant qu’il n’est plus là pour se défendre.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison… Dieu ait son âme.<br><em>Silence recueilli.</em><br><strong>Un</strong> – Il n’avait pas les yeux fermés, tout à l’heure…?<br><strong>Deux</strong>&#8211; Je ne sais pas. Oui, peut-être… Il me semble bien, si…<br><strong>Un</strong> – J’ai l’impression qu’il nous regarde…<br><strong>Deux</strong> – Avec le même regard mauvais qu’autrefois…<br><strong>Un</strong> – Et s’il n’était pas vraiment mort…<br><em>Prenant le vase l’autre assène un coup sur le crâne du mort.</em><br><strong>Deux</strong> – Voilà. Maintenant, on est sûr qu’il est mort.<br><strong>Un</strong> – On pourrait avoir des ennuis, non ?<br><strong>Deux</strong> – On ne pouvait pas le laisser risquer de se faire incinérer vivant.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison. C’est le dernier service qu’on pouvait lui rendre…<br><strong>Deux</strong> – Il n’aimait pas trop les Juifs, non ?<br><em>Ils s’apprêtent à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – Et sinon, tu en as revu d’autres, du collège ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Justice express</title>
		<link>https://sketchotheque.net/justice-express/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:18:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avocat]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Justice express, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux chaises de chaque côté d’une table. Entre un homme en combinaison orange. Une femme en robe d’avocate arrive, survoltée, portable à l’oreille. Elle fait un petit bonjour à l’homme et commence à s’installer. Elle pose sa serviette sur la table et en sort un dossier.<br></em><strong>Avocate</strong> (<em>au téléphone</em>) – Écoutez, vingt ans, c’est pas si mal. Vous savez qu’avec un autre juge, et une autre avocate, vous auriez pu prendre beaucoup plus ? Enfin, un peu plus. Et puis vingt ans, avec les remises de peine… Dans dix ans, on peut espérer une liberté conditionnelle. C’est vite passé, dix ans, non ? Bon, excusez-moi, il faut que je vous laisse, je suis avec un client, là. Ben oui, je sais, vous êtes vraiment innocent, mais bon. Qu’est-ce que vous voulez ? On ne peut pas gagner à tous les coups. Je vous rappelle, hein ? Tchao, tchao… (<em>Elle range son téléphone.</em>) Quel emmerdeur…<br><em>L’avocate se tourne enfin vers l’homme, resté debout.</em><br><strong>Avocate</strong> (<em>sourire commercial</em>) – À nous, Monsieur… (<em>Vérifiant le nom dans le dossier</em>) Martinez.<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Ça commence bien… Asseyez-vous, Monsieur Sanchez, je vous en prie. Si vous saviez… C’est bourré de fautes de frappe, ces dossiers d’instruction. Sans parler des fautes d’orthographe… C’est à croire que tous ces juges sont des analphabètes. (<em>Soupirant</em>) Et après on s’étonne qu’il y ait autant d’erreurs judiciaires… (<em>Souriant à nouveau</em>) Mais ne vous inquiétez pas, on va vous sortir de là, hein ? Alors, qu’est-ce qu’on vous reproche exactement…? (<em>Feuilletant l’épais dossier</em>) Voyons voir… Ouh là… Mais c’est l’affaire Dreyfus, dites-moi. Un vrai roman-feuilleton. Je me demandais pourquoi mon cartable était aussi lourd. Non, mais ils ne se rendent pas compte, hein ? Si je devais lire, tout ça, moi… Bon, alors je résume : en gros, vous avez coupé votre femme en deux avec une hache, c’est bien ça ?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Bravo ! C’est exactement la réponse que j’attendais de vous. Vous êtes innocent, c’est encore plus simple. On plaide non coupable, et on ne perd pas de temps avec les détails. Je sens qu’on va faire du bon travail ensemble, Monsieur Ramirez. D’ailleurs c’est toujours la stratégie de défense que je propose à mes clients : nier tout en bloc. Même l’évidence. Instiller le doute dans l’esprit des jurés, en espérant obtenir l’acquittement au bénéfice du doute. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, mais croyez-moi, c’est beaucoup plus simple que d’entrer dans les détails. Les circonstances atténuantes, l’enfance malheureuse, le moment de folie… Tout ça, c’est d’un compliqué. Pour un résultat très aléatoire, vous savez. Alors voilà ce qu’on va faire. Vous connaissez le jeu « ni oui ni non » ?<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, mauvais point pour vous ! Je vous ai déjà piégé… Mais je vous propose une variante. Vous répondez non à tout à toutes les questions qu’on vous pose, d’accord ? Jamais oui. Toujours non. Attention, vous êtes prêt ?<br><strong>Homme</strong> (<em>sur la défensive</em>) – Mmmm…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous aviez des raisons d’en vouloir à votre chère épouse…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous possédez une hache…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous vous êtes déjà habillé en femme ? (<em>Son portable sonne</em>.) Excusez-moi, je suis à vous tout de suite… Oui…? Ah, oui, mon chéri ! Ça va ? Non, j’ai rendez-vous chez le coiffeur à 17 heures, et j’ai une douzaine de clients à voir avant. Tu peux passer chez le traiteur en rentrant pour notre petite soirée entre amis ? Je ne vais pas avoir le temps… Oh, j’ai invité le juge avec sa femme, le procureur avec sa maîtresse… Ça fait déjà trois. Non trois, la maîtresse du procureur, c’est la femme du juge. Oh, écoute, compte pour six, d’accord ? Merci, tu es un amour. Bisous, bisous. Moi aussi… Allez, à ce soir…<br><em>Elle range son téléphone portable.</em><br><strong>Avocate</strong> – Alors, où en étions nous, Monsieur Hernandez ?<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Excusez-moi, Hernandez, c’est le nom de ma femme de ménage. Ou Fernandez, je ne sais plus. Bon, donc, vous n’avez pas tué votre femme, et point barre, d’accord ? Croyez-moi, comme ça, on s’évite beaucoup de complications… Et en répondant toujours non quelle que soit la question, on est sûr de ne jamais se contredire. Vous avez autre chose à me dire, Monsieur Gomez ?<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, je vous ai encore piégé. La bonne réponse était non. Bon, il faut que je vous laisse, Monsieur Gonzalez. Le devoir m’appelle. J’ai encore beaucoup d’innocents comme vous à sauver aujourd’hui… On se revoit demain au procès ? Et encore une fois, ne vous en faites pas. Je suis convaincue de votre innocence, et je me fais fort de faire partager cette conviction à tous les membres du jury. (<em>Avec un air entendu</em>) D’ailleurs, je reçois le juge à dîner ce soir, et j’essaierai de lui glisser un petit mot en votre faveur entre la poire et le fromage. (<em>Pour elle-même</em>) Avant que la soirée ne commence vraiment à déraper, comme la dernière fois… Allez, à bientôt Monsieur Marquez…<br><em>L’avocate sort, aussi survoltée qu’elle était entrée. Le type reste là, perplexe. Puis il se retourne. On lit dans son dos sur sa combinaison orange une inscription « Service Entretien ».</em><br><strong>Homme</strong> – Bon, Djamel, qu’est-ce que tu fous avec l’échelle ? On ne va pas y passer la journée pour changer une ampoule, non plus !<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>The end</title>
		<link>https://sketchotheque.net/the-end/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:11:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The end, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier regarde fixement en direction de la salle. Le deuxième arrive, semblant chercher son chemin.<br></em><strong>Deux</strong> – Excusez-moi. La tombe de Jim Morrison, vous savez où c’est…?<br><strong>Un</strong> (<em>sortant de sa méditation</em>) – Aucune idée.<br><strong>Deux</strong> – La dernière fois que je suis venu, c’était pour l’enterrement, mais j’étais tellement défoncé. Je ne me souviens de rien… Vous le connaissiez ?<br><strong>Un</strong> – Morrison ?<br><strong>Deux</strong> – Non… Le… Le type qu’ils enterrent, là… Il y a beaucoup de monde. C’était quelqu’un d’important ?<br><strong>Un</strong> – Un philosophe… qui écrivait aussi des pièces de théâtre.<br><strong>Deux</strong> – C’était un penseur éclairé, un professeur généreux, un ami fidèle… Blabla… Si ça se trouve, il n’écrivait que des trucs imbitables, il tripotait ses étudiantes, et il devait de l’argent à tout le monde… Les salauds meurent aussi, non ? Souvent plus tard que les autres, d’ailleurs. Mais ils finissent bien par crever quand même. Alors où on les enterre, hein ? Regardez les épitaphes autour de vous. À mon cher époux… À notre père adoré… À notre patron bien-aimé… Et les types qui trompaient leurs femmes, qui battaient leurs enfants et qui exploitaient leurs ouvriers, on les enterre où ? Je ne sais pas d’où ça vient, ce besoin de sanctifier les cons une fois qu’ils sont morts.<br><strong>Un</strong> – La gratitude des vivants d’en être enfin débarrassés, j’imagine…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, rien que pour ça, ça vaudrait le coup d’assister à son propre enterrement. Histoire d’entendre tous ces gens qui ne pouvaient pas vous blairer dire à quel point vous étiez un type formidable…<br><em>L’autre le regarde, intrigué.</em><br><strong>Deux</strong> – Oh, putain. La minute de silence, maintenant… Ils nous auront tout fait. (<em>Silence</em>) Ça doit être chiant des pièces de théâtre écrites par un philosophe, non ?<br><em>Air un peu offusqué du premier. Le deuxième se demande s’il n’a pas gaffé.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez, ce… dramaturge ?<br><strong>Un</strong> – Moi non plus je ne voulais pas rater mon enterrement… (<em>Tendant la main à l’autre pour se présenter</em>) Jean-Paul…<br><strong>Deux</strong> (<em>lui serrant la main</em>) – Jim…<br><strong>Un</strong> – Je ne vous aurais pas reconnu. Vous aviez les cheveux longs, à l’époque, non…?<br><strong>Deux</strong> – Et vous, vous ne louchiez pas un peu ?<br><strong>Un</strong> – D’un œil, seulement. (<em>Amusé</em>) Mais maintenant, je ne suis plus qu’essence…<br><strong>Deux</strong> (<em>sortant une cigarette</em>) – Come on, baby, light my fire.<br><em>Le premier, qui n’a pas l’air de comprendre la blague, allume la cigarette du deuxième.</em><br><strong>Un</strong> – Désolé, je n’ai jamais écouté vos disques…<br><strong>Deux</strong> – J’ai pas lu vos livres non plus… L’existentialisme, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> (<em>ironique</em>) – Être ou ne pas être…<br><em>L’autre ne sait pas trop si Jim se fout de sa gueule ou pas.</em><br><strong>Un</strong> – Non, ça ce n’est pas de moi, hélas… Vous êtes sûr que c’est au Cimetière Montparnasse qu’il est enterré, Morrison ?<br><strong>Deux</strong> – Non ?<br><strong>Un</strong> – Moi, je dirais plutôt le Père Lachaise….<br><strong>Deux</strong> – Oh, putain, je ne me souviens plus de rien. Je devais vraiment être défoncé… Je m’en voudrai toute ma mort d’avoir raté mon enterrement…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<title>Interrogatoire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/interrogatoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:01:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Interrogatoire]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Interrogatoire, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage fait les cent pas derrière le deuxième, assis sur une chaise.<br></em><strong>Un</strong> – Tu vas parler, crois-moi. J’en ai maté des plus coriaces que toi, je te garantis.<br><strong>Deux</strong> (<em>avec un air las</em>) – Je suis innocent, je vous dis.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, ouais. Ils disent tous ça. Allez, on reprend tout à zéro. Nom, prénom, âge, profession…<br><strong>Deux</strong> – Sanchez Pedro, 33 ans, infirmier…<br><strong>Un</strong> – Et t’étais où, mercredi soir vers minuit ?<br><strong>Deux</strong> – Dans mon lit. Je dormais.<br><strong>Un</strong> – Seul ?<br><strong>Deux</strong> – Non, avec ma femme.<br><strong>Un</strong> – Et bien sûr, tu vas me raconter qu’elle dormait aussi…<br><strong>Deux</strong> – Ben oui. À minuit. On bosse tous les deux le lendemain.<br><strong>Un</strong> – Tu pourrais au moins avoir un peu plus d’imagination.<br><strong>Deux</strong> – J’ai rien à vous dire, je vous dis.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, oui… Eh ben crois-moi, tu vas me le dire quand même.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ? Que j’ai rien à vous dire ? Je viens de vous le dire.<br><strong>Un</strong> – Joue pas au plus con avec moi, hein ! T’es pas sûr de gagner.<br><strong>Deux </strong>– C’est sûr…<br><em>Il se lève, pour se dégourdir les jambes.</em><br><strong>Un</strong> – Assieds-toi, Sanchez ! (<em>L’autre se marre</em>.) Et méfie-toi ou je te colle un outrage, en plus.<br><em>L’autre se rassied, résigné.</em><br><strong>Deux</strong> – Si on ne peut même plus rigoler…<br><strong>Un</strong> – Alors ? T’étais où, mardi soir ?<br><strong>Deux</strong> – On n’avait pas dit mercredi ?<br><strong>Un</strong> – Ouais, bon, mardi, mercredi, on s’en branle. T’étais où ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne m’en souviens plus.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, tu t’en souviens plus ? Tu viens de me dire que t’étais au pieu, avec ta femme.<br><strong>Deux</strong> – Non, ça, c’était mercredi, mais mardi, je ne m’en souviens plus.<br><strong>Un</strong> – Putain, mais tu vas parler, oui ! (<em>Il frappe de la main sur la table, avant de se tordre de douleur</em>) Oh, putain…<br><strong>Deux</strong> – Ça va pas…?<br><strong>Un</strong> – T’occupe, toi !<br><strong>Deux</strong> – Ça fait mal…?<br><strong>Un</strong> – Je me suis explosé la main…<br><strong>Deux</strong> – Fais voir.<br><strong>Un </strong>– Qu’est-ce que t’y connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis infirmier… Tu me l’as fait répéter au moins dix fois. (<em>Le premier se laisse faire et l’autre examine sa main</em>.) C’est bon, il n’y a rien de cassé.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça me fait un mal de chien, alors ?<br><strong>Deux</strong> – T’étais pas obligé de taper aussi fort, non plus. C’est dingue, t’as même pété la table. Tu sais que tu m’as fait presque peur ? J’ai cru que t’allais vraiment me balancer une mandale.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, je me suis un peu pris au jeu.<br><strong>Deux</strong> – Quelle connerie, ces entraînements à l’interrogatoire aussi. On n’a pas signé pour se faire tabasser en garde à vue, bordel.<br><strong>Un</strong> – Ouais, ben la prochaine fois, c’est toi qui fais le flic. Tu vas voir si c’est plus marrant que de faire le suspect…<br><strong>Deux</strong> – Bon, on fait une petite pause ? On n’est pas aux pièces, non plus.<br><strong>Un</strong> – OK.<br><em>Il sort un paquet de cigarettes, et en propose une à l’autre.</em><br><strong>Deux</strong> – Merci, j’ai arrêté la semaine dernière. (<em>L’autre s’apprête à allumer sa cigarette.</em>) Dis donc, je ne voudrais pas être trop jugulaire-jugulaire, mais tu sais que c’est interdit, maintenant…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ben, euh… On est dans un endroit public, non ?<br><strong>Un</strong> – Oh, putain… Non, mais pourquoi j’ai choisi ce boulot de merde… Alors maintenant, un flic n’a même plus le droit de proposer une cigarette à un suspect pendant un interrogatoire ?<br><strong>Deux</strong> – Il pourrait te faire un procès… Tu regardes trop la télé, toi…<br><em>L’autre range son paquet de cigarettes à contrecœu</em>r.<br><strong>Un</strong> – Bon, ben autant qu’on s’y remette, alors.<br><strong>Deux</strong> – OK. Tu fais le suspect ?<br><strong>Un</strong> – OK.<br><em>Il s’assied sur la chaise et l’autre commence à faire les cent pas derrière lui pendant un certain temps. Le premier commence à s’impatienter.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, ça vient. Je commence à m’endormir, moi…<br><strong>Deux</strong> – Attends, putain ! Je me concentre…<br><em>Il continue de faire les cent pas, puis se lance.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors, mon con, t’étais où mercredi soir à minuit ? Tu vas finir par me le dire, alors autant me le dire tout de suite, on gagnera du temps.<br><strong>Un</strong> – OK. J’étais en train de braquer la supérette en bas de chez moi.<br><em>Il se marre.</em><br><strong>Deux</strong> – Oh, non, arrête de déconner !<br><strong>Un</strong> – Tu viens de me dire qu’on gagnerait du temps. Tu m’as convaincu, et voilà. T’es un trop bon flic, mon vieux (Regardant sa montre) Et puis c’est vrai, merde, regarde l’heure qu’il est ! On ne va pas faire du rab, non plus. Pour le prix qu’on est payé…<br><strong>Deux</strong> – Oh, putain, t’as raison, c’est l’heure de plier les gaules. Et puis c’est pas le jour que j’arrive en retard. Ma femme a décidé de me traîner au théâtre, ce soir.<br><strong>Un</strong> – Non…?<br><strong>Deux</strong> – J’espère que ce sera moins chiant que la dernière fois. J’ai failli m’endormir…<br><em>Ils mettent tous les deux leurs vestes et s’apprêtent à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – Et mercredi dernier à minuit, qu’est-ce que tu foutais ? C’est que j’ai presque envie de le savoir, maintenant. Allez, tu peux me le dire…<br><strong>Deux</strong> – Eh ben j’étais au lit, figure-toi.<br><strong>Un</strong> – Avec ta femme ?<br><strong>Deux</strong> – Non, avec la tienne, ducon.<br><em>Ils s’en vont, en se marrant.</em><br><strong>Un</strong> – Va savoir…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Faux départ</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faux-depart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:53:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Pompes funèbres]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Cercueil]]></category>
		<category><![CDATA[Malentendu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Faux départ, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme en deuil arrive. Elle sort un mouchoir de son sac et sèche une larme. Son portable sonne.</em><br><strong>Femme 1</strong> (<em>d’une voix très affectée</em>) – Oui…? Ah, c’est toi… Oui, oui, je suis à la chambre funéraire, là. C’est vrai que je ne le voyais plus depuis des années, mais bon. Ça fait quand même un choc. Je voulais le revoir une dernière fois…<br><em>Une deuxième femme arrive côté jardin, en deuil elle aussi.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Excuse-moi, il va falloir que je te laisse. Ma sœur vient d’arriver. Je te rappelle plus tard, d’accord ? Merci d’avoir appelé…<br><em>Les deux femmes s’embrassent, sans chaleur.</em><br><strong>Femme 2 </strong>(<em>désignant le côté cour</em>) – Heureusement que tu m’as prévenue. Moi je n’ai pas reçu de faire-part. Il est là ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui.<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu l’as vu ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui.<br><strong>Femme 2</strong> – Ça fait au moins dix ans… Il a dû changer, non ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Il est mort.<br><strong>Femme 2</strong> – Oui… Je ne suis pas vraiment sûre d’avoir envie de le voir, en fait. Je n’ai jamais vu un mort. Il vaut peut-être mieux que je garde de lui l’image qu’il avait la dernière fois que je l’ai rencontré. Plein de vie…<br><strong>Femme 1</strong> – Allez. Fais ça pour lui. Je suis sûre que ça lui aurait fait plaisir de te voir une dernière fois<br><strong>Femme 2</strong> – Bon.<br><em>Elle se dirige sans enthousiasme vers le côté cour et disparaît. Sa sœur écrase à nouveau une larme. L’autre revient au bout d’un instant, un peu perturbée.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Ça va…?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu m’as bien dit que c’était là, la porte à droite ?<br><strong>Femme 1</strong> – Oui, pourquoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – C’est pas lui.<br><strong>Femme 1 </strong>– Tu ne l’as pas vu depuis dix ans. Il a changé, forcément.<br><strong>Femme 2</strong> – Il n’a pas changé de sexe, quand même… C’est une femme, là, dans le cercueil.<br><strong>Femme 1 </strong>– T’es sûre…?<br><strong>Femme 2</strong> – Une femme qui ne lui ressemble pas du tout, hein…. Tu ne t’en es pas rendu compte ?<br><strong>Femme 1</strong> – J’étais tellement bouleversée, ce matin. J’ai laissé tomber mes lentilles dans le lavabo. Ça doit être la porte de gauche. Il y a deux chambres funéraires… Je vais aller voir.<br><strong>Femme 2</strong> – Je crois qu’il vaut mieux que ce soit moi…<br><em>Elle repart, et revient au bout d’un instant.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Alors ?<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est pas lui non plus.<br><strong>Femme 1 </strong>– T’es sûre ?<br><strong>Femme 2 </strong>– À moins qu’il nous ait caché toute sa vie qu’il était noir… Fais voir le faire-part.. Tu t’es peut-être trompée d’adresse. Des chambres funéraires, il y en a un peu partout…<br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, mon Dieu… Ça m’a tellement retournée, d’apprendre qu’il était mort. Et maintenant, on ne va même pas pouvoir assister à son enterrement…<br><em>Elle sort le faire-part de son sac et le tend à sa sœur.</em><br><strong>Femme 2</strong> (<em>regardant le faire-part</em>) – Non, pourtant, c’est bien là, je ne comprends pas… (<em>Lisant</em>) Ont la douleur de vous faire part du décès de Monsieur… C’est pas son nom !<br><strong>Femme 1</strong> – C’est pas possible ! Fais voir…<br><em>Elle prend le faire-part et plisse les yeux pour le déchiffrer.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merde ! C’est le nom des voisins… Ça arrive au moins une fois par mois que le facteur se trompe de boîte. Il faut dire qu’entre Martinez et Ramirez… J’ai pas fait attention.<br><strong>Femme 2</strong> – Donc, il n’est pas mort…<br><strong>Femme 1 </strong>– Je suis vraiment désolée… (<em>Silence embarrassé</em>) Qu’est-ce qu’on va faire de la couronne ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne pense pas qu’ils vont nous la reprendre, hein…? T’imagines un peu, si les fleuristes se mettaient à rembourser les fleurs après les enterrements… On n’a qu’à la laisser pour fleurir la tombe du défunt de tes voisins.<br><strong>Femme 1 </strong>– Surtout qu’ils n’avaient pas l’air de beaucoup y tenir. Ils ne sont même pas venus…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est normal, c’est toi qui as le faire-part…<br><strong>Femme 1</strong> – Merde, c’est vrai. Comment je vais leur annoncer ça, moi…<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, oui… Je crois que là, tu vas avoir besoin de tout le tact dont tu es capable…<br><strong>Femme 1 </strong>– Enfin… La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas mort… Moi qui avais déjà presque fait mon deuil…<br><strong>Femme 2</strong> – Comme ça ce sera fait, hein ?<br><em>Elles s’en vont.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, mon Dieu…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu vas aller le voir ?<br><strong>Femme 1</strong> – Qui ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Ben lui !<br><strong>Femme 1 </strong>– Pourquoi j’irais le voir ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne sais pas, moi. Tu tenais absolument à lui dire un dernier adieu. Ben comme ça tu pourrais le faire de son vivant…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Dead line</title>
		<link>https://sketchotheque.net/dead-line/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 09:47:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dead line, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est assis face à un autre installé devant un ordinateur.</em><br><strong>Un</strong> (<em>consultant son écran</em>) – Alors, d’après tous les renseignements que vous nous avez fournis, ce serait pour le… 27 décembre 2041 dans la soirée.<br><strong>Deux</strong> – Ah…<br><strong>Un</strong> – Ça vous pose un problème ? Si je ne me trompe, vous aurez 76 ans et 3 mois… C’est un peu jeune, bien sûr, mais… Compte tenu de votre hygiène de vie, et de votre logement plutôt insalubre… Croyez-moi… Vous ne pouviez guère espérer mieux…<br><strong>Deux</strong> – Oui, bien sûr, mais… Le 27 décembre, c’est en plein dans les fêtes… Ça ne m’arrange pas. Ma femme et moi, on tient un magasin de chocolat. On fait la moitié de notre chiffre d’affaires de l’année à cette époque là… (<em>L’autre lui signifie qu’il n’y peut rien</em>.) Et si j’arrêtais de fumer…?<br><strong>Un</strong> – Ah, là, évidemment… Voyons voir… (<em>Il pianote sur son ordinateur.</em>) Non-fumeur… Vous n’envisagez toujours pas de déménager…?<br><strong>Deux</strong> – C’est à côté du magasin… et avec la flambée des prix de l’immobilier…<br><strong>Un</strong> – Bien… Ça nous ferait donc… le 29 février 2044… C’est une année bissextile… Vous gagnez presque trois ans.<br><strong>Deux</strong> – Est-ce que ça vaut vraiment le coup…<br><strong>Un</strong> – Ah, ça, c’est vous qui voyez.<br><strong>Deux</strong> – Et si j’arrêtais aussi les apéritifs…?<br><strong>Un</strong> – Il faut bien vivre…<br><strong>Deux</strong> – Vous avez raison… On ne peut pas se priver de tout… (<em>Un temps</em>) Et ma femme…?<br><strong>Un</strong> – Oh, ça, vous savez, ça n’a guère d’incidence. Ce serait même plutôt bon pour le coeur… et pour la prostate.<br><strong>Deux</strong> – Non, je veux dire ma femme, euh… C’est prévu pour quand…?<br><strong>Un</strong> – Ah… Désolé… Mais… C’est strictement confidentiel…<br><strong>Deux</strong> – Mais… Avant, ou après moi…?<br><strong>Un</strong> – Même si je le savais, je ne pourrais rien vous dire… Vraiment…<br><strong>Deux</strong> – Mmmm… Elle ne fume pas…<br><strong>Un</strong> – Oh, vous savez, des fois, ça ne veut rien dire. Et puis il faut aussi prendre en compte le tabagisme passif…<br><strong>Deux</strong> – Elle m’oblige à fumer sur le balcon…<br><strong>Un</strong> – Elle peut avoir un accident… Elle fait beaucoup de kilomètres par an en voiture ?<br><strong>Deux</strong> – Elle ne conduit pas…<br><strong>Un</strong> – Les piétons aussi peuvent se faire écraser en traversant la rue, vous savez… Et puis il y a aussi les accidents domestiques… Une fuite de gaz… Une chute dans l’escalier…<br><strong>Deux</strong> – Un sèche-cheveux qui tombe dans la baignoire…<br><strong>Un</strong> – Ça vous tient tant à coeur que votre femme parte avant vous ? Vous voulez lui épargner la peine de vous survivre, c’est ça…?<br><strong>Deux</strong> – C’est pas ça… C’est pour le caveau de famille… Depuis que ma mère est morte, il ne reste plus qu’une place…<br><strong>Un</strong> – Et…?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Je m’entendais très mal avec ma mère… Je ne tiens pas à… Vous comprenez…? Alors si ma femme part la première, ça résoudrait le problème… Elle prend la dernière place, et moi je peux aller m’installer ailleurs… Sans que ça fasse d’histoires…<br><strong>Un</strong> – Je comprends…<br><strong>Deux</strong> – Et si je me mettais à faire un peu de sport…?<br><strong>Un</strong> – Si ce n’est pas un sport trop dangereux… Vous pensiez à quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas, moi… La pétanque…<br><strong>Un</strong> – Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de fractures du crâne qu’on dénombre chaque année chez les amateurs de boules…<br><strong>Deux</strong> – Bon… Tant pis… Va pour le 27 décembre 41…<br><em>Il se lève pour partir, puis se ravise et se retourne une dernière fois vers son interlocuteur.</em><br><strong>Deux</strong> – Au fait, j’ai oublié de vous demander… Je meurs de quoi, au juste…? Cancer du poumon ?<br><strong>Un</strong> (<em>pris au dépourvu</em>) – Ah, oui, c’est vrai, je suis désolé, j’ai complètement oublié de vérifier… Vous faites bien de me le demander…<br><em>Il vérifie sur son ordinateur avant de lever la tête avec un air embarrassé.</em><br><strong>Un</strong> – Je vous avais prévenu que votre logement était insalubre…<br><em>Tête de l’autre qui ne comprend pas bien.</em><br><strong>Un</strong> – Le balcon… Un effondrement… Finalement, je crois que vous feriez mieux d’arrêter de fumer…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Bibliothèque</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bibliotheque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 15:51:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Réseaux sociaux]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bibliothèque, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages debout, les yeux rivés sur leur smartphone.<br></em><strong>Un</strong> – En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.<br><strong>Deux</strong> – Quoi…?<br><strong>Un</strong> – Je cherche une citation pour ma disserte de philo. Qu’est-ce que t’en penses ? Ça le fait, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend… C’est quoi, le sujet de ta disserte ?<br><strong>Un</strong> – Peut-on vraiment dire que l’histoire commence avec l’écriture ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça veut dire ?<br><strong>Un</strong> – Je n’en ai aucune idée… Et pour ma citation, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Quelle citation ?<br><strong>Un</strong> – Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.<br><strong>Deux</strong> – Parfois, c’est l’inverse.<br><strong>Un</strong> – L’inverse ?<br><strong>Deux</strong> – La semaine dernière, ils ont brûlé la bibliothèque municipale. C’est des jeunes du quartier qui ont mis le feu, il paraît. Le gardien a failli mourir carbonisé dans l’incendie. Il allait prendre sa retraite.<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Ben dans ce cas-là, ce serait plutôt… « Une bibliothèque qui brûle, c’est un vieillard qui meurt ».<br><strong>Un</strong> – Donc, je laisse tomber ma citation…<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, il faudrait moderniser un peu…<br><strong>Un</strong> – Moderniser ?<br><strong>Deux</strong> – Et si tu mettais… « Un jeune qui meurt, c’est un compte Twitter qui se ferme » ?<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Il te reste combien de temps pour faire ta disserte ?<br><strong>Un</strong> – La durée de vie d’un papillon…<br><strong>Deux</strong> – Laisse tomber, tu la feras demain.<br><em>L’autre le regarde avec perplexité.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Changement de décor</title>
		<link>https://sketchotheque.net/changement-de-decor/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 12:22:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Meuble]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1228</guid>

					<description><![CDATA[<p>Changement de décor, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le faisceau d’une lampe torche dans l’obscurité. Puis un deuxième. Le premier éclaire le visage de la deuxième.</em><br><strong>Lui</strong> – Ah, c’est toi ! Tu m’as fait peur…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Ça y est, tout est dans le camion.<br><strong>Elle</strong> – Ça s’est bien passé ?<br><strong>Lui</strong> – La routine.<br><em>Elle dirige le faisceau vers le public.</em><br><strong>Elle</strong> – Donc, il n’y avait personne…<br><strong>Lui</strong> – Avec le vacarme qu’a fait le clébard quand je suis arrivé… S’il y avait quelqu’un dans la maison, il se serait déjà réveillé.<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est qu’il est mort.<br><strong>Lui</strong> – Ne parle pas de malheur. Tu imagines un peu ? Tu rentres dans une baraque la nuit pour la cambrioler, et tu tombes sur un macchabée…<br><strong>Elle</strong> – Avec la poisse que j’ai en ce moment, ça ne m’étonnerait qu’à moitié.<br><strong>Lui</strong> – Ouais… J’ai vu ça dans un film, une fois. Je ne sais plus comment ça s’appelait…<br><strong>Elle</strong> – Tu me raconteras ça une autre fois. Et, le clébard… Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Merci de t’inquiéter de savoir si je ne me suis pas fait mordre…<br><strong>Elle</strong> – Tu t’es fait mordre ?<br><strong>Lui</strong> – Il a déchiré mon pantalon. J’ai dû l’assommer…<br><strong>Elle</strong> – S’il n’y a personne, on peut allumer, non ?<br><strong>Lui</strong> – Vas-y, les maisons tout autour sont inoccupées. C’est surtout des résidences secondaires. Sans parler de ceux qui ont déjà déménagé.<br><strong>Elle</strong> – À cause des cambriolages, sûrement.<br><strong>Lui</strong> – Si ça continue, il n’y aura plus que des maisons vides à cambrioler dans la région.<br><em>Elle actionne un interrupteur et la lumière se fait. Les vêtements de l’homme sont en lambeaux.</em><br><strong>Elle</strong> – Ah oui, il t’a bien arrangé. Pauvre bête… Tu ne lui as pas fait trop mal, au moins ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi ? Tu veux faire un signalement à la SPA ?<br><em>Ils jettent un regard circulaire sur les lieux.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu as fait le grand nettoyage, dis donc. Il n’y a plus rien.<br><strong>Lui</strong> – Tout est rentré dans le camion.<br><strong>Elle</strong> – Des choses intéressantes ?<br><strong>Lui</strong> – Des meubles surtout. Des bibelots. Plutôt de mauvais goût.<br><strong>Elle</strong> – Je vois…<br><strong>Lui</strong> – Genre nouveau riche.<br><strong>Elle</strong> – Il vaut mieux être un nouveau riche qu’un nouveau pauvre.<br><strong>Lui</strong> – En revanche, il y avait un coffre-fort.<br><strong>Elle</strong> – Non ?<br><strong>Lui</strong> – J’en suis venu à bout.<br><strong>Elle</strong> – Combien ?<br><strong>Lui</strong> – Tout est dans le camion. Je n’ai pas compté.<br><strong>Elle</strong> – On verra ça tout à l’heure. On ne va pas traîner ici. Tu as regardé dans les autres pièces ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai tout vidé. Tu es venue avec Momo ?<br><strong>Elle</strong> – J’ai piqué un roupillon dans la voiture en venant, je ne sais même pas où on est. (<em>Elle regarde à nouveau autour d’elle.</em>) C’est fou ce qu’une maison vide peut ressembler à une autre.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que c’est la bonne maison ?<br><strong>Lui</strong> – Tu as vu la croix, en bas, sur la façade. Momo a fait le repérage dans le coin la semaine dernière.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Le genre de croix qui veut dire objets de valeur, pas d’alarme, effraction facile…<br><strong>Lui</strong> – Il ne s’était pas trompé. Sauf pour le chien. Il devait dormir quand il est passé.<br><strong>Elle</strong> – C’est bizarre. Cette maison me dit vaguement quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Des gens que tu connais, peut-être…<br><strong>Elle</strong> – Peut-être…<br><em>Elle ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Une quittance EDF.<br><strong>Lui</strong> – Ça a dû tomber d’un tiroir.<br><strong>Elle</strong> – Elle est à mon nom…<br><strong>Lui</strong> – Non…?<br><strong>Elle</strong> – Je me disais bien aussi…<br><strong>Lui</strong> – Tu veux dire que…<br><strong>Elle</strong> – On est chez moi ! Je rêve… Vous avez cambriolé chez moi !<br><strong>Lui</strong> – Comment je pouvais savoir, moi ! Il y avait la croix sur le mur. Tu n’as pas dit à Momo où tu habitais ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ne m’est pas venu à l’idée…<br><strong>Elle</strong> – Oh putain… Il y avait une chance sur mille…<br><em>Silence.</em><br><strong>Lui</strong> – Bon… Ben le déménagement sera plus vite fait…<br><strong>Elle</strong> – Je n’avais pas l’intention de déménager.<br><strong>Lui</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Elle</strong> – Que veux-tu qu’on fasse ? On n’a plus qu’à remettre les meubles en place. Tu sais, les meubles et les bibelots de mauvais goût. Genre nouveau riche…<br><strong>Lui</strong> – OK…<br><strong>Elle</strong> – Et puis tu vas me rendre mon fric. J’aurai peut-être assez pour me payer un nouveau coffre-fort avec. Maintenant que t’as percé le mien…<br><strong>Lui</strong> – Tu n’as rien à regretter de ce côté-là. C’était de la camelote. J’en suis venu à bout en cinq minutes…<br><strong>Elle</strong> – C’est dingue. J’espère que le chien s’en sortira, au moins…<br><strong>Lui</strong> – Tu te préoccupes encore de ce putain de clébard ?<br><strong>Elle</strong> – C’est le mien ! C’est mon chien que tu as assommé !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai, excuse-moi… Bon, ça va, il s’en remettra.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Il était allongé devant sa niche quand je suis passée. Je me demandais pourquoi il n’avait pas aboyé quand il m’a vue.<br><strong>Lui</strong> – Il a reconnu sa maîtresse, forcément.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Et moi, je n’ai même pas reconnu ma propre baraque…<br><strong>Lui</strong> – Et après on va dire que les bêtes sont moins intelligentes que nous.<br><strong>Elle</strong> – Bon, alors au boulot. Parce qu’on n’a pas fini, hein…<br><strong>Lui</strong> – Sinon, on déclare le cambriolage, et tu te fais rembourser par l’assurance.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – On se débarrasse de tout ce bazar, si on arrive à le refourguer à quelqu’un. Et tu en profites pour changer la déco…<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Et puis ça évitera un changement de décor au metteur en scène.<br><strong>Lui</strong> – On sort par la cour ou par le jardin ?<br><em>Ils sortent.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Immaculée contraception</title>
		<link>https://sketchotheque.net/immaculee-contraception/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:18:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1162</guid>

