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	<title>Archives des Dramatique - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Dramatique - La Sketchothèque</title>
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		<title>Lève-toi et marche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/leve-toi-et-marche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Apr 2025 13:25:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
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		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sketch de Jean-Pierre Martinez Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est couché dans le lit, en pyjama rayé. Il dort. Entre une femme qui pourrait être sa mère (vêtements vieillots, absence de maquillage, démarche peu dynamique). Elle s’approche du lit.</em><br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure… (<em>Comme il ne répond pas, elle hausse le ton en le secouant énergiquement</em>.) C’est l’heure !<br><em>L’homme se réveille en sursaut et la regarde, un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Maman ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’heure, mon grand.<br><strong>Homme</strong> – L’heure ? Quelle heure ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas. Mais c’est l’heure.<br><strong>Homme</strong> – Mais enfin… L’heure de quoi ?<br><em>Il fait un effort pour se relever, avant de s’interrompre pour reprendre des forces.</em><br><strong>Femme</strong> – Allez, fainéant ! Fais un effort, bon sang ! Lève-toi et marche !<br><em>Il reprend un peu ses esprits.</em><br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part.<br><strong>Femme</strong> – Malheureusement, il faut que je te le répète tous les matins. (<em>L’homme regarde sa mère avec un air étonné.</em>) Ça va ? Tu as l’air bizarre…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui me dis ça ? Écoute maman, ne le prends pas mal, mais…<br><strong>Femme</strong> – Quoi ?<br><strong>Homme</strong> – Je te croyais morte…<br><strong>Femme</strong> – Mais… je le suis.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je me disais bien aussi que tu avais quelque chose de changé.<br><strong>Femme</strong> (<em>avec un air pincé</em>) – Ah oui ?<br><strong>Homme</strong> – Non mais… en mieux, je t’assure ! Et papa ?<br><strong>Femme</strong> – Il est mort aussi. Et toi, tu es sûr que tu n’es pas mort ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne crois pas…<br><strong>Femme</strong> – Donc tu n’es pas sûr.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que quand on est mort, on le sait, non ?<br><strong>Femme</strong> – Oh, ça… Tu manges bien, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Pourquoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu manges, c’est que tu n’es pas mort.<br><em>Elle fouille dans la poche de son manteau, et en sort une pomme, qu’elle lui tend.</em><br><strong>Femme</strong> – Tiens, je t’ai apporté ça.<br><em>Il prend la pomme avec une certaine méfiance.</em><br><strong>Homme</strong> – Une pomme… Comme la sorcière dans Blanche-Neige…<br><strong>Femme</strong> – Tu te prends pour Blanche-Neige ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie, c’est tout.<br><strong>Femme</strong> – Tu te méfies de ta propre mère ?<br><strong>Homme</strong> – Je te rappelle que tu es censée être morte.<br><strong>Femme</strong> – Tu me prends pour une sorcière, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Je me méfie de l’eau qui dort. Alors de la mère morte…<br><em>La femme regarde autour d’elle.</em><br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas très gai, cet endroit…<br><em>Il semble découvrir à son tour les lieux.</em><br><strong>Homme</strong> – Non… Où est-ce qu’on est ?<br><strong>Femme</strong> – Ça ressemble à un asile d’aliénés.<br><strong>Homme</strong> – J’imagine que si j’étais fou, on m’aurait mis une camisole.<br><strong>Femme</strong> – Et ta femme ? Elle vient te voir, de temps en temps ?<br><strong>Homme</strong> – Non… Enfin, je ne me souviens pas bien… Je suis marié ?<br><strong>Femme</strong> – Et tes amis ? Tu as des amis, au moins ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas. Je n’ai vu personne.<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça… Depuis que tu es tout petit… Tu n’as jamais été très populaire…<br><strong>Homme</strong> – Merci… Ça me remonte le moral…<br><strong>Femme</strong> – Même moi, je me demande pourquoi je suis venue. Tu n’es même pas mort !<br><strong>Homme</strong> – Désolé de te décevoir encore une fois.<br><strong>Femme</strong> – Décidément, tu auras tout raté, dans ta vie. (<em>Elle se lève, commence à partir mais se retourne une dernière fois</em>.) Même ton décès.<br><em>Elle sort. Il regarde la pomme. Il croque dedans et repose le reste sur la table de nuit. Il mastique un moment avant d’avaler le morceau.</em><br><strong>Homme</strong> – Donc, je ne suis pas mort…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Même pas mort</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/meme-pas-mort/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="348" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-1609" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/meme-pas-mort-jean-pierre-martinez-bandeau-300x261.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Il était une dernière fois</title>
		<link>https://sketchotheque.net/il-etait-une-derniere-fois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 15:11:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il était une dernière fois, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Il faut s’attendre à tout, dans la vie. Se tenir prêt. Le matin, on se lève. Comme tous les jours. On ne sait jamais si ce ne sera pas le dernier matin du dernier jour de sa vie. Bon, il y a des fois où on peut s’en douter un peu, hein…? Quand on ne se lève même plus, par exemple. Qu’on est atteint d’une longue maladie, une longue maladie qui tire plutôt vers sa fin, voyez, et que l’aumônier de l’hôpital est passé à tout hasard pour vous demander si vous n’aviez vraiment besoin de rien. Là, on se dit que si ce n’est pas pour aujourd’hui, en tout cas, ça ne va pas tarder. Quand on s’apprête à sauter de l’avion en plein vol, en regardant vers le ciel pour ne pas voir en bas, et qu’on imagine ce qui se passerait si le parachute ne s’ouvrait pas. Alors on vérifie une dernière fois que l’anneau n’est pas coincé. Que la toile n’est pas déchirée. Que par mégarde, on ne s’apprête pas à se jeter dans le vide avec son sac de couchage. Même si on n’est pas croyant, on fait son signe de croix au cas où. Ça ne mange pas de pain. Et puis, toute honte bue, on peut toujours décider de ne pas sauter. Rester dans l’avion, sonner l’hôtesse, et commander un whisky. En attendant que l’avion se pose en douceur. Ou qu’on s’écrase. Mais tous ensemble. Quand on est matador, et qu’on s’apprête à tuer six taureaux d’affilée, de cinq à sept. Et si l’un d’eux ne l’entendait pas de cette oreille ? Ni une ni deux, le bœuf qu’il a failli être pourrait se rebiffer. Combien de temps survivra-t-on encore à cette boucherie à ciel ouvert&nbsp;? Depuis la nuit des temps, tuer pour vivre, c’est un métier à risque. Dans le couloir de la mort, quand on entend des bruits de pas derrière la porte, aux petites heures, et que le room service vous apporte sur un plateau le petit déjeuner continental, servi dans de la vaisselle fine, au lieu du jus de chaussette habituel dans un quart en fer blanc. Alors là, on sait qu’il faudra libérer la chambre avant midi, que l’addition ne va pas tarder, et qu’on n’y coupera pas. Quand on saute à l’élastique, et qu’on sait qu’il peut craquer. Quand on craque et qu’on saute sans élastique. Quand on saute avec un préservatif et qu’il craque. Quand on craque et qu’on saute sans préservatif, parce que le pape a dit que non. Que celui qui a déjà péché lui lance la première capote usagée. Quand on se lève le matin, et qu’on ne sait plus pourquoi. Quand on pense qu’à vivre, on n’y survivrait pas. Quand on préfère mourir pour quelque chose, plutôt que de vivre pour rien. Quand on meurt de faim, qu’on ne pèse déjà plus rien, et qu’on ne peut pas faire autrement. Quand on nous a trop souvent dit d’aller nous faire pendre. Oui. Il y a des fois où on peut se douter qu’il n’y aura pas de prochaine fois. Et puis il y a les fois où on ne voit rien venir. Les fois où on s’en va comme on est venu. Par accident. Où on meurt comme on a vécu. Bêtement. Les fois où on décède par hasard. Sans préavis. Où on meurt par erreur. Sans faire-part. Un jour on se lève le matin, et il n’y en aura pas d’autres. Et on ne le sait pas. Il y a des fois où on meurt sans prévenir.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<item>
		<title>Les petites heures</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-petites-heures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 08:05:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Insomnie]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les petites heures, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Les petites heures, vous connaissez ? Un, deux, trois, quatre… À cinq, on serait déjà tiré d’affaire. Il suffirait de patienter un peu en écoutant la radio. Mais on se réveille, et on regarde par la fenêtre. Pas une lueur. On tend l’oreille. Pas un chant d’oiseau. Les diurnes dorment encore, les nocturnes sont déjà couchés. Aucun espoir de lendemain proche. On est au plus profond de l’obscurité, dans la contrée d’aucun homme, la nuit des dormeurs éveillés. Bien sûr, un effort suffirait pour se lever, et marcher. Mais ce serait prématuré. Presque contre nature. Voir la nuit avant d’avoir vu le jour… Alors on doit rebrousser chemin. Repasser la frontière. Revenir là où rien ne peut encore nous atteindre. Où rien ne peut nous attendre. Où personne ne peut nous entendre. L’au-delà est l’en-deçà d’un éternel réversible. Je compte jusqu’à cent. À l’envers. Quatre-vingt dix-neuf, quatre-vingt dix-huit… Espérant qu’avant la fin de ce compte à rebours, j’aurai cessé de compter. Les nuits de grande insomnie, je commence à sept milliards. Six milliards neuf cent quatre-vingt dix neuf millions neuf cent quatre-vingt dix neuf mille neuf cent quatre-vingt dix neuf autres, avant que mon tour vienne dans cette vaste salle d’attente à ciel ouvert qu’est le monde des vivants. Combien de temps pour effeuiller une à une toutes ces existences qui ne sont pas la mienne, pour me reconnaître dans cette foule et trouver mon sommeil ? Une nuit pour savoir qui on est. Ce qui nous distingue des autres. Une vie pour découvrir tout ce qui n’est pas nous. Mourir. Se fondre à nouveau dans l’indistinct. Dormir. Lâcher prise. Avec la peur de se réveiller un autre. Dans une obscurité qui serait un cauchemar sans espoir de matin. Ce qui me tient en vie, qui me tient en éveil, c’est la peur de sombrer par une mauvaise nuit, dans le mauvais sommeil, la fatigue éternelle. L’insomnie est une course immobile contre le temps. Une victoire provisoire. Quatre, trois, deux, un… Suspendues entre la torpeur de la nuit et la brutalité du réveil, les petites heures égrènent le temps compté des insomniaques.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="266" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de monologues de Jean-Pierre Martinez &quot;Comme un poisson dans l'air&quot;" class="wp-image-1483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-comme-un-poisson-dans-l-air-jean-pierre-martinez-300x200.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sans titre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/sans-titre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 07:45:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comme un poisson dans l'air]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Monologue]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1539</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sans titre, monologue de Jean-Pierre Martinez, extrait du recueil 'Comme un poisson dans l'air'</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Monologue de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p>Il y a quelqu’un ? Non… Alors vous êtes comme moi. Vous non plus, vous n’avez pas vraiment réussi à devenir quelqu’un. Être le fils de personne, ça va encore. Certains sont même devenus très célèbres. Il y a des précédents. Mais qui se souvient encore des parents du fils de personne ? Personne. Moi, depuis que je suis arrivé au monde, on m’a toujours dit : si tu veux devenir quelqu’un, dans la vie, il ne faut pas faire n’importe quoi. Et croyez-moi, tous ceux qui m’ont dit ça, ça n’était pas n’importe qui. Alors j’ai essayé de faire quelque chose de moi. Pour devenir quelqu’un, comme eux. Mais je ne suis arrivé à rien, je le sais bien. Je n’ai jamais su quoi faire de ma peau. Je ne suis qu’un numéro, comme on dit. Un drôle de numéro, même, à ce que disent certains. Je n’ai pas dû faire ce qu’il faut. Alors je fais ce que je peux. Je fais mon numéro, justement. Je suis un comique, comme ils disent : Oh, celui-là, c’est un comique ! Est-ce qu’un comique peut vraiment devenir quelqu’un ? Pour ça, il faudrait qu’on le prenne au sérieux… Mais même moi, je n’arrive pas à me prendre au sérieux. Mon médecin, quand je vais le voir pour un arrêt maladie, il me répète toujours : Arrêtez de jouer la comédie ! Sans parler de mon banquier qui me prend pour un clown. Est-ce que vous prêteriez de l’argent à un clown, vous ? qu’il me dit tout le temps. Surtout à taux zéro… Quand on prête à rire, on n’est pas sûr d’être remboursé, c’est sûr… C’est pour ça que les comiques finissent rarement propriétaires de leur dernière demeure. Moi non plus, je n’ai pas de chez moi. Il paraît même que j’ai l’air de ne pas savoir où j’habite. Si encore j’avais rencontré quelqu’un dans la vie. Tu devrais essayer de rencontrer quelqu’un, comme ils disent. Mais si vous croyez que c’est facile de nouer une relation sérieuse avec une personne qui ne sait même pas où elle habite. Je ne demandais pourtant pas grand-chose. Pas forcément quelqu’un de… Si au moins j’avais tiré le bon numéro. Mais non. Je n’ai tiré que de sacrés numéros, croyez-moi. Aucune relation stable. Quelques intermittentes parfois. Beaucoup de faux numéros. Mais jamais le numéro complémentaire. Alors le numéro gagnant… Et maintenant, c’est trop tard, hein ? Je n’en ai plus pour longtemps, je le sais. Et je sais bien qu’après ma disparition, personne ne dira : celui-là, c’était quelqu’un. Est-ce qu’on peut même parler de disparition s’agissant d’une personne qui n’a jamais réussi à devenir quelqu’un ? Non, à mon enterrement, on dira : celui-là, c’était un comique. S’il y a quelqu’un à mon enterrement, bien sûr. Vous avez remarqué, à l’enterrement des gens célèbres, il y a toujours une foule d’anonymes, comme ils disent dans les journaux. La foule des anonymes… Mais sur la tombe des inconnus, il n’y a jamais personne. Et surtout pas des célébrités. Ou alors, il faut être soldat sans papier, mourir au champ d’honneur, et avoir beaucoup de chance à titre posthume. Non, en temps de paix, il ne faut pas rêver. Personne ne ranimera jamais la flamme de tous les morts qui n’ont jamais réussi à devenir quelqu’un de leur vivant…</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/">Comme un poisson dans l&rsquo;air</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/comme-un-poisson-dans-lair/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Revanche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/revanche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 15:49:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1521</guid>

					<description><![CDATA[<p>Revanche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre arrive (également de sexe indifférent).<br></em><strong>Un</strong> – Salut !<br><strong>Deux</strong> – Salut…<br><strong>Un</strong> – Tu viens pour le casting ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – C’est un très beau rôle, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Le genre de rôle qui peut relancer une carrière…<br><strong>Deux</strong> – Relancer…? C’est pour moi que tu dis ça ?<br><strong>Un</strong> – Ça fait un moment qu’on ne t’a plus vu sur les écrans, non ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai surtout fait du théâtre ces derniers temps.<br><strong>Un</strong> – Et de la pub ! Ça me revient, maintenant, je t’ai vu dans ce spot pour les fauteuils monte-escalier.<br><strong>Deux</strong> – C’était pour les appareils auditifs.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu ne te souviens vraiment pas de moi ?<br><strong>Deux</strong> – Je devrais ?<br><strong>Un</strong> – On a participé à un casting ensemble il y a… Enfin on était jeunes à l’époque.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – C’était pour un téléfilm. L’histoire d’un salaud qui tue sa femme pour hériter de son assurance-vie, et qui se débrouille pour que son meilleur ami soit accusé du crime.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui.<br><strong>Un</strong> – C’est toi qui avais eu le rôle. Tu devais être plus convaincant que moi pour jouer les salopards.<br><strong>Deux</strong> – Ouais.<br><strong>Un</strong> – C’est ça qui avait lancé ta carrière, d’ailleurs.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai.<br><strong>Un</strong> – À quoi ça tient, hein ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – À cette époque-là, si c’est moi qui avais été retenu pour le rôle et pas toi. Ce serait peut-être moi la vedette aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Une vedette un peu has been, mais bon.<br><strong>Deux</strong> – Merci… Mais tu sais, je ne crois pas trop au hasard.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Peut-être que j’avais déjà plus de talent que toi en ce temps-là, c’est tout.<br><strong>Un</strong> – Ouais… Ou peut-être que tu couchais avec la productrice.<br><em>L’autre encaisse la remarque.</em><br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Tu viens pour le casting du premier rôle, toi aussi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Deux</strong> – Un second rôle, alors ?<br><strong>Un </strong>– Non plus.<br><strong>Deux</strong> – Une figuration ?<br><strong>Un</strong> – Je suis le producteur.<br><em>L’autre accuse à nouveau le coup.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – Comme je n’arrivais jamais à coucher avec la productrice pour avoir des rôles, j’ai décidé de devenir producteur.<br><strong>Deux</strong> – Ah, ouais ?<br><strong>Un</strong> – Pour coucher, je n’avais pas le physique.<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><strong>Un</strong> – Mais rassure-toi, moi je ne demande pas aux acteurs de coucher avec moi pour avoir le rôle.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><strong>Un</strong> – Non, je prends juste ceux qui ont du talent, tu vois<br><strong>Deux</strong> – Je vois.<br><strong>Un</strong> – Mais ça je ne sais pas si ça doit vraiment te rassurer…<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Non, je ne t’avais pas reconnu tout à l’heure, mais… Oui, je me souviens maintenant.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Deux</strong> – Paul, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Pierre.<br><strong>Deux</strong> – C’est ça. Pierre. Mais on s’était revus, non ?<br><strong>Un</strong> – Je t’avais laissé mon numéro. Mais tu ne m’as jamais rappelé.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ?<br><strong>Un</strong> – Tu m’avais emprunté cinquante euros pour prendre un taxi.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… J’ai dû perdre ton numéro.<br><strong>Un</strong> – Sûrement…<br><strong>Deux</strong> – Non mais je te les rends tout de suite, si tu veux.<br><strong>Un</strong> – Allez, c’est cadeau. Maintenant, je n’en ai plus besoin.<br><strong>Deux</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Un</strong> – Garde tes cinquante euros… Tu boiras un verre à ma santé. En mémoire du bon vieux temps.<br><strong>Deux</strong> – Je te laisserai mon numéro. On peut boire un verre ensemble, non ? Je t’invite…<br><strong>Un</strong> – À tout à l’heure pour le casting.<br><strong>Deux</strong> – À tout l’heure…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>La fête des morts</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-fete-des-morts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:07:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Automobiliste]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Champagne]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fête des morts, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une tombe, avec un portrait du défunt et une plaque « À la mémoire de Jacky ». Par terre un vieux journal. Deux personnages arrivent l’un après l’autre, chacun avec un pot de fleurs, qu’ils déposent maladroitement devant la tombe. Ils semblent ne pas se connaître, et ils ont l’air embarrassés. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Toutes mes condoléances.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes de la famille, sans doute…?<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, pas vraiment. Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Moi non plus.<br><em>Ils regardent autour d’eux pour vérifier qu’ils sont bien seuls.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être en avance.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Ou en retard.<br><strong>Un</strong> – C’est étonnant qu’on soit si peu nombreux.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant… c’était quelqu’un de très apprécié.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez ? Enfin, je veux dire… vous le connaissiez bien ?<br><strong>Un</strong> – Pas plus que ça, en fait… Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Moi non plus. D’ailleurs, je vous avoue que je ne sais pas très bien ce que je fais là.<br><strong>Un</strong> – C’est toujours un peu ce qu’on se dit quand on assiste à un enterrement, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On vient pour faire plaisir et puis… on finit par se demander ce qu’on fait là.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, je m’étais bien juré de ne plus assister à aucun enterrement.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi… Sauf le mien, évidemment.<br><strong>Un</strong> – On a quand même bien fait de venir… sinon il n’y aurait eu personne.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est bien triste…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas un âge pour mourir, c’est sûr.<br><strong>Deux</strong> – Il avait quel âge, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Exactement… je ne sais pas. Mais il n’était pas si vieux que ça, non ? D’après sa photo, en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être une vieille photo.<br><strong>Un</strong> – Peut-être… Vous avez remarqué ? Quand on met une photo sur une tombe, en général, on choisit une photo du défunt quand il était encore jeune et en bonne santé.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Une photo de lui avant sa maladie ou… son accident.<br><strong>Un</strong> – Ou… sa décrépitude.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs, il est mort de quoi, au juste ?<br><strong>Un</strong> – Ah, je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Ce qu’on sait, c’est qu’il est mort.<br><strong>Un</strong> – C’est même la seule chose qu’on sait de lui avec certitude.<br><em>Silence</em>.<br>Deux – Elles sont très belles, vos fleurs.<br><strong>Un</strong> – Les vôtres aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ce sont les mêmes, non ?<br><strong>Un</strong> – On a dû les trouver au même endroit.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – J’ai trouvé les miennes sur une tombe, pas très loin d’ici. Je n’avais pas pensé à acheter des fleurs alors… j’ai pris celles-ci en passant.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Pareil. Je n’avais pas d’argent sur moi… Je les ai ramassées sur une tombe, un peu plus loin, là-bas.<br><strong>Un</strong> – Les fleurs, c’est devenu tellement cher, de nos jours.<br><strong>Deux</strong> – Et puis bon, celui à qui on les a volées n’ira pas se plaindre à la police.<br><em>Le regard de l’autre tombe sur le journal, par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas ce qu’il fait là, ce journal… Ils auraient pu le ramasser…<br><em>Il ramasse le journal et regarde la une.</em><br><strong>Deux</strong> – Il n’est pas très bien entretenu, ce cimetière. Je ne sais pas s’il y a un gardien. N’importe qui peut voler des fleurs sur la tombe d’un inconnu.<br><strong>Un</strong> – Tiens c’est curieux, il y a sa photo en première page…<br><strong>Deux</strong> – Sa photo ?<br><strong>Un</strong> – C’est au sujet de sa disparition…<br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Il est mort comment ?<br><em>L’autre parcourt l’article.</em><br><strong>Un</strong> – Un carambolage, apparemment.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Il avait trois grammes d’alcool dans le sang, il roulait trop vite, il a franchi une ligne jaune, et il a pris de plein fouet la voiture qui venait en face.<br><strong>Deux</strong> – Ah merde.<br><strong>Un</strong> – Celle qui venait juste derrière n’a pas eu le temps de freiner non plus.<br><strong>Deux</strong> – Plusieurs victimes, donc…<br><strong>Un</strong> – Avec lui, ça fait trois.<br><strong>Deux</strong> – Tout ça à cause d’un chauffard…<br><strong>Un</strong> – Si j’avais su… je ne suis pas sûr que je serais venu.<br><strong>Deux</strong> – Non, moi non plus…<br><strong>Un</strong> – Mais est-ce qu’on avait le choix ?<br><em>Ils échangent un regard énigmatique. Nouveau silence. Un troisième personnage apparaît.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah… voilà quelqu’un d’autre.<br><strong>Un</strong> – La famille, sans doute.<br><em>Le troisième personnage s’approche. C’est celui dont on voit le portrait sur la tombe.</em><br><strong>Deux</strong> – Ça doit être son frère, il lui ressemble un peu.<br><strong>Trois</strong> – Bonjour… Merci d’être là… Enfin, je veux dire…<br><strong>Deux</strong> – Non, non… C’est normal.<br><em>Ils se recueillent un instant en silence.</em><br><strong>Trois</strong> – Vous ne m’en voulez pas trop, j’espère…<br><em>Les deux autres échangent un regard étonné.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi est-ce qu’on vous en voudrait ? Ce n’est pas vous qui l’avez tué, j’imagine…<br><strong>Trois</strong> – Non bien sûr… Encore que, d’une certaine façon…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…?<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, merci pour les fleurs.<br><strong>Deux</strong> – Il n’y a pas de quoi, je vous assure…<br><strong>Un</strong> – C’est la moindre des choses… (<em>Un temps</em>) Vous êtes… Enfin vous étiez…<br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez bien…?<br><em>Le troisième personnage semble un peu surpris.</em><br><strong>Trois</strong> – Oui, on peut dire ça.