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	<title>Archives des 4 personnages - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des 4 personnages - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Huis clos</title>
		<link>https://sketchotheque.net/huis-clos/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:48:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
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		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
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		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Huis clos, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple. Quatre chaises. Ils sont assis.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va… Et toi ?<br><strong>Elle</strong> – Ça va… (<em>Un temps</em>) Tu veux boire quelque chose ?<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Un apéro ? Des cacahuètes ?<br><strong>Lui</strong> – Merci, ça ira.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – On est bien, ici, non ?<br><strong>Lui</strong> – Ici ?<br><strong>Elle</strong> – Dans cette maison.<br><strong>Lui</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Mais on n’est pas chez nous.<br><strong>Elle</strong> – Ah, non ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai.<br><strong>Lui</strong> – C’est une maison, ou un appartement ?<br><strong>Elle</strong> – Un appartement, je crois. Je ne sais pas.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens où c’est, notre maison ?<br><strong>Elle</strong> – Notre maison ?<br><strong>Lui</strong> – Notre vraie maison. Chez nous !<br><strong>Elle</strong> – Non… Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus. Je ne sais même plus à quoi ça ressemblait.<br><strong>Elle</strong> – On a tellement déménagé.<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai. On déménage beaucoup.<br><strong>Elle</strong> – Oui. De plus en plus.<br><strong>Lui</strong> – Il faudrait qu’on arrive à se souvenir.<br><strong>Elle</strong> – De quoi ?<br><strong>Lui</strong> – Où on habite.<br><strong>Elle</strong> – Toutes les maisons se ressemblent un peu.<br><strong>Lui</strong> – Même quand c’est un appartement.<br><strong>Elle</strong> – Il y a des chambres. Une salle à manger. Une cuisine.<br><strong>Lui</strong> – Dans la cuisine, il y a un frigo, une cuisinière, une table, des tiroirs…<br><strong>Elle</strong> – Dans les tiroirs, il y a des fourchettes, des couteaux, des petites cuillères.<br><strong>Lui</strong> – Dans les chambres, il y a des enfants. Parfois…<br><strong>Elle</strong> – Quand il n’y en a pas, c’est qu’ils sont déjà partis. Dans une autre maison.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’ils reviendront un jour ?<br><strong>Elle</strong> – Les enfants ?<br><strong>Lui</strong> – Les propriétaires !<br><strong>Elle</strong> – Va savoir… Ça fait combien de temps qu’on est là ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Pas mal de temps, non ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – J’ai toujours peur qu’on sonne à la porte, et que ce soit eux.<br><strong>Elle</strong> – Les enfants ?<br><strong>Lui</strong> – Ceux qui habitent ici ! Les vrais propriétaires…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Pas toi ?<br><strong>Elle</strong> – Si. D’ailleurs, je me demande si elle marche.<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – La sonnette ! On ne l’a jamais entendue.<br><strong>Lui</strong> – De toute façon, quand les gens qui habitent ici reviendront, ils ne sonneront pas.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Lui</strong> – C’est chez eux ! Ils auront la clef.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr.<br><strong>Lui</strong> – Quand les gens rentrent chez eux, ils ne sonnent pas. Ils n’ont aucune raison de penser qu’il y a quelqu’un à l’intérieur quand ils ne sont pas là.<br><strong>Elle</strong> – C’est vrai… On a la clef, nous ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas. Tu as la clef, toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Moi non plus.<br><strong>Elle</strong> – Alors comment on est rentrés ici ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne me souviens plus.<br><strong>Elle</strong> – On nous a peut-être ouvert.<br><strong>Lui</strong> – Qui est-ce qui aurait bien pu nous ouvrir ?<br><strong>Elle</strong> – Les propriétaires ?<br><strong>Lui</strong> – Mais puisqu’on est seuls dans cet appartement.<br><strong>Elle</strong> – Depuis combien de temps ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est sûrement pour ça qu’on ne sort jamais. On ne pourrait plus rentrer.<br><strong>Lui</strong> – Non. Puisqu’on n’a pas la clef.<br><em>On sonne. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu crois que c’est eux ?<br><strong>Lui</strong> – On a dit que si c’était eux, ils ne sonneraient pas.<br><strong>Elle</strong> – Alors qui ça peut bien être ?<br><strong>Lui</strong> – Va savoir…<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Lui</strong> – Il faut aller ouvrir, non ?<br><strong>Elle</strong> – Tu crois ?<br><strong>Lui</strong> – Ils ont vu la lumière. Ils savent qu’on est là.<br><strong>Elle</strong> – Cette fois, ça y est… On est foutus…<br><strong>Lui</strong> – On va encore devoir déménager.<br><strong>Elle</strong> – Mais où est-ce qu’on va aller ?<br><strong>Lui</strong> – Je vais faire notre valise.<br><strong>Elle</strong> – On a une valise ?<br><strong>Lui</strong> – Tout le monde a une valise chez lui, non ?<br><strong>Elle</strong> – Je vais leur ouvrir…<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu vas leur dire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Il va bien falloir leur dire quelque chose, pour expliquer le fait qu’on est là. Chez eux.<br><strong>Elle</strong> – Ils rentrent peut-être de vacances.<br><strong>Lui</strong> – Je vais voir si on a une valise.<br><em>Elle sort. Il sort aussi. Elle revient avec un autre couple. Jean-Marc a une bouteille à la main, et Christelle un bouquet de fleurs. Il revient avec une valise.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est Jean-Marc et Christelle.<br><strong>Lui</strong> – Ah, bonjour…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Salut. Ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va, et vous ?<br><strong>Christelle</strong> – Super. Vous partez en vacances ?<br><strong>Lui</strong> – Non, pourquoi ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Comme tu as une valise à la main…<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui, non, c’est… Je m’apprêtais à la ranger. Vous savez ce que c’est, les valises, on ne sait jamais où les mettre.<br><strong>Elle</strong> – Et une valise vide, ça prend autant de place qu’une valise pleine.<br><strong>Christelle</strong> – Oui. Mais c’est moins lourd.<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’est vrai. On devrait partir en vacances avec des valises vides. On voyagerait plus léger.<br><em>Ils rient tous les quatre d’un rire un peu forcé.</em><br><strong>Christelle</strong> – Alors comment ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Ça va.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Tenez, j’ai apporté du champagne, pour fêter ça.<br><strong>Lui</strong> – Fêter quoi ?<br><em>Jean-Marc éclate de rire.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Fêter quoi ? Toujours le mot pour rire, hein ?<br><strong>Christelle</strong> – Il est drôle ! Tenez, moi j’ai apporté des fleurs.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est bien aussi.<br><strong>Lui</strong> – Je vais aller chercher des flûtes.<br><strong>Elle</strong> – Tu veux qu’on leur joue de la flûte ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Des flûtes ! Pour le champagne !<br><strong>Elle</strong> – Ah oui !<br><em>Ils rient à nouveau.</em><br><strong>Christelle</strong> – Elle est drôle !<br><strong>Elle</strong> – Et moi je vais chercher un vase. Pour les fleurs.<br><strong>Christelle</strong> – Vous ne voulez pas qu’on vous aide ?<br><strong>Lui</strong> – Pensez-vous !<br><strong>Elle</strong> – Mais asseyez-vous donc !<br><strong>Lui</strong> – Faites comme chez vous.<br><strong>Elle</strong> – Vous connaissez la maison.<br><em>Ils sortent tous les deux.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> (<em>souriant</em>) – Qu’est-ce qu’ils sont drôles…<br><strong>Christelle</strong> – Oui…<br><strong>Jean-Marc </strong>– Ils n’ont pas changé. Toujours aussi…<br><strong>Christelle</strong> – Tu trouves ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Quoi ?<br><strong>Christelle</strong> – Qu’ils n’ont pas changé.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Maintenant que tu le dis, c’est vrai que…<br><strong>Christelle</strong> – Non, mais ils ne ressemblent pas du tout à…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Si, un peu quand même…<br><strong>Christelle</strong> – Mouais…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Et puis tu sais, les gens… Ils changent…<br><strong>Christelle</strong> – Pas à ce point là… Pas en une semaine…<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’était il y a une semaine ?<br><strong>Christelle</strong> – C’était la semaine dernière. La dernière fois qu’on les a vus.<br><strong>Jean-Marc </strong>– C’est vrai qu’ils ont beaucoup changé.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Christelle</strong> – Ou alors, ce n’est pas eux.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Pas eux ? Mais qu’est-ce qu’ils feraient ici ? Si ce n’est pas chez eux…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Christelle</strong> – Tu crois qu’on aurait pu se tromper de porte ?<br><strong>Jean-Marc </strong>– Je ne pense pas… Et puis eux, ils ont l’air de nous connaître, non ? Si ils nous connaissent, c’est qu’on les connaît aussi.<br><strong>Christelle</strong> – Oui, évidemment…<br><em>L’homme revient.</em><br><strong>Lui</strong> – Je suis vraiment désolé, je n’ai pas trouvé les flûtes.<br><strong>Christelle</strong> – Ah, les hommes…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Tu n’as qu’à demander à ta femme.<br><em>La femme revient aussi.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu sais où sont les flûtes, chérie ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Il n’y en a peut-être pas…<br><strong>Christelle</strong> – Comment ça ? Vous n’avez pas de flûtes ? Tout le monde a des flûtes à champagne, non ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Ce n’est pas grave. On va le boire dans des verres, ce champagne.<br><strong>Christelle</strong> – Vous avez bien des verres à pied ? (Ils n’ont pas l’air sûrs.) Des verres à moutarde ?<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai rien vu…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas trouvé de vase non plus.<br><strong>Christelle</strong> – Des verres, tout de même. Dans une cuisine…<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas trouvé la cuisine.<br><em>Moment d’embarras.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Bon… Vous savez quoi ? On le boira à la bouteille, ce champagne. Comme les Russes !<br><strong>Christelle</strong> – Les Russes boivent le champagne à la bouteille ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Les Cosaques, sûrement. Sans même descendre de leur cheval. En sabrant la bouteille avec…<br><strong>Christelle</strong> – Avec leur sabre.<br><strong>Elle</strong> – En attendant, asseyez-vous, je vous en prie.<br><em>Ils s’asseyent tous les quatre. Sourires. Silence embarrassé.</em><br><strong>Lui</strong> – Et les enfants, ça va ? (<em>Jean-Marc et Christelle, qui n’ont visiblement pas d’enfants, échangent un regard perplexe.</em>) Non, je voulais dire, les enfants en général. Pas spécialement les vôtres. Si vous n’en avez pas…<br><strong>Elle</strong> – Ou plus… Je veux dire… Vous pourriez en avoir, et qu’ils soient morts.<br><strong>Lui</strong> – On n’a pas dit que c’était le cas.<br><em>Malaise</em>.<br><strong>Elle</strong> – Je vais voir si je trouve des cacahuètes…<br><em>Elle sort.</em><br><strong>Lui</strong> – En tout cas, c’est sympa d’être passés nous voir.<br><strong>Christelle</strong> – On est amis, non ?<br><strong>Lui</strong> – Bien sûr.<br><em>Jean-Marc et Christelle échangent un regard embarrassé. Christelle fait signe à Jean-Marc de se lancer.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Ma question va te paraître idiote, mais… vous habitez vraiment ici ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi vous me demandez ça ?<br><strong>Christelle</strong> – Ben… Nos amis qui habitent ici ne vous ressemblent pas du tout.<br><strong>Jean-Marc </strong>– En tout cas, la dernière fois qu’on est venus, ils ne ressemblaient pas du tout à ça…<br><em>Elle revient.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça y est, j’ai trouvé les cacahuètes !<br><strong>Christelle</strong> – Vous avez trouvé la cuisine…?