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	<title>Archives des Prison - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Prison - La Sketchothèque</title>
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		<title>Évasion</title>
		<link>https://sketchotheque.net/evasion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 15:49:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Extraterrestre]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
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		<category><![CDATA[Pour de vrai et pour de rire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Évasion, un sketch humoristique extrait du recueil 'Pour de vrai et pour de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages dans une cellule de prison.<br></em><strong>Un</strong> – Ça fait combien de temps que tu es en prison, toi ?<br><strong>Deux</strong> – Ça fera dix ans le 25 décembre.<br><strong>Un</strong> – Le 25 décembre ? T’avais buté le Père Noël pour lui braquer sa hotte ?<br><strong>Deux</strong> – Presque… J’ai buté le Père Fouettard pour qu’il arrête de me filer des gnons…<br><strong>Un</strong> – Et tu as pris perpète pour ça ?<br><strong>Deux</strong> – Les juges aussi ont des enfants. Ça leur file les jetons, les gosses qui butent leur paternel pour des raisons aussi futiles.<br><strong>Un</strong> – Celui qui t’a condamné devait battre ses gosses aussi. Ou pire…<br><strong>Deux</strong> – J’aurais dû le faire deux ans plus tôt. J’étais encore mineur, la peine aurait été moins lourde.<br><strong>Un</strong> – Réfléchir trop longtemps, ce n’est jamais bon.<br><strong>Deux</strong> – Et toi ?<br><strong>Un</strong> – Moi ? Je ne sais plus…<br><strong>Deux</strong> – Tu ne sais plus pourquoi tu es là ou tu sais plus depuis quand ?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi, je préfère oublier. Et depuis quand… Au bout de vingt ans, j’ai arrêté de compter.<br><strong>Deux</strong> – Je commence à me demander si on nous libérera un jour.<br><strong>Un</strong> – Je ne suis pas sûr d’avoir encore envie de sortir.<br><strong>Deux</strong> – Pourquoi tu dis ça ?<br><strong>Un</strong> – Après toutes ces années au placard… Dehors, on ne reconnaîtra plus rien. Ni personne.<br><strong>Deux</strong> – Et personne ne nous reconnaîtra plus.<br><strong>Un</strong> – Le dernier café que j’ai pris à un comptoir de bistrot, je l’ai payé en francs, tu te rends compte ?<br><strong>Deux</strong> – C’est comme si on était morts depuis tout ce temps. Enterrés vivants. Un jour, on nous replongera brusquement dans la vie. Ce sera comme une deuxième naissance.<br><strong>Un</strong> – Mais au lieu d’être des nouveaux-nés, avec des parents pour s’occuper de nous, on sera des vieillards, sans personne pour nous tenir la main.<br><strong>Deux</strong> – Comme des poissons qu’on replonge dans la mer et qui ne savent plus nager. Parce qu’ils sont restés trop longtemps hors de l’eau.<br><strong>Un</strong> – C’est con, ce que tu dis… Hors de l’eau, de toute façon, ils meurent asphyxiés, les poissons.<br><strong>Deux</strong> – Ouais… Je me sens comme un poisson dans l’air.<br><strong>Un</strong> – On a fini en taule parce qu’on était inadaptés à la vie en société. Est-ce qu’après trente ans de placard on sera plus adaptés qu’avant ?<br><strong>Deux</strong> – On n’a pas fait les bons choix, c’est tout. Qu’est-ce que tu voulais faire, toi, quand tu étais gosse ?<br><strong>Un</strong> – Quand on jouait aux gendarmes et aux voleurs, je voulais toujours être gendarme. Je ne sais pas où ça a merdé. Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi je voulais être astrophysicien. Mais j’étais trop bête.<br><strong>Un</strong> – C’est quoi astrophysicien ?<br><strong>Deux</strong> – Les étoiles, les planètes, tout ça.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais… L’astrologie, quoi. Tu es de quel signe toi ?<br><strong>Deux</strong> – Poisson.<br><strong>Un</strong> – Ah ouais…<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu en penses, toi ? Tu crois qu’on est seuls dans l’univers ?<br><strong>Un</strong> – En tout cas, on est seuls au monde. Alors qu’est-ce que ça peut nous foutre, s’il y a des martiens ou pas ?<br><strong>Deux</strong> – On a pris perpète. Une invasion extraterrestre, il n’y a plus que ça qui pourrait nous sauver, non ?<br><strong>Un</strong> – Ouais.<br><strong>Deux</strong> – À la Révolution, on a pris la Bastille, et on a libéré les prisonniers.<br><strong>Un</strong> – Alors c’est ça, ton plan d’évasion ?<br><strong>Deux</strong> – Tu en as un autre ?<br><strong>Un</strong> – Tu as raison, les Martiens, c’est le seul espoir qui nous reste.<br><strong>Deux</strong> – Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé le moyen d’entrer en contact avec eux.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Et à supposer qu’ils existent, les Martiens, et que t’arrives à leur envoyer un message. Qu’est-ce que tu vas leur dire pour les convaincre de venir nous libérer ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas… Tu as une idée toi ?<br><strong>Un</strong> – Ça dépend… À ton avis, les extraterrestres, ils sont du côté des gendarmes ou des voleurs ?<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/de-toutes-les-couleurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Pour de vrai et pour de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/pour-de-vrai-et-pour-de-rire/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="280" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Pour de vrai et pour de rire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-503" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/pour-de-vrai-et-pour-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x210.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Justice express</title>