<br><strong>Deux</strong> – C’est vraiment trop bête de partir comme ça… Aussi jeune…<br><strong>Trois</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler des deux autres victimes, qui n’avaient rien demandé à personne.<br><strong>Deux</strong> – L’alcool au volant, quel fléau… On ne le dira jamais assez…<br><em>Malaise</em>.<br><strong>Trois</strong> – Enfin, maintenant, on ne peut rien y changer, alors à quoi bon se lamenter ? (<em>Un temps</em>) Je vous sers quelque chose ?<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Trois</strong> – Un rafraîchissement ? Une coupette…<br><em>Moment de flottement.</em><br><strong>Deux</strong> – Va pour une coupette. Après tout, ça nous remontera un peu le moral…<br><strong>Trois</strong> – Et puis maintenant, qu’est-ce qu’on risque ?<br><em>Le troisième personnage repart.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas…? Ça se fait de boire un verre à la santé du défunt, non ?<br><strong>Deux</strong> – Vous voulez dire à sa mémoire, sans doute. Parce que boire à la santé d’un mort…<br><strong>Un</strong> – Oui, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Et puis généralement, on ne trinque pas directement sur sa tombe, si ?<br><strong>Un</strong> – Je crois qu’ils font ça, au Mexique, le jour de la Fête des Morts.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… mais on n’est pas au Mexique.<br><strong>Un</strong> – Et puis ce n’est pas la Fête des Morts.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Que ce n’est pas la Fête des Morts.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, on n’est pas au Mexique… Si…?<br><em>Silence. Le troisième revient avec trois coupes de champagne sur un plateau, qu’il tend aux autres avec un large sourire. Il tient dans l’autre main une bouteille de champagne, qu’il pose sur la tombe.</em><br><strong>Trois</strong> – Allez-y, je vous en prie…<br><em>Chacun prend une coupe.</em><br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><em>Ils semblent tous un peu embarrassés.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors à la mémoire de… (<em>Vérifiant sur la plaque</em>) Jacky.<br><strong>Trois</strong> – C’est ça.<br><em>Ils lèvent leurs verres, avant de les vider.</em><br><strong>Deux</strong> – Il est bien frais.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est du bon.<br><em>Le deuxième saisit la bouteille et regarde l’étiquette, intrigué.</em><br><strong>Deux</strong> – Madame Clicquot…?<br><strong>Trois</strong> – Ici, les veuves, ça n’existe plus… Au cimetière, tous les couples finissent par se retrouver un jour ou l’autre.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><em>Moment de flottement. Ils boivent à nouveau.</em><br><strong>Trois</strong> – Ce serait encore meilleur avec des canapés, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ne vous dérangez pas, on va rester debout.<br><em>Un instant déconcerté, le troisième affiche ensuite un large sourire.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui ! Non, je voulais dire, des canapés…<br><strong>Deux</strong> – Oui, j’avais compris… Je plaisantais…<br><strong>Trois</strong> – Je vais les chercher…<br><em>Le troisième sort à nouveau, en emportant le plateau.</em><br><strong>Un</strong> – Des canapés… C’est dingue, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’il a voulu dire avec son histoire de veuve ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est sympa, cet enterrement, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, ça ressemble un peu à un barbecue entre amis.<br><strong>Un</strong> – Sauf que personne ne se connaît.<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas bien compris qui c’était… Je veux dire, par rapport au défunt.<br><em>Nouveau silence. Il regarde la tombe, et donc le portrait.</em><br><strong>Un</strong> – Il lui ressemble un peu, non ?<br><strong>Deux</strong> – Je dirais même qu’il lui ressemble beaucoup…<br><strong>Un</strong> – Vous croyez que c’est lui ?<br><strong>Deux</strong> – Comment ça pourrait être lui ? Il est mort…<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><em>Le troisième revient avec cette fois des canapés sur son plateau.</em><br><strong>Trois</strong> – Et voilà ! Je vous en prie, servez-vous…<br><strong>Un</strong> – Merci.<br><em>Ils se servent chacun leur tour.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois que je vais goûter celui-là.<br><strong>Un</strong> – Oui, ils sont très bons.<br><strong>Deux</strong> – Et puis c’est original, ces canapés, en forme de…<br><strong>Un</strong> – En forme de cercueils.<br><strong>Trois</strong> – Je me suis dit que pour cette occasion…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>Ils mâchent leurs canapés.</em><br><strong>Un</strong> – Ça donne soif…<br><strong>Trois</strong> – Je vais chercher sa petite sœur…<br><strong>Deux</strong> – Sa petite sœur ?<br><strong>Trois</strong> – Une autre bouteille !<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><em>Il sort à nouveau. Les autres regardent le portrait.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est vraiment lui, non ?<br><strong>Un </strong>– On dirait bien.<br><strong>Deux</strong> – Alors il ne serait pas mort ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ou alors, c’est qu’on est morts aussi.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>Ils échangent un regard embarrassé.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi un instant… (<em>Il s’éloigne un moment et revient</em>) C’est dingue…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Il y a la mienne aussi…<br><strong>Deux</strong> – La vôtre ?<br><strong>Un</strong> – Ma tombe.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – Il y a mon nom gravé sur la pierre tombale.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Et puis il y a mon portrait. Quand j’étais plus jeune…<br><strong>Deux</strong> – C’est laquelle ?<br><em>L’autre lui désigne une tombe du doigt.</em><br><strong>Un</strong> – C’est la tombe sur laquelle j’ai pris ce pot de fleurs. Je n’avais pas fait attention…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas… il y a sûrement la mienne aussi.<br><strong>Un</strong> – Possible… (<em>Un temps</em>) Donc, ce n’est pas… un pot de départ.<br><strong>Deux</strong> – Ce serait plutôt un pot de bienvenue.<br><strong>Un</strong> – Pour ne pas dire une pendaison de crémaillère.<br><em>Silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous vous en souvenez, vous ?<br><strong>Un</strong> – De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Comment on est morts…<br><strong>Un</strong> – Je ne suis pas sûr, mais…<br><em>Il reprend le journal et regarde à nouveau l’article.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’il y a ?<br><strong>Un</strong> – Il y a une photo de l’accident.<br><strong>Deux</strong> – Et alors  ?<br><strong>Un</strong> – Les bagnoles ne sont plus que des tas de ferraille mais… je me demande si je ne reconnais pas ma Twingo rouge, là…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir… (<em>Il prend le journal et regarde</em>) Ah oui… je n’aurais pas reconnu la mienne, mais… c’est bien ma plaque d’immatriculation.<br><strong>Un</strong> – Alors dans les voitures d’en face, c’était nous…<br><strong>Deux</strong> – Apparemment…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et il espère se faire pardonner avec son champagne Madame Clicquot…<br><strong>Deux</strong> – Et ses petits fours en forme de cercueils.<br><strong>Un</strong> – Il ne manque pas de culot…<br><strong>Deux</strong> – Je vais le tuer.<br><strong>Un</strong> – Il est déjà mort.<br><strong>Deux</strong> – Et nous aussi…<br><em>Le troisième revient, un large sourire sur les lèvres, et une autre bouteille de champagne à la main.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vous ressers ?<br><em>Les deux autres lui lancent un regard assassin.</em><br><em><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Faire-part</title>
		<link>https://sketchotheque.net/faire-part/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 12:55:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Facteur]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Lettre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1322</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire-part, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme est en scène, désœuvrée. Éventuellement, en musique de fond, La Lettre à Élise. On sonne trois fois. Elle va ouvrir. Un facteur entre.<br></em><strong>Denise</strong> – Je savais que c’était vous.<br><strong>Facteur</strong> – Le facteur sonne toujours trois fois !<br><strong>Denise</strong> – Je n’ouvre pas la porte à tout le monde, vous savez. Avec tout ce qu’on voit maintenant…<br><strong>Facteur</strong> – J’ai une petite lettre pour vous, Denise. (<em>Il fouille dans sa besace et en extirpe une missive qu’il lui tend</em>) Et voilà ! La lettre à Denise…<br><strong>Denise</strong> (<em>prenant la lettre</em>) – Pour une fois que ce n’est pas une facture… Un petit ballon, comme d’habitude ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez ! Les ballons, je préfère les siffler que d’avoir à souffler dedans…<br><em>Elle place une bouteille et un verre devant lui.</em><br><strong>Denise</strong> – Servez-vous. Vous connaissez la maison.<br><em>Pendant qu’il se sert, elle jette un regard à l’adresse, et se décompose.</em><br><strong>Denise</strong> – C’est l’écriture de ma mère…<br><strong>Facteur</strong> – En même temps, si elle vous écrit… C’est qu’elle n’est pas morte, pas vrai ?<br><em>Denise ouvre la lettre fébrilement et la parcourt.</em><br><strong>Denise</strong> – Oh, mon Dieu… !<br><strong>Facteur</strong> – Elle est morte ?<br><strong>Denise</strong> – C’est plus grave que ça…<br><strong>Facteur</strong> – Plus grave ?<br><strong>Denise</strong> – Elle m’interdit de venir à son enterrement !<br><strong>Facteur</strong> – Mais… elle n’est pas morte ?<br><strong>Denise</strong> – Il faut croire qu’elle préfère me le dire avant…<br><strong>Facteur</strong> – Ah oui, remarquez, c’est plus sûr. Ce n’est pas elle qui rédigera le faire-part. C’est vrai que ça ne serait pas banal.<br><strong>Denise</strong> (<em>ailleurs</em>) – Pas banal ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>hilare et déjà un peu bourré</em>) – Vous imaginez ? Mon enterrement aura lieu au cimetière du village, à dix heures précises. Ni fleurs, ni couronnes. Et merci de ne pas venir non plus.<br><em>Denise lui lance un regard incendiaire.</em><br><strong>Denise</strong> – Vous trouvez ça drôle ?<br><strong>Facteur</strong> (<em>se reprenant</em>) – Mais… vous êtes en mauvais termes avec votre mère, sinon ?<br><strong>Denise</strong> – Pourquoi elle m’interdit de venir à son enterrement, à votre avis ?<br><strong>Facteur</strong> – Je ne sais pas, moi… Elle veut peut-être vous éviter cette corvée… C’est vrai que les enterrements, en général…<br><strong>Denise</strong> – Non, c’est la dernière chose qu’elle a trouvé pour me contrarier… Quand j’étais petite, déjà, elle m’interdisait tout… Fais pas ci… Fais pas ça… Ne mets pas les doigts dans ton nez… Ne dis pas de gros mots… Ne mets pas le chat dans la machine à laver… Je n’avais le droit de rien faire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui…<br><strong>Denise</strong> – Alors à dix-huit ans, j’ai quitté la maison… Je ne l’ai jamais revue depuis…<br><strong>Facteur</strong> – La maison… ?<br><strong>Denise</strong> – Ma mère !<br><strong>Facteur</strong> – Eh ben, ce n’est pas très gai tout ça… Tiens, je m’en ressers un… Alors qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Denise</strong> – Je m’étais bien jurée de ne pas aller à son enterrement, de toute façon.<br><strong>Facteur</strong> – Alors comme ça, tout est bien qui finit bien. Enfin, je veux dire… Du coup vous n’y allez pas, et en même temps, vous respectez ses dernières volontés…<br><strong>Denise</strong> – Vous plaisantez ! Ma mère m’interdit d’aller à son enterrement, et je lui obéirais ? Vous vous rendez compte ? Même morte, elle me donnerait encore des ordres ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors vous allez y aller ?<br><strong>Denise</strong> – Je ne sais pas… D’un autre côté, est-ce que ce n’est pas un peu ça qu’elle a en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Ça… ?<br><strong>Denise</strong> – Elle sait bien que le meilleur moyen pour que j’assiste à son enterrement, c’est de me l’interdire…<br><strong>Facteur</strong> – Ah, oui, évidemment.<br><strong>Denise</strong> – Qu’est-ce que vous feriez, vous, à ma place ?<br><strong>Facteur</strong> – Alors là… Moi je m’entends plutôt bien avec ma mère… Surtout depuis qu’elle est morte… Mais la vôtre elle est toujours en vie. Ça vous laisse le temps d’y penser…<br><strong>Denise</strong> – Oui…<br><strong>Facteur</strong> – Elle a quel âge, votre mère ?<br><strong>Denise</strong> – 48 ans.<br><strong>Facteur</strong> – Ah ben alors… Vous avez toute la vie pour y réfléchir…<br><strong>Denise</strong> – Oui… D’ailleurs, je me demande si ce n’est pas un peu ça qu’elle avait en tête…<br><strong>Facteur</strong> – Bon, il va falloir que j’y aille, moi. C’est que j’ai d’autres lettres à porter. J’espère que ce sera des factures, c’est moins compliqué…<br><strong>Denise</strong> – Un petit dernier pour la route ?<br><strong>Facteur</strong> – Allez, mais le dernier alors…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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		<title>Oraison funeste</title>
		<link>https://sketchotheque.net/oraison-funeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:39:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Education]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Pompes funèbres]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vengeance]]></category>
		<category><![CDATA[Cercueil]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Violence]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1296</guid>

					<description><![CDATA[<p>Oraison funeste, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage se recueille devant un cercueil ouvert, à côté duquel trône un vase sur un guéridon. Un autre arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Bonjour… (<em>Hésitant</em>) Tu me reconnais ? Dominique.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui, bien sûr… Ça fait tellement longtemps…<br><strong>Deux</strong> – Dès que j’ai su, je suis venu.<br><strong>Un</strong> – Oui. Moi aussi…<br><strong>Deux</strong> – Je ne l’avais jamais revu depuis le collège. Je ne suis pas sûr que je l’aurais reconnu. Il a changé…<br><strong>Un</strong> – Il est mort…<br><strong>Deux</strong> – C’était un professeur inoubliable.<br><strong>Un</strong> – La preuve. Trente après, on s’en souvient encore.<br><strong>Deux</strong> – Il y a des enseignants, comme ça, qui vous marquent pour la vie.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr…<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr que, sans lui, je me souviendrais encore par cœur de mes déclinaisons allemandes.<br><strong>Un</strong> – C’était un excellent pédagogue…<br><strong>Deux</strong> – Mmm… Un peu sévère peut-être…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Monsieur Furère…<br><strong>Deux</strong> – On l’appelait Adolf.<br><strong>Un</strong> – Ce n’était pas méchant…<br><strong>Deux</strong> – Les enfants sont parfois cruels. C’était pour rire.<br><strong>Un</strong> – C’est sûr qu’avec lui, on ne rigolait pas beaucoup…<br><strong>Deux</strong> – Tu te souviens quand il t’avait cassé un doigt avec sa règle parce qu’il t’avait surpris à te le fourrer dans le nez ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles… Tiens regarde, j’en porte encore la marque. Et toi, quand il t’a suspendu au portemanteau pendant toute l’heure parce que tu avais confondu le datif et le génitif ?<br><strong>Deux</strong> – J’en ai gardé une trace rouge autour du cou…<br><strong>Un</strong> – Comme tu disais, il y a des enseignants qui vous marquent pour la vie.<br><strong>Deux</strong> – Le voir étendu là, comme ça, avec sa petite moustache… Trente ans après…<br><strong>Un</strong> – Ouais… Moi non plus, pour rien au monde, j’aurais manqué ça… Je vis à Madrid, maintenant… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – À Los Angeles.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas tes déclinaisons allemandes qui doivent beaucoup te servir, à toi non plus… Enfin, c’est loin, tout ça.<br><strong>Deux</strong> – Oui. C’était une autre époque…<br><strong>Un</strong> – On ne va pas l’accabler, maintenant qu’il n’est plus là pour se défendre.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison… Dieu ait son âme.<br><em>Silence recueilli.</em><br><strong>Un</strong> – Il n’avait pas les yeux fermés, tout à l’heure…?<br><strong>Deux</strong>&#8211; Je ne sais pas. Oui, peut-être… Il me semble bien, si…<br><strong>Un</strong> – J’ai l’impression qu’il nous regarde…<br><strong>Deux</strong> – Avec le même regard mauvais qu’autrefois…<br><strong>Un</strong> – Et s’il n’était pas vraiment mort…<br><em>Prenant le vase l’autre assène un coup sur le crâne du mort.</em><br><strong>Deux</strong> – Voilà. Maintenant, on est sûr qu’il est mort.<br><strong>Un</strong> – On pourrait avoir des ennuis, non ?<br><strong>Deux</strong> – On ne pouvait pas le laisser risquer de se faire incinérer vivant.<br><strong>Un</strong> – Tu as raison. C’est le dernier service qu’on pouvait lui rendre…<br><strong>Deux</strong> – Il n’aimait pas trop les Juifs, non ?<br><em>Ils s’apprêtent à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – Et sinon, tu en as revu d’autres, du collège ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Dimanche</title>
		<link>https://sketchotheque.net/dimanche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 13:21:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Dimanche]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<category><![CDATA[Télévision]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1246</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dimanche, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, désœuvrés, et qui ont l’air de s’ennuyer.<br></em><strong>Un</strong> – Tu as vu ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Les deux papillons, là, sur le bord de la fenêtre.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Ils sont en train de niquer.<br><strong>Deux</strong> – Bon… Et alors ?<br><strong>Un</strong> – Tu sais combien de temps ça vit un papillon ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Une journée.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – La seule raison d’être du papillon, c’est la reproduction. Un papillon, ça ne pense qu’à niquer. Et il n’a qu’une journée pour ça.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<br><em>Un temps. Ils s’ennuient de plus en plus.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure il est ?<br><strong>Deux</strong> – Dix-huit heures cinquante neuf…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, là ?<br><strong>Un</strong> – À cet instant, là ! À dix-huit heures cinquante-neuf. À ce moment précis. À ce… dimanche après-midi de merde qu’on est en train de passer ensemble.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Non mais ce n’est pas de ta faute. Enfin pas seulement… Je veux dire… tout ça n’a aucun sens, tu ne trouves pas ?<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – On se fait chier ! Tu ne te fais pas chier, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Si…<br><strong>Un</strong> – D’où ma question… Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Tu veux me quitter, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas le problème… Mais ça vaut le coup d’y réfléchir, non ?<br><strong>Deux</strong> – À quoi ?<br><strong>Un</strong> – L’univers a 14 milliards d’années. La Terre environ 4 milliards. La vie est apparue il y a 3 milliards d’années à peu près. Il y a eu les dinosaures, la disparition des dinosaures, l’apparition de l’homme, l’âge de pierre, l’âge de fer, la révolution industrielle, la Révolution tout court, trois guerres mondiales, le premier homme à marcher sur la Lune… Et tout ça pour quoi ? Tu te rends compte ? 3 milliards d’années d’évolution pour en arriver là… Au néant absolu de ce dimanche après-midi à dix-huit heures cinquante neuf en banlieue parisienne… À ce trou noir de toutes les grandes espérances de l’humanité qu’est le Jour du Seigneur pour les serfs que nous sommes.<br><strong>Deux</strong> – Les cerfs ?<br><strong>Un</strong> – Les serfs ! Les ser-FES, si tu préfères… Les serfs, le seigneur… C’est un jeu de mots ! Les prolos, quoi !<br><em>Un temps. Il semble se calmer.</em><br><strong>Deux</strong> – Tu veux qu’on allume la télé ?<br><strong>Un</strong> – Et tout ce que tu me proposes, c’est de regarder Michel Drucker ?<br><em>L’autre actionne une télécommande.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois que même ça, ça ne va pas être possible.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – La télécommande ne marche pas.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai… Fais voir.<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être les piles.<br><strong>Un</strong> – Et on en a pas ?<br><strong>Deux</strong> – Pas de ce modèle-là, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Tu veux que j’aille en acheter ?<br><strong>Deux</strong> – Un dimanche après-midi ?<br><em>Moment d’abattement.</em><br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison, c’est vraiment un dimanche de merde.<br><strong>Un</strong> – Allez, plus qu’une heure à tirer.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi une heure ?<br><strong>Un</strong> – Il est dix-neuf heures, maintenant… Après Michel Drucker, on peut dire que le plus gros est fait.<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Dans une heure on sera sauvés.<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à dimanche prochain, en tout cas.<br><em>Noir.</em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Auteur anonyme</title>
		<link>https://sketchotheque.net/auteur-anonyme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:57:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Maison]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1226</guid>

					<description><![CDATA[<p>Auteur anonyme, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là, debout au milieu de la scène vide, et jette un regard autour d’elle. Il arrive.<br></em><strong>Lui</strong> – Ah, tu es là ! Je te cherchais partout…<br><strong>Elle</strong> – Ça y est, le dernier camion vient de partir avec les derniers cartons.<br><strong>Lui</strong> – Tu as regardé partout ? Il ne reste plus rien dans la maison ?<br><strong>Elle</strong> – Plus rien. À part nos souvenirs…<br><em>Il pose une main sur son épaule.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez… On va s’en fabriquer d’autres !<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr… Mais les projets, ça n’empêche pas la nostalgie.<br><strong>Lui</strong> – Tu regrettes ?<br><strong>Elle</strong> – Non…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens la première fois où on est entrés dans cette maison, pour la visiter ?<br><strong>Elle</strong> – Elle était vide aussi.<br><strong>Lui</strong> – Et entre ces deux vides, on a vécu. On a rempli cette maison. De meubles. De tableaux. D’enfants…<br><strong>Elle</strong> – Et elle nous a remplis. De joie. De bonheur. De souvenirs.<br><strong>Lui</strong> – On les emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – Et on laisse cet endroit presqu’aussi propre qu’on l’a trouvé en entrant.<br><strong>Lui</strong> – Beaucoup plus propre, si tu veux mon avis.<br><strong>Elle</strong> – Qui seront les suivants ? On ne sait rien d’eux.<br><strong>Lui</strong> – Et iIs ne sauront rien de nous.<br><strong>Elle</strong> – Comme nous ne savons rien de ceux qui nous ont précédés ici.<br><strong>Lui</strong> – Les gens passent, les maisons restent.<br><strong>Elle</strong> – Jusqu’à ce que les maisons s’écroulent elles aussi. Ou qu’on les démolisse. Pour construire des immeubles à la place.<br><strong>Lui</strong> – Il y a aussi des maisons hantées par de mauvais souvenirs.<br><strong>Elle</strong> – Oui… Toutes les maisons ont une histoire. Des histoires.<br><strong>Lui</strong> – Comme l’histoire d’un crime, par exemple.<br><strong>Elle</strong> – Un crime ?<br><strong>Lui</strong> – Tous les crimes n’ont pas lieu en plein air, tu sais. La plupart sont perpétrés à domicile. En famille, souvent… Et quand ce crime fait la une des faits divers, la maison devient invendable. J’imagine que parfois, on doit même finir par la démolir, pour en reconstruire une autre à la place. Une maison sans histoire…<br><strong>Elle</strong> – Merci, ça me remonte le moral, ce que tu dis.<br><strong>Lui</strong> – On ne sait pas… Peut-être que cette maison, avant nous, n’a pas abrité que des moments heureux.<br><strong>Elle</strong> – En tout cas, on n’a jamais trouvé de cadavres dans les placards.<br><strong>Lui</strong> – Peut-être que si on avait creusé dans la cave…<br><strong>Elle</strong> – Bon… Ben du coup, je préfère autant qu’on y aille, maintenant.<br><strong>Lui</strong> – Tu vois ? Il suffisait de demander…<br><strong>Elle</strong> – Merci… Je sais que je peux toujours compter sur toi dans les moments difficiles.<br><em>Ils se dirigent vers la sortie. Elle se baisse et ramasse quelque chose par terre.</em><br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Elle</strong> – Un manuscrit, apparemment.<br><strong>Lui</strong> – Un manuscrit ?<br><strong>Elle</strong> – On dirait une pièce de théâtre.<br><strong>Lui</strong> – À quoi tu vois ça ?<br><em>Elle feuillette le manuscrit.</em><br><strong>Elle</strong> – Avec des gens qui parlent, si tu préfères. Pas comme un roman.<br><strong>Lui</strong> – Je vois… Des dialogues…<br><strong>Elle</strong> – Ou alors, c’est le scénario d’un film.<br><strong>Lui</strong> – Ça parle d’un crime ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Lui</strong> – Il avait dû rester coincé derrière un radiateur, et avec le déménagement, il est tombé par terre. Le papier est complètement jauni.<br><strong>Elle</strong> – Mais ça reste lisible. Après toutes ces années. Tu te rends compte ?<br><strong>Lui</strong> – C’est quoi ? Une comédie ? Un drame ?<br><strong>Elle</strong> – Il faudrait le lire.<br><strong>Lui</strong> – Qui a bien pu écrire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Quelqu’un qui habitait ici avant nous, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue… Et si c’était un chef d’œuvre…<br><strong>Elle</strong> – Ça peut aussi être un navet.<br><strong>Lui</strong> – C’est signé ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Je ne vois pas le nom de l’auteur.<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être inédit. Un manuscrit anonyme, tu te rends compte ? Tu pourrais le signer et le publier… Tu es éditrice. Pour toi, ce serait facile.