<br><strong>Elle</strong> – J’ai même trouvé des verres.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Alors on peut boire l’apéro !<br><strong>Christelle</strong> – Allez…<br><em>Jean-Marc débouche la bouteille, et remplit les verres. Ils trinquent.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – À votre santé !<br><strong>Lui</strong> – À l’amitié !<br><em>Ils boivent.</em><br><strong>Elle</strong> – Prenez des cacahuètes.<br><em>Ils mangent des cacahuètes.</em><br><strong>Christelle</strong> – Je n’ai jamais osé vous poser la question, mais…<br><strong>Lui</strong> – Oui…?<br><strong>Christelle</strong> – Vous vous êtes rencontrés où, tous les deux ? (<em>Silence embarrassé</em>) Excusez-moi d’avoir été aussi indiscrète. Je ne sais pas ce qui m’a pris…<br><strong>Elle</strong> – Non, non, pas du tout, c’est juste que…<br><strong>Lui</strong> – On ne sait plus très bien.<br><strong>Christelle</strong> – Vous ne savez plus ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Vous ne savez plus où vous vous êtes rencontrés ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Je dirais ici, non ?<br><strong>Christelle</strong> – Ici ?<br><strong>Elle</strong> – Un jour, on s’est rendu compte qu’on habitait le même appartement.<br><strong>Lui</strong> – Oui, c’est curieux… Je crois que ça s’est passé comme ça.<br><strong>Elle</strong> – C’était il y a un certain temps, évidemment.<br><strong>Lui</strong> – Oui… Une semaine, peut-être.<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est ça, une bonne semaine.<br><strong>Christelle</strong> – Ah oui, quand même…<br><strong>Lui</strong> – Et vous ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Nous ?<br><strong>Elle</strong> – Vous vous connaissez depuis longtemps ?<br><strong>Christelle</strong> – Non, pas très…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Je dirais… Oui, pas très longtemps.<br><strong>Christelle</strong> – On s’est rencontrés dans le hall de l’immeuble, en bas.<br><strong>Jean-Marc</strong> – J’avais une bouteille de champagne à la main.<br><strong>Christelle</strong> – Et moi un bouquet de fleurs.<br><strong>Jean-Marc</strong> – On s’est dit qu’on allait sûrement au même endroit.<br><strong>Christelle</strong> – Comme je n’avais pas le code…<br><strong>Jean-Marc</strong> – Moi non plus. J’ai sonné sur plusieurs boutons, au hasard. Vous êtes les premiers à nous avoir ouvert la porte.<br><strong>Christelle</strong> – Comme il avait l’air de savoir où il allait, je l’ai suivi.<br><strong>Lui</strong> – Ah, oui…<br><strong>Elle</strong> – Oui, c’est… une belle histoire.<br><strong>Lui</strong> – Très romantique.<br><strong>Elle</strong> – Vous verrez que ça finira par un mariage.<br><em>Jean-Marc et Christelle échangent un regard gêné.</em><br><strong>Jean-Marc</strong> – Donc, si je comprends bien, personne ici ne se connaît vraiment.<br><strong>Elle</strong> – Apparemment non…<br><strong>Christelle</strong> – Et personne n’a rien à faire dans cette maison.<br><strong>Lui</strong> – Visiblement pas…<br><strong>Jean-Marc </strong>– Mais alors on est chez qui ?<br><em>Silence</em>.<br><strong>Christelle</strong> – Vous reprendrez bien un peu de champagne ?<br><strong>Elle</strong> – Merci, mais il est tard. On va peut-être vous laisser.<br><strong>Lui</strong> – En tout cas, merci de votre hospitalité.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Mais de rien, je vous en prie.<br><em>Il prend la valise, et se dirige avec elle vers la sortie.</em><br><strong>Christelle</strong> – Je vous raccompagne ?<br><strong>Elle</strong> – Ne vous dérangez pas, on connaît le chemin.<br><strong>Jean-Marc</strong> – Vous voulez que je vous aide avec la valise.<br><strong>Lui</strong> – Non… Ça ne pèse rien… Elle est vide.<br><strong>Christelle</strong> – Eh bien… À une autre fois, alors !<br><strong>Jean-Marc </strong>– Et merci de votre visite !<br><em>Ils sortent. Jean-Marc et Christelle se rasseyent. Silence.</em><br><strong>Christelle</strong> – Ça va ?<br><strong>Jean-Marc </strong>– Ça va… Et toi ?<br><strong>Christelle</strong> – Ça va… (<em>Un temps</em>) Tu veux reboire quelque chose ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Christelle</strong> – Des cacahuètes ?<br><em>Il prend une poignée de cacahuète et commence à les mastiquer.</em><br><strong>Christelle</strong> – On est bien, ici, non ?<br><strong>Jean-Marc</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Mais on n’est pas chez nous.<br><strong>Christelle</strong> – C’est vrai.<br><strong>Jean-Marc</strong> – C’est une maison, ou un appartement ?<br><strong>Christelle</strong> – Un appartement, je crois.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="282" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Mélimélodrames de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-498" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/melimelodrames-jean-pierre-martinez-bandeau-300x212.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Soirée poésie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/soiree-poesie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Apr 2025 12:24:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Le Comptoir]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soirée poésie, un sketch humoristique extrait du recueil 'Le Comptoir' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux femmes arrivent dans un bistrot. Elles jettent un regard en direction de la salle et s’approchent avec quelques hésitations d’un comptoir derrière lequel la patronne se tient debout, impassible, en train d’essuyer des verres à pied.</em><br><strong>Une</strong> – Qu’est-ce que tu prends ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Un petit ballon ?<br><strong>Une</strong> – Rouge ? Blanc ?<br><strong>Deux</strong> – Rouge…<br><strong>Une</strong> – Deux ballons de rouge, s’il vous plaît.<br><strong>Patronne</strong> – Bordeaux ? Côtes du Rhône ?<br><strong>Une</strong> – Côtes du Rhône…<br><strong>Patronne</strong> – Et deux côtelettes.<br><em>La patronne leur sert les deux ballons.</em><br><strong>Une</strong> – On va peut-être aller s’asseoir, pendant qu’il y a encore des tables de libre…<br><strong>Deux</strong> – OK.<br><em>Les deux femmes vont s’asseoir à une table. La première boit une gorgée, et fait la grimace.</em><br><strong>Une</strong> – Je ne sais pas si on a fait le bon choix…<br><strong>Deux</strong> – Pour le spectacle ?<br><strong>Une</strong> – Pas pour le vin, en tout cas…<br><em>La deuxième trempe à son tour les lèvres dans son verre.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah, oui… Ce n’est pas du Château Margaux…<br><strong>Une</strong> – C’est quoi, cette soirée, au juste ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas très bien compris… (<em>Elle sort un flyer de sa poche</em>.) Petits Vers sur le Zinc… C’était à zéro euro sur BilletReduc. Ça doit être une soirée cabaret…<br><strong>Une</strong> – Cabaret ?<br><strong>Deux</strong> – One man show, j’imagine.<br><strong>Une</strong> – En bon français, on devrait dire des seuls en scène.<br><strong>Deux</strong> – Apparemment on est aussi les seules dans la salle.<br><strong>Une</strong> – Petits Verres sur le Zinc… Fais voir… (<em>Elle regarde le flyer</em>.) Attends, mais c’est vers, V-E-R-S !<br><strong>Deux</strong> – Ouais, tu as vu ? C’est marqué : le premier vers est offert. C’est dingue, non ? Maintenant, tu vas au spectacle, c’est gratuit, et en plus on te paye un verre. Bientôt, on te donnera un peu d’argent en repartant si tu restes jusqu’au bout…<br><strong>Une</strong> – V-E-R-S ! Pas V-E-R-R-E-S ! Oh, putain ! C’est une soirée poésie !<br><strong>Deux</strong> – Tu déconnes ! (<em>Elle lui reprend le flyer et y jette un nouveau regard.</em>) Merde, tu as raison !<br><strong>Une</strong> – Jusqu’à quelles tragiques méprises peut conduire la dyslexie…<br><strong>Deux</strong> – Tu m’étonnes que c’était gratuit…<br><em>Transition musicale. Une cliente, arrive. Avant d’entrer, elle tire une dernière bouffée de sa cigarette.</em><br><strong>Une</strong> – Malheureusement, il est trop tard pour se barrer.<br><em>La cliente écrase sa cigarette, et jette un regard sur la salle avant de déclamer.</em><br><strong>La cliente</strong> –<br>Au comptoir des fumeurs dissipés, <br>auprès d’un Parisien froissé, <br>Une blonde, une brune sur le zinc écrasées <br>du tabac froid racontent encore l’odeur. <br>Les volutes ne sont plus que vapeurs. <br>Aux sifflements d’un italien percolateur, <br>de la main du serveur dans une tasse allongé, <br>Un grand noir remplace un petit blanc. <br>Au bar il ne faut plus mégoter. Reste le goût amer du café.<br><em>Les deux femmes assises à la table restent déconcertées.</em><br><strong>Deux</strong> – Bravo, c’est… Ah, oui, hein ? C’est très original.<br><strong>Une</strong> – Ça change, c’est sûr…<br><strong>Cliente</strong> – Merci…<br><strong>Deux</strong> – Et… vous en connaissez beaucoup, comme ça ?<br><strong>Cliente</strong> – Pas mal.<br><strong>Une</strong> – Ah, merde… Je veux dire super…<br><strong>Cliente</strong> – Vous en voulez un autre ?<br><strong>Une</strong> – Ah ben oui, tiens, pourquoi pas… Mais cette fois, je vais plutôt essayer le Bordeaux, moi.<br><strong>Cliente</strong> – Je voulais dire… un autre poème.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui, bien sûr…<br><strong>Une</strong> – Et comment ! (<em>En aparté</em>) De la poésie… Putain, c’est un traquenard.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que c’est le moment de se barrer…<br><em>Pendant que les deux femmes s’éclipsent discrètement, la cliente déclame :</em><br><strong>Cliente</strong> –<br>Sur le zinc du comptoir quelques verres oubliés. <br>Quelques vers à douze pieds m’accompagnent ce soir. <br>J’ai laissé le brouillard aux dehors endeuillés,  <br>la pipe du condamné à fumer dans le noir.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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			</item>
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		<title>Tout est clair</title>
		<link>https://sketchotheque.net/tout-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:10:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Commissariat]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitué(e)]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Portefeuille]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Vol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tout est clair, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Maria fait face à l’Inspecteur Ramirez.<br></em><strong>Maria</strong> – Ça m’apprendra à être honnête ! J’aurais mieux fait de le mettre à la poubelle, ce portefeuille.<br><strong>Ramirez</strong> – Donc, vous maintenez l’avoir trouvé par terre, derrière une banquette, sur votre lieu de travail ?<br><strong>Maria</strong> – Évidemment, puisque c’est la vérité !<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, quand mes collègues vous ont interpellée sur la voie publique pour un contrôle de routine, c’est bien dans votre sac qu’ils ont trouvé ce portefeuille. Plus de trois jours après que son propriétaire ait signalé sa disparition…<br><strong>Maria</strong> – J’ai préféré le garder quelque temps, au cas où quelqu’un viendrait le réclamer à la boîte. Mais j’allais justement le porter au commissariat !<br><strong>Ramirez</strong> – Bien sûr…<br><strong>Maria</strong> – Ce que c’est que les préjugés… Vos collègues non plus, ils n’ont rien voulu savoir. Il paraît que je suis défavorablement connue des services de police…<br><strong>Ramirez</strong> – Reconnaissez que ça, ce n’est faux…<br><strong>Maria</strong> – Défavorablement, peut-être… Mais pas comme pickpocket !<br><strong>Ramirez</strong> – En ouvrant ce portefeuille, vous auriez facilement pu identifier son propriétaire et lui téléphoner. Il y avait une carte de visite à l’intérieur.<br><strong>Maria</strong> – Eh, je ne suis pas de la police, moi ! C’est personnel, un portefeuille. C’est comme un sac à main. Et puis je vous fais remarquer que je n’ai pas non plus touché à l’argent liquide. Il ne manque pas un euro. Vous n’avez qu’à lui demander, à ce type, s’il manque de l’argent dans son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – On lui demandera ensemble, à ce brave homme. Parce que nous, on l’a appelé, figurez-vous. Il sera là d’une minute à l’autre.<br><em>Maria pousse un soupir de soulagement.</em><br><strong>Maria</strong> – Eh ben voilà ! Il sera tellement content d’avoir retrouvé ses papiers. Vous verrez qu’il me remerciera. Allez savoir, peut-être même qu’il me donnera une petite récompense…<br><strong>Ramirez</strong> – Ne vous réjouissez pas trop vite quand même… Il a porté plainte…<br><strong>Maria</strong> – Porté plainte ? Mais pourquoi ?<br><strong>Ramirez</strong> – Pour un vol à l’arraché.<br><strong>Maria</strong> – Il dit que c’est moi qui lui ai arraché son larfeuille ?