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	<title>Archives des 3 personnages - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des 3 personnages - La Sketchothèque</title>
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		<title>Clap de fin</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:45:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Clap de fin, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) se font face. Ils restent un instant silencieux.<br></em><strong>Un</strong> – C’est le moment de nous dire adieu, j’en ai peur…<br><strong>Deux</strong> – Allons, ne versons pas dans la sensiblerie. Nous savions tous les deux que ce moment finirait par arriver un jour.<br><strong>Un</strong> – Tout de même, ça me fait quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Tu finiras par m’oublier, tu verras.<br><strong>Un</strong> – Ton buste est au Musée Grévin, comment veux-tu que je t’oublie ?<br><strong>Deux</strong> – Il y a beaucoup de musées à Paris. Il te suffira d’éviter celui-là. D’ailleurs, qui va encore au Musée Grévin ? À part quelques touristes…<br><strong>Un</strong> – Paris n’est plus qu’un gigantesque Musée Grévin à ciel ouvert, orné de monuments poussiéreux et peuplé de figurants au teint cireux.<br><strong>Deux</strong> – Il n’y a même plus de vrais Parisiens. Ils ont tous revendu leurs appartements pour en faire des Airbnb.<br><strong>Un</strong> – Paris n’est plus une fête, hélas… On n’y va que pour faire des selfies.<br><strong>Deux</strong> – On s’en fait un dernier ?<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><em>Ils tournent le dos au public pour faire un selfie.</em><br><strong><em>Voix off</em></strong> – Et… coupez ! C’était la dernière scène de Jean-Paul Ramirez<br><em>Applaudissements</em>.<br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><strong>Un</strong> – C’était aussi votre dernier film, à ce qu’on m’a dit.<br><strong>Deux</strong> – Il faut savoir s’arrêter à temps. Ne pas faire le film de trop.<br><strong>Un</strong> – Tout le monde n’a pas votre sagesse, malheureusement.<br><strong>Deux</strong> – J’ai passé presque toute ma vie devant une caméra. Je voudrais avoir le temps de connaître aussi un peu la vie.<br><strong>Un</strong> – Vous risquez d’être déçu. Vous savez ce que disait Alfred Hitchcock…<br><strong>Deux</strong> – « Le cinéma c’est la vie, les moments d’ennui en moins. »<br><strong>Un</strong> – Pour le spectateur, en tout cas. Parce que pour nous, les acteurs…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Pour faire un film de deux heures, le monteur regarde parfois jusqu’à cent heures de rushs. Et il coupe tout ce qui ne fait pas avancer l’action.<br><strong>Un</strong> – Mais nous, ces cent heures, on a quand même dû les tourner.<br><strong>Deux</strong> – Sans compter le temps qu’on passe à attendre sur le plateau entre deux scènes à tourner.<br><strong>Un</strong> – Vous savez qu’Annie Girardot tricotait entre deux prises ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que c’est plutôt Simone Signoret.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, peut-être…<br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’Annie Girardot faisait des mots croisés.<br><strong>Un</strong> – Annie Girardot…?<br><strong>Deux</strong> – Ou Jeanne Moreau, je ne sais plus.<br><strong>Un</strong> – Enfin bref, tous les acteurs s’emmerdent entre chaque prise.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Sans parler du temps qu’on doit attendre entre deux films, parfois.<br><strong>Deux</strong> – Il m’est arrivé de rester deux ans sans tourner.<br><strong>Un</strong> – Deux ans à attendre que le téléphone sonne…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Il paraît que pour un documentaire animalier, c’est parfois cinq cent heures de tournage pour une heure de film.<br><strong>Un</strong> – Je plains les animaux.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez qu’on leur demande de faire plusieurs prises ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, pour vous, c’est fini.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Le moment est venu pour moi de reconsidérer toutes ces scènes qu’on a coupées au montage. Et qui font l’essentiel de ma carrière cinématographique.<br><strong>Un</strong> – Bref, vous allez vous faire chier, quoi.<br><strong>Deux</strong> – Merci pour vos encouragements.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Le film est fini, non ?<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’est-ce qu’on attend, au juste ?<br><strong>Un</strong> – Rien…<br><strong>Deux</strong> – L’habitude…<br><em>Ils s’apprêtent à partir.</em><br><strong><em>Voix off </em></strong>– Je suis vraiment désolé, mais on a eu un petit problème technique.<br><strong>Un</strong> – D’accord…<br><strong>Deux</strong> – Et donc…?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Il va falloir la refaire…<br><strong>Un</strong> – Eh bien vous voyez, la retraite n’est pas encore pour tout de suite, finalement.<br><strong><em>Voix off</em></strong> – C’est quand vous voulez…<br><strong>Deux</strong> – Je suis prêt.<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Silence, on tourne !<br><strong>Un</strong> – C’est le moment de nous dire adieu, j’en ai peur…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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		<title>Version originale</title>
		<link>https://sketchotheque.net/version-originale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:19:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
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		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Version originale, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Un autre (également de sexe indifférent) arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Il y a quelque chose qui ne va pas ?<br><em><strong>Voix off</strong></em> – Il demande s’il y a quelque chose qui ne va pas…<br><strong>Un</strong> – Well yes, what’s wrong ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ce qui ne va pas c’est qu’il y en a un qui est doublé et que l’autre est en version originale.<br><strong>Deux</strong> – En version originale ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Non sous-titrée, en plus. Voilà ce qui ne va pas !<br><strong>Un</strong> – That’s right. I didn’t notice…<br><strong>Deux</strong> – Moi non plus.<br><strong>Un</strong> – Well, I guess we’ll have to do it again, then.<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Silence, on tourne !<br><em>Le deuxième va chercher une pile de cartons. Ils rejouent la même scène avec les mêmes dialogues, mais cette fois celui qui parle en anglais montre en même temps qu’il dit ses répliques des cartons comportant les sous-titres en français. Son interlocuteur, quant à lui, continue de parler en français mais avec un accent anglais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui ne va pas, encore ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Lui, il est sous-titré, OK, mais vous, vous parlez toujours en français !<br><strong>Un</strong> – He still speaks French ?<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Avec un accent anglais, d’accord, mais c’est toujours du français.<br><strong>Un</strong> – OK… Let’s do it again, then.<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Silence, on tourne !<br><em>Celui qui parle en français va lui aussi chercher une pile de cartons. Ils rejouent la même scène que la précédente avec les mêmes dialogues, mais cette fois celui qui parle en français avec un accent anglais montre des sous-titres en anglais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Un</strong> – I don’t know… (<em>Désignant le public</em>) Look, there’s a crowd gathered. Something must be happening.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui, vous avez raison… Qu’est-ce qu’ils regardent comme ça ?<br><strong>Un</strong> – Who knows… But when lots of people are looking in the same direction, something must be going on.<br><strong>Deux</strong> – Et dans quelle direction ils regardent, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Looks like they’re looking… our way.<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est qu’il se passe quelque chose.<br><strong>Un</strong> – But what?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Coupez !<br><strong>Deux</strong> – Was it alright this time ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ça allait, cette fois ?<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ça ira comme ça… On ne va pas y passer la nuit, non plus…<br><em><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Silence, on tourne !</title>
		<link>https://sketchotheque.net/silence-on-tourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 16:06:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de coulisses]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Improvisation]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Silence, on tourne ! , un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de coulisses' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages (hommes ou femmes) sont là, semblant attendre. On entend une voix off.</em><br><strong>Voix off</strong> – Silence, on tourne !<br><em>Les deux personnages restent figés dans la même attitude. Ils ne disent rien pendant un long moment. La voix off se fait à nouveau entendre.</em><br><strong>Voix off</strong> – Silence, on tourne !<br><em>Les deux personnages restent figés.</em><br><strong>Voix off </strong>– Euh… C’est quand vous voulez…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Voix off</strong> – Ben… La caméra tourne… Vous n’allez pas rester là sans rien dire…<br><strong>Deux</strong> – Vous avez dit « Silence, on tourne !».<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Non mais « silence » c’est pour les autres.<br><strong>Un</strong> – Les autres ?<br><strong>Voix off </strong>– Tous ceux qui sont présents sur le plateau. Les techniciens. Vous, vous êtes les acteurs. Vous êtes supposés dire quelque chose.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous voulez qu’on dise ?<br><strong>Voix off </strong>– Je ne sais pas, moi. Votre texte, par exemple.<br><strong>Un</strong> – Notre texte…?<br><strong>Voix off </strong>– Vous n’avez pas un texte ?<br><strong>Deux</strong> – Ça, c’est à vous de nous le dire.<br><strong>Un</strong> – Nous on n’est que les acteurs. On n’a pas notre mot à dire.<br><strong>Voix off</strong> – Eh, moi, je ne suis que le chef opérateur. On m’a demandé de tourner cette scène avant midi. On ne m’a pas dit s’il y avait un texte ou pas.<br><strong>Deux</strong> (<em>à l’autre acteur</em>) – On t’a donné un texte, à toi ?<br><strong>Un</strong> – Non.<br><strong>Voix off</strong> – Bon, ben… Je ne sais pas, moi. Vous n’avez qu’à improviser.<br><strong>Un</strong> – Improviser ? Improviser sur quoi ?<br><strong>Voix off</strong> – Putain, ce n’est pas vrai, je rêve…<br><strong>Deux</strong> – Nous, on veut bien improviser, mais il faut nous donner une situation de départ. C’est quoi, le sujet de la scène ?<br><strong>Voix off</strong> – Ah, mais ça, je n’en sais rien, moi. Ce n’est pas mon boulot, hein ? Moi, je m’occupe de l’image, c’est tout.<br><strong>Un</strong> – Bon, ben… On va improviser, alors.<br><strong>Voix off</strong> – C’est ça… Alors on y retourne ?<br><strong>Deux</strong> – Allons-y<br><strong>Voix off </strong>– Silence, on tourne !<br><em>Les deux personnages restent un instant figés.</em><br><strong>Un</strong> – Quel silence…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – On entendrait voler une mouche.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Malheureusement, il n’y a pas de mouches.<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong><em>Voix off</em></strong> – Coupez ! (<em>Un temps</em>) C’est tout ?<br><strong>Un</strong> – Je fais ce que je peux, moi…<br><strong>Deux</strong> – Ben oui, moi aussi.<br><strong>Un</strong> – Il faut dire que tu ne m’as pas beaucoup aidé, non plus.<br><strong>Deux</strong> – Moi ?<br><strong>Un</strong> – Tu aurais pu relancer un peu.<br><strong>Deux</strong> – L’improvisation, c’est un métier. On ne s’improvise pas improvisateur.<br><strong>Un</strong> – Quand même, un acteur, c’est supposé pouvoir improviser un peu.<br><strong>Deux</strong> – Alors je ne suis pas un bon acteur, c’est ça ?<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas dit ça, mais…<br><strong>Deux</strong> – Et puis franchement… On entendrait voler une mouche… Malheureusement, il n’y a pas de mouche… Comment veux-tu que je rebondisse là-dessus ?<br><strong>Un</strong> – Tu n’avais qu’à commencer, toi, si tu es si malin !<br><strong>Deux</strong> – J’allais le faire ! Tu m’as coupé la parole…<br><strong>Un</strong> – Tu ne disais rien !<br><strong>Deux</strong> – J’attendais que ça vienne ! C’est ça l’impro. Il faut attendre que ça vienne. Et puis le silence, c’est important aussi.<br><strong>Un</strong> – Le silence ?<br><strong>Deux</strong> – Le non-dit, si tu préfères. Les dialogues, c’est important, bien sûr, mais le non-dit, c’est ça qui compte le plus.<br><strong>Un</strong> – Le non-dit…<br><strong>Deux</strong> – Oui, le non-dit.<br><strong>Un</strong> – Le silence, quoi.<br><strong>Deux</strong> – Comme disait Sacha Guitry « le silence après Mozart, c’est encore du Mozart »…<br><strong>Un</strong> – Alors là, je n’ai plus rien à dire…<br><em>Silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Alors ? Ça allait, cette fois.<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Ben notre impro.<br><strong>Deux</strong> – Quelle impro ?<br><strong>Un</strong> – Celle qu’on vient de faire !<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ah, mais je n’ai pas filmé, moi…<br><strong>Deux</strong> – Il n’a pas filmé.<br><strong>Un</strong> – Mais ce n’est pas vrai…<br><strong>Deux</strong> – Dites-moi que c’est une blague.<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Ça ne fait rien, on va la refaire.<br><strong>Un</strong> – Mais si on la refait, ce ne sera plus une impro !<br><strong><em>Voix off </em></strong>– Non mais vous avez vraiment décidé de me pourrir cette matinée de tournage ? Il est presque midi, là ! Je n’ai pas que ça à faire, moi !<br><strong>Deux</strong> – Bon, ben… On y retourne, alors…<br><strong><em>Voix off</em></strong> – Silence, on tourne !<br><strong>Silence.<br><em>Noir</em>.</strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>La fête des morts</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-fete-des-morts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:07:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Automobiliste]]></category>
		<category><![CDATA[Cimetière]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Alcool]]></category>
		<category><![CDATA[Champagne]]></category>
		<category><![CDATA[Voiture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fête des morts, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une tombe, avec un portrait du défunt et une plaque « À la mémoire de Jacky ». Par terre un vieux journal. Deux personnages arrivent l’un après l’autre, chacun avec un pot de fleurs, qu’ils déposent maladroitement devant la tombe. Ils semblent ne pas se connaître, et ils ont l’air embarrassés. Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Toutes mes condoléances.<br><strong>Deux</strong> – Merci…<br><strong>Un</strong> – Vous êtes de la famille, sans doute…?<br><strong>Deux</strong> – Euh… non, pas vraiment. Et vous ?<br><strong>Un</strong> – Moi non plus.<br><em>Ils regardent autour d’eux pour vérifier qu’ils sont bien seuls.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être en avance.<br><strong>Un</strong> – Oui…<br><strong>Deux</strong> – Ou en retard.<br><strong>Un</strong> – C’est étonnant qu’on soit si peu nombreux.<br><strong>Deux</strong> – Pourtant… c’était quelqu’un de très apprécié.<br><strong>Un</strong> – Oui.<br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez ? Enfin, je veux dire… vous le connaissiez bien ?<br><strong>Un</strong> – Pas plus que ça, en fait… Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Moi non plus. D’ailleurs, je vous avoue que je ne sais pas très bien ce que je fais là.<br><strong>Un</strong> – C’est toujours un peu ce qu’on se dit quand on assiste à un enterrement, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On vient pour faire plaisir et puis… on finit par se demander ce qu’on fait là.<br><strong>Un</strong> – Pourtant, je m’étais bien juré de ne plus assister à aucun enterrement.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi… Sauf le mien, évidemment.<br><strong>Un</strong> – On a quand même bien fait de venir… sinon il n’y aurait eu personne.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est bien triste…<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas un âge pour mourir, c’est sûr.<br><strong>Deux</strong> – Il avait quel âge, exactement ?<br><strong>Un</strong> – Exactement… je ne sais pas. Mais il n’était pas si vieux que ça, non ? D’après sa photo, en tout cas…<br><strong>Deux</strong> – C’est peut-être une vieille photo.<br><strong>Un</strong> – Peut-être… Vous avez remarqué ? Quand on met une photo sur une tombe, en général, on choisit une photo du défunt quand il était encore jeune et en bonne santé.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. Une photo de lui avant sa maladie ou… son accident.<br><strong>Un</strong> – Ou… sa décrépitude.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs, il est mort de quoi, au juste ?<br><strong>Un</strong> – Ah, je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Ce qu’on sait, c’est qu’il est mort.<br><strong>Un</strong> – C’est même la seule chose qu’on sait de lui avec certitude.<br><em>Silence</em>.<br>Deux – Elles sont très belles, vos fleurs.<br><strong>Un</strong> – Les vôtres aussi.<br><strong>Deux</strong> – Ce sont les mêmes, non ?<br><strong>Un</strong> – On a dû les trouver au même endroit.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – J’ai trouvé les miennes sur une tombe, pas très loin d’ici. Je n’avais pas pensé à acheter des fleurs alors… j’ai pris celles-ci en passant.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Et vous ?<br><strong>Deux</strong> – Pareil. Je n’avais pas d’argent sur moi… Je les ai ramassées sur une tombe, un peu plus loin, là-bas.<br><strong>Un</strong> – Les fleurs, c’est devenu tellement cher, de nos jours.<br><strong>Deux</strong> – Et puis bon, celui à qui on les a volées n’ira pas se plaindre à la police.<br><em>Le regard de l’autre tombe sur le journal, par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas ce qu’il fait là, ce journal… Ils auraient pu le ramasser…<br><em>Il ramasse le journal et regarde la une.</em><br><strong>Deux</strong> – Il n’est pas très bien entretenu, ce cimetière. Je ne sais pas s’il y a un gardien. N’importe qui peut voler des fleurs sur la tombe d’un inconnu.<br><strong>Un</strong> – Tiens c’est curieux, il y a sa photo en première page…<br><strong>Deux</strong> – Sa photo ?<br><strong>Un</strong> – C’est au sujet de sa disparition…<br><strong>Deux</strong> – Et alors ? Il est mort comment ?<br><em>L’autre parcourt l’article.</em><br><strong>Un</strong> – Un carambolage, apparemment.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui…?<br><strong>Un</strong> – Il avait trois grammes d’alcool dans le sang, il roulait trop vite, il a franchi une ligne jaune, et il a pris de plein fouet la voiture qui venait en face.<br><strong>Deux</strong> – Ah merde.<br><strong>Un</strong> – Celle qui venait juste derrière n’a pas eu le temps de freiner non plus.<br><strong>Deux</strong> – Plusieurs victimes, donc…<br><strong>Un</strong> – Avec lui, ça fait trois.<br><strong>Deux</strong> – Tout ça à cause d’un chauffard…<br><strong>Un</strong> – Si j’avais su… je ne suis pas sûr que je serais venu.<br><strong>Deux</strong> – Non, moi non plus…<br><strong>Un</strong> – Mais est-ce qu’on avait le choix ?<br><em>Ils échangent un regard énigmatique. Nouveau silence. Un troisième personnage apparaît.</em><br><strong>Deux</strong> – Ah… voilà quelqu’un d’autre.<br><strong>Un</strong> – La famille, sans doute.<br><em>Le troisième personnage s’approche. C’est celui dont on voit le portrait sur la tombe.</em><br><strong>Deux</strong> – Ça doit être son frère, il lui ressemble un peu.<br><strong>Trois</strong> – Bonjour… Merci d’être là… Enfin, je veux dire…<br><strong>Deux</strong> – Non, non… C’est normal.<br><em>Ils se recueillent un instant en silence.</em><br><strong>Trois</strong> – Vous ne m’en voulez pas trop, j’espère…<br><em>Les deux autres échangent un regard étonné.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi est-ce qu’on vous en voudrait ? Ce n’est pas vous qui l’avez tué, j’imagine…<br><strong>Trois</strong> – Non bien sûr… Encore que, d’une certaine façon…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…?<br><strong>Trois</strong> – En tout cas, merci pour les fleurs.<br><strong>Deux</strong> – Il n’y a pas de quoi, je vous assure…<br><strong>Un</strong> – C’est la moindre des choses… (<em>Un temps</em>) Vous êtes… Enfin vous étiez…<br><strong>Deux</strong> – Vous le connaissiez bien…?<br><em>Le troisième personnage semble un peu surpris.</em><br><strong>Trois</strong> – Oui, on peut dire ça.<br><strong>Deux</strong> – C’est vraiment trop bête de partir comme ça… Aussi jeune…<br><strong>Trois</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Sans parler des deux autres victimes, qui n’avaient rien demandé à personne.<br><strong>Deux</strong> – L’alcool au volant, quel fléau… On ne le dira jamais assez…<br><em>Malaise</em>.<br><strong>Trois</strong> – Enfin, maintenant, on ne peut rien y changer, alors à quoi bon se lamenter ? (<em>Un temps</em>) Je vous sers quelque chose ?<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Trois</strong> – Un rafraîchissement ? Une coupette…<br><em>Moment de flottement.</em><br><strong>Deux</strong> – Va pour une coupette. Après tout, ça nous remontera un peu le moral…<br><strong>Trois</strong> – Et puis maintenant, qu’est-ce qu’on risque ?<br><em>Le troisième personnage repart.</em><br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas…? Ça se fait de boire un verre à la santé du défunt, non ?<br><strong>Deux</strong> – Vous voulez dire à sa mémoire, sans doute. Parce que boire à la santé d’un mort…<br><strong>Un</strong> – Oui, bien sûr…<br><strong>Deux</strong> – Et puis généralement, on ne trinque pas directement sur sa tombe, si ?<br><strong>Un</strong> – Je crois qu’ils font ça, au Mexique, le jour de la Fête des Morts.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… mais on n’est pas au Mexique.<br><strong>Un</strong> – Et puis ce n’est pas la Fête des Morts.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Que ce n’est pas la Fête des Morts.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – En tout cas, on n’est pas au Mexique… Si…?<br><em>Silence. Le troisième revient avec trois coupes de champagne sur un plateau, qu’il tend aux autres avec un large sourire. Il tient dans l’autre main une bouteille de champagne, qu’il pose sur la tombe.</em><br><strong>Trois</strong> – Allez-y, je vous en prie…<br><em>Chacun prend une coupe.</em><br><strong>Deux</strong> – Merci.<br><em>Ils semblent tous un peu embarrassés.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors à la mémoire de… (<em>Vérifiant sur la plaque</em>) Jacky.<br><strong>Trois</strong> – C’est ça.<br><em>Ils lèvent leurs verres, avant de les vider.</em><br><strong>Deux</strong> – Il est bien frais.<br><strong>Un</strong> – Oui, c’est du bon.<br><em>Le deuxième saisit la bouteille et regarde l’étiquette, intrigué.</em><br><strong>Deux</strong> – Madame Clicquot…?<br><strong>Trois</strong> – Ici, les veuves, ça n’existe plus… Au cimetière, tous les couples finissent par se retrouver un jour ou l’autre.<br><strong>Un</strong> – Bien sûr…<br><em>Moment de flottement. Ils boivent à nouveau.</em><br><strong>Trois</strong> – Ce serait encore meilleur avec des canapés, non ?<br><strong>Deux</strong> – Ne vous dérangez pas, on va rester debout.<br><em>Un instant déconcerté, le troisième affiche ensuite un large sourire.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah oui ! Non, je voulais dire, des canapés…<br><strong>Deux</strong> – Oui, j’avais compris… Je plaisantais…<br><strong>Trois</strong> – Je vais les chercher…<br><em>Le troisième sort à nouveau, en emportant le plateau.</em><br><strong>Un</strong> – Des canapés… C’est dingue, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’il a voulu dire avec son histoire de veuve ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Un</strong> – Remarquez, c’est sympa, cet enterrement, non ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, ça ressemble un peu à un barbecue entre amis.<br><strong>Un</strong> – Sauf que personne ne se connaît.<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai pas bien compris qui c’était… Je veux dire, par rapport au défunt.<br><em>Nouveau silence. Il regarde la tombe, et donc le portrait.</em><br><strong>Un</strong> – Il lui ressemble un peu, non ?<br><strong>Deux</strong> – Je dirais même qu’il lui ressemble beaucoup…<br><strong>Un</strong> – Vous croyez que c’est lui ?<br><strong>Deux</strong> – Comment ça pourrait être lui ? Il est mort…<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas.<br><em>Le troisième revient avec cette fois des canapés sur son plateau.