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait un plagiat.<br><strong>Lui</strong> – Si l’auteur est mort. Et que personne ne sait qu’il a écrit ça…<br><strong>Elle</strong> – Je vais commencer par le lire…<br><strong>Lui</strong> – C’est bizarre, non ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – On quitte cette maison, et c’est l’histoire de quelqu’un d’autre qu’on emporte avec nous.<br><strong>Elle</strong> – J’espère que ce n’est pas un drame…<br><strong>Lui</strong> – Au moins, on n’a pas trouvé de cadavre.<br><strong>Elle</strong> – Ça me donnerait presque envie de chercher…<br><strong>Lui</strong> – Tu crois ?<br><strong>Elle</strong> – L’auteur est peut-être enterré dans la cave…<br><em>Ils s’en vont.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Fatal comique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fatal-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fatal comique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur une table basse, une cafetière, deux tasses et un journal. Pierre entre en robe de chambre. Il se sert une tasse de café et prend le journal pour le lire. Marie, sa femme, arrive.<br></em><strong>Marie</strong> – Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va.<br><em>Marie se sert une tasse et observe Pierre.</em><br><strong>Marie</strong> – Tu as l’air soucieux… Un problème ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… Enfin… Toujours pas d’idée pour ma nouvelle pièce.<br><strong>Marie</strong> – Ne t’inquiète pas, ça va venir… Ça finit toujours par venir, non ?<br><strong>Pierre</strong> – Oui… Jusqu’à maintenant…<br><strong>Marie</strong> – Il n’y a pas une bonne histoire, dans le journal, dont tu pourrais t’inspirer ?<br><em>Il repose le journal.</em><br><strong>Pierre</strong> – Les nouvelles sont de plus en plus déprimantes… Je crois que je vais arrêter de lire la presse. J’ai déjà arrêté de regarder la télé et d’écouter la radio…<br><strong>Marie</strong> – C’est vrai que tout ça n’est pas très gai, mais bon. D’un autre côté… c’est pour ça qu’on aura toujours besoin d’auteurs comme toi.<br><strong>Pierre</strong> – Ah oui ? Et c’est quoi, un auteur comme moi ?<br><strong>Marie</strong> – Tu sais bien… Quelqu’un pour nous faire rire… Un comique !<br><strong>Pierre</strong> – Un comique ? Alors c’est comme ça que tu me vois ? Comme un comique !<br><strong>Marie</strong> – Il faut bien des auteurs pour nous écrire de bonnes comédies ! Oublier un peu nos soucis… Nous faire passer un bon moment en ne pensant à rien…<br><strong>Pierre</strong> – En ne pensant à rien ?<br><strong>Marie</strong> – Excuse-moi… Je veux dire… en pensant à autre chose.<br><strong>Pierre</strong> – Je vois… Donc pour toi, je suis seulement un amuseur… Un type qui fait diversion… Qui détourne l’attention du peuple des vrais problèmes de la société…<br><strong>Marie</strong> – Le peuple ! Tout de suite, les grands mots… Divertir le public, il n’y a pas de honte à ça, si ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… On peut aussi avoir envie d’autre chose…<br><strong>Marie</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Pierre</strong> – D’être utile…<br><strong>Marie</strong> – Pour moi, distraire les gens, leur faire retrouver le sourire, c’est très utile. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce talent.<br><strong>Pierre</strong> – Ouais…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Des comédies, j’en ai déjà écrit près d’une centaine.<br><strong>Marie</strong> – Et ça a toujours été de gros succès.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, mais je commence à être à court d’idées. Je me demande si je n’en ai pas fait le tour.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux arrêter d’écrire ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça je ne suis pas sûr d’y arriver non plus… Non, je me demandais si…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’essayais un autre genre ?<br><strong>Marie</strong> – Un roman, tu veux dire ? Depuis des années, je te répète que tu devrais essayer. Il y a des romans très drôles, aussi…<br><strong>Pierre</strong> – Malheureusement, je ne suis pas romancier, je le sais bien. Le théâtre, je ne sais rien faire d’autre.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors il ne te reste plus qu’à trouver un bon sujet de comédie.<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’écrivais… un autre genre de pièces.<br><strong>Marie</strong> – Un autre genre de pièce ?<br><strong>Pierre</strong> – Un truc qui ne soit pas forcément drôle, tu vois ?<br><strong>Marie</strong> – Une comédie pas drôle ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas une comédie, justement !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… une comédie dramatique ?<br><strong>Pierre</strong> – Je veux dire pas une comédie du tout !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux écrire un drame ?<br><strong>Pierre</strong> – Un drame, une tragédie… Appelle ça comme tu veux.<br><strong>Marie</strong> – Bon…<br><strong>Pierre</strong> – Quoi ?<br><strong>Marie</strong> – Je ne sais pas… (<em>Silence</em>) Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus d’idée de comédie. Je voudrais essayer d’écrire autre chose. C’est pas un drame, non plus !<br><strong>Marie</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Tu veux encore du café ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, merci.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors je te laisse réfléchir… à ta nouvelle pièce.<br><em>Elle sort. Il soupire et ouvre à nouveau son journal. Le téléphone sonne. Il répond.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui ? Ah oui… Non, non, je voulais t’appeler justement… Écoute, je ne sais pas encore… Non, pour l’instant, je suis en panne d’inspiration. Oui, je sais, j’ai toujours dit que ça n’existait pas. Mais tu sais l’inspiration, c’est comme Dieu. On dit que ça n’existe pas jusqu’au moment où on en a vraiment besoin… Et toi, ça va ? Bon… Je vois… D’accord… Écoute, il va falloir que je te laisse, là… On s’appelle et on essaie de déjeuner ensemble la semaine prochaine ? OK, on fait comme ça… Salut, t’embrasse.<br><em>Marie revient, l’air un peu embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je dois faire quelques courses, je n’en ai pas pour longtemps. Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Euh… oui. Depuis tout à l’heure, la situation n’a pas beaucoup évolué, mais oui. Ça va.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors j’y vais.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça. À tout à l’heure.<br><em>Elle sort. Il reprend la lecture de son journal, mais à peine a-t-il commencé que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il sort un instant pour aller ouvrir et revient accompagné d’une femme.</em><br><strong>Alex</strong> – Je ne te dérange pas, j’espère ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, non, pas du tout, j’étais en train de… Tu veux un café ?<br><strong>Alex</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Pierre</strong> – C’est sympa de passer comme ça à l’improviste.<br><strong>Alex</strong> – Quand on habite le même immeuble que son agent, c’est toujours un risque de le voir débarquer sans avoir été invité…<br><strong>Pierre</strong> – Il va peut-être falloir que je déménage, alors…<br><em>Sourires, suivi d’un silence embarrassé.</em><br><strong>Alex</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Rien… J’étais au téléphone avec… Comment elle s’appelle, déjà… Tu sais, cette comédienne qui jouait dans… Elle est devenue éditrice.<br><strong>Alex</strong> – Éditrice ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu sais ce que c’est. La vie est cruelle pour les comédiennes. Surtout pour les jeunes premières. Passée la trentaine…<br><strong>Alex</strong> – Tu cherches un nouvel éditeur ?<br><strong>Pierre</strong> – Pas spécialement… C’est elle qui m’a appelé. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles… Ça commence à m’inquiéter. Tout le monde me demande si ça va aujourd’hui…<br><strong>Alex</strong> – Et… ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va, je te remercie… C’est dingue…<br><strong>Alex</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je termine la conversation en lui disant : « on se rappelle et on déjeune…? » Ça m’est sorti comme ça. L’habitude. Finalement, on aurait aussi bien pu déjeuner ensemble à midi.<br><strong>Alex</strong> – Qu’est-ce que tu veux… C’est Paris… On est tous débordés…<br><strong>Pierre</strong> – Ou alors on a rien à foutre et on fait semblant…<br><strong>Alex</strong> – Ouais…<br><strong>Pierre</strong> – Toi, par exemple. Tu es particulièrement débordée, aujourd’hui ? (<em>Silence</em>) Non, évidemment, sinon, tu ne serais pas là. Tu imagines ? Tu acceptes de déjeuner comme ça à l’improviste… Le lendemain, tout Paris va savoir que tu n’as rien à foutre de tes journées. Que plus personne ne veut travailler avec toi. Que tu es au chômage. Ou pire que tu es sur liste noire… Du coup, plus personne ne t’appellerait, et tu serais vraiment total has been.<br><strong>Alex</strong> – Ouais… (<em>Silence</em>) Et sinon, elle, ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Qui ça ?<br><strong>Alex</strong> – Ton éditrice !<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Tu as raison… Finalement, c’est peut-être elle qui ne va pas bien. Elle m’a appelé parce qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et moi, je lui ai presque raccroché au nez… J’aurais dû lui proposer de déjeuner avec elle à midi… Et toi, ça va ?<br><strong>Alex</strong> – Ça va…<br><strong>Pierre</strong> – Tu es sûre que tu ne veux pas du café ?<br><strong>Alex</strong> – Sûre… (<em>Silence</em>) Tu écris un peu, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas vraiment. Je crois que je suis arrivé au bout de quelque chose là. Il faudrait que je change un peu de style.<br><strong>Alex</strong> – Oui, je sais, j’ai croisé Marie dans l’escalier.<br><strong>Pierre</strong> – Ne me dis pas que c’est pour ça que tu es passée me voir.<br><strong>Alex</strong> – Alors comme ça, tu veux écrire un drame.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, enfin… Pourquoi pas ?<br><strong>Alex</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu vois, Alex, c’est ça mon problème. La simple idée que j’envisage d’écrire autre chose qu’une comédie, les gens prennent ça pour une blague.<br><strong>Alex</strong> – Disons que… ce n’est pas sur ce terrain-là qu’on t’attend habituellement.<br><strong>Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Alex</strong> – Ça risque de surprendre ton public… De le décevoir, peut-être…<br><strong>Pierre</strong> – Le décevoir ? Je n’ai encore pas écrit une ligne, et tu me dis déjà que ce sera décevant. Merci de tes encouragements. Au moins, je sais pourquoi j’ai un agent.<br><strong>Alex</strong> – Et… tu as déjà un sujet ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… C’est juste une idée…<br><strong>Alex</strong> – Bon, donc c’est juste une idée.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça…<br><strong>Alex</strong> – Excuse-moi, je me suis peut-être emballée un peu vite.<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Je pensais écrire quelque chose sur ces migrants qui viennent s’échouer sur nos côtes. Quand ils ne sont pas morts noyés pendant la traversée, évidemment…<br><strong>Alex</strong> – Une comédie, tu veux dire ? (<em>L’autre lui lance un regard navré.</em>) Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… Alors c’est sérieux, tu veux vraiment écrire quelque chose de…<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus vingt ans… Toi non plus… Il serait peut-être temps qu’on commence à s’interroger sur le monde qui nous entoure, non ?<br><strong>Alex</strong> – Le monde qui nous entoure ?<br><strong>Pierre</strong> – Imagine qu’après notre mort, on soit réincarnés. Comme ça. Au hasard. Le monde est principalement peuplé de gens qui ont une vie de merde. Si on peut appeler ça une vie. Si on y réfléchit bien, à part une minorité de privilégiés, dont les plus chanceux vivent dans des paradis fiscaux, la Terre est un enfer.<br><strong>Alex</strong> – Et alors ?<br><strong>Pierre</strong> – Et alors ? Statistiquement, la réincarnation, c’est l’enfer assuré… Si on ne change pas le monde de notre vivant, on est à peu près certain de vivre un enfer quand on sera réincarnés !<br><em>Alex le regarde, estomaquée.</em><br><strong>Alex</strong> – OK…<br><strong>Pierre</strong> – Je te laisse réfléchir à ça. Je vais m’habiller…<br><em>Il sort. Marie revient.</em><br><strong>Marie</strong> – Alors ?<br><strong>Alex</strong> – Il va très mal.<br><strong>Marie</strong> – Je te l’avais dit.<br><strong>Alex</strong> – Il est en plein délire. Il parle de la mort. Du paradis. De l’enfer.<br><strong>Marie</strong> – Non ?<br><strong>Alex</strong> – Il veut écrire une pièce sur les exilés.<br><strong>Marie</strong> – Les exilés fiscaux ?<br><strong>Alex</strong> – Les exilés économiques !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… les retraités qui vont s’installer au Portugal ou au Maroc, parce que la vie est moins chère là-bas ?<br><strong>Alex</strong> – Les migrants ! En Méditerranée ! La jungle de Calais.<br><strong>Marie</strong> – Ce n’est pas vrai… Il te l’a dit ?<br><strong>Alex</strong> – J’ai essayé de lui parler, mais il ne veut rien savoir.<br><strong>Marie</strong> – Il est où ?<br><strong>Alex</strong> – Il est parti s’habiller.<br><strong>Marie</strong> – Je ne comprends pas… Jusqu’à ce matin, il était tout à fait normal. Enfin… il était comme d’habitude, quoi…<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est peut-être que passager. Il doit être un peu déprimé. Mais il ne faut pas prendre ça à la légère.<br><strong>Marie</strong> – C’est sûr… J’ai du mal à le dire mais… j’ai l’impression qu’il a des tendances suicidaires.<br><strong>Alex</strong> – Il faudrait lui suggérer de voir un médecin.<br><strong>Marie</strong> – Un psychiatre, tu veux dire ?<br><strong>Alex</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Marie</strong> – Parfois avec une simple cure de vitamines… Un homéopathe ?<br><em>Pierre revient.</em><br><strong>Pierre</strong> – Ah, tu es revenue ?<br><strong>Alex</strong> – Je vais vous laisser.<br><strong>Pierre</strong> – Non, mais je ne te chasse pas.<br><strong>Alex</strong> – J’allais partir, de toute façon. J’ai… Il faut que j’y aille. J’ai une grosse journée. On s’appelle et on déjeune ensemble ?<br><em>Il sort. Marie lance à Pierre un regard embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je lui ai simplement dit que tu étais là, et que si elle voulait monter prendre un café…<br><strong>Pierre</strong> – Elle n’en a pas voulu.<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Du café. Je lui en ai proposé, elle n’en a pas voulu.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Mais qu’est-ce que tu cherches, Pierre, au juste ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Marie</strong> – On n’est pas bien, ensemble ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais si, ce n’est pas la question.<br><strong>Marie</strong> – Tu as une maîtresse, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais non, pas du tout !<br><strong>Marie</strong> – On a la vie qu’on voulait, non ? Tu fais le métier que tu aimes. Tu n’as pas de patron. Tu gagnes bien ta vie.<br><strong>Pierre</strong> – Je sais.<br><strong>Marie</strong> – Mais alors qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Pierre</strong> – Tout ça n’a plus de sens pour moi. J’ai besoin… d’essayer autre chose.<br><strong>Marie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Pour qu’à mon enterrement, les gens ne se contentent pas de dire : celui-là, c’était un comique…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux qu’on déménage ?<br><strong>Pierre</strong> – Ailleurs, ce serait pareil.<br><strong>Marie</strong> – Tu ne vas pas faire une bêtise, au moins ?<br><strong>Pierre</strong> – Une bêtise ? Comme quoi ?<br><em>Marie tente de cacher son trouble.</em><br><strong>Marie</strong> – Je te laisse travailler…<br><em>Elle sort. Il reste un instant perplexe. Il prend un cahier et un crayon et essaie d’écrire, mais visiblement, l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il décroche le téléphone et compose un numéro.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui, pardon, c’est encore moi… Écoute, finalement, j’ai réussi à me libérer pour ce soir. Tu pourrais venir dîner à la maison ? Je voudrais te parler d’un nouveau projet… Oui, bien sûr, viens avec ton mari. OK, vingt heures, c’est parfait. Bon, alors à ce soir…<br><em>Il raccroche. Il reprend le cahier et le crayon, et il commence à écrire avec fébrilité. Il s’interrompt et s’adresse au public.</em><br><strong>Pierre</strong> – Vous allez voir. Cette fois, vous n’allez pas rigoler.<br><em>Il se remet à écrire.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Le labyrinthe</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-labyrinthe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Labyrinthe]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1206</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le labyrinthe, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages portant des masques ou des bandeaux sur les yeux. L’un arrive d’un côté, l’autre du côté opposé. Ils semblent contrariés de se rencontrer.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Rien…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Et si on essayait par là ?<br><strong>Elle</strong> – J’en viens.<br><strong>Lui</strong> – Et par là, on a déjà essayé ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Tu es sûre ?<br><strong>Elle</strong> – Absolument. Et même plusieurs fois.<br><strong>Lui</strong> – Alors là, je ne vois plus…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça fait combien de temps qu’on est perdus dans ce labyrinthe ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais plus. Longtemps…<br><strong>Elle</strong> – Tout ce temps perdu à chercher la sortie, et on ne l’a toujours pas trouvée.<br><strong>Lui</strong> – Et s’il n’y en avait pas..<br><strong>Elle</strong> – Par où on serait entrés, alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. Tu te souviens du moment où on est entrés, toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non… mais il y a bien un moment où on est entrés. Sinon, comment on serait arrivés là ?<br><strong>Lui</strong> – Tu as raison. On est forcément entrés par quelque part.<br><strong>Elle</strong> – Oui. Par la sortie.<br><strong>Lui</strong> – On est entrés par la sortie ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Tu crois qu’il pourrait y avoir une entrée et une sortie ?<br><strong>Lui</strong> – Ça ferait deux issues possibles…<br><strong>Elle</strong> – Et on n’en aurait encore trouvé aucune ?<br><strong>Lui</strong> – Ou alors il n’y avait qu’une entrée, et ils l’ont condamnée une fois qu’on était dedans.<br><strong>Elle</strong> – Ils ? Qui ça ils ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Il y a bien quelqu’un qui l’a conçu ce labyrinthe, non ? Et puisque ce n’est pas nous…<br><strong>Elle</strong> – Tu es sûr que ce n’est pas nous ?<br><strong>Lui</strong> – Si c’était nous, on saurait où est la sortie, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, j’imagine…<br><strong>Lui</strong> – Ou alors, on a oublié.<br><strong>Elle</strong> – Oublié quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Oublié où était la sortie.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu crois qu’on est les seuls, dans ce labyrinthe ?<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, on n’a jamais rencontré personne.<br><strong>Elle</strong> – Peut-être que nos chemins ne se sont jamais croisés.<br><strong>Lui</strong> – Ça m’étonnerait…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Lui</strong> – Nous, à chaque fois qu’on part chacun de notre côté pour chercher la sortie, on finit toujours par se retrouver ici.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… On ne trouve jamais la sortie, mais on ne se perd jamais. En tout cas, on se retrouve toujours…<br><strong>Lui</strong> – Oui… On est condamnés à rester ensemble.<br><strong>Elle</strong> – Condamnés ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai dit « condamnés » ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as dit « condamnés à rester ensemble ».<br><strong>Lui</strong> – Non, je voulais dire… Apparemment… c’est notre destin. On est fait pour vivre ensemble.<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais alors pourquoi passer tout notre temps à chercher la sortie ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Elle</strong> – Tu crois que si on trouvait la sortie, on ne resterait pas ensemble ?<br><strong>Lui</strong> – Ensemble ? Dehors, tu veux dire ?<br><strong>Elle</strong> – Dehors, oui… Tu crois que la première chose qu’on ferait en sortant, c’est de partir chacun de notre côté ?<br><strong>Lui</strong> – Ça… on ne saura jamais.<br><strong>Elle</strong> – À moins de trouver la sortie…<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Et si on arrêtait de chercher ?<br><strong>Lui</strong> – Arrêter de chercher la sortie ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Lui</strong> – Et qu’est-ce qu’on ferait à la place ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. On pourrait… Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Il vaut peut-être mieux qu’on continue à chercher, non ?<br><em>Ils se remettent en mouvement.</em><br><strong>Elle</strong> – Je vais voir si ce ne serait pas par là.<br><strong>Lui</strong> – Et moi par là.<br><strong>Elle</strong> – On se retrouve ici ?<br><strong>Lui</strong> – D’accord…<br><em>Ils sortent chacun du côté opposé à celui par lequel ils sont entrés.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Retour</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:37:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Fred arrive d’un côté, Cécile de l’autre.</em><br><strong>Cécile</strong> – Fred ? Qu’est-ce que tu fais ici ?<br><strong>Fred</strong> – Eh bien tu vois, je… Je suis revenu.<br><strong>Cécile</strong> – Revenu ?<br><strong>Fred</strong> – J’habite à Paris, maintenant.<br><strong>Cécile</strong> – Super… Ça me fait plaisir de te voir.<br><strong>Fred</strong> – Moi aussi… Comment ça va ?<br><strong>Cécile</strong> – Ça va… Ça va mieux.<br><strong>Fred</strong> – Je suis vraiment désolé.<br><strong>Cécile</strong> – C’est la vie. Mais c’est dur…<br><strong>Fred</strong> – Je comprends.<br><strong>Cécile</strong> – Pour vous aussi, j’imagine. C’était votre ami.<br><strong>Fred</strong> – Oui.<br><strong>Cécile</strong> – Et toi, comment ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Ça va.<br><strong>Cécile</strong> – Tu vas rester longtemps à Paris ?<br><strong>Fred</strong> – J’ai acheté une maison.<br><strong>Cécile</strong> – Tu as réussi à trouver une maison à Paris ?<br><strong>Fred</strong> – Je travaille dans l’immobilier, tu sais.<br><strong>Cécile</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Fred</strong> – Parc Montsouris.<br><strong>Cécile</strong> – Parc Montsouris… C’est le Sud, non ?<br><strong>Fred</strong> – Le Sud de Paris, oui. C’est la première fois que j’achète une maison. Jusque là… j’étais plutôt du genre nomade.<br><strong>Cécile</strong> – Et Max, tu l’as revu ?<br><strong>Fred</strong> – Je le quitte à l’instant, là. Il m’a filé un coup de main pour mon déménagement.<br><strong>Cécile</strong> – Les copains, c’est fait pour ça, non ?<br><strong>Fred</strong> – Oui… Et toi, tu les vois toujours ? Je veux dire… depuis qu’ils sont divorcés.<br><strong>Cécile</strong> – Bien sûr. Alice est une amie…<br><strong>Fred</strong> – Ah oui, c’est vrai… Je crois même que sans toi…<br><strong>Cécile</strong> – Quoi ?<br><strong>Fred</strong> – Non, rien… Et donc toi… tu vas rester dans le coin.<br><strong>Cécile</strong> – Pour l’instant, oui. Après on verra. Je ne sais pas très bien où j’en suis.<br><strong>Fred</strong> – Je comprends… Alors on se reverra ?<br><strong>Cécile</strong> – Peut-être. Mais là, je vais devoir y aller…<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr. D’ailleurs moi aussi.<br><strong>Cécile</strong> – À bientôt, peut-être…<br><em>Ils s’apprêtent à partir chacun de leur côté. Il la rappelle.</em><br><strong>Fred</strong> – Cécile ?<br><strong>Cécile</strong> – Oui ?<br><strong>Fred</strong> – Si je t’avais demandé de partir avec moi aux États-Unis, ce soir-là, tu m’aurais suivi ?<br><strong>Cécile</strong> – Tu ne me l’as pas demandé.<br><em>Elle sourit et s’en va. Il reste là un instant, et part à son tour.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Les amis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-amis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:31:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1202</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les amis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Ils sont assis à une table, et prennent un café. Silence embarrassé.<br></em><strong>Fred</strong> – Je ne savais pas qu’il était malade… Enfin… malade du cœur, je veux dire.<br><strong>Max</strong> – Moi non plus.<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr. Sinon tu me l’aurais dit…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Max</strong> – Il n’en avait parlé à personne. Pas même à sa femme, apparemment.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne m’étonne pas. Vincent… il avait un tempérament de vainqueur. Tout lui réussissait.<br><strong>Max</strong> – Le plus gros salaire, la plus grosse voiture… La plus belle femme…<br><strong>Fred</strong> – Ce qu’il aimait, c’était qu’on l’admire. Il n’aurait pas supporté qu’on le plaigne.<br><strong>Max</strong> – Mais il est mort quand même.<br><strong>Fred</strong> – On ne peut pas gagner à tous les coups.<br><strong>Max</strong> – Non… Je dirais même qu’à la fin, on est sûr de perdre. Tous. Même ceux qui ont… un tempérament de vainqueur.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Et toi, ça va ?<br><strong>Max</strong> – Ça va.<br><strong>Fred</strong> – Alors tu n’as pas quitté la région.<br><strong>Max</strong> – Non. Je n’ai même pas quitté le lycée, tu vois. Puisque j’y suis devenu prof. J’y resterai sans doute jusqu’à l’âge de la retraite. Je ne dois pas avoir un tempérament de vainqueur, comme tu dis.<br><strong>Fred</strong> – Je parlais de Vincent. Toujours aussi susceptible…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Max</strong> – Et toi ?<br><strong>Fred</strong> – Ça va.<br><strong>Max</strong> – Toujours dans l’immobilier ?<br><strong>Fred</strong> – Toujours. Mais j’ai pas mal voyagé.<br><strong>Max</strong> – Aux États-Unis ?<br><strong>Fred</strong> – Aux États-Unis. En Asie. Maintenant j’habite dans le Sud.<br><strong>Max</strong> – Le Sud de la France…?<br><strong>Fred</strong> – Lyon.<br><strong>Max</strong> – Marié ?