<br><strong>Ramirez</strong> – Vous ou une autre, on verra bien. Ça sert à ça une confrontation…<br><strong>Maria</strong> – Dans ce cas, pas de souci. Il ne peut pas me reconnaître, puisque je ne l’ai pas volé, son portefeuille !<br><strong>Ramirez</strong> – Si vous le dites…<br><strong>Maria</strong> – Vous verrez… Il dira que ce n’est pas moi, et il me fera des excuses. Vous aussi, j’espère…<br><em>L’inspecteur lui lance un regard qui en dit long. Son téléphone sonne, il répond.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Oui Sanchez… OK, envoyez-les moi… (<em>Se tournant vers Maria</em>) L’heure de vérité…<br><em>Entre un homme d’un certain âge, très digne, accompagné de sa femme, plus revêche. Ramirez se lève pour les accueillir.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Entrez, je vous en prie.<br><strong>Homme</strong> (<em>embarrassé</em>) – Merci, Inspecteur…<br><strong>Femme</strong> (<em>apercevant Maria</em>) – Alors c’est elle…<br><strong>Maria</strong> – Oui, c’est moi qui ai retrouvé le portefeuille de votre mari. Bonjour Monsieur…<br><strong>Homme</strong> (<em>timidement</em>) – Madame…<br><strong>Maria</strong> (<em>à Ramirez</em>) – Ça se voit tout de suite que ce n’est pas le genre d’homme à envoyer une innocente en prison.<br><strong>Ramirez</strong> – Alors Monsieur Delamare… Vous reconnaissez cette femme ?<br><em>L’homme hésite, de plus en plus embarrassé.</em><br><strong>Homme</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Maria</strong> – Moi, en tout cas, j’ai l’impression de vous avoir déjà avoir vu quelque part. À mon travail, peut-être. Mais je vois défiler tellement de monde…<br><strong>Femme</strong> – Eh ben, vas-y, dis-le que c’est elle!<br><em>Le brave homme semble très mal à l’aise.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Monsieur, je vous écoute… C’est cette femme qui vous a volé votre portefeuille, oui ou non ?<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne me souviens plus très bien… Il faisait noir…<br><strong>Ramirez</strong> – Noir ? Vous avez déclaré que le vol avait eu lieu en plein après-midi ! À ma connaissance, on n’a signalé aucune éclipse dans la région ces jours-ci… <br><strong>Homme</strong> – Non, non, bien sûr… J’ai dit noir… C’est plutôt moi qui… J’ai un blanc. Je veux dire que tout cela s’est passé si vite. Quoi qu’il en soit, cette personne n’est pas mon agresseur, Inspecteur…<br><em>L’inspecteur ne semble pas convaincu par cette affirmation.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Homme</strong> – Absolument.<br><strong>Maria</strong> – Ah ! Vous voyez bien !<br><strong>Ramirez</strong> – Je vous rappelle, Monsieur Delamare, que vous avez porté plainte contre X.<br><strong>Maria</strong> – Contre X ?<br><strong>Ramirez</strong> – Si cette déposition a pour seul but de permettre à cette femme d’éviter des ennuis avec la justice, il s’agirait d’un faux témoignage.<br><em>L’homme jette un regard inquiet vers son épouse, et se décide à parler.</em><br><strong>Homme</strong> – Écoutez, c’est avant, que j’ai menti. (<em>Sa femme le fusille du regard, mais il poursuit malgré tout</em>.) On ne m’a pas volé ce portefeuille. En fait… Je l’ai perdu…<br><em>L’inspecteur prend le temps de digérer cette information, avant de répondre d’un ton sévère.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Dans ce cas, cela s’appelle une dénonciation frauduleuse. C’est très grave, vous savez ? Vous pourriez être poursuivi… Pourquoi ce mensonge?<br><em>Le respectable vieillard est un peu perdu.</em><br><strong>Homme</strong> – Quand j’ai raconté à mon épouse que j’avais perdu mon portefeuille, elle m’a conseillé de le déclarer volé. C’était plus simple, pour le remboursement par l’assurance, vous comprenez ?<br><strong>Femme</strong> (<em>embarrassée</em>) – Je pensais que la personne qui trouverait le portefeuille le garderait pour elle…<br><strong>Ramirez</strong> – C’est en effet ce qui arrive le plus souvent…<br><strong>Femme</strong> (<em>à nouveau agressive</em>) – Et puis je croyais que la police avait mieux à faire que de s’occuper d’un petit vol comme ça… Avec tout ce qu’on voit en ce moment…<br><strong>Ramirez</strong> – Malheureusement pour vous, il reste quand même des gens honnêtes. Et la police fait parfois bien son travail… (<em>L’homme, penaud, regarde ses chaussures</em>.) Bon… Je vous épargnerai les poursuites judiciaires pour cette fois…<br><strong>Femme</strong> – Merci Monsieur l’Inspecteur…<br><strong>Homme</strong> – Toutes nos excuses, Inspecteur, vraiment…<br><strong>Maria</strong> – Ça alors.. Et moi ? Personne ne me présente ses excuses ?<br><em>L’inspecteur se penche sur la déclaration de vol.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Mais il y a une dernière chose qui m’intrigue, Monsieur Delamare… Vous avez déclaré que ce vol imaginaire avait eu lieu dans la rue, à Vincennes.<br><strong>Homme</strong> – C’est là où nous habitons, ma femme et moi…<br><strong>Ramirez</strong> – Pourtant, cette dame a retrouvé votre portefeuille, absolument intact, sous une banquette de l’établissement où elle travaille, dans le neuvième arrondissement de Paris. Il n’est pas arrivé là par hasard, tout de même…<br><strong>Homme</strong> – Je… Je ne sais pas, Inspecteur.<br><strong>Ramirez</strong> – Aviez-vous des raisons de mentir aussi sur l’endroit où vous avez perdu ce portefeuille?<br><em>L’épouse revêche jette un regard étonné vers son mari, attendant elle aussi une explication.</em><br><strong>Maria</strong> – Ah mais oui, ça y est… Je me souviens où je l’ai vu, ce vieux vicieux. Au boulot !<br><em>La femme se tourne vers Maria.</em><br><strong>Femme</strong> – Au boulot ? Auriez-vous l’obligeance de me dire, chère Madame, dans quel genre d’établissement vous exercez vos talents ?<br><strong>Maria</strong> – Ben, je suis strip-teaseuse ! Dans un cabaret à Pigalle !<br><em>La femme jette un regard assassin à son mari.</em><br><strong>Ramirez</strong> – Je crois que maintenant, tout est clair…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>La chambre mauve</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-chambre-mauve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 11:53:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel]]></category>
		<category><![CDATA[Parodie]]></category>
		<category><![CDATA[Police]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Réceptionniste]]></category>
		<category><![CDATA[Arc-en-ciel]]></category>
		<category><![CDATA[Bijou]]></category>
		<category><![CDATA[Clé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La chambre mauve, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>L’Inspecteur Ramirez (tenue négligée façon Columbo) arrive à la réception d’un palace. Il s’approche du réceptionniste qui le regarde arriver avec un air hautain.</em><br><strong>Réceptionniste</strong> – Si vous cherchez un endroit pour passer la nuit, mon brave, je vous conseillerais plutôt…<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Ramirez… Vous m’avez appelé au sujet d’un vol de bijoux.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ah, oui… Pardon, Inspecteur… En effet, c’est Monsieur le Directeur qui vous a téléphoné. La chambre d’une de nos clientes a été visitée cet après-midi, et on lui a dérobé un collier estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros.<br><strong>Inspecteur</strong> (<em>dans ses pensées</em>) – Je vois…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Et… que voyez-vous, exactement ?<br><strong>Inspecteur</strong> – À l’évidence, le voleur fait partie du personnel de l’hôtel… ou de sa clientèle.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Qu’est-ce qui vous permet de dire cela, Inspecteur Sanchez ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Ramirez.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pardon ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Ramirez, c’est mon nom.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Et… qu’est-ce qui vous fait penser que le coupable pourrait être quelqu’un de l’hôtel ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Il y a un vigile à la porte. Même en lui montrant ma carte de police, j’ai eu du mal à le convaincre de me laisser entrer…<br><strong>Réceptionniste</strong> (<em>ironique</em>) – C’est vrai. Vous êtes ici dans une zone de non droit, Inspecteur, et nous avons nos guetteurs, nous aussi. De nos jours, même pour la police, il est aussi difficile d’entrer dans le hall d’un palace, que dans celui d’un HLM de banlieue.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il est donc peu probable qu’un inconnu ait pu s’introduire dans cet hôtel sans être immédiatement repéré. La serrure de cette chambre a-t-elle été forcée ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Non, je ne crois pas…<br><strong>Inspecteur</strong> – Dans ce cas, cela fait de vous le principal témoin dans cette affaire, mon brave. Pour ne pas dire le suspect numéro un.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Mais enfin, Inspecteur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous êtes le concierge de cet hôtel. Vous avez les clefs de toutes les chambres. Vous auriez parfaitement pu pénétrer dans l’une d’elles pour vous servir.<br><strong>Réceptionniste</strong> – Moi…? Me servir…?<br><strong>Inspecteur</strong> – Et puis… vous étiez bien placé pour connaître les allées et venues des clients. Vous auriez pu agir sans avoir peur d’être dérangé…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je vous assure, Inspecteur, que jamais…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous avez les clefs de toutes les chambres, oui ou non ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Évidemment ! Cela fait partie de mes attributions ! Lorsqu’un client quitte momentanément l’hôtel, il laisse sa clef à la réception. Je l’accroche immédiatement au tableau jusqu’à son retour, et c’est tout…<br><em>L’inspecteur observe avec curiosité le tableau arc-en-ciel situé derrière le réceptionniste.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Pourquoi un arc-en-ciel ? C’est un hôtel gay friendly ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Chaque chambre de cet hôtel porte le nom d’une couleur. Il y a la chambre bleue, la chambre jaune, la chambre rose, la chambre verte, la chambre…<br><strong>Inspecteur</strong> – Oui, bon, ça va, je crois que j’ai compris le principe…<br><strong>Réceptionniste</strong> – La clef de chaque chambre est identifiée par un porte-clefs de la couleur correspondante. Et chaque porte-clefs trouve naturellement sa place sur ce tableau multicolore. C’est dans la chambre mauve que le vol a eu lieu. Mais je vous jure, Inspecteur, que…<br>L’Inspecteur hoche la tête d’un air dubitatif.<br><strong>Inspecteur</strong> – Dans ce cas… vous paraît-il possible que quelqu’un d’autre que vous, un client de l’hôtel par exemple, ait pu… emprunter cette clef à votre insu, et la remettre à sa place après avoir commis son forfait ?<br><strong>Réceptionniste</strong> (<em>embarrassé</em>) – Pour la tranquillité de nos hôtes, j’aimerais vous répondre que non, Inspecteur. Mais l’honnêteté m’oblige à vous avouer que ce n’est pas totalement à exclure.<br><strong>Inspecteur</strong> – Voyez-vous ça…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Il peut m’arriver de m’absenter quelques instants de la réception pour régler un problème quelconque…<br><strong>Inspecteur</strong> – Et cet après-midi, vous avez eu beaucoup de problèmes à régler ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Vers seize heures, j’ai quitté mon poste une minute ou deux pour fumer une cigarette dehors. Puis une autre fois vers dix-sept heures pour aller aux toilettes…<br><strong>Inspecteur</strong> – Deux abandons de poste dans la même journée, donc… (<em>Air mortifié du réceptionniste</em>) Et vous avez remarqué quelque chose de particulier ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je n’ai rien vu la première fois. Mais la deuxième, lorsque je suis revenu, j’ai remarqué que la clef de la chambre mauve était accrochée à la place de celle de la chambre marron. Je n’y ai pas prêté attention sur le coup, même si je ne commets jamais ce genre d’erreur moi-même.<br><strong>Inspecteur</strong> – Et quelle conclusion avez-vous tirée de cet incident ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Aucune ! J’ai remis la clef à sa place, et c’est tout. Mais c’est vrai qu’après ce qui s’est passé… Oui, il est possible que quelqu’un ait emprunté la clef de la chambre mauve dans le laps de temps où je me suis absenté…<br><strong>Inspecteur</strong> – Je vois… Un membre du personnel, peut-être ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Le vol a eu lieu en milieu d’après-midi, cela met les femmes de ménage hors de cause, puisqu’elles n’ont accès aux chambres que jusqu’à quatorze heures.