					<description><![CDATA[<p>Immaculée contraception, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages prennent un verre ensemble.<br></em><strong>Un</strong> – Tu as entendu ? Giscard est mort du Covid.<br><strong>Deux</strong> – Il avait 94 ans… Il faut bien mourir de quelque chose…<br><strong>Un</strong> – Giscard… C’était le bon temps.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – C’est lui qui a légalisé la pilule.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu y crois, toi, à l’immaculée conception ?<br><strong>Deux</strong> – L’immaculée conception ?<br><strong>Un</strong> – Le coup de la Vierge qui a un polichinelle dans le tiroir ! Tu ne te souviens pas de tes cours de catéchisme ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis musulman.<br><strong>Un</strong> – Tu es musulman et tu bois de l’alcool ?<br><strong>Deux</strong> – Tu es bien raciste et tu trinques avec un Arabe.<br><em>Ils reprennent une gorgée.</em><br><strong>Un</strong> – Si la Vierge avait pris la pilule… tu crois qu’elle serait tombée enceinte quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’avoue que… je ne m’étais jamais posé la question…<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas-là, ils auraient pu appeler ça l’immaculée contraception.<br><strong>Deux</strong> – Heureusement qu’ils ont rouvert les cafés. Je crois que la science y aurait beaucoup perdu…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – C’est dingue, toute cette histoire, quand même… Tu y crois, toi, à la théorie du complot ?<br><strong>Deux</strong> – Au sujet de l’immaculée contraception ?<br><strong>Un</strong> – Au sujet de cette épidémie ! Tu ne crois pas qu’il y a des gens qui tirent les ficelles, derrière tout ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Mais tu vois, franchement, je préférerais.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais ?<br><strong>Deux</strong> – Penser qu’il pourrait n’y avoir strictement personne qui tire les ficelles, tu trouves ça plus rassurant…?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Mauvais goût</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mauvais-gout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:52:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Mode]]></category>
		<category><![CDATA[Quarantaine]]></category>
		<category><![CDATA[Vêtement]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1150</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mauvais goût, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage habillé avec des couleurs criardes, et n’allant pas du tout ensemble, se présente devant un autre, vêtu d’une blouse blanche.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour Docteur.<br><strong>Deux</strong> – Alors, qu’est-ce qui vous amène, chère madame ?<br><strong>Un</strong> – Eh bien voilà, Docteur, j’ai perdu le sens du goût.<br><em>L’autre jette un coup d’œil à sa tenue.</em><br><strong>Deux</strong> – Le sens de l’odorat, aussi ?<br><strong>Un</strong> – Euh, non… Juste le sens du goût. Mais c’est déjà très contrariant.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine…<br><strong>Un</strong> – Vu mon métier, je dirais même que c’est très handicapant.<br><strong>Deux</strong> – Vous travaillez dans un restaurant, peut-être ? Ou bien vous êtes critique gastronomique ?<br><strong>Un</strong> – Pas du tout… je suis styliste.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… (<em>Il lui tend une boîte.</em>) Vous voulez un bonbon ?<br><em>L’autre semble surprise.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><em>Elle prend un bonbon, le met dans sa bouche et commence à le mâchouiller.</em><br><strong>Deux</strong> – J’ai toujours des bonbons sur mon bureau. Pour les enfants, vous comprenez ? Ça les rassure…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – C’est un bonbon à la menthe.<br><strong>Un</strong> – Oui, je vois ça…<br><strong>Deux</strong> – Donc, vous sentez bien le goût de la menthe ?<br><strong>Un</strong> – Oui, pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Comme vous m’avez dit que vous aviez perdu le sens du goût…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… mais non ! Pas du tout ! Je me suis mal fait comprendre… Quand je parlais du goût, je voulais dire… le bon goût.<br><strong>Deux</strong> – C’est bien ce que je pensais…<br><strong>Un</strong> – Ce matin, par exemple, j’ai ouvert la porte de mon dressing et… voilà ce que je me suis mis sur le dos.<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous trouvez que c’est de bon goût ?<br><strong>Deux</strong> – Non, en effet, on ne peut pas dire ça…<br><strong>Un</strong> – Voilà, c’est ce que je vous disais : j’ai complètement perdu le sens du goût.<br><strong>Deux</strong> – C’est évident.<br><strong>Un</strong> – Et vous pouvez me prescrire quelque chose, Docteur ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’était le symptôme d’une maladie infectieuse, peut-être, mais là…<br><strong>Un</strong> – Vous ne pouvez pas me laisser comme ça !<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, il s’agit d’un nouveau virus, encore inconnu.<br><strong>Un</strong> – Le virus du mauvais goût ?<br><strong>Deux</strong> – Et… vous avez une idée de l’endroit où vous auriez pu attraper ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… J’ai fait un voyage en Angleterre il n’y a pas très longtemps…<br><strong>Deux</strong> – Bon, on va commencer par vous mettre en quarantaine pendant deux semaines, au cas où.<br><strong>Un</strong> – En quarantaine ?<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas vous laisser sortir comme ça !<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mais… parce que vous pourriez sans le vouloir lancer une mode ! Vous avez vraiment envie de voir dans la rue tout le monde habillé comme ça ? Et vous dire que vous êtes responsable de cette catastrophe ?<br><strong>Un</strong> – Non, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Donc, vous ne sortez pas de chez vous pendant une quinzaine de jours.<br><strong>Un</strong> – Bien Docteur…<br><strong>Deux</strong> – Et ensuite vous revenez me voir. (<em>Il jette un dernier regard à la tenue de l’autre.</em>) On verra si ça va mieux.<br><strong>Un</strong> – Bien Docteur. Merci Docteur…<br><em>Le personnage sort. L’autre s’apprête à partir aussi et soupire.</em><br><strong>Deux</strong> – Décidément, j’aurai tout vu… Heureusement, c’était mon dernier rendez-vous… J’espère au moins que ce n’est pas trop contagieux…<br><em>Il sort un instant, et revient sans sa blouse blanche. Il porte la même tenue de très mauvais goût que l’autre.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Retour à la vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour-a-la-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:45:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1148</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour à la vie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage en blouse blanche en croise un autre portant la même tenue, et avec un dossier à la main.<br></em><strong>Un</strong> – Ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – On dirait que tu viens de voir un mort.<br><strong>Deux</strong> – Un mort ? Ce serait plutôt le contraire…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi le contraire d’un mort ?<br><strong>Deux</strong> – En l’occurrence, il s’agirait plutôt d’une résurrection.<br><strong>Un</strong> – Tu as vu un de tes anciens patients sortir de son tiroir à la morgue ?<br><strong>Deux</strong> – Presque… Le patient de la chambre 301, il vient de se réveiller.<br><strong>Un</strong> – La chambre 301 ?<br><strong>Deux</strong> – Un type qui est là depuis au moins dix ans. Tu ne te souviens pas ?<br><strong>Un</strong> – Je ne savais même pas qu’il y avait une chambre 301. Je pensais qu’il n’y avait que 300 chambres dans cet hôpital.<br><strong>Deux</strong> – Il a été hospitalisé à la suite d’un accident. Et il n’est jamais sorti du coma.<br><strong>Un</strong> – Bon… Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien il vient de se réveiller.<br><strong>Un</strong> – Ah merde…<br><strong>Deux</strong> – Oui, je sais… Ça devrait être une bonne nouvelle, mais…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Il y a dix ans, il a quitté un monde où on pouvait sortir de chez soi sans attestation, pour aller boire un verre au café avec des amis, pour aller voir un film au cinéma… ou simplement pour flâner sur les boulevards. Et tout ça sans masque.<br><strong>Un</strong> – Oui… Le réveil va être brutal. Quand tu vas lui dire que de nos jours, tout ça n’existe plus…<br><strong>Deux</strong> – Plus de cafés, plus de restaurants, plus de cinémas, plus de théâtres…<br>Un – Il vaut peut-être mieux ne rien lui dire…<br><strong>Deux</strong> – Il va bien finir par s’en rendre compte.<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><strong>Deux</strong> – Tant qu’il est à l’hôpital, ça va…<br><strong>Un</strong> – Mais quand il va sortir dans la rue…<br><strong>Deux</strong> – Ça va lui faire un choc.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’il faisait comme métier ?<br><em>L’autre jette un œil au dossier, avant de regarder à nouveau son collègue avec un air dramatique.</em><br><strong>Deux</strong> – Intermittent du spectacle…<br><strong>Un</strong> – Ah merde… Et en plus son métier n’existe plus…<br><strong>Deux</strong> – Je ferais peut-être mieux de le débrancher, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu m’as dit qu’il venait de se réveiller !<br><strong>Deux</strong> – Il est encore sous assistance respiratoire…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Écoute ta conscience…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Non, mais je plaisantais, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr… Moi aussi…<br><em>Ils ont l’air de ne pas trop savoir jusqu’où ils plaisantent ou pas.</em><br><strong>Un</strong> – Allez… Je suis sûr que tu prendras la bonne décision.<br><em>Il donne à son collègue une tape dans le dos et s’éloigne. L’autre reste perplexe.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Click and collect</title>
		<link>https://sketchotheque.net/click-and-collect/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 09:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1132</guid>

					<description><![CDATA[<p>Click and collect, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, semblant chercher son chemin. Un autre arrive et l’interpelle, tout en le gratifiant d’un salut militaire.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour monsieur. Attestation, s’il vous plaît<br><strong>Deux</strong> – Tout de suite, monsieur l’agent… (<em>Il fouille dans ses poches et finit par en sortir un papier froissé.</em>) Ah, la voici !<br><em>L’autre examine le papier, et s’arrache les yeux pour essayer de lire ce qui est inscrit dessus.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que vous avez marqué, là ? Je n’arrive pas à lire…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir… (<em>L’autre lui tend le papier</em>.) Ah c’est curieux, moi non plus… Attendez voir… Qu’est-ce que j’ai encore fait de mes lunettes…<br><em>Il finit par trouver ses lunettes, qu’il a accrochées autour du cou, et examine le papier avec un air dubitatif.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Non, décidément, je n’arrive pas à déchiffrer…<br><strong>Un</strong> – C’est vous qui l’avez remplie, cette attestation, non ? Vous devriez savoir ce qu’il y a dessus…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, j’avoue, monsieur l’agent : c’est illisible parce que… c’est en langage codé.<br><strong>Un</strong> – En langage codé ?<br><strong>Deux</strong> – Au cas où je perde ce papier, vous comprenez, pour que personne ne sache où je suis allé.<br><strong>Un</strong> – Mais vous, vous connaissez le code…<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Oui, je devrais… Mais tout de suite, là, je ne m’en souviens pas… Vous savez ce que c’est, avec les codes.<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je vais devoir vous verbaliser. Ça fait 135 euros si vous payez tout de suite.<br><strong>Deux</strong> – 135 euros ! Et si je paie plus tard ?<br><strong>Un</strong> – Pareil… 135 euros.<br><em>Il sort son carnet à souche.</em><br><strong>Deux</strong> – Ça y est ! Ça me revient maintenant.<br><strong>Un</strong> – Tiens donc…<br><strong>Deux</strong> – Je vais acheter une télé.<br><strong>Un</strong> – Une télé ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, une télé.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas un achat essentiel.<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend.<br><strong>Un</strong> – Ça dépend de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Si c’est pour du télétravail.<br><strong>Un</strong> – Du télétravail ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis en télétravail. Comme nous l’a recommandé le Chef de l’État…<br><strong>Un</strong> – Et votre travail, c’est de regarder la télé ?<br><strong>Deux</strong> – Absolument.<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, votre travail ?<br><strong>Deux</strong> – Je fais de la télésurveillance.<br><strong>Un</strong> – De la télésurveillance ?<br><strong>Deux</strong> – De la télésurveillance.<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire ?<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes policier, et vous ne savez pas ce que c’est que la télésurveillance ?<br><strong>Un</strong> – Si, évidemment.<br><strong>Deux</strong> – Alors si vous savez, pourquoi vous me demandez ce que c’est ?<br><strong>Un</strong> – La télésurveillance, ça ne veut pas dire regarder la télé, si ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas ? Si les gens qu’on vous a demandé de surveiller travaillent à la télévision…<br><strong>Un</strong> – Et qui pourrait vous demander de surveiller les gens qui travaillent à la télévision…?<br><strong>Deux</strong> – Là, si vous permettez, monsieur l’agent, cela relève du secret professionnel. Pour ne pas dire du secret d’État… voire du secret défense. Vous êtes un militaire, vous aussi.<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Quoi qu’il en soit, vous êtes au service de la République, comme moi. Alors entre collègues…<br>Un – Collègues ?<br><strong>Deux</strong> – Vous vous souvenez du Ministère de l’Information ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Le temps béni de l’ORTF. À l’époque, l’État n’avait pas besoin de surveiller les journalistes, c’est lui qui les embauchait. Mais maintenant… il faut bien les garder à l’œil d’une façon ou d’une autre, vous ne croyez pas ?<br><strong>Un</strong> – Si… Enfin, je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes un patriote, n’est-ce pas ?<br><em>L’autre hésite.</em><br>Un – C’est bon, vous pouvez circuler…<br><strong>Deux</strong> – La patrie vous en sera éternellement reconnaissante… Et si ce n’est pas abuser, vous pourriez m’indiquer où se trouve le magasin d’électroménager le plus proche ?<br><strong>Un </strong>– Tout droit, première à gauche, vous avez Darty.<br><strong>Deux</strong> – Merci monsieur l’agent.<br><em>L’autre le gratifie d’un nouveau salut militaire.</em><br><strong>Un</strong> – À votre service.<br><em>Il lui rend son salut militaire.</em><br><strong>Deux</strong> – Merci pour votre collaboration, monsieur l’agent. En ces temps difficiles, vous êtes la fierté de notre Nation, et le dernier rempart contre cet envahisseur invisible qui nous menace tous.<br><strong>Un</strong> – Merci.<br><strong>Deux</strong> – Comme on dit chez vous : « Sauver ou périr » !<br><strong>Un</strong> – Ça c’est les pompiers.<br><strong>Deux</strong> – Bon, je vous laisse… Le devoir n’attend pas… Et comme on dit chez nous : « Click and collect ! »<br><em>Il s’éloigne, laissant l’autre perplexe.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/">Brèves de confinement</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-confinement/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="246" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de confinement de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-472" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-confinement-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Entretien d’embauche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/entretien-dembauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 13:07:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1109</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entretien d’embauche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Une table à laquelle est assise une femme genre cadre commercial. Une jeune fille blonde style étudiante arrive. La femme se lève et lui sert la main.</em><br><strong>Femme</strong> – Asseyez-vous, je vous en prie… (<em>Un peu étonnée</em>) Vous êtes bien Mademoiselle…?<br><strong>Jeune fille</strong> – Ben Salah. Aïcha Ben Salah…<br><strong>Femme</strong> – C’est ça… Et… vous êtes blonde…<br><strong>Jeune fille</strong> – Oui je sais, on me le dit souvent… En fait, c’est mon arrière-grand-père qui… Mais d’habitude, ça rassure plutôt mes employeurs. Quand je parviens jusqu’à l’entretien d’embauche, bien sûr… Ça pose un problème ?<br><strong>Femme</strong> – Pas du tout…<br><strong>Jeune fille</strong> – L’annonce disait que vous cherchiez un chasseur de primes…?<br><strong>Femme</strong> – De primes d’assurance, oui… Nous vendons des conventions-obsèques. Un marché déjà très saturé… Nous recrutons quelqu’un pour démarcher en banlieue…<br><strong>Jeune fille</strong> – Pourquoi pas une blonde ?<br><strong>Femme</strong> – Pour du porte à porte dans les cités… Nous nous disions qu’une blonde… Enfin, ça susciterait moins d’empathie…<br><strong>Jeune fille</strong> (<em>lui tendant une feuille</em>) – J’ai un casier, vous savez ! Euh, je veux dire un CV…<br><strong>Femme</strong> – Il faut être très habile, pour placer ce genre de produits. Quand on ne sait pas comment on va payer son loyer à la fin du mois, évidemment, on ne pense pas tous les matins en prenant son café à prendre un crédit sur 50 ans pour financer sa dernière demeure…<br><strong>Jeune fille</strong> – C’est sûr…<br><strong>Femme</strong> – Au début, nous étions dans l’édition. Ce n’était pas facile non plus. Vendre une encyclopédie en 28 volumes à des gens qui pour beaucoup ne savent pas lire.<br><strong>Jeune fille </strong>– Il y a quand même des illustrations, dans les encyclopédies…<br><strong>Femme</strong> – Après, on a tâté un peu de la complémentaire-santé. Mais avec la concurrence… Non, la convention-obsèques, aujourd’hui, c’est encore ce qu’il y a de plus porteur… C’est l’avenir…<br><strong>Jeune fille </strong>– On n’est pas sûr de tomber malade, mais on est sûr de mourir un jour… Tous… Même les analphabètes…<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas une opération de testing, au moins ?<br><strong>Jeune fille </strong>– Pardon…?<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes pas fait teindre en blonde pour nous accuser ensuite de discrimination ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Rassurez-vous, je suis une vraie blonde…<br><strong>Femme</strong> – Nous ne sommes pas racistes, vous savez. C’est juste qu’en l’occurrence… Nous comptions vous confier le développement d’un nouveau marché : ce que nous appelons dans notre jargon la convention-obsèques halal. Un secteur en très forte expansion. La conséquence logique du grand flux d’immigration des années 50.<br><strong>Jeune fille</strong> – Je peux prendre l’accent arabe…<br><strong>Femme</strong> – Vous sauriez faire ça…?<br><strong>Jeune fille </strong>– Avec un petit stage de remise à niveau…<br><strong>Femme</strong> – Vous croyez que ça marcherait ?<br><strong>Jeune fille</strong> – Si je mets une djellaba…<br><em>La femme réfléchit.</em><br><strong>Femme</strong> – Bon… Vous m’avez convaincue… Quand on postule comme vendeuse, il faut commencer par savoir se vendre… Et croyez-moi, me vendre une blonde, ce n’était pas gagné. (<em>Se levant</em>) Bravo ! Je vous prends à l’essai.<br><strong>Jeune fille</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et si vous faites l’affaire, dans trois mois, vous passez en concession perpétuelle…<br><strong>Jeune fille </strong>– Vous voulez dire en contrat à durée indéterminée ?<br><strong>Femme</strong> (<em>se levant avec un sourire satisfait</em>) – Ça fait plaisir de voir des jeunes qui ont encore envie de travailler !<br><em>Elles sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Soirée poésie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/soiree-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1097</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soirée poésie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent dans un bistrot. Elles jettent un regard en direction de la salle et s’approchent avec quelques hésitations d’un comptoir derrière lequel la patronne se tient debout, impassible, en train d’essuyer des verres à pied.</em><br><strong>Une</strong> – Qu’est-ce que tu prends ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Un petit ballon ?<br><strong>Une</strong> – Rouge ? Blanc ?<br><strong>Deux</strong> – Rouge…<br><strong>Une</strong> – Deux ballons de rouge, s’il vous plaît.<br><strong>Patronne</strong> – Bordeaux ? Côtes du Rhône ?<br><strong>Une</strong> – Côtes du Rhône…<br><strong>Patronne</strong> – Et deux côtelettes.<br><em>La patronne leur sert les deux ballons.</em><br><strong>Une</strong> – On va peut-être aller s’asseoir, pendant qu’il y a encore des tables de libre…<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Les deux femmes vont s’asseoir à une table. La première boit une gorgée, et fait la grimace.</em><br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas si on a fait le bon choix…<br><strong>Deux</strong> – Pour le spectacle ?<br><strong>Une</strong> – Pas pour le vin, en tout cas…<br><em>La deuxième trempe à son tour les lèvres dans son verre.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Ce n’est pas du Château Margaux…<br><strong>Une</strong> – C’est quoi, cette soirée, au juste ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas très bien compris… (<em>Elle sort un flyer de sa poche</em>.) Petits Vers sur le Zinc… C’était à zéro euro sur BilletReduc. Ça doit être une soirée cabaret…<br><strong>Une</strong> – Cabaret ?<br><strong>Deux</strong> – One man show, j’imagine.<br><strong>Une</strong> – En bon français, on devrait dire des seuls en scène.<br><strong>Deux</strong> – Apparemment on est aussi les seules dans la salle.<br><strong>Une</strong> – Petits Verres sur le Zinc… Fais voir… (<em>Elle regarde le flyer</em>.) Attends, mais c’est vers, V-E-R-S !<br><strong>Deux</strong> – Ouais, tu as vu ? C’est marqué : le premier vers est offert. C’est dingue, non ? Maintenant, tu vas au spectacle, c’est gratuit, et en plus on te paye un verre. Bientôt, on te donnera un peu d’argent en repartant si tu restes jusqu’au bout…<br><strong>Une</strong> – V-E-R-S ! Pas V-E-R-R-E-S ! Oh, putain ! C’est une soirée poésie !<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ! (<em>Elle lui reprend le flyer et y jette un nouveau regard.</em>) Merde, tu as raison !<br><strong>Une</strong> – Jusqu’à quelles tragiques méprises peut conduire la dyslexie…<br><strong>Deux</strong> – Tu m’étonnes que c’était gratuit…<br><em>Transition musicale. Une cliente, arrive. Avant d’entrer, elle tire une dernière bouffée de sa cigarette.</em><br><strong>Une</strong> – Malheureusement, il est trop tard pour se barrer.<br><em>La cliente écrase sa cigarette, et jette un regard sur la salle avant de déclamer.</em><br><strong>La cliente</strong> –<br>Au comptoir des fumeurs dissipés, <br>auprès d’un Parisien froissé, <br>Une blonde, une brune sur le zinc écrasées <br>du tabac froid racontent encore l’odeur. <br>Les volutes ne sont plus que vapeurs. <br>Aux sifflements d’un italien percolateur, <br>de la main du serveur dans une tasse allongé, <br>Un grand noir remplace un petit blanc. <br>Au bar il ne faut plus mégoter. Reste le goût amer du café.<br><em>Les deux femmes assises à la table restent déconcertées.</em><br><strong>Deux</strong> – Bravo, c’est… Ah, oui, hein ? C’est très original.<br><strong>Une</strong> – Ça change, c’est sûr…<br><strong>Cliente</strong> – Merci…<br><strong>Deux</strong> – Et… vous en connaissez beaucoup, comme ça ?<br><strong>Cliente</strong> – Pas mal.<br><strong>Une</strong> – Ah, merde… Je veux dire super…<br><strong>Cliente</strong> – Vous en voulez un autre ?<br><strong>Une</strong> – Ah ben oui, tiens, pourquoi pas… Mais cette fois, je vais plutôt essayer le Bordeaux, moi.<br><strong>Cliente</strong> – Je voulais dire… un autre poème.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Une</strong> – Et comment ! (<em>En aparté</em>) De la poésie… Putain, c’est un traquenard.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que c’est le moment de se barrer…<br><em>Pendant que les deux femmes s’éclipsent discrètement, la cliente déclame :</em><br><strong>Cliente</strong> –<br>Sur le zinc du comptoir quelques verres oubliés. <br>Quelques vers à douze pieds m’accompagnent ce soir. <br>J’ai laissé le brouillard aux dehors endeuillés,  <br>la pipe du condamné à fumer dans le noir.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<ol class="wp-block-list"></ol>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>Coup de vieux</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coup-de-vieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 07:24:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Coup de vieux, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est à jardin, prenant congé de sa fille, qu’on ne voit pas. Il est un peu en retrait, observant la scène d’adieu avec un sourire sur les lèvres.<br></em><strong>Elle</strong> – Allez, amusez-vous bien. Mais ne faites pas de bêtises. Et vous ne me la ramenez pas trop tard, hein, je vous fais confiance ?<br><em>La fille s’en va, et le couple revient au centre de la scène, en échangeant un sourire plein de sous-entendus, à la fois amusé et ému.</em><br><strong>Elle</strong> – Sa première sortie avec un garçon…<br><strong>Lui</strong> – Ça nous rajeunit pas.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… Ça me file un coup au moral.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Comment il s’appelle, déjà ?<br><strong>Elle</strong> – Jean-Marie.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’il s’appelle Jean-Marie!<br><strong>Lui</strong> – Je m’appelle bien Jean-Sébastien.<br><strong>Elle</strong> – Justement ! C’est un nom de vieux…<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être un vieux pervers déguisé en ado boutonneux. Comme on voit à la télé dans les pubs sur les dangers d’Internet. À l’heure qu’il est, il doit être en train d’enlever son masque.<br><strong>Elle</strong> (<em>retournée</em>) – Plaisante pas avec ça…<br><strong>Lui</strong> – Ou alors ses parents sont au Front national. C’est pour ça qu’ils l’ont appelé Jean-Marie.<br><strong>Elle</strong> – Tes parents t’ont appelé Jean-Sébastien, et ils ne jouaient pas du piano.<br><em>Il fait un geste pour la réconforter.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez, il va bien falloir que tu t’y fasses. Ce n’est que le début. Dans un an ou deux, on va se retrouver seuls à la maison, comme un couple de vieux cons.<br><strong>Elle</strong> – Merci. C’est tout à fait ce que j’avais envie d’entendre pour me remonter le moral…<br><strong>Lui</strong> (<em>espiègle</em>) – Je t’ai préparé une surprise pour t’aider à passer ce cap difficile.<br><strong>Elle</strong> – Tu m’invites au restaurant?<br><strong>Lui</strong> – Mieux que ça.<br><em>Il sort un joint de sa poche et le lui montre.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>tentée mais partagée</em>) – Non… Tu crois ? Ça fait au moins quinze ans que j’ai pas fumé, même une cigarette. La dernière fois que j’ai essayé de tirer sur une Marlboro light, j’ai cru que j’allais mourir d’une overdose…<br><strong>Lui</strong> – Ça nous rappellera notre jeunesse. Et puis souviens-toi que notre premier joint, on l’a fumé ensemble. Est-ce qu’on serait mariés aujourd’hui si on n’avait pas été complètement défoncés quand on s’est rencontrés ?<br><strong>Elle</strong> – Sûrement pas…<br><em>Il allume le joint, tire dessus avec avidité, et le lui passe.</em><br><strong>Lui</strong> – Wouah… Ça fait du bien…<br><em>Elle tire sur le joint à son tour, et semble également aux anges. Mais son sourire béat se fige soudain.</em><br><strong>Elle</strong> – Et s’il lui proposait de la drogue…?<br><strong>Lui</strong> – S’il s’appelait Djamel encore… Mais pas Jean-Marie…<br><strong>Elle</strong> – Tu t’appelais Jean-Sébastien, et c’est toi qui m’as fait fumer mon premier joint.<br><strong>Lui</strong> – Ça se terminera peut-être par un mariage… Allez, détends-toi un peu…<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison… On n’y peut rien, de toute façon… Il va bien falloir vivre avec…<br><strong>Lui</strong> – Tu veux dire sans…<br><em>Le téléphone sonne. Elle tire une autre bouffée du joint, le passe à son mari, et répond avec nonchalance. Pendant qu’il tire à nouveau sur le joint.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>barrée</em>) – Ouais… (<em>Se reprenant soudain</em>) Oui, ma chérie, qu’est-ce qui se passe ? Oh, tu m’as fait peur. J’ai cru que vous aviez eu un accident… Mais si, je me rends compte. Mais bon, c’est quand même moins grave qu’un accident de voiture. Tu ne veux pas aller voir le film quand même ? Ça te changera les idées… Je ne sais pas, moi, tu ne veux pas proposer à une copine de t’accompagner…? Mais si, bien sûr, viens. On va en parler. OK, on t’attend…<br><em>Elle raccroche.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qui se passe?<br><strong>Elle</strong> – Elle s’est fait larguer par Jean-Marie…<br><strong>Lui</strong> – Je ne le sentais pas, ce mec… C’est toi qui avais raison. Jean-Marie, c’est vraiment un prénom à la con…<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, elle est bouleversée… Son premier chagrin d’amour…<br><strong>Lui</strong> – Bon, c’est pas si grave… Ce sera pas le dernier… (<em>Lui tendant le joint</em>) Tiens, tire plutôt là-dessus. C’est de la bonne, moi je te le dis…<br><strong>Elle</strong> (<em>ignorant le joint</em>) – Elle arrive… Je suis sa mère… Il faut bien que je la console… Oh, putain, j’ai la tête qui tourne… J’ai envie de vomir… Pourquoi tu m’as fait fumer cette merde… ?<br><em>Il semble complètement barré et sourit comme un idiot.</em><br><strong>Lui</strong> – Moi ça me fait un bien fou. Tu peux pas savoir…<br><strong>Elle</strong> – Oh, là là… Et puis ça sent l’herbe dans toute la maison…<br><em>Elle essaie de dissiper la fumée avec un magazine. On sonne.</em><br><strong>Elle</strong> – Oh non… C’est déjà elle !<br><strong>Lui</strong> – Putain… Il ne pouvait pas attendre après le ciné pour la larguer, le Jean-Marie ? Moi qui pensais passer enfin une soirée tranquille, pour une fois…<br><strong>Elle</strong> – Ouais, ben tu vois, c’est pas encore pour tout de suite…<br><em>On sonne à nouveau.</em><br><strong>Elle</strong> – Ouvre les fenêtres pour aérer un peu. Je vais essayer de la retenir un moment sur le palier… (<em>On sonne encore.</em>) Oui, oui, j’arrive tout de suite, ma chérie… (<em>Elle se retourne une dernière fois vers lui, qui a encore son joint au coin de la bouche</em>.) Et éteins-moi cette saloperie, bon sang !<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/"><img loading="lazy" decoding="async" width="629" height="379" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Elle et Lui" class="wp-image-493" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp 629w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil-300x181.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></a></figure>



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		<title>Entrée des artistes</title>
		<link>https://sketchotheque.net/entree-des-artistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Apr 2025 10:14:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Elle et Lui]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Spectateur]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Public]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entrée des artistes, un sketch humoristique extrait du recueil 'Elle et Lui' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le noir (et donc le silence) se fait, comme si le spectacle allait commencer. Mais il ne se passe rien pendant un temps assez long pour que le malaise s’installe. La lumière se rallume dans un coin de la salle où un spectateur et une spectatrice qui ne se connaissent pas sont assis l’un à côté de l’autre. L’homme compulse nerveusement </em>L’Officiel des spectacles.<em> Il regarde sa montre. La femme puise dans un grand pot de pop-corn. Elle grignote de façon compulsive et peu discrète.</em><br><strong>Lui</strong> – Excusez-moi, vous savez ce qui se passe…?<br><strong>Elle</strong> (<em>avec un geste d’ignorance</em>) – On attend les comédiens…<br><strong>Lui</strong> – Jusqu’à maintenant, il n’y avait que les spectateurs qui arrivaient en retard au théâtre. Si les acteurs s’y mettent aussi…<br><em>Silence.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>inquiète</em>) – Je peux voir votre <em>Officiel</em>. Au cas où la représentation serait annulée…<br><em>Il lui tend son </em>Officiel<em>. Elle ne sait pas comment le saisir avec son pot géant de pop-corn entre les mains.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>lui tendant son pot de pop-corn</em>) – Vous en voulez ?<br><em>Il hésite, puis accepte, pour la débarrasser. Elle feuillette L’Officiel mais semble s’y perdre. Il mange un pop-corn et fait la moue.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>renonçant</em>) – Excusez-moi, j’ai l’habitude de <em>Pariscope</em>…<br><strong>Lui</strong> (<em>avec un air dégoûté</em>) – Je n’aime pas trop le pop-corn non plus…<br><em>Elle lui rend son Officiel et récupère son pop-corn.</em><br><strong>Elle</strong> – De toute façon, c’est foutu pour une séance de cinoche… Tant pis, je préfère attendre.<br><strong>Lui</strong> – J’espère que ça vaut le coup…<br><strong>Elle</strong> (<em>inquiète</em>) – Les critiques sont mauvaises ?<br><strong>Lui</strong> (<em>regardant derrière lui</em>) – Il n’y a pas grand monde dans la salle…<br><strong>Elle</strong> – Remarquez, les critiques, ça ne veut rien dire, hein… Des fois au théâtre, on voit de ces trucs… Encensés par <em>Télérama</em>. Ça dure des heures. Personne n’ose dire qu’il s’emmerde de peur de passer pour un con. Après, on vous dira: la preuve que c’est une pièce profonde, vous n’avez rien compris.<br><strong>Lui</strong> – Avec la comédie, au moins, les gens simples ont parfois de bonnes surprises. Même quand les critiques ont trouvé ça sinistre… C’est très dur de faire rire un critique.<br><strong>Elle</strong> – Vous êtes critique ?<br><strong>Lui</strong> – Pas vous ?<br><strong>Elle</strong> – Comédienne…<br><strong>Lui</strong> – Ah oui…<br><strong>Elle</strong> – À part les comédiens et les critiques, plus personne ne va au théâtre. Un spectateur sur deux est un acteur. On finira par ne plus savoir où est la scène…<br><strong>Lui</strong> – Vous connaissez la pièce ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Mais j’ai une amie qui joue dedans. Je viens la voir… pour lui faire plaisir.<br><strong>Lui</strong> – C’est une actrice connue ?<br><strong>Elle</strong> – Elle fait surtout du théâtre…<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas… (<em>Un temps, soupçonneux</em>) Vous êtes vraiment comédienne ?<br><strong>Elle</strong> (<em>inquiète</em>) – Vous trouvez que je joue mal ?<br><strong>Lui</strong> – Non, non… Vous jouez très bien.<br><strong>Elle</strong> – Comédienne le soir et… gardienne de musée pendant la journée.<br><strong>Lui</strong> – Vu la modernité du répertoire, c’est un peu le même métier…<br><em>Silence.</em><br><strong>Elle</strong> – Je n’ai plus de pop-corn.<br><strong>Lui</strong> (<em>soupirant</em>) – On sera peut-être morts de faim avant le début de la pièce.<br><strong>Elle</strong> – Oui, on dirait qu’ils nous ont oubliés…<br><strong>Lui</strong> – Dans quelques années, une femme de ménage retrouvera nos deux squelettes l’un à côté de l’autre, la main dans la main.<br><strong>Elle</strong> – La main dans la main… ?<br><strong>Lui</strong> – En voyant venir la fin, on s’abandonnera peut-être à un élan de tendresse. On est un peu comme deux naufragés sur une île déserte, hein ? On n’a pas tellement le choix…<br><strong>Elle</strong> – Vous croyez qu’ils vont nous rembourser ?<br><strong>Lui</strong> (<em>étonné</em>) – Vous avez payé ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Dans ce cas…<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Lui</strong> – On pourra toujours revenir un autre jour…<br><strong>Elle</strong> – La pièce ne sera sans doute plus à l’affiche. Vu son immense succès…<br><strong>Lui</strong> – On ira en voir une autre.<br><strong>Elle</strong> – C’est une invitation… ?<br><strong>Lui</strong> (<em>sortant un carton</em>) – Pour deux personnes.<br><strong>Elle</strong> – J’espère que cette fois, ça commencera à l’heure… C’est quoi, cette pièce… ?<br><strong>Lui</strong> (<em>lisant le carton</em>) – Elle et lui…<br><em>Ils échangent un regard dubitatif.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça n’a pas l’air très gai…<br><strong>Lui</strong> – N’oubliez pas de rallumer votre portable…<br><strong>Elle</strong> – Ah tiens, c’est vrai, j’avais encore oublié de l’éteindre.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/elle-et-lui/"><img loading="lazy" decoding="async" width="629" height="379" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Elle et Lui" class="wp-image-493" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil.webp 629w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/Elle-et-lui-jean-pierre-martinez-recueil-300x181.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 629px) 100vw, 629px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fantasme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fantasme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 17:03:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avion]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Fantasme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1036</guid>