		<link>https://sketchotheque.net/justice-express/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 10:18:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Avocat]]></category>
		<category><![CDATA[Identité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Morts de rire]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Quiproquo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Justice express, un sketch humoristique extrait du recueil  'Morts de rire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux chaises de chaque côté d’une table. Entre un homme en combinaison orange. Une femme en robe d’avocate arrive, survoltée, portable à l’oreille. Elle fait un petit bonjour à l’homme et commence à s’installer. Elle pose sa serviette sur la table et en sort un dossier.<br></em><strong>Avocate</strong> (<em>au téléphone</em>) – Écoutez, vingt ans, c’est pas si mal. Vous savez qu’avec un autre juge, et une autre avocate, vous auriez pu prendre beaucoup plus ? Enfin, un peu plus. Et puis vingt ans, avec les remises de peine… Dans dix ans, on peut espérer une liberté conditionnelle. C’est vite passé, dix ans, non ? Bon, excusez-moi, il faut que je vous laisse, je suis avec un client, là. Ben oui, je sais, vous êtes vraiment innocent, mais bon. Qu’est-ce que vous voulez ? On ne peut pas gagner à tous les coups. Je vous rappelle, hein ? Tchao, tchao… (<em>Elle range son téléphone.</em>) Quel emmerdeur…<br><em>L’avocate se tourne enfin vers l’homme, resté debout.</em><br><strong>Avocate</strong> (<em>sourire commercial</em>) – À nous, Monsieur… (<em>Vérifiant le nom dans le dossier</em>) Martinez.<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Ça commence bien… Asseyez-vous, Monsieur Sanchez, je vous en prie. Si vous saviez… C’est bourré de fautes de frappe, ces dossiers d’instruction. Sans parler des fautes d’orthographe… C’est à croire que tous ces juges sont des analphabètes. (<em>Soupirant</em>) Et après on s’étonne qu’il y ait autant d’erreurs judiciaires… (<em>Souriant à nouveau</em>) Mais ne vous inquiétez pas, on va vous sortir de là, hein ? Alors, qu’est-ce qu’on vous reproche exactement…? (<em>Feuilletant l’épais dossier</em>) Voyons voir… Ouh là… Mais c’est l’affaire Dreyfus, dites-moi. Un vrai roman-feuilleton. Je me demandais pourquoi mon cartable était aussi lourd. Non, mais ils ne se rendent pas compte, hein ? Si je devais lire, tout ça, moi… Bon, alors je résume : en gros, vous avez coupé votre femme en deux avec une hache, c’est bien ça ?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Bravo ! C’est exactement la réponse que j’attendais de vous. Vous êtes innocent, c’est encore plus simple. On plaide non coupable, et on ne perd pas de temps avec les détails. Je sens qu’on va faire du bon travail ensemble, Monsieur Ramirez. D’ailleurs c’est toujours la stratégie de défense que je propose à mes clients : nier tout en bloc. Même l’évidence. Instiller le doute dans l’esprit des jurés, en espérant obtenir l’acquittement au bénéfice du doute. Bon, ça ne marche pas à tous les coups, mais croyez-moi, c’est beaucoup plus simple que d’entrer dans les détails. Les circonstances atténuantes, l’enfance malheureuse, le moment de folie… Tout ça, c’est d’un compliqué. Pour un résultat très aléatoire, vous savez. Alors voilà ce qu’on va faire. Vous connaissez le jeu « ni oui ni non » ?<br><strong>Homme</strong> – Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, mauvais point pour vous ! Je vous ai déjà piégé… Mais je vous propose une variante. Vous répondez non à tout à toutes les questions qu’on vous pose, d’accord ? Jamais oui. Toujours non. Attention, vous êtes prêt ?<br><strong>Homme</strong> (<em>sur la défensive</em>) – Mmmm…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous aviez des raisons d’en vouloir à votre chère épouse…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous possédez une hache…?<br><strong>Homme</strong> – Non…<br><strong>Avocate</strong> – Est-ce que vous vous êtes déjà habillé en femme ? (<em>Son portable sonne</em>.) Excusez-moi, je suis à vous tout de suite… Oui…? Ah, oui, mon chéri ! Ça va ? Non, j’ai rendez-vous chez le coiffeur à 17 heures, et j’ai une douzaine de clients à voir avant. Tu peux passer chez le traiteur en rentrant pour notre petite soirée entre amis ? Je ne vais pas avoir le temps… Oh, j’ai invité le juge avec sa femme, le procureur avec sa maîtresse… Ça fait déjà trois. Non trois, la maîtresse du procureur, c’est la femme du juge. Oh, écoute, compte pour six, d’accord ? Merci, tu es un amour. Bisous, bisous. Moi aussi… Allez, à ce soir…<br><em>Elle range son téléphone portable.</em><br><strong>Avocate</strong> – Alors, où en étions nous, Monsieur Hernandez ?<br><strong>Homme</strong> – Sanchez…<br><strong>Avocate</strong> – Excusez-moi, Hernandez, c’est le nom de ma femme de ménage. Ou Fernandez, je ne sais plus. Bon, donc, vous n’avez pas tué votre femme, et point barre, d’accord ? Croyez-moi, comme ça, on s’évite beaucoup de complications… Et en répondant toujours non quelle que soit la question, on est sûr de ne jamais se contredire. Vous avez autre chose à me dire, Monsieur Gomez ?