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	<title>Archives des Restaurant - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Restaurant - La Sketchothèque</title>
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	<item>
		<title>Malentendus</title>
		<link>https://sketchotheque.net/malentendus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:06:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Minute papillon]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
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		<category><![CDATA[Malentendu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malentendus, un sketch humoristique extrait du recueil 'Minute, papillon!' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages qui finissent de dîner.</em><br><strong>Un</strong> – Il n’est pas si mal, ce resto, finalement, non ?<br><strong>Deux</strong> (<em>ailleurs</em>) – Oui…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Je me demande ce qu’il y a après…<br><strong>Deux</strong> – Après ? Tu veux dire après la mort ? Enfin après la vie…<br><strong>Un</strong> – Euh… Non… Je pensais plutôt… Après la blanquette de veau…<br><strong>Deux</strong> – La blanquette ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Qu’est-ce qu’il y a après… comme dessert.<br><strong>Deux</strong> – D’accord… Excuse-moi, j’avais mal compris.<br><strong>Un</strong> – Non mais ce n’est pas grave. Ça arrive…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?<br><strong>Un</strong> – Oui. Enfin, maintenant… Après.<br><strong>Deux</strong> – Tu veux qu’on fasse le point, c’est ça ? Sur notre vie de couple ? C’est vrai qu’il serait peut-être temps de faire un premier bilan… Pour savoir si…<br><strong>Un</strong> – En fait, je voulais dire maintenant… Après le repas. Qu’est-ce qu’on fait maintenant. Un ciné ? Une balade ? Ou alors on rentre…<br><strong>Deux</strong> – Ah d’accord… Maintenant, c’est-à-dire cet après-midi.<br><strong>Un </strong>– Voilà. Cet après-midi, ce soir…<br><strong>Deux</strong> – J’avais compris… qu’est-ce qu’on fait maintenant, de ce qui nous reste à vivre. Ensemble ou…<br><strong>Un</strong> – Je vois…<br><strong>Deux</strong> – Décidément…<br><strong>Un</strong> – Oui… Il y a quelque chose que tu ne digères pas ?<br><strong>Deux</strong> – Non, non, si j’avais quelque chose sur le cœur, je te le dirais, je t’assure.<br><strong>Un</strong> – Je parlais seulement de ce repas.<br><strong>Deux</strong> – Excuse-moi.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai que la blanquette, c’est toujours un peu…<br><strong>Deux</strong> – Oui. Surtout la blanquette de veau.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu vois quelqu’un ?<br><strong>Deux</strong> – Mais pas du tout ! Je ne t’ai jamais trompé, je te le jure.<br><strong>Un</strong> – Je parlais du serveur… Pour lui demander l’addition. Je n’ai mis que deux heures dans le parcmètre. J’espère qu’on ne va pas avoir un papillon…<br><strong>Deux</strong> – Bien sûr.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on va y arriver ?<br><strong>Deux </strong>– À avoir l’addition, tu veux dire ?<br><strong>Un</strong> – Non, là je parlais de nous deux.<br><strong>Deux</strong> – Nous deux ?<br><strong>Un </strong>– J’ai l’impression qu’on a un peu de mal à se comprendre, en ce moment.<br><strong>Deux</strong> – Mais enfin… Qu’est-ce qui te fait dire ça ?<br><strong>Un</strong> – Je ne sais pas…<br><strong>Deux</strong> – Ou alors on se fait une petite gâterie à la maison… Je veux dire, pour le dessert… Comme le serveur n’arrive pas…<br><strong>Un</strong> – D’accord… C’était une proposition ?<br><strong>Deux</strong> – Oui, enfin… Je crois…<br><strong>Un</strong> – Ah, voilà le serveur… Garçon !<br><strong>Deux</strong> – C’est une femme, non ?<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr ?<br><strong>Deux</strong> – Non…<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/">Minute, papillon!</a></p>