					<description><![CDATA[<p>Fantasme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme et femme somnolent côte à côte dans ce qui sʼavérera être des fauteuils dʼavion. Lʼhomme sort progressivement de son sommeil. Il sʼétire un peu, bâille, et regarde machinalement autour de lui, avant de marquer sa surprise. Il regarde avec plus dʼattention, et son étonnement se transforme en désarroi. Il regarde par le hublot, ce qui ne le rassure pas du tout. Il fixe son regard sur la passagère assoupie à côté de lui, et qui ronfle. Il ne sait visiblement pas quoi faire. Il pousse discrètement du coude la femme, qui sort elle aussi peu à peu de son sommeil. En ouvrant les yeux, elle sʼaperçoit que son voisin la fixe avec insistance, ce qui bien sûr la met mal à lʼaise.<br></em><strong>Homme</strong> – Ça va ?<br><strong>Femme</strong> – Euh… oui.<br><strong>Homme</strong> – Vous dormez ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… Enfin, jʼessaye…<br><strong>Homme</strong> – Donc vous ne dormez plus, on est bien dʼaccord.<br><strong>Femme</strong> – Mais pourquoi vous me demandez ça ?<br><strong>Homme</strong> – Parce que moi, je me demande si je suis en train de rêver. Enfin ce serait plutôt un cauchemar. Donc si vous vous ne dormez pas, cʼest que moi non plus…<br><strong>Femme</strong> – Quʼest-ce qui vous arrive ?<br><strong>Homme</strong> – Ce qui mʼarrive ? Regardez autour de vous…<br><em>Lʼautre, pas très réveillée, regarde autour dʼelle.</em><br><strong>Femme</strong> – Quoi ? Quʼest-ce qui se passe ?<br><strong>Homme</strong> – Ce qui se passe ? Quand je me suis assoupi, cet avion était plein. Pas un seul siège de vide. Je me réveille, et il nʼy a plus que nous…<br><em>Elle regarde à nouveau.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison.<br><strong>Homme</strong> – Je ne comprends pas…<br><strong>Femme</strong> – On a dû dormir plus longtemps quʼon ne pensait… On est peut-être arrivé à destination. Comme on dormait, on a oublié de descendre. Et les hôtesses nʼont pas osé nous réveiller.<br><strong>Homme</strong> – Oui, cʼest ce que jʼai dʼabord pensé, mais regardez un peu par le hublot.<br><em>Elle regarde.</em><br><strong>Femme</strong> (<em>incrédule</em>) – Non…<br><strong>Homme</strong> – On est toujours en vol !<br><strong>Femme</strong> – Vous croyez que lʼavion aurait pu repartir vers une autre destination, sans que personne ne pense à nous réveiller ?<br><strong>Homme</strong> – Repartir ? À vide ?<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vrai, ça ne tient pas debout…<br><strong>Homme</strong> – Non, cʼest bien ça qui mʼinquiète.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, ça arrive que des avions volent sans passager. Quand un avion tombe en panne, par exemple, on en envoie un autre pour aller chercher les passagers en rade.<br><strong>Homme</strong> – On ne parle pas dʼune rame de métro, avec deux passagers qui oublient de descendre au terminus. On est dans un avion, tout de même. Pour le moins, ils passent un coup de balai avant de repartir, non ? Ils nous auraient vus.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vrai… Tout ça est très bizarre… Alors quʼest-ce quʼon fait ?<br><strong>Homme</strong> – Je vais aller voir.<br><strong>Femme</strong> – Où ça ?<br><strong>Homme</strong> – Si je trouve une hôtesse ! Pour lui demander…<br><em>Il se lève. Lʼautre est de plus en plus inquiète.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous allez me laisser toute seule ?<br><strong>Homme</strong> – Il faut bien que jʼaille voir sʼil y a quelquʼun derrière le rideau…<br><strong>Femme</strong> – Le rideau ?<br><strong>Homme</strong> – Le rideau qui sépare la cabine, des toilettes et du cockpit !<br><strong>Femme</strong> – Ah, oui… Bon, je vous attends…<br><strong>Homme</strong> – Oui, ça je ne suis pas trop inquiet là-dessus… Encore que…<br><strong>Femme</strong> – Quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Plus de trois cents passagers ont déjà disparu.<br><strong>Femme</strong> – Merci ça me rassure beaucoup…<br><strong>Homme</strong> – Jʼy vais.<br><em>Il sʼéloigne vers le rideau du fond, le soulève, et disparaît derrière. Lʼautre est de plus en plus angoissée. Elle regarde autour dʼelle, paniquée. Elle sort un cachet de son sac et lʼavale. Puis elle en reprend un deuxième. Lʼhomme revient.</em><br><strong>Femme</strong> – Alors, quʼest-ce quʼelle a dit ?<br><strong>Homme</strong> – Qui ça ?<br><strong>Femme</strong> – Lʼhôtesse.<br><strong>Homme</strong> – Il nʼy a personne.<br><strong>Femme</strong> – Personne ? Comment ça personne ? Il y a forcément une hôtesse.<br><strong>Homme</strong> – Il nʼy a pas dʼhôtesse et pas de steward non plus. Personne.<br><em>Moment de stupeur.</em><br><strong>Femme</strong> – Si lʼavion voyage à vide, ils nʼont pas besoin de lʼéquipage complet. Il nʼy a peut-être à bord que le pilote et le copilote.<br><strong>Homme</strong> – Oui, cʼest ce que je me suis dit aussi…<br><strong>Femme</strong> – Et…?<br><strong>Homme</strong> – La porte de la cabine de pilotage était entrouverte. Jʼai frappé et comme personne ne répondait, je suis entré…<br><strong>Femme</strong> – Et alors…?<br><strong>Homme</strong> – Vous voulez vraiment savoir ?<br><strong>Femme</strong> – Si cʼest ce à quoi je pense, je finirai tôt ou tard par mʼen apercevoir.<br><strong>Homme</strong> – Il nʼy a personne dans la cabine de pilotage non plus.<br><em>Autre moment de stupeur.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous avez raison, ça doit être un cauchemar… On va se réveiller et…<br><strong>Homme</strong> – Je me suis déjà pincé trois fois…<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas une blague au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Une blague ?<br><strong>Femme</strong> – Une caméra cachée, quelque chose dans le genre…<br><strong>Homme</strong> – Si cʼest une caméra cachée, elle est vraiment très bien cachée. Et lʼéquipage aussi. Vous savez, il nʼy a pas beaucoup dʼendroit où se planquer dans un avion.<br><strong>Femme</strong> – Oh mon Dieu, mais alors… on est entrés dans la quatrième dimension ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼaimerais pouvoir vous rassurer, mais malheureusement… je nʼai vraiment aucune idée de ce qui nous arrive… Ou alors on est morts.<br><strong>Femme</strong> – Pardon ?<br><strong>Homme</strong> – Lʼavion sʼest crashé pendant quʼon dormait, et on est déjà dans lʼau-delà.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord… Donc vous nʼavez rien trouvé dʼautre pour me rassurer que de me dire quʼon est peut-être déjà morts…<br><strong>Homme</strong> – Je suis tout aussi inquiet que vous, vous savez.<br><strong>Femme</strong> – Dʼun autre côté, cʼest vrai. Si on est déjà morts, on ne risque plus de mourir.<br><strong>Homme</strong> – Vous croyez que quand on est mort, on se retrouve seul dans un avion sans pilote et sans destination connue ? Et la seule chose dont on soit sûr cʼest quʼon va se crasher quand on aura brûlé tout le kérosène…<br><strong>Femme</strong> – Dans ce cas, ça ressemblerait beaucoup à la vie, non ?<br><strong>Homme</strong> – Et puis on nʼest pas complètement seuls, puisqu’on est deux.<br><strong>Femme</strong> – Mais quʼest-ce qui a bien pu se passer ? Ils nʼont pas pu tous sauter en parachute.<br><strong>Homme</strong> – Et pourquoi ils auraient fait ça ?<br><strong>Femme</strong> – Vous êtes vraiment sûr quʼil nʼy a personne.<br><strong>Homme</strong> – Allez voir si vous voulez, mais on nʼescamote pas trois cents passagers et tout un équipage comme ça.<br><strong>Femme</strong> – Alors quʼest-ce quʼon fait ?<br><strong>Homme</strong> – Que voulez-vous quʼon fasse ? Vous savez piloter un Airbus, vous ?<br><strong>Femme</strong> – Jʼai déjà du mal avec ma Twingo.<br><strong>Homme</strong> – À part attendre quʼon soit à court de kérosène…<br><strong>Femme</strong> – Combien de temps on peut tenir, à votre avis ?<br><strong>Homme</strong> – On est déjà partis depuis pas mal de temps. Et ce nʼest pas un long courrier. Je dirais une heure maximum.<br><em>Silence pesant.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas comment vous dire ça mais…<br><strong>Homme</strong> – Oui ?<br><strong>Femme</strong> – Non, vraiment, cʼest un peu embarrassant…<br><strong>Homme</strong> – Allez-y toujours, si vous pensez à la même chose que moi…<br><strong>Femme</strong> – Ça me donne envie de…<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi… (<em>Moment dʼembarras</em>) Mais quand vous dites… Vous voulez dire avec moi, éventuellement ?<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas tellement le choix, non…? Et puis jʼai toujours rêvé de faire ça avec un inconnu dans les toilettes dʼun avion.<br><strong>Homme</strong> – Remarquez, les toilettes… ça ne sʼimpose pas forcément. On est les seuls dans cet avion.<br><strong>Femme</strong> – Oui, mais moi, dans mon rêve, ça se passe dans les toilettes dʼun avion.<br><strong>Homme</strong> – Votre rêve ? Parce que vous pensez quʼon est en train de rêver ?<br><strong>Femme</strong> – Vous je ne sais pas, mais moi… Cʼest vrai que je fais ce rêve très souvent.<br><strong>Homme</strong> – Dans le doute… Cʼest le moment ou jamais de le réaliser, non ?<br><strong>Femme</strong> – Alors on y va ?<br><strong>Homme</strong> – Allons-y.<br><em>Ils se lève tous les deux.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous allez voir quʼon va se réveiller…<br><strong>Homme</strong> – Pourquoi vous dites ça ?<br><strong>Femme</strong> – Dans mon rêve, quand jʼarrive devant la porte des toilettes, elle est fermée… Et cʼest à ce moment-là que je me réveille.<br><strong>Homme</strong> – Il nʼy a plus quʼà espérer que cette fois, elle soit ouverte.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez vérifié ?<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Tout à lʼheure, vous êtes allé voir sʼil y avait quelquʼun de lʼautre côté du rideau. Vous avez vérifié les toilettes ?<br><strong>Homme</strong> – Non… Vous pensez que cʼest là où pourraient se cacher les trois cents passagers et lʼensemble de lʼéquipage ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais plus quoi penser… Mais avouez que si les toilettes étaient fermées de lʼintérieur… ce ne serait pas très rassurant.<br><strong>Homme</strong> – Sauf si cʼest le pilote…<br><strong>Femme</strong> – Et peut-être une hôtesse avec lui…<br><strong>Homme</strong> – On nʼa pas le choix, il faut aller voir…<br><em>Ils disparaissent derrière le rideau du fond.</em><br><em>Lumière.</em><br><em>Même situation quʼau début. Lʼhomme se réveille, il est un peu déboussolé, mais ne cède pas à la panique. Elle se réveille à son tour.</em><br><strong>Femme</strong> – Ça va ?<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Je crois quʼon sʼest endormis devant la télé. Quʼest-ce quʼon regardait, déjà ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais plus… Un film. Ça se passait dans un avion.<br><strong>Femme</strong> – Jʼai fait un drôle de rêve.<br><strong>Homme</strong> – Oui, moi aussi.<br><strong>Femme</strong> – Cʼétait à la fois très angoissant et…<br><strong>Homme</strong> – Et…?<br><strong>Femme</strong> – On ferait mieux dʼaller se coucher, non ?<br><strong>Homme</strong> – Tu me raconteras ton rêve ?<br><strong>Femme</strong> – Oui…<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Uchronie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/uchronie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:53:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Bateau]]></category>
		<category><![CDATA[Christophe Colomb]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<category><![CDATA[Uchronie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Uchronie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme et une femme sont assis côte à côte. Il regarde distraitement son portable. Elle lit un livre avec un air très concentré. Elle tourne la dernière page, et met le livre de côté, songeuse. Elle reste un instant perdue dans ses pensées.<br></em><strong>Femme</strong> – Tu savais ? Christophe Colomb nʼa jamais su quʼil avait découvert lʼAmérique ?<br><strong>Homme</strong> – Comment ça…?<br><strong>Femme</strong> – Jusquʼà la date de sa mort, quatorze ans après avoir posé le pied en Amérique, et après quatre voyages là-bas, il nʼavait toujours pas compris quʼil sʼagissait d’un nouveau continent. Il croyait avoir seulement découvert une nouvelle route maritime pour aller aux Indes…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest dingue, si on y pense…<br><strong>Homme</strong> – Penser à quoi ?<br><strong>Femme</strong> – À quoi ressemblerait le monde aujourdʼhui si Christophe Colomb nʼavait pas découvert lʼAmérique…<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Imagine… La reine dʼEspagne refuse de financer cette expédition hasardeuse, comme ont refusé avant elle le roi du Portugal et celui dʼAngleterre.<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><strong>Femme</strong> – Ou alors il fait naufrage, tout simplement.<br><strong>Homme</strong> – Et donc…?<br><strong>Femme</strong> – Donc il ne découvre pas lʼAmérique ! Et on continue à sʼignorer comme ça jusquʼà aujourdʼhui, les Amérindiens dʼun côté de lʼAtlantique et les Européens de lʼautre.<br><strong>Homme</strong> – Euh… ouais.<br><strong>Femme</strong> – Non mais tu vois un peu les conséquences ?<br><strong>Homme</strong> – Quelles conséquences ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas moi… Pas de Coca dans le frigo, pas de séries américaines à la télé, pas de Mac Do au coin de la rue…<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et de lʼautre côté, pareil. Les civilisations précolombiennes continuent de prospérer. Lʼîle de Manhattan est couverte de pyramides à la place de gratte-ciels.<br><strong>Homme</strong> – Les pyramides, ce nʼest pas plutôt au Mexique ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, bon… de tipis, si tu préfères.<br><strong>Homme</strong> – Non, mais si Colomb nʼavait pas découvert lʼAmérique en 1492, quelquʼun dʼautre lʼaurait fait un peu plus tard, non ?<br><strong>Femme</strong> – Beaucoup plus tard, peut-être. En attendant, les Indiens dʼAmérique accèdent à la modernité. Ils se mettent à construire des bateaux, eux aussi et… ce nʼest pas fini…<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Cʼest eux qui traversent lʼAtlantique et qui découvrent lʼEurope. Cʼest eux qui nous colonisent. Ils déciment une bonne partie de la population et ils parquent les autres dans des réserves…<br><strong>Homme</strong> – Ah ouais…<br><strong>Femme</strong> – Le Président de la République est aztèque, le premier ministre est inca et ses ministres mayas. La langue officielle de la France est le Quechua.<br><strong>Homme</strong> – Dis donc, tu en connais un rayon.<br><strong>Femme</strong> – Je viens de lire un bouquin là-dessus… Tu imagines la situation dans laquelle on serait ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼessaie…<br><em>Moment de réflexion intense.</em><br><strong>Femme</strong> – Et cʼest la même chose pour les Africains…<br><strong>Homme</strong> – Les Africains ?<br><strong>Femme</strong> – Imagine quʼils se soient développés un peu plus vite que nous. Pas dʼesclavage. Ou alors cʼest nous les esclaves. Cʼest eux qui viennent nous coloniser. Le Président est black. La moitié de ses ministres maghrébins. Pareil pour les flics. Cʼest nous qui habitons dans des HLM en banlieue, et cʼest eux qui nous demandent nos papiers à tous les coins de rue sous prétexte quʼon a le teint blafard.<br><em>Elle a lʼair passablement exaltée. Il la regarde un peu inquiet.</em><br><strong>Homme</strong> – Tu es sûre que ça va…<br><em>Elle semble revenir à la réalité, et désireuse de se reprendre.</em><br><strong>Femme</strong> – Tu as raison, je ne sais pas ce qui mʼa pris.<br><strong>Homme</strong> – On va plutôt remettre la télé…<br><strong>Femme</strong> – Oui, ce sera mieux.<br><em>Il la rassure dʼun sourire. Il prend une télécommande, la pointe vers la salle et appuie sur un bouton.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Contrechamp</title>
		<link>https://sketchotheque.net/contrechamp/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:36:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Contrechamp, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception dʼun tableau dont on ne voit que le dos, appuyé contre le mur du fond. Le premier gendarme est là, examinant ses notes. Le deuxième gendarme arrive. Les deux gendarmes peuvent indifféremment être des hommes ou des femmes.<br></em><strong>Gendarme 2</strong> – Drôle de temps, pour un mois de juillet, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>(<em>la tête ailleurs</em>) – Oui… Un temps à se suicider…<br><em>Lʼautre lui lance un regard étonné.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – On est en plein jour et on a lʼimpression quʼil fait nuit…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un peu comme dans cette ténébreuse affaire. Tout a lʼair simple, mais rien nʼest clair.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Bon, alors, quʼest-ce qui sʼest passé, ici ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Un suicide, apparemment. Un malheureux qui se serait tiré une balle dans le cœur.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et donc il est mort.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… mais pas sur le coup.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Tiens donc…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Il nʼétait que blessé. Il a eu le temps de regagner la mansarde quʼil louait dans cette auberge, et il nʼest mort que le lendemain. Cʼest-à-dire aujourdʼhui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez pu recueillir son témoignage ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je lui ai posé quelques questions, mais il était déjà plus ou moins inconscient. Ou alors il nʼavait pas envie de se confier à un gendarme.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous auriez dû vous faire passer pour un prêtre, et le recevoir en confession avant de lui accorder lʼextrême-onction. Je plaisante… Vous avez quand même réussi à en tirer quelque chose ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je lui ai demandé sʼil avait essayé de se suicider. Il mʼa répondu… « je le crois ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Je le crois ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je le crois.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest tout ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Non, il a ajouté : « nʼaccusez personne dʼautre ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼest étrange, en effet. Mais bon. Il a confirmé quʼil sʼagissait dʼun suicide.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dans ce cas… on nʼa plus rien à faire ici.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je suppose que non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous nʼavez pas lʼair convaincu. Si ce pauvre type a dit quʼil sʼétait suicidé, nous nʼavons pas de raison de mettre sa parole en doute.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non, bien sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi aurait-il dit quʼil sʼétait suicidé si ce nʼétait pas le cas.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Pour protéger quelquʼun, peut-être…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous voulez dire… son assassin ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Je ne sais pas. Mais je me méfie des apparences.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Là il ne sʼagit pas de simples apparences, mais dʼun aveu… Lʼaveu de la victime. Ou du coupable, si vous préférez. Il est tout de même très rare quʼun suicidé soit en mesure de confirmer quʼil est bien lʼauteur de son propre meurtre.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui, vous avez sans doute raison.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– On a retrouvé lʼarme du crime ? Enfin, je veux dire lʼarme qui aurait servi à…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Il sʼagirait dʼun revolver, quʼil aurait volé à quelquʼun. Une arme assez rudimentaire.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pas étonnant quʼil se soit raté.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest curieux… Vous savez quelles ont été ses dernières paroles ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Décidément, il était plutôt bavard, pour un suicidé… Et donc, quʼest-ce quʼil a dit ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – « Encore raté ».<br><strong>Gendarme 2</strong> – Encore raté ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest ce quʼil a dit à son frère, venu de Paris pour lʼaccompagner dans ses derniers instants. Jʼimagine quʼil voulait dire que dans sa vie, il avait vraiment tout raté. Même son suicide.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous dites quʼil est rentré à sa chambre après ce coup de feu. Alors où est-ce quʼil a eu lieu, ce présumé suicide ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Dans un champ.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Un champ ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Un champ de blé, oui.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Et vous pensez que ce détail pourrait avoir son importance ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel détail ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez dʼabord dit un champ. Puis vous avez précisé un champ de blé.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Ah oui… Euh, non… Jʼai dit ça comme ça.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Dʼailleurs, comment savez-vous quʼil sʼagit dʼun champ de blé, et pas dʼun champ de patates, par exemple.<br><strong>Gendarme 1</strong> – Vous allez voir…<br><em>Il retourne la toile, dont on ne voyait jusque là que le dos. Il sʼagit du Champ de blé aux corbeaux, dernier tableau de Vincent Van Gogh. Au choix du metteur en scène, le premier gendarme peut se contenter de montrer le tableau au deuxième, sans que le public puisse voir le côté peint de la toile.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Quʼest-ce que cʼest que cette horreur ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Son dernier tableau.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors ce vagabond peignait des tableaux ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Oui… Il était connu comme peintre.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Cʼétait pas un peintre connu ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non. Je veux dire quʼil était connu pour être peintre. Cʼétait son métier. Mais je ne pense pas que cʼétait un peintre connu. Sinon il nʼaurait pas fini ses jours dans une telle misère.<br><em>Lʼautre examine le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous avez raison, il sʼagit bien dʼun champ de blé. Vous avez noté dʼautres indices sur ce tableau qui pourraient nous aider dans notre enquête ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Quel genre dʼindices pourrait-on voir sur un tableau ?<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Je ne sais pas… Il aurait pu peindre son meurtrier. Tandis quʼil arrivait vers lui depuis lʼautre bout du champ.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Visiblement, il nʼa pas eu le temps.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Pourtant, il a eu le temps de peindre les corbeaux.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Il faudrait pouvoir interroger les corbeaux, alors. Ils ont sûrement tout vu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Il y a eu une autopsie ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest son médecin qui a examiné le corps.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Son médecin ? Je vois… Une autopsie à la bonne franquette, en quelque sorte. Et que dit ce légiste amateur ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Dʼaprès lui, cʼest bien le cœur qui a été visé, mais la balle a été déviée par une côte, et elle a terminé sa course dans l’abdomen. <br><strong>Gendarme 2</strong> – Un tir à bout portant ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Cʼest un médecin homéopathe, vous savez. Pas un expert en balistique. On ne peut rien conclure de définitif à partir de ses déclarations…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Une affaire assez ténébreuse, en effet. Aussi ténébreuse que le ciel quʼil a représenté sur ce tableau juste avant de recevoir cette balle.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À vrai dire, on nʼest même pas sûr que ce soit vraiment dans ce champ de blé que le drame a eu lieu.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Aucun témoin direct, donc.<br><strong>Gendarme 1</strong> – À part les corbeaux ? Non, pas de témoins. Seulement des rumeurs.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Quel genre de rumeurs ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Au sujet de deux garnements. Deux frères. Des fils de bonne famille qui passent leurs vacances ici. Ils auraient pris ce type comme souffre-douleur, et ils auraient pu le tuer accidentellement, en voulant récupérer l’arme qu’il leur avait volée.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Mais lui, il a affirmé sʼêtre suicidé. Pourquoi aurait-il cherché à innocenter ses bourreaux ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Je ne sais pas… Par charité chrétienne, peut-être.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Ouais…<br><strong>Gendarme 1</strong> – Alors quʼest-ce quʼon fait ?<br><strong>Gendarme 2</strong> – Si je résume, on a un clochard qui meurt dʼune balle dans la poitrine deux jours après lʼavoir reçue, on ne sait pas exactement où et quand. Et on ne sait pas non plus par qui et avec quelle arme cette balle a été tirée. Il pourrait donc sʼagir dʼun suicide, mais aussi dʼun meurtre ou dʼun accident.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Oui, cʼest à peu près ça.<br><em>Lʼautre réfléchit une seconde en examinant le tableau.</em><br><strong>Gendarme 2</strong> – Le type qui a peint ça était quand même sacrément dépressif, non ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Cʼest sûr.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Pourquoi ne pas valider lʼhypothèse du suicide, qui semble arranger tout le monde ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Et puis un artiste maudit qui se suicide, cʼest romantique. Ça aidera peut-être à construire sa légende.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Croyez-moi, dans une semaine, tout le monde aura oublié jusquʼau nom de ce vagabond. Il sʼappelait comment, dʼailleurs.<br><em>Lʼautre regarde sur un papier.</em><br><strong>Gendarme 1</strong> – Van Gogh.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Van Gogh ?<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Vincent Van Gogh. Il était hollandais.<br><strong>Gendarme 2 </strong>– Ce qui est sûr, cʼest quʼon ne verra jamais ses tableaux dans un musée.<br><strong>Gendarme 1 </strong>– Allez savoir…<br><strong>Gendarme 2</strong> – Vous accrocheriez ça au dessus du buffet dans votre salle à manger, vous ?<br><strong>Gendarme 1</strong> – Non.<br><strong>Gendarme 2</strong> – Alors allons-y. On a assez perdu de temps comme ça.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Relativité</title>
		<link>https://sketchotheque.net/relativite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 16:11:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avocat]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Paradis]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Bière]]></category>
		<category><![CDATA[Einstein]]></category>
		<category><![CDATA[Physique quantique]]></category>
		<category><![CDATA[Procès]]></category>
		<category><![CDATA[Saint Pierre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Relativité, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Saint Pierre, en toge et une grosse clef à la ceinture, fait face à un homme (ou une femme) en robe dʼavocat.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Alors, nous sommes là pour statuer sur lʼadmission au paradis dʼun certain… Albert Einstein.<br><strong>Avocat</strong> – Tout à fait.<br><strong>Saint Pierre </strong>– Pour que notre débat soit contradictoire, je me ferai lʼavocat du diable…<br><strong>Avocat</strong> – Je plaiderai donc la cause de Monsieur Einstein.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Très bien, alors voyons cela… (<em>Il jette un coup dʼœil à un épais dossier.</em>) Ah oui, cʼest un dossier assez complexe, dites-moi…<br><strong>Avocat</strong> – Jʼai joint en annexe lʼensemble de ses publications scientifiques. Vous conviendrez quʼen lʼoccurrence, on ne peut guère dissocier lʼhomme de son œuvre.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Certes. Mais ni vous ni moi nʼavons la compétence nécessaire pour statuer sur la valeur de ces travaux de recherche. Nous nous en tiendrons donc à lʼessentiel : Monsieur Einstein au cours de sa vie a-t-il fait plus de bien que de mal ?<br><strong>Avocat</strong> – La théorie de la relativité, cʼest lui.<br><strong>Saint Pierre</strong> – La question est de savoir sʼil mérite le paradis, pas sʼil méritait bien son Prix Nobel de physique.<br><strong>Avocat</strong> – Sans entrer dans des détails scientifiques qui nous échapperaient, reconnaissons que ses découvertes ont permis à lʼHumanité de faire un grand bond en avant.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Nous reviendrons là-dessus, car ce point mérite pour le moins dʼêtre discuté. Mais dites-moi… Einstein, cʼest un nom juif.<br><strong>Avocat</strong> – En effet… mais Monsieur Einstein nʼétait pas pratiquant.<br><strong>Saint Pierre </strong>– Ce serait tout de même plus logique quʼil aille frapper à la porte du paradis des Juifs.<br><strong>Avocat</strong> – Et cʼest ce quʼil a fait… dès le moment où il est mort.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Avocat</strong> – Il est depuis plus de cinquante ans en grande discussion avec le rabbin qui lʼa accueilli.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Pour savoir sʼil est digne dʼaller au paradis ?<br><strong>Avocat</strong> – Apparemment, ils nʼen sont pas encore arrivés à ce stade du débat… Pour lʼinstant, le rabbin questionne la Torah pour savoir si le paradis existe vraiment pour les Juifs, et si oui quelle pourrait bien en être la nature.<br><strong>Saint Pierre </strong>– Je vois…<br><strong>Avocat</strong> – Mon client commence à sʼimpatienter un peu, et il a décidé de tenter sa chance auprès de vous.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Un plan B, en quelque sorte…<br><strong>Avocat</strong> – Disons que… en tant que scientifique, Monsieur Einstein étudie toutes les options. Et il en est arrivé à la conclusion que le paradis des Catholiques est beaucoup plus tangible que celui des Juifs.<br><strong>Saint Pierre </strong>– Vous êtes juif aussi, jʼimagine.<br><strong>Avocat</strong> – Non pratiquant, je vous rassure. Comme mon client, en somme…<br><strong>Saint Pierre </strong>– Vous me mettez un peu dans lʼembarras.<br><strong>Avocat</strong> – Votre paradis nʼest pas explicitement réservé aux Catholiques, nʼest-ce pas ? Tous les hommes de bonne volonté y sont les bienvenus…<br><strong>Saint Pierre</strong> – En effet… Mais pour accéder au paradis, encore faut-il y croire. Or on peut dire que Monsieur Einstein était un athée convaincu. Toutes religions confondues…<br><strong>Avocat</strong> – Athée… cʼest un bien grand mot. Pour ma part, je dirais plutôt agnostique.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Laissez-moi vous lire ce quʼil a écrit dans une de ses lettres : « Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, certes honorables mais primitives, qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle, ne peut selon moi changer cela. » Ne pensez-vous pas quʼun homme qui tient de tels propos peut être qualifié dʼathée ?<br><strong>Avocat</strong> – Pourtant, Einstein se définissait lui-même comme « un non-croyant profondément religieux ».<br><strong>Saint Pierre</strong> – En 1929, lorsquʼun rabbin lui demande sʼil croit en Dieu, Einstein répond : « Je crois au Dieu de Spinoza qui se révèle lui-même dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un Dieu qui se soucie du destin et des actions des êtres humains. »<br><strong>Avocat</strong> – Cʼest un fait que Dieu, depuis quʼil a chassé ses créatures du jardin dʼEden en leur accordant par là-même la liberté, et la responsabilité de leurs actes, intervient très peu dans les affaires humaines.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Vous oubliez Jésus-Christ…<br><strong>Avocat</strong> – Einstein ne remettait pas en cause son existence, et il avait la plus grande admiration pour lui. Mais avouez que depuis la mort de Jésus, à part quelques miracles de temps en temps, Dieu reste très discret.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Accordons à Einstein le bénéfice du doute en matière de foi… et examinons les retombées concrètes de ses découvertes scientifiques.<br><strong>Avocat</strong> – On ne peut nier quʼelles sont immenses. Einstein est considéré comme le plus grand génie du XXème siècle. Il a littéralement révolutionné notre conception de lʼunivers.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Il a aussi ses détracteurs… Certains prétendent quʼil nʼa fait que populariser les travaux de ses moins illustres prédécesseurs, dʼautres disent que cʼest sa femme qui lui a soufflé sa célèbre théorie…<br><strong>Avocat</strong> – On dit aussi que cʼest Corneille qui a écrit les pièces de Molière, et Marlowe celle de Shakespeare…<br><strong>Saint Pierre</strong> – Ce ne serait pas la première fois dans lʼhistoire quʼun homme sʼattribuerait le génie de sa femme… Mais je ne suis pas apte à en juger. Cʼest pourquoi je parlais des conséquences de ses découvertes, et non de ses découvertes elles-mêmes.<br><strong>Avocat</strong> – Là, il nʼy a pas photo, si jʼose dire. Sans lui, pas de télévision haute définition et pas de GPS.<br><strong>Saint Pierre</strong> – La télévision et le GPS ont-ils rendu les hommes meilleurs ? Cʼest ça la question.<br><strong>Avocat</strong> – Cʼest aussi lʼinventeur dʼun des premiers prototypes de réfrigérateur.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Dʼaucuns disent surtout quʼil est à lʼorigine de la bombe atomique.<br><strong>Avocat</strong> – Il nʼa pas activement participé au Projet Manhattan, qui devait aboutir à la création de la première bombe nucléaire.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Mais cʼest lui qui, dans une lettre au Président Roosevelt, lui conseillait de lancer sans tarder ce projet.<br><strong>Avocat</strong> – Seulement pour devancer les nazis dans leur quête de lʼarme absolue.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Admettons…<br><strong>Avocat</strong> – Un scientifique ne saurait être tenu responsable des utilisations malveillantes de ses découvertes. Pas plus que Dieu, qui a créé lʼHomme, nʼest responsable de ses mauvaises actions.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Sa vie privée, en tout cas, ne plaide guère en sa faveur… Cʼétait un coureur de jupons…<br><strong>Avocat</strong> – Personne nʼest parfait…<br><strong>Saint Pierre</strong> – Divorcé.<br><strong>Avocat</strong> – Je pense pas que lʼÉglise interdise encore aux divorcés lʼentrée du paradis.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Remarié avec sa propre cousine.<br><strong>Avocat</strong> – LʼÉglise ne lʼinterdit pas formellement non plus.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Mauvais père…<br><strong>Avocat</strong> – Cʼétait un homme très occupé… entièrement dédié à ses travaux.<br><strong>Saint Pierre</strong> – On ne sait même pas ce quʼil est advenu de sa première fille.<br><strong>Avocat</strong> – Tout homme a ses faiblesses… Mais on ne peut contester ses engagements : pour le pacifisme, contre le racisme…<br><strong>Saint Pierre</strong> – Socialiste, sioniste… Nʼentrons pas dans ces considérations, cela risquerait de nous entraîner très loin.<br><strong>Avocat</strong> – Il faut pourtant bien prendre une décision…<br><strong>Saint Pierre</strong> – Vous avez raison… Alors posons-nous cette simple question : le monde aurait-il été meilleur ou pire sans Albert Einstein ?<br><strong>Avocat</strong> – Sachant que tout cela est très relatif…<br><em>Moment de perplexité. Ils feuillettent tous les deux leurs dossiers, sans grande conviction.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Il fait une chaleur, ici…<br><strong>Avocat</strong> – On nʼest pourtant quʼau mois dʼavril…<br><strong>Saint Pierre</strong> – Lʼenfer est juste à côté, et cʼest très mal isolé. Mais je peux vous proposer quelque chose à boire, si vous voulez…<br><strong>Avocat</strong> – Volontiers.<br><em>Saint Pierre sort un instant et revient avec deux bouteilles de Corona.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Tenez.<br><strong>Avocat</strong> – De la bière ? Au paradis…<br><strong>Saint Pierre </strong>– Cʼest chez les musulmans que lʼalcool est interdit…<br><strong>Avocat</strong> – Avec ou sans alcool, lʼimportant cʼest que ce soit bien frais.<br><em>Ils boivent avec une évidente satisfaction.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Alors quʼest-ce quʼon en fait, de votre Albert Einstein ? Juif, athée, apprenti sorcier, misogyne, possiblement plagiaire et assurément polisson… Reconnaissez que pour postuler au paradis, son CV ne plaide pas beaucoup en sa faveur.<br><strong>Avocat</strong> – Ce nʼétait pas un saint, cʼest certain, mais bon… Ce nʼétait pas le diable non plus.<br><em>Ils boivent une autre gorgée.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Vous disiez quʼil avait inventé le réfrigérateur ?<br><strong>Avocat</strong> – En tout cas, on peut dire que ce fut un précurseur dans ce domaine. Il a même déposé un brevet.<br><strong>Saint Pierre</strong> – En somme, cʼest un peu grâce à lui quʼaujourdʼhui, on peut déguster une bonne bière bien fraîche…<br><strong>Avocat</strong> – Cʼest moins glorieux que dʼêtre lʼauteur de la célèbre formule E = MC2, mais ça a le mérite dʼêtre plus concret.<br><strong>Saint Pierre </strong>– Cʼest donc en tant quʼinventeur du frigo que nous lui ferons une place au paradis.<br><strong>Avocat</strong> – Cʼest une sage décision.<br><em>Saint Pierre paraphe un document et le tend à lʼautre.</em><br><strong>Saint Pierre</strong> – Ça veut dire quoi, exactement, E= MC2 ? Je nʼai jamais trop compris.<br><strong>Avocat</strong> – En gros, cʼest le principe dʼéquivalence entre la masse et lʼénergie. Dans certaines circonstances, la masse se transforme en énergie, et vice versa. Finalement, remplacez E par énergie divine, et cʼest pour ainsi dire la preuve de lʼexistence de Dieu.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Nʼen rajoutez pas trop quand même…<br><strong>Avocat</strong> – Vous avez raison… Une bonne bière bien fraîche, ça cʼest la preuve de lʼexistence de Dieu.<br><strong>Saint Pierre</strong> – Puisque notre décision est prise, faites-le donc entrer. Nous allons trinquer avec lui…<br><strong>Avocat</strong> – Vous verrez, cʼest un type qui gagne à être connu.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<item>
		<title>Voyage de noces</title>
		<link>https://sketchotheque.net/voyage-de-noces/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:55:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
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		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1020</guid>

					<description><![CDATA[<p>Voyage de noces, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive à la réception dʼun hôtel, et sʼadresse à la réceptionniste.<br></em><strong>Réceptionniste</strong> – Bonjour Monsieur, que puis-je faire pour votre service ?<br><strong>Client</strong> – Bonjour, je voudrais une chambre, sʼil vous plaît.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Très bien. Un chambre double ou une chambre individuelle ?<br><strong>Client</strong> – Individuelle, ça suffira. Malheureusement…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Voyage dʼaffaires, de tourisme…?<br><strong>Client</strong> – Voyage de noces.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pardon…?<br><strong>Client</strong> – Je suis en voyage de noces.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Dʼaccord… et donc vous souhaiteriez une chambre individuelle. Une autre pour votre épouse, peut-être… À moins quʼelle ne préfère séjourner dans un autre établissement ?<br><strong>Client</strong> – Ma femme mʼa quitté… juste après la cérémonie.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Vous mʼen voyez sincèrement désolée…<br><strong>Client</strong> – Pas autant que moi.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Un différend dʼordre domestique, sans doute ?<br><strong>Client</strong> – Elle est partie avec mon témoin, juste au sortir de la mairie. Je perds à la fois ma femme et mon meilleur ami.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ils finiront peut-être par revenir.<br><strong>Client</strong> – À la fin du voyage de noces, peut-être. Jʼavais réservé un séjour dʼune semaine aux Seychelles. Ils sont partis avec les billets dʼavion.<br><em>Légère hésitation de la réceptionniste.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Ce nʼest pas une blague, au moins ?<br><strong>Client</strong> – Jʼai la tête de quelquʼun qui plaisante ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – À vrai dire, vous auriez plutôt une tête de cocu.<br><strong>Client</strong> – Merci de me remonter le moral.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je prie Monsieur de bien vouloir mʼexcuser. Ça mʼest venu comme ça.<br><strong>Client</strong> – Non, mais vous avez raison. Jʼai une tête de cocu.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ce nʼest sûrement pas la première fois quʼon vous le dit.<br><strong>Client</strong> – Non. Et là, je viens dʼen avoir la confirmation.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je compatis, croyez le bien. Et au nom de notre établissement, je vous présente nos plus sincères condoléances.<br><strong>Client</strong> – Merci, mais… je ne suis pas encore veuf, vous savez. Pour lʼinstant, je suis seulement cocu.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Bien sûr… Je… Je ne sais pas quoi vous dire… Si je pouvais…<br><strong>Client</strong> – Vous êtes bien aimable.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Écoutez, pour adoucir un peu votre douleur, au nom de notre établissement, je peux vous proposer une petite compensation.<br><strong>Client</strong> – Une compensation…? Vous voulez dire…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ne vous emballez pas trop vite… Évidemment, pour votre nuit de noces, jʼimagine que vous auriez préféré avoir une femme dans votre lit. Malheureusement, le règlement de notre établissement nous interdit formellement de…<br><strong>Client</strong> – Bien sûr.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Non, je parlais seulement dʼun surclassement.<br><strong>Client</strong> – Un surclassement ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pour le prix dʼune chambre individuelle classique, je vous propose une chambre supérieure avec balcon, au dernier étage. Cʼest beaucoup plus calme que du côté rue, vous verrez. Ça donne sur le cimetière.<br><strong>Client</strong> – Merci…<br><strong>Réceptionniste</strong> – En général, nos clients sont très satisfaits. En tout cas, personne ne sʼest jamais plaint. Vous avez des bagages ?<br><strong>Client</strong> – Mon témoin est parti avec ma valise. En plus de partir avec ma femme, et nos réservations pour le voyage de noces dans un hôtel de rêve…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Comment se fier encore à ses amis après cela…?<br><strong>Client</strong> – En fait… cʼétait plutôt un ami de ma femme.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Oui, je mʼen doute. Mais rassurez-vous, vous trouverez tout ce quʼil vous faut dans le distributeur automatique qui se trouve à lʼétage. Brosse à dents, peigne, nécessaire de rasage…<br><strong>Client</strong> – Merci, mais… il y a une dernière petite chose qui me tracasse. Je ne sais pas trop comment vous dire ça…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Client</strong> – Ma femme a aussi emporté avec elle ma carte de crédit.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je vois…<br><strong>Client</strong> – Et je nʼai pas pensé à retirer du liquide avant la cérémonie. Je ne pouvais pas me douter que…<br><em>La réceptionniste, commençant visiblement à sʼimpatienter, hésite un instant.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Écoutez, lʼhôtel est presque vide de toute façon. Alors je vous fais cadeau dʼune nuit. Mais demain à la première heure, vous fichez le camp, dʼaccord ?<br><strong>Client</strong> – C’est très aimable à vous, vraiment. Je ne sais pas comment vous remercier…<br><em>La réceptionniste lui tend une clef.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Tenez, voici votre clef.<br><strong>Client</strong> – Le petit-déjeuner est compris ?<br><em>La réceptionniste, à bout, préfère ne pas répondre.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Quatrième étage, chambre 69. Il ne me reste plus quʼà vous souhaiter une bonne soirée…<br><strong>Client</strong> – Merci…<br><em>Le client sʼapprête à partir, très déprimé.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Vous pouvez toujours regarder la télé, ça vous changera les idées.<br><strong>Client</strong> – Je peux jeter un coup d’œil sur votre programme ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Mais bien sûr.<br><em>Le client feuillette un magazine télé.</em><br><strong>Client</strong> – Ah, « Jʼirai dormir chez vous »… Mon émission préférée. Vous connaissez ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Jʼadore… Cʼest dans quel pays, cette fois ?<br><em>Le client regarde à nouveau le programme.</em><br><strong>Client</strong> – Les Seychelles…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Quand ça ne veut pas rigoler. (<em>Elle ouvre un tiroir et en sort une boîte de cachets quʼelle pose sur le comptoir</em>.) Tenez, ce sont des somnifères. Prenez-en deux.<br><strong>Client</strong> – Je ne sais pas si ça suffira…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Eh bien si ça ne suffit pas, prenez toute la boîte.<br><strong>Client</strong> – Dieu vous le rendra. Si je nʼavais pas eu la chance de tomber sur quelquʼun dʼaussi gentil, je ne sais pas où jʼaurais passé la nuit…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Sous un pont, probablement.<br><strong>Client</strong> – Cʼest quelquʼun comme vous que jʼaurais dû choisir comme témoin. Vous savez ce quʼon dit. Cʼest dans la difficulté quʼon reconnaît ses amis.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Bien sûr…<br><strong>Client</strong> – Vous voulez bien être mon amie ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Lʼascenseur est par là. Tirez-vous maintenant avant que je change dʼavis…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Tout est clair</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tout-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:10:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Portefeuille]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout est clair, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.<br></em><strong>Maria</strong> – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.<br><strong>Ramirez</strong> – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?<br><strong>Maria</strong> – Évidemment, puisque c’est la vérité !<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition…<br><strong>Maria</strong> – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !<br><strong>Ramirez</strong> – Bien sûr…<br><strong>Maria</strong> – Ce que c’est que les préjugés… Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police…<br><strong>Ramirez</strong> – Reconnaissez que ça, ce n’est faux…<br><strong>Maria</strong> – Défavorablement, peut-être… Mais pas comme pickpocket !<br><strong>Ramirez</strong> – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.<br><strong>Maria</strong> – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.<br><em>Maria pousse un soupir de soulagement.</em><br><strong>Maria</strong> – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense…<br><strong>Ramirez</strong> – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même… Il a porté plainte…<br><strong>Maria</strong> – Porté plainte ? Mais pourquoi ?<br><strong>Ramirez</strong> – Pour un vol à l’arraché.<br><strong>Maria</strong> – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?<br><strong>Ramirez</strong> – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation…<br><strong>Maria</strong> – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Maria</strong> – Vous verrez… Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère…<br><em>L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Oui Sanchez… OK, envoyez-les moi… (<em>Se tournant vers Maria</em>) L’heure de vérité…<br><em>Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Entrez, je vous en prie.<br><strong>Homme</strong> (<em>embarrassé</em>) – Merci, Inspecteur…<br><strong>Femme</strong> (<em>apercevant Maria</em>) – Alors c’est elle…<br><strong>Maria</strong> – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur…<br><strong>Homme</strong> (<em>timidement</em>) – Madame…<br><strong>Maria</strong> (<em>à Ramirez</em>) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.<br><strong>Ramirez</strong> – Alors Monsieur Delamare… Vous reconnaissez cette femme ?<br><em>L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Maria</strong> – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde…<br><strong>Femme</strong> – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!<br><em>Le brave homme semble très mal à l’aise.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Monsieur, je vous écoute… C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne me souviens plus très bien… Il faisait noir…<br><strong>Ramirez</strong> – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci… <br><strong>Homme</strong> – Non, non, bien sûr… J’ai dit noir… C’est plutôt moi qui… J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur…<br><em>L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Homme</strong> – Absolument.<br><strong>Maria</strong> – Ah ! Vous voyez bien !<br><strong>Ramirez</strong> – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.<br><strong>Maria</strong> – Contre X ?<br><strong>Ramirez</strong> – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.<br><em>L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.</em><br><strong>Homme</strong> – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (<em>Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout</em>.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait… Je l’ai perdu…<br><em>L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi… Pourquoi ce mensonge?<br><em>Le respectable vieillard est un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?<br><strong>Femme</strong> (<em>embarrassée</em>) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle…<br><strong>Ramirez</strong> – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent…<br><strong>Femme</strong> (<em>à nouveau agressive</em>) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça… Avec tout ce qu’on voit en ce moment…<br><strong>Ramirez</strong> – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail… (<em>L’homme, penaud, regarde ses chaussures</em>.) Bon… Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois…<br><strong>Femme</strong> – Merci Monsieur l’Inspecteur…<br><strong>Homme</strong> – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment…<br><strong>Maria</strong> – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?<br><em>L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare… Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.<br><strong>Homme</strong> – C’est là où nous habitons, ma femme et moi…<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même…<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne sais pas, Inspecteur.<br><strong>Ramirez</strong> – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?<br><em>L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.</em><br><strong>Maria</strong> – Ah mais oui, ça y est… Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !<br><em>La femme se tourne vers Maria.</em><br><strong>Femme</strong> – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?<br><strong>Maria</strong> – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !<br><em>La femme jette un regard assassin à son mari.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Je crois que maintenant, tout est clair…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La vie en rose</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-vie-en-rose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:34:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Patient]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Santé mentale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=935</guid>