<br><strong>Homme</strong> – Euh… Oui…<br><strong>Avocate</strong> – Ah, je vous ai encore piégé. La bonne réponse était non. Bon, il faut que je vous laisse, Monsieur Gonzalez. Le devoir m’appelle. J’ai encore beaucoup d’innocents comme vous à sauver aujourd’hui… On se revoit demain au procès ? Et encore une fois, ne vous en faites pas. Je suis convaincue de votre innocence, et je me fais fort de faire partager cette conviction à tous les membres du jury. (<em>Avec un air entendu</em>) D’ailleurs, je reçois le juge à dîner ce soir, et j’essaierai de lui glisser un petit mot en votre faveur entre la poire et le fromage. (<em>Pour elle-même</em>) Avant que la soirée ne commence vraiment à déraper, comme la dernière fois… Allez, à bientôt Monsieur Marquez…<br><em>L’avocate sort, aussi survoltée qu’elle était entrée. Le type reste là, perplexe. Puis il se retourne. On lit dans son dos sur sa combinaison orange une inscription « Service Entretien ».</em><br><strong>Homme</strong> – Bon, Djamel, qu’est-ce que tu fous avec l’échelle ? On ne va pas y passer la journée pour changer une ampoule, non plus !<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em> <a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/">Morts de rire</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/morts-de-rire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="729" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs de Jean-Pierre Martinez Morts de rire" class="wp-image-502" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 799w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x274.webp 300w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/morts-de-rire-jean-pierre-martinez-bandeau-768x701.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /></a></figure>



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<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Échange standard</title>
		<link>https://sketchotheque.net/echange-standard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Apr 2025 10:29:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves de confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Confinement]]></category>
		<category><![CDATA[Dystopie]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Justice]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Science-fiction]]></category>
		<category><![CDATA[Accident]]></category>
		<category><![CDATA[Don d'organe]]></category>
		<category><![CDATA[Inégalités sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
		<category><![CDATA[Transplantation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Échange standard, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves de confinement' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>La cellule d’une prison, occupée par deux personnages. Le premier est immobile. Le deuxième fait les cent pas.<br></em><strong>Un</strong> – Tu peux arrêter de tourner comme un lion en cage.<br><em>L’autre s’arrête.</em><br><strong>Deux</strong> – C’est ce qu’on est, non ? Des lions en cage…<br><strong>Un</strong> – En cage, oui. Mais des lions…<br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ils ont fait de nous des moutons.<br><strong>Un</strong> – Et on ne sait même pas quand on nous enverra à l’abattoir…<br><strong>Deux</strong> – On le saura bien assez tôt.<br><strong>Un</strong> – Ça fait des semaines qu’on nous a condamnés à mort. Pourquoi on n’a pas encore été exécutés ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… On se le demande…<br><strong>Un</strong> – Tu crois qu’on a encore une chance d’être graciés ?<br><strong>Deux</strong> – Si j’étais toi, je ne me ferais pas trop d’illusions.<br><strong>Un</strong> – Et quand bien même on serait graciés. Si c’est pour passer le restant de nos jours enfermés dans cette cage.<br><strong>Deux</strong> – C’est sûr…<br><strong>Un</strong> – Autant en finir le plus vite possible. Alors qu’est-ce qu’ils attendent ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Deux</strong> – Un client.<br><strong>Un</strong> – Pardon ?<br><strong>Deux</strong> – Ils attendent un client.<br><strong>Un</strong> – Comment ça, un client ?<br><strong>Deux</strong> – Tu n’es vraiment pas au courant ?<br><strong>Un</strong> – Au courant de quoi ?<br><strong>Deux</strong> – Le gouvernement vend les organes des condamnés à mort à des clients étrangers qui ont besoin d’une greffe.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas vrai…?<br><strong>Deux</strong> – Comme la transplantation doit se faire dans les heures qui suivent le décès, ils attendent que le receveur soit arrivé sur place pour exécuter le donneur.<br><strong>Un</strong> – Je ne te crois pas…<br><strong>Deux</strong> – C’est pourtant la vérité.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Mais c’est monstrueux…<br><strong>Deux</strong> – Oui.<br><strong>Un</strong> – Et il y a des gens qui acceptent de payer pour ça…<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que la plupart préfèrent ne pas savoir d’où viennent les organes qu’on va leur greffer. Pourtant, ça devrait les alerter, qu’on leur fixe une date précise pour la transplantation des semaines à l’avance.<br><strong>Un</strong> – Et tout ça pour que le gouvernement s’en mette plein les poches.