<br><strong>Inspecteur</strong> – Bien… Reste donc à interroger les clients de l’hôtel. En commençant par la victime. La locataire de la chambre mauve…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ah, vous avez de la chance, Inspecteur… Justement, la voici… C’est la veuve d’un riche armateur suisse.<br><strong>Inspecteur</strong> – Je ne savais pas qu’il y avait des armateurs dans ce pays. En tout cas, à ma connaissance, il n’y a pas la mer en Suisse…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Il y a aussi plus de banques que d’habitants dans la confédération helvétique, et pourtant ces gens-là ne fabriquent à peu près rien.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il s’agit peut-être de cargos fictifs naviguant sous pavillon de complaisance…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Vous lui poserez la question vous-même, Inspecteur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Bonjour chère madame… Mes hommages du soir… Je suis ici pour enquêter sur le vol dont vous avez été la victime. Auriez-vous l’amabilité de répondre à quelques questions ?<br><strong>Veuve</strong> – En tant que citoyenne helvétique, la collaboration avec la police est pour moi une seconde nature. Vous pouvez me poser toutes les questions que vous voudrez tant que cela ne touche pas au secret bancaire. Car pour cela, je serai muette comme un coffre-fort. (<em>Elle sort un chocolat de son sac qu’elle lui tend.</em>) Un chocolat, Inspecteur ? Ils sont à la liqueur…<br><strong>Inspecteur</strong> – Jamais pendant le service, merci… Alors… À quelle heure avez-vous quitté votre chambre, cet après-midi ?<br><strong>Veuve</strong> – Voyons… J’ai quitté l’hôtel vers quatorze heures trente pour rendre visite à une amie qui n’a pas trop le moral.<br><strong>Inspecteur</strong> – Son mari l’a quittée, peut-être…<br><strong>Veuve</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça. Il vient d’être incarcéré pour abus de biens sociaux. Il comptait sur son immunité de parlementaire pour échapper à la justice, mais malheureusement, il n’a pas été réélu…<br><strong>Inspecteur</strong> – Les électeurs sont tellement versatiles, vous savez… On ne peut plus se fier à personne. Vous en avez fait l’expérience à vos dépens, malheureusement…<br><strong>Veuve</strong> – En tout cas, je suis certaine que mon collier se trouvait encore dans son tiroir quand je suis partie. J’avais hésité à le mettre pour sortir avant d’y renoncer.<br><strong>Inspecteur</strong> – Il est tout de même bien imprudent de votre part de ne pas avoir placé un bijou de cette valeur dans le coffre de l’hôtel.<br><strong>Veuve</strong> – J’en conviens, Inspecteur. Mais que voulez-vous ? (<em>Avec un regard accusateur vers le réceptionniste</em>) Je pensais que dans un établissement de cette catégorie… D’autres questions ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Non… Enfin si… Pouvez-vous me confirmer qu’il n’y a pas la mer en Suisse ?<br><strong>Veuve</strong> – Monsieur l’Inspecteur, nous avons mieux que la mer… Nous avons le Lac de Genève !<br><strong>Inspecteur</strong> – Merci, ce sera tout pour le moment. (<em>La veuve s’en va</em>.) Visiblement, la disparition de son collier ne la bouleverse pas plus que ça…<br><strong>Réceptionniste</strong> – L’étendue de sa fortune lui permet de relativiser cette perte. Et son assureur la remboursera sans doute, en dépit de sa négligence. Quand je pense que moi, pour un simple dégât des eaux, j’ai dû me battre avec ma compagnie d’assurance pour… Mais excusez, je m’égare.<br><strong>Inspecteur</strong> – Bon, je vais donc devoir interroger tous les autres pensionnaires de cet hôtel…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Pour ne pas nuire à la réputation de notre établissement, je vous serais reconnaissant d’éviter à nos clients l’humiliation d’une convocation au commissariat. À moins, bien sûr, de soupçons très fondés concernant l’un d’entre eux.<br><em>Un homme passe devant la réception. L’inspecteur jette un regard vers ses chaussettes, de couleurs différentes.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Rassurez-vous, ce ne sera peut-être pas nécessaire. (<em>Interpellant l’homme</em>) Monsieur ?<br><strong>Client</strong> – Oui…?<br><strong>Inspecteur</strong> – Inspecteur Martinez…<br><strong>Réceptionniste</strong> – Je croyais que c’était Ramirez…<br><strong>Inspecteur</strong> – Vous permettez que je vous pose quelques questions ?<br><em>L’homme s’approche, prudemment.</em><br><strong>Inspecteur</strong> – Je peux voir vos mains ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Ne me dites pas que vous êtes aussi cartomancienne…<br><em>Le client, surpris, tend ses mains. L’inspecteur lui passe immédiatement les menottes.</em><br><strong>Client</strong> – Mais enfin, Inspecteur !<br><strong>Réceptionniste</strong> – Heureusement que je vous avais demandé d’être diplomate…<br><em>L’Inspecteur fouille dans la poche de l’homme et en sort un collier, sous le regard stupéfait du réceptionniste.</em><br><strong>Client</strong> – Comment avez-vous deviné que c’était moi? <br><strong>Inspecteur</strong> – Sur le tableau de la réception, le voleur avait remis la clef de la chambre mauve à la place de celle de la chambre marron. (<em>Au réceptionniste</em>) Pourquoi, à votre avis ?<br><strong>Réceptionniste</strong> – Parce qu’il était pressé, peut-être…<br><strong>Inspecteur</strong> – Peut-être aussi parce qu’il était daltonien! <br><strong>Client</strong> – Mais alors, comment avez-vous su que j’étais daltonien? <br><strong>Inspecteur</strong> – Dès que vous êtes passé devant moi, cher ami… Et que j’ai aperçu vos chaussettes.<br><strong>Client</strong> – Mes chaussettes ?<br><strong>Inspecteur</strong> – Elles ne sont pas de la même couleur! <br><strong>Réceptionniste</strong> – Alors là, bravo Inspecteur. Quand je vous ai vu arriver tout à l’heure, je me suis dit que vous étiez un peu demeuré… Je dois reconnaître que j’étais loin de la vérité.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Petite déprime</title>
		<link>https://sketchotheque.net/petite-deprime/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:29:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Artiste]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Maladie]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Ennui]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Rire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens de la vie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=908</guid>

					<description><![CDATA[<p>Petite déprime, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres arrivent et se mettent à fumer.</em><br><strong>Fred</strong> – Ça va ?<br><strong>Al</strong> – Ouais… Enfin non.<br><strong>Fred</strong> – Qu’est-ce qui se passe ? Des problèmes personnels ?<br><strong>Al</strong> – Eh bien non, justement. Je n’ai aucun problème personnel. D’ailleurs, je n’ai aucune vie personnelle.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce qui ne va pas ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… Une sensation de vide… Le sentiment de ne pas être à ma place… J’ai l’impression que pendant que je suis ici, ma vie se déroule ailleurs. Sans moi. Tu as déjà ressenti ça ?<br><strong>Fred</strong> – C’est un petit coup de déprime. Tu devrais peut-être voir un médecin. Il te donnera quelque chose. Faut pas rester comme ça, tu sais. Faut pas rigoler avec ça.<br><strong>Al</strong> – Pour ça, je peux te rassurer tout de suite. Je ne rigole plus depuis très longtemps. C’est simple, je ne me souviens même pas quand j’ai rigolé pour la dernière fois.<br><strong>Fred</strong> – Alors qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu ne vas pas faire une bêtise au moins. Je veux dire, comme de démissionner ?<br><strong>Al</strong> – Je ne sais pas… C’est curieux, la vie. Au début, on se dit qu’on a des problèmes, mais qu’on va tous les régler un par un, et qu’après on sera tranquille. Et puis après, on se rend compte que quand on a réglé ces problèmes, il y en a d’autres qui se présentent. Et qu’il y aura toujours d’autres problèmes à régler. Le temps passe et à partir d’un certain âge, on commence à se dire que tous ces problèmes, un jour, ce ne sera plus les nôtres. Parce qu’on ne sera plus là, tout simplement. Je crois que j’ai atteint cet âge-là. Ça n’apporte pas la sérénité, mais ça permet une certaine distance. Tu savais que Chéreau est mort ?<br><strong>Fred</strong> – Ne me dis pas que c’est ça qui te met dans cet état-là… Tu le connaissais personnellement ?<br><strong>Al</strong> – Non…<br><strong>Fred</strong> – Je ne savais pas que tu t’intéressais au théâtre.<br><strong>Al</strong> – Je n’y vais jamais.<br><em>Ils s’en vont. Deux autres arrivent.</em><br><strong>Mok</strong> – Tu as entendu ça ? Patrick Chéreau est mort.<br><strong>Zac</strong> – Patrice.<br><strong>Mok</strong> – Quoi ?<br><strong>Zac</strong> – Patrice Chéreau.<br><strong>Mok</strong> – Cancer du poumon. Le tabac, c’est vraiment une saloperie. Gainsbourg, c’est pareil. S’il n’avait pas fumé autant, et qu’il avait fait un peu plus de sport, il serait peut-être encore vivant.<br><strong>Zac</strong> – Et si Hendrix avait plutôt joué du violon dans un orchestre philharmonique, il serait sûrement toujours parmi nous aujourd’hui.<br><strong>Mok</strong> – Je me demande bien ce qu’il ferait, tiens.<br><strong>Zac</strong> – Il jouerait au scrabble dans sa maison de retraite avec Jim Morrison, James Dean et Janis Joplin.<br><strong>Mok</strong> – Tu as raison, ce serait bizarre… Tu crois que ça ne vaut pas le coup d’arrêter de fumer ?<br><strong>Zac</strong> – Mais tous ces gens dont on parle, ils avaient déjà atteint le sommet de leur art. Nous on cherche encore dans quoi on pourrait bien être bon à quelque chose.<br><strong>Mok</strong> – Je crois que si on était des génies, ça se saurait déjà.<br><strong>Zac</strong> – Cervantès a écrit Don Quichotte à plus de cinquante ans. On a encore de l’espoir.<br><strong>Mok</strong> – Alors il faut être un génie pour avoir le droit de se ruiner la santé, c’est ça ?<br><strong>Zac</strong> – Qu’est-ce que tu veux ? On est de la race des baisés. C’est comme ça.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Retraite</title>
		<link>https://sketchotheque.net/retraite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:21:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Retraité]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retraite, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un PDG arrive accompagné d’un autre personnage, homme ou femme.</em><br><strong>PDG</strong> – Alors mon vieux, qu’est-ce que vous allez faire maintenant que vous êtes à la retraite ?<br><strong>Dany</strong> – Oh vous savez, je ne vais pas avoir le temps de m’ennuyer.<br><strong>PDG</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Dany</strong> – Je ferai tout ce que je n’ai pas eu le temps de faire jusqu’ici.<br><strong>PDG</strong> – Ah oui ? Quoi par exemple ?<br><strong>Dany</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>PDG</strong> – Faire du vélo ? Aller à la pêche ? Jouer aux boules ?<br><strong>Dany</strong> – Pourquoi pas, oui…<br><strong>PDG</strong> – Moi je dis que vous allez vous emmerder, mon vieux, vous verrez.<br><strong>Dany</strong> – Au début, peut-être un peu.<br><strong>PDG</strong> – Le boulot, c’est pire que le tabac, question accoutumance. On ne devrait jamais commencer. Après il est trop tard. C’est l’addiction. La dépendance.<br><strong>Dany</strong> – Alors je prendrai la retraite comme une cure de désintoxication.<br><strong>PDG</strong> – La retraite, c’est comme les 35 heures, ça ne devrait pas exister. D’ailleurs, ça n’existe déjà presque plus. Vous serez peut-être le dernier à profiter de cette aberration.<br><strong>Dany</strong> – Vous croyez ?<br><strong>PDG</strong> – Aujourd’hui, les gens vivent jusqu’à plus de cent ans, et ils meurent en bonne santé. Vous vous sentez vieux, vous, mon vieux ?<br><strong>Dany</strong> – Mon Dieu…<br><strong>PDG</strong> – D’accord, vous n’avez pas autant la niaque qu’un type de vingt ans, et vous nous coûtez beaucoup plus cher, mais bon… On pourrait vous trouver un petit boulot subalterne payé au SMIC pour terminer votre carrière sur terre. Ou même un travail bénévole, tiens. Ça vous dirait de travailler à la cantine ? On manque de personnel à la plonge.<br><strong>Dany</strong> – Ma foi…<br><strong>PDG</strong> – Mais je déconne, mon vieux ! Vous croyez tout ce qu’on vous dit, vous, hein ? Ça on peut dire que vous n’êtes pas contrariant. (<em>Le PDG s’approche du bord de la scène</em>) Il y a une vue magnifique, d’ici, je n’avais jamais remarqué…<br><em>L’autre s’avance derrière lui les bras tendus pour le pousser. Mais le PDG se retourne et interprète son geste comme une tentative pour l’embrasser.</em><br><strong>PDG</strong> – Allez mon vieux, il ne faut pas être aussi sensible.<br><em>Il le prend dans ses bras et l’étreint un instant.