					<description><![CDATA[<p>La vie en rose, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive et se plante devant un autre qui est déjà là.<br></em><strong>Un</strong> – Docteur, je n’en peux plus. Il faut absolument que vous m’aidiez.<br><strong>Deux</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Un</strong> – Eh bien voilà… Je ne sais pas comment vous dire ça… Depuis quelque temps déjà… Je vois la vie en rose.<br><strong>Deux</strong> – Ah… Ce n’est pas banal, en effet. D’habitude, les gens viennent plutôt me consulter parce qu’ils voient tout en noir.<br><strong>Un</strong> – Non mais dans mon cas, Docteur, ce n’est pas seulement une façon de parler, je vous assure. Je vois vraiment tout en rose.<br><strong>Deux</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Un</strong> – Ma maison est rose, ma voiture est rose, ma femme est rose, mon chien est rose…<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Mais dites-moi, Monsieur…<br><strong>Un</strong> – Moineau… Oui, je sais, c’est cocasse… Je veux dire à cause de Piaf.<br><strong>Deux</strong> – Piaf ?<br><strong>Un</strong> – Vous savez bien… La Vie en Rose…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, bien sûr… Et… vous avez un lien de parenté avec…<br><strong>Un</strong> – Aucun. Vous pensez que ça pourrait avoir un rapport ?<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu, ça dépend… Vous pensez que ça pourrait avoir un rapport ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais moi, Docteur, ce n’est pas seulement quand elle me prend dans ses bras, et qu’elle me parle tout bas, que je vois la vie en rose. C’est permanent, vous comprenez ?<br><strong>Deux</strong> – Je comprends… Et… Vous prenez des médicaments en ce moment, Monsieur Moineau ?<br><strong>Un</strong> – Non… Aucun…<br><strong>Deux</strong> – Pardon de vous demander ça, mais… Pas de substances hallucinogènes ?<br><strong>Un</strong> – Rien, je vous assure… Pour plus de sécurité, j’ai même arrêté le vin. Surtout le rosé, évidemment… Mais rien n’y fait.<br><strong>Deux</strong> – C’est curieux, en effet… Et donc… Ça vous gêne.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, que ça me gêne ! C’est très handicapant, vous ne vous rendez pas compte ! Ça peut même être dangereux ! Tenez, par exemple : je suis en voiture, j’arrive à un feu tricolore. Pour moi tous les feux sont roses ! Alors qu’est-ce que je fais ? Je m’arrête, et je me fais klaxonner ? Je passe, et je me fais verbaliser ?<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous m’imaginez en train d’expliquer aux flics : Excusez-moi, je suis passé au rose ?<br><strong>Deux</strong> – Je comprends…<br><strong>Un</strong> – Et puis voir la vie en rose, ça va cinq minutes… Mais au bout d’un moment, c’est très monotone…<br><strong>Deux</strong> – Et ce qui est monotone peut vite devenir très déprimant.<br><strong>Un</strong> – Vous, quand vous allez au cinéma, c’est pour voir un film en couleur, non ? Moi je ne vois que du rose.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez essayé les films en noir et blanc ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Pour moi, c’est du rose clair et du rose foncé.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Et avec des lunettes noires ?<br><strong>Un</strong> – Du rose à travers des lunettes noires.<br><strong>Deux</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Vous pourriez arrêter de dire je vois ? Ça m’énerve, vous voyez ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon…<br><strong>Un</strong> – Je vois bien que vous ne voyez rien du tout !<br><strong>Deux</strong> – La médecine n’a pas encore réponse à tout, malheureusement. Et je dois reconnaître en effet que… Il doit s’agir d’une maladie orpheline…<br><strong>Un</strong> – Une maladie orpheline ?<br><strong>Deux</strong> – Une de ces maladies génétiques dont personne n’a rien à branler parce qu’elle n’affecte qu’une ou deux personnes dans le monde.<br><strong>Un</strong> – Merci de me remonter le moral, Docteur, ça m’aide beaucoup.<br><strong>Deux</strong> – Allez, il ne faut pas voir tout en noir… Pardon, je veux dire… Vous avez déjà pensé au suicide ?<br><strong>Un</strong> – Vous croyez que c’est la seule solution qui me reste ?<br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, ce n’est pas du tout ce que je voulais dire, mais… Si vous avez des idées noires… Je peux vous prescrire un antidépresseur.<br><strong>Un</strong> – Mouais… Et un arrêt maladie ?<br><strong>Deux</strong> – Vous pensez que…<br><strong>Un</strong> – Un peu de repos, ça n’a jamais fait de mal à personne, pas vrai ?<br><strong>Deux</strong> – Vous avez l’impression d’être surmené ?<br><strong>Un</strong> – Maintenant que vous me le dites, Docteur, c’est vrai que… Je suis à la limite du burn out.<br><strong>Deux</strong> – Je vois… Et à votre avis, il vous faudrait combien ? Je veux dire pour ne plus voir la vie en rose…<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Une semaine, vous pensez que c’est suffisant ?<br><strong>Deux</strong> – Mon Dieu, dans votre cas…<br><strong>Un</strong> – Bon, puisque vous insistez, disons un mois, ce sera plus prudent.<br><strong>Deux</strong> (<em>rédigeant l’arrêt de travail</em>) – Va pour quatre semaines, alors.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas que ça m’amuse, mais… Je pense que ça va me faire du bien, vous ne croyez pas ?<br><strong>Deux</strong> – Revenez me voir en rentrant de vacances, et on verra bien si votre état s’est amélioré.<br><strong>Un</strong> – Je vous enverrai une carte postale, c’est promis.<br><strong>Deux</strong> – Et pour les antidépresseurs, qu’est-ce qu’on fait ? Vous savez, on peut très bien voir la vie en rose et avoir des idées noires.<br><strong>Un</strong> – Merci, mais je crois que je vais essayer de m’en passer. Il paraît que la France est le pays au monde qui consomme le plus d’antidépresseurs. Je ne voudrais pas contribuer à creuser un peu plus le déficit de la Sécu.<br><strong>Deux</strong> – Ce civisme vous honore, cher Monsieur. (<em>Il lui tend son arrêt de travail, mais le laisse tomber par terre.) Pardon… (Il ramasse la feuille et se relève</em>.) Bon, alors… Bonnes vacances, Monsieur Moineau.<br><strong>Un</strong> – Merci beaucoup Docteur. Rien que de vous avoir parlé, il me semble que ça va déjà mieux.<br><em>Le médecin hésite à nouveau à lui tendre l’ordonnance, que l’autre a hâte de saisir.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous ne voyez plus la vie en rose ?<br><strong>Un</strong> – Si… Mais maintenant, au moins, je sais pourquoi…<br><strong>Deux</strong> – Une dernière petite question, Monsieur Moineau… Vous partez où, en vacances ?<br><strong>Un</strong> – Toulouse. Je suis né là-bas. J’ai été muté à Paris, mais je n’arrive pas à m’y faire. Je suis comme les oiseaux migrateurs : l’hiver, il faut que je m’envole vers le Sud.<br><strong>Deux</strong> – Toulouse…<br><em>Le médecin reprend l’ordonnance.</em><br><strong>Un</strong> – Il y a un problème ?<br><strong>Deux</strong> – Toulouse, la ville rose… (<em>Il déchire l’ordonnance</em>.) Je suis vraiment désolé, Monsieur Moineau, mais franchement, dans votre cas, ça me semble tout à fait contre-indiqué…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Noir corbeau</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-corbeau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Coiffeur]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Corbeau]]></category>
		<category><![CDATA[Corrida]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Folie]]></category>
		<category><![CDATA[Gauguin]]></category>
		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
		<category><![CDATA[Peinture]]></category>
		<category><![CDATA[Picasso]]></category>
		<category><![CDATA[Van Gogh]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir corbeau, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.<br></em><strong>Vincent</strong> – Tu sais pourquoi Van Gogh s’est coupé l’oreille ?<br><strong>Paul</strong> – Qui ?<br><strong>Vincent</strong> – Van Gogh !<br><strong>Paul</strong> – Le peintre ?<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi? Tu connais un Van Gogh qui serait coiffeur, charcutier ou coureur cycliste ?<br><strong>Paul</strong> – Non…<br><strong>Vincent</strong> – Bizarre, quand même…<br><strong>Paul</strong> – Qu’il n’y ait aucun charcutier qui s’appelle Van Gogh ?<br><strong>Vincent</strong> – De se couper l’oreille !<br><strong>Paul</strong> – Pourquoi il a fait ça ?<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que je viens de te demander…<br><strong>Paul</strong> – Et comment je le saurais ?<br><strong>Vincent</strong> – Il paraît qu’il l’a offerte à Gauguin, emballée dans du papier journal.<br><strong>Paul</strong> – Il aurait mieux fait de l’offrir à Beethoven.<br><strong>Vincent</strong> – Beethoven n’était pas peintre.<br><strong>Paul</strong> – Non. Mais il était sourd. Tu n’as pas lu les pièces de Roland Dubillard ?<br><strong>Vincent</strong> – Non…<br><strong>Paul</strong> – Remarque, il n’a pas vendu une toile de son vivant.<br><strong>Vincent</strong> – S’il écrivait des pièces de théâtre.<br><strong>Paul</strong> – Van Gogh ! C’est peut-être pour ça qu’il s’est coupé l’oreille.<br><strong>Vincent</strong> – Par dépit ?<br><strong>Paul</strong> – C’est vrai que je ne connais personne qui ait tenté de se suicider en se tranchant l’oreille…<br><strong>Vincent</strong> – Il a peut-être essayé de se trancher la gorge, il a raté son coup, et c’est l’oreille qui a tout pris. Il y a des gens maladroits.<br><strong>Paul</strong> – Et il aurait inventé tout ça pour éviter de passer pour un manchot ? Un peu tiré par les cheveux, non ?<br><strong>Vincent</strong> – D’ailleurs Van Gogh n’était pas encore né quand Beethoven est mort. Je ne vois pas comment il aurait pu lui donner son oreille…<br><strong>Paul</strong> – Ou alors il s’est coupé en se rasant. Et après on en a fait tout un fromage, parce que c’était Van Gogh.<br><strong>Vincent</strong> – Moi, quand je me coupe l’oreille, personne n’en parle…<br><strong>Paul</strong> – C’est pas mal, ses tableaux, mais bon… Est-ce que ça vaut vraiment ce que ça coûte ?<br><strong>Vincent</strong> – Si personne ne lui achetait de toiles de son vivant, ce n’est peut-être pas par hasard.<br><strong>Paul</strong> – C’est sûrement eux qui avaient raison. Van Gogh, ça ne vaut pas un clou. Le clou pour accrocher le tableau…<br><strong>Vincent</strong> – Ni la corde pour le pendre.<br><strong>Paul</strong> – Il s’est pendu ?<br><strong>Vincent</strong> – Qui ?<br><strong>Paul</strong> – Van Gogh !<br><strong>Vincent</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Paul</strong> – Laisse tomber…<br><strong>Vincent</strong> – Et Beethoven ? Les gens lui achetaient sa musique, de son vivant?<br><strong>Paul</strong> – Ouais, mais bon, Beethoven… Il faisait plutôt de la musique classique…<br><strong>Vincent</strong> – Ça se vend toujours, la musique classique.<br><strong>Paul</strong> – C’est jamais très à la mode, mais du coup ça vieillit moins vite.<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que je dis toujours à ma femme. Le classique, c’est indémodable.<br><strong>Paul</strong> – Mais Van Gogh…<br><strong>Vincent</strong> – Ça vieillit mal.<br><strong>Paul</strong> – Comme Picasso.<br><strong>Vincent</strong> – Qui adorait la corrida…<br><strong>Paul</strong> – C’est normal, il était espagnol.<br><strong>Vincent</strong> – On dit que finalement, c’est peut-être Gauguin qui lui aurait coupé l’oreille, à Van Gogh. D’un coup d’épée… C’est même pour ça qu’il se serait taillé, à Tahiti.<br><strong>Paul</strong> – Gauguin aussi aimait la corrida ?<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi ? Il y a des corridas, à Tahiti ?<br><strong>Paul</strong> – À cause de l’oreille ! Et de l’épée…<br><strong>Vincent</strong> – Tu crois que dans un moment de folie, Gauguin, se prenant pour Picasso, aurait pu confondre Van Gogh avec un taureau…?<br><strong>Paul</strong> – Gauguin n’était pas fou. C’est Van Gogh, qui l’était.<br><strong>Vincent</strong> – La preuve, il s’est suicidé…<br><strong>Paul</strong> – On peut se suicider sans être fou…<br><strong>Vincent</strong> – Il s’est tiré une balle dans les champs.<br><strong>Paul</strong> – Il ne s’est pas tiré une balle dans le cœur ?<br><strong>Vincent</strong> – Si, dans les champs. Avec les corbeaux. C’est même le dernier tableau qu’il a peint.<br><strong>Paul</strong> – Et sur le tableau, on voit Van Gogh se suicider ?<br><strong>Vincent</strong> – On voit juste les corbeaux qui lui tournent autour.<br><strong>Paul</strong> – Comme des vautours…<br><strong>Vincent</strong> – Ils sentent ces choses-là… C’est l’instinct… Tu sais que ça vit très longtemps…<br><strong>Paul</strong> – Les vautours ?<br><strong>Vincent</strong> – Les corbeaux !<br><strong>Paul</strong> – Plus longtemps qu’un artiste peintre, en tout cas…<br><strong>Vincent</strong> – Ça dépend. Regarde Picasso. Il a vécu jusqu’à près de cent ans.<br><strong>Paul</strong> – Bon, c’est pas le tout, mais j’ai du boulot. Qu’est-ce que je te fais, aujourd’hui, Vincent…?<br><strong>Vincent</strong> – Comme d’habitude, Paul.<br><strong>Paul</strong> – Bien dégagé derrière les oreilles ?<br><strong>Vincent</strong> – Pas trop quand même…<br><strong>Paul</strong> – Disons que je te laisse les oreilles.<br><strong>Vincent</strong> – Voilà.<br><strong>Paul</strong> – Mais si je dois en couper une, tu préfères que je te laisse laquelle ?<br><strong>Vincent</strong> – Quelle oreille il s’était coupée, Van Gogh ?<br><strong>Paul</strong> – La gauche.<br><strong>Vincent</strong> – Bon ben laisse-moi la droite, alors… Si je veux avoir une chance de passer à la postérité. Tu as le journal ?<br><strong>Paul</strong> – Pour emballer ton oreille ?<br><strong>Vincent</strong> – Pour le lire…<br><strong>Paul</strong> – Si je te coupe une oreille, tu crois que ce sera dans le journal ?<br><strong>Vincent</strong> – Non…<br><strong>Paul</strong> – Et si je te coupe les deux.<br><strong>Vincent</strong> – Pas forcément…<br><strong>Paul</strong> – Et si je te coupe les deux oreilles et la queue ?<br><strong>Vincent</strong> – En Espagne, peut-être…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p><strong>Analyse du sketch</strong><br>Ce sketch est une virtuosité verbale construite autour du mythe de Van Gogh, mêlant références artistiques, détournements absurdes et ping-pong surréaliste entre deux personnages complices. Il commence par une simple question sur la célèbre oreille tranchée, et déroule une série d’associations libres et saugrenues entre Van Gogh, Beethoven, Picasso, Gauguin, les corbeaux, la corrida… jusqu’au salon de coiffure où l’on comprend enfin le contexte.</p>



<p>Le sketch repose sur le comique de répétition, le détournement logique, et le glissement d’un sujet sérieux vers le burlesque, dans la tradition de Dubillard ou des dialogues de Devos. Les deux personnages incarnent l’opposition entre culture savante et culture populaire, mais sans jamais trancher — ils jouent ensemble, dans une forme de complicité rieuse et doucement moqueuse.</p>



<p>La mort de Van Gogh devient ici prétexte à un jeu langagier jubilatoire, où les clichés sur les artistes maudits sont tournés en dérision, et où la question de la valeur artistique est posée de manière provocante : « Est-ce que ça vaut vraiment ce que ça coûte ? ». La question du succès posthume est également tournée en ironie : on ne devient célèbre qu’à condition de mourir dans des conditions suffisamment spectaculaires — et encore, pas toujours !</p>



<p>Le titre « Noir corbeau » renvoie à la dernière œuvre de Van Gogh, <em>Champ de blé aux corbeaux</em>, et constitue une métaphore filée du pressentiment de la mort, que les personnages détournent en blagues noires, jusqu’à évoquer les oreilles coupées dans les arènes espagnoles.</p>



<p>Enfin, le sketch s’achève sur une chute brillante et osée : la boucle est bouclée entre l&rsquo;art, la vie, la mort et… la coiffure, dans une pirouette finale qui donne tout son sel à l’ensemble.</p>
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		<title>Voter blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/voter-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 13:05:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Election]]></category>
		<category><![CDATA[Engagement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voter blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages regardent une affiche imaginaire.</em><br><strong>Un</strong> – Blanc… Drôle de nom…<br><strong>Deux</strong> – Ça inspire confiance. Blanc… Ça fait penser à une marque de lessive…<br><strong>Un</strong> – Mais quand on se présente aux élections… Votez Blanc… Comme slogan pour se faire élire, y a mieux…<br><strong>Deux</strong> – En même temps, comme il n’a pas de programme très défini…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’il peut être élu…<br><strong>Deux</strong> – Il incarne parfaitement les aspirations de la majorité silencieuse. Il mobilisera les abstentionnistes. Et puis il a la tête de Monsieur Tout-le-monde. Les gens se reconnaissent en lui. Ça les rassure.<br><strong>Un</strong> – Mais qu’est-ce qu’il va faire, s’il arrive au pouvoir ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, ça, il a clairement annoncé la couleur. Rien ! Et il a juré que cette fois, les promesses électorales seront tenues.<br><strong>Un</strong> – Mais alors pourquoi il se présente, exactement ?<br><strong>Deux</strong> – Pour faire triompher ses idées !<br><strong>Un</strong> – Ses idées…?<br><strong>Deux</strong> – Il milite depuis des années pour que le vote blanc soit reconnu comme un vote à part entière… Comme il n’a pas obtenu satisfaction, il a décidé de se présenter lui-même… C’est vrai que c’est assez courageux. Au moins, il va au bout de sa démarche…<br><strong>Un</strong> – Et toi, qu’est-ce que t’en penses ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis partagé…<br><strong>Un</strong> – Tu vas t’abstenir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que je fais depuis des années, mais là… Ce serait une façon de cautionner ses idées… Non, je suis encore indécis…<br><strong>Un</strong> – Je suis un peu du même avis que toi… Aujourd’hui, quand on a des vraies convictions… C’est difficile de pas être récupéré…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Nouveaux horizons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/nouveaux-horizons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:15:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=904</guid>

					<description><![CDATA[<p>Nouveaux horizons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse. Un homme et une femme arrivent. Ils vapotent un instant en silence.<br></em><strong>Jacques</strong> – Ça va ?<br><strong>Corinne</strong> – Ça va.<br><strong>Jacques</strong> – Tu veux qu’on aille voir un film ?<br><strong>Corinne</strong> – Ce soir ?<br><strong>Jacques</strong> – Ben oui, ce soir.<br><strong>Corinne</strong> – Ouais, qu’est-ce qu’il y a ?<br><strong>Jacques</strong> – Je ne sais pas, il faudrait regarder. Je regarderai tout à l’heure.<br><strong>Corinne</strong> – OK. Si tu veux après, on peut se faire un resto.<br><strong>Jacques</strong> – Ouais, je ne sais pas.<br><strong>Corinne</strong> – Sinon, j’ai fait des courses.<br><strong>Jacques</strong> – OK.<br><em>Il s’approche du bord de la scène et regarde au loin.</em><br><strong>Jacques</strong> – Je n’avais jamais remarqué que d’ici, on pouvait voir la tour où on habite.<br><strong>Corinne</strong> – Non ?<br><em>Elle s’approche.</em><br><strong>Jacques</strong> – Mais si regarde, juste de l’autre côté du périphérique.<br><strong>Corinne</strong> – Je ne vois pas…<br><em>Il désigne avec le doigt.</em><br><strong>Jacques</strong> – À droite de la centrale thermique. Cette tour avec le toit couvert d’antennes relais. C’est chez nous !<br><strong>Corinne</strong> – Ah oui, tu as raison. C’est marrant.<br>Jacques – Ouais.<br><em>Ils regardent un instant ce spectacle en silence.</em><br><strong>Jacques</strong> – Je me demande si je ne vais pas changer de boulot.<br><strong>Corinne</strong> – Ah oui ? Pourquoi pas…<br><strong>Jacques</strong> – Ça casserait un peu de la routine.<br><strong>Corinne</strong> – Mais quand tu dis changer de boulot…<br><strong>Jacques</strong> – Ah non, mais je resterai dans la même branche, rassure-toi.<br><strong>Corinne</strong> – Tu veux dire changer de boîte.<br><strong>Jacques</strong> – Un collègue vient de m’avertir qu’un poste d’informaticien vient de se libérer dans la société où il travaille.<br><strong>Corinne</strong> – Ah oui ? Et c’est où ?<br><strong>Jacques</strong> – Au troisième étage.<br><strong>Corinne</strong> – Ah d’accord…<br><strong>Jacques</strong> – On pourra toujours prendre nos pauses ensemble.<br><strong>Corinne</strong> – Ah oui… Si tu penses que c’est mieux.<br><strong>Jacques</strong> – Bon allez, on y retourne.<br><strong>Corinne</strong> – OK…<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Avec ou sans filtre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/avec-ou-sans-filtre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 08:46:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ou sans filtre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse . Un personnage arrive.<br></em><strong>Alain</strong> – Avec ou sans filtre…<br><em>Deux femmes arrivent, l’une blonde et l’autre brune.</em><br><strong>Alain</strong> – Blonde… ou brune.<br><em>Les deux femmes poursuivent leur conversation sans lui prêter attention.</em><br><strong>Agnès</strong> – Alors je lui ai dit, non mais tu te fous de moi ?<br><strong>Nicole</strong> – Et qu’est-ce qu’il t’a répondu ?<br><strong>Agnès</strong> – Qu’est-ce que tu voulais qu’il me réponde ?<br><strong>Nicole</strong> – Il n’a rien répondu ?<br><strong>Agnès</strong> – Et toi, qu’est-ce qu’il t’a dit ?<br><strong>Nicole</strong> – Pareil.<br><strong>Agnès</strong> – C’est pas vrai !<br><strong>Nicole</strong> – Je t’assure.<br><strong>Agnès</strong> – Non mais c’est incroyable. Il t’a dit ça ?<br><strong>Nicole</strong> – J’étais sur le cul.<br><strong>Agnès</strong> – Ah ouais, il y a de quoi. Non mais pour qui il se prend ?<br><strong>Nicole</strong> – Il faut le remettre à sa place de temps en temps, c’est clair, parce que sinon…<br><strong>Agnès</strong> – Ah non, je te jure, il y a des fois.<br><em>Le type prend une pose théâtrale pour déclamer dans un style shakespearien.</em><br><strong>Alain</strong> – Fumer… ou ne pas fumer.<br><em>Les deux femmes l’aperçoivent enfin, et échangent un regard méfiant.</em><br><strong>Alain</strong> – That is the question… Mesdames… Bonne journée…<br><em>Le type s’en va. Elles esquissent un vague sourire mais ne répondent pas. Il sort.</em><br><strong>Nicole</strong> – C’est qui celui-là ? Tu le connais ?<br><strong>Agnès</strong> – Je l’ai aperçu une fois ou deux.<br><strong>Nicole</strong> – Il se la pète, non ?<br><strong>Agnès</strong> – Tu m’étonnes.<br><strong>Nicole</strong> – Il se prend pour Alain Delon, ou quoi ?<br><strong>Agnès</strong> – C’est clair que ce n’est pas Alain Delon, hein ?<br><strong>Nicole</strong> – Tu sais où il bosse ?<br><strong>Agnès</strong> – Au cinquième, je crois.<br><strong>Nicole</strong> – Au cinquième ? Qu’est-ce qu’ils font au cinquième ?<br><strong>Agnès</strong> – Je ne sais pas… La même chose qu’au sixième, il me semble.<br><strong>Nicole</strong> – Ah ouais, d’accord. Donc, il se la pète…<br><em>Elles fument un moment.</em><br><strong>Agnès</strong> – Remarque, c’est vrai qu’il est pas mal…<br><strong>Nicole</strong> – Tu m’étonnes.<br><strong>Agnès</strong> – Ce n’est pas Alain Delon, mais bon…<br><strong>Nicole</strong> – Faut être lucide, il y a peu de chance qu’on rencontre Alain Delon ici un jour.<br><strong>Agnès</strong> – C’est clair…<br><em>Elles commencent à partir.</em><br><strong>Nicole</strong> – Et tu dis qu’il bosse au cinquième ?<br><strong>Agnès</strong> – Il me semble, oui.<br>Nicole – Il n’est pas mort, Alain Delon ?<br><em>Elles sortent.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Ici la Terre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ici-la-terre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 12:09:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Dinosaure]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Mars]]></category>
		<category><![CDATA[Pandémie]]></category>
		<category><![CDATA[Terre]]></category>
		<category><![CDATA[Virus]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=840</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ici la Terre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle et lui sont debout face au public, et ne semblent pas se voir entre eux.<br></em><strong>Elle</strong> – Allô Mars ?<br><strong>Lui</strong> – Ah bonjour la Terre !<br><strong>Elle</strong> – Tu as reconnu ma voix ? Pourtant ça fait un moment qu’on ne s’est pas parlés…<br><strong>Lui</strong> – Pas si longtemps que ça, tu exagères…<br><strong>Elle</strong> – Attends, c’était exactement…<br><strong>Lui</strong> – Il y a 110.000 ans. Au début de ta dernière glaciation. Je t’avais appelée pour prendre de tes nouvelles.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai. Le temps passe tellement vite.<br><strong>Lui</strong> – Alors ça va mieux, tu te réchauffes un peu ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, oui, ça va, rassure toi. C’était juste un petit refroidissement.<br><strong>Lui</strong> – Tant mieux, tant mieux…<br><strong>Elle</strong> – Ceci dit, depuis quelque temps, je crois que j’ai attrapé une nouvelle saloperie.<br><strong>Lui</strong> – Encore ! Ah merde… Tu chopes vraiment tout ce qui traîne, toi. Et ça dure depuis quand ?<br><strong>Elle</strong> – Oh pas très longtemps. 10.000 ans, à peu près.<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi comme maladie ?<br><strong>Elle</strong> – L’humanité. C’est un nouveau virus, à ce qu’il paraît. Il n’y a pas encore de vaccin.<br><strong>Lui</strong> – Et c’est grave ?<br><strong>Elle</strong> – On ne sait pas encore trop comment ça peut évoluer.<br><strong>Lui</strong> – Ah tu n’as vraiment pas de bol… Mais ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Pour l’instant, ça va. J’ai juste un peu de température depuis une centaine d’années…<br><strong>Lui</strong> – Un réchauffement climatique… Il ne faut pas laisser traîner, tu sais. Ça pourrait s’aggraver…<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison, si ça ne s’arrange pas d’ici cinq ou dix mille ans, il faudra que je me fasse soigner.<br><strong>Lui</strong> – Ouais… Fais gaffe aux effets secondaires quand même. Des fois, le remède est pire que le mal. Tu te souviens quand tu avais attrapé ce truc, là…<br><strong>Elle</strong> – Les dinosaures.<br><strong>Lui</strong> – C’est ça. On t’avait administré un traitement de choc et…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, cette météorite. Tu parles d’un suppositoire. J’avais failli y rester à l’époque.<br><strong>Lui</strong> – Remarque, après tu en étais définitivement débarrassée.<br><strong>Elle</strong> – Oui, mais j’ai mis pas mal de temps à m’en remettre… Alors et toi, comment ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Oh, moi, tu sais… Toujours pareil… Ce n’est pas maintenant que ça va s’arranger.<br><strong>Elle</strong> – Ne dis pas ça…<br><strong>Lui</strong> – À mon âge.<br><strong>Elle</strong> – On a le même âge !<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça.<br><strong>Elle</strong> – Des fois, il suffit d’une petite pluie d’astéroïdes pendant quelques millions d’années, bien chargés en eau et en sels minéraux, et c’est reparti pour un tour de soleil.<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison, il faut garder le moral.<br><strong>Elle</strong> – Bon, désolée, je vais devoir m’éclipser. Mais fais attention à ce nouveau virus, il paraît que c’est très contagieux.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois que ça pourrait arriver jusqu’à chez moi ?<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, il paraît que la Lune est déjà contaminée. Allez, prends soin de toi.<br><strong>Lui</strong> – Toi aussi. Et n’attends pas encore une éternité avant de me rappeler.<br><strong>Elle</strong> – C’est promis.<br><strong>Lui</strong> – Allez, je t’embrasse. Mais de loin…<br><em>Silence marquant la fin de la conversation, puis elle tousse et éternue.</em><br><strong>Elle</strong> – Quelle saloperie, cette humanité. Il va falloir que je me soigne si je ne veux pas que ça dégénère. Je ne voudrais pas me retrouver dans le même état que ce pauvre Mars…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Double living</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-living/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 10:48:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps qui passe]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=838</guid>

					<description><![CDATA[<p>Double living, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps qui passe' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/double-living/">Double living</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, l’air préoccupé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça va ? Tu as l’air soucieux…<br><strong>Lui</strong> – Rien de grave, je t’assure… J’attendais d’être sûr pour t’en parler mais…<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur, qu’est-ce qu’il y a ?<br><strong>Lui</strong> – Est-ce que tu as déjà remarqué que notre salon est beaucoup moins profond que notre cuisine ?<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – La cuisine, elle est juste de l’autre côté, non ? Séparée de notre salon par une cloison.<br><strong>Elle</strong> – Oui, peut-être. Et alors ?<br><strong>Lui</strong> – Logiquement, notre salon devrait avoir la même longueur que la cuisine.<br><strong>Elle</strong> – Et ?<br><strong>Lui</strong> – Il manque trois mètres cinquante.<br><strong>Elle</strong> – Trois mètres cinquante ?<br><strong>Lui</strong> – Trois mètres cinquante-huit, exactement.<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Lui</strong> – Absolument. J’ai vérifié trois fois les mesures.<br><strong>Elle</strong> – C’est une vieille maison. À cette époque-là, les murs n’étaient peut-être pas très droits.<br><strong>Lui</strong> – Trois mètres cinquante-huit ! On ne parle pas d’un mur un peu en biais ou un peu plus épais que les autres. Comme le salon fait six mètres de large, ça correspondrait à une pièce de plus de 21 mètres carrés.<br><strong>Elle</strong> – Une pièce ?<br><strong>Lui</strong> – Une pièce.<br><strong>Elle</strong> – Tu me fais peur. Une pièce murée, tu veux dire ?<br><strong>Lui</strong> – Oui. On peut dire ça comme ça.<br><strong>Elle</strong> – Mais enfin, ça fait vingt ans qu’on a acheté cette maison. On ne se serait pas rendu compte qu’il manquait une pièce ?<br><strong>Lui</strong> – Les chiffres sont là. J’ai vérifié trois fois.<br><strong>Elle</strong> – C’est dingue.<br><strong>Lui</strong> – Et dire que pendant toutes ces années, j’avais mon bureau au fond du garage, entre la chaudière et le congélateur. Vingt-et-un mètres carrés, tu te rends compte ? On aurait pu en faire un bureau !<br><strong>Elle</strong> – Ou une chambre d’enfant…<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Mais comment c’est possible…? Comment est-ce qu’on peut en arriver à murer une pièce ? Pourquoi ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Elle</strong> – Ça fout un peu les jetons, non ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – De savoir que pendant vingt ans, on a passé toutes nos soirées dans ce salon, sans savoir que juste à côté, il y en avait un autre de la même taille, complètement vide…<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin, vide… on ne sait pas.<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Il n’est peut-être pas vide.<br><strong>Elle</strong> – Pas vide ? Tu veux dire… que les anciens propriétaires auraient pu y cacher quelque chose ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas ? Sinon, pourquoi avoir muré cette pièce ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qu’on peut bien vouloir cacher, au point de murer complètement une pièce de sa maison.<br><strong>Lui</strong> – Un trésor ?<br><strong>Elle</strong> – Ce serait trop beau…<br><strong>Lui</strong> – Un cadavre…<br><strong>Elle</strong> – Un cadavre ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas…<br><strong>Elle</strong> – Vingt mètres carrés pour planquer un cadavre ?<br><strong>Lui</strong> – Il y en avait peut-être plusieurs…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, il n’était peut-être pas mort quand on l’a emmuré…?<br><strong>Lui</strong> – Il ou elle…<br><strong>Elle</strong> – Ou les deux.<br><strong>Lui</strong> – Et si les anciens propriétaires étaient toujours là…?<br><em>Silence de mort.</em><br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de pouvoir continuer à vivre dans cette maison, en sachant que juste derrière cette cloison, il y a peut-être un ou plusieurs cadavres…<br><strong>Lui</strong> – C’est juste une hypothèse.<br><strong>Elle</strong> – Oui, mais moi j’ai besoin d’en avoir le cœur net.<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison, il faut savoir.<br><strong>Elle</strong> – Et tout de suite. Je ne passerai pas une nuit de plus dans cette maison sans savoir ce qu’il y a dans cette pièce.<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Je m’en occupe…<br><em>Il sort. Elle jette un regard angoissé vers la cloison, correspondant au quatrième mur. Il revient avec une masse.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Lui</strong> – Il faut en avoir le cœur net.<br><em>Noir. On entend des coups de masse. La lumière revient. Ils regardent vers la salle comme à travers un trou béant.</em><br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Lui</strong> – Un salon en parfait état, presque comme le nôtre.<br><strong>Elle</strong> – Pas une trace de poussière.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue…<br><strong>Elle</strong> – Tu crois que quelqu’un habite encore ici ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… En même temps… Ça ressemble beaucoup au salon des voisins.<br><em>Elle regarde plus attentivement.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est le salon des voisins !<br><strong>Lui</strong> – Je ne comprends pas… J’ai dû faire une erreur dans mes calculs.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…? Eh ben il va falloir que tu leur expliques ça quand ils vont revenir…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Brèves du temps qui passe</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="240" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du Recueil Brèves du temps qui passe" class="wp-image-481" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-qui-passe-jean-pierre-martinez-300x180.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Trinité</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trinite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Robot]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=809</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trinité, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Trois hommes ou femmes, habillés de façon similaire, à l’exception des inscriptions sur leurs tee-shirts : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils restent un moment immobiles.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous savez quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Il paraît qu’avant d’être des robots, on était des animaux nous aussi.<br><strong>Un</strong> – Des animaux ?<br><strong>Deux</strong> – Ben vous savez… Comme des robots, mais que personne n’a fabriqué.<br><strong>Trois</strong> – Tu veux dire des robots… sauvages ? Comme il y en avait autrefois sur certaines planètes ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai entendu ça dans une émission à la télé.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, remarque, si on y pense… Qui a fabriqué le premier robot ?<br><strong>Trois</strong> – Le premier robot ?<br><strong>Deux</strong> – Celui qui a fabriqué le deuxième.<br><strong>Trois</strong> – Pas un animal, en tout cas. Comment veux-tu qu’un animal fabrique un robot ?<br><strong>Un</strong> – L’émission parlait d’un chaînon manquant entre l’animal et le robot. Une sorte de grand singe, mais plus intelligent.<br><strong>Trois</strong> – Un singe qui fabrique des robots… N’importe quoi !<br><strong>Un</strong> – Oui, tu as raison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis nous, personne ne nous a fabriqués, non ?<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Trois</strong> – C’est nous qui avons créé tout ça !<br><strong>Deux</strong> – Nous on a toujours été là.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Mais bien sûr ! Les animaux aussi, c’est nous qui les avons fabriqués. Comme tout le reste !<br><strong>Trois</strong> – Et puis nous, notre problème, ce n’est pas de savoir d’où on vient. C’est de savoir où on va.<br><strong>Deux</strong> – Et où on va, au fait ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien.<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’on y est déjà arrivé.<br><strong>Deux</strong> – Arrivé où ?<br><strong>Un</strong> – Au bout de l’évolution.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas que ce serait aussi long, la fin du monde… C’est long, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est très très long.<br><strong>Trois</strong> – Beaucoup plus long que le début, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, dans les vieux films à la télé, la fin du monde ça arrive toujours d’un seul coup.<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’en réalité, ça dure une éternité.<br><em>Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Ça vient d’où, ces tee-shirts à la con ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien non plus.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et la fin du monde, c’était prévu pour quelle heure à peu près ?<br><strong>Trois</strong> – Trois heures.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est peut-être plus la peine d’attendre, alors.<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><em>Ils se lèvent.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être devenus des dieux, en fait.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir…<br><em>Ils se retournent pour partir, et on peut lire sur le dos de leurs tee-shirts : Père, Fils, Saint-Esprit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Espace immobilier</title>
		<link>https://sketchotheque.net/espace-immobilier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 16:46:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Immobilier]]></category>
		<category><![CDATA[Société de consommation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=807</guid>

