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	<title>Archives des Bureau - La Sketchothèque</title>
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	<description>Les sketchs de Jean-Pierre Martinez</description>
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	<title>Archives des Bureau - La Sketchothèque</title>
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		<title>Alimentaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Apr 2025 10:39:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Agent artistique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sketch de Jean-Pierre Martinez Un personnage (homme ou femme) est là. Son téléphone sonne, il prend l’appel.Un – Oui, Cindy… [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Un personnage (homme ou femme) est là. Son téléphone sonne, il prend l’appel.<br></em><strong>Un</strong> – Oui, Cindy… Qui ça ? Ah, oui, je l’avais oublié, celui-là. Quel emmerdeur… Non, non, faites-le entrer, sinon il ne va jamais me lâcher…<br><em>Un temps pendant lequel il consulte l’écran de son portable. Un autre personnage arrive (également de sexe indifférent).</em><br><strong>Un</strong> – Ah, cher ami ! Entrez, entrez, je vous en prie.<br><strong>Deux</strong> – Merci de me recevoir comme ça, à l’improviste.<br><strong>Un</strong> – Mais je suis votre agent, après tout. Ma porte est toujours ouverte…<br><strong>Deux</strong> – Ça fait trois semaines que je sollicite un rendez-vous. Sans succès…<br><strong>Un</strong> – Désolé. Je suis très occupé ces temps-ci.<br><strong>Deux</strong> – Alors j’ai décidé de venir. Sans rendez-vous.<br><strong>Un</strong> – Mais vous avez très bien fait. Ça fait un moment qu’on ne s’était pas vu, non ?<br><strong>Deux</strong> – En effet.<br><strong>Un</strong> – Je crois que la dernière fois c’était… Non, je ne me souviens plus du tout en fait…<br><strong>Deux</strong> – Ce n’était pas à l’enterrement de cet acteur qui est mort de faim après avoir vainement attendu pendant trois ans que son agent lui trouve un petit rôle ? Même alimentaire…<br><strong>Un</strong> – Toujours le mot pour rire. Je suis content de voir que vous n’avez pas perdu votre sens de l’humour.<br><strong>Deux</strong> – Je ne sais pas si ça va durer, je vous préviens.<br><strong>Un</strong> – Alors ? Quel bon vent vous amène ?<br><strong>Deux</strong> – Quel bon vent m’amène ? Ça fait des mois que vous m’avez promis un rôle au cinéma. J’attends toujours…<br><strong>Un</strong> – En ce moment, c’est difficile. C’est la crise, vous savez…<br><strong>Deux</strong> – Vous venez de me dire que vous étiez très occupé.<br><strong>Un</strong> – Beaucoup de projets ont été arrêtés faute de financement. Même avec des têtes d’affiche…<br><strong>Deux</strong> – Et l’exception culturelle française ? Ces subventions entre amis qui font l’admiration du monde entier tout en creusant le déficit de l’État ?<br><strong>Un</strong> – Les subventions se font rares, croyez-moi. Autrefois, il suffisait de connaître une simple secrétaire au Ministère de la Culture pour décrocher l’avance sur recettes. On pouvait tourner n’importe quelle daube et la projeter dans des salles vides sans prendre aucun risque financier. Maintenant, il faut au moins connaître le ministre. Et le ministre change tous les trois mois !<br><strong>Deux</strong> – On pourrait aussi envisager de tourner de bons films, susceptibles de faire quelques millions d’entrées, et qui s’autofinanceraient.<br><strong>Un</strong> – Malheureusement, en France, le succès est synonyme de vulgarité.<br><strong>Deux</strong> – Oui. « Populaire » ou « grand public » sont devenus des gros mots. Et c’est avec les impôts des pauvres qu’on fait des films pour épater le bourgeois.<br><strong>Un</strong> – Vous savez ce qu’on dit : subvention de la culture, culture de la subvention…<br><strong>Deux</strong> – Il y a quand même des films qui se tournent, non ?<br><strong>Un</strong> – Oui… Des comédies, justement. Surtout des navets, il faut bien le dire.<br><strong>Deux</strong> – Je préférerais jouer dans des navets que de ne pas jouer du tout. Et puis beaucoup de grands acteurs ont fait carrière en tournant principalement dans des navets.<br><strong>Un</strong> – Oui… Mais la comédie…<br><strong>Deux</strong> – Quoi ?<br><strong>Un</strong> – Il faut reconnaître que vous n’êtes pas vraiment un acteur comique.<br><strong>Deux</strong> – Ah, oui ? Et pourquoi ça ?<br><strong>Un </strong>– Je ne sais pas… Quand on vous voit, comme ça… On n’a pas spécialement envie de rire.<br><strong>Deux</strong> – La télé, alors. Il n’y a que des films sinistres, sur Arte. Vous devriez pouvoir me trouver un rôle à ma mesure.<br><strong>Un</strong> – Arte… C’est surtout des coproductions. Avec les Allemands, principalement. Et pour ce qui est des acteurs sinistres, les Allemands ont déjà tout ce qu’il faut, croyez-moi. Vous parlez allemand ?<br><strong>Deux</strong> – Non.<br><em>Un temps.</em><br><strong>Un</strong> – Sinon… j’aurais une pub, à la rigueur.<br><strong>Deux</strong> – Une pub ?<br><strong>Un</strong> – Par les temps qui courent… C’est mieux que rien. Vous passerez quand même à la télé.<br><strong>Deux</strong> – C’est une pub pour quoi…?<br><strong>Un</strong> – Les saucisses de Strasbourg.<br><strong>Deux</strong> – Je suis végétarien.<br><strong>Un</strong> – Ce sera un rôle de composition…<br><strong>Deux</strong> – Une pub pour les saucisses… Et c’est quoi, le rôle ?<br><strong>Un</strong> – Un type qui mange des saucisses. À Strasbourg.<br><strong>Deux</strong> – Ouais…<br><strong>Un</strong> – Ça vous intéresse ?<br><strong>Deux</strong> – Va pour les saucisses.<br><strong>Un</strong> – Évidemment, il faudra passer le casting.<br><strong>Deux</strong> – Évidemment.<br><strong>Un</strong> – Et après on dira que les agents, ça ne sert à rien !<br><em><strong>Noir.</strong></em></p>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0"></p>