</em><br><strong>PDG</strong> – On va vous regretter. Des types comme vous, on n’en fait plus, heureusement. Profitez bien de votre retraite, elle nous coûte assez cher comme ça.<br><strong>Dany</strong> – Merci Monsieur le Président.<br><em>Le PDG commence à s’éloigner.</em><br><strong>Dany</strong> – Monsieur le Président !<br><strong>PDG</strong> – Oui ?<br><strong>Dany</strong> – Merde !<br><strong>PDG</strong> – Comme au théâtre, alors ? Merci de me souhaiter bonne chance, mon vieux.<br><em>Le PDG s’en va.</em><br><strong>Dany</strong> – Je n’aurais même pas réussi à lui dire merde avant de partir…<br><em>Il sort. Arrivent deux personnages, hommes ou femmes. Ils se mettent à vapoter.</em><br><strong>Micky</strong> – Ça fait longtemps que tu bosses ici ?<br><strong>Rapha</strong> – C’est mon premier jour. Et toi ?<br><strong>Micky</strong> – Moi aussi. Et je crois que ça va être le dernier.<br><strong>Rapha</strong> – Tu es en intérim ?<br><strong>Micky</strong> – Non mais je viens de dire merde à mon patron.<br><strong>Rapha</strong> – Tu aurais dû attendre la fin de ta période d’essai.<br><strong>Micky</strong> – Temporiser, ce n’est pas mon style. Je suis un impulsif.<br><strong>Rapha</strong> – Et qu’est-ce que tu vas faire, alors ?<br><strong>Micky</strong> – Je vais peut-être me barrer à l’étranger.<br><strong>Rapha</strong> – Ah oui ? Où ça ?<br><strong>Micky</strong> – Je ne sais pas. En Chine, peut-être.<br><strong>Rapha</strong> – Tu parles chinois ?<br><strong>Micky</strong> – J’apprendrai. La Chine, c’est là-bas que ça se passe, maintenant, non ?<br><strong>Rapha</strong> – Ouais, peut-être.<br><strong>Micky</strong> – Tu veux qu’on bouffe ensemble à midi. J’écoulerai mes derniers tickets restaurant…<br><strong>Rapha</strong> – OK.<br><strong>Micky</strong> – On bouffera chinois.<br><strong>Rapha</strong> – Comme ça tu pourras commencer à apprendre la langue.<br><em>Ils s’en vont.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Mort pour la Finance</title>
		<link>https://sketchotheque.net/mort-pour-la-finance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:08:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Bourse]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Feu]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=900</guid>

					<description><![CDATA[<p>Mort pour la Finance, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux autres personnages arrivent.<br></em><strong>Jo</strong> – Tu as de ses nouvelles ?<br><strong>Nic</strong> – Il est mort.<br><strong>Jo</strong> – Merde. Alors c’était pas si bénin que ça finalement. Je ne savais pas qu’on pouvait mourir de rire.<br><strong>Nic</strong> – En fait, il est mort d’épuisement. Il était secoué par un fou rire du matin au soir. Et même la nuit. Il ne dormait plus. C’est le cœur qui a lâché. Il n’aura pas profité longtemps de son arrêt maladie.<br><strong>Jo</strong> – Et les médecins n’ont rien pu faire pour le sauver ?<br><strong>Nic</strong> – Ils ont tout essayé pour lui faire passer l’envie de rire. Même de l’emmener au théâtre. Mais la maladie était déjà trop avancée…<br><em>On entend atténué le bruit d’une sirène d’alarme. Une troisième personne arrive, affolée, et en sous-vêtements.</em><br><strong>Mat</strong> – Il y a le feu au rez-de-chaussée !<br><strong>Jo </strong>– Le feu ?<br><strong>Mat</strong> – Je travaille au premier mais j’étais allée au septième pour… Enfin bref, j’ai préféré monter me réfugier au dernier étage. Le temps que le feu se propage jusqu’ici, on viendra peut-être nous sauver en hélicoptère.<br><strong>Nic</strong> – Vous regardez trop la télé, vous…<br><strong>Mat</strong> – Oh mon Dieu, j’ai laissé tous mes dossiers dans mon bureau ! Déjà que la boîte qui m’emploie ne va pas très fort. Le cours de bourse est en chute libre…<br><strong>Jo</strong> – En même temps, si on meurt tous carbonisés…<br><strong>Nic</strong> – Si vous voulez, on fera graver sur votre tombe le logo de votre boîte, avec la mention « mort pour la finance ».<br><strong>Mat</strong> – Vous avez raison… Si on s’en sort, je vous assure, je ne prendrai plus tout ça au tragique… On ne vit qu’une fois, après tout !<br><strong>Jo</strong> – Sauf les chats, qui ont sept vies…<br><em>Le deuxième jette un regard vers l’écran de son portable pour lire le SMS qu’il vient de recevoir.</em><br><strong>Nic</strong> – Je viens d’avoir un SMS d’un collègue qui travaille au premier<br><strong>Mat</strong> – Les pompiers sont prévenus ?<br><strong>Nic</strong> – C’est un exercice incendie.<br><strong>Mat</strong> (<em>se signant</em>) – Dieu soit loué !<br><strong>Jo</strong> – Oui… On peut presque parler d’un miracle…<br><strong>Mat</strong> – Il faut que j’y retourne tout de suite. Mon patron va se demander où je suis passée.<br><em>Il s’en va.</em><br><strong>Nic</strong> – On est vite rattrapés par le quotidien…<br><strong>Jo</strong> – Oui.<br><strong>Nic</strong> – C’est dès la crèche qu’on aurait dû se révolter.<br><strong>Jo</strong> – Oui… Jésus-Christ aussi…<br><strong>Nic</strong> – Il aurait dû dire merde à ses parents, buter les Rois Mages et se barrer avec l’âne.<br><strong>Jo</strong> – Après tout, il avait des super-pouvoirs, lui.<br><strong>Nic</strong> – Ouais. Mais pas nous.<br><strong>Jo</strong> – C’est pour ça que dès la crèche, on n’a pas moufté.<br><strong>Nic</strong> – Après ça a continué avec l’école.<br><strong>Jo</strong> – On s’est bien rendu compte qu’on s’emmerdait déjà à plein temps, mais on s’est dit que ça irait mieux quand on aurait fini nos études.<br><strong>Nic</strong> – Et puis on a commencé à bosser et on s’est dit que ça irait mieux quand on serait à la retraite.<br><strong>Jo</strong> – Et c’est à ce moment-là qu’ils ont supprimé les retraites.<br><em>Ils commencent à partir.</em><br><strong>Nic</strong> – Et sinon, qu’est-ce que tu penses de la nouvelle ?<br><strong>Jo</strong> – La nouvelle ?<br><strong>Nic</strong> – C’est ça, dis-moi que tu ne l’as pas remarquée…<br><em>Ils s’en vont. Un personnage arrive, seul.</em><br><strong>Ben</strong> – Ce n’était pas un exercice incendie. C’était moi. J’ai essayé de fumer discrètement un joint dans les toilettes. Comme quand j’étais au collège. Mais à l’époque, le seul détecteur de fumée qu’il y avait c’était le surgé… Maintenant, le surgé, c’est Big Brother, avec des capteurs partout. Voilà où on en est. Il faut encore se cacher pour fumer. À notre âge.<br><em>Il allume un joint et fume.</em><br><strong>Ben</strong> – Quelle merde… Je n’espérais pas gagner au loto, hein ? Je ne joue pas. Et puis celui qui gagne au loto… C’est vraiment trop le hasard. Un truc que tu n’as rien fait pour avoir. C’est comme Dieu, je ne suis pas sûr que tu saches vraiment quoi en faire. Non mais un petit coup de pouce du destin. Juste un petit coup de chance. Assez pour que ça te facilite un peu la vie… Pas trop, pour que tu puisses te dire : OK, j’ai eu un petit coup de bol, mais je l’ai quand même mérité. Mais la chance, ça n’existe pas. Il n’y a pas de miracle. Ou alors, quand j’ai eu ma chance, je n’ai pas su la saisir. Alors je fume. Pour voir la vie en rose. Piaf aussi, elle prenait pas mal de trucs, hein ? Mais elle, la vie en rose, elle a réussi à en faire un tube…<br><em>Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Ben</strong> (<em>lui tendant son joint</em>) – Vous en voulez ?<br><strong>Charlie</strong> – Merci, j’ai arrêté. (<em>Il se met à vapoter</em>) Vous êtes dans quoi ?<br><strong>Ben</strong> – Oh, dans divers trucs. Mais globalement, je peux dire que je suis surtout dans la merde. Et vous ?<br><strong>Charlie</strong> – Je suis… Enfin, j’étais expert-comptable. Mon patron vient de me surprendre avec sa secrétaire dans les toilettes du bureau.<br><strong>Ben</strong> – C’est interdit par le règlement intérieur de votre boîte de coucher avec la secrétaire du patron ?<br><strong>Charlie</strong> – Seulement si le patron couche déjà avec sa secrétaire.<br><strong>Ben</strong> – Je vois. Droit de préemption. Donc vous êtes viré.<br><strong>Charlie</strong> – Sans préavis. Je dois avoir débarrassé mon bureau avant ce soir.<br><strong>Ben</strong> – Et qu’est-ce que vous allez faire ?<br><strong>Charlie</strong> – Vous savez quoi ? Je pense que c’est une chance pour moi, ce licenciement.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui ? Vous êtes du genre à positiver, alors…<br><strong>Charlie</strong> – Je n’aurais jamais eu le courage de démissionner. Je vais monter ma propre boîte.<br><strong>Ben</strong> – Une boîte d’expertise comptable, donc.<br><strong>Charlie</strong> – Quand on sort de prison, on ne rêve pas de devenir maton. Non, je vais monter un restaurant. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu envie de tenir un restaurant. Pourtant je ne sais même pas cuisiner.<br><strong>Ben</strong> – Ah oui. Pourtant, ça peut aider quand on veut se lancer dans la restauration…<br><strong>Charlie</strong> – Vous êtes dans la restauration ?<br><strong>Ben</strong> – Informatique.<br><strong>Charlie</strong> – Je comprends que vous ayez besoin de fumer ça, alors.<br><strong>Ben</strong> – Informatique et liberté. Je travaille pour la CNIL.<br><strong>Charlie</strong> – C’est curieux… Informatique et liberté… C’est tout le contraire de Michelle et Ma Belle. Ce sont des mots qui ne vont pas bien ensemble.<br><strong>Ben</strong> – Parfois je me demande si je ne ferais pas mieux de choisir la liberté tout court.<br><strong>Charlie</strong> – Je vais avoir besoin d’un chef… Vous savez faire la cuisine ?<br><strong>Ben</strong> – Je sais faire des pâtes.<br><strong>Charlie</strong> – On peut ouvrir un restaurant italien.<br><strong>Ben</strong> – Vous allez le monter où, ce restaurant ?<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud… Tant qu’à faire… Vous connaissez la chanson. Si je dois finir dans la misère, ce sera moins pénible au soleil.<br><strong>Ben</strong> – Et puis quand on monte un restaurant, au moins, on est sûr de ne jamais mourir de faim.<br><em>L’autre s’apprête à partir.</em><br><strong>Charlie</strong> – Allez, je vais mettre toutes mes affaires de bureau dans un carton, comme dans les feuilletons américains, et je m’en vais.<br><strong>Ben</strong> – Je vais descendre avec vous…<br><strong>Charlie</strong> – Dans le Sud ?<br><strong>Ben</strong> – Dans l’ascenseur, pour commencer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>Les sandales d’Empédocle</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-sandales-dempedocle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 07:57:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Directeur]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Suicide]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Chaussure]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les sandales d’Empédocle, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse. Un personnage, homme ou une femme, arrive. Il ôte ses chaussures, mocassins ou talons aiguilles, et se rapproche du bord de la scène, comme au bord d’un gouffre dans lequel il envisagerait de sauter. Un autre personnage, homme ou femme, arrive derrière lui et reste interloqué.<br></em><strong>Ange</strong> – Monsieur Le Président ?<br><em>L’autre se retourne.</em><br><strong>PDG</strong> – Des fois, je me demande si on ne ferait pas mieux d’arrêter. Pas vous ?<br><strong>Ange</strong> – Arrêter de fumer, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – Franchement, ça sert à quoi, tout ça ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas Monsieur le Président…<br><strong>PDG</strong> – C’est la crise, mon vieux. Le marché de la chaussure est en chute libre. La société est au bord du gouffre. Il n’y a plus qu’un pas à faire.<br><strong>Ange</strong> – Je… Il ne faut pas être aussi pessimiste, Monsieur le Président. On sent quand même un frémissement.<br><strong>PDG</strong> – Un frémissement ? Vous ressentez un frémissement, vous ? Mais c’est la fièvre, mon vieux. La fièvre ! Vous croyez en Dieu ?<br><strong>Ange</strong> – Pas spécialement.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien moi, je vais vous étonner, mais je crois en Dieu.<br><strong>Ange</strong> – Vraiment ?<br><strong>PDG</strong> – Non mais pas depuis longtemps, hein ? Avant, je ne croyais qu’au CAC 40, comme tout le monde. C’est quand la fumée blanche est sortie des urnes que ça m’est apparu comme une évidence. Dieu existe, sinon comment expliquer le coup du Père François ?<br><strong>Ange</strong> – Le pape François, vous voulez dire ?<br><strong>PDG</strong> – François ! Notre président ! D’ailleurs, vous avez remarqué, maintenant un président sur trois s’appelle François. Sans parler de tous les candidats potentiels. On devrait leur donner des numéros, comme pour les papes, justement. François Premier, François Deux, Trois, Quatre…<br><strong>Ange</strong> – Vous avez raison, ce serait plus pratique…<br><strong>PDG</strong> – Les présidents sont élus par la grâce de Dieu, comme les rois. C’est la conclusion à laquelle je suis arrivé. (Solennel) Dieu existe, mon vieux. Et croyez-moi, il a juré notre perte !