<p><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/minute-papillon/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="328" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Minute, papillon!" class="wp-image-500" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/minute-papillon-jean-pierre-martinez-bandeau-300x246.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cœur sensible</title>
		<link>https://sketchotheque.net/coeur-sensible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Mar 2025 17:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[À cœurs ouverts]]></category>
		<category><![CDATA[Amour]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Boucherie]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Cœur]]></category>
		<category><![CDATA[Défense animale]]></category>
		<category><![CDATA[L214]]></category>
		<category><![CDATA[Véganisme]]></category>
		<category><![CDATA[Végétarisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cœur sensible, un sketch humoristique extrait du recueil 'À cœurs ouverts' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le patron est derrière son comptoir. Il lit le journal. Un homme et une femme arrivent. Ils s’asseyent à une table.</em><br><strong>Elle</strong> – Je te préviens, je n’ai pas beaucoup de temps… Je reprends mon service dans une heure. Et mon patron n’attend qu’une occasion pour me virer…<br><strong>Lui</strong> – Merci de me sacrifier ta pause déjeuner.<br><strong>Elle</strong> – Non, mais je ne te sacrifie rien… (<em>Regardant la carte</em>) Je vais manger quelque chose. Pas toi ?<br><strong>Lui</strong> – Si, si, bien sûr, je veux dire… Merci d’avoir accepté de déjeuner avec moi.<br><em>Elle repose la carte. Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – Donc, tu avais quelque chose à me dire…<br><strong>Lui</strong> – Oui…<br><em>Silence embarrassé.</em><br><strong>Elle</strong> – Je t’écoute…<br><em>Le patron lance un regard intrigué vers eux.</em><br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas trop comment te dire ça…<br><strong>Elle</strong> – Comme on n’a pas trop le temps, je vais t’aider un peu… Tu veux sortir avec moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> (<em>pris de court</em>) – Oui, enfin…<br><em>Le patron arrive, interrompant cette scène un peu pathétique.</em><br><strong>Patron</strong> – Qu’est-ce que je vous sers ?<br><strong>Elle</strong> – Une salade niçoise… sans anchois et sans thon.<br><strong>Lui</strong> (<em>pour plaisanter</em>) – Un jambon-beurre… sans beurre. (<em>La femme ne rit pas et le patron lui lance un regard glacial.</em>) Non, je déconne. Un jambon-beurre, s’il vous plaît.<br><strong>Patron</strong> – Une niçoise et un Paris-beurre. C’est parti.<br><em>Le patron repart.</em><br><strong>Elle</strong> – Tu manges de la viande ?<br><strong>Lui</strong> – Euh… oui. Enfin, non.<br><strong>Elle</strong> – Mais tu manges du jambon…<br><strong>Lui</strong> – Oui, mais… Du jambon, ce n’est pas vraiment de la viande, si ?<br><strong>Elle</strong> – Tu as vu la dernière enquête de L214 sur l’élevage des cochons en cage ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Je pense que si tu l’avais vue, tu ne mangerais plus de jambon…<br><strong>Lui</strong> – Excuse-moi, je… Je ne savais pas…<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que disaient les Allemands après la guerre au sujet des camps.<br><strong>Lui</strong> – Qu’est-ce qu’ils disaient ?<br><strong>Elle</strong> – Je ne savais pas…<br><strong>Lui</strong> – D’accord… donc… tu es végétarienne.<br><strong>Elle</strong> – Vegan.