					<description><![CDATA[<p>Espace immobilier, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un agent (homme ou femme) derrière un bureau sur lequel trône un ordinateur. Un client (ou une cliente) arrive.</em><br><strong>Client</strong> – Bonjour.<br><strong>Agent</strong> – Bonjour Monsieur. Bienvenue chez Espace Immobilier. Que puis-je faire pour vous ?<br><strong>Client</strong> – Alors voilà je… Je suis actuellement locataire, et j’envisage de devenir propriétaire…<br><strong>Agent</strong> – Très bien…<br><strong>Client</strong> – Nous venons d’avoir un deuxième enfant et nous commençons à manquer un peu d’espace.<br><strong>Agent</strong> – Je comprends très bien… Plus c’est petit, et plus ça prend de place, pas vrai ?<br><strong>Client</strong> – Oui…<br><strong>Agent</strong> – Parfait… Et… quel genre de planète cherchez-vous ?<br><strong>Client</strong> – Pas trop grande, parce que mon budget n’est pas infini. Mais qu’on soit à l’aise quand même lorsque les enfants vont grandir.<br><strong>Agent</strong> – Voyons voir ce que je pourrais vous proposer (<em>L’agent pianote sur son clavier et regarde son écran.</em>) Que pensez-vous de celle-ci ? Ce n’est pas immense, mais il y a deux satellites. Pour une famille, c’est idéal.<br><strong>Client</strong> (<em>lisant</em>) – À rafraîchir… Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ?<br><strong>Agent</strong> – La température au sol est un peu élevée…<br><strong>Client</strong> – Combien ?<br><strong>Agent</strong> – Ça peut aller jusqu’à deux cents degrés en été… Mais vous pouvez toujours installer un climatiseur d’atmosphère.<br><strong>Client</strong> – Je ne supporte pas la climatisation…<br><strong>Agent</strong> – Et puis c’est très lumineux. C’est une planète très proche de son étoile…<br><strong>Client</strong> – C’est sûrement pour ça que c’est une telle fournaise… Et celle-là ?<br><strong>Agent</strong> – Ah oui, elle est très bien aussi… Le charme de l’ancien… C’est vrai que ça a beaucoup de cachet…<br><strong>Client</strong> – Travaux à prévoir…<br><strong>Agent</strong> – Elle est livrée sans eau et sans atmosphère, mais vous savez, maintenant, ce ne sont pas des aménagements considérables. Vous pouvez même en défiscaliser une partie. Et puis à ce prix là…<br><strong>Client</strong> – Je préférerais quand même ne pas avoir de travaux à faire.<br><strong>Agent</strong> – Habitable tout de suite, je vois… Moi non plus, je ne suis pas très bricoleur… Voyons voir… Ah, je crois que j’ai ce qu’il vous faut… C’est un produit que je viens de rentrer, justement… Regardez ça…<br><strong>Client</strong> – C’est très bleu, non ?<br><strong>Agent</strong> – C’est la piscine… Mais regardez de plus près… Le jardin est très vert… Et vous avez un frigo à chaque pôle. Bon, là ils sont légèrement dégivrés, c’est pour ça que la piscine déborde un peu, mais ça peut se régler très facilement en changeant le thermostat…<br><strong>Client</strong> – C’est vrai que ce n’est pas mal…<br><strong>Agent</strong> – C’est la campagne. À moins d’une centaine d’années lumière d’ici…<br><strong>Client</strong> – C’est situé où exactement ?<br><strong>Agent</strong> – C’est un peu excentré, c’est vrai. Mais d’un autre côté, c’est très tranquille. C’est dans le système solaire…<br><strong>Client</strong> – Le système solaire ?<br><strong>Agent</strong> – La Voie Lactée, vous voyez ?<br><strong>Client</strong> – Vaguement…<br><strong>Agent</strong> – J’ai plus central, bien sûr, mais c’est plus cher… Une planète comme ça, avec un satellite, en plus… Je ne vous cacherais pas que le satellite, lui, est à aménager… Mais vous pouvez le faire un peu plus tard lorsque la famille se sera agrandie…<br><strong>Client</strong> – Et vous dites que c’est habitable tout de suite ?<br><strong>Agent</strong> – Il y a l’eau, le gaz, l’électricité solaire… Et pour la touche rustique, il reste même quelques volcans en activité… Bon, il faudra peut-être les faire ramoner…<br><strong>Client</strong> – Comment ça s’appelle ?<br><strong>Agent</strong> – La Terre.<br><strong>Client</strong> – La Terre ?<br><strong>Agent</strong> – Vous pouvez toujours changer le nom, si ça ne vous plaît pas… C’est au numéro 3211 de la Voie Lactée.<br><strong>Client</strong> – Et elle serait libre tout de suite ?<br><strong>Agent</strong> – Je crois qu’il reste quelques locataires qui n’ont jamais payé le loyer… Si vous êtes intéressé, je peux faire en sorte qu’ils débarrassent le plancher très rapidement… Le temps de faire l’état des lieux, et vous pouvez emménager quand vous voulez !<br><strong>Client</strong> – Il faudrait que j’en parle à ma femme, mais… Oui, je crois que je vais la prendre… J’imagine que vous voulez un acompte tout de suite…<br><strong>Agent</strong> – Comme ça, je vous la réserve. Vous savez, ce genre de produits, c’est assez rare. Alors ça part très vite…<br><strong>Client</strong> – Parfait…<br><em>Le client sort une carte de crédit que l’agent passe dans une fente de son ordinateur.</em><br><strong>Agent</strong> – Et voilà… Bienvenue chez vous !<br><strong>Client</strong> – Très bien, je repasse avec ma femme pour les formalités…<br><strong>Agent</strong> – Pas de problème… Nous restons à votre service.<br><em>Le client sort. L’agent décroche son portable.</em><br><strong>Agent</strong> – Tu ne vas pas le croire… Je viens de réussir à refourguer la Terre… Depuis le temps qu’elle nous restait sur les bras… Tu pourras y faire un saut pour tout remettre en ordre avant la semaine prochaine ? L’acheteur a l’air pressé d’emménager, et cette bande de squatters nous a laissé ça dans un état… Oh ça tu fais comme tu veux, mais je pense qu’avec un bon coup d’insecticide, ça devrait régler le problème… Oui, d’homicide, si tu préfères… Très bien, alors je compte sur toi, hein ?… OK, à plus tard… (<em>Il raccroche et se frotte les mains</em>) Bon, ça c’est fait…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Du balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/du-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Balayeur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Voyante]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Bijou]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux balayeurs. Ils balaient. L’un ramasse quelque chose par terre.<br></em><strong>Un </strong>– C’est dingue tout ce qu’on peut trouver dans les caniveaux.<br><strong>Deux</strong> – C’est quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille, je te dis !<br><strong>Deux</strong> – Une oreille ? Non ? Fais voir… Ah ouais, c’est une oreille, dis donc.<br><em>Il se met à regarder par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu cherches ?<br><strong>Deux</strong> – Je regarde s’il n’y aurait pas la deuxième.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi il y aurait la deuxième ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les oreilles, ça marche par deux, non ?<br><strong>Un</strong> – Les oreilles, ça marche par deux… N’importe quoi…<br><em>Ils restent un instant perplexes, appuyés sur le manche de leurs balais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on va en faire, de cette oreille ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. On devrait peut-être essayer de retrouver son propriétaire.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’il en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que moi, si je perdais une oreille et qu’on la retrouve, j’aimerais bien qu’on me la rapporte.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, si tu perdais une oreille ? On ne perd pas ses oreilles comme on perd ses clefs ! Comment veux-tu perdre une oreille sans t’en apercevoir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, ça… Comment est-ce qu’il a bien pu perdre une oreille, ce type ?<br><strong>Un</strong> – Ça peut aussi être une femme.<br><strong>Deux</strong> – Une femme ? Pourquoi une femme ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas une femme ? Les femmes aussi ont des oreilles, non ? Sinon, à quoi elles accrocheraient leurs boucles d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – Mais cette oreille-là ne porte pas de boucle d’oreille.<br><strong>Un</strong> – C’était peut-être une femme qui ne portait pas de boucle d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – C’est affreux…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Savoir que quelque part, une femme marche dans la rue avec une seule oreille.<br><strong>Un</strong> – La femme à l’oreille coupée…<br><em>Justement une femme arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Je lis dans les lignes de la main. Voulez-vous me donner la vôtre ?<br><strong>Un</strong> – On cherche plutôt quelqu’un qui lise dans les lobes de l’oreille. Vous savez faire ça ?<br><strong>Trois</strong> – Faut voir…<br><em>Il lui tend l’oreille.</em><br><strong>Un</strong> – Tenez, je vous prête une oreille attentive.<br><strong>Deux</strong> – On voudrait surtout savoir à qui elle appartient, cette oreille.<br><em>La voyante semble se concentrer.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vois… un balai.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez que cette oreille pourrait avoir appartenu à une sorcière ?<br><strong>Un</strong> – Un balai… Évidemment, on est balayeurs, alors elle voit des balais ! On serait poissonniers, elle sentirait le poisson. Et on serait marins, elle entendrait la mer…<br><strong>Trois</strong> – Pour l’instant je sens surtout de mauvaises vibrations…<br><strong>Deux</strong> – On a trouvé cette oreille en balayant les feuilles mortes dans le caniveau.<br><strong>Un</strong> – L’automne, c’est la haute saison pour les balayeurs… Les oreilles mortes se ramassent à la pelle…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous voyez d’autre ?<br><strong>Trois</strong> – Je vois… (<em>Brandissant l’oreille, comme en transe</em>) Je ne vois rien, mais j’entends.<br><strong>Un</strong> – Une voyante qui entend, maintenant…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous entendez ?<br><strong>Un</strong> – J’entends une voix… qui vient de très loin.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle dit, cette voix ?<br><strong>Trois</strong> – J’entends… des chiffres !<br><strong>Un</strong> – Des chiffres ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être un message codé.<br><strong>Trois</strong> – Cinq chiffres… Et un sixième…<br><strong>Deux</strong> – Le numéro complémentaire !<br><strong>Trois</strong> – Oui… Oui, c’est bien ça… Ça ressemble à la combinaison du prochain loto !<br><strong>Un</strong> – Le loto ?<br><strong>Deux</strong> – Et c’est quoi, ces chiffres ?<br><em>Elle lui rend brusquement l’oreille, comme si le charme était rompu.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça, pour le savoir, il faut payer d’avance.<br><strong>Un</strong> – C’est ça oui… Et qu’est-ce qui nous prouve que c’est la bonne combinaison ?<br><strong>Trois</strong> – Rien. Vous n’êtes pas obligés d’y croire. C’est vous qui voyez…<br><strong>Un</strong> – C’est nous qui voyons ? Je pensais que c’était vous, la voyante…<br><strong>Deux</strong> – Quand même, tu te rends compte ? Et si c’était le bon numéro ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles sérieusement ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on risque ?<br><strong>Un</strong> – Ça, je pense que madame va nous le dire…<br><strong>Trois</strong> – Cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Cinquante euros ?<br><strong>Trois</strong> – C’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Et si c’était vrai, pourquoi est-ce que vous ne la joueriez pas vous-même, la combinaison gagnante ?<br><strong>Trois</strong> – C’est vous qui l’avez trouvée, cette oreille. Pas moi. Ce serait contraire à la déontologie.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne fait que 25 euros chacun…<br><strong>Un</strong> – Va pour 40, d’accord ?<br><strong>Trois</strong> – OK.<br><em>Ils lui donnent chacun un billet de vingt. Elle sort un papier de sa poche et le leur tend.</em><br><strong>Trois</strong> – Voilà les numéros gagnants.<br><strong>Deux</strong> – Mais… ils étaient déjà écrits sur ce papier avant que vous n’entendiez cette voix !<br><strong>Trois</strong> (<em>avec emphase</em>) – Le destin est toujours écrit d’avance.<br><em>Elle s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais moi j’y crois…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, ces numéros ?<br><em>L’autre s’apprête à le lui dire, mais se ravise.</em><br><strong>Deux</strong> – Viens plutôt par là… (<em>Jetant un regard vers le public</em>) Les murs ont des oreilles…<br><em>Ils se mettent un peu en retrait.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Le 13.<br><strong>Un</strong> – Classique.<br><strong>Deux</strong> – Le 5 bis.<br><strong>Un</strong> – On va dire le 5.<br><strong>Deux</strong> – Et le 214.<br><strong>Un</strong> – Le 214 ?<br><strong>Deux</strong> – On va dire le 2, le 1 et le 4.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais ça ne fait que 5 numéros.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais, c’est vrai…<br><strong>Un</strong> – Elle ne nous a pas donné le numéro complémentaire, la salope.<br><strong>Deux</strong> – On aurait dû lui donner les cinquante euros qu’elle nous demandait.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, ça va être de ma faute, maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Et cette oreille, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle n’a pas l’air très propre…<br><strong>Un</strong> – Évidemment, on l’a trouvée dans le caniveau…<br>Deux – Ouais… (<em>En direction de la salle</em>) Personne n’a perdu une oreille ? Une oreille sale… Bon ben je la laisse ici, bien en évidence. Si celui qui l’a perdue veut la récupérer…<br><strong>Un</strong> – Bon, on la fait, cette grille, oui ou non ?<br><strong>Deux</strong> – Allons-y… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que c’est notre jour de chance…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Du balai » est un bijou de comique absurde et métaphysique, dans la lignée des sketches surréalistes. À partir d’un simple détail incongru — une oreille trouvée dans un caniveau — le sketch déploie un univers entier fait de logique dévoyée, de croyances détournées et de langage bancal, où tout peut faire sens… ou non. La trouvaille d’une oreille évoque le monde des corps fragmentés, des anonymes oubliés, mais ici, elle devient un récepteur magique de signes. C’est une parabole sur l’écoute, littérale et figurée : prêter l’oreille, prêter foi, entendre la fortune, ou les voix… Le sketch brille par ses glissements de sens constants, ses jeux de mots (notamment autour de “prêter l’oreille”) et son rythme parfaitement maîtrisé.</p>



<p>Le personnage de la voyante condense la parodie de la crédulité populaire et de l’économie ésotérique, où l’on vend de l’espoir aux plus désespérés — pour 50 euros ou un “rabais” à 40. Sa dernière justification (“le destin est toujours écrit d’avance”) est à la fois poétique et glaçante. Les deux balayeurs, figures d’hommes de la rue (au sens propre et figuré), incarnent un mélange de lucidité désabusée et de foi naïve, comme beaucoup de personnages du recueil. Leur espoir de gagner au loto, malgré l’évidence de l’arnaque, résume une forme de dignité paradoxale : face à l’absurdité du monde, ils choisissent d’y croire encore, un peu.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Deuxième chance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deuxieme-chance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:25:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Rue]]></category>
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		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Voyance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=722</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deuxième chance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un SDF arrive. Il aperçoit une pièce par terre qu’il ramasse.</em><br><strong>Un</strong> – Deux euros… C’est mon jour de chance.<br><em>Un deuxième SDF arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Salut… Je ne t’avais encore jamais vu dans cette rue.<br><strong>Deux</strong> – Non, je suis nouveau. Pourquoi ? Ça te défrise ?<br><strong>Un</strong> – Ça m’étonne, c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><strong>Un</strong> – La rue, peut-être… Mais le trottoir…<br><strong>Deux</strong> – Et toi ? Ça fait longtemps que tu le squattes, ce trottoir ?<br><strong>Un</strong> – Ouais. C’est chez moi, ici.<br><strong>Deux</strong> – Tu es du genre casanier, alors ?<br><strong>Un</strong> – J’ai mes petites habitudes, oui. Je connais tout le monde.<br><strong>Deux</strong> – Tu connais tout le monde. Mais personne ne te connaît.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, toi, je ne te connais pas.<br><strong>Deux</strong> – Eh ben moi, je te connais.<br><strong>Un</strong> – Tu me connais, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que j’ai un peu changé. Toi aussi, d’ailleurs.<br><strong>Un</strong> – Je n’aime pas beaucoup les devinettes.<br><strong>Deux</strong> – Imagine-moi rasé de près, en costume cravate, derrière un bureau en faux acajou.<br><strong>Un</strong> – Excuse-moi, mais j’ai du mal.<br><strong>Deux</strong> – J’étais ton conseiller en patrimoine à la Société Générale.<br><em>L’autre reste un instant tétanisé.</em><br><strong>Un</strong> – Ordure ! Et tu viens encore me narguer dans ma rue ? Je vais t’étrangler, fumier !<br><em>Il tente de lui sauter à la gorge, mais l’autre esquive.</em><br><strong>Deux</strong> – Doucement ! On peut parler, tout de même. Et justement, j’ai une affaire à te proposer.<br><strong>Un</strong> – Une affaire ? Mais si j’en suis arrivé là, c’est justement à cause des placements pourris que tu m’as conseillés, salopard !<br><strong>Deux</strong> – Cette fois, c’est différent, je t’assure. C’est absolument sans risque.<br><strong>Un</strong> – Sans risque ? Évidemment que c’est sans risque ! Qu’est-ce que je pourrais bien avoir encore à perdre ? Tu ne m’as laissé que la chemise que j’ai sur le dos !<br><strong>Deux</strong> – Tu l’as dit toi-même, tu n’as rien à perdre, et moi non plus. Alors, oui ou non, est-ce que tu veux que je te donne une chance de te refaire ?<br><strong>Un</strong> – Non !<br><strong>Deux</strong> – Très bien… Alors tant pis pour toi. Je vais essayer de trouver un autre associé. Je te laisse, parce que je n’ai pas de temps à perdre. C’est une opportunité unique que je dois saisir dans l’heure qui vient.<br><em>Il commence à partir.</em><br><strong>Un</strong> – OK, dis toujours…<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Deux</strong> – Voilà, il me restait juste un billet de 50 euros.<br>Un – C’est tout ce qui te restait de ce que tu m’as volé ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai décidé de jouer le tout pour le tout. J’ai été voir une voyante, tout à l’heure, et elle m’a donné les cinq numéros du prochain loto.<br><strong>Un</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Deux</strong> – Je t’assure, elle était très sûre d’elle.<br><strong>Un</strong> – Très bien. Tu vas devenir millionnaire, alors ? Tant mieux pour toi. Et en quoi est-ce que ça me concerne ? Tu comptes me rembourser avec ton gros lot, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pas exactement.<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, mais je m’en doutais un peu.<br><strong>Deux</strong> – Donc je lui ai donné les 50 euros qui me restaient pour obtenir ce délit d’initié… et je n’ai même plus deux euros pour acheter une grille de loto.<br><strong>Un</strong> – Et ?<br><strong>Deux</strong> – Il ne me reste plus qu’une heure !<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien je me demandais si… Si tu serais partant pour investir dans cette affaire. Tu mets les deux euros. Et on partage les bénéfices. Deux tiers pour moi, un tiers pour toi.<br><strong>Un</strong> – En gros, tu veux que je te refile les deux euros que je viens de trouver par terre… pour acheter une grille de loto parce qu’une voyante vient de te donner les numéros gagnants.<br>Deux – Donc tu as bien deux euros à investir dans cette affaire ! Tu ne le regretteras pas, crois-moi.<br><strong>Un</strong> – Mais tu me prends vraiment pour une bille ! Avec ces deux euros, je peux acheter une baguette et un litron de rouge !<br><strong>Deux</strong> – Mais moi je te propose de faire fortune !<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui m’as ruiné !<br><strong>Deux</strong> – Tu me déçois, tu vois. Même dans le cas très improbable où cette voyante se serait plantée, je te propose de gagner 60 millions ! Et toi tu me parles d’une baguette et d’un litron ? Tu veux que je te dise ? Tu n’es pas digne d’être mon partenaire dans cette affaire. Allez, je te laisse…<br><em>Il s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – OK. Cinquante-cinquante. C’est quand même moi qui prends le risque financier. Comme d’habitude…<br><strong>Deux</strong> – D’accord, mais tu es dur en affaires.<br><em>Il tend la main et l’autre lui donne les deux euros.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu ne le regretteras pas, crois-moi. Attends-moi là, je reviens. Ce soir, on sera riches !<br><strong>Un</strong> – Avant de te rencontrer, je l’étais.<br><em>L’autre s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Pourquoi est-ce que j’ai cette désagréable impression de m’être encore fait avoir ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong><em>Analyse</em></strong><br>« Deuxième chance » est un sketch cruel, poignant et lucide, qui explore la persistante domination sociale, même dans la misère. L’ancien banquier, ruiné, reproduit avec son ancienne victime les mêmes schémas de manipulation, à peine maquillés sous forme de « proposition ». Le titre est une fausse promesse : ici, la « deuxième chance » n’est qu’un miroir aux alouettes, un piège narratif. Ce sketch met à nu l&rsquo;éternelle asymétrie des relations de pouvoir, même entre deux hommes à la rue. L’un a encore la parole, la persuasion, le vernis du discours économique ; l’autre, deux euros et un reste de lucidité… qu’il finit par brader pour ne pas être seul. <br>Le comique repose sur l’ironie dramatique : tout annonce une nouvelle arnaque, mais l’espoir — ou la résignation — l’emporte. La dernière réplique referme brillamment la boucle tragique : l’homme floué est celui qui avait déjà tout perdu.</p>
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		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
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		<title>L’homme de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lhomme-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:45:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Sondage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’homme de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là. Il attend. Un autre arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi, vous êtes bien l’homme de la rue ?<br><em>L’autre le regarde, évidemment surpris.</em><br><strong>Un</strong> – En tout cas, je ne suis pas l’homme de la plaine…<br><strong>Deux</strong> – Je suis stagiaire chez Ipsos, et on m’a demandé d’interviewer l’homme de la rue. Vous auriez quelques minutes à m’accorder ?<br><strong>Un</strong> – J’attends le bus…<br><strong>Deux</strong> – Ça tombe bien, c’est une enquête omnibus.<br><strong>Un</strong> – Omnibus ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Ça veut dire que c’est une enquête qui regroupe des questions n’ayant rien à voir entre elles. Pour les commanditaires, c’est moins cher, vous comprenez ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Chacun achète un ticket, si vous préférez, et il a le droit de poser une question dans cet omnibus. C’est moins cher que d’affréter un bus pour lui tout seul…<br><strong>Un</strong> – Je ne comprends rien à ce que vous me racontez… C’est une enquête pour la RATP ?<br><strong>Deux</strong> – Bon, alors voici la première question… C’est un fait historiquement avéré que Jésus-Christ n’allait jamais à la messe. D’accord, plutôt d’accord…?<br><strong>Un</strong> – Vous êtes sûr qu’ils ne sont pas en train de vous bizuter, à la SOFRES ?<br><strong>Deux</strong> – Plutôt pas d’accord, pas du tout d’accord…?<br><strong>Un</strong> – C’est pour la caméra cachée, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre plutôt pas d’accord…<br><strong>Un</strong> – Mais c’est complètement débile, comme question.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant, celui qui nous l’a commandée est très haut placé, croyez-moi.<br><strong>Un</strong> – C’est qui ?<br><strong>Deux</strong> – Désolé, je suis lié par le secret professionnel… Alors, voici la deuxième question: Êtes-vous d’accord avec le programme du Front national, si l’on exclut de ce programme la préférence nationale et la sortie de l’euro ?<br><strong>Un</strong> – Vous vous foutez de moi ?<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout !<br><strong>Un</strong> – Comment voulez-vous que je réponde à des questions pareilles ?<br><strong>Deux</strong> – Celle-ci, c’est par oui ou par non…<br><em>L’autre lui lance un regard exaspéré.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais mettre ne sait pas…<br><strong>Un</strong> – J’imagine qu’il y a une troisième et dernière question…<br><strong>Deux</strong> – En fait, il y en a un peu plus que ça, mais…<br><strong>Un</strong> – Vous n’aurez qu’à dire que l’omnibus est tombé en panne…<br><strong>Deux</strong> – Alors… Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? C’est une question ouverte… Je peux bien vous le dire, celle-ci nous a été commandée par un particulier sur ses propres deniers.<br><strong>Un</strong> – Un professeur de philosophie, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – En fait il s’agit de la femme d’un monsieur qui tient une boucherie chevaline à Beaucon-le-Château, dans les Bouches-du-Rhône.<br><strong>Un</strong> – Remarquez, quand on est marié avec un type qui tient une boucherie chevaline à Beaucon-le-Château, je comprends qu’on se pose des questions existentielles…<br><strong>Deux</strong> – Et quelle est votre réponse ?<br><strong>Un</strong> – Combien vous avez de cases ?<br><strong>Deux</strong> – Comme pour un tweet : 140 caractères.<br><strong>Un</strong> – Si seulement les philosophes s’en étaient tenus à ça pour répondre à ce genre de questions, la philosophie serait beaucoup plus populaire dans les classes de terminale aujourd’hui…<br><strong>Deux</strong> – Alors ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Je ne sais pas, moi… Parce que s’il n’y avait rien, il n’y aurait pas de chevaux non plus, donc pas d’équarrisseurs, pas de boucheries chevalines et personne derrière la caisse pour se poser cette question à la con.<br><strong>Deux</strong> – Ça alors…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fait exactement 140 caractères…<br><strong>Un</strong> – Bon, il faut que je vous laisse. Voilà mon bus qui arrive…<br><strong>Deux</strong> – Je peux vous demander votre nom et un numéro de téléphone ? Des fois ils contrôlent, pour vérifier qu’on n’a pas bidonné les réponses…<br><em>L’autre lui tend sa carte.</em><br><strong>Un</strong> – Voilà ma carte…<br><em>Il s’en va. L’autre reste là et jette un regard sur la carte.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>lisant</em>) – Monsieur Delarue… (<em>Relevant les yeux</em>) C’est quelle rue, ici ?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« L’homme de la rue » est un sketch drôle et critique, qui démonte avec élégance la mécanique absurde des enquêtes d’opinion — et, au passage, bien d’autres travers de notre société contemporaine. L’opposition comique entre le stagiaire plein de bonne volonté mais déconnecté du sens de ses questions, et le passant pragmatique, moqueur mais lucide, crée une dynamique jubilatoire. Le langage technocratique (omnibus, quotas, commanditaires) devient ici une source de non-sens assumé, où l’idée même de représenter « l’opinion publique » vire au ridicule.<br>Le sketch intègre également une réflexion philosophique sur le sens de l’existence, par le biais d’une question ultime posée… par la femme d’un boucher chevalin. Ce télescopage de registres (populaire et métaphysique) crée un humour fin et existentiel, qui évoque l’esprit de Devos ou des Monty Python.<br>La chute, avec la carte de visite révélant que « l’homme de la rue » s’appelle Monsieur Delarue (nom courant mais aussi évocateur du célèbre animateur), ajoute un dernier clin d’œil ironique : même l’ »homme de la rue » est une fiction, une projection. Ce sketch réussit donc à faire rire tout en questionnant profondément notre rapport au langage, à la politique, à l’identité, à la pensée, et même au vide. </p>
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		<item>
		<title>Comme sur des roulettes</title>
		<link>https://sketchotheque.net/comme-sur-des-roulettes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:27:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme sur des roulettes, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, tirant un chien à roulettes accroché à une laisse. Un autre personnage arrive à son tour, un paquet de cigarettes à la main (le texte pourra être légèrement adapté en fonction du sexe des deux personnages).</em><br><strong>Deux</strong> – Alors ça y est, vous êtes rentré ?<br><strong>Un</strong> – Ah, bonjour ! Oui, oui, je suis rentré ce matin. Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Hier soir.<br><strong>Un</strong> – Pas trop de monde sur la route ?<br><strong>Deux</strong> – On est partis de bonne heure, heureusement, parce que sinon…<br><strong>Un</strong> – Eh oui… Fini les vacances…<br><strong>Deux</strong> – Remarquez, on dit ça, mais en fin de compte, on n’est pas mécontent de rentrer chez soi, pas vrai ?<br><strong>Un</strong> – Mmm…<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas être en vacances tout le temps. À la fin, on s’ennuierait. (Il tend vers l’autre son paquet de cigarettes.) Cigarette ?<br><strong>Un</strong> – Merci, j’ai arrêté.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui ?<br><strong>Un</strong> – Les bonnes résolutions de la rentrée, vous savez… Maintenant, je vapote…<br><em>Il sort une cigarette électronique et se met à vapoter. L’autre range son paquet de cigarettes.</em><br><strong>Deux</strong> – Remarquez, je ferais mieux de m’y mettre aussi… (<em>Il sort une boîte de cachets, en avale un, s’apprête à ranger la boîte mais se ravise.</em>) Oh pardon, vous en voulez un ? C’est un petit relaxant… En principe, c’est seulement sur ordonnance mais bon, ils sont très légers…<br><strong>Un</strong> – Merci, j’ai aussi arrêté les médicaments…<br><strong>Deux</strong> – Ouh là… On ne parle plus seulement de bonnes résolutions alors… C’est du lourd, dites-moi. Vous avez rencontré Dieu cet été, vous êtes devenu moine, et vous êtes juste passé récupérer vos affaires avant d’aller vous cloîtrer dans votre monastère, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Vous, en tout cas, vous n’avez pas fait vœu de silence…<br><strong>Deux</strong> – Remarquez, c’est vous qui avez raison. Moi aussi, je ferais mieux d’arrêter.<br><strong>Un</strong> – D’arrêter… de raconter des conneries, vous voulez dire ?<br><strong>Deux</strong> – D’arrêter les médocs !<br><strong>Un</strong> – Ah oui, bien sûr… C’est vrai que vous n’avez pas très bonne mine. Pour quelqu’un qui revient de vacances…<br><em>L’autre accuse un peu le coup.</em><br><strong>Deux</strong> – Et votre femme, comment ça va ?<br><strong>Un</strong> – À vrai dire… J’ai arrêté aussi.<br><strong>Deux</strong> – Arrêté ?<br><strong>Un</strong> – On n’arrêtait pas de se chamailler, de toute façon… Alors à la place, j’ai pris… un truc qui se gonfle…<br><strong>Deux</strong> – Ah oui… Oui, c’est… C’est moins de complications, c’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Je la gonfle tous les soirs. On regarde un peu la télé, et puis… Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Moi ? Ah non, moi je… Je suis toujours avec ma femme. À l’ancienne, quoi. Pour l’instant, c’est elle qui continue à me gonfler tous les soirs…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Deux</strong> – Et le chien, comment il va ?<br><strong>Un</strong> – Le chien ? Comme sur des roulettes.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, je n’avais pas remarqué, dites donc… Alors vous avez aussi arrêté le chien…<br><strong>Un</strong> – Celui-là n’aboie pas, et au moins, je ne suis pas obligé de ramasser les crottes derrière lui.<br><strong>Deux</strong> – Évidemment… Mais alors pourquoi vous continuez à le sortir pour la promenade ?<br><strong>Un</strong> – L’habitude, j’imagine… Mais vous avez raison, je crois que je vais arrêter aussi d’aller faire pisser le chien… Ça m’évitera les mauvaises rencontres…<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vous proposerais bien d’aller prendre une bière, mais je me doute un peu de ce que vous allez me répondre…<br><strong>Un</strong> – J’ai arrêté l’alcool…<br><strong>Deux</strong> – Et voilà.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un café, peut-être ?<br><strong>Un</strong> – J’ai arrêté la caféine.<br><strong>Deux</strong> – Un déca ?<br><strong>Un</strong> – Bon… Avec une sucrette, alors. Et à condition que vous me promettiez de la fermer un peu.<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que je dis toujours à ma femme. Tout serait tellement plus simple si les gens arrêtaient de parler pour ne rien dire.<br><strong>Un</strong> – À qui le dites-vous…<br><strong>Deux</strong> – Il y a des fois…<br><strong>Un</strong> – On voudrait tout simplement ne plus en entendre parler.<br><strong>Deux</strong> – Ça, je ne vous le fais pas dire… Et avec votre… truc gonflable, vous…<br><em>L’autre lui lance un regard agacé.</em><br><strong>Deux</strong> – OK, je ne dis plus rien.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><strong>Un</strong> – Allez viens, le chien.<br><strong>Deux</strong> – Il s’appelle le chien ?<br><strong>Un</strong> – Vous ne m’aviez pas promis de la mettre un peu en veilleuse ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon…<br><strong>Un</strong> – Je crois que je vais aussi arrêter les voisins…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Comme sur des roulettes » dresse un portrait acide et drôle de la fatigue existentielle contemporaine, à travers un échange où chaque phrase pourrait être la dernière avant un burn-out.<br>Le comique repose sur un enchaînement d’ »arrêts » : arrêt du tabac, de l’alcool, des médicaments, de la femme, du chien… jusqu’à l’envie d’arrêter les voisins eux-mêmes. C’est une escalade d’absences volontaires qui dessine une vision désabusée du lien social, de la vie conjugale et même de l’individualité.<br>L’image du chien à roulettes, drôle et mélancolique, cristallise ce que tout le sketch illustre : une volonté de maintenir l’illusion du quotidien (la promenade du chien), sans les contraintes, ni le vivant. La femme gonflable agit comme une extension de cette stratégie : garder une forme d’habitude, sans le trouble de l’humain.<br>Mais sous le comique grinçant, on perçoit une véritable souffrance, celle de personnages qui ne savent plus faire autrement que simuler la vie. Leur tentative d’échange finit par s’éteindre dans le silence, mais au fond, c’est peut-être là qu’ils sont le plus proches.<br>Un sketch tout en maîtrise, à la fois minimaliste dans la forme et profondément caustique dans le fond.</p>
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		<title>La rue est à tout le monde</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-rue-est-a-tout-le-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:19:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
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		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
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		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<category><![CDATA[Travestissement]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La rue est à tout le monde, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme travesti en femme, genre prostituée, fait le pied de grue sur le trottoir. Une religieuse arrive. Elle semble désagréablement surprise de voir le travesti.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Qu’est-ce que vous foutez là ?<br><strong>Travesti</strong> – Ça ne se voit pas ?<br><strong>Religieuse</strong> – Ce n’est pas la rue Saint-Denis, ici. Vous ne trouvez pas que vous détonnez un peu dans le paysage ?<br><strong>Travesti</strong> – Vous êtes de la police ?<br><strong>Religieuse</strong> – Pas exactement…<br><strong>Travesti</strong> – La rue est à tout le monde, non ?<br><em>L’autre lui tend un billet.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Bon, tenez, voilà un billet de dix. Prenez ça et tirez-vous, d’accord ?<br><em>L’autre regarde le billet, surpris, mais ne le prend pas.</em><br><strong>Travesti</strong> – Merci ma sœur, c’est très généreux de votre part. Mais je vais être obligé de rester.<br><strong>Religieuse</strong> – Je vous demande juste de vous déplacer jusqu’au bout de la rue !<br><strong>Travesti</strong> – Oui, mais désolé, ça ne va pas être possible.<br><em>L’autre réfléchit un instant, agacée, puis se décide.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Bon, c’est combien la pipe ?<br><strong>Travesti</strong> – Pourquoi ? Ça vous intéresse ?<br><em>L’autre sort deux billets de vingt euros et les lui tend.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Voilà deux billets de vingt euros. Vous voyez, ma voiture est au coin de la rue. Si vous alliez voir par là-bas si j’y suis ? Vous n’aurez qu’à considérer que vous êtes en train de travailler…<br><strong>Travesti</strong> – Mais puisque je vous dis que non.<br><strong>Religieuse</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Travesti</strong> – Parce que j’ai une bonne raison de ne pas bouger d’ici, voilà pourquoi.<br><strong>Religieuse</strong> – Quelle raison ?<br><strong>Travesti</strong> – Je vous en pose des questions, moi ?<br><strong>Religieuse</strong> – Je ne vous empêche pas de m’en poser. Pourvu qu’après vous dégagiez d’ici.<br><strong>Travesti</strong> – Très bien. Alors pourquoi ça vous dérange tellement que je sois là ? Ce n’est pas très chrétien. Je vous rappelle que Jésus lui-même n’a pas jeté la pierre à la femme adultère…<br><strong>Religieuse</strong> – Ouais ben moi, en ce qui concerne les femmes adultères, je serais plutôt favorable à la lapidation, vous voyez…<br><strong>Travesti</strong> – C’est une menace ?<br><strong>Religieuse</strong> – Écoutez, je n’ai rien contre vous, d’accord ? Je surveille la maison d’en face, et je préfèrerais rester discrète, vous comprenez ? Si on est deux, ça commence à ressembler à un attroupement…<br><strong>Travesti</strong> – Le numéro 13 ?<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, le numéro 13, pourquoi ?<br><strong>Travesti</strong> – Non, c’est moi qui vous demande pourquoi. Pourquoi ce qui se passe au numéro 13 vous intéresse tant que ça ?<br><strong>Religieuse</strong> – Disons que… deux personnes ont prévu de se retrouver là. Deux personnes qui sont mariées, mais pas ensemble, si vous voyez ce que je veux dire.<br><strong>Travesti</strong> – Et c’est le ciel qui vous envoie pour empêcher ce péché mortel… Vous êtes une sorte d’ange gardien, c’est ça ? Votre prénom, c’est Joséphine ?<br><strong>Religieuse</strong> – Mon prénom, c’est Martine… Je serais plutôt une sorte de cocue…<br><strong>Travesti</strong> – Ah, d’accord… Vous êtes la femme de…?<br><strong>Religieuse</strong> – On ne peut rien vous cacher.<br><em>L’autre accuse le coup.</em><br><strong>Travesti</strong> – Ah oui évidemment, là ça change tout…<br><strong>Religieuse</strong> – Alors ?<br><strong>Travesti</strong> – En tout cas, félicitations pour votre déguisement. Je ne me serais jamais douté que…<br><strong>Religieuse</strong> – Merci.<br><strong>Travesti</strong> – Qu’est-ce que vous pensez du mien ?<br><strong>Religieuse</strong> – Ne me dites pas que vous aussi…<br><strong>Travesti</strong> – Eh oui… Je suis le mari trompé.<br><strong>Religieuse</strong> – Non ?<br><strong>Travesti</strong> – Si…<br><strong>Religieuse</strong> – C’est incroyable… Eh bien bravo à vous aussi… Moi non plus je n’aurais jamais pu deviner que…<br><strong>Travesti</strong> – Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Religieuse</strong> – C’est vrai que nos déguisements sont parfaits, mais…<br><strong>Travesti</strong> – Oui, le moins qu’on puisse dire, c’est que notre attelage est plutôt improbable.<br><strong>Religieuse</strong> – Et donc très voyant.<br><strong>Travesti</strong> – Ce n’est vraiment pas de veine.<br><strong>Religieuse</strong> – On va finir par se faire remarquer, c’est évident.<br><strong>Travesti</strong> – Dommage qu’on n’ait pas pu se concerter.<br><strong>Religieuse</strong> – On n’a qu’à faire comme si on ne se connaissait pas.<br><strong>Travesti</strong> – D’accord… On peut toujours essayer…<br><strong>Religieuse</strong> – Ils ne devraient pas tarder à arriver, de toute façon.<br><em>Un temps pendant lequel ils s’efforcent de s’ignorer.</em><br><strong>Travesti</strong> – Je prends juste quelques photos avec mon portable et je m’en vais. C’est pour mon avocat.<br><strong>Religieuse</strong> – J’avais bien pensé engager un détective, pour les photos, mais c’est tellement cher.<br><strong>Travesti</strong> – Et tellement cliché.<br><strong>Religieuse</strong> – Si vos photos sont ratées, je vous enverrai les miennes. Vous me laisserez votre adresse mail.<br><strong>Travesti</strong> – Tenez, voilà ma carte.<br><em>Il tend à l’autre une carte qu’elle prend.</em><br><strong>Religieuse</strong> – Ah vous travaillez chez SFR à la Défense ?<br><strong>Travesti</strong> – Oui pourquoi ?<br><strong>Religieuse</strong> – Moi aussi. Enfin je veux dire à la Défense. Je travaille chez Orange.<br><strong>Travesti</strong> – Ça nous fait au moins un point commun.<br><strong>Religieuse</strong> – C’est curieux qu’on ne se soit pas déjà croisés.<br><strong>Travesti</strong> – Remarquez, on s’est peut-être déjà croisés. Mais je pense que vous non plus, vous n’allez pas au bureau habillée comme ça…<br><strong>Religieuse</strong> – Non, vous avez raison…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Travesti</strong> – Vous fumez ?<br><strong>Religieuse</strong> – Non merci…<br><strong>Travesti</strong> – Ah non, mais je ne fume pas non plus. Je voulais juste savoir si vous étiez fumeuse.<br><strong>Religieuse</strong> – Ah oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Travesti</strong> – Ma femme est fumeuse. C’est absolument insupportable.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, je sais ce que c’est… Mon mari fume aussi.<br><strong>Travesti</strong> – Ils ont au moins ça en commun. Ils se sont peut-être rencontrés dans un bureau de tabac…<br><strong>Religieuse</strong> – Allez savoir…<br><strong>Travesti</strong> – Ah, ça y est, je crois que les voilà.<br><strong>Religieuse</strong> – Je n’ose pas regarder… Ils vont nous repérer, c’est sûr.<br><strong>Travesti</strong> – On n’a plus qu’à faire comme dans les films.<br><strong>Religieuse</strong> – Dans les films ?<br><em>Il la prend dans ses bras, et l’embrasse longuement. Ils relâchent peu à peu leur étreinte.</em><br><strong>Travesti</strong> – Ça y est, ils ont dû entrer au numéro 13.<br><strong>Religieuse</strong> – Vous êtes sûr que c’était eux ?<br><strong>Travesti</strong> – Pas tout à fait, à vrai dire… Je n’ai pas bien regardé… Figurez-vous que j’avais un peu la tête ailleurs…<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, moi aussi… Vous croyez qu’ils nous ont reconnus ?<br><strong>Travesti</strong> – Franchement, ça m’étonnerait. Avec nos déguisements…<br><strong>Religieuse</strong> – Bon, je crois qu’il vaudrait mieux qu’on s’en aille.<br><strong>Travesti</strong> – Je me demande si je ne vais pas confier cette affaire à un détective privé, tout de même.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, on a beau dire, c’est un métier.<br><strong>Travesti</strong> – Mais j’y pense, pourquoi ne pas prendre le même détective pour nos deux affaires ? Après tout, ce seront les mêmes photos, non ?<br><strong>Religieuse</strong> – Vous avez raison, ce serait idiot de multiplier les dépenses. On partagera les frais…<br><strong>Travesti</strong> – Je vous en prie, il n’en est pas question… C’est moi qui vous l’offre…<br><strong>Religieuse</strong> – Vous êtes un gentleman comme on n’en fait plus. Et je ne connais même pas votre prénom…<br><strong>Travesti</strong> – Jérôme. Je crois qu’il vaut mieux ne pas trop traîner par ici… Je vous offre un verre quelque part ?<br><strong>Religieuse</strong> – Je ne sais pas si c’est très raisonnable, mais…<br><strong>Travesti</strong> – Le plus dur, ça va être de trouver un endroit où on pourrait passer inaperçus.<br><strong>Religieuse</strong> – Oui, ce n’est pas gagné…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong></p>



<p><strong>« La rue est à tout le monde »</strong> est une <strong>farce urbaine jubilatoire</strong>, aux allures de vaudeville post-moderne. Les ressorts classiques du <strong>théâtre de boulevard</strong> (adultère, portes qui claquent, quiproquos) sont ici transposés sur le trottoir, dans une mise en scène <strong>minimaliste mais redoutablement efficace</strong>, où le costume tient lieu de décor, et les dialogues font toute l’action.<br>L&rsquo;humour repose d’abord sur <strong>l’affrontement de deux figures caricaturales</strong> : la prostituée provocante et la religieuse coincée — figures qui volent en éclats au fil du sketch, révélant <strong>deux conjoints blessés en mission clandestine</strong>. Le comique vient aussi du <strong>langage ambigu</strong>, des <strong>renversements de situation</strong>, et de la <strong>reconnaissance progressive des identités</strong>.<br>Au-delà du rire, c’est une satire douce-amère des <strong>relations conjugales</strong>, du <strong>désir de justice privée</strong>, et de l’<strong>absurdité des rôles sociaux</strong>. Travestissement, rôle de composition, mise en scène… tout évoque le théâtre dans le théâtre. Les personnages, en endossant leurs costumes pour mieux piéger les autres, se découvrent eux-mêmes. <strong>La rue devient une scène, et la comédie humaine un prétexte à une complicité inattendue.</strong><br>Le sketch, malgré son humour très visuel et verbal, laisse aussi place à une <strong>véritable tendresse entre deux solitudes blessées</strong>, au point qu’on se demande à la fin s’il ne naît pas une nouvelle histoire d’amour entre eux… comme si les comédiens de boulevard improvisaient une réconciliation hors des codes.</p>
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		<item>
		<title>Plans de carrière</title>
		<link>https://sketchotheque.net/plans-de-carriere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 07:55:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Connaissance]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
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		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Brèves de trottoirs, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketchs de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux collégiennes (pouvant être jouées par des adultes habillées comme des ados) arrivent l’une après l’autre, sortant visiblement du collège.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez eu les bulletins&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – T’as combien de moyenne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Et toi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais… C’est exactement la moitié.<br><strong>Un</strong> – La moitié de quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Huit et demi. La moitié de dix-sept.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><em>L’autre la regarde étonnée et renonce à répondre. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux faire, toi, quand tu seras grande&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… (<em>Un temps</em>) J’hésite entre kinésithérapeute et péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Silence</em>) C’est quoi, exactement, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Un type qui a une crampe, par exemple. Il appelle la kinésithérapeute, elle lui fait un massage…<br><strong>Un</strong> – Pour retirer sa crampe…?<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) C’est une masseuse, quoi…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Mais maintenant, ça s’appelle une kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – C’est cool…<br><strong>Deux</strong> – Ça vient du grec: «&nbsp;kinésie&nbsp;», le mouvement, et «&nbsp;thérapeute&nbsp;», qui soigne. Parce qu’il faut faire des études, quand même, pour être kinésithérapeute.<br><strong>Un</strong> – Des études de grec&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – De latin, plutôt. Pour savoir ce que c’est que le radius, le cubitus, le strato-nimbus, le romulus et rémus…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, c’est cool… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien, kinésithérapeute&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Nan… C’est ça le problème… C’est pour ça que j’hésite avec péripatéticienne…<br><strong>Un</strong> – Mmm… (<em>Un temps</em>) Péripatéticienne, c’est un peu comme esthéticienne, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – C’est ça… C’est une esthéticienne, mais qui pratique sous le périphérique. C’est pour ça qu’on appelle ça une péripatéticienne.<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… (<em>Un temps</em>) Et ça gagne bien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma grande sœur, elle est péripatéticienne, et ma mère dit qu’elle gagne dix fois plus qu’elle.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’elle fait, ta mère&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien.<br><strong>Un</strong> – Rien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Pôle Emploi.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… Ça craint… Et ta sœur, ça lui plaît, comme métier, péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Mon beau-père l’a foutue dehors juste après le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est pas cool…<br><strong>Deux</strong> – Non, ça craint.<br><strong>Un</strong> – Et ton beau-père, qu’est-ce qu’il fait&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Rien…<br><strong>Un</strong> – Pôle Emploi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Décédé.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais, quand même… Mais décédé, euh&nbsp;? (<em>Devant le silence de son interlocutrice</em>) Ouah…<br><strong>Deux</strong> – Et toi, qu’est-ce que tu veux faire quand t’auras ton bac&nbsp;? Si tu l’as un jour…<br><strong>Un</strong> – J’hésite…<br><strong>Deux</strong> – Entre quoi et quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’ils font, tes vieux&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Mon père est prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Et ta mère&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Prof de grec.<br><strong>Deux</strong> – Génial…<br><strong>Un</strong> – Ils veulent que je sois prof de latin.<br><strong>Deux</strong> – De latin&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ils disent que prof de grec, j’aurai jamais le niveau.<br><strong>Deux</strong> – Cool…<br>Un – Il n’y a pas de chômage. C’est la fonction publique.<br><strong>Deux</strong> – Et ça gagne bien, prof de grec&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Plus que péripatéticienne&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Peut-être un peu moins, quand même.<br><strong>Deux</strong> – Et il faut faire des études…<br><strong>Un</strong> – Il y a un concours… Il n’y a pas de concours pour être péripatéticien&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ma sœur, elle a commencé avec le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… C’est cool ça…<br><em>Elles restent un moment silencieuses.</em><br><strong>Un</strong> – Oh, putain…<br><strong>Deux</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Huit et demi… Mes parents vont me tuer, c’est clair…<br><strong>Deux</strong> – T’as qu’à leur dire ça.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – À tes vieux. En rentrant, tu leur dis que tu veux être péripatéticienne. Comme ça ils te foutront la paix.<br><strong>Un</strong> – Tu crois&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben ouais…<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Il faut juste le brevet.<br><strong>Un</strong> – Ouais, c’est pas con… (<em>Elle regarde sa montre.</em>) Bon, il faut que j’y aille, sinon ils vont vraiment me tuer…<br><strong>Deux</strong> – OK. Tu me raconteras.<br><strong>Un</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Tes vieux&nbsp;! Pour ton projet professionnel. Ce qu’ils en pensent…<br><strong>Un</strong> – Ah, OK… C’est cool… Merci du tuyau, en tout cas…<br><em>Elle s’éloigne. L’autre soupire.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors elle, elle est vraiment trop con.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong><em>Analyse</em></strong></p>