<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/">Brèves de coulisses</a><br><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/breves-de-coulisses/"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="400" height="308" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp" alt="Couverture du recueil Brèves de coulisses de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-1485" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/04/bandeau-breves-de-coulisses-jean-pierre-martinez-300x231.webp 300w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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		<title>Noir et blanc</title>
		<link>https://sketchotheque.net/noir-et-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Martinez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 13:31:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 personnages]]></category>
		<category><![CDATA[Absurde]]></category>
		<category><![CDATA[Auteur]]></category>
		<category><![CDATA[Bureau]]></category>
		<category><![CDATA[Comique de langage]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Editeur]]></category>
		<category><![CDATA[Satire]]></category>
		<category><![CDATA[Trous de mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Chantage]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Noir et blanc, un sketch humoristique extrait du recueil 'Trous de mémoire' de Jean-Pierre Martinez.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><em>Sketch de Jean-Pierre Martinez</em></h2>



<p><em>Elle est là. Il arrive, un gros cahier à la main.</em><br><strong>Elle</strong> – Bonjour, bonjour… Entrez, entrez…<br><strong>Lui</strong> – Merci, merci…<br><strong>Elle</strong> – Vous n’avez pas eu trop de mal pour venir ? Avec ces grèves…<br><strong>Lui</strong> – J’habite juste en face.<br><strong>Elle</strong> – En face ? Vous voulez dire…<br><strong>Lui</strong> – L’immeuble en face.<br><strong>Elle</strong> – D’accord, d’accord… Je ne savais pas que… C’est curieux, j’étais persuadée que cette fenêtre-là, sur le mur d’en face, c’était un trompe-l’œil.<br><strong>Lui</strong> – Un trompe-l’œil ?<br><strong>Elle</strong> – Oui. Que la fenêtre était peinte sur le mur. Je n’ai jamais rien vu bouger derrière cette fenêtre.<br><strong>Lui</strong> – Et pourtant, je suis là, vous voyez…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et donc, de votre salon, vous voyez tout ce qui se passe ici.<br><strong>Lui</strong> – Absolument tout…<br><em>Elle rit nerveusement, comme pour se rassurer.</em><br><strong>Elle</strong> – Remarquez… qu’est-ce qui pourrait bien se passer d’intéressant dans le bureau d’un agent littéraire ?<br><strong>Lui</strong> – Ça, c’est à vous de me le dire.<br><strong>Elle</strong> – Bien sûr, bien sûr… Alors, ce nouveau roman, ça avance ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… J’espère que c’est original, parce que vous savez, en ce moment… La rentrée littéraire est de plus en plus encombrée… Des tas de gens qui racontent leur petite vie, et leurs petits malheurs, persuadés que ça va passionner la Terre entière.<br><strong>Lui</strong> – Rassurez-vous, ce n’est pas une autofiction.<br><strong>Elle</strong> – Tant mieux, tant mieux… Non, ce dont on aurait besoin aujourd’hui, c’est d’un nouveau Robbe-Grillet. D’un nouveau Perec. D’un nouveau Butor. Quelqu’un qui soit encore capable de renouveler les codes du roman classique.<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir. Ça va vous étonner. Et je ne serais pas surpris qu’en sortant d’ici, vous me traitiez de butor.<br><strong>Elle</strong> – Mais bien sûr ! Il faut tout faire péter. Comme en mai 68. On sait que ça ne durera pas, que six mois après on votera pour De Gaulle, et que soixante ans après c’est Cohn-Bendit qui se prendra pour De Gaulle, mais sur le moment, ça soulage…<br><strong>Lui</strong> – C’est drôle que vous disiez « soulage » parce que justement… Vous comprendrez pourquoi quand vous aurez jeté un coup d’œil à mon manuscrit…<br><strong>Elle</strong> – Là… vous commencez à m’intriguer, cher ami. J’ai hâte de voir ça. Vous m’avez apporté quelques bonnes feuilles ?<br><strong>Lui</strong> – J’ai presque terminé. Tenez, si vous voulez y jeter un coup d’œil…<br><em>Il lui tend le gros cahier.</em><br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… Ah oui, c’est du lourd, on dirait… Ce n’est pas trop long quand même ? Vous savez, maintenant, au-delà de 200 pages… Que voulez-vous ? C’est la génération SMS. Les gens ont perdu l’habitude de tourner les pages…<br><em>Elle sort ses lunettes de presbyte.</em><br><strong>Lui</strong> – Ça fera dans les 900 pages. Mais vous verrez, ça se lit très facilement.<br><strong>Elle</strong> – Bon, bon… Et c’est quoi, le titre ?<br><strong>Lui</strong> – Le blanc et le noir.<br><strong>Elle</strong> – Le blanc et le noir… Un hommage à Stendhal, peut-être ?<br><strong>Lui</strong> – À Soulages, plutôt… C’est pour ça que tout à l’heure, je vous disais que…<br><strong>Elle</strong> – Soulages ? Tiens donc… J’adore Soulages.