</em><br><strong>Trois</strong> – Et voilà ! Je vous en prie, servez-vous…<br><strong>Un</strong> – Merci.<br><em>Ils se servent chacun leur tour.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois que je vais goûter celui-là.<br><strong>Un</strong> – Oui, ils sont très bons.<br><strong>Deux</strong> – Et puis c’est original, ces canapés, en forme de…<br><strong>Un</strong> – En forme de cercueils.<br><strong>Trois</strong> – Je me suis dit que pour cette occasion…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>Ils mâchent leurs canapés.</em><br><strong>Un</strong> – Ça donne soif…<br><strong>Trois</strong> – Je vais chercher sa petite sœur…<br><strong>Deux</strong> – Sa petite sœur ?<br><strong>Trois</strong> – Une autre bouteille !<br><strong>Un</strong> – Ah, oui…<br><em>Il sort à nouveau. Les autres regardent le portrait.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est vraiment lui, non ?<br><strong>Un </strong>– On dirait bien.<br><strong>Deux</strong> – Alors il ne serait pas mort ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Ou alors, c’est qu’on est morts aussi.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>Ils échangent un regard embarrassé.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi un instant… (<em>Il s’éloigne un moment et revient</em>) C’est dingue…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Il y a la mienne aussi…<br><strong>Deux</strong> – La vôtre ?<br><strong>Un</strong> – Ma tombe.<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes sûr ?<br><strong>Un</strong> – Il y a mon nom gravé sur la pierre tombale.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui…<br><strong>Un</strong> – Et puis il y a mon portrait. Quand j’étais plus jeune…<br><strong>Deux</strong> – C’est laquelle ?<br><em>L’autre lui désigne une tombe du doigt.</em><br><strong>Un</strong> – C’est la tombe sur laquelle j’ai pris ce pot de fleurs. Je n’avais pas fait attention…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Deux</strong> – Dans ce cas… il y a sûrement la mienne aussi.<br><strong>Un</strong> – Possible… (<em>Un temps</em>) Donc, ce n’est pas… un pot de départ.<br><strong>Deux</strong> – Ce serait plutôt un pot de bienvenue.<br><strong>Un</strong> – Pour ne pas dire une pendaison de crémaillère.<br><em>Silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous vous en souvenez, vous ?<br><strong>Un</strong> – De quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ben… Comment on est morts…<br><strong>Un</strong> – Je ne suis pas sûr, mais…<br><em>Il reprend le journal et regarde à nouveau l’article.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’il y a ?<br><strong>Un</strong> – Il y a une photo de l’accident.<br><strong>Deux</strong> – Et alors  ?<br><strong>Un</strong> – Les bagnoles ne sont plus que des tas de ferraille mais… je me demande si je ne reconnais pas ma Twingo rouge, là…<br><strong>Deux</strong> – Faites voir… (<em>Il prend le journal et regarde</em>) Ah oui… je n’aurais pas reconnu la mienne, mais… c’est bien ma plaque d’immatriculation.<br><strong>Un</strong> – Alors dans les voitures d’en face, c’était nous…<br><strong>Deux</strong> – Apparemment…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et il espère se faire pardonner avec son champagne Madame Clicquot…<br><strong>Deux</strong> – Et ses petits fours en forme de cercueils.<br><strong>Un</strong> – Il ne manque pas de culot…<br><strong>Deux</strong> – Je vais le tuer.<br><strong>Un</strong> – Il est déjà mort.<br><strong>Deux</strong> – Et nous aussi…<br><em>Le troisième revient, un large sourire sur les lèvres, et une autre bouteille de champagne à la main.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vous ressers ?<br><em>Les deux autres lui lancent un regard assassin.</em><br><em><strong>Noir</strong>.</em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Double vie</title>
		<link>https://sketchotheque.net/double-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 13:12:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Notaire]]></category>
		<category><![CDATA[Office notarial]]></category>
		<category><![CDATA[Testament]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Double vie, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bureau notarial. Une femme arrive, en tenue deuil. Elle hésite, puis s’assied. Au bout d’un moment, elle se penche vers le bureau pour voir les documents qui sont posés dessus, avant de se raviser. La curiosité étant trop forte, elle se penche à nouveau et avance une main hésitante pour saisir une enveloppe. Arrive alors une autre femme, également en tenue de deuil. Elle semble surprise en voyant l’autre, qui ne s’est pas aperçue de son arrivée. La nouvelle venue tousse pour signaler sa présence, et l’autre sursaute.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Vous m’avez fait peur…<br><strong>Femme 2</strong> – Je suis vraiment désolée. Mais je ne savais pas que… (Lui tendant la main et se présentant) Agnès…<br><strong>Femme 1 </strong>– Vous connaissez mon nom ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>étonnée</em>) – Euh… Non, Agnès, c’est moi. La veuve du défunt.<br><strong>Femme 1 </strong>– Quoi ?<br><strong>Femme 2</strong> – Vous vous appelez aussi Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Mais c’est moi, la veuve !<br><strong>Femme 2 </strong>– Pardon ?<br><strong>Femme 1 </strong>– Pour qui elle se prend, cette morue ?<br><strong>Femme 2</strong> – Tu peux répéter ça pouffiasse ?<br><em>Elles s’apprêtent à se sauter à la gorge quand le notaire arrive un gobelet de café à la main.</em><br><strong>Notaire</strong> – On vous a proposé un café ?<br><em>Les deux femmes reprennent une contenance plus digne.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Merci, ça ira.<br><strong>Femme 2</strong> – On est déjà assez énervées comme ça.<br><strong>Notaire</strong> – Je vous en prie, asseyez-vous… (<em>Les deux femmes se rasseyent.</em>) Et tout d’abord, permettez-moi de vous présenter toutes mes condoléances.<br><em>La première femme verse une larme. Le notaire lui tend une boîte de mouchoirs en papier et elle en prend un.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Merci.<br><em>L’autre femme lève les yeux au ciel avec un air excédé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Très bien, alors puisque nous sommes au complet, je crois que nous allons pouvoir procéder à l’ouverture du testament.<br><strong>Femme 1</strong> – Au complet ?<br><strong>Notaire</strong> – À moins que nous n’attendions une troisième Agnès…<br><strong>Femme 2</strong> – Excusez-moi, mais je crois qu’il y a un petit malentendu…<br><strong>Notaire</strong> – J’y viens tout de suite, chère Madame, rassurez-vous… (<em>Il saisit l’enveloppe posée sur son bureau et toussote pour s’éclaircir la voix.</em>) J’irai droit au but. Comme votre présence conjointe dans ce bureau vous l’aura déjà fait subodorer, Monsieur Barbarin, avant sa mort, avait une double vie.<br><strong>Femme 1 </strong>– Une double vie ?<strong><br>Femme 2 </strong>– Je vous assure que nous n’avions rien subodoré du tout jusque là…<br><strong>Notaire</strong> – Quoi qu’il en soit, suite à sa disparition brutale dans des circonstances aussi obscures que douloureuses, Monsieur Barbarin laisse derrière lui deux veuves et deux orphelins… prénommés tous deux Baptiste.<br><strong>Femme 1</strong> – Votre fils s’appelle aussi Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est vrai que pour un homme qui mène une double vie, choisir deux femmes qui portent le même prénom et baptiser tous ses enfants Baptiste, cela peut éviter de commettre pas mal d’impairs…<br><strong>Femme 2</strong> (<em>anéantie</em>) – C’est clair…<br><strong>Notaire</strong> – Donc, il apparaît que le patrimoine de votre époux commun était principalement constitué d’une maison à Tarascon-sur-Rhône et d’une autre à Tarascon-sur-Ariège. C’est d’ailleurs au cours d’un de ses nombreux déplacements entre ces deux villes que Monsieur Barbarin aurait été emporté avec sa voiture par une rivière en crue lors d’un violent orage.<br><em>Les deux femmes échangent un regard hostile.</em><br><strong>Notaire</strong> – Sans attendre, je vais vous lire les dernières volontés du défunt. (<em>Il ouvre l’enveloppe</em>) Tout d’abord, en ce qui concerne ses obsèques, Monsieur Barbarin a émis le souhait d’être incinéré. Pour cela au moins, vous n’avez aucun souci à vous faire. Monsieur Barbarin était apparemment un homme très organisé, et il a tout prévu. Je vous communiquerai tout à l’heure les détails de…<br><em>Faisant un faux mouvement, le notaire renverse son café sur le testament.</em><br><strong>Notaire</strong> – Et merde… (<em>Il prend un mouchoir en papier et éponge le café renversé sur le testament.</em>) Pardon… Je vais arranger cela tout de suite, ne vous inquiétez pas, et je poursuis la lecture du testament… En espérant que ce torchon soit encore à peu près lisible… (<em>Il jette un regard sur le document</em>.) Bon, donc, en gros… Je vous résume… Monsieur Barbarin lègue sa maison de Tarascon à…<br><strong>Femme 1 </strong>– Tarascon-sur-Rhône ou Tarascon-sur-Ariège ?<br><strong>Notaire</strong> – Je vous avoue qu’avec le marc de café, je n’arrive pas à lire ce qu’il y a d’écrit exactement derrière Tarascon… Quoi qu’il en soit, Monsieur Barbarin lègue cette maison à sa femme Agnès et à son fils Baptiste.<br><strong>Femme 2 </strong>– Quelle Agnès ?<br><strong>Femme 1</strong> – Quel Baptiste ?<br><strong>Notaire</strong> – Là, je vous assure qu’il n’a pas précisé…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est incroyable !<br><strong>Femme 1</strong> – Mais alors comment vous voulez-vous que…<br><em>Le téléphone du notaire sonne et il répond.</em><br><strong>Notaire</strong> – Excusez-moi un instant… Oui ? Non ? Ah oui ? Ah non ! Bon… Bon… Bon… Merci… (<em>Il raccroche</em>.) Alors j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.<br><strong>Femme 2</strong> – Je vous avoue que je serais assez curieuse de savoir quelle pourrait bien être la bonne…<br><strong>Notaire</strong> – Votre mari n’est pas mort noyé dans l’Ariège, comme on avait pu le croire dans un premier temps…<br><em>Les deux femmes échangent un regard, consternées.</em><br><strong>Notaire</strong> – Selon les derniers rebondissements de l’enquête, Monsieur Barbarin aurait pu remonter sur la rive après avoir été malencontreusement précipité dans la rivière par une bourrasque en promenant son chien nommé Tobby. Un chien dont apparemment, il ne se séparait jamais.<br><strong>Femme 1 </strong>– Notre chien aussi s’appelle Tobby !<br><strong>Femme 2 </strong>– C’est le même…<br><strong>Notaire</strong> – Pour ce qui est des chiens, en tout cas, il semblerait en effet que votre mari n’était pas polygame…<br><strong>Femme 1</strong> – Alors ce salaud est encore vivant ?<br><strong>Notaire</strong> – C’est là où j’en arrive à la mauvaise nouvelle… Il a pu reprendre place à bord de sa voiture et continuer sa route. En revanche le véhicule a été projeté dans le Rhône par un nouveau coup de mistral en arrivant à Tarascon. La gendarmerie vient de repêcher sa Twingo dans le fleuve il y a quelques minutes.<br><strong>Femme 2</strong> – Le Rhône, donc.<br><strong>Femme 1</strong> – Évidemment, le Rhône ! À Tarascon-sur-Rhône ! Il faut la mettre sous tension, celle-là, elle n’a pas l’électricité à tous les étages !<br><em>L’autre femme lui lance un regard meurtrier.</em><br><strong>Notaire</strong> – Monsieur Barbarin n’a vraiment pas eu de chance. Il est évident qu’il aurait mieux fait de ne pas prendre sa voiture ce jour là.<br><strong>Femme 1 </strong>– C’était l’anniversaire de mon Baptiste…<br><strong>Femme 2</strong> – Du mien aussi…<br><strong>Notaire</strong> – La loi des séries sans doute. Je parle de cette double noyade, bien sûr…<br><strong>Femme 2</strong> – Il faut croire que lorsqu’on a une double vie, on est aussi destiné à mourir deux fois.<br><strong>Notaire</strong> – Même si, selon la célèbre maxime d’Héraclite : on ne se noie jamais deux fois dans le même fleuve. (Un temps) Je plaisante…<br><strong>Femme 1 </strong>– Mais alors c’était quoi la bonne nouvelle ?<br><strong>Notaire</strong> – La bonne nouvelle, c’est qu’on a retrouvé le chien Tobby, et qu’il est bien vivant. Nous pourrons toujours envisager une garde partagée…<br><strong>Femme 1</strong> – Et c’est tout ce qu’il y a dans le testament ?<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Notaire</strong> – Oui… Ah, non, pardon… Attendez une minute… Voici la musique que votre mari a choisi pour accompagner sa crémation.<br><em>Il appuie sur une télécommande et on entend les premières paroles de la chanson « Allumer le Feu ». Plus quelques aboiements.</em><br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<item>
		<title>Fatal comique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/fatal-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 10:25:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Mélimélodrames]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Dépression]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fatal comique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Mélimélodrames' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur une table basse, une cafetière, deux tasses et un journal. Pierre entre en robe de chambre. Il se sert une tasse de café et prend le journal pour le lire. Marie, sa femme, arrive.<br></em><strong>Marie</strong> – Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va.<br><em>Marie se sert une tasse et observe Pierre.</em><br><strong>Marie</strong> – Tu as l’air soucieux… Un problème ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… Enfin… Toujours pas d’idée pour ma nouvelle pièce.<br><strong>Marie</strong> – Ne t’inquiète pas, ça va venir… Ça finit toujours par venir, non ?<br><strong>Pierre</strong> – Oui… Jusqu’à maintenant…<br><strong>Marie</strong> – Il n’y a pas une bonne histoire, dans le journal, dont tu pourrais t’inspirer ?<br><em>Il repose le journal.</em><br><strong>Pierre</strong> – Les nouvelles sont de plus en plus déprimantes… Je crois que je vais arrêter de lire la presse. J’ai déjà arrêté de regarder la télé et d’écouter la radio…<br><strong>Marie</strong> – C’est vrai que tout ça n’est pas très gai, mais bon. D’un autre côté… c’est pour ça qu’on aura toujours besoin d’auteurs comme toi.<br><strong>Pierre</strong> – Ah oui ? Et c’est quoi, un auteur comme moi ?<br><strong>Marie</strong> – Tu sais bien… Quelqu’un pour nous faire rire… Un comique !<br><strong>Pierre</strong> – Un comique ? Alors c’est comme ça que tu me vois ? Comme un comique !<br><strong>Marie</strong> – Il faut bien des auteurs pour nous écrire de bonnes comédies ! Oublier un peu nos soucis… Nous faire passer un bon moment en ne pensant à rien…<br><strong>Pierre</strong> – En ne pensant à rien ?<br><strong>Marie</strong> – Excuse-moi… Je veux dire… en pensant à autre chose.<br><strong>Pierre</strong> – Je vois… Donc pour toi, je suis seulement un amuseur… Un type qui fait diversion… Qui détourne l’attention du peuple des vrais problèmes de la société…<br><strong>Marie</strong> – Le peuple ! Tout de suite, les grands mots… Divertir le public, il n’y a pas de honte à ça, si ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… On peut aussi avoir envie d’autre chose…<br><strong>Marie</strong> – Quoi, par exemple ?<br><strong>Pierre</strong> – D’être utile…<br><strong>Marie</strong> – Pour moi, distraire les gens, leur faire retrouver le sourire, c’est très utile. Et ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir ce talent.<br><strong>Pierre</strong> – Ouais…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Des comédies, j’en ai déjà écrit près d’une centaine.<br><strong>Marie</strong> – Et ça a toujours été de gros succès.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, mais je commence à être à court d’idées. Je me demande si je n’en ai pas fait le tour.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux arrêter d’écrire ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça je ne suis pas sûr d’y arriver non plus… Non, je me demandais si…<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’essayais un autre genre ?<br><strong>Marie</strong> – Un roman, tu veux dire ? Depuis des années, je te répète que tu devrais essayer. Il y a des romans très drôles, aussi…<br><strong>Pierre</strong> – Malheureusement, je ne suis pas romancier, je le sais bien. Le théâtre, je ne sais rien faire d’autre.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors il ne te reste plus qu’à trouver un bon sujet de comédie.<br><strong>Pierre</strong> – Et si j’écrivais… un autre genre de pièces.<br><strong>Marie</strong> – Un autre genre de pièce ?<br><strong>Pierre</strong> – Un truc qui ne soit pas forcément drôle, tu vois ?<br><strong>Marie</strong> – Une comédie pas drôle ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas une comédie, justement !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… une comédie dramatique ?<br><strong>Pierre</strong> – Je veux dire pas une comédie du tout !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux écrire un drame ?<br><strong>Pierre</strong> – Un drame, une tragédie… Appelle ça comme tu veux.<br><strong>Marie</strong> – Bon…<br><strong>Pierre</strong> – Quoi ?<br><strong>Marie</strong> – Je ne sais pas… (<em>Silence</em>) Tu es sûr que ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus d’idée de comédie. Je voudrais essayer d’écrire autre chose. C’est pas un drame, non plus !<br><strong>Marie</strong> – OK… (<em>Un temps</em>) Tu veux encore du café ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, merci.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors je te laisse réfléchir… à ta nouvelle pièce.<br><em>Elle sort. Il soupire et ouvre à nouveau son journal. Le téléphone sonne. Il répond.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui ? Ah oui… Non, non, je voulais t’appeler justement… Écoute, je ne sais pas encore… Non, pour l’instant, je suis en panne d’inspiration. Oui, je sais, j’ai toujours dit que ça n’existait pas. Mais tu sais l’inspiration, c’est comme Dieu. On dit que ça n’existe pas jusqu’au moment où on en a vraiment besoin… Et toi, ça va ? Bon… Je vois… D’accord… Écoute, il va falloir que je te laisse, là… On s’appelle et on essaie de déjeuner ensemble la semaine prochaine ? OK, on fait comme ça… Salut, t’embrasse.<br><em>Marie revient, l’air un peu embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je dois faire quelques courses, je n’en ai pas pour longtemps. Ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Euh… oui. Depuis tout à l’heure, la situation n’a pas beaucoup évolué, mais oui. Ça va.<br><strong>Marie</strong> – Bon, alors j’y vais.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça. À tout à l’heure.<br><em>Elle sort. Il reprend la lecture de son journal, mais à peine a-t-il commencé que la sonnette de la porte d’entrée retentit. Il sort un instant pour aller ouvrir et revient accompagné d’une femme.</em><br><strong>Alex</strong> – Je ne te dérange pas, j’espère ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, non, pas du tout, j’étais en train de… Tu veux un café ?<br><strong>Alex</strong> – Merci, ça ira.<br><strong>Pierre</strong> – C’est sympa de passer comme ça à l’improviste.<br><strong>Alex</strong> – Quand on habite le même immeuble que son agent, c’est toujours un risque de le voir débarquer sans avoir été invité…<br><strong>Pierre</strong> – Il va peut-être falloir que je déménage, alors…<br><em>Sourires, suivi d’un silence embarrassé.</em><br><strong>Alex</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Rien… J’étais au téléphone avec… Comment elle s’appelle, déjà… Tu sais, cette comédienne qui jouait dans… Elle est devenue éditrice.<br><strong>Alex</strong> – Éditrice ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu sais ce que c’est. La vie est cruelle pour les comédiennes. Surtout pour les jeunes premières. Passée la trentaine…<br><strong>Alex</strong> – Tu cherches un nouvel éditeur ?<br><strong>Pierre</strong> – Pas spécialement… C’est elle qui m’a appelé. Elle voulait juste prendre de mes nouvelles… Ça commence à m’inquiéter. Tout le monde me demande si ça va aujourd’hui…<br><strong>Alex</strong> – Et… ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Ça va, je te remercie… C’est dingue…<br><strong>Alex</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je termine la conversation en lui disant : « on se rappelle et on déjeune…? » Ça m’est sorti comme ça. L’habitude. Finalement, on aurait aussi bien pu déjeuner ensemble à midi.<br><strong>Alex</strong> – Qu’est-ce que tu veux… C’est Paris… On est tous débordés…<br><strong>Pierre</strong> – Ou alors on a rien à foutre et on fait semblant…<br><strong>Alex</strong> – Ouais…<br><strong>Pierre</strong> – Toi, par exemple. Tu es particulièrement débordée, aujourd’hui ? (<em>Silence</em>) Non, évidemment, sinon, tu ne serais pas là. Tu imagines ? Tu acceptes de déjeuner comme ça à l’improviste… Le lendemain, tout Paris va savoir que tu n’as rien à foutre de tes journées. Que plus personne ne veut travailler avec toi. Que tu es au chômage. Ou pire que tu es sur liste noire… Du coup, plus personne ne t’appellerait, et tu serais vraiment total has been.<br><strong>Alex</strong> – Ouais… (<em>Silence</em>) Et sinon, elle, ça va ?<br><strong>Pierre</strong> – Qui ça ?<br><strong>Alex</strong> – Ton éditrice !<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Tu as raison… Finalement, c’est peut-être elle qui ne va pas bien. Elle m’a appelé parce qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et moi, je lui ai presque raccroché au nez… J’aurais dû lui proposer de déjeuner avec elle à midi… Et toi, ça va ?<br><strong>Alex</strong> – Ça va…<br><strong>Pierre</strong> – Tu es sûre que tu ne veux pas du café ?<br><strong>Alex</strong> – Sûre… (<em>Silence</em>) Tu écris un peu, en ce moment ?<br><strong>Pierre</strong> – Non, pas vraiment. Je crois que je suis arrivé au bout de quelque chose là. Il faudrait que je change un peu de style.<br><strong>Alex</strong> – Oui, je sais, j’ai croisé Marie dans l’escalier.<br><strong>Pierre</strong> – Ne me dis pas que c’est pour ça que tu es passée me voir.<br><strong>Alex</strong> – Alors comme ça, tu veux écrire un drame.<br><strong>Pierre</strong> – Oui, enfin… Pourquoi pas ?<br><strong>Alex</strong> – C’est une blague, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Tu vois, Alex, c’est ça mon problème. La simple idée que j’envisage d’écrire autre chose qu’une comédie, les gens prennent ça pour une blague.<br><strong>Alex</strong> – Disons que… ce n’est pas sur ce terrain-là qu’on t’attend habituellement.<br><strong>Pierre</strong> – Et ?<br><strong>Alex</strong> – Ça risque de surprendre ton public… De le décevoir, peut-être…<br><strong>Pierre</strong> – Le décevoir ? Je n’ai encore pas écrit une ligne, et tu me dis déjà que ce sera décevant. Merci de tes encouragements. Au moins, je sais pourquoi j’ai un agent.<br><strong>Alex</strong> – Et… tu as déjà un sujet ?<br><strong>Pierre</strong> – Non… C’est juste une idée…<br><strong>Alex</strong> – Bon, donc c’est juste une idée.<br><strong>Pierre</strong> – C’est ça…<br><strong>Alex</strong> – Excuse-moi, je me suis peut-être emballée un peu vite.<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Je pensais écrire quelque chose sur ces migrants qui viennent s’échouer sur nos côtes. Quand ils ne sont pas morts noyés pendant la traversée, évidemment…<br><strong>Alex</strong> – Une comédie, tu veux dire ? (<em>L’autre lui lance un regard navré.</em>) Excuse-moi, je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça… Alors c’est sérieux, tu veux vraiment écrire quelque chose de…<br><strong>Pierre</strong> – Je n’ai plus vingt ans… Toi non plus… Il serait peut-être temps qu’on commence à s’interroger sur le monde qui nous entoure, non ?<br><strong>Alex</strong> – Le monde qui nous entoure ?<br><strong>Pierre</strong> – Imagine qu’après notre mort, on soit réincarnés. Comme ça. Au hasard. Le monde est principalement peuplé de gens qui ont une vie de merde. Si on peut appeler ça une vie. Si on y réfléchit bien, à part une minorité de privilégiés, dont les plus chanceux vivent dans des paradis fiscaux, la Terre est un enfer.<br><strong>Alex</strong> – Et alors ?<br><strong>Pierre</strong> – Et alors ? Statistiquement, la réincarnation, c’est l’enfer assuré… Si on ne change pas le monde de notre vivant, on est à peu près certain de vivre un enfer quand on sera réincarnés !<br><em>Alex le regarde, estomaquée.</em><br><strong>Alex</strong> – OK…<br><strong>Pierre</strong> – Je te laisse réfléchir à ça. Je vais m’habiller…<br><em>Il sort. Marie revient.</em><br><strong>Marie</strong> – Alors ?<br><strong>Alex</strong> – Il va très mal.<br><strong>Marie</strong> – Je te l’avais dit.<br><strong>Alex</strong> – Il est en plein délire. Il parle de la mort. Du paradis. De l’enfer.<br><strong>Marie</strong> – Non ?<br><strong>Alex</strong> – Il veut écrire une pièce sur les exilés.<br><strong>Marie</strong> – Les exilés fiscaux ?<br><strong>Alex</strong> – Les exilés économiques !<br><strong>Marie</strong> – Tu veux dire… les retraités qui vont s’installer au Portugal ou au Maroc, parce que la vie est moins chère là-bas ?<br><strong>Alex</strong> – Les migrants ! En Méditerranée ! La jungle de Calais.<br><strong>Marie</strong> – Ce n’est pas vrai… Il te l’a dit ?