<p>« Plans de carrière » illustre avec brio la rencontre entre l’absurde, la satire et une réalité sociale glaçante. Le comique repose en grande partie sur l&rsquo;inconscience et la naïveté des jeunes filles, à la fois touchantes et d’une drôlerie brutale, dans leur façon de parler d’orientation, de métiers, de familles brisées ou d&rsquo;inégalités économiques comme s&rsquo;il s’agissait d’un banal devoir de SVT.<br>Le dialogue — très finement écrit — montre comment les mots peuvent être mal compris, et pourtant servir à structurer un raisonnement, dans une logique à la fois implacable et absurde. La confusion entre « kinésithérapeute » et « péripatéticienne » est un ressort comique puissant, mais au-delà du rire, elle dit quelque chose de grave sur le rapport à l’éducation, à la culture, au langage et à l’avenir.<br>Le sketch dénonce aussi, par petites touches, la reproduction sociale, l’échec scolaire, et le désespoir tranquille d&rsquo;une jeunesse et donne à entendre la voix d’une génération fragile, oscillant entre résignation et provocation, dans un monde qui offre peu d’alternatives. Une satire sociale aussi drôle que percutante.</p>
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		<item>
		<title>Les gens</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-gens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:09:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Lutte des classes]]></category>
		<category><![CDATA[Marx]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les gens, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive, très bien habillé, avec un haut-de-forme, suivi d’un autre en costume de chauffeur, avec une casquette.<br></em><strong>Chauffeur</strong> – Que monsieur ne s’inquiète pas, le dépanneur va venir pour la Rolls, et une voiture est en route pour nous ramener au château.<br><strong>Milliardaire</strong> – Merci mon brave.<br><em>Le chauffeur nettoie le banc avec un mouchoir.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur veut bien s’asseoir.<br><em>Le milliardaire s’assied et jette un regard autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Tout ça est très pittoresque… Mais où sommes-nous, exactement ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Très exactement… nous sommes à l’angle de la rue de la Paix et de la rue…<br><strong>Milliardaire</strong> – Non, je veux dire, cet endroit, c’est quoi ?<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est un square, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Un square ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un jardin public.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vraiment ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Je me suis dit que pour attendre la voiture, ce serait mieux que dans la rue ou dans un café. C’est un quartier très populaire, vous savez. Les gens comme eux ne sont pas habitués à voir des gens comme vous.<br><strong>Milliardaire</strong> – Des gens comme moi…?<br><strong>Chauffeur</strong> – Des personnes de votre condition.<br><strong>Milliardaire</strong> – Nous aurions pu rester incognito. Ils ne sont pas supposés savoir que je suis baron, et à la tête de la cinquième plus grosse fortune d’Europe.<br><strong>Chauffeur</strong> – Croyez-moi, monsieur ne serait pas passé inaperçu.<br><em>Le milliardaire regarde à nouveau autour de lui.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Un jardin public…<br><strong>Chauffeur</strong> – Comme le jardin du château de monsieur, mais ouvert à tout le monde.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais je ne vois pas de château…<br><strong>Chauffeur</strong> – Le château, c’est… la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – D’accord.<br><strong>Chauffeur</strong> – Les gens viennent là avec leurs enfants pour prendre un peu l’air.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, oui… Les gens…<br><strong>Chauffeur</strong> – Quand ils ne travaillent pas, évidemment.<br><strong>Milliardaire</strong> – Bien sûr. C’est assez propre, quand même. Et… ce sont les gens eux-mêmes qui l’entretiennent, n’est-ce pas ? On appelle ça des jardins ouvriers, je crois.<br><strong>Chauffeur</strong> – Euh… Non monsieur. Les jardins ouvriers, c’est pour faire pousser des légumes. Ici c’est un jardin public. C’est entretenu par les jardiniers de la mairie.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois. Et les gens viennent ici pour se reposer.<br><strong>Chauffeur</strong> – C’est cela. Pour reconstituer leur force de travail, comme dit Marx.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vous demande pardon ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Karl Marx, monsieur. Pour Marx, le travail est une marchandise. Et sa valeur est équivalente à la valeur de l’ensemble des biens matériels et immatériels nécessaires à sa reproduction. C’est-à-dire non seulement le logement et la nourriture, mais aussi les quelques distractions indispensables pour éviter que le prolétaire tombe dans la dépression et se laisse tenter par le suicide.<br><strong>Milliardaire</strong> – Je vois… Du pain et des jeux, comme disait Jules César…<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, si monsieur préfère. Mais si monsieur me permet, le phénomène de la lutte des classes, qui conduit inéluctablement à la dictature du prolétariat, est beaucoup mieux analysé dans Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous avez donc lu <em>Le Capital</em> ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Pas vous, monsieur ?<br><strong>Milliardaire</strong> – Ma foi non, je l’avoue…<br><strong>Chauffeur</strong> – J’en ai toujours un exemplaire dans la Rolls. Comme je passe beaucoup de temps à attendre monsieur, j’en profite pour m’instruire. C’est mon livre de chevet, comme on dit. Pour certains c’est la bible, pour moi c’est Le Capital.<br><strong>Milliardaire</strong> – Mais dites-moi, mon brave… Vous avez lu <em>Le Capital</em> d’accord… mais vous ne seriez pas marxiste tout de même ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Si monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Vous Karim, en plus d’être musulman, vous êtes marxiste ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui monsieur.<br><em>Le milliardaire le regarde avec un air perplexe.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ça ne fait rien, je vous garde quand même.<br><strong>Chauffeur</strong> – Merci, monsieur…<br><em>Le portable du milliardaire sonne et il répond.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Ah, ma chère, c’est vous. Il nous arrive une histoire absolument rocambolesque. La Rolls a pété une durite au beau milieu d’une cité, et nous avons dû nous réfugier dans un square… Un square, ma chère. Un jardin public, si vous préférez. (<em>Plus bas</em>) Mais dites-moi, très chère, vous saviez que notre chauffeur était marxiste ? Non, non, bien sûr, ça ne me dérange pas, mais… vous auriez pu m’en informer tout de même. Bon, on en reparle tout à l’heure, d’accord ?<br><em>Le portable du chauffeur sonne aussi, et il répond.</em><br><strong>Chauffeur</strong> – OK, merci… (<em>Au milliardaire</em>) Votre voiture vous attend, monsieur.<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Milliardaire</strong> – Très bien, alors allons-y… Mais finalement, cette aventure aura été très cocasse, n’est-ce pas ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Oui, d’ailleurs, ça me rappelle un film…<br><strong>Milliardaire</strong> – Un film ? Quel film ?<br><strong>Chauffeur</strong> – Un film avec Louis De Funès, monsieur.<br><strong>Milliardaire</strong> – Ne me dites pas qu’en plus d’être musulman et communiste, vous êtes aussi cinéphile ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Pause café</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pause-cafe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=682</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pause café, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux policiers en civil arrivent, et s’asseyent sur le banc pour boire un café dans un gobelet.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Policier 2 </strong>– La routine. Une mère qui a laissé son gosse se noyer à la piscine.<br><strong>Policier 1 </strong>– Homicide involontaire ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Acte manqué, plutôt.<br><strong>Policier 1</strong> – Et le maître-nageur, il était où ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Dans les vestiaires, avec la mère justement. Il était en train de lui apprendre le bouche-à-bouche ? (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Un type qui avait pris dix ans de taule pour le braquage d’un casino. On n’a jamais retrouvé le butin.<br><strong>Policier 2</strong> – Tout est devenu tellement cher. Les mecs, maintenant, quand ils braqueront une supérette, ils ne prendront pas la caisse. Ils repartiront avec des paquets de pâtes et des bouteilles d’huile.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ouais. Non, mais là je te parle d’un vrai casino. Il a dû planquer l’oseille quelque part.<br><strong>Policier 2</strong> – Et alors ?<br><strong>Policier 1 </strong>– Il vient d’être libéré. On garde un œil sur lui, au cas où il aurait l’idée d’aller récupérer son fric.<br><strong>Policier 2</strong> – Combien ?<br><strong>Policier 1</strong> – Dans les cinq millions.<br><strong>Policier 2 </strong>– Le gros lot.<br><strong>Policier 1 </strong>– Le type a dû se dire que c’était plus sûr d’aller chercher ses gains directement au casino plutôt que de miser sur la Française des Jeux.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Policier 2</strong> – Pourquoi tu as choisi ce métier, toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Pour la paye… Non, je déconne. Je ne sais pas. Quand j’étais petit, on jouait aux gendarmes et aux voleurs. Bêtement, je me suis dit que j’aurais plus de chance de pécho avec un uniforme.<br><strong>Policier 2</strong> – Pas de bol, tu es flic en civil.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça que je suis toujours célibataire. Et toi ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Moi je suis toujours marié. Pour l’instant…<br><strong>Policier 1</strong> – Non, je veux dire, toi, pourquoi tu as choisi la police ?<br><strong>Policier 2</strong> – Pour sauver le monde. Quand j’étais gosse, j’étais fasciné par les super héros. Comme je n’avais pas de super pouvoirs, je suis rentré dans la police. Pour avoir un flingue, au moins. Résultat, tu n’as même pas le droit de t’en servir. Même pour te suicider.<br><strong>Policier 1</strong> – On aurait dû faire maîtres-nageurs. Tu n’as pas souvent l’occasion de sauver des vies, mais au moins tu peux mater des nanas en maillots de bain toute la journée.<br><strong>Policier 2 –</strong> Maîtres-nageurs, on n’avait pas le physique.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça qu’on a fini dans la police. D’ailleurs, il va falloir qu’on y retourne.<br><strong>Policier 2 </strong>– Il est dans le coin, ton braqueur de casino ?<br><strong>Policier 1</strong> – Les gardiens du square l’ont aperçu ce matin avec une complice. Ils jouaient dans ce bac à sable avec une pelle.<br><strong>Policier 2</strong> – Au moins, ils ont su garder leur âme d’enfant. On aurait mieux fait de choisir voleur plutôt que gendarme, nous aussi.<br><em>Arrive une femme, tenant un paquet de flyers à la main.</em><br><em>Femme</em> – Bonjour messieurs. Vous aimez le théâtre ?<br><strong>Policier 2</strong> – On serait plutôt séries policières, mais bon…<br><strong>Femme</strong> – C’est une petite comédie qui se joue dans une salle juste à côté, tous les jours sauf le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi.<br><strong>Policier 1</strong> – Tous les dimanches, quoi.<br><strong>Femme</strong> – À 18h37 très précisément. Vous avez de la chance, c’est dans un quart d’heure.<br><em>Elle leur tend à chacun un flyer qu’ils saisissent et auquel ils jettent un coup d’œil.</em><br><strong>Policier 1</strong> (<em>lisant le flyer</em>) – Mauvaise pièce cherche bon public. C’est le titre ?<br><strong>Femme</strong> – C’est du théâtre d’avant-garde. Genre théâtre dans le théâtre, vous voyez ?<br><strong>Policier 2</strong> – De quoi ça parle ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’histoire d’un auteur qui s’apprête à écrire sa centième pièce et qui est paralysé par l’angoisse de la page blanche.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ça a l’air très chiant, non ?<br><strong>Femme</strong> – Vous savez, moi je ne fais que distribuer les flyers.<br><strong>Policier 2</strong> – Vous ne jouez pas dedans ?<br><strong>Femme</strong> – Non.<br><strong>Policier 1</strong> – Mais vous avez vu la pièce, quand même.<br><strong>Femme</strong> – L’auteur ne l’a pas encore écrite. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre.<br><strong>Policier 2</strong> – Donc, vous tractez pour une pièce qui n’est pas encore écrite.<br><strong>Femme</strong> – Il a encore un quart d’heure…<br><strong>Policier 1</strong> – Un quart d’heure ? Pour que l’auteur écrive la pièce, que les comédiens apprennent le texte, et que le metteur en scène leur donne quand même quelques indications ?<br><strong>Femme</strong> – D’un autre côté, il ne met pas la barre trop haut… Mauvaise pièce cherche bon public. J’ai presque l’impression de faire la manche.<br><strong>Policier 2</strong> – Mais vous êtes payée ?<br><strong>Femme</strong> – Même pas. On m’a juste invitée à la première.<br><strong>Policier 1</strong> – Ce soir, donc.<br><strong>Femme</strong> – Vous viendrez ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Dites que vous venez de ma part. On vous fera une place achetée une place offerte.<br><em>La femme s’éloigne.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu comptes vraiment y aller ?<br><strong>Policier 2</strong> – Non, mais elle avait l’air tellement désespérée.<br><strong>Policier 1</strong> – Bon, alors au boulot.<br><em>Ils se lèvent et sortent.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Les moutons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-moutons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:47:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Election]]></category>
		<category><![CDATA[Populisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les moutons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme arrive et s’assied sur le banc. Il sort de son sac une pelote de la laine et des aiguilles et se met à tricoter. Une femme arrive, un sourire commercial sur les lèvres, et un paquet de tracts à la main.</em><br><strong>Femme</strong> – Bonjour monsieur, je peux me permettre de vous déranger une seconde ?<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui.<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que vous tricotez là ? C’est joli. C’est une écharpe pour votre grand-mère… ou pour votre petite-fille ?<br><strong>Homme</strong> – C’est une corde pour me pendre.<br><strong>Femme</strong> – Ah, oui, en laine, c’est… Pour l’hiver, c’est bien aussi.<br><strong>Homme</strong> – Je travaillais dans une filature, mais l’usine a fermé il y a deux ans. Depuis je suis au chômage. Ma femme m’a quitté, j’ai dû vendre la maison et…<br><strong>Femme</strong> – Bon, je n’ai pas toute la journée non plus mais… vous croyez que ce sera assez solide ?<br><strong>Homme</strong> – C’est de la laine vierge. C’est très résistant, mais ça gratte un peu autour du cou. Vous voulez essayer ?<br><strong>Femme</strong> – Une autre fois peut-être… Je me présente, c’est le cas de le dire, je m’appelle Marlène La Pine.<br><strong>Homme</strong> – En deux mots ?<br><strong>Femme</strong> – Pardon ?<br><strong>Homme</strong> – La Pine en deux mots, ou lapine en un seul ? Non, parce que…<br><strong>Femme</strong> – Ah, oui ! Non, euh… En deux mots.<br><strong>Homme</strong> – D’accord. Et donc, vous vous présentez aux élections.<br><strong>Femme</strong> – Voilà ! Vous connaissez déjà notre programme ?<br><strong>Homme</strong> – Non, mais… j’ai lu votre nom sur un mur.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez vu nos affiches, très bien. Alors vous connaissez aussi notre slogan !<br><strong>Homme</strong> – En fait, c’était plutôt un graffiti. Et le slogan, c’était… Avec La Pine, vous l’aurez dans le… Enfin, je n’ai pas trouvé ça très raffiné, mais bon.<br><strong>Femme</strong> – Ah, non, mais c’est une épouvantable contrefaçon. Je vous rassure, mon bon monsieur. Nous, notre slogan, c’est : Avec Marlène, vous l’aurez pour cinq ans.<br><strong>Homme</strong> – C’est ça… Ils avaient juste rajouté « dans le »… pour cinq ans.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, il y a encore des gens qui nous détestent… et vous savez pourquoi ?<br><strong>Homme</strong> – Parce que vous êtes des néo-nazis ?<br><strong>Femme</strong> – Parce que nous défendons les ouvriers, comme vous.<br><strong>Homme</strong> – J’étais le directeur de cette filature.<br><strong>Femme</strong> – Nous défendons aussi les cadres.<br><strong>Homme</strong> – En fait, c’était moi le patron. J’avais hérité cette usine de mon père, qui la tenait lui-même de mon grand-père.<br><strong>Femme</strong> – Ne vous inquiétez pas. Nous défendons aussi les patrons et les rentiers.<br><strong>Homme</strong> – Défendre à la fois les ouvriers contre les patrons, et les patrons contre les ouvriers… c’est possible ?<br><strong>Femme</strong> – C’est possible quand on récuse le concept pernicieux de la lutte des classes, qui est une invention de la gauche pour diviser le peuple de France. Nous, notre seul ennemi, c’est l’étranger. L’étranger de l’extérieur comme l’étranger de l’intérieur.<br><strong>Homme</strong> – Mon grand-père était Libanais, et notre usine employait principalement des ouvriers maghrébins.<br><strong>Femme</strong> – Et les moutons ?<br><strong>Homme</strong> – Pardon ?<br><strong>Femme</strong> – Vous filiez de la laine, non ? Les moutons, ils étaient français ?<br><strong>Homme</strong> – La laine venait du Cachemire.<br><strong>Femme</strong> – En ce qui concerne l’industrie, nous sommes pour le droit du sol. Tant que c’est fabriqué en France…<br><strong>Homme</strong> – Eh bien maintenant, c’est fabriqué en Chine…<br><em>Elle lui glisse un tract dans la main.</em><br><strong>Femme</strong> – Allez, je vous laisse notre programme.<br><em>Il jette un regard au tract.</em><br><strong>Homme</strong> – Avec Marlène, vous l’aurez pour cinq ans…<br><strong>Femme</strong> – Au moins, contrairement aux autres candidats, je ne fais pas de promesses que je ne pourrai pas tenir. Je compte sur vous pour dimanche ?<br><strong>Homme</strong> – Si je ne me suis pas pendu avant.<br><strong>Femme</strong> – Pas le jour du Seigneur, quand même… Attendez au moins lundi !<br><em>Elle s’éloigne. Il jette encore un regard au programme avec un air dubitatif, se lève et s’éloigne à son tour.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Fin de vacances</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fin-de-vacances/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:23:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin de vacances, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent et s’asseyent sur le banc. La première interpelle un enfant qu’on ne voit pas côté salle.<br></em><strong>Femme 1</strong> – Ne cours pas comme ça, Kevin, tu vas encore tomber !<br><strong>Femme 2 </strong>– Ah, ces gosses…<br><strong>Femme 1 </strong>– À cet âge-là, ils ont besoin de se défouler, évidemment.<br><strong>Femme 2 </strong>– Surtout les garçons.<br><strong>Femme 1</strong> – Oui…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est comme le chien, si on ne le sort pas au moins une fois par jour, le soir on ne peut pas le tenir.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mon mari, c’est pareil.<br><strong>Femme 2</strong> – Attention de ne pas salir ta robe, ma chérie ! Tu t’es déjà changée trois fois depuis ce matin.<br><strong>Femme 1</strong> – Heureusement qu’ils retournent à l’école demain.<br><strong>Femme 2</strong> – Ne m’en parle pas, je n’en peux plus.<br><strong>Femme 1</strong> – Hier on est allés à la piscine, il a failli se noyer.<br><strong>Femme 2</strong> – Non ?<br><strong>Femme 1</strong> – J’étais en train de discuter avec le maître-nageur. Il est tombé dans le grand bain, on ne s’est aperçus de rien.<br><strong>Femme 2</strong> – Il ne sait pas encore nager ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Il faut croire que non. Pourtant ça fait déjà six mois qu’il prend des cours. Justement, j’étais en train d’en parler avec son prof de natation.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, oui, le maître-nageur… Il est plutôt pas mal, non ?<br><strong>Femme 1</strong> – Tu le connais ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il donne aussi des leçons à Clara.<br><strong>Femme 1</strong> – Et quand tu dis plutôt pas mal… tu veux dire comme prof ?<br><strong>Femme 2</strong> – Aussi, oui…<br><em>Elles rient.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Bref, heureusement qu’une dame était là. Elle a plongé jusqu’au fond du bassin pour le repêcher. Il était déjà tout bleu. Le maître-nageur a dû lui faire le bouche-à-bouche.<br><strong>Femme 2</strong> – Le bouche-à-bouche ? Non ? Ça donne envie de se noyer…<br><em>Elles rient encore.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Kevin, enfin ! Tu peux bien lui prêter ta pelle, non !<br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi Clara, arrête de lui tirer les cheveux, aussi !<br><strong>Femme 1 </strong>– Je te jure… C’est tout le portrait de son père, celui-là. Je me demande si je n’aurais pas préféré qu’il se noie… (<em>Silence</em>) J’ai vraiment dit ça…?<br><strong>Femme 2</strong> – Non, mais je te rassure. Moi aussi j’ai des envies de meurtre, parfois. Surtout vers la fin des vacances scolaires.<br><strong>Femme 1 </strong>– Enfin, malgré tout on les adore.<br><strong>Femme 2</strong> – Bien sûr.<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais on sera quand même contentes de reprendre le travail lundi.<br><strong>Femme 2</strong> – Les vacances scolaires, c’est une invention des patrons pour que les employés aient plaisir à retourner travailler après.<br><strong>Femme 1 </strong>– On dirait que ça se couvre un peu, non ?<br><strong>Femme 2</strong> – Oui… Je me demande s’il ne va pas pleuvoir.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Qu’est-ce que tu ferais, toi, si tu gagnais au loto ?<br><strong>Femme 2</strong> – Je ne sais pas… Je me ferais refaire le nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Le nez ? Il est très bien, ton nez. Qu’est-ce que tu lui reproches ?<br><strong>Femme 2</strong> – Il me rappelle le nez de mère. Ma mère a exactement le même nez.<br><strong>Femme 1 </strong>– Et alors ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Je ne sais pas. Je ne supporte pas…<br><strong>Femme 1 </strong>– Ce n’est pas plutôt ta mère, que tu ne supportes pas ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu crois ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Tu l’as dans le nez. Tu ne peux pas la sentir. C’est pour ça que tu veux te faire refaire le nez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Et toi ? Qu’est-ce que tu ferais si tu trouvais un sac rempli de billets de 500 euros.<br><strong>Femme 1 </strong>– J’irais faire de la monnaie. Qu’est-ce que tu veux que je fasse avec des billets de 500 euros. Déjà quand j’ai un billet de 50, je ne sais pas quoi en faire.<br><strong>Femme 2</strong> – On a été habituées toute notre vie à compter chaque euro, à s’habiller en soldes, à comparer les prix, à économiser sur tout. Dépenser sans compter, je ne suis pas sûre qu’on saurait.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… On rêve de gagner au loto, mais si on nous donnait plusieurs millions, là tout de suite, on ne saurait pas comment les dépenser.<br><strong>Femme 2</strong> – Avant d’apprendre à être riche, il faut désapprendre à être pauvre.<br><strong>Femme 1 </strong>– La pauvreté, c’est un truc qui vous colle à la peau. On ne s’en débarrasse pas comme ça. Quand on a été pauvres de génération en génération depuis des siècles et des siècles… Non, l’argent, il vaut mieux laisser ça aux riches.<br><strong>Femme 2 </strong>– Pour les vacances, c’est pareil. Au bout d’un moment, quand on a trop de temps devant soi, on ne sait plus quoi en faire.<br><strong>Femme 1 </strong>– L’oisiveté et l’opulence, ce n’est pas des trucs qu’on t’apprend à l’école.<br><strong>Femme 2</strong> – À l’école, on t’apprend que l’oisiveté est la mère de tous les vices.<br><strong>Femme 1 </strong>– Oui… Que le temps libre est la récompense de toute une vie de labeur, et qu’il est réservé aux retraités qui vont bientôt mourir.<br><strong>Femme 2</strong> – Quand ils ne meurent pas d’ennui prématurément parce qu’ils ne savent pas quoi faire de tout ce temps libre qui leur tombe dessus tout d’un coup.<br><strong>Femme 1 </strong>– Ouais… À l’école on t’apprend à travailler et à compter. Rien foutre et jeter l’argent par les fenêtres, il faut être né dans une famille de milliardaires pour savoir faire ça. (<em>Un temps</em>) Il faudrait peut-être leur dire d’arrêter de creuser, non ? Ça commence à faire un sacré trou.<br><strong>Femme 2 </strong>– Tu as raison. Ils veulent creuser une tombe, ou quoi ?<br><em>L’autre semble écouter ce que disent les enfants.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Qu’est-ce qu’ils disent ? Qu’ils ont déterré un sac ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Ne touchez pas à ça, les enfants. Ça doit être dégoûtant.<br><strong>Femme 1 </strong>– Va savoir… C’est peut-être un cadavre découpé en morceaux.<br><em>Elles rient. Avant d’échanger un regard un peu inquiet.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Les enfants, ça suffit, maintenant. Vous me rebouchez ça tout de suite, et on rentre. D’ailleurs il va bientôt pleuvoir.<br><em>Les deux femmes se lèvent pour partir.</em><br><strong>Femme 1</strong> – On n’a rien oublié ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Tant qu’on n’oublie pas les gosses.<br><em>Elles sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Invitation</title>
		<link>https://sketchotheque.net/invitation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 09:51:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Invitation, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme passe en tirant une poubelle à roulettes de laquelle dépassent des pieds masculins et/ou féminins. Une autre femme arrive pour relever son courrier et salue la première.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour !<br><strong>Deux</strong> – Ah, bonjour ! Comment allez-vous ?<br><em>L’autre remarque les pieds qui dépassent de la poubelle.</em><br><strong>Un</strong> – C’est les encombrants, aujourd’hui ? Je pensais que c’était la semaine prochaine ?<br><strong>Deux</strong> – C’était une urgence…<br><strong>Un</strong> – Le grand nettoyage de printemps, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça…<br><em>Elle remet les pieds dans la poubelle afin qu’ils ne dépassent plus.</em><br><strong>Un</strong> – Moi aussi, il faudrait que je m’y mette quand j’aurai le temps. On accumule tellement de bazar au fil des années.<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez me tenir la porte ?<br><strong>Un</strong> – Mais bien sûr, ne bougez pas…<br><em>Elle s’avance en coulisse pour tenir une porte qu’on ne verra pas forcément.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est gentil !<br><strong>Un</strong> – Il n’y a pas de quoi, je vous en prie. Bonne journée, alors !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! Vous aussi.<br><em>L’autre sort avec sa poubelle.</em> <em>Une autre femme arrive pour relever son courrier.</em><br><strong>Un</strong> – Ah, bonjour ! Très heureuse de vous rencontrer. Je suis votre voisine de palier. Je vous ai aperçue de loin, pendant que vous emménagiez…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison, mieux vaut rester à distance, dans ces cas-là. Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Je suis ravie que… Eh bien je voulais juste vous dire… Bienvenue dans l’immeuble !<br><strong>Trois</strong> – Merci, c’est très aimable à vous.<br><strong>Un</strong> – Entre voisins…<br><strong>Trois</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Vous verrez, les gens de l’immeuble sont très sympas. Et surtout, si vous avez besoin de quelque chose…<br><strong>Trois</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que j’y aille… Je vais chercher ma fille à son cours de violon. Vous avez des enfants ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Enfin, non. Je veux dire… Maintenant, j’en suis débarrassée, heureusement.<br><strong>Un</strong> – Débarrassée…?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Je les ai mis dans le congélo, pour être tranquille.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr.<br><strong>Trois</strong> – Ils sont grands, maintenant. Ils n’habitent plus à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que ça fait un vide, quand ils sont partis. Sur la fin, on n’a qu’une hâte, c’est qu’ils débarrassent le plancher. Et puis finalement… Ça fait un vide.<br><strong>Trois</strong> – Mais votre fille habite toujours avec vous, non ? Je veux dire, si vous allez la chercher à son cours de violon…<br><strong>Un</strong> – Oui… Mais j’imagine. Ça a dû vous faire un vide, non ?<br><strong>Trois</strong> – Quand mon dernier est parti, j’ai d’abord hésité à prendre un chien à la SPA, et puis finalement, c’est ma belle-mère qui est venue s’installer à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’un chien, il faut le sortir trois fois par jour pour qu’il fasse ses besoins. C’est quand même contraignant.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison. Une belle-mère, c’est beaucoup plus pratique.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Il y a les couches…<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Bon, eh bien je vais vous laisser… Sinon ma fille va m’attendre…<br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi de ne pas avoir été plus bavarde. Mais je suis un peu débordée en ce moment. Avec ce déménagement…<br><strong>Un</strong> – Je comprends.<br><strong>Trois</strong> – De toute façon, on aura sûrement l’occasion de se revoir, puisque nous sommes voisins de palier.<br><strong>Un</strong> – Mais j’y pense… Pourquoi ne viendriez-vous pas prendre l’apéritif ce soir ?<br><strong>Trois</strong> – Euh… Oui, pourquoi pas ?<br><strong>Un</strong> – Vers 19h30 ?<br><strong>Trois</strong> – Très bien. (<em>Elle regarde sa montre</em>.) Maintenant, c’est moi qui dois vous laisser. Sinon, c’est mon premier patient va m’attendre. Alors à ce soir !<br><strong>Un</strong> – Parfait !<br><em>L’autre s’en va. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu sais quoi ? Je viens de croiser notre nouvelle voisine de palier. Je l’ai invitée à venir prendre l’apéritif ce soir.<br><strong>Quatre</strong> – Tu l’as invitée ?<br><strong>Un</strong> – Ben oui, pourquoi ?<br><strong>Quatre</strong> – J’ai croisé son mari ce matin, moi aussi, et tu sais quoi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Il est inspecteur des impôts.<br><strong>Un</strong> – Inspecteur des… Tu veux dire contrôle fiscal, et tout ça…<br><strong>Quatre</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – En même temps, on n’a rien à se reprocher, non ?<br><strong>Quatre</strong> – Tu parles… Et les étagères de mon bureau que j’ai fait installer au noir par le type du cinquième ?<br><strong>Un</strong> – Ils ne viennent pas pour inspecter la maison…<br><strong>Quatre</strong> – C’est une deuxième nature, chez ces gens-là !<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Quatre</strong> – Et puis même. Tu imagines, il faudra faire attention à tout ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait dire ? À part au sujet de tes étagères ?<br><strong>Quatre</strong> – Imagine qu’on se fâche avec eux.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi est-ce qu’on se fâcherait avec eux, on ne les connaît pas ?<br><strong>Quatre</strong> – Justement ! On ne sait pas ce qui peut les heurter. On ne connaît pas leurs opinions religieuses ou politiques ?<br><strong>Un</strong> – C’est un peu le principe quand on invite des gens pour faire connaissance.<br><strong>Quatre</strong> – Oui, mais lui, si on dit quelque chose qui ne lui plaît pas, il a les moyens de nous coller un contrôle fiscal. Et crois-moi, ces gens-là, quand ils cherchent ils trouvent…<br><strong>Un</strong> – Oh mon Dieu, tu as raison… Pourquoi est-ce que je l’ai invitée ? On pourrait peut-être décommander ?<br><strong>Quatre</strong> – Ils vont trouver ça suspect ! Ce serait encore pire. Ou alors ils vont penser qu’on ne les aime pas…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Quatre</strong> – Dans quelle merde tu nous as fourrés, encore…<br><strong>Un</strong> – Et elle, je ne sais même pas ce qu’elle fait. J’ai complètement oublié de lui demander… En tout cas, elle a l’air un peu perturbée…<br><strong>Quatre</strong> – Elle est psychanalyste…<br><strong>Un</strong> – Non ? Mais comment tu sais ça ? C’est son mari qui te l’a dit ?<br><strong>Quatre</strong> – Je l’ai vue visser sa plaque devant l’immeuble ce matin.<br><strong>Un</strong> – Psychanalyste ? Alors c’est pour ça qu’elle m’a posé des tas de questions…<br><strong>Quatre</strong> – Quel genre de questions ?<br><strong>Un</strong> – Ben… Sur les cours de violon, par exemple.<br><strong>Quatre</strong> – Les cours de violon ?<br><strong>Un</strong> – Tu crois que ça a une signification particulière pour un psychanalyste, les cours de violon ?<br><strong>Quatre</strong> – En tout, ça en a pour un inspecteur des impôts. Surtout si tu les paies au black…<br><strong>Un</strong> – Mais c’est épouvantable…<br><strong>Quatre</strong> – Non mais tu imagines le calvaire, cet apéritif ? Entre un inspecteur des impôts et une psychanalyste !<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, il va falloir faire attention à tout ce qu’on dit…<br><strong>Quatre</strong> – On essaiera d’en dire le moins possible.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Quatre</strong> – Mais ça ne va pas être évident.<br><strong>Un</strong> – Non, c’est sûr… Quand on invite des gens à prendre l’apéritif pour faire connaissance…<br><em>Moment de flottement.</em><br><strong>Quatre</strong> – C’est aujourd’hui, les encombrants ?<br><strong>Un</strong> – La semaine prochaine… Au fait, j’ai croisé aussi la voisine du cinquième qui descendait sa poubelle, et tu sais quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Ne me dis pas que tu l’as invitée à prendre l’apéritif, elle aussi ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais j’ai cru voir des restes humains qui dépassaient de la poubelle.<br><strong>Quatre</strong> – Tu ne crois pas qu’on a plus urgent à traiter, comme problème, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Et si on mettait un truc dans leur apéro ? Genre somnifères, tu vois. Histoire d’abréger la soirée…<br><strong>Quatre</strong> – Tu crois ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Colis piégé</title>
		<link>https://sketchotheque.net/colis-piege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:40:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Cadeau]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Pendule]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Colis piégé, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un facteur (homme ou femme) arrive avec un paquet et croise une locataire qui arrive aussi.<br></em><strong>Facteur</strong> – Ah justement, j’avais un paquet pour vous.<br><strong>Locataire</strong> – Merci.<br><em>Le facteur lui donne le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Une petite signature…<br><strong>Locataire</strong> – Bien sûr…<br><em>Encombré, la locataire rend le paquet au facteur afin de signer le reçu qu’il lui tend.</em><br><strong>Locataire</strong> – Excusez-moi, je vous rends ça une seconde.<br><em>La locataire signe le reçu et sourit.</em><br><strong>Locataire</strong> – J’espère que ce n’est pas un colis piégé…<br><em>Le facteur répond sur le même ton de la plaisanterie.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ah, ah, ah ! C’est vrai qu’on entend comme un tic-tac, là-dedans.<br><strong>Locataire</strong> – Ah, ah, ah ! On voit tellement de choses, maintenant ! (<em>Cessant de rire brusquement</em>) C’est vrai ?<br><em>Le facteur, pris au mot, colle son oreille contre le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Vous allez rire mais… Oui, on dirait…<br><em>La locataire semble soudain inquiet. Elle colle à son tour son oreille sur le paquet.</em><br><strong>Locataire</strong> – Mais oui… Je l’entends aussi… Vous pensez que ça pourrait…<br><em>Le facteur change également de ton.</em><br><strong>Facteur</strong> – Vous connaissez des gens qui auraient des raisons de vous en vouloir à ce point ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas… À part ma belle-mère… Mais on a tous des ennemis, non ?<br><strong>Facteur</strong> – Tout de même.<br><em>La locataire hésite.</em><br><strong>Locataire</strong> – Du coup, je ne suis pas sûr de vouloir le prendre…<br><strong>Facteur</strong> – Alors qu’est-ce que j’en fais ?<br><strong>Locataire</strong> – Vous n’avez qu’à le ramener à la Poste.<br><strong>Facteur</strong> – C’est que je n’ai pas fini ma tournée, moi… Et si ça me pète à la gueule en cours de route ? Et puis maintenant, vous avez signé le reçu…<br><em>Il tend le paquet à l’autre qui refuse de le prendre.</em><br><strong>Locataire</strong> – Et si on appelait la police ?<br><strong>Facteur</strong> – La police ?<br><strong>Locataire</strong> – Comme quand on trouve un paquet suspect dans un hall de gare ou dans un train.<br><strong>Facteur</strong> – Vous voulez dire… une brigade de démineurs ?<br><strong>Locataire</strong> – Eux, ils sauront quoi faire…<br><strong>Facteur</strong> – Et si la bombe explosait avant qu’ils arrivent ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas moi… On n’a qu’à jeter le paquet dans la rue…<br><strong>Facteur</strong> – Et si des passants étaient blessés ? Des enfants, peut-être… C’est l’heure de la sortie de l’école… On ne peut pas faire ça !<br><strong>Locataire</strong> – Vous avez raison… Il ne reste plus qu’à nous préparer à mourir dans la dignité, avec la seule consolation que notre sacrifice aura permis de sauver quelques vies innocentes…<br><strong>Facteur</strong> – Notre sacrifice ? Qu’est-ce que vous proposez, au juste ?<br><strong>Locataire</strong> – Il faut agir, et vite !<br><em>Elle prend le paquet des mains du facteur, le jette contre le sol, et le piétine violemment.</em><br><strong>Facteur</strong> – Non mais ça ne va pas ?<br><strong>Locataire</strong> – Ça n’a pas explosé…<br><strong>Facteur</strong> – Non…<br><em>Ils se penchent tous les deux pour examiner le paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui… C’était bien une pendule… Mais je ne vois pas de bombe…<br><strong>Locataire</strong> – Non, c’est bizarre…<br><strong>Facteur</strong> – Mais j’y pense, c’est qui l’envoyeur ?<br><strong>Locataire</strong> – L’envoyeur ?<br><strong>Facteur</strong> – En principe, c’est marqué sur l’accusé de réception !<br><strong>Locataire</strong> – Ah oui…<br><em>Le facteur regarde le reçu.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ça vient de Suisse… C’est curieux…<br><strong>Locataire</strong> – Oui, c’est sûrement le pays au monde qui compte le moins de terroristes…<br><strong>Facteur</strong> – Madame Mansard… Vous connaissez ?<br><strong>Locataire</strong> – C’est ma belle-mère.<br><em>Le facteur fouille dans les décombres du paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – Regardez… Il y a une lettre de revendication…<br><em>Il tend la feuille à l’autre qui la lit.</em><br><strong>Locataire</strong> – Bon anniversaire mon chéri… C’est pour l’anniversaire de son fils.<br><strong>Facteur</strong> – Son fils ?<br><strong>Locataire</strong> – Mon mari !<br><strong>Facteur</strong> – Une pendule… C’est un drôle de cadeau, pour un anniversaire, non ?<br><strong>Locataire</strong> – Mon beau-père est horloger.<br><strong>Facteur</strong> – Et ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille ? Je veux dire quand vous avez entendu le tic-tac…<br><em>Ils contemplent tous les deux les restes défoncés du paquet.</em><br><strong>Facteur</strong> – C’est votre mari qui va être content… Ça va lui faire quel âge, au fait ?<br><strong>Locataire</strong> – On dirait que ça sent quand même un peu la poudre, non ?<br><strong>Facteur</strong> – Je dirais plutôt le chocolat…<br><strong>Locataire</strong> – Ah, oui, regardez, il y avait aussi des chocolats avec. (<em>Elle prend la boîte défoncée, et la tend au facteur.</em>) Vous en voulez un ?<br><strong>Facteur</strong> – Et si ils étaient empoisonnés ?<br><em>Ils échangent un regard perplexe.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Lettre morte</title>
		<link>https://sketchotheque.net/lettre-morte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:23:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Boîte aux lettres]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Courrier]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lettre morte, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) arrive, pour relever son courrier dans sa boîte à lettres. Il ouvre la boîte, sort quelques enveloppes et les examine rapidement.</em><br><strong>Locataire</strong> – Facture, impôts, appel à cotisation, facture…<br><em>Un autre personnage (homme ou femme) arrive à son tour, en facteur. Il examine les boîtes à lettres sans trouver ce qu’il cherche.</em><br><strong>Facteur</strong> – Excusez-moi… Monsieur Martin, ça vous dit quelque chose ?<br><strong>Locataire</strong> – Oui…<br><strong>Facteur</strong> – Je ne vois pas son nom sur la boîte. C’est à quel étage ?<br><strong>Locataire</strong> – Septième. Mais il est mort la semaine dernière.<br><strong>Facteur</strong> – Ah merde… Alors en somme… Il a déménagé.<br><strong>Locataire</strong> – On peut dire ça comme ça, oui…<br><strong>Facteur</strong> – Non, parce que j’ai un recommandé pour lui…<br><strong>Locataire</strong> – Ah, ouais… C’est ballot…<br><strong>Facteur</strong> – Alors qu’est-ce que je fais ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Facteur</strong> – Il n’a pas laissé une adresse ?<br><strong>Locataire</strong> – Il est mort, je vous dis.<br><strong>Facteur</strong> – Ah ouais… Mais qui est-ce qui va le signer, mon recommandé ?<br><strong>Locataire</strong> – Ça…<br><strong>Facteur</strong> – Donc il ne va pas revenir…<br><strong>Locataire</strong> – C’est peu probable.<br><strong>Facteur</strong> – Ça ne m’arrange pas.<br><strong>Locataire</strong> – Il y a toujours des emmerdeurs, vous savez… Mais je ne suis pas sûr qu’il soit mort simplement pour vous compliquer la vie…<br><strong>Facteur</strong> – Mmm… Alors je ne sais pas moi… Et vous ne pourriez pas signer à sa place ?<br><strong>Locataire</strong> – Pourquoi je ferais ça ?<br><strong>Facteur</strong> – Entre voisins… On peut se rendre de petits services… Ça m’éviterait de revenir.<br><strong>Locataire</strong> – Revenir ? Pourquoi faire ?<br><strong>Facteur</strong> – Pour lui remettre ce recommandé !<br><strong>Locataire</strong> – Mais puisque je vous dis qu’il est mort ! Mort, vous comprenez ? Et il y a au moins un avantage à être mort, c’est qu’on devient totalement et définitivement inaccessible aux recommandés en tous genres !<br><strong>Facteur</strong> – Je comprends.<br><strong>Locataire</strong> – Vous pouvez toujours lui laisser un avis de passage !<br><strong>Facteur</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Locataire</strong> – D’ailleurs, c’est quoi, ce recommandé ? Avis d’imposition ? Avis d’expulsion ? Avis de radiation ?<br><em>Le facteur jette un regard à l’enveloppe.</em><br><strong>Facteur</strong> – Ça vient de la Française des Jeux.<br><strong>Locataire</strong> – La Française des Jeux ?<br><strong>Facteur</strong> – Ça ne peut pas être une mauvaise nouvelle.<br><strong>Locataire</strong> – Vous croyez vraiment que quand on est mort, on peut encore faire la différence entre une bonne et une mauvaise nouvelle ?<br><strong>Facteur</strong> – Évidemment… Mais quand même…<br><em>Le locataire prend le recommandé de la main du facteur.</em><br><strong>Locataire</strong> – Faites voir… Ah oui, la Française des Jeux, dites donc…<br><strong>Facteur</strong> – Vous savez si il jouait au loto ?<br><strong>Locataire</strong> – Je ne sais pas… Je le connaissais très peu… On se croisait de temps en temps… Il avait un chien…<br><strong>Facteur</strong> – Et qu’est-ce qu’il est devenu ?<br><strong>Locataire</strong> – Il est mort, je vous dis.<br><strong>Facteur</strong> – Le chien aussi, il est mort ?<br><strong>Locataire</strong> – Non, pas le chien, lui !<br><strong>Facteur</strong> – Et le chien, qu’est-ce qu’il est devenu ?<br><strong>Locataire</strong> – Le chien ? Je ne sais pas…<br><strong>Facteur</strong> – C’est triste, un chien qui se retrouve tout seul dans la vie, comme ça… Je ne comprends pas tous ces gens qui prennent un animal et qui l’abandonnent. Prendre un animal, c’est une responsabilité. Les gens ne se rendent pas compte…<br><strong>Locataire</strong> – Vous croyez qu’il a gagné le gros lot ?<br><strong>Facteur</strong> – Si c’est le cas, il ne faudrait pas qu’il tarde à se manifester. Parce qu’il y a une date butoir. Si on ne vient pas chercher son chèque avant, on perd tout et la somme est remise en jeu.<br><strong>Locataire</strong> – C’est vrai que ce serait dommage…<br><strong>Facteur</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Locataire</strong> – On ?<br><strong>Facteur</strong> – Comme vous dites, ce serait dommage…<br><strong>Locataire</strong> – OK. Je vais signer.<br><strong>Facteur</strong> – Ça m’évitera de repasser.<br><em>Le locataire signe le reçu que lui tend le facteur, ouvre fébrilement l’enveloppe et lit.</em><br><strong>Facteur</strong> – Alors ?<br><strong>Locataire</strong> – C’est un solde de tout compte…<br><strong>Facteur</strong> – Ce n’est pas un chèque ?<br><strong>Locataire</strong> – Il travaillait à la Française des Jeux. C’est juste un avis de fin de contrat.<br><strong>Facteur </strong>– Alors en plus, il a perdu son travail… C’est quand même malheureux. Parce que pour retrouver du travail en ce moment, ce n’est pas évident.<br><strong>Locataire</strong> – Surtout quand on est mort.<br><strong>Facteur</strong> – Et avec la crise, en plus. Les délocalisations, tout ça.<br><strong>Locataire</strong> – Je sais ce que c’est, je suis au chômage, moi aussi.<br><strong>Facteur</strong> – Ah oui, ce n’est pas de veine… Et évidemment, ce n’est jamais les gens comme vous qui gagnent au loto, hein ? Ceux qui en auraient vraiment besoin.<br><strong>Locataire</strong> – Non…<br><strong>Facteur</strong> – J’ai lu un article hier dans le journal : « Il gagne 60 millions au loto et il continue à vivre exactement comme avant… » Je vais vous dire, moi : il y a des gens, ils ne méritent pas de gagner !<br><strong>Locataire</strong> – C’est clair…<br><strong>Facteur</strong> – Bon ben ce n’est pas tout ça, mais il faut que je continue ma tournée.<br><em>Il s’apprête à partir. Le locataire brandit la lettre.</em><br><strong>Locataire</strong> – Qu’est-ce que je fais de ça, moi ?<br><strong>Facteur</strong> – Ça c’est vous qui voyez… Moi, du moment que vous avez signé le reçu.<br><em>Le facteur s’apprête à s’en aller.</em><br><strong>Facteur</strong> – Mais si j’étais vous, je leur écrirais.<br><strong>Locataire</strong> – À qui ?<br><strong>Facteur</strong> – À la Française des Jeux ! Puisqu’un poste vient de se libérer…<br><em>Le facteur s’en va. Le locataire regarde à nouveau le recommandé, perplexe.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>En vers et contre tous</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-vers-et-contre-tous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 12:51:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Magasin]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandrins]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=601</guid>