<br><strong>Fred</strong> – Marié. Et divorcé. Et toi ?<br><strong>Max</strong> – Divorcé. Et remarié.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Ça fait combien de temps qu’on ne s’est pas vus ?<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas… Longtemps.<br><strong>Fred</strong> – C’est dommage.<br><strong>Max</strong> – Mmm…<br><strong>Fred</strong> – On était très proches, pourtant. On était amis.<br><strong>Max</strong> – Oui.<br><strong>Fred</strong> – On l’est encore, non ?<br><strong>Max</strong> – Bien sûr…<br><strong>Fred</strong> – Mais on ne se voit plus.<br><strong>Max</strong> – Tu l’as dit, tu habites dans le Sud.<br><strong>Fred</strong> – Lyon, ce n’est pas le bout du monde.<br><strong>Max</strong> – Non. Ce n’est même pas vraiment le Sud.<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas. Ça commence où, le Sud ?<br><strong>Max</strong> – Exactement, je ne sais pas. Je dirais Montélimar.<br><strong>Fred</strong> – Pourtant Lyon, ce n’est pas le Nord. Ce n’est pas le Centre, non plus. L’Est ?<br><strong>Max</strong> – Pas vraiment.<br><strong>Fred</strong> – Pas l’Ouest, en tout cas.<br><strong>Max</strong> – Lyon est un défi lancé à tous les géographes dont je suis. Ce n’est pas une localisation, c’est une destination. La preuve, la Gare de Lyon est à Paris.<br><strong>Fred</strong> – Tu as raison. Lyon est au milieu de nulle part. On y arrive par l’autoroute, et on la traverse par un tunnel. C’est sûrement pour ça que j’y habite. J’ai toujours eu du mal à me fixer quelque part…<br><strong>Max</strong> – Moi je n’ai jamais réussi à bouger, tu vois. C’est sûrement pour ça que je suis devenu prof de géo. Pour voyager sans bouger de chez moi.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Le 13 avril 2010.<br><strong>Max</strong> – Pardon ?<br><strong>Fred</strong> – La dernière fois qu’on s’est vus, c’était le 13 avril 2010.<br><strong>Max</strong> – Quelle mémoire…<br><strong>Fred</strong> – C’était l’anniversaire de Vincent. Il avait organisé une grosse fête dans sa maison de campagne en Normandie.<br><strong>Max</strong> – Ah oui, peut-être. En tout cas, ce n’était pas à son mariage. Tu n’étais pas là.<br><strong>Fred</strong> – J’étais loin… À San Francisco, je crois. Je n’ai pas pu faire le voyage… C’est un reproche ?<br><strong>Max</strong> – Non. Une constatation.<br><strong>Fred</strong> – Je n’ai jamais trop aimé les cérémonies.<br><strong>Max</strong> – Tu es quand même venu à son enterrement.<br><strong>Fred</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Qu’est-ce qui s’est passé ce soir-là, pour qu’on ne se soit jamais revu après ?<br><strong>Max</strong> – On se revoit aujourd’hui.<br><strong>Fred</strong> – Oui… Plus de dix ans après. Et il a fallu que Vincent meurt…<br><strong>Max</strong> – On ne se voyait déjà plus beaucoup avant cette fête en Normandie, non ? C’est la vie. On a pris des directions différentes. Et nos chemins ne se sont plus croisés…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors tu ne m’as jamais pardonné ?<br><strong>Max</strong> – Pardonné quoi ?<br><strong>Fred</strong> – Tu le sais très bien.<br><strong>Max</strong> – Je t’assure que non.<br><strong>Fred</strong> – Et tu ne me pardonneras jamais.<br><strong>Max</strong> – Mais quoi ?<br><strong>Fred</strong> – D’être sorti avec Cécile ! Le jour de l’anniversaire de Vincent.<br><strong>Max</strong> – Pourquoi je t’en voudrais ?<br><strong>Fred</strong> – Parce que tu étais amoureux d’elle, j’imagine.<br><strong>Max</strong> – N’importe quoi.<br><strong>Fred</strong> – Tu n’étais pas amoureux d’elle ?<br><strong>Max</strong> – Si peut-être un peu…<br><strong>Fred</strong> – Tu avais toujours été amoureux d’elle. Moi j’arrive ce soir-là, je ne l’avais pas vue depuis… et elle me tombe dans les bras.<br><strong>Max</strong> – Je ne sortais pas avec elle. Ce n’est pas comme si elle m’avait trompé avec mon meilleur ami.<br><strong>Fred</strong> – Donc tu t’en souviens. Et tu m’en as voulu.<br><strong>Max</strong> – Oui.<br><strong>Fred</strong> – C’est elle qui est venue vers moi.<br><strong>Max</strong> – Bien sûr. Et tu t’es laissé faire, comme d’habitude.<br><strong>Fred</strong> – Je ne l’ai jamais revue après. Et elle n’a pas cherché à me revoir<br><strong>Max</strong> – Pourquoi tu me racontes ça ? C’est moins grave si c’est un coup d’un soir, c’est ça ?<br><strong>Fred</strong> – Finalement, quelques mois après, c’est avec Vincent qu’elle sortait. Et tu ne lui en as jamais voulu, à lui.<br><strong>Max</strong> – Lui, il s’est marié avec elle.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Tu continuais à les voir ?<br><strong>Max</strong> – Oui. De temps en temps. La ville n’est pas bien grande, tu sais.<br><strong>Fred</strong> – Mais nous, on ne se voit plus.<br><strong>Max</strong> – C’est compliqué de rester ami avec quelqu’un qui habite à cinq cents bornes de chez toi, mais c’est encore plus compliqué de rester fâché avec un pote qui habite juste en face.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors c’est moi le méchant, c’est ça ?<br><strong>Max</strong> – Je n’ai pas dit ça.<br><strong>Fred</strong> – Tu viendras à mon enterrement, au moins ?<br><strong>Max</strong> – Tu dis n’importe quoi. Et puis je mourrai peut-être avant toi.<br><strong>Fred</strong> – J’étais bourré, ce soir-là. Comme tout le monde. C’est elle qui est venue me chercher. Je me suis laissé faire, comme tu dis. Elle avait envie de se faire un mec. Je ne sais pas pourquoi, c’est moi qu’elle a choisi.<br><strong>Max</strong> – Parce qu’elle savait que pour toi, ça n’avait pas d’importance, probablement. Que tu ne chercherais même pas à la revoir après.<br><strong>Fred</strong> – Sûrement, oui.<br><strong>Max</strong> – C’est sans doute pour ça que toutes les filles te tombent dans les bras.<br><strong>Fred</strong> – Oui. Et que je ne peux en garder aucune.<br><strong>Max</strong> – C’est vrai, j’étais jaloux. Jaloux de ton succès. Moi je suis celui avec qui on pourrait se marier. Du coup je leur fais peur. J’enviais ta légèreté…<br><strong>Fred</strong> – Et moi j’enviais ta rigueur.<br><strong>Max</strong> – Tu veux dire ma rigidité, j’imagine.<br><strong>Fred</strong> – Je pensais que toi, tu ferais quelque chose de ta vie. Je veux dire quelque chose qui a du sens.<br><strong>Max</strong> – Mais finalement, on n’aura rien fait d’important, tu vois. Ni les uns ni les autres.<br><strong>Fred</strong> – En tout cas, aucun de nous trois ne sera devenu une star du rock, comme on en rêvait tous à l’époque, quand on écumait ensemble les salles des fêtes de la région avec ce groupe…<br><strong>Max</strong> – Les Rebelles…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Alors c’est ça… C’est à cause de Cécile…<br><strong>Max</strong> – Non.<br><strong>Fred</strong> – Ne me dis pas que c’est à cause de ce dernier concert qu’on a fait ensemble ? Et que j’ai complètement foiré parce qu’il manquait une corde à ma guitare…<br><strong>Max</strong> – Tu crois vraiment que c’est à cause d’une fille, Fred ? Ou d’une histoire de corde cassée ? Qu’il suffirait que je te pardonne pour qu’on soit de nouveau amis, comme on l’était il y a des années ?<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Max</strong> – C’est vrai, si tu avais assuré un peu plus pendant ce concert, on en aurait peut-être faits quelques-uns de plus. Mais je ne suis pas con. Je sais bien que ce groupe, ce n’était pas fait pour durer. On ne serait jamais devenus des musiciens professionnels. Alors quant à devenir célèbres…<br><strong>Fred</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Max</strong> – Tu ne comprends pas, Fred. On n’est pas fâchés. On s’est perdu de vue, c’est tout. Et dans un sens c’est bien plus grave. Loin des yeux loin du cœur, tu connais la formule ? On ne fait plus rien ensemble. On n’a plus rien à partager. C’est pour ça qu’on n’est plus vraiment amis. L’amitié, ça ne meurt pas un jour précis. Comme Vincent. On s’éloigne peu à peu. Et on ne se revoit pas, parce que quand on se revoit, ça nous rappelle notre jeunesse. Toutes les promesses qu’on s’était faites entre nous, toutes les promesses qu’on s’était faites à nous-mêmes, et qu’on n’a pas tenues.<br><strong>Fred</strong> – Alors c’est quoi, l’amitié, à ton avis ?<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas… C’est quand l’opinion de quelqu’un compte pour toi. Quand on se marre ensemble. Quand on a des projets en commun. C’est quoi, nos projets ? De prendre un autre café ensemble dans un an ou dans dix ans, à l’occasion d’un autre enterrement ? On n’a plus de rêves en commun, Fred. Et je ne suis pas sûr d’en avoir encore, des rêves. Quand on se voit, on ne parle que du bon vieux temps. C’est pour ça qu’on ne se voit plus. Parce que ça me déprime. Pas toi ?<br><strong>Fred</strong> – Excuse-moi…<br><strong>Max</strong> – De quoi ?<br><strong>Fred</strong> – De ne pas avoir été là. D’avoir déserté. Déserté notre amitié.<br><strong>Max</strong> – Tu n’y es pour rien. Moi non plus. C’est la vie. Quels projets on pourrait bien avoir encore ensemble ?<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Max</strong> – À l’époque on rêvait d’aller enregistrer un disque en Angleterre. De faire un concert au Golf Drouot.<br><strong>Fred</strong> – Dans ce cas, moi j’ai réalisé mon rêve. J’y joue tous les samedis, au golf. Avec mes collègues de travail.<br><strong>Max</strong> – Désolé, je ne sais pas jouer au golf, et je ne suis pas sûr d’avoir envie de m’y mettre.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – De toute façon, le Golf Drouot, même à notre époque, ça n’existait déjà plus.<br><strong>Max</strong> – Eh ben tu vois, même à l’époque, on était déjà has been.<br><strong>Fred</strong> – On pourrait se mettre à la randonnée… Avec des bâtons de ski, tu sais ? C’est plus de notre âge que le rock, non ?<br><strong>Max</strong> – Tu habites à Lyon, moi en banlieue parisienne.<br><strong>Fred</strong> – On pourrait randonner du côté de Dijon. Faire chacun la moitié du chemin. Maintenant, avec le TGV…<br><strong>Max</strong> – Même quand on habitait encore à deux rues l’un de l’autre, on s’était déjà éloignés. Et quand tu es parti… Je ne te le reproche pas, évidemment. Tu avais de nouvelles choses à vivre. Moi aussi, d’ailleurs. Ce n’était pas les mêmes…<br><strong>Fred</strong> – Et puis il fallait bien trouver un vrai métier pour gagner sa vie. On ne peut pas rester éternellement bloqués sur des rêves impossibles à réaliser. Tu as raison. On se doutait bien, même à l’époque, qu’on ne deviendrait jamais des stars…<br><strong>Max</strong> – En tout cas, maintenant, on en est sûrs.<br><strong>Fred</strong> – Et c’est pour ça, à ton avis, qu’on n’est plus amis ? Parce qu’on n’a pas pu réaliser nos rêves d’ados.<br><strong>Max</strong> – Non. Pas seulement pour ça. Des rêves, on aurait pu en trouver d’autres. On aurait même pu rire ensemble de nos échecs.<br><strong>Fred</strong> – Alors pourquoi ?<br><strong>Max</strong> – Quand on était vraiment amis, on se voyait tous les jours, on a même habité ensemble pendant quelque temps, on partait en vacances ensemble.<br><strong>Fred</strong> – On dirait que tu parles d’un vieux couple.<br><strong>Max</strong> – C’était un peu ça, non ? Le sexe en moins. Rassure-toi, ça ne m’a jamais tenté. Mais oui. L’amour, l’amitié… C’est un peu pareil. Et ça supporte mal le réchauffé.<br><strong>Fred</strong> – Et puis tu t’es marié. Moi aussi…<br><strong>Max</strong> – Nos femmes sont devenues nos meilleures amies. Le sexe en plus. Et même après nous avoir quittés, nos femmes restent souvent nos amies les plus fidèles. On était amis parce qu’on n’avait pas de femme, Fred. L’amitié, c’est un truc de célibataires.<br><strong>Fred</strong> – Donc on ne se reverra plus.<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas. Parfois c’est encore plus triste de se voir que de ne pas se voir.<br><strong>Fred</strong> – Et tu n’as plus d’amis ?<br><strong>Max</strong> – Partager un barbecue une fois par mois, et une location de vacances une fois par an, est-ce que c’est vraiment être amis.<br>Fred – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Max</strong> – Je n’ai pas dit que c’était de ta faute. Je voudrais seulement arriver à faire la paix avec moi-même, tu comprends ? Le moi-même avec qui autrefois tu étais ami.<br><strong>Fred</strong> – Et si on remontait un groupe de rock ?<br><strong>Max</strong> – Ce serait pathétique…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Tu es sûr que tout ça a vraiment existé ?<br><strong>Max</strong> – Quoi ?<br><strong>Fred</strong> – Ce que tu décris, là. Notre amitié, telle que tu en parlais tout à l’heure.<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas. Non ?<br><strong>Fred</strong> – On était sans arrêt jaloux l’un de l’autre. On était prêts à toutes les trahisons juste pour être sur le devant de la scène, juste pour avoir une fille, quitte à la piquer à son meilleur copain. En fait, on se détestait.<br><strong>Max</strong> – Oui… Mais on se marrait bien. Et au moins on était vivants. Depuis combien de temps tu ne t’es pas vraiment marré ?<br><strong>Fred</strong> – Depuis longtemps, je crois. Aussi longtemps que toi, j’imagine.<br><strong>Max</strong> – Voilà. On ne se marre plus ensemble. Et je ne suis pas sûr qu’on se marre beaucoup en général. Ce qui s’appelle se marrer, tu vois ? À en attraper mal au ventre. Tu te souviens de nos rigolades ? Finalement, c’est peut-être ça, l’amitié. C’est ça notre paradis perdu. Le rire…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Fred</strong> – Je vais revenir vivre à Paris.<br><strong>Max</strong> – Pas à cause de notre discussion, quand même ?<br><strong>Fred</strong> – J’y pensais depuis quelque temps déjà. Parce que Lyon, entre nous…<br><strong>Max</strong> – C’est toi qui vois…<br><strong>Fred</strong> – On pourra toujours faire de la rando dans le Bois de Vincennes…<br><strong>Max</strong> – C’est vrai que c’est tentant. Je vais y réfléchir.<br><strong>Fred</strong> – Il va falloir que j’y aille. Mon train est dans un quart d’heure.<br><strong>Max</strong> – OK. Tu as mon numéro.<br><em>Ils se lèvent, hésitent, et se font une chaleureuse accolade. Fred s’apprête à partir.</em><br><strong>Fred</strong> – Sinon, pour mon déménagement… je pourrai compter sur toi ?<br><strong>Max</strong> – Les amis, c’est fait pour ça, non ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Urgence</title>
		<link>https://sketchotheque.net/urgence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:16:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1200</guid>

					<description><![CDATA[<p>Urgence, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Vincent est là. Il n’a pas l’air bien. Cécile arrive, un peu affolée.<br></em><strong>Cécile</strong> – Ça y est, j’ai réussi à les avoir.<br><strong>Vincent</strong> – Alors ?<br><strong>Cécile</strong> – Ils envoient une ambulance. Ça va ?<br><strong>Vincent</strong> – Je ne sens plus mon bras…<br><strong>Cécile</strong> – Ça va aller. Ils seront là dans quelques minutes. Enfin j’espère…<br><strong>Vincent</strong> – Un infarctus, à mon âge… Décidément… Il n’y a que pour ça que j’aurais été précoce…<br><strong>Cécile</strong> – Ne dis pas de bêtise. Et puis ce n’est peut-être pas une crise cardiaque. Mais bon, il vaut mieux ne pas prendre de risque.<br><strong>Vincent</strong> – Je suis vraiment désolé pour toi… Devenir veuve le jour de son anniversaire de mariage, ce serait vraiment un comble…<br><strong>Cécile</strong> – Ne plaisante pas avec ça. On va tout faire pour que tu t’en sortes.<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr… (<em>Un temps</em>) Mais si par malheur je ne m’en sortais pas, il faut que je te dise quelque chose.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’en prie. Je sais mieux que toi où sont tous les papiers, c’est moi qui les range. Si tu te reposais, plutôt.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne parlais pas des papiers, mais… le temps que l’ambulance arrive, on peut parler, non ?<br><strong>Cécile</strong> – Bien sûr… Mais si c’est pour m’avouer que tu m’as trompé avec ma meilleure amie, réfléchis bien. Si tu sors de l’hôpital dans deux heures, demain tu pourrais regretter de m’avoir fait ce genre de confidences…<br><strong>Vincent</strong> – Je ne t’ai jamais trompée, Cécile.<br><strong>Cécile</strong> – Alors je t’écoute…<br><strong>Vincent</strong> – D’abord, il faut que tu saches que je t’aime.<br><strong>Cécile</strong> – Je le sais, Vincent. Tu me le dis tous les jours.<br><strong>Vincent</strong> – Et tu me réponds que tu m’aimes aussi.<br><strong>Cécile</strong> – Parce que c’est vrai.<br><strong>Vincent</strong> – Mais tu ne fais que me répondre… Tu ne me le dis jamais en premier.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’aime, Vincent. Comment tu peux en douter ?<br><strong>Vincent</strong> – Je sais, mais…<br><strong>Cécile</strong> – Quoi ?<br><strong>Vincent</strong> – Je me suis toujours demandé si j’étais vraiment l’homme de ta vie.<br><strong>Cécile</strong> – L’homme de ma vie ?<br><strong>Vincent</strong> – C’est un peu ridicule, mais… j’ai toujours pensé qu’au fond… tu étais encore amoureuse de Fred.<br><strong>Cécile</strong> – Fred ?<br><strong>Vincent</strong> – Le week-end où j’avais fêté mon anniversaire, en Normandie, tu étais sortie avec lui.<br><strong>Cécile</strong> – C’était il y a très longtemps, Vincent. Toi et moi, on ne sortait pas encore ensemble.<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr. Je ne te reproche pas de m’avoir trompé. D’ailleurs, je ne te reproche rien.<br><strong>Cécile</strong> – Je ne l’ai jamais revu après ce fameux week-end. Il n’est même pas venu à notre mariage. Comment tu peux dire ça ?<br><strong>Vincent</strong> – Justement. Peut-être que si tu l’avais revu…<br><strong>Cécile</strong> – Tu te fais du mal inutilement, Vincent… Tu crois vraiment que c’est le moment ?<br><strong>Vincent</strong> – Je n’ai jamais osé te parler de ça. Et je n’en aurai peut-être plus l’occasion.<br><strong>Cécile</strong> – Mon histoire avec Fred, ça n’a duré qu’une soirée. J’avais un peu bu. C’est une histoire sans importance. J’ai connu quelques hommes avant toi, tu sais ?<br><strong>Vincent</strong> – Mais Fred, c’était mon meilleur ami.<br><strong>Cécile</strong> – Dis-moi plutôt comment tu te sens ?<br><strong>Vincent</strong> – Mal.<br><strong>Cécile</strong> – Il me semble entendre l’ambulance.<br><strong>Vincent</strong> – C’est une sirène de police. Les ambulances ne font pas ce bruit-là.<br><strong>Cécile</strong> – Ils ne vont plus tarder, maintenant…<br><strong>Vincent</strong> – Alors ?<br><strong>Cécile</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Vincent</strong> – J’étais là aussi, ce soir-là. Je t’ai fait la cour. Mais c’est avec Fred que tu es sortie.<br><strong>Cécile</strong> – Oui.<br><strong>Vincent</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Cécile</strong> – Fred partait le lendemain aux États-Unis. Il quittait la France pour longtemps. Pour toujours peut-être.<br><strong>Vincent</strong> – Et c’est pour ça que tu es sortie avec lui.<br><strong>Cécile</strong> – Je savais que je ne le reverrai pas. Avant longtemps en tout cas. Oui, j’étais peut-être amoureuse de lui. Mais je ne l’aimais pas. C’est toi que j’aime. Et c’est toi que j’ai épousé.<br><strong>Vincent</strong> – J’aurais aimé que tu sois amoureuse de moi à l’époque.<br><strong>Cécile</strong> – Je le suis aujourd’hui. Et je ne te laisserai pas partir.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne partirai pas, je te le promets.<br><strong>Cécile</strong> – Je t’ai choisi Vincent. Est-ce qu’on aurait pu vivre une autre vie, toi ou moi ? Je ne crois pas. Tous les rêves d’adolescents ne sont pas faits pour devenir des réalités.<br><strong>Vincent</strong> – Mon rêve, c’était toi. Et tu l’as réalisé.<br><em>Moment d’émotion.</em><br><strong>Cécile</strong> – À mon tour de te poser une question. J’ai besoin de savoir.<br><strong>Vincent</strong> – Oui…<br><strong>Cécile</strong> – Tu savais que tu étais malade du cœur ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Vincent</strong> – Oui.<br><strong>Cécile</strong> – Mais tu ne m’en as pas parlé…<br><strong>Vincent</strong> – Tu m’aurais épousé si tu l’avais su ?<br><strong>Cécile</strong> – C’est une drôle de question.<br><strong>Vincent</strong> – Pardon… J’avais peur que… Je ne voulais pas que tu me vois comme ça.<br><strong>Cécile</strong> – Comme ça ?<br><strong>Vincent</strong> – Je ne voulais pas que tu aies pitié de moi.<br><em>Elle lui serre la main.</em><br><strong>Cécile</strong> – J’entends encore une sirène.<br><strong>Vincent</strong> – Cette fois c’est bien une ambulance.<br><strong>Cécile</strong> – Je vais leur ouvrir. Ça va aller, je te le promets…<br><strong>Vincent</strong> – Bien sûr… Ça va aller…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
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		<title>Demande</title>
		<link>https://sketchotheque.net/demande/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 16:10:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Demande, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alice prend un café. Max arrive.<br></em><strong>Alice</strong> – Ça va ?<br><strong>Max</strong> – J’ai un peu mal aux cheveux, mais ça va. Je crois que j’ai un peu forcé sur le champagne…<br><strong>Alice</strong> – Ce n’est pas tous les jours qu’on marie son meilleur copain.<br><strong>Max</strong> – Non…<br><strong>Alice</strong> – C’était sympa.<br><strong>Max</strong> – Oui.<br><strong>Alice</strong> – Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas retrouvé comme ça, tous ensemble.<br><strong>Max</strong> – Oui… Enfin… presque tous…<br><strong>Alice</strong> – Il faudrait faire ça plus souvent.<br><strong>Max</strong> – Oui. Il faudra trouver une autre occasion.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – J’ai bien une idée, mais…<br><strong>Max</strong> – Ah oui ?<br><strong>Alice</strong> – Pas toi ?<br><strong>Max</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Alice</strong> – Ça fait déjà un moment qu’on est ensemble. Je suis enceinte…<br><strong>Max</strong> (<em>feignant la surprise</em>) – Tu es enceinte ? (<em>Elle n’a pas l’air de trouver ça drôle</em>.) Je plaisante…<br><strong>Alice</strong> – Je sais, traditionnellement… ce serait plutôt à toi de me faire ta demande, mais… comme ça ne vient pas.<br><strong>Max</strong> – Je suis désolé, je ne pensais pas que… c’était important pour toi.<br><strong>Alice</strong> – Je n’ai pas dit que c’était important, mais… ce serait logique, non ?<br><strong>Max</strong> – Logique ?<br><strong>Alice</strong> – Je veux dire, ce serait dans l’ordre des choses. On habite ensemble, on va avoir un enfant…<br><strong>Max</strong> – Bien sûr.<br><strong>Alice</strong> – Cache ta joie.<br><strong>Max</strong> – Excuse-moi, c’est juste que… Je ne pensais pas qu’on aurait cette conversation ce matin. Je te l’ai dit, j’ai la gueule de bois…<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Alice</strong> – Ce n’était déjà pas évident pour moi de t’en parler, mais là, tu vois, je me sens… vraiment mal.<br><em>Il se lève et la prend dans ses bras.</em><br><strong>Max</strong> – Excuse-moi, je suis vraiment désolé. Bien sûr, on va se marier… On s’aime, non ?<br><strong>Alice</strong> – C’est moi qui suis désolée. Pardon. Je n’ai pas été très… C’est ma première demande en mariage, tu comprends.<br><strong>Max</strong> – Oui… Ça se voit un peu.<br><strong>Alice</strong> – Mais il ne faut pas que ce soit une obligation, non plus… Si tu n’as pas envie…<br><strong>Max</strong> – Alice, est-ce que tu veux être ma femme ?<br><strong>Alice</strong> – Oui, je le veux<br><strong>Max</strong> – Alors je nous déclare unis par les liens du mariage.<br><strong>Alice</strong> – Vous pouvez embrasser la mariée…<br><em>Ils s’embrassent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Avenir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/avenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:48:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avenir, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Cécile et Alice sont assises et prennent un café.<br></em><strong>Alice</strong> – Tu vas en Normandie pour l’anniversaire de Vincent ?<br><strong>Cécile</strong> – Oui. Je peux t’emmener, si tu veux. Ma mère me prête sa voiture.<br><strong>Alice</strong> – Super. (<em>Un temps</em>) Max m’a dit qu’il y serait, je crois.<br><strong>Cécile</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Mais pourquoi tu me dis ça ?<br><strong>Alice</strong> – Quoi ?<br><strong>Cécile</strong> – Pour Max.<br><strong>Alice</strong> – J’ai dit ça comme ça…<br><strong>Cécile</strong> – Allez… J’ai entendu…comme un petit sous-entendu dans ta voix.<br><strong>Alice</strong> – Pas du tout.<br><strong>Cécile</strong> – On sera une centaine à cette fête. Pourquoi tu me parles de Max ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas… Max et toi…<br><strong>Cécile</strong> – N’importe quoi. Qui est-ce qui t’a dit ça ?<br><strong>Alice</strong> – Personne. Mais tout le monde sait qu’il est amoureux de toi, non ?<br><strong>Cécile</strong> – Tout le monde ?<br><strong>Alice</strong> – Sauf toi, apparemment. Il ne te plaît pas ?<br><strong>Cécile</strong> – C’est lui qui t’a demandé de m’en parler ?<br><strong>Alice</strong> – Pas du tout, je t’assure… (<em>Un temps</em>) Enfin, si, un peu…<br><strong>Cécile</strong> – D’accord… Je pensais qu’on avait passé l’âge.<br><strong>Alice</strong> – Eh ben pas lui, tu vois. (Un temps) Alors ?<br><strong>Cécile</strong> – Je l’aime bien mais… c’est juste un copain.<br><strong>Alice</strong> – Je vois.<br><strong>Cécile</strong> – Oui, évidemment, j’ai bien remarqué que…<br><strong>Alice</strong> – Quoi ?<br><strong>Cécile</strong> – Qu’il me regardait bizarrement.<br><strong>Alice</strong> – Il est plutôt mignon, non ?<br><strong>Cécile</strong> – Mais il est tellement sérieux. Si je couche avec lui un soir, j’ai l’impression que le lendemain matin, il va m’apporter mon petit déjeuner au lit et me demander en mariage. Et qu’un mois après on sera en train de commander des meubles à la CAMIF.<br><strong>Alice</strong> – Et…<br><strong>Cécile</strong> – Je n’arrive à me projeter là-dedans.<br><strong>Alice</strong> – Je comprends.<br><strong>Cécile</strong> – Et puis franchement, un type qui n’a même pas le courage de te demander en face si tu veux sortir avec lui.<br><strong>Alice</strong> – Il avait peur de prendre une veste, j’imagine.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Cécile</strong> – Et toi ?<br><strong>Alice</strong> – Moi ?<br><strong>Cécile</strong> – Il te plaît, Max ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas… Pourquoi pas…<br><strong>Cécile</strong> – D’accord…<br><strong>Alice</strong> – Non mais j’ai juste dit… pourquoi pas.<br><strong>Cécile</strong> – Et lui il t’envoie me parler à sa place…<br><strong>Alice</strong> – Il faut croire que tu l’impressionnes.<br><strong>Cécile</strong> – Malheureusement, ce n’est pas réciproque. Vous vous voyez souvent ?<br><strong>Alice</strong> – On révise le CAPES ensemble, parfois.<br><strong>Cécile</strong> – Je vois… Je lui dis que tu as envie de sortir avec lui ?<br><strong>Alice</strong> – Ce serait assez drôle…<br><strong>Cécile</strong> – Oui.<br><strong>Alice</strong> – Mais un peu cruel.<br><strong>Cécile</strong> – Il l’a un peu cherché, non ?<br><em>Elles rient.</em><br><strong>Alice</strong> – Et toi, qu’est-ce que tu fais l’année prochaine ?<br><strong>Cécile</strong> – Je ne sais pas… Je ne sais déjà pas ce que je vais faire cet été.<br><strong>Alice</strong> – Tu ne vas pas arrêter la fac, quand même ? Comme Fred…<br><strong>Cécile</strong> – Fred ?<br><strong>Alice</strong> – Il part aux États-Unis à la fin du mois.<br><strong>Cécile</strong> – Ah oui… Il part pour longtemps ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Cécile</strong> – C’est un drôle de type, Fred.<br><strong>Alice</strong> – Plus drôle que Max, en tout cas.<br><strong>Cécile</strong> – Non, je veux dire… il est toujours en train de déconner, mais…<br><strong>Alice</strong> – Quoi ?<br><strong>Cécile</strong> – Je ne sais s’il est aussi gai qu’il veut le faire croire.<br><strong>Alice</strong> – Tu crois qu’il est gay ?<br><strong>Cécile</strong> – Mais non… Enfin, je n’en sais rien. Tu crois qu’il est gay ?<br><strong>Alice</strong> – Je ne sais pas… Tu n’as qu’à essayer, tu verras bien…<br><strong>Cécile</strong> – En tout cas, il a bien raison de se barrer d’ici.<br><strong>Alice</strong> – Ouais… Tu es déjà allée aux États-Unis, toi ?<br><strong>Cécile</strong> – Je crois que le plus loin où je suis allée, dans ma vie, c’est l’Ardèche.<br><strong>Alice</strong> – Non ? Tu n’as jamais pris l’avion ?<br><strong>Cécile</strong> – Si… pour aller en Ardèche.<br><strong>Alice</strong> – Tu déconnes ?<br><strong>Cécile</strong> – Non, je t’assure. Et toi ? Tu as beaucoup voyagé ?<br><strong>Alice</strong> – En tout cas, j’ai beaucoup déménagé. Jusqu’à l’âge de dix ans. Mon père était militaire. Mais déménager, ce n’est pas vraiment voyager, tu sais. J’ai vécu en Allemagne, et dans plusieurs pays d’Afrique. Je ne sais même plus lesquels. Pour moi, déménager, c’était surtout quitter mes copines. Quand j’arrivais quelque part, je savais qu’il ne fallait pas que je m’attache. Parce que six mois après, ou deux ans maxi, je partirais. Et je ne les reverrais plus jamais.<br><strong>Cécile</strong> – Et après ?<br><strong>Alice</strong> – Après mon père est mort, et on n’a plus déménagé. C’est terrible à dire, mais je crois que la mort de mon père, ça a été pour moi un soulagement… La possibilité, enfin, de pouvoir me fixer quelque part (<em>Elle a l’air au bord des larmes.</em>) Tu ne vas pas déménager, toi ?<br><strong>Cécile</strong> – Mais non, rassure-toi… Je reste là.<br><em>Cécile pose sa main sur celle d’Alice pour la rassurer.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="295" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-496" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/les-rebelles-jean-pierre-martinez-bandeau-300x221.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Départ</title>