<br><strong>Lui</strong> – OK…<br><strong>Elle</strong> – Tu ne connais pas la différence, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Je ne mange aucun produit d’origine animale. Je ne porte pas de cuir, non plus. Pas de fourrure, évidemment.<br><strong>Lui</strong> – De ce temps-là…<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Non, je veux dire… Moi non plus, je ne porte pas de fourrure. C’est déjà un début, non ?<br><strong>Elle</strong> – Écoute, je vais être franche avec toi, je ne pourrais jamais sortir avec un type qui bouffe du jambon. Mais on peut être amis, si tu veux… On n’est pas sectaires, non plus.<br><strong>Lui</strong> – C’est si grave que ça ? Je veux dire… C’est juste une tranche de jambon.<br><strong>Elle</strong> – Tu sais dans quelles conditions il a été élevé, ce cochon ? Comment il a vécu ? Dans quelles conditions il a été abattu ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu as déjà visité un élevage de porcs ?<br><strong>Lui</strong> – Non.<br><strong>Elle</strong> – Tu as déjà visité un abattoir ?<br><strong>Lui</strong> – Non… et toi ?<br><strong>Elle</strong> – Moi non plus, mais j’ai vu beaucoup de vidéos là-dessus.<br><strong>Lui</strong> – OK… Non, mais… je n’y tiens pas plus que ça, moi, au jambon… Enfin, je veux dire… à la viande en général.<br><strong>Elle</strong> – Donc, tu pourrais devenir vegan, juste pour sortir avec moi ?<br><strong>Lui</strong> – Pourquoi pas ? Bien sûr ! Absolument…<br><strong>Elle</strong> – Et si j’étais musulmane ou juive, que je te demandais de ne plus manger de porc et de te convertir à ma religion, tu le ferais ?<br><strong>Lui</strong> – Tu es musulmane ?<br><strong>Elle</strong> – C’est juste une supposition. Alors ?<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas… Peut-être… Je suis catholique, mais… C’est comme pour la viande, je n’y tiens pas plus que ça…<br><strong>Elle</strong> – Tu es vachement influençable, en fait.<br><strong>Lui</strong> – Ou alors… je tiens vachement à sortir avec toi.<br><strong>Elle</strong> – Ouais… mais ce ne serait pas par conviction.<br><strong>Lui</strong> – Que je sortirais avec toi ?<br><strong>Elle</strong> – Que tu arrêterais la viande ! Ce serait juste pour sortir avec moi.<br><strong>Lui</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Elle</strong> – Et dès que je t’aurais largué, tu te remettrais à bouffer de la viande.<br><strong>Lui</strong> – On ne sort pas encore ensemble, et tu envisages déjà de me larguer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est quoi ta pire expérience alimentaire ?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Le pire repas de ta vie, si tu préfères.<br><strong>Lui</strong> (<em>plaisantant</em>) – J’espère que ça ne va pas être celui-ci… (<em>Elle reste à nouveau de marbre</em>.) Non, je… Je ne sais pas…<br><strong>Elle</strong> – Eh bien moi, je peux te le dire.<br><strong>Lui</strong> – OK.<br><em>Éventuellement une musique mélodramatique accompagne le récit de cet épisode traumatique.</em><br><strong>Elle</strong> – Je devais avoir une dizaine d’années. On était invités avec mes parents chez des amis à eux. Un médecin et sa femme. Ce n’était pas vraiment des amis, en fait. C’était juste nos nouveaux voisins. Ma mère les avait invités une première fois pour leur souhaiter la bienvenue dans le quartier, et ils nous rendaient l’invitation. Mes parents sont des gens très simples. Ça devait les flatter d’être invités à dîner chez un chirurgien. Ils s’attendaient sans doute à ce que ces grands bourgeois mettent les petits plats dans les grands. Donc on prend l’apéro, on bavarde un peu et on se met à table. C’est vrai que la vaisselle était en porcelaine, et la nappe d’une blancheur immaculée. Il y avait tellement de couverts sur la table qu’on se demandait lequel prendre pour commencer. Arrive le plat principal, après une salade verte, et qu’est-ce que le chirurgien met sur la table ?