<br><strong>Alex</strong> – J’ai essayé de lui parler, mais il ne veut rien savoir.<br><strong>Marie</strong> – Il est où ?<br><strong>Alex</strong> – Il est parti s’habiller.<br><strong>Marie</strong> – Je ne comprends pas… Jusqu’à ce matin, il était tout à fait normal. Enfin… il était comme d’habitude, quoi…<br><strong>Alex</strong> – Ce n’est peut-être que passager. Il doit être un peu déprimé. Mais il ne faut pas prendre ça à la légère.<br><strong>Marie</strong> – C’est sûr… J’ai du mal à le dire mais… j’ai l’impression qu’il a des tendances suicidaires.<br><strong>Alex</strong> – Il faudrait lui suggérer de voir un médecin.<br><strong>Marie</strong> – Un psychiatre, tu veux dire ?<br><strong>Alex</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Marie</strong> – Parfois avec une simple cure de vitamines… Un homéopathe ?<br><em>Pierre revient.</em><br><strong>Pierre</strong> – Ah, tu es revenue ?<br><strong>Alex</strong> – Je vais vous laisser.<br><strong>Pierre</strong> – Non, mais je ne te chasse pas.<br><strong>Alex</strong> – J’allais partir, de toute façon. J’ai… Il faut que j’y aille. J’ai une grosse journée. On s’appelle et on déjeune ensemble ?<br><em>Il sort. Marie lance à Pierre un regard embarrassé.</em><br><strong>Marie</strong> – Je lui ai simplement dit que tu étais là, et que si elle voulait monter prendre un café…<br><strong>Pierre</strong> – Elle n’en a pas voulu.<br><strong>Marie</strong> – Quoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Du café. Je lui en ai proposé, elle n’en a pas voulu.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Mais qu’est-ce que tu cherches, Pierre, au juste ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Marie</strong> – On n’est pas bien, ensemble ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais si, ce n’est pas la question.<br><strong>Marie</strong> – Tu as une maîtresse, c’est ça ?<br><strong>Pierre</strong> – Mais non, pas du tout !<br><strong>Marie</strong> – On a la vie qu’on voulait, non ? Tu fais le métier que tu aimes. Tu n’as pas de patron. Tu gagnes bien ta vie.<br><strong>Pierre</strong> – Je sais.<br><strong>Marie</strong> – Mais alors qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Pierre</strong> – Tout ça n’a plus de sens pour moi. J’ai besoin… d’essayer autre chose.<br><strong>Marie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Pierre</strong> – Je ne sais pas… Pour qu’à mon enterrement, les gens ne se contentent pas de dire : celui-là, c’était un comique…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Marie</strong> – Tu veux qu’on déménage ?<br><strong>Pierre</strong> – Ailleurs, ce serait pareil.<br><strong>Marie</strong> – Tu ne vas pas faire une bêtise, au moins ?<br><strong>Pierre</strong> – Une bêtise ? Comme quoi ?<br><em>Marie tente de cacher son trouble.</em><br><strong>Marie</strong> – Je te laisse travailler…<br><em>Elle sort. Il reste un instant perplexe. Il prend un cahier et un crayon et essaie d’écrire, mais visiblement, l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Il décroche le téléphone et compose un numéro.</em><br><strong>Pierre</strong> – Oui, pardon, c’est encore moi… Écoute, finalement, j’ai réussi à me libérer pour ce soir. Tu pourrais venir dîner à la maison ? Je voudrais te parler d’un nouveau projet… Oui, bien sûr, viens avec ton mari. OK, vingt heures, c’est parfait. Bon, alors à ce soir…<br><em>Il raccroche. Il reprend le cahier et le crayon, et il commence à écrire avec fébrilité. Il s’interrompt et s’adresse au public.</em><br><strong>Pierre</strong> – Vous allez voir. Cette fois, vous n’allez pas rigoler.<br><em>Il se remet à écrire.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/">Mélimélodrames</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/melimelodrames/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<item>
		<title>Désaccord</title>
		<link>https://sketchotheque.net/desaccord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Apr 2025 15:29:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Concert]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Les Rebelles]]></category>
		<category><![CDATA[Musicien]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Cannabis]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Guitare]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1184</guid>

					<description><![CDATA[<p>Désaccord, un sketch humoristique extrait du recueil 'Les Rebelles' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Max est là avec une guitare basse qu’il est en train d’accorder. Fred arrive avec une guitare.<br></em><strong>Max</strong> – Tu as jeté un coup d’œil dans la salle ?<br><strong>Fred</strong> – Ouais…<br><strong>Max</strong> – C’est plein à craquer, tu te rends compte ! Il y en a même qui essaient d’entrer par la sortie de secours, il paraît.<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais ?<br><strong>Max</strong> – Tu ne vas pas le croire, il y a une nana qui m’a demandé un autographe…<br><strong>Fred</strong> – Tu lui as laissé ton numéro ?<br><strong>Max</strong> – Même pas…<br><strong>Fred</strong> – Elle n’était pas terrible…?<br><strong>Max</strong> – Elle avait quatorze ans…<br><strong>Fred</strong> – D’accord…<br><strong>Max</strong> – Non mais tu entends ça ?<br><strong>Fred</strong> (<em>la tête ailleurs</em>) – Quoi ?<br><strong>Max</strong> – Ils s’impatientent. Ils sont déjà en train d’applaudir. Notre public nous réclame !<br><strong>Fred</strong> – Ah ouais…<br>Max – Fred ? Je sens qu’il se passe quelque chose, là. Tu verras, mon vieux. Dans quelques années, quand on sortira notre troisième album, et qu’on fera notre premier Olympia, on se souviendra de ce concert, et on se dira que c’est là où tout a commencé.<br><em>Fred a l’air de chercher quelque chose.</em><br><strong>Fred</strong> (<em>préoccupé</em>) – Ouais…<br><strong>Max</strong> – Ça va ? Tu n’es pas trop défoncé, au moins ?<br><strong>Fred</strong> – Non, non… Enfin si, mais…<br><strong>Max</strong> – Qu’est-ce qui se passe ?<br><strong>Fred</strong> – J’ai cassé une corde.<br><strong>Max</strong> – Tu as largement le temps de la changer. Et puis si on se fait attendre un peu… Ça fera monter la pression.<br><strong>Fred</strong> – Le problème c’est que… je n’ai pas la corde de rechange.<br><strong>Max</strong> – Tu n’as pas de cordes de rechange ?<br><strong>Fred</strong> – J’en ai, mais… pas celle-là.<br><strong>Max</strong> – Comment ça pas celle-là ?<br><strong>Fred</strong> – La corde de si. Je n’ai pas la corde de si.<br><strong>Max</strong> – C’est une blague ?<br><strong>Fred</strong> – Non…<br><strong>Max</strong> – Putain Fred…<br><strong>Fred</strong> – Tu n’en aurais pas une, toi ?<br><strong>Max</strong> – Si. J’ai deux jeux de cordes de rechange pour ma basse. Pourtant les cordes de basse, ça ne casse pas souvent, tu vois.<br><strong>Fred</strong> – Désolé…<br><strong>Max</strong> – Il n’y a pas un magasin de musique, dans le coin ?<br><strong>Fred</strong> – On est dimanche.<br><strong>Max</strong> – Putain… Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Fred</strong> – Ben… je ne jouerai pas avec cette corde-là, voilà.<br><strong>Max</strong> – Super…<br><strong>Fred</strong> – Il m’en reste quand même cinq.<br><strong>Max</strong> – Si tu n’en casses pas une autre d’ici là…<br><strong>Fred</strong> – Qu’est-ce que tu veux ? C’est mon côté destroy. Jimi Hendrix cassait bien sa guitare sur scène…<br><strong>Max</strong> – Ouais, mais lui il attendait la fin du concert. Et je suis sûr que lui, il avait toujours un jeu de cordes de rechange. Pourquoi tu n’as pas de cordes de rechange ?<br><strong>Fred</strong> – Je n’avais pas de thune.<br><strong>Max</strong> – C’est ça… Mais pour acheter de la beuh, là tu as toujours des thunes.<br><em>Fred avance vers lui, menaçant.</em><br><strong>Fred</strong> – Eh, oh, tu te prends pour ma mère, ou quoi ?<br><strong>Max</strong> – C’est toi qui me prends pour ta mère, Fred. Alors c’est moi qui devrais avoir des cordes de rechange pour ta gratte de merde, c’est ça ? J’en ai ras le bol de jouer avec une bande de loosers.<br><strong>Fred</strong> – Personne ne te retient, Max. Tu fais chier tout le monde. Nous on est là pour s’éclater, pas pour entendre tes leçons de morale…<br><em>Fred s’en va. Vincent arrive.</em><br><strong>Vincent</strong> – Tu as vu le monde qu’il y a dans la salle ?<br><strong>Max</strong> – Ouais.<br><strong>Vincent</strong> – Depuis qu’on a une chanteuse, on a beaucoup plus de succès, tu as remarqué ?<br><strong>Max</strong> – Elle chante faux.<br><strong>Vincent</strong> – Apparemment, les mecs ne viennent pas seulement pour l’écouter… Il faut dire que… Il y a un problème ?<br><strong>Max</strong> – Fred a pété une corde.<br><strong>Vincent</strong> – Et alors…?<br><strong>Max</strong> – Il n’a pas de corde de rechange.<br><strong>Vincent</strong> – Ah merde… (<em>Il sort un joint, l’allume, tire une bouffée et le tend à Max.</em>) Tu en veux ? C’est du Libanais…<br><strong>Max</strong> – Non merci, je préfère rester lucide…<br><strong>Vincent</strong> (<em>hilare</em>) – Lucide ?<br><strong>Max</strong> – Alors toi aussi, tu es défoncé.<br><strong>Vincent</strong> – Complètement. Bon, on y va ? Je crois que notre public nous réclame…<br><strong>Max</strong> – Putain, Vincent, tu ne comprends pas ! Fred joue déjà comme un manche avec six cordes, alors avec cinq. Le public va nous massacrer…<br><strong>Vincent</strong> – Le public ? Ne t’inquiète pas. C’est nos potes ! Et ils sont encore plus défoncés que nous…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf">Les Rebelles</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/les-rebelles_comediatheque_relu2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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		<title>Bagage suspect</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bagage-suspect/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 09:54:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Gare]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
		<category><![CDATA[Attente]]></category>
		<category><![CDATA[Chien]]></category>
		<category><![CDATA[Paranoïa]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bagage suspect, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Sur la scène, une valise. Un personnage arrive. Il jette un regard sur la valise, puis se met à attendre. Un autre personnage arrive. Il salue l’autre.<br></em><strong>Deux</strong> – Bonjour…<br><strong>Un</strong> – Bonjour.<br><em>Le deuxième se met à attendre aussi.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous attendez depuis longtemps ?<br><strong>Un</strong> – Une dizaine de minutes.<br><strong>Deux</strong> – Ils ne sont pas encore en grève, au moins ?<br><strong>Un</strong> – Je ne crois pas.<br><strong>Deux</strong> – Ou alors c’est un incident voyageur, comme ils disent…<br><strong>Un</strong> – Peut-être.<br><strong>Deux</strong> – Un incident… En fait, ça veut dire un accident. Enfin un suicide… Quelqu’un qui s’est jeté sous le…<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – C’est pour éviter de traumatiser les gens… Au lieu de dire que le type s’est fait couper en deux, on appelle ça un incident voyageur. Aujourd’hui, on n’ose même plus appeler les choses par leur nom… Un aveugle, on doit dire un non-voyant, un clochard un sans domicile fixe, un poivrot un dépendant à l’alcool… Autrefois…<br><strong>Un</strong> – Je ne vais pas très loin, je vais y aller à pied. <br><em>Il commence à s’éloigner.<br></em><strong>Deux</strong> – Monsieur !<br><strong>Un</strong> – Oui ?<br><strong>Deux</strong> – Vous oubliez votre valise.<br><strong>Un</strong> – Ma valise ? Ah, oui. Non, mais elle n’est pas à moi, cette valise.<br><strong>Deux</strong> – Elle n’est pas à vous ?<br><strong>Un</strong> – Non. Je pensais qu’elle était à vous.<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout. D’ailleurs, elle était déjà là quand je suis arrivé.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Je pensais que vous vous étiez éloigné un instant. Pour aller… Donc, elle n’est pas à vous.<br><strong>Deux</strong> – Non… Et vous êtes sûr qu’elle n’est pas à vous ? <br><strong>Un</strong> – Mais enfin, j’en suis certain ! Pourquoi vous aurais-je dit que cette valise n’était pas à moi si elle l’était ?<br><strong>Deux</strong> – Ça… Il y a toujours des gens qui abandonnent leur valise n’importe où. On ne sait pas pourquoi. Vous n’avez jamais pris le TGV à la Gare de Lyon ?<br><strong>Un</strong> – Non…<br><strong>Deux</strong> – Une fois sur deux, le départ est retardé parce que quelqu’un a abandonné sa valise dans un wagon, et qu’il faut attendre les démineurs.<br><strong>Un</strong> – Abandonné ou oublié ?<br><strong>Deux</strong> – Allez savoir…<br><strong>Un</strong> – On n’abandonne pas sa valise comme on abandonne son chien, tout de même. <br><strong>Deux</strong> – Le temps que la brigade cinéphile arrive…<br><strong>Un</strong> – La brigade cinéphile ?<br><strong>Deux</strong> – Les spécialistes du déminage ! Avec leurs chiens renifleurs.<br><strong>Un</strong> – Je vois… Vous voulez dire cynophile, j’imagine… Parce que je n’ai jamais vu de chiens dans un cinéma.<br><strong>Deux</strong> – Sauf des chiens d’aveugles, peut-être.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’un aveugle ferait dans un cinéma ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai… Encore que, maintenant, avec l’audio-description.<br><strong>Un</strong> – Je n’ai jamais vu non plus de cinéphiles renifler des explosifs. Enfin, je crois qu’on s’égare un peu, là…<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Un</strong> – Que voulez-vous qu’on fasse ?<br><strong>Deux</strong> – On ne peut pas partir comme ça, en abandonnant cette valise.<br><strong>Un</strong> – Mais puisque ce n’est pas notre valise ! On ne peut pas vraiment dire qu’on l’abandonne…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant qu’on sait que c’est une valise abandonnée… On a une responsabilité.<br><strong>Un</strong> – Une responsabilité ?<br><strong>Deux</strong> – On parle quand même d’un bagage abandonné !<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas que ça à faire, moi… Et puis c’est vous qui avez remarqué qu’elle était abandonnée, cette valise…<br><strong>Deux</strong> – Mais c’est vous qui l’avez vue le premier ! Et vous vous apprêtiez à partir, en l’abandonnant ici !<br><strong>Un</strong> – Mais puisque je vous dis qu’elle n’est pas à moi, cette valise ! On ne peut pas abandonner une valise abandonnée ! On la laisse où elle est, et puis c’est tout.<br><strong>Deux</strong> – Alors vous, si vous trouvez un enfant abandonné, vous le laissez où il est ! Au prétexte que cet enfant n’est pas à vous !<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… Une valise, ce n’est pas un enfant !<br><strong>Deux</strong> – Peut-être, mais c’est beaucoup plus dangereux.<br><strong>Un</strong> – Dangereux ?<br><strong>Deux</strong> – Si la valise est bourrée d’explosifs, et qu’elle a été volontairement abandonnée là par son propriétaire.<br><strong>Un</strong> – En même temps, d’un point de vue strictement statistique, il est très rare que les valises abandonnées dans les trains contiennent vraiment des explosifs.<br><strong>Deux</strong> – Oui… mais ça peut arriver.<br><strong>Un</strong> – Alors vous croyez qu’il faut prévenir la police ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que c’est notre devoir.<br><em>Un troisième personnage arrive. Il aperçoit la valise.</em><br><strong>Trois</strong> – Ah ! Ma valise ! Je me disais bien que j’avais dû l’oublier là avant de monter dans le…<br><em>Il prend la valise et commence à s’en aller.</em><br><strong>Un</strong> – En tout cas, nous, nous avons fait notre devoir. <br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Je vais y aller à pied.<br><strong>Deux</strong> – Oui, moi aussi.<br><em>Ils partent chacun de leur côté.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="344" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Des Valises sous les yeux de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-488" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez-300x258.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Bien doré</title>
		<link>https://sketchotheque.net/bien-dore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 12:02:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Appartement]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[De toutes les couleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Parentalité]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Galette des rois]]></category>
		<category><![CDATA[Tournage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=956</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bien doré, un sketch humoristique extrait du recueil 'De toutes les couleurs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Charles, assis dans un fauteuil, lit L’Humanité, une pipe éteinte à la bouche. Il porte un pull marin et une casquette. Rosalie, ébouriffée et les vêtements en désordre, arrive depuis l’extérieur, un sac à la main.<br></em><strong>Rosalie</strong> – C’était moins une… J’ai eu la dernière.<br><strong>Charles</strong> – La dernière ?<br><strong>Rosalie</strong> – La galette des rois, à la boulangerie ! Il n’en restait plus qu’une…<br><strong>Charles</strong> – Ah oui… La galette… Mais dis-donc, elle a l’air énorme.<br><strong>Rosalie</strong> – Je n’avais pas le choix. C’est une galette pour douze.<br><strong>Charles</strong> – Pour douze ? On n’est que trois… Et encore, si Fred ne nous fait pas faux bond, comme l’année dernière…<br><strong>Rosalie</strong> – C’était la dernière, je te dis ! J’ai dû me battre pour l’avoir !<br><strong>Charles</strong> – Oui, bon, ne t’énerve pas…<br><strong>Rosalie</strong> – Je ne m’énerve pas, je t’explique.<br><strong>Charles</strong> – On pourra toujours en congeler la moitié pour l’année prochaine…<br><strong>Rosalie</strong> – Quoi ?<br><strong>Charles</strong> – Si personne n’a la fève cette année… Comme pour le loto. S’il n’y a pas de gagnant, on remet la somme en jeu pour le prochain tirage.<br><strong>Rosalie</strong> – Non mais ça ne va pas, non ?<br><strong>Charles</strong> – Bon, alors on se tapera six parts de galette chacun.<br><strong>Rosalie</strong> – Il a téléphoné pour dire qu’il ne venait pas ?<br><strong>Charles</strong> – Non.<br><strong>Rosalie</strong> – Eh ben tu vois.<br><strong>Charles</strong> – Il faudrait que je finisse de corriger mes copies avant qu’il arrive, alors…<br><strong>Rosalie</strong> – Tu vas travailler ? On est samedi…<br><strong>Charles</strong> – Tu me forces déjà à célébrer l’Épiphanie, tu ne vas pas en plus m’obliger à respecter le shabbat ! Je suis un hussard de la République, moi ! Un croisé de la laïcité…<br><strong>Rosalie</strong> – N’importe quoi…<br><strong>Charles</strong> – Tu avoueras que pour une instit’ communiste, ce n’est pas très orthodoxe, cette histoire de galette.<br><strong>Rosalie</strong> – Ah oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Charles</strong> – L’Épiphanie, les Rois Mages… C’est une tradition catholique !<br><strong>Rosalie</strong> – Mais pas du tout ! C’est juste une tradition païenne que les catholiques ont essayé de récupérer. Comme beaucoup d’autres, d’ailleurs.<br><strong>Charles</strong> – Une tradition païenne…?<br><strong>Rosalie</strong> – Évidemment ! Avant d’être une célébration de la Nativité, c’était une célébration de la fécondité, tout simplement.<br><strong>Charles</strong> – Je vois… D’où l’expression « mettre le petit Jésus dans la crèche », j’imagine…<br><strong>Rosalie</strong> – Là tu confonds Noël et l’Épiphanie.<br><strong>Charles</strong> – On fourre aussi les galettes.<br><strong>Rosalie</strong> – Celle-là est à la pâte d’amande…<br><strong>Charles</strong> – Il n’empêche que si on appelle ça le Jour des Rois… On ne m’enlèvera pas de l’idée que ce n’est pas très républicain.<br><strong>Rosalie</strong> – Bon… En attendant, il va ranger son journal, le Capitaine Haddock.<br><strong>Charles</strong> – J’essayais plutôt de ressembler à Staline, mais bon…<br><strong>Rosalie</strong> – Ça fait cinq ans que tu as arrêté de fumer, tu pourrais peut-être arrêter la pipe, maintenant. Même éteinte…<br><strong>Charles</strong> – C’est mon vapoteur à moi. Au moins, je n’émets aucun gaz à effet de serre.<br><strong>Rosalie</strong> – Ça c’est toi qui le dis.<br><em>Il plie son journal et se lève.</em><br><strong>Charles</strong> – Je te dis qu’il ne va pas venir.<br><strong>Rosalie</strong> – Pourquoi il ne viendrait pas ?<br><strong>Charles</strong> – Tirer les rois avec ses vieux parents, un samedi. Tu ne crois pas qu’il a mieux à tirer, à son âge ?<br><strong>Rosalie</strong> – Tu exagères. C’est notre petit garçon, tout de même.<br><strong>Charles</strong> – Notre petit garçon… Il a grandi, tu sais…<br><strong>Rosalie</strong> – Pour moi, ce sera toujours un bébé…<br><strong>Charles</strong> – Je crois quand même qu’il serait temps de retirer les peluches qu’il y a sur son lit.<br><strong>Rosalie</strong> – Tu crois ? (<em>Un temps</em>) Parfois, je me demande si on aurait dû l’avoir aussi tard…<br><strong>Charles</strong> – Tu trouves qu’il n’a pas l’air normal ?<br><strong>Rosalie</strong> – Il est comédien… Et toujours pas marié… Je ne sais pas… Tu crois qu’il pourrait être un peu…<br><strong>Charles</strong> – Un peu quoi ?<br><em>On sonne à la porte.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Ah… Tu vois bien qu’il est venu !<br><em>Fred arrive. Il porte un costume ridicule et un masque (genre super-héros de série Z). Il embrasse sa mère.</em><br><strong>Rosalie</strong> – On commençait à s’inquiéter.<br><em>Il embrasse son père.</em><br><strong>Fred</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Charles</strong> – Ta mère a acheté une galette pour douze.<br><strong>Rosalie</strong> – Je vais la mettre au four, ce sera meilleur.<br><strong>Fred</strong> – Ça ne sera pas trop long ? Je n’ai pas beaucoup de temps…<br><strong>Rosalie</strong> – Tu es toujours pressé… Mais non, ça ne prendra qu’une minute.<br><strong>Fred</strong> – Avec un micro-onde, peut-être, mais avec ton vieux four à gaz…<br><em>Rosalie sort avec la galette.</em><br><strong>Charles</strong> – Alors comme ça, tu travailles dans le coin ?<br><strong>Fred</strong> – J’ai un tournage à trois blocs d’ici. Je suis venu entre deux prises.<br><strong>Charles</strong> – Et qu’est-ce que c’est ? Un film d’auteur ?<br><strong>Fred</strong> – Un épisode de <em>Plus Bête la Vie</em>.<br><strong>Charles</strong> – <em>Plus Bête la Vie </em>? Tiens, je ne connaissais pas.<br><strong>Fred</strong> – Une série. C’est le pilote.<br><strong>Charles</strong> – Et tu joues un rôle important ?<br><strong>Fred</strong> – Je fais la doublure du comédien principal. Pour les cascades…<br>Charles – Ce n’est pas un film de boules, au moins ?<br><strong>Fred</strong> – Papa… Je suis cascadeur !<br><strong>Charles</strong> – Il y a aussi des cascades au lit…<br><em>Rosalie revient.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Ce sera prêt dans cinq minutes. De quoi vous parlez ?<br><strong>Charles</strong> – De cinéma…<br><em>Le portable de Fred sonne et il répond.</em><br><strong>Fred</strong> – Oui ? Bon… Non, non… OK, j’arrive tout de suite… (<em>Il range son portable</em>.) Désolé, je dois partir…<br><strong>Rosalie</strong> – Mais pourquoi ?<br><strong>Fred</strong> – Le comédien dont je fais la doublure… Il est agoraphobe… Du coup ils ont besoin de moi pour la scène dans le métro…<br><strong>Rosalie</strong> – Mais… la galette est chaude !<br><strong>Fred</strong> – Désolé… Ce sera pour l’année prochaine… The show must go on…<br><em>Il sort précipitamment.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Comédien…<br><strong>Charles</strong> – Il n’est pas comédien, il est cascadeur.<br><strong>Rosalie</strong> – Cascadeur… C’est encore pire que comédien, non ?<br><strong>Charles</strong> – Belmondo, il faisait ses cascades lui-même.<br><strong>Rosalie</strong> – Et quand il prenait le métro, c’était debout sur le toit.<br><strong>Charles</strong> – Bon… On n’a plus qu’à se taper la galette.<br><strong>Rosalie</strong> – Une galette pour douze…<br><strong>Charles</strong> – Et nous, on n’a pas de doublures.<br><strong>Rosalie</strong> – On va commencer avec une part chacun. Et le premier qui a la fève, on arrête, d’accord ?<br><strong>Charles</strong> – Si on n’est pas mort avant d’une indigestion.<br><strong>Rosalie</strong> – Avec un peu de chance, on va tomber sur la fève tout de suite… Laissons faire le hasard.<br><strong>Charles</strong> – J’ai l’impression qu’on va jouer à la roulette russe…<br><strong>Rosalie</strong> – Je vais chercher les munitions.<br><em>Elle sort.</em><br><strong>Charles</strong> – Elle a raison à propos de Fred… Je me demande s’il ne serait pas un peu… con.<br><em>Elle arrive avec la galette.</em><br><strong>Rosalie</strong> – Un peu quoi ?<br><strong>Charles</strong> – Non, je disais… Oui, elle a l’air bien fourrée.<br><strong>Rosalie</strong> – On ouvre une bouteille de cidre, pour faire passer tout ça ?<br><strong>Charles</strong> – Allez, soyons fous !<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De toutes les couleurs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Dernière cigarette</title>