<br><em>Il s’éloigne du bord de la scène, pieds nus.</em><br><strong>PDG</strong> – Vous avez entendu parler des sandales d’Empédocle?<br><strong>Ange</strong> – Les sandales de… Non, Monsieur le Président. Mais si vous le souhaitez, je peux étudier le dossier.<br><strong>PDG</strong> – Eh bien mon cher, si un jour vous trouvez mes chaussures au bord de ce volcan, vous saurez où me trouver.<br><strong>Ange</strong> – Où ça, Monsieur le Président ?<br><strong>PDG</strong> – En bas, mon vieux. Dans le chaudron des enfers !<br><strong>Ange</strong> – Bien Monsieur le Président. (<em>Son portable sonne.</em>) Excusez-moi un instant, Monsieur le Président… Oui ? Oui, oui… Écoutez… Non, je ne peux pas vous parler, là tout de suite… (<em>Plus bas, en s’éloignant un peu</em>) Je suis avec le Président… (<em>Pendant qu’il parle, le Président s’en va discrètement, laissant là ses chaussures</em>.) D’accord, je vous rappelle dans cinq minutes…<br><em>Il range son portable et, n’apercevant plus le Président, il reste un instant perplexe. Il se penche vers le bord de scène pour regarder en bas.<br>Un autre personnage, homme ou femme, arrive et se met à fumer aussi. Le premier se retourne et sursaute en l’apercevant.</em><br><strong>Camille</strong> – Ça va ?<br><strong>Ange</strong> – Euh… Oui, oui…<br><strong>Camille</strong> – Tu bosses sur quoi en ce moment ?<br><strong>Ange</strong> – Les… Les Sandales d’Empédocle, tu connais ?<br><strong>Camille</strong> – J’en ai vaguement entendu parler, oui.<br><strong>Ange</strong> – Et tu sais à qui ça appartient ?<br><strong>Camille</strong> – Les sandales de… Ben à lui, non ?<br><strong>Ange</strong> – Ah qui ?<br><strong>Camille</strong> – À Empédocle.<br><strong>Ange</strong> – Ah oui, évidemment.<br><strong>Camille</strong> – Pourquoi ?<br><strong>Ange</strong> – Je ne sais pas… Une intuition… Tu n’en parles à personne, mais j’ai l’impression que ça va remonter.<br><strong>Camille</strong> – Remonter ? Les sandales d’Empédocle ?<br><em>L’autre regarde à nouveau les chaussures.</em><br><strong>Ange</strong> – En revanche, ici, on pourrait bientôt avoir un problème de leadership. Si j’étais toi, je vendrais. Ça reste entre nous, évidemment…<br><em>Le premier repart. L’autre le regarde partir, intrigué. Au bout d’un moment, il aperçoit les chaussures, s’approche et les observe avec perplexité. Puis il s’approche un peu plus du bord de la scène et regarde en bas. Il sort son portable et compose un numéro.</em><br><strong>Camille</strong> – Oui, c’est moi. Dis donc, tu pourrais vendre tout de suite toutes les actions qu’on a en portefeuille de…<br><em>Le PDG revient en compagnie d’un autre cadre, homme ou femme. Le PDG n’a pas de chaussures.</em><br><strong>Sacha</strong> – C’est incroyable. Les actions de la société ont chuté de 20% en deux heures !<br><strong>PDG</strong> – Oui, je sais.<br><strong>Sacha</strong> – Ça n’a pas l’air de vous inquiéter…<br><strong>PDG</strong> – Une baisse des cours, c’est aussi une opportunité d’achat. J’ai racheté 10% du capital de la boîte quand les cours étaient au plus bas. (<em>Il consulte l’écran de son téléphone</em>.) D’ailleurs, nos actions viennent déjà de reprendre 15%.<br><em>L’autre regarde aussi son écran de téléphone.</em><br><strong>Sacha</strong> – Apparemment, il s’agissait d’une rumeur de décès du PDG…<br><strong>PDG</strong> – Infondée, comme vous pouvez le constater. Vous voyez, je n’ai jamais été aussi en forme !<br><em>L’autre lui lance un regard soupçonneux.</em><br>Sacha – Je vois… (Il remarque que le PDG est pieds nus.) Mais qu’est-ce que vous avez fait de vos chaussures ?<br><strong>PDG</strong> – Mes chaussures ?<br><em>Le PDG fait mine d’apercevoir ses chaussures, qu’il a volontairement laissées auparavant sur le bord de la scène.</em><br><strong>PDG</strong> – Ah les voilà ! Je craignais de les avoir perdues pour toujours.<br><em>Il s’approche du bord de la scène et remet ses chaussures. Puis il tape sur l’épaule de l’autre.</em><br><strong>PDG</strong> – C’est un miracle, mon vieux. Croyez-moi, Dieu existe.<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Une ombre de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/une-ombre-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:26:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Dieu]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Sens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une ombre de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre arrive. Ne remarquant pas le premier, il se croit seul.</em><br><strong>Transparent</strong> – Bonjour, je suis l’homme qu’on ne voit pas.<br><strong>Inaudible</strong> – Mais… qui m’appelle ?<br><strong>Transparent</strong> – Je vous rassure, vous n’entendez pas des voix, comme Jeanne d’Arc. Mais je vous disais justement que… J’espère que vous n’êtes pas sourd, au moins ?<br><strong>Inaudible</strong> – Non, non, je vous entends très bien. Mais où êtes-vous ?<br><strong>Transparent</strong> (<em>au public</em>) – C’est le drame de ma vie, je suis complètement transparent.<br><strong>Inaudible</strong> – Et vous vous m’entendez ?<br><strong>Transparent</strong> (<em>au public</em>) – Je le vois très bien bouger les lèvres, mais je n’entends pas du tout ce qu’il me dit…<br><strong>Inaudible</strong> – C’est l’histoire de ma vie, je ne suis pas muet, mais personne ne m’entend. Même pas les sourds.<br><strong>Transparent</strong> – Comment savoir s’il a bien compris ma question, je n’entends pas sa réponse.<br><strong>Inaudible</strong> – Je ne peux pas le voir, et je n’arrive pas à me faire entendre. Ça ne va pas être évident d’avoir une conversation suivie…<br><em>Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Inodore</strong> (<em>s’adressant à celui qu’il voit</em>) – Vous parlez tout seul ?<br><strong>Inaudible</strong> – Ce n’est même pas la peine que je lui réponde…<br><strong>Transparent</strong> – Non, pas du tout, je parlais à ce monsieur que vous voyez là.<br><strong>Inodore</strong> – C’est curieux, je vous vois ici, et c’est par là que je vous entends !<br><strong>Transparent</strong> – Ah non, mais lui, vous ne risquez pas de l’entendre. C’est l’homme inaudible.<br><strong>Inodore</strong> (<em>un peu perdu</em>) – Ah oui… Et vous ?<br><strong>Transparent</strong> – Je suis l’homme invisible.<br><strong>Inodore</strong> – Je vois… Comme au cinéma, vous voulez dire ?<br><strong>Transparent</strong> – Oui… Sauf que moi, je suis vraiment transparent. Et pour un comédien, croyez-moi, ce n’est pas forcément un avantage.<br><strong>Inodore</strong> – Ça alors… Lui, je le distingue parfaitement, mais je n’entends pas ce qu’il me dit, alors que vous…<br><strong>Transparent</strong> – Moi, au moins… même invisible, je reste parfaitement compréhensible.<br><strong>Inodore</strong> – Grâce à Dieu moi aussi.<br><strong>Transparent</strong> – Alors je crois qu’on va bien s’entendre.<br><strong>Inodore</strong> – Pourtant en général, les gens disent qu’ils ne peuvent pas me sentir.<br><em>Transparent hume un peu l’air dans sa direction.</em><br><strong>Inaudible</strong> – C’est pourtant vrai. C’est quand les gens ne sentent absolument rien qu’on le remarque.<br><strong>Inodore</strong> – Vous disiez ?<br><strong>Transparent</strong> – Rien. Mais je pensais qu’être inodore, c’est quand même moins gênant que d’être invisible, comme moi, ou inaudible, comme ce pauvre homme.<br><em>Inodore renifle dans sa direction, visiblement incommodé.</em><br><strong>Inodore</strong> – Pas d’odeur… Dans certains cas, ça peut même être un avantage pour les autres, croyez-moi.<br><strong>Inaudible</strong> (<em>incommodé aussi</em>) – Ah oui, lui on ne le voit pas, mais on sent bien sa présence, c’est sûr….<br><strong>Transparent</strong> – C’est étrange…<br><strong>Inodore</strong> – Quoi donc ?<br><strong>Transparent</strong> – Nous ne sommes que trois, n’est-ce pas ?<br><strong>Inaudible</strong> – Il me semble, non ?<br><strong>Transparent</strong> – Et pourtant… je sens comme une présence, pas vous ?<br><strong>Inodore</strong> – À part vous, je ne sens rien…<br><strong>Inaudible</strong> – Une présence spirituelle, vous voulez dire ?<br><em>Silence.</em><br><strong>Transparent</strong> – À moins que ce soit lui…<br><strong>Inaudible</strong> – Lui ?<br><strong>Inodore</strong> – Celui qui, en plus d’être invisible, inaudible et inodore…<br><strong>Inaudible</strong> – …est aussi intouchable et complètement insipide.<br><strong>Inodore</strong> – Dieu ? Enfin, ça n’a pas de sens…<br><strong>Inaudible</strong> – En tout cas, ça n’a de sens pour aucun des cinq que nous connaissons.<br><strong>Transparent</strong> – À moins qu’il n’émette sur une autre fréquence…<br><strong>Inodore</strong> – Ah oui… Si Dieu existe, on peut dire que c’est quelqu’un d’excessivement discret…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Transparent</strong> – Je me demande même si à un tel niveau de discrétion, on peut encore parler d’exister.<br><strong>Inaudible</strong> – Mouais…<br><em>Les deux autres tournent le regard vers lui. Il a l’air étonné.</em><br><strong>Inaudible</strong> – Quoi, qu’est-ce que j’ai ?<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Une ombre de la rue » joue avec une simplicité sur l&rsquo;idée de la perception : ce qu’on voit, entend, sent — et ce qu’on ne perçoit plus. Chaque personnage incarne une absence de sens, et par là même une figure métaphorique de la marginalité.<br>Transparent : comme ceux que la société ignore volontairement, « invisibles » à nos yeux.<br>Inaudible : ceux qu’on n’écoute jamais, dont la parole n’est pas prise en compte.<br>Inodore : ceux qui ne marquent rien, qui ne laissent pas de trace, pas même une odeur.</p>



<p>Le sketch glisse alors vers une méditation sur l’existence elle-même, et celle, possible, d’un quatrième personnage – Dieu – qui serait la somme de toutes les absences. L’humour naît de cette absurdité tranquille, dans des dialogues rythmés, où la philosophie affleure derrière la loufoquerie.</p>



<p>La mise en scène minimale appelle un jeu très sobre, presque chorégraphique, où chaque absence devient un acte : le silence de l’inaudible, les regards dans le vide vers le transparent, les respirations face à l’inodore. Le public, lui, perçoit tout — mais dans un miroir déformant du monde réel.<br>Un sketch à la frontière de Beckett et des Inconnus.</p>
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		<title>Le pari de Pascal</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-pari-de-pascal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 10:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le pari de Pascal, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage arrive, désorienté. Il jette un regard au plan qu’il tient à la main. Il aperçoit alors quelque chose par terre et, intrigué, le ramasse. C’est un billet de banque, qu’il examine avec curiosité. Un autre personnage arrive. Le premier interpelle le second.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous n’auriez pas…?<br><strong>Deux</strong> (<em>l’interrompant</em>) – Désolé, mais je n’ai pas de monnaie.<br><strong>Un</strong> – Ah non, mais je ne fais pas la manche… Au contraire… Je voulais vous demander si vous n’aviez pas perdu un billet, par hasard ?<br><em>L’autre, surpris, s’arrête et se radoucit quelque peu.</em><br><strong>Deux</strong> – Un billet ? Ça dépend… C’est un billet de combien ?<br><em>Le premier jette un regard au billet.</em><br><strong>Un</strong> – Cinq cents.<br>Deux – Ah oui, quand même… Attendez, je regarde… (<em>Il fait mine de fouiller ses poches.</em>) Je… Oui, peut-être… Un billet de cinq cents euros, vous disiez ?<br><em>L’autre examine le billet.</em><br><strong>Un</strong> – Oui, cinq cents… Ah non, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est pas un billet de cinq cents ?<br><strong>Un</strong> – Si, mais c’est un billet de cinq cents francs !<br><strong>Deux</strong> – Des francs ? Vous voulez dire… des anciens francs ?<br><strong>Un</strong> – Ah non, des nouveaux… Enfin… Les francs d’avant, quoi… Les anciens francs, ça n’existe plus, non ?<br><strong>Deux</strong> – Les nouveaux francs non plus, ça n’existe plus… Faites voir…<br><em>L’autre lui tend le billet.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah oui, cinq cents francs. Un Pascal, comme on disait à l’époque…Ça faisait un moment que je n’en avais pas vu…Quand ils étaient en circulation, je n’en voyais déjà pas souvent…<br><strong>Un</strong> – Pascal… C’était un philosophe, non ?<br><strong>Deux</strong> – Un mathématicien, je crois…<br><strong>Un</strong> – Ah oui ! Le pari de Pascal !<br><strong>Deux</strong> – Cinq cents francs…<br><strong>Un</strong> – Ça fait combien en euros ?