<br><strong>Deux</strong> – Le marché est énorme.<br><strong>Un</strong> – Et c’est beaucoup plus pratique, j’imagine. Plutôt que d’attendre qu’un pauvre type meurt par hasard dans un accident de voiture.<br><strong>Deux</strong> – En espérant qu’il ait le bon profil, que ses organes ne soient pas trop endommagés… et qu’il ait accepté auparavant de les donner gratuitement.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Après tout… si notre mort peut sauver la vie de quelqu’un d’autre. Qu’est-ce que ça change ?<br><strong>Deux</strong> – Ça change que les condamnations à mort ont été multipliées par dix dans les cinq dernières années.<br><strong>Un</strong> – Non ?<br><strong>Deux</strong> – Au début, ils se contentaient de prélever les organes des condamnés à mort. Maintenant, ils condamnent à mort pour prélever les organes. Toi et moi, on n’aurait peut-être jamais été condamnés à la peine capitale si nos organes n’intéressaient personne.<br><strong>Un</strong> – Tu crois ?<br><strong>Deux</strong> – Qu’est-ce que tu as fait pour mériter la mort ?<br><strong>Un</strong> – J’ai tué l’amant de ma femme.<br><strong>Deux</strong> – Un crime passionnel… Il y a encore quelques années, avec un bon avocat, tu ne serais pas resté plus de trois ans en prison.<br><strong>Un</strong> – C’est vrai… Et toi ?<br><strong>Deux</strong> – Moi…?<br><strong>Un</strong> – Pourquoi tu es là ?<br><strong>Deux</strong> – Je suis sorti de chez moi sans mon masque…<br><strong>Un</strong> – Tu as raison… Il y a encore quelques années, pour ça, on t’aurait seulement tabassé…<br><strong>Deux</strong> – C’est devenu un business. Très lucratif… On nous considère comme des cochons. Et dans le cochon, tout est bon. Quand ils en auront fini avec nous, il n’y aura presque plus rien à enterrer.<br><strong>Un</strong> – Alors dans un sens, on continuera à vivre. Par petits morceaux. Éparpillé, façon puzzle…<br><strong>Deux</strong> – Oui… Tout sera recyclé en pièces détachées.<br><strong>Un</strong> – Tout, sauf notre âme.<br><strong>Deux</strong> – Même notre âme, je pense qu’ils l’ont déjà revendue au diable. Ou à un milliardaire américain.<br><strong>Un</strong> – Un milliardaire ?<br><strong>Deux</strong> – Au départ, nos organes servaient à sauver des vies. On les greffait à des enfants, parfois. Atteints d’une malformation cardiaque, par exemple. Au moins, on pouvait se dire que notre mort servait à quelque chose.<br><strong>Un</strong> – Et maintenant ?<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, la plupart des clients sont des gens très riches. On leur vend des packages, comprenant le billet d’avion, l’opération, et la convalescence dans une résidence de luxe au bord de la mer.<br><strong>Un</strong> – Mais ils sont malades, quand même ?<br><strong>Deux</strong> – Pas toujours… Mais la plupart sont des vieux. Ils viennent ici pour trouver la jeunesse éternelle. La seule chose que leur argent ne pouvait pas acheter…<br><strong>Un</strong> – Jusqu’à maintenant.<br><strong>Deux</strong> – Au fur et à mesure que leurs organes vieillissent et deviennent défaillants, ils se font greffer un cœur, un rein, des poumons, des yeux…<br><strong>Un</strong> – Des yeux ?<br><strong>Deux</strong> – Tout ce qui est susceptible de tomber en panne et d’être remplacé<br><strong>Un</strong> – Comme des pièces de rechange sur une voiture de collection.<br><strong>Deux</strong> – J’imagine que bientôt, on leur proposera un échange standard. Ils repartiront tous les dix ans avec un corps tout neuf, dans lequel on aura seulement transplanté leur âme.<br><strong>Un</strong> – S’il en ont une.<br><strong>Deux</strong> – Alors disons leurs affects, leurs connaissances, leurs souvenirs…<br><strong>Un</strong> – Comme on transfère ses données personnelles sur un nouvel ordinateur quand on a décidé de remplacer l’ancien, par précaution, avant qu’il ne nous plante sans préavis.<br><strong>Deux</strong> – Et c’est leurs cadavres qu’on enterrera sous la plaque portant notre nom au cimetière de la prison.<br><strong>Un</strong> – Moi qui avais peur d’aller en enfer pour le crime que j’ai commis… Je me rends compte que j’y suis déjà.<br><strong>Deux</strong> – Oui… À quoi bon se demander s’il pourrait y avoir un au-delà. Le paradis et l’enfer existent déjà sur cette Terre. Le paradis pour certains, et l’enfer pour tous les autres.<br><strong>Un</strong> – Comment est-ce qu’on a pu en arriver là ?<br><strong>Deux</strong> – Peu à peu, j’imagine. Petite concession après petite démission.<br><strong>Un</strong> – Sans qu’on s’en rende compte.<br><strong>Deux</strong> – Les monstres qui nous gouvernent ont été engendrés par Big Brother et Big Data… dans un laboratoire pharmaceutique.<br><strong>Un</strong> – Qu’est-ce qu’on peut encore faire ?<br><strong>Deux</strong> – Rien. On peut juste attendre. Qu’on vienne nous chercher.<br><em>Le premier se fige à nouveau. Le deuxième se remet à faire les cent pas. Silence. On entend un bruit de clef tournant dans une serrure. Ils échangent un regard inquiet.</em><br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas l’heure de la soupe…<br><strong>Deux</strong> – Alors c’est que le moment est venu.<br><em>Ils se serrent la main.</em><br><strong>Un</strong> – Adieu, l’ami.<br><strong>Deux</strong> – On se reverra peut-être dans une autre vie.<br><strong>Un</strong> – Mais on ne se reconnaîtra pas.<br><strong>Deux</strong> – Seuls nos yeux se verront.<br><strong>Un</strong> – Mais ils appartiendront à d’autres que nous.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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		<title>La mer</title>