		<link>https://sketchotheque.net/derniere-cigarette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Dépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Séduction]]></category>
		<category><![CDATA[Souvenir]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dernière cigarette, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Antoine revient. Clara arrive peu après.<br></em><strong>Clara</strong> – Vous êtes encore là ?<br><strong>Antoine</strong> – Personne ne m’attend à la maison. Vous non plus, apparemment.<br><strong>Clara</strong> – Non.<br><strong>Antoine</strong> – Mais c’est la dernière fois que je fais des heures sup. Quelques dossiers à boucler avant de partir.<br><strong>Clara</strong> – Partir ?<br><strong>Antoine</strong> – J’ai donné ma démission aujourd’hui.<br><strong>Clara</strong> – Pas à cause de moi, j’espère.<br><strong>Antoine</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Clara</strong> – Pour éviter qu’on travaille dans la même boîte au cas improbable où nous viendrions à avoir des relations sexuelles ensemble ? Dans ce cas, c’est dommage. Ce n’était vraiment pas la peine.<br><strong>Antoine</strong> – Vous êtes tellement sûre qu’on ne couchera jamais ensemble ?<br><strong>Clara</strong> – Surtout parce que je travaille en intérim. Ma mission ici s’achève ce soir de toute façon…<br><strong>Antoine</strong> – Alors comme ça on est chômeurs tous les deux.<br><strong>Clara</strong> (<em>ironique</em>) – Plus rien ne s’oppose à notre amour…<br><em>Il l’embrasse et elle se laisse faire.</em><br><strong>Antoine</strong> – J’ai actualisé un peu mes méthodes de drague. Et j’ai arrêté les blagues.<br><strong>Clara</strong> – Je vois ça… Ça ne rigole plus.<br><strong>Antoine</strong> – Disons que c’est un peu plus direct.<br><strong>Clara</strong> – Ça ne me déplaît pas.<br><strong>Antoine</strong> – Il commence à faire nuit. On va bientôt voir les étoiles.<br><em>Clara aperçoit quelque chose contre une des parois de la terrasse, qui peut rester invisible.</em><br><strong>Clara</strong> – C’est quoi ces plaques avec ces inscriptions ?<br><strong>Antoine</strong> – Ah vous n’êtes pas au courant ? C’est vrai que vous êtes en intérim. Ce sont des épitaphes.<br><strong>Clara</strong> – Des épitaphes ?<br><strong>Antoine</strong> – Il y a des sociétés qui mettent des crèches à la disposition de leurs salariés. Eh bien les propriétaires de cette tour fournissent aux employés un jardin du souvenir, pour les cendres des défunts.<br><strong>Clara</strong> – Un jardin du souvenir…<br><strong>Antoine</strong> – Enfin, une terrasse du souvenir, si vous préférez. Les proches du disparu peuvent disperser ses cendres du haut de la tour. Ou à défaut, c’est le patron qui s’en charge.<br><strong>Clara</strong> – Et cette terrasse du souvenir fait aussi office d’espace fumeurs…<br><strong>Antoine</strong> – Au prix où est l’immobilier en ville… Et puis comme ça, nos chers défunts fumeurs ont un peu l’impression d’être en pause.<br><strong>Clara</strong> – Une pause définitive.<br><strong>Antoine</strong> – Le tabac a largement contribué au règlement définitif du problème des retraites…<br><strong>Clara</strong> – Et le cimetière est devenu une dépendance du bureau. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit sur ces épitaphes ?<br><em>Antoine s’approche pour en lire quelques-unes.</em><br><strong>Antoine</strong> – Voyons voir… (<em>Lisant</em>) « En ce moment, je suis surbooké, mais on se rappelle très vite »… « Je ne suis pas là, mais vous pouvez me laisser un message »… « Le changement, c’est maintenant »… « Demain j’arrête de fumer »…<br><strong>Clara</strong> – Édifiant…<br><strong>Antoine</strong> – Écoutez ça, on dirait un aphorisme : « Contrairement aux particules, les testicules ne peuvent pas se trouver à deux endroits différents en même temps »…<br><em>Ils échangent un regard.</em><br><strong>Clara</strong> – C’est vrai que c’est très romantique, cet endroit, mais on ne va peut-être pas s’éterniser.<br><strong>Antoine</strong> – Je peux fumer une dernière cigarette ?<br><strong>Clara</strong> (<em>ferme</em>) – Si vous voulez me suivre, c’est maintenant.<br><strong>Antoine</strong> – OK. (<em>Ils se dirigent vers la sortie</em>) Vous habitez où ?<br><strong>Clara</strong> – Juste à côté. Vous voulez boire un verre à la maison ?<br><strong>Antoine</strong> – D’accord. Mais je vous préviens, je ne couche jamais le premier soir.<br><strong>Clara</strong> – Ça y est, vous recommencez avec vos blagues.<br><em>Ils partent ensemble. Un personnage (homme ou une femme) arrive. Il vapote un instant avant de s’adresser au public.</em><br><strong>Personnage</strong> – C’est ma dernière cigarette. C’est fini. Je décroche. Je ne sais pas pourquoi je vous dis ça. En tout cas demain, ce sera sans moi. J’ai longtemps hésité, et puis j’ai fini par me décider. Ce n’est jamais le bon moment, non ? Ce n’est pas tous les jours facile de trouver une bonne raison de continuer. Mais croyez-moi, c’est encore plus difficile de s’arrêter là, sans raison. Je ne sais pas comment ils font, tous ces gens qui laissent un petit mot derrière eux. Une lettre de démission. Qu’est-ce qu’ils espèrent encore ? Un peu de compréhension ? Je pars en silence. Sans lettre T pour la réponse. Qu’est-ce que je pourrais leur dire ? Qu’est-ce qu’ils pourraient comprendre ? Même moi je ne me comprends pas. La vie ne me comprend plus. Et s’ils me répondaient ? Qu’est-ce qu’on peut bien répondre aux abonnés absents ? Je pars sans un mot. Sans préavis. Je libère la place. Parce que je serai remplacé, bien sûr. Vous aussi. Faut pas rêver. Dans la foule, personne n’est irremplaçable. Quand tu n’es plus là, ce sera un autre. Ici ou ailleurs. Un peu plus tard ou juste après. C’est ta vie qui veut ça. La vie des autres… (<em>Il écrase sa cigarette ou range son vapoteur</em>) Non, si je pouvais leur dire quelque chose avant de partir, je leur dirais seulement : ne vous inquiétez pas, je vais me fondre dans la foule. Je ne suis plus là. Je serai la multitude (<em>Un temps</em>) Ce n’est pas la mort. C’est juste une nouvelle vie qui commence…<br><em>Le personnage s’en va.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p>Suite possible de <a href="https://sketchotheque.net/drague-demodee/">Drague Démodée</a></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Ministère du Plan</title>
		<link>https://sketchotheque.net/ministere-du-plan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:41:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Banque]]></category>
		<category><![CDATA[Banquier]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Dépendance]]></category>
		<category><![CDATA[Drogue]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ministère du Plan, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme et une femme arrivent.</em><br><strong>Gina</strong> – Tu ne fumes plus ?<br><strong>Alain</strong> – Non, j’ai arrêté.<br><strong>Gina</strong> – C’est bien.<br><em>L’autre se prépare une ligne de coke et la sniffe.</em><br><strong>Alain</strong> – En revanche, je me suis remis à la coke.<br><em>Alain sort. L’autre reste là. Arrive une autre femme.</em><br><strong>Brigitte</strong> – Salut.<br><strong>Gina</strong> – Salut.<br><strong>Brigitte</strong> – Je n’arrive pas à décrocher.<br><strong>Gina</strong> – Moi non plus.<br><strong>Brigitte</strong> – C’est le boulot. Ça me stresse, alors je fume pour décompresser.<br><strong>Gina</strong> – C’est le boulot, qu’il faudrait arrêter.<br><strong>Brigitte</strong> – C’est sûr. Mais je me demande si n’aurais pas encore plus de mal à arrêter le boulot.<br><strong>Gina</strong> – Le boulot, c’est une drogue dure. Ça devrait être interdit.<br><strong>Brigitte</strong> – Oui. Vous êtes dans quoi, vous ?<br><strong>Gina</strong> – Contentieux… (<em>Devant la mine perplexe de l’autre</em>) Recouvrement de créances, ce genre de trucs.<br><strong>Brigitte</strong> – Cool. Ça vous plaît ?<br><strong>Gina</strong> – Depuis que je suis toute petite, je rêvais de harceler de pauvres gens surendettés et de leur extorquer leurs dernières économies pour payer leurs crédits sur des produits dont ils n’ont pas besoin.<br><strong>Brigitte</strong> – Je vois…<br><strong>Gina</strong> – Et vous ? Vous travaillez aussi pour faire le bonheur de l’humanité.<br><strong>Brigitte</strong> – Conseillère bancaire… Ça devrait être interdit par la loi d’appeler conseillers bancaires des gens qui sont des commerciaux. On n’est pas là pour dispenser des conseils, on est là pour vendre des produits.<br><strong>Gina</strong> – Oui… Mon conseiller Veolia m’appelle tous les soirs pour savoir si je n’ai besoin de rien… C’est bien le seul, d’ailleurs…<br><strong>Brigitte</strong> – Vous avez vu le nombre de boîtes de service à la personne qui fleurissent maintenant à côté des magasins de cigarettes électroniques.<br><strong>Gina</strong> – C’est quoi, les services à la personne ?<br><strong>Brigitte</strong> – Ménage, cuisine, conversation…<br><strong>Gina</strong> – Alors maintenant, pour parler à quelqu’un, il faut payer.<br><strong>Brigitte</strong> – Rassurez-vous, avec moi c’est gratuit. Pour l’instant.<br><strong>Gina</strong> – Vous vous souvenez de l’époque où les banques étaient nationalisées, où Gaz de France était une entreprise d’état et Renault une régie ?<br><strong>Brigitte</strong> – J’étais trop jeune, mais on m’a raconté.<br><strong>Gina</strong> – Il paraît même qu’il y avait un Ministère du Plan.<br><strong>Brigitte</strong> – C’était avant la chute du Mur de l’Atlantique, non ? Du temps où la France était un pays communiste.<br><strong>Gina</strong> – Avec à sa tête un Général.<br><strong>Brigitte</strong> – Même les autoroutes à péages étaient des services publics. Au moins on savait par qui on se faisait entuber.<br><strong>Gina</strong> – On vit une drôle d’époque…<br><strong>Brigitte</strong> – Allez, il faut que je retourne bosser. Merci, ça m’a remonté le moral de discuter un moment avec vous.<br><em>Elles partent.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Import export</title>
		<link>https://sketchotheque.net/import-export/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 09:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Travail]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Mondialisation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=898</guid>

					<description><![CDATA[<p>Import export, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages, hommes ou femmes, arrivent. Ils commencent à fumer.<br></em><strong>Kim</strong> – Vous bossez à quel étage ?<br><strong>Sam</strong> – Cinquième…<br><strong>Kim</strong> – C’est quoi comme boîte au cinquième ?<br><strong>Sam</strong> – La même chose qu’au quatrième.<br><strong>Kim</strong> – Ah ouais. Import export.<br><strong>Sam</strong> – En ce moment, c’est surtout import.<br><strong>Kim</strong> – Eh oui. Qu’est-ce qu’on pourrait bien encore exporter ?<br><strong>Sam</strong> – Ouais.<br><strong>Kim</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Sam</strong> – Nos sénateurs et nos conseillers généraux, peut-être.<br><strong>Kim</strong> – C’est vrai que ça, contrairement au pétrole, on n’en manque pas.<br><strong>Sam</strong> – Les sénateurs, c’est la seule énergie qui soit à la fois fossile et renouvelable par tiers.<br><strong>Kim</strong> – Mais en France, les élus, c’est comme le gaz de schiste. On a de gros gisements, mais on n’a pas le droit d’y toucher. Je ne sais même pas à quoi ça sert, un conseiller général.<br><strong>Sam</strong> – À élire un sénateur, je crois.<br><strong>Kim</strong> – Trop d’élus tue la démocratie… Et qu’est-ce que vous importez comme produits ?<br><strong>Sam</strong> – Un peu de tout. Mais on est spécialisé dans les produits financiers.<br><strong>Kim</strong> – Les produits financiers ?<br><strong>Sam</strong> – On importe des capitaux.<br><strong>Kim</strong> – Pour quoi faire ?<br><strong>Sam</strong> – Pour payer les autres produits qu’on importe.<br><strong>Kim</strong> – Ah d’accord… Mais on les paie avec quoi, ces capitaux qu’on importe ?<br><strong>Sam</strong> – Autrefois on appelait ça des Bons de la Semeuse. Maintenant, il y a des mots plus savants pour désigner ce genre de produits dans le charabia de la finance, mais en gros, on peut appeler ça des reconnaissances de dettes.<br><strong>Kim</strong> – Donc, en fait, on importe tout ce qu’on consomme et la seule chose qu’on exporte, c’est nos dettes.<br><strong>Sam</strong> – Voilà.<br><strong>Kim</strong> – Mais pourquoi est-ce que tous ces pays qui nous entretiennent achètent nos dettes ?<br><strong>Sam</strong> – Pour qu’on ait de quoi les payer. Sinon, ils ne pourraient plus exporter. Ce serait l’effondrement du système.<br><strong>Kim</strong> – Je vois… Mais alors pourquoi tous ces pays pauvres ne consomment ce qu’ils produisent, au lieu de l’exporter vers des pays riches qui n’ont pas d’argent pour les payer.<br><strong>Sam</strong> – Mais parce que ce sont des pays pauvres, justement. Le niveau de vie est très bas, et les inégalités très importantes. Pas de classes moyennes, donc pas de marché intérieur. Et bien sûr, les ouvriers n’ont pas les moyens d’acheter ce qu’ils produisent.<br><strong>Kim</strong> – C’est un peu paradoxal, non ?<br><strong>Sam</strong> – C’est comme ça… Tous les économistes vous le diront.<br><strong>Kim</strong> – Je me demande comment on n’a pas encore eu l’idée d’en guillotiner quelques-uns…<br><strong>Sam</strong> – Ouh la… Vous êtes un altermondialiste, vous, non ?<br><strong>Kim</strong> – C’est mon côté Che Guevara…<br><strong>Sam</strong> – Et vous, vous travaillez à quel étage ?<br><strong>Kim</strong> – Treizième. Je travaille pour une ONG.<br><strong>Sam</strong> – Je pensais que cet immeuble n’avait que douze étages.<br><strong>Kim</strong> – Oui, oui, c’est bien le cas. Mais je travaille dans une ONG fictive.<br><strong>Sam</strong> – Ah d’accord…<br><strong>Kim</strong> – D’ailleurs, il faut que j’y retourne.<br><em>Une vieille arrive qui ressemble beaucoup à la mort.</em><br><strong>Sam</strong> – C’est qui celle-là ?<br><strong>Kim</strong> – La propriétaire. On ne la voit pas souvent rôder par là…<br><strong>Sam</strong> – La propriétaire de cette tour ?<br><strong>Kim</strong> – De la tour, oui. Et de toutes les sociétés qu’elle abrite.<br><strong>Sam</strong> – Même les sociétés fictives…<br><strong>Kim</strong> – Elle est actionnaire majoritaire dans la holding à qui appartient tout ça. Avant on était possédé par les fonds de pension, mais maintenant qu’ils ont supprimé les retraites…<br><strong>Sam</strong> – Alors c’est pour elle qu’on bosse tous ?<br><strong>Kim</strong> – Ouais.<br><strong>Sam</strong> – J’espère qu’elle le vaut bien…<br><em>Il s’en va. L’autre le suit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>Avec ou sans filtre</title>
		<link>https://sketchotheque.net/avec-ou-sans-filtre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 08:46:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Bureaux et Dépendances]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Cigarette]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=892</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avec ou sans filtre, un sketch humoristique extrait du recueil 'Bureaux et dépendances' de Jean-Pierre Martinez.</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/avec-ou-sans-filtre/">Avec ou sans filtre</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Une terrasse . Un personnage arrive.<br></em><strong>Alain</strong> – Avec ou sans filtre…<br><em>Deux femmes arrivent, l’une blonde et l’autre brune.</em><br><strong>Alain</strong> – Blonde… ou brune.<br><em>Les deux femmes poursuivent leur conversation sans lui prêter attention.</em><br><strong>Agnès</strong> – Alors je lui ai dit, non mais tu te fous de moi ?<br><strong>Nicole</strong> – Et qu’est-ce qu’il t’a répondu ?<br><strong>Agnès</strong> – Qu’est-ce que tu voulais qu’il me réponde ?<br><strong>Nicole</strong> – Il n’a rien répondu ?<br><strong>Agnès</strong> – Et toi, qu’est-ce qu’il t’a dit ?<br><strong>Nicole</strong> – Pareil.<br><strong>Agnès</strong> – C’est pas vrai !<br><strong>Nicole</strong> – Je t’assure.<br><strong>Agnès</strong> – Non mais c’est incroyable. Il t’a dit ça ?<br><strong>Nicole</strong> – J’étais sur le cul.<br><strong>Agnès</strong> – Ah ouais, il y a de quoi. Non mais pour qui il se prend ?<br><strong>Nicole</strong> – Il faut le remettre à sa place de temps en temps, c’est clair, parce que sinon…<br><strong>Agnès</strong> – Ah non, je te jure, il y a des fois.<br><em>Le type prend une pose théâtrale pour déclamer dans un style shakespearien.</em><br><strong>Alain</strong> – Fumer… ou ne pas fumer.<br><em>Les deux femmes l’aperçoivent enfin, et échangent un regard méfiant.</em><br><strong>Alain</strong> – That is the question… Mesdames… Bonne journée…<br><em>Le type s’en va. Elles esquissent un vague sourire mais ne répondent pas. Il sort.</em><br><strong>Nicole</strong> – C’est qui celui-là ? Tu le connais ?<br><strong>Agnès</strong> – Je l’ai aperçu une fois ou deux.<br><strong>Nicole</strong> – Il se la pète, non ?<br><strong>Agnès</strong> – Tu m’étonnes.<br><strong>Nicole</strong> – Il se prend pour Alain Delon, ou quoi ?<br><strong>Agnès</strong> – C’est clair que ce n’est pas Alain Delon, hein ?<br><strong>Nicole</strong> – Tu sais où il bosse ?<br><strong>Agnès</strong> – Au cinquième, je crois.<br><strong>Nicole</strong> – Au cinquième ? Qu’est-ce qu’ils font au cinquième ?<br><strong>Agnès</strong> – Je ne sais pas… La même chose qu’au sixième, il me semble.<br><strong>Nicole</strong> – Ah ouais, d’accord. Donc, il se la pète…<br><em>Elles fument un moment.</em><br><strong>Agnès</strong> – Remarque, c’est vrai qu’il est pas mal…<br><strong>Nicole</strong> – Tu m’étonnes.<br><strong>Agnès</strong> – Ce n’est pas Alain Delon, mais bon…<br><strong>Nicole</strong> – Faut être lucide, il y a peu de chance qu’on rencontre Alain Delon ici un jour.<br><strong>Agnès</strong> – C’est clair…<br><em>Elles commencent à partir.</em><br><strong>Nicole</strong> – Et tu dis qu’il bosse au cinquième ?<br><strong>Agnès</strong> – Il me semble, oui.<br>Nicole – Il n’est pas mort, Alain Delon ?<br><em>Elles sortent.</em><br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-qui-passe/">Bureaux et dépendances</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/bureaux-et-dependances/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="243" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Bureaux et Dépendances" class="wp-image-483" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-bureaux-et-dependances-jean-pierre-martinez-300x182.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<item>
		<title>Trinité</title>
		<link>https://sketchotheque.net/trinite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 07:09:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[Robot]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Fin du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Fraternité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=809</guid>

					<description><![CDATA[<p>Trinité, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Trois hommes ou femmes, habillés de façon similaire, à l’exception des inscriptions sur leurs tee-shirts : Liberté, Égalité, Fraternité. Ils restent un moment immobiles.</em><br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Nouveau silence.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous savez quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Il paraît qu’avant d’être des robots, on était des animaux nous aussi.<br><strong>Un</strong> – Des animaux ?<br><strong>Deux</strong> – Ben vous savez… Comme des robots, mais que personne n’a fabriqué.<br><strong>Trois</strong> – Tu veux dire des robots… sauvages ? Comme il y en avait autrefois sur certaines planètes ?<br><strong>Deux</strong> – J’ai entendu ça dans une émission à la télé.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai, remarque, si on y pense… Qui a fabriqué le premier robot ?<br><strong>Trois</strong> – Le premier robot ?<br><strong>Deux</strong> – Celui qui a fabriqué le deuxième.<br><strong>Trois</strong> – Pas un animal, en tout cas. Comment veux-tu qu’un animal fabrique un robot ?<br><strong>Un</strong> – L’émission parlait d’un chaînon manquant entre l’animal et le robot. Une sorte de grand singe, mais plus intelligent.<br><strong>Trois</strong> – Un singe qui fabrique des robots… N’importe quoi !<br><strong>Un</strong> – Oui, tu as raison.<br><strong>Deux</strong> – Et puis nous, personne ne nous a fabriqués, non ?<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Trois</strong> – C’est nous qui avons créé tout ça !<br><strong>Deux</strong> – Nous on a toujours été là.<br><strong>Un</strong> – Vous croyez ?<br><strong>Deux</strong> – Mais bien sûr ! Les animaux aussi, c’est nous qui les avons fabriqués. Comme tout le reste !<br><strong>Trois</strong> – Et puis nous, notre problème, ce n’est pas de savoir d’où on vient. C’est de savoir où on va.<br><strong>Deux</strong> – Et où on va, au fait ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien.<br><strong>Un</strong> – Peut-être qu’on y est déjà arrivé.<br><strong>Deux</strong> – Arrivé où ?<br><strong>Un</strong> – Au bout de l’évolution.<br><strong>Deux</strong> – Je ne pensais pas que ce serait aussi long, la fin du monde… C’est long, non ?<br><strong>Un</strong> – C’est très très long.<br><strong>Trois</strong> – Beaucoup plus long que le début, en tout cas.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas pourquoi, dans les vieux films à la télé, la fin du monde ça arrive toujours d’un seul coup.<br><strong>Deux</strong> – Alors qu’en réalité, ça dure une éternité.<br><em>Silence.</em><br><strong>Un</strong> – Ça vient d’où, ces tee-shirts à la con ?<br><strong>Trois</strong> – Ça je n’en sais foutre rien non plus.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Quelle heure est-il ?<br><strong>Deux</strong> – Trois heures, comme d’habitude.<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi tu demandes ça ? Il est toujours trois heures, de toutes façons.<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas… L’habitude, justement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Et la fin du monde, c’était prévu pour quelle heure à peu près ?<br><strong>Trois</strong> – Trois heures.<br><strong>Un</strong> – Ah oui…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’est peut-être plus la peine d’attendre, alors.<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><em>Ils se lèvent.</em><br><strong>Deux</strong> – On est peut-être devenus des dieux, en fait.<br><strong>Trois</strong> – Allez savoir…<br><em>Ils se retournent pour partir, et on peut lire sur le dos de leurs tee-shirts : Père, Fils, Saint-Esprit.</em><br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Du balai</title>
		<link>https://sketchotheque.net/du-balai/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:53:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Balayeur]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Voyante]]></category>
		<category><![CDATA[Balai]]></category>
		<category><![CDATA[Bijou]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
		<category><![CDATA[Oreille]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=728</guid>