<br><strong>Deux</strong> – À peu près cent euros, non ? Quelque chose comme ça…<br><strong>Un</strong> – Donc, ce n’est pas à vous… Vous croyez qu’on peut encore les échanger ?<br><strong>Deux</strong> – À la Banque de France, vous voulez dire ? Ah, je ne crois pas, non… (<em>Il lui rend le billet.</em>) Je ne suis même pas sûr que ça existe encore, la Banque de France.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, avec l’Europe…<br><strong>Un</strong> – Quand même, la Banque de France…<br><em>Un troisième personnage arrive, semblant chercher quelque chose. Les deux autres le regardent, intrigués.</em><br><strong>Un</strong> – Vous cherchez quelque chose ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, j’ai… Je crois que j’ai perdu cent euros, dites donc…<br><strong>Deux</strong> – Cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Et vous n’en êtes pas sûr ? Il me semble que moi, si je perdais cent euros…<br><strong>Trois</strong> – C’est-à-dire que… Je suis allé au distributeur, ça je le sais… J’ai retiré cent euros, comme d’hab… Mais je ne les retrouve pas… Ils sont peut-être tombés de ma poche… Vous ne les auriez pas trouvés, par hasard ?<br><strong>Un</strong> – Cent euros ? Non…<br><strong>Trois</strong> – Ou alors, j’ai oublié de les prendre…<br><strong>Deux</strong> – Comment ça, oublié ?<br><strong>Trois</strong> – Avant, c’était ma carte bancaire que j’oubliais dans le distributeur. Je prenais l’argent, et j’oubliais la carte… Maintenant, je fais bien attention à reprendre ma carte… Mais parfois, j’oublie de prendre les billets…<br><strong>Un</strong> – Dans ce cas, la machine les ravale, non ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… À moins que quelqu’un ne les ait pris avant…<br><strong>Deux</strong> – Ou que le vent les ait emportés.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’il y a du vent, aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Les feuilles mortes se ramassent à la pelle…<br><em>Le premier montre le billet qu’il a trouvé.</em><br><strong>Un</strong> – Les billets de banque aussi…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez trouvé mes cent euros ?<br><strong>Un</strong> – Voilà ce que je viens de ramasser par terre.<br><em>Il lui tend le billet de cinq cents francs.</em><br><strong>Trois</strong> – Un billet de cinq cents francs…<br><strong>Deux</strong> – Ça ne peut pas être le vôtre.<br><strong>Trois</strong> – C’est quand même curieux, remarquez…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Cinq cents francs… ça fait à peu près cent euros, non ?<br><strong>Deux</strong> – Mais enfin… comment votre billet de cent euros aurait-il pu se transformer en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Trois</strong> – Ouais… Surtout que moi, c’étaient deux billets de cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Comment vous le savez ? Vous n’êtes même pas sûr de ne pas les avoir oubliés dans le distributeur.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison… Mais les billets de cent euros, c’est plutôt rare, non ?<br><strong>Deux</strong> – De nos jours, moins que les billets de cinq cents francs.<br><strong>Un</strong> – Par quel miracle deux billets de cinquante euros pourraient se convertir en un billet de cinq cents francs ?<br><strong>Deux</strong> – Personnellement, je ne crois pas aux miracles… Et puis transformer deux billets de cinquante euros en un billet de cinq cents francs même plus échangeable, tu parles d’un miracle…<br><strong>Trois</strong> – Surtout qu’en réalité, cent euros, ça fait 655 francs et 96 centimes… En arrondissant un peu… Du coup je perds plus de 155 francs dans l’opération…<br><strong>Un</strong> – Ah oui, on est loin de la multiplication des pains, c’est clair…<br><em>Ils restent un instant perplexes.</em><br><strong>Deux</strong> – Ou alors, ça vient du DAB…<br><strong>Trois</strong> – Comment ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous dites que vous n’avez pas regardé les billets. Vous n’êtes même pas sûr de les avoir pris.<br><strong>Trois</strong> – Et alors ?<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être le distributeur qui vous a refourgué un billet de cinq cents francs au lieu de deux de cinquante euros.<br><strong>Trois</strong> – Vous croyez ? Mais c’est du vol !<br><strong>Deux</strong> – Il est peut-être détraqué.<br><strong>Un</strong> – Mais enfin s’il n’a pas pris les billets, le DAB les a avalés.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir… Il y a peut-être des DAB qui n’avalent pas…<br><strong>Deux</strong> – Surtout quand on essaie de leur faire avaler des billets qui n’ont même plus cours.<br><strong>Trois</strong> – Mais vous dites que c’est le distributeur qui me l’a refilé, ce billet de cinq cents balles ! Alors la banque me refile un billet périmé, et après, le DAB ne veut pas le ravaler ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que c’est un peu dur à avaler…<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’il l’a avalé, et qu’il l’a recraché.<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, j’ai l’impression désagréable que dans cette histoire, c’est moi qui me suis fait baiser.<br><strong>Deux</strong> – C’est un peu l’impression qu’on a tous en sortant de sa banque, non ?<br><strong>Trois</strong> – Un DAB qui se met à redistribuer des francs… Ça n’a pas de sens, non ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas, moi… Vous voyez une autre explication, vous ?<br><em>Nouveau silence perplexe.</em><br><strong>Un</strong> – Ils ne seraient pas repassés au franc sans nous le dire, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai que ça fait un moment que je n’ai pas écouté les informations…<br><strong>Trois</strong> – Tout de même… Revenir au franc… On a beau être un peu distrait… On ne parle pas d’avoir raté le passage à l’heure d’été, là…<br><strong>Deux</strong> – J’ai bien une autre hypothèse, mais ça fout un peu les jetons…<br><strong>Un</strong> – Dites toujours…<br><strong>Deux</strong> – Et si on avait fait un bond dans le passé…<br><strong>Trois</strong> – Un bond ?<br><strong>Un</strong> – Vous voulez dire… comme dans un film de science- fiction ? On aurait été projetés en arrière dans le temps… avant le passage à l’euro.<br><strong>Trois</strong> – Vous plaisantez ? Et puis franchement, un voyage dans le temps… Si c’est juste pour revenir à l’époque du franc… Tu parles d’un film…<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas dit que c’était un bon film… C’est peut-être juste un mauvais cauchemar…<br><strong>Un</strong> – C’est simple, on n’a qu’à regarder l’argent qu’on a dans nos poches…<br><strong>Trois</strong> – Moi, je n’ai rien… J’allais au distributeur, justement…<br><strong>Deux</strong> – Je suis parti sans mon portefeuille… Je viens de descendre la poubelle…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu de monnaie dans ma poche…<br><em>Il fouille sa poche et en sort une pièce.</em><br><strong>Un</strong> – Ah voilà… Une pièce de un euro…<br><strong>Trois</strong> – Ouf…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir ? (<em>Il l’examine</em>.) C’est une pièce de dix francs…<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><em>Le troisième examine la pièce à son tour.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui, dites donc… C’est vrai que ça ressemble beaucoup à une pièce d’un euro… mais c’est bien une pièce de dix francs.<br><strong>Deux</strong> – Je crois que là, il se passe vraiment quelque chose de pas ordinaire…<br><strong>Un</strong> – Ne nous affolons pas… On me l’a peut-être refourguée à la boulangerie par erreur, cette pièce de dix francs… Ça arrive…<br><strong>Deux</strong> – Tout de même… Ça commence à ressembler à un faisceau de présomptions, comme on dit dans les séries policières…<br><em>Arrive un quatrième personnage.</em><br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi de vous déranger, je sais que ça va vous paraître curieux comme question, mais vous n’auriez pas trouvé un billet de cinq cents francs, par hasard ?<br><em>Les trois autres le regardent avec suspicion.</em><br><strong>Un</strong> – À moi de vous poser une question… En quelle année sommes-nous ?<br><strong>Quatre</strong> – Mais… on est toujours en 2015, il me semble… Jusqu’au 31 décembre en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – Alors comme ça, en 2015, vous vous baladez dans la rue avec un billet de cinq cents francs ? Non mais vous vous rendez compte ?<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, on était morts d’inquiétude, nous !<br><strong>Trois</strong> – On a cru un instant qu’on avait fait un grand bond en arrière. Comme dans ce film, là… Retour vers le passé…<br><strong>Quatre</strong> – Ce n’est pas Retour vers le futur, le film ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, bon, ce n’est pas le problème.<br><strong>Quatre</strong> – Excusez-moi, je… je ne pensais pas vous…<br><strong>Deux</strong> – Non mais c’est un monde, tout de même…<br><strong>Un</strong> – Tenez, le voilà votre billet de cinq cents balles !<br><strong>Trois</strong> – Mais qu’est-ce que vous allez foutre avec ça ?<br><strong>Quatre</strong> – Eh bien… Je me rendais présentement chez un numismate…<br><strong>Trois</strong> – Un numismate ?<br><strong>Quatre</strong> – Les… Les pièces et les billets de collection, vous voyez…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Quatre</strong> – J’ai retrouvé ce billet chez moi, dans un bouquin qui appartenait à mon grand-père.<br><strong>Deux</strong> – Le genre de grand-père à se servir de billets de banque comme marque-pages…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est vrai que c’est moins salissant que les sardines à l’huile.<br><strong>Quatre</strong> – Donc j’ai regardé sur Internet ce que ça pouvait valoir aujourd’hui.<br><strong>Deux</strong> – Combien ?<br><strong>Quatre</strong> – Cent euros ! Vous vous rendez compte ? À l’époque où c’était encore échangeable, ça n’en valait que soixante-seize…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, c’est… C’était un petit malin, votre pépé, finalement.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est ce qui s’appelle un pari sur l’avenir… Avec ce Pascal, votre grand-père vous aura fait gagner dans les vingt-quatre euros.<br><strong>Quatre</strong> – Ça fait combien, vingt-quatre euros, en francs ?<br><strong>Trois</strong> – Environ 157 francs et 43 centimes…<br><strong>Quatre</strong> – Ouah… Bon ben… Merci, en tout cas… Heureusement qu’il y a encore des gens honnêtes comme vous…<br><em>Les trois qui restent regardent le quatrième partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça ne me dit pas où sont passés mes cent euros, tout ça…<br><em>Les deux autres le regardent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Le pari de Pascal » est une parabole ironique sur la valeur que nous accordons aux choses — monnaie, temps, mémoire, honnêteté, confiance. Tout part d’un objet anodin, un billet obsolète, qui devient le catalyseur de toute une série de délires économiques et existentiels. Le sketch joue avec les différences générationnelles et monétaires (francs, euros, anciens francs), et utilise la confusion temporelle comme ressort comique : et si on avait fait un bond dans le passé ? Et si le DAB s’était détraqué ? Le comique repose à la fois sur des dialogues vifs et sur des raisonnements absurdes mais plausibles.<br>La référence au « pari de Pascal » (mieux vaut croire en Dieu au cas où…) est ici transposée à la foi dans le système monétaire et dans les reliques qu’il laisse derrière lui : une manière malicieuse de montrer que la croyance dans la valeur d’un billet est elle-même un acte de foi. Le sketch joue ainsi avec l’économie, la métaphysique… et les absurdités du quotidien.<br>Le personnage du collectionneur vient conclure le sketch avec une forme de morale ironique : c’est celui qui n’a rien demandé, mais qui savait ce qu’il cherchait, qui gagne. Comme quoi, parfois, l’héritage d’un grand-père vaut plus qu’un retrait de DAB.</p>
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		<title>Les jetons</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-jetons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 16:19:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