		<link>https://sketchotheque.net/la-mer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 15:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Bistrot]]></category>
		<category><![CDATA[Client]]></category>
		<category><![CDATA[Dramatique]]></category>
		<category><![CDATA[Drôles d'histoires]]></category>
		<category><![CDATA[Intimiste]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Serveur]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Mer]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La mer, un sketch humoristique extrait du recueil 'Drôles d'histoires' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un homme est assis à une table de café, il paraît au moins la cinquantaine et porte des vêtements démodés. Une valise désuète est posée à ses pieds. Il regarde fixement devant lui, en direction de la salle. Une serveuse, la trentaine, arrive et nettoie une autre table. Elle essaie dʼattirer son attention, sans oser le déranger. Lʼhomme ne prête pas attention à elle. Elle finit par sʼapprocher.<br></em><strong>Femme</strong> – Excusez-moi, mais… je termine mon service dans cinq minutes. Je vais devoir vous encaisser.<br><em>Lʼhomme lʼaperçoit enfin et revient à la réalité.</em><br><strong>Homme</strong> – Je… Je vais y aller, bien sûr.<br><strong>Femme</strong> – Ah non, mais vous pouvez rester ! On est ouvert jusquʼà minuit. Cʼest juste que… Il faut que je fasse ma caisse.<br><strong>Homme</strong> – Je comprends.<br><em>Il sort de sa poche un billet quʼil pose sur la table. La femme regarde le billet avec curiosité.</em><br><strong>Femme</strong> – Pardon, mais… On est passé à lʼeuro il y a déjà plus de vingt ans, vous savez…<br><em>Lʼhomme regarde le billet, prenant conscience de son erreur.</em><br><strong>Homme</strong> – Je suis vraiment désolé…<br><em>Il reprend le billet et en sort un autre quʼil pose sur la table.</em><br><strong>Femme</strong> – Vous nʼavez pas plus petit…<br><strong>Homme</strong> – Cʼest tout ce que jʼai sur moi.<br><strong>Femme</strong> – Pas de problème, je vous ramène la monnaie tout de suite.<br><strong>Homme</strong> – Ne vous dérangez pas… Gardez le tout.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest un billet de 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui…<br><strong>Femme</strong> – Et votre café, cʼest deux euros.<br><em>Il regarde à nouveau fixement devant lui.</em><br><strong>Homme</strong> – Ça fait combien de temps que je suis assis à cette table ?<br><strong>Femme</strong> – Je dirais… sept ou huit heures. Vous étiez mon premier client quand jʼai commencé mon service à midi.<br><strong>Homme</strong> – Et vous ne mʼavez rien dit.<br><strong>Femme</strong> – Vous dire quoi ?<br><strong>Homme</strong> – De renouveler ma consommation, par exemple … ou de partir.<br><strong>Femme</strong> – Ce nʼest pas le genre de la maison. Vous prenez un café, vous pouvez rester là jusquʼà la fermeture si vous voulez.<br><strong>Homme</strong> – Gardez la monnaie, je vous en prie.<br><strong>Femme</strong> – Bon… Merci… Il y a déjà quelque temps que je fais ce métier… Cʼest le plus gros pourboire quʼon mʼait jamais donné. Surtout pour un simple café.<br><strong>Homme</strong> – Ça me fait plaisir, je vous assure.<br><strong>Femme</strong> – Je nʼai pas osé vous déranger avant, vous aviez lʼair tellement… perdu dans vos pensées. Vous êtes en vacances ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai lʼair dʼêtre en vacances ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas…Je disais ça…à cause de la valise.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La valise.<br><strong>Femme</strong> – Vous cherchez un hôtel ?<br><strong>Homme</strong> – Non.<br><strong>Femme</strong> – Bon, eh bien… À une autre fois, peut-être…<br><strong>Homme</strong> – Peut-être.<br><em>Il se replonge dans sa contemplation. Elle sʼapprête à partir mais se ravise.</em><br><strong>Femme</strong> – Je ne voudrais pas être indiscrète mais… quʼest-ce que vous regardez comme ça fixement, depuis huit heures dʼaffilée. Je ne suis même pas sûre de vous avoir vu cligner des yeux…<br><strong>Homme</strong> – Je regarde la mer.<br><strong>Femme</strong> – La mer ?<br><strong>Homme</strong> – La mer, à lʼendroit précis où elle rejoint lʼhorizon.<br><strong>Femme</strong> – Dʼaccord.<br><strong>Homme</strong> – Vous ne regardez jamais la mer ?<br><strong>Femme</strong> – Non. Enfin… jamais aussi longtemps en tout cas. Jamais comme ça. Et puis… je nʼai pas beaucoup le temps.<br>Homme – Cʼest dommage… Je veux dire… que vous nʼayez pas le temps.<br><strong>Femme</strong> – La mer, ici, je la vois huit heures par jour toute lʼannée… Pour moi, ça me rappellerait plutôt le boulot… Le week-end, jʼessaie de regarder autre chose.<br><strong>Homme</strong> – Et quʼest-ce que vous regardez, le week-end ?<br><strong>Femme</strong> – Je ne sais pas… La télé…<br><strong>Homme</strong> – Bien sûr.<br><em>Elle semble un peu gênée.</em><br><strong>Femme</strong> – Non, mais il mʼarrive aussi de regarder autre chose que la télé… Pas forcément la mer mais… Je ne sais pas, moi… Quand je suis en vacances… la montagne, par exemple.<br><strong>Homme</strong> – Ah oui… La montagne…<br><strong>Femme</strong> – Donc, vous, cʼest la mer.