		<link>https://sketchotheque.net/depart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:38:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignant]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<category><![CDATA[Exil]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Rêve]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Départ, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Vincent et Fred sont assis à une table et prennent un café.</em><br><strong>Vincent</strong> – Génial… Et donc tu pars dans trois semaines ?<br><strong>Fred</strong> – Le premier mai, oui. Le jour de la fête du travail, moi je me barre en vacances pour un an. Ou plus, on verra bien…<br><strong>Vincent</strong> – Ce ne sera pas tout à fait des vacances, si ?<br><strong>Fred</strong> – Quand j’aurai besoin de fric, je travaillerai un peu comme cuistot ou comme serveur. C’est très facile, là-bas. Il y a du boulot pour tout le monde. Et les Français sont très appréciés. Surtout dans la restauration. Sans parler des gonzesses, évidemment…<br><strong>Vincent</strong> – Le mythe du French lover… Petit veinard… Tu vas t’éclater.<br><strong>Fred</strong> – Tu n’as qu’à venir avec moi.<br><strong>Vincent</strong> – Je ne peux pas, malheureusement. Je commence mon année de stage en septembre dans une banque à Paris. Et si je ne veux pas me taper trois heures de transport par jour, il faut que je bosse cet été pour me payer une chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais.<br><strong>Vincent</strong> – C’est nettement moins glamour.<br><strong>Fred</strong> – C’est sûr…<br><strong>Vincent</strong> – Tu en as parlé à Max ?<br><strong>Fred</strong> – Ouais. Je l’ai vu hier.<br><strong>Vincent</strong> – Ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Tu le connais… Avec Max, ça ne va jamais vraiment.<br><strong>Vincent</strong> – Il passe son CAPES dans deux mois, il est un peu sur les nerfs.<br><strong>Fred</strong> – On ne se voit presque plus.<br><strong>Vincent</strong> – Il bosse beaucoup, je crois.<br><strong>Fred</strong> – Ou alors il m’en veut. Je ne sais pas pourquoi.<br><strong>Vincent</strong> – Je crois qu’il nous en veut à tous les deux d’avoir arrêté le groupe. Et maintenant, toi tu t’en vas. Alors Les Rebelles, c’est fini ?<br><strong>Fred</strong> – C’était déjà fini, non ?<br><strong>Vincent</strong> – Il faut se rendre à l’évidence, on ne serait jamais devenus des stars.<br><strong>Fred</strong> – Pas des stars du rock, en tout cas…<br><strong>Vincent</strong> – De toute façon, j’ai revendu ma batterie pour payer la caution de ma chambre de bonne.<br><strong>Fred</strong> – Et moi ma guitare pour acheter mon billet d’avion.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles, quel nom à la con. Je ne sais plus qui avait trouvé ça à l’époque.<br><strong>Fred</strong> – C’est moi.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, c’est vrai…<br><strong>Fred</strong> – Quand j’étais interne au lycée, dans ma boîte de curés, c’était une vraie prison. On ne pouvait franchir les grilles de l’école que le week-end. Et encore, si on n’était pas collés. Et évidemment, ce n’était pas mixte.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Oh putain…<br><strong>Fred</strong> – Tu imagines un peu ? À l’âge où on ne pensait qu’à se débarrasser de notre pucelage, toute la semaine entre mecs, de jour comme de nuit. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas devenir homo.<br><strong><strong>Vincent</strong></strong> – Et tu n’as pas essayé de t’évader ?<br><strong>Fred</strong> – Un jour, j’ai organisé une grève pour protester contre nos conditions de détention. Tout le monde avait l’air partant. Mais au final, sur quatre cents élèves, on n’était que trois à refuser de rentrer en classe.<br><strong>Vincent</strong> – Les Rebelles…<br><strong>Fred</strong> – Il y avait un type dans ma classe qui se disait communiste. Le genre très bon élève, tu vois, mais très engagé politiquement. Je lui ai demandé pourquoi il refusait de participer à notre mouvement de protestation. Tu sais ce qu’il m’a répondu ?<br><strong>Vincent</strong> – Non.<br><strong>Fred</strong> – Il m’a dit : C’est une rébellion, pas une révolution…<br><strong>Vincent</strong> – Ah ouais…<br><strong>Fred</strong> – Je ne sais pas où il en est aujourd’hui avec sa révolution. Moi j’essaie de rester un rebelle.<br><strong>Vincent</strong> – Et comment ça s’est terminé votre rébellion ?<br><strong>Fred</strong> – J’espérais me faire virer, mais non. Même pas. On s’est fait coller pendant quatre week-ends de suite.<br><strong>Vincent</strong> – Ah oui, je m’en souviens. On ne t’avait pas vu pendant un bon bout de temps.<br><strong>Fred</strong> – Je me suis juré qu’après le bac, je ne laisserai plus personne m’enfermer quelque part. Et surtout pas dans un bureau…<br><strong>Vincent</strong> – Ouais.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne te fait pas flipper, toi, la perspective de finir ta vie dans une banque ?<br><strong>Vincent</strong> – Qu’est-ce que tu veux… Je ne suis pas aussi beau que toi, moi. Si je veux trouver des gonzesses, je ne peux pas compter que sur mon physique. Alors il faut que je me fasse un max de fric…<br><strong>Fred</strong> – Je vais en profiter pendant que je suis encore jeune et beau, alors… Après… je miserai tout sur l’humour.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu viendras quand même en Normandie pour mon anniversaire ? C’est dans quinze jours.<br><strong>Fred</strong> – Évidemment.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Vincent</strong> – Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Fred</strong> – Nickel.<br><strong>Vincent</strong> – C’est ce que tu voulais, non ? Partir d’ici. Découvrir le monde.<br><strong>Fred</strong> – Ouais… Dans trois semaines, à moi l’Amérique ! Je vous enverrai des cartes postales, c’est promis.<br><strong>Vincent</strong> – Et puis on se reverra.<br><strong>Fred</strong> – Bien sûr…<br><em>Ils échangent un regard qui en dit long.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Désaccord</title>
		<link>https://sketchotheque.net/desaccord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:29:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Guitare]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1184</guid>

					<description><![CDATA[<p>Désaccord, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Max est là avec une guitare basse qu’il est en train d’accorder. Fred arrive avec une guitare.<br></em><strong>Max</strong> – Tu as jeté un coup d’œil dans la salle ?<br><strong>Fred</strong> – Ouais…<br><strong>Max</strong> – C’est plein à craquer, tu te rends compte ! Il y en a même qui essaient d’entrer par la sortie de secours, il paraît.<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais ?<br><strong>Max</strong> – Tu ne vas pas le croire, il y a une nana qui m’a demandé un autographe…<br><strong>Fred</strong> – Tu lui as laissé ton numéro ?<br><strong>Max</strong> – Même pas…<br><strong>Fred</strong> – Elle n’était pas terrible…?<br><strong>Max</strong> – Elle avait quatorze ans…<br><strong>Fred</strong> – D’accord…<br><strong>Max</strong> – Non mais tu entends ça ?<br><strong>Fred</strong> (<em>la tête ailleurs</em>) – Quoi ?<br><strong>Max</strong> – Ils s’impatientent. Ils sont déjà en train d’applaudir. Notre public nous réclame !<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais…<br>Max – Fred ? Je sens qu’il se passe quelque chose, là. Tu verras, mon vieux. Dans quelques années, quand on sortira notre troisième album, et qu’on fera notre premier Olympia, on se souviendra de ce concert, et on se dira que c’est là où tout a commencé.<br><em>Fred a l’air de chercher quelque chose.</em><br><strong>Fred</strong> (<em>préoccupé</em>) – Ouais…<br><strong>Max</strong> – Ça va ? Tu n’es pas trop défoncé, au moins ?<br><strong>Fred</strong> – Non, non… Enfin si, mais…<br><strong>Max</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Fred</strong> – J’ai cassé une corde.<br><strong>Max</strong> – Tu as largement le temps de la changer. Et puis si on se fait attendre un peu… Ça fera monter la pression.<br><strong>Fred</strong> – Le problème c’est que… je n’ai pas la corde de rechange.<br><strong>Max</strong> – Tu n’as pas de cordes de rechange ?<br><strong>Fred</strong> – J’en ai, mais… pas celle-là.<br><strong>Max</strong> – Comment ça pas celle-là ?<br><strong>Fred</strong> – La corde de si. Je n’ai pas la corde de si.<br><strong>Max</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Fred</strong> – Non…<br><strong>Max</strong> – Putain Fred…<br><strong>Fred</strong> – Tu n’en aurais pas une, toi ?<br><strong>Max</strong> – Si. J’ai deux jeux de cordes de rechange pour ma basse. Pourtant les cordes de basse, ça ne casse pas souvent, tu vois.<br><strong>Fred</strong> – Désolé…<br><strong>Max</strong> – Il n’y a pas un magasin de musique, dans le coin ?<br><strong>Fred</strong> – On est dimanche.<br><strong>Max</strong> – Putain… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Fred</strong> – Ben… je ne jouerai pas avec cette corde-là, voilà.<br><strong>Max</strong> – Super…<br><strong>Fred</strong> – Il m’en reste quand même cinq.<br><strong>Max</strong> – Si tu n’en casses pas une autre d’ici là…<br><strong>Fred</strong> – Qu’est-ce que tu veux ? C’est mon côté destroy. Jimi Hendrix cassait bien sa guitare sur scène…<br><strong>Max</strong> – Ouais, mais lui il attendait la fin du concert. Et je suis sûr que lui, il avait toujours un jeu de cordes de rechange. Pourquoi tu n’as pas de cordes de rechange ?<br><strong>Fred</strong> – Je n’avais pas de thune.<br><strong>Max</strong> – C’est ça… Mais pour acheter de la beuh, là tu as toujours des thunes.<br><em>Fred avance vers lui, menaçant.</em><br><strong>Fred</strong> – Eh, oh, tu te prends pour ma mère, ou quoi ?<br><strong>Max</strong> – C’est toi qui me prends pour ta mère, Fred. Alors c’est moi qui devrais avoir des cordes de rechange pour ta gratte de merde, c’est ça ? J’en ai ras le bol de jouer avec une bande de loosers.<br><strong>Fred</strong> – Personne ne te retient, Max. Tu fais chier tout le monde. Nous on est là pour s’éclater, pas pour entendre tes leçons de morale…<br><em>Fred s’en va. Vincent arrive.</em><br><strong>Vincent</strong> – Tu as vu le monde qu’il y a dans la salle ?<br><strong>Max</strong> – Ouais.<br><strong>Vincent</strong> – Depuis qu’on a une chanteuse, on a beaucoup plus de succès, tu as remarqué ?<br><strong>Max</strong> – Elle chante faux.<br><strong>Vincent</strong> – Apparemment, les mecs ne viennent pas seulement pour l’écouter… Il faut dire que… Il y a un problème ?<br><strong>Max</strong> – Fred a pété une corde.<br><strong>Vincent</strong> – Et alors…?<br><strong>Max</strong> – Il n’a pas de corde de rechange.<br><strong>Vincent</strong> – Ah merde… (<em>Il sort un joint, l’allume, tire une bouffée et le tend à Max.</em>) Tu en veux ? C’est du Libanais…<br><strong>Max</strong> – Non merci, je préfère rester lucide…<br><strong>Vincent</strong> (<em>hilare</em>) – Lucide ?<br><strong>Max</strong> – Alors toi aussi, tu es défoncé.<br><strong>Vincent</strong> – Complètement. Bon, on y va ? Je crois que notre public nous réclame…<br><strong>Max</strong> – Putain, Vincent, tu ne comprends pas ! Fred joue déjà comme un manche avec six cordes, alors avec cinq. Le public va nous massacrer…<br><strong>Vincent</strong> – Le public ? Ne t’inquiète pas. C’est nos potes ! Et ils sont encore plus défoncés que nous…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Une belle mort</title>
		<link>https://sketchotheque.net/une-belle-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:49:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Interactif]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Incinération]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une belle mort, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Une table à laquelle une femme est assise. Aucune consommation devant elle. Une autre arrive.<br></em><strong>Une</strong> (<em>se levant</em>) – Ah, tu es venue…<br><strong>Deux</strong> – J’avais le choix ?<br><em>Mal à l’aise, elles hésitent à s’embrasser, mais y renoncent. Elles s’asseyent.</em><br><strong>Une</strong> – Tu prends quelque chose ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai commandé un café en passant.<br><strong>Une</strong> – On a beau savoir qu’on n’est pas là pour toujours… Ça fiche un coup…<br><strong>Deux</strong> – À son âge… On savait qu’il était en période de préavis, non ?<br><strong>Une</strong> – Apparemment, c’est arrivé pendant son sommeil.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…?<br><strong>Une</strong> – Au moins, il n’a pas souffert… Il ne s’est même vu partir.<br><strong>Deux</strong> – Une belle mort, comme on dit… Ça ne remplace pas une belle vie, mais c’est toujours mieux que rien…<br><strong>Une</strong> – Il a toujours fait ce qu’il a voulu…<br><strong>Deux</strong> – Est-ce que ça suffit à faire une belle vie…?<br><strong>Une</strong> – C’était une autre époque.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><em>Silence embarrassé. La deuxième se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Je vais voir ce qu’ils foutent avec mon café… On dirait qu’ils m’ont oubliée… Tu reprends quelque chose ?<br><strong>Une</strong> – Ils ne m’ont toujours pas apporté ce que j’avais commandé non plus…<br><em>La deuxième s’approche du comptoir dans le noir. La première se fait un raccord de maquillage. L’autre revient avec deux tasses de café et se rassied.</em><br><strong>Deux</strong> – Ils les avaient préparés, mais ils avaient oublié de nous les apporter…<br><strong>Une</strong> – J’espère qu’il est encore chaud…<br><strong>Deux</strong> (<em>prenant une gorgée</em>) – En tout cas, il est fort… Ça réveillerait un mort…<br><em>L’autre lui lance un regard étonné, se demandant s’il s’agit d’une plaisanterie ou pas.</em><br><strong>Une</strong> – On n’aura même pas pu lui dire au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Au revoir ?<br><strong>Une</strong> – Adieu, si tu préfères…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas ce que je préfère, mais bon…<br><strong>Une</strong> – Quand même… Si on avait su…<br><strong>Deux</strong> – Même si on avait su la date et l’heure… Entre nous, qu’est-ce que ça aurait changé<br><strong>Une</strong> – On aurait pu lui dire un dernier mot…<br><strong>Deux</strong> – Un dernier mot ? Comme quoi, par exemple ?<br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En ce qui me concerne, je ne suis pas sûr que le dernier mot que j’aurais pu lui dire lui aurait été d’un grand réconfort…<br><strong>Une</strong> – Ça ne sert plus à rien de ruminer le passé… Maintenant qu’il n’est plus là….<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison… Tournons-nous résolument vers l’avenir… Alors qu’est-ce qu’on fait du corps ?<br><strong>Une</strong> – Tu parles comme si c’était nous qui l’avions assassiné…<br><strong>Deux</strong> – Je me disais que l’incinération…<br><strong>Une</strong> – Tu crois que c’est ça qu’il aurait voulu ?<br><strong>Deux</strong> – Alors là… Je ne me souviens pas d’avoir eu ce genre de conversation avec lui… D’ailleurs, je ne me souviens pas d’avoir jamais eu une véritable conversation avec lui… Et toi ?<br><strong>Une</strong> – Non, moi non plus…<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas, c’est à nous de décider. Personnellement, je n’ai jamais été très fan du côté mausolée. Sauf pour les grands hommes, évidemment. On ne va pas le faire embaumer comme Staline… Et comme je n’ai pas l’intention d’aller lui porter des fleurs tous les ans à La Toussaint.<br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Je parle pour moi… Mais je ne voudrais surtout pas te priver du plaisir d’aller fleurir sa tombe une fois par an… Si tu crois qu’il vaut mieux investir dans la pierre… On fera comme tu voudras.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Une</strong> – Et qu’est-ce qu’on ferait des cendres ?<br><strong>Deux</strong> – On partage. Comme c’est tout ce qu’il nous a laissé.<br><strong>Une</strong> – On ne peut pas faire ça…<br><strong>Deux</strong> – Si tu préfères le répandre en entier sur ta pelouse entre le barbecue et la piscine, je suis prête à te laisser ma part, rassure-toi…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Une</strong> – Comment tu peux être aussi dure…?<br><em>L’émotion prend le dessus.</em><br><strong>Deux</strong> – Comment on a pu en arriver là ? C’est ça la question…<br><strong>Une</strong> – C’est comme ça… Ce n’est la faute de personne…<br><strong>Deux</strong> – C’est forcément la faute de quelqu’un !<br><strong>Une</strong> – Il est trop tard, de toute façon.<br><em>Silence.</em><br><strong>Une</strong> – Et toi, comment ça va ?<br><strong>Deux</strong> – Ça va.<br><strong>Une</strong> – C’est tout ?<br><strong>Deux</strong> – Ce serait trop long…<br><em>Son portable sonne, elle répond.</em><br><strong>Deux</strong> – Oui ? Ah, c’est toi… Non, non… Si, si, mais… Écoute, je suis en réunion là. Enfin… une réunion de famille, plutôt. Non, ce n’est pas vraiment une fête de famille non plus, je te raconterai. Je peux te rappeler ? OK, à tout à l’heure… Moi aussi…<br><em>Elle range son portable.</em><br><strong>Deux</strong> – Excuse-moi… Et toi, comment ça va ?<br><strong>Une</strong> – Ça fait tellement longtemps… Je ne sais pas par où commencer…<br><em>Le portable de l’autre sonne à nouveau.</em><br><strong>Deux</strong> – Pardon… (<em>Elle prend l’appel.</em>) Oui ? Ah, d’accord. Non, non, ce n’est pas grave. Non ? Mais je vous avais dit de… OK, je serai là-bas d’ici une heure.<br><em>Elle range son portable.</em><br><strong>Deux</strong> – Je suis vraiment désolée… Qu’est-ce qu’on disait ?<br><strong>Une</strong> – Rien d’important.<br><strong>Deux</strong> – Écoute, franchement, si tu peux t’en occuper pour… Moi, c’est au-dessus de mes forces… Fais comme tu le sens, pour moi, il n’y a pas de problème… Et bien sûr, on partage les frais…<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Deux</strong> – Il faut vraiment que j’y aille, là… Je n’avais pas prévu de… Mais on peut déjeuner ensemble un de ces jours…<br><strong>Une</strong> – Pourquoi pas.<br><em>Elle commence à sortir un billet de son sac pour payer.</em><br><strong>Deux</strong> – Laisse, je paierai en partant. Tu as mon numéro, tu me tiens au courant ?<br><strong>Une</strong> – D’accord…<br><em>Cette fois elles s’embrassent, maladroitement. La deuxième s’en va. La première se rassied, et termine son café.</em><br><strong>Une</strong> – Et voilà, maintenant il est froid…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Le coccyx</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-coccyx/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 15:25:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Arbre]]></category>
		<category><![CDATA[Cheveux]]></category>
		<category><![CDATA[Enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie du quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Saison]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le coccyx, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Au comptoir, deux femmes regardent au loin droit devant elles. La deuxième a sur la tête un bonnet dont ne dépasse aucune chevelure.</em><br><strong>Une</strong> – Tu as vu, cet arbre, comme il est beau ?<br><strong>Deux</strong> (<em>avec l’air de s’en foutre</em>) – Ouais.<br><strong>Une</strong> – Il fait tellement partie du paysage… On finit par ne plus le voir.<br><strong>Deux</strong> – Mmm…<br><strong>Une</strong> – C’est un chêne. On n’était pas encore nées, il était déjà là.<br><strong>Deux</strong> – Comment tu le sais ? Puisqu’on n’était pas nées…<br><strong>Une</strong> – On avait accroché une balançoire à une de ses branches, quand on était petites. Il était déjà aussi grand. Tu ne te souviens pas ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Une</strong> – Moi, oui. Je m’étais cassé le bras en tombant de cette putain de balançoire.<br><strong>Deux</strong> – Tu t’es cassé tellement de trucs. Comment veux-tu que je me souvienne…? Une fois, tu t’es même cassé le cul.<br><strong>Une</strong> – Le coccyx.<br><strong>Deux</strong> – En tombant d’une chaise. C’est dingue. Je me demande quel os tu ne t’es pas fracturé. (<em>Un temps</em>) Le coccyx… Je ne savais même pas que ça existait, à l’époque. Et même maintenant, je ne suis pas sûre de savoir comment ça s’écrit.<br><strong>Une</strong> – Tout ce que je peux te dire, c’est que ça rapporte un paquet de points au Scrabble…<br><strong>Deux</strong> – C’est simple, quand je t’imagine petite, je te revois avec un plâtre… Même sur les photos de classe, tu as toujours un bras en écharpe, une paire de béquilles ou un gros pansement. C’est à se demander comment tu as fait pour arriver entière jusqu’ici.<br><strong>Une</strong> – Toi, tu ne t’es jamais rien cassé. Comme cet arbre, là…<br><strong>Deux</strong> – Pourtant j’ai fait les mêmes bêtises que toi… Moi aussi j’ai vécu dangereusement. Ça m’est même arrivé d’ouvrir des huîtres à Noël. Et je ne me suis jamais transpercé la main avec le couteau…<br><strong>Une</strong> – Tu as toujours eu plus de chance que moi. Je t’en ai souvent voulu, pour ça…<br><strong>Deux</strong> – Tu crois vraiment que c’est moi qui ai eu de la chance…?<br><strong>Une</strong> – C’est ça, traite moi d’empotée.<br><strong>Deux</strong> – Où est-ce que tu veux en venir, avec ton arbre ?<br><strong>Une</strong> – Il a résisté à toutes les tempêtes. Pas une branche de cassée. Comme toi. Dans une centaine d’années, il sera encore là.<br><strong>Deux</strong> – Même si il est encore debout, il est peut-être déjà rongé de l’intérieur. Regarde, il n’a plus une feuille sur le caillou. Comme moi, justement.<br><strong>Une</strong> – C’est normal. On est en automne…<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, c’est vrai. Je n’ai pas vu passer l’été… De ma fenêtre, à l’hôpital, j’avais la vue sur le parking d’Auchan.<br><strong>Une</strong> – Ça va repousser au printemps, tu verras.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et mes cheveux, tu crois qu’ils vont repousser, au printemps ?<br><strong>Une</strong> (<em>lui tendant la main</em>) – Tiens. J’en mets ma main à couper…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Mention passable</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mention-passable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:45:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1107</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mention passable, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bistrot. Au bar la patronne et une cliente.</em><br><strong>Patronne</strong> – Et vous l’avez eu ?<br><strong>Cliente</strong> – Mention passable.<br><strong>Patronne</strong> – Vos parents devaient être contents.<br><strong>Cliente</strong> – En tout cas, ils ne m’ont rien dit.<br><strong>Patronne</strong> – Il y a des gens pas bavards.<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais aimé au moins une fois dans ma vie que mes parents me disent qu’ils étaient fiers de moi. Même si ce n’était pas vrai. Pas vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Ce que j’aurais aimé, c’est pouvoir dire à mes parents que j’étais fière d’eux…<br><strong>Cliente</strong> – Vous avez des enfants ?<br><strong>Patronne</strong> – Non. Et je ne suis pas sûre qu’ils auraient été fiers de moi…<br><strong>Cliente</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Patronne</strong> – Donc, vous ne vous êtes pas jetée dans la Seine…<br><strong>Cliente</strong> – J’aurais dû. Parce que c’est après que les ennuis ont commencé.<br><strong>Patronne</strong> – Vous n’avez pas trouvé de boulot ?<br><strong>Cliente</strong> – Si. Un petit boulot, comme on dit.<br><strong>Patronne</strong> – C’est toujours mieux que de faire le trottoir.<br><strong>Cliente</strong> – Encore que… Le bac c’est la fin de l’innocence, mais le premier job, c’est comme un dépucelage. On se rend compte que là, on est vraiment baisé. On sait qu’il n’y a que la première fois où ça fait un peu mal, et qu’on va s’habituer. Mais on se doute qu’il va falloir pas mal d’imagination pour y prendre un peu de plaisir… Ça s’est passé comment, pour vous ?<br><strong>Patronne</strong> – Mon dépucelage ?<br><strong>Cliente</strong> – Votre premier job ! Qu’est-ce que vous faisiez avant de vous mettre à votre compte ?<br><strong>Patronne</strong> – Je faisais le tapin rue Saint-Denis.<br><strong>Cliente</strong> – Ah… Alors vous savez de quoi je parle…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Deux demis</title>