		<category><![CDATA[Casino]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les jetons, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Les deux malfrats de la première scène reviennent.</em><br><strong>Homme</strong> – Cette fois, ils sont tous partis.<br><strong>Femme</strong> – Le square est fermé, il fait nuit. On ne devrait pas être là.<br><strong>Homme</strong> – Quoi, tu as les jetons ?<br><strong>Femme</strong> – Ce n’est pas bien légal, ce qu’on est en train de faire.<br><strong>Homme</strong> – Qu’est-ce qui n’est pas légal ? Enjamber la grille d’un square ou déterrer un sac de fric volé dans un casino ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, si tu dis que c’est là.<br><strong>Homme</strong> – C’est là, je te dis. Vas-y creuse…<br><em>La femme sort sa pelle de son sac.</em><br><strong>Femme</strong> – OK.<br><em>Noir. Lumière.</em><br><em>Ils regardent un sac posé sur le banc.</em><br><strong>Homme</strong> – Je t’avais bien dit que c’était là.<br><strong>Femme</strong> – Tu avais raison.<br><strong>Homme</strong> – Ben vas-y, ouvre-le.<br><strong>Femme</strong> – Ici, tu crois ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours jeter un coup d’œil<br><em>La femme ouvre le sac avec fébrilité. Elle a l’air surprise de ce qu’elle voit. Elle sort une poignée de jetons de casino.</em><br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que c’est que ça ?<br><strong>Homme</strong> – Ben c’est ce que j’ai ramassé au casino.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – Des jetons, oui. Mais tu sais qu’il y en a pour une fortune, là-dedans.<br><strong>Femme</strong> – Des jetons ? Tu as volé des jetons ?<br><strong>Homme</strong> – On peut toujours aller les changer à la caisse, non ?<br><strong>Femme</strong> – Ouais… On peut aussi voler un caddy dans un supermarché avant que celui qui l’a rempli ne soit passé à la caisse<br><strong>Homme</strong> – Le croupier avait déclenché l’alarme. C’est tout ce que j’ai eu le temps de ramasser. J’entendais déjà les sirènes de police.<br><em>La femme regarde le sac avec perplexité, avant de lever les yeux sur l’homme.</em><br><strong>Femme</strong> – Oui… Là je peux dire qu’avec toi, j’ai touché le gros lot.<br><strong>Homme</strong> – Je pensais qu’on pourrait les changer à la caisse…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Femme</strong> – Il y a encore un truc qui m’échappe.<br><strong>Homme</strong> – Quoi ?<br><strong>Femme</strong> – Si tu n’as volé que des jetons, pourquoi tu as pris dix ans de taule ?<br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas… Dans les journaux, le patron du casino a dit qu’on lui avait volé plusieurs millions.<br><strong>Femme</strong> – Je vois… Il a dû déclarer qu’on lui avait volé le contenu de la caisse et il s’est fait rembourser par l’assurance.<br><strong>Homme</strong> – Il y a des gens malhonnêtes, je te jure.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Homme</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Femme</strong> – Avec tout ça, le patron du casino, lui, il a doublé sa mise. Si tu lui ramènes ses jetons, il acceptera peut-être de te les reprendre à moitié prix en échange de ton silence.<br><strong>Homme</strong> – Tu crois ?<br><strong>Femme</strong> – On peut toujours essayer.<br><em>Ils sortent.</em><br><em>Les deux policiers reviennent, et s’arrêtent un instant devant le banc.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Je n’ai rien compris, et toi ?<br><strong>Policier 2</strong> – Le théâtre d’avant-garde, tu sais.<br><strong>Policier 1 </strong>– En même temps, on n’a payé qu’une place sur deux.<br><em>Arrive la femme qui précédemment leur a distribué des flyers.</em><br><strong>Femme</strong> – Alors, ça vous a plu ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Oui, c’était pas mal…<br><strong>Policier 1 </strong>– Alors comme ça, c’était sa centième pièce ?<br><strong>Femme</strong> – Oui, il paraît.<br><strong>Policier 2 </strong>– C’est vrai que pour sa centième, il aurait pu se fouler un peu plus.<br><strong>Femme</strong> – Ouais…<br><strong>Policier 1</strong> – Vous venez prendre un verre avec nous ? On vous invite…<br><strong>Femme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Policier 2</strong> – Allons-y.<br><strong>Policier 1 </strong>– Et sinon, à part du théâtre, vous faites quoi dans la vie ?<br><strong>Ils sortent.</strong><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Invitation</title>
		<link>https://sketchotheque.net/invitation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 09:51:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=643</guid>

					<description><![CDATA[<p>Invitation, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une femme passe en tirant une poubelle à roulettes de laquelle dépassent des pieds masculins et/ou féminins. Une autre femme arrive pour relever son courrier et salue la première.<br></em><strong>Un</strong> – Bonjour !<br><strong>Deux</strong> – Ah, bonjour ! Comment allez-vous ?<br><em>L’autre remarque les pieds qui dépassent de la poubelle.</em><br><strong>Un</strong> – C’est les encombrants, aujourd’hui ? Je pensais que c’était la semaine prochaine ?<br><strong>Deux</strong> – C’était une urgence…<br><strong>Un</strong> – Le grand nettoyage de printemps, alors ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, on peut dire ça comme ça…<br><em>Elle remet les pieds dans la poubelle afin qu’ils ne dépassent plus.</em><br><strong>Un</strong> – Moi aussi, il faudrait que je m’y mette quand j’aurai le temps. On accumule tellement de bazar au fil des années.<br><strong>Deux</strong> – Vous pouvez me tenir la porte ?<br><strong>Un</strong> – Mais bien sûr, ne bougez pas…<br><em>Elle s’avance en coulisse pour tenir une porte qu’on ne verra pas forcément.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est gentil !<br><strong>Un</strong> – Il n’y a pas de quoi, je vous en prie. Bonne journée, alors !<br><strong>Deux</strong> – Merci ! Vous aussi.<br><em>L’autre sort avec sa poubelle.</em> <em>Une autre femme arrive pour relever son courrier.</em><br><strong>Un</strong> – Ah, bonjour ! Très heureuse de vous rencontrer. Je suis votre voisine de palier. Je vous ai aperçue de loin, pendant que vous emménagiez…<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison, mieux vaut rester à distance, dans ces cas-là. Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Je suis ravie que… Eh bien je voulais juste vous dire… Bienvenue dans l’immeuble !<br><strong>Trois</strong> – Merci, c’est très aimable à vous.<br><strong>Un</strong> – Entre voisins…<br><strong>Trois</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Vous verrez, les gens de l’immeuble sont très sympas. Et surtout, si vous avez besoin de quelque chose…<br><strong>Trois</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – Il va falloir que j’y aille… Je vais chercher ma fille à son cours de violon. Vous avez des enfants ?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Enfin, non. Je veux dire… Maintenant, j’en suis débarrassée, heureusement.<br><strong>Un</strong> – Débarrassée…?<br><strong>Trois</strong> – Oui… Je les ai mis dans le congélo, pour être tranquille.<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr.<br><strong>Trois</strong> – Ils sont grands, maintenant. Ils n’habitent plus à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que ça fait un vide, quand ils sont partis. Sur la fin, on n’a qu’une hâte, c’est qu’ils débarrassent le plancher. Et puis finalement… Ça fait un vide.<br><strong>Trois</strong> – Mais votre fille habite toujours avec vous, non ? Je veux dire, si vous allez la chercher à son cours de violon…<br><strong>Un</strong> – Oui… Mais j’imagine. Ça a dû vous faire un vide, non ?<br><strong>Trois</strong> – Quand mon dernier est parti, j’ai d’abord hésité à prendre un chien à la SPA, et puis finalement, c’est ma belle-mère qui est venue s’installer à la maison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai qu’un chien, il faut le sortir trois fois par jour pour qu’il fasse ses besoins. C’est quand même contraignant.<br><strong>Trois</strong> – Vous avez raison. Une belle-mère, c’est beaucoup plus pratique.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Il y a les couches…<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Trois</strong> – Je plaisante…<br><strong>Un</strong> – Bien sûr… Bon, eh bien je vais vous laisser… Sinon ma fille va m’attendre…<br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi de ne pas avoir été plus bavarde. Mais je suis un peu débordée en ce moment. Avec ce déménagement…<br><strong>Un</strong> – Je comprends.<br><strong>Trois</strong> – De toute façon, on aura sûrement l’occasion de se revoir, puisque nous sommes voisins de palier.<br><strong>Un</strong> – Mais j’y pense… Pourquoi ne viendriez-vous pas prendre l’apéritif ce soir ?<br><strong>Trois</strong> – Euh… Oui, pourquoi pas ?<br><strong>Un</strong> – Vers 19h30 ?<br><strong>Trois</strong> – Très bien. (<em>Elle regarde sa montre</em>.) Maintenant, c’est moi qui dois vous laisser. Sinon, c’est mon premier patient va m’attendre. Alors à ce soir !<br><strong>Un</strong> – Parfait !<br><em>L’autre s’en va. Un autre personnage arrive.</em><br><strong>Un</strong> – Tu sais quoi ? Je viens de croiser notre nouvelle voisine de palier. Je l’ai invitée à venir prendre l’apéritif ce soir.<br><strong>Quatre</strong> – Tu l’as invitée ?<br><strong>Un</strong> – Ben oui, pourquoi ?<br><strong>Quatre</strong> – J’ai croisé son mari ce matin, moi aussi, et tu sais quoi ?<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Il est inspecteur des impôts.<br><strong>Un</strong> – Inspecteur des… Tu veux dire contrôle fiscal, et tout ça…<br><strong>Quatre</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – En même temps, on n’a rien à se reprocher, non ?<br><strong>Quatre</strong> – Tu parles… Et les étagères de mon bureau que j’ai fait installer au noir par le type du cinquième ?<br><strong>Un</strong> – Ils ne viennent pas pour inspecter la maison…<br><strong>Quatre</strong> – C’est une deuxième nature, chez ces gens-là !<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Quatre</strong> – Et puis même. Tu imagines, il faudra faire attention à tout ce qu’on dit.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on pourrait dire ? À part au sujet de tes étagères ?<br><strong>Quatre</strong> – Imagine qu’on se fâche avec eux.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi est-ce qu’on se fâcherait avec eux, on ne les connaît pas ?<br><strong>Quatre</strong> – Justement ! On ne sait pas ce qui peut les heurter. On ne connaît pas leurs opinions religieuses ou politiques ?<br><strong>Un</strong> – C’est un peu le principe quand on invite des gens pour faire connaissance.<br><strong>Quatre</strong> – Oui, mais lui, si on dit quelque chose qui ne lui plaît pas, il a les moyens de nous coller un contrôle fiscal. Et crois-moi, ces gens-là, quand ils cherchent ils trouvent…<br><strong>Un</strong> – Oh mon Dieu, tu as raison… Pourquoi est-ce que je l’ai invitée ? On pourrait peut-être décommander ?<br><strong>Quatre</strong> – Ils vont trouver ça suspect ! Ce serait encore pire. Ou alors ils vont penser qu’on ne les aime pas…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Quatre</strong> – Dans quelle merde tu nous as fourrés, encore…<br><strong>Un</strong> – Et elle, je ne sais même pas ce qu’elle fait. J’ai complètement oublié de lui demander… En tout cas, elle a l’air un peu perturbée…<br><strong>Quatre</strong> – Elle est psychanalyste…<br><strong>Un</strong> – Non ? Mais comment tu sais ça ? C’est son mari qui te l’a dit ?<br><strong>Quatre</strong> – Je l’ai vue visser sa plaque devant l’immeuble ce matin.<br><strong>Un</strong> – Psychanalyste ? Alors c’est pour ça qu’elle m’a posé des tas de questions…<br><strong>Quatre</strong> – Quel genre de questions ?<br><strong>Un</strong> – Ben… Sur les cours de violon, par exemple.<br><strong>Quatre</strong> – Les cours de violon ?<br><strong>Un</strong> – Tu crois que ça a une signification particulière pour un psychanalyste, les cours de violon ?<br><strong>Quatre</strong> – En tout, ça en a pour un inspecteur des impôts. Surtout si tu les paies au black…<br><strong>Un</strong> – Mais c’est épouvantable…<br><strong>Quatre</strong> – Non mais tu imagines le calvaire, cet apéritif ? Entre un inspecteur des impôts et une psychanalyste !<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, il va falloir faire attention à tout ce qu’on dit…<br><strong>Quatre</strong> – On essaiera d’en dire le moins possible.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Quatre</strong> – Mais ça ne va pas être évident.<br><strong>Un</strong> – Non, c’est sûr… Quand on invite des gens à prendre l’apéritif pour faire connaissance…<br><em>Moment de flottement.</em><br><strong>Quatre</strong> – C’est aujourd’hui, les encombrants ?<br><strong>Un</strong> – La semaine prochaine… Au fait, j’ai croisé aussi la voisine du cinquième qui descendait sa poubelle, et tu sais quoi ?<br><strong>Quatre</strong> – Ne me dis pas que tu l’as invitée à prendre l’apéritif, elle aussi ?<br><strong>Un</strong> – Non, mais j’ai cru voir des restes humains qui dépassaient de la poubelle.<br><strong>Quatre</strong> – Tu ne crois pas qu’on a plus urgent à traiter, comme problème, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Et si on mettait un truc dans leur apéro ? Genre somnifères, tu vois. Histoire d’abréger la soirée…<br><strong>Quatre</strong> – Tu crois ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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