<br><strong>Homme</strong> – Oui.<br><strong>Femme</strong> – Et… pourquoi la mer ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer, non ?<br><strong>Femme</strong> – Tout ?<br><strong>Homme</strong> – Il y a des millions dʼannées, cʼest de la mer que sont sortis les premiers vertébrés, dont certains allaient devenir des hommes.<br><strong>Femme</strong> – Ah oui…<br><strong>Homme</strong> – Des hommes qui allaient coloniser toutes les terres émergées, jusquʼà conduire la planète au bord de lʼapocalypse.<br><strong>Femme</strong> – Bien sûr…<br><strong>Homme</strong> – Tout vient de la mer. Le meilleur comme le pire.<br><strong>Femme</strong> – Remarquez, vous nʼavez pas tort. Avant de venir sʼasseoir à cette terrasse, la plupart de mes clients sortent de lʼeau. Et je peux vous dire que là aussi, cʼest le meilleur comme le pire.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr moi-même de faire partie du meilleur.<br><strong>Femme</strong> – Vu le pourboire que vous mʼavez laissé, croyez-moi, jʼai vu pire.<br><strong>Homme</strong> – Mais vous ne savez pas dʼoù vient cet argent.<br><strong>Femme</strong> – Cʼest important ?<br><strong>Homme</strong> – Pour certains, oui.<br><strong>Femme</strong> – Pour moi, 50 euros, cʼest 50 euros.<br><strong>Homme</strong> – Vraiment ?<br><strong>Femme</strong> – Oui… enfin je crois.<br><strong>Homme</strong> – Et si cet argent, je ne lʼavais pas gagné honnêtement ?<br><strong>Femme</strong> – Votre argent vaut bien celui dʼun autre. Si dans le commerce on nʼacceptait que lʼargent gagné honnêtement, on ne ferait pas un gros chiffre dʼaffaires…<br><strong>Homme</strong> – Tout lʼargent que je possède aujourdʼhui, je lʼai volé.<br><strong>Femme</strong> – Volé ?<br><strong>Homme</strong> – Un braquage, qui a mal tourné malheureusement. Un homme est mort. Un policier. Il avait une femme, et deux enfants…<br><strong>Femme</strong> – Cʼest vous qui lʼavez tué ?<br><strong>Homme</strong> – Non. Mais ça ne change rien. En tout cas, pour les juges, ça nʼa rien changé.<br><strong>Femme</strong> – Vous avez payé votre dette à la société, comme on dit.<br><strong>Homme</strong> – Jʼai donné trente ans de ma vie pour ce meurtre que je nʼavais pas commis. Et jʼai gardé cet argent qui nʼétait pas à moi. Jʼespérais pouvoir racheter toutes ces années perdues.<br><strong>Femme</strong> – Certains donnent quarante ans de leur vie pour sʼacheter une retraite, vous savez.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Pendant toutes ces années, je nʼai jamais vu plus loin que les quatre murs de ma cellule… Vous avez quel âge ?<br><strong>Femme</strong> – Trente ans…<br><strong>Homme</strong> – On mʼa libéré ce matin… Je suis allé déterrer mon butin que jʼavais planqué dans un cimetière. Les billets étaient comme neufs. Lʼargent, ça ne vieillit pas.<br><strong>Femme</strong> – Et après ?<br><strong>Homme</strong> – Jʼai pris un train pour aller voir la mer.<br><strong>Femme</strong> – Je comprends mieux pourquoi vous la regardiez comme ça.<br><strong>Homme</strong> – Comme un homme qui nʼa pas vu une femme depuis des années, et quand il en revoit une enfin, il peut seulement la regarder. En ayant perdu tout désir de la posséder.<br><strong>Femme</strong> – Mais vous êtes libre, maintenant.<br><strong>Homme</strong> – Pour la liberté, cʼest pareil. Quand on en a été privé trop longtemps, et quʼon vous la rend tout dʼun coup, vous ne savez plus quoi en faire.<br><strong>Femme</strong> – Vous ne vous êtes même pas baigné.<br><strong>Homme</strong> – Je ne suis pas sûr de savoir encore nager.<br><strong>Femme</strong> – Je suis vraiment désolée.<br><strong>Homme</strong> – Croyez-moi, donner sa vie pour une valise pleine de billets, cʼest trop cher payé. Je ne vaux plus rien, et cet argent nʼa plus aucune valeur…<br><strong>Femme</strong> – Vous voulez dire que… cette valise est pleine de billets ?<br><em>Un temps.</em><br><strong>Homme</strong> – Je regarderai la mer en face jusquʼà la tombée de la nuit. Jusquʼà ce que le ciel à lʼhorizon se confonde avec elle.<br><strong>Femme</strong> – Et ensuite ?<br><strong>Homme</strong> – Nous venons tous de la mer. Ce soir jʼy retourne.<br><em>Lʼhomme se lève pour partir. Elle le regarde sʼéloigner, ne sachant pas quoi dire pour le retenir. Puis elle aperçoit la valise.</em><br><strong>Femme</strong> – Monsieur ! Vous oubliez votre valise !<br><strong>Homme</strong> – Je vous la laisse. Mais souvenez-vous. Lʼargent ne vaut rien quand cʼest soi-même quʼon veut racheter.<br><em>Il part. Elle regarde la valise, hésite et finit par lʼouvrir. Elle en sort une liasse de billets.</em><br><strong>Femme</strong> – Des francs…<br><em>Noir</em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Drôles d&rsquo;histoires</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/droles-dhistoires/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="272" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Drôles d'histoires" class="wp-image-491" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-droles-d-histoires-jean-pierre-martinez-300x204.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>Comme une porte de prison</title>
		<link>https://sketchotheque.net/comme-une-porte-de-prison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 11:19:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Collègue]]></category>