		<link>https://sketchotheque.net/deux-demis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:32:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Bière]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1101</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deux demis, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cliente se plante devant le comptoir.</em><br><strong>Patronne</strong> – Qu’est-ce que je lui sers à la petite dame ?<br><strong>Cliente</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai envie de rien…<br><strong>Patronne</strong> – Rien ? Désolée, on n’a pas ça ici…<br><strong>Cliente</strong> – J’ai juste envie de me jeter sous un train.<br><strong>Patronne</strong> – Ah oui, mais là, vous êtes pas au bon endroit. Vous voyez, je n’ai pas de casquette de chef de gare. Alors si vous voulez rester, il va falloir consommer.<br><strong>Cliente</strong> – Bon ben je vais prendre… une bière. Quand on a des idées suicidaires, une bière, ça me paraît tout à fait approprié, non ?<br><strong>Patronne</strong> – Quoi comme bière ?<br><strong>Cliente</strong> – Une Mort Subite.<br><strong>Patronne</strong> – Je n’ai pas de bière belge.<br><strong>Cliente</strong> – Qu’est-ce que vous avez ?<br><strong>Patronne</strong> – De la pression.<br><strong>Cliente</strong> – Qu’est-ce que vous avez comme pression ?<br><strong>Patronne</strong> – De la pression ordinaire…<br><strong>Cliente</strong> – C’est tout ?<br><strong>Patronne</strong> – Tout à l’heure, vous ne saviez pas quoi prendre, et maintenant vous trouvez qu’il n’y a pas assez de choix ?<br><strong>Cliente</strong> – Une pression ordinaire, ça ira très bien.<br><strong>Patronne</strong> – Ce que les gens viennent chercher ici, ce n’est pas de la bière, vous savez. De la bière, ils en ont chez eux au frigo.<br><strong>Cliente</strong> – Vous avez raison. Ils viennent sûrement chez vous pour trouver un peu de chaleur humaine…<br><strong>Patronne</strong> – Qu’importe le flocon, pourvu qu’on ait l’Everest.<br><strong>Cliente</strong> – Un demi, alors. Non, deux…<br><em>La patronne lui sert ses deux demis.</em><br><strong>Patronne</strong> – Et voilà… Deux demis…<br><strong>Cliente</strong> – Deux demis. Ça fait un entier… Enfin c’est ce que j’ai appris à l’école…<br><strong>Patronne</strong> – Vous êtes une marrante, vous… Vous attendez quelqu’un ?<br><strong>Cliente</strong> – Si j’attendais ma moitié, j’irais m’asseoir à une de ces tables, et je me referais une beauté. Je ne serais pas là, debout, ébouriffée, à parler toute seule.<br><strong>Patronne</strong> – Merci.<br><em>La cliente pousse le deuxième demi vers la patronne.</em><br><strong>Cliente</strong> – Vous ce n’est pas pareil… (<em>Elles trinquent.</em>) Un patron de bistrot, c’est un peu comme un psychanalyste ou un curé. On peut tout lui raconter, mais on ne peut rien lui demander. Surtout pas s’il a un problème avec sa mère ou si ça lui arrive aussi d’avoir des mauvaises pensées…<br><strong>Patronne</strong> – Vous avez un problème avec votre mère ?<br><strong>Cliente</strong> – Ça vous arrive d’avoir des mauvaises pensées ?<br><strong>Patronne</strong> – Ça ne vous regarde pas !<br><strong>Cliente</strong> – Ah, vous voyez bien…<br><strong>Patronne</strong> – Vous êtes venue ici pour chercher les ennuis ?<br><strong>Cliente</strong> – Je suis venue pour chercher l’inspiration.<br><strong>Patronne</strong> – Ah, ouais…?<br><strong>Cliente</strong> – Les poètes vont souvent au bistrot pour chercher l’inspiration. Vous ne saviez pas ?<br><strong>Patronne</strong> (<em>ironique</em>) – Si, si. Tous mes clients sont des poètes.<br><strong>Cliente</strong> – Il paraît que chaque jour, en France, deux bistrots mettent la clef sous la porte. C’était dans le journal de ce matin.<br><strong>Patronne</strong> – Je ne lis pas les journaux.<br><strong>Cliente</strong> – Pourtant, vous en vendez !<br><strong>Patronne</strong> – Je vends aussi des pipes. Et je ne fume pas.<br><strong>Cliente</strong> – Où iront les poètes pour chercher l’inspiration quand tous les bistrots auront été remplacés par des Mac Donald ?<br><strong>Patronne</strong> – Qu’ils aillent au diable.<br><strong>Cliente</strong> – Quand le petit bruit de l’œuf dur cassé sur un comptoir d’étain se sera définitivement tu, les derniers Prévert auront disparu.<br><strong>Patronne</strong> – Des prés verts ? Dans le coin, à part quelques mauvaises herbes sur le bitume des trottoirs…<br><strong>Cliente</strong> – Non, croyez-moi, quand il n’y aura que des fast-foods au coin des rues, les poètes n’écriront plus que de la littérature de gare.<br><strong>Patronne</strong> – C’est pour ça que vous voulez vous jeter sous un train ?<br><strong>Cliente</strong> – Ou peut-être parce que j’ai peur de ne pas trouver l’inspiration.<br><strong>Patronne</strong> – Vous croyez vraiment que c’est ici que vous allez trouver quelque chose à raconter ?<br><strong>Cliente</strong> – Si les comptoirs pouvaient parler, ils auraient des tas de choses à dire, non ?<br><strong>Patronne</strong> – Sûr… Mais je ne sais pas qui ça pourrait intéresser.<br><strong>Cliente</strong> – Tenez, c’est dans un café comme celui-là que j’ai appris mes résultats du bac.<br><strong>Patronne</strong> – Sans blague…<br><strong>Cliente</strong> – Le bac, le permis de conduire… Ce sont des étapes, dans la vie, non ? Des rites de passage…<br><strong>Patronne</strong> – Le seul bac que j’ai passé, c’était pour traverser la Loire, et monter à Paris… Et je crois que le seul permis que j’aurai jamais, c’est le permis d’inhumer…<br><strong>Cliente</strong> – Je pourrais toujours raconter ma vie… Ou la vôtre…?<br><strong>Patronne</strong> – On peut être payée pour raconter sa vie ? Tous mes clients font ça gratuitement…<br><strong>Cliente</strong> – Pas très cher…<br><strong>Patronne</strong> – Des cacahuètes?<br><strong>Cliente</strong> – Oui, à peu près.<br><strong>Patronne</strong> – Non, je veux dire… Vous voulez des cacahuètes ? Avec vos deux demis…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/">Le Comptoir</a><br><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/le-comptoir/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="359" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="" class="wp-image-494" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/le-comptoir-jean-pierre-martinez-bandeau-300x269.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>La mer</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1014</guid>

					<description><![CDATA[<p>La mer, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis à une table de café, il paraît au moins la cinquantaine et porte des vêtements démodés. Une valise désuète est posée à ses pieds. Il regarde fixement devant lui, en direction de la salle. Une serveuse, la trentaine, arrive et nettoie une autre table. Elle essaie dʼattirer son attention, sans oser le déranger. Lʼhomme ne prête pas attention à elle. Elle finit par sʼapprocher.<br></em><strong>Femme</strong> – Excusez-moi, mais… je termine mon service dans cinq minutes. Je vais devoir vous encaisser.<br><em>Lʼhomme lʼaperçoit enfin et revient à la réalité.</em><br><strong>Homme</strong> – Je… Je vais y aller, bien sûr.<br><strong>Femme</strong> – Ah non, mais vous pouvez rester ! On est ouvert jusquʼà minuit. Cʼest juste que… Il faut que je fasse ma caisse.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><em>Il sort de sa poche un billet quʼil pose sur la table. La femme regarde le billet avec curiosité.</em><br><strong>Femme</strong> – Pardon, mais… On est passé à lʼeuro il y a déjà plus de vingt ans, vous savez…<br><em>Lʼhomme regarde le billet, prenant conscience de son erreur.</em><br><strong>Homme</strong> – Je suis vraiment désolé…<br><em>Il reprend le billet et en sort un autre quʼil pose sur la table.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous nʼavez pas plus petit…<br><strong>Homme</strong> – Cʼest tout ce que jʼai sur moi.<br><strong>Femme</strong> – Pas de problème, je vous ramène la monnaie tout de suite.<br><strong>Homme</strong> – Ne vous dérangez pas… Gardez le tout.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest un billet de 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et votre café, cʼest deux euros.<br><em>Il regarde à nouveau fixement devant lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Ça fait combien de temps que je suis assis à cette table ?<br><strong>Femme</strong> – Je dirais… sept ou huit heures. Vous étiez mon premier client quand jʼai commencé mon service à midi.<br><strong>Homme</strong> – Et vous ne mʼavez rien dit.<br><strong>Femme</strong> – Vous dire quoi ?<br><strong>Homme</strong> – De renouveler ma consommation, par exemple … ou de partir.<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas le genre de la maison. Vous prenez un café, vous pouvez rester là jusquʼà la fermeture si vous voulez.<br><strong>Homme</strong> – Gardez la monnaie, je vous en prie.<br><strong>Femme</strong> – Bon… Merci… Il y a déjà quelque temps que je fais ce métier… Cʼest le plus gros pourboire quʼon mʼait jamais donné. Surtout pour un simple café.<br><strong>Homme</strong> – Ça me fait plaisir, je vous assure.<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas osé vous déranger avant, vous aviez lʼair tellement… perdu dans vos pensées. Vous êtes en vacances ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai lʼair dʼêtre en vacances ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas…Je disais ça…à cause de la valise.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La valise.<br><strong>Femme</strong> – Vous cherchez un hôtel ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Bon, eh bien… À une autre fois, peut-être…<br><strong>Homme</strong> – Peut-être.<br><em>Il se replonge dans sa contemplation. Elle sʼapprête à partir mais se ravise.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne voudrais pas être indiscrète mais… quʼest-ce que vous regardez comme ça fixement, depuis huit heures dʼaffilée. Je ne suis même pas sûre de vous avoir vu cligner des yeux…<br><strong>Homme</strong> – Je regarde la mer.<br><strong>Femme</strong> – La mer ?<br><strong>Homme</strong> – La mer, à lʼendroit précis où elle rejoint lʼhorizon.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord.<br><strong>Homme</strong> – Vous ne regardez jamais la mer ?<br><strong>Femme</strong> – Non. Enfin… jamais aussi longtemps en tout cas. Jamais comme ça. Et puis… je nʼai pas beaucoup le temps.<br>Homme – Cʼest dommage… Je veux dire… que vous nʼayez pas le temps.<br><strong>Femme</strong> – La mer, ici, je la vois huit heures par jour toute lʼannée… Pour moi, ça me rappellerait plutôt le boulot… Le week-end, jʼessaie de regarder autre chose.<br><strong>Homme</strong> – Et quʼest-ce que vous regardez, le week-end ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas… La télé…<br><strong>Homme</strong> – Bien sûr.<br><em>Elle semble un peu gênée.</em><br><strong>Femme</strong> – Non, mais il mʼarrive aussi de regarder autre chose que la télé… Pas forcément la mer mais… Je ne sais pas, moi… Quand je suis en vacances… la montagne, par exemple.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La montagne…<br><strong>Femme</strong> – Donc, vous, cʼest la mer.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Et… pourquoi la mer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer, non ?<br><strong>Femme</strong> – Tout ?<br><strong>Homme</strong> – Il y a des millions dʼannées, cʼest de la mer que sont sortis les premiers vertébrés, dont certains allaient devenir des hommes.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui…<br><strong>Homme</strong> – Des hommes qui allaient coloniser toutes les terres émergées, jusquʼà conduire la planète au bord de lʼapocalypse.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer. Le meilleur comme le pire.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, vous nʼavez pas tort. Avant de venir sʼasseoir à cette terrasse, la plupart de mes clients sortent de lʼeau. Et je peux vous dire que là aussi, cʼest le meilleur comme le pire.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr moi-même de faire partie du meilleur.<br><strong>Femme</strong> – Vu le pourboire que vous mʼavez laissé, croyez-moi, jʼai vu pire.<br><strong>Homme</strong> – Mais vous ne savez pas dʼoù vient cet argent.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest important ?<br><strong>Homme</strong> – Pour certains, oui.<br><strong>Femme</strong> – Pour moi, 50 euros, cʼest 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… enfin je crois.<br><strong>Homme</strong> – Et si cet argent, je ne lʼavais pas gagné honnêtement ?<br><strong>Femme</strong> – Votre argent vaut bien celui dʼun autre. Si dans le commerce on nʼacceptait que lʼargent gagné honnêtement, on ne ferait pas un gros chiffre dʼaffaires…<br><strong>Homme</strong> – Tout lʼargent que je possède aujourdʼhui, je lʼai volé.<br><strong>Femme</strong> – Volé ?<br><strong>Homme</strong> – Un braquage, qui a mal tourné malheureusement. Un homme est mort. Un policier. Il avait une femme, et deux enfants…<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vous qui lʼavez tué ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais ça ne change rien. En tout cas, pour les juges, ça nʼa rien changé.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez payé votre dette à la société, comme on dit.<br><strong>Homme</strong> – Jʼai donné trente ans de ma vie pour ce meurtre que je nʼavais pas commis. Et jʼai gardé cet argent qui nʼétait pas à moi. Jʼespérais pouvoir racheter toutes ces années perdues.<br><strong>Femme</strong> – Certains donnent quarante ans de leur vie pour sʼacheter une retraite, vous savez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Pendant toutes ces années, je nʼai jamais vu plus loin que les quatre murs de ma cellule… Vous avez quel âge ?<br><strong>Femme</strong> – Trente ans…<br><strong>Homme</strong> – On mʼa libéré ce matin… Je suis allé déterrer mon butin que jʼavais planqué dans un cimetière. Les billets étaient comme neufs. Lʼargent, ça ne vieillit pas.<br><strong>Femme</strong> – Et après ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai pris un train pour aller voir la mer.<br><strong>Femme</strong> – Je comprends mieux pourquoi vous la regardiez comme ça.<br><strong>Homme</strong> – Comme un homme qui nʼa pas vu une femme depuis des années, et quand il en revoit une enfin, il peut seulement la regarder. En ayant perdu tout désir de la posséder.<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes libre, maintenant.<br><strong>Homme</strong> – Pour la liberté, cʼest pareil. Quand on en a été privé trop longtemps, et quʼon vous la rend tout dʼun coup, vous ne savez plus quoi en faire.<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes même pas baigné.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore nager.<br><strong>Femme</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Croyez-moi, donner sa vie pour une valise pleine de billets, cʼest trop cher payé. Je ne vaux plus rien, et cet argent nʼa plus aucune valeur…<br><strong>Femme</strong> – Vous voulez dire que… cette valise est pleine de billets ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je regarderai la mer en face jusquʼà la tombée de la nuit. Jusquʼà ce que le ciel à lʼhorizon se confonde avec elle.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite ?<br><strong>Homme</strong> – Nous venons tous de la mer. Ce soir jʼy retourne.<br><em>Lʼhomme se lève pour partir. Elle le regarde sʼéloigner, ne sachant pas quoi dire pour le retenir. Puis elle aperçoit la valise.</em><br><strong>Femme</strong> – Monsieur ! Vous oubliez votre valise !<br><strong>Homme</strong> – Je vous la laisse. Mais souvenez-vous. Lʼargent ne vaut rien quand cʼest soi-même quʼon veut racheter.<br><em>Il part. Elle regarde la valise, hésite et finit par lʼouvrir. Elle en sort une liasse de billets.</em><br><strong>Femme</strong> – Des francs…<br><em>Noir</em>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Le grand saut</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-grand-saut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 11:03:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le grand saut, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier, qui peut être un malade ou une personne âgée, est en bord de scène, comme s’il était prêt à sauter. Il porte une valise. Le deuxième, qui peut être un curé ou un infirmier, lui tient la main, tout en le poussant doucement en avant.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors, prêt pour le grand saut ?<br><strong>Un</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Deux</strong> – Si vous n’êtes pas encore prêt, vous me le dites.<br><strong>Un</strong> – Si, si. Je suis prêt, mais…<br><strong>Deux</strong> – Non parce que sinon… On a le temps, quand même… On n’est pas aux pièces.<br><strong>Un</strong> – Combien de temps ?<br><strong>Deux</strong> – Combien ? Je ne sais pas, moi… On a bien cinq minutes…<br><strong>Un</strong> – Cinq minutes ?<br><strong>Deux</strong> – On a le temps, mais… on n’a pas toute la vie, non plus.<br><strong>Un</strong> – Mettez-vous à ma place.<br><strong>Deux</strong> – Je préfère autant pas, non. Mais vous verrez, vous ne sentirez rien. Et après vous vous sentirez beaucoup mieux…<br><strong>Un</strong> – Je verrai ?<br><strong>Deux</strong> – Pardon ?<br><strong>Un</strong> – Vous avez dit « vous verrez ».<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Euh, non, c’est vrai, vous ne verrez probablement rien non plus…<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi vous dites « vous verrez » ?<br><strong>Deux</strong> – C’est juste une façon de parler ! Vous savez, ce n’est pas évident de décrire… Enfin d’expliquer…<br><strong>Un</strong> – En fait, vous n’en savez rien.<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><em>Le premier hésite toujours à sauter.</em><br><strong>Un</strong> – Vous croyez qu’il y a quelque chose au fond ? (<em>L’autre affiche un air dubitatif.</em>) Vous croyez qu’il y a un fond…?<br><strong>Deux</strong> – Vous pensez qu’il pourrait ne pas y avoir de fond ?<br><strong>Un</strong> – Alors c’est vous qui me posez des questions, maintenant ? Je croyais que vous<br>étiez là pour me rassurer… me donner toutes les explications nécessaires.<br><strong>Deux</strong> – Oui, mais… Vous n’avez pas tort. En réalité, je n’en sais pas plus que vous. Et dans un sens, vous saurez avant moi…<br><strong>Un</strong> – Mais je ne pourrai pas remonter pour vous le dire. Deux – Je ne suis pas sûr de vouloir le savoir avant… Un – Un puits sans fond…<br><strong>Deux</strong> – C’est possible ?<br><strong>Un</strong> – D’après Newton et sa loi de la gravitation universelle, l’univers passe son temps à se casser la gueule sur lui-même. L’existence est une chute permanente. Un effondrement perpétuel. Nous passons notre vie à tomber. Je tombe donc je suis…<br><strong>Deux</strong> – Naître est un saut dans l’inconnu. <br><strong>Un</strong> – Un saut dans le vide, en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Les chats ont bien sept vies, paraît-il. Et ils finissent toujours par retomber sur leurs pattes.<br><strong>Un</strong> – Quel rapport ?<br><strong>Deux</strong> – Aucun… Mais quand il faut y aller…<br><strong>Un</strong> – Vous voulez sauter à ma place ?<br><strong>Deux</strong> – Un jour ou l’autre, je devrais bien m’y résoudre moi aussi. Mais enfin… je ne suis pas pressé…<br><strong>Un</strong> – La philosophie en général et la religion en particulier ne devraient pas être une alternative obscurantiste à la science, mais une façon de la devancer par des intuitions à vérifier ou à invalider. Les croyants devraient être des éclaireurs. Pas ceux qui éteignent les lumières en partant.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… Vous êtes prêt, maintenant ?<br><strong>Un</strong> – D’ailleurs, à l’origine, chez les Grecs, il n’y avait pas de frontière entre science et philosophie. Les philosophes étaient aussi mathématiciens. Ou l’inverse. <br><strong>Deux</strong> – Tiens donc… Je l’ignorais…<br><strong>Un</strong> – « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre. » C’était inscrit au fronton de l’Académie.<br><strong>Deux</strong> – L’Académie Française ?<br><strong>Un</strong> – L’école fondée par Platon !<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…<br><strong>Un</strong> – C’est après que tout ça s’est cassé la gueule.<br><strong>Deux</strong> – La loi de la gravitation, sans doute. Vous y allez tout seul, ou vous préférez que je vous pousse ?<br><strong>Un</strong> – J’y vais, j’y vais… J’ai l’impression que je me prépare pour sauter en parachute. <br><strong>Deux</strong> – Oui… Mais vous n’avez pas de parachute…<br><strong>Un</strong> – Ou pour sauter à l’élastique.<br><strong>Deux</strong> – Mais il n’y a pas d’élastique.<br><strong>Un</strong> – Ou de sauter du tabouret pour me pendre.<br><strong>Deux</strong> – Mais il n’y a pas de corde non plus. Vous allez juste sauter et vous écraser en bas.<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, je préfère autant qu’il n’y ait pas de fond. Pourquoi je dois absolument sauter, au fait ?<br><strong>Deux</strong> – Vous vous souvenez, quand vous étiez enfant, et que vous arriviez en haut du toboggan après avoir monté la dernière marche du petit escalier ?<br><strong>Un</strong> – Et alors?<br><strong>Deux</strong> – Quand on est arrivé en haut, il faut y aller. Pour laisser la place à ceux qui poussent derrière.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Vous croyez qu’il y a un escalier pour remonter ?<br><strong>Deux</strong> – Ça mon vieux… C’est là où finit la science… et où commence la croyance. <br><em>Il pousse l’autre du bord du gouffre, représenté par le bord de scène, dans le vide.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="344" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Des Valises sous les yeux de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-488" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez-300x258.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Adieu ou à rien</title>
		<link>https://sketchotheque.net/adieu-ou-a-rien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 09:34:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Séparation]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Adieu ou à rien, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, face au public. Ils ne se regardent pas. Le premier porte une valise.<br></em><strong>Un</strong> – Bon… Les meilleures choses ont une fin.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Il n’y a de bonne compagnie qui ne se quitte. <br><strong>Un</strong> – Donc, je vais vous laisser…<br><strong>Deux</strong> – C’est ça.<br><strong>Un</strong> – Alors… au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Enfin quand je dis au revoir…<br><strong>Deux</strong> – Oui, il y a peu de chances qu’on se revoit.<br><strong>Un</strong> – Ou alors, si on se revoit…<br><strong>Deux</strong> – Alors adieu, plutôt.<br><strong>Un</strong> – C’est ça… Adieu.<br><strong>Deux</strong> – Voilà, voilà…<br><strong>Un</strong> – Enfin adieu…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Vous y croyez, vous ?<br><strong>Deux</strong> – À quoi ?<br><strong>Un</strong> – À Dieu !<br><strong>Deux</strong> – Ah ! Euh… Non, pas vraiment.<br><strong>Un</strong> – Alors adieu… Ce n’est pas vraiment le bon mot non plus. <br><strong>Deux</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Alors qu’est-ce qu’on dit quand on ne croit pas en Dieu ? <br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Vous croyez en quoi, vous ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… À rien.<br><strong>Un</strong> – Alors on pourrait dire… Arien.<br><strong>Deux</strong> – Arien ?<br><strong>Un</strong> – Au lieu de adieu, on pourrait dire arien.<br><strong>Deux</strong> – Oui, on pourrait…<br><strong>Un</strong> – Mais dans ce cas-là, est-ce que ça vaut encore le coup de dire quelque chose ? <br><strong>Deux</strong> – C’est vrai…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors je vais y aller. Sans rien dire.<br><strong>Deux</strong> – Ça servirait à quoi, de toute façon ?<br><em>Le premier commence à partir, mais se ravise.</em><br><strong>Un</strong> – On peut quand même s’embrasser ?<br><strong>Deux</strong> – Si vous voulez…<br><em>Ils s’embrassent. Le premier part avec sa valise.</em><br><strong>Deux</strong> – Arien…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Désespéré</title>
		<link>https://sketchotheque.net/desespere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 12:52:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
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		<category><![CDATA[Mort]]></category>
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		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Dentiste]]></category>