					<description><![CDATA[<p>Du balai, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux balayeurs. Ils balaient. L’un ramasse quelque chose par terre.<br></em><strong>Un </strong>– C’est dingue tout ce qu’on peut trouver dans les caniveaux.<br><strong>Deux</strong> – C’est quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Une oreille, je te dis !<br><strong>Deux</strong> – Une oreille ? Non ? Fais voir… Ah ouais, c’est une oreille, dis donc.<br><em>Il se met à regarder par terre.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu cherches ?<br><strong>Deux</strong> – Je regarde s’il n’y aurait pas la deuxième.<br><strong>Un</strong> – Pourquoi il y aurait la deuxième ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Les oreilles, ça marche par deux, non ?<br><strong>Un</strong> – Les oreilles, ça marche par deux… N’importe quoi…<br><em>Ils restent un instant perplexes, appuyés sur le manche de leurs balais.</em><br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on va en faire, de cette oreille ?<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. On devrait peut-être essayer de retrouver son propriétaire.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu veux qu’il en fasse ?<br><strong>Deux</strong> – Il me semble que moi, si je perdais une oreille et qu’on la retrouve, j’aimerais bien qu’on me la rapporte.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, si tu perdais une oreille ? On ne perd pas ses oreilles comme on perd ses clefs ! Comment veux-tu perdre une oreille sans t’en apercevoir ?<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, ça… Comment est-ce qu’il a bien pu perdre une oreille, ce type ?<br><strong>Un</strong> – Ça peut aussi être une femme.<br><strong>Deux</strong> – Une femme ? Pourquoi une femme ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas une femme ? Les femmes aussi ont des oreilles, non ? Sinon, à quoi elles accrocheraient leurs boucles d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – Mais cette oreille-là ne porte pas de boucle d’oreille.<br><strong>Un</strong> – C’était peut-être une femme qui ne portait pas de boucle d’oreille…<br><strong>Deux</strong> – C’est affreux…<br><strong>Un</strong> – Quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Savoir que quelque part, une femme marche dans la rue avec une seule oreille.<br><strong>Un</strong> – La femme à l’oreille coupée…<br><em>Justement une femme arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Je lis dans les lignes de la main. Voulez-vous me donner la vôtre ?<br><strong>Un</strong> – On cherche plutôt quelqu’un qui lise dans les lobes de l’oreille. Vous savez faire ça ?<br><strong>Trois</strong> – Faut voir…<br><em>Il lui tend l’oreille.</em><br><strong>Un</strong> – Tenez, je vous prête une oreille attentive.<br><strong>Deux</strong> – On voudrait surtout savoir à qui elle appartient, cette oreille.<br><em>La voyante semble se concentrer.</em><br><strong>Trois</strong> – Je vois… un balai.<br><strong>Deux</strong> – Vous croyez que cette oreille pourrait avoir appartenu à une sorcière ?<br><strong>Un</strong> – Un balai… Évidemment, on est balayeurs, alors elle voit des balais ! On serait poissonniers, elle sentirait le poisson. Et on serait marins, elle entendrait la mer…<br><strong>Trois</strong> – Pour l’instant je sens surtout de mauvaises vibrations…<br><strong>Deux</strong> – On a trouvé cette oreille en balayant les feuilles mortes dans le caniveau.<br><strong>Un</strong> – L’automne, c’est la haute saison pour les balayeurs… Les oreilles mortes se ramassent à la pelle…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que vous voyez d’autre ?<br><strong>Trois</strong> – Je vois… (<em>Brandissant l’oreille, comme en transe</em>) Je ne vois rien, mais j’entends.<br><strong>Un</strong> – Une voyante qui entend, maintenant…<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce que vous entendez ?<br><strong>Un</strong> – J’entends une voix… qui vient de très loin.<br><strong>Deux</strong> – Et qu’est-ce qu’elle dit, cette voix ?<br><strong>Trois</strong> – J’entends… des chiffres !<br><strong>Un</strong> – Des chiffres ?<br><strong>Deux</strong> – Ça doit être un message codé.<br><strong>Trois</strong> – Cinq chiffres… Et un sixième…<br><strong>Deux</strong> – Le numéro complémentaire !<br><strong>Trois</strong> – Oui… Oui, c’est bien ça… Ça ressemble à la combinaison du prochain loto !<br><strong>Un</strong> – Le loto ?<br><strong>Deux</strong> – Et c’est quoi, ces chiffres ?<br><em>Elle lui rend brusquement l’oreille, comme si le charme était rompu.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça, pour le savoir, il faut payer d’avance.<br><strong>Un</strong> – C’est ça oui… Et qu’est-ce qui nous prouve que c’est la bonne combinaison ?<br><strong>Trois</strong> – Rien. Vous n’êtes pas obligés d’y croire. C’est vous qui voyez…<br><strong>Un</strong> – C’est nous qui voyons ? Je pensais que c’était vous, la voyante…<br><strong>Deux</strong> – Quand même, tu te rends compte ? Et si c’était le bon numéro ?<br><strong>Un</strong> – Tu parles sérieusement ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on risque ?<br><strong>Un</strong> – Ça, je pense que madame va nous le dire…<br><strong>Trois</strong> – Cinquante euros.<br><strong>Un</strong> – Cinquante euros ?<br><strong>Trois</strong> – C’est à prendre ou à laisser.<br><strong>Un</strong> – Et si c’était vrai, pourquoi est-ce que vous ne la joueriez pas vous-même, la combinaison gagnante ?<br><strong>Trois</strong> – C’est vous qui l’avez trouvée, cette oreille. Pas moi. Ce serait contraire à la déontologie.<br><strong>Deux</strong> – Ça ne fait que 25 euros chacun…<br><strong>Un</strong> – Va pour 40, d’accord ?<br><strong>Trois</strong> – OK.<br><em>Ils lui donnent chacun un billet de vingt. Elle sort un papier de sa poche et le leur tend.</em><br><strong>Trois</strong> – Voilà les numéros gagnants.<br><strong>Deux</strong> – Mais… ils étaient déjà écrits sur ce papier avant que vous n’entendiez cette voix !<br><strong>Trois</strong> (<em>avec emphase</em>) – Le destin est toujours écrit d’avance.<br><em>Elle s’en va.</em><br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas pourquoi, mais moi j’y crois…<br><strong>Un</strong> – Et c’est quoi, ces numéros ?<br><em>L’autre s’apprête à le lui dire, mais se ravise.</em><br><strong>Deux</strong> – Viens plutôt par là… (<em>Jetant un regard vers le public</em>) Les murs ont des oreilles…<br><em>Ils se mettent un peu en retrait.</em><br><strong>Un</strong> – Alors ?<br><strong>Deux</strong> – Le 13.<br><strong>Un</strong> – Classique.<br><strong>Deux</strong> – Le 5 bis.<br><strong>Un</strong> – On va dire le 5.<br><strong>Deux</strong> – Et le 214.<br><strong>Un</strong> – Le 214 ?<br><strong>Deux</strong> – On va dire le 2, le 1 et le 4.<br><strong>Un</strong> – Ouais, mais ça ne fait que 5 numéros.<br><strong>Deux</strong> – Ah ouais, c’est vrai…<br><strong>Un</strong> – Elle ne nous a pas donné le numéro complémentaire, la salope.<br><strong>Deux</strong> – On aurait dû lui donner les cinquante euros qu’elle nous demandait.<br><strong>Un</strong> – C’est ça, ça va être de ma faute, maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Et cette oreille, qu’est-ce qu’on en fait ? Elle n’a pas l’air très propre…<br><strong>Un</strong> – Évidemment, on l’a trouvée dans le caniveau…<br>Deux – Ouais… (<em>En direction de la salle</em>) Personne n’a perdu une oreille ? Une oreille sale… Bon ben je la laisse ici, bien en évidence. Si celui qui l’a perdue veut la récupérer…<br><strong>Un</strong> – Bon, on la fait, cette grille, oui ou non ?<br><strong>Deux</strong> – Allons-y… Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que c’est notre jour de chance…<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><strong>Analyse</strong><br>« Du balai » est un bijou de comique absurde et métaphysique, dans la lignée des sketches surréalistes. À partir d’un simple détail incongru — une oreille trouvée dans un caniveau — le sketch déploie un univers entier fait de logique dévoyée, de croyances détournées et de langage bancal, où tout peut faire sens… ou non. La trouvaille d’une oreille évoque le monde des corps fragmentés, des anonymes oubliés, mais ici, elle devient un récepteur magique de signes. C’est une parabole sur l’écoute, littérale et figurée : prêter l’oreille, prêter foi, entendre la fortune, ou les voix… Le sketch brille par ses glissements de sens constants, ses jeux de mots (notamment autour de “prêter l’oreille”) et son rythme parfaitement maîtrisé.</p>



<p>Le personnage de la voyante condense la parodie de la crédulité populaire et de l’économie ésotérique, où l’on vend de l’espoir aux plus désespérés — pour 50 euros ou un “rabais” à 40. Sa dernière justification (“le destin est toujours écrit d’avance”) est à la fois poétique et glaçante. Les deux balayeurs, figures d’hommes de la rue (au sens propre et figuré), incarnent un mélange de lucidité désabusée et de foi naïve, comme beaucoup de personnages du recueil. Leur espoir de gagner au loto, malgré l’évidence de l’arnaque, résume une forme de dignité paradoxale : face à l’absurdité du monde, ils choisissent d’y croire encore, un peu.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La Manif pour personne</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-manif-pour-personne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 09:43:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Manifestation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Manif pour personne, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages sont là avec des pancartes sur lesquelles rien n’est encore écrit. Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi, le départ de la manif, c’est bien ici ?<br><strong>Un</strong> – Oui, oui, c’est là.<br><strong>Trois</strong> – Bon…<br><strong>Deux</strong> – On part d’ici, et on va jusqu’à… Jusqu’où on va au juste ?<br><strong>Un</strong> – Alors je crois que cette fois, c’est… Écoute, je ne sais pas exactement, en fait. Mais on verra bien, non ?<br><strong>Deux</strong> – Après tout, il suffit de suivre les autres.<br><strong>Trois</strong> – Ah, très bien…<br><strong>Un</strong> – Vous venez manifester avec nous ?<br><strong>Trois</strong> – Oui, c’est-à-dire que… J’espère que je ne me suis pas trompé de manif.<br><strong>Deux</strong> – Il y a une autre manif aujourd’hui ?<br><strong>Trois</strong> – Ah, je pensais que vous le saviez. Il y a une contre-manif.<br><strong>Un</strong> – Une contre-manif ? Tu savais qu’il y avait une contre-manif, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Non… Ouh là… Ça risque d’être chaud, alors… Si le parcours de la contre-manif croise celui de la manif.<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on pourrait se croiser ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Ils passent par où ?<br><strong>Trois</strong> – Je ne sais pas.<br><strong>Un</strong> – Comme nous, on ne sait pas par où on va passer, de toute façon…<br><strong>Deux</strong> – Oui, remarque, ce n’est pas faux.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce que tu as marqué sur ta pancarte, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Je n’ai encore rien marqué. Je suis à court d’idées…<br><em>Ils réfléchissent.</em><br><strong>Trois</strong> – Je pourrais peut-être vous aider ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi pas ?<br><em>Ils réfléchissent tous les trois.</em><br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi de vous demander ça, mais je voudrais être sûr de ne pas me tromper… Vous manifestez pour quoi, vous, exactement ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi ? Vous voulez dire contre quoi ?<br><strong>Trois</strong> – Ah, je ne sais pas, je… Je pensais que c’étaient les autres qui manifestaient contre…<br><strong>Un</strong> – Les autres ?<br><strong>Trois</strong> – La contre-manif…<br><strong>Deux</strong> – Ah non, la contre-manif, eux, ils sont pour.<br><strong>Trois</strong> – Pour ?<br><strong>Un</strong> – Vous n’avez pas l’air d’avoir beaucoup l’habitude des manifs, vous, hein ?<br><strong>Trois</strong> – Euh… Non, je dois avouer que c’est ma première manif.<br><strong>Un</strong> – Bon alors on vous explique. Nous, c’est la manif, on est contre.<br><strong>Trois</strong> – Contre ? Contre quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça dépend des fois, évidemment. Mais on est contre en général.<br><strong>Trois</strong> – Je vois…<br><strong>Un</strong> – Les autres, eux, la contre-manif, ils sont contre le fait qu’on soit contre.<br><strong>Trois</strong> – Je crois que cette fois j’ai compris… Je veux dire, en général… Mais cette fois, vous manifestez contre quoi, en particulier ?<br><strong>Un</strong> – Contre quoi ? Contre quoi on manifeste aujourd’hui, ça ne me revient pas là tout de suite…<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Je n’ai encore rien écrit sur ma pancarte… J’attendais de savoir quel était le mot d’ordre.<br><strong>Trois</strong> – Le mot d’ordre ? Je pensais que vous étiez contre l’ordre, justement. Je veux dire contre l’ordre établi.<br><em>Les deux autres échangent un regard.</em><br><strong>Un</strong> – Vous êtes un malin, vous… Vous essayez de nous embrouiller, c’est ça ?<br><strong>Deux</strong> – Vous ne seriez pas un flic en civil, par hasard ?<br><strong>Trois</strong> – Un flic ?<br><strong>Un</strong> – Un flic infiltré, quoi !<br><strong>Deux</strong> – Vous êtes ici pour nous démoraliser, c’est ça ?<br><strong>Trois</strong> – Ah non, mais pas du tout. Je ne suis pas de la police. Enfin, je n’ai rien contre la police. Mais je n’ai rien pour non plus.<br><strong>Deux</strong> – OK, ça va. Mais qu’est-ce que vous faites là, alors ?<br>Trois – Ben je vous dis… J’ai envie de m’impliquer davantage…<br><strong>Un</strong> – Bon. Dans ce cas, vous êtes le bienvenu.<br><strong>Trois</strong> – Merci… Mais j’aimerais quand même savoir pour quoi je vais manifester.<br><strong>Deux</strong> – Mais puisqu’on vous dit qu’on n’a pas encore des idées ! Je veux dire décidé…<br><strong>Trois</strong> – Ah oui, mais c’est embêtant, ça.<br><strong>Un</strong> – On décide toujours au dernier moment, pour ne pas risquer d’être récupérés.<br><strong>Trois</strong> – Et la contre-manif ?<br><strong>Un</strong> – Visiblement, aujourd’hui, ils ont un peu d’avance sur nous…<br><strong>Deux</strong> – Bon alors ? Vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ?<br><strong>Trois</strong> – Je crois qu’il va falloir que je réfléchisse encore un peu… Je me suis peut-être emballé trop vite… Finalement, je me demande si je suis vraiment prêt à m’engager… Vous m’excusez ?<br><em>Il part.</em><br><strong>Un</strong> – Il y en a, je te jure…<br><strong>Deux</strong> – Quand on n’a pas la maturité politique…<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que ce n’était pas un flic ?<br><strong>Deux</strong> – Va savoir…<br><strong>Un</strong> – Quand même, c’est bizarre.<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – On n’est que deux.<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai, tu as raison.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que c’est aujourd’hui, la manif ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais plus, maintenant. Ce type m’a complètement embrouillé.<br><strong>Un</strong> – Comme on n’a pas de mot d’ordre.<br><strong>Deux</strong> – Il y a peut-être eu un contre-ordre.<br><strong>Un</strong> – Je propose qu’on revienne demain, non ?<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. De toute façon, apparemment, la base n’était pas prête pour une manif de cette ampleur.<br><strong>Un</strong> – Tu sais ce qu’on dit : il ne faut pas avoir raison trop tôt.<br><strong>Deux</strong> – J’espère qu’on ne va pas croiser la contre-manif, quand même, on aurait l’air de quoi…<br><strong>Un</strong> – On aurait l’air de deux cons, oui.<br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« La Manif pour personne » utilise l’absurde et le comique de situation pour critiquer l’incertitude et l’indécision qui caractérisent certains mouvements sociaux. Le sketch parodie un certain activisme, en montrant des individus qui manifestent sans but clair ni engagement véritable. L’absence de mot d’ordre et de direction est ce qui rend l’ensemble comique, mais aussi un peu tragique : ces manifestants sont en quête d’un sens, d’un objectif, sans jamais savoir vraiment pourquoi ils sont là.<br>Le troisième personnage incarne une forme de manipulation subtile, avec ses questions floues et son retrait final, comme s’il était là pour tester la volonté de ces manifestants sans but. L&rsquo;ironie réside dans le fait que ces personnes, qui devraient être des modèles d’engagement, ne savent même pas pourquoi elles sont dans la rue.<br>Le jeu sur l’ambiguïté des rôles (manifestant, infiltré, policier, activiste, etc.) est aussi un moyen de souligner la confusion et l’impuissance collective face à un monde où les causes se mélangent, se confondent, sans jamais prendre forme. <br>L’absence de conclusion et le retour à l’inactivité à la fin du sketch symbolisent la vacuité de certaines démarches collectives. Les personnages eux-mêmes, bien qu&rsquo;ayant l&rsquo;air de s&rsquo;engager, restent désorientés et inefficaces, représentant peut-être une désillusion collective plus grande que le simple fait de ne pas savoir où aller.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le bon numéro</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-bon-numero/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 08:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Héritage]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Sans-abri]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Existentialisme]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le bon numéro, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un (ou une) SDF est là, faisant la manche. Un homme et une femme arrivent. Ils l’évitent soigneusement.</em><br><strong>Elle</strong> – Il y a beaucoup plus de marginaux qu’avant dans ce quartier, non ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, quand on habitait là, il n’y avait pas autant de gens dans la rue.<br><em>Ils s’arrêtent et regardent la façade d’un immeuble côté salle.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – C’était au sixième, non ?<br><strong>Elle</strong> – Au septième.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai.<br><strong>Elle</strong> – Ça paraît tellement loin…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait presque pas de meubles.<br><strong>Elle</strong> – On n’avait pas de lave-vaisselle.<br><strong>Lui</strong> – On n’avait même pas le haut débit.<br><strong>Elle</strong> – La vie de bohème…<br><strong>Lui</strong> – On n’avait pas grand-chose, mais on était heureux.<br><strong>Elle</strong> – Est-ce qu’on est vraiment plus heureux maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – L’argent ne fait pas le bonheur, c’est bien connu.<br><strong>Elle</strong> – On se contentait de ce qu’on avait, et on n’était pas plus malheureux pour autant.<br><strong>Lui</strong> – On était jeunes. On s’aimait.<br><strong>Elle</strong> – On est toujours jeunes, non ? Et on s’aime encore ?<br><strong>Lui</strong> – C’est vrai, ça fait à peine six mois.<br><strong>Elle</strong> – Six mois ! J’ai l’impression que ça fait dix ans.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi. J’ai déjà presque oublié notre vie d’avant. Tu es sûre que c’est le bon numéro, au moins ?<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, quand même. Le numéro 13. Ne me dis pas que tu as oublié ça aussi. Le numéro complémentaire !<br><em>Ils regardent un instant la façade en silence avec un sourire béat sur les lèvres.</em><br><strong>Lui</strong> – 60 millions, tu te rends compte ?<br><strong>Elle</strong> – Ça change la vie, c’est sûr.<br><strong>Lui</strong> – Déjà, on n’est plus obligés d’habiter au septième étage d’un immeuble.<br><strong>Elle</strong> – Remarque, il me plaisait bien, cet appartement. Il y avait quand même une très belle vue sur les quais de la Seine.<br><strong>Lui</strong> – Oui. Mais ce n’était pas très grand.<br><strong>Elle</strong> – Trois cents mètres carrés, pour nous deux, c’était déjà pas mal.<br><strong>Lui</strong> – Tout de même. Au septième étage.<br><strong>Elle</strong> – Avec un ascenseur…<br><strong>Lui</strong> – Tu te souviens quand il est tombé en panne ? Pendant une semaine, la bonne a dû se taper les sept étages avec nos packs d’eau minérale.<br><strong>Elle</strong> – La pauvre…<br><strong>Lui</strong> – Elle, en tout cas, c’est sûr qu’elle est beaucoup plus heureuse maintenant qu’on habite une villa de plain pied à Neuilly.<br><strong>Elle</strong> – Les quais, c’est central, mais c’est quand même très bruyant.<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça qu’on avait pris ce duplex au dernier étage.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui, c’est vrai… C’était un duplex…<br><strong>Lui</strong> – C’est pour ça que je ne savais plus si c’était le sixième ou le septième.<br><strong>Elle</strong> – Tu as raison. En fait on avait les deux étages.<br><em>Nouveau silence ému.</em><br><strong>Lui</strong> – Allez viens, on rentre. On ne va pas sombrer dans la nostalgie.<br><strong>Elle</strong> – Et puis le chauffeur nous attend.<br><strong>Lui</strong> – Il est payé pour ça, non ?<br><strong>Elle</strong> – Mais alors ça nous fait combien de millions, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – On en avait déjà 10 qui venaient de ma famille.<br><strong>Elle</strong> – Plus 20 qui venaient de la mienne.<br><strong>Lui</strong> – Avec les 60 millions du loto…<br><strong>Elle</strong> – Ça doit faire dans les 80, alors.<br><strong>Lui</strong> – Si je peux me permettre, je dirais plutôt 90…<br><strong>Elle</strong> – Moi et les chiffres, tu sais bien… Je n’ai jamais su compter.<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas une femme d’argent. C’est pour ça que je t’ai épousée.<br><em>Ils s’en vont en évitant soigneusement le SDF.</em><br><strong>Elle</strong> – On pourrait peut-être lui donner quelque chose…<br><strong>Lui</strong> – Je n’ai que des gros billets…<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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<p><strong>Analyse</strong><br>« Le bon numéro » est une charge satirique féroce mais subtile sur l’écart abyssal entre les ultra-privilégiés et les laissés-pour-compte. Le sketch joue brillamment sur le double niveau de lecture : ce que les personnages disent et ce que le spectateur perçoit en contrepoint, notamment à travers la présence muette du SDF, dont l’humanité écrasée devient le miroir inversé de leur luxe. Le comique naît d’un effet de décalage croissant : les deux personnages évoquent leur passé « modeste » en décrivant un cadre de vie luxueux, sans jamais percevoir l’indécence de leurs propos. Chaque souvenir (ascenseur en panne, bonne qui monte les packs, duplex confondu avec un étage) devient un symbole involontaire d’arrogance douceâtre, d’un monde où l&rsquo;argent anesthésie la mémoire, l’humilité et la compassion.<br>La chute — « je n’ai que des gros billets » — condense toute la violence sociale du sketch en une seule phrase, où la bonne conscience est battue en brèche par le confort matériel. C’est un chef-d&rsquo;œuvre d’humour cruel et d’écriture maîtrisée, où la satire ne vise pas seulement les riches, mais la manière dont l’argent réécrit les souvenirs, justifie l’égoïsme, et déshumanise l’autre sans même y penser.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Au bout de la rue</title>
		<link>https://sketchotheque.net/au-bout-de-la-rue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Apr 2025 07:36:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de trottoirs]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Passant]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Psy]]></category>
		<category><![CDATA[Rue]]></category>