<br><strong>Lui</strong> – D’ailleurs, pour le titre, j’avais d’abord pensé à… Les mémoires d’outrenoir.<br><strong>Elle</strong> – Ah oui… Un clin d’œil à Chateaubriand, donc… Mais dites-moi, Stendhal, Chateaubriand… Vous êtes sûr qu’avec tout ça, vous allez vraiment révolutionner l’histoire de la littérature ?<br><strong>Lui</strong> – Vous allez voir, c’est très étonnant.<br><strong>Elle</strong> – Très bien, très bien… alors voyons ça.<br><em>Elle ouvre le cahier et commence à regarder. Elle tourne quelques pages.</em><br><strong>Lui</strong> – Je vous laisse le temps de vous faire une idée…<br><strong>Elle</strong> – Oui… mais dites-moi. Apparemment, vous avez laissé quelques pages blanches au début. Ça commence à quelle page, exactement ?<br><strong>Lui</strong> – C’est déjà commencé.<br><strong>Elle</strong> – Pardon ?<br><strong>Lui</strong> – Ces pages blanches, ça fait partie du roman.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de vous suivre…<br><strong>Lui</strong> – Je vous avais dit que ça vous surprendrait. Alors voilà. J’ai calculé que sur une page de roman, en moyenne, les caractères d’imprimerie, en noir donc, occupent huit pour cent de la surface de la page blanche.<br><strong>Elle</strong> – Huit pour cent ?<br><strong>Lui</strong> – En moyenne. Ça dépend du type de caractères employés par l’imprimeur, évidemment. Pour un caractère plus gros et plus gras, ça peut monter jusqu’à neuf ou même dix pour cent.<br><strong>Elle</strong> – Vraiment…? Et donc…<br><strong>Lui</strong> – Donc, j’ai eu l’idée de séparer le blanc du noir.<br><strong>Elle</strong> – Voyez-vous ça.<br><strong>Lui</strong> – Après, je me suis demandé si je devais mettre le blanc d’abord et ensuite le noir, ou bien l’inverse…<br><strong>Elle</strong> – Ah oui…<br><strong>Lui</strong> – Finalement, j’ai décidé de commencer par le blanc… Pour créer… une attente de la part du lecteur, vous voyez ?<br><strong>Elle</strong> – Je vois, je vois…<br><strong>Lui</strong> – Une sorte de suspense, si vous préférez.<br><strong>Elle</strong> – Je ne suis pas sûre de savoir ce que je préfère… (<em>Tournant les pages</em>) Et donc, toutes les pages sont blanches.<br><strong>Lui</strong> – Pas du tout. Et c’est là où ça devient intéressant. Pour simplifier, je suis parti sur une moyenne de dix pour cent. Donc, systématiquement, après neuf pages blanches vient une page noire.<br><strong>Elle</strong> – Noire ?<br><strong>Lui</strong> – Totalement noire.<br><strong>Elle</strong> – Pourquoi noire ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que ça vous déstabiliserait un peu. Mais c’est ce que vous vouliez, non ? Du nouveau ?<br><strong>Elle</strong> – Oui, enfin…<br><strong>Lui</strong> – Cette page noire, qui vient après neuf pages blanches, rassemble toute l’encre qu’on aurait normalement dû utiliser pour noircir, comme on dit, les neuf pages précédentes, qui en l’occurrence, dans mon roman, resteront vierges. Vous comprenez ?<br><strong>Elle</strong> – Je comprends, je comprends…<br><strong>Lui</strong> – Je vois que ça vous laisse un peu perplexe, c’est normal. Comme tout ce qui est nouveau, ça peut surprendre un peu au début, alors vous me permettrez d’utiliser une métaphore, pour vous aider à mieux appréhender le caractère révolutionnaire de ce roman.<br><strong>Elle</strong> – Une métaphore ?<br><strong>Lui</strong> – Un roman, c’est comme une omelette. Mais des omelettes comme ça, on en a fait le tour. On a beau rajouter des oignons, des pommes de terre, des herbes de Provence… Une omelette, ça reste une omelette. Là, je fais un choix radical, et je reviens aux fondamentaux. Je sépare le blanc du jaune. Ou le blanc du noir, en l’occurrence. D’où le titre…<br><strong>Elle</strong> – Vous vous foutez de moi, c’est ça ?<br><strong>Lui</strong> – Je savais que vous alliez dire ça… Mais non… Pas plus que tous ces peintres qui vous vendent des tableaux complètement blancs ou complètement noirs, en baptisant pompeusement ça monochrome !<br><strong>Elle</strong> – Évidemment…<br><strong>Lui</strong> – Ce premier roman du genre est un geste fondateur. Par la suite, bien sûr, je pourrais en écrire d’autres, dans lesquels le blanc ne sera plus tout à fait blanc, et le noir plus tout à fait noir. Mais attention ! Toujours en respectant cette proportion sacrée de dix pour cent !<br><strong>Elle</strong> – Dix pour cent.<br><strong>Lui</strong> – Les peintres ont bien leur nombre d’or, pourquoi pas nous, les auteurs ? Et la preuve que ce chiffre est sacré, dix pour cent, c’est ce que vous me prenez en tant qu’agent sur tous mes droits d’auteur !<br><strong>Elle</strong> – Et vous croyez vraiment que je vais vous verser une avance pour cette fumisterie ?<br><strong>Lui</strong> – Je vous l’ai dit, j’habite juste en face… et de chez moi, je vois tout ce qui se passe dans ce bureau.<br><strong>Elle</strong> – Tout ?<br><strong>Lui</strong> – Tout. J’ai même des vidéos…<br><strong>Elle</strong> – Je vois… Et… vous voulez combien, pour oublier tout ce que vous avez vu ?<br><strong><em>Noir.</em></strong></p>