		<category><![CDATA[Médicament]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Désespéré, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier personnage est là, en bord de scène, une valise à la main, un peu penché en avant et regardant en bas. Le deuxième arrive, précipitamment.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous n’allez pas me sauter ?<br><strong>Un</strong> – Euh… Non… Pas si je peux éviter…<br><strong>Deux</strong> – Pardon, je voulais dire… vous n’allez pas sauter ?<br><strong>Un</strong> – Ah… Euh… Non… Pas si je peux éviter…<br><strong>Deux</strong> – Tant pis… Enfin, je veux dire tant mieux !<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Un</strong> – J’ai l’air désespéré à ce point ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Et moi ?<br><strong>Un</strong> – Oui, un peu… Vous avez l’air de sortir de…<br><strong>Deux</strong> – Je sors de chez mon dentiste.<br><strong>Un</strong> – Et ça s’est mal passé.<br><strong>Deux</strong> – Si on veut… Il m’a posé un lapin.<br><strong>Un</strong> – Vous sortez avec votre dentiste ?<br><strong>Deux</strong> – Non, je veux dire… Il a annulé le rendez-vous.<br><strong>Un</strong> – D’accord… Et pourquoi ça ?<br><strong>Deux</strong> – Il avait mal aux dents.<br><strong>Un</strong> – Ah oui ? Remarquez, c’est vrai. Je me suis toujours demandé où allaient les dentistes quand ils avaient mal aux dents.<br><strong>Deux</strong> – Et les coiffeurs pour se faire couper les cheveux ?<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce qu’on dit… Ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés.<br><strong>Deux</strong> – Du coup, j’ai toujours mal aux dents… Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Non, moi les dents ça va… Je dirais même que pour l’instant, les dents, c’est à peu près tout ce qui va chez moi.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est pour ça que vous envisagiez de… <br><strong>Un</strong> – De…?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien de… sauter.<br><strong>Un</strong> – Mon projet n’était pas aussi abouti que ça… En fait, je voulais juste vérifier que si je sautais, c’était bien assez haut pour que j’ai une chance raisonnable d’y rester. Parce que si c’est pour finir seulement estropié…<br><strong>Deux</strong> – Vous imaginez ? Vous êtes déprimé, vous vous suicidez, et finalement, vous en sortez paraplégique.<br><strong>Un</strong> – De quoi être encore plus déprimé.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr.<br><strong>Un</strong> – C’est pour ça que je préférais vérifier.<br><strong>Deux</strong> – Vous étiez en repérage, en somme.<br><strong>Un</strong> – Voilà.<br><strong>Deux</strong> – Et ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – C’est assez haut ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… Qu’est-ce que vous en pensez ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas bien l’habitude…<br><em>Il s’approche et regarde.</em><br><strong>Un</strong> – Faites attention quand même…<br><strong>Deux</strong> – Vous avez raison, ce serait trop bête.<br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas très haut… En sautant la tête la première, peut-être…<br><strong>Un</strong> – Et puis c’est du gazon.<br><strong>Deux</strong> – Si c’était du ciment, au moins.<br><strong>Un</strong> – Le gazon, c’est assez meuble. Surtout quand il a beaucoup plu.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ces derniers temps, on n’a pas été très gâtés côté météo.<br><strong>Un</strong> – Non. C’est vraiment déprimant.<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, vous avez intérêt à ne pas vous rater. Parce que sinon, vous n’aurez pas de deuxième chance.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Quand on se tire une balle, si on se rate avec la première, on peut toujours se rattraper avec la deuxième. Il suffit d’appuyer à nouveau sur la gâchette. Mais quand on saute dans le vide…<br><strong>Un</strong> – C’est sûr.<br><strong>Deux</strong> – Vous vous voyez remonter les escaliers avec une jambe cassée et une fracture du crâne pour vous jeter une deuxième fois dans le vide.<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Je sais que le ridicule ne tue pas, mais bon… Il y a des limites…<br><strong>Un</strong> – Oui, je préférerais tout de même mourir dans la dignité.<br><strong>Deux</strong> – Bon, je vais devoir vous laisser. Excusez-moi, mais j’ai vraiment trop mal aux dents.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, merci pour vos conseils.<br><strong>Deux</strong> – Mais de rien. Vous savez où il y a une pharmacie de garde dans le coin ? C’est pour mon mal de dent…<br><strong>Un</strong> – Oui, je crois que… Je vais venir avec vous… Je vais essayer les médicaments, plutôt…<br><strong>Deux</strong> – Vous avez raison… L’avantage, avec les médicaments, c’est que si on se rate…<br><strong>Un</strong> – On a toujours droit à une deuxième chance… <br><em>Ils sortent ensemble.<br><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>En noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/en-noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:15:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Arc-en-ciel]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=960</guid>

					<description><![CDATA[<p>En noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages regardent le ciel (en fond de salle). Le deuxième devra être ou paraître plus âgé que le premier.<br></em><strong>Un</strong> – Je n’ai jamais rien vu de pareil, qu’est-ce que c’est ?<br><strong>Deux</strong> – On appelle ça un arc-en-ciel…<br><strong>Un</strong> – Un arc-en-ciel ?<br><strong>Deux</strong> – C’est un phénomène assez rare, qui se produit parfois quand le soleil revient très rapidement après la pluie. De plus en plus rare aujourd’hui. On ne voit presque plus jamais le soleil…<br><strong>Un</strong> – C’est magnifique. Toutes ces nuances de blanc, de gris, de noir.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Autrefois, c’était encore beaucoup plus beau.<br><strong>Un</strong> – Plus beau ?<br><strong>Deux</strong> – C’était en couleurs.<br><strong>Un</strong> – En couleurs ? Tu veux dire, comme au cinéma, quand on loue des lunettes pour voir le film en couleurs et en 3D.<br><strong>Deux</strong> – Voilà. Du temps de mon arrière-grand-mère, c’était le cinéma qui était en noir et blanc et en 2D. La vie avait du relief et elle était en couleurs. Maintenant, c’est l’inverse.<br><strong>Un</strong> – Non ? J’ai du mal à imaginer ça… Alors à cette époque, le monde entier était colorisé ? Mais qu’est-ce qui s’est passé ?<br><strong>Deux</strong> – Ça s’est fait petit à petit. Personne n’a rien vu venir. Ils ont commencé par nous faire payer l’eau qu’on boit. Puis ils nous ont fait payer l’air qu’on respire. Maintenant il faut aussi se payer le cinéma pour voir la vie en couleurs.<br><strong>Un</strong> – Un arc-en-ciel en couleurs ? Dans la vraie réalité ?<br><strong>Deux</strong> – Ça paraît incroyable.<br><strong>Un</strong> – Et il y a encore des gens qui la voient en couleurs, la vie ?<br><strong>Deux</strong> – Certains privilégiés, oui. Mais ce n’est pas donné à tout le monde, et c’est hors de prix…<br><strong>Un</strong> – Alors il faudrait pouvoir revenir en arrière.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Il faudrait pouvoir rembobiner. Pour savoir où on a commencé à se faire embobiner… Savoir où et quand tout ça a commencé à merder…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Noir c’est noir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-cest-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 16:15:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=949</guid>

					<description><![CDATA[<p>Noir c’est noir, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le premier essaie un vêtement noir.<br></em><strong>Un</strong> – Je ne sais plus comment je dois m’habiller…<br><strong>Deux</strong> – C’est si important que ça ?<br><strong>Un</strong> – C’est curieux. J’ai souvent imaginé ce moment. Quel âge j’aurais à cette époque-là. Quels sentiments ça provoquerait en moi. Quelles phrases définitives je prononcerais pour célébrer ça.<br><strong>Deux</strong> – Je te soupçonne d’en avoir préparé quelques-unes pour ne pas être pris au dépourvu.<br><strong>Un</strong> – Et voilà. Maintenant qu’on y est, c’est le matériel qui prend le dessus sur les questions existentielles… Qu’est-ce que je vais mettre ?<br><strong>Deux</strong> – Est-ce qu’il va pleuvoir ?<br><strong>Un</strong> – Est-ce qu’ils seront tous venus ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ?<br><strong>Un</strong> – Je pensais que d’en être débarrassé, je serais immédiatement quelqu’un d’autre. Comme par magie. Et puis non. La vie continue…<br><strong>Deux</strong> – Les morts, c’est comme les étoiles. Ils continuent aussi à briller par leur absence.<br><strong>Un</strong> – Alors toi aussi tu as préparé quelques phrases inoubliables.<br><strong>Deux</strong> – Si tu crois qu’Armstrong a improvisé en posant le pied sur la Lune. Lui aussi, il avait préparé son texte.<br><strong>Un</strong> – Ça s’entendait un peu, d’ailleurs.<br><strong>Deux</strong> – Il était meilleur astronaute que comédien… (<em>Se pinçant le nez pour imiter la voix retransmise à l’époque</em>) One small step for man…<br><strong>Un</strong> – Je pensais que sa mort, ça nous permettrait de nous libérer d’une certaine forme de pesanteur.<br><strong>Deux</strong> – On n’en est pas encore à flotter dans l’espace, mais je me sens quand même un peu plus léger.<br><strong>Un</strong> – On devrait faire la fête, la veille des enterrements. On enterre bien sa vie de garçon. Pourquoi est-ce qu’on n’enterrerait pas sa vie d’enfant ?<br><strong>Deux</strong> – Tu crois qu’on cesse d’être un enfant le jour où on perd ses parents ?<br><strong>Un</strong> – Il n’y a que les enfants pour croire qu’un jour ils cesseront d’être un enfant. Tu vas y aller comme ça ?<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi pas ? Je suis comme d’habitude.<br><strong>Un</strong> – Justement, l’idée c’est de ne pas s’habiller comme d’habitude. Les vêtements de deuil, c’est comme les habits du dimanche ou les costumes de scène. Il faut être un peu mal à l’aise dedans. Ça aide à tenir son rôle…<br><strong>Deux</strong> – Je porte des chaussures un peu trop petites pour moi… Après avoir marché de l’église jusqu’au cimetière, elles me feront horriblement mal aux pieds. Méfie-toi, je pourrais même avoir l’air encore plus triste que toi.<br><strong>Un</strong> – Et si on n’y allait pas, tout simplement ?<br><strong>Deux</strong> – Sérieux ?<br><strong>Un</strong> – On va voir un bon film à la place… Une comédie, de préférence…<br><strong>Deux</strong> – Le dernier cinéma qu’il y avait dans le coin, il a fermé il y a plus de dix ans. Tu te souviens ? Le Tahiti…<br><strong>Un</strong> – On va se taper une bonne bière au Café de la Gare. Ne me dis pas qu’il a fermé lui aussi ?<br><strong>Deux</strong> – On ne le fera pas.<br><strong>Un</strong> – Non. Pourquoi ?<br><strong>Deux</strong> – Malgré tout, on aurait trop peur de rater quelque chose de fondamental.<br><strong>Un</strong> – Ou de commettre un sacrilège impardonnable, que le Bon Dieu, s’il existe, nous ferait payer cher tôt ou tard.<br><strong>Deux</strong> – Le cimetière buissonnier… C’est comme de passer sous une échelle. On ne croit pas vraiment que ça porte malheur, mais en même temps, qu’est-ce que ça coûte de faire un petit détour ?<br><strong>Un</strong> – Ils seront tous là, tu verras.<br><strong>Deux</strong> – Tous ?<br><strong>Un</strong> – Tous ceux qu’on ne voit qu’aux funérailles.<br><strong>Deux</strong> – On se demande ce qu’ils font entre deux décès.<br><strong>Un</strong> – À chaque enterrement, ils ont pris dix ans de plus.<br><strong>Deux</strong> – On se dit que la prochaine fois, c’est peut-être nous qu’ils enterreront.<br><strong>Un</strong> (<em>sortant un autre vêtement</em>) – Et si je mettais ça ?<br><strong>Deux</strong> – C’est noir aussi…<br><strong>Un</strong> – Il me semblait que c’était un peu moins noir…<br><strong>Deux</strong> – Noir, c’est noir. Bon… On y va ?<br><strong>Un</strong> – Allons-y..<br><em>Ils sortent.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="232" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Photo du recueil de sketchs De toutes les couleurs" class="wp-image-486" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-de-toutes-les-couleurs-jean-pierre-martinez-300x174.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Petite déprime</title>
		<link>https://sketchotheque.net/petite-deprime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:29:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=908</guid>

					<description><![CDATA[<p>Petite déprime, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres arrivent et se mettent à fumer.</em><br><strong>Fred</strong> – Ça va ?<br><strong>Al</strong> – Ouais… Enfin non.<br><strong>Fred</strong> – Qu’est-ce qui se passe ? Des problèmes personnels ?<br><strong>Al</strong> – Eh bien non, justement. Je n’ai aucun problème personnel. D’ailleurs, je n’ai aucune vie personnelle.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce qui ne va pas ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… Une sensation de vide… Le sentiment de ne pas être à ma place… J’ai l’impression que pendant que je suis ici, ma vie se déroule ailleurs. Sans moi. Tu as déjà ressenti ça ?<br><strong>Fred</strong> – C’est un petit coup de déprime. Tu devrais peut-être voir un médecin. Il te donnera quelque chose. Faut pas rester comme ça, tu sais. Faut pas rigoler avec ça.<br><strong>Al</strong> – Pour ça, je peux te rassurer tout de suite. Je ne rigole plus depuis très longtemps. C’est simple, je ne me souviens même pas quand j’ai rigolé pour la dernière fois.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu ne vas pas faire une bêtise au moins. Je veux dire, comme de démissionner ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… C’est curieux, la vie. Au début, on se dit qu’on a des problèmes, mais qu’on va tous les régler un par un, et qu’après on sera tranquille. Et puis après, on se rend compte que quand on a réglé ces problèmes, il y en a d’autres qui se présentent. Et qu’il y aura toujours d’autres problèmes à régler. Le temps passe et à partir d’un certain âge, on commence à se dire que tous ces problèmes, un jour, ce ne sera plus les nôtres. Parce qu’on ne sera plus là, tout simplement. Je crois que j’ai atteint cet âge-là. Ça n’apporte pas la sérénité, mais ça permet une certaine distance. Tu savais que Chéreau est mort ?<br><strong>Fred</strong> – Ne me dis pas que c’est ça qui te met dans cet état-là… Tu le connaissais personnellement ?<br><strong>Al</strong> – Non…<br><strong>Fred</strong> – Je ne savais pas que tu t’intéressais au théâtre.<br><strong>Al</strong> – Je n’y vais jamais.<br><em>Ils s’en vont. Deux autres arrivent.</em><br><strong>Mok</strong> – Tu as entendu ça ? Patrick Chéreau est mort.<br><strong>Zac</strong> – Patrice.<br><strong>Mok</strong> – Quoi ?<br><strong>Zac</strong> – Patrice Chéreau.<br><strong>Mok</strong> – Cancer du poumon. Le tabac, c’est vraiment une saloperie. Gainsbourg, c’est pareil. S’il n’avait pas fumé autant, et qu’il avait fait un peu plus de sport, il serait peut-être encore vivant.<br><strong>Zac</strong> – Et si Hendrix avait plutôt joué du violon dans un orchestre philharmonique, il serait sûrement toujours parmi nous aujourd’hui.<br><strong>Mok</strong> – Je me demande bien ce qu’il ferait, tiens.<br><strong>Zac</strong> – Il jouerait au scrabble dans sa maison de retraite avec Jim Morrison, James Dean et Janis Joplin.<br><strong>Mok</strong> – Tu as raison, ce serait bizarre… Tu crois que ça ne vaut pas le coup d’arrêter de fumer ?<br><strong>Zac</strong> – Mais tous ces gens dont on parle, ils avaient déjà atteint le sommet de leur art. Nous on cherche encore dans quoi on pourrait bien être bon à quelque chose.<br><strong>Mok</strong> – Je crois que si on était des génies, ça se saurait déjà.<br><strong>Zac</strong> – Cervantès a écrit Don Quichotte à plus de cinquante ans. On a encore de l’espoir.<br><strong>Mok</strong> – Alors il faut être un génie pour avoir le droit de se ruiner la santé, c’est ça ?<br><strong>Zac</strong> – Qu’est-ce que tu veux ? On est de la race des baisés. C’est comme ça.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Ce n’est pas la fin du monde</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ce-nest-pas-la-fin-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:26:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=811</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas la fin du monde, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/ce-nest-pas-la-fin-du-monde/">Ce n’est pas la fin du monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Il est là. Elle revient.</em><br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Deux heures.<br><strong>Lui</strong> – Deux heures…<br><strong>Elle</strong> – À peu près.<br><strong>Lui</strong> – Alors dans deux heures, tout ça aura cessé d’exister.<br><strong>Elle</strong> – Et nous avec.<br><strong>Lui</strong> – Je comprends ce que les dinosaures ont ressenti juste avant leur extinction.<br><strong>Elle</strong> – Mais eux, ils n’étaient pas au courant.<br><strong>Lui</strong> – On dit que les animaux sont les seuls à pouvoir prédire un tremblement de terre quelques heures avant. Va savoir.<br><strong>Elle</strong> – Les dinosaures ont peut-être eu le pressentiment de leur prochaine disparition.<br><strong>Lui</strong> – Tu as peur ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis même pas sûre.<br><strong>Lui</strong> – Après tout, ce n’est que la fin du monde.<br><strong>Elle</strong> – Si j’étais la seule à devoir disparaître, je crois que je serais terrorisée. Mais de savoir que tout va s’arrêter pour tout le monde en même temps. Et que ce monde ne nous survivra pas.<br><strong>Lui</strong> – En somme, ce n’est pas nous qui partons. C’est ce monde qui nous quitte. (<em>Un temps</em>) Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu ne rien savoir.<br><strong>Elle</strong> – Savoir ou ne pas savoir…<br><strong>Lui</strong> – Quoi qu’il en soit, maintenant, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas.<br><strong>Elle</strong> – Deux heures.<br><strong>Lui</strong> – Pour un examen de conscience, c’est un peu court, non ?<br><strong>Elle</strong> – Pour un état des lieux individuel, avant de résilier son bail, pas forcément. Mais pour faire le bilan de l’humanité toute entière…<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu dirais, toi ? Globalement positif ?<br><strong>Elle</strong> – Il ne s’agit pas seulement de mettre le positif en balance avec le négatif. Il faut aussi voir tout ce qu’il y a entre les deux. La matière noire. L’insignifiance. L’absurdité.<br><strong>Lui</strong> – Si on pouvait encore douter de l’absurdité de ce monde, l’insignifiance de sa fin devrait achever de décourager ceux qui croyaient encore en Dieu.<br><strong>Elle</strong> – Ils te parleraient d’apocalypse et de châtiment divin…<br><strong>Lui</strong> – Jusqu’à présent, ma religion, c’était plutôt après moi le déluge. Je ne pensais pas que le déluge pourrait survenir de mon vivant…<br><strong>Elle</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Elle</strong> – C’est curieux. Je m’étais souvent posé cette question. Qu’est-ce que je ferais s’il ne me restait qu’un jour à vivre. Ou une heure.<br><strong>Lui</strong> – Et ?<br><strong>Elle</strong> – Je pensais à des trucs idiots comme… Écouter La Callas ou faire l’amour.<br><strong>Lui</strong> – On a encore le temps de faire les deux. À condition de le faire en même temps…<br><strong>Elle</strong> – Mais là c’est différent. Ce n’est pas à ma vie que je dois donner un sens pendant les quelques instants qui me restent. C’est à la vie tout court.<br><strong>Lui</strong> – On pourrait faire un enfant.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait beau comme un défi. Mais ça resterait complètement absurde.<br><strong>Lui</strong> – On pourrait se suicider…<br><strong>Elle</strong> – Pour pouvoir dire quand même : Après nous le déluge ?<br><strong>Lui</strong> – Ce serait un geste de liberté.<br><strong>Elle</strong> – Ce serait surtout une coquetterie.<br><strong>Lui</strong> – Alors quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Comment donner encore un sens au passé dans un monde qui n’a plus d’avenir ?<br><strong>Lui</strong> – Avant quand on disait jusqu’à la fin des temps, ça voulait dire toujours. La fin des temps… Je crois que cette fois nous y sommes.<br><strong>Elle</strong> – Et après ?<br><strong>Lui</strong> – Est-ce qu’il peut y avoir un après, après la fin des temps ?<br><strong>Elle</strong> – Des temps nouveaux ?<br><strong>Lui</strong> – Un recommencement ?<br><strong>Elle</strong> – Un recommencement, ça n’aurait aucun sens.<br><strong>Lui</strong> – Alors un commencement.<br><strong>Elle</strong> – Tout est fini.<br><strong>Lui</strong> – Tout commence.<br><strong>Elle</strong> – Et tout ce qui a eu lieu n’a plus lieu d’être.<br><strong>Lui</strong> – Je crois qu’il est temps…<br><em>On entend La Callas. Il se prennent dans les bras l’un l’autre.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Projets d’avenir</title>
		<link>https://sketchotheque.net/projets-davenir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 14:25:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Grossesse]]></category>
		<category><![CDATA[Météo]]></category>
		<category><![CDATA[Parapluie]]></category>
		<category><![CDATA[Rupture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=791</guid>

					<description><![CDATA[<p>Projets d’avenir, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une fille est assis sur un banc. Elle a le regard fixé devant elle. On comprendra qu’elle regarde le couple de la scène précédente. Un garçon arrive, et s’assied à côté d’elle, sans un mot. Ils restent ainsi un moment en silence, regardant droit devant eux.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu nous imagines, quand on aura leur âge…?<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Elle est tirée à quatre épingles. Elle s’est même maquillée…<br><strong>Lui</strong> – Ah, ouais…?<br><strong>Elle</strong> – Lui non plus ne l’a pas remarqué…<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi il a un parapluie ? Il n’y a pas un nuage…<br><strong>Elle</strong> – C’est elle qui lui a demandé de le prendre. À l’âge des mises en plis, on se méfie des orages… Et puis elle sait que ça lui sert de canne. C’est plus discret… C’est sa coquetterie à lui…<br><strong>Lui</strong> – T’as vu ? Elle a les cheveux presque violets…<br><strong>Elle</strong> (<em>attendrie</em>) – C’est quand même beau, non ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ? Une vieille avec une coiffure de punk ?<br><strong>Elle</strong> – Ils doivent être mariés depuis un demi-siècle, et ils se tiennent encore par la main…<br><strong>Lui</strong> – Tu parles ! Regarde, elle se barre. Et elle n’a pas l’air contente… Ça fait peut-être cinquante ans qu’ils s’engueulent…<br><strong>Elle</strong> – Il a dû lui dire qu’il trouvait ça trop violet… (<em>Un temps</em>) Je me demande si il ne va pas pleuvoir, finalement… On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Euh, ouais…<br><em>Il se lève pour partir.</em><br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu voulais me voir, au fait ?<br><strong>Lui</strong> – Ben… Je ne sais pas comment te dire ça, mais… Je ne crois pas qu’on vieillira ensemble…<br><strong>Elle</strong> – Je sais…<br><strong>Lui</strong> – Et toi, tu voulais me dire quelque chose…?<br><em>Elle se lève à son tour, et on voit alors qu’elle est enceinte.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu aurais dû prendre ton parapluie, toi aussi…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Terminus</title>
		<link>https://sketchotheque.net/terminus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 12:31:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Alban et Ève]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Apocalypse]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Humanité]]></category>
		<category><![CDATA[Pomme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=597</guid>