		<category><![CDATA[Voyante]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au bout de la rue, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de trottoirs' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un bout de rue, avec un trottoir et éventuellement un banc. Un personnage (homme ou femme) arrive d’un côté, un autre personnage arrive du côté opposé.</em><br><strong>Un</strong> – Excusez-moi, vous savez où elle va, cette rue&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Où elle va&nbsp;? Ah non, je… Je ne sais pas exactement.<br><strong>Un</strong> – Mais pourtant vous en venez, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – D’où&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – De cette rue&nbsp;!<br><strong>Deux</strong> – Ah non, mais moi je sors du 5 bis, là. C’est là où j’habite… Enfin bref, c’est tout au début de la rue. Dans l’autre sens, je ne sais pas où elle va, cette rue, moi.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est ennuyeux.<br><strong>Deux</strong> – Ennuyeux&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne vais pas prendre cette rue sans savoir où elle va.<br><strong>Deux</strong> – Mais vous, vous allez où&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit au bout de la rue mais…<br><strong>Deux</strong> – Au bout de la rue&nbsp;? Quelle rue&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit la rue qui descend.<br><strong>Deux</strong> – La rue qui descend&nbsp;? Alors ça ne doit pas être celle-là.<br><strong>Un</strong> – Et pourquoi ça&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Moi je dirais plutôt qu’elle monte, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ah oui, vous trouvez&nbsp;? Moi je trouve plutôt qu’elle descend.<br><strong>Deux</strong> – Ou alors, vous ne l’avez pas prise dans le bon sens…<br><strong>Un</strong> – Ah non, pour moi elle descend.<br><em>Un troisième personnage arrive.</em><br><strong>Deux</strong> – Excusez-moi de vous déranger… Vous trouvez qu’elle monte ou qu’elle descend, cette rue, vous&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – C’est pour un sondage&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><strong>Trois</strong> – Je vous préviens, moi je ne fais pas de politique.<br><strong>Deux</strong> – Non, non, c’est juste cette personne qui… On lui a dit au bout de la rue qui descend et…<br><em>Le troisième regarde la rue.</em><br><strong>Trois</strong> – Moi, je dirais plutôt qu’elle est plate, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Un faux plat, alors…<br><strong>Un</strong> – Oui, mais un faux plat qui monte ou un faux plat qui descend&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – On n’a qu’à poser une bille par terre sur le trottoir, et on verra bien si elle monte ou si elle descend.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’une bille pourrait bien monter&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Pas la bille&nbsp;! La rue. On pose la bille par terre, et on verra bien dans quel sens elle se met à rouler.<br><strong>Un</strong> – Oui, évidemment, on peut faire ça…<br><em>Ils semblent tous les trois attendre quelque chose.</em><br><strong>Deux</strong> – Vous avez une bille&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Non.<br><strong>Un</strong> – Alors pourquoi vous avez parlé de poser une bille par terre&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – J’ai dit ça comme ça, moi&nbsp;! Je n’ai jamais dit que j’avais une bille. Vous trouvez que j’ai une tête à jouer aux billes&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Faudrait trouver un gosse.<br><strong>Un</strong> – Un gosse avec des billes.<br><em>Ils regardent autour d’eux.</em><br><strong>Trois</strong> – De nos jours, des gosses qui jouent aux billes…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Trois</strong> – C’est vrai. Ça se perd. Moi, quand j’étais gosse, on jouait encore aux billes.<br><strong>Deux</strong> – C’était une autre époque. Ça paraît tellement loin. Maintenant, si les gosses jouaient aux billes, ce serait à partir d’une application sur leur smartphone.<br><strong>Un</strong> – Bon, ça ne me dit toujours pas si c’est la bonne rue.<br><strong>Trois</strong> – La bonne rue&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – On lui a dit au bout de la rue, mais on ne lui a pas dit le nom de la rue.<br><strong>Trois</strong> – Au bout de la rue, c’est tout&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – On m’a dit la rue qui descend.<br><strong>Trois</strong> – Qui descend&nbsp;? Mais dans quel sens&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – C’est ce que je lui ai dit…<br><strong>Trois</strong> – Mais vous allez où, au juste&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Je ne vais nulle part&nbsp;! Je cherche ma voiture.<br><strong>Trois</strong> – Votre voiture…<br><strong>Un</strong> – Mon mari m’a dit qu’il l’avait garée dans une rue qui descend, mais il ne m’a pas dit laquelle…<br><strong>Deux</strong> – C’était il y a longtemps&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Pourquoi&nbsp;? Vous pensez que la pente de la rue aurait pu changer de sens entre-temps&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Vous n’avez qu’à la descendre, cette rue, et vous verrez bien si votre voiture y est garée.<br><strong>Trois</strong> – La descendre… ou la monter. Telle est la question.<br><strong>Deux</strong> – Il vous a dit en face de quel numéro&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Il m’a juste dit au bout de la rue. Tout en haut.<br><strong>Trois</strong> (<em>sceptique</em>) – Tout en haut&nbsp;? Au bout d’une rue qui descend…<br><strong>Un</strong> – J’ai un peu peur de me perdre. Ça fait déjà un bon quart d’heure que je tourne en rond.<br><strong>Trois</strong> – C’est vrai qu’elle a l’air de tourner un peu, tout au bout, cette rue, non&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Remarquez, ça expliquerait tout…<br><strong>Trois</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – La rue d’en face, comment elle s’appelle&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Cette rue-là&nbsp;? Celle qui descend aussi&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Moi je dirais plutôt qu’elle monte, mais bon…<br><strong>Deux</strong> – Je vais aller voir…<br><em>Il va voir. Le troisième se tourne dans la direction où l’autre est parti.</em><br><strong>Trois</strong> – Je ne sais pas où elle va, cette rue-là, je ne l’ai jamais prise… Moi je vais toujours au numéro 214 de la rue Tournefort. Deux fois par semaine depuis plus de dix ans.<br><em>L’autre revient.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est incroyable, c’est aussi la rue Tournefort, numéro 214.<br><strong>Trois</strong> – Cette rue-là, c’est la rue Tournefort&nbsp;?<br><strong>Deux</strong> – Ben oui, comme celle-là.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’une rue peut descendre dans les deux sens&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – Remarquez, si c’est une rue qui tourne en rond…<br><strong>Deux</strong> – Elle peut très bien descendre dans les deux sens…<br><strong>Trois</strong> – C’est pour ça que votre mari vous a dit la rue qui descend…<br><strong>Deux</strong> – Et au bout d’une rue qui descend et qui tourne en rond, forcément, on est tout en haut de la rue.<br><strong>Un</strong> – Ah oui, ce n’est pas faux…<br><strong>Trois</strong> – C’est incroyable… Ça fait dix ans que je parcours cette rue de bout en bout pour aller chez mon psychanalyste, en prenant à gauche à la sortie de la bouche, et je me rends compte aujourd’hui que c’est juste à droite en sortant.<br><strong>Deux</strong> – Quelle bouche&nbsp;?<br><strong>Trois</strong> – La bouche du métro&nbsp;!<br><strong>Un</strong> – Ah oui, c’est vraiment ce qui s’appelle tourner en rond.<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais vous, j’arrêterais la psychanalyse…<br><strong>Un</strong> (<em>se retournant</em>) – Ah ben oui, tenez, elle est là-bas justement…<br><strong>Trois</strong> – Quoi&nbsp;?<br><strong>Un</strong> – Ma voiture&nbsp;!<br><strong>Deux</strong> – Eh ben voilà.<br><strong>Trois</strong> – Tout est bien qui finit bien.<br>Un – Merci beaucoup pour votre aide… Excusez-moi, il faut que je file, je suis déjà en retard…<br><strong>Deux</strong> – Mais je vous en prie.<br><em>Le personnage s’éloigne. Les deux autres le regardent partir.</em><br><strong>Trois</strong> – Ça n’a pas l’air de tourner très rond, quand même…<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/">Brèves de trottoirs</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-trottoirs/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="247" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Brèves de trottoirs de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-477" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-trottoirs-jean-pierre-martinez-300x185.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p><em><strong>Analyse</strong></em></p>



<p>« Au bout de la rue » est un parfait exemple de comique existentiel et absurde à la manière de Jean-Pierre Martinez. Le dialogue en apparence anodin sur le sens d’une rue devient un prétexte pour révéler l’absurdité de notre rapport au réel : perception biaisée, communication bancale, repères spatiaux déformés, et même perte de sens dans les petites choses du quotidien.</p>



<p>La structure circulaire du dialogue (comme la rue elle-même) crée un effet de boucle comique, renforcé par des quiproquos successifs et une logique implacable… mais déviante. Le sketch évoque à la fois l’errance urbaine et l’errance mentale, voire existentielle, d’une époque où l’on peut se perdre… dans sa propre rue.</p>



<p>La réflexion sur la psychanalyse, la perte des jeux d’enfance ou la question de la pente deviennent autant de métaphores d’une modernité désorientée, où la technologie ne peut remplacer ni les billes ni le bon sens.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pause café</title>
		<link>https://sketchotheque.net/pause-cafe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 14:59:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de square]]></category>
		<category><![CDATA[Policier]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Square]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre dans le théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Banc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pause café, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de square' de Jean-Pierre Martinez</p>
<p>L’article <a href="https://sketchotheque.net/pause-cafe/">Pause café</a> est apparu en premier sur <a href="https://sketchotheque.net">La Sketchothèque</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux policiers en civil arrivent, et s’asseyent sur le banc pour boire un café dans un gobelet.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu es sur quoi, en ce moment ?<br><strong>Policier 2 </strong>– La routine. Une mère qui a laissé son gosse se noyer à la piscine.<br><strong>Policier 1 </strong>– Homicide involontaire ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Acte manqué, plutôt.<br><strong>Policier 1</strong> – Et le maître-nageur, il était où ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Dans les vestiaires, avec la mère justement. Il était en train de lui apprendre le bouche-à-bouche ? (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Un type qui avait pris dix ans de taule pour le braquage d’un casino. On n’a jamais retrouvé le butin.<br><strong>Policier 2</strong> – Tout est devenu tellement cher. Les mecs, maintenant, quand ils braqueront une supérette, ils ne prendront pas la caisse. Ils repartiront avec des paquets de pâtes et des bouteilles d’huile.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ouais. Non, mais là je te parle d’un vrai casino. Il a dû planquer l’oseille quelque part.<br><strong>Policier 2</strong> – Et alors ?<br><strong>Policier 1 </strong>– Il vient d’être libéré. On garde un œil sur lui, au cas où il aurait l’idée d’aller récupérer son fric.<br><strong>Policier 2</strong> – Combien ?<br><strong>Policier 1</strong> – Dans les cinq millions.<br><strong>Policier 2 </strong>– Le gros lot.<br><strong>Policier 1 </strong>– Le type a dû se dire que c’était plus sûr d’aller chercher ses gains directement au casino plutôt que de miser sur la Française des Jeux.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Policier 2</strong> – Pourquoi tu as choisi ce métier, toi ?<br><strong>Policier 1</strong> – Pour la paye… Non, je déconne. Je ne sais pas. Quand j’étais petit, on jouait aux gendarmes et aux voleurs. Bêtement, je me suis dit que j’aurais plus de chance de pécho avec un uniforme.<br><strong>Policier 2</strong> – Pas de bol, tu es flic en civil.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça que je suis toujours célibataire. Et toi ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Moi je suis toujours marié. Pour l’instant…<br><strong>Policier 1</strong> – Non, je veux dire, toi, pourquoi tu as choisi la police ?<br><strong>Policier 2</strong> – Pour sauver le monde. Quand j’étais gosse, j’étais fasciné par les super héros. Comme je n’avais pas de super pouvoirs, je suis rentré dans la police. Pour avoir un flingue, au moins. Résultat, tu n’as même pas le droit de t’en servir. Même pour te suicider.<br><strong>Policier 1</strong> – On aurait dû faire maîtres-nageurs. Tu n’as pas souvent l’occasion de sauver des vies, mais au moins tu peux mater des nanas en maillots de bain toute la journée.<br><strong>Policier 2 –</strong> Maîtres-nageurs, on n’avait pas le physique.<br><strong>Policier 1 </strong>– C’est sûrement pour ça qu’on a fini dans la police. D’ailleurs, il va falloir qu’on y retourne.<br><strong>Policier 2 </strong>– Il est dans le coin, ton braqueur de casino ?<br><strong>Policier 1</strong> – Les gardiens du square l’ont aperçu ce matin avec une complice. Ils jouaient dans ce bac à sable avec une pelle.<br><strong>Policier 2</strong> – Au moins, ils ont su garder leur âme d’enfant. On aurait mieux fait de choisir voleur plutôt que gendarme, nous aussi.<br><em>Arrive une femme, tenant un paquet de flyers à la main.</em><br><em>Femme</em> – Bonjour messieurs. Vous aimez le théâtre ?<br><strong>Policier 2</strong> – On serait plutôt séries policières, mais bon…<br><strong>Femme</strong> – C’est une petite comédie qui se joue dans une salle juste à côté, tous les jours sauf le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le samedi.<br><strong>Policier 1</strong> – Tous les dimanches, quoi.<br><strong>Femme</strong> – À 18h37 très précisément. Vous avez de la chance, c’est dans un quart d’heure.<br><em>Elle leur tend à chacun un flyer qu’ils saisissent et auquel ils jettent un coup d’œil.</em><br><strong>Policier 1</strong> (<em>lisant le flyer</em>) – Mauvaise pièce cherche bon public. C’est le titre ?<br><strong>Femme</strong> – C’est du théâtre d’avant-garde. Genre théâtre dans le théâtre, vous voyez ?<br><strong>Policier 2</strong> – De quoi ça parle ?<br><strong>Femme</strong> – C’est l’histoire d’un auteur qui s’apprête à écrire sa centième pièce et qui est paralysé par l’angoisse de la page blanche.<br><strong>Policier 1 </strong>– Ça a l’air très chiant, non ?<br><strong>Femme</strong> – Vous savez, moi je ne fais que distribuer les flyers.<br><strong>Policier 2</strong> – Vous ne jouez pas dedans ?<br><strong>Femme</strong> – Non.<br><strong>Policier 1</strong> – Mais vous avez vu la pièce, quand même.<br><strong>Femme</strong> – L’auteur ne l’a pas encore écrite. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre.<br><strong>Policier 2</strong> – Donc, vous tractez pour une pièce qui n’est pas encore écrite.<br><strong>Femme</strong> – Il a encore un quart d’heure…<br><strong>Policier 1</strong> – Un quart d’heure ? Pour que l’auteur écrive la pièce, que les comédiens apprennent le texte, et que le metteur en scène leur donne quand même quelques indications ?<br><strong>Femme</strong> – D’un autre côté, il ne met pas la barre trop haut… Mauvaise pièce cherche bon public. J’ai presque l’impression de faire la manche.<br><strong>Policier 2</strong> – Mais vous êtes payée ?<br><strong>Femme</strong> – Même pas. On m’a juste invitée à la première.<br><strong>Policier 1</strong> – Ce soir, donc.<br><strong>Femme</strong> – Vous viendrez ?<br><strong>Policier 2 </strong>– Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Dites que vous venez de ma part. On vous fera une place achetée une place offerte.<br><em>La femme s’éloigne.</em><br><strong>Policier 1</strong> – Tu comptes vraiment y aller ?<br><strong>Policier 2</strong> – Non, mais elle avait l’air tellement désespérée.<br><strong>Policier 1</strong> – Bon, alors au boulot.<br><em>Ils se lèvent et sortent.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Brèves de square</em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-square/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="202" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-474" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-de-square-jean-pierre-martinez-300x152.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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			</item>
		<item>
		<title>Squatteur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/squatteur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 10:08:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Comédien]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Sociabilité]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Squatteur, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un type arrive, hésite un instant, et s’assied par terre devant les boîtes aux lettres. Il commence à somnoler. Une locataire arrive à son tour et l’aperçoit.</em><br><strong>Locataire</strong> – Allez, réveillez-vous mon brave ? Je comprends que vous soyez fatigué, mais il ne faut pas rester, ici, hein ?<br><em>L’autre se réveille.</em><br><strong>Homme</strong> – Et pourquoi ça ?<br><strong>Locataire</strong> – Mais… parce que c’est un hall d’immeuble, pas un hôtel social. Vous ne savez vraiment pas où aller, c’est ça ?<br><strong>Homme</strong> – Non… En ce moment, je suis sans domicile fixe.<br><strong>Locataire</strong> – Eh bien raison de plus, mon ami ! Si vous êtes sans domicile fixe, pourquoi diable vouloir vous fixer ici ?<br><strong>Homme</strong> – Vous avez raison…<br><em>Le type se relève.</em><br><strong>Locataire</strong> – Merci pour votre compréhension, mon ami. Mais vous savez quoi ? Au fond, je vous envie.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Locataire</strong> – Parfois, moi aussi, j’aimerais être sans domicile fixe. Ne pas avoir à rentrer tous les soirs chez moi. Retrouver la même personne qui m’attend à la maison.<br><strong>Homme</strong> – Dans ce cas, vous pourriez peut-être m’accueillir chez vous pour une nuit ? Ça vous ferait un peu de distraction…<br><strong>Locataire</strong> – Chez moi ?<br><strong>Homme</strong> – Il fait tellement froid dehors.<br><strong>Locataire</strong> – Oui, je sais, j’ai dû mettre mon Damart ce matin… Et malgré ça, je me suis gelée au bureau toute la journée.<br><strong>Homme</strong> – Si je passe la nuit dehors, je ne suis pas sûr de me réveiller demain matin.<br><strong>Locataire</strong> – Vous êtes sûr que vous ne dramatisez pas un peu là ?<br><strong>Homme</strong> – Vous voudriez vraiment avoir ma mort sur la conscience ?<br><em>L’autre hésite, puis sort un billet de sa poche.</em><br><strong>Locataire</strong> – Allez, c’est votre jour de chance. Prenez ça et allez dormir à l’hôtel.<br><strong>Homme</strong> – Dix euros ? Comment voulez-vous que je trouve une chambre d’hôtel à ce prix-là ?<br><strong>Locataire</strong> – Bon, en voilà trente, et vous fichez le camp, d’accord ? Je suis sûre que vous trouverez un Formule 1 ou quelque chose dans le genre. Vous ne voudriez pas dormir dans un palace, non plus ?<br><strong>Homme</strong> – Ça ira. Merci Monseigneur.<br><strong>Locataire</strong> – Et puis si vous ne trouvez pas d’hôtel qui veuille bien vous accueillir, vous pourrez au moins vous acheter quelques litrons pour vous réchauffer.<br><strong>Homme</strong> – Vous me sauvez la vie. Dieu vous le rendra…<br><em>Une femme arrive.</em><br><strong>Femme</strong> – Mais qu’est-ce que tu fais ici ?<br><strong>Homme</strong> – Je n’avais pas le code, et j’ai perdu ton numéro de portable. Comme je savais que tu n’allais pas tarder à arriver… Mais Madame venait de me proposer très gentiment d’attendre chez elle.<br><strong>Femme</strong> – Merci, c’est très aimable à vous.<br><em>La femme accuse le coup mais n’en laisse rien paraître.</em><br><strong>Locataire</strong> – Mais de rien. Entre voisins, c’est bien naturel…<br><strong>Femme</strong> – C’est vrai qu’avec ce froid… Je vous présente mon frère. Il passe quelques jours chez moi avant de repartir à Bucarest pour un tournage. Il est comédien…<br><strong>Locataire</strong> – Ravi d’avoir fait votre connaissance, alors.<br><strong>Homme</strong> – Les saltimbanques ont toujours eu mauvaise réputation. Au Moyen-Âge on les tenait pour des voleurs de poules et on refusait même de les enterrer dans les cimetières avec les bons chrétiens.<br><strong>Femme</strong> – Heureusement, on n’est plus au Moyen-Âge… Je ne devrais pas dire ça devant lui, mais c’est un excellent acteur. Vous verrez, il fera une grande carrière…<br><strong>Locataire</strong> – Je n’en doute pas…<br><strong>Homme</strong> – N’embête pas Madame avec ça, voyons, elle a sûrement hâte de rentrer chez elle pour retrouver son mari.<br><strong>Locataire</strong> – Bien alors je vous laisse.<br><strong>Homme</strong> – Merci encore.<br><strong>Locataire</strong> – Mais de rien.<br><strong>Femme</strong> – Vraiment sympa, non ?<br><strong>Homme</strong> – Oui, il y a une bonne ambiance, dans cet immeuble, on dirait.<br><em>Ils sortent.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>Diabolique</title>
		<link>https://sketchotheque.net/diabolique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:32:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Déménagement]]></category>
		<category><![CDATA[Exorciste]]></category>
		<category><![CDATA[Tabac]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=635</guid>

					<description><![CDATA[<p>Diabolique, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) entre en portant un carton visiblement très lourd. Un autre personnage arrive à son tour.<br></em><strong>Un</strong> – Ça a l’air lourd… Vous déménagez ?<br><strong>Deux</strong> – Ça se voit tant que ça ?<br><em>Il pose le carton sur un autre carton déjà là.</em><br><strong>Un</strong> – Je vous donnerais bien un coup de main, mais avec mon dos…<br><strong>Deux</strong> – Merci quand même…<br><em>Il s’assied sur les cartons pour souffler un moment. L’autre sort un paquet de cigarettes.</em><br><strong>Un</strong> – Vous en voulez une ?<br><strong>Deux</strong> – Merci, je suis déjà au bord de l’apoplexie…<br><em>L’autre range son paquet.</em><br><strong>Un </strong>– Vous avez raison, moi aussi je ferais mieux d’arrêter… Je vais prendre un cachou plutôt.<br><em>Il sort une boîte de cachous.</em><br><strong>Un</strong> – Vous en voulez un ?<br><em>L’autre fait signe que non.</em><br><strong>Deux</strong> – Merci, non. J’ai déjà très soif.<br><strong>Un</strong> – J’ai tout essayé, même l’acupuncture, mais je n’arrive pas à décrocher complètement.<br><strong>Deux</strong> – Hun, hun…<br><strong>Un</strong> – C’est curieux, je ne vous ai jamais vu dans l’immeuble… et on fait connaissance justement le jour où vous déménagez…<br><strong>Deux</strong> – Vous trouvez qu’on a fait connaissance ?<br><em>L’autre se contente de le regarder en souriant, tout en mâchonnant son cachou.</em><br><strong>Un</strong> – Et où est-ce que vous allez, comme ça, avec vos cartons ?<br><strong>Deux</strong> – Je m’installe dans le 19ème.<br><strong>Un</strong> – Le 19ème arrondissement ?<br><strong>Deux</strong> – Euh, oui… Pas le 19ème siècle.<br><strong>Un</strong> – Ça va vous changer.<br><strong>Deux</strong> – Oui… Remarquez, le 19ème, ça ne doit pas être si différent que ça du 20ème.<br><strong>Un</strong> – Mais nous n’aurons plus l’occasion de nous revoir…<br><strong>Deux</strong> – Je vous dirais bien que vous allez me manquer, mais comme on ne s’était jamais croisés jusqu’ici. Vous habitez cet immeuble depuis longtemps ?<br><strong>Un</strong> – Ah, non, mais je n’habite pas ici.<br><strong>Deux</strong> – Ah oui… Ça explique sûrement pourquoi on ne se croisait pas plus souvent…<br><strong>Un</strong> – J’ai mon cabinet au troisième.<br><strong>Deux</strong> – Je vois. Le dentiste.<br><strong>Un</strong> – Euh, non… Moi c’est juste en face. L’exorciste.<br><strong>Deux</strong> – L’exorciste…?<br><strong>Un</strong> – Évidemment, ce n’est pas marqué sur la porte.<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Je consulte surtout le soir. Ou même la nuit, c’est plus discret.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûrement pour ça qu’on ne s’est jamais rencontrés…<br><strong>Un</strong> – Les gens qui viennent me voir n’ont pas toujours envie qu’on les reconnaisse…<br><strong>Deux</strong> – Je ne suis pas sûr non plus que j’aimerais croiser vos patients dans l’escalier après la tombée de la nuit…<br><strong>Un</strong> – Vous n’y croyez pas.<br>Deux – Ça se voit tant que ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne vous en veux pas, mais vous avez tort.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être, oui… Et ça marche ?<br><strong>Un</strong> – Regardez autour de vous… Et surtout au-dessus… Je veux dire ceux qui nous gouvernent. Vous ne croyez pas que le marché est immense ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, remarquez, ce n’est pas faux. Dommage que vous ne pouviez pas me citer le nom de quelques-uns de vos clients.<br><strong>Un</strong> – En tout cas, ceux qui ne sont pas encore venus me voir, vous n’aurez pas de mal à les reconnaître. Prenez qui vous savez. Celui dont le nom rappelle l’autre pays du fromage. Si le candidat avait pris soin de se faire désenvoûter à temps, nous aurions peut-être aujourd’hui un président normal.<br><strong>Deux</strong> – Peut-être, oui… Mais vous, avec tout ça, vous n’avez pas réussi à arrêter de fumer ?<br><strong>Un</strong> – Je n’ai pas encore trouvé la formule magique qui me libérerait des puissances maléfiques de la nicotine.<br><strong>Deux</strong> – Marlboro, sors de ce corps !<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et vous déménagez pourquoi, si je peux me permettre ?<br><strong>Deux</strong> – Eh bien… Pour me rapprocher de mon travail, d’abord.<br><strong>Un</strong> – En déménageant du 19ème au 20ème arrondissement ?<br><strong>Deux</strong> – Et aussi… Comment dire ? Parce que je sentais comme une présence diabolique dans l’appartement que j’occupe au dernier étage de cet immeuble.<br><strong>Un </strong>– Vraiment ? Vous auriez dû m’en parler avant…<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, je ne vous connaissais pas encore.<br><strong>Un</strong> – Et par présence diabolique, qu’est-ce que vous entendez, exactement ?<br><strong>Deux</strong> – J’entends principalement… ma femme.<br><strong>Un</strong> – Je vois… J’ai beaucoup de cas comme le vôtre…<br><strong>Deux</strong> – Bon, ce n’est pas tout ça, mais il va falloir que je m’y remette. Puisque vous ne voulez pas m’aider…<br><strong>Un</strong> – Je pourrais toujours essayer de désenvoûter votre conjoint.<br><strong>Deux</strong> – Vous pourriez faire ça ?<br><strong>Un</strong> – C’est à quel étage ?<br><strong>Deux</strong> – Huitième.<br><strong>Un</strong> – Vous avez descendu ces cartons du huitième étage, sans ascenseur ?<br><strong>Deux</strong> – Et j’en ai encore beaucoup plus à descendre…<br><strong>Un</strong> – Ah, oui… Huitième sans ascenseur… C’est vraiment diabolique…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Désolé, mais je crois que là… Je ne peux rien pour vous…<br><em>Il passe son chemin, et l’autre reste là avec ses cartons, un peu déstabilisé. Il se décide à repartir quand un autre personnage (joué par celui qui vient de partir) portant un masque de carnaval arrive. Il fait mine de chercher quelque chose, comme un nom sur une boîte aux lettres ou une plaque professionnelle.</em><br><strong>Trois</strong> – Excusez-moi, l’exorciste, c’est à quel étage ?<br><strong>Deux</strong> – Troisième. En face du dentiste.<br><strong>Trois</strong> – Évidemment, il n’y a pas de plaque en bas.<br><strong>Deux</strong> – Ni sur la porte.<br><strong>Trois</strong> – Merci…<br><em>Il sort. L’autre reste là, assis sur son carton.</em><br><strong>Deux</strong> – Je crois qu’il était temps que je déménage, moi…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p>Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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		<item>
		<title>Les encombrants</title>