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<figure class="wp-block-image alignleft size-full is-resized" style="margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:var(--wp--preset--spacing--20);margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:var(--wp--preset--spacing--20)"><img decoding="async" width="320" height="104" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg" alt="Logo de la SACD" class="wp-image-19" style="width:92px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd.jpg 320w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/sacd-300x98.jpg 300w" sizes="(max-width: 320px) 100vw, 320px" /></figure>



<p style="padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0">Toute représentation, gratuite ou payante, doit être autorisée par la <a href="https://sketchotheque.net/droits-dauteur/">SACD</a>.</p>



<p>Sketch extrait du recueil <em><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/">Trous de mémoire.</a></em><br><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lien vers le recueil pour l&rsquo;acheter ou le télécharger gratuitement (PDF)</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://sketchotheque.net/trous-de-memoire/"><img loading="lazy" decoding="async" width="400" height="330" src="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp" alt="Couverture du recueil Trous de mémoire de Jean-Pierre Martinez" class="wp-image-507" style="width:204px;height:auto" srcset="https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau.webp 400w, https://sketchotheque.net/wp-content/uploads/2025/03/trous-de-memoire-jean-pierre-martinez-bandeau-300x248.webp 300w" sizes="auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px" /></a></figure>



<p class="has-text-align-left">Retrouvez l&rsquo;ensemble des pièces de théâtre de Jean-Pierre Martinez sur son site : <a href="https://jeanpierremartinez.net" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://jeanpierremartinez.net</a></p>



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