		<category><![CDATA[Critique sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Des valises sous les yeux]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Retraite]]></category>
		<category><![CDATA[Solitude]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté]]></category>
		<category><![CDATA[Valise]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://sketchotheque.net/?p=1003</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comme une porte de prison, un sketch humoristique extrait du recueil 'Des valises sous les yeux' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Deux personnages. Le deuxième boucle une valise.<br></em><strong>Un</strong> – Alors ça y est, c’est le grand jour ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… L’heure de la libération a sonné.<br><strong>Un</strong> – Quarante ans…<br><strong>Deux</strong> – Presque perpète.<br><strong>Un</strong> – Ce n’est pas humain. Quel que soit son crime, personne ne mérite ça. <br><strong>Deux</strong> – Et moi, en plus, je suis innocent.<br><strong>Un</strong> – On dit tous ça…<br><strong>Deux</strong> – Il te reste combien de temps à tirer, toi ?<br><strong>Un</strong> – Vingt-cinq ans, sept mois et trois jours.<br><strong>Deux</strong> – Tu n’as pas oublié les années bissextiles ?<br><strong>Un</strong> – Je déteste les années bissextiles…<br><strong>Deux</strong> – Maintenant, moi, je vais les aimer un peu plus.<br><strong>Un</strong> – Et qu’est-ce que tu vas faire de ta liberté ?<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas. Je n’ai plus l’habitude…<br><strong>Un</strong> – Tu ne vas pas faire une connerie, au moins ?<br><strong>Deux</strong> – Quelle connerie ?<br><strong>Un</strong> – Le genre de conneries qui te ramènerait ici.<br><strong>Deux</strong> – Non, rassure-toi.<br><strong>Un</strong> – Tu ne nous oublieras pas ?<br><strong>Deux</strong> – Mais non, bien sûr.<br><strong>Un</strong> – Pour ce qui est de venir nous rendre visite, je ne t’en demande pas tant. <br><strong>Deux</strong> – Tu as raison. Ça nous ferait du mal à tous les deux.<br><strong>Un</strong> – Tu vas me manquer.<br><strong>Deux</strong> – Moi aussi… Même si j’aurais préféré qu’on se rencontre ailleurs.<br><strong>Un</strong> – C’est à quelle heure exactement, la levée d’écrou ?<br><strong>Deux</strong> – À 17 heures.<br><strong>Un</strong> – On vient te chercher, ou bien…<br><strong>Deux</strong> – Personne ne vient me chercher. Je prends mes affaires, et je pars en métro tout seul. Comme un grand.<br><strong>Un</strong> – Tant qu’on a la santé…<br><strong>Deux</strong> – Oui…<br><strong>Un</strong> – Quarante ans, et tout ça tient dans cette vieille valoche. Tu te rends compte ?<br><strong>Deux</strong> – Oui… Je suis arrivé ici sans aucun bagage. Et je repars avec la même petite valise.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr que tu n’as rien oublié ?<br><strong>Deux</strong> – Je te laisse la machine à café…<br><strong>Un</strong> – C’est gentil.<br><strong>Deux</strong> – Moi, le café, maintenant, c’est au bistrot du coin que je le prendrai. <br><strong>Un</strong> – Tu as de la chance…<br><strong>Deux</strong> – Hélas, je le prendrai sûrement tout seul. Depuis le temps, tu penses bien. Je ne connais plus personne.<br><strong>Un</strong> – Tu es sûr qu’il n’a pas fermé, le bistrot du coin ? <br><strong>Deux</strong> – Tu crois ?<br><strong>Un</strong> – Ils ferment tous, les uns après les autres.<br><strong>Deux</strong> – Quand j’étais gamin, ce café, c’était la maison des jeunes. On se retrouvait tous autour du babyfoot. Le patron n’avait pas son BAFA, mais quand on lui manquait de respect, il savait distribuer quelques baffes.<br><strong>Un</strong> – Si on n’avait pas fait autant de conneries quand on était jeunes, on n’aurait pas fini là…<br><strong>Deux</strong> – C’est vrai. On serait devenus banquier ou avocat. <br><strong>Un</strong> – Enfin, il est trop tard… Les jeux sont faits.<br><strong>Deux</strong> – Et rien ne va plus.<br><strong>Un</strong> – Le directeur n’a pas demandé à te voir ?<br><strong>Deux</strong> – Pour quoi faire ? Organiser un pot de départ ? <br><strong>Un</strong> – Tu as raison. Barre-toi sans dire au revoir.<br><strong>Deux</strong> – Pour ce qui est de le revoir, je préférerais éviter. <br><strong>Un</strong> – Allez, je crois que cette fois, c’est l’heure.<br><strong>Deux</strong> – Quand faut y aller, faut y aller.<br><em>Ils s’étreignent avec émotion.</em><br><strong>Un</strong> – Bon, alors… Profite bien de ta retraite, mon vieux !<br><strong>Deux</strong> – Je vais essayer…<br><em>Le deuxième sort avec sa valise. Le premier reste là. </em><br><strong>Un</strong> – Putain… Encore vingt-cinq ans à tirer.<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



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<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Des valises sous les yeux</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/des-valises-sous-les-yeux/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="344" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil de sketchs Des Valises sous les yeux de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-488" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-des-valises-sous-les-yeux-jean-pierre-martinez-300x258.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



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		<title>107 ans</title>