<br>La musique s’arrête brusquement.<br><strong>Lui</strong> – Tu me fais peur…<br><strong>Elle</strong> – Un cœur !<br><em>Blanc.</em><br><strong>Lui</strong> – Un cœur humain ?<br><strong>Elle</strong> – Non quand même… Enfin je ne crois pas. Un cœur de bœuf, j’imagine.<br><strong>Lui</strong> – Un cœur de bœuf… Je ne savais même pas que ça se mangeait… Le mou, à la rigueur… Pour les chats… C’est du poumon, je crois… Mais un cœur !<br><strong>Elle</strong> – Et ces deux sadiques ont encore le culot de nous demander si on aimait ça.<br><strong>Lui</strong> – Et alors ?<br><strong>Elle</strong> – Mes parents sont des gens extrêmement polis… Alors invités chez un docteur, tu penses bien… Donc ma mère de répondre poliment : mais bien sûr, vous pensez bien. On n’en a jamais mangé, mais bon. Il faut bien une première fois, pas vrai ?<br><strong>Lui</strong> – Oh putain…<br><strong>Elle</strong> – Et mon père qui en remet une couche : Ah oui, du cœur de bœuf, c’est original, ça change un peu. C’est vrai, on n’y pense jamais, on devrait en faire plus souvent, hein chérie ? Moi, je suis prise d’un haut-le-cœur, évidemment. Je dis que je n’aime pas ça. Ma mère insiste : tant qu’on n’a pas goûté, on ne peut pas dire qu’on aime pas ça ! Et le docteur de nous faire la leçon : vous savez que chez les peuples primitifs, les guerriers mangeaient le cœur de leurs ennemis pour s’approprier leur force ? Et la femme du docteur d’en rajouter : en tout cas, c’est très bon pour la santé, le cœur de bœuf. C’est plein de protéines. Et ne dit-on pas « fort comme un bœuf »… Et me voilà avec un énorme morceau de cœur dans mon assiette.<br><strong>Lui</strong> – Il n’y avait rien d’autre à bouffer ?<br><strong>Elle</strong> – De la salade verte.<br><strong>Lui</strong> – Du cœur avec de la salade…<br><strong>Elle</strong> – Ce n’est pas facile à couper non plus, je peux te le dire. Genre une semelle en caoutchouc, tu vois ? Tu en as déjà mangé ?<br><strong>Lui</strong> – Une semelle en caoutchouc…?<br><strong>Elle</strong> – Et tout le monde de mastiquer son cœur de bœuf avant de se forcer à l’avaler. Le tout en parlant de la pluie et du beau temps, pour faire comme si tout ça était parfaitement normal.<br><strong>Lui</strong> – Et c’est bon ? Enfin, je veux dire… Quel goût ça a ?<br><strong>Elle</strong> – Aucun. Ça a la consistance d’un chewing-gum. Depuis, je n’ai plus jamais mâché de chewing-gum. Et surtout, du jour au lendemain, je suis devenue vegan. Avant même que le mot existe. Je me demande même si ce n’est pas moi qui ai inventé le concept…<br><strong>Lui</strong> – Ah oui… Il y a de quoi être traumatisée pour toujours…<br><strong>Elle</strong> – Attends… et si c’est toi qui avais raison…?<br><strong>Lui</strong> – Pardon ?<br><strong>Elle</strong> – Maintenant, je me demande si c’était vraiment un cœur de bœuf.<br><strong>Lui</strong> – Non ?<br><strong>Elle</strong> – Ben c’était un chirurgien, tu vois… Quand ils transplantent un nouveau cœur à un patient, on ne sait pas trop ce qu’ils font de l’ancien. J’imagine qu’il n’y a pas beaucoup de malades qui demandent à le récupérer pour le garder en souvenir dans un bocal.<br><strong>Lui</strong> – Tu crois qu’il y a des chirurgiens cannibales ?<br><em>Le patron revient avec le sandwich et la salade.</em><br><strong>Patron</strong> – Et voilà. Un Paris-beurre et une niçoise sans anchois ni thon. J’ai mis du maquereau à la place. (<em>La fille lui lance un regard assassin, et il poursuit pince-sans-rire</em>.) Je plaisante. Bon appétit.<br><em>L’homme regarde son sandwich, avant de le repousser.</em><br><strong>Lui</strong> – Non, c’est toi qui as raison. Ce ne serait pas honnête de ma part.<br><strong>Elle</strong> – Quoi<br><strong>Lui</strong> – D’arrêter la viande juste pour sortir avec toi. Il faut que j’y crois.