		<link>https://sketchotheque.net/les-encombrants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 15:14:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de passage]]></category>
		<category><![CDATA[Burlesque]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Hall d'immeuble]]></category>
		<category><![CDATA[Médecin]]></category>
		<category><![CDATA[Vaudeville]]></category>
		<category><![CDATA[Drague]]></category>
		<category><![CDATA[Jalousie]]></category>
		<category><![CDATA[Poubelle]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
		<category><![CDATA[Téléphone]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les encombrants, un sketch humoristique extrait du recueil 'Avis de passage' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La scène est vide à l’exception d’une grande poubelle à roulettes au couvercle jaune. Une femme arrive en tirant une autre poubelle du même type mais au couvercle vert. Habillée avec élégance et juchée sur des talons hauts, elle tente de conserver un semblant de dignité dans cet exercice dégradant qu’est, pour une bobo qui n’a plus les moyens de se payer une bonne, celui de sortir elle-même la poubelle. Son portable sonne, et elle répond.</em><br><strong>Femme 1</strong> – Allô, oui ? Ah, bonsoir Jacques ! Non, non, vous ne me dérangez pas. J’étais en train de ranger quelques papiers et je m’apprêtais à prendre un bain… Ce soir à dix-neuf heures trente ? Ah, oui, c’est absolument parfait ! Mais vous êtes sûr que… Votre dernière patiente ? Très bien ! Dans ce cas, nous aurons peut-être le temps de prendre un verre après, histoire de faire un peu connaissance ? Ah oui, ou de dîner si vous préférez… Je connais un très bon japonais du côté de… Ah, vous détestez les sushis… Non, non, pas du tout… J’aime beaucoup la choucroute aussi… Parfait, alors à tout à l’heure… Non, non, j’ai bien l’adresse de votre cabinet… Ah, il y a un code à partir de 19 heures… Attendez, je prends de quoi noter… Je suis dans la salle de bain, et je n’ai rien sur moi… Je veux dire pour écrire…<br><em>Elle sort un crayon mais, se rendant compte qu’elle n’a pas de papier, ouvre le couvercle de la poubelle jaune. La trouvant vide, elle laisse le couvercle ouvert et ouvre le couvercle de sa propre poubelle dont elle sort au hasard un paquet de céréales basses calories.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Voilà, je vous écoute… Ouh, là, en effet, c’est compliqué… (<em>Plaisantant</em>)Vous ne pouviez pas choisir 1515, 14-18 ou 39-45, comme tout le monde ? Ah, c’est la date de décès de votre belle-mère… Oui, vous avez raison, pour un cambrioleur, évidemment, c’est plus difficile à deviner… Mais vous pouvez me redire ça moins vite ? Juste une seconde, je m’installe un peu plus confortablement…<br><em>Elle se contorsionne pour essayer de noter d’une main sur le carton tout en tenant le téléphone de l’autre, avant de prendre le parti de poser le carton sur le bord de la poubelle jaune dont elle a laissé le couvercle ouvert. Le carton tombe par terre et en essayant de le rattraper, elle laisse tomber son portable au fond de la poubelle vide.</em><br><strong>Femme 1 </strong>– Oh, non, ce n’est pas vrai… (<em>En direction du fond de la poubelle</em>) Allô ? Jacques ? Vous m’entendez ? (<em>Elle se penche vers le fond de la poubelle pour tenter de récupérer le téléphone</em>.) Allô ? Je vous entends très mal…<br><em>Elle finit par basculer dans la poubelle. Seules ses deux jambes dépassent, qu’elle agite en poussant des cris étouffés. Un homme arrive, un portable à la main.</em><br><strong>Homme</strong> – Allô ? Allô ? Vous m’entendez ?<br><em>Sa femme arrive derrière lui.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Jacques ? Qu’est-ce que tu fais là ?<br><em>Jacques range aussitôt son portable. Craignant d’être surprise dans cette position embarrassante, la prisonnière de la poubelle rentre ses jambes et se calme.</em><br><strong>Homme</strong> – Eh bien, je… Je venais chercher la poubelle pour la remonter… Le coiffeur n’a pas pu te prendre, finalement ?<br><strong>Femme 2</strong> (<em>sèchement</em>) – Si. J’en sors.<br><strong>Homme</strong> – Ah, très bien…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu n’as pas oublié que ce soir, je vais au pot de départ de mon chef de service ?<br><strong>Homme</strong> – Non, non, rassure-toi… J’en profiterai pour faire ma comptabilité en retard au cabinet.<br><em>La femme aperçoit la boîte de céréales par terre.</em><br><strong>Femme 2 </strong>– Les gens sont d’une saleté… (<em>Ramassant l’emballage pour le remettre dans la poubelle</em>) Et j’ai l’impression que les derniers arrivés sont les pires… À propos, tu as fait connaissance avec la nouvelle voisine ?<br><strong>Homme</strong> – Quelle voisine ?<br><strong>Femme 2</strong> – Ne me dis pas que tu ne l’as pas remarquée… Celle avec la forte poitrine…<br><strong>Homme</strong> – Ah, celle-là…<br><strong>Femme 2</strong> – Tu vois que tu t’en souviens.<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai que c’est plutôt une belle femme.<br><strong>Femme 2</strong> – Moi, je la trouve plutôt vulgaire, mais bon…<br><strong>Homme</strong> – Vulgaire ?<br><strong>Femme 2</strong> – Elle est divorcée, je crois…<br><strong>Homme</strong> – Elle t’a dit ça ?<br><strong>Femme 2 </strong>– Une femme qui sort elle-même la poubelle vit forcément seule… Et comme elle est trop âgée pour être encore célibataire, j’en conclus qu’elle est divorcée… ou veuve.<br><strong>Homme</strong> – Elle n’est pas si vieille que ça…<br><strong>Femme 2</strong> – Elle doit avoir à peu près mon âge.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui ? Ça ne se voit pas…<br><strong>Femme 2</strong> – Quand elle sort la poubelle le matin en peignoir avant de s’être maquillée, ça se voit, crois-moi… Mais dis donc, on dirait vraiment qu’elle t’a fait forte impression…<br><strong>Homme</strong> – C’est toi qui m’en as parlé (<em>Un temps</em>) Et puis elle a téléphoné au cabinet aujourd’hui pour un détartrage…<br><strong>Femme 2</strong> – Un détartrage… Quand ça ?<br>Homme – Ce soir.<br><strong>Femme 2</strong> – Ah, d’accord… Il faut croire que c’était une urgence. Elle devait être sacrément entartrée…<br><strong>Homme</strong> – Elle a peut-être un rendez-vous important…<br><strong>Femme 2</strong> – C’est ça, oui… Enfin… Tant que tu ne la ramènes pas à la maison… Parce que là, je te préviens, je suis capable de tout…<br><strong>Homme</strong> – La ramener à la maison… Qu’est-ce que tu vas chercher…?<br><em>Ils commencent à s’éloigner.</em><br><strong>Femme 2</strong> – Eh bien tu ne remontes pas la poubelle ?<br><strong>Homme</strong> – Si, si… (<em>Il prend la poubelle à roulettes par la poignée et suit sa femme.</em>) Mais quand tu dis capable de tout… Pas à tuer quand même ?<br><em>On entend la sonnerie d’un téléphone en provenance de la poubelle.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--30);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--30)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Avis de passage</em><br><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/avis-de-passage/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="245" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-avis-de-passage-jean-pierre-martinez.webp" alt="" class="wp-image-470" style="width:204px;height:auto"/></a></figure>



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			</item>
		<item>
		<title>Le cœur sur la main</title>
		<link>https://sketchotheque.net/le-coeur-sur-la-main/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 10:05:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=542</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le cœur sur la main, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron somnole derrière son comptoir. Deux personnages (hommes ou femmes) arrivent et s’asseyent à une table.</em><br><strong>Un</strong> – Lui aussi, il a l’air dans un coma profond…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on fait ? On le réveille ?<br><strong>Un</strong> – On va attendre qu’il se réveille tout seul.<br><strong>Deux</strong> – Un miracle est toujours possible.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Un</strong> – Et pour elle alors, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Franchement… je ne sais pas quoi en penser.<br><strong>Un</strong> – Il va bien falloir prendre une décision. Le médecin a dit qu’il fallait faire vite.<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, la logique voudrait qu’on dise oui.<br><strong>Deux</strong> – La logique ? C’est notre sœur, quand même…<br><strong>Un</strong> – Oui… Tu l’as déjà entendu évoquer ce sujet devant nous ?<br><strong>Deux</strong> – Ça faisait des années qu’on ne se voyait plus… et même avant, ce n’était pas le genre de conversation qu’on avait ensemble.<br><strong>Un</strong> – Donc c’est à nous de décider. Comme si c’était pour nous.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux dire… comme si on avait besoin d’une transplantation ?<br><strong>Un</strong> – Comme si on était à sa place ! À la place du mort… Qu’est-ce que tu ferais toi ? Si tu pouvais décider de donner tes organes ou de les emporter avec toi dans ta tombe…<br><strong>Deux</strong> – Évidemment, sur le principe… Quitte à mourir, si on peut sauver une vie…<br><strong>Un</strong> – D’un autre côté…<br><strong>Deux</strong> – Imaginer qu’on va lui ouvrir la poitrine et lui prendre son cœur pour le mettre dans la poitrine de quelqu’un d’autre…<br><strong>Un</strong> – Quelqu’un qu’on ne connaît même pas.<br><strong>Deux</strong> – Encore heureux… Il ne manquerait plus qu’on le connaisse. Tu préférerais le connaître, toi ?<br><strong>Un</strong> – Je préférerais qu’elle ne soit pas morte.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – D’ailleurs est-ce qu’on peut dire qu’elle est vraiment morte ?<br><strong>Un</strong> – D’après les médecins, elle est en état de mort cérébrale.<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que ça veut dire, exactement ? Tu le sais, toi ?<br><strong>Un</strong> – En gros, la maison est encore debout, le chauffage n’a pas encore été coupé, mais il n’y a plus personne dedans. Le propriétaire est parti, il a jeté la clef et il ne reviendra jamais.<br><strong>Deux</strong> – D’accord.<br><strong>Un</strong> – Donc il s’agit de récupérer la chaudière pour l’installer dans une autre maison où la chaudière est en panne, pour que le propriétaire puisse continuer à vivre dedans sans se les geler.<br><strong>Deux</strong> – Ça y est, tu as fini avec tes métaphores de plombier ?<br><strong>Un</strong> – Je t’explique…<br><strong>Deux</strong> – Donc toi, tu es plutôt pour ?<br><strong>Un</strong> – Toi aussi, non ? Tu savais bien qu’on finirait par en arriver là.<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>L’autre sort un papier.</em><br>Un – Allez, finissons-en… (<em>Lui tendant le papier</em>) Il faut signer là.<br><strong>Deux</strong> – Vas-y toi… Moi je ne pourrai pas…<br><strong>Un</strong> – Non, mais il faut nos deux signatures.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as qu’à imiter la mienne.<br><strong>Un</strong> – Mais ce sera un faux…<br><strong>Deux</strong> – De quoi tu as peur ? Que je te fasse un procès pour avoir imité ma signature ?<br><strong>Un</strong> – Mais si tu es d’accord, pourquoi tu ne signes pas ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis d’accord, mais je ne pourrai pas signer, c’est tout. Tu peux comprendre ça, non ? (<em>Se levant pour sortir</em>) Pour une fois que je te demande quelque chose !<br><strong>Un</strong> – Mais enfin… tu la détestais.<br><strong>Deux</strong> – Justement… Si c’était un geste d’amour, encore… Ce serait plus facile pour moi. Mais là… je ne me sens pas de décider pour elle. (<em>Le patron émerge de derrière son comptoir</em>.) Tiens, il s’est réveillé, celui-là… Tu vois, on n’est jamais à l’abri d’un miracle !<br><em>Le personnage sort, laissant l’autre perplexe. Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Battements de cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/battements-de-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:32:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Grossesse]]></category>
		<category><![CDATA[Langage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Battements de cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron essuie des verres derrière le comptoir. Un couple arrive. Ils s’asseyent. Silence. Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> (<em>sur un ton sans appel</em>) – Rien pour l’instant. On attend le troisième…<br><strong>Patron</strong> – Bon…<br><em>Air étonné de l’homme. Le patron repart.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne savais pas qu’on attendait quelqu’un…<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça ? C’est qui ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Il n’a pas encore de nom…<br><strong>Lui</strong> – Tu me fais marcher ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu dirais si je te disais que je suis enceinte ?<br><em>Le temps pour lui d’assimiler la question.</em><br><strong>Lui</strong> – Pour commencer, je te dirais… qu’il y a un problème de concordance des temps.<br><strong>Elle</strong> – Pardon<br><strong>Lui</strong> – Normalement, tu devrais dire « si je te disais que j’étais enceinte » et pas « si je te disais que je suis enceinte ». Après une proposition conditionnelle à l’imparfait, on utilise l’imparfait.<br><strong>Elle</strong> – Ah, d’accord…<br><strong>Lui</strong> – Tu es enceinte ?<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai pas dit ça…<br><strong>Lui</strong> – Donc c’est une conditionnelle.<br><strong>Elle</strong> – Si tu le dis…<br><strong>Lui</strong> – Tu n’es pas sûre ?<br><strong>Elle</strong> – Tu veux voir un tampon ?<br><strong>Lui</strong> – Quel tampon ?<br><strong>Elle</strong> – À ton avis ? Le tampon de la mairie !<br><strong>Lui</strong> – Tu ne devrais pas plaisanter avec ça.<br><strong>Elle</strong> – Je ne plaisante pas. Je voulais juste en parler. Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Un enfant… ça commence toujours par se conjuguer au conditionnel, non ?<br><strong>Elle</strong> – Il ne tient qu’à nous de transformer ce conditionnel en indicatif.<br><strong>Lui</strong> – Tant que tu ne le conjugues pas à l’impératif…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as pas répondu…<br><strong>Lui</strong> – Quoi ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu dirais si je te disais que… j’étais enceinte ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas, je te répondrais… génial !<br><strong>Elle</strong> – Génial ?<br><strong>Lui</strong> – Génial… Mais on est bien d’accord, tu n’es pas enceinte…<br><em>Le patron revient.</em><br><strong>Patron</strong> – On attend toujours le troisième ?<br><em>Elle pose sa main sur son ventre.</em><br><strong>Elle</strong> – Il est déjà là… On va pouvoir commander…<br><em>L’homme lui lance un regard interloqué.</em><br><strong>Patron</strong> – Génial.<br><em>Noir</em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



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		<title>Don du cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/don-du-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:14:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Romantique]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Don du cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron attend derrière son comptoir, désœuvré. Un homme et une femme arrivent.</em><br><strong>Elle</strong> – Salut Marcel.<br><em>Le patron répond d’un hochement de tête. Ils s’asseyent à une table. Le patron arrive pour prendre la commande.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> – Comme d’habitude.<br><strong>Patron</strong> – Et vous ?<br><strong>Lui</strong> – Pareil.<br><strong>Patron</strong> – Pareil que la petite dame ou pareil que d’habitude ?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Patron</strong> – Je ne sais pas ce que vous prenez d’habitude, moi !<br><strong>Lui</strong> – Je viens pourtant tous les matins, comme elle.<br><strong>Patron</strong> – C’est comme ça. Il y a des têtes dont je me souviens, et d’autres que je préfère oublier…<br><strong>Lui</strong> – Disons pareil qu’elle, alors.<br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés…<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Lui</strong> – Toujours aussi aimable…<br><strong>Elle</strong> – Il faut savoir le prendre.<br><strong>Lui</strong> – Quel con.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais comment il s’appelle, ce con ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Marcel.<br><strong>Lui</strong> – Vous avez l’air très intimes… ce con de Marcel et toi.<br><strong>Elle</strong> – Je viens tous les jours prendre un café avant d’aller bosser…<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi… Mais moi, il fait mine de ne pas me connaître.<br><strong>Elle</strong> – Tu es jaloux ?<br><strong>Lui</strong> – C’est peut-être lui qui est jaloux… Tu le connais si bien que ça ?<br><strong>Elle</strong> – On ne s’est jamais vraiment parlé.<br><strong>Lui</strong> – Comment tu sais qu’il s’appelle Marcel<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… Tout le monde le sait… En tout cas, tout le monde l’appelle Marcel, et il ne s’est jamais plaint.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça va ?<br><strong>Elle</strong> – Oui.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce que tu as envie de faire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Lui</strong> – Il fait beau… On ne va pas aller s’enfermer dans une salle de ciné. On se balade un peu ?<br><strong>Elle</strong> – Comme tu veux.<br><strong>Lui</strong> – Cache ta joie… Il y a quelque chose qui te préoccupe ?<br><strong>Elle</strong> – Non… Pas spécialement.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas moi… Quelque chose dont tu voudrais me parler.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – OK… S’il m’arrive quelque chose un jour, je veux donner mes organes.<br><em>Il reste un instant interloqué.</em><br><strong>Lui</strong> – À qui<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas ! Pour quelqu’un qui en aurait besoin.<br><strong>Lui</strong> – Besoin…?<br><strong>Elle</strong> – Tu le fais exprès ou quoi ? Une transplantation !<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Très bien…<br><strong>Elle</strong> – J’ai ma carte de donneur sur moi, mais au cas où…<br><strong>Lui</strong> – D’accord.<br><strong>Elle</strong> – Il faut bien que je le dise à quelqu’un. Parce que quand on n’est plus en état de parler…<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><strong>Elle</strong> – Et si je suis en état de mort cérébrale, je ne veux surtout pas qu’on me maintienne en vie artificiellement.<br><strong>Lui</strong> – Pas de problème… Mais tu sais, on n’est pas encore mariés. Je ne suis même pas sûr que j’aurais mon mot à dire. Ce serait sûrement à tes parents de prendre la décision.<br><strong>Elle</strong> – Ils sont morts.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, c’est vrai… À tes frères et sœurs, alors.<br><strong>Elle</strong> – Je suis fâchée avec toute ma famille.<br><strong>Lui</strong> – Bon… On n’a plus qu’à se marier, alors. Pour que je puisse disposer moi-même de tous tes organes.<br><strong>Elle</strong> – C’est une demande en mariage ? Parce que ce serait sans doute la plus originale de toute l’histoire des demandes en mariage.<br><strong>Lui</strong> – Tu veux bien m’épouser ?<br><strong>Elle</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Et toi ?<br><strong>Lui</strong> – Ben oui, puisque je viens de te demander ta main… Enfin, ta main, ton cœur, tes poumons, ton foie, et tout le reste…<br><strong>Elle</strong> – Non, je veux dire, et toi, s’il t’arrivait quelque chose. Maintenant que je vais pouvoir disposer de tous tes organes, moi aussi.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Là on nage en plein romantisme…<br><strong>Elle</strong> – Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Je n’y ai pas vraiment réfléchi… Je ne donne déjà pas mon sang… sauf à quelques moustiques.<br><strong>Elle</strong> – Tu as tort.<br><strong>Lui</strong> – Si en mourant, je pouvais te léguer mon cœur pour te sauver la vie, je le ferai sûrement. Mais alors donner mon cœur à un inconnu… C’est vrai, tu peux toujours tomber sur un con. Les cons aussi ont des problèmes cardiaques. Moins que les autres, d’accord, mais ils en ont…<br><em>Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Et deux cafés… (<em>S’adressant à l’homme</em>) Je peux encaisser tout de suite ?<br><em>L’homme sort quelques pièces qu’il pose sur la table. Le patron s’en saisit, et repart sans un mot.</em><br><strong>Lui</strong> – Imagine que je meurs et que ce connard ait besoin d’une transplantation. Franchement, ça me ferait bien chier de lui donner mon cœur.<br><strong>Elle</strong> – C’est un risque à courir.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Si ça te fait plaisir, je prendrai ma carte, moi aussi…<br><strong>Elle</strong> – Oui, ça me fait plaisir. Et maintenant, j’ai envie d’aller me balader en forêt avec toi.<br><strong>Lui</strong> – En forêt ?<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Elle</strong> – On y va ?<br><strong>Lui</strong> – Je peux boire mon café d’abord ?<br><strong>Elle</strong> – D’accord, mais dépêche-toi.<br><em>Il s’apprête à avaler son café.</em><br><em>Noir</em>.</p>
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		<title>Haut-le-cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/haut-le-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:05:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amitié]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Boucherie]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Voisin]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=528</guid>