					<description><![CDATA[<p>Terminus, un sketch humoristique extrait du recueil 'Alban et Eve' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Alban et Ève.</em><br><strong>Alban</strong> – Cette fois, ça y est.<br><strong>Ève</strong> – On est les derniers.<br><strong>Alban</strong> – C’est le dernier soir de la dernière journée.<br><strong>Ève</strong> – Il nous reste combien de temps ?<br><strong>Alban</strong> – Encore une heure d’électricité.<br><strong>Ève</strong> – Après la clim s’arrêtera.<br><strong>Alban</strong> – On va mourir de chaud.<br><strong>Ève</strong> – On meurt déjà de chaleur, non ?<br><strong>Alban</strong> – Mais là, on va vraiment mourir…<br><strong>Ève</strong> – J’ai soif. Il reste à boire ?<br><strong>Alban</strong> – Il reste une pomme.<br><em>Elle prend la pomme et lui tend.</em><br><strong>Ève</strong> – On partage ?<br><strong>Alban</strong> – Je me laisse tenter…<br><em>Elle coupe la pomme en deux, et ils mangent chacun leur moitié en silence.</em><br><strong>Ève</strong> – Notre dernier repas. En tête-à-tête.<br><strong>Alban</strong> – La dernière pomme, du dernier pommier. Avant que le jardin ne soit englouti par les flammes de l’enfer.<br><strong>Ève</strong> – On gardera le goût en bouche pendant quelques minutes. Puis un instant encore le souvenir de cette dernière pomme, partagée entre toi et moi.<br><strong>Alban</strong> – Avant que l’idée même de la pomme et de la tentation ne disparaisse avec nous.<br><strong>Ève</strong> – Et après ?<br><strong>Alban</strong> – Après ?<br><strong>Ève</strong> – Il n’y aura pas d’après…<br><strong>Alban</strong> – Il y aura un après, ailleurs peut-être, mais sans nous.<br><strong>Ève</strong> – C’est comme de mourir, alors. On n’est pas les premiers.<br><strong>Alban</strong> – Non. On est les derniers.<br><strong>Ève</strong> – Les derniers à vivre.<br><strong>Alban</strong> – Les derniers à mourir.<br><strong>Ève</strong> – Et c’est l’humanité qui meurt avec nous.<br><strong>Alban</strong> – Et après ?<br><strong>Ève</strong> – Il n’y aura plus d’avant.<br><strong>Alban</strong> – Plus de souvenir.<br><strong>Ève</strong> – Plus de témoin.<br><strong>Alban</strong> – Plus de passé et plus d’avenir.<br><strong>Ève</strong> – Juste le présent.<br><strong>Alban</strong> – Le monde nous survivra, sans y penser.<br><strong>Ève</strong> – Les planètes continueront de tourner.<br><strong>Alban</strong> – Ce n’est pas la fin du monde.<br><strong>Ève</strong> – C’est la fin d’une histoire. Notre histoire.<br><strong>Alban</strong> – Une histoire qui a mal tourné. Qui a bien commencé et qui a mal fini.<br><strong>Ève</strong> – Quand une histoire finit bien, c’est qu’une autre commence.<br><strong>Alban</strong> – Notre histoire sera la dernière.<br><strong>Ève</strong> – Il n’y a plus rien à raconter.<br><strong>Alban</strong> – Et personne à qui le raconter.<br><strong>Ève</strong> – Qui sera le dernier ?<br><strong>Alban</strong> – Le dernier ?<br><strong>Ève</strong> – Le dernier à rester. Le dernier à partir. Toi ? Moi ?<br><strong>Alban</strong> – Il faut bien un dernier. L’autre suivra.<br><strong>Ève</strong> – On a été heureux. On a été malheureux.<br><strong>Alban</strong> – Il nous reste un passé décomposé.<br><strong>Ève</strong> – Il nous reste une heure.<br><strong>Alban</strong> – Si la clim tient jusque là.<br><strong>Ève</strong> – Et après ?<br><strong>Alban</strong> – Après…<br><strong>Ève</strong> – Après nous le déluge.<br><strong>Alban</strong> – Et aucune arche pour nous sauver des eaux et repeupler le monde. Après.<br><strong>Ève</strong> – S’il y a un après.<br><strong>Alban</strong> – On pourrait laisser un mot.<br><strong>Ève</strong> – Le mot fin.<br><strong>Alban</strong> – Une lettre.<br><strong>Ève</strong> – La lettre Z.<br><strong>Alban</strong> – Un testament.<br><strong>Ève</strong> – Nous sommes les derniers, qui n’ont pas d’héritiers.<br><strong>Alban</strong> – Avec nous s’éteint la lignée des hommes. <br><strong>Ève</strong> – Et des femmes.<br><strong>Alban</strong> – Nous n’avons rien à léguer, pas même pas la vie.<br><strong>Ève</strong> – Pas même un monde où être mort.<br><strong>Alban</strong> – Le testament de l’humanité, alors. À une autre humanité à venir.<br><strong>Ève</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait leur dire ? Qu’on n’a pas su rester vivants ?<br><strong>Alban</strong> – Il nous reste un quart d’heure. Moins peut-être.<br><strong>Ève</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire ?<br><strong>Alban</strong> – Parler est inutile.<br><strong>Ève</strong> – Penser ne sert à rien.<br><strong>Alban</strong> – Il fait si chaud.<br><strong>Ève</strong> – Qu’est-ce qu’on peut faire encore ?<br><strong>Alban</strong> – L’amour ? Une dernière fois…<br><strong>Ève</strong> – Il fait si chaud. Je ne sais même plus ton nom.<br><strong>Alban</strong> – Alban. Et toi ?<br><strong>Ève</strong> – Ève…<br><strong>Alban</strong> – Il a fallu que ça tombe sur nous…<br><strong>Ève</strong> – Oui.<br><strong>Alban</strong> – Alors ?<br><strong>Ève</strong> – Je ne sais pas. Je ne sais plus. Pourquoi ?<br><strong>Alban</strong> – On aurait pu s’aimer. Se marier. Faire un enfant.<br><strong>Ève</strong> – On peut encore faire un enfant.<br><strong>Alban</strong> – Oui.<br><strong>Ève</strong> – Mais ça n’aurait pas de sens.<br><strong>Alban</strong> – Je ne parlais pas de faire un enfant. Seulement de…<br><strong>Ève</strong> – Désolée… C’est un principe. Jamais le dernier soir.<br><strong>Alban</strong> – Les principes, c’est tout ce qui nous reste d’humain.<br><strong>Ève</strong> – Pour ne pas redevenir des animaux.<br><strong>Alban</strong> – Avant de cesser tout à fait d’être des hommes.<br><strong>Ève</strong> – Et commencer d’être des choses.<br><em>Alban et Ève se préparent à sortir.</em><br><strong>Alban</strong> – Après toi.<br><strong>Ève</strong> – Merci.<br><strong>Alban</strong> – Nous allons quitter cette île pour nous enfoncer dans les profondeurs de la mer.<br><strong>Ève</strong> – Ou c’est la mer qui nous submergera.<br><strong>Alban</strong> – Avant de remonter lentement par palier à la surface.<br><strong>Ève</strong> – Quand une éternité sera passée.<br><strong>Alban</strong> – Par palier, nous quitterons le royaume des ténèbres.<br><strong>Ève</strong> – Et nous resurgirons encore une fois des abysses pour remonter vers la lumière.<br><strong>Alban</strong> – En ayant tout oublié.<br><strong>Ève</strong> – Un monde disparaît.<br><strong>Alban</strong> – Un autre renaîtra.<br><strong>Ève</strong> – Sera-t-il meilleur que celui-ci ?<br><strong>Alban</strong> – Où que nous soyons, je serai là pour toi.<br><strong>Ève</strong> – Qui que nous soyons, nous serons au moins deux.<br><strong>Alban</strong> – Pour commencer…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:91px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Alban et Ève</em><br><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/alban-et-eve/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="242" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp" alt="Couverture du recueil Alban et Eve" class="wp-image-468" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez-300x242.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-alban-et-eve-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cœurs en choeur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coeurs-en-choeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:28:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Retrouvailles]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=549</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cœurs en chœurs, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière le bar. Elle arrive. C’est la même femme que dans la première scène.</em><br><strong>Patron</strong> – Vous êtes revenue me demander en mariage ?<br><strong>Elle</strong> – Ça ne fait pas encore dix ans…<br><strong>Patron</strong> – Cinq.<br><strong>Elle</strong> – Et vous vous souvenez encore de moi ?<br><strong>Patron</strong> – Je vous l’ai dit, j’ai mes têtes… La vôtre est de celles qu’on n’oublie pas facilement. Toujours pas de calva ?<br><strong>Elle</strong> – Je n’en aurai plus besoin. Enfin j’espère…<br><strong>Patron</strong> – Tant mieux.<br><strong>Elle</strong> – Vous vous rappelez ? Vous m’aviez lu mon horoscope…<br><strong>Patron</strong> – « Vous donnerez votre cœur à un inconnu ». (<em>Montrant le journal</em>) C’est encore dans le journal d’aujourd’hui.<br><strong>Elle</strong> – Ils reprennent souvent les mêmes formules.<br><strong>Patron</strong> – Cette fois, c’est bien à la rubrique amour.<br><strong>Elle</strong> – Ils ne se sont pas trompés. J’ai rendez-vous avec lui.<br><strong>Patron</strong> – Ici ?<br><strong>Elle</strong> – Dans cinq minutes.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Patron</strong> – Vous avez rencontré un inconnu sur un site de rencontre ?<br><strong>Elle</strong> – C’est mon ex-mari. On a divorcé il y a quelques années.<br><strong>Patron</strong> – Ah oui… Donc, ce n’est pas tout à fait un inconnu…<br><strong>Elle</strong> – On a vécu ensemble pendant dix ans. J’avais l’impression de vivre avec un étranger. C’est moi que je ne connaissais pas. C’est moi qui n’allais pas bien.<br><strong>Patron</strong> – Pourquoi maintenant ?<br><strong>Elle</strong> – Il a subi une transplantation cardiaque il y a un an.<br><strong>Patron</strong> – Alors vous vous êtes dit qu’avec un cœur tout neuf…<br><strong>Elle</strong> – Quand il a appris qu’il était malade, il ne m’a rien dit. Ça n’allait déjà plus entre nous. Il ne voulait pas que je reste avec lui par pitié, j’imagine.<br><strong>Patron</strong> – Et vous l’avez quitté…<br><strong>Elle</strong> – Il m’a raconté qu’il avait rencontré quelqu’un d’autre…<br><strong>Patron</strong> – Mais ce n’était pas vrai…<br><strong>Elle</strong> – Il avait une chance sur deux d’y rester. Il ne voulait pas faire de moi une veuve éplorée…<br><strong>Patron</strong> – Il a préféré faire de vous une joyeuse divorcée… Et donc, il a survécu…<br><strong>Elle</strong> – Je travaille à l’hôpital… J’ai appris par hasard qu’il avait subi une transplantation. C’est moi qui l’ai appelé… Je lui ai demandé s’il voulait qu’on se revoit.<br><strong>Patron</strong> – Dans l’espoir que son cœur tout neuf se remette à battre pour vous… Attention… dans votre jargon, on pourrait appeler ça de l’acharnement thérapeutique !<br><strong>Elle</strong> – Vous pensez qu’on ne peut pas aimer deux fois la même personne ?<br><strong>Patron</strong> – En tout cas, on peut épouser deux fois le même homme, et on peut divorcer deux fois d’avec la même femme.<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est plus tout à fait le même homme. Vous l’avez dit, il a un cœur tout neuf…<br><strong>Patron</strong> – Tout neuf, pas tout à fait… Celui ou celle à qui il a appartenu était peut-être déjà très malheureux en amour.<br><strong>Elle</strong> – Finalement, vous êtes encore plus pessimiste que moi.<br><strong>Patron</strong> – Je suis jaloux, c’est tout. Je vous l’ai dit, vous êtes de celles qu’on n’oublie pas…<br><strong>Elle</strong> – J’espère que lui non plus ne m’aura pas oubliée… (<em>Au bord des larmes</em>) Et qu’il m’aura pardonnée…<br><em>Il pose sa main sur la sienne pour la réconforter.</em><br><strong>Lui</strong> – Ayez confiance en vous.<br><em>Elle tourne son regard vers la vitrine du café, côté public.</em><br><strong>Elle</strong> – Le voilà… J’ai le cœur qui bat…<br><strong>Patron</strong> – Aussi fort que quand vous l’avez rencontré ?<br><strong>Elle</strong> – Beaucoup plus fort…<br><strong>Patron</strong> – Espérons que le sien ne lâchera pas maintenant, ce serait trop bête…<br><strong>Elle</strong> – Finalement, je le prendrais bien, ce petit calva.<br><em>Il lui sert un verre, qu’elle boit cul sec.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça va aller.<br><strong>Elle</strong> – Merci.<br><em>Elle lui presse la main une dernière fois, et s’éloigne vers le public pour aller à la rencontre de son ex-mari.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<title>Un cœur tout neuf</title>
		<link>https://sketchotheque.net/un-coeur-tout-neuf/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:20:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un cœur tout neuf, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière le bar, le client (ou la cliente) arrive.<br></em><strong>Patron</strong> – Monsieur, qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>L’autre</strong> – Vous ne me reconnaissez pas ?<br><strong>Patron </strong>– On voit tellement de monde… Qu’est-ce que je vous mets ?<br><strong>L’autre </strong>– Pas un Viandox, en tout cas…<br><strong>Patron</strong> – Non…? Je ne vous avais pas reconnu. Eh ben… On dirait que ce Viandox vous a fait du bien finalement. Vous paraissez vingt ans de moins.<br><strong>L’autre</strong> – Oui… le Viandox. Et aussi le cœur tout neuf qu’on m’a transplanté il y a quelques mois.<br><strong>Patron</strong> – Vous avez enfin trouvé un donneur ?<br><strong>L’autre </strong>– Vous aviez raison, cette rue est vraiment très dangereuse…<br><strong>Patron</strong> – Allez, c’est ma tournée. Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>L’autre</strong> – Une limonade…<br><strong>Patron</strong> – Vous n’avez plus droit à l’alcool…<br><strong>L’autre</strong> – Si… mais j’ai décidé d’y renoncer. Un sacrifice que je m’impose… pour remercier le destin.<br><strong>Patron</strong> – Le destin ?<br><strong>L’autre</strong> – Quelqu’un est mort pour que je puisse vivre. Je dois prendre soin de son cœur.<br><strong>Patron</strong> – Mais vous ne savez même pas qui c’est…<br><strong>L’autre</strong> – Non… et je ne suis pas sûr de vouloir le savoir. Mais après tout, c’était peut-être un musulman. Raison de plus pour ne plus boire d’alcool.<br><strong>Patron</strong> – Alors vous ne mangez plus de jambon non plus ?<br><strong>L’autre</strong> – Je suis devenu vegan, c’est encore plus simple. Et vous, comment ça va ?<br><strong>Patron</strong> – Ma femme vient de me quitter.<br><strong>L’autre</strong> – Elle est morte ? Ne me dites pas que c’est son cœur qui bat dans ma poitrine…<br><strong>Patron</strong> – J’aurais préféré. Ça me coûterait moins cher. Veuf, vous êtes deux fois plus riche. Divorcé, vous êtes deux fois plus pauvre.<br><strong>L’autre</strong> – Ça fait quatre bonnes raisons de préférer le veuvage…<br><strong>Patron</strong> – Il va falloir que je vende le café, pour lui donner sa part.<br><strong>L’autre</strong> – Désolé…<br><strong>Patron</strong> – Au fond, c’est mieux comme ça. Vendre de l’alcool et du tabac… Le tabac, il m’a déjà coûté un poumon.<br><strong>L’autre </strong>– Alors qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Patron</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>L’autre </strong>– Vous devriez faire du théâtre.<br><strong>Patron</strong> – Du théâtre ?<br><strong>L’autre</strong> – On ne vous a jamais dit que vous aviez une tête à faire du théâtre ?<br><strong>Patron</strong> – Non… Remarquez, pour rester derrière un comptoir toute la journée, et donner la réplique à toutes sortes de clients, il faut déjà être un peu comédien…<br><strong>L’autre</strong> – C’est vrai… Moi-même, je vais souvent au café pour écrire.<br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que vous écrivez ?<br><strong>L’autre </strong>– Des pièces de théâtre.<br><strong>Patron</strong> – J’en ai tellement entendu, des histoires. Il y aurait de quoi faire. Des comédies, des drames, des tragédies…<br><strong>L’autre</strong> – Il faudra me raconter ça.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Patron</strong> – Il y a encore quelque chose qui vous tracasse ?<br><strong>L’autre</strong> – On était deux à attendre une transplantation. Il n’y avait qu’un seul donneur disponible. J’ai appris que l’autre était mort quelques jours après mon opération…<br><strong>Patron</strong> – Ah oui…<br><strong>L’autre</strong> – Il paraît que j’avais un meilleur dossier.<br><strong>Patron</strong> – Comme vous dites… C’est le destin.<br><strong>L’autre </strong>– Oui… C’était peut-être un brave type.<br><strong>Patron</strong> – Ou alors une crapule… Allez savoir…<br><em>L’autre se lève pour partir.</em><br><strong>L’autre</strong> – Merci pour la limonade… Tenez, voici ma carte. Je cherche quelqu’un comme vous pour un petit rôle dans ma prochaine pièce. Un patron de bistrot. Ce sera vos débuts sur les planches…<br><em>Il part. Le patron regarde la carte.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Mal au cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mal-au-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:23:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=533</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mal au cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière le comptoir. L’homme (ou la femme) arrive, la tête ailleurs.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>L’autre</strong> – Je ne sais pas… Ce que vous voulez…<br><strong>Patron</strong> – Ce que je veux ? Vous êtes sûr ?<br><strong>L’autre</strong> – Au point où j’en suis… Qu’est-ce que je risque ? Surprenez-moi…<br><strong>Patron</strong> – Alors je vous sers un Viandox. Vous avez le teint cireux, ça vous fera du bien.<br><em>Il lui prépare son Viandox.</em><br><strong>L’autre</strong> – Un Viandox ? Ça existe encore ?<br><strong>Patron</strong> – Je vous avoue que je n’en vends pas très souvent… et que je ne compte pas en recommander.<br><strong>L’autre</strong> – À supposer qu’ils en fabriquent encore. Il n’a pas dépassé la date limite de péremption, au moins ?<br><strong>Patron</strong> – Vous m’avez dit « ce que vous voulez », il faudrait savoir ! Alors vous le prenez ou pas, ce Viandox !<br><strong>L’autre</strong> – Si je peux vous aider à liquider votre stock…<br><em>Le patron lui sert son Viandox.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça n’a pas l’air d’aller bien fort…<br><strong>L’autre</strong> – Non… Je cherche un cœur disponible.<br><strong>Patron</strong> – On en est tous là, vous savez… À partir d’un certain âge… il y a plus de demandes que d’offres.<br><strong>L’autre</strong> – Vous ne croyez pas si bien dire.<br><strong>Patron</strong> – Vous êtes veuf ?<br><strong>L’autre</strong> – C’est ma femme qui le sera bientôt… si je ne trouve pas rapidement quelqu’un pour me donner son cœur.<br><strong>Patron</strong> – Je ne suis pas sûr de vous suivre…<br><strong>L’autre</strong> – Je sors de l’hôpital. J’attends une greffe. Pour l’instant, il n’y a pas de donneur.<br><strong>Patron</strong> – Un donneur ? Ah oui…<br><strong>L’autre</strong> – Évidemment, on ne donne pas son cœur comme on donne son sang. Il faut que le donneur soit mort, et que toutes les conditions soient réunies.<br><strong>Patron</strong> – Je vois…<br><strong>L’autre</strong> – Que le donneur soit encore jeune, donc qu’il soit plutôt mort dans un accident. Que le cœur soit en bon état. Que la famille soit d’accord.<br><em>Il s’apprête à boire.</em><br><strong>Patron</strong> – Vous êtes sûr que vous voulez boire ça ?<br><strong>L’autre</strong> – Il faut bien mourir de quelque chose…<br><em>Il goûte son Viandox, et fait la grimace.</em><br><strong>Patron</strong> – Alors ?<br><strong>L’autre</strong> – Ah oui, il vaut mieux avoir le cœur bien accroché… Vous n’en avez jamais bu ?<br><strong>Patron</strong> – J’attendais de voir l’effet que ça faisait sur un cobaye.<br><strong>L’autre</strong> – Si je suis encore vivant demain matin, je viendrai vous le dire.<br><strong>Patron</strong> – Si j’avais su, je vous aurais servi autre chose. Vous auriez dû me le dire, maintenant je vais m’inquiéter.<br><strong>L’autre</strong> – Je me demande si ce ne serait pas plus simple comme ça. Je vois déjà ma photo à la page faits divers : désespéré de ne pas trouver un cœur compatible avec le sien, il met fin à ses jours en avalant un Viandox périmé depuis… (<em>regardant l’étiquette de la bouteille vide</em>) 1984 !<br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même… Remarquez, on est sur un grand millésime… Allez, il ne faut pas désespérer. Un accident est si vite arrivé.<br><strong>L’autre</strong> – Un accident ?<br><strong>Patron</strong> – Pour votre donneur ! La rue en face est très dangereuse. Avec tous ces poids lourds. Il y a un projet de rond point, mais bon… Presque tous les mois, un piéton se fait renverser sur le passage clouté. Et comme l’hôpital est juste en face…<br><strong>L’autre </strong>– Merci… Ça m’a remonté le moral de discuter un peu avec vous…<br><strong>Patron</strong> – C’est la vie… La roue tourne… Le malheur des uns…<br><strong>L’autre</strong> – Je crois que je ne vais pas le finir, ce Viandox, finalement. Je vous dois combien ?<br><strong>Patron</strong> – C’est pour moi. Vous voulez autre chose ? Pour faire passer le goût du Viandox. Un bloody mary ? C’est très reconstituant aussi. Ou alors un Fernet-Branca ?<br><strong>L’autre </strong>– C’est très tentant mais… merci, ça ira.<br><strong>Patron</strong> – Bon, alors à une prochaine fois…<br><strong>L’autre</strong> – Qui sait ?<br><em>Il se lève pour partir.</em><br><strong>Patron</strong> – Faites attention en traversant la route.<br><strong>L’autre</strong> – Merci pour le Viandox.<br><em>Il sort. L’autre prend la tasse et hume le fumet qui en sort. Il retrousse le nez avec un air dégoûté.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><em>On entend un bruit de freinage suivi d’un fracas de tôles froissées. Il lève la tête, et jette un regard vers le quatrième mur, figurant la vitrine du café donnant sur la rue.</em><br><strong>Patron</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>Gros sur le cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/gros-sur-le-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 17:09:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Avortement]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=526</guid>

					<description><![CDATA[<p>Gros sur le cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron passe un coup de chiffon sur son comptoir. Un couple arrive et s’assied à une table.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu es sûre que c’est une bonne idée ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – De prendre un dernier verre ensemble.<br><strong>Elle</strong> – On a été mariés pendant dix ans. On ne va pas se quitter comme ça, dans le bureau d’un juge. Ce serait trop triste.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Et pour ces messieurs-dames ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu prends ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais… (<em>Ironique</em>) Champagne ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas…?<br><strong>Lui</strong> – Alors deux coupes, s’il vous plaît.<br><strong>Patron</strong> – Désolé, je n’ai que de la blanquette de Limoux. Pour les kirs. Vous savez, ici, on est en face d’un hôpital, on n’a pas souvent l’occasion de faire péter la Veuve Clicquot.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Alors un café.<br><strong>Elle</strong> – Moi aussi.<br><strong>Patron</strong> – Et deux expressos.<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors ça y est… Cette fois, c’est vraiment fini ?<br><strong>Lui</strong> – C’est ce qu’on voulait, non ?<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr. Ça n’empêche pas…<br><strong>Lui</strong> – Tu ne regrettes pas ?<br><strong>Elle</strong> – Un divorce, c’est toujours un échec. Je regrette que ça n’ait pas marché.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi…<br><em>Un temps</em>.<br><strong>Elle</strong> – En même temps, c’est toi qui m’as trompée.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Excuse-moi, je ne voulais pas revenir là-dessus… On est divorcés, tu n’as plus de comptes à me rendre.<br><strong>Lui</strong> – Non… (<em>Un temps</em>) Et toi, tu ne m’as jamais trompé ? Tu peux me le dire, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Un simple dérapage sans lendemain ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Un petit baiser furtif, un soir, après quelques verres de trop ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Non, bien sûr… Tu es tellement parfaite…<br><strong>Elle</strong> – Je crois comprendre que dans ta bouche, ce n’est pas un compliment…<br><em>Le patron rapporte les deux cafés.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà…<br><strong>Elle</strong> – Merci.<br><em>Le patron repart.</em><br><strong>Lui</strong> – Je peux te demander quelque chose ? Maintenant que c’est fini, de toute façon…<br><strong>Elle</strong> – Encore ?<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, tu n’as rien avoué…<br><strong>Elle</strong> – Si c’est un interrogatoire, alors… Vas-y, je t’écoute…<br><strong>Lui</strong> – Est-ce qu’au moins une fois, pendant toutes ces années qu’on a passées ensemble, tu m’as menti ?<br><strong>Elle</strong> – Menti ?<br><strong>Lui</strong> – Même par omission. Quelque chose d’important que tu m’aurais caché. Quelque chose dont tu ne serais pas fière, évidemment. Sinon, ça n’a aucun intérêt…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu me demandes ça, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Savoir que finalement, tu n’étais pas si parfaite… Ça m’aiderait à faire mon deuil.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas morte tout de même.<br><strong>Lui</strong> – Je veux dire le deuil de notre relation. De notre amour, si je peux me permettre.<br><strong>Elle</strong> – Tu peux.<br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Si ça peut t’aider…<br><strong>Lui</strong> – Je t’écoute.<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas si facile…<br><strong>Lui</strong> – Ne me dis pas que tu as l’embarras du choix.<br><strong>Elle</strong> – Non, justement. Je réfléchis…<br><strong>Lui</strong> – J’ai tout mon temps.<br><strong>Elle</strong> – Tu te souviens de notre première voiture ?<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Un matin, on l’a retrouvée dans la rue avec une aile complètement enfoncée.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, personne n’avait laissé de mot pour le constat.<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – C’était moi. J’avais embouti le pilier du portail en sortant en marche arrière. La voiture était neuve, je n’ai pas osé te le dire. J’avais tellement honte. J’ai garé la voiture dans la rue, et je n’ai rien dit.<br><strong>Lui</strong> – Je sais.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais ?<br><strong>Lui</strong> – Il y avait la trace de la peinture sur le pilier du portail. Elle doit y être encore.<br><strong>Elle</strong> – Et tu n’as rien dit ?<br><strong>Lui</strong> – Tu avais l’air d’y tenir tellement à ce mensonge… Qu’est-ce que ça aurait changé ?<br><strong>Elle</strong> – Rien, probablement. Mais pourquoi n’avoir rien dit ?<br><strong>Lui</strong> – Tu bousilles notre voiture toute neuve. Tu mens de façon totalement pathétique. Je ne suis pas flic. Qu’est-ce que j’aurais pu dire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. Tu aurais pu… marquer un point.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas comme ça que je voyais notre couple. C’était tellement enfantin, ce mensonge. Presqu’attendrissant. Je me suis dit que ça devait être important pour toi. J’ai préféré te laisser ta dignité…<br><strong>Elle</strong> – Merci… c’est gentil.<br><strong>Lui</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Et toi, tu te fous de moi.<br><strong>Elle</strong> – Pas du tout. C’est vrai, je t’assure.<br><strong>Lui</strong> – Quand tu m’as demandé si je t’avais déjà trompé, j’ai été honnête avec toi. J’aurais pu nier. On serait peut-être encore mariés. À toi de jouer le jeu, maintenant. Il y a forcément autre chose… Quelque chose de plus grave…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Tu te souviens quand tu étais parti trois jours à Toulouse pour un congrès.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br>Elle – Je t’avais dit que j’irais à l’hôpital pour un examen de routine.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… je me souviens.<br><strong>Elle</strong> – C’était pour une IVG.<br><strong>Lui</strong> – Une IVG…<br><strong>Elle</strong> – Un avortement, si tu préfères…<br><strong>Lui</strong> – On avait décidé d’avoir un enfant… Tu avais arrêté la pilule…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Je ne comprends pas.<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus…<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… J’ai eu peur.<br><strong>Lui</strong> – Peur ?<br><strong>Elle</strong> – Peur de ne pas y arriver. Peur que tu me quittes… Entre nous, je n’avais pas tout à fait tort.<br><strong>Lui</strong> – Ne renverse pas les rôles… Si on avait eu cet enfant, les choses auraient peut-être été différentes.<br><strong>Elle</strong> – Peut-être…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Comment tu as pu nous faire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Merci de ne pas avoir dit me faire ça… Ça ne s’explique pas. Je ne me suis pas sentie capable. Capable d’assumer ça.<br><strong>Lui</strong> – Ça ?<br><strong>Elle</strong> – Donner la vie. Devenir mère.<br><strong>Lui</strong> – Tu aurais pu m’en parler. Partager ça avec moi.<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai jamais osé te le dire… J’avais trop honte…<br><strong>Lui</strong> – Comme pour la voiture.<br><strong>Elle</strong> – Je suis vraiment désolée. J’ai eu peur…<br><strong>Lui</strong> – Je te faisais peur à ce point ? Même pour la voiture…<br><strong>Elle</strong> – C’est de moi dont j’avais peur. (<em>Un temps</em>) Tu crois vraiment que les choses auraient pu être différentes ?<br><strong>Lui</strong> – Les choses sont toujours comme elles sont. Ça ne sert à rien de les imaginer autrement après coup. Il faut croire que nous deux, ce n’était pas possible.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Je crois qu’on ferait mieux d’y aller.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu la revois toujours ?<br><strong>Lui</strong> – Qui ?<br><strong>Elle</strong> – Celle avec qui tu m’as trompée.<br><strong>Lui</strong> – Ah, celle-là…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as jamais dit qui c’était. Tu peux me le dire, maintenant. Je la connais ?<br><strong>Lui</strong> – À quoi ça servirait…?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as jamais trompée.<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Alors pourquoi<br><strong>Lui</strong> – C’était plus facile comme ça.<br><strong>Elle</strong> – Tu veux dire plus facile pour moi.<br><strong>Lui</strong> – Plus facile pour nous deux… Je crois qu’on ferait mieux d’y aller, maintenant…<br><strong>Elle</strong> – Allons-y.<br><em>Ils partent.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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