<br><strong>Elle</strong> – C’est sûr…<br><strong>Lui</strong> – Le problème, c’est que d’arrêter la viande, c’est comme d’arrêter la clope. Quand on est accro…<br><strong>Elle</strong> – Donc tu renonces à…<br><strong>Lui</strong> – Je sais ce que j’ai à faire.<br><strong>Elle</strong> – Là c’est toi qui me fais peur.<br><strong>Lui</strong> – Je vais aller à la boucherie juste en face. Je vais acheter un cœur de bœuf, et je vais le bouffer tout entier. Après, je pense que je serai définitivement dégoûté de la viande. Comme toi.<br><strong>Elle</strong> – Tu ferais ça pour moi ? Tu boufferais un cœur de bovin ?<br><strong>Lui</strong> – À ton avis ?<br><em>Il se lève. Surprise, elle se lève aussi.</em><br><strong>Elle</strong> – Mais… tu y vas maintenant ?<br><strong>Lui</strong> – Si je réfléchis trop, je risque de ne pas y arriver.<br><strong>Elle</strong> – Et… tu as une recette ?<br><strong>Lui</strong> – Je vais le bouffer cru. Je suis un guerrier, non ?<br><strong>Elle</strong> – Bon…<br><strong>Lui</strong> – Allez, souhaite-moi bonne chance.<br><em>Il l’enlace et, jouant sur l’effet de surprise, il l’embrasse longuement et fougueusement sur la bouche. Il sort. Elle le regarde partir, interloquée. Le patron, qui a tout vu, revient.</em><br><strong>Patron</strong> – Ça ne lui a pas plu, le Paris-beurre ?<br><strong>Elle</strong> – Il a décidé de devenir vegan.<br><strong>Patron</strong> – En tout cas, il a l’air vraiment motivé…<br><strong>Elle</strong> – Oui…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>À cœurs ouverts</em><br><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/a-coeurs-ouverts/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="220" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp" alt="" class="wp-image-466" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez-300x220.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-a-coeurs-ouverts-jean-pierre-martinez.webp 400w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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			</item>
		<item>
		<title>À vrai dire</title>
		<link>https://sketchotheque.net/a-vrai-dire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 15:15:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Couple]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=453</guid>

					<description><![CDATA[<p>A vrai dire, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un couple assis à une table. Ils finissent de dîner.</em><br><strong>Femme</strong> – Quel festin !<br><strong>Homme</strong> – Oui, hein ?<br><strong>Femme</strong> – Enfin, on peut bien faire un petit excès de temps pour une grande occasion.<br><strong>Homme</strong> – Allez, à notre anniversaire de mariage !<br><em>Ils lèvent leurs verres, trinquent et boivent.</em><br><strong>Femme</strong> – Trente ans, tu te rends compte ?<br><strong>Homme</strong> – J’ai l’impression que c’était hier.<br><strong>Femme</strong> – Si c’était à refaire, tu m’épouserais ?<br><strong>Homme</strong> – Les yeux fermés !<br><strong>Femme</strong> – Et les yeux ouverts ?<br><strong>Homme</strong> – Ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ?<br><strong>Femme</strong> – Qu’est-ce que tu veux dire par là ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi, je n’en ai aucune idée.<br><strong>Femme</strong> – J’ai un peu la tête qui tourne…<br><strong>Homme</strong> – Tu veux un dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas si ce serait très raisonnable…<br><em>Arrive la serveuse.</em><br><strong>Serveuse</strong> – Alors  ? Ça vous a plu ?<br><strong>Homme</strong> – C’était parfait ! N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Femme</strong> – Succulent ! Non, vraiment…<br><strong>Homme</strong> – Une bonne table, comme ça, c’est ce qui manquait dans le quartier.<br><strong>Serveuse</strong> – Merci.