					<description><![CDATA[<p>Haut-le-cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron ramasse des verres sur le comptoir et les plonge dans un évier qu’on ne voit pas. Un homme et une femme arrivent. L’homme jette un regard suspicieux et un peu dégoûté vers le bar. Ils s’asseyent à une table.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vraiment crado. Je me demande pourquoi je continue à venir ici.<br><strong>Elle</strong> – C’est le seul bistrot en face de l’hôpital…<br><strong>Lui</strong> – Quand tu vois les normes d’hygiène qu’on nous impose dans notre boulot… Un patient attrape une maladie nosocomiale dans ton service, même un rhume, il te fait un procès. Ensuite il vient prendre son petit ballon de rouge ici dans un verre à peine rincé entre deux clients, dont l’un a peut-être une hépatite et l’autre le virus Ebola.<br><strong>Elle</strong> – Ouais…<br><strong>Lui</strong> – Tu as vu ça ? La vaisselle sale baigne dans l’évier du matin au soir. Je ne te raconte pas le bouillon de culture… À la fin de la journée, tu as partagé tes microbes avec la moitié de la ville. Maladies nosocomiales, tu parles. Et une maladie que t’attrape dans un bistrot, comment ça s’appelle ?<br><strong>Elle</strong> – Une cirrhose du foie ?<br><em>Le patron s’approche.</em><br><strong>Patron</strong> – Et pour ces messieurs-dames, qu’est-ce que ce sera ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Un jus de tomate.<br><strong>Elle</strong> – Un café.<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas pourquoi je prends du jus de tomate, j’ai horreur de ça.<br><strong>Elle</strong> – On ne sait plus quoi prendre, à force.<br><strong>Lui</strong> – Les sodas, c’est tellement sucré. J’aurais dû prendre un jus de fruits.<br><strong>Elle</strong> – Il est encore temps…<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Tu as vu la gueule du patron ? Il n’a pas l’air aimable.<br><strong>Elle</strong> – Tu veux que j’y aille ?<br><strong>Lui</strong> – Trop tard, il vient de déboucher la bouteille. C’est tout moi, ça. Je vais devoir m’enfiler un jus de tomate alors que j’ai horreur de ça. En plus, la tomate, ça me donne des brûlures d’estomac. Pas toi ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Tant pis, je ne le boirai pas…<br><strong>Elle</strong> (<em>pour changer de sujet</em>) – Qu’est-ce que tu fais cet été ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas encore… J’irai sans doute passer une semaine ou deux chez mes parents, comme tous les ans.<br><strong>Elle</strong> – Tu es très lié avec tes parents, alors.<br><strong>Lui</strong> – Pas spécialement. Ils sont chiants, mais ils ont une villa avec piscine près d’Antibes.<br><strong>Elle</strong> – Quand on est chiants, si on veut encore voir ses enfants après qu’ils ont quitté la maison, il faut investir dans une piscine. Tu devrais y penser pour les tiens, le moment venu…<br><strong>Lui</strong> – Ouais… Sauf si je n’ai pas envie de les voir trop souvent.<br><strong>Elle</strong> – Et à part ça, ça va ?<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin… ma femme a encore invité les voisins à dîner.<br><strong>Elle</strong> – Et alors ?<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas qu’ils ne sont pas sympas, mais… ils sont un peu chiants, eux-aussi…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi elle les a invités ?<br><strong>Lui</strong> – On vient d’arriver dans le quartier. Ils ont eu la gentillesse de nous inviter chez eux pour faire connaissance. Du coup on s’est sentis obligés de leur rendre l’invitation. Je crains que ça devienne une habitude, tu vois ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois très bien.<br><strong>Lui</strong> – Maintenant qu’on a mis le doigt dans l’engrenage…<br><strong>Elle</strong> – J’ai peut-être une solution.<br><strong>Lui</strong> – Une solution<br><strong>Elle</strong> – Pour être sûr qu’ils ne reviendront jamais bouffer chez toi.<br><strong>Lui</strong> – Comment ça ?<br><strong>Elle</strong> – Il m’est arrivé la même chose il y a quelques années, quand j’ai acheté la maison.<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Les voisins nous invitent. Des enseignants, tu vois. Abonnés à Télérama, meublés par la CAMIF. De gauche, évidemment. Écolos tendance végétariens mais qui mangent quand même de la viande de temps en temps si elle est bio.<br><strong>Lui</strong> – Je vois très bien. Gentils, mais totalement assommants. Et comment tu as fait pour t’en défaire ?<br><strong>Elle</strong> – Quand on leur a rendu l’invitation, je leur ai servi un plat un peu spécial.<br><strong>Lui</strong> – Spécial<br><strong>Elle</strong> – Un cœur.<br><strong>Lui</strong> – Un cœur ? Comment ça un cœur ?<br><strong>Elle</strong> – Un cœur de bœuf. Direct. Juste avec une salade.<br><strong>Lui</strong> – Un cœur de bœuf ? Je ne savais même pas que ça se mangeait… Où est-ce que tu as trouvé ça ?<br><strong>Elle</strong> – À la boucherie du coin.<br><strong>Lui</strong> – Je ne savais pas que ça se vendait.<br><strong>Elle</strong> – Ah non, mais il ne me l’a pas vendu. Il me l’a donné.<br><strong>Lui</strong> – Non ? Et ils en ont bouffé ?<br><strong>Elle</strong> – Ce sont des gens polis, tu comprends. Je t’ai dit, des enseignants, tu vois. Alors tolérance, respect de la différence, ils n’ont pas osé moufter, tu penses bien. Genre je respecte les coutumes de chacun, même si elles sont différentes des miennes, et je fais un effort pour partager quelque chose avec eux, même si ce n’est pas exactement mes valeurs. Ils se sont pincés le nez, et ils ont tout bouffé.<br><strong>Lui</strong> – Et après ?<br><strong>Elle</strong> – On ne les a jamais revus.<br><strong>Lui</strong> – Jamais ?<br><strong>Elle</strong> – On se croise de temps en temps, évidemment, on est voisins. Mais ils n’ont plus osé nous réinviter, de peur qu’on leur rende l’invitation, et qu’on leur serve un truc encore pire que la dernière fois… On les a totalement traumatisés, je te dis.<br><strong>Lui</strong> – C’est dingue…<br><strong>Elle</strong> – Ah, non, tu aurais dû voir leurs têtes quand j’ai posé ça sur la table… J’aurais dû prendre une photo. D’ailleurs je crois que je l’ai fait…<br><strong>Lui</strong> – Merde… Mais du coup, tu as dû en bouffer aussi.<br><strong>Elle</strong> – Il faut savoir ce qu’on veut, mon vieux. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Mais après, tu es tranquille pour le restant de ta vie.<br><strong>Lui</strong> – D’accord… Ouais, je ne sais pas trop… Je vais en parler à ma femme…<br><strong>Elle</strong> – Surtout pas, malheureux !<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi ça ?<br><strong>Elle</strong> – Elle ne serait pas d’accord, évidemment !<br><strong>Lui</strong> – Oui… Il y a des chances.<br><strong>Elle</strong> – Non, tu lui fais la surprise. Tu lui dis, ce soir, c’est moi qui cuisine, chérie.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui, rien que ça, ça va la surprendre, c’est sûr…<br><em>Elle se lève.</em><br><strong>Elle</strong> – Bon allez, il faut que je te laisse.<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><strong>Elle</strong> – Tu me raconteras ta soirée, promis ?<br><strong>Lui</strong> – Attends, il ne m’a même pas encore servi mon jus de tomate…<br><strong>Elle</strong> – Tu verras, ça marche à tous les coups. Si tu ne veux plus jamais les avoir à dîner sans te fâcher avec eux, c’est la seule solution, je t’assure… Il y a une boucherie juste en face.<br><strong>Lui</strong> – Merci du conseil ! Tu as raison, je vais faire ça…<br><strong>Elle</strong> – Quand on peut aider…<br><em>Elle sort.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>Gros sur le cœur</title>
		<link>https://sketchotheque.net/gros-sur-le-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 17:09:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Adultère]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Avortement]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Mensonge]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Gros sur le cœur, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron passe un coup de chiffon sur son comptoir. Un couple arrive et s’assied à une table.</em><br><strong>Lui</strong> – Tu es sûre que c’est une bonne idée ?<br><strong>Elle</strong> – Quoi ?<br><strong>Lui</strong> – De prendre un dernier verre ensemble.<br><strong>Elle</strong> – On a été mariés pendant dix ans. On ne va pas se quitter comme ça, dans le bureau d’un juge. Ce serait trop triste.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Le patron arrive.</em><br><strong>Patron</strong> – Et pour ces messieurs-dames ?<br><strong>Elle</strong> – Qu’est-ce que tu prends ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais… (<em>Ironique</em>) Champagne ?<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi pas…?<br><strong>Lui</strong> – Alors deux coupes, s’il vous plaît.<br><strong>Patron</strong> – Désolé, je n’ai que de la blanquette de Limoux. Pour les kirs. Vous savez, ici, on est en face d’un hôpital, on n’a pas souvent l’occasion de faire péter la Veuve Clicquot.<br><strong>Lui</strong> – Bon… Alors un café.<br><strong>Elle</strong> – Moi aussi.<br><strong>Patron</strong> – Et deux expressos.<br><em>Le patron s’éloigne.</em><br><strong>Elle</strong> – Alors ça y est… Cette fois, c’est vraiment fini ?<br><strong>Lui</strong> – C’est ce qu’on voulait, non ?<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr. Ça n’empêche pas…<br><strong>Lui</strong> – Tu ne regrettes pas ?<br><strong>Elle</strong> – Un divorce, c’est toujours un échec. Je regrette que ça n’ait pas marché.<br><strong>Lui</strong> – Moi aussi…<br><em>Un temps</em>.<br><strong>Elle</strong> – En même temps, c’est toi qui m’as trompée.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><strong>Elle</strong> – Excuse-moi, je ne voulais pas revenir là-dessus… On est divorcés, tu n’as plus de comptes à me rendre.<br><strong>Lui</strong> – Non… (<em>Un temps</em>) Et toi, tu ne m’as jamais trompé ? Tu peux me le dire, maintenant.<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Un simple dérapage sans lendemain ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Un petit baiser furtif, un soir, après quelques verres de trop ?<br><strong>Elle</strong> – Non.<br><strong>Lui</strong> – Non, bien sûr… Tu es tellement parfaite…<br><strong>Elle</strong> – Je crois comprendre que dans ta bouche, ce n’est pas un compliment…<br><em>Le patron rapporte les deux cafés.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà…<br><strong>Elle</strong> – Merci.<br><em>Le patron repart.</em><br><strong>Lui</strong> – Je peux te demander quelque chose ? Maintenant que c’est fini, de toute façon…<br><strong>Elle</strong> – Encore ?<br><strong>Lui</strong> – Pour l’instant, tu n’as rien avoué…<br><strong>Elle</strong> – Si c’est un interrogatoire, alors… Vas-y, je t’écoute…<br><strong>Lui</strong> – Est-ce qu’au moins une fois, pendant toutes ces années qu’on a passées ensemble, tu m’as menti ?<br><strong>Elle</strong> – Menti ?<br><strong>Lui</strong> – Même par omission. Quelque chose d’important que tu m’aurais caché. Quelque chose dont tu ne serais pas fière, évidemment. Sinon, ça n’a aucun intérêt…<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi tu me demandes ça, maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Savoir que finalement, tu n’étais pas si parfaite… Ça m’aiderait à faire mon deuil.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas morte tout de même.<br><strong>Lui</strong> – Je veux dire le deuil de notre relation. De notre amour, si je peux me permettre.<br><strong>Elle</strong> – Tu peux.<br><strong>Lui</strong> – Alors ?<br><strong>Elle</strong> – Si ça peut t’aider…<br><strong>Lui</strong> – Je t’écoute.<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas si facile…<br><strong>Lui</strong> – Ne me dis pas que tu as l’embarras du choix.<br><strong>Elle</strong> – Non, justement. Je réfléchis…<br><strong>Lui</strong> – J’ai tout mon temps.<br><strong>Elle</strong> – Tu te souviens de notre première voiture ?<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Un matin, on l’a retrouvée dans la rue avec une aile complètement enfoncée.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br><strong>Elle</strong> – Évidemment, personne n’avait laissé de mot pour le constat.<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – C’était moi. J’avais embouti le pilier du portail en sortant en marche arrière. La voiture était neuve, je n’ai pas osé te le dire. J’avais tellement honte. J’ai garé la voiture dans la rue, et je n’ai rien dit.<br><strong>Lui</strong> – Je sais.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais ?<br><strong>Lui</strong> – Il y avait la trace de la peinture sur le pilier du portail. Elle doit y être encore.<br><strong>Elle</strong> – Et tu n’as rien dit ?<br><strong>Lui</strong> – Tu avais l’air d’y tenir tellement à ce mensonge… Qu’est-ce que ça aurait changé ?<br><strong>Elle</strong> – Rien, probablement. Mais pourquoi n’avoir rien dit ?<br><strong>Lui</strong> – Tu bousilles notre voiture toute neuve. Tu mens de façon totalement pathétique. Je ne suis pas flic. Qu’est-ce que j’aurais pu dire ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas. Tu aurais pu… marquer un point.<br><strong>Lui</strong> – Ce n’est pas comme ça que je voyais notre couple. C’était tellement enfantin, ce mensonge. Presqu’attendrissant. Je me suis dit que ça devait être important pour toi. J’ai préféré te laisser ta dignité…<br><strong>Elle</strong> – Merci… c’est gentil.<br><strong>Lui</strong> – Oui… (<em>Un temps</em>) Et toi, tu te fous de moi.<br><strong>Elle</strong> – Pas du tout. C’est vrai, je t’assure.<br><strong>Lui</strong> – Quand tu m’as demandé si je t’avais déjà trompé, j’ai été honnête avec toi. J’aurais pu nier. On serait peut-être encore mariés. À toi de jouer le jeu, maintenant. Il y a forcément autre chose… Quelque chose de plus grave…<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – D’accord… Tu te souviens quand tu étais parti trois jours à Toulouse pour un congrès.<br><strong>Lui</strong> – Oui.<br>Elle – Je t’avais dit que j’irais à l’hôpital pour un examen de routine.<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… je me souviens.<br><strong>Elle</strong> – C’était pour une IVG.<br><strong>Lui</strong> – Une IVG…<br><strong>Elle</strong> – Un avortement, si tu préfères…<br><strong>Lui</strong> – On avait décidé d’avoir un enfant… Tu avais arrêté la pilule…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong>Lui</strong> – Je ne comprends pas.<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus…<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne sais pas… J’ai eu peur.<br><strong>Lui</strong> – Peur ?<br><strong>Elle</strong> – Peur de ne pas y arriver. Peur que tu me quittes… Entre nous, je n’avais pas tout à fait tort.<br><strong>Lui</strong> – Ne renverse pas les rôles… Si on avait eu cet enfant, les choses auraient peut-être été différentes.<br><strong>Elle</strong> – Peut-être…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Lui</strong> – Comment tu as pu nous faire ça ?<br><strong>Elle</strong> – Merci de ne pas avoir dit me faire ça… Ça ne s’explique pas. Je ne me suis pas sentie capable. Capable d’assumer ça.<br><strong>Lui</strong> – Ça ?<br><strong>Elle</strong> – Donner la vie. Devenir mère.<br><strong>Lui</strong> – Tu aurais pu m’en parler. Partager ça avec moi.<br><strong>Elle</strong> – Je n’ai jamais osé te le dire… J’avais trop honte…<br><strong>Lui</strong> – Comme pour la voiture.<br><strong>Elle</strong> – Je suis vraiment désolée. J’ai eu peur…<br><strong>Lui</strong> – Je te faisais peur à ce point ? Même pour la voiture…<br><strong>Elle</strong> – C’est de moi dont j’avais peur. (<em>Un temps</em>) Tu crois vraiment que les choses auraient pu être différentes ?<br><strong>Lui</strong> – Les choses sont toujours comme elles sont. Ça ne sert à rien de les imaginer autrement après coup. Il faut croire que nous deux, ce n’était pas possible.<br><em>Silence</em>.<br><strong>Elle</strong> – Je crois qu’on ferait mieux d’y aller.<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Ils se lèvent pour partir.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu la revois toujours ?<br><strong>Lui</strong> – Qui ?<br><strong>Elle</strong> – Celle avec qui tu m’as trompée.<br><strong>Lui</strong> – Ah, celle-là…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as jamais dit qui c’était. Tu peux me le dire, maintenant. Je la connais ?<br><strong>Lui</strong> – À quoi ça servirait…?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu ne m’as jamais trompée.<br><strong>Lui</strong> – Non…<br><strong>Elle</strong> – Alors pourquoi<br><strong>Lui</strong> – C’était plus facile comme ça.<br><strong>Elle</strong> – Tu veux dire plus facile pour moi.<br><strong>Lui</strong> – Plus facile pour nous deux… Je crois qu’on ferait mieux d’y aller, maintenant…<br><strong>Elle</strong> – Allons-y.<br><em>Ils partent.</em></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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			</item>
		<item>
		<title>À vrai dire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-vrai-dire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 15:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=453</guid>

					<description><![CDATA[<p>A vrai dire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple assis à une table. Ils finissent de dîner.</em><br><strong>Femme</strong> – Quel festin !<br><strong>Homme</strong> – Oui, hein ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, on peut bien faire un petit excès de temps pour une grande occasion.<br><strong>Homme</strong> – Allez, à notre anniversaire de mariage !<br><em>Ils lèvent leurs verres, trinquent et boivent.</em><br><strong>Femme</strong> – Trente ans, tu te rends compte ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression que c’était hier.<br><strong>Femme</strong> – Si c’était à refaire, tu m’épouserais ?<br><strong>Homme</strong> – Les yeux fermés !<br><strong>Femme</strong> – Et les yeux ouverts ?<br><strong>Homme</strong> – Ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ?<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi, je n’en ai aucune idée.<br><strong>Femme</strong> – J’ai un peu la tête qui tourne…<br><strong>Homme</strong> – Tu veux un dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas si ce serait très raisonnable…<br><em>Arrive la serveuse.</em><br><strong>Serveuse</strong> – Alors  ? Ça vous a plu ?<br><strong>Homme</strong> – C’était parfait ! N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Femme</strong> – Succulent ! Non, vraiment…<br><strong>Homme</strong> – Une bonne table, comme ça, c’est ce qui manquait dans le quartier.<br><strong>Serveuse</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’ouvrir un restaurant dans le coin, si ce n’est pas indiscret ?<br><strong>Serveuse</strong> – Dans la restauration, il n’y a pas de secret. Il faut choisir un quartier où les gens sont suffisamment vieux pour ne plus avoir d’autre plaisir dans la vie que de manger. Mais pas trop âgés quand même, qu’il leur reste encore quelques dents pour mastiquer.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Et des vieux qui soient suffisamment riches pour pouvoir se payer un restaurant hors de prix une fois de temps en temps, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Mais sinon, c’était très bon. Hein, chéri ?<br><strong>Homme</strong> – Excellent.<br><strong>Serveuse</strong> – Oh, vous savez, on ne fait pas des choses compliquées. On se contente de décongeler les plats tout préparés qu’on achète pour presque rien chez le grossiste.<br><strong>Femme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Serveuse</strong> – Pourquoi se casser la tête, de toute façon, les gens ne voient pas la différence. Vous avez vu la différence, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi non…<br><strong>Serveuse</strong> – Ben vous voyez ! Non, entre nous, il n’y a même pas de cuisine, dans ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ? Et pourtant, sur la porte, là-bas, à côté des toilettes…<br><strong>Femme</strong> – C’est marqué cuisine, non ?<br><strong>Serveuse</strong> – Ça, c’est pour le décor. C’est une fausse porte plaquée contre le mur, elle ne s’ouvre même pas. Non, on a seulement un petit cagibi derrière le bar avec un four à micro-onde pour décongeler tout ça vite fait.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille qu’on soit en mesure de vous proposer une cinquantaine de plats différents à la carte ?<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai qu’il y a beaucoup de choix, mais…<br><strong>Serveuse</strong> – Et que cinq minutes après la commande, on puisse vous servir une véritable bouillabaisse de Marseille comme si elle avait mijoté pendant toute la journée dans une cuisine du Vieux-Port ? <br><strong>Femme</strong> – Ça, le service est rapide, on ne peut pas dire le contraire. N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, elle était très bonne, cette bouillabaisse.<br><strong>Serveuse</strong> – Bon, si ça vous a plu, c’est le principal. Un petit dessert, peut-être, pour faire passer la bouillabaisse ?<br><strong>Homme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Volontiers…<br><strong>Homme</strong> – C’est vraiment de la gourmandise.<br><strong>Serveuse</strong> – Oui, enrobés comme vous êtes tous les deux, je me doute que ce n’est pas la malnutrition qui vous a poussés jusqu’à la porte de ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Eh non…<br><strong>Serveuse</strong> – Si on peut encore appeler ça un restaurant…<br><strong>Femme</strong> – Eh oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Alors ? Je peux me permettre de vous faire une petite suggestion, pour le dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Serveuse</strong> – Dans ce cas, je vous conseille le tiramisu.<br><strong>Femme</strong> – Votre spécialité, j’imagine.<br><strong>Serveuse</strong> – Non ! Mais il nous reste sur les bras dans le congélo depuis au moins six mois, et la date limite de consommation arrive à échéance demain. Si je ne vends pas ce qui me reste avant ce soir, on va devoir donner tout ça aux Restaurants du Cœur. C’est qu’on a des contrôles sanitaires très stricts, quand même.<br><strong>Homme</strong> – Voilà qui est rassurant…<br><strong>Serveuse</strong> – Allez, un bon geste ! Vous ne voudriez pas que ce véritable tiramisu à l’italienne finisse aux Restaurants du Cœur, et que de vrais affamés aient une crise de foie à votre place ?<br><strong>Femme</strong> – Va pour le tiramisu, alors.<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi.<br><strong>Serveuse</strong> – Et puis une petite gastro de temps en temps, c’est très bon pour la ligne, vous verrez…<br><strong>Femme</strong> – Ça nous rappellera notre voyage de noces en Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Vous avez eu une gastro pendant votre voyage de noces ?<br><strong>Homme</strong> – Euh, non, je parlais du tiramisu.<br><strong>Serveuse</strong> – Pardon ?<br><strong>Femme</strong> – Le tiramisu, l’Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Ah, oui ! Enfin, j’ai dit que c’était un tiramisu à l’italienne, je n’ai pas dit qu’il venait d’Italie. Celui-là est fabriqué en Roumanie, mais bon. Au moins, on sait d’où il vient. Ce n’est pas toujours le cas, croyez-moi… Parfait, alors deux tiramisus pour ces messieurs-dames.<br><em>Le serveuse s’éloigne. Ils échangent un sourire aimable.</em><br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas si c’était très raisonnable.<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est vraiment de la gourmandise…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;addition</title>
		<link>https://sketchotheque.net/laddition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=409</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'addition, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise seule à une table de restaurant, les yeux dans le vague. Il arrive d’un pas décidé, sans la regarder, griffonnant déjà quelque chose sur son carnet de commande</em>.<br><strong>Lui</strong> (<em>avec entrain, un peu survolté</em>) – Les moules farcies, ça vous a plu ? C’est la spécialité du chef…<br><strong>Elle</strong> (<em>sinistre</em>) – Moi c’était le plat du jour. Le lapin…<br><strong>Lui</strong> (<em>sans se démonter</em>) – Alors, pour la petite dame, qu’est-ce que ce sera pour terminer ? Un petit dessert ? Un petit café ? L’addition ?<br><strong>Elle</strong> (<em>le regardant avec intensité</em>) – Il n’y a rien de plus déprimant que de manger seule au restaurant…<br><strong>Lui</strong> (<em>pour garder sa contenance, mais un peu perturbé</em>) – Un petit digestif ?<br><strong>Elle</strong> – Surtout pour une femme…<br><strong>Lui</strong> – Marie-Brizard ? Cointreau ? Grand-Marnier ?<br><strong>Elle</strong> – Manger dans un grand restaurant, c’est un peu comme faire l’amour, vous comprenez ?<br><strong>Lui</strong> (<em>troublé</em>) – Une liqueur de bonne femme, quoi…<br><strong>Elle</strong> – Techniquement, seule ou à plusieurs, ça se termine à peu près de la même façon. Et pourtant, c’est quand même mieux à deux, non…?<br><strong>Lui</strong> – Une petite tisane…?<br><strong>Elle</strong> – On n’est même pas obligé de parler, hein ? Pas plus au lit qu’à table. Quelques banalités suffisent. Je ne sais pas, moi… Passe-moi le beurre…<br><strong>Lui</strong> – Saveur du Soir ? Nuit Tranquille ?<br><strong>Elle</strong> (<em>pleine de sollicitude</em>) – Vous ne voulez vraiment pas vous asseoir ?<br><strong>Lui</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Elle</strong> – Pour vous non plus, ça ne doit pas être facile. Je me trompe ?<br><strong>Lui</strong> – Ma foi…<br><strong>Elle</strong> – Non pas que je méprise votre métier, hein ? Mais repasser les plats, comme ça, et puis repartir. Sans même pouvoir goûter… Vous avez mangé, au moins ?<br><strong>Lui</strong> – Pas encore…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez faim ?<br><strong>Lui</strong> – Mon Dieu, je…<br><strong>Elle</strong> (<em>lui tendant la panière</em>) – Prenez au moins un morceau de pain.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas si…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez quand même droit à une minute de pause…<br><em>Elle se lève et, avec autorité, elle lui fait signe de s’asseoir. Il s’exécute.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai que… après le coup de feu de midi, j’ai toujours un petit coup de pompe…<br><em>Elle se rassied en face de lui.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – Voilà, comme ça on est deux.<br><em>Il se met à mâcher son pain sec.</em><br><strong>Elle</strong> – Un peu de beurre ? Ça glissera mieux…<br><strong>Lui</strong> – Merci.<br><em>Il prend le beurre et commence à tartiner.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous savez ce que me disait ma grand-mère ?<br><em>Il ne sait visiblement pas.</em><br><strong>Elle</strong> – L’appétit est le meilleur des condiments.<br><em>Il semble pénétré par la haute teneur philosophique de cette réflexion.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai…<br><strong>Elle</strong> – Quand on a faim, une simple tartine…<br><strong>Lui</strong> (<em>soupirant</em>) – Ça me rappelle mon enfance… Les tartines que ma mère me donnait pour le goûter… Avec du beurre salé… Je suis né en Bretagne…<br><strong>Elle</strong> (<em>avenante</em>) – Vous voulez un peu de sel pour mettre dessus ?<br><em>Elle lui tend la salière. Il hésite puis la prend, et met un peu de sel sur sa tartine. Elle le regarde manger avec un air attendri.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bon, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Pour moi, ça vaut le caviar, vous savez…<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que j’ai pris en entrée… Le caviar… C’est vrai que c’est salé aussi… Surtout l’addition…<br><em>Il sourit et continue à mâcher. Elle le regarde encore un instant avec un air apaisé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça m’a fait du bien de parler un peu avec vous.<br><em>Elle se lève, et lui lance un regard plein de reconnaissance.</em><br><strong>Elle</strong> – Merci, vraiment…<br><em>Elle met son manteau.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – La prochaine fois, c’est moi qui vous invite.<br><strong>Lui</strong> – Merci…<br><em>Elle s’en va, en lui faisant un petit signe avant de sortir.<br>Il reste assis là, un peu largué, en continuant à mâcher sa tartine tout en rêvassant. Un autre homme (ou une autre femme) arrive, probablement le patron (ou la patronne). Il (ou elle) regarde successivement sans comprendre le serveur assis à table, et la porte par laquelle la cliente vient de sortir.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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