		<link>https://sketchotheque.net/107-ans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Apr 2025 13:41:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[Brèves du temps perdu]]></category>
		<category><![CDATA[Destin]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
		<category><![CDATA[Jeune]]></category>
		<category><![CDATA[Prison]]></category>
		<category><![CDATA[Temps]]></category>
		<category><![CDATA[Vieillesse]]></category>
		<category><![CDATA[Vieux]]></category>
		<category><![CDATA[Voleur]]></category>
		<category><![CDATA[Loto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>107 ans, un sketch humoristique extrait du recueil 'Brèves du temps perdu' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Le premier est déjà là, désœuvré. Le deuxième, plus jeune, arrive.</em><br><strong>Jeune</strong> – Salut.<br><strong>Vieux</strong> – Salut.<br><em>Le jeune fait quelques pas, pour reconnaître les lieux.</em><br><strong>Vieux</strong> – Je ne vous fais pas faire le tour du propriétaire…<br><strong>Jeune</strong> – Ça fait longtemps que vous êtes là ?<br><strong>Vieux</strong> – Je ne sais plus… Je perds la mémoire. Dans un sens, ici, c’est pas plus mal, vous verrez… Je sais que je suis encore là pour un bout de temps, mais comme j’ai toujours l’impression d’être arrivé hier… Combien ?<br><strong>Jeune</strong> – 10 ans… Et vous ?<br><strong>Vieux</strong> – 107 ans.<br><strong>Jeune</strong> (<em>impressionné</em>) – 107 ans ? Pour quoi ?<br><strong>Vieux</strong> – Escroquerie.<br><strong>Jeune</strong> – C’est cher, pour une escroquerie…<br><strong>Vieux</strong> – Et vous ?<br><strong>Jeune</strong> – J’ai tué un policier…<br><strong>Vieux</strong> – Ce n’est pas très cher pour avoir tué un policier…<br><strong>Jeune</strong> – Une grosse escroquerie…?<br><strong>Vieux</strong> – 115 millions.<br><strong>Jeune</strong> – À qui on peut bien escroquer 115 millions ? À part à un escroc… Total ? Société Générale ?<br><strong>Vieux</strong> – Française des Jeux.<br><strong>Jeune</strong> – Ah, ouais…<br><strong>Vieux</strong> – Les numéros que je jouais n’étaient jamais les bons. Je me suis débrouillé pour que les bons numéros soient ceux que j’avais joués…<br><strong>Jeune</strong> – Et comment on fait ça ?<br><strong>Vieux</strong> – Un magicien ne révèle jamais ses trucs. Sinon, il n’y a plus de magie…<br><em>Le vieux esquisse un petit tour de magie, réussi ou raté.</em><br><strong>Jeune</strong> – 107 ans…<br><strong>Vieux</strong> – Oh, je ne les ferai pas.<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez un truc pour vous évader d’ici ?<br><strong>Vieux</strong> – Un truc imparable. Vous avez pris combien, déjà ?<br><strong>Jeune</strong> – Avec les remises de peine, je peux espérer sortir dans 5 ans.<br><strong>Vieux</strong> – Je serai sorti avant vous. Vous voulez parier ?<br><strong>Jeune</strong> – Vous avez escroqué la Française des Jeux…<br><strong>Vieux</strong> – À mon âge… Je sortirai même par la grande porte. Les pieds devant…<br><strong>Jeune</strong> – Excusez-moi, mais… Pourquoi voler 115 millions… à votre âge, justement ?<br><strong>Vieux</strong> – C’est vrai… À mon âge, on n’a plus rien à gagner… D’un autre côté, on n’a plus rien à perdre non plus. Au pire, c’était la prison, au lieu de la maison de retraite. Au moins, ici, je suis avec des jeunes… Pourquoi, vous avez buté ce flic ?<br><strong>Jeune</strong> – C’était l’amant de ma femme…<br><strong>Vieux</strong> – Ah, oui, ce n’est pas de bol… Il aurait été charcutier, vous auriez pris trois ans. Et vous, qu’est-ce que vous faites, dans la vie ? Enfin, qu’est-ce que vous faisiez…<br><strong>Jeune</strong> – J’étais horloger.<br><strong>Vieux</strong> – Ah… Ici, il vaut mieux ne pas trop regarder sa montre… Moi, j’ai une Rolex. La précision suisse… C’est tout ce qu’ils m’ont laissé, je ne sais pas pourquoi. Enfin, je m’en doute un peu… (<em>Il regarde sa montre</em>.) À propos, je vais vous demander de m’excuser un instant, c’est l’heure du tirage…<br><em>Il prend une petite radio qu’il colle à son oreille.</em><br><strong>Jeune</strong> (<em>étonné</em>) – Vous jouez encore au loto ?<br><strong>Vieux</strong> – On ne se refait pas… Malheureusement, je ne peux plus aller au bureau de tabac pour valider mes bulletins.<br><strong>Jeune</strong> – À quoi ça sert de jouer ? Si on ne peut plus miser…<br><strong>Vieux</strong> – Pour passer le temps ! Je n’ai plus rien à gagner, vous l’avez dit… Mais on ne peut pas m’empêcher de jouer… Tenez, la semaine dernière j’ai eu quatre bons numéros…<br><strong>Jeune</strong> – Combien ?<br><strong>Vieux</strong> – 19 euros… Vous voulez faire une grille avec moi ? Ou alors, on fait une cagnotte, et on remise nos gains… (<em>Air circonspect du jeune</em>) Vous verrez, vous sortirez d’ici virtuellement milliardaire…<br><em><strong>Noir</strong></em>.</p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img loading="lazy" decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/">Brèves du temps perdu</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-du-temps-perdu/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="223" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves du Temps perdu" class="wp-image-479" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/bandeau-breves-du-temps-perdu-jean-pierre-martinez-300x167.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>
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