<br><strong>Femme</strong> – Et qu’est-ce qui vous a donné l’idée d’ouvrir un restaurant dans le coin, si ce n’est pas indiscret ?<br><strong>Serveuse</strong> – Dans la restauration, il n’y a pas de secret. Il faut choisir un quartier où les gens sont suffisamment vieux pour ne plus avoir d’autre plaisir dans la vie que de manger. Mais pas trop âgés quand même, qu’il leur reste encore quelques dents pour mastiquer.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Et des vieux qui soient suffisamment riches pour pouvoir se payer un restaurant hors de prix une fois de temps en temps, évidemment.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr… Mais sinon, c’était très bon. Hein, chéri ?<br><strong>Homme</strong> – Excellent.<br><strong>Serveuse</strong> – Oh, vous savez, on ne fait pas des choses compliquées. On se contente de décongeler les plats tout préparés qu’on achète pour presque rien chez le grossiste.<br><strong>Femme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Serveuse</strong> – Pourquoi se casser la tête, de toute façon, les gens ne voient pas la différence. Vous avez vu la différence, vous ?<br><strong>Homme</strong> – Ma foi non…<br><strong>Serveuse</strong> – Ben vous voyez ! Non, entre nous, il n’y a même pas de cuisine, dans ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ? Et pourtant, sur la porte, là-bas, à côté des toilettes…<br><strong>Femme</strong> – C’est marqué cuisine, non ?<br><strong>Serveuse</strong> – Ça, c’est pour le décor. C’est une fausse porte plaquée contre le mur, elle ne s’ouvre même pas. Non, on a seulement un petit cagibi derrière le bar avec un four à micro-onde pour décongeler tout ça vite fait.<br><strong>Homme</strong> – Ah, oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Ça ne vous a pas mis la puce à l’oreille qu’on soit en mesure de vous proposer une cinquantaine de plats différents à la carte ?<br><strong>Homme</strong> – C’est vrai qu’il y a beaucoup de choix, mais…<br><strong>Serveuse</strong> – Et que cinq minutes après la commande, on puisse vous servir une véritable bouillabaisse de Marseille comme si elle avait mijoté pendant toute la journée dans une cuisine du Vieux-Port ? <br><strong>Femme</strong> – Ça, le service est rapide, on ne peut pas dire le contraire. N’est-ce pas, chérie ?<br><strong>Homme</strong> – En tout cas, elle était très bonne, cette bouillabaisse.<br><strong>Serveuse</strong> – Bon, si ça vous a plu, c’est le principal. Un petit dessert, peut-être, pour faire passer la bouillabaisse ?<br><strong>Homme</strong> – Pourquoi pas ?<br><strong>Femme</strong> – Volontiers…<br><strong>Homme</strong> – C’est vraiment de la gourmandise.<br><strong>Serveuse</strong> – Oui, enrobés comme vous êtes tous les deux, je me doute que ce n’est pas la malnutrition qui vous a poussés jusqu’à la porte de ce restaurant.<br><strong>Homme</strong> – Eh non…<br><strong>Serveuse</strong> – Si on peut encore appeler ça un restaurant…<br><strong>Femme</strong> – Eh oui…<br><strong>Serveuse</strong> – Alors ? Je peux me permettre de vous faire une petite suggestion, pour le dessert ?<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr.<br><strong>Serveuse</strong> – Dans ce cas, je vous conseille le tiramisu.<br><strong>Femme</strong> – Votre spécialité, j’imagine.<br><strong>Serveuse</strong> – Non ! Mais il nous reste sur les bras dans le congélo depuis au moins six mois, et la date limite de consommation arrive à échéance demain. Si je ne vends pas ce qui me reste avant ce soir, on va devoir donner tout ça aux Restaurants du Cœur. C’est qu’on a des contrôles sanitaires très stricts, quand même.<br><strong>Homme</strong> – Voilà qui est rassurant…<br><strong>Serveuse</strong> – Allez, un bon geste ! Vous ne voudriez pas que ce véritable tiramisu à l’italienne finisse aux Restaurants du Cœur, et que de vrais affamés aient une crise de foie à votre place ?