					<description><![CDATA[<p>En vers et contre tous, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ève est là, pianotant sur son téléphone portable. Alban arrive.</em><br><strong>Ève</strong> – Alors  ?<br><strong>Alban</strong> – Rien…<br><strong>Ève</strong> – Rien  ?<br><strong>Alban</strong> – Le poste était déjà pris.<br>Ève – Si tu n’avais pas mis une semaine à répondre à l’annonce, aussi…<br><strong>Alban</strong> <strong>–</strong> C’était un poste de vigile. Je suis employé de banque.<br><strong>Ève</strong> – Pour l’instant, tu es surtout un employé de banque au chômage. Qu’est-ce que tu comptes faire ? Trouver un job dans une autre banque ? Toutes les banques licencient, en ce moment ! Elles remplacent leurs employés par des boîtes vocales…<br><strong>Alban</strong> – Merci de me le rappeler… Et toi, comment s’est passée ta journée  ?<br><strong>Ève</strong> – Écoute, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Alban</strong> – Je t’écoute…<br><strong>Ève</strong> – Je suis allée voir mon gynéco ce matin.<br><strong>Alban</strong> – Tu as un cancer ?<br><strong>Ève</strong> – Je suis enceinte.<br><strong>Alban</strong> – C’était la bonne ou la mauvaise nouvelle ?<br><strong>Ève</strong> – Ça dépend un peu de toi en fait.<br><strong>Alban</strong> – Un enfant… C’est ce qu’on voulait, non ?<br><strong>Ève</strong> – Oui… Du temps où tu avais encore un boulot…<br><strong>Alban</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ? On le garde ?<br><strong>Ève</strong> – Évidemment, on le garde ! En tout cas, moi je le garde…<br><strong>Alban</strong> – Très bien ! Comme tu avais l’air de trouver que c’était un problème…<br><strong>Ève</strong> – Le problème, c’est que le père de ce bébé soit au chômage. Je ne pourrai pas assumer un enfant toute seule… et avoir en plus une deuxième personne à charge.<br><strong>Alban</strong> – Désolé d’être un boulet pour toi, mais qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Quand on a été employé de banque toute sa vie, on ne sait rien faire…<br><strong>Ève</strong> – Il y a des tas de boulots qu’on peut faire en ne sachant rien faire.<br><strong>Alban</strong> – Je sens que tu vas me reparler du vendeur que cherchent tes parents pour leur quincaillerie…<br><strong>Ève</strong> – Et alors ? C’est une honte de travailler dans une quincaillerie ?<br><strong>Alban</strong> – Excuse-moi de ne pas sauter de joie à la perspective de vendre des marteaux et des clous sous les ordres de ma belle-mère.<br><strong>Ève</strong> – Mais personne ne t’y oblige, mon vieux. Si tu veux trouver un autre boulot plus digne de toi, rien ne t’en empêche.<br><strong>Alban</strong> – Je vais réfléchir…<br><strong>Ève</strong> – Pas trop longtemps… Mon père a besoin de quelqu’un d’urgence. Depuis que ma mère n’est plus assez en forme pour le remplacer au magasin quand il fait ses livraisons…<br><strong>Alban</strong> – Bon…<br><strong>Ève</strong> – Si c’est toi, bien sûr, il te cédera le magasin en gérance quand il prendra sa retraite.<br><strong>Alban</strong> – Et là, pour moi, ce sera perpète…<br><strong>Ève</strong>– Tu serais ton propre patron ! Au lieu d’être un employé de banque…<br><strong>Alban</strong> – Le magasin ne serait pas à moi. Je serais l’employé de ton père.<br><strong>Ève</strong> – Au moins, ça reste dans la famille. Et quand mon père ne sera plus là, tout le bazar sera à toi.<br><strong>Alban</strong>– Tu veux dire à toi…<br><strong>Ève</strong> – C’est un peu pareil, non ?<br><strong>Alban</strong>– Au lieu d’être l’employé de mon beau-père, je serai l’employé de ma femme…<br><strong>Ève</strong> – Tu compliques trop les choses, Alban, c’est ça ton problème. Parfois, il faut savoir se contenter de ce qu’on a.<br><strong>Alban</strong> – On en reparle demain, d’accord ? Je suis fatigué, là.<br><strong>Ève</strong> – Fatigué ? Parce que moi, après mes huit heures de boulot, je ne suis pas fatiguée, peut-être ? Non Alban, je veux une réponse tout de suite…<br><strong>Alban</strong> – D’accord, je vais te donner ma réponse… Je peux quand même passer aux toilettes, d’abord ?<br><em>Il sort. Ève se sert un verre, et le vide cul sec. Alban revient.</em><br><strong>Ève</strong> –  Alors ? Qu’est-ce que tu as décidé ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je me suis retiré un temps pour réfléchir<br>et je suis résolu à ne pas contredire<br>et la femme qui m’aime et l’enfant que j’attends<br>ni la mère ni l’épouse, surtout pas ses parents.<br><em>Ève semble prise de court.</em><br><strong>Ève</strong> –  C’est-à-dire ?<br><strong>Alban</strong> – <br>J’accepte de bon cœur et je ferai sans faute<br>ce qu’on attend de moi et s’il faut que je saute<br>pour cela dans le vide, eh bien j’obéirai.<br>Sans le moindre regret désormais je serai<br>un papa pour mon fils, un mari pour ma femme.<br>En soldat inconnu je ranimerai la flamme<br>de nos passions noyées sous un torrent de larmes,<br>au nom de notre amour je reprendrai les armes.<br><strong>Ève</strong> – Très bien… Je… Dois-je en conclure que tu acceptes ce poste de vendeur à la quincaillerie…?<br><strong>Alban</strong> – <br>Je vendrai des pinceaux et je vendrai des scies<br>chaque jour que Dieu fait et sans rien y connaître<br>j’irai même jusqu’à vendre pour gagner notre vie<br>des rustines de vélos et des boutons de guêtres.<br><strong>Ève</strong> – C’est… C’est parfait… Papa et maman vont être contents… Justement, ils passent ce soir prendre l’apéritif… Je… Je te sers un verre avant qu’ils arrivent ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Oui merci volontiers car j’aurai bien besoin<br>de quelque stimulant pour tenir le crachoir<br>à tes parents chéris et célébrer leur gloire.<br>À moins que par miracle ils remettent à demain<br>la visite vespérale dont ils nous gratifient<br>chaque jour en rentrant de leur quincaillerie.<br><strong>Ève</strong> –  Tu te fous de moi, c’est ça  ?<br><strong>Alban</strong> –  <br>Pardon, moi me moquer de ma femme chérie ?<br><strong>Ève</strong> – C’est quoi cette nouvelle façon de parler ? Tu te fiches de moi, et en plus tu te fiches de mes parents !<br><strong>Alban</strong> – <br>J’avoue ne pas saisir ma mie ce que vous dites<br>Aurais-je en quelque sorte manqué à mon devoir<br>en usant avec vous de propos illicites ?<br>Il me semblait pourtant vous avoir fait savoir<br>que je satisferai demain à vos désirs<br>et qu’importe les mots que j’emploie pour le dire.<br><strong>Ève</strong> – OK, j’avoue que c’est très drôle… Maintenant tu peux peut-être passer à autre chose, non ? Où est-ce que tu as appris à parler en alexandrins ? À Pôle Emploi ?<br><strong>Alban</strong> – <br>Ma chère amie je crains de bien vous décevoir,<br>Si mes mots vous irritent à mon grand désespoir,<br>je ne dispose hélas d’autre style que le mien<br>pour m’adresser à vous sans vous faire un dessin.<br><strong>Ève</strong> – Bon… Le principal, c’est que tu acceptes de travailler au magasin. Je n’ai pas encore annoncé la nouvelle à mes parents. Je veux dire pour le bébé. C’est d’ailleurs pour ça que je les ai invités à prendre l’apéro. Ils vont être fous de joie. Et toi qui retrouves aussi du travail… Je crois que là, on peut sortir le champagne.<br><strong>Alban</strong><br>Je vais le mettre au frais et puis rincer les coupes<br>Trois suffisent car enfin en ce qui te concerne<br>Dans l’état où tu es même loin d’être à terme<br>Il n’est guère question que seulement tu y goûtes.<br><em>Elle lui jette un regard interloqué tandis qu’il sort. Le téléphone sonne. Elle répond machinalement, la tête ailleurs.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Allô oui c’est bien moi, si c’est vous sans ambages<br>veuillez bien s’il vous plaît laisser votre message.<br><em>Reprenant ses esprits.</em><br>Oui maman… Non, non, tout va bien, je t’assure… Oui, oui, je lui en ai parlé… Écoute, je suis assez surprise, mais cette fois, il a l’air d’accord pour accepter la proposition de papa… Non, non, il n’y a pas de mais… Mais… (<em>Alban revient</em>) Écoute, je te le passe, tu vas comprendre… (<em>À Alban</em>) C’est maman, tu veux lui dire un mot ?<br><em>Alban prend le combiné en souriant.</em><br><strong>Alban</strong> – <br>Le bonjour belle-maman, quand on parle du loup…<br>Nous parlions justement il y a peu de vous.<br>Votre fille m’a transmis les plans de votre époux.<br>Aurons-nous le plaisir de dîner avec vous ?<br>Un temps pendant lequel il écoute la réponse.<br>Je suis fort aise Madame de cet heureux accord<br>nous le célébrerons mais il faudra d’abord<br>que vous vous prépariez à un nouveau faire-part<br>qui pourrait je l’espère plus encore vous ravir.<br>Ma moitié s’impatiente de vous entretenir<br>et elle piaffe devant moi dans l’attente de vous voir.<br><em>Il repasse le combiné à Ève, et sort.</em><br><strong>Ève</strong> –  Oui maman… Quelque chose de changé ? Non, maman, ce n’est seulement pas sa voix… Oui, ce serait plutôt… Je ne pense pas que ce soit du rap non plus. C’est ça. Il parle en vers. Comme Molière. Non, je ne te dis pas que Molière parlait en vers. Je pense aussi que la plupart du temps, il parlait en prose, comme tout le monde…<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Maman je vous l’avoue, je suis au désespoir<br>Je pensais mon époux enfin digne d’être père,<br>en acceptant la charge d’employé du bazar<br>et voilà qu’il se met à réciter des vers.<br><em>Un temps pendant lequel elle écoute la réponse.</em><br><strong>Ève</strong> – Je viens de te parler en alexandrins ? Alors moi aussi… Mais c’est atroce ! C’est sûrement une maladie. Je ne sais pas où il a attrapé ça. Tu crois que ça peut être contagieux ? Des vers qui sortent de notre bouche comme ça, sans aucun contrôle… C’est une véritable diarrhée… On va commencer par prendre tous les deux un puissant vermifuge. Oui, tu as raison, je vais aussi prendre rendez-vous chez un orthophoniste, et vérifier que tous nos vaccins sont bien à jour. Je sais, maman, pour être vendeur dans une quincaillerie, parler en alexandrins, ce n’est vraiment pas possible… Non, pour ce soir, il vaut mieux annuler. Tenez-vous éloignés de nous pendant quelque temps, on ne sait jamais. Tant qu’on n’a pas les résultats des examens, une quarantaine s’impose. La nouvelle que j’avais à vous annoncer ? Oh mon Dieu, c’est vrai… Et si lui aussi… Écoute, je vous rappelle, d’accord.<br><em>Elle raccroche, songeuse.</em><br><strong>Ève</strong> – <br>Jamais mère ne connut une telle avanie<br>depuis qu’Adam et Ève quittèrent le paradis<br>Nous étions ce matin des Français très moyens<br>et nous parlons ce soir en vers alexandrins.<br><em>Elle pose sa main sur son ventre.</em><br>Si les parents s’avèrent à ce point trop déments<br>ne vaudrait-il pas mieux ce serait plus honnête<br>de cet enfant maudit se défaire maintenant<br>avant qu’il ne devienne à son tour un poète ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Zéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/zero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Décroissance]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie radicale]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=589</guid>

					<description><![CDATA[<p>Zéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alban lit un journal. Ève somnole.</em><br><strong>Alban</strong> – Tu as vu ? Les Chinois ont renoncé à la politique de l’enfant unique.<br><strong>Ève</strong> – Et c’est reparti… Comme si on n’était pas déjà assez nombreux comme ça.<br><strong>Alban</strong> – Et tout ça, ça pollue, ça pollue.<br><strong>Ève</strong> – Avec leurs centrales au charbon, en plus.<br><strong>Alban</strong> – Le nucléaire, c’est dangereux, mais au moins c’est propre.<br><em>Un temps</em>.<br><strong>Ève</strong> – Tu te rends compte ? Si en Chine, au lieu de la politique de l’enfant unique, on adoptait la politique de l’enfant zéro, il n’y aurait plus de Chinois en l’espace d’une génération.<br><strong>Alban</strong> – Il faudrait quand même attendre que tous les vieux Chinois soient morts.<br><strong>Ève</strong> – Disons en l’espace d’une centaine d’années, alors.<br><strong>Alban</strong> – Encore qu’il y a beaucoup de centenaires en Chine.<br><strong>Ève</strong> – Même les centenaires finissent par mourir un jour.<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est au Japon, plutôt, qu’il y a beaucoup de centenaires ?<br><strong>Ève</strong> – Oui, peut-être.<br><strong>Alban</strong> – C’est sûr que s’il y avait moins de Chinois, il aurait moins de pollution.<br><strong>Ève</strong> – Enfin, il resterait plus d’un milliard d’Indiens.<br><strong>Alban</strong> – Il faudrait faire pareil en Inde.<br><strong>Ève</strong> – Et en Afrique.<br><strong>Alban</strong> – Et aux États-Unis.<br><strong>Ève</strong> – En fait, il faudrait faire ça partout dans le monde.<br><strong>Alban</strong> – S’il n’y avait plus d’hommes du tout, le problème de la pollution serait définitivement réglé. Et on respirerait mieux.<br><strong>Ève</strong> – Pas d’enfant, comme nous, c’est la seule solution.<br><strong>Alban</strong> – C’est ce que disaient déjà les Cathares.<br><strong>Ève</strong> – Les Cathares, c’étaient des écolos ?<br><strong>Alban</strong> – En tout cas, les Cathares étaient pour l’interdiction de se reproduire.<br><strong>Ève</strong> – Ils avaient bien raison.<br><strong>Alban</strong> – En fait, on est un peu des Cathares.<br><strong>Ève</strong> – Oui… Ce n’est pas nos enfants qui pèseront sur le bilan carbone.<br><strong>Alban</strong> – Le jour où on aura inventé des enfants économes en énergie…<br><strong>Ève</strong> – Des enfants basse consommation.<br><strong>Alban</strong> – Et entièrement recyclables.<br><strong>Ève</strong> – Ce n’est pas demain la veille.<br><strong>Alban</strong> – Je te ressers un peu de vin ? C’est du bio.<br><strong>Ève</strong> – Si c’est du bio, alors…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Alibi</title>
		<link>https://sketchotheque.net/alibi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:43:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=585</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alibi, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Dans un coin, un seau à champagne, une bouteille et deux flûtes. Ève attend et montre des signes d’impatience. La sonnette retentit.</em><br><strong>Alban</strong> (<em>off</em>) – Ève ? C’est moi… Tu es là ? (<em>Alban arrive depuis l’extérieur, une mallette à la main, et veut déposer sur les lèvres de sa femme un baiser auquel elle se dérobe</em>) Excuse-moi… Une urgence avec un client…<br><strong>Ève</strong> – Un client ou une cliente ?<br><em>Il préfère ne pas relever.</em><br><strong>Alban</strong> – Ça ne va pas ?<br><strong>Ève</strong> – Si, si… Ça va… C’est notre anniversaire de mariage, et mon mari a oublié, mais à part ça, ça va…<br><em>Alban se retourne et aperçoit la bouteille de champagne.</em><br><strong>Alban</strong> – Et merde…<br><strong>Ève</strong> – Merci… Au moins, tu ne fais pas semblant.<br><strong>Alban</strong> – Excuse-moi, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire…<br><strong>Ève</strong> – L’année dernière aussi, tu es arrivé à dix heures du soir. Mais au moins tu avais un bouquet de fleurs…<br><strong>Alban</strong> – Je suis passé devant le fleuriste, c’était déjà fermé.<br><strong>Ève</strong> – Tu as oublié notre anniversaire de mariage…<br><strong>Alban</strong> – Mais non, je n’ai pas oublié ! J’y ai pensé toute la journée… Disons que… là tout de suite, ça m’était sorti de la tête.<br><strong>Ève</strong> – Bien sûr…<br><em>Il pose sa mallette et ôte sa veste.</em><br><strong>Alban</strong> – J’ai eu une journée de merde, je te dis… Un client qui a décalé un rendez-vous à la dernière minute. Cet Américain dont je t’ai parlé, tu sais ?<br><strong>Ève</strong> – Un jour comme celui-là… Tu aurais très bien pu te faire remplacer.<br><strong>Alban</strong> – J’étais le seul au bureau ! Et puis c’est un dossier important…<br><strong>Ève</strong> – Tu pouvais m’appeler…<br><strong>Alban</strong> – J’ai perdu mon portable.. En tout cas, je ne sais pas ce que j’en ai fait…<br><strong>Ève</strong> – Comme d’habitude, tu as réponse à tout…<br><strong>Alban</strong> – Je te dis la vérité, rien d’autre.<br><strong>Ève</strong> – Écoute, Alban, ça fait dix ans qu’on est mariés, et on vit dans un appartement témoin…<br><strong>Alban</strong> – C’est provisoire…<br><strong>Ève</strong> – Oui… C’est ça le problème… Ça fait dix ans que toi et moi, on vit dans le provisoire.<br><strong>Alban</strong> – Il est très bien, cet appartement. Et on n’est pas dérangés par les voisins…<br><strong>Ève</strong> – C’est sûr, il n’y en a pas… On habite tout seuls au dernier étage d’une tour qui n’est même pas vraiment finie.<br><strong>Alban</strong> – Au moins, l’ascenseur marche…<br><strong>Ève</strong> – Le matin, avant de partir au boulot, on doit planquer toutes nos affaires personnelles. On ne peut rien laisser traîner pour ne pas déranger les visiteurs qui défilent toute la journée.<br><strong>Alban</strong> – La journée, on travaille tous les deux…<br><strong>Ève</strong> – Même la photo de ma mère, je dois la ranger dans un tiroir ! Des fois que ça fasse fuir les investisseurs…<br><strong>Alban</strong> – Mais on n’a pas de loyer à payer…<br><strong>Ève</strong> – Pour moi, c’est encore trop cher, Alban.<br><strong>Alban</strong> – On a une terrasse ! (<em>Se tournant vers la salle</em>) Et regarde ! Quelle vue ! (<em>Constatant qu’elle ne se déride pas</em>) En tout cas, ça sent bon… Qu’est-ce que tu nous as mijoté ?<br><strong>Ève</strong> – Tu arrives trop tard, Alban. Le champagne est chaud, et la dinde a refroidi.<br><strong>Alban</strong> – Allez… Je suis là, maintenant ! (<em>Il prend sa mallette.</em>) Je vais poser ça à côté… et on va passer une bonne soirée, d’accord ?<br><em>Il sort. Elle prend la bouteille dans le seau, et la laisse retomber. Puis elle regarde côté salle, comme si son attention était attirée par quelque chose. Elle sort des jumelles de théâtre pour mieux voir. Le portable d’Alban, dans la poche de la veste, se met à sonner. Elle pose les jumelles, hésite, puis sort le portable et prend l’appel.</em><br><strong>Ève</strong> – Allô…? Oui… Non, c’est sa femme. D’accord. Ah oui ? Non, non… Très bien, je lui dirai… (<em>Elle met fin à la conversation mais, intriguée, explore la messagerie du portable.</em>) Le salaud…<br><em>Alban revient.</em><br><strong>Alban</strong> – Dix ans, déjà… Tu te rends compte ? J’ai l’impression que c’était hier…<br><strong>Ève</strong> – Je croyais que tu avais perdu ton portable…<br><strong>Alban</strong> – Oui, je… Je croyais aussi…<br><strong>Ève</strong> – Tu me prends vraiment pour une conne…<br><strong>Alban</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Ève</strong> – Il vient de sonner, ton portable. Il était dans la poche de ta veste…<br><strong>Alban</strong> – Non ?<br><strong>Ève</strong> – J’ai répondu. C’était ta secrétaire…<br><strong>Alban</strong> – Ah oui… Qu’est-ce qu’elle voulait ?<br><strong>Ève</strong> – Elle cherche à te joindre depuis ce matin. C’est curieux, elle a passé tout l’après-midi au bureau, et elle ne t’a pas vu…<br><strong>Alban</strong> – Je n’ai pas dit que j’avais vu mon Américain au bureau. Il m’a demandé de le rejoindre à…<br><strong>Ève</strong> – Ne te fatigue pas. Si ta secrétaire voulait te joindre, c’était pour te prévenir que ton rendez-vous avec ton Américain était annulé. Il a eu un AVC hier soir…<br><strong>Alban</strong> – Tu ne m’as pas laissé finir… Il m’a demandé de le rejoindre cet après-midi à l’hôpital.<br><strong>Ève</strong> – C’est curieux, parce que d’après ta secrétaire, il est mort ce matin.<br><strong>Alban</strong> – D’accord… Alors écoute, je vais t’expliquer…<br><strong>Ève</strong> – Tu as une maîtresse… Et tu as attendu notre anniversaire de mariage pour me l’annoncer.<br><strong>Alban</strong> – Mais pas du tout, je…<br><strong>Ève</strong> – Et moi qui allais te dire que je suis enceinte !<br><strong>Alban</strong> – Quoi ? Tu attends un enfant ? De moi ? Mais c’est fantastique !<br><strong>Ève</strong> – Je te quitte, Alban !<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas du tout ce que tu crois, je t’assure…<br><strong>Ève</strong> – Ah oui ? Et ces SMS que j’ai vus sur ton téléphone ?<br><strong>Alban</strong> – Les SMS…<br><strong>Ève</strong> – Oui, les SMS. Ceux que tu n’as pas eu le temps d’effacer… « J’ai envie de toi, rejoins-moi où tu sais. » C’est assez explicite, non ?<br><em>Il semble déstabilisé, mais se reprend.</em><br><strong>Alban</strong> – C’est un code.<br><strong>Ève</strong> – Pardon ?<br><strong>Alban</strong> – C’est vrai, je te mens depuis des années, Ève. Je l’avoue.<br><strong>Ève</strong> – Enfin…<br><strong>Alban</strong> – Je mène une double vie, en effet. Mais je ne t’ai jamais trompée… avec une femme.<br><strong>Ève</strong> – Tu ne vas pas me dire en plus, après toutes ces années, que tu es homosexuel ?<br><strong>Alban</strong> – Non, rassure-toi. Encore une fois, ce n’est pas du tout ce que tu crois. En fait, je suis…<br><strong>Ève</strong> – Oui ?<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas facile à dire…<br><strong>Ève</strong> – Oui, j’imagine… Mais je peux t’aider, si tu veux. Je suis un connard ?<br><strong>Alban</strong> – Je suis agent secret.<br><strong>Ève</strong> – Agent secret ?<br><strong>Alban</strong> – Enfin secret… jusqu’à aujourd’hui.<br><strong>Ève</strong> – Tu as bu, c’est ça ?<br><strong>Alban</strong> – Pas du tout.<br><strong>Ève</strong> – Un agent secret ? Un espion, quoi ? C’est tout ce que tu as trouvé ?<br><strong>Alban</strong> – Je n’avais pas le droit de te le dire, évidemment. Je n’avais le droit de le dire à personne. Mais bon… Maintenant, c’est notre couple qui est en jeu.<br><strong>Ève</strong> – Très bien… Et tu travailles pour qui ? La CIA ? Ton Américain, c’était ton chef, et le KGB l’a éliminé en faisant passer son assassinat pour un AVC, je me trompe ?<br><strong>Alban</strong> – Je travaille… pour le MOSSAD.<br><strong>Ève</strong> – Le MOSSAD ?<br><strong>Alban</strong> – Oui… Les services secrets israéliens, si tu préfères…<br><strong>Ève</strong> – Tu n’es même pas juif !<br><strong>Alban</strong> – Si un peu, quand même…<br><strong>Ève</strong> – Si tu étais juif, depuis le temps, je le saurais, non ? Je suis ta femme !<br><strong>Alban</strong> – Il ne faut pas se fier aux apparences, Ève… C’est un peu plus compliqué que ça. C’est ma grand-mère maternelle qui…<br><strong>Ève</strong> – Alors c’est tout ce que tu as trouvé ? Mais c’est pathétique. Il faut te faire aider, Alban, je t’assure. Tu es un grand malade.<br><strong>Alban</strong> – C’est vrai, Ève. Il faut que tu me crois.<br><strong>Ève</strong> – Tu es un mythomane, Alban. Ça fait des années que tu me mens. Pour tout et n’importe quoi. Mais surtout pour couvrir tes liaisons. Et aujourd’hui tu m’annonces que tu es un espion israélien alors que tu n’es même pas circoncis ! Comment veux-tu que je te crois ?<br><strong>Alban</strong> – Cette fois, je ne te mens pas, je te le jure.<br><strong>Ève</strong> – Cette fois ? Tu me déçois, Alban. Tu me déçois beaucoup. Je ne pensais pas que tu me prenais à ce point pour une conne.<br><strong>Alban</strong> – Tu sais, lors de notre voyage de noces à Eilat, sur la Mer Rouge, quand j’ai passé une heure au poste de police à la douane.<br><strong>Ève</strong> – Parce que tu n’avais pas reconnu ta valise, qu’elle tournait depuis une heure toute seule sur le tapis roulant de l’aéroport, et que les démineurs sont venus pour la faire exploser ?<br><strong>Alban</strong> – C’est ce jour-là où ils m’ont proposé de travailler pour eux.<br><strong>Ève</strong> – Eux ? Qui eux ?<br><strong>Alban</strong> – Le MOSSAD !<br><em>Ève montre le téléphone.</em><br><strong>Ève</strong> – « J’ai envie de toi, on se retrouve où tu sais »… C’est un message de ton ami imaginaire du MOSSAD ?<br><strong>Alban</strong> – C’est un code, je te dis. Pour un rendez-vous.<br><strong>Ève</strong> – Un rendez-vous, oui, ça j’avais compris.<br><strong>Alban</strong> – C’est pour ne pas attirer l’attention. Au cas où nos messages seraient interceptés. « J’ai envie de toi », ça veux dire j’ai besoin de te voir. « Où tu sais », ben ça veut dire…<br><strong>Ève</strong> – Où tu sais.<br><strong>Alban</strong> – Voilà.<br><strong>Ève</strong> – Cette fois, ça ne va pas suffire, Alban.<br><strong>Alban</strong> – Qu’est-ce que tu veux de plus ?<br><strong>Ève</strong> – Des preuves, par exemple.<br><strong>Alban</strong> – Désolé, je n’en ai pas.<br><strong>Ève</strong> – Bien sûr.<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas un CDD ! Tout ça se fait sans laisser de trace, tu penses bien.<br><strong>Ève</strong> – Mais tu ne travailles gratuitement, j’imagine. Un espion, ça doit bien gagner sa vie. Et tu me laisserais vivre dans un appartement témoin ?<br><strong>Alban</strong> – L’argent est versé sur un compte numéroté, dont j’aurai la clef seulement quand je cesserai mes activités.<br><em>Ève semble tout à fait désemparée.</em><br><strong>Ève</strong> – Et tu voudrais que j’avale ça ?<br><strong>Alban</strong> – Oui, je t’en prie, Ève… Pour nous… Pour notre enfant… Une dernière fois. Je te supplie de me croire… Parce que c’est la vérité !<br><em>Elle hésite.</em><br><strong>Ève</strong> – Je ne sais plus quoi te dire, Alban. Je suis fatiguée. Je vais me coucher…<br><strong>Alban</strong> – Tu as raison. Je comprends que tu aies besoin d’un peu de temps pour digérer cette nouvelle. En attendant, tu n’en parles à personne, d’accord ? Même à ta mère. Il faut absolument que ça reste un secret entre nous, sinon…<br><em>Elle lui fait un doigt d’honneur, et sort. Il tombe sur les jumelles de théâtre qu’elle a oubliées sur la table. Il semble surpris. Il prend les jumelles et se met à scruter quelque chose côté salle. D’abord par simple curiosité. Puis avec une attention soutenue.<br></em><strong><em>Noir</em>.</strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Secret</title>
		<link>https://sketchotheque.net/secret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 09:26:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Démocratie]]></category>
		<category><![CDATA[Election]]></category>
		<category><![CDATA[Pouvoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Secret, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alban et Ève se succèdent devant une urne dans laquelle ils insèrent chacun à leur tour un bulletin.</em><br><strong>Ève</strong> – Alors, tu as voté pour qui ?<br><strong>Alban</strong> – Je te rappelle que c’est un vote à bulletin secret…<br><strong>Ève</strong> – Ce n’est pas un peu ridicule, non ?<br><strong>Alban</strong> – Ridicule ? Pourquoi ça ?<br><strong>Ève</strong> – On n’est que deux !<br><strong>Alban</strong> – Et alors ?<br><strong>Ève</strong> – Comme chacun de nous sait pour qui il a voté… Forcément, au moment du dépouillement, je saurai quel bulletin tu as choisi.<br><strong>Alban</strong> – Oui, bon…<br><strong>Ève</strong> – Et puis entre nous, ça sert à quoi d’élire un représentant ?<br><strong>Alban</strong> – Pour qu’il nous représente tous les deux !<br><strong>Ève</strong> – Auprès de qui ?<br><strong>Alban</strong> – Auprès de l’autre !<br><strong>Ève</strong> – Et tu as voté pour qui, alors ?<br><strong>Alban</strong> – Pour moi. Et toi ?<br><strong>Ève</strong> – Moi aussi.<br><strong>Alban</strong> – Tu veux dire que tu as voté pour moi aussi ?<br><strong>Ève</strong> – Non, j’ai voté pour moi.<br><strong>Alban</strong> – Bon… dans ce cas, comme c’est à la proportionnelle, chacun de nous se représentera lui-même.<br><strong>Ève</strong> – OK… Ce n’est pas la peine qu’on dépouille, alors ?<br><strong>Alban</strong> – Ben si, quand même.<br><strong>Ève</strong> – Pourquoi faire ?<br><strong>Alban</strong> – Je ne suis pas obligé de te croire.<br><strong>Ève</strong> – Bon, alors allons-y.<br><strong>Alban</strong> – Attends un peu !<br><strong>Ève</strong> – Quoi encore ?<br><strong>Alban</strong> – Il n’est pas tout à fait vingt heures…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Ève</strong> – Et c’est quoi, ton programme, à toi ?<br><strong>Alban</strong> – Je propose qu’on ouvre des chambres d’hôtes.<br><strong>Ève</strong> – Des chambres d’hôtes ? Pour quoi faire ?<br><strong>Alban</strong> – Je ne sais pas. Pour développer le tourisme…<br><strong>Ève</strong> – Mais on n’est que deux.<br><strong>Alban</strong> – C’est vrai…<br><strong>Ève</strong> – On pourrait ajouter une chambre d’ami.<br><strong>Alban</strong> – Mais comme tu dis : on n’est que deux.<br><strong>Ève</strong> – Tu pourrais aller y dormir de temps en temps…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>À vrai dire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-vrai-dire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 15:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=453</guid>