<br><strong>Femme</strong> – Va pour le tiramisu, alors.<br><strong>Homme</strong> – Moi aussi.<br><strong>Serveuse</strong> – Et puis une petite gastro de temps en temps, c’est très bon pour la ligne, vous verrez…<br><strong>Femme</strong> – Ça nous rappellera notre voyage de noces en Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Vous avez eu une gastro pendant votre voyage de noces ?<br><strong>Homme</strong> – Euh, non, je parlais du tiramisu.<br><strong>Serveuse</strong> – Pardon ?<br><strong>Femme</strong> – Le tiramisu, l’Italie…<br><strong>Serveuse</strong> – Ah, oui ! Enfin, j’ai dit que c’était un tiramisu à l’italienne, je n’ai pas dit qu’il venait d’Italie. Celui-là est fabriqué en Roumanie, mais bon. Au moins, on sait d’où il vient. Ce n’est pas toujours le cas, croyez-moi… Parfait, alors deux tiramisus pour ces messieurs-dames.<br><em>Le serveuse s’éloigne. Ils échangent un sourire aimable.</em><br><strong>Homme</strong> – Je ne sais pas si c’était très raisonnable.<br><strong>Femme</strong> – Oui… C’est vraiment de la gourmandise…<br><strong><em>Noir</em></strong>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



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<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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		<title>L&#8217;addition</title>
		<link>https://sketchotheque.net/laddition/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Mar 2025 08:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Restaurant]]></category>
		<category><![CDATA[Sens interdit Sans interdit]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=409</guid>

					<description><![CDATA[<p>L'addition, un sketch humoristique extrait du recueil 'Sens interdit sans interdit' de Jean-Pierre Martinez</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est assise seule à une table de restaurant, les yeux dans le vague. Il arrive d’un pas décidé, sans la regarder, griffonnant déjà quelque chose sur son carnet de commande</em>.<br><strong>Lui</strong> (<em>avec entrain, un peu survolté</em>) – Les moules farcies, ça vous a plu ? C’est la spécialité du chef…<br><strong>Elle</strong> (<em>sinistre</em>) – Moi c’était le plat du jour. Le lapin…<br><strong>Lui</strong> (<em>sans se démonter</em>) – Alors, pour la petite dame, qu’est-ce que ce sera pour terminer ? Un petit dessert ? Un petit café ? L’addition ?<br><strong>Elle</strong> (<em>le regardant avec intensité</em>) – Il n’y a rien de plus déprimant que de manger seule au restaurant…<br><strong>Lui</strong> (<em>pour garder sa contenance, mais un peu perturbé</em>) – Un petit digestif ?<br><strong>Elle</strong> – Surtout pour une femme…<br><strong>Lui</strong> – Marie-Brizard ? Cointreau ? Grand-Marnier ?<br><strong>Elle</strong> – Manger dans un grand restaurant, c’est un peu comme faire l’amour, vous comprenez ?<br><strong>Lui</strong> (<em>troublé</em>) – Une liqueur de bonne femme, quoi…<br><strong>Elle</strong> – Techniquement, seule ou à plusieurs, ça se termine à peu près de la même façon. Et pourtant, c’est quand même mieux à deux, non…?<br><strong>Lui</strong> – Une petite tisane…?<br><strong>Elle</strong> – On n’est même pas obligé de parler, hein ? Pas plus au lit qu’à table. Quelques banalités suffisent. Je ne sais pas, moi… Passe-moi le beurre…<br><strong>Lui</strong> – Saveur du Soir ? Nuit Tranquille ?<br><strong>Elle</strong> (<em>pleine de sollicitude</em>) – Vous ne voulez vraiment pas vous asseoir ?<br><strong>Lui</strong> – C’est-à-dire que…<br><strong>Elle</strong> – Pour vous non plus, ça ne doit pas être facile. Je me trompe ?<br><strong>Lui</strong> – Ma foi…<br><strong>Elle</strong> – Non pas que je méprise votre métier, hein ? Mais repasser les plats, comme ça, et puis repartir. Sans même pouvoir goûter… Vous avez mangé, au moins ?<br><strong>Lui</strong> – Pas encore…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez faim ?<br><strong>Lui</strong> – Mon Dieu, je…<br><strong>Elle</strong> (<em>lui tendant la panière</em>) – Prenez au moins un morceau de pain.<br><strong>Lui</strong> – Je ne sais pas si…<br><strong>Elle</strong> – Vous avez quand même droit à une minute de pause…<br><em>Elle se lève et, avec autorité, elle lui fait signe de s’asseoir. Il s’exécute.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai que… après le coup de feu de midi, j’ai toujours un petit coup de pompe…<br><em>Elle se rassied en face de lui.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – Voilà, comme ça on est deux.<br><em>Il se met à mâcher son pain sec.</em><br><strong>Elle</strong> – Un peu de beurre ? Ça glissera mieux…<br><strong>Lui</strong> – Merci.<br><em>Il prend le beurre et commence à tartiner.</em><br><strong>Elle</strong> – Vous savez ce que me disait ma grand-mère ?<br><em>Il ne sait visiblement pas.</em><br><strong>Elle</strong> – L’appétit est le meilleur des condiments.<br><em>Il semble pénétré par la haute teneur philosophique de cette réflexion.</em><br><strong>Lui</strong> – C’est vrai…<br><strong>Elle</strong> – Quand on a faim, une simple tartine…<br><strong>Lui</strong> (<em>soupirant</em>) – Ça me rappelle mon enfance… Les tartines que ma mère me donnait pour le goûter… Avec du beurre salé… Je suis né en Bretagne…<br><strong>Elle</strong> (<em>avenante</em>) – Vous voulez un peu de sel pour mettre dessus ?<br><em>Elle lui tend la salière. Il hésite puis la prend, et met un peu de sel sur sa tartine. Elle le regarde manger avec un air attendri.</em><br><strong>Elle</strong> – C’est bon, hein ?<br><strong>Lui</strong> – Pour moi, ça vaut le caviar, vous savez…<br><strong>Elle</strong> – C’est ce que j’ai pris en entrée… Le caviar… C’est vrai que c’est salé aussi… Surtout l’addition…<br><em>Il sourit et continue à mâcher. Elle le regarde encore un instant avec un air apaisé.</em><br><strong>Elle</strong> – Ça m’a fait du bien de parler un peu avec vous.<br><em>Elle se lève, et lui lance un regard plein de reconnaissance.</em><br><strong>Elle</strong> – Merci, vraiment…<br><em>Elle met son manteau.</em><br><strong>Elle</strong> (<em>souriant</em>) – La prochaine fois, c’est moi qui vous invite.<br><strong>Lui</strong> – Merci…<br><em>Elle s’en va, en lui faisant un petit signe avant de sortir.<br>Il reste assis là, un peu largué, en continuant à mâcher sa tartine tout en rêvassant. Un autre homme (ou une autre femme) arrive, probablement le patron (ou la patronne). Il (ou elle) regarde successivement sans comprendre le serveur assis à table, et la porte par laquelle la cliente vient de sortir.</em><br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-medium is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--20);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--20);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="98" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:95px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>



<p class="has-text-align-left">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em>Sens interdit sans interdit</em><br><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-medium is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/sens-interdit-sans-interdit/"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="226" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp" alt="" class="wp-image-358" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-300x226.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit-768x578.webp 768w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sketch_sens_interdit.webp 835w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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