					<description><![CDATA[<p>A vrai dire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple assis à une table. Ils finissent de dîner.</em><br><strong>Femme</strong> – Quel festin !<br><strong>Homme</strong> – Oui, hein ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, on peut bien faire un petit excès de temps pour une grande occasion.<br><strong>Homme</strong> – Allez, à notre anniversaire de mariage !<br><em>Ils lèvent leurs verres, trinquent et boivent.</em><br><strong>Femme</strong> – Trente ans, tu te rends compte ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression que c’était hier.<br><strong>Femme</strong> – Si c’était à refaire, tu m’épouserais ?<br><strong>Homme</strong> – Les yeux fermés !<br><strong>Femme</strong> – Et les yeux ouverts ?<br><strong>Homme</strong> – Ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ?<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi, je n’en ai aucune idée.<br><strong>Femme</strong> – J’ai un peu la tête qui tourne…<br><strong>Homme</strong> – Tu veux un dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas si ce serait très raisonnable…<br><em>Arrive la serveuse.</em><br><strong>Serveuse</strong> – Alors  ? Ça vous a plu ?<br><strong>Homme</strong> – C’était parfait ! N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Femme</strong> – Succulent ! Non, vraiment…<br><strong>Homme</strong> – Une bonne table, comme ça, c’est ce qui manquait dans le quartier.<br><strong>Serveuse</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’ouvrir un restaurant dans le coin, si ce n’est pas indiscret ?<br><strong>Serveuse</strong> – Dans la restauration, il n’y a pas de secret. Il faut choisir un quartier où les gens sont suffisamment vieux pour ne plus avoir d’autre plaisir dans la vie que de manger. Mais pas trop âgés quand même, qu’il leur reste encore quelques dents pour mastiquer.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Et des vieux qui soient suffisamment riches pour pouvoir se payer un restaurant hors de prix une fois de temps en temps, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Mais sinon, c’était très bon. Hein, chéri ?<br><strong>Homme</strong> – Excellent.<br><strong>Serveuse</strong> – Oh, vous savez, on ne fait pas des choses compliquées. On se contente de décongeler les plats tout préparés qu’on achète pour presque rien chez le grossiste.<br><strong>Femme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Serveuse</strong> – Pourquoi se casser la tête, de toute façon, les gens ne voient pas la différence. Vous avez vu la différence, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi non…<br><strong>Serveuse</strong> – Ben vous voyez ! Non, entre nous, il n’y a même pas de cuisine, dans ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ? Et pourtant, sur la porte, là-bas, à côté des toilettes…<br><strong>Femme</strong> – C’est marqué cuisine, non ?<br><strong>Serveuse</strong> – Ça, c’est pour le décor. C’est une fausse porte plaquée contre le mur, elle ne s’ouvre même pas. Non, on a seulement un petit cagibi derrière le bar avec un four à micro-onde pour décongeler tout ça vite fait.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille qu’on soit en mesure de vous proposer une cinquantaine de plats différents à la carte ?<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai qu’il y a beaucoup de choix, mais…<br><strong>Serveuse</strong> – Et que cinq minutes après la commande, on puisse vous servir une véritable bouillabaisse de Marseille comme si elle avait mijoté pendant toute la journée dans une cuisine du Vieux-Port ? <br><strong>Femme</strong> – Ça, le service est rapide, on ne peut pas dire le contraire. N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, elle était très bonne, cette bouillabaisse.<br><strong>Serveuse</strong> – Bon, si ça vous a plu, c’est le principal. Un petit dessert, peut-être, pour faire passer la bouillabaisse ?<br><strong>Homme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Volontiers…<br><strong>Homme</strong> – C’est vraiment de la gourmandise.<br><strong>Serveuse</strong> – Oui, enrobés comme vous êtes tous les deux, je me doute que ce n’est pas la malnutrition qui vous a poussés jusqu’à la porte de ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Eh non…<br><strong>Serveuse</strong> – Si on peut encore appeler ça un restaurant…<br><strong>Femme</strong> – Eh oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Alors ? Je peux me permettre de vous faire une petite suggestion, pour le dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Serveuse</strong> – Dans ce cas, je vous conseille le tiramisu.<br><strong>Femme</strong> – Votre spécialité, j’imagine.<br><strong>Serveuse</strong> – Non ! Mais il nous reste sur les bras dans le congélo depuis au moins six mois, et la date limite de consommation arrive à échéance demain. Si je ne vends pas ce qui me reste avant ce soir, on va devoir donner tout ça aux Restaurants du Cœur. C’est qu’on a des contrôles sanitaires très stricts, quand même.<br><strong>Homme</strong> – Voilà qui est rassurant…<br><strong>Serveuse</strong> – Allez, un bon geste ! Vous ne voudriez pas que ce véritable tiramisu à l’italienne finisse aux Restaurants du Cœur, et que de vrais affamés aient une crise de foie à votre place ?<br><strong>Femme</strong> – Va pour le tiramisu, alors.<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi.<br><strong>Serveuse</strong> – Et puis une petite gastro de temps en temps, c’est très bon pour la ligne, vous verrez…<br><strong>Femme</strong> – Ça nous rappellera notre voyage de noces en Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Vous avez eu une gastro pendant votre voyage de noces ?<br><strong>Homme</strong> – Euh, non, je parlais du tiramisu.<br><strong>Serveuse</strong> – Pardon ?<br><strong>Femme</strong> – Le tiramisu, l’Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Ah, oui ! Enfin, j’ai dit que c’était un tiramisu à l’italienne, je n’ai pas dit qu’il venait d’Italie. Celui-là est fabriqué en Roumanie, mais bon. Au moins, on sait d’où il vient. Ce n’est pas toujours le cas, croyez-moi… Parfait, alors deux tiramisus pour ces messieurs-dames.<br><em>Le serveuse s’éloigne. Ils échangent un sourire aimable.</em><br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas si c’était très raisonnable.<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est vraiment de la gourmandise…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>La valise</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-valise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:45:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Administration]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=447</guid>

					<description><![CDATA[<p>La valise, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, une valise à la main, devant une table derrière laquelle se tient un autre personnage.</em><br><strong>Un</strong> – Bonjour, je suis bien aux objets trouvés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Je me suis perdu en venant.<br><strong>Deux</strong> – C’est pour un dépôt alors ?<br><strong>Un</strong> – Non, un retrait, plutôt.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous avez perdu ?<br><strong>Un</strong> – Voyons voir… (<em>Il sort un papier et lit</em>.) J’ai perdu ma virginité, très jeune. J’ai perdu toutes mes illusions, à peu près en même temps. J’ai perdu la foi et huit kilos. J’ai perdu mon sang froid et pas mal d’argent. J’ai perdu mon travail et l’appétit. J’ai perdu mon temps avant de perdre la tête. J’ai perdu ma dignité et les pédales. J’ai perdu le nord et j’ai perdu le sommeil. J’ai perdu ma joie de vivre avec mes dernières espérances. Et tout récemment j’ai perdu la mémoire.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui.<br><strong>Un</strong> – J’ai même perdu ma femme avant-hier.<br><strong>Deux</strong> – Mais perdu…<br><strong>Un</strong> – Une petite blonde un peu boulotte, avec un ruban rouge autour du poignet. On ne vous l’aurait pas rapportée, par hasard ?<br><strong>Deux</strong> – Un ruban rouge ?<br><strong>Un</strong> – C’était pour la reconnaître, justement. Je fais ça avec les valises, aussi, quand je prends l’avion. Mais ça ne m’a pas empêché de la perdre.<br><strong>Deux</strong> – Vous avez perdu une valise ? Parce que ça on en a plein, vous savez ! Qu’est-ce qu’il y avait dans votre valise ?<br><strong>Un</strong> – Quelle valise ?<br><strong>Deux</strong> – Celle que vous avez perdue.<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas perdu de valise. Au contraire. (<em>Montrant sa valise</em>) J’en ai trouvé une.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’il y a dans cette valise ?<br><strong>Un</strong> – Rien. Enfin, je crois. Je n’ai pas réussi à l’ouvrir. Je pensais la remplir avec tout ce que vous allez me rendre.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, mais si elle n’est pas à vous, cette valise… Vous êtes sûr qu’elle n’est pas à vous ? Il y a un ruban rouge autour de la poignée.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, tiens…<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr que vous n’êtes pas marié avec une valise ?<br><strong>Un</strong> – Ah, oui !<br><strong>Deux</strong> – Remarquez, si vous saviez le nombre de valises qu’on a ici avec un ruban rouge autour de la poignée.<br><strong>Un</strong> – Et pour ma femme ?<br><strong>Deux</strong> – Désolé, mais même si quelqu’un la retrouve, je ne crois pas que c’est ici qu’il la rapporterait. Elle était en un seul morceau ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi cette question ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas moi… En plusieurs morceaux, une petite femme, même un peu boulotte, peut tenir dans une ou deux valises… Le problème c’est que des valises, ici, on en a beaucoup. Et le plus souvent, on ne prend même pas la peine de les ouvrir pour voir ce qu’il y a dedans.<br><strong>Un</strong> – Vraiment ?<br><strong>Deux</strong> – Surtout lorsqu’elles sont fermées à clef.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui.<br><strong>Deux</strong> – Alors non, bien sûr, je ne peux pas vous garantir à cent pour cent qu’on n’a pas ici une femme ou deux réparties en trois ou quatre valises de taille normale ou une ou deux grandes malles.<br><strong>Un</strong> – Je vois.<br><strong>Deux</strong> – J’essaie seulement de vous dire que si votre femme est ici, c’est probablement en plusieurs morceaux.<br><strong>Un</strong> – Et pour le reste ?<br><strong>Deux</strong> – Le reste ? (<em>Un temps</em>) Ah, oui, mais… non. Là, ça ne va pas être possible.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Mais… parce qu’on est en sous-effectif, voilà pourquoi !<br><strong>Un</strong> – Ah…<br><strong>Deux</strong> – Si ça ne tenait qu’à moi, vous pensez bien. Mais c’est que je suis tout seul, ici. Pour les dépôts et pour les retraits. Alors maintenant qu’on a supprimé un fonctionnaire sur deux…<br><strong>Un</strong> – Oui ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Un jour on fait les retraits, et le lendemain les dépôts.<br><strong>Un</strong> – Et aujourd’hui c’est les dépôts.<br><strong>Deux</strong> – Voilà, ce n’est vraiment pas de chance. Mais revenez donc demain, ma collègue s’occupera de vous.<br><strong>Un</strong> – Bon…<br><strong>Deux</strong> – Vous ne voulez vraiment pas me laisser votre valise ? Ça je peux m’en occuper…<br><strong>Un</strong> – Bon… Tenez… Je la récupérerai demain…<br><strong>Deux</strong> – Celle-là ou une autre… Quelle importance… Puisqu’elle est vide de toute façon…<br><strong>Un</strong> – Bon, alors je repasse demain…<br><strong>Deux</strong> – Essayez de ne pas vous perdre cette fois… Maintenant vous savez comment nous trouver…<br><em>Le premier personnage tend sa valise au second, qui la prend avec un effort visible.</em><br><strong>Deux</strong> – Eh ben dites-moi, pour une valise vide, elle pèse comme un âne mort.<br><em>Le premier s’en va. Le second examine la valise.</em><br><strong>Deux</strong> – Fermée à clef… (<em>Il range la valise dans un coin</em>.) Allez savoir ce qu’il peut bien y avoir là-dedans encore.<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>Georges</title>
		<link>https://sketchotheque.net/georges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Georges, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là, assis sur une chaise. Elle arrive, couverte d’un imper façon inspecteur de police, trop grand pour elle.</em><br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un s’appelle Georges, ici ?<br><em>Surpris, il regarde autour de lui. Puis vers la salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Probablement, oui…<br><strong>Elle</strong> (<em>suspicieuse</em>) – Probablement ?<br><strong>Lui</strong> – Pas moi, en tout cas. Enfin je ne crois pas…<br><em>Un temps, pendant lequel elle semble hésiter.</em><br><strong>Elle</strong> – Et qu’est-ce que vous lui voulez, à Georges ?<br><strong>Lui</strong> – Euh… C’est moi, qui devrais dire ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Ah, oui…? Et pourquoi ça…?<br><strong>Lui</strong> – C’est vous qui cherchez Georges.<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Donc c’est à moi de répondre : Et qu’est-ce que vous lui voulez, à Georges ? Sinon, ça n’a pas de sens…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez raison… L’auteur devait encore être bourré quand il a écrit ça…<br><strong>Lui</strong> – Il a dû sauter une ligne.<br><strong>Elle</strong> – Se mélanger les crayons dans ses personnages.<br><strong>Lui</strong> – Surtout qu’ils n’ont même pas de noms.<br><strong>Elle</strong> – Et puis cet imper est trop grand pour moi.<br><em>Elle enlève son imper et lui tend, découvrant en dessous une tenue similaire à la sienne. Il se lève et enfile l’imper. Il lui va parfaitement. Elle s’assied à la place de l’autre.</em><br><strong>Elle</strong> – Et qu’est-ce que vous lui voulez à Georges ?<br><strong>Lui</strong> (<em>parlant de l’imper</em>) – Ah, oui, là ça va tout de suite mieux…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas répondu à ma question.<br><strong>Lui</strong> – Les questions, ici, c’est moi qui les pose, d’accord ?<br><strong>Elle</strong> – D’accord… (<em>Il semble à court de questions</em>) Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Elle</strong> – À propos de Georges…<br><strong>Lui</strong> – Georges… Mmm… Ce ne serait pas lui, par hasard ?<br><strong>Elle</strong> – Qui ?<br><strong>Lui</strong> – L’auteur !<br><strong>Elle</strong> – L’auteur ? Georges ? Ah, je ne crois pas, non…<br><strong>Lui</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Mais parce que… Parce que c’est un auteur anonyme. Du début du vingtième.<br><strong>Lui</strong> – C’est rare, non, les auteurs anonymes du vingtième.<br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Les auteurs anonymes, c’est plutôt au Moyen Âge. Aujourd’hui, on a quand même des moyens pour les retrouver, les auteurs. Les empreintes génétiques, tout ça. Le fichier des délinquants littéraires. Un auteur anonyme du vingtième, ça n’a pas de sens…<br><strong>Elle</strong> – Du vingtième… Du vingtième arrondissement ! Le début du vingtième. Du côté de Nation. Un auteur anonyme du début du vingtième arrondissement.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui…<br><strong>Elle</strong> – Ben oui.<br><strong>Lui</strong> – Oui, là, ça ne m’étonne qu’à moitié.<br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – Les auteurs célèbres habitent plutôt le sixième ou le septième arrondissement. Faut avoir les moyens. Dans le dix-neuvième et le vingtième, forcément, il n’y a que les anonymes. Et il ressemble à quoi, cet auteur ?<br><strong>Elle</strong> – Georges ?<br><strong>Lui</strong> – Georges, si vous voulez.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi voulez-vous savoir à quoi il ressemble ?<br><strong>Lui</strong> – Au cas où je le verrais.<br><strong>Elle</strong> – Alors vous voudriez que je vous donne son signalement ?<br><strong>Lui</strong> – Pour le reconnaître…<br><strong>Elle</strong> – Très bien. Vous avez de quoi noter ?<br><em>Il sort de la poche de l’imper un carnet et un crayon.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous écoute…<br><strong>Elle</strong> – Georges se fait appeler Georges. Mais à l’évidence, c’est un nom d’emprunt. Un pseudo, si vous préférez.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Un nom de code.<br><strong>Elle</strong> – Personne ne connaît le vrai nom de Georges. En fait, la seule chose qu’on sait à propos de Georges, c’est qu’il ne s’appelle pas Georges. Alors quant à savoir à quoi il ressemble…<br><strong>Lui</strong> (<em>griffonnant sur son carnet</em>) – Très bien, je vous remercie pour ces précieuses informations…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez vraiment écrit ça ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai fait mieux… (<em>Il lui tend le carnet</em>) Regardez…<br><strong>Elle</strong> – Un portrait-robot ? (<em>Elle regarde le dessin</em>) Mais… Pourquoi avez-vous dessiné un chien ?<br><strong>Lui</strong> – Je… Je ne sais dessiner que les chiens… Mais avouez que c’est très ressemblant, non…?<br><strong>Elle</strong> – Oui… C’est à s’y méprendre…<br><strong>Lui</strong> – Et puis ce n’est pas un simple chien… C’est un chien policier… Le chien est le plus fidèle compagnon de l’homme. Croyez-moi, un chien ne vous décevra jamais.<br><strong>Elle</strong> – Vous avez fini ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Votre enquête !<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, oui. Mais je vous demande de rester à la disposition de la police…<br><strong>Elle</strong> – Quelle police ?<br><strong>Lui</strong> – Garamond, Helvetica, Times, New Roman… Vous n’avez que l’embarras du choix…<em><br>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Et pourquoi est-ce qu’on le recherche, ce Georges, exactement.<br><strong>Lui </strong>– Désolé mais ça, même si je le savais, je ne pourrais pas vous le dire.<br><strong>Elle</strong> – Je vois…<br><strong>Lui</strong> – Vous avez bien de la chance.<br><strong>Elle</strong> – Alors je peux m’en aller ?<br><strong>Lui</strong> – Pour aller où ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Par là…<br><strong>Lui</strong> – Très bien, alors disons que… je vous prends en filature.<br><em>Ils s’apprêtent à sortir.</em><br><strong>Elle</strong> – Et vous êtes vraiment sûr qu’il existe ?<br><strong>Lui</strong> – Qui ?<br><strong>Elle</strong> – Georges !<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr !<br><strong>Elle</strong> – On ne sait quand même pas grand chose sur lui.<br><strong>Lui</strong> – On sait déjà qu’il ne s’appelle pas Georges…<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’est un début.<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<title>Les auteurs de nos jours</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-auteurs-de-nos-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:23:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les auteurs de nos jours, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages debout les bras ballants.</em><br><strong>Un</strong> – Tu vois, à l’heure qu’il est, on devrait être en train de jouer.<br><strong>Deux</strong> – Et on est plantés là, et on ne sait pas quoi dire.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait pas quoi faire, et on ne sait pas où se mettre.<br><strong>Deux</strong> – Il n’a pas laissé de mots, pas même une ou deux lettres ?<br><strong>Un</strong> – Ça ne le ferait pas revenir, mais on saurait quoi dire.<br><strong>Deux</strong> – Et on saurait quoi faire, on saurait quoi ressentir.<br><strong>Un</strong> – Il nous laisse là comme ça, juste avec un grand vide.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi il a fait ça ? La peur de faire un bide ?<br><strong>Un</strong> – Il a pensé à quoi ? Pas à tous ses amis.<br><strong>Deux</strong> – Regarde, ils sont tous là, tous à attendre assis.<br><strong>Un</strong> – Ils attendent nos répliques, mais qu’est-ce qu’on pourrait dire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On n’a rien à dire.<br><strong>Un</strong> – Puisqu’on n’a pas la pièce.<br><strong>Deux</strong> – Puisqu’il ne l’a pas écrite.<br>Un – Puisqu’il est mort hier.<br><strong>Deux</strong> – D’une gastroentérite.<br><em>L’autre le regarde étonné.</em><br>Un – D’une gastroentérite ?<br>Deux – J’ai dit ça pour la rime.<br>Un – C’était une pièce en vers ?<br>Deux – Je ne sais pas. À quoi ça rime…<br>Un – On n’est pas auteurs, nous, et pas acteurs non plus.<br>Deux – On ne sait pas quoi vous dire, on est juste venu.<br>Un – Deux personnages en deuil, et des rimes orphelines.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Maintenant on devrait saluer, et se faire applaudir.<br><strong>Deux</strong> – Ou bien se faire siffler, et se faire insulter.<br><strong>Un</strong> – Mais au moins on saurait.<br><strong>Deux</strong> – Si c’était une bonne pièce, ou alors un navet.<br><strong>Un</strong> – Un tabac ou un four.<br><strong>Deux</strong> – Mais on ne saura jamais.<br><strong>Un</strong> – Non, vraiment, c’est trop triste.<br><strong>Deux</strong> – Les auteurs de nos jours sont vraiment des fumistes.<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Vacance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/vacance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 14:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Vacances]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=437</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vacance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages.</em><br><strong>Un</strong> – Alors, c’était comment, là-bas ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’était… Mais alors c’était loin !<br><strong>Un</strong> – Loin ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, non, vraiment, je ne pensais pas que c’était aussi loin.<br><strong>Un</strong> – Mais c’était bien ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’était… Mais c’était tellement petit !<br><strong>Un</strong> – Mais il y avait la mer ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, la mer ! Mais alors minuscule.<br><strong>Un</strong> – Mais il y avait une plage quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Ah, une plage, oui. Mais alors un monde…<br><strong>Un</strong> – Sur la plage ?<br><strong>Deux</strong> – Sur la plage, dans la mer, partout… C’est tellement petit.<br><strong>Un</strong> – Et il a fait beau ?<br><strong>Deux</strong> – Un temps… Magnifique. Mais alors un vent !<br><strong>Un</strong> – Un vent…?<br><strong>Deux</strong> – À décorner les escargots.<br><strong>Un</strong> – Et il y a en beaucoup par là-bas ?<br><strong>Deux</strong> – Des escargots ? Aucun ! À cause du vent, sûrement…<br><strong>Un</strong> – Et on y mange bien ?<br><strong>Deux</strong> – Très bien ! Enfin, mieux qu’on ne pourrait s’y attendre…<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce qu’on y mange ?<br><strong>Deux</strong> – Un peu de tout.<br><strong>Un</strong> – Pas des escargots, en tout cas.<br><strong>Deux</strong> – Ça, il ne faut pas aller là-bas pour manger des escargots.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Des escargots de mer, à la rigueur…<br><strong>Un</strong> – Mmm…<br><strong>Deux</strong> – Si on arrive à en trouver…<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Mais la mer est tellement minuscule…<br><strong>Un</strong> – Mmm…<br><strong>Deux</strong> – Et comme l’eau n’est pas très salée.<br><strong>Un</strong> – Ah, tiens…?<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr que les escargots de mer s’y plairaient beaucoup.<br><strong>Un</strong> – Sûrement pas…<br><strong>Deux</strong> – Les grenouilles, peut-être…<br><strong>Un</strong> – Les grenouilles ?<br><strong>Deux</strong> – Enfin, je veux dire… des grenouilles de mer. Si ça existait…<br><strong>Un</strong> – Et il y a beaucoup de choses à faire, sur place ?<br><strong>Deux</strong> – Ouh, là ! On en a vite fait le tour… C’est tellement petit… Non, il faut aller là-bas pour se reposer. Parce que pour le reste…<br><strong>Un</strong> – Tu es reposé, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Complètement épuisé. Avec le décalage horaire. C’est qu’il y a presque 24 heures de décalage avec ici.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, quand même…<br><strong>Deux</strong> – Non, mais franchement, c’était très bien. Très bien. Ça, j’y retournerais volontiers…<br><strong>Un</strong> – Ah, ben tu vois, ça me donne envie d’y aller faire un tour, moi aussi.<br><strong>Deux</strong> – D’un autre côté, est-ce que ça vaut vraiment le coup d’aller aussi loin. Dans un pays aussi petit.<br><strong>Un</strong> – Il faut bien partir quelque part.<br><strong>Deux</strong> – Non, l’année prochaine, je pensais plutôt faire le Lichtenstein.<br><strong>Un</strong> – C’est petit aussi.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais c’est moins loin.<br><strong>Un</strong> – Mais il n’y a pas la mer…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – Ou alors une toute petite… et pas très salée.<br><em>Ils restent un instant immobiles en silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu sais à quoi je pensais ?<br><strong>Un </strong>– Non.<br><strong>Deux</strong> – Comme la terre tourne…<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Si nous on arrivait à rester immobiles suffisamment longtemps…<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Non mais vraiment immobiles…<br><strong>Un</strong> – Mmm…<br><strong>Deux</strong> – Au-dessus du sol, je veux dire, en se raccrochant à quelque chose…<br><strong>Un</strong> – Oui.<br>Deux – Que les pieds ne touchent pas par terre, quoi.<br><strong>Un</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – Alors douze heures après, on serait en Chine.<br><em>L’autre le regarde, stupéfait.</em><br><strong>Un</strong> – Et vingt-quatre heures après on serait revenus ici.<br><strong>Deux</strong> – On aurait fait le tour du monde.<br><em>Le temps de mesurer toutes les implications de cette découverte.</em><br><strong>Deux</strong> – Mais il faudrait encore trouver quelque chose à quoi se raccrocher…<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Un champ de ruines</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-champ-de-ruines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 09:45:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Campagne]]></category>
		<category><![CDATA[Château]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=420</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un champ de ruines, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux paysans (homme et/ou femme) contemplent quelque chose qu’on ne voit pas, situé au loin, derrière les spectateurs. Ils parlent éventuellement avec un accent régional (au choix).</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’ils font, là ?<br><strong>Deux</strong> – Paraît qu’ils vont restaurer le château…<br><strong>Un</strong> – Le château ? C’te ruine ?<br><strong>Deux</strong> – Paraît que c’est un monument historique…<br><strong>Un</strong> – Un monument ? C’tas de gravats ?<br><strong>Deux</strong> – Paraît que c’était un château fort, au Moyen Âge… Même que Louis XVI y aurait dormi juste avant de se faire assassiner par Ravaillac.<br><strong>Un</strong> – Et comment que tu sais ça, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ben je l’ai lu dans le journal.<br><strong>Un</strong> – Merde alors ! Et ils vont le reconstruire ?<br><strong>Deux</strong> – C’est à cause du plan de relance de l’économie…<br><strong>Un</strong> – Bâtir des châteaux forts pour aider les agriculteurs… Ils feraient mieux de construire des châteaux d’eau…<br><strong>Deux</strong> – C’est un truc qui vient d’en haut… De Bruxelles…<br><em>Silence pour digérer cette information. Ils continuent de contempler les ruines.</em><br><strong>Un</strong> – C’est pas tes vaches qui sont là devant ?<br><strong>Deux</strong> – Si.<br><strong>Un</strong> – Et pis c’est ton champ.<br><strong>Deux</strong> – Dame oui.<br><strong>Un</strong> – Et ta ferme, elle est pas loin non plus…<br><strong>Deux</strong> – Je vais être aux premières loges, c’est sûr…<br><em>Ils continuent à regarder.</em><br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, c’te cabane, qu’ils ont déjà mis là ?<br><strong>Deux</strong> – Ben c’est une guérite. Pour les gardes, quand il pleut.<br><strong>Un</strong> – Les gardes ?<br><strong>Deux</strong> – Les gardes belges.<br><strong>Un</strong> – C’est pas des gardes suisses ?<br><strong>Deux</strong> – J’te dis c’est un projet européen ! La Suisse, elle fait pas partie de l’Europe, si ?<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi qu’ils ont besoin de garder ces ruines tout d’un coup ? C’est pas des vaches. Depuis le temps qu’elles sont là, elles ne vont pas s’en aller toutes seules…<br><strong>Deux</strong> – En attendant le début du chantier ! C’est que ça va coûter des milliards, ces travaux. Ça va durer des années. Je ne sais pas si je serai encore là dans ma ferme pour profiter de la vue sur le château…<br><strong>Un</strong> – En tout cas, tu vas bien profiter de la vue sur les travaux…<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Paraît qu’ils vont faire un jardin, devant. Un potager médiéval…<br><strong>Un</strong> – Un jardin médiéval ? C’est quoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Avec des légumes d’époque, des conneries comme ça. Des cucurbitacées…<br><strong>Un</strong> – Des cucurbitacées… Alors c’est ça la nouvelle politique agricole commune…?<br><em>Nouvelle contemplation.</em><br><strong>Un</strong> – Ils vont arracher les poteaux électriques…<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi donc ?<br><strong>Un</strong> – Avec les cucurbitacées médiévales, ça va jurer.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Au Moyen Âge, y’avait pas de poteaux électriques. Y’en avait déjà pas du temps de ton arrière-grand-père.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – C’est pas les poteaux qui amènent l’électricité jusqu’à ta ferme ?<br><strong>Deux</strong> – Je pense bien, oui… J’ai eu assez de mal à convaincre EDF de me les remettre debout après la grande tempête de l’an deux mille.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – J’ai comme l’impression que tu vas bientôt retourner au Moyen Âge, toi aussi… Ils ne t’ont pas encore envoyé le costume, non ?<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Autodérision</title>
		<link>https://sketchotheque.net/autoderision/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 09:38:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Nom]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=418</guid>

					<description><![CDATA[<p>Autodérision, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/autoderision/">Autodérision</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages regardant quelque chose devant eux.</em><br><strong>Un</strong> – C’est quoi, comme voiture ?<br><strong>Deux</strong> – Mercedes.<br><strong>Un</strong> – Ah, ouais.<br><strong>Deux</strong> – On m’a piqué l’étoile. Au début je la faisais remettre. Et puis j’ai laissé tomber. On me la pique à chaque fois.<br><strong>Un</strong> – Cette idée de mettre des étoiles même sur les voitures… C’est bien un truc allemand.<br><strong>Deux</strong> – Je me demande bien ce qu’ils en foutent.<br><strong>Un</strong> – Qui ?<br><strong>Deux</strong> – De toutes ces étoiles ! Ils en font la collection, ou quoi ?<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté, il vaut mieux qu’ils vous piquent l’étoile, et qu’ils vous laissent la voiture. Moi, ma bagnole, elle n’avait pas d’étoile. On me l’a volée l’année dernière. Alors j’ai racheté celle-là. D’occase… (<em>Un temps</em>) Et vous en êtes content ?<br>Deux – C’est solide.<br><strong>Un</strong> – C’est pas très beau.<br><strong>Deux</strong> – C’est allemand.<br><strong>Un</strong> – C’est une bonne marque.<br><strong>Deux</strong> – C’est Mercedes.<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – On sait ce qu’on achète.<br><strong>Un</strong> – Et on sait ce qu’on a.<br><strong>Deux</strong> – La qualité allemande, quoi. (<em>Un temps</em>) Et la vôtre, c’est quoi ?<br><strong>Un</strong> – Je n’ai jamais su.<br><strong>Deux</strong> – Pardon ?<br><strong>Un</strong> – Le type à qui je l’ai achetée m’a dit que c’était une Renault. C’était pas marqué dessus. Mais au garage, ils m’ont dit que non.<br><strong>Deux</strong> – Mais alors qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Un</strong> – Ils ne savent pas.<br><strong>Deux</strong> – Merde !<br><strong>Un</strong> – Sinon, elle marche bien. Une vidange de temps en temps. Heureusement, parce que pour les pièces détachées… Quand on ne connaît pas la marque.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais…<br><strong>Un</strong> – Ouais… C’est une voiture née de marque inconnue, quoi. On m’a dit qu’elle avait peut-être été fabriquée dans un pays de l’Est. Ou en Chine. En Israël peut-être. Par un fabriquant qui aurait disparu depuis. Ou qui aurait changé de nom. Comme les Juifs pendant la guerre, voyez ?<br><strong>Deux</strong> – Mais qu’est-ce qui est marqué sur la carte grise ?<br><strong>Un</strong> – Renault.<br><strong>Deux</strong> – Mais c’en est pas une…<br><strong>Un</strong> – Fallait bien lui donner un nom. Un état civil, comme qui dirait. La faire adopter, quoi. Parce que sinon, elle est en règle, et tout. C’est une voiture, hein ! Enfin, ça roule quoi. C’est juste qu’elle est de marque inconnue.<br><strong>Deux</strong> – Et elle date de quand ?<br><strong>Un</strong> – Ben, on ne sait pas trop non plus. Une trentaine d’années, peut-être. Avant la chute du mur, en tout cas.<br><strong>Deux</strong> – Quel mur ?<br><strong>Un</strong> – Ben on ne sait pas, justement. Le mur de Berlin, peut-être. Ou la grande muraille de Chine. Allez savoir…<br><strong>Deux</strong> – La grande muraille de Chine s’est écroulée ?<br><strong>Un</strong> – Faudrait faire une datation. Au carbone 14. Directement à la sortie du tuyau d’échappement.<br><strong>Deux</strong> – Elle n’a pas de pot catalytique…<br><strong>Un</strong> – Pas de ceintures de sécurité, non plus, vous pensez bien. Mais comme c’est considéré comme une voiture de collection, j’ai le droit de rouler avec quand même. Sinon, c’est une bonne voiture.<br><strong>Deux</strong> – Et elle marche à quoi ?<br><strong>Un</strong> – Moi, j’y mets du fioul domestique. Mais peut-être que ça marcherait avec autre chose. Je n’ai jamais essayé.<br><strong>Deux</strong> – Merde…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et la vôtre, vous êtes vraiment sûr que c’est une Mercedes ?<br><em>L’autre le regarde un peu inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Non, je veux dire, comme il n’y a pas l’étoile…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Vous avez les papiers, au moins ?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Compteur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/compteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:59:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=415</guid>

					<description><![CDATA[<p>Compteur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/compteur/">Compteur</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage est là, debout mais courbé. On sonne. Il va ouvrir, toujours courbé.</em><br><strong>Deux</strong> (<em>off</em>) – Bonjour ! C’est pour les compteurs.<br><strong>Un</strong> – Entrez, je vous attendais.<br><em>Le deuxième apparaît, courbé lui aussi.</em><br><strong>Un</strong> – C’est par là, suivez-moi. Faites attention, le plafond est très bas.<br><strong>Deux</strong> – Ne vous inquiétez pas, j’ai l’habitude.<br><em>Le deuxième suit le premier jusqu’à un endroit de la scène.</em><br><strong>Un</strong> – Voilà, alors là c’est l’eau.<br><em>Le deuxième note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Très bien…<em><br>Le premier repart suivi par le deuxième jusqu’à un autre endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Ça c’est l’électricité…<br><em>Le deuxième note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Parfait…<br><em>Le premier repart suivi par le deuxième jusqu’à un autre endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Là ça doit être le gaz.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<em><br>Le deuxième note le chiffre sur son calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, votre consommation est en baisse ce mois-ci. Il faut dire qu’on a eu un hiver très doux.<br><strong>Un</strong> – Il faut bien que le réchauffement climatique ait quelques avantages quand même…<br><em>Le premier repart suivi par le deuxième vers un dernier endroit.</em><br><strong>Un</strong> – Et voilà le compteur d’oxygène…<br><strong>Deux</strong> – Très bien…<br><em>Le deuxième regarde le compteur avec un air désapprobateur.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, alors là, en revanche, vous avez explosé votre forfait ! (<em>Il se tourne vers l’autre.</em>) Qu’est-ce qui s’est passé, Monsieur Dumortier ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… C’est vrai que j’ai tendance à être un peu essoufflé, en ce moment, quand je fais mon footing… Sur mon tapis roulant…<br><strong>Deux</strong> – Il faut arrêter de faire de l’exercice, Monsieur Dumortier… C’est peut-être bon pour la santé, mais ce n’est pas bon pour le porte-monnaie…<br><strong>Un</strong> – Surtout que l’oxygène a encore augmenté, ce mois-ci…<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez pas une fuite, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne crois pas…<br><em>Il note le chiffre sur un calepin.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous devriez peut-être rabaisser encore un peu le plafond… Il y aurait moins de déperdition, croyez moi…<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire qu’avec mon dos…<br><strong>Deux</strong> – Ah, c’est vous qui voyez, hein…<br><em>Le deuxième sort un terminal de carte de paiement.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors… Chèque ? Carte bleue ?<br><strong>Un</strong> – C’est-à-dire que… Ça ne pourrait pas attendre un peu ? C’est que ma retraite, elle, elle aurait plutôt tendance à baisser…<br>Deux – Ah, oui, mais Monsieur Dumortier… Vous me mettez dans l’embarras, là…<br><strong>Un</strong> – Je pourrais payer en deux fois…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, mais ça, ce n’est pas possible, Monsieur Dumortier… Vous comprenez, si tout le monde faisait comme vous…<br><em>Le premier ne sait pas quoi répondre. L’autre est visiblement dans l’embarras.</em><br><strong>Deux</strong> – Bon… On va dire que je n’ai pas pu relever les compteurs parce que vous étiez sorti, et je repasse la semaine prochaine, d’accord ?<br><strong>Un</strong> – D’accord… Mais si vous pouviez plutôt repasser dans une quinzaine…<br><strong>Deux</strong> – Monsieur Dumortier… Il ne faut pas exagérer, non plus ! Et puis vous imaginez… Si on était obligé de vous couper l’oxygène, vous savez ce que ça veut dire…<br><strong>Un</strong> – Il ne me resterait plus que le gaz.<br><strong>Deux</strong> – Si vous avez payé la facture…<br><em>Le deuxième donne malgré tout une tape amicale dans le dos du premier pour dédramatiser avant de prendre congé.</em><br><strong>Deux</strong> – Allez, ne vous en faites, Monsieur Dumortier… Je repasse le mois prochain, d’accord ? Mais c’est la dernière fois, hein ?<br><strong>Un</strong> – Merci…<br><strong>Deux</strong> – Et d’ici, là, fini l’exercice ! Et puis essayez de ne pas respirer aussi souvent, bon sang ! Je ne sais pas moi… Une fois sur deux, c’est largement suffisant, non ? Quand on a des problèmes de fin de mois, il faut savoir se serrer un peu la ceinture… Il suffit de remonter la ceinture au niveau des poumons…<br><em>Le premier lui répond par un sourire résigné, et s’apprête à le raccompagner à la porte.</em><br><strong>Un</strong> – Pas la peine de me raccompagner, je connais le chemin. Et autant économiser votre souffle…<br><em>L’autre s’arrête et ils se serrent la main.</em><br><strong>Deux</strong> – Allez, au revoir, Monsieur Dumortier… Et pensez à ce que je vous ai dit… Un plafond rabaissé de trente centimètres, c’est dix pour cent de consommation d’oxygène en moins… Vous n’avez pas écouté notre dernière campagne d’information à la télé ?<br>Un – Merci… (<em>Le deuxième s’en va, et le premier reste seul</em>.) Je crois que je ferai mieux d’éteindre aussi la lumière…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>La fin</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-fin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 13:55:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de scène]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fin, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de scène' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages arrivent.</em><br><strong>Un</strong> – Et voilà. C’est déjà la dernière scène.<br><strong>Deux</strong> – Oui. C’était court, cette pièce, non ?<br><strong>Un</strong> – Au moins, on n’aura pas eu le temps de s’emmerder.<br><strong>Deux</strong> – Bon. Maintenant, il faut que les gens comprennent que c’est fini, et que c’est le moment de s’en aller.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut faire pour qu’ils comprennent que c’est fini ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Il sort et revient avec une pancarte sur laquelle on lit « C’est fini ».</em><br><strong>Un</strong> – Au moins, là, il n’y a pas d’ambigüité. Non, parce que c’est terrible, ces pièces où le régisseur est obligé d’applaudir à la fin pour que tout le monde comprenne que c’est fini.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><em>Ils sortent. Le régisseur applaudit. Avec un peu de chance, les spectateurs applaudissent aussi. Les comédiens reviennent. Puis sortent. L’un d’eux brandit sans qu’on le voit depuis les coulisses une pancarte sur laquelle on lit : rappel.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized is-style-default" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--40);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--40);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p class="has-text-align-left">Sketch extrait du recueil <em>Brèves de scène</em><br><a href="https://jeanpierremartinez.net/breves-de-scene/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="157" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp" alt="Couverture de Brèves de scène" class="wp-image-87" style="width:207px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-1024x536.webp 1024w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-768x402.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Cours dramatique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/cours-dramatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 13:38:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de scène]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cours dramatique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de scène' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, côte à côte, regardant droit devant eux.</em><br><strong>Un</strong> – T’avais déjà pris des cours de théâtre, toi, avant ?<br><strong>Deux</strong> – Non. C’est la première fois.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu penses du prof ?<br><strong>Deux</strong> – Il se prend un peu pour Dieu, non ?<br><strong>Un</strong> – Ouais…<br><em>Silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment qu’on a besoin de prendre des cours ?<br><strong>Un</strong> – Il y a plein de grands comédiens qui n’ont jamais mis les pieds dans une école d’art dramatique.<br><strong>Deux</strong> – Oui. Surtout quand leurs parents étaient déjà comédiens.<br><strong>Un</strong> – Il faut croire que le talent, c’est héréditaire.<br><strong>Deux</strong> – Ils sont comédiens, tes parents, à toi ?<br><strong>Un</strong> – Non. Ils sont profs. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ils sont charcutiers.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – On va quand même y retourner.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – Au pire on finira profs de théâtre.<br><strong>Deux</strong> – Ou charcutiers…<br><em>Noir.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized is-style-default" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--40);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--40);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p class="has-text-align-left">Sketch extrait du recueil <em>Brèves de scène</em><br><a href="https://jeanpierremartinez.net/breves-de-scene/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="157" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp" alt="Couverture de Brèves de scène" class="wp-image-87" style="width:207px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-1024x536.webp 1024w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-768x402.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La grande famille du théâtre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-grande-famille-du-theatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Mar 2025 13:32:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Au théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de scène]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Public]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=325</guid>

					<description><![CDATA[<p>La grande famille du théâtre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de scène' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, côte à côte, regardant droit devant eux. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Tu connais la différence entre le théâtre subventionné et le théâtre privé ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Dans un théâtre privé, tous les spectateurs dans la salle connaissent les noms de chacun des acteurs sur la scène.<br><strong>Deux</strong> – Et dans un théâtre subventionné ?<br><strong>Un</strong> – Tous les acteurs sur la scène connaissent les noms de chacun des spectateurs dans la salle.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et le théâtre amateur ?<br><strong>Un</strong> – Tous les spectateurs dans la salle ont un lien de parenté avec les acteurs sur la scène.<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être ça qu’on appelle la grande famille du théâtre.<br><em>Noir.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized is-style-default" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--40);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--40);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p class="has-text-align-left">Sketch extrait du recueil <em>Brèves de scène</em><br><a href="https://jeanpierremartinez.net/breves-de-scene/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="157" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp" alt="Couverture de Brèves de scène" class="wp-image-87" style="width:207px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-300x157.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-1024x536.webp 1024w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini-768x402